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mercredi 6 novembre 2024

La guerre d’indépendance irlandaise : une lutte décisive pour la souveraineté

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La guerre d’indépendance irlandaise (1919-1921), appelée en irlandais Cogadh na Saoirse, a marqué un tournant majeur dans l’histoire de l’Irlande. Ce conflit armé entre l’Armée républicaine irlandaise (IRA) et les forces britanniques a été déclenché dans un contexte de lutte pour l’autonomie et la souveraineté. Revenons sur les origines, les événements marquants et les conséquences de cette guerre qui a façonné l’Irlande moderne.

Contexte historique et montée des tensions

Depuis la fin du XIXe siècle, le mouvement nationaliste irlandais, incarné par le Parti parlementaire irlandais (IPP), réclamait une autonomie législative, connue sous le nom de Home Rule, tout en envisageant une indépendance totale à long terme. Cette revendication a conduit à la formation de groupes paramilitaires tels que l’Ulster Volunteer Force (UVF), composée majoritairement de protestants unionistes, et les Irish Volunteers, soutenus par les nationalistes irlandais.

En 1914, le Parlement britannique adopte la loi sur le Home Rule, mais sa mise en œuvre est suspendue en raison de l’éclatement de la Première Guerre mondiale. La participation de l’Irlande à l’effort de guerre britannique divise les nationalistes, certains soutenant cette décision pour favoriser l’obtention de l’autonomie après la guerre, tandis qu’une minorité, dirigée par les Irish Volunteers, refuse ce soutien et se prépare à une insurrection.

L’insurrection de Pâques et ses répercussions

Le soulèvement de Pâques en avril 1916 constitue l’un des événements déclencheurs de la guerre d’indépendance. Cette rébellion, organisée par les Irish Volunteers et l’Armée citoyenne irlandaise, visait à proclamer l’indépendance de l’Irlande. Bien que l’insurrection ait été écrasée en moins d’une semaine et que ses dirigeants aient été exécutés, la réaction brutale des autorités britanniques a renforcé le soutien populaire à la cause indépendantiste et catalysé l’essor du Sinn Féin, le parti nationaliste qui prônait l’indépendance totale.

En décembre 1918, le Sinn Féin remporte une victoire écrasante lors des élections générales, obtenant 70 % des sièges irlandais au Parlement britannique. Fidèles à leur promesse, les élus du Sinn Féin boycottent Westminster et forment un gouvernement dissident, le Dáil Éireann, le 21 janvier 1919, proclamant l’indépendance de l’Irlande. Ce même jour, l’embuscade de Soloheadbeg, dans laquelle deux policiers de la Royal Irish Constabulary (RIC) sont tués par des volontaires de l’IRA, marque le début officiel de la guerre d’indépendance.

Les tactiques de guérilla et la riposte britannique

L’IRA, dirigée par des figures telles que Michael Collins et Richard Mulcahy, adopte des tactiques de guérilla contre les forces britanniques, ciblant principalement la RIC et les infrastructures gouvernementales. La violence s’intensifie en 1920, année où le gouvernement britannique déploie des unités paramilitaires, notamment les Black and Tans et la division auxiliaire, connues pour leurs représailles violentes contre la population civile. Cette période voit également l’introduction de la loi martiale dans plusieurs régions d’Irlande, notamment le Munster.

Les actions de l’IRA et la répression britannique conduisent à une escalade de la violence. Des événements tragiques, tels que le Bloody Sunday du 21 novembre 1920 à Dublin, illustrent l’intensité du conflit. Ce jour-là, la Squad de Collins assassine 14 agents de renseignement britanniques, et en représailles, la RIC tire sur la foule lors d’un match de football gaélique, tuant 14 civils et en blessant 65 autres.

Le cessez-le-feu et la signature du traité

Le 11 juillet 1921, un cessez-le-feu est déclaré après des mois de négociations informelles. La signature du traité anglo-irlandais le 6 décembre 1921 met fin au conflit, établissant l’État libre d’Irlande en tant que dominion autonome, tout en laissant l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni. Ce compromis, bien qu’il marque la fin de la guerre d’indépendance, divise les nationalistes et provoque la guerre civile irlandaise (1922-1923).

La guerre d’indépendance irlandaise a fait environ 2 300 victimes, dont des civils, des membres de l’IRA et des forces britanniques. L’évacuation des troupes britanniques de l’Irlande du Sud a marqué la fin symbolique de la domination britannique sur la majeure partie de l’île. Cependant, les tensions en Irlande du Nord et la partition ont laissé un héritage de conflits qui perdurera jusqu’au XXe siècle avec les Troubles.

Aujourd’hui, la guerre d’indépendance reste un symbole de la lutte irlandaise pour la liberté, commémorée lors de cérémonies telles que la National Day of Commemoration (11 juillet) et par des monuments comme le Jardin du Souvenir à Dublin.

[cc] Breizh-info.com, 2024, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

https://www.breizh-info.com/2024/11/06/239936/la-guerre-dindependance-irlandaise-une-lutte-decisive-pour-la-souverainete/

samedi 18 novembre 2023

Jennifer O’Leary (The Padre) : « Le Père Patrick Ryan est devenu l’un des plus importants intermédiaires financiers de l’IRA » [Interview]

 

Pendant près de vingt ans, le père Patrick Ryan a échappé aux services de renseignement de toute l’Europe et a été, pendant un certain temps, l’un des hommes les plus recherchés de Grande-Bretagne.

Dans le livre passionnant intitulé The Padre, paru chez Irish Academic Press, la journaliste d’investigation primée Jennifer O’Leary dévoile les exploits de cet ancien prêtre irlandais tristement célèbre et partisan actif de l’IRA. Révélant des détails sensationnels divulgués lors de rencontres secrètes exclusives avec Ryan, le livre lève le voile sur l’étendue réelle de l’implication du prêtre avec l’IRA et sa campagne de terreur à travers l’Europe, la Grande-Bretagne et l’Irlande – de son rôle de lien de confiance entre le régime de Mouammar Kadhafi et l’IRA, à son implication dans l’amélioration des engins explosifs de l’IRA, qui a rendu possible la tentative d’assassinat presque réussie de Margaret Thatcher et de son cabinet à Brighton.

The Padre raconte l’histoire vraiment remarquable de cet homme d’église qui, des décennies plus tard, ne se repent toujours pas de son zèle impitoyable à la recherche d’argent, d’armes et d’aide pour la violence de l’IRA. En fait, son seul regret est de ne pas avoir été encore plus efficace.

Les Bretons qui lisent l’anglais apprécieront particulièrement le chapitre intitulé « The Sculptor and the Colonel », dans lequel il est question de Yann Goulet, militant nationaliste breton, qui a joué un rôle dans la mise en relation de l’IRA Provisoire avec Kadhafi.

Pour évoquer cet ouvrage, nous avons interrogé  Jennifer O’Leary.

Breizh-info.com : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Jennifer O’Leary : Je suis journaliste d’investigation pour la BBC en Irlande du Nord. Mon métier consiste à débusquer et à écrire des histoires. Des histoires que les gens sont parfois réticents à admettre qu’ils connaissent. Déterrer des secrets est un véritable défi, mais je ne manque jamais d’apprécier la confiance que les gens m’accordent en me confiant leurs histoires.

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui vous a d’abord attiré dans l’histoire du père Patrick Ryan et pourquoi avez-vous décidé d’écrire “The Padre” ?

Jennifer O’Leary : Je suivais une piste sans rapport avec le sujet et j’ai été appelé à la porte d’un inconnu qui, bien plus tard, m’a parlé d’un homme qu’il connaissait : Patrick Ryan, un prêtre irlandais qui a été le lien de l’IRA avec Mouammar Kadhafi. Je n’oublierai jamais ce qui m’a semblé être une histoire incroyable et tout ce que j’ai su à ce moment-là, c’est que je devais rencontrer l’insaisissable Ryan.

Breizh-info.com : Pouvez-vous décrire le processus d’accès au père Ryan pour vos entretiens ? Quels ont été les défis à relever ?

Jennifer O’Leary : Il s’agissait simplement de faire preuve de patience. Il a fallu du temps pour se présenter et encore plus de temps pour que Patrick Ryan commence à partager son histoire avec moi, car c’est un homme qui a passé des décennies à garder des secrets. Il avait été formé pour cela. En tant que prêtre catholique, il était de son devoir de ne rien divulguer de ce qu’il apprenait des pénitents au cours du sacrement de pénitence (confession) et, plus tard dans sa vie, lorsqu’il s’est rendu en Libye et dans toute l’Europe à la recherche d’argent et d’armes pour l’IRA, le secret était le code auquel il adhérait.

Breizh-info.com : Comment les actions et les convictions du père Ryan en tant que partisan actif de l’IRA ont-elles contrasté avec son rôle de prêtre ?

Jennifer O’Leary : Patrick Ryan est un homme qui a de profondes contradictions, tout en s’investissant de manière totale dans celles ci. En tant que prêtre missionnaire, il a construit des écoles et des dispensaires en Afrique de l’Est. Son enthousiasme était tel qu’il avait même obtenu une licence de pilote afin de livrer des médicaments vitaux à des cliniques situées à des centaines de kilomètres les unes des autres. Cependant, la diligence dont Patrick Ryan a fait preuve pour sauver des vies a été appliquée plus tard dans l’intention opposée. Les fabricants de bombes de l’IRA ont soigneusement construit des engins de plus en plus sophistiqués sans jamais savoir qu’un ancien prêtre, un soi-disant homme de Dieu, s’était procuré les composants clés qui ont été utilisés avec un maximum d’efficacité.

Breizh-info.com : Pouvez-vous nous en dire plus sur les relations entre le père Ryan et le régime de Mouammar Kadhafi ?

Jennifer O’Leary : Patrick Ryan est devenu l’un des plus importants intermédiaires financiers de l’IRA, ainsi que le principal canal de contact pendant de nombreuses années entre l’IRA et l’une de ses principales sources d’armement et de financement, le régime libyen du colonel Kadhafi. À Tripoli, il rencontrait Kadhafi ainsi que ses contacts dans les services de renseignement libyens, mais passait plus de temps en Europe, d’où il acheminait le matériel fourni par la Libye vers l’Irlande par l’intermédiaire de son réseau de “taupes”.

Breizh-info.com : L’attentat de Brighton est un événement marquant de l’histoire britannique. Que pouvez-vous nous dire sur l’implication du père Ryan dans cette affaire ?

Jennifer O’Leary : Le père Ryan avait un intérêt personnel dans la bombe qui a manqué de tuer Margaret Thatcher à Brighton, car elle contenait du matériel qu’il avait fourni à l’IRA. “La bombe de Brighton contenait mon minuteur Memo Park, m’a-t-il dit. Des décennies après le carnage de Brighton, Patrick Ryan, assis dans un café de Dublin, ne se repent pas. « J’ai participé à l’attentat à la bombe de l’IRA à Brighton et à de nombreux autres attentats à la bombe de l’IRA. Mon seul regret est de ne pas avoir été plus efficace » a-t-il déclaré.

Breizh-info.com : Vous avez mentionné que le père Ryan regrettait de ne pas avoir été plus efficace. Comment a-t-il justifié ses actions et ses convictions au cours de vos conversations ?

Jennifer O’Leary : Patrick Ryan n’est pas un homme qui, selon lui, a besoin de justifier ses actions ou ses croyances. Il a hérité de sa mère, Mary Ann, sa profonde croyance dans le nationalisme militant irlandais. Elle racontait souvent à ses enfants le rôle qu’elle avait joué pendant la guerre d’indépendance de l’Irlande. En 1969, l’année où la violence a commencé à éclater dans les rues de Belfast, le cercueil de Mary Ann Ryan a été descendu dans un trou fraîchement creusé dans le cimetière de Rossmore, dans le comté de Tipperary. Son fils cadet, qui dirigeait les prières lors de ses funérailles, a décidé de ne jamais décevoir sa mère. « J’ai hérité de ma mère un profond nationalisme et, tout comme elle, j’étais prêt à faire quelque chose pour y remédier » indique-t-il.

Breizh-info.com : Jusqu’où est allée l’implication du père Ryan dans l’IRA, tant en Irlande qu’au niveau international ?

Jennifer O’Leary : Parallèlement à l’argent, plusieurs millions selon lui, qu’il s’est procurés auprès du régime de Kadhafi en Libye, il a également modifié une minuterie de parking qu’il avait trouvée en Suisse pour l’utiliser dans les bombes de l’IRA. Son modèle, ainsi que les centaines de minuteries Memo Park qu’il a fournies, ont facilité la formation des artificiers de l’IRA et rendu plus sûre la pose des bombes de l’IRA. Les minuteurs Memo Park sont devenus la marque de fabrique des bombes de l’IRA et ont été utilisés dans de nombreuses bombes et attaques de l’IRA en Irlande du Nord et en Grande-Bretagne, notamment l’embuscade de Warrenpoint en 1979 qui a tué dix-huit soldats (la pire perte en vies humaines de l’armée britannique lors d’un seul incident en Irlande du Nord), l’attaque au mortier de février 1985 contre la caserne de Corry Square à Newry, qui a tué neuf officiers du RUC (plus qu’aucun autre attentat depuis 1969)11, et l’attentat à la bombe de Canary Wharf en février 1996, qui a tué deux civils et marqué la fin du cessez-le-feu décrété par l’IRA en 1994. En racontant l’histoire de Patrick Ryan, j’ai toujours gardé à l’esprit les vies perdues et les cœurs brisés.

Breizh-info.com : Qu’espérez-vous que les lecteurs retiendront de “The Padre” ?

Jennifer O’Leary : J’apprécie beaucoup ceux qui prennent le temps de lire The Padre et je préfère qu’ils se fassent leur propre opinion du livre et de l’histoire.

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

https://www.breizh-info.com/2023/11/18/226803/jennifer-oleary-the-padre-le-pere-patrick-ryan-est-devenu-lun-des-plus-importants-intermediaires-financiers-de-lira-interview/

La traite des esclaves irlandais au 17è siècle se double d'un génocide

 

Esclave irlandais de la Barbade

Esclave irlandais de la Barbade

Pendant les années 1650, plus de 100 000 enfants irlandais de 10 à 14 ans furent pris à leurs parents et conduits comme esclave dans le nouveau Monde. Ce ne fut qu'un volet du vaste plan de déportation de la population irlandaise imaginé par les rois anglais. Arrivés dans les colonies du nouveau Monde, ces nouvelles bêtes de somme furent l'objet d'autres traitements encore plus ignobles de la part des propriétaires d'esclaves anglais dont des essais d'amélioration de la race des esclaves anglais par croisements génétiques.

Cette période douloureuse pour l'Irlande fut à la fois un génocide (dans son sens d'élimination d'une population) et une mise en esclavage des survivants.

Ils sont arrivés en tant qu’esclaves, massives cargaisons humaines transportées sur de grands vaisseaux britanniques, à destination des Amériques. Par centaines de milliers, ils furent déportés, hommes, femmes, et même jeunes enfants. Dès qu’ils se rebellaient ou désobéissaient à un ordre, ils étaient punis de la façon la plus rude : on les pendait par les mains ou les pieds et on leur passait les mains ou les pieds dans le feu. Ou bien ils étaient brûlés vifs et leurs têtes étaient fichées sur des piques sur la place du marché en tant qu’avertissement pour les autres captifs.

Pas besoin d’aller plus avant dans les détails macabres, n’est-ce pas? Après tout, les atrocités commises pendant la traite des Noirs sont assez connues. Mais parlons-nous de la traite des Noirs?

Les rois Jacques Ier et Charles Ier ont entrepris de réduire des irlandais en esclavage, puis Oliver Cromwell a poursuivi cette pratique de déshumanisation de son voisin. La traite des Irlandais a commencé lorsque Jacques Ier vendit 30.000 prisonniers irlandais en tant qu’esclaves au Nouveau Monde. Sa Proclamation de 1625 ordonnait de les déporter outre-mer et de les vendre à des colons anglais dans les Indes occidentales (« West Indies » = Antilles]. Vers le milieu du XXVIIè siècle, les Irlandais représentaient le plus gros contingent d’esclaves vendus à Antigua et Montserrat. A cette époque, 70% de la population de Montserrat était constitué d’esclaves irlandais.

L’Irlande devient le plus grand réservoir d’humains pour les marchands anglais. La majorité de ces premiers esclaves du Nouveau Monde était en fait blanche. De 1641 à 1652, plus de 500.000 Irlandais furent tués par les Anglais et 300.000 d’entre eux furent vendus comme esclaves. La population irlandaise passa de 1.500.000 à 600.000 en dix ans. Des familles furent détruites, puisque les Britanniques interdisaient aux pères de famille irlandais d’emmener leurs femmes et enfants de l’autre côté de l’Atlantique. Ceci provoqua l’apparition d’une population désemparée de femmes et d’enfants, et la solution britannique fut de les vendre eux aussi.

Pendant les années 1650, plus de 100.000 enfants irlandais de 10 à 14 ans furent pris à leurs parents et vendus en tant qu’esclaves aux Antilles, en Virginie et en Nouvelle-Angleterre. Pendant cette décennie, 52.000 Irlandais (des femmes et des enfants pour la plupart) furent vendus à la Barbade et à la Virginie. En 1656, Cromwell ordonna que 2000 enfants irlandais soient envoyés en Jamaïque et vendus aux colons anglais. [il semble que là est l'origine de terme "kid-napper", déformation de "kid-nabber", voleur d'enfants, qui est défini ainsi par le Dictionnaire Anglais des Bas-Fonds : « Voleur d'êtres humains, spécialement d'enfants ; à l'origine destinés à être exportés vers les plantations d'Amérique du Nord. »]

Beaucoup de gens aujourd’hui évitent le terme d’« esclavage » pour décrire cet épisode de l’histoire du peuple irlandais. Ils utilisent le terme juridique indentured servant [« domestiques sous contrat » - il s'agit d'une forme d'engagisme], mais dans la plupart des cas les esclaves n’étaient rien de plus que du bétail humain.

La traite des Noirs commençait à ce moment. Beaucoup de données et de témoignages tendent à montrer que les esclaves africains, qui n’étaient pas marqués du stigmate catholique et qui étaient plus chers, étaient souvent mieux traités que leurs homologues irlandais. A la fin du XVIIè siècle, un esclave africain était assez cher (50 Sterling), l’achat d’un esclave irlandais ne coûtait pas plus de 5 Sterling. Si un planteur fouettait ou battait à mort un esclave irlandais, ce n’était pas un crime, sa mort était un revers financier, mais moindre que celle d’un Africain plus cher.

Les maîtres anglais décidèrent assez vite de prendre des Irlandaises pour leur plaisir personnel et leur plus grand profit, en effet les enfants d’esclaves étaient eux-mêmes des esclaves, ce qui augmentait le volume de la  main d’œuvre gratuite. Comme les enfants restaient esclaves malgré l’éventuel affranchissement de leur mères, ils étaient rarement abandonnées par celles-ci, qui restaient donc esclaves.

A un certain moment, les Anglais trouvèrent un meilleur emploi pour ces femmes esclaves (souvent des filles à partir de 12 ans) : les colons les croisèrent avec des Africains pour produire des esclaves d’une complexion particulière. Ces « mulâtres » se vendaient plus cher que les Irlandais et permettaient d’économiser de l’argent puisque avec eux il n’y avait plus besoin de s’approvisionner sur le marché en Africains.

Cette pratique du croisement d’Irlandaises et d’Africains se poursuivit pendant plusieurs décennies, et était si répandue qu’en 1681, une loi fut passée qui « interdisait d’accoupler des esclaves irlandais avec des esclaves africains à des fins commerciales ». Bref, il s’agissait de ne pas nuire aux profits des grandes compagnies de transport d’esclave. L’Angleterre continua à acheminer des dizaines de milliers d’esclaves irlandais pendant plus d’un siècle. Des documents prouvent qu’après la Rébellion Irlandaise de 1798, des milliers d’esclaves irlandais furent vendus en Amérique et en Australie. Les abus commis contre les captifs africains et irlandais étaient terrifiants. Il est arrivé qu’un navire britannique se délestât de 1302 esclaves dans l’océan atlantique, afin que l’équipage se nourrisse mieux.

Il est incontestable que les Irlandais ont vécu les horreurs de l’esclavage autant (sinon plus au XVIIè siècle) que les Africains. Il est probable que les visages basanés de beaucoup d’Antillais anglophones sont issus de la combinaison d’ascendances africaines et irlandaises.

En 1839, la Grande-Bretagne décida d’arrêter sa participation à l’autoroute vers l’enfer et cessa de transporter des esclaves. Mais cette décision n’engageait pas les pirates qui continuèrent cette activité. (…) Aucune des victimes irlandaises n’a pu revenir dans sa patrie pour décrire ce calvaire. Ce sont des esclaves perdus, ceux que l’époque et les livres d’histoire ont confortablement oubliés.

Article écrit par John Martin, à propos du livre White Cargo de Don Jordan et Michael Walsh

http://histoirerevisitee.over-blog.com/2014/06/la-traite-des-esclaves-irlandais-au-17e-siecle.html

mardi 10 octobre 2023

Pâques 1916. Cumann na mBan. Un mouvement de femmes celtes. Par Fabien Régnier

 

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03/05/2016 – 07h00 Dublin (Breizh-info.com) – Fabien Régnier, rédacteur en chef de la revue Keltia Magazine, nous adresse en exclusivité pour Breizh-info.com un article tiré du dernier numéro consacré notamment à l’Irlande.

Au début du XXe siècle, il était admis dans tous les pays que les femmes ne pouvaient en aucun cas participer à des combats. Même au plus dur de la Première Guerre mondiale, les belligérants n’envisagèrent le rôle des femmes qu’à l’arrière, comme infirmières ou comme ouvrières d’usines quand le manque d’hommes devint criant. Elles n’avaient d’ailleurs pratiquement aucun droit, et surtout pas celui de voter ou de participer à la vie active des divers pays car on ne les en jugeait pas dignes.

C’est pourtant une toute autre vision du rôle de la femme qu’allait développer le mouvement insurrectionnel irlandais, seul en Europe à renouer avec l’une des plus honorables caractéristiques de la culture celtique, concernant la place des femmes dans la société. Après le départ des Anglais, les insurgés du Sinn Fein établirent des structures dans lesquelles hommes et femmes avaient les mêmes droits et les mêmes fonctions. Mais il y eut un début héroïque à tout cela. Il est très peu connu et nous voulons vous en parler.

La fondation

Le premier meeting, considéré comme acte fondateur, eut lieu à l’hôtel Wynne à Dublin, le 2 avril 1914, c’est-à-dire quelques mois seulement avant le déclenchement de la Guerre mondiale1. La situation tragique de l’Irlande sous occupation anglaise, l’impitoyable traitement qui lui était infligé et n’était que le prolongement de nombreux siècles d’oppression, avait conduit l’organisation de la résistance nationaliste autour du Sinn fein2. Celle-ci incorporait principalement des hommes, mais les femmes irlandaises souffraient tout autant que ceux-ci. La femme qui prit l’initiative de cette réunion se nommait Kathleen Lane-O’Kelly. On peut donc légitimement lui attribuer la fondation du mouvement. Celui-ci prit le nom celtique de Cumann na mBan qui, en gaëlique signifie tout simplement « Association des Femmes ».

Le « Haut Arbre »

Des « branches » furent mises en place, la première portant le nom de Ard Chraobh (le Haut Arbre, en réference au chêne sacré des druides). À partir de ce moment, ces militantes de la renaissance irlandaise commencèrent à s’entraîner au maniement du fusil et du revolver. Une photo représente la comtesse Constance Markiewicz3 un revolver à la main en plein entraînement. Toutes ces femmes avaient conscience de l’imminence du combat pour la liberté. Et toutes étaient prêtes à se sacrifier pour ce qu’on nommait « la Cause ». 10 000 femmes irlandaises s’enrôlèrent dans le Cumann na mBan au cours des deux années qui suivirent sa fondation, ce qui est énorme, surtout pour un si petit peuple.

L’insurrection

Lorsque les volontaires entrèrent dans Dublin, le 23 avril 1916, pour se sacrifier afin d’accomplir la première révolution celtique de l’Histoire, en sachant par avance qu’ils seraient écrasés, ils pénétrèrent dans la ville tenue par d’énormes forces anglaises par divers côtés.

Ce même jour, les Dublinois eurent la surprise de voir 70 femmes armées de fusils pénétrer dans la cité dans un ordre impeccable. Elles savaient toutes ce qui les attendait. Pourtant, elles avançaient sans hésitation. C’était le Cumann na mBan.

Certaines, commandées par Winifred Carney, prirent position dans le GPO (General Post Office) qui, inlassablement pilonné par l’artillerie anglaise, allait devenir le symbole de la résistance pour tous les Celtes conscients. D’autres mirent en place des barricades derrière lesquelles elles se retranchèrent à Bolland’s Mill sur le grand canal des docks de Dublin, pour y bloquer l’arrivée des renforts anglais.

En dehors de ces combattantes, d’autres femmes du Cumann na mBan soignèrent les blessés sous la mitraille et les obus. Elles furent également des héroïnes de l’insurrection, même si elles ne se battirent pas.

Ella Young, la comtesse Markievicz et bien d’autres, combattirent avec acharnement. Cette dernière abattit un soudard au service des Anglais qui tirait sur les positions insurgées.

Helena Molony fut grièvement blessée en attaquant le Château de Dublin, place forte des occupants où se trouvaient notamment les geôles dans lesquelles ils torturaient à mort les patriotes.

Il y eut des mortes et des blessées et, parmi les survivantes, bon nombre furent capturées et emprisonnées par les Britanniques. Mais ceci est une autre histoire.

Agnes O’Farrelly assuma la direction du mouvement de sa fondation jusqu’à 1916. La comtesse Markievicz prit sa suite. Cent ans plus tard, les femmes d’Irlande rendent toujours hommage au Cumann na mBan. Nous avons voulu quant à nous réparer l’injustice qui consiste, de ce côté-ci du Channel, à en ignorer jusqu’à l’existence.

Fabien Régnier.

1. En août 1914.
2. « Nous-mêmes ».
3. Elle ne devait en réalité son titre de comtesse qu’en raison du fait que son époux était un comte polonais, révolutionnaire patriote, ayant fui la Pologne occupée, après l’écrasement de l’insurrection patriotique par les armées russes.

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Crédit photos : anphoblacht
[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

https://www.breizh-info.com/2016/05/03/42937/cumann-na-mban-mouvement-de-femmes-celtes-fabien-regnier/

jeudi 5 octobre 2023

Irlande. Centenaire de l’insurrection de Pâques 1916 – notre sélection de livres

 

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27/03/2016 – 08h15 Dublin (Breizh-info.com) – A l’occasion du centenaire de l’insurrection de Pâques 1916, en Irlande, nous vous proposons une sélection de livres fondamentaux pour comprendre ce qu’il s’est passé chez nos cousins Irlandais. Et ce qu’il a pu se passer, plus récemment, au court du conflit en Ulster. Cette sélection est non-exhaustive, et uniquement composée de livres en français.

La résistance irlandaise, 1916-1992, par Roger Faligot

La première édition de La résistance irlandaise, est publiée en 1977 dans la Petite collection Maspero. Elle a été rédigée dans le feu de l’action, après que Roger Faligot a vécu en Irlande où il a été le correspondant de Libération, et le collaborateur, puis correspondant en France des journaux irlandais The Irish Times, Hibernia et The Sunday Tribune.
L’ouvrage est ainsi présenté :
« L’Irlande, un Vietnam au coeur du marché commun. Une analyse détaillée des données historiques et politiques. La vieille IRA. La guerre d’indépendance et la guerre civile. La partition de l’Irlande et la création de l’Etat d’Ulster. La nouvelle résistance. Stratégie britannique et lutte des catholiques pour les droits civiques. Le mouvement républicain irlandais et la lutte armée. Vers l’ulstérisation de la guerre d’Irlande ? »

En 1992, la jeune maison d’édition rennaise Terre de Brume publie une nouvelle édition de La résistance irlandaise, mise à jour et qui annonce notamment la recomposition du Royaume-Uni avec la dévolution pour l’Écosse et le Pays de Galles, ainsi que les balbutiements des négociations entre le mouvement républicain irlandais et le gouvernement de Londres.
Enfin, la troisième édition de La résistance irlandaise (1916-2000) – à nouveau réactualisée chez Terre de Brume – confirme ces prédictions et détaille les méandres du processus de paix dans lequel sont engagés les républicains irlandais et le SDLP de John Hume, le gouvernement de Tony Blair, les unionistes autour de David Trimble, les gouvernements dublinois successifs et les administrations américaines.
Cette version mise à jour, l’éditeur la présente ainsi :
« Ce sera peut-être l’ultime édition de La Résistance irlandaise. Son auteur, Roger Faligot l’espère. Le processus de Paix qu’il appelait de ses vœux et croyait déjà possible en 1992, semble vraiment ancré dans l’île d’Émeraude, malgré les réticences des dissidents.
Du coup, c’est une histoire totalement réactualisée que Roger Faligot propose au lecteur. D’abord, il poursuit le récit historique depuis que le gouvernement Major a engagé les pourparlers avec l’IRA jusqu’à nos jours. Il révèle dans cet ouvrage, qui retrace l’histoire du mouvement républicain depuis Pâques 1916, les coulisses des négociations secrètes qui ont permis l’accord historique du Vendredi Saint 1998.
De plus, l’amosphère nouvelle qu’a entraînée la trêve des groupes armés et la démilitarisation britannique lui ont permis d’ouvrir sur place des dossiers jusqu’ici scellés et de recueillir des témoignages exclusifs.
Quelle Irlande se profile à l’aube de l’an 2000, alors que s’amorce la désintégration du Royaume-Uni dans le cadre de l’Europe des régions ? Comment s’effectuera la réconciliation entre communautés du nord ? La réunification des 32 comtés d’Irlande est-elle inévitable ou dépassée par la nouvelle donne du post-nationalisme qui s’ouvre devant nous ? »

Un classique. A commander ici

Pâques 1916, renaissance de l’Irlande, par Philippe Maxence

Une présentation pédagogique sous forme de manuel illustré, accessible à tous. Un moment clef de l’histoire irlandaise revécue heure par heure aux côtés d’hommes et de femmes de caractère (Michaël Collins, Eamon De Valera, Patrick Pearse…)
Une Cause nationale défendue Évangile à la main

 Nation catholique, l’Irlande a connu pendant plusieurs siècles une occupation étrangère et la soumission à une autre foi. En 1916, malgré l’échec apparent, est lancé le mouvement définitif de sa libération.
Lundi 24 avril 1916, le soleil illumine Dublin. Vers 10 h, les hommes des Irish volunteers et de l’Irish Citizen Army font leur jonction avant d’investir la Grande Poste, symbole du pouvoir britannique. À midi, le jeune poète Patrick Pearse déclare solennellement l’indépendance de l’Irlande : « Au nom de Dieu et des générations, l’Irlande appelle ses enfants à se rallier à son étendard et à frapper pour sa libération. »
La riposte anglaise est sanglante et pourtant, moins de six ans plus tard, tout bascule, le drapeau vert, blanc, orange flotte haut sur la Grande Poste.
Voici pour le comprendre le dictionnaire complet de cette insurrection dont Philippe Maxence, en fin connaisseur de l’âme gaélique, dresse le portrait humain, géographique, politique et littéraire, avec le souci des motivations de chaque camp. Une rétrospective alerte et colorée qui donne le goût des libertés qui s’enracinent.
Trois parties : L’histoire – Les dictionnaires – Les annexes.
 
Pâques 1916, renaissance de l’Irlande – Via Romana  – Philippe Maxence – à commander ici
 

Michael Collins: Une biographie, par Pierre Joannon

Pour les Irlandais, il est le «Big Fellow», l’homme qui a réussi à mettre en échec toutes les forces conjuguées d’un empire qui s’étend, au lendemain de la Première Guerre mondiale, jusqu’aux confins du globe. Pour les Anglais, qui ont mis sa tête à prix, Michael Collins est le stratège le plus diabolique d’une armée de l’ombre et de la nuit. Dublin est son royaume.

Il y règne sans partage et sans peur. D’une folle imprudence, il ne se cache pas, conspire à visage découvert, boit sec et n’hésite pas à faire le coup de poing avec ses compagnons. Sa ténacité a raison d’un régime colonial vieux de sept cents ans. En 1921, Michael Collins met fin aux hostilités et signe avec Lloyd George et Winston Churchill un traité qui donne l’indépendance à la plus grande partie de l’île. Éclate alors une guerre civile atroce. Dans cet ultime et tragique affrontement entre frères ennemis, Collins rencontrera à la fois la victoire et la mort, fusil au poing, au bord d’une route verdoyante de son comté natal. Cette vie pleine de bruit et de fureur, de sang et de larmes, de rires et d’espoir, a été porté à l’écran par Neil Jordan, le plus talentueux réalisateur irlandais contemporain. Son film Michael Collins a obtenu le Lion d’Or du Festival de Venise 1996, tandis que le prix d’interprétation masculine allait à Liam Neeson, qui incarne de façon bouleversante le rôle-titre.

Pierre Joannon fait découvrir le parcours de l’un des plus grands révolutionnaires du XXème siècle dans ce livre. La base.

A commander ici

James connolly, par Roger Faligot

Plus d’information sur notre article dédié ici.

Patrick Pearse, une vie pour l’Irlande, par Jean Mabire

Jean Mabire nous invite à découvrir la fantastique épopée de cet éveilleur de peuple, combattant, écrivain et poète tout à la fois. Il fut le général en chef et le président du gouvernement provisoire de la république de l’Irlande Libre, proclamée à Dublin le 24 avril 1916, avant d’être fusillé quelques jours plus tard par les forces d’occupation anglaises.

Un livre romancé – contenant quelques imprécisions historiques – mais qui a le mérite de faire découvrir un personnage importante de la révolution irlandaise

A commander ici

Ira. histoire et actualité de l’armée républicaine irlandaise, par Tim Pat Coggan

Il s’agit sans doute du livre majeur sur la question de l’IRA, l’Armée révolutionnaire Irlandaise. Un livre rédigé par le spécialiste irlandais de ce 20 ème siècle si trouble Tim Pat Cogan. Il fait partie des ouvrages – bien rédigé de sucroit – à posséder pour pouvoir comprendre la lutte de libération irlandaise. Le livre a été plusieurs fois réactualisé (il était sorti au départ dans les années 70) et retraduit en Français.

Dublin, 1904-1924. Réveil culturel, révolte sociale, révolution politique : un patriotisme déchiré, Patrick Rafroidi et Pierre Joannon

Une petite ville au pied des montagnes en bordure de mer, sans automobiles, sans autobus, traversée par les trams et les bicyclettes. Une jeunesse en mal d’avenir, un peuple misérable, une bourgeoisie endormie. C’est le moment que choisit Dublin pour le plus spectaculaire des réveils.

Réveil culturel, le seizième jour de juin 1904 choisi par Joyce pour l’extraordinaire odyssée dublinoise qu’il révélera en 1922 au monde littéraire abasourdi, avec en décembre, la création du fameux “Abbey Theatre” où les Irlandais viendront rêver et raffermir leur patriotisme. Réveil social avec les efforts d’organisation syndicale et la grande grève de 1913.

Réveil idéologique, politique et militaire, animé par des hommes aux engagements variés, voire contradictoires, et qui débouchera sur le soulèvement nationaliste de Pâques 1916, les sanglants combats de la guerre d’Indépendance (1919-1921), et les déchirures d’une guerre civile ruineuse (1922-1923). Dublin retombe dans un engourdissement économique, moral et religieux. Soixante ans après, les blessures et le nationalisme restent vivaces, mais les années 1990 proposent d’autres rêves et d’autres rendez-vous.

Un ouvrage très intéressant pour comprendre la naissance des révoltes à Dublin, et les conditions de vie dans cette cité, devenue aujourd’hui grande capitale européenne.

Dublin 1904-1924 – Autrement – En vente ici

La question d’Irlande, par Jean Guiffan

Née de la colonisation anglaise, la ” Question d’Irlande “. vieille d’au moins quatre siècles, aurait-elle enfin trouvé une solution à l’aube du troisième millénaire ? Le problème paraît en effet résolu pour le Sud de l’île. Si la langue anglaise a fini par y supplanter le gaélique, l’impérialisme britannique a progressivement dû abandonner la partie, d’abord sur le plan politique, puis économique avec notamment la bonne intégration de la république d’Irlande dans l’Union européenne. Conséquence directe de la partition de 1920-1921. la ” Question d’Irlande du Nord “, pratiquement oubliée pendant près d’un demi-siècle, a brusquement resurgi à la fin des années 1960, avec pour toute réponse une véritable guerre civile entre les deux communautés jusqu’à la fin des années 1990. Longtemps sans solution, ce conflit à commencer à se dénouer à la suite d’un accord difficilement conclu le 10 avril 1998. Malgré l'” adieu aux armes ” de l’IRA en 2005. il reste encore de nombreux obstacles avant une véritable réconciliation entre les communautés après tant d’années d’affrontement.

Un livre dans lequel l’auteur parvient à rester assez neutre sur le conflit nord-irlandais. Instructif.

A commander ici

Pour Dieu et l’Ulster, par Dominique Foulon

Les protestants restent souvent les oubliés du conflit nord-irlandais. Cette communauté, d’abord difficile, allie l’austérité des puritains d’Écosse à la morgue britannique. Elle est associée à l’image de l’Ordre d’Orange et à ses défilés traditionnels, aux pasteurs fanatiques et aux paramilitaires les plus cruels.
Or, son histoire révèle bien des aspects méconnus. 

Envoyés coloniser l’Irlande, et plus particulièrement l’Ulster, les protestants seront à l’origine du républicanisme dont se réclame aujourd’hui l’IRA. L’industrialisation particulière du nord-est de l’île contribua à intégrer cette région dans l’économie britannique. 
Plus tard, les conservateurs britanniques utiliseront les craintes de cette communauté pour combattre les velléités d’indépendance de la majorité des Irlandais. Les protestants seront alors étroitement liés au maintien de l’union entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne. Bien que se revendiquant de la “glorieuse révolution” qui défendit les libertés civiles et religieuses, les unionistes, à la tête de leur mini-état mèneront une politique sectaire qui aboutira à l’insurrection nationaliste de 1969. Loyaux sujets de la couronne, les protestants n’hésiteront pas, parfois, à se rebeller contre elle.

Un livre important pour connaître l’histoire de ceux qui ont placé, sous le signe de la Main Rouge, leur combat pour Dieu et l’Ulster. A commander ici

Guérilla en Irlande, par Tom Barry

Ce livre n’est pas une fiction, ni une biographie de la vie de son auteur. Tom Barry ne se concentre ici que sur ce que le titre indique: ses années en tant que combattant au sein de l’armée républicaine irlandaise entre 1920 et 1921.
Le récit est incroyablement complet. L’auteur parvient à retranscrire ses souvenirs avec la force de conviction du républicain convaincu qu’il était et est resté, ainsi qu’à détailler son récit avec la précision de celui qui était aux premières loges des évènements relatées.
Excellent récit historique, il plaira à tous ceux qui aiment lire les récits de guerre racontés par ceux qui les ont vécus .
Livre rare aujourd’hui (il était édité aux Presses Universitaires de Bretagne)
 

Insurrection, de Liam O’Flaherty

Les vaincus n’ont pas de tendresse pour les vainqueur, mais le temps aurait peut-être apaisé la rancoeur de l’Irlande définitivement conquise par l’Angleterre au XIVè siècle si, deux cents ans plus tard, le roi Henry VIII n’avait rompu avec la Papauté et instauré l’anglicanisme. Demeurée catholique, l’ïle rebelle prend parti pour les souverains catholiques Stuart et paie cher sa fidélité.
L’excès de misère et de servitude où les Irlandais sont réduits fait éclore des mouvements nationalistes. De siècle en siècle, la lutte s’intensifie. Appuyant l’actions des Fenians, l’organisation terroriste du Sinn-fein multiplie les attentats et les tentatives de soulèvement.
Insurrection est le récit du coup de main déclenché à Dublin le lundi de Pâques 1916, tel que l’a vécu jusqu’à son échec le jeune Bartly Madden, entraîné malgré lui dans les rangs des patriotes. Autour d’eux s’agite une foule typiquement irlandaise – émotive, bavarde, versatile et rusée – qui donne ses dimensions tragiques à cet épisode de la longue bataille de l’Irlande pour sa libération.

Il s’agit d’un roman, que nous vous conseillons fortement, qui raconte l’expérience d’un jeune ouvrier, Bartly Madden, qui se retrouve dans le soulèvement de Pâques 1916. A lire !

Insurrection – Liam O’Flaherty – Le livre de Poche. Fiche du livre.

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https://www.breizh-info.com/2016/03/27/40769/irlande-centenaire-de-linsurrection-de-paques-1916-selection-de-livres/

samedi 16 septembre 2023

Pâques 1916. James Connolly, une figure déterminante de la révolution irlandaise [interview]

 

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04/03/2016 – 06h45 Dublin (Breizh-info.com) –  Les commémorations de l’insurrection irlandaise de Pâques 1916 se rapprochent. Une équipe de Breizh-info se rendra d’ailleurs à Dublin, pour être au plus près de l’événement. En attendant, nous nous penchons aujourd’hui sur un des acteurs majeurs de la révolution irlandaise, qui paya de sa vie sa participation à la prise de la Poste centrale de Dublin : James Connolly, penseur, tribun, et combattant socialiste. Autant, en Bretagne et plus généralement en France, les noms de Padrig Pearse, de Michael Collins ou d’Eamon de Valera parlent à ceux qui s’intéressent à l’Irlande et à son histoire, autant le personnage de James Connolly est moins connu, alors qu’il fût sans doute un des piliers principaux de la révolte.

Il n’existe d’ailleurs qu’un seul ouvrage en langue française consacré à James Connolly. Il a été rédigé en 1979 par Roger Faligot, reporter et écrivain. Roger Faligot est l’auteur récent de “L’Irlandais de Bonaparte” (Plon) et, en juin prochain, de “Brest, l’insoumise” (Ed. Dialogues).

Nous lui avons adressé quelques questions sur James Connolly, auxquelles il a accepté de répondre.

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Breizh-info.com : Qui était vraiment James Connolly ? Révolutionnaire communiste, ou nationaliste irlandais avant tout ?

Roger Faligot : Ni l’un ni l’autre. Il faut éviter les anachronismes. Connolly est né en Ecosse où il s’est familiarisé avec l’action syndicale puis les premiers mouvements socialistes liés à la IIe Internationale. D’une certaine façon, c’est le Jean Jaurès irlandais. Mais ayant été soldat de l’armée britannique en Irlande il a découvert son identité irlandaise, et de ce point de vue c’était un nationaliste, mais également internationaliste. Il voulait lier la question sociale et la question nationale, l’indépendance de l’Irlande mais avec un système autogestionnaire où la classe ouvrière (celle qui s’était mobilisée lors de la grève générale de 1913) s’allierait avec la paysannerie et les classes moyennes. Mais cela impliquait aussi de réunir les classes défavorisées catholiques et protestantes à Belfast. Ensuite, il défend la langue gaélique et c’est un féministe déclaré (ce qui est novateur dans un pays où l’église à un poids considérable).

Enfin, il estime que l’Irish Citizen Army, la milice ouvrière issue de la grève de 1913 qu’il dirige, doit s’allier avec les Irish Volonteers (des nationalistes issus du mouvement républicain traditionnel en 1798) pour le soulèvement de Pâques 1916. Ils fusionnent et forment l’Irish Republican Army.

Breizh-info.com : Racontez-nous sa dernière journée , lui qui fût fusillé sur une chaise par les anglais

Roger Faligot : Au sein de l’IRA, Connolly était le commandant pour les unités de Dublin. Par ailleurs, il a beaucoup influencé ses amis à la tête de l’insurrection pour écrire le texte de la déclaration d’indépendance lue par Padraig Pearse choisi comme président de la République. Connolly n’était pas un “général en chambre”, mais en première ligne des combats à la Poste centrale assigée par les troupes britanniques. Il a donc été blessé. Et la dernière journée il était sous calmants. Sa fille Nora Connolly O’Brien, qui a préfacé ma biographie de Connolly, m’a raconté comment elle fut la dernière à le voir. Ceci dit, on vient de trouver des photos qui montrent qu’il était gravement blessé. Il a été fusillé attaché sur une chaise, car il ne pouvait pas tenir debout.

Il a dit à sa fille de continuer la lutte de libération. Les enfants Connolly ont participé à la guerre d’indépendance et Roddy, le fils, a créé l’un des deux partis communistes qui étaient au côtés de l’IRA pendant la guerre d’indépendance et ensuite dans les Brigades internationales de la guerre d’Espagne. La colonne des Irlandais à Teruel et Jarama s’appelait évidemment “Connolly”… L’ancien chef d’Etat-major de l’IRA, Frank Ryan, qui avait été avec Connolly, était le chef de la XVe Brigade internationale, de langue anglaise.

Breizh-info.com : Quel fût le rôle joué par la gauche et de l’extrême-gauche dans la révolution irlandaise ?

Roger Faligot : On ne parlait pas de gauche et d’extrême-gauche à l’époque. Certains éléments de la gauche républicaine ont formé dans les années 1930 le mouvement politique socialiste Saor Eire (Irlande Libre) lié à l’IRA qui a continué à se battre pour la réunification de l’Irlande jusqu’en 1997. Entre-temps, le Sinn Féin était devenu l’aile politique, de plus en plus à gauche de l’échiquier politique. Il y a eu divers conflits internes que j’explique dans mes livres : James Connolly & la révolution irlandaise, La Résistance irlandaise et La Harpe & l’Hermine (tous trois aux éditions Terre de Brume) et Les mystères d’Irlande (ed. Yoran Embanner).

Puis des mutations importantes se produisent jusqu’à la cessation de la lutte armée par l’IRA et la métamorphose du Sinn Féin en un parti politique — dont la participation au gouvernement est aujourd’hui envisageable, aux côtés du très populaire mouvement anti-Austérité, des sociaux-démocrates et de divers petits groupes indépendants (tandis qu’au Nord, l’ancien chef républicain Martin MacGuinness est vice-premier ministre.)

Des deux côtés de la frontière, ils espèrent toujours parvenir à la réunification par des moyens politiques et des changements constitutionnels.

Indubitablement, les grands mouvements auxquels nous allons assister en Irlande sont liés aux modifications en Europe avec l’éventuel retrait de la Grande-Bretagne de la Communauté européenne, et les changements de la situation en Ecosse (comme d’ailleurs dans l’Etat espagnol), mais aussi avec l’élection probable d’Hillary Clinton car n’oublions pas le rôle de son mari dans le processus de Paix en Irlande il y a vingt ans et de celui du lobby irlandais toujours important.

Propos recueillis par Yann Vallerie

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James Connolly et le mouvement révolutionnaire irlandais – éditions Terre de Brume – 20€ 

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Voilà ce qu’écrivait Roger Faligot, en 1997 (soit un an avant les accords dits du vendredi saint) à propos de James Connolly : 

« La pensée de James Connolly, le Jaurès irlandais, n’a rien perdu de sa fraîcheur.
Quelles sont donc les raisons qui valent de le découvrir au-delà de l’Île d’Émeraude ? D’abord, la question irlandaise, dont il appelait de ses vœux une solution qui respecte autant le peuple nationaliste de toute l’île que la communauté loyaliste des six comtés d’Ulster, est en voie de résolution. Au moment où j’écris ces lignes, l’Armée républicaine irlandaise (IRA), fondée par Connolly et ses amis, vient de décider un nouveau cessez-le-feu pour négocier avec le nouveau gouvernement travailliste de Tony Blair.
Tous les thèmes évoqués par Connolly sont réunis : le problème de la partition de l’Irlande ; la nécessaire solidarité entre Protestants et Catholiques si l’on veut résoudre le problème ; le rejet par le mouvement travailliste et syndical britannique d’un chauvinisme héritier de la période coloniale ; la question sociale qui revient plus que jamais sur le tapis même dans cette Irlande du Sud dont on nous dit qu’elle devient un « tigre celtique ». Car ce décollage économique se réalise au profit de qui ? Aux dépens de qui ?

C’est dans un contexte de la construction européenne que se profile la solution irlandaise, singulièrement au moment où le
« Royaume-Uni » se désagrège définitivement. Je ne veux pas juste parler de la chute de la maison Windsor qui aurait fait plaisir à Connolly qui organisa une manifestation monstre contre le jubilé de la reine Victoria en 1897…
Un siècle après en 1997, Hong Kong n’a pas été rendu aux Chinois de Pékin, que les soldats écossais que j’ai vus stationnés à l’île Victoria sont rentrés au bercail et doivent participer au référendum sur l’avenir de leur Écosse et de son Parlement. J’ai couru à Édimbourg où Connolly avait fait ses premières armes de syndicaliste, pour me rendre compte de visu, à l’été 1997, que rien ne sera plus comme avant. Mais là encore, les réflexions de Connolly sur l’autonomie des petites nations, la renaissance culturelle du gaélique, la nécessaire fusion entre les traditions dynamiques et les nouvelles technologies sont pertinentes.

Le gros avantage, c’est que depuis l’effondrement du mur de Berlin, une réévaluation historique des courants qui ont traversé le mouvement socialiste à travers le XXème siècle joue pas en faveur du fondateur du Parti socialiste irlandais. Si l’on en croit tous les témoignages, le militant et le penseur alliaient une rigueur de travail à une bonne humeur, un sens de l’humour, une convivialité qui était tout le contraire de la rigidité doctrinaire et d’un marxisme figé. L’hypothèque stalinienne étant levée, on redécouvre à travers le monde – à commencer par la Russie – des personnages qui semblaient être les grands perdants de l’Histoire parce qu’ils avaient été écrasés entre le marteau et l’enclume de deux systèmes – capitaliste ou socialiste – tout aussi déshumanisés. À l’ouest, Connolly était de ceux-là.

Quelques mois seulement après que les armes se soient tues dans l’ex-République yougoslave, la façon dont Connolly envisageait la question nationale, les problèmes des minorités et des nationalismes restent totalement d’actualité dans un débat
brûlant : le nationalisme doit-il forcément mener au carnage, aux luttes fratricides ou doit-il au contraire développer le respect de la différence, la richesse culturelle autonome et décentraliser un centralisme étouffant.

On trouvera beaucoup d’éléments de réponses à ces questions, me semble-t-il, dans la façon dont James Connolly envisageait les rapports entre les communautés nationales, les minorités culturelles et religieuses, le rôle émancipateur de la femme. C’est une approche fraternelle du monde qui a guidé les pas de ce syndicaliste et tribun socialiste et ce message mérite d’être relu.»

Roger Faligot
Édimbourg, juillet 1997

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

https://www.breizh-info.com/2016/03/04/39977/paques-1916-james-connolly-figure-determinante-de-revolution-irlandaise/

mercredi 13 septembre 2023

Irlande 1916, le printemps d’une insurrection, par Philippe Maxence

 

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Les commémorations du centenaire de l’insurrection de Pâques 1916 approchent et sont attendues avec impatience par le peuple irlandais. A cette occasion, Philippe Maxence, rédacteur en chef du bimensuel L’Homme nouveau, auteur notamment d’une étude sur Baden Powell (Perrin), a rédigé un ouvrage intitulé « Irlande 1916, le printemps d’une insurrection ». Le livre est paru en octobre aux éditions Via Romana.

Lundi 24 avril 1916, le soleil illumine Dublin. Vers 10 heures, les hommes des Irish Volunteers et de l’Irish Citizen Army font leur jonction avant d’investir la Grande Poste, symbole du pouvoir britannique. A midi, le jeune poète Patrick Pearse proclame : « Au nom de Dieu et des générations, l’Irlande appelle ses enfants à se rallier à son étendard et à frapper pour sa libération. » . La riposte anglaise est sanglante, et pourtant moins de six ans plus tard, le drapeau vert blanc et orange flotte sur la Grande Poste.
Voici, pour mieux comprendre cette révolution, le récit complet d’une insurrection dont Philippe Maxence dresse les contours géographiques, humains, politiques et littéraires, avec le souci d’exposer les motivations de chaque camp. Une rétrospective haletante qui donne le goût des libertés qui s’enracinent.

Le livre, publié sous un petit format de 200 pages, est particulièrement pédagogique, tout comme l’était le Pâques 1916, renaissance de l’Irlande, écrit par le même auteur et toujours édité chez Via Romana. Il s’agit en réalité cette fois ci d’une version abrégée du précédent ouvrage , l’auteur ayant revu l’avant-propos, et enlevé notamment toute la partie dictionnaire du premier ouvrage.
Il constituera un support pédagogique très important, notamment pour les professeurs souhaitant faire découvrir cette date fondamentale de l’histoire de l’Irlande mais aussi de l’Europe. Le livre permettra aux novices sur la question irlandaise d’avoir les clés pour comprendre par la suite, le 20ème siècle irlandais.

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Irlande 1916 – Le printemps d’une insurrection – Philippe Maxence – Via Romana – 12 €

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine. 

https://www.breizh-info.com/2015/12/27/36676/irlande-1916-le-printemps-dune-insurrection/

vendredi 25 août 2023

Irlande. Il y a 42 ans, Bobby Sands mourrait après une grève de la faim.

 

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06/05/2015 – 08H00 Belfast (Breizh-info.com) –  Le 5 mai 1981, il  y a 42 ans, s’éteignait Bobby Sands, martyr irlandais membre de l’IRA provisoire, et député à la chambre des  Communes du Royaume-Uni. Le jeune homme, âgé de 27 ans, s’éteignait à la prison de Long Kesh (Maze), en Ulster, après une grève de la faim de 66 jours.
Devenu le symbole de la résistance irlandaise face à l’oppresseur britannique, Bobby Sands avait entamé sa grève de la faim avec d’autres militants nationalistes irlandais incarcérés, pour être rétabli dans leur statut de prisonniers politiques, un décret du gouvernement travailliste de James Callaghan du 1er mars 1976 ayant transformé les membres de l’IRA et les Républicains incarcérés en  criminels et délinquants de droit commun .

A l’annonce de sa mort, de nombreuses émeutes éclatèrent dans tous les quartiers nationalistes de l’Ulster, et notamment sur Falls Road, à Belfast, où un « murals » (ces fresques à la mémoire des activistes républicains ou loyalistes) lui rend d’ailleurs hommage.
Margaret Thatcher, la « dame de fer » , Premier ministre en Angleterre, déclara cyniquement à la Chambre des Communes : « Monsieur Sands était un criminel condamné. Il a fait le choix de s’ôter la vie. C’est un choix que l’organisation à laquelle il appartenait n’a pas laissé à beaucoup de ses victimes. ».

9 autres nationalistes irlandais décédèrent des suites d’une grève de la faim dans les jours qui suivirent :

  • Francis Hughes, 25 ans, meurt le 12 mai 1981 après 59 jours de grève de la faim
  • Raymond McCreesh,, 24 ans, meurt le 21 mai 1981 après 61 jours de grève de la faim
  • Patsy O’Hara , 23 ans, meurt le 21 mai 1981 après 61 jours de grève de la faim
  • Joe MacDonelle, 30 ans, meurt le 8 juillet 1981 après 61 jours de grève de la faim
  • Martin Hurson , 29 ans, meurt le 12 juillet 1981 après 46 jours de grève de la faim
  • Kevin Lynch , 25 ans, meurt le 1er août 1981 après 71 jours de grève de la faim
  • Kieran Doherty, 25 ans, meurt le 2 août 1981 après 73 jours de grève de la faim
  • Thomas McElvee , 23 ans, meurt le 8 août 1981 après 62 jours de grève de la faim
  • Michael Devine , 27 ans, meurt le 20 août 1981 après 60 jours de grève de la faim

Auteur de nombreux poèmes et écrits publiés alors qu’il était en prison, on doit à Bobby Sands notamment la citation suivante : « Notre vengeance sera le rire de nos enfants. » (Our revenge will be the laughter of our children.)

Pour connaitre l’histoire de Bobby Sands, un ouvrage de référence : « Bobby Sands, jusqu’au bout » de Denis O’Hearn 

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

https://www.breizh-info.com/2015/05/06/26118/irlande-il-y-a-34-ans-bobby-sands-mourrait-apres-une-greve-de-la-faim/