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dimanche 24 novembre 2024

Paris célèbre le « Che », un homme sadique dès son plus jeune âge, qui tua de sang-froid, même des enfants

 

By Jean-Patrick Grumberg22 novembre 2024
Initialement publié le 30 décembre 2017
Le Guévarisme est directement responsable de 10 723 morts + 78 000 tués en essayant d’échapper à l’île + 14 000 tués lors d’opérations militaires à l’étranger + 5 300 personnes tuées dans la rébellion d’Escambray, principalement des paysans et des enfants (1).
  • Che Guevara a persécuté des intellectuels, les homosexuels et les dissidents.
  • Une grande partie des 11 millions de Cubains sont semi-chômeurs et en mauvaise santé. Ce que le communisme a accompli de mieux à Cuba, c’est que les femmes se prostituent auprès des touristes pour boucler les fins de mois et compléter au marché noir les maigres rations alimentaires officielles.
  • L’héritage du communisme international salué par le «Che» à Paris représente des dizaines de millions de victimes, assassinées, torturées, et emprisonnées dans des camps de travaux forcés.

Che Guevara était un meurtrier de masse, un profiteur, un raciste, un misogyne, un parasite et un hypocrite selon ses propres écrits, ses journaux, ses discours, ses lettres dont vous trouverez ci-dessous quelques extraits que l’exposition « Le Che à Paris » passe totalement sous silence pour entretenir le mensonge du « militant romantique ». Parce qu’il était communiste.

Sadique dès son plus jeune âge

Alberto Benegas Lynch dans son livre «Mon cousin le Che»:

«Une de mes tantes m’a dit une fois que lorsque le Che était très jeune, il s’est réjoui de causer des souffrances aux animaux et, plus important encore, il a insisté que la mort (des autres) n’était pas si grave. Dès son jeune âge, son sadisme devint évident.

Raciste, suprématiste, prédateur sexuel…
Le noir est indolent et rêveur, il dépense son argent pour des frivolités ou en s’enivrant. Il a maintenu sa pureté raciale grâce au faible attachement pour les salles de bain

Carlos Figueroa, un ami de Guevara dans son jeune temps à Alta Gracia :

«Je lui ai donné le surnom «le coq rapide» parce qu’il mangeait dans la salle à manger ; et subitement, lorsque la femme de ménage entrait, il l’a forçait à grimper sur la table pour avoir une relation sexuelle. Ensuite, il se débarrassait de la malheureuse et continuait à manger comme si rien ne s’était passé… ». Il profitait du statut social inférieur des femmes pour en faire ses objets sexuels.

En arrivant au Costa Rica :

« Je suis resté dehors avec une fille noire qui j’avais draguée, Socorro. A seulement 16 ans, elle était plus putain que les poulets ».

Extrait de son journal de voyage :

«Les noirs, ces magnifiques spécimens de la race africaine qui ont maintenu leur pureté raciale grâce au faible attachement qu’ils ont pour les salles de bain, ont vu leurs royaumes envahis par un nouveau spécimen d’esclaves : le Portugais. Le mépris et la pauvreté les unissent dans la lutte quotidienne, mais leur manière différente de faire face à la vie les sépare complètement ; le noir est indolent et rêveur, il dépense son argent pour des frivolités ou en s’enivrant [tandis que] l’Européen a une tradition de travail et d’épargne qui l’entraîne jusqu’à ce coin de l’Amérique et l’exhorte à progresser, même indépendamment de ses aspirations individuelles».

En attendant qu’un navire les emmène à l’île de Pâques, Che écrit :

«L’île de Pâques… avoir un petit ami blanc est un honneur pour elles. Là, pour quoi travailler, les femmes font tout. On mange, on dort et on leur fait l’amour… Quelle est l’importance de rester un an là-bas, quelle est l’importance de faire des études, de gagner un salaire, d’avoir une famille, etc.»

Miguel Sanchez, dans le documentaire « Anatomie d’un mythe » :

« Che avait toujours des problèmes avec les noirs et il avait du dégoût pour eux, ainsi que pour les Indiens du Mexique [qu’il appelait] ‘les Indiens analphabètes du Mexique' ».

.. vivant comme un porc

  • Alors jeune homme, Che s’est attiré le quolibet de «el chancho» (le cochon), pour les semaines qu’il passait sans se laver. Une année, il ne s’est pas lavé une seule fois entre Pâques et la Saint Jean.
  • En août 1953, Enrique Ros écrit à sa mère depuis El Cuzco que, pendant les huit jours où il était avec le Che, «le cochon s’est lavé une seule fois, et seulement après l’avoir convaincu que c’était pour des raisons de santé».
  • Dans son journal bolivien du 10 septembre 1967, Guevara écrit :

«J’ai oublié de souligner un fait ; aujourd’hui, après un peu plus de six mois, j’ai pris un bain.»

  • “Ses camarades cubains, en raison de son manque d’hygiène personnelle, lui ont donné le surnom de ‘tas de graisse’. »

Criminel assoiffé de sang

Nous avons exécuté beaucoup de gens par peloton d’exécution sans savoir s’ils étaient pleinement coupables

Dans un courrier à son père :

« Mes narines se dilatent en savourant l’odeur âcre de la poudre à canon et du sang… J’aimerais avouer, papa, qu’ à ce moment-là j’ai découvert que j’aime vraiment tuer. »

Extrait de ‘Notes de voyage’ :

«… je vais assaillir les barricades ou les tranchées, je vais teindre l’arme dans le sang et, fou de fureur, j’égorgerai tous les vaincus qui tombent entre mes mains…

… Je sens déjà mes narines dilatées, savourant l’odeur âcre de la poudre et du sang, de la mort ennemie » 

Aux Nations Unies en décembre 1964, Che Guevara confirme la réputation criminelle de son gouvernement : « Oui, nous avons exécuté, nous exécutons et nous continuerons à exécuter. »

Ce qu’il veut dire par exécution est expliqué en 1962 par le rédacteur en chef de RevolucÍon, Carlos Franqui qui cite Guevara :

« Nous avons exécuté beaucoup de gens par peloton d’exécution sans savoir s’ils étaient pleinement coupables. Parfois, la Révolution ne peut pas s’arrêter pour mener beaucoup d’enquêtes. »

Il a personnellement exécuté plus de 180 individus, bien que certains disent que beaucoup plus sont tombés de ses propres mains.

Menteur, profiteur et hypocrite

Lettre à sa mère du 15 juillet 1956 depuis une prison mexicaine:

« Je ne suis pas un Christ et un philanthrope, maman, je suis l’opposé d’un Christ, et la philanthropie me semble être quelque chose… (mot illisible) pour les choses que je crois. Je me bats avec toutes les armes à ma disposition, j’essaie de vivre en mentant aux autres, au lieu de me laisser clouer sur une croix ou ailleurs.»

Dans ses notes du deuxième voyage intitulé ‘Une autre fois’, en juillet 1953 en Bolivie :

‘Lorsque nous transportions tous nos bagages et allions entrer dans la seconde classe, nous avons été arrêtés par un chercheur qui, après avoir parlé avec des agents, nous a proposé de passer en première et d’arriver au Cuzco ce que, bien sûr, nous acceptons. Ainsi, nous voyageons confortablement en donnant aux gars le montant du passage de deuxième.»

Conclusion

Le 6 décembre dernier, la Fondation des droits de l’homme, après avoir pris connaissance de la vente de marchandises à l’emblème du dirigeant communiste Che Guevara chez Urban Outfitters, parfois accompagnée du mot « revolución », a publié une lettre ouverte dans le HuffPost où elle explique :

« En tant qu’organisation à but non lucratif vouée à la défense des droits de l’homme, nous aimerions attirer votre attention sur l’héritage sanglant et antidémocratique de Guevara… 

Nous vous exhortons à considérer que l’image de Guevara représente la tyrannie et la répression pour les millions de personnes qui ont souffert sous le communisme. »

Cet « héritage sanglant et antidémocratique » ne semble pas beaucoup déranger Paris.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Sources :

(1) https://www.economist.com/news/americas/21725350-liberal-think-tank-his-home-town-wants-monuments-revolutionary-icon-taken

http://www.therealcuba.com/?page_id=32

http://blog.victimsofcommunism.org/5-reasons-why-ches-not-cool/

https://www.theepochtimes.com/was-che-guevara-a-hero-or-murderer_2242312.html

https://www.huffingtonpost.com/thor-halvorssen/an-open-letter-to-urban-o_b_1895353.html

https://by-jipp.blogspot.com/2024/11/paris-celebre-le-che-un-homme-sadique.html#more

mercredi 17 février 2021

[Rediffusion] La Petite Histoire – Che Guevara : idole romantique ou terroriste ?

 Idole absolue des étudiants communistes en mal de modèles, Che Guevara est aujourd’hui devenu autant un symbole révolutionnaire qu’un produit commercial. Mais son image romantique correspond-t-elle à la réalité ? Car derrière les t-shirts et les slogans se cache un vagabond idéaliste devenu un tyran sanguinaire sans pitié doublé d’un terroriste international. Retour sur la vie du « Che ».

https://www.tvlibertes.com/rediffusion-la-petite-histoire-che-guevara-idole-romantique-ou-terroriste

mercredi 11 janvier 2017

Penser la guérilla, de l’Antiquité à nos jours

Le premier penseur de la guérilla est probablement Salluste (86-35 av. J.C.), avec sa Guerre de Jugurtha, qui raconte l’histoire du conflit entre la république romaine et le roi numide Jugurtha entre 112 et 105 av. J.C. Dans son histoire, Salluste évoque déjà l’intégralité du répertoire tactique de la guérilla pratiquée par le Numide. Ainsi, la tactique consistant à faire traîner en longueur des pourparlers afin de négocier en position d’avantage est rapportée en ces termes : « Jugurtha, au contraire, tirait les choses en longueur, faisait naître une cause de retard, puis une autre, promettait de se rendre, puis feignait d’avoir peur, cédait du terrain devant les attaques, et, peu après, pour ne pas exciter la défiance des siens, attaquait à son tour ; et ainsi, différant tantôt les hostilités, tantôt les négociations, il se jouait du consul ». Il décrit les raids sur les colonnes romaines et même l’assaut nocturne sur le camp d’Aulus qui se termine en débâcle pour l’armée romaine. Salluste ne cherche pas à systématiser les tactiques qu’il décrit comme dans un manuel militaire, mais on peut déjà percevoir chez lui une ébauche de discussion sur l’utilité pour celui qui est en infériorité militaire d’adopter une tactique de guérilla.
Mamertin, un panégyriste du milieu du IV° siècle donne également une description saisissante de l’insurrection de 284 dans le nord-est des Gaules qui sera matée en 286, en particulier du guérillero antique : « quand des paysans ignorant tout de l’état militaire se prirent de goût pour lui ; quand le laboureur se fit fantassin et le berger, cavalier, quand l’homme des champs profitant des dévastations dans ses propres cultures prit exemple sur l’ennemi barbare » (Panégyriques latins, II, 4, 3). Comme avec Salluste, il ne s’agit pas d’un traité militaire, mais on observe une description frappante d’une figure désormais familière : le rebelle est un homme du commun qui prend les armes.
A ma connaissance, le premier grand traité théorique est celui de l’empereur byzantin Nicéphore Phocas (913-969), intitulé Peri Paradromes en grec ou de vellitatione bellica en latin, traduit en français sous le titre Traité sur la Guérilla. Le traité marque en fait une forme de codification d’un savoir militaire déjà pratiqué par les Byzantins. Au moment de l’écriture, la reconquête byzantine a déjà eu lieu, et l’empereur a lui-même défait les arabes en Crête, et reprit Antioche et la Mésopotamie. Le traité est composé de 25 chapitres décrivant des procédés tactiques classiques des guérillas, en particulier les surveillances, les raids et embuscades, ainsi que les mouvements de troupes. L’auteur discute également de la valeur relative de chacune des composantes de l’armée, et rappelle la valeur des troupes montées légères sans cacher son mépris pour la piétaille. Nicéphore considérait les fantassins comme le tout-venant, c’est-à-dire à la fois de basse extraction et d’une valeur militaire douteuse. C’est à eux que le général réserve une harangue de belle, mais creuse rhétorique.
Il développe également des considérations que l’on pourrait aujourd’hui qualifier comme relevant de la sociologie militaire, notamment en évoquant les conditions de vie des soldats dans un chapitre complet, en particulier le statut, l’équipement et l’entraînement de l’armée. Selon Dagron et Mihaescu, qui ont récemment dirigé une nouvelle édition du traité, la hiérarchie des grades et des fonctions, « sans être abolie, compte sans doute moins ici que dans les ouvrages ordinaires de stratégie et de tactique; mais elle est doublée ou compensée par une autre hiérarchie fondée plus souplement et plus personnellement sur la confiance et l’excellence; les rapports de l’officier à ses soldats deviennent ceux du « chef » à ses « hommes » ». Cet aspect social se retrouve évidemment dans les guérillas contemporaines, et Nicéphore cherche à institutionnaliser cette relation entre les soldats et les chefs de guerre, afin d’éviter que la communauté des combattants ne se dissolve dans la société civile (vieux débat sur l’ethos guerrier). Par la systématisation et la réflexion qu’il propose sur la conduite de la guerre irrégulière, le traité de Nicéphore Phocas est un classique incontournable.
Après Phocas, l’on peut effectuer un saut temporel de près de 900 ans et passer directement à l’analyse des guérillas par Clausewitz. L’auteur de De la Guerre a accordé une attention soutenue aux guerres irrégulières durant sa carrière, contrairement aux lectures caricaturales des Van Creveld, Keegan ou Kaldor qui font de Clausewitz l’auteur exclusif et dépassé de la guerre interétatique. Clausewitz a vécu à une époque marquée par le renouveau de la guérilla, puisqu’il est né quatre ans après la fin de la guerre d’indépendance américaine, et a pu observer les combats de Vendée, d’Espagne ou le soulèvement du Tyrol en 1809. Il donne un cours sur le thème des « petites guerres » à l’école de guerre prussienne en 1810 et 1811, ce qui marque le début de la systématisation de ses réflexions sur le sujet.
Les cours de l’école de guerre doivent être compris dans le contexte des réformateurs prussiens de l’époque, où la guerre révolutionnaire était vue comme étant le moyen de se libérer de l’oppression napoléonienne. Ainsi, dans les cours, Clausewitz conserve une approche tactique de la guérilla, qu’il définit comme la guerre conduite par les petites unités, discutant et commentant les embuscades, la reconnaissance, l’attaque, la défense, les avant-postes, etc. Il se fonde sur des exemples récents, telle que la défense de la Flandre et des Pays-Bas organisée par son mentor Scharnhorst en 1795, ou la lecture d’auteurs du XVIII° siècle tels que Johann von Ewald ou Andreas Emmerich.
Clausewitz ne discute pas encore les préconditions sociales ou politiques nécessaires à la conduite de la guérilla, mais ces cours servent de base à ses réflexions ultérieures. A partir de 1812 et l’écriture de ses « manifestes» (bekenntnisdenkschrift), Clausewitz intègre la dimension politique dans son analyse de la guérilla, et considère le contexte comme l’élément le plus important de cette forme de combat. Il considère que la volonté prussienne de se libérer du joug français est la condition nécessaire à un soulèvement populaire (volkskrieg) adoptant des tactiques de guérilla (Klein krieg). Clausewitz discute en détails un certain nombre de questions tactiques précédemment abordées dans les cours de l’école de guerre, mais intègre désormais à son analyse des questions théoriques sur la nature de la défense et de l’attaque dans une guérilla. De plus, la notion de volonté est désormais très présente, puisqu’il considère le soulèvement populaire comme « un moyen du salut », et discute la notion de la violence d’une guerre révolutionnaire en avançant que les atrocités commises par l’occupant doivent être vengées par les atrocités commises par les insurgés, afin de ne pas démoraliser ces derniers et de ramener l’occupant dans « les limites du contrôle de soi et de l’humanité ».
Ainsi, avant l’écriture de De la Guerre, Clausewitz avait déjà articulé les principaux éléments de sa réflexion sur la guérilla, qu’il voit comme une manifestation complète et efficace de la résistance populaire. Dans le De la Guerre, Clausewitz consacre un court chapitre, intitulé « l’armement du peuple» (Volksbewaffnung) à la guérilla. Le chapitre est placé dans la partie VI du traité, consacrée à la défense. Clausewitz considère que le soulèvement populaire est la conséquence logique de la transformation de l’art de la guerre qui s’opère à son époque et qui se traduit de la croissance exponentielle de la taille des armées sous l’influence de la conscription. Logique avec sa propre conception de la guerre, il avance que l’impulsion morale est nécessaire au déclenchement de l’insurrection. Il pense également que la guérilla doit être divisée, afin de couvrir un territoire aussi large que possible, et doit se coordonner avec les forces régulières dans un plan de campagne intégré.
Il liste cinq conditions nécessaires à l’efficacité militaire de la guérilla :
– Il faut que la guerre se livre à l’intérieur du pays.
– L’issue de la guerre ne doit pas dépendre d’une seule bataille qui serait perdue.
– Le théâtre des opérations doit couvrir un vaste espace.
– Le peuple qui mène cette forme de guerre doit pouvoir soutenir sur le long terme le caractère extrême de ce type de lutte.
– Le terrain doit être propice : coupé, difficile d’accès, montagneux, etc.
Au final, pour Clausewitz, la guérilla est l’un des moyens de la défense stratégique : il s’agit soit du dernier recours après une défaite, soit d’un auxiliaire naturel avant une bataille décisive, et il rappelle que quelle que soit la violence de la défaite subie par un gouvernement, armer la population reste toujours un moyen de salut, comme le montrent les exemples de la résistance française ou des partisans soviétiques durant la Seconde Guerre Mondiale.
La première conceptualisation de la guérilla au XX° siècle est due à l’officier britannique Thomas Edward Lawrence, célèbre sous le surnom de Lawrence d’Arabie obtenu suite à son rôle dans la révolte arabe contre l’empire Ottoman entre 1916 et 1918. Dans les Sept Piliers de la Sagesse, Lawrence théorise le paradoxe qu’il observe dans les opérations. En effet, le corpus militaire de la première guerre mondiale avec lequel il était familier (en particulier une lecture sélective de Clausewitz) prédisait qu’une troupe incapable de détruire les forces ennemies dans une bataille ne pourrait remporter de victoire stratégique.
Or Lawrence observe l’inverse : les Arabes sont incapables de détruire les Turcs dans une bataille, mais ils sont en train de remporter la victoire. Lawrence observe alors que puisque les Arabes se battent pour leur liberté, les Turcs ont simplement besoin d’être expulsés, et non pas détruits. Une fois l’objectif stratégique défini, Lawrence examine les moyens de l’atteindre, et il déploie un cadre d’analyse fondé sur trois facteurs : physiques, biologiques et psychologiques. Le facteur physique est un calcul effectué par Lawrence selon lequel les Turcs auraient besoin de 600.000 hommes pour mater la révolte arabe.
Lawrence fonde ce calcul sur le présupposé que l’intégralité de la population arabe est favorable aux insurgés, ce qui est douteux, mais ce calcul l’amène à considérer que les Turcs n’occuperont jamais l’intégralité du territoire. Le facteur « biologique » est l’observation selon laquelle les Arabes placent la vie de leurs combattants avant toute autre considération (puisque ceux-ci sont en nombre limités) tandis que les Turcs privilégient les transferts de matériels par rapport à la protection des soldats. Attaquer les matériels et équipements de valeur est donc une tactique très efficace. Enfin, le facteur « psychologique » relève des motifs idéologiques au conflit : les Arabes mènent une guerre de libération nationale, forcément plus sympathique pour les populations et aux potentielles nations alliées.
La conclusion que Lawrence tire de cette analyse multi-factorielle est que les Arabes doivent adopter des tactiques de guérilla conduites par de petites unités en refusant le contact avec les larges formations turques. L’ironie de l’œuvre de Lawrence est l’écart radical entre ses conceptions litéraro-philosophiques de la guérilla et la conduite réelle de la révolte arabe, dont le succès a en fait été acquis grâce à la campagne traditionnelle du Field Marshall Edmund Allenby en Palestine. Nous ne saurons donc jamais si les conceptions de Lawrence auraient fonctionné sur le long terme, mais on peut observer que les Arabes ont plusieurs fois ignoré superbement ses principes en massant des unités et conduisant des actions de destruction traditionnelles, par exemple lors de la prise du port d’Akaba, ou en servant de cavalerie légère protégeant le flanc droit d’Allenby lors de la prise de Damas.
Au final, les conceptions de Lawrence sont assez verbeuses, très classiques et sur-intellectualisées. Lawrence décrit comment des forces légères bénéficiant du soutien de la population parviennent à paralyser un ennemi qui, pour une raison quelconque, refuse d’être proactif contre la rébellion et, comme le résume cruellement Walter Laqueur : « rarement dans l’histoire de la guerre moderne, on a écrit autant à propos de si peu de choses ». Lawrence mérite néanmoins d’être mentionné principalement car il a rendu populaire les guérillas, et son analyse des facteurs physiques, biologiques et psychologiques, même si elle doit être reformulée, est une bonne base de départ pour l’analyse des guérillas.
Le grand théoricien du XX° siècle est évidemment Mao Tsé-Toung, dont l’expérience militaire s’est forgée lors de la lutte contre le Kuomintang, qui s’est initialement traduite par une défaite suite à la décision des communistes, en accord avec les principes marxistes-léninistes traditionnels, de se concentrer sur les villes. Après les premiers échecs de l’armée rouge dans les années 1930, Mao intègre les éléments socio-politiques de la Chine de l’époque dans son analyse, notamment en observant la structure mi-coloniale, mi-féodale de son pays. En bon stratège, il étudie également l’importance du terrain, notamment en relevant sa complexité et la difficulté d’établir des communications, et tire de ses observations une théorie quasi organiciste de la guérilla, qui se divise en trois phases.
Dans la première, la guérilla établit des bases loin du pouvoir central permettant aux communistes d’abord de survivre, puis de prospérer au sein d’une population de plus en plus favorable. Les bases servent de point de repli, mais aussi de centres de recrutement et de formations pour les nouveaux combattants. La deuxième phase est caractérisée par un relatif équilibre des forces rebelles et des forces loyalistes, mais la confrontation directe serait trop dangereuse pour la guérilla. Cette phase se caractérise par les actions subversives déstabilisantes pour le régime tels que les sabotages, assassinats ciblés de dignitaires, embuscades contre des avant-postes ou des colonnes isolées, etc.
Le but principal est d’obtenir des armes et des munitions (ainsi que d’autres biens de première nécessité), tout en montrant la faiblesse du régime. En parallèle, l’endoctrinement de la population continue, afin que les combattants évoluent au sein d’un environnement socio-politique favorable, tout en contribuant à la décrédibilisation du régime. Enfin, la troisième phase est décisive, puisque la guérilla est maintenant suffisamment forte pour se regrouper et défier les forces gouvernementales dans des combats traditionnels. Les insurgés prennent l’initiative, et la campagne se termine par l’élimination des forces ennemies au cours d’une bataille ouverte. En d’autres termes, la guérilla abandonne les tactiques de guérilla. L’intérêt de Mao est de ne pas être naïf face aux vertus de la guerre irrégulière : il rappelle explicitement que la guérilla est l’arme du faible, mais que celle-ci est nécessairement limitée, la victoire étant acquise par la destruction des capacités ennemies. La guérilla est, selon ses propres termes « une étape dans la guerre totale ».
Contrairement à Lawrence, qui fait de la guérilla une stratégie devant conduire à la victoire politique, Mao en fait un mode opératoire limité dans le temps : le but est bien de conduire à la formation d’unités régulières « révolutionnaires ». L’approche maoïste est également intrinsèquement politique, puisque les révolutionnaires doivent être suffisamment motivés pour conduire une campagne qui sera nécessairement longue, ce qui rappelle évidemment l’analyse Clausewitzienne des forces morales. Mao a réussi le tour de force de créer une théorie de la guerre irrégulière systématisée, allant de la tactique à la stratégie, dont l’application a été couronnée de succès en de multiples occasions. Il est à ce titre un penseur incontournable.
L’autre auteur marxiste ayant eu une influence considérable sur les doctrines révolutionnaires, cette fois-ci en Amérique du Sud, est Che Guevara, dont l’ouvrage majeur a été publié en 1961. Le livre est lui-même un manuel tactique recensant les principales actions traditionnelles de guérilla et le meilleur moyen de les conduire, la partie théorique sur la guerre irrégulière étant réduite à la portion congrue.
Suite à son expérience de la révolution cubaine, Guévara identifie trois éléments formant le cœur de sa théorie :
– les forces populaires peuvent l’emporter face à une armée
– il n’est pas forcément nécessaire d’attendre que les conditions révolutionnaires soient remplies. Le groupe insurrectionnel (ou foco) peut développer des conditions subjectives basées sur les conditions objectives.
– les campagnes et montagnes (en fait, les espaces non-urbains) sont les lieux où l’action armée doit être concentrée.
Le deuxième point est évidemment en contradiction complète avec l’approche maoïste, qui nécessite un patient travail de concentration et de mobilisation des forces. Au contraire, selon Guévara, les focos peuvent permettre de remporter une victoire rapide grâce à quelques actions violentes judicieusement choisies servant d’étincelle à l’insurrection populaire. Evidemment, cette approche était séduisante pour un certain nombre de groupes insurrectionnels puisqu’elle était censée permettre une victoire rapide. Cette différence importante mise à part, Guévara a une approche similaire à celle de Mao (qu’il n’a probablement pas lu) : le révolutionnaire doit d’abord survivre, avant de se consolider par la mise en place de focos puis détruire les forces loyalistes dans une série de batailles régulières conduisant l’ennemi à accepter sa défaite. Guévara va encore plus loin que Mao dans son insistance sur la destruction, qui n’est plus simplement une nécessité militaire mais désormais un devoir révolutionnaire.
Comme avec Lawrence, la conception théorique de Guévara est en fait complètement déconnectée de la réalité de la révolution cubaine, durant laquelle les forces loyalistes n’ont pas été détruites, le régime de Batista s’effondrant sur lui-même. De même, le concept de focos avancé par Guévara est problématique, comme il l’a appris lui-même à ses dépends en tentant de mener une insurrection en Bolivie rejetée par les paysans qu’elle était censée libérer. Mao et Giap auraient certainement pu dire à Guévara que la violence des focos, au lieu de catalyser la révolution, mettait en fait inutilement en danger ses éléments les plus motivés, qui se retrouvaient de fait les cibles privilégiées du régime. La contribution théorique de Guévara est donc ambivalente : le concept de focos, malgré sa popularité, est profondément problématique. En revanche, tout comme Mao, Guévara insiste sur la combinaison de la guérilla et de la destruction comme condition du succès de la guerre révolutionnaire.
La question des moyens tactiques et de la destruction est au cœur des travaux d’un courant depuis appelé « défense non-offensive », regroupant des travaux français, allemands, scandinaves ou indiens. Je veux ici me concentrer sur Pierre Brossolet, auteur du Traité sur la Non-Bataille publié en 1975, qui aura une forte influence sur les travaux d’ Horst Afheldt (inventeur du concept de « techno-guerrilla ») ou du groupe SAS (Studiengruppe Alternative Sicherheitspolitik). Dans cette vision, la frontière et la profondeur qui lui est contigüe (120 km pour Brossolet) doit accueillir un maillage de « modules » d’infanterie – variable, d’une vingtaine d’hommes pour une superficie d’une vingtaine de km² – puissamment dotés d’armes antichars et antiaériennes. Afin de respecter les principes d’une défense non-offensive, ils ne seraient pas dotés de véhicules lourds mais conduiraient des raids cherchant à « engluer » l’adversaire dans un combat d’attrition dégradant peu à peu ses forces. Et ce, sans que et ennemi ne soit en mesure de cibler efficacement ces groupes tactiques très autonomes.
A ce dispositif humain s’ajoutait l’emploi massif d’obstacles et de mines antichars, la conception permettant l’usage éventuel d’armes nucléaires tactiques. Ces conceptions ont connu un regain d’intérêt après la guerre de 2006 entre le Liban et le Hezbollah, que beaucoup de commentateurs ont décrit comme le premier véritable exemple de techno-guérilla. L’analyste américain Franck Hoffman a pour sa part publié en 2007 une étude décrivant les futures guerres hybrides, dont il fait une description proche de celles de la techno-guérilla.
Même si plusieurs historiens ont relativisé la prétendue nouveauté des guerres hybrides, la description qu’en fait Hoffman mérite d’être résumée ici tant elle irrigue les débats stratégiques américains, et a maintenant fait son entrée dans le dernier Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale. Les guerres hybrides sont celles au cours desquelles un groupe non-étatique utilise des tactiques de guérilla traditionnelles dont l’efficacité est démultipliée par l’accès à des moyens technologiques relativement avancés.
Encore une fois, la guerre Hezbollah/Israël en est le meilleur exemple, puisque le Hezbollah a combiné une défense flexible faite de retraites tactiques et de raids judicieux avec des moyens technologiques tels que des MANPADS, des missiles anti-chars ou des brouilleurs de communication. Les guerres hybrides seraient donc le nouveau caractère de la guerre irrégulière, en tout cas son caractère « probable » (pour reprendre l’expression du Général Desportes), nécessitant de la part des Etats, en particuliers occidentaux, de se préparer à affronter des adversaires combinant tactiques difficiles à contrer et technologies relativement avancées. Tous les auteurs s’attendent à ce que les conflits hybrides soient bien plus violents et difficiles que les insurrections auxquelles les troupes occidentales ont fait face en Irak et en Afghanistan.

jeudi 4 juillet 2013

Che Guevara vaincu par la foi identitaire des Boliviens

LA PAZ (NOVOpress) – Ciro Bustos vient de publier ses mémoires de révolutionnaire communiste en Amérique du sud durant les années 1960. En avril 1967, ce lieutenant de Che Guevara avait été arrêté par l’armée bolivienne. Six mois plus tard, son idole était capturée et tuée par les Boliviens. Fin de l’aventure du fidèle compagnon de Fidel Castro qui avait tenté d’exporter la révolution castriste en Bolivie.
Dans sa rubrique « Chasse aux mythes », la dernière édition du magazine « Guerres & Histoire » remet les pendules à l’heure au sujet de cette icône de la « Révolution mondiale ». Thierry Noël casse le mythe présentant « l’être humain le plus complet de notre époque » (dixit Jean-Paul Sartre) comme une victime d’un dictateur soutenu par la CIA. Pour « Guerres & Histoire », l’échec de la guérilla communiste en Bolivie réside dans la résistance des petits paysans voyant « d’un mauvais œil l’importation sur leurs terres d’un conflit armé mené par des étrangers pour la plupart venus de Cuba ».
La population ne montre ainsi « aucun intérêt pour la cause de la révolution internationale communiste que les hommes du Che tentent de leur insuffler à travers d’interminables harangues », écrit Thierry Noël. Cette résistance identitaire se double d’un soutien actif au régime populiste du général Barrientos qui « jouit de la confiance et du soutien des paysans et indigènes prêts à le défendre armes à la main ». Les faits sont têtus : la propagande diffusée sur Che Guevara par les gauchistes et soixante-huitards attardés ne résiste pas à la réalité historique.
http://fr.novopress.info

mardi 23 octobre 2012

Nouvelles révélations sur Che Guevara : quand il voulait détruire New York !

L’icône « rebelle », bien que communiste[1], dont les bourgeois boutonneux et les ados attardés occidentaux aiment à arborer le portrait sur leurs t-shirts, révèle encore davantage sa haine homicide, 50 ans après sa mort.
En effet, on apprend[2] que peu après la crise des  missiles à Cuba, alors que le monde avait échappé à la guerre nucléaire [3], Guevara demandait encore la possibilité de récupérer secrètement des missiles russes et déclarait en secret à l’ambassadeur de Yougoslavie à La Havane :
« Si nous, les Cubains, avions le contrôle de [ces] armes nucléaires, nous les installerions sur chaque centimètre de Cuba et n’hésiterions pas, si nécessaire, à les tirer dans le coeur de l’adversaire : New York. »
Voilà qui complète le portrait du « Che », dont Fidel Castro vantait la « qualité d’agressivité excessive ».
Et c’est le moins qu’on puisse dire, quand on sait comme Guevara aimait à torturer et exécuter lui-même les condamnations à mort qu’il décrétait abondamment.
Il relatait ainsi, dans un passage de son journal de la guérilla censuré par les autorités cubaines, qu’il s’était porté volontaire pour réaliser la première exécution décidée par les guérilleros, et décrivait lui-même avec complaisance la scène : « J’ai résolu le problème en lui tirant dans l’hémisphère droit du cerveau une balle de calibre 32, qui est ressortie par la tempe gauche.
Il gémit quelques instants puis mourut. »
Castro lui confia le commandement du tribunal révolutionnaire de la Cabaña chargé de juger les responsables du régime de Batista, car il savait que Guevara ne montrerait aucune clémence.
Ce dernier ne s’en cachait d’ailleurs pas et s’en justifia officiellement le 11 décembre 1964, devant l’Assemblée générale des Nations unies : « Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort »
Avec, comme moteur, la haine. Comme il l’écrivit dans son message d’avril 1967 à la Tricontinentale, elle était selon lui indispensable : « la haine comme facteur de lutte ; la haine intransigeante de l’ennemi, qui permet à l’être humain de dépasser ses limites, et le transforme en une efficace, violente, sélective et froide machine à tuer »…
Luciano Medina, l’ancien facteur personnel de Castro pendant la guerre cubaine, raconte : « Mais surtout, il tuait comme on avale un verre d’eau. Avec lui, c’était vite vu, vite réglé.
Un matin, vers 9 heures, nous déboulons au Rancho Claro, une petite exploitation de café appartenant à un certain Juan Perez. Aussitôt, le Che accuse le fermier d’être un mouchard à la solde de la dictature de Batista. En réalité, le seul tort de ce pauvre homme était de dire haut et fort qu’il n’adhérait pas à la révolution. Une heure plus tard, le malheureux caféiculteur est passé par les armes devant sa femme et ses trois enfants de 1, 3 et 4 ans. Les voisins étaient traumatisés, indignés. Et nous, la troupe, nous étions écoeurés. Avec trois autres compañeros, nous avons ensuite quitté le Che pour rejoindre un autre campement.»
Dans la prison de la Cabaña, que gère Guevara en cette année 59 et où l’on fusille tous les jours, il fait volontiers preuve de sadisme. « Lorsque les familles rendent visite à leurs proches, Guevara va jusqu’à exiger qu’on les fasse passer devant le mur d’exécution, maculé de sang frais… » relate un membre du personnel.
On ne peut pas non plus ne pas évoquer cette affaire emblématique, où Guevara fait immédiatement exécuter un gamin affamé, un jeune guérillero membre de sa colonne, qui avait… volé du pain.
On ne souhaite pas non plus aux jeunes admirateurs modernes de Guevara, généralement libertaires, d’avoir connu les « camps de travail correctif » que leur héros a inventé en 1960, dans la péninsule de Guanaha…
  1. [1] « J’appartiens, de par ma formation idéologique, à ceux qui croient que la solution des problèmes de ce monde est derrière ce qu’on appelle le rideau de fer » écrit-il à un ami en 1957
  2. [2] Dans le dernier numéro du « Cold War International History Project Bulletin », sous la direction de James Hershberg, octobre 2012
  3. [3] (et que Castro, qui voulait absolument que les Russes lancent en premier l’attaque nucléaire, n’avait pu convaincre ces derniers)