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jeudi 5 février 2009

29 avril 1936 : la République des irresponsables

Chef d'état-major de l'armée depuis 1935, le général Maurice Gamelin a bénéficié, tout au long de sa carrière, d'avoir été chef de cabinet de Joffre en 1914, au moment de la victoire de la Marne. Il a fini la guerre de 14-18 à la tête d'une division. En 1939, quand la France se précipite tête baissée dans une guerre où elle n'a rien à gagner et tout à perdre - et où, effectivement, elle va tout perdre - Gamelin commande l'ensemble des forces franco-britanniques. Des forces impressionnantes. En tout cas, sur le papier.
Face à un adversaire audacieux et pugnace, novateur, offensif, Gamelin subit l'événement. Il attend. Il attend quoi ? Nul ne le sait et lui moins que tout autre. L'attentisme érigé en doctrine : cela donne cette « drôle de guerre » où l'entraînement des troupes françaises a pour bases l'apéritif et la belote dans les popotes, bercées par les chansons rigolardes de Maurice Chevalier.
Atterrés, les proches collaborateurs de Gamelin le voient paralysé par « les brumeuses et irrépressibles somnolences qui figent le général, plusieurs heures par jour, sur le lit de camp dressé près de son bureau » (Pierre Accoce). Gamelin affecte un parfait dédain pour le matériel moderne. Sa phobie du téléphone le conduit à ordonner, pour les transmissions avec les premières lignes, l'utilisation d'estafettes... et de pigeons voyageurs. Il est pris par instants de « bouffées délirantes impressionnantes qui le plongent dans son passé et le portent à confondre, avec celle de 1914, la nouvelle guerre. »
Gamelin a vécu pendant des années sur sa réputation de tacticien émérite mais sans qu'aucun responsable militaire ou politique ne s'en émeuve, le vide de sa pensée s'est manifesté le 29 avril 1936. Ce jour-là, Gamelin a affirmé devant le conseil de guerre que la France ne devait en aucun cas se doter d'une puissante armée blindée, car, en cas de guerre avec l'Allemagne, les chars ne lui seraient d'aucune utilité. Les Allemands, imprudents jusqu'à l'inconscience, ne se briseraient-ils pas immanquablement sur la ligne Maginot, édifiée de 1927 à 1936 ?
Quatre ans plus tard, Gamelin n'a pas varié d'un pouce. Le généralissime a donc installé l'armée française en guerre dans une attente interminable. Cette attitude systématiquement défensive laisse à l'adversaire l'initiative. Sur une ligne de front étirée sur huit cents kilomètres - et qui n'est que partiellement couverte par la ligne Maginot Gamelin n'a aucune réserve stratégique, aucune masse de manœuvre. Souffrant des complications nerveuses d'une syphilis parvenue au stade tertiaire, que la médecine ne sait maîtriser à l'époque, Gamelin est la triste incarnation d'un système malade, miné, usé, fini.
Il serait évidemment injuste de lui faire porter la seule responsabilité de l'effondrement de la France en 1940. Celui-ci est le résultat de l'irresponsabilité chronique manifestée par les politiciens de droite et de gauche qui se sont succédé au pouvoir dans l'entre-deux-guerres. Impréparation matérielle et technique, irréalisme d'une politique étrangère à la remorque de l'Angleterre, poids de groupes de pression dont le dernier des soucis était l'intérêt de la France ... Le réveil ne pouvait être que tragique.
P V National Hebdo du 25 avril au 1er mai 1996

jeudi 27 novembre 2008

Oui, on peut neutraliser les pédophiles

Les pédophiles seraient des malades déments au moment des passages à l'acte qui, s'ils vont en prison, devraient être soignés et rééduqués. Les nouvelles dispositions prévoyant même au terme d'une peine de réclusion de trente ans de demander l'avis des psychiatres avant de libérer les criminels.
Or, ce sont ces mêmes humanistes, à la Badinter, qui ont tout fait pour que les violeurs d'enfants n'aillent pas derrière les barreaux.
N'ont-ils pas inspiré et rédigé le nouveau Code pénal si terriblement laxiste dans ce domaine ? Les articles 122-1 et 122-2 disposent : « N'est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes. La personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant altéré son discernement ou entravé le contrôle de ses actes demeure punissable, toutefois la juridiction tient compte de cette circonstance lorsqu'elle détermine la peine et en fixe le régime. N'est pas pénalement responsable la personne qui a agi sous l'empire d'une force ou d'une contrainte à laquelle elle n'a pas pu résister. »
On frémit à l'idée du parti que pourraient tirer d'un tel texte, les 50 000 individus fichés comme pervers sexuels dans l'ordinateur de la Police judiciaire.
Cette même intelligentsia de gauche, s'appuyant sur la fameuse nouvelle psychiatrie, nous a répété à longueur de temps que la folie n'existe pas, ou que « nous sommes tous des fous » et que les perversions ne sont qu'une invention de la société répressive - l'homme étant par nature un pervers polymorphe, et la seule différence résidant entre ceux qui « passent à l'acte » et ceux qui « refoulent ».
En résumé, le normal est celui qui couche avec les petits garçons ou les petites filles. Le professeur Breton, dans un entretien au Journal international de médecine, en tant que psychiatre des prisons de la Santé, de Melun et de Fresnes, fait litière de ces délires permissifs. « Le fait, affirme-t-il d'avoir des relations préférentielles avec des vieillards ou des enfants constitue une déviation qui n'est pas propre au commun des mortels, il y a là quelque chose qui est de l'ordre du pathologique. »
Cédant à leurs funestes penchants, nos intellos post-soixante-huitards se sont opposés à toutes les solutions destinées à régler le problème des crimes pédophiles, Ils ont aboli la peine de mort. Ils ont, pendant plus de vingt ans, combattu les remèdes médicaux aux déviances sexuelles, parlant d'atteinte inacceptable aux droits de l'homme, se contrefichant des droits des petits enfants.
C'est vers le milieu des années 60 que des scientifiques éminents, comme le professeur H.P. Klotz, mirent en évidence les effets d'une antihormone mâle, l'acétate de cyprotérone, dont le nom commercial est Androcur, habituellement utilisée dans le traitement du cancer de la prostate. En effet, ce médicament provoque la suppression des pulsions sexuelles irrépressibles, et ce, sans effet secondaire notable.
Aussitôt, certains crièrent au scandale, parlant de « castration chimique ». Le terme utilisé n'était pas innocent. Il faisait référence à des castrations expérimentales réalisées notamment en Allemagne. L'amalgame produisait son effet. Or, contrairement à la castration chirurgicale, les effets du traitement par antihormone, l'Androcur, donné par voie orale, ou par implants dont la durée d'action est de 28 jours (le Zolvadex), sont réversibles mais surtout curatifs.
Ceux qui refusèrent d'expérimenter à une large frange de population carcérale impliquée dans des affaires de mœurs sont les complices objectifs des assassins d'enfants. A l'Assemblée nationale, les socialistes ont voté la dépénalisation de la pédophilie.
Ceci explique cela, Il faut soigner les pervers, durant toute leur vie et même contre leur gré.
Les études de criminologie apprennent que, quelle que soit la personnalité de l'auteur de l'infraction sexuelle, il y aura toujours récidive.
Qu'on ait affaire à des débiles, des déments, des maniaques, des névrosés ou des pervers, ils recommenceront toujours.
La société qui a pour devoir de protéger les plus faibles de ses membres, notamment les enfants, a l'obligation de s'attaquer au problème des récidives.
✍ Dr L. PERENNA National Hebdo Semaine du 31 mars au 6 avril 1994

samedi 18 octobre 2008

LES INTELLECTUELS ET LEURS MENSONGES

À la veille de la première guerre civile européenne, en 1914, mon compatriote cherbourgeois Georges Sorel préfaçait le livre de son ami socialiste Edouard Berth : Les Méfaits des intellectuels. Ces deux hommes ne pourraient que se réjouir du remarquable ouvrage que le Britannique Paul Johnson vient de publier : Le grand mensonge des intellectuels.
A travers une douzaine d'exemples, cet universitaire, qui utilise la langue précise et acerbe du polémiste, dénonce la conjonction de « vices privés et de vertus publiques » qui caractérise, dans bien des cas, nos donneurs de leçons, signataires de manifestes et autres grandes consciences. Il ne s'attache d'ailleurs qu'aux gros poissons, et dédaigne le menu fretin qui encombre les salles de rédaction, les écrans de télé et les mises en scène humanitaires.
Ces intellectuels, qui se situent en gros de Rousseau à Sartre, sont bien entendu « de gauche », comme s'il s'agissait d'un monopole de l'hémiplégie parlementaire sur le monde des idées, si facilement abandonné par une droite affairiste et prudhommesque.
Il ne peut être question de suivre ici tous ces itinéraires, d'autant que les origines de l'auteur l'incitent à accorder une place un peu envahissante au monde anglo-saxon.
Antisémitisme délirant
A tout seigneur, tout honneur, si l'on peut dire. Celui qui se sort le plus mal de cette confrontation entre l'univers abstrait de son système idéologique et la réalité quotidienne est sans doute Karl Marx.
Fils de Hirschel Ha-Levi Marx, après avoir reçu une éducation chrétienne, bourgeoise et libérale, il se montra d'un antisémitisme délirant et d'un racisme obsessionnel, traitant ainsi son ex-coreligionnaire Ferdinand Lassalle de « nègre juif » !
Paul Johnson démonte la méthode de travail de Karl Marx. « Il ne reçut pas la moindre éducation judaïque, ne tenta jamais de l'acquérir, ne manifesta jamais le moindre intérêt pour les causes juives. Il développa néanmoins des traits propres à l'éducation talmudique : une tendance à accumuler des - masses d'information - mal assimilées - à entreprendre des travaux encyclopédiques - jamais achevés - le tout assorti d'un souverain mépris pour tous ceux qui n'étaient pas des érudits. Toute son œuvre porte l'empreinte de l'approche talmudique. Elle est faite essentiellement de commentaires et de critiques sur le travail des autres.»
« Machine à dévorer des livres », Marx est aussi un prodigieux emprunteur d'idées et de formules, qu'il n'hésite jamais à présenter comme siennes devenant « expert dans l'art de citer les autres, de faufiler leurs idées au moment opportun de son discours ».
Rien de véritablement scientifique chez lui, mais au contraire, un préjugé essentiellement poétique mis en scène dans un jargon académique « S'il fréquenta les bibliothèques, il ne mit jamais les pieds de sa vie dans une filature, une usine, une mine ou tout autre site industriel. » Mieux encore : « Il prit soin d'écarter des postes influents de la Ligue communiste tous les socialistes issus de la classe ouvrière. »
Marx fut en général incapable d'achever des « travaux » qu'il prétendait scientifiques, mais qui ne l'étaient pas davantage « qu'un almanach d'astrologie » ! Ses sources d'information étaient « périmées depuis cinq, dix, vingt, vingt-cinq ou même quarante ans ». Il oublia toujours de tenir compte des faits invalidant ses « preuves », et n'hésita pas à se livrer à des forgeries pures et simples. Le chapitre 8 du Capital, par exemple, repose sur une falsification délibérée et systématique.
Coléreux, buveur et fumeur enragé, d'une saleté repoussante, il avait la manie de constituer des dossiers sur ses adversaires politiques et ses ennemis personnels et les communiquait à l'occasion à la police. Une donneuse, en prime!
On imagine ce que fut l'existence de sa femme Jenny et de ses filles, sans compter ses gendres :
Longuet qui avait le malheur de préférer Proudhon à son beau-père et Lafargue, partisan de Bakounine, qu'il nommait le « Négrillon » ou le « Gorille » parce qu'il était né à Cuba!
L'histoire de la pauvre Helen Demuth est encore plus affligeante : « Au cours de ses recherches sur les iniquités commises par les capitalistes britanniques, Marx rencontra bien des cas d'ouvriers sous-payés. Mais il ne parvint jamais à en découvrir un seul qui ne fut pas payé du tout. Pourtant, ce cas existait. Ce fut celui de sa propre domestique. » Pour seul salaire, elle devint la maîtresse de Marx, dont elle eut un enfant. Mais il persuada son camarade Engels d'endosser en privé la paternité pour éviter le qu'en-dira-t-on et sauver une cellule familiale dont il tirait quelque bénéfice financier. Ce géniteur honteux ne voulut jamais rencontrer son rejeton, qui devait mourir en janvier 1929.
La palme à Hemingway
Si Ibsen et Tolstoï sont fort malmenés dans ce livre, la palme du mensonge élevé à la hauteur d'une industrie revient sans doute à Hemingway. On ignore trop que cet Américain hâbleur et tonitruant fut, par ailleurs, une créature servile du communisme, dont il servit la propagande, surtout pendant la guerre d'Espagne : « Son militantisme pro-communiste connut son apogée le 4 juin 1937, lorsqu'il prit fa parole au IIe congrès des écrivains, organisé par le PC américain à New York, au Carnegie Hall. » Après avoir abandonné les trotskistes, anarchistes et autres républicains espagnols à l'épuration bolchevique, il devait s'installer à Cuba où il fut largement subventionné pendant la guerre par les Etats-Unis pour organiser, à 1 000 dollars par mois, un groupe d'agents secrets destinés à lutter contre un imaginaire fascisme caraïbe. Ses saouleries et ses coucheries ont déconcerté même les biographes les plus endurcis.
Une autre grande conscience démocratique ne sort certes pas grandie de ce livre, c'est l'inévitable Bertolt Brecht, qui sut exploiter le filon du théâtre subventionné par l'Etat et servit, pendant trente ans, le communisme en Allemagne de l'Est, ce qui ne l'empêcha pas de posséder un passeport autrichien, un éditeur en Allemagne de l'Ouest et un compte en banque en Suisse, tandis qu'à Berlin-Est, il disposait de 250 employés, dont 60 acteurs.
Quant à sa réputation littéraire, elle apparaît bien surfaite : « Il trouva un style très original et créatif pour mettre en scène des sujets puisés chez d'autres écrivains. Aucun auteur ne se rendit aussi célèbre en adaptant, voire en plagiant les idées d'autrui. »
Sur le plan privé, il lutta pour les droits de l'Homme sans se soucier outre mesure du bonheur de ses proches, à commencer par ses innombrables maîtresses : « Parmi tous ceux dont j'ai étudier le cas, conclut Johnson qui le qualifie de «cœur de glace», c'est le seul personnage qui semble totalement démuni de traits rédempteurs. »
Jean-Paul Sartre ne pouvait que faire partie de cette impitoyable galerie de portraits. Il n'est certes pas plus sympathique que ses collègues, les intellectuels à la bonne conscience et au cœur sale.
Paul Johnson: Le grand mensonge des intellectuels: Vices privés et vérités publiques. 366 pages, Robert Laffont.
✍ Jean MABIRE National Hebdo - Semaine du 15 ou 21 avril 1993

jeudi 18 septembre 2008

21 août 1941 : l'arme terroriste

En ce 21 août 1941, il fait très beau à Paris. Un officier allemand, de haute taille, attend le prochain métro à la station Barbès-Rochechouart, l'aspirant Moser, de la Kriegsmarine, savoure la perspective d'une journée d'été dans ce Paris dont il rêvait depuis des années.
Le métro arrive dans un bruit de ferraille et s'arrête en couinant. Les portes s'ouvrent. Deux coups de feu claquent. Touché dans le dos, l'aspirant Moser s'effondre. Un homme quitte en courant le quai de la station. Il vient d'entrer dans l'histoire en réalisant ce qui sera présenté comme la première opération terroriste visant un soldat allemand en uniforme (en fait, quelques jours plus tôt, le 13 août, deux jeunes communistes ont tué un Allemand à coups de baïonnette, près de la porte d'Orléans). Le terroriste s'appelle Pierre Georges. Il sera plus connu, à la fin de la guerre, sous le nom de colonel Fabien. Membre de la direction des jeunesses communistes ; il a réuni en juillet et août 1941 des militants décidés, parmi lesquels Gilbert Brustlein, Simon Lichtenstein, Liliane Lévy, Isidore Grinberg, Ascher Semhaya, Madeleine Pefferkorn. Les consignes qu'il leur donne sont claires : « On sabote et on descend des officiers allemands (...) Nous devons tuer des Allemands. Sans cela rien n'est possible. »
La stratégie est celle, classique, du terrorisme : en réalisant des attentats contre l'occupant on va pousser celui-ci à une répression forcément plus ou moins aveugle, susciter ainsi contre lui l'hostilité de la population, qu'on pourra du coup entraîner dans la résistance ... Henri Amouroux résume le calcul : « En frappant un grand coup, les communistes espèrent faire basculer la France dans la guerre totale (...) Il s'agit, pour eux, de provoquer l'irréparable. »
Le problème, pour les communistes, c'est que ce schéma ne correspond pas à la réalité, en tout cas en 1941 : la population n'approuve en rien l'assassinat des officiers allemands. C'est pourquoi les journaux et tracts communistes, fabriqués dans la clandestinité, ne revendiquent pas des attentats trop impopulaires.
Il faut dire que le parti communiste paye encore, en 1941, un cheminement politique pour le moins ondoyant depuis 1939. En pointe de la propagande cocardière, dans les dernières années de l'avant-guerre, il a dû effectuer un virage aussi rapide que spectaculaire en août 1939, à l'annonce du pacte germano-soviétique, pour s'aligner sur les choix de Moscou. Staline levant son verre à la santé d'Hitler, le 23 août... Cette image a perturbé plus d'un communiste, habitué à entendre et à répandre le discours habituel sur l'hydre fasciste. Le parti a du coup enregistré de nombreux départs, y compris au plus haut niveau (vingt-deux parlementaires sur soixante-quatorze). Ebranlé par ces abandons, condamné à la clandestinité par Daladier, le parti communiste a cependant vaille que vaille appliqué les consignes de démoralisation des troupes et de sabotage des armements.
Quand arrive la défaite de la France, les communiste demandent aux autorités allemandes le droit de faire reparaître L'Humanité dès le 20 juin 1940, six jours après l'entrée de la Wehrmacht à Paris ...
Bien plus, la presse communiste se félicite à trois reprises, au cours de juillet 1940, des bons rapports existant entre l'armée allemande et la population française.
Tout change, évidemment, avec l'entrée des troupes allemandes en URSS le 22 juin 1941. Du jour au lendemain, les communistes entrent en résistance (bien entendu, leur version officielle de l'Histoire, depuis 1945, soutient qu'ils ont été résistants avant tout le monde, dès juin 1940). C'est pourquoi l'action terroriste de "Fabien" sera suivie de beaucoup d'autres. Ce qui finira par déclencher l'engrenage sanglant que voulaient les communistes.
Pierre VIAL National Hebdo du 21 au 27 août 1997

dimanche 13 juillet 2008

DE GAULLE et les déserteurs du Viet Minh

• De Gaulle et ses affidés ont joué un rôle capital dans le rapatriement et l'amnistie des déserteurs français en direction du Viet Minh et des différents collaborateurs de Hô Chi Minh.
Dès 1962, des discussions se sont ouvertes entre fonctionnaires nord-vietnamiens et la délégation générale française.
L'amnistie arrive. Un accord est signé entre les Vietnamiens du Nord et le gouvernement Pompidou.
Le 23 novembre 1962. quarante Français avec leurs femmes, leurs enfants, se retrouvent sur l'aéroport de Hanoï. Un avion de la Croix-Rouge va les rapatrier (cette Croix-Rouge mal vue des Saoudiens). Boudarel, comme nous l'avons raconté dans notre précédent numéro, ne fait pas partie de cette tournée. Il aura droit à des égards spéciaux.
Un de ces rapatriés sera - avec d'autres - jugé par un tribunal militaire français. Il s'appelle Robert Vignon. Il est soutenu par le Secours Populaire français, une filiale du parti communiste. et défendu par Me Noël. qui est plutôt de droite,Vignon est condamné à cinq ans de réclusion.
Il est scandalisé par ce verdict. Allons ! Allons ! On se calme, on se calme... Le Secours Populaire mène campagne pour lui. L'Huma vole à son secours. Pierre Messmer, ministre e la Défense nationale émet un avis favorable le 16 juin 1964 désavouant implicitement le verdict d'un tribunal d'officiers. Le ministre des Armées va beaucoup plus loin que le gouvernement de la IVe République à l'égard d'Henri Martin (saboteur communiste) et suspend la peine de Vignon, cinq mois seulement après le verdict.
Communistes, gaullistes, même combat ? Au fait, c'est bien le général De Gaulle qui a amnistié, en 1944, Maurice Thorez ? Non ?
En tout cas, pour Vignon, l'horizon s'éclaircit. Il devient un syndicaliste actif dans les aciéries. « Un militant ouvrier important de sa fédération communiste. II a renoué la boucle: F. T. P., Can-bô , syndicaliste. C'est la continuation d'une même idée : la lutte ». (1)
Quelques années plus tôt. Bastien-Thiry, Dovecar, Piegts et Roger Degueldre ont été fusillés. Des centaines de combatants de l'OAS ont été condamnés à de lourdes peines.
Si cette comparaison entre le sort réservé par le régime gaulliste aux combattants de l'Algérie française et celui des traîtres communistes ne vous donne pas envie de « gerber », c'est que vous avez certainement un bon vaccin. Dites-nous lequel.
(1) Jacques Doyon. Les soldats blancs de Hô Chi Minh. P 475. Fayard, éd.
National Hebdo 1991

vendredi 4 juillet 2008

LA DROITE ET LE FASCISME

Lors même que les deux grandes familles totalitaires du XXième siècle, le fascisme et le communisme, sont issues d'un même tronc socialiste, depuis 1945, grâce à ses relais dans la presse, l'édition et l'université, la gauche a réussi à accréditer l'existence d'un risque majeur : le retour de l'hydre fasciste-venu-de-la-droite. Cette mise en scène politique donne à la gauche une remarquable immunité idéologique. Il est temps de rétablir la vérité, d'un point de vue historique et scientifique, pour en finir avec les mensonges de nos adversaires.
Incontestablement, la gauche profite d'un paradoxe : alors même qu'elle a donné naissance au fascisme, elle a également enfanté le mythe antifasciste.
Les origines de gauche du fascisme sont absolument incontestables. Différents types d'analyses, historiques et philosophiques, émanant d'auteurs incontestables, de droite comme de gauche, convergent sur ce point.
Examinons tout d'abord la synthèse idéologique qui a donné naissance au fascisme.
Selon l'historien Zeev Sternhell (1), le fascisme est né de l'évolution d'une fraction du marxisme et du syndicalisme révolutionnaire entre 1880 et 1914. Certains intellectuels révolutionnaires, tels Hubert Lagardelle en France ou Arturo Labriola en Italie constatent en effet que le prolétariat européen, loin de s'appauvrir, s'enrichit, et menace de s'intégrer à la société bourgeoise, perdant toutes ses vertus révolutionnaires. De la même façon, ils observent le patriotisme profond des masses ouvrières lors de l'union sacrée en 1914. Toujours très hostiles au capitalisme, influencés par le théoricien de la violence révolutionnaire Georges Sorel (2), mais ayant pris acte de ce que la nation est un moteur plus puissant que la classe sociale, ces hommes vont substituer la nation au prolétariat comme force révolutionnaire. Ils font alors évoluer une partie de la réflexion socialiste vers un socialisme national animé par une éthique de la violence rédemptrice.
C'est ce complexe idéologique qui, après 1918, formera la vision du monde fasciste, en Italie comme en Allemagne.
Ainsi, le fondateur du fascisme italien, Mussolini, fut d'abord un chef du parti socialiste italien, directeur de l'Avanti, l'organe officiel du parti. En France, les seuls chefs authentiquement fascistes, Valois, Doriot et Déat, furent, le premier un théoricien d'extrême gauche, le second un des responsables du parti communiste, le troisième, un député socialiste successeur présumé de Léon Blum à la tête de la SFIO. Le moins connu d'entre eux, Valois, finira dans les eaux de la SFIO, après avoir fondé le Faisceau, petit parti fasciste français. Pour lui, le fascisme et le marxisme sont deux « variétés du socialisme »(3). En Allemagne, de nombreux communistes furent séduits par les propositions sociales du parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP). La vérité historique est évidente: le fascisme a pu séduire, çà et là, quelques hommes de droite. Il n'en reste pas moins fondamentalement issu de l'extrême gauche.
L'étude du projet philosophico-politique des fascistes éclaire encore la lanterne de l'honnête homme. Le fascisme partage avec le socialisme le culte de l'Etat, qui doit entièrement régenter la vie sociale et la croyance dans les vertus de l'économie dirigée. L'influence de l'économiste de gauche Keynes sur la politique de grands travaux du régime fasciste puis sur la politique économique du docteur Schacht en Allemagne, est ainsi très sensible. Le philosophe Friedrich Hayek, dans La route de la servitude (4), consacre d'ailleurs un chapitre entier aux « racines socialistes du nazisme ». En outre, comme le communisme, le fascisme valorise le peuple contre le « bourgeois », le groupe contre la personne. Selon Hannah Arendt (5), cette préférence pour le Tout social contre le particulier est un des éléments constitutifs du totalitarisme.
S'il est piquant de constater que le fascisme vient de la gauche, il faut également voir que le mythe antifasciste en est également issu !
Ce sont les instances dirigeantes de la IIIe Internationale (communiste) qui, dès le début des années 20, ont opéré un amalgame éhonté entre « la droite » et le fascisme, tendant à faire croire que le fascisme était de droite, et la droite plus ou moins « fascisante ».
Dès les années 30, l'antifascisme est devenu un ferment de l'unité de la gauche européenne, traumatisée par les divisions du mouvement ouvrier allemand face à la montée d'Hitler. En France, l'antifascisme fut en 1935-1936 le moteur du Front Populaire, alors qu'il n'y avait aucun mouvement fasciste français important. Ainsi, le fascisme devint un mythe, « un ensemble lié d'images motrices », c'est-à-dire une construction irréelle de l'esprit remplissant certaines fonctions (l'unité de la gauche). L'épouvantail fasciste fut encore agité par Mitterrand en 1988 et Chirac en 2001, lorsque pour les besoins de leur cause, ils ont fascisé Jean-Marie Le Pen, quasiment transformé, par le jeu du mythe, en fils illégitime des amours contre nature d'Hitler et de Pétain.
On est là, bien sûr, au cœur d'un processus irrationnel.

La droite nationale contre le fascisme
D'un point de vue historique comme idéologique, la droite nationale apparaît en effet comme le principal ennemi du fascisme.
Non seulement le fascisme n'a pas été engendré par la « droite », mais durant l'entre-deux-guerres, il n'a pu se développer que là où elle était trop faible pour lui faire obstacle. En France par exemple, où de l'avis même d'un ex-sénateur socialiste, Philippe Machefer (6), les ligues patriotiques ne peuvent être assimilées au fascisme, la ligue des Croix de Feu a empêché l'émergence et le triomphe d'un grand parti fasciste d'imitation allemande ou italienne. Tout sépare en effet le christianisme social et patriotique du mouvement du colonel (et futur résistant) de la Rocque du socialisme national et européen d'un Déat ou d'un Doriot.
Z. Sternhell insiste longuement sur « la longue lutte entre la droite et le fascisme » (7). Il oppose Franco, représentant de la droite autoritaire et conservatrice, à José Antonio, Mussolini au roi Victor-Emmanuel, Déat à Pétain. De même, en Roumanie ou en Hongrie, c'est la droite elle-même qui a procédé à la « liquidation », partois sanglante, des partis fascistes.
Que les fascistes, violemment anti-marxistes, aient parfois cherché l'alliance avec la droite nationale et conservatrice ne prouve rien du tout, puisque de la même façon, par antifascisme, les partis marxistes se sont alliés à des éléments très libéraux ( parti radical en France, centre gauche en Espagne ... ). Il est donc aussi absurde de contester le caractère socialiste du fascisme en raison de ses alliances à droite qu'il le serait de contester l'authenticité marxiste de la LCR sous prétexte qu'elle a appelé à voter Chirac en 2002.
A la vérité, tout sépare la droite nationale du fascisme. La conception de la nation, tout d'abord. Vers 1940, le fascisme constitue sans doute, avec le communisme, la seule idéologie à la fois révolutionnaire et internationaliste : avec l'essor de la SS, multinationale et européiste, le critère racial supplante le critère national au sein du fascisme. Le fossé qui sépare les fascistes, révolutionnaires et intemationalistes européens, des hommes de droite nationale, attachés aux traditions et nationalistes authentiques, est alors patent.
De la même façon, la conception de l'Etat est radicalement différente. Pour un fasciste, l'Etat est un but en soi. Il incarne et personnifie le peuple ou la race. Le fascisme confond donc délibérément l'Etat et le groupe humain auquel il se réfère, au lieu de voir dans l'Etat un simple outil au service de la nation, chargé d'en garantir la sécurité et d'en maintenir la cohésion, vision qui est celle de toutes les droites nationales du monde.
Enfin, les conceptions de l'homme se différencient nettement : à rebours de la construction d'un homme nouveau, projet propre à tous les totalitarismes dont le fascisme, la droite nationale ne rêve que de préserver l'homme éternel, enraciné dans les traditions et dans les disciplines morales et culturelles qui ont fait leurs preuves au cours des siècles.
Voilà quelques vérités qu'il fallait rappeler. Le débat est lancé. Que ceux qui, à gauche et à droite, veulent en débattre se manifestent.
(1) Zeev Sternhell, Ni droite, ni gauche - L'idéologie fasciste en France, ed. Seuil, coll. Point, 1983.
(2) Georges Sorel, Réflexions sur la violence, 1908.
(3) Voir Zeev Sternhell, p : 244 .
(4) Friedrich Hayek, La route de la servitude, Librairie de Medicis, 1945.
(5) Hannah Arendt, Origines du totalitarisme, 3e partie, le Système totalitaire, coll. Point. Ed. Seuil.
(6) P. Machefer Ligues et fascismes en France, PUF, 1974.
(7) Zeev Sternhell, ibid. P. 20.
National Hebdo du 6 au 12 juin 2002

mercredi 11 juin 2008

ALGÉRIE, GUERRE SANGLANTE

Terreur à Alger Bien vite pourtant, la population musulmane est lasse de la guerre et, dès 1956, les services de renseignements français savent que l'état-major du FLN a d'énormes difficultés. Les villageois algériens signalent de plus en plus souvent les «bandes armées» aux autorités françaises, ils refusent de donner du ravitaillement aux rebelles, ne suivent pas leurs consignes; et ceux-ci ne se maintiennent que par la terreur. Nez, lèvres coupés par représailles ne se comptent plus.
Le 16 octobre 1956, le bateau Athos, avec soixante-dix tonnes d'armes et de munitions dans les cales, est arraisonné par la marine française. Il vient d'Alexandrie; les armes destinées aux rebelles ont été payées par Nasser. Peu de temps après des «chalutiers soviétiques» croisent au large de l'Algérie... Ils croiseront, ceux-là ou d'autres, durant toute la guerre.
Le mois d'octobre est bénéfique pour ceux qui combattent le FLN, comme ils en ont reçu mission du gouvernement légal de la France. Le 22 en effet, les services de renseignements apprennent que les chefs de l'insurrection, dont Ben Bella, vont survoler le territoire algérien ou passer au large, en route vers Tunis, venant du Maroc.
C'est le colonel Ducourneau, ancien de la France libre et directeur de cabinet du ministre résident Robert Lacoste qui a, le premier, l'idée de détourner l'avion et de capturer les dirigeants rebelles.
Robert Lacoste, prévenu, trouve que «c'est une affaire du tonnerre de Dieu!». Quand ce coup d'audace est réussi et que Ben Bella est arrêté par les gendarmes sur l'aéroport même d'Alger il a, lui, le réflexe normal d'un homme en guerre; il déclare: «C'est du bon travail, je ne croyais plus les Français capables de cela!».
Le rôle du PC
Mais Paris ne comprend rien et ne comprendra d'ailleurs jamais rien à cette guerre civile... Le président Coty (au rôle pourtant bien terne, vu les attributions d'un président de la République à l'époque) demande des sanctions pour les «coupables» et la libération immédiate de Ben Bella et de ses acolytes ...
Mais le parti communiste de France, cette fois-ci se lance à fond dans la dénonciation de cette nouvelle «sale guerre», oubliant de préciser qu'elle n'est «sale» que par les méthodes de terreur employées par le FLN à qui il apporte maintenant son soutien total. Poussé par cette propagande, on verra l'aspirant Maillot déserter, alors qu'il était chargé de transporter un lot d'armes, environ deux cent cinquante. Le but de cette désertion et de ce vol était la constitution d'un maquis communiste. Ce maquis formé sera d'ailleurs livré par le FLN lui-même à l'armée française et ce sont les harkis du Bachaga Boualem qui l'anéantiront et tueront Maillot.
A la tribune de la Chambre des députés, Arthur Ramette déclarait un peu plus tard: «Nous, communistes, estimons que Maillot a fait son devoir de patriote.»
Présentes en Algérie, lors de ces évènements, des personnalités gaullistes en «mission»- dont M. Sanguinetti - iront sur place, dans le bled, saluer, «au nom de la vraie France», les soldats du Bachaga... Pendant que le colonel Bourgoin, ancien, lui aussi, de la France libre, prononcera à Alger, au nom de tous les anciens combattants français, le serment de garder l'Algérie dans la France et de s'opposer par tous les moyens à toutes mesures qui menaceraient l'unité nationale.
Une anecdote maintenant, qui éclairera d'un jour singulier les menées de Charles De Gaulle et de ses «missi dominici» pour revenir au pouvoir.
Au temps où la rébellion peut faire penser qu'un réel danger menace nos départements d'Afrique du Nord, le Front national des combattants pour l'Algérie française se dépense, à Paris, sans compter. Mais, comme dans toute entreprise de ce genre, forte de sa seule foi, l'argent manque, même le minimum vital. Jean-Marie Le Pen, un des dirigeants du Front, évoquant la situation inquiétante de son mouvement, devant Roger Delpey, celui-ci lui dit : «Du temps du RPF [Rassemblement du peuple français, fondé pour préparer déjà le retour au pouvoir de Charles De Gaulle], il y avait un monsieur Y qui donnait de grosses sommes d'argent. Il faudrait peut-être aller le voir.» Jean-Marie Le Pen rencontre donc monsieur Y et lui explique toutes les raisons de son combat pour garder l'Algérie et le Sahara à la France. Que répond monsieur Y dans son jargon: «Je donne argent beaucoup argent... mais vous faire propagande pour retour général De Gaulle...»
Espions du KGB
Rappelons qu'à cette époque personne, hors les gaullistes... optimistes, qui travaillaient dans l'ombre, ne pensait à un retour possible de l'homme de Colombey.
Quelques années plus tard, la CIA et les services secrets occidentaux, ayant en main la liste des agents du KGB en Europe, y trouvaient le nom de ce bon monsieur Y, l'une des plus importantes «antennes») des services d'espionnage et d'intoxication soviétiques et qui avait bien œuvré pour le retour du «général».
En attendant, à Alger les premières bombes, terriblement meurtrières, éclatent. Ces attentats sont l'œuvre de communistes européens travaillant pour le FLN qui n'a pas encore la technique. Le communiste français Yveton, surpris en train de poser une bombe, est arrêté... Il sera guillotiné.
Sans ces hommes, jamais l'Algérie n'aurait connu une telle terreur. Partout, dans Alger surtout, la mort aveugle frappe! Placées là où elles ont le plus de chance de tuer le maximum de civils innocents, des charges éventrent, décapitent, mutilent des femmes et des enfants. Spectacles horribles dont nul, en Métropole, ne semble se soucier.
Sur ordre du gouvernement Guy Mollet, les parachutistes de la 10e Division aéroportée doivent tout mettre en œuvre pour faire cesser la terreur dans Alger.
Tout a été dit sur cette «bataille d'Alger» où des hommes qui n'étaient pas dans l'armée pour cela ont dû faire un travail de police. Et consentir sur l'ordre du gouvernement à accomplir des tâches sans grandeur. Servitude militaire...
Ce que l'on a moins dit et écrit, en revanche, c'est qu'il n'était pas du tout certain que les paras réussiraient. Leur succès fut, pour beaucoup, une amère surprise. Il aurait été tellement plus facile de dire: «Vous voyez, même les« paras», même les unités d'élite n'ont pas réussi ... alors !»
Des tueurs soutenus
Mais l'armée a mené à bien la mission qu'elle avait reçue d'un gouvernement... socialiste. Elle a aussi prouvé que des notables européens et musulmans étaient en contact direct avec les assassins et les tueurs, leur apportant aide et soutien, et que des protections officielles, et non occultes comme on l'a dit, permettaient à ces hommes de trahir en toute impunité.
Dès lors, tous les coups bas qu'échangeront, à Paris, le gouvernement et l'Assemblée nationale laisseront l'armée seule et insultée, face à une guerre qu'elle ne veut pas perdre en abandonnant les populations fidèles, comme elle l'a fait en Indochine. Cette guerre la France peut la gagner ! Sur le terrain, les combats sont rudes, mais le courage ne manque pas ; seule la volonté politique, une fois de plus, fait défaut.
Déjà d'ailleurs, les batailles aux frontières tunisienne et marocaine sont sévères pour le FLN. Les barrages mis en place, et dont il est de bon ton de rire à Paris et dans une certaine presse, sont d'une efficacité redoutable ... Le nombre d'hommes politiques et de journalistes qui auront écrit que ces barrages «ne servaient à rien» est étonnamment suspect...
Car la vérité est que plus jamais des unités rebelles ne passeront les frontières sans être détectées, poursuivies et presque toujours complètement anéanties. Ce qui va à l'encontre des idées reçues à Paris.
La plus belle preuve en sera donnée par le fait que les unités extérieures de la rébellion (commandées par le seul chef FLN à ne s'être jamais battu, Boumedienne) seront obligées de rester hors de l'Algérie durant toute la guerre !
A l'intérieur de l'Algérie, les rebelles perdent le plus gros de leurs effectifs. En juillet 1957 une Katiba complète dépose les armes tandis que, par dizaines de milliers, des Français musulmans demandent à servir dans notre armée.
La situation est assez grave pour que l'Union soviétique accélère les choses et prenne la relève des soutiens extérieurs. Syrie, Egypte; étant jugés un peu trop «bricoleurs» l'Union soviétique demande aux «pays frères» du bloc socialiste d'assurer la relève. L'ampleur de l'aide extérieure sera prouvée lors de l'arraisonnement du navire yougoslave Slovenja, avec 148 tonnes d'armes et de munitions à bord !
Sans appuis extérieurs, dès cette époque, la guerre pouvait être gagnée. La plus grande division régnait parmi les chefs politiques de la rébellion et une haine parfois mortelle séparait certains «politiques» de certains «militaires». La confiance était plus que limitée entre la plupart des «chefs historiques» et ceux qui se battaient réellement.
D'un autre côté, l'argent n'entrait plus, des sommes énormes disparaissaient en chemin. Pourtant, les donateurs étrangers étaient généreux, le racket des travailleurs algériens en France était fructueux et les sommes «récoltées» par les prostituées françaises sous la coupe de «maquereaux» FLN assuraient de fructueuses fins de mois aux collecteurs de fonds. Ce qui pour moi est la honte suprême.
Roger Holeindre : National Hebdo du 20 au 26 janvier 2000

mardi 10 juin 2008

Les croisades, histoire française

Les croisades n'ont pas bonne presse. Le mot est tenu en mauvaise part. Quand la télévision parle d'une croisade anti-avortement, vous savez d'emblée qu'elle nourrit nulle tendresse pour les commandos qui la mènent. Il y a de la nostalgie des bûchers dans ce mot-là, il est bon pour Villiers, ou même pour Le Pen. Quant à la chose même, neuf cents ans après que le pape Urbain II eut prêché à Clermont-Ferrand la première croisade, elle suscite un regain d'intérêt, mais on l'examine avec une grande suspicion.
Il y a cinquante ans, les croisades étaient une épopée chrétienne, il y a trente, une entreprise de pillage colonial, aujourd'hui, on les considère comme un malheur causé par l'intrusion nocive de l'Occident latin dans l'Orient compliqué des Grecs et des musulmans. Ainsi sont-elles le miroir de notre façon de voir notre propre histoire, et en particulier le thermomètre de notre mauvaise conscience.
La revue L 'Histoire, dans le dossier qu'elle vient de leur consacrer, insiste complaisamment sur le massacre qui suivit l'entrée de Godefroy de Bouillon à Jérusalem le 15 juillet 1099. D'autres insistent sur le sac de Constantinople par les Latins en 1204 pendant la quatrième croisade. Plusieurs médiévistes, dont l'inévitable Jacques Le Goff, considèrent les croisades comme un événement globalement négatif qui justifie aujourd'hui encore l'hostilité du monde musulman. A vrai dire, tout cela tient plus de la propagande politique que de l'Histoire: il s'agit de faire honte à l'Occident, de lui-même et singulièrement à l'Église catholique et à sa fille aînée, la France.
Ce point de vue moral est partial parce que partiel. Le Libanais Amine Maalouf, auteur des Croisades vues par les arabes, note justement que les invasions sont la forme habituelle du dialogue entre les peuples. L'invasion franque au Levant ne fut pas plus horrible que d'autres. On oublie de signaler qu'elle parut une libération non seulement pour les gens des principautés récemment soumises (Antioche par exemple), mais aussi pour les chrétiens de Terre Sainte, de Syrie et du Liban, qui formaient encore, cinq siècles après la conquête arabe, plus de 40 % de la population, c'est d'ailleurs ce qui permit aux peu nombreux chevaliers francs de s'établir en Orient, et de le coloniser.
Quant à Jérusalem, il faut vraiment ignorer ce qu'était une ville prise à l'époque, surtout après d'âpres combats, pour s'indigner du sort réservé à ses habitants. Pour Constantinople, c'est encore plus simple : les Byzantins, à tort ou à raison, voyaient dans les Latins à la fois des hordes dangereuses et des benêts manipulables dont ils pouvaient se servir à la fois dans leurs intrigues internes et contre les Turcs. Las de promesses non tenues, des croisés un peu soupe-au-lait les rappelèrent à la réalité. Cela n'a rien de bien, mais c'est de bonne guerre.
Je l'écris d'autant plus sereinement que je n'ai rien contre Byzance, j'ai moi-même un oncle byzantin avec qui nous projetons d'aller reconquérir Constantinople avant l'ouzo du soir. Cette considération oiseuse pose la question fondamentale, qu'aiment bien à répéter les jeunes de nos banlieues : D'où que tu parles ? Il n' y a pas d'histoire objective : pourquoi ne pas prendre le point de vue du Romain, du Latin, du Franc, appartenant à la tribu d'Alexandre et à la nation de Saint-Louis?
Les croisades furent appelées « gesta Dei per Francos », c'est-à-dire les hauts faits accomplis par Dieu à travers les Francs. Quand on dit Francs, on pense à tous ces chevaliers venus d'Europe occidentale, Picards, Toulousains, Normands, Anglais, Allemands, Flamands. On disait aussi Latins pour les opposer aux Grecs de l'empire romain d'Orient, que le schisme de 1054 avait séparés du pape. Et Anne Comnène, la fille du Basileus Alexis, parlant du prédicateur Pierre l'Ermite et des soldats croisés les nomme Celtes. Celtes, Francs, Latins : les croisades furent d'abord une affaire française. Comme l'indique la lingua franca, le pidgin méditerranéen de l'époque, tiré du français qui fut la langue de Richard Coeur de Lion et de Philippe Auguste, des chevaliers de Saint-Jean et des Templiers. Comme le confirme le style des églises et des fortifications bâties là-bas. Les croisades furent une affaire française dès l'origine puisque le pape Urbain Il qui vint les prêcher au concile de Clermont en 1095 était un chevalier champenois devenu moine clunysien, et que la réforme de Cluny fut la grande affaire religieuse du Xlème siècle, la renaissance culturelle, politique et religieuse après le très noir Xe siècle.
A ce propos, la recherche historique actuelle nous a débarrassé de la vieille scie marxiste longtemps en honneur selon laquelle les croisades avaient pour cause et pour fin l'économie. On nous confirme qu'elles furent bien - La Palice en rosirait de plaisir - une affaire politique et religieuse. En effet, la réforme morale menée par l'abbaye de Cluny et la papauté se préoccupait notamment de freiner l'effusion de sang à l'intérieur de la chrétienté. Elle entend limiter les guerres entre voisins, les exactions pillardes, etc ... Elle institue pour cela la Trêve de Dieu, qui interdit de se battre certains jours (le dimanche notamment) et la Paix de Dieu, qui évacuait certaines catégories (notamment les clercs) du champ de bataille. Mais tout le monde n'obtempéra pas. Grâce à la croisade, Urbain II allait diriger vers l'Infidèle l'ardeur agressive de nombreux chevaliers sans femme ni fief. Cela tombait d'autant mieux qu'après ses revers des IXe et Xe siècles, l' Occident se sentait une humeur de reconquête. Et que les Turcs Seljoukides, qui menaçaient Byzance, gênaient aussi l'accès des pèlerins aux lieux saints. Or, le pèlerinage était l'acte religieux, le geste de rachat par excellence d'un peuple chrétien conscient de ses péchés. La croisade va fournir à tous, grands seigneurs et petites gens, le moyen d'un salut sans changer de statut. Le personnage le plus emblématique en sera le moine-soldat, véritable contradiction dans les termes : seule une guerre juste et sacrée pouvant ainsi transformer la faute en occasion de rédemption.
On peut - on doit - estimer que les croisades furent un gros échec politique : l'élan de ferveur n'en fut pas moins splendide, et la rencontre de deux mondes qu'il a permis. Nous n'avons pas ramené de là-bas seulement le pêcher, le feutre, le lilas, mais la découverte d'un Saladin chevalier accompli. Et la France vécut les plus belles heures d'un long rêve où l' Orient et le Vatican se mêlèrent.
Cette idylle avait commencé avec Pépin Le Bref, qui soutint le pouvoir temporel du Saint Siège ; lequel, en retour l'institua protecteur des lieux saints. Plus tard Rome choisit pour champion Charles le Chauve parmi les successeurs de Charlemagne et la France devint la fille aînée de l' Église. Cela ne fut pas seulement dû à Citeaux, à Cluny, aux cathédrales, mais à une communauté d'intérêts : le roi de France fut un allié précieux contre les empiètements de l'Empire romain germanique, en particulier dans ce qu'on nomme la querelle des Investitures. Il s'agissait de savoir qui, du pape ou de l'empereur nommerait les évêques.
Malgré les légistes de Philippe Le Bel, l'épisode d'Avignon et le grand schisme et bien que François 1er plus tard choisit l'alliance avec le Turc, le couple franco-papal subsista jusqu'à la fin du second empire: ce sont les volontaires français qui maintinrent jusqu'au bout le pouvoir de la Tiare à Rome avant d'aller se faire tuer par les Prussiens. Le souci de complaire à une épouse Eugénie de Montijo et de se faire pardonner par l'opinion catholique avait poussé Napoléon III quelques années auparavant à envoyer une canonnière au secours des Chrétiens du Liban. Ici, le second des Bonaparte, comme le premier en Égypte mettait ses bottes dans les poulaines de Saint-Louis, lequel avait juré pour toujours alliance et amitié à la nation maronite. II fallut l'armée anglaise, Lawrence d'Arabie et les accords Sikes-Picot pour que la France perdît sa prépondérance en Orient à la suite de la Première Guerre mondiale. Depuis 1882 déjà, grâce, en partie à la trahison d'un Clemenceau, l'Égypte avait été abandonnée aux Anglo-Saxons. Cent huit ans plus tard François Mitterrand participait en supplétif à la guerre contre l'Irak. Il consacrait ainsi la puissance du dollar et la fin des vieilles solidarités historiques. Au cours d'une croisade d'un nouveau genre prêchée par l'ONU au nom de l' humanitaire. La roue tourne. Les hauts faits de Dieu ne passent plus par la France.
Martin Peltier National Hebdo du 19 au 25 octobre 1999

lundi 9 juin 2008

« La torture » en Algérie

LE PEN REMET LES CHOSES L'ENDROIT

Au cours d'une conférence de presse au ton particulièrement solennel, Jean-Marie Le Pen a rétabli la vérité sur la "torture" pendant la guerre d'Algérie, et au long d'une grande leçon d' histoire, et de morale historique, s'est attaché à défendre l' honneur de l'Armée française.
Tout d'abord, le président du Front national a souligné que la campagne est d'origine communiste. Elle a été lancée par le parti communiste, qui « ne s'est jamais caché de sa complicité active avec les organisations rebelles et terroristes du Viêt-minh en Indochine, du FLN en Algérie », qui a « toujours lutté contre l'année française, tant au début de la Seconde Guerre Mondiale que pendant les guerres du Vietnam et d'Algérie ».
Une réédition communiste
Le parti communiste, « parti de la corruption et parti de la trahison, complice actif des sanglantes dictatures marxistes » qui pendant 70 ans ont été coupables de génocides, de déportations de masse, de tortures, « dans un terrifiant holocauste humain offert par des fous criminels aux dieux du communisme athée » : et ce sont « ces gens-là et leurs héritiers embourgeoisés qui osent mettre en accusation la France et l'Armée française. »
Cette campagne contre la torture, lancée « 45 ans après que dans la bataille d'Alger l'appareil terroriste et les méthodes secrètes du FLN et du parti communiste algérien furent brisées par la 10e DP, est la réédition de celle qui fut orchestrée par lui et le lobby de la torture pendant la guerre d'Algérie » . Il s'agissait alors, en diffamant l'Armée française, de venir en aide au FLN au bord de la déroute après l'échec de son offensive terroriste à Alger au début de 1957, en faisant oublier l' effet désastreux du massacre de Mélouza. Un « Oradour algérien » comparable à ceux qui continuent d'ensanglanter l'Algérie indépendante 38 ans après la guerre. Il s'agissait aussi de « défendre l'appareil terroriste majoritairement européen de sa filiale algérienne, le PCA, responsable à Alger de la fabrication, du transport et au moins au début de la pose des bombes » qui firent en quelques Semaines des dizaines de morts, des centaines de blessés, souvent mutilés à vie.
L'action antiterroriste
Or, quelle fut l'action antiterroriste dont Massu fut chargé ? Dans cette action, rappelle Le Pen, « le succès est une question d'heures puisque les fils des réseaux secrets se rompent 24 heures après l'arrestation d'un terroriste. On doit, dans ce délai, savoir où sont les bombes et qui sont ses complices ». Les interrogatoires, réalisés par des équipes spécialisées et supervisées par leurs chefs, « pouvaient aller jusqu'à l'imposition de douleurs physiques graduées mais sans séquelles invalidantes, que le terroriste pouvait d'ailleurs faire cesser en donnant les renseignements ».
En bref :« A la différence du FLN et du PCA qui terrorisaient les populations civiles, l'Armée ne terrorisait que les terroristes. Conformément à la morale et à la loi. Elle prenait le parti des innocents contre celui des criminels.» A titre d'exemple comparatif, Le Pen rappelle que dans la Willaya 3 en Kabylie, Mayouz, lieutenant d'Amirouche en proie à un délire d' espionnage, fit torturer et exécuter 3000 jeunes maquisards :« Vous avez dans vos rangs des hommes instruits et cultivés, ce sont tous des traîtres ... »
« Visiblement, s'indigne Le Pen, les insulteurs de l'Armée française ou les belles âmes qui jugent et condamnent de leurs fauteuils d'académiciens n'ont jamais vu de soldats tués ou mutilés par une mine ou éventrés par un coup de baïonnette ou un obus de mortier, ou des civils au nez coupé, aux jambes arrachées, aux yeux crevés. Ces souffrances-là ne sont pas comparables à celle d'un terroriste qui subit un interrogatoire musclé destiné à lui faire indiquer où sont les bombes et qui s'en sortira bousculé, peut-être meurtri, mais sans blessures et sans séquelles voire même intact comme Yacef Saadi chef terroriste d'Alger. »
Un témoignage personnel
Et Jean-Marie Le Pen apporte son propre témoignage: « Mon chef, le glorieux colonel Jean-pierre tombé au feu en mai 58 à Guelma, m'avait dit devant mon commandant de compagnie le capitaine Martin: " La mission que nous devons remplir à Alger comme militaires de carrière ne doit pas vous être imposée. Vous pouvez donc demander votre mutation." Je lui répondis: " Mon Colonel, j'ai l'honneur de servir dans votre régiment de parachutistes de la Légion étrangère, je reste, car demain, si je suis vivant, je retrouverai ma liberté de parole pour défendre mes camarades et l'Armée puisque celle-ci ne peut le faire étant la Grande Muette. " Quand j'ai regagné à l'Assemblée nationale le banc de députés que j'avais quitté pour m'engager aux cotés du contingent, j'ai pu tenir ma parole et dire ma solidarité avec l'armée vilipendée et insultée et répondre aux attaques injustes et diffamatoires dont elle était l'objet de la part des déserteurs, des planqués, et des traîtres porteurs de valises
Et Jean-Marie Le Pen tient à le dire à nouveau : « L'Armée française a gagné la guerre et n'a été frustrée de sa victoire que dans les allées du pouvoir politique, au mépris des serments de fidélité à l'Algérie française qu'on lui avait demandé de garantir. Elle a ménagé le sang, la souffrance, la dignité des combattants et des populations, et même de ses ennemis. Héritière de l'Armée de l'Empire français, elle n'a jamais pu être accusée de racisme. Disons-le clairement : les actes de violence inhumaine dont les tortures furent essentiellement le fait du FLN et de ses complices communistes.»
L'appel de Le Pen aux Français et aux Algériens
Ecartant donc toute idée d'une quelconque "repentance", Jean-Marie Le Pen lance un appel. Il en appelle à tous ceux qui ont combattu et souffert dans leur chair et leur âme, les combattants français, les pieds-noirs, les soldats musulmans fidèles et « les harkis, ignominieusement livrés et martyrisés », mais il en appelle aussi « aux Algériens, anciens combattants du FLN ou de l'ALN, et à la jeunesse de la jeune Nation algérienne, aux jeunes aussi qui résident en France, français ou algériens, pour qu'ils ne tombent pas dans le piège de l'agitation médiatique et la provocation du parti du communisme athée ».
Car pour Jean-Marie Le Pen il est clair que « ce que cherche aujourd'hui le parti communiste, c'est à entretenir chez les électeurs musulmans originaires d'Algérie, de plus en plus nombreux chez nous, une haine de la France qui les porterait à voter pour les candidats communistes ».
Or, au contraire, conclut Jean-Marie Le Pen à l'adresse des uns et des autres, si « nos routes nationales se sont séparées dans la douleur et dans la peine », « c'est notre devoir d'établir dans le respect de nos Nations et de leurs droits, les meilleures ou du moins les moins mauvaises relations possibles ». Car « nous avons en commun la tâche de construire la difficile paix des vivants au delà des combats et des sacrifices des morts ».
National Hebdo du 7 au 13 décembre 2000

dimanche 8 juin 2008

LES HOMMES POLITIQUES N'ONT PAS ETE TOUS DES PLANQUES

Quand ils faisaient la guerre ...
Ils, ce sont ceux qui, depuis plusieurs décennies, et sous la plupart des régimes qui se sont succédé, ont tenu le devant de la scène politique ou ont, tout au moins, participé à la vie publique du pays. Tous, à un moment ou à un autre de leur existence, ont été amenés à faire l'expérience de la guerre. Quelle qu'ait été la forme de leur combat, au grand jour ou dans l'ombre, tous ont été profondément marqués et bien souvent meurtris. Dans son ouvrage paru aux éditions Plon, Sophie Huet dresse le portrait de certains d'entre eux. En voici quelques extraits, qui ne manqueront pas d'intéresser nos lecteurs.

Léo absent
Un qui ne figure pas dans la galerie de portraits de Sophie Huet, c'est l'actuel ministre de la Défense, le triste François Léotard. S'il fut un temps novice chez les Bénédictins, une foucade sans lendemain, il n'a jamais porté l'uniforme. Les garçons qui ont accompli leur « service national » dans la coopération sont sûrement bourrés de qualités, mais ils ignorent tout de l'armée et de la vie militaire. Ce qui, de toute évidence, les rend particulièrement aptes à assumer la plus haute fonction de la hiérarchie. Courteline pas mort!

Jean-Marie Le Pen : sa première expérience du maquis
Inutile de rappeler comment, après avoir été en Indochine de 1953 à 1955 comme officier de Légion, il s'engage à nouveau, alors qu'il est député de Paris, pour Suez et, dès son retour, pour l'Algérie. On connaît peut-être moins ses tentatives - un peu naïves, diront certains, mais qui dénotent déjà un exceptionnel caractère de combattant - pour rejoindre les maquis bretons alors qu'à peine âgé de seine ans, il ne lui était pas possible de s'engager officiellement. Son père, un marin pêcheur, était mort deux ans auparavant après que son bateau eut sauté sur une mine allemande.
« En me levant, je m'aperçois que mes vêtements ne sont plus là. C'est ma mère qui pour m'empêcher de partir, les a cachés. J'ai beau supplier, rien n'y fait et, la rage au cœur, je dois laisser mon copain partir seul. Mais, quatre ou cinq jours plus tard, je réussis mon départ avec un autre camarade, un peu plus âgé que moi » (moitié à pied, moitié en stop, ils se dirigent vers la région où le maquis est censé se trouver).
« Pendant la nuit, nous avons entendu des avions volant bas et, dès le matin, des bruits de tir dans la direction où nous allions. Toute la journée nous avons marché "au canon" à travers champs, chemins de terre et talus, guidés par le bruit de la bataille, n'ayant qu'une crainte, arriver trop tard. » (C'est pourtant ce qui arrivera).
« Nous croisons des petits groupes qui essaient de nous dissuader d'aller plus loin. On nous dit que c'est fini, mais nous nous sommes donné trop de mal pour abandonner comme cela, et il faudra que ce soit un officier para, dont je saurai plus tard que c'est Michel de Camaret, qui nous dise :
« C'est fini, la bataille est terminée, on se replie, il faut partir, retourner chez vous très vite, car vous risquez d'être pris ».
(De fait, ils n'y échapperont que de peu).
« Les Allemands sont en alerte générale et sillonnent tous les axes. Plus redoutables encore, les patrouilles de Russes à cheval que l'on appelait les "Géorgiens". Ceux-ci, espèces de harkis de l'armée allemande, étaient d'anciens prisonniers de l'Armée Rouge, aux ordres du général Vlassov, général soviétique pris à Stalingrad, et rallié à l'Allemagne. » (Détail particulièrement intéressant, car, pratiquement, personne n'a jamais parlé d'eux). « Ils étaient chargés en Bretagne de la lutte anti-maquis et jouissaient d'une réputation méritée de férocité ... »
(L'épilogue paraît assez logique).
« J'arrive à la maison, tout fier de moi. Ma mère me demande:
- D'où viens-tu ? J'étais morte d'angoisse.
Et je lui réponds:
- Je reviens du maquis.
« Là, j'ai eu ma première récompense, c'est-à-dire une giroflée magistrale, la dernière de ma vie. Ça a été ma croix de guerre "pour avoir fait l'imbécile". »
On comprend un peu la pauvre femme.

Beucler : prisonnier du Viet-Minh
L'homme qui a révélé le scandale Boudarel. Officier de carrière, il combat en Indochine dès 1949. Fait prisonnier en 1950, il connaît, durant près de quatre ans, l'horreur des camps vietminh.
« Nous étions soumis à des corvées de riz pour ravitailler le camp. Nous marchions pieds nus, car les chaussures nous avaient été enlevées à la première tentative d'évasion. Nous parcourions vingt-cinq à trente kilomètres, les pieds en sang dans les rizières, pataugeant dans la boue des diguettes, butant contre les pierres coupantes, et nous refaisions dans la même journée le trajet de retour avec un sac de riz de vingt kilos sur le dos. En réalité, Il y avait autant de charançons que de riz dans nos fardeaux. Ces insectes nous grimpaient dans le dos, les sangsues grimpaient le long de nos jambes, et, avec la sueur, le tout formait au niveau de la taille une bouillasse infâme ... En plus, nous n'avions droit qu'à un bol de riz par jour, sans graisse, sans sel, sans viande, et, là encore, rempli de charançons car nous n'avions rien pour laver le riz.
« Nous étions condamnés, sous la chaleur, à boire l'eau des rivières et, fatalement, nous attrapions des dysenteries ... Dans ce camp de cent personnes, il en meurt vingt-trois en moins d'un mois ... »

Alain Griotteray et Jean-Baptiste Biaggi : les missions du réseau Orion
Après une grave blessure en 1940 (on lui avait même donné la Légion d'honneur à titre posthume pour la lui enlever quand on s'est aperçu qu'il n'était pas mort ... et finalement la lui rendre quelque temps plus tard) et une très longue convalescence, Jean-Baptiste Biaggi décide de poursuivre le combat dans la Résistance. Il entre dans le réseau Orion dirigé par Alain Griotteray. Ce réseau avait été fondé par Emmanuel d'Astier de La Vigerie qui, dit Griotteray, « effectuait des missions en zone occupée et en zone interdite nord pour le compte du deuxième bureau de l'armée ... de Vichy, en liaison du reste avec les Britanniques. » Incroyable mais sans doute vrai : à cette époque, tout était possible.
Orion fut d'abord le prolongement en France d'une organisation mise sur pied par d'Astier en Afrique du Nord. Son rôle en France fut bientôt précisé : collecter des renseignements militaires et politiques et organiser des passages clandestins en Espagne, vers l'Afrique du Nord. Griotteray parle de Biaggi :
« Le héros couvert de gloire des combats de 1939-1940, Jean-Baptiste Biaggi, nous ouvrait des portes dans cette capitale du roi de Bourges (Vichy) auprès des militaires qui rêvaient d'une revanche de la France. Car, on l'a oublié, en ces temps-la, à Vichy, les militaires étaient anti-allemands ... »
Biaggi est arrêté à Paris par la Gestapo. Avec quarante-cinq de ses codétenus, il réussit à s'évader du train qui les emmène vers les camps de la mort.
« La consigne était de sauter quand le train était à pleine vitesse. Pourquoi ? Parce que les gardiens profitaient des trajets pour dormir alors que, le train étant à l'arrêt, ils reprenaient leurs inspections, de wagon en wagon ... Comme le train roulait vite, j'ai été projeté vers le chemin de halage ... Grâce au Ciel, je m'étais bien emmitouflé, je n'ai pas été blessé. Nous avons été quarante-cinq à sauter du train et, par chance, les Allemands ne s'en sont aperçus qu'à l'arrivée à Bar-le-Duc. »
Biaggi remonte à Paris où il retrouve Griotteray qui lui confie de nouvelles missions de renseignement. Ce sera ensuite la libération de Paris, puis la campagne des Vosges et l'entrée en Allemagne avec une nouvelle blessure à la clé.
P.L National Hebdo du 27 mai au 2 juin 1993

ALGÉRIE 1954-1955-Propagande antifrançaise et désinformation

La fin lamentable de l'expédition de Suez du fait des menaces soviéto-américaines n'est pas une catastrophe. Certes, il eût mieux valu ... ne pas y aller que de se ridiculiser, mais (dixit M. Guy Mollet) « Nasser, c'était Hitler! » donc il fallait l'abattre.
Mais pourquoi avoir attendu si longtemps ? Ne pouvait-on agir autrement ?
Dès le 1er novembre 1954, la France sait pourtant à quoi s'en tenir. C'est à la radio du Caire, chose peu connue, qu'est lue la proclamation d'indépendance de l'Algérie en synchronisation avec les tueries déclenchées le même jour en Algérie et dont les premiers morts seront un couple d'instituteurs et un musulman fidèle qui s'interposa entre eux et les assassins. C'est au Caire aussi que se rendra Ferhat Abbas par la suite. La capitale égyptienne est la plaque tournante de la propagande antifrançaise, et c'est là que l'on tourne des films montrant une prétendue « réalité algérienne ». Une caricature insane qui présente des colons à cheval, casque colonial sur la tête, cravache à la main, bastonnant des Algériens en guenilles attelés à des charrues, pendant que des « femmes françaises », portant ombrelles, applaudissent et rient à gorge déployée ... Voilà le genre d'actualités que les techniciens soviétiques, spécialistes de la manipulation des masses, font « fabriquer » aux propagandistes arabes, c'est déjà la méthode des enfants de Goebbels et du KGB.
Ces « actualités » projetées dans tout le Proche-Orient soulèvent bien entendu, l'indignation des foules illettrées et misérables. De son côté, Nasser, soutenant la cause algérienne, dont il se prétend l'avocat, prend déjà une figure de leader derrière lequel s'alignent tous les gouvernements de la Ligue arabe née, elle aussi au Caire, en mars 1945.
En France, le 12 novembre 1954, le président du Conseil, Pierre Mendès France, déclare devant l'Assemblée nationale: « L'Algérie est française.» Il n'y a donc pas de sécession concevable. Son ministre de l'Intérieur dans une envolée patriotique s'écrie : « L'Algérie c'est la France, trois mots définissent ma politique : volonté, fermeté, présence ! » Ce ministre c'est M. Mitterrand!
Déjà aussi en Algérie les syndicalistes américains « rôdent »
C'est juste l'année de l'insurrection qu'ils essaient de prendre en main les syndicats algériens. Drôles de syndicalistes d'ailleurs qui, certainement par philanthropie, se trouvent toujours depuis 1945 aux côtés des grandes sociétés pétrolières américaines, dans les conseils d'administration desquelles sont bien placés d'importants hommes politiques, donnés eux comme « amis de la France », mais qui, de la Syrie au Liban hier, à l'Algérie aujourd'hui sont totalement hostiles à la France et à sa présence au Proche-Orient puis en Afrique du Nord.
CIA et FLN
N'oublions pas qu'avec les Anglais ils ont joué, après la guerre, Bourguiba contre nous, alors que ce dernier avait été un agent zélé de l'Italie fasciste et de l'Allemagne nazie.
A cette époque les liens entre les pouvoirs de Londres et de Washington, les services secrets dits « alliés » et les milieux d'affaires ne sont même plus à démontrer.
Forts de la caution antifrançaise de Roosevelt, lui aussi « grand ami de la France », les services américains ont souvent laissé faire des choses pas très belles par des « militaires » de haut rang représentant en fait les puissances financières d'outre-Atlantique.
Ce fut le cas en Indochine avec Ho Chi Minh, ce fut le cas dans tous les pays d'Afrique du Nord.
Roosevelt en personne rencontra d'ailleurs dans ce sens le sultan du Maroc Mohammed V en 1943 et Ferhat Abbas en 1945. Murphy, son représentant personnel pour l'Afrique du Nord, sera en contact avec tous les milieux antifrançais.
Il est prouvé aujourd'hui que la CIA a fourni de très importantes sommes au FLN naissant.
Il n'y a pas lieu de s'étonner mais il y a lieu de ne pas se cacher, que, pour des raisons idéologiques autant que mercantiles, les Américains ont œuvré avec constance contre la présence française en Asie et en Afrique.
Il faut bien dire aussi que ces manœuvres ont été grandement facilitées par l'occupation de l'Afrique du Nord à partir de novembre 1942, par les armées américaines.
Dès leur débarquement, les services américains s'empressèrent de poser des problèmes aux autorités françaises et de bloquer des rouages de notre administration qui fut ainsi elle-même mise en tutelle. On peut imaginer quelles conclusions allaient rapidement en tirer les indigènes. Notre prestige ne pouvait qu'en être légitimement anéanti.
Sans doute que pour les Etats-Unis les hommes du FLN ne pouvaient être que de braves gens puisque durant les deux premières années de « guerre », de fin 1954 à 1956, ils n'avaient jamais assassiné que 4 500 musulmans algériens soupçonnés de sympathie pour la France, et en avaient fait disparaître sans aucun jugement près de 3000 ...
Il n'y a pas qu'eux d'ailleurs, à cette époque, qui les trouvent fréquentables ... puisque M. Pineau rencontre Nasser - à qui sûrement il n'a rien à reprocher - et lui demande d'organiser une réunion avec le FLN. Chose, bien sûr, que les « frères » refusent. Ne viennent-ils pas de recevoir la visite de hauts fonctionnaires soviétiques qui leur assurent l'appui total de Moscou ?
Les Soviétiques déjà rient en sourdine. N'ont-ils pas fait faire un nouveau demi-tour à 1800 aux hommes du PCF ? Ceux-ci en 1945, membres du gouvernement ont condamné le soulèvement de Sétif, oeuvre de « provocateurs hitlériens », et M. Tillon, ministre communiste de l'Air fera donner l'aviation contre les villages d'où semble être partie l'émeute.
Pas tout à fait sur le même diapason, chose assez rare, Benoît Frachon, dirigeant de la CGT, déclare à la même époque: « La CGT aidera les populations nord-africaines à conquérir leur indépendance totale. »
Méthodes terroristes
Lorsque l'on peut juger d'une époque avec du recul et savoir donc, pour l'avoir vécue, en avoir été un témoin actif, ce que furent les événements dramatiques des années suivantes, il faut bien relire à deux fois les déclarations de certains hommes politiques « de gauche » ou « gaullistes » pour en croire ses yeux.
« Qu'on n'attende de nous aucun ménagement à l'égard de la sédition, aucun compromis avec elle. Les départements d'Algérie font partie de la République. Ils sont français depuis longtemps. Entre la population algérienne et la métropole, il n'est pas de sécession concevable. Jamais la France, jamais aucun parlement, jamais aucun gouvernement ne cédera sur ce principe fondamental. »
Déjà pourtant les hommes du FLN emploient les méthodes de terrorisme lénino-marxiste.
La population musulmane dans son ensemble demande à la France des aménagements à son statut, mais ne veut ni la guerre, ni la séparation. Alors il faut creuser le fossé entre les communautés et c'est le chef rebelle du Nord Constantinois Zighout Youssef commandant un embryon de bande (qui deviendra la willaya n° 2) qui se charge de cette « mission ». Le 20 août 1955 dans la région de Philippeville des petites agglomérations où les deux communautés vivent en paix sont attaquées : Collo, El Milia, Didjelli, Guelha, El Halia, Ain Abid. Les Européens sont massacrés. Dans leur grande majorité ce sont des gens modestes, des travailleurs. Partout des scènes horribles, hommes, femmes, enfants sont tués à coups de pelle, de pioche, de scie. Les femmes, les gamines sont violées. La désolation et le carnage s'abattent sur la petite cité minière d'El Halia qui deviendra un symbole pour les Européens et les musulmans fidèles, eux aussi tués par centaines. Avec les troupes qui arrivent se trouve un capitaine, ancien résistant; devant le spectacle il déclare : « Les boches étaient des salauds, mais même à Oradour, où le sommet de l'horreur semblait atteint, ils n'ont pas été jusque-là! » Des bébés ont en effet été cloués sur une porte avec des pioches à travers leur pauvre petit corps.
Toute cette horreur n'a qu'un but, attirer la répression ... elle vient ! Elle ne pouvait pas ne pas venir !
A cette époque, les communistes français n'étant plus dans le gouvernement, il n'est possible de tirer sur les rebelles ... qu'en cas de légitime défense, ou alors attendre l'arrivée des gendarmes ... ou tout officier de police judiciaire ...
C'est ce genre d'absurdités qui déclenche les représailles des rescapés civils et de leurs parents ou amis venus de villages voisins. La répression est sévère : plus de 1 500 exécutions. C'est ce que voulait les maîtres à penser de la rébellion ... Ils ont gagné la première manche!
Roger Holeindre National Hebdo du 13 au 19 janvier 2000

jeudi 5 juin 2008

Boudarel n'était pas seul

De Paris, le PC luttait contre l'armée française en Indochine

• Le cas du triste sire Boudarel a légitimement défrayé la chronique. Mais il semble que l'arbre Boudarel ait caché à beaucoup la forêt de la trahison communiste lors de la guerre d'Indochine. Il n'y avait pas que ceux qui se trouvaient carrément dans les rangs des tueurs de leurs compatriotes, tel l'intellectuel dévoyé Boudarel. En plein Paris, rue Saint-Georges, fonctionnait, sous l'appellation de « section coloniale », puis de « section de politique extérieure » du PC, toute une organisation dont la seule raison d'être visait à « travailler à la défaite de l'armée française partout où elle se bat », selon les propres termes du dirigeant communiste Jacques Duclos, en 1952.

La tâche principale de cette section consista à saboter le ravitaillement du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, à communiquer aux communistes vietnamiens les plans de bataille de nos troupes, à démoraliser les familles des militaires partis là-bas, à dresser l'opinion contre eux. Tous les membres de Ia « section coloniale » s'occupèrent activement de ces « tâches ». Ceux qui étaient « spécialistes » de l'Afrique du Nord entreprenaient par exemple de recenser les militaires originaires du Maghreb combattant en Indochine. Lorsque l'un de ces combattants tombait par malheur aux mains du Vietminh (les communistes du Vietnam), le Parti communiste « français », dûment informé, se chargeait de mener une enquête sur la famille, afin de transmettre aux geôliers d'Ho-Chi-Minh des éléments permettant de faire pression sur lui, pour l'amener si possible à trahir.

Les soldats issus de métropole ne se trouvaient pas à l'abri de telles pratiques, menées souvent de façon très insidieuses. Les Boudarel de Paris procédaient en usant de toutes les ressources de la guerre psychologique. Parmi les responsables de cette sale besogne, se distingua un apparatchik du nom de Léopold Figuères. En 1950, année terrible pour nos combattants au Tonkin, il était âgé de 32 ans et détenait aussi des fonctions importantes dans le secteur « jeunesse » du PC. Rédacteur en chef de l'organe des Jeunesses communistes de l'époque (qu'on appelait alors l'UJRF : Union de la Jeunesse républicaine de France), L'Avant-Garde, ce membre suppléant du comité central du parti déployait un zèle extrême.

En juin et juillet 1950, « Léo » Figuères partit pour les zones dominées par les bandes armées communistes, à un moment où celles-ci lançaient des offensives meurtrières contre nos unités. Il fut reçu avec un grand tam-tam médiatique du camp international marxiste par le chef rebelle Ho-Chi-Minh en personne, salua comme des frères les soldats vietminh et se rendit en grande pompe chez les « commandos internationaux ». Il s'agissait des traîtres à la Boudarel. « Léo » se garda bien, toutefois, de visiter les prisonniers et otages français aux mains de ses amis.

Peu de temps après, madame Vidal, mère d'un otage français du Vietminh, demeurant dans le Var, à Brue, recevait un double courrier stupéfiant, sur papier à en-tête de L'Avant-Garde :

« Paris, le 7 août 1950
Chère Madame,
J'ai le plaisir de vous adresser ci-joint une lettre qui m'a été confiée, lors de mon séjour au Vietnam libre, par les services vietnamiens s'occupant des prisonniers et des internés français.
Je suis persuadé que cette lettre vous rassurera sur le sort d'un être cher.
Je puis ajouter que les autorités démocratiques du Vietnam libre font tout pour rendre la vie supportable aux captifs.
J'exprime, en terminant, le souhait que les efforts des familles et ceux des organisations qui se sont toujours dressées contre la guerre insensée faite en Indochine aboutissent à faire revenir dans leurs foyers tous les prisonniers et internés français.
Veuillez agréer l'assurance de mes sentiments très dévoués.
Le directeur de L'Avant-Garde, Léon Figuères »

Le petit télégraphiste de l'ennemi ne se doutait pas alors qu'il allait, deux ans plus tard, recevoir une réponse à sa misérable manœuvre. Le fils de madame Vidal, Pierre Vidal, enfin arraché aux griffes vietminh, découvrit alors ce texte parmi les papiers de sa mère. Il manifesta publiquement son indignation, notamment dans le journal La République du Var, et dans Combattants d'Indochine. Il décrivit, au passage, ses terribles conditions de vie en tant que prisonnier du Vietminh (ce que « Léo » appelait « rendre la vie supportable »). Il était réduit à manger de l'herbe, et il dut aussi subir le supplice de la cage à buffle.

Le directeur de l'Avant-Garde est aujourd'hui maire communiste de Malakoff, dans les Hauts-de-Seine, et jouit de toute la considération des autorités préfectorales et ministérielles.

René-Louis DUVAL


L'élève D'Ho-Chi-Minh

• Pourquoi Léopold Figuères, dit « Léo », fut-il envoyé par le PC en Indochine, rencontrer les chefs d'une rébellion antifrançaise, au moment précis d'une terrible offensive communiste contre nos troupes ? L'explication tient au fait que le camarade Léo était particulièrement sûr. C'était un « internationaliste » de choc, formé à l'Ecole léniniste de Moscou, en 1936-1937. Une condition nécessaire, mais remplie par bien d'autres que lui, dans le PC de 1950. Certes. Avec, cependant, un petit détail, du genre décisif : à Moscou, le jeune Léo (il avait alors 18 ans) bénéficiait des cours d'un professeur barbichu, très intéressé par les Français : Ho-Chi-Minh.

RG amnésiques

Pas la peine de chercher la trace des exploits indochinois de « Léo » Figuères dans sa fiche des Renseignements généraux.

Dès 1962, comme en témoigne le document reproduit, les RG avaient soigneusement expurgé toute trace du scabreux périple du dirigeant communiste au Vietnam. A noter au passage le piège grossier tendu à l'utilisateur naïf du document policier. Contrairement à ce qui est mentionné sur la fiche, Figuères ne figurait pas au Comité central du PC entre 1936 et 1940. Il était bien trop jeune pour cela. Il siégeait à la direction de la JC (CC, de la JC), ce qui n'est pas du tout le même niveau de responsabilité. Cette « nuance » permettait au PC de savoir instantanément qui utilisait les documents de police, car la quasi-totalité de ceux concernant ses dirigeants comportaient de telles « erreurs ». (Le Crapouillot n° 108 a publié sur les rapports PC/RG une étude à laquelle nous renvoyons les lecteurs désireux d'en savoir plus).

R. L. D. National Hebdo du 30 juillet au 5 août 1992

mardi 3 juin 2008

23 mai : la Lituanie sous le knout

• L'URSS a mis à profit la Seconde Guerre mondiale pour accroître son territoire, par rapport à 1939, de 682.809 kilomètres. Ceci avec l'accord implicite des Occidentaux qui, à la suite des conférences de Téhéran (décembre 1943), Yalta (février 1945) et Postdam juillet-août 1945) ont laissé agir l'impérialisme soviétique, lavé de ses péchés pour avoir activement participé à la "croisade des démocraties" lancée contre les forces du mal...

Les peuples baltes, accusés d'avoir fait le jeu de l'ennemi allemand, furent systématiquement traités en suspects. Ils devaient être punis de leur traditionnel antisoviétisme et, dès l'hiver 1944/1945, les Soviétiques utilisèrent les quelques communistes locaux et les sympathisants, en particulier juifs, issus des milieux intellectuels pour administrer les pays baltes sous le contrôle du NKVD. Mais ils durent faire face à une résistance tenace.

Pour briser le peuple lituanien, 145.000 personnes furent déportées en 1946. Le clergé catholique paya un lourd tribut : la moitié des prêtres et la quasi-totalité des évêques furent arrêtés ; l'évêque de Telsfaï, Mgr Borisevius, condamné à mort le 3 janvier 1947, fut aussitôt exécuté ; le primat de Lituanie, Mgr Reinys, archevêque de Vilnius, fut déporté en Sibérie où il mourut en 1953.

C'est aussi le chemin de la Sibérie que prirent les 300.000 hommes, femmes et enfants arrêtés le 23 mai 1947. Malgré cela, la résistance des paysans à la collectivisation des terres se poursuivit et les Soviétiques durent encore déporter en Sibérie, en mars 1949, 60.000 Lituaniens. A leur place, les Soviétiques firent venir des colons slaves, pour modifier la composition ethnique de la population des pays baltes et russifier ces territoires.

Indomptables, des partisans lituaniens, réfugiés dans les forêts du sud du pays, menèrent contre les occupants une guérilla acharnée qui se prolongea jusqu'à la fin des années 50. Ces combattants portaient le beau nom, hérité du Moyen Age, de "Frères de la forêt".

Parallèlement à cette résistance armée, une résistance culturelle préparait la renaissance nationale. Car, pour survivre à la glaciation soviétique, les peuples baltes ont compris qu'il leur fallait avoir recours à leur plus longue mémoire. Ils ont donc entretenu avec un soin jaloux un héritage venu du fond des âges, colporté par les chants choraux, la poésie, les fêtes communautaires qui marquent équinoxes et solstices. Ainsi les daïnos - courts "poèmes lituaniens comparables aux haïkus japonais - représentent-ils, pour la Lituanie d'aujourd'hui, la voix - et la voie - des ancêtres, une voix qui chante l'éternel retour des forces de vie :

"Je suis allé voir l'Etoile du Matin
L'Etoile du Matin m'a répondu :
Il me faut de bonne heure
allumer le feu pour le Soleil !
Je suis allé voir l'Etoile du Soir
L'Etoile du Soir m'a répondu :
Il me faut ce soir
préparer le lit du Soleil !"

Pierre Vial, National hebdo du 26 mai au 1er juin 1994

samedi 31 mai 2008

Le passé trouble du PC français

Août 1939-juin 1941, l'appel de Cachin : les attentats anti-allemands sont condamnés
Le 18 juin 1940 (mais oui, cela ne s'invente pas), Maurice Tréand, Denise Ginollin et Suzanne Schrod, envoyés spéciaux du PC clandestin puisque dissous officiellement par le gouvernement Daladier - se présentent chez le lieutenant Weber, munis de laissez-passer de la Propagandastaffel. Ce lieutenant allemand est chargé des affaires de presse dans la France occupée. Les envoyés spéciaux, tous membres du Comité central, viennent demander à cet organisme national-socialiste de censure l'autorisation de faire reparaître L'Humanité. Par un autre circuit, certainement celui de Jean Catelas, lui aussi membre du Comité central clandestin, les Allemands ont reçu une demande de reparution signée Jacques Duclos.
Les Allemands semblent, a priori, disposés à accepter la reparution du journal, au vu des maquettes et de la ligne politique proposée. Mais la police française, la police de Vichy, arrête les envoyés spéciaux qui seront libérés sept jours plus tard sur ordre des services allemands.
A peine dehors, les communistes relancent les discussions. Celles-ci échouent car, à Vichy, Doriot s'agite comme un beau diable et obtient gain de cause. L'Humanité pro-allemande ne reparaîtra pas officiellement.
Le gouvernement du maréchal , Pétain a rendu, ce jour-là, involontairement un fieffé service aux hommes de Moscou !
Duclos pensait que les Allemands, maintenant alliés des Soviétiques, donneraient l'autorisation tant attendue. C'est une grande déception pour le parti clandestin.
Car la vérité jamais écrite par aucun « spécialiste » est que les communistes voulaient surtout mettre en place un autre gouvernement dirigé par eux avec l'accord de l'Allemagne nazie et l'aide de l'URSS.
La direction clandestine, bien cachée et bien nourrie dans une cave aménagée de banlieue (cave où elle « fera » toute la guerre ...) ne comprend pas!
Le PC, clandestin contre sont gré !
L'Humanité clandestine du 13 juillet 1940 ne publiait-elle pas encore: « Les conversations amicales entre travailleurs parisiens et soldats allemands se multiplient. Nous en sommes très heureux. Apprenons à nous connaître. »
Devant si peu de reconnaissance et de récompense de la part de l'occupant national-socialiste, cette même direction, qui n'est, à l'époque, traquée que par la police française, donne une directive suicidaire. Elle exige que tous ses députés et tous ses responsables qui ne sont pas internés pour trahison - depuis la dissolution du 25 septembre 1939 - réintègrent leurs mairies et leurs permanences.
De leur côté, des centaines de députés et hauts cadres communistes arrêtés et internés par la République française restent emprisonnés sous la responsabilité de l'Etat français. Obéissant aux ordres, beaucoup de responsables communistes reprendront contact avec leurs électeurs ou avec leurs militants.
Pour que la trahison soit complète et dans l'espoir d'une prise de pouvoir à la botte des nationaux-socialistes alliés de Moscou, de sa prison, Marcel Cachin écrira même une lettre de vingt pages pour expliquer la politique du PCF et condamner les attentats contre les soldats allemands.
Cela permet aux nationaux-socialistes de le libérer et d'utiliser une partie de sa lettre pour faire une affiche « collaborationniste ». Lui aussi, mais il est vrai qu'il est très âgé, fera la guerre, planqué dans la cave d'un pavillon de banlieue. En août 1944, il reprendra sa place de directeur de L'Humanité, sans pour autant que cela ne fasse de vagues dans la rédaction ....
La dissolution du PCF par Daladier et l'emprisonnement de nombreux élus et cadres communistes a créé une situation difficile pour le parti. Clandestin, mais désirant ne plus l'être, il fait de la corde raide, espérant toujours une intervention favorable de Moscou.
Députés communistes, témoins à charge?
Le 19 décembre 1940, François Billoux, sur ordre de la direction clandestine du parti, écrivait au maréchal Pétain à Vichy et demandait, au nom de tous les députés communistes emprisonnés, de pouvoir se présenter comme témoin à charge au procès de Riom, pour y dénoncer la guerre faite à Hitler, les impérialistes anglais et leurs complices français, Blum en tête... ..
Et il terminait sa lettre par : « Veuillez agréer, Monsieur le Maréchal, l'assurance de ma haute considération. »
Là aussi, le refus circonstanciel de Vichy fut, pour la suite, une sacrée aubaine pour la légende communiste!
Durant des mois, toutes les actions anti-allemandes furent interdites par la direction clandestine du parti. Elles furent dénoncées comme provocatrices, y compris les inscriptions sur les murs. Des groupes OS (Organisation spéciale) et des groupes TP (Travail particulier) étaient chargés, aux ordres directs des politiques, de liquider les « provocateurs ». Furent abattus ainsi plusieurs responsables locaux qui avaient commencé la lutte contre l'occupant. Ce fut entre autres le cas de Désiré, jeune dirigeant de Seine-Maritime. Le « maquisard » Georges Guingouin, qui ne fit pas dans la dentelle par la suite, faillit subir le même sort en 1941.
Continuant sur sa lancée, la direction clandestine - rappelons qu'elle est clandestine du fait de la dissolution du PCF par le gouvernement légal, le 25 septembre 1939 pour haute trahison - continue à forger son utopie et publie en septembre 1940 ce communiqué qui en dit long:
« L'URSS de Lénine et de Staline, pays du socialisme et espoir des travailleurs du monde, est le rempart de la paix comme elle vient de le montrer, une fois de plus, en réglant pacifiquement avec la Roumanie la question de la Bessarabie et de la Bukovine du Nord. En défendant le pacte germano-soviétique, en août 1939, nous avons opposé à la politique des fauteurs de guerre, la politique stalinienne de paix et aujourd'hui, nous avons conscience de servir la cause de la paix et de l'indépendance de notre pays en demandant la conclusion d'un pacte d'amitié franco-soviétique. »
Le 4 octobre 1939, Thorez déserte et rejoint Moscou en traversant l'Allemagne nazie.
A la même époque, largement diffusé et surtout axé contre Vichy, mais pas contre les nationaux-socialistes, sur deux pages complètes, imprimé impeccablement, paraît l'appel intitulé Peuple de France qui se veut le programme d'un soi-disant « gouvernement du peuple au service du peuple » mais surtout au service des nationaux-socialistes pour complaire à Moscou et au génial petit père des peuples Joseph Staline qui avait officiellement félicité Hitler quand ses troupes étaient entrés dans Paris.
En juin 1941, quand l'Allemagne se retourna brusquement contre l'URSS les communistes dits Français firent un demi-tour à 180°, prêchèrent la résistance à mort contre les nationaux-socialistes qui étaient cependant les mêmes, quelques jours avant...
Alors, il fallut remettre de l'ordre à tous les échelons. Il fallait tenter d'effacer tout ce qui avait été fait et dit pendant les vingt-deux mois de lune de miel Hitler-Staline. Toute honte bue, les « historiens » du PC inventèrent totalement une imaginaire vie du PCF pendant ces mois fatidiques qui, sans Vichy, auraient été mortels pour le parti de M. Thorez ... M. Hue ne serait certainement pas là aujourd'hui...
A entendre ces messieurs, le général De Gaulle n' aurait pas été le seul à engager la résistance contre l'occupant. Le PCF aurait appelé aux armes dès le 10 juillet 1940. Pour prouver l'improuvable, un faux appel fut fabriqué de toutes pièces, ainsi que de faux numéros de L'Humanité clandestine.
Las! L'appel qui devait faire pièce à celui de De Gaulle ne collait pas très bien : même en mentant beaucoup et avec assurance, ce n'était pas très facile de falsifier à ce point l' Histoire ...
Un jour pourtant, il faudra que cette époque honteuse soit inscrite dans les livres d'Histoire de nos enfants. Et il serait bon, alors, qu'en première page soit reproduite cette déclaration ahurissante de L'Humanité clandestine du 15 mai 1940 (clandestine sous le gouvernement français), au moment même où les armées allemandes déferlaient sur la France: « Quand deux gangsters se battent entre eux, les honnêtes gens n'ont pas à secourir l'un d'entre eux sous prétexte que l'autre lui a porté un coup irrégulier. »
Si l'attaque de l'URSS par l'Allemagne nazie changea du tout au tout la conduite des communistes, ils eurent surtout l'impérative nécessité de tenter de camoufler leur conduite pendant près de deux années. Ils faussaient totalement l'histoire et à la libération, ils racontèrent «des histoires». Ils devinrent les plus grands menteurs et les seuls vrais révisionnistes.
Ils échouèrent en partie mais réussirent à intoxiquer assez « d'idiots utiles » pour que leur « légende utopique » surnage encore aujourd'hui.
Roger Holeindre National Hebdo du 9 au 15 décembre 1999