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jeudi 16 juillet 2026

Le 18 juillet 1936 recommença la guerre civile espagnole

 

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Michel Festivi

Je tiens de mon ami Pío Moa, le grand historien espagnol qui a complètement revisité cette période, grâce essentiellement à des documents de premières mains, venant du PSOE, cet article sur les causes de la reprise des combats fratricides, le 18 juillet 1936. Pío Moa tient un blog d’une rare qualité historique et documentaire : Más españa y más democracia, très facilement accessible. Ceux qui lisent l’Espagnol peuvent le consulter.

A) Les 17 et 18 juillet 1936, ne commença pas la guerre civile. Elle se réactiva. Son point de départ fut l’insurrection du PSOE, des gauches espagnoles, des séparatistes catalans, des anarchistes en octobre 1934. Ce fut selon Pío Moa « la première bataille de la guerre civile ». Dans tous ses ouvrages Pío Moa le démontre implacablement, et plusieurs historiens depuis lors, reprennent cette analyse (1). Le républicain Salvador de Madariaga, qui fut député, diplomate et ministre républicain écrira en exil : « le soulèvement de 1934 fut impardonnable... Avec la révolte de 1934, la gauche espagnole perdait jusqu’à l’ombre d’une autorité morale, pour condamner le soulèvement de 1936 ».

B) L’insurrection qui a sauvé l’Espagne du communisme, et qui la sauvera entre 1940 et 1945 du nazisme, aurait dû échouer, mais heureusement, il n’en fut pas ainsi. Les gauches avaient orchestré, grâce à la IIIe internationale et à ses relais, une propagande massive pour « sauver la république », alors qu’en réalité, les archives moscovites prouveront que le but était de faire de l’Espagne une colonie soviétique, un premier essai de « démocratie populaire», comme l’avait prédit l’un des chefs du POUM Julían Gorkin. Un ouvrage qui vient d’être juste publié en Espagne le démontre (2). Un communiste espagnol, Fernando Claudín écrira, bien plus tard : « les services secrets staliniens, agirent en Espagne comme ils auraient pu le faire dans la République populaire de Mongolie ».

C) Si octobre 1934 fut le premier coup d’État des gauches espagnoles, le second furent les fraudes, manipulations, violences, lors des élections de février 1936, qui amenèrent les partis du Front populaire au pouvoir. Ces violences et fraudes ont été aujourd’hui totalement démontrées et attestées (3), et de nombreux historiens comme Stanley Payne les avalisent. Ces fraudes ont amené à la destitution illégale du président de la république, Alcalá-Zamora, le 7 avril 1936.

D) Ce double coup d’État n’a été rendu possible que grâce aux inconséquences et aux incompétences des hommes politiques républicains modérés, qui ont cru pouvoir s’allier avec les pires extrémistes, pour s’en repentir ensuite, tel Manuel Azaña. Une situation qui se retrouve, peu ou prou, dans bien des circonstances, dans de nombreux pays, en France comme en Espagne et ailleurs, hier et aujourd’hui.

E) Le Front populaire fut une alliance, comme le décrit Pío Moa, entre partis soviétisant et séparatistes, nullement démocratiques bien au contraire, les anarchistes de la CNT et la FAI, très puissants alors, contribuèrent fortement aussi aux crimes, incendies et destructions. Le PSOE, le plus grand parti politique de masse, était totalement bolchévisé depuis 1933, sous la houlette de son chef, Largo Caballero dit « le Lénine espagnol ». D’ailleurs au printemps 1936, les jeunesses socialistes et communistes fusionneront dans la JSU, comme les syndicats socialistes et communistes, l’UGT et la CGTU. Les partis socialistes et communistes catalans aussi dans le PSUC. Le PSOE et le PCE devaient se fondre dans un parti unique du prolétariat, sans l’arrivée de la guerre civile, les archives du Kominterm démontrent que cette politique était téléguidée par Moscou, ses agents et ses financements, sous la direction de Georgi Dimitrov, le secrétaire général du Kominterm, qui mettra en place la politique dite des Fronts populaires. (4)

F) Si le front populaire espagnol perdit la guerre civile, la cause en fut essentiellement les discordes majeures entre les communistes qui entendaient militariser les troupes et cacher la révolution, alors que les anarchistes et les antistaliniens voulaient supprimer la discipline, les grades, les ordres et qu’ils proclamaient la fin d’un système libéral au grand jour. Ces deux fractions se firent la guerre en mai 1937, puis encore en mars 1939. Le camp national avait fait son unité, en octobre 1936, sous la houlette du général Franco, qui devint généralissime des armées nationale et chef de l’État à Burgos. (5)

G) Staline entendait mettre définitivement le pied en Espagne ou dans une partie de l’Espagne, et pour cela, faire croire aux Français et aux Anglais, grâce aux Brigades internationales, qu’il luttait pour défendre une « république démocratique », summum de la propagande soviétique. Il avait aussi pour but d’éloigner tout conflit des frontières de l’URSS, en faisant s’affronter sur le sol espagnol, Allemands, Italiens et « républicains », par le biais des brigadistes internationaux (60.000 environ), et par les armes, avions, tanks, matériels et approvisionnements divers qu’il fournissait aux forces de gauche qu’il choisissait, grâce à l’or de la Banque d’Espagne, qui était arrivée à Odessa, dans la plus grande discrétion, en octobre 1936, et qui en fit le maître de la zone révolutionnaire. Ce fut pour l’URSS une très bonne affaire, s’accaparer l’or de l’Espagne, et envoyer comme soldats la plupart des communistes du monde entier, sauf des Russes, qui étaient essentiellement des conseillers techniques, « des diplomates », des policiers, des agents de propagande. Avec l’argent espagnol Staline se battait en Espagne, par procuration.

H) Enfin de très nombreux républicains de la première heure durent s’exiler dès l’automne 1936, pour ne pas être assassinés par les hordes miliciennes, comme le docteur et député Gregorio Marañón, la députée Clara Campoamor, l’ex ministre de l’Intérieur Miguel Maura, le rédacteur en chef de la Vanguardia de Barcelona, Augustí Calvet dit Gaziel, le député et philosophe, José Ortega y Gasset, les écrivains comme Azorín et Rámon Pérez de Ayala, et des milliers d’autres. Clara Campoamor et le docteur Marañón ont attesté, qu’il y avait eu à Madrid près de 36.000 exécutions entre février et septembre 1936, et que près de 40.000 intellectuels, hommes de sciences durent fuir dès l’automne 1936. Les premiers qui furent passés par les armes des révolutionnaires, furent bien souvent d’ardents républicains qui eurent des fonctions imminentes, mais qui s’étaient opposés au Front populaire, comme Melquiades Álvarez, Manuel Rico Avello, Ramón Álvarez ou Rafael Salazar Alonso.

C’est ainsi, que la militante républicaine et députée aux Cortès constituantes (1931-1933), Clara Campoamor a pu écrire, après son exil, à une amie, la médecin Paulina Luisi : « Je souhaite ardemment le triomphe de Franco sur les forces gouvernementales, pour empêcher l’effondrement de l’Espagne. Mais à quel prix ! ». (6) 

Notes

(1) Pío Moa, Les mythes de la guerre d’Espagne, L’artilleur, 2022

(2) Gustavo Martín Asensio, Marea Roja, La estrategia soviética en la España de la Segunda República, Espasa, 2026

(3) Manuel Álvarez Tardio y Roberto Villa García, 1936 : Fraude y violencia en las elecciones del frente popular, Espasa, 2017

(4) Michel Festivi, Les griffes de Staline sur la république espagnole, 19326-1939, préface de Pío Moa, Dualpha, 2025

(5) Michel Festivi, Francisco Franco, un caudillo pour l’Espagne, Bio-collection, Déterna et Synthèse nationale, 2025

(6) Letra de Mujer, prológo de Beatriz Ledesma, Espuela de Plata, 2026

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2026/07/16/le-18-juillet-1936-recommenca-la-guerre-civile-espagnole-6601924.html

jeudi 3 octobre 2024

Espagne, il y a 90 ans, les gauches prenaient les armes pour abattre le régime

 

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Michel Festivi

C’est toujours la même chose avec les gauches, qui se sont auto-auréolées par proclamation dans le camp du bien, avec bien souvent les complicités des fausses droites, des mous, des peureux et des tièdes qui refusent de les combattre sur le terrain des idées. Elles s’auto désignent être les parangons de la démocratie luttant contre le « fascisme », « siamo tutti antifascisti » comme elles l’ont beuglé scélératement lors des manifestations à la mémoire de la pauvre Philippine, ces derniers jours.

Il est donc plus qu’utile, indispensable même, de rappeler en permanence leurs permanentes déviances totalitaires staliniennes, qui consistent à interdire à leurs adversaires de les combattre au nom des libertés, défendues par ceux et celles qui ne pensent pas comme la doxa socialo-communiste, comme le résumait Saint Just « Pas de libertés pour les ennemis de la liberté. »

Justement, l’occasion m’en est donnée en ce 90ème anniversaire de la révolution des Asturies, qui vit en Espagne républicaine, les gauches, dont le PSOE, fomenter un coup d’état armé contre les institutions, tout simplement parce que ces mêmes gauches refusaient le résultat des urnes qui leur était défavorable.

Petit retour en arrière. Le 14 avril 1931, le surlendemain d’élections municipales qui avaient vu largement triompher les candidats monarchistes sur les candidats républicains dans la proportion de 8 sur 1 selon tous les observateurs dont l’historien Hugh Thomas, le Roi Alphonse XIII, soucieux d’éviter tous troubles et bains de sang, quitte l’Espagne, car dans les grandes villes seulement, les républicains l’ont emporté et ils menacent la paix publique (on notera que le résultat de ces élections ne fut jamais ni établi ni publié officiellement). Le régime républicain s’est alors auto-proclamé sans referendum ni consultation. En juin 1931, les élections constituantes donnent une large majorité aux gauches, qui élaboreront une constitution très anticléricale en décembre 1931.

Mais devant l’impéritie généralisée des gouvernements de gauche dirigés par Manuel Azaña  qui ruinent le pays, en septembre 1933, le Président de la République, Niceto Alcala Zamora, est contraint de dissoudre les Cortès et d’appeler à de nouvelles élections. En novembre 1933, c’est le coup de tonnerre, les gauches sombrent, le PSOE qui avaient 150 députés tombe à 50 élus. Ce sont les droites qui l’emportent largement, la Confédération des droites espagnoles, la CEDA, dirigée par José Maria Gil Roblès devient le 1er parti d’Espagne, suivi par le parti républicain radical dirigé par Alejandro Lerroux, un modéré opposé aux gauches. (Lors de ces élections et pour la 1ere fois les femmes comme les hommes de plus de 23 ans purent voter).

Or, contre toute attente, le Président de la République, menacé par le PSOE et les gauches, va refuser de nommer Gil Roblès Chef du gouvernement et va même lui refuser tout ministre. C’est Alejandro Lerroux qui va assumer ce poste. Les gauches refusent le résultat des élections et menacent de prendre les armes si d’aventure des membres de la CEDA arrivaient au gouvernement.

Pendant toute l’année 1934, en prévision d’une éventuelle nomination de ministres Cédistes, les gauches se regroupent, s’organisent pour préparer un coup d’état révolutionnaire. A Oviedo, capitale des Asturies, un pacte organisationnel révolutionnaire est convenu, le 28 mars 1934, entre les anarchistes, les socialistes et des franges communistes. Depuis 1932, des armes de contrebande avaient été acquises et dispersées dans toute la péninsule. En Catalogne, les leaders catalans multiplient les proclamations révolutionnaires. Le 11 septembre 1934, un navire affrété par des socialistes, rempli de caisses d’armes est découvert par les autorités.

Le 1er octobre 1934, la CEDA retire son soutien au gouvernement centriste. Dès lors devant la crise institutionnelle, Alcala Zamora accepte à contre-cœur, de nommer 3 ministres de la CEDA mais toujours sous la Présidence d’un centriste du parti républicain radical. C’est l’étincelle qui va provoquer comme le dira bien plus tard l’historien espagnol Luis Pio Moa « la première bataille de la guerre civile. »

Aussitôt, dans tout le pays, les gauches redoutablement armées, attaquent des bâtiments officiels, des soldats, des policiers. A Madrid, Barcelone et dans la plupart des grandes villes des combats meurtriers se déroulent. Mais le gouvernement, après quelques jours de flottement, réussit à faire cesser les émeutes révolutionnaires, surtout en Catalogne (46 morts et plus de 100 blessés). Partout ? Sauf dans les Asturies où se sont regroupés dans cette région minière, la plupart des révolutionnaires les plus déterminés. En plus des armes, les mineurs disposent de la dynamite qu’ils savent parfaitement manier, les fameux dynamiteros.

Le gouvernement est débordé, près de 30 000 révolutionnaires lourdement armés conquièrent les principales villes de la région, la république asturienne y est proclamée. Les insurgés parviennent à s’emparer des manufactures d’armes de Trubia et de La Vega. Ils assassinent des prêtres, des commerçants, des personnes qualifiées de « bourgeois », comme en URSS. Des soviets sont installés, ils pillent des banques. Ils incendient les symboles religieux, La Cathédrale d’Oviedo est en partie brûlée, dont plus de 55 000 volumes remarquables de la bibliothèque universitaire.

Devant ces émeutes révolutionnaires, le gouvernement se résigne à faire appel au plus brillant général d’alors, un certain Francisco Franco, et ce d’autant que beaucoup de généraux républicains voire francs-maçons ont failli, Franco les destituera. En 15 jours, grâce à sa détermination calme mais implacable, et grâce surtout à ses soldats d’Afrique, du Maroc qu’il fait débarquer par le port de Gijón, il réussit à vaincre les rebelles et à rétablir l’ordre public. L’un des chef révolutionnaire Berlamino Tomas concèdera « Notre défaite n’est que momentanée, et bien que nous ayons des fusils, des mitrailleuses et des canons, nous n’avons plus de munitions... nous n’abandonnerons pas la lutte des classes... notre reddition d’aujourd’hui n’est qu’une simple halte...et nous nous préparons aux prochaines batailles ». Les combats qui recommenceront à partir du 18 juillet 1936, prouveront cette harangue. Le Lénine espagnol, chef du PSOE, Largo Caballero n’avait-il pas déclaré « je veux une république sans classe, mais pour cela il faut qu’une classe disparaisse ».

Cette première bataille de la guerre civile, voulue par les gauches laissera sur le tapis 256 militaires qui déploreront aussi 639 blessés, les insurgés pour leur part auront 940 morts et 1449 blessés. L’historien Ricardo de la Cierra écrira « la guerre civile commença en octobre 1934, il n’y a aucun doute à ce sujet ». Je laisse le mot de la fin à un républicain modéré, qui à partir de 1931 sera nommé ministre, puis ambassadeur d’Espagne aux USA, puis en France, il déclarera en exil bien après la fin de la guerre civile, lui qui fut membre de l’Académie Royale espagnole : « Le soulèvement de 1934 fut impardonnable. La décision du Président de la République d’appeler des membres de la CEDA au gouvernement était inattaquable, inévitable et même pas mal attendue depuis pas mal de temps. L’argument selon lequel Mr Gil Roblès cherchait à détruire la constitution pour instaurer le fascisme, était à la fois hypocrite et mensonger. Avec la révolte de 1934, la gauche espagnole perdait jusqu’à l’ombre d’une autorité morale pour condamner le soulèvement de 1936. »

Nous devons sans cesse rappeler l’histoire sanglante des gauches, nous avons tous les arguments pour le faire partout et en tout lieu. Il faut impérativement gagner la bataille des idées, c’est capital et ne pas laisser les gauches nous déverser sans réagir leurs mensonges permanents.

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2024/10/02/espagne-il-y-a-90-ans-les-gauches-prenaient-les-armes-pour-a-6517141.html

lundi 2 septembre 2024

José Antonio et la Phalange espagnole, par d’Herbé

 

José Antonio, fondateur mouvement nationaliste d’esprit chevaleresque, la PHALANGE ESPAGNOLE

On sait que l’arrivée au pouvoir du Frente Popular (« Frente Crapular » comme disent les vrais Espagnols non reniés) et de sa République vomit l’Enfer sur les terres catholiques de la sainte Thérèse la Grande. Pour garder l’espérance au cœur des catholiques espagnols, il fallut José-Antonio et sa Phalange d’abord, Francisco Franco et sa Croisade ensuite. Ces deux grands hommes ont d’ailleurs tous deux été rappelés à Dieu un 20 novembre.

Fierté du Catholicisme d’esprit thomiste d’abord, orgueil du Nationalisme ensuite, JOSÉ ANTONIO (24 avril 1903 – 20 novembre 1936) n’entra en politique que pour défendre la mémoire de son père, le dictateur Miguel Primo de Rivera. La réflexion ensuite, par le rejet de la doctrine mortifère du philosophe français Rousseau, le poussera à vouloir retrouver, pour sa nation, la grandeur de l’Espagne d’Isabelle la Catholique et de Charles Quint, en fondant un mouvement nationaliste d’esprit chevaleresque, la PHALANGE ESPAGNOLE. Capturé à son domicile par les rouges, José Antonio sera hélas condamné à mort et fusillé au petit matin du 20 novembre1936.

Chaque 20 novembre, entre 2004 et 2013, Monsieur l’abbé Xavier Beauvais prononça de vibrantes homélies aux glorieuses et chrétiennes mémoires du Caudillo et du fondateur de la Phalange, en l’église Saint-Nicolas du Chardonnet, à Paris. Le Cercle Franco-Hispanique eut donc la bonne idée d’éditer ces textes.

La Croisade du Caudillo ne s’est pas levée pour le simple choix de faire un putsch militaire et la Phalange espagnole n’a pas été fondée pour faire le coup de poing contre les masses ouvrières marxistes les jours de grève… Ces deux mouvements apparurent pour redonner à l’Espagne son véritable sens : « (…) être autre dans l’Universel (…) accomplir un destin qui n’est pas celui des autres nations » (José Antonio), bref il s’agissait de retrouver la grandeur des beaux jours de l’Empire de Charles Quint.

Pour cela, il fallait au préalable pratiquer « la dialectique des poings et des pistolets » contre le péril marxiste… Un prélat espagnol, ami de la cause phalangiste comme la plupart des prêtres espagnols en 1936, donnait cette belle explication de la nécessité de la Phalange et de la Croisade : « Quand la substance de la légalité est l’injustice, il reste à la conscience et à l’action, comme unique recours de chercher la justice dans la légitime illégalité. » La France aujourd’hui, comme l’Espagne de 1934 date de fondation de la Phalange, répond OUI.

Lors de son procès, José Antonio se plaignit que ses accusateurs ne cherchèrent même pas à comprendre son mouvement. C’est justement pour comprendre ce nationalisme espagnol, à la fois doctrinaire et poétique, que fut le rêve de José Antonio, que notre ami Herbé présentait ce topo devant une section du mouvement français Les Nationalistes.

Parmi les ouvrages que consulta Herbé pour ce topo, il faut relever la plaquette éditée en 2014 par le Cercle Franco-Hispanique : « José Antonio Primo de Rivera, Francisco Franco, PRESENTE ! »

Ce document est la retranscription en images de son discours du 2 juin 2024. 

Chapitres de la vidéo :


 José Antonio, Franco et Bucard
 Le contexte : les crimes des rouges en Espagne à compter de 1936
 José Antonio, Franco, Bucard et Sidos
 Histoire de la création d’un chant : « Cara al Sol »
 José Antonio avant 1933
 Fondation de la Phalange : le discours du Chef (29 octobre 1933)
 Définition phalangiste de la nation
 La Phalange : refus de l’idéologie libérale rousseauiste
 Chant « En Pie Camaradas ! »
 José Antonio et la révolution
 Ramiro Ledesma Ramos : « le national-bolchevique »
 Le testament de José Antonio
 Conclusion : et maintenant ?

La vidéo : 

Nous vous en souhaitons une bonne écoute.

La chaîne des Chevaliers de Notre-Dame : https://odysee.com/@lanouvellechevalerie:c

Fabien LAURENT

https://www.medias-presse.info/jose-antonio-et-la-phalange-espagnole-par-dherbe/191879/

mercredi 27 septembre 2023

Le nouveau Passé-Présent - Espagne 1936-1939 : la guerre dans la guerre

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Jamais, nulle part ailleurs dans le monde, un conflit n’aura attiré la totalité des nuances de la gamme idéologique, en passant du fascisme à l’anarchisme. Pour cette raison seule, la guerre d’Espagne reste unique. Et ses nuances principalement dans le camp républicain vont rapidement se transformer en division et ses divisions se transformer en affrontements directs et sanglants. Entre le Parti communiste espagnol soutenu par l’URSS de Staline, les anarchistes de la CNT et le POUM léniniste antistalinien, la lutte est féroce et sanglante.
Pour comprendre cette véritable guerre dans la guerre, Guillaume Fiquet reçoit Michel Festivi, auteur de "L’Espagne ensanglantée" (éditions Dualpha).

La Revue d'Histoire européenne


https://tvl.fr/le-nouveau-passe-present-espagne-1936-1939-la-guerre-dans-la-guerre

mercredi 21 juin 2023

José Antonio Primo de Rivera, le politicien-poète du XXe siècle

 

José Antonio Primo de Rivera, le politicien-poète du XXe siècle

Ceux-là mêmes qui, au début de la guerre civile espagnole, ont assassiné José Antonio Primo de Rivera (1903-1936), le fondateur de la Phalange, ont eu la folle idée de le tuer symboliquement une deuxième fois quatre-vingt-sept ans plus tard. C’est ainsi qu’après avoir retiré la dépouille de Franco du mausolée du Valle de los Caídos, l’actuel gouvernement socialo-communiste, qui n’entend rien au respect dû aux morts, vient de refaire le coup avec José Antonio. Ayant exhumé sa dépouille du tombeau où elle reposait dans l’imposante Basilique du mausolée, ils l’ont déposée dans un cimetière quelconque de Madrid. À cette occasion, notre collaborateur Javier Portella évoque, depuis l’Espagne, la figure de José Antonio Primo de Rivera et retrace les grandes lignes de la pensée de ce « politicien-poète ».

« En hissant notre drapeau, nous allons le défendre joyeusement, poétiquement. Parce qu’il y a des gens qui croient que pour unir les volontés […] il faut cacher tout ce qui peut susciter l’émotion ou indiquer une attitude énergique et extrême. Quelle erreur ! »

Ce drapeau que José Antonio Primo de Rivera voulait hisser était évidemment un drapeau politique. En le levant, il ajoutait : « Les peuples n’ont jamais été conduits que par les poètes, et malheur à celui qui ne sait pas élever, face à la poésie qui détruit, la poésie qui promet. »

Jamais de tels mots – la conjonction du poétique et du politique – n’avaient résonné avec autant de force dans l’espace public. On ne les avait même jamais entendus à des époques – polis grecque, res publica romaine, monarchie de droit divin – où une sorte de souffle sacré soufflait sur le politique.

Mais qu’en est-il aujourd’hui, alors que la vie politique est devenue une prosaïque affaire de marchands ? Ces paroles – prononcées le 29 octobre 1933 lors de la cérémonie de fondation de la Phalange espagnole – paraissent à nos oreilles modernes aussi extravagantes que bizarres, et ce malgré le fait – ajoutera-t-on peut-être – qu’elles sont esthétiquement fort jolies. Oh oui, elles sont fort jolies, on peut le dire ! Et elles sont très bien dites, ajoutera-t-on sans doute aussi ! Et qu’il était beau, ce pauvre homme, vraiment ! Et cetera.

La conciliation des contraires

La conjonction du poétique et du politique – la tentative de mobiliser les masses en invoquant un souffle poétique ou spirituel – est, il est vrai, une contradiction dans les termes. Mais il y a contradiction et contradiction. Il y a, d’une part, les contradictions affreuses, les non-sens dépourvus de sens. Et il y a, d’autre part, la Grande Contradiction – l’« étreinte des contraires », comme je l’appelle – qui, comme Héraclite le savait déjà, conduit le monde et la vie : cette vie qui n’existerait jamais sans être aiguillonnée par la mort ; ou cet ordre de l’intelligible qui n’existerait jamais sans être entrelacé avec celui du sensible ou de l’émotion.

Qu’est-ce que ce désir, qu’est-ce que ce combat ? Il s’agit d’une aspiration et d’une lutte – l’essence même du projet joséantonien – où s’entremêlent deux termes on ne peut plus contradictoires : révolution et conservation. La révolution qui conduit à rompre avec l’ancienne conception rétrograde du monde, tout en conservant tout ce que, de la tradition, il est impératif de préserver.

C’est là, dans cet embrassement des contraires, que se situe la conjonction du politique et du poétique : dans le combat qui, nécessairement enlisé dans la boue de l’espace public, est animé d’une aspiration poétique ou spirituelle.

Le nœud de la révolution et de la conservation

Ce qu’il faut rompre, selon José Antonio, ce sont les flagrantes injustices sociales du capitalisme libéral (non pas, bien sûr, pour les remplacer par les injustices bien pires du socialisme). Mais ce à quoi il faut mettre également fin, c’est au dépérissement des choses, à la perte de leur sève ou de leur substance : cette conséquence de l’individualisme et du matérialisme qui conduit, écrit-il, « non pas à la mort par catastrophe, mais à la stagnation dans une existence sans grâce ni espoir, où toutes les attitudes collectives naissent chétives […] et où la vie de la communauté s’aplatit, s’entrave, sombrant dans le mauvais goût et la médiocrité ».

Face à cette vie médiocre et chétive, il s’agit d’élever son souffle poétique, de miser sur la renaissance spirituelle d’un monde gouverné aujourd’hui par des désirs matériels exclusifs et présidé par l’égalité et les libertés que, contrairement à ce que prétendent ses ennemis, José Antonio ne rejette nullement. Au contraire, tout en regrettant leur caractère purement formel, il cherche à les revitaliser, à leur donner un sens et un contenu réels.

C’est pourquoi il écrit : « Lecteur, si tu vis dans un État libéral, essaie d’être millionnaire, beau, intelligent et fort. Alors, oui […], la vie est à toi. Tu auras la presse pour exercer ta liberté de pensée, des automobiles pour exercer ta liberté de mouvement. Si tu n’en as pas, si tu n’es pas au cœur du pouvoir économique, tu resteras dans le caniveau. »

La nation au cœur

Et avec tout cela, l’Espagne, la Nation : cette « unité de destin ».

La nation, la patrie : le grand pilier de cet ordre substantiel et organique pour lequel José Antonio plaide et qui est aux antipodes de ce que Zygmunt Bauman appelle la « modernité liquide ».

La nation, la patrie : le lieu de la tradition, des origines, du destin. De tout ce sans quoi nous ne serions rien ni ne dirions rien.

La nation, l’histoire, la tradition : cette lave incandescente qui se déploie au fil des siècles, reliant les vivants aux morts et les projetant vers ceux qui viendront à l’avenir.

La nation : la négation du nationalisme étroit, maussade, grossier, car la patrie, comprise comme elle doit l’être, représente la négation même du patriotisme grossier, plat, chauvin.

La nation : cette unité de destin qui s’oppose au terroir, dont José Antonio combat farouchement l’étroitesse provinciale.

Et le franquisme dans tout cela ?

Quel rapport tout cela a-t-il avec le régime mis en place après la victoire du camp national dans la guerre civile ? Le franquisme a fait de José Antonio un saint et a porté la Phalange sur les autels ; mais ses idéaux n’avaient pas grand-chose à voir avec la réalité de ce régime prosaïque, gris, de plus en plus bourgeois, si éloigné du souffle poétique qui « conduit les peuples ».

Qu’y avait-il de commun entre « l’Espagne joyeuse et en jupe courte » prônée par José Antonio et l’Espagne pudibonde, aux vêtements bienséants et à la pruderie dominante que l’on encourageait du haut des chaires ? La vérité, c’est qu’au-delà des apparences, au-delà de l’attirail de ceintures, d’escadrons et de chemises bleues, les deux n’ont pratiquement rien à voir.

Quinze jours avant d’être fusillé, et alors qu’il se proposait comme médiateur pour essayer de faire cesser l’affrontement mortel entre les deux camps, José Antonio avait eu lui-même l’intuition de tout ce qui le séparait du franquisme naissant. En des termes sommaires – ce sont les notes d’un brouillon – mais profonds et durs, il avait analysé la nature sociale, politique et idéologique de ceux qui avaient pris les armes.

La grandeur de José Antonio

« Un groupe, écrit-il, de généraux d’une médiocrité politique désolante. De purs clichés élémentaires (ordre, pacification des esprits…). Derrière eux : 1) le vieux carlisme intransigeant, borné, inamical. 2) Les classes conservatrices, intéressées, myopes, paresseuses. 3) Le capitalisme agraire et financier, c’est-à-dire : […] l’absence d’un profond sens national ».

Le profond sens national, la clairvoyance, le regard d’aigle : voilà ce qui caractérisait l’homme qui, par un de ces miracles qui ne se produisent que de loin en loin, réunissait deux traits extraordinaires : celui d’un combattant aguerri au combat acharné de l’arène politique, et celui d’un penseur profond et subtil, consacré aux grands défis de l’esprit.

Mais ce miracle fut de courte durée, à peine cinq ans. La rafale d’un peloton de miliciens l’a tué. Ceux qui ont appuyé sur la détente sont pareils aux pilleurs de tombe qui s’imaginent aujourd’hui pouvoir effacer la présence de José Antonio. Vaine tentative ! Car ils ne peuvent rien contre la présence et la mémoire du seul politicien-poète, du seul politicien-philosophe de l’histoire espagnole.

Traduction d’Arnaud Imatz

https://www.revue-elements.com/jose-antonio-primo-de-rivera-le-politicien-poete-du-xxe-siecle/

samedi 22 avril 2023

Guerre d’Espagne. Michel del Castillo, le grand témoin qui valide le “franquiste” Pio Moa

 

A 89 ans, l’écrivain franco-espagnol Michel del Castillo est un grand témoin du dernier siècle, à cheval sur les deux versants des Pyrénées. Né à Madrid en 1933, il a passé sa prime enfance dans la guerre civile puis le plus clair de sa jeunesse dans les années les plus dures du franquisme.

Malgré cette expérience, ou peut-être à cause d’elle, plusieurs de ses livres portent une vision équilibrée sur toute la période. Au point de rejoindre sur certains points l’historien amateur Pio Moa, dont le livre hérétique, “Les Mythes de la Guerre d’Espagne“, a été traduit l’année dernière en français. Les points communs concernent :

-la responsabilité écrasante de la gauche espagnole dans le déclenchement de la guerre civile

– la nature de plus en plus totalitaire du régime de Front Populaire issu des élections de février 1936, régime qui ne méritait plus le nom de République

– la réévaluation du personnage de Franco, Del Castillo restant cependant plus critique

Dès 1957, “Tanguy” parle des dérives du camp dit républicain

Chez Del Castillo, cette façon de voir est perceptible dès son premier livre, un roman à base autobiographique qu’il publie à son arrivée à Paris dans les années 50 : 

” Tout avait commencé par un coup de canon. C’était la guerre en Espagne. Mais Tanguy [le double littéraire de Del Castillo] ne gardait de ces années que quelques souvenirs confus. Il se rappelait avoir vu de longues queues immobiles devant des boutiques (…) des miliciennes fusil à l’épaule qui arrêtaient les passants pour leur demander leurs papiers (…) avoir pleuré de peur en entendant les “miliciens” frapper à la porte aux premières heures du matin (…)  Le soir, il écoutait sa mère [proche du président républicain jacobin Manuel Azaña] parler à la radio (…) Les communistes l’arrêtèrent un jour (…) il aperçut sa mère derrière des grilles, avec d’autres femmes (…) Il entendit qu’elle expliquait à sa nurse comment chaque nuit des groupes de prisonnières étaient emmenées pour le “paseo” [= la “promenade”, mot désignant les exécutions politiques].” 

(“Tanguy”, Michel Del Castillo, 1957, page 1)

Mal lu et mal compris, “Tanguy” a été pris en son temps pour un livre antifranquiste (1),  ce qui a valu à son jeune auteur d’être adoubé par l’intelligentsia parisienne. Aussi  cette dernière s’est-elle  sentie trahie, quand Del Castillo récidiva à 75 ans, en publiant ” le Temps de Franco”, un livre remarquable par son impartialité  : 

” Dans les rues des grandes villes, Barcelone, Valence, Madrid, Jeunesses socialistes et phalangistes [phalangisme = version espagnole du fascisme, fondé par José Antonio  Primo de Rivera] règlent leurs comptes. Chaque jour, les assassinats politiques font des dizaines de morts [chiffre exagéré]. Feu mon ami Vasquez Montalbàn a écrit que les señoritos de la Phalange abattaient froidement des syndicalistes et des ouvriers dans l’intention de destabiliser la République. J’ai écrit la même chose avec la certitude que c’était la vérité, ce qui prouve que la propagande est un bon aliment pour la paresse de l’esprit. Ayant creusé le sujet, Payne [historien anglais marqué à droite, un des rares soutiens de Pio Moa] démontre que José Antonio, personnage contradictoire, refusa longtemps la violence.”  

(“Le Temps de Franco, récit”, Michel del Castillo, 2008, page 173)

Les pros, moins calés sur la chronologie que les amateurs…

Mais peut-on faire confiance à des amateurs comme Pio Moa et Del Castillo ? Voici en comparaison ce qu’écrit sur le sujet une “pro” de l’histoire, salariée de l’université Paris VIII comme ” spécialiste du genre dans l’Espagne contemporaine” : 

” La radicalisation de la droite est perceptible aussi dans l’apparition des premiers groupes fascistes ou fascisants. En octobre 1933, la Phalange espagnole fit son apparition (…) Contrairement aux JAP [les jeunes du principal parti de droite], les phalangistes et jonsistes ne reculaient pas devant l’usage de la violence, tout comme ne le faisaient pas les milices formées et entrainées par les carlistes [droite paysanne royaliste] dans leurs fiefs basques et navarrais. A leur tour, les organisations ouvrières constituaient des milices armées, comme les MAOC, les Milices antifascistes ouvrières et paysannes, formées par le Parti communiste espagnol au printemps 1933 pour contrecarrer l’activité des groupuscules fascistes. Ainsi les premières victimes des combats de rue tombèrent dès l’automne 1933.”

(“Histoire de l’Espagne contemporaine”, ouvrage collectif, 2017, page 182, chapitre écrit par Mercedes Yusta)

Selon Mercedes Yusta, c’est la droite qui a enclenché la spirale de la violence et la gauche n’aurait agi qu’après coup, pour la “contrecarrer”. Or elle a mal relu sa copie puisque son texte lui-même établit que les milices staliniennes ont été organisées 6 mois avant l’apparition de la Phalange… (2) 

E.P.

1) “Tanguy” est dès sa parution un grand succès international et est resté depuis un classique de la littérature jeunesse. Il raconte le parcours d’un enfant franco-espagnol à travers la guerre civile de 1936-1939, le camp d’internement de Rieucos sous Vichy, un camp de concentration en Allemagne, une maison de correction-orphelinat et une usine dans la Catalogne d’après-guerre.
“Tanguy” n’est pas antifranquiste : le livre est traduit et publié en Espagne en 1959 ; il est salué par Mercedes Fórmica, avocate et femme de lettres phalangiste, dans ABC, le journal conservateur de référence  ; il a été lu et apprécié par Carmen Polo, l’épouse du général Franco ; Del Castillo est reçu en audience par le dictateur, pour parler de la question des maisons de redressement en Espagne.
“Tanguy” n’est pas non plus profranquiste : il se place au point de vue d’un enfant, qui subit les crimes des adultes, quelle que soit leur idéologie. Apolitique, il est dans une logique de pardon et de réconciliation. Y compris avec sa mère, une grande dame de gauche, irresponsable et égoïste, qui est la cause immédiate de ses malheurs.
Jusqu’à quel point “Tanguy” est-il autobiographique ? L’épisode le plus marquant – le camp de concentration nazi- n’est plus guère développé dans les romans et récits ultérieurs de Del Castillo.

 2) A l’automne 1933, selon les données de Pio Moa, toutes les victimes des violences politiques sans exception sont des “fascistes” :  cela commence en novembre 33 par un mort et une blessée grave parmi ceux qui assistaient à un meeting électoral de Primo de Rivera. C’est seulement en juin 34, après une dizaine de morts dans ses rangs, que la Phalange entamera des représailles, en général de façon proportionnée et ciblée sur les milices adverses.
La chronologie et l’étude factuelle des violences politiques (assassinats mais aussi destruction d’églises, d’oeuvres d’art, d’écoles, de bibliothèques, de médias, de sièges de partis politiques de droite) montrent que ce sont les groupes armés de gauche, opérant dans une totale impunité,  qui ont joué la surenchère – jusqu’à l’assassinat en juillet 1936 de José Calvo Sotelo, un des chefs parlementaires de la droite, qui n’avait pourtant rien à voir avec ces affrontements. C’est cet assassinat volontairement provocateur qui a été l’élément déclencheur de la guerre d’Espagne.
Ces violences s’inscrivaient dans la stratégie insurrectionnelle de type “antifa” adoptée à l’été 1933 par Largo Caballero, principale figure du parti socialiste et du syndicat UGT. Deux cycles de violence ont été orchestrées crescendo : en 1933-1934, puis en février 1936, à chaque fois à l’initiative des groupes armés de gauche. Caballero était alors sous l’influence d’Alvarez Del Vayo, un agent de l’Union soviétique.
Les anarchistes avaient précédé les socialistes dans la violence : entre 1931 et 1933, en pleine République et bien avant l’apparition du moindre groupuscule fasciste, les émeutes libertaires avaient déjà causé  280 morts

Verbatim Michel Del Castillo sur le franquisme

Sur la répression franquiste en 1951

[La mère du narrateur est retournée en Espagne et a été arrêtée comme ancienne républicaine] 

Le matin, le chef, un commissaire, est venu me trouver : ” Son fils a fait unebêtise, Monsieur Bouguet, en s’avançant et en l’assurant qu’elle était graciée. Mais soyez tranquille : nous savons qu’elle n’a tué ni fait tuer personne. Rentrez à votre hôtel. L’affaire risque de durer un bon moment, le temps que nous procédions à certaines vérifications. Je vous donne ma parole d’homme qu’il ne lui sera fait aucun mal. Je vous demande de nous aider en attendant son retour sans faire d’esclandre“.

[Elle sera finalement libérée.]

(“Rue des Archives”, roman, 1994, p 118)

Sur Sartre et ses brillantes analyses

Je me suis également rappelé mes rendez-vous avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir (…) dans les années 60. Nous allions manger  la Palette ou à la Coupole (…) Les serveurs  déroulaient un paravent qui nous cachaient de la salle et à peine installés dans notre coin, Sartre allumait sa cigarette avant de me raconter l’Espagne, qu’il connaissait mal, d’analyser le franquisme, qu’il n’avait pas vécu.”

(“L’Adieu au Siècle, journal de l’année 1999”, p 170)

Le destin étonnant d’un anarchiste devenu chef de prison 

Les massacres se seraient poursuivis jusqu’à l’extermination totale si un grain de sable n’était venu gripper la machine. Il s’appelait Melchior Rodriguez, un anarchiste (…) Le nouveau ministre de la justice, lui-même anarchiste, le nomma directeur des prisons (…) Sitôt en place, (…) il donna l’ordre de ne livrer aucun prisonnier sans un mandat signé de sa main (…) Par sa seule présence, il réussit à sauver des milliers de vies.
Comparaissant après la guerre devant un tribunal militaire, de nombreuses personnalités franquistes vinrent témoigner en sa faveur. Quand l’un de ces témoins parla de ses vertus chrétiennes, Melchior se dressa et protesta avec force, disant (… ) qu’il avait agi par humanité, et non par charité. Il fut condamné à une peine légère (…)
Lorsqu’il tomba gravement malade, il fut soigné à l’hôpital Francisco Franco de Madrid où Martin Artajo, ancien ministre des affaires étrangères du Généralissime, lui rendit visite, arborant pour l’occasion une cravate aux couleurs de l’anarchisme, rouge et noire
.”

(“Le Temps de Franco”, récit, 2008, p 256)

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine 

https://www.breizh-info.com/2023/04/22/218745/guerre-despagne-michel-del-castillo-le-grand-temoin-qui-valide-le-franquiste-pio-moa/

dimanche 2 avril 2023

Une biographie de Miguel Primo de Rivera, père de José Antonio, signée Michel Festivi

 

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Un dictateur éclairé pour régénérer l’Espagne : 1923-1930

Le Régime politique de Miguel Primo de Rivera a duré du 15 septembre 1923 au 28 janvier 1930 ; il est singulièrement méconnu en France. Beaucoup d’historiens qui publient sur l’Histoire de l’Espagne ou sur la Guerre Civile espagnole, ne lui ont consacré que de trop brèves pages, parfois caricaturales. Et pourtant, ce fut une expérience politique des plus originales qui permit à l’Espagne de redresser la barre après des années de fiascos politiques, économiques, extérieurs et des désordres grandissants.

Non seulement Miguel Primo de Rivera rétablit l’ordre public, mais il réussit enfin la pacification du protectorat espagnol au Maroc, alors qu’il n’était pas partisan de conserver cette possession. Il impulsa d’importants travaux publics, de nombreuses réformes économiques, et tenta un changement institutionnel qui ne put néanmoins parvenir à son terme. Trop souvent négligé, voire brocardé, ce Régime ne fut ni un pronunciamiento de plus, ni un fascisme, ce que le livre démontre. Miguel Primo de Rivera accordera également la nationalité espagnole aux juifs sépharades, l’auteur revient sur cette séquence historique qui permettra durant la Seconde Guerre mondiale, le sauvetage de plusieurs milliers de juifs.

En matière sociale, et grâce à des hommes compétents, le Régime mit en place un corporatisme particulier qui se comprenait dans le cadre d’un catholicisme social, pour entreprendre la synthèse entre le capitalisme et le socialisme, et tenter d’éradiquer la pauvreté. D’ailleurs, le PSOE et son syndicat l’UGT collaborèrent à ces institutions corporatistes qui multiplièrent les avancées sociales en faveur des classes laborieuses.

Ce livre fait partie de la trilogie de l’auteur sur l’histoire contemporaine de l’Espagne, après les trahisons des gauches espagnoles soit l’histoire de la Seconde République, et les violences anarchistes et des milices révolutionnaires dans l’Espagne ensanglantée. Il n’hésite pas, à pourfendre les vérités imposées par la doxa des gauches et l’université française sur l’Espagne de ces années-là et revient aussi sur la révolution armée des Asturies, la pitoyable gouvernance de Manuel Azaña, la mainmise de Staline sur l’Espagne du Front populaire et les nombreuses contre-vérités que l’on peut malheureusement lire ou entendre à foison.

Miguel Primo de Rivera, un dictateur éclairé pour régénérer l'Espagne 1923 1930, Michel Festivi, préface d'Arnaud Imatz, Dualpha, 344 pages, 35,00 € cliquez ici

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2023/04/01/une-biographie-de-miguel-primo-de-rivera-pere-de-jose-antoni-6436184.html

samedi 13 août 2022

La guerre d’Espagne a été déclenchée par la gauche espagnole

 

La guerre d’Espagne a été déclenchée par la gauche espagnole

Vu sur LeSalonBeige

A son tour, le Figaro Histoire s’est penché sur l’imposant ouvrage de l’ancien militant antifasciste Pío Moa, qui a enquêté sur les responsables de cette guerre de 1936 à 1939. Guerre civile espagnole qui fut d’abord une guerre révolutionnaire, financée par Staline. Dans notre recension, nous avons rappelé que cette guerre n’est pas née du coup d’état raté de juillet 1936 contre la Seconde République espagnole mais bien de la «  menace rouge  » que représentaient pour la démocratie les factions d’extrême gauche qui préparaient un soulèvement de type communiste sur le modèle de la révolution asturienne de 1934.

Menaces de mort en pleine assemblée, assassinats d’opposants politiques, d’ecclésiastiques, la gauche rouge a menée des actions de type terroristes dans un but révolutionnaire. Le gouvernement n’ayant pas pris la peine de rétablir l’ordre, la droite, sous l’égide du général Franco, a pris les moyens adéquats pour défendre le bien commun.

La gauche n’apprécie visiblement pas cette étude historique, pourtant réalisée par un ancien gauchiste. Elle ne supporte pas qu’on puisse remettre en cause sa falsification de l’histoire et la renvoyer à sa violence, ses massacres et ses pulsions despotiques.

 

mardi 2 août 2022

L’autre visage de la Guerre d’Espagne

 

L’autre visage de la Guerre d’Espagne

Pio Moa a été militant du Parti Communiste Espagnol puis fondateur de groupe de résistance maoiste GRAPO. Ardent combattant anti-franquiste, il participa à de nombreuses actions violentes avant de se lancer dans un long travail de recherche en étudiant le fonds documentaire de la Fondation socialiste Pablo Iglesias. C’est là qu’il découvrit «  l’autre visage  » de la gauche révolutionnaire.

Il a publié Les mythes de la guerre d’Espagne 1936-1939, qui est un énorme succès de librairie lors de sa parution en Espagne en 2003. Cet ouvrage conclut à la responsabilité écrasante de la gauche révolutionnaire dans le déclenchement de la guerre civile espagnole. Selon les documents rassemblés par Pio Moa, l’origine du conflit n’est pas, en effet, le coup d’état raté de juillet 1936 contre la Seconde République espagnole mais bien la «  menace rouge  » que représentaient pour la démocratie les factions d’extrême gauche qui préparaient un soulèvement de type communiste sur le modèle de la révolution asturienne de 1934.

La radicalisation de la gauche au pouvoir sous le Frente Popular  (assassinats de militants et hommes politiques des différentes composantes de la droite démocratique, destruction d’édifices religieux, assassinats de religieux, etc.) va entraîner un raidissement des conservateurs. Et ce sera l’escalade  : le soulèvement militaire du 18 juillet 1936 survient alors que Largo Caballero  et ses partisans avaient lancé depuis 1934 un processus révolutionnaire similaire à celui qui, en octobre 1917, a eu raison du régime Kerensky en Russie.

Dans cet ouvrage de près de 700 pages, l’auteur remet donc l’Histoire à l’endroit, sur les origines de la guerre civile espagnole, le rôle de l’URSS, l’armement des masses populaires, le massacre de Guernica (un des mythes les plus intenses du conflit), la persécution religieuse, les Brigades internationales, la guerre civile au sein de la guerre civile, le vol des oeuvres du Prado…

Concernant la persécution religieuse, Pio Moa écrit :

La distribution d’armes aux masses populaires a eu un résultat assez prévisible avec le déclenchement d’une persécution contre l’Eglise catholique qui a pris des proportions gigantesques, supérieures à celles de la Révolution française, et, probablement, à celles de l’Empire romain. Environ 7000 religieux sont morts durant la période, nombre qui comprend 13 évêques et plus de 3000 laïcs catholiques, tués uniquement en raison de leurs convictions religieuses (dont la moitié rien que durant les deux premiers mois de la guerre d’Espagne).

Ces exactions ont été accompagnées d’une extrême cruauté. Un coadjuteur âgé a été dévêtu, martyrisé et mutilé puis ses organes génitaux lui ont été insérés dans la bouche. Un autre a été fusillé progressivement par des tireurs qui visaient successivement des organes non vitaux. Nombreux sont ceux qui ont été livrés à un taureau de combat et certains se sont vus arracher leurs yeux et castrer. L’on a retiré l’un des yeux d’un chapelain puis on lui a coupé une oreille et la langue avant de l’égorger. Un autre a été torturé avec des aiguilles à sac sous les yeux de sa mère, qui était déjà âgées. Un autre encore a été attaché à un tramway et traîné derrière le véhicule jusqu’à ce que mort s’ensuive. Onze détenus qui étaient prisonniers dans une check ont été frappés et découpés avec des masses, des bâtons et des couteaux jusqu’à ce qu’il n’en reste que des petits morceaux.

https://www.lesalonbeige.fr/lautre-visage-de-la-guerre-despagne/

samedi 9 avril 2022

Il y a 80 ans tombait Henri Bonneville de Marsangy, chef de la Bandera Juana de Arco (fin)

 

Cette article est la suite de « Il y a 80 ans tombait Henri Bonneville de Marsangy, chef de la Bandera Juana de Arco ».

On pense que 3.000 hommes y sont partis, les uns portant la chemise verte du Tercio, la légion étrangère espagnole, les autres la chemise bleue de la Phalange, les militants de l’Action Française rejoignant les unités carlistes de Navarre, les Requetes. Parmi eux, on note le futur Compagnon de la Libération et député européen FN Michel de Camaret, le futur membre de l’état-major du général Juin en Italie en 1943 de Decker, Yves Bernanos le fils de Georges, Noël de Tissot qui terminera sa vie et sa carrière dans la 33e division SS Charlemagne, Luc Robet qui terminera la sienne déporté au camp nazi de Neuengamme, les Camelots du Roi et futurs résistants Auguste-Pierre Combe et Luc Robert et, déjà derrière un micro à Radio-Saragosse, Jean-Auguste Hérold-Paquis.

C’est dans les rangs des Requetes qu’Henri Bonneville de Marsangy combat, à la tête de la 2e compagnie du bataillon San Fernando, rattachée à la 6e brigade de Navarre. Ayant franchi les Pyrénées dès le début du conflit, il a participé aux batailles de Mérida, Badajoz, Madellin, Talavera et à la libération de l’Alcazar de Tolède. Le 10 février, son unité participe à la prise de la ville de Llanes. Le capitaine tombe héroïquement au combat, à la tête de ses hommes. En 1954, c’est son fils Roland, officier parachutiste qui avait à peine connu son père (il était né en 1930), qui tombe lui aussi à 25 ans dans la grande croisade contre l’horreur bolchévique à Diên Biên Phu. L’un est mort pour la liberté du peuple espagnol, l’autre pour empêcher l’asservissement du peuple vietnamien. Au moins, ils ne sont pas morts pour la République, leur sacrifice n’a donc pas été inutile.

Dans leur Histoire de la Guerre d’Espagne, Robert Brasillach et Maurice Bardèche, signalent que la bandera Juana de Arco comptait quelques 300 hommes, plus quelques volontaires venus de Suisse et de Belgique, ce qui parait peu par rapport au camp communiste. Il est vrai que les nationalistes, ce qui paraît logique, n’aiment pas aller se faire tuer pour un pays qui n’est pas le leur. Seules de grandes croisades idéologiques comme la lutte contre le bolchevisme de 1941 à 1945, peut fédérer les énergies. Rajoutons à cela le fait que Franco voulait gagner la guerre seul, n’acceptant les étrangers qu’à titre symbolique (contingent français, irlandais, portugais, finlandais), à titre d’instructeurs (allemands) ou parce qu’il ne pouvait pas faire autrement (italiens), une peu plus de 179.000 non-Espagnols combattirent à ses côtés. La question se pose également : si Blum était si philo-communiste, pourquoi n’a-t-il pas envoyé l’armée française en Espagne ? A cela, plusieurs explications : la première, est que l’armée française – traumatisée par la boucherie de 14-18 – n’avait pas tellement envie de refaire une seconde guerre. De plus, beaucoup d’officiers se seraient légitimement révoltés à l’idée d’aller se faire tuer pour imposer une horreur communiste en Espagne qui, n’en doutons pas, aurait atteint la France lors de l’étape suivante. La seconde tient au profil de Blum. Il est juif certes, se revendique comme marxiste certes, mais est surtout avocat d’affaires, lié à de gros trusts anglo-saxons. Or, si ces derniers frétillent d’impatience à l’idée de rayer de la carte une Allemagne avide d’indépendance et de liberté, la question espagnole était plus complexe. En effet, les trusts miniers américains, dirigés par les familles juives Rothschild et Guggenheim, voyaient fermer leurs mines espagnoles de par l’incurie républicaine alors qu’une fois en zone nationaliste, elles recommencent à produire. On peut faire une comparaison avec le Chili de Pinochet. Dans les deux cas, révolution des classes moyennes contre un régime en voie de soviétisation. Dans les deux cas, un général prend le commandement de la révolte et sacrifie les forces révolutionnaires de droite au profit des milieux d’affaires. Dans les deux cas, neutralité bienveillante des milieux financiers juifs, Franco de par ses origines juives et la meilleure santé économique de son état ; Pinochet par haine contre Allende dont le passé antisémite, même tue officiellement, était probablement connu. Dans les deux cas, aucune base solide donnée au régime et écroulement de celui-ci dès le départ du général. Voilà pourquoi Blum n’est pas intervenu : ses maîtres de Wall Street n’arrivaient pas à faire entendre raison aux anarchistes et étaient parvenus à un accord de principe avec Franco. Leçons à méditer pour l’avenir. Père et fils, les Bonneville de Marsangy ont été unis dans la mort. Dans les steppes glacées de Russie, dans les jungles moites d’Indochine, dans les montagnes arides de l’Espagne, des hommes sont tombés pour défendre les libertés, le sang, le travail, la civilisation. Sonnerie aux morts…

Hristo XIEP

https://www.medias-presse.info/il-y-a-80-ans-tombait-henri-bonneville-de-marsangy-chef-de-la-bandera-juana-de-arco-fin/69473/

vendredi 8 avril 2022

Il y a 80 ans tombait Henri Bonneville de Marsangy, chef de la Bandera Juana de Arco

 

Emblème de Henri Bonneville de Marsangy

Dès le début de la croisade anti-communiste, la Navarre s’était soulevée contre la tyrannie républicaine de Valence. Le général Mola avait libéré Pampelune dès les premières heures du conflit. En 48 heures, il obtient un renfort inespéré qui sauva probablement les résistants : 10.000 hommes, une armée considérable à cette période de la guerre. En chantant Oriamendi  (le fameux chant « pour Dieu, pour la patrie et pour le Roi, ont combattu nos pères. Pour Dieu, pour la patrie et pour le Roi, nous combattrons aussi », ils descendent de leurs villages, aïeul, père et enfant, en espadrilles et le béret rouge sur la tête, tous volontaires. Dans certains villages, il ne reste plus que les mères et les filles. Même le curé est parti au combat.

Les enfants gambadent dans les rues en chantonnant : « Espagne libre, Espagne belle, avec requetes et phalanges, avec le Tercio très vaillant… ». Ces chouans de Navarre, les Carlistes, sont catholiques et paysans. Et l’actualité récente, au Mexique et en Russie, leur a montré comment les laïcards et les républicains traitent les catholiques et les paysans… Trois bataillons carlistes s’emparent des cols de la Sierra en chantant : « Apporte-moi les espadrilles, donne le boïna et le fusil, je m’en vais tuer plus de Rouges que n’ont de fleurs Mars et Avril ». C’est le vieux chant carliste où « libéraux » a été remplacé par « rouges ».

Mois après mois, la Navarre mobilise, et en février 1937, la 6e brigade navarraise est engagée sur le front des Asturies, l’un des fiefs de la tyrannie. Pays minier, il s’était révolté contre le gouvernement légal le 14 septembre 1934 (né de la victoire de la droite aux élections de novembre 1933) avec la complicité de la gauche « sociale-démocrate ». Celle-là même qui traitera de « factieux » ceux qui, en 1936, feront exactement comme elle… La « révolte asturienne » n’était en rien spontanée, mais le fruit d’une préparation subversive minutieuse dont le point final devait être l’instauration d’une tyrannie communiste en Espagne. En 1931, le Congrès du Komintern avait débloqué une somme de 240.000 £ en faux billets et 2,5 millions de pesetas pour l’achat d’armes et de munitions. 200 cadres révolutionnaires sont envoyés en stage à Moscou. En 1933, le Morning Post annonce la saisie de l’un des arsenaux clandestins rouges : on y confisque 90.000 fusils, 33.000 revolvers, 500.000 cartouches et de faux billets. La tentative de Franco de réorganiser et de moderniser l’armée se heurte à l’immobilisme du gouvernement. Pendant ce temps, 300 églises sont incendiées et de nombreux militants de droite sont assassinés par des tueurs à gages professionnels pour 50 pesetas. Le Bolchevik disait en octobre 1930 : « La légalité chez les communistes consistera à baser le terrorisme sur des principes fondamentaux ». Malgré l’écrasement de la révolte asturienne, Largo Caballero peut parader devant ses maîtres du Kremlin : en 1935, des dizaines de milliers de cellules communistes ont été placées dans toute l’Espagne. Au 11e Plenum du Komintern, les délégués espagnols sont félicités pour avoir mis en place : « les conditions préalables d’une crise révolutionnaire en Espagne ». Au 12e Plenum, le coup d’état communiste est planifié. Intervient alors le premier des quatre miracles poussant les communistes à reculer au dernier moment le déclenchement de leur attaque et ainsi permettre aux forces anti-communistes de triompher : Espagne 1936, Allemagne 1941 et 1953, France 1947. Et peut-être 5 si on considère que les plans communistes d’attaque totale de 1984 à 1986 étaient encore valides en 1989 (repoussés apparemment à cause des conflits entre deux factions rivales, l’une contrôlant le Kremlin et l’autre apparemment l’Armée Rouge).

L’armée navarraise comprend en son sein de nombreux volontaires français. Si, avec la bénédiction de Léon Blum, les pistoleros communistes purent aller librement aller en Espagne combattre pour Staline, ce fut autrement plus difficile pour ceux qui voulaient aller stopper le communisme. C’est un général de division, Paul Lavigne-Delville (1866-1957), officier de cavalerie héros de la Première Guerre Mondiale, qui se chargea du recrutement – assisté de l’architecte bonapartiste Charles Trochu, futur président du Conseil Municipal de Paris –  et proposa plusieurs milliers d’hommes, sans compter les 1.000 que François Petri se proposait de mettre à disposition du Caudillo. Les volontaires français furent répartis dans diverses unités, sans constituer d’unités précises, si ce n’est la bandera Juana de Arco (anciennement Phalange Jeanne d’Arc) du capitaine Henri Bonneville de Marsangy, ce qui fait qu’on ne sait pas précisément combien d’entre eux ont combattu pour la libération de l’Espagne.

https://www.medias-presse.info/il-y-a-80-ans-tombait-henri-bonneville-de-marsangy-chef-de-la-bandera-juana-de-arco/69460/

mercredi 23 mars 2022

La guerre d’Espagne et ses mensonges

 

La guerre d’Espagne et ses mensonges

Les mythes de la guerre d’Espagne, 1936-1939, de l’historien espagnol Pío Moa, qui a eu un succès retentissant en Espagne, vient enfin d’être traduit en français aux Éditions L’Artilleur. L’ouvrage est précédé d’une remarquable introduction écrite par Arnaud Imatz. Javier Portella nous explique ici les raisons du succès et l’importance d’un tel ouvrage.

On ne le sait que trop : lorsque certaines idées s’incrustent dans l’imaginaire collectif, il est extrêmement difficile de les en arracher. L’une de ces idées concerne, aussi bien en Espagne qu’ailleurs, les origines du régime de Franco. Elle consiste en ceci : le franquisme, comme on le sait, a été un régime autoritaire, une dictature – « abominable », ajoute-t-on avant de sortir le grand mot fourre-tout : « bref, un régime fasciste ».

Et puisqu’un tel régime a découlé du soulèvement militaire de 1936 et de la guerre civile qui s’en est suivie, la conclusion tombe de tout son poids : la République espagnole contre laquelle les militaires (des brutes « anti-démocratiques » et « fascistes », donc) se sont soulevés, était un régime aussi « démocratique » que « favorable aux intérêts du peuple ».

Qu’il n’en est rien, que c’est là un mythe grossier qu’il convient de démonter, c’est ce à quoi s’emploie Pío Moa avec Les mythes de la guerre d’Espagne, récemment traduit en français.


Disons-le tout net : l’enjeu, au moment où Franco et ses camarades d’armes se soulevèrent contre la République n’était nullement le renversement d’un régime démocratique pour établir à sa place un pouvoir autoritaire. L’enjeu était tout autre : empêcher la révolution bolchevique qui était à l’œuvre depuis au moins deux ans déjà.

Nous laissons au lecteur le plaisir de découvrir les mythes sur lesquels ce mensonge historique repose et que Pío Moa s’emploie à démolir dans cet ouvrage. Nous nous bornerons donc à en énumérer les principaux : les nombreux attentats, avec incendie d’églises et centres religieux, que les forces de gauche commirent depuis l’instauration même de la République en 1931 ; la grande fraude électorale lors des élections de février 1936 qui donnèrent le pouvoir au Front Populaire ; et, surtout, le coup d’état révolutionnaire perpétré par la gauche en octobre 1934 et qui, ayant échoué dans l’ensemble du pays, ne réussit que dans les Asturies, où une mini-guerre civile se déroula pendant plusieurs semaines.

Aucun doute n’était permis en 1936 : seul un soulèvement militaire pouvait empêcher la débâcle. Celle que Francisco Largo Caballero, le chef du Parti Socialiste – connu d’ailleurs comme le « Lénine espagnol » – avait annoncée depuis des années à d’innombrables reprises, par exemple, quand il prédisait en février 1936 que « très bientôt, l’Espagne sera devenue soviétique ».

La situation révolutionnaire dans laquelle sombrait l’Espagne était devenue si inquiétante à la veille du soulèvement militaire que celui-ci ne pouvait rester un simple putsch. Il entraîna avec lui un puissant mouvement social : celui de toute une partie du pays qui ne se résignait pas à mourir.

Comment est-il possible, se demandera-t-on, qu’une telle remise en question de l’historiographie relative à la guerre d’Espagne n’ait pas été entendue plus tôt ? En réalité, il n’a pas fallu attendre Pío Moa pour qu’un tel propos soit livré au public : l’essentiel de ces idées avait déjà été exprimé par les historiens franquistes eux-mêmes. La grande nouveauté de Pío Moa – d’où l’extraordinaire succès de ses livres en Espagne –, tient à ses origines politiques : ancien militant d’extrême-gauche dans les dernières années du franquisme, il le combattit ardemment pour finir, des années plus tard, par en estimer l’essentiel de sa trajectoire.

Avec Les mythes de la guerre d’Espagne, nous disposons d’un ouvrage décisif ébranlant l’un des grands lieux communs de la bienpensance historique.

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