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mardi 2 juillet 2024

Hérouvillette (14) : Un temple gallo-romain dormait sous la future déviation

 

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Les archéologues ont mis au jour les fondations d’un sanctuaire gallo-romain sous la future déviation d’Hérouvillette (Calvados). Photos et anecdotes d’un site archéologiques d’exception.

Parmi les “bonnes surprises” du chantier, un chemin dallé a été découvert.

“On a souvent l’image des voies romaines pavées. Mais en milieu rural, les chemins étaient plus souvent en terre. On a très peu d’exemples de tel chemin dallé en milieu rural.”

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“Les temples gallo-romains se sont souvent développés sur des sanctuaires gaulois, comme l’ont fait plus tard les chrétiens avec les sites païens.”

Des poteries gauloises ont été découvertes, notamment au niveau de la porte de la cella. Les analyses en laboratoire permettront de dater avec plus de précisions le site.

Ouest France

https://www.fdesouche.com/2016/10/16/herouvillette-14-un-temple-gallo-romain-dormait-sous-la-future-deviation/

mardi 23 avril 2024

Angers (49) : un nouveau mur gallo-romain découvert devant le château (2020)

 

La promenade du Bout-du-Monde, devant le château, n’en finit pas de révéler des merveilles. La semaine dernière, c’était une salle médiévale de 35 m sur 15. Aujourd’hui, c’est un mur et un énorme bloc de pierre d’une seule pièce, témoins d’une « construction monumentale » datant de la période gallo-romaine.
Les fouilles déjà réalisées au château montrent qu’une terrasse et au moins un sanctuaire y étaient érigés. Ensuite, d’autres fouilles, rue des Filles-Dieu, attestaient là aussi d’une importante présence gallo-romaine.
Ce qui vient d’être découvert porte à croire qu’à côté du château s’étendait un immense forum, « centre civique, administratif, judiciaire », selon l’archéologue Martin Pithon.
Le mur et le bloc ont être recouvert à la fin des travaux. Mais ils ne seront pas abimés par les canalisations qui doivent passer à cet endroit, mais au dessus.
Sa présence a été relevée. En cas d’autres fouilles dans le secteur, elle permettra de faire le lien avec d’autres découvertes de la même époque.

Source

https://www.fdesouche.com/2015/02/21/angers-49-un-nouveau-mur-gallo-romain-decouvert-devant-le-chateau/

mardi 18 juillet 2023

Nos ancêtres les Gallo-Romains : une nécropole découverte en plein Paris

 

Si Paris n’est pas la première ville révolutionnaire de l’Antiquité, comme l'a affirmé récemment Jean-Luc Mélenchon, elle reste néanmoins l’une des plus grandes métropoles de l’ancienne Gaule romanisée dont les vestiges nous racontent, encore aujourd’hui, la longue histoire. Alors que des ouvriers creusaient près de la station Port-Royal en raison de travaux d’aménagement du RER B, un élément de notre antique passé a surgi du sol où il demeurait caché depuis plus de dix-huit siècles. Cette mine d’or archéologique était insoupçonnée par les historiens pensant que la majorité des sites de fouilles de la capitale avaient été découverts lors des grands travaux haussmanniens du XIXe siècle. C’est aujourd’hui une véritable nécropole datant du IIe siècle après J.-C. qui fait face aux yeux des vivants et nous livre ses secrets.

Les fouilles, dirigées depuis le début du mois d’avril 2023, par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de l’Île-de-France et par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), ont permis la découverte de nombreuses tombes éparpillées sur 200 m² et situées en dehors de l’enceinte de l’ancienne cité de Lutèce. En effet, selon la tradition romaine, le monde des morts ne devait pas côtoyer le monde des vivants. L’actuel site de fouilles n’est alors qu’une simple parcelle de la nécropole dite « nécropole sud » qui s’étend le long du cardo maximus (l’actuelle rue Saint-Jacques) et sur plus de quatre hectares.

Les recherches effectuées vont permettre aux scientifiques d’en apprendre plus sur l’art funéraire sous l’Antiquité mais aussi sur la vie des Parisii, ce peuple gaulois qui donna son nom à notre capitale. Actuellement, les archéologues ont pu identifier les corps d’une cinquantaine de femmes, d’hommes mais aussi d’enfants placés dans des cercueils de bois dont il ne reste que de simples clous. Cependant, l’absence d’urnes, révélant la pratique d’incinération funéraire pourtant usuelle à l’époque, interroge les scientifiques.

Les historiens vont aussi pouvoir se documenter sur les coutumes vestimentaires des Gallo-Romains grâce aux restes de vêtements, de bijoux et de chaussures dont subsistent seulement quelques éléments métalliques. De nombreux autres objets du quotidien ont pu être aussi retrouvés malgré des siècles passés sous terre. Ainsi furent déterrés des céramiques et des objets en verre comme des balsamaires, censés recueillir des huiles et des parfums funéraires, ainsi que des lacrymatoires. Ces derniers, destinés à conserver des onguents, étaient faussement imaginés comme des récipients recueillant les larmes des proches du défunt. Tous ces éléments furent placés près des morts comme des offrandes pour leurs vies dans l’au-delà. Les restes d’un porc et d’un autre petit animal furent même déterrés au sein d’une fosse considérée « à offrandes » et non sépulcrale. La présence de pièces de monnaie dans la bouche des morts témoigne aussi de la croyance et de la peur que le passeur des enfers, Charon, ne laisse pas les âmes des morts passer le Styx et rejoindre les Champs-Élysées ou le Tartare si elles ne payaient pas l’obole rituelle. Dans le cas contraire, les trépassés étaient condamnés à errer sur les bords du fleuve infernal pour l’éternité.

De tels sites et découvertes archéologiques ne sont pas sans rappeler les fouilles effectuées, en avril 2022, sur l’île de la Cité, au sein même de la cathédrale Notre-Dame, et qui ont permis l’exhumation de plusieurs sarcophages oubliés.

Toutes ces fouilles nous prouvent que nous pourrions tirer enfin quelque chose de positif des incessants travaux et chantiers menés par Mme Hidalgo dans Paris, qui conserve peut-être encore de nombreux secrets et histoires concernant notre passé.

Eric de Mascureau

https://www.bvoltaire.fr/nos-ancetres-les-gallo-romains-une-necropole-decouverte-en-plein-paris/

mardi 2 mai 2023

Nos ancêtres les Gallo-Romains : une nécropole découverte en plein Paris

 

Si Paris n’est pas la première ville révolutionnaire de l’Antiquité, comme l'a affirmé récemment Jean-Luc Mélenchon, elle reste néanmoins l’une des plus grandes métropoles de l’ancienne Gaule romanisée dont les vestiges nous racontent, encore aujourd’hui, la longue histoire. Alors que des ouvriers creusaient près de la station Port-Royal en raison de travaux d’aménagement du RER B, un élément de notre antique passé a surgi du sol où il demeurait caché depuis plus de dix-huit siècles. Cette mine d’or archéologique était insoupçonnée par les historiens pensant que la majorité des sites de fouilles de la capitale avaient été découverts lors des grands travaux haussmanniens du XIXe siècle. C’est aujourd’hui une véritable nécropole datant du IIe siècle après J.-C. qui fait face aux yeux des vivants et nous livre ses secrets.

Les fouilles, dirigées depuis le début du mois d’avril 2023, par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de l’Île-de-France et par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), ont permis la découverte de nombreuses tombes éparpillées sur 200 m² et situées en dehors de l’enceinte de l’ancienne cité de Lutèce. En effet, selon la tradition romaine, le monde des morts ne devait pas côtoyer le monde des vivants. L’actuel site de fouilles n’est alors qu’une simple parcelle de la nécropole dite « nécropole sud » qui s’étend le long du cardo maximus (l’actuelle rue Saint-Jacques) et sur plus de quatre hectares.

Les recherches effectuées vont permettre aux scientifiques d’en apprendre plus sur l’art funéraire sous l’Antiquité mais aussi sur la vie des Parisii, ce peuple gaulois qui donna son nom à notre capitale. Actuellement, les archéologues ont pu identifier les corps d’une cinquantaine de femmes, d’hommes mais aussi d’enfants placés dans des cercueils de bois dont il ne reste que de simples clous. Cependant, l’absence d’urnes, révélant la pratique d’incinération funéraire pourtant usuelle à l’époque, interroge les scientifiques.

Les historiens vont aussi pouvoir se documenter sur les coutumes vestimentaires des Gallo-Romains grâce aux restes de vêtements, de bijoux et de chaussures dont subsistent seulement quelques éléments métalliques. De nombreux autres objets du quotidien ont pu être aussi retrouvés malgré des siècles passés sous terre. Ainsi furent déterrés des céramiques et des objets en verre comme des balsamaires, censés recueillir des huiles et des parfums funéraires, ainsi que des lacrymatoires. Ces derniers, destinés à conserver des onguents, étaient faussement imaginés comme des récipients recueillant les larmes des proches du défunt. Tous ces éléments furent placés près des morts comme des offrandes pour leurs vies dans l’au-delà. Les restes d’un porc et d’un autre petit animal furent même déterrés au sein d’une fosse considérée « à offrandes » et non sépulcrale. La présence de pièces de monnaie dans la bouche des morts témoigne aussi de la croyance et de la peur que le passeur des enfers, Charon, ne laisse pas les âmes des morts passer le Styx et rejoindre les Champs-Élysées ou le Tartare si elles ne payaient pas l’obole rituelle. Dans le cas contraire, les trépassés étaient condamnés à errer sur les bords du fleuve infernal pour l’éternité.

De tels sites et découvertes archéologiques ne sont pas sans rappeler les fouilles effectuées, en avril 2022, sur l’île de la Cité, au sein même de la cathédrale Notre-Dame, et qui ont permis l’exhumation de plusieurs sarcophages oubliés.

Toutes ces fouilles nous prouvent que nous pourrions tirer enfin quelque chose de positif des incessants travaux et chantiers menés par Mme Hidalgo dans Paris, qui conserve peut-être encore de nombreux secrets et histoires concernant notre passé.

Eric de Mascureau

https://www.bvoltaire.fr/nos-ancetres-les-gallo-romains-une-necropole-decouverte-en-plein-paris/

mercredi 12 avril 2023

De nombreuses sépultures allant de l’époque gallo-romaine à l’époque médiévale dégagées autour de la basilique Saint-Denis

 

(…)

Une soixantaine de sarcophages en plâtre viennent ainsi d’être dégagés dans les lieux, révèlent les archéologues dans un communiqué du 6 avril 2023 — le nombre final de cercueils exhumés pourrait même approcher la centaine, précisent-ils. Ils datent principalement des Ve et VIIe siècles, époque mérovingienne où l’église de Saint-Denis est une nécropole royale. Le mérovingien Dagobert Ier aurait d’ailleurs été le premier roi des Francs à y être inhumé en 638 ou 639.

Des sépultures, de l’époque gallo-romaine à médiévale
Des recherches sont actuellement menées à l’intérieur et à l’extérieur de la basilique. Près de deux cents sépultures sont fouillées : certaines semblent antérieures à la construction de la première chapelle gallo-romaine (entre 450 et 475 supposément), d’autres sont datées du Ve siècle avec les vestiges mérovingiens et carolingiens, jusqu’à la fin de l’époque médiévale. “Les recherches permettent de suivre l’évolution de l’ensemble architectural, sur près d’un millénaire, de comprendre l’implantation des différents cimetières et d’en caractériser la population”, écrivent les spécialistes.

(…)

La raison de cette occupation funéraire très dense s’explique par l’importance qu’a pu avoir la basilique à travers les siècles. Le premier lieu de culte aurait été construit sur l’emplacement d’un cimetière gallo-romain, lieu de la sépulture de saint Denis, évêque missionnaire martyrisé vers 250. Un premier agrandissement par les Mérovingiens en fait un endroit de grand prestige, comme l’a prouvé la découverte en 1959 du sarcophage de la reine Arégonde, épouse de Clotaire Ier et bru (belle-fille) de Clovis Ier, morte entre 573 et 579. Elle sera la première personne royale d’une longue liste a y être enterrée, puisque l’église devenue nécropole royale a accueilli les restes de quarante-trois rois, trente-deux reines et dix serviteurs de la monarchie, jusqu’à Louis XVIII. Les restes du bâti carolingien (VIIIe – Xe siècles) construit par la suite sont malheureusement mal conservés, indique l’Inrap, parfois recouverts par la construction du massif occidental commanditée par l’abbé Suger

https://www.fdesouche.com/2023/04/08/de-nombreuses-sepultures-allant-de-lepoque-gallo-romaine-a-lepoque-medievale-degagees-autour-de-la-basilique-saint-denis/

samedi 16 octobre 2021

Découverte inattendue d’un plafond à caissons gallo-romain d’exception à Chartres.

 

Intérieur du Panthéon de Rome au XVIII ème siècle, avec son décor d’origine, par Giovani Paolo Panini. 

La découverte n’est pas seulement rare. Elle est presque unique en son genre en Europe où, à une seule exception près (sur le site d’Herculanum – Campanie -), jamais encore n’avaient été exhumés les restes d’un de ces plafonds à caissons en bois, si souvent décrits ou représentés dans les ouvrages ou sur les fresques de l’Antiquité. Et quel plafond ! Une véritable œuvre d’art magnifiquement décorée, conçue pour couvrir, partiellement ou totalement, un prestigieux édifice à bassin attaché à l’un des plus grands complexes religieux de la Gaule romaine.

Chacun connaît certes les caissons du magnifique Panthéon de Rome qui fut construit sous Agrippa, au premier siècle avant Jésus-Christ, en béton de ciment :

« solivage », « poutres de caissons », « assemblage », « éléments de décoration en frise de rais-de-cœur et fers de lance ». Emmanuel Bouilly ne se lasse pas de détailler, en termes techniques de charpenterie et de menuiserie, la fonction des multiples pièces de bois, noircies et gorgées d’eau, qu’il est parvenu à identifier. Sans ses efforts de pédagogie et son enthousiasme communicatif, nul doute que nous aurions perdu le fil… Cela aurait été dommage, tant la découverte à laquelle a participé cet archéologue sur l’ancienne cité d’Autricum – l’actuelle ville de Chartres – mérite attention.

La mise au jour de cet ensemble d’un millier de poutres, poutrelles et planches, miraculeusement conservées durant presque deux millénaires, est une belle récompense pour la direction de l’archéologie de Chartres Métropole qui, depuis 2011, se consacre à l’étude du site de Saint-Martin-au-Val. Repéré, entre 1995 et 2006, dans le quartier Saint-Brice, dans le sud de l’agglomération, ce dernier a livré les vestiges de ce qui aurait été le sanctuaire de l’ancienne cité-territoire du peuple gaulois des Carnutes.

Site du sanctuaire de Saint-Martin-au-Val après sa construction

Construit entre les années 70 et 130 après J.-C., avant de devenir, au début du IIIe siècle, un lieu de récupération de matériaux et un dépôt de sépultures au moment des épidémies, il est constitué d’un ensemble de constructions réparties sur plus de 11 hectares où les pèlerins désireux d’honorer ou de remercier les dieux, ou souhaitant accomplir un vœu, venaient procéder à des sacrifices et déposer des offrandes. « Il comprenait un temple doté d’une cour intérieure entourée sur les quatre côtés d’un portique de 300 mètres de long et de 190 mètres de large, qui dissimulait une galerie couverte consacrée aux processions », raconte, en faisant visiter le bâtiment, Bruno Bazin, le responsable de l’opération archéologique. Des soubassements, des fondations, des restes d’égouts et des ouvrages de maçonnerie ont été dégagés sur la partie nord-est, laissant apparaître le tracé de ces anciens espaces de déambulation qui s’ouvraient sur de petites chapelles et un pavillon d’angle.

A cela s’ajoutaient d’autres éléments. Et notamment, à 75 mètres de là, un temple consacré à Diane et à Apollon. C’est là, juste en façade de ce lieu de culte, non loin du cours actuel de l’Eure, que les archéologues ont trouvé le plafond. En 2017, ils concentrent leurs efforts sur un luxueux édifice. Sol en calcaire blanc, base de mur en marbre coloré, élévations ornées de fresques et de colonnes richement décorées, il abrite aussi un bassin quadrangulaire de 30 mètres carrés à l’intérieur duquel ils découvrent un énorme amoncellement de pièces de bois. Partiellement calcinés, ces éléments de charpente et de menuiserie, auxquels s’ajoutent d’autres repérés en dehors du réceptacle, proviennent d’un plafond qui s’est effondré à la suite d’un incendie, et dont les débris sont tombés dans le plan d’eau. Par la suite, les crues successives de l’Eure et une remontée de la nappe phréatique sont venues ensevelir ces vestiges qui, maintenus à travers les siècles en milieu humide et à l’abri de l’air et de la lumière, ont été préservés.

Le bassin et les éléments de bois retrouvés

L’équipe réalise tout de suite l’importance de sa trouvaille. « Car si l’exhumation de bois antique est rare, celle d’un plafond à caissons, sculpté et peint, l’est plus encore, raconte Mathias Dupuis, le directeur de l’archéologie de l’agglomération Chartres Métropole. A vrai dire, on ne connaît qu’un seul autre exemple. Celui, en 2010, de la “maison au relief de Télèphe” sur le site d’Herculanum, près de Naples. »

Comment récupérer et conserver un matériel à ce point fragilisé ? Il faudra plusieurs mois pour établir un protocole et trouver les fonds nécessaires à une reprise des fouilles, lesquelles s’achèvent actuellement, au terme de leur troisième année. Désormais presque entièrement dégagé, le bassin y dévoile enfin sa magnificence. En marbre blanc, il contient en son centre une cuve étoilée, de 25 centimètres de profondeur, d’où devait à l’origine jaillir une source avant que, le niveau augmentant, toute la zone soit noyée sous 2,5 mètres d’eau, obligeant les archéologues à actionner en permanence des pompes.

La cuve étoilée au centre du bassin

Placées sous des arrosoirs, quelques poutrelles attendent encore d’être dégagées. « Une fois photographiées et cartographiées, elles seront déposées sur des plaques de polypropylène, emmaillotées dans du papier cellophane puis conservées dans une chambre froide ou en piscine », explique l’archéologue Sonia Papaïan, qui montre, au pied d’une margelle, l’emplacement d’un déversoir. Cela ne sera pas le cas des plus belles pièces, qui partiront pour Grenoble où elles seront restaurées au sein du laboratoire Arc-Nucléart, spécialisé dans le traitement du bois…

Caisson hexagonal et poutrelle de bois sculptée

Ce qui en vaut, assurément, la peine. En effet, constitué d’un ensemble de caissons en forme de losange séparés par d’autres hexagonaux de 1,6 mètre de large, ce plafond antique promet de donner du travail aux chercheurs pour des années. « Ses décors finement ciselés de feuilles d’acanthe, d’oves, de fers de lance, de rais-de-cœur et de perles et pirouettes, son assemblage ou même la manière dont il était fixé à la charpente, par des baguettes, ont fait appel à des techniques aujourd’hui disparues qu’il faudra redécouvrir », s’enthousiasme Emmanuel Bouilly, chargé de sa reconstitution. Même la provenance du matériau employé pour sa construction fera l’objet d’investigations. « On y trouve, outre du chêne et du tilleul, du sapin, un bois réputé importé à la période romaine », explique l’anthraco-entomologiste de l’université du Mans Magali Toriti, qui espère pouvoir interroger la véracité de cette théorie à partir des échantillons récoltés.

Beaucoup de pain sur la planche mais que du bon pain.

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2021/10/14/decouverte-inattendue-dun-plafond-a-caissons-gallo-romain-dexception-a-chartres/

mercredi 4 octobre 2017

Trad’histoire – Attila et le monde Gallo-Romain

Trad’histoire site historique à destination des plus jeunes diffuse le second chapitre de la petite histoire de France de Jacques Bainville adapté en vidéo.
Aujourd’hui: Attila et le monde Gallo-Romain
Retrouvez le cours, le quiz et des idées sorties en relation avec cette vidéo directement sur Trad’histoire.com

dimanche 21 mai 2017

Une nécropole gallo-romaine découverte dans le Pas-de-Calais (62)

Ces fouilles entamées dans le Pas-de-Calais sur le chantier d’un magasin discount ont permis de découvrir six tombes du 1er siècle.
Une nécropole datant du Ier siècle après JC a été mise au jour après des fouilles entamées il y a un mois sur une surface de 6000m², à l’emplacement d’un futur magasin discount. Et dès le départ, les archéologues avaient flairé le site riche en découvertes: «Nous savions que ce chantier était la prolongation des découvertes faites en 2008 car il y avait un muret en pierre qui se prolongeait dans la parcelle à côté de l’hôtel communautaire. Nous nous doutions que l’aire funéraire se poursuivait» décrypte l’archéologue Jérôme Maniez au journal local La Voix du Nord.
(…)

lundi 4 juillet 2011

25 décembre 498 Baptême de Clovis à Reims

Clovis est baptisé à Reims avec 3000 guerriers francs le 25 décembre 498 (ou 496 selon certains historiens).
C'est le point de départ d'une irrésistible ascension qui va faire de Clovis et de ses successeurs les héritiers de l'empire romain d'Occident.

Fabienne Manière.
Barbares ariens et Gallo-romains catholiques
En adhérant par le baptême à la religion catholique, les Francs se distinguent des autres barbares qui occupent la partie occidentale de l'empire romain. Ceux-là sont pour la plupart fidèles à l'arianisme. Il s'agit d'une hérésie chrétienne très mal vue de la population gallo-romaine et des élites urbaines, massivement catholiques.
Grâce à leur baptême, les Francs obtiennent le soutien du clergé gallo-romain dans la compétition qui les oppose à leurs rivaux barbares pour la domination de la Gaule.
Des Francs aux origines obscures
Clovis, ou Khlodowig (dont on a fait en latin Ludovicus puis Louis, prénom de 19 rois de France), est le fils de Childéric, le chef d'une tribu établie dans la région de Tournai (Belgique actuelle) et de Basine (ou Bassine), une princesse originaire de Thuringe.
La tribu de Childéric appartient aux Francs Saliens, un peuple germain établi de part et d'autre du Rhin, fort d'environ 200.000 personnes. Un nombre incroyablement bas, si l'on songe au rôle qu'il allait jouer dans la Gaule romaine peuplée à l'époque d'environ huit millions d'habitants.
À partir de 457, Childéric réunit autour de lui tous les Francs Saliens. Il devient assez puissant pour que le dernier représentant de Rome en Gaule du nord, le «maître de la milice» Aegidius, lui confie la défense du territoire. Celui-ci a beaucoup souffert, quelques années plus tôt, du passage des terribles Huns. Il est maintenant menacé par les Wisigoths. Ces Germains occupent déjà le sud de la Gaule et ont établi leur capitale à Toulouse.
Les deux alliés repoussent les Wisigoths près d'Orléans. Childéric repousse également les pirates saxons qui tentent d'envahir la Gaule en remontant la Loire. Après la mort d'Aegidius en 464 et de son successeur, le comte Paul, en 468, Childéric devient l'homme le plus puissant de la Gaule du nord et son principal rempart face aux menaces extérieures.
Une relève bien assurée
Childéric meurt en 481 à Tournai (sa tombe et son trésor ont été découverts dans cette ville, près de l'église Saint-Brice, le 27 mai 1653).
Son fils Clovis est élu par les guerriers francs pour lui succéder. Il a seulement 15 ans. À peine élu, il complète la conquête de la Gaule mais il rencontre sur sa route Syagrius, fils d'Aegidius. Ce général, qui s'intitule «roi des Romains», maintient l'illusion d'une permanence de l'empire romain entre la Meuse et la Loire.
Le roi des Francs bat Syagrius en 486 et le fait égorger avant de s'installer dans sa résidence de Soissons. C'est, avec Reims, l'une des principales cités de ce qu'on appelle alors la Belgique seconde, la Belgique première s'ordonnant autour de Metz.
Clovis le païen découvre alors un milieu très romanisé et de religion catholique. Il est même subjugué par Remi, évêque de Reims, comme le montre l'anecdote du vase «de Soissons».
Un baptême politique
En 492, après une guerre contre les Burgondes et un traité avec leur roi Gondebaud, Clovis épouse Clotilde, nièce de celui-ci. Ce mariage lui vaut d'entrer dans le cercle restreint des grandes dynasties barbares d'Occident (Burgondes, Ostrogoths d'Italie, Wisigoths d'Aquitaine). Il le rapproche aussi du catholicisme dont Clotilde est une fervente représentante.
En 496, Clovis reçoit un appel à l'aide de son homologue, le roi des Francs rhénans. Celui-ci est menacé par les Alamans, une tribu germanique à laquelle nous avons emprunté le nom de l'Allemagne.
Le jeune roi accourt à son secours. Il veut prendre à revers les Alamans qui assiègent son allié dans la place forte de Tolbiac (en allemand, Zülpich), près de Cologne. Mais peu avant son arrivée, son allié fait reddition et les Alamans se retournent contre les nouveaux venus, inférieurs en nombre.
Le choc survient, croit-on, le 10 novembre 496. En situation périlleuse, Clovis aurait imploré le secours du Dieu de Clotilde et pris la résolution de se convertir en cas de victoire. À peine aurait-il fait ce voeu que le roi des Alamans était frappé à mort d'un coup de hache ! Cette légende a été inspirée plus tard au chroniqueur Grégoire de Tours par le souvenir de l'empereur Constantin au pont Milvius.
Nonobstant toute intervention divine, Clovis est poussé à se convertir par sa femme, pieuse catholique, ainsi que par l'évêque Remi et par Geneviève, une sainte femme auxquels les Parisiens sont reconnaissants de les avoir préservés des Huns.
Celle-ci lui fait part de l'animosité des Gallo-Romains catholiques à l'égard des Wisigoths ariens, au retour d'un pèlerinage à Tours, sur le tombeau de Saint Martin, en terre wisigothe, et lui montre tout l'intérêt de rallier la religion majoritaire du pays.
Mais lui-même hésite longtemps. Selon les croyances de son peuple, il bénéficie d'une ascendance divine dont atteste sa chevelure blonde qui n'a jamais connu le ciseau. Il se demande s'il n'a pas plus à perdre qu'à gagner en se convertissant.
Il passe enfin à l'acte deux ans plus tard, le jour de Noël. Avant tous ses guerriers, il plonge dans le baptistère, une immense piscine dont les archéologues ont retrouvé les restes sous l'actuelle cathédrale. L'évêque Remi lance au roi la formule célèbre : «Depona colla, Sigamber !», ce qui signifie : «Dépose tes colliers [les amulettes des païens], Sicambre [autre nom donné aux Francs]».
Pour le clergé catholique, qui craignait une victoire de l'hérésie arienne, la conversion de Clovis a un caractère providentiel. «Votre foi est notre victoire !» lui écrit Avit, évêque de Vienne, en pays burgonde… L'empereur de Constantinople, qui dirige en théorie tout l'empire romain depuis la déposition du dernier empereur d'Occident en 476, témoigne aussi de sa satisfaction en conférant au roi franc le titre symbolique de «Consul des Romains».
Et la Gaule devient franque
Le roi des Francs tire parti de sa conversion pour achever la conquête de la Gaule. Il doit affronter pour cela les Wisigoths qui occupent le sud de l'hexagone (l'Aquitaine) et une grande partie de l'Espagne. Leur capitale est Toulouse. Comme les autres barbares, à l'exception des Francs, les Wisigoths pratiquent l'arianisme. Aussi leur roi Alaric II a-t-il du mal à asseoir son autorité sur ses sujets gallo-romains.
L'habile roi des Ostrogoths Théodoric le Grand se méfie à juste titre des ambitions de Clovis. Il tente de coaliser contre lui les Wisigoths, les Burgondes et les Germains de Rhénanie. Mais le roi burgonde, l'avisé Gondebaud, préfère rester dans l'expectative. Quant aux Germains de Rhénanie, ils se montrent indifférents à la menace franque (ce qui leur vaudra d'être soumis plus tard par les héritiers de Clovis). Comble de malchance, Théodoric est victime d'une attaque de revers par la flotte de l'empereur de Constantinople, alliée pour la circonstance à Clovis.
Les Francs en profitent pour attaquer les Wisigoths avec les encouragements de l'épiscopat catholique. Le choc a lieu à Vouillé, près de Poitiers, en 506 ou 507. Alaric II, en fuite, est rattrappé et tué par Clovis en personne si l'on en croit la chronique. Les villes d'Aquitaine tombent les unes après les autres aux mains des Francs et les Wisigoths n'ont d'autre alternative que de se replier en Espagne, au-delà des Pyrénées.
Clovis domine désormais toute la partie occidentale de l'ancien empire romain, entre l'embouchure du Rhin, qui reste aux mains des tribus frisonnes, et les Pyrénées, où sévissent les terribles Basques. Il décide de déplacer sa résidence à Paris. L'ancienne Lutèce, qui a pris le nom des premiers habitants de la région, les Parisii, accède pour la première fois au statut de capitale. Et l'on ne désigne plus la région sous le nom de Gaule mais sous le nom de «Regnum francorum» - ou royaume des Francs -, dont la postérité fera Francie puis France.
Les Francs triomphent
Le baptême de Clovis a facilité la fusion entre les Gallo-Romains et leurs vainqueurs, les Francs. Il a assuré la domination de ces derniers sur l'Occident romain.
Quand le roi franc meurt le 27 novembre 511, à 45 ans, il est inhumé à Paris, dans la basilique des Saints-Apôtres, auprès de Sainte Geneviève, sur l'emplacement de l'actuel Panthéon. Selon la coutume germanique, son empire est divisé entre ses quatre fils, Thierry, Childebert, Clodomir et Clotaire.
Les descendants de Clovis vont régner cahin-caha pendant trois siècles sous l'appellation de Mérovingiens (d'après Mérovée, aïeul légendaire de Clovis) avant de laisser la place à Charlemagne et aux Carolingiens.
La France et l'Allemagne émergeront à l'aube de l'An Mil sur les ruines du «Regnum francorum» de Clovis et Charlemagne. http://www.herodote.net/

jeudi 18 juin 2009

Les origines de la langue française suite

3) L’INFLUENCE DU GERMANIQUE
La Gaule romaine connaît d’abord une période de stabilité et de prospérité. Mais, dès la fin du siècle des Antonins (192), la vie sociale commence à se disloquer.
Cette tendance s’accentue à partir du IIIe siècle, avec les incursions des Germains : du IIIe au IVe siècles, ils déferlent sur le pays qu’ils se partagent en plusieurs royaumes, wisigoth, burgonde, alaman, franc rhénan et franc salien, tandis que les Gallo-Romains sont cantonnés dans le bassin parisien et la Bretagne.
Menés par Clovis, l’un de ces peuples germaniques, les Francs Saliens, occupe le royaume gallo-romain en 486, bat les Wisigoths en 507 et absorbe le royaume des Burgondes, en 534. Il se produit alors un fait linguistique assez rare : contrairement à ce qui s’est passé lors de la colonisation latine, c’est la langue dominée, le latin, qui demeure la langue officielle.
Les raisons de son maintien sont religieuses et peut-être politiques : pour se concilier les évêques dans la lutte qu’il voulait entreprendre contre les Wisigoths, de religion arienne, ou par conviction personnelle, Clovis se convertit au christianisme, religion officielle des Romains depuis 312. Ce faisant, les Francs obtiennent l’appui des Gallo-Romains, mais ils acceptent aussi le latin comme langue religieuse.
Des raisons culturelles expliquent aussi l’adoption du latin.

samedi 13 juin 2009

Les origines de la langue française 2) La langue mère : le latin

LA LANGUE MÈRE : LE LATIN
Vers 50 avant notre ère, 100 ans après la Provence, les Romains conquièrent la Gaule. C’est le début de la civilisation gallo-romaine, qui durera environ six siècles.
[Les Gallo-romains sont un ensemble de peuples qui, en Europe occidentale, ont constitué une civilisation spécifique, à l'issue de la Guerre des Gaules jusqu'à l’avènement des Francs. D’origine ou de civilisation celtique pour la plupart, ils étaient notamment localisés sur le territoire de la Gaule, selon les définitions de leurs voisins romains.]
Bien que la gaule reste une zone de faible immigration romaine et que les Romains ne cherchent pas à imposer leur langue dans les pays conquis, les Gaulois adoptent progressivement le latin, tant pour communiquer avec le peuple dominant qu’à cause de la supériorité culturelle et politique des Romains.
Les élites, notamment, sont romanisées : elles accèdent à la citoyenneté romaine et envoient leur enfants suivre un enseignement supérieur latin dans les écoles d’Autun, de Marseille, de Bordeaux, de Lyon, de Toulouse ou de Reims. Ainsi le latin devient langue officielle sur le territoire gallo-romain, tandis que le gaulois demeure la langue maternelle des populations colonisées.
Le latin parlé en Gaule est un latin plus tardif que le latin classique. C’est aussi une langue non littéraire, outil de communication du plus grand nombre, très simplifiée et très familière, avec des formes expressives, voire argotiques.
Deux phénomènes évolutifs coexistent. D’une part, les Gaulois emploient volontiers des mots argotiques, qui ont d’abord été des expressions imagées : tête a eu pour premier sens “pot cassé”, jambe signifiait “paturon du cheval”, épaule vient d’”épaule d’agneau”, épée désignait une “latte de bois”.
D’autre part, dans toute la Romania, selon une évolution naturelle au cours des siècles, les locuteurs du latin tardif adoptent dans la langue standard des tours populaires. Par exemple, on étoffe les mots en généralisant les diminutifs : auris remplacé par auricula (ureche en roumain, orechio en italien, oreja en espagnol, oreille en français), agnus par agnellus (agneau).
On substitue des formes plus simples aux verbes difficiles : ferre remplacé par portare (porter) ; ou on choisit des formes plus étoffées : ire (aller) remplacé par ambulare (aller, nous allons) et vadere (je vais).
Outre la profonde évolution de sa prononciation, le latin tardif se caractérise aussi par la disparition de la déclinaison, la création des articles, la généralisation des prépositions, l’extension des auxiliaires du verbe, l’apparition de nouvelles formes de futur.
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