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vendredi 20 mars 2026

Des éditions nouvelles pour toujours mieux connaître le néo-royalisme

 

Le 8 mars dernier, nous disions qu’il n’est pas forcément clair pour tout le monde que le royalisme est parfaitement d’actualité, vous conseillant alors pour le mieux connaître de vous intéresser aux parutions des éditions de Flore. Aujourd’hui, c’est vers d’autres éditions que nous vous renvoyons pour en apprendre toujours plus.

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Alors que les Editions de Flore rééditent les textes classiques de la doctrine « néo-royaliste » et se proposent d’en montrer la fécondité en poursuivant la réflexion à travers des d’essais et des études savantes, l’objectif de Midi blanc-éditions est autre.

Son fondateur, Morgan Cordier, précise qu’elles œuvrent à la diffusion de la pensée royaliste non par des livres mais par de petites brochures de propagande en collaboration, pour certaines, avec la Nouvelle revue universelle. Elles publient aussi les actes des colloques qu’elle organise en Provence. Par leur prix modique, de 2 à 5 euros, ces brochures sont particulièrement adaptées aux nouveaux militants. Elles sont disponibles sur le site de la Librairie de Flore ou directement à l’adresse midiblancprovence@gmail.com.

Après Regard de royalistes sur l’économie et La noblesse française, un héritage actuel, la brochure qui fut éditée ensuite, dans la collection « tiré-à-part », est Maurras : poétique d’abord ? d’Olivier de Lérins, collaborateur des mensuels Le Bien Commun et Politique Magazine.

Olivier de Lérins, doctorant en philosophie à l’Institut catholique de Paris, est une des principales signatures du Le Bien Commun, où il assure notamment les grands entretiens. Il est par ailleurs responsable et animateur des conférences du Cercle de Flore.

Dans cette brochure, Olivier de Lérins nous rappelle que l’éminente place de la poésie dans la vie de Maurras est une réalité bien connue. Quand, au petit matin, il quittait l’imprimerie de l’Action française, il retournait chez lui en traversant la Cour carrée du Louvre et le pont des Arts, puis longeait la Seine en se récitant les milliers de vers retenus par sa stupéfiante mémoire. Et c’était aussi le moment où il composait ses propres poèmes, les polissant sans cesse et les repolissant, en leur confiant ses pensées intimes, ses tendresses, ses angoisses nées de la perte des êtres chers, son inquiétude devant la précarité des choses et l’incertitude de nos destinées, et surtout les vulnérabilités de sa « déesse » la France. C’est par là que l’on peut très naturellement rejoindre la démarche d’Olivier de Lérins. Depuis la parution en 1925 de la Musique intérieure et sa célèbre préface, la question de la relation entre poétique et politique chez Maurras a agité les meilleurs esprits. C’est dans une tradition illustrée notamment par Pierre Boutang qu’Olivier de Lérins s’inscrit ici, une tradition qu’il contribue à garder vivante en la formulant à l’intention des jeunes générations. C’est à de jeunes Périgourdins – partagés entre baudelairiens et bainvilliens – que s’adressait Maurras quand il écrivit un petit texte particulièrement pénétrant intitulé « Entre Bainville et Baudelaire » (dans Critique et Poésie) : « Ô jeunes gens et jeunes filles, leur disait Maurras, il y a deux chemins, celui qui pend et mène aux lieux inférieurs (…) et celui qui monte, celui des hommes, des citoyens, des pères et des mères de la patrie, tous et toutes de fort bons lettrés, mais non décadents : renaissants ». Sa critique, toute en nuance mais sévère, du « mauvais enchanteur » Baudelaire ne l’empêchait pas de rappeler que le poète des Fleurs du mal avait fait sienne la critique de la démocratie du poète américain Edgar Poe, dont il fut le grand traducteur. Mais, tout en respectant le choix de ses jeunes interlocuteurs, Maurras les incite à prendre une autre voie, en suivant le haut exemple de recherche de la perfection de Bainville, qui mêlant, lui aussi, poétique et politique, acheva sur ces mots son discours de réception à l’Académie française, en 1935 : « Pour les renaissances, il est encore de la foi ».

Des mots que le regard d’Olivier de Lérins ne peut qu’inciter à méditer.

https://www.actionfrancaise.net/2026/03/19/des-editions-nouvelles-pour-toujours-mieux-connaitre-le-neo-royalisme/

dimanche 8 mars 2026

Pour connaître le néo-royalisme

 

Parce qu’il n’est pas forcément clair pour tout le monde que le royalisme est parfaitement d’actualité, parce qu’il est évident pour tous que le régime politique qui nous dirige est incapable de le faire, parce qu’il est impensable d’oublier d’où l’on vient…

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À la fin du XIXe siècle, Charles Maurras et quelques jeunes intellectuels patriotes avaient pris l’habitude de se retrouver « Boulevard Saint-Germain ». C’est là – un demi-siècle avant que « le Flore », envahi par Sartre et les existentialistes, ne devienne le quartier général de la gauche bien-pensante –, que Maurras et ses amis vont élaborer les premiers éléments d’une réflexion nationale et royaliste que François Huguenin a nommé l’école d’Action française. C’est dans l’héritage de cette tradition qu’en 2018 François Bel-Ker a fondé les Éditions de Flore qui se proposent de rééditer les textes classiques de la doctrine « néo-royaliste » et d’en montrer la fécondité en poursuivant la réflexion à travers la publication d’essais, d’études savantes, mais aussi de pamphlets, de nouvelles, de romans.

Nous suggérons aux jeunes qui rejoignent les sections du mouvement d’Action française, la lecture de Dictateur et Roi – suivi de De l’autorité légitime et Comment je suis devenu royaliste.

L’ouvrage, de 182 pages, est préfacé par Stéphane Blanchonnet et introduit par Frédéric RouvilloisDictateur et roi est au néo-royalisme ce que le Manifeste du parti communiste de Karl Marx est au marxisme. C’est donc son meilleur point d’entrée. Ia été écrit en 1899, pour être publiéla première fois en août 1903 dans la Revue d’Action française suivi là des textes de deux autres auteurs remarquables : « La réponse d’un protestant » de Léon de Montesquiou et « Histoire d’un gentilhomme de province » de Guy de Pasillé. Il a été remis à la mode au début des années 1990 par la « Génération Maurras » lorsque l’Action française lycéenne, dirigée par Sylvain Roussillon, alors confrontée à une problématique de formation des jeunes recrutés, l’avait fait publier en brochure dans les Documents d’Action française.Aujourd’hui, Dictateur et roi fait partie des incontournables de la littérature nationaliste.

Le but de Maurras, observait son plus récent biographe, l’historien Olivier Dard, était, par ce bref ouvrage, de « convaincre par la raison » : de sortir d’une approche exclusivement sentimentale, esthétique ou romantique de la monarchie, pour en démontrer de façon irréfutable la nécessité rationnelle. C’est ce qu’il énonce dans la phrase qui conclut Dictateur et roi : « Ce que nos ancêtres ont fait par coutume et par sentiment, le poursuivre nous-mêmes avec l’assurance et la netteté scientifique, par raison et par volonté ». Et c’est ce que saluait le philosophe Pierre Boutang, estimant ce livre « propre à séduire (…) en profondeur, à convaincre (…) au-delà de l’opinion et pour toujours »…

C’est pourquoi nous conseillons même aux groupes de jeunes de nos sections militantes de faire de ce texte l’objet d’un cercle d’étude à reprendre à chaque rentrée.

Voici comment vous le procurer pour seulement 10 euros : Dictateur et roi

https://www.actionfrancaise.net/2026/03/08/pour-connaitre-le-neo-royalisme/

vendredi 31 octobre 2025

17 octobre 1893 : mort du président Mac-Mahon, dernier espoir du retour du roi

 

Par Pierre Petit — Jeffdelonge Mairie de Vantoux-et-Longevelle (France), Domaine public.
Par Pierre Petit — Jeffdelonge Mairie de Vantoux-et-Longevelle (France), Domaine public.
Le 17 octobre 1893, dans la quiétude du château de Montcresson, mourait Patrice de Mac-Mahon, duc de Magenta, maréchal de France, dernier grand témoin d’une période où la France hésitait encore entre la monarchie et la république. Avec sa disparition se clôt une longue histoire militaire et politique, marquée par la gloire des champs de bataille, les soubresauts de la guerre franco-prussienne et les hésitations institutionnelles des débuts de la IIIe République. Sa mort laisse derrière elle le souvenir d’un homme profondément attaché aux principes légitimistes, mais rattrapé par les mutations politiques d’une France entrée dans une nouvelle ère.

Le retour du roi ?

Patrice de Mac-Mahon n’était pas seulement un maréchal. Né en 1808 dans une famille aristocratique d’origine irlandaise, il fait une carrière militaire brillante. Officier sous la monarchie de Juillet, il s’illustre en Algérie, participe à la guerre de Crimée et se couvre de gloire à la bataille de Magenta en 1859, pendant la campagne d’Italie. Cette victoire lui vaut son titre de duc. Fait maréchal de France sous Napoléon III, il devient l’un des officiers les plus respectés de son temps.

En 1870, après la défaite de Sedan, Mac-Mahon, blessé au combat, se charge de réprimer la Commune de Paris et de restaurer l’ordre. Fort de cet acte, c’est à lui qu’une Assemblée nationale dominée par des monarchistes et des conservateurs confie, en mai 1873, la présidence de la République après la chute d’Adolphe Thiers. Pour ces députés, le maréchal incarne une solution d’attente : un président loyal aux monarchistes, censé préparer le retour du roi.

Mais des événements viennent contrarier ces plans. Les profondes divisions entre légitimistes et orléanistes, la fermeté du comte de Chambord sur le refus de reconnaître le drapeau tricolore, symbole de 1789, et la montée en puissance d’un bloc républicain de plus en plus structuré rendent impossible toute troisième Restauration. Mac-Mahon, loyal à la légitimité monarchique mais conscient des équilibres politiques, reste alors à la tête d’un régime dont l’Assemblée est toujours majoritairement monarchiste mais dans un pays de plus en plus républicain.

Nouvelle république

La présidence de Mac-Mahon porte l’empreinte de cet entre-deux. En novembre 1873, l’Assemblée nationale, toujours majoritairement monarchiste, vote la promulgation du septennat en faveur du mandat de Mac-Mahon, afin de gagner le temps nécessaire à l'hypothétique retour d’un autre roi que le comte de Chambord. Ce compromis institutionnel visait à maintenir ouverte la possibilité d’une Restauration et offrait presque le rôle de régent au Président.

Cependant, ce délai profite surtout aux républicains. Ils réussissent à consolider leurs positions et préparent la fondation d’un régime stable. Ainsi, les lois constitutionnelles de 1875 fixent l’organisation des pouvoirs publics et instaurent un régime parlementaire où le président de la République est élu par les deux chambres réunies en Assemblée nationale, les représentants de cette dernière étant élus au suffrage universel.

Mac-Mahon, homme d’ordre et monarchiste fidèle, n’avait pas la fibre politique des républicains parlementaires. Il cherche à gouverner avec des ministères conservateurs, persuadé que la majorité rurale du pays soutiendra une orientation traditionnelle. Mais cette stratégie se heurte frontalement à la dynamique électorale républicaine.

Coup de force raté

La crise majeure de son mandat éclate le 16 mai 1877. Refusant de collaborer avec une Chambre des députés désormais majoritairement républicaine, Mac-Mahon remercie le président du Conseil, Jules Simon, et le remplace par le duc de Broglie, monarchiste convaincu. Ce geste, perçu comme un acte de défiance envers le Parlement, provoque une confrontation directe entre l’exécutif et le législatif.

S’appuyant sur ses prérogatives constitutionnelles, Mac-Mahon dissout alors la Chambre des députés et convoque de nouvelles élections, espérant renverser la majorité républicaine. Mais son calcul se révèle erroné : les électeurs votent en faveur des républicains. Leur leader, Gambetta, déclare : « Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, il faudra se soumettre ou se démettre. »

Face à ce désaveu, Mac-Mahon tente encore de gouverner avec des ministères conservateurs, mais l’absence de soutien parlementaire rend sa situation intenable. Constatant qu’il n’a plus la confiance des élus et du peuple ni la possibilité d’imposer une orientation monarchiste à la France, il présente sa démission le 30 janvier 1879. Son départ marque la fin des espoirs de restauration monarchique.

Après sa démission, Mac-Mahon décide de se retirer de la vie politique. Il demeure une figure respectée mais s’éloigne volontairement des affaires. Il partage ainsi ses dernières années entre Paris et son château à Montcresson, consacrant son temps à sa famille et à l’écriture de ses mémoires. Après son décès, le 17 octobre 1893, ses obsèques sont célébrées avec les honneurs militaires dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides où il fut inhumé, rejoignant ainsi les grandes figures militaires de la nation. Celles qui, comme lui, ont marqué l’histoire et le destin de la France.

Eric de Mascureau

dimanche 19 janvier 2025

Royaliste, résolument royaliste

 

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L’éditorial de François Marcilhac

La présence du comte et de la comtesse de Paris, ainsi que du dauphin de France, à la cérémonie de réouverture de Notre-Dame, le 7 décembre — le comte de Paris a également assisté à la messe du 8 décembre —, est un signe d’espoir pour la France.

« Un grand moment de communion »

Non seulement en raison du lien particulier que les rois ont toujours entretenu avec la cathédrale mais, plus profondément, parce que, comme le Prince le dit dans son communiqué annonçant la venue de la famille de France : « Notre-Dame, joyau de notre histoire construite sous nos Rois et symbole de l’âme de Paris, notre capitale, retrouve aujourd’hui toute sa splendeur. Le Prince est heureux de partager ce moment avec tous ceux qui ont œuvré pour le retour à la vie de cet édifice, avec les invités de la France et le public présent ». Et de témoigner à Point de vue le 8 décembre : « La cathédrale nous a offert un grand moment de communion ».

Le comte de Paris ne pouvait pas mieux dire, car c’est bien de communion que les Français ont besoin, en cette période par ailleurs si incertaine de notre vie nationale. L’incendie, au début de la Semaine sainte de 2019, avait plongé la France, toute la France, et une grande partie du monde, dans l’affliction, mais un affliction qui ne pouvait qu’avoir du sens : Notre-Dame était appelée à la résurrection, une résurrection qui ne pouvait pas être seulement patrimoniale mais invitait à une communion supérieure du peuple de France avec son identité profonde, pour les Français eux-mêmes et sous le regard du monde : identité tout à la fois spirituelle, historique et politique, verticale et horizontale, qu’incarne précisément le comte de Paris. Le Prince faisait lien, ces 7 et 8 décembre, entre, d’une part, lui-même et une transcendance nécessaire au politique, sans laquelle le politique risque de devenir fou, et, d’autre part, lui-même et les Français, quelles que soient, par ailleurs, leurs convictions, car tous sont appelés à cette communion nationale. La devise de Jean de France n’est-elle pas : « Je pense en Prince chrétien, j’agis en Princefrançais » ? Que Notre-Dame soit le lieu même de notre centralité nationale — jusqu’à être le kilomètre zéro de toute distance ! — n’exclut personne dans une France qui ne renie rien de son être.

« Renouer le pacte historique et nécessaire »

Ce lien, il nous appartient de le fortifier de nouveau, en le rendant tous les jours plus concret aux yeux des Français. Cette même année 2019, mais en février, le jour des obsèques de son père, le nouveau comte de Paris publiait un communiqué dans lequel il invitait les Français à « renouer le pacte historique et nécessaire entre la Nation et la Famille royale ». Il se mettait dans les pas de ses aïeux, notamment de son arrière-grand-oncle, Philippe VII, comte de Paris, qui écrivait en 1888 qu’il y a « deux choses qui ont vécu mille ans, et qui ne peuvent être grandes que par leur union : l’idée nationale française et la race capétienne. Il est beau de pouvoir encore travailler à les réunir ». Ces mille ans, à l’époque, c’étaient ceux qui séparaient Philippe VII d’Eudes, qui échangeait pour la première fois, en 888, son titre de comte de Paris pour celui de roi. Aujourd’hui, la France et avec elle notre dynastie sont plus que millénaires. Mais les Français attendent toujours de renouer le pacte historique. C’est que nous n’avons pas encore assez travaillé !

En ce début d’année 2025, nous ne sommes pas enclins à évoquer la vie politique, tant sa médiocrité éclabousse la dignité des Français. On a même appris peu avant Noël qu’un ancien président de la République, définitivement condamné pour corruption à un an de bracelet électronique, se tournait vers une juridiction étrangère, la Cour européenne des droits de l’homme, pour faire condamner la justice de son propre pays ! C’est dire combien jusqu’au plus haut sommet du pays légal républicain on a perdu tout repère, combien la France ne compte plus. C’est pourquoi il faut faire face en allant à l’essentiel, au moment où une crise politique se double d’une crise de régime, les institutions ne pouvant manifestement plus absorber ce mensonge d’une VeRépublique rempart contre les oligarchies qui veulent monopoliser l’État, alors même qu’elle est désormais leur vecteur le plus direct et le plus sûr. Nous ne le répéterons jamais assez : la VeRépublique apparaissait comme la moins mauvaise république en ce qu’elle paraissait la moins républicaine de toutes. Du moins, est-ce ainsi que De Gaulle l’avait, affirmait-il, conçue et voulue. Or, très tôt, dès 1965, le pari était perdu. Peu à peu, les partis, les factions, les oligarchies l’ont investie. Et, à travers l’« Europe » et l’OTAN, elle est redevenue le règne de l’étranger.

« Sauve qui peut ! »

C’est pourquoi il est temps, grand temps, même, de tirer de toute notre histoire politique et nationale, pour l’avenir, une fois libéréede tous les réflexes conditionnés et de toutes les inhibitions enseignés aux Français par l’école de la République, des leçons capables de bouleverser notre regard politique. Pour revenir aux Capétiens ? Non pas revenir, mais poursuivre une amitié entre un peuple et sa dynastie qui fut celle de la France durant mille ans et assura à la fois son existence et sa grandeur. D’autant que les bienfaits de la monarchie découlent de sa nature même : le fait que le roi échappe à l’élection est le principe de base d’où découlent tous les avantages de ce régime, car cela garantit son impartialité et son indépendance. Le roi ne dépend de personne. « Et c’est bien ce qui change tout » (Prince Jean). Pourtant, nul danger de despotisme : « En monarchie », poursuit le Prince, « le despotisme est à la fois impraticable, dans la mesure où l’on se place sur le long terme, et inutile : disposant du pouvoir de décision ultime, le roi n’a pas besoin d’être despotique, ceci étant d’ailleurs, en général, une manifestation de faiblesse ». La monarchie est donc à l’opposé de l’exercice solitaire, « personnel », du pouvoir. De plus, l’existence de lois fondamentales intangibles (contrairement aux constitutions républicaines) garantit l’État de droit en monarchie royale. Ce que rappelait le grand-père du Prince Jean, Henri VI, dans une Lettre aux Français : « Jusqu’à la fin, la monarchie fut un pouvoir soumis à des lois fondamentales, non écrites, qu’elle n’avait pas la possibilité de transformer, et limitépar l’immense réseau de contre-pouvoirs et de libertés que la société avait tissé au fil des siècles. […] Il était possible d’organiser ces libertés vivantes dans un système moderne de représentation et de redonner aux communautés locales l’autonomie qu’elles avaient perdue ». Malheureusement, la Révolution interdit aux Français de prendre le tournant d’une modernité qui répondît véritablement à la fois à la nature politique et aux besoins du pays, notamment en matière de représentation. Nous le payons toujours, et même de plus en plus chèrement : c’est le pays réel qui est aujourd’hui menacé de disparition, placé qu’il est entre une Europe despotique et l’invasion migratoire que cette même Europe favorise et qui menace sa cohésion profonde.

Parce que, Français depuis Louis-Philippe, mais, qu’abandonnés par la République, ils sont de nos compatriotes les plus pauvres, ceux, donc, qui auraient le plus besoin d’un roi protecteur, c’est aux Mahorais que l’Action française, qui a tant combattu pour qu’ils puissent rester Français, tient à envoyer un message d’indéfectible solidarité en ce début d’année. En effet, pourquoi être royaliste en ce premier quart du XXIe siècle ? Parce que : « SAUVE QUI PEUT ! » Comme le disait Pierre Boutang, si les royalistes en appellent au Prince, c’est qu’ils en appellent à celui-là seul qui peut sauver, non seulement la paix civile mais plus fondamentalement la nation elle-même. Nous envoyons à Monseigneur le comte de Paris, à Madame, au Dauphin, ainsi qu’à toute la Famille de France nos vœux les plus sincères.

https://www.actionfrancaise.net/2025/01/16/leditorial-de-francois-marcilhac-79/

dimanche 22 décembre 2024

Les royalistes et la colonisation

 

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Aujourd’hui, le professeur Gourinard évoque les « royalistes et la colonisation ». Plusieurs textes paraîtront sur le sujet au fil des joursMais commençons par déminer deux erreurs.

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par Pierre Gourinard

L’usage des mots « colonialisme » et « anticolonialisme » est devenu courant et il a acquis droit de cité même dans des publications qui se veulent exemptes de tout « politiquement » ou « historiquement correct ».

Il est donc nécessaire, tout d’abord, de dénoncer l’utilisation frauduleuse de ces mots, employés dans une intention diffamatoire et au mieux, méprisante.

Un néologisme subversif

Le mot « colonialisme » n’apparaît pas avant la Seconde Guerre mondiale. Il est absent dans toute édition du Larousse et du Littré antérieure aux années 1940. Néanmoins, les termes de « colonialisme » et d’« anticolonialisme »foisonnent dès 1943 en Afrique du Nord et sont véhiculés par la presse communiste ou séparatiste en Algérie. Après la Libération, les milieux chrétiens progressistes en feront la même utilisation. Il est donc d’autant plus regrettable de voir ces expressions utilisées par d’excellents ouvrages ou revues. C’est le cas d’une édition du Dictionnaire politique et critiquepostérieure à la mort de Maurras qui donne le titre de « colonialisme » à un article de L‘Action française. Il en est demême d’un dossier intitulé « Ancien et nouveau colonialisme », dans la revue Identité paru en 1994.

Une erreur d’interprétation : droite et gauche devant les Colonies

Il faut également rectifier une autre erreur qui provient d’un manichéisme simpliste : jusqu’à la fin du XIXe siècle environ, la droite aurait été hostile à l’expansion coloniale, tandis que la gauche aurait été globalement favorable.

L’erreur d’interprétation initiale dans ce cas, est l’imprécision des termes « droite » et « gauche ». En second lieu, cette classification sommaire ne tient pas compte de la diversité d’administration de l’Empire colonial français. Ainsi, l’Algérie, ensemble de départements français, n’est pas dissociée des Colonies. Le cas particulier des Protectorats, voire des Territoires sous mandat du Proche Orient, n’est pas défini avec précision. Mais il est remarquable que cette erreur d’interprétation s’inscrive dans une totale méconnaissance ou une sous-estimation de l’aspect religieux de la colonisation.

En effet, comment peut-on, a priori, qualifier d’opposition à l’expansion coloniale, l’idée de soutien aux missions catholiques, inséparable de la pensée catholique et royaliste sur la colonisation ?!

Pour le XIXe siècle au moins, le terme « droite » relève essentiellement d’une partie de l’opinion catholique et royaliste.

https://www.actionfrancaise.net/2024/12/21/les-royalistes-et-la-colonisation/

jeudi 31 octobre 2024

Le royalisme de complot

 

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Cellule Stratégie 5

La rubrique « Cellule Stratégie » présente des concepts de la stratégie politique du coup de force. Après le royalisme de témoignage et le royalisme politique, voici le royalisme de complot de Michel Michel tiré de son Analyse sociologique du royalisme. Il sera suivi d’un texte clé de Charles Maurras sur le concept du Monk.

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Par Michel Michel

Le royalisme de complot consiste à mettre l’accent sur la stratégie de changement de régime. En 1942, à Alger, si on demandait « que devient Henri d’Astier de la Vigerie ? », on s’entendait répondre « comme d’habitude, le matin il va à la messe, l’après-midi, il complote ».

Comploter, cela suit d’autres critères que les précédentes positions :

  • Par rapport au « royalisme politique », il ne s’agit plus de faire du journalisme en commentant les actions des grands de ce monde ; il s’agit, au contraire, de se polariser sur sa marge de manœuvre propre, sur les domaines sur lesquels on peut agir, aussi modestes soient-ils.
  • Par rapport au « royalisme de témoignage », la recherche de l’efficacité peut l’emporter sur la recherche du sens ; c’est en se mouillant avec des individus aussi pourris que l’évêque apostat Talleyrand, qu’on réussit une restauration.

Cette typologie heuristique n’implique pas une hiérarchie de valeurs ; ou plutôt dans chaque catégorie on devrait trouver un éventail assez large de qualifications :

  • Il y a chez les « royalistes de témoignage » de grands esprits (comme un Gustave Thibon) et de tristes radoteurs sur le malheur des temps ;
  • Chez les « royalistes politiques », les adeptes de la « droite anecdotique », amateurs de Rivarol, vont jouer au « café du commerce » sans pouvoir atteindre le niveau d’un analyste comme Jacques Bainville…
  • Quant aux « royalistes de complot », pour un Cadoudal, ou quelque « coup d’Alger » qui fut à deux doigts de réussir, combien se sont perdus « au service du Roi de Prusse » dans les aventures de la LVF ou dans les méandres des cénacles gaullistes ?

Naturellement, les trois postures ne sont pas exclusives et beaucoup passent d’une position à l’autre comme Joseph de Maistre pouvait tour à tour jouer son rôle d’agent d’influence du Royaume de Piémont-Sardaigne (ce qui explique en grande partie sa pratique maçonnique), analyser les situations géopolitiques et les revirements des acteurs politiques et s’élever avec un regard d’aigle pour dégager la signification métahistorique de la Révolution. Avec un bonheur variable, un Pierre Boutang a aussi montré comment on pouvait incarner les trois perspectives.

https://www.actionfrancaise.net/2024/10/31/cellule-strategie-5/

vendredi 11 octobre 2024

Le royalisme de témoignage

 

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Cellule Stratégie 3

Dérouler la stratégie politique du coup de force nécessite de maîtriser certains concepts que la rubrique « Cellule Stratégie » présente en s’appuyant sur les réflexions de Charles Maurras, Pierre Debray et Michel Michel. Poursuivons la présentation des « trois modalités du royalisme », avec le sociologue Michel Michel et, aujourd’hui, le royalisme de témoignage

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Par Michel Michel

Pour des raisons historiques, religieuses, voire esthétiques, les royalistes de témoignage récusent plus ou moins complètement les fausses valeurs issues de la Révolution française. Ce courant, que l’on peut appeler contre-révolutionnaire ou réactionnaire est une des « familles spirituelles » qui composent le paysage idéologique français.C’est une famille d’esprit assez constante depuis le traumatisme historique de « la Révolution » et il est raisonnable de penser que la réflexion sur l’histoire de la France amènera toujours certains esprits à adopter spontanément ce point de vue.

Cette posture très axée sur un système de valeurs se corrompt facilement dans un comportement « d’émigrés de l’intérieur » : on refuse de voter aux élections pour ne pas se corrompre avec un système que l’on méprise. Ou bien, assez souvent, on adopte un comportement schizoïde en « faisant comme tout le monde » dans certains domaines, par exemple dans le domaine professionnel, on s’alignera sur l’ultra-libéralisme des écoles supérieures de commerce, tout en récusant le libéralisme philosophique dans la sphère religieuse. Dans quelques cas, on pourra même professer un ultra-légitimisme déconnecté de toute l’histoire de France, tout en attendant quelques retombées avantageuses d’une adhésion aux LR.

Naturellement, cette position ne donne pas de grandes chancesà ce courant de peser sur la destinée de la France et l’on compense cette inaptitude en comptant sur la Providence pour dénouer cette pénible situation.

Je ne méprise pas la conception providentialiste de l’histoire, mais je n’oublie pas l’adage de Jeanne d’Arc : « Les gens d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire ».

https://www.actionfrancaise.net/2024/10/11/cellule-strategie-3/

mardi 10 septembre 2024

Les principes du combat royaliste

 

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Combat royaliste 39

Par Philippe Germain

Nous, royalistes, avant-garde du pays réel, conspirons à ciel ouvert pour l’arrivée au pouvoir de l’Héritier, le prince capétien. Cette restauration nationale est l’effet recherché de la stratégie politique de l’Action française, mouvement-école regroupant les patriotes devenus des nationalistes intégraux.

Nous, royalistes, ne croyons pas aux effets de la propagande toute nue, ni à ceux du scrutin qui est conservateur du désordre. C’est pourquoi il est logique et légitime d’admettre la nécessité d’un coup de force contre le destructeur régime des partis. Il est possible en deux scénarii : celui ganté du « maître de l’heure » comme le chef du gouvernement provisoire Talleyrand (1814) ou le second, insurrectionnel, du « maître de la minute » comme le préfet de police Chiappe (1934) et le général Salan (1958).

Nous, royalistes, savons qu’il y a un « si » à la possibilité du coup de force. Sa condition est d’être préparé par une fraction de l’opinion publique à laquelle la propagande d’Action française travaille grâce à sa doctrine politique, le néo-royalisme de Dictateur et roi. Sinon, il n’y a plus d’espoir et la France est perdue.

Nous, royalistes, menons en outre, une contre-révolution permanente pour sauver l’héritage. Pour freiner la déchéance de la France, nous désignons ses ennemis extérieurs et intérieurs. Nous cherchons à exacerber leurs contradictions et à détruire les positions clés qu’ils tiennent. Nous cherchons à démanteler l’appareil technocratique tenu par leurs alliés, les profiteurs du pays légal.

La contre-révolution permanente est nécessaire car, sur le continent, la République est impuissante à protéger la souveraineté française contre l’impérialisme européen. En outre-mer elle est incapable de protéger l’intégrité du territoire français contre l’impérialisme chinois. L’Action française éclaire donc les patriotes grâce aux leçons de sa science politique, l’empirisme organisateur, qui utilise l’histoire comme laboratoire expérimental.

La contre-révolution permanente est nécessaire car, à l’intérieur, la République laisse se développer l’influence américaine au travers le wokisme nihiliste. Elle livre le patrimoine national à l’entreprise de colonisation migratoire menant la guerre culturelle islamique. L’Action française défend donc l’identité civilisationnelle française en contre-proposant sa philosophie politique de La politique naturelle.

Le combat royaliste de conspiration et de contre-révolution permanente pour la restauration nationale, recherche non pas le nombre mais la qualité. Il importe de refuser les rassemblements constitués uniquement sur la base d’une communauté de passion. Seules triomphent les minorités agissantes, à condition qu’elles consentent à une discipline de fer, ce qui suppose une cohésion intellectuelle sans faille.

Le combat royaliste est affaire de cadres sachant utiliser l’arsenal intellectuel de l’école de pensée d’Action française avec sa doctrine politique, sa science politique, sa philosophie politique et sa stratégie politique. Cet arsenal, élaboré par Charles Maurras, a été enrichi après sa mort des apports métaphysiques de Pierre Boutang et sociologiques de Pierre Debray.

https://www.actionfrancaise.net/2024/09/10/combat-royaliste-39/

samedi 17 août 2024

Duc d’Orléans et Jeunesse royaliste

 

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Connaître l’Histoire de France c’est bien. L’utiliser comme laboratoire expérimental pour faire face aux enjeux de 2024 c’est mieux. Mais maîtriser la mémoire du royalisme depuis la mort du comte de Chambord en 1883 c’est indispensable à tout nationaliste intégral devant recruter des sympathisants patriotes.

Le royalisme s’était peu à peu réduit à lui-même. Il disposait encore d’une presse moins puissante mais combattive. En revanche, si sa force parlementaire décline, ses liens avec le catholicisme social sont très forts. Avec la mort du chef de la Maison de France Philippe VII, arrive Philippe VIII, le duc d’Orléans, et la « Jeunesse royaliste ».

Une lettre du duc d’Orléans à un journaliste du Gaulois (Jules Cornély, le 27 décembre 1896), énonce que : « la fonction du Roi est de protéger les petits contre les grands et de faire que dans notre généreux pays où surabondent tant de mérites désintéressés, l’argent ne soit pas tout ». Ainsi, le nouveau chef de la Maison de France prouve-t-il son attachement à la tradition capétienne de lutte contre les féodalités, la plus dangereuse étant devenue celle de l’argent. Le Prince s’était rendu populaire quand, arrivé à l’âge de la conscription en 1890, il se rendit à Paris pour s’y faire enrôler mais fut arrêté et détenu plusieurs semaines à Clairvaux. Le prince « Gamelle » avait complètement accompli la fusion dans son entourage, anciens orléanistes et légitimistes se mêlaient dans ses Conseils et son Service d’Honneur ; secouant la tutelle des conseillers de son père, tous imbus de libéralisme parlementaire, il leur préfère un avocat de la « Jeunesse royaliste », André Buffet, qu’il place, en janvier 1898, à la tête de son Bureau politique.

« Prince de la jeunesse », le duc d’Orléans avait su conquérir les éléments les plus dynamiques du mouvement monarchiste. La « Jeunesse royaliste » a préfiguré « l’Action française » : par son organisation qui réunit 30 000 hommes, regroupés en 18 groupes parisiens et 34 provinciaux, avec des « groupes ouvriers », d’ailleurs souvent formés d’artisans, par ses slogans comme « par tous les moyens », par l’emploi de la démagogie nationaliste et antisémite, par sa recherche du « coup de force ». Les « jeunes royalistes » refusent aussi de se déguiser en conservateurs et, aux élections municipales de 1896, à Bordeaux, radicaux-socialistes et royalistes s’unissent victorieusement contre les républicains modérés.

Le développement de l’Affaire Dreyfus donne bon espoir de prendre le pouvoir en utilisant les troupes de choc nationalistes. Le 22 février 1899, à San Remo, le Prince lance sa fameuse formule sur la fortune anonyme et vagabonde, assimilée d’ailleurs à la « puissance juive », et affirme « je suis formellement décidé à m’appuyer sur l’armée et sur le peuple ». Hélas ! Le 29 février c’était la lamentable équipée de Déroulède devant la caserne de Reuilly et l’échec de ce nouvel « Appel au soldat ». Le gouvernement de Waldeck-Rousseau pratique la « défense républicaine » (déjà ! les démocrates n’ont donc pas attendu l’antifascisme…) en faisant arrêter, en août, une trentaine de royalistes, nationalistes et antisémites, amalgamant au cours d’un vaste procès devant le Sénat, réuni en Haute-Cour, ceux qui n’avaient pas su coordonner leur action ou même se combattaient âprement. André Buffet et Eugène de Lur-Saluces (ce dernier d’abord contumace), demeurent en exil jusqu’en 1905 ; c’est auprès d’eux que Charles Maurras commence son « Enquête sur la Monarchie » après avoir élaboré son texte doctrinal Dictateur et roi.

https://www.actionfrancaise.net/2024/08/15/memoire-du-royalisme-5/

dimanche 11 août 2024

Mémoire du royalisme 4

 

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Liens avec le catholicisme social

Après la mort du comte de Chambord le royalisme s’était peu à peu réduit à lui-même. Il disposait encore d’une presse combattive, certes, mais moins puissante. En revanche si sa force parlementaire décline, ses liens avec le catholicisme social sont très forts.

Sur le plan parlementaire, l’apport de la « Droite » est longtemps original et Albert de Mun traduit les idées de son ami La Tour du Pin ; mais les propositions de lois sociales, nombreuses de 1884 à 1892, le sont beaucoup moins après le ralliement. Le catholicisme social, jusqu’ici royaliste, et particulièrement légitimiste, irrigue désormais la Démocratie chrétienne.

En 1896 se tiennent un « Congrès national de la Démocratie chrétienne » et un « Congrès social monarchiste » qui étudient les mêmes thèmes, sous le patronage commun du marquis René de La Tour du Pin. Ce dernier fut le principal fondateur de l’œuvre des « Cercles catholiques d’ouvriers » qui mérita du comte de Chambord, lui-même auteur d’une « Lettre sur les ouvriers » rédigée en 1865, cette attention : « toutes ses pensées sont les miennes » ; prenant la suite des Villeneuve-Bargemont, Villermé, Le Play, Berryer et autres chrétiens-sociaux allemands et autrichiens, il fonde un corporatisme ouvert. Charles Maurras proclamera : « M. de La Tour du Pin n’est pas d’Action française, c’est l’Action française qui est de M. de La Tour du Pin ».

https://www.actionfrancaise.net/2024/08/09/memoire-du-royalisme-4/?doing_wp_cron=1723306363.6818330287933349609375

samedi 10 août 2024

Mémoire du royalisme 3

 

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1894-1914, le royalisme parlementaire

Nous avons vu comment, après la mort du comte de Chambord, le royalisme s’était peu à peu réduit à lui-même. Nous avons vu qu’il disposait encore d’une presse moins puissante mais combattive. Aujourd’hui nous nous penchons sur son déclin parlementaire.

Au Parlement, si le bloc des sénateurs royalistes de l’Ouest reste important jusqu’en 1914, la chambre des députés traduit davantage le retrait des forces traditionalistes. Dès 1893 il n’y a plus que 60 monarchistes face à 35 ralliés.

Les professions de foi et les votes de ces monarchistes démontrent l’existence de nuances importantes : 36 seulement se battent « pour Dieu et pour le Roi » et, en fait, il n’y a guère qu’une quinzaine d’irréductibles ; 24 tournent la difficulté en ne mentionnant pas la République ou en faisant seulement allusion à leurs « opinions bien connues », parmi eux des bonapartistes plébiscitaires, des anticléricaux charentais, des conservateurs normands qui, en fait, acceptent le régime. D’ailleurs, depuis le ralliement, le fossé se comble entre conservateurs et modérés, dont la coalition soutient le ministère Méline et s’oppose bientôt à la politique anticléricale et antimilitariste du « Bloc des gauches ». La réélection de certains députés royalistes dépend parfois d’un appoint modéré, ce qui explique leur prudence.

La carte des élections législatives ne correspond pas exactement à celle de la presse ; si on retrouve nettement le bastion de l’Ouest, centré sur Nantes, les « blancs du Midi » en revanche semblent nettement minoritaires, sauf dans les Cévennes ; ailleurs il n’y a que quelques foyers isolés. L’effectif des députés monarchistes, formant le groupe des « Droites », diminue constamment et passe à 35 en 1898, puis à une quinzaine en 1914. Il faut attendre 1910 et 1914 pour qu’un Jules Delahaye, à Cholet, sous l’influence de l’Action française, se proclame encore plus agressivement royaliste que le fidèle vendéen Baudry d’Asson.

https://www.actionfrancaise.net/2024/08/07/memoire-du-royalisme-3/

jeudi 25 juillet 2024

Mémoire du royalisme 2

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1871-1894, la presse royaliste

Après avoir vu l’état du royalisme entre la mort du comte de Chambord (1883) et celle du comte de Paris Philippe VII (1894), nous pouvons nous intéresser à l’état de la presse royaliste durant cette même période.

Le royalisme conserve une audience importante, ne serait-ce que dans la presse et au Parlement. Certes, le comte de Paris réduit considérablement les subsides accordés aux nombreux journaux royalistes, préférant réserver son aide aux plus fidèles. Beaucoup de feuilles, en effet, sont simplement « conservatrices » et se présentent en organes de « défense sociale » ou de « défense religieuse », certaines cultivent l’équivoque « monarchiste » mais préfèrent le bonapartiste « Appel au Peuple ».

À Paris, chaque grand journal royaliste a sa clientèle particulière : le Gaulois dispute au Figaro, plus ou moins rallié, sa clientèle aristocratique que Léon Daudet qualifie de « salonnarde » ; l’ineffable Arthur Meyer sait y doser savamment les comptes rendus des mondanités. Le Moniteur Universel a bien perdu de son éclat et sa clientèle, de tradition orléaniste et libérale, rallie de plus en plus le Soleil de l’académicien Édouard Hervé. La tradition légitimiste et sociale est maintenue par Gustave Janicot sous le titre prestigieux de la Gazette de France. Cependant que la Vérité rassemble les dissidents de l’Univers rallié. Si Léon Daudet, nationaliste qui se cherche, écrit dans le Gaulois et dans la Libre Parole de Drumont, Charles Maurras, pas encore royaliste, fréquente pourtant aussi bien le Soleil que la Gazette de France.

« L’Association de la presse monarchique et catholique des départements » réunit de nombreux journalistes qui savent entretenir le goût de la discussion doctrinale et de la polémique. Sur une centaine de journaux « conservateurs » qui restent subventionnés, la moitié défend ouvertement les idées royalistes et notamment une trentaine de quotidiens ou de tri-hebdomadaires répandus. Le Midi, surtout aquitain et languedocien, possède un tiers de ces feuilles, l’ouest a un autre tiers, le reste se localise dans le Massif-Central et les Pays de la Loire ou se disperse au Nord et à l’Est.

La suite prochainement dans : 1871-1894, les monarchistes au Parlement

https://www.actionfrancaise.net/2024/07/25/memoire-du-royalisme-2/

vendredi 19 juillet 2024

Mémoire du royalisme 1

 

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1871-1894, le royalisme réduit à lui-même

Depuis 1871 le royalisme, triomphant aux élections à l’Assemblée nationale, est en reflux constant. La République est en place et bénéficie du caractère conservateur du suffrage universel, satisfait de l’ordre et de la paix.

La mort d’Henri V, le comte de Chambord, en 1883, permet au comte de Paris de rassembler la quasi-totalité des forces royalistes et de tenter la reconquête légale du pouvoir. Aux élections législatives de 1885, les royalistes, camouflés en « conservateurs », c’est-à-dire en cléricaux, mettent en péril la République qui se venge, l’année suivante, en expulsant les Princes.

L’exil du chef de la Maison de France pèse lourdement sur l’évolution du mouvement royaliste. En 1889, l’aventure boulangiste compromet à nouveau les royalistes, confondus avec les révisionnistes et les nationalistes de toutes sortes.

Enfin le ralliement, en 1892, réduit l’encadrement royaliste et décante les forces traditionalistes. Le partage se fait entre les régions « conservatrices », telle la Normandie, et les régions de fidélité royaliste, telle l’Anjou ou la Vendée. Le royalisme prouve son originalité et son indépendance par rapport à l’église catholique mais, réduit à ses propres forces, il ne peut plus mener le même jeu politique.

La mort du comte de Paris, en 1894, semble coïncider avec un affaissement général des forces royalistes. La monarchie n’est-elle plus qu’« une grande vieille chose morte » ?

La suite prochainement : 1871-1894, la presse royaliste

https://www.actionfrancaise.net/2024/07/19/memoire-du-royalisme-1/

mardi 1 novembre 2022

« Une France, un Roy », journal catholique et légitimiste

« Une France, un Roy », journal catholique et légitimiste

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Permettez-moi de vous présenter le journal légitimiste papier « Une France, un Roy », édité par le Cercle royal des Enfants de France, qui rassemble un groupe de jeunes lycéens, étudiants et doctorants royalistes. Ils tiennent aussi le site TV Royauté.

Nous les encourageons à persévérer pour que les lys refleurissent dans ce beau royaume de France maudit par son infidélité révolutionnaire.

Les membres de la rédaction travaillent essentiellement à destination des jeunes, broyés par la modernité, mais le contenu intéressera toute personne de bonne volonté. Le journal fournit ainsi des éclairages légitimistes sur des questions d’actualité, tout en fournissant quelques articles de fond sur les principes d’action ou l’histoire de la monarchie Française.

Ils ont l’intelligence de faire un travail éditorial intéressant en rassemblant quelques belles plumes comme Guillaume Péguy ou le président du Cercle d’Action Légitimiste, Loïc Baverel. Votre serviteur est également de la partie.

Le dernier numéro comporte surtout un entretien avec le prince Louis de Bourbon, de jure Louis XX, une belle performance !

Il est possible de s’abonner au lien suivant : https://forms.gle/7pSzf5TGX7AGHJ4dA

Et de se procurer le prochain numéro d’octobre : https://forms.office.com/r/8XqAYaj6Rn

Prions pour qu’ils sachent persévérer dans la fidélité et la sanctification chrétienne, en sachant que faire le bien ne suffit pas, car il faut faire le bien non pas selon nos critères humains, mais selon les critères de Dieu !

Que de plus en plus de bonnes volontés se lèvent et se restaurent dans leur vie personnelle par la sanctification, la vertu et la fidélité au Roi. Plus on se réveille jeune, plus il est facile de prendre de bonnes habitudes, d’éviter de grosses erreurs, et de combattre avec force, audace, mais sans emportement et avec calme.

Nous prions pour que leur travail porte de bons fruits.

Et nous soutenons de toutes nos possibilités l’expansion du travail pour le bien commun !

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France !

In Christo Rege.

Paul de Lacvivier
Rédacteur en chef de Vexilla Galliae

https://www.lesalonbeige.fr/une-france-un-roy-journal-catholique-et-legitimiste/

lundi 24 octobre 2022

"La voie capétienne", livre d'Axel Tisserand.

 

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Dans un ouvrage fort complet et dans lequel l’auteur s’efface devant rois et princes de France, Axel Tisserand présente, par grands thèmes, la pensée capétienne au fil de l’histoire, non comme un recueil du passé mais comme des leçons pour aujourd’hui et, plus encore, pour demain.

Les programmes scolaires d’histoire comme les manuels de Sciences Politiques sont souvent fort ingrats à l’égard de notre histoire nationale et oublieux des raisons de celle-ci, travestissant notre mémoire politique en un récit officiel de la République qui, à l’image de son école, n’est pas toujours le plus juste ni le plus honnête qui soit. Déjà, en son temps, Marcel Pagnol ironisait sur les mensonges des livres d’histoire qu’il définissait comme les livrets de propagande de la République, à l’époque troisième du nom et du nombre.

Pourtant, une simple et rapide plongée dans l’histoire de France nous rappelle que notre pays, cet ensemble de territoires ordonné autour d’un État, doit peu de choses au hasard mais beaucoup à la volonté inscrite dans la durée des rois qui se sont succédé sur un trône qui, sans être de fer, était bien celui du « faire », du « faire France » en particulier : quand Hugues Capet, roi « fondateur » dès 987, initie le mouvement d’enracinement de la magistrature suprême au-delà des seules règles féodales par la décision de pérenniser le domaine royal en un seul ensemble dirigé par un seul de ses fils (l’ainé) pour éviter la dispersion, et que Philippe-Auguste rassemble autour de son sceptre les classes productrices du royaume en ce que l’on n’appelle pas encore une nation mais qui se manifeste déjà par un sentiment d’appartenance à une même communauté de destin couronnée (et c’est la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214, bien avant Valmy), c’est la France qui, ainsi, naît et grandit, Etat et nation. Et ce sont bien les monarques sacrés à Reims qui, en huit siècles d’affilée, bâtissent la France sans négliger ce que Jacques Bainville dit d’elle et de ses habitants, en la page d’entrée lumineuse de son Histoire de France : « Le peuple français est un composé. C’est mieux qu’une race. C’est une nation. Unique en Europe, la conformation de la France se prêtait à tous les échanges de courants, ceux du sang, ceux des idées. (…) Le mélange s’est formé peu à peu, ne laissant qu’une heureuse diversité. De là viennent la richesse intellectuelle et morale de la France, son équilibre, son génie. »

Axel Tisserand, dans « la voie capétienne » (mais n’est-ce pas aussi la « voix » capétienne qui porte au-delà des siècles et à travers son ouvrage ?), ne dresse pas un catalogue des rois et des règnes, mais bien plutôt un manuel théorique et pratique de l’œuvre capétienne à travers les siècles passés et pour les siècles à venir, non en l’attente résignée d’une restauration hypothétique mais en l’espérance renouvelée d’une instauration nécessaire qu’il s’agit de penser aussi pour qu’elle advienne dans les meilleures conditions. L’originalité de cet ouvrage est aussi d’accorder une place importante aux écrits et paroles des princes n’ayant (malheureusement) pas régné mais ayant assumé les devoirs de leur charge politique, même dans les douleurs de l’exil : les trois Henri, du comte de Chambord à ceux de Paris, mais aussi Jean III, duc de Guise (1926-1940), et, en toute actualité, le présent comte de Paris, Jean IV de jure, qui porte, avec son fils le dauphin Gaston (auquel le livre est d’ailleurs dédié), les espérances d’une future et nouvelle aventure capétienne… Ainsi, la continuité capétienne perdure au-delà même des vicissitudes de l’histoire sans pour autant les méconnaître : d’ailleurs, comme le rappelle Axel Tisserand, les rois n’ont pas de revanche à prendre sur l’histoire, mais juste à l’assumer toute entière sans, pour autant, en accepter tous les aspects ou toutes les dérives dont la République, sous ses cinq numéros, a pu se rendre responsable et, même, coupable. Sans être historiens professionnels, les rois et princes français ont su tirer des leçons de l’histoire, en une forme d’empirisme qui, pour être utile et efficace, se devait d’être organisateur : les pages (citées et valorisées par l’auteur) consacrées à la Révolution française par le comte de Chambord, puis les comtes de Paris, montrent qu’ils ont bien saisi la source et la forme des principes qui ont défait le « faire-France » autant que la royauté qui en était le meilleur outil politique institutionnel. Le roi Louis XVI lui-même, victime du torrent révolutionnaire, avait pressenti, avant même la Révolution, les dangers de l’idéologie dominante de l’époque portée par les philosophes et leurs lecteurs plus ou moins bien intentionnés, tout comme il avait compris, sans doute mieux que quiconque, le sens et l’intérêt des fameux cahiers de doléances que les bourgeois urbains de la Révolution, ivres de leurs préjugés économiques et sociaux, s’empressèrent de remiser dans les caves de l’histoire et de leur régime « nouveau » : s’appuyant sur les écrits de l’historien Pichot-Bravard, Tisserand peut raisonnablement écrire que « La Révolution fut ainsi menée au nom du peuple, mais contre l’avis exprimé par ce même peuple. Car Louis XVI approuvait la plupart des réformes voulues par le peuple à travers les cahiers. En effet, le 23 juin, il se déclara favorable à une monarchie plus décentralisée encore, « tempérée par la consultation régulière des États généraux, appelés à se prononcer sur la levée des impôts ».  Il approuvait également (…) une réforme générale de la fiscalité « permettant l’égalité de tous devant l’impôt », (…) la liberté de la presse, « sous réserve qu’elle respectât la religion et la morale ». « En réalité, Louis XVI semble être le seul à s’être préoccupé des attentes exprimées par les Français dans les cahiers de doléances. » ». Henri V, comte de Chambord, voulut reprendre ce grand mouvement de 1789, non pour « refaire 1793 » mais, justement, pour l’éviter et reprendre la route tracée par les rois précédents. Les années et les décennies s’écoulant, et la Révolution-fait s’éloignant sans pour autant éloigner la Révolution-principes, les princes des temps contemporains, ceux d’après 1848, n’ont eu de cesse de réfléchir sur les conditions nécessaires à l’unité et à la pérennité de la France, à cet « avenir que toute âme bien née souhaite à sa patrie ».

Et, justement, l’ouvrage d’Axel Tisserand dresse un véritable inventaire des qualités et de la valeur ajoutée de la monarchie royale « à la française », dans la lignée de cette « tradition critique » qui, avant même d’être théorisée par Maurras, inspirait et animait les politiques royales au fil de l’histoire. Dans le même mouvement, l’auteur a la judicieuse idée d’en finir avec quelques idées reçues qui, trop souvent, gênent la bonne perception de ce qu’a été et de ce que serait la monarchie : ainsi, sur la définition, par exemple, de la monarchie absolue, trop souvent confondue, plus par facilité ou par malhonnêteté que par raison, avec un régime autoritaire ou une dictature. En s’appuyant sur la mise au point contemporaine de l’actuel comte de Paris, de ses prédécesseurs, et du constitutionnaliste Maurice Jallut, Axel Tisserand souligne les fondamentaux de la monarchie : « C’est le prince Jean qui rappelle : « On parle de monarchie absolue, mais gare au contresens ! « Absolue » ne veut pas dire que le Prince se mêle de tout. Cela signifie simplement qu’il exerce un pouvoir indépendant des pressions et des passions. » En son ordre, en effet, mais uniquement en son ordre, la souveraineté est absolue, tout en étant, donc, limitée. (…) Comme le précise encore Maurice Jallut : « C’est au fond la structure même du corps politique et social de la France qui fait de la monarchie un gouvernement modéré. On peut dire qu’absolue dans son principe, elle est tempérée dans son application par les corps intermédiaires et limitée dans son extension par les libertés provinciales, municipales et corporatives. » » Nous voilà bien loin de cette République contemporaine capable de confiner sans contrôle toute une population sans que les régions, les communes ou les entreprises, et encore moins les citoyens, puissent avoir leur mot à dire et leurs raisons à avancer face à un Pouvoir discrétionnaire et parfois abusif ! La République semble avoir gravé la Liberté dans la pierre comme pour mieux la figer, quand la monarchie, plus respectueuse sans être faible, s’adresse aux libertés plurielles et vivantes… « Le roi n’est pas un monocrate », peut affirmer sans erreur l’auteur, et l’histoire de la monarchie ancienne comme de la République majusculaire contemporaine ne cesse de le démontrer à l’envi !

Les rois anciens n’ont pas seulement fondé, agrandi et pérennisé le royaume de France, ils ont façonné, non pas un « homme nouveau », rêve de tous les régimes « parfaits » (c’est-à-dire totalitaires, en fait), mais un ordre enraciné dans lequel la justice, la concorde civile, la paix ne sont pas de vains concepts mais de concrètes réalités, garanties par le pouvoir royal lui-même. Bien sûr, il y eut des difficultés, parfois des erreurs et des drames, mais le bilan n’est rien d’autre que la France, quasiment dans ses frontières métropolitaines présentes et dans sa civilisation qui doit plus à Reims et à Versailles qu’aux urnes et à leur sortie… Mais la monarchie n’est pas que politique dans le sens où elle peut être aussi la condition d’une justice sociale efficace et soucieuse de tous quand, aujourd’hui, la République prend de plus en plus les apparences d’une oligarchie méprisante et trop mondialisée pour savoir entendre les plaintes légitimes du pays réel, cette oligarchie qui s’appuie sur un pays légal né, en définitive, à la veille de la Révolution sous le « patronage » d’un Turgot et, plus tard, d’un Sieyès, comme le rappelle Axel Tisserand avec raison. L’œuvre des rois et les projets des princes depuis le comte de Chambord jusqu’au comte de Paris actuel vise à établir, en la magistrature suprême de l’État, l’arbitre-né, celui que nous regrettons, non comme une nostalgie, mais comme un ensemble d’occasions manquées, celles que la République incarne désormais, de notre diplomatie à notre politique énergétique, et qu’il nous faut surmonter…

L’ouvrage d’Axel Tisserand ne peut, en fait, être résumé et il mérite d’être lu de la première à la dernière ligne, non pour pouvoir nous vanter d’avoir raison, mais pour faire connaître les fortes raisons historiques, politiques mais aussi économiques et sociales, voire écologiques, qui font de la monarchie royale la meilleure réponse, venue du fond de notre mémoire nationale, aux enjeux et défis contemporains. Il nous rappelle aussi, d’une certaine manière, qu’il ne s’agit pas pour nous de mourir royaliste, mais de tout faire pour vivre en monarchie : non pour le simple plaisir de parader triomphalement un drapeau tricolore fleurdelysé en main, mais par devoir envers ceux qui ont fait de nous des héritiers et, peut-être plus encore, envers ceux à qui il s’agit de transmettre un héritage vivant, riche, prometteur…

https://jpchauvin.typepad.fr/jeanphilippe_chauvin/2022/10/la-voie-cap%C3%A9tienne-livre-daxel-tisserand.html