lundi 5 décembre 2022

Siège de Paris de 885 - Vikings contre Francs

Le procès de Louis XIV (Charles-Edouard Levillain)

 Les multiples guerres de Louis XIV ont suscité en Europe une riche propagande dirigée contre la France et les Français. François-Paul de Lisola a été l’inspirateur le plus précoce et le plus virulent de cette rhétorique.

Né en Franche-Comté en 1613, zélé serviteur du Saint-Empire germanique, catholique fidèle et farouche défenseur des intérêts des Habsbourg d’Autriche et d’Espagne, il mena une double carrière de diplomate et d’écrivain politique. De la guerre de Dévolution dans les Pays-Bas espagnols (1667-1668) à sa mort en 1674, il composa une série de pamphlets qui rencontrèrent un succès considérable. Ces textes servirent de référence et de modèle dans la guerre psychologique qui s’engagea contre Louis XIV, au moment où les armées royales triomphaient en Europe.

S’appuyant sur une vaste enquête archivistique et combinant avec finesse l’analyse des réseaux de Lisola, des canaux de diffusion de ses idées (notamment en pays protestants), de son vocabulaire et de sa pensée politique, l’auteur s’efforce de mesurer l’influence exercée sur les élites et les milieux éclairés d’Europe par Le Bouclier d’Etat et de Justice (1667) , le texte le plus largement répandu et commenté de Lisola.

Avec la redécouverte de ce véritable bréviaire d’opposition à la France de Louis XIV, c’est un pan oublié du Grand Siècle qui se dévoile, loin des idées reçues sur la gloire du Roi Soleil ou des caricatures faciles de son règne.

Le Procès de Louis XIV, Charles-Edouard Levillain, éditions Tallandier, 398 pages, 24,90 euros

A commander en ligne chez l’éditeur

https://www.medias-presse.info/le-proces-de-louis-xiv-charles-edouard-levillain/44097/

dimanche 4 décembre 2022

« La colonisation arabe de l’Afrique était pire que celle des Européens »

 

« La colonisation arabe de l’Afrique était pire que celle des Européens »

Abdelaziz Baraka Sakin, écrivain soudanais, vient de publier un roman Princesse de Zanzibar, une histoire au cœur d’Unguja, l’île principale de l’archipel, alors aux mains des Omanais, où l’esclavage bat son plein.

Les épisodes se déroulent à la fin du XIXe, autour d’une date que l’histoire a retenue comme la guerre la plus courte : le bombardement de Zanzibar le 27 août 1896 par les Britanniques, dite « la guerre de trente-huit minutes ». Mais l’auteur décrit l’incroyable violence des Omanais.

« Ils se nient en tant que colons alors que la colonisation arabe de l’Afrique était pire que celle des Européens, car ils castraient les hommes ».

On en arrive jusqu’à l’abolition de la traite et la fin de l’esclavage, proclamée mais non respectée. Le sultanat d’Oman et le Koweït n’ont pas pardonné à l’auteur sa vision des choses : ce livre est interdit dans ces pays.

https://www.lesalonbeige.fr/la-colonisation-arabe-de-lafrique-etait-pire-que-celle-des-europeens/

La FRAUDE archéologique qui a mal tourné (Affaire des Grotesques)

Le Groenland grossit à vue d’œil !

 

Enfermés dans la propagande politique du réchauffement climatique les MMS se gardent bien de publier la réalité du terrain.

Hier, le Groenland a gagné suffisamment de masse pour enterrer le Central Park de New-York sous 2.700 mètres de glace !

Pour preuve de l’obscurcissement des médias grand public et de la radotage de l’agenda, vous n’avez pas besoin de chercher plus loin que leurs reportages sur la calotte glaciaire du Groenland. 

Cette année, les gains du bilan de masse de surface (SMB) – une lecture pour déterminer la « santé » d’un glacier – battent des records, mais c’est ainsi que CNN a choisi de rendre compte des développements en juillet : 
« La quantité de glace qui a fondu au Groenland entre le 15 et le 17 juillet était suffisante pour remplir 7,2 millions de piscines olympiques, ou couvrir tout l’État de Virginie-Occidentale avec un pied d’eau. » 
Ceci, j’en suis sûr, semble plutôt « catastrophique » pour les alarmistes moyens, mais avec le contexte, l’obscurcissement est révélé. 

CNN parlait de la période de fonte encerclée ci-dessous :

C’était le pic de la saison de fonte – la fonte est normale, d’où son nom.

Ce que CNN, la BBC et The Guardian et al. également commodément omis de mentionner est que les lectures SMB du Groenland (ligne bleue) se sont maintenues au-dessus de la moyenne 1981-2010 pendant la grande majorité de la saison – c’est l’histoire ici, MSM, pas une perte dérisoire de 2 jours. 

Avance rapide de six semaines environ, et nous remarquons des gains remarquables affichés au début du mois d’août :

Inutile de dire que cet impressionnant pic estival n’a pas non plus été rapporté par les médias traditionnels, exposant davantage leur parti pris. 

Si ces marionnettes qui poussent la narration avaient ne serait-ce qu’un minimum d’intérêt à rapporter la vérité, elles seraient partout sur ces gains d’été, poseraient des questions honnêtes et remettraient peut-être même en question leur « hypothèse du réchauffement climatique ». 
Ils couvriraient également les événements de cette nouvelle saison (qui a commencé le 1er septembre 2022).
Hier seulement (mercredi 30 novembre), la calotte glaciaire du Groenland a gagné 8 gigatonnes de masse. 

C’est suffisant pour enterrer Central Park, à New York, sous près de 2.700 mètres de glace – regardez CNN, je peux aussi publier des gros titres stupides et décontextualisés !

Un effort beaucoup plus valable, cependant, serait de regarder la saison dans son ensemble. 
Comme indiqué ci-dessous, les gains des PME en 2022-2023 ont été non seulement supérieurs à la moyenne multidécennale, mais également plus élevés que jamais auparavant enregistrés dans les livres DMI qui remontent à 1981 : 

[DMI]

Cela détruit leur agenda, je sais, je sais – la vérité le fait souvent.

Yesterday, Greenland Gained Enough Mass To Bury Central Park Under 9,000 Feet Of Ice; Antarctica’s Coldest Month Of November Since 1987; China’s Big Freeze Intensifies–Beijing’s Lowest Nov Temp Since 1970; + Quiet Sun

Source : Changera3

via Profession Gendarme

https://reseauinternational.net/le-groenland-grossit-a-vue-doeil/

Nicolas II et Alexandra de Russie, une tragédie impériale racontée par Jean des Cars

 

Nicolas II

Jean des Cars, historien des grandes dynasties européennes, a rédigé une passionnante biographie du dernier couple impérial russe.

Ce très beau livre, richement illustré, revient, près de cent ans après la tragique fin des Romanov, sur l’existence du dernier Tsar, de son couronnement à l’exécution de toute sa famille.

L’auteur dresse un portrait intime de ce couple très uni formé par Nicolas II et Alexandra Fedorovna, et de leurs enfants : les grandes-duchesses Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et le tsarévitch Alexis.

Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, d’innombrables archives de la mémoire prérévolutionnaire sont devenues accessibles. Jean des Cars a fouillé ces documents historiques conservés à Moscou et à Saint-Pétersbourg et sélectionné des photographies inédites pour illustrer cet ouvrage. Le résultat de ces recherches nous est livré avec d’innombrables détails de l’existence de la famille impériale, y compris pendant leur captivité. Souvent accusé de toutes les erreurs, Nicolas II nous apparaît sous un jour différent, fascinant, bouleversant, attachant. Surtout, ces archives confirment le profond patriotisme de Nicolas II : d’une part en refusant de s’enfuir et en condamnant la honteuse paix séparée qu’il n’aurait jamais signée, d’autre part en rapatriant très tôt de Londres sa fortune et celle de son épouse pour soutenir l’effort de guerre russe. Des millions appartenant aux Romanov furent investis dans la défense du territoire national, de l’armement aux vêtements pour son peuple.

Terminons par cette citation du père Tikhon, patriarche de la Russie moscovite et de toute la Russie, le 21 juillet 1921 : « Nous n’allons pas ici juger et évaluer l’action de notre ancien souverain : son jugement impartial appartiendra à l’histoire, et il se trouve aujourd’hui devant la justice du Seigneur, mais nous savons qu’il renonça au trône, en pensant au bien de la Russie et par amour pour elle. Après son abdication, il aurait pu trouver refuge à l’étranger et s’y établir assez tranquillement mais il ne le fit pas, désirant souffrir avec la Russie.« 

Nicolas II et Alexandra de Russie, Jean des Cars, éditions Perrin, 458 pages, 25 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/nicolas-ii-et-alexandra-de-russie-une-tragedie-imperiale-racontee-par-jean-des-cars/44282/

Robert Brasillach - "Mon Pays me fait mal" | Poèmes de Fresnes [LECTURE]

samedi 3 décembre 2022

La pire frauɗe archéologique ?!

Une analyse de la « démocratie illibérale » de Viktor Orbán

 

Promotion Roi Arthur

Cet article est publié dans le cadre d’un partenariat avec la revue The European Conservative. Les opinions, analyses, commentaires développées dans le texte n’engagent que son auteur.

La « démocratie illibérale » est aujourd’hui une expression très utilisée et traditionnellement condamnée par les progressistes, les gens de gauche et les « conservateurs » à l’américaine. Nombre d’entre eux la considèrent comme une attaque non seulement dirigée contre les valeurs d’aujourd’hui, mais aussi contre le cadre libéral – considéré comme une protection contre la tyrannie – sur lequel seraient fondés les systèmes politiques occidentaux et qui trouve son origine dans la période prémoderne. De quelque manière que ce soit, implicite ou explicite, beaucoup ont déclaré que la vraie démocratie ne peut être que libérale.

Je crois que ceci est faux. J’irai même jusqu’à dire que c’est tout à fait le contraire. D’une part, on peut considérer que le libéralisme non-contrôlé ronge la démocratie et que la vraie démocratie s’oppose au libéralisme. D’autre part, la démocratie illibérale, est capable d’intégrer ce qui est valable dans le libéralisme sans permettre au cadre libéral de prendre le contrôle. En effet, la plupart des valeurs libérales peuvent aujourd’hui être préservées à l’intérieur d’un cadre plus communautaire ; notamment – en Europe – sous la bannière de la démocratie chrétienne. Afin de mieux appréhender le sujet, il est utile d’examiner l’exemple donné par le champion de la démocratie illibérale, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, et ainsi de mieux comprendre ce que recouvre ce terme « démocratie illibérale ». Nous verrons alors qu’il s’agit de quelque chose de bien plus modeste, prosaïque, et peut-être même défendable que ses détracteurs ne semblent le penser.

L’origine du terme « démocratie illibérale »

Viktor Orbán a été le premier homme politique d’envergure à proposer la « démocratie illibérale » comme un avenir pour la politique occidentale. C’était lors d’un discours prononcé dans le village transylvanien de Tusnàdfürdö, en 2014, à l’occasion du festival annuel de la droite hongroise. Le sujet principal du discours fut la crise économique de 2008 et ses conséquences en Hongrie et dans le monde. Le propos de Viktor Orbán portait naturellement sur la politique économique nécessaire pour répondre à la crise. Néanmoins son discours amenait en plus à réfléchir aux éléments théoriques qui seraient à même de fournir la meilleure base de réflexion pour comprendre au mieux la situation et ainsi éviter des crises à venir. Cela pourrait surprendre certains lecteurs d’apprendre qu’Orbán s’inspirait du président des États-Unis Barack Obama alors en exercice, qui parlait régulièrement d’un besoin de changement d’attitudes des Américains sur la notion de travail et de famille, ainsi que du besoin de défendre un patriotisme économique constructif.

Les conclusions d’Orbán furent les suivantes : toutes les nations cherchent à découvrir le meilleur moyen d’organiser leurs communautés politiques. C’est pour cette raison qu’une nouvelle tentative fut lancée afin de comprendre comment ces pays qui ne sont « ni Occidentaux, ni libéraux, ni des démocraties libérales, ni même peut-être des démocraties » sont capables d’être des pays performants à l’instar de Singapour, de la Chine, de la Russie, de la Turquie et l’Inde. En voici quelques phrases clefs :

« Nous devons, ici, déclarer qu’une démocratie n’est pas forcément libérale. En effet, quelque chose de non libéral peut exister et malgré tout être une démocratie. De plus il faut dire que des sociétés fondées sur le principe de démocratie libérale ne seront probablement pas en mesure de maintenir leur compétitivité. Au contraire, elles pourraient subir la récession, à moins d’être capables de se réorganiser en profondeur. »

Puis Orbán a défini trois sortes d’organisations étatiques contemporaines : les états-nations, les états libéraux et les états providence. Il a avancé que la réponse hongroise devrait être d’un quatrième type, un « état basé sur la valeur travail » et qui aurait une nature « non-libérale ». « Nous devons cesser d’utiliser des théories et des méthodes d’organisations libérales et sociales, et nous devrions abandonner les théories libérales dominantes sur la société », a-t-il affirmé. Cette recommandation peut paraître inquiétante à des oreilles occidentales, toujours promptes à dénoncer tout désaccord avec les idées libérales modernes, et faire craindre de porter en elle un germe de totalitarisme ou d’une tyrannie à venir. Mais Orbán identifie ce qu’il pense être les bases doctrinales du libéralisme sur lesquelles la Hongrie ne doit pas bâtir sa politique.

Le fondement de cette approche libérale selon Orbán, est que « l’on peut faire ce que l’on veut à condition de ne pas entraver la liberté des autres ». Il s’agit là, de toute évidence, d’un rappel du « principe de non-nuisance » de Mill, principe que beaucoup ont jugé convaincant depuis des années. Cependant, se demande Orbán, qui possède l’intelligence, la conscience et l’objectivité pour délimiter avec précision où commence la liberté d’un individu et où se termine celle d’un autre ? Parce que la réponse à cette question n’est pas en soi évidente, il faut que quelqu’un soit en position d’autorité pour délimiter cette liberté. La nature humaine étant ce qu’elle est, au quotidien, ces décisions sont généralement prises par ceux qui, soit par nature, soit par privilège, ou encore par chance, sont en position de force ou dans une meilleure situation. Cela est de toute évidence la source d’abus de pouvoir.

Pour cette raison, Orbán a proposé aux Hongrois une autre approche bien connue, et qui doit être le principe central de leur politique. Tout comme le principe libéral majeur, il ne s’agit pas simplement d’une demande légale, mais d’un principe intellectuel de premier ordre. Au lieu du principe de non-nuisance, le principe des Hongrois devrait être, « ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse ». L’écho de cette ancienne règle d’or vous semble-t-il sonner comme un quelconque autoritarisme ?

Le Premier ministre a déclaré que tant que la Hongrie demeurerait un état purement libéral, elle serait incapable de faire tout ce qu’un état doit faire. Tout d’abord, il a avancé que l’état libéral est incapable de contribuer au bien commun national (ou bien comme en 2014, incapable aussi de se défendre contre l’endettement). Puis il a mis en avant que la communauté politique hongroise devait être restructurée sur une base non libérale. Néanmoins celle -ci n’était pas la base totalitaire du début du XXème siècle, mais celle qui respecte la Chrétienté, permettant au régime de protéger la liberté et les droits de l’homme. Orbán a déclaré que la nation hongroise ne devait pas seulement être un conglomérat d’individus, mais une vraie communauté, ou existe un lien entre la vie de la personne, la vie de la famille et celle de la nation.

Tout ceci étant compris, nous pouvons à présent estimer à sa juste valeur ce que le Premier ministre défend quand il parle de démocratie illibérale. Ce n’est qu’après avoir clarifié tout cela qu’il dit : dans ce sens, l’état nouveau, ce que nous construisons en Hongrie, est un état illibéral, un état non-libéral. Cela ne contredit pas les valeurs du libéralisme, comme la liberté – et j’en citerai d’autres – mais je ne positionnerai pas cette idéologie au centre de l’organisation de l’état. Cet état met plutôt en œuvre une approche nationale spécifique

Pourquoi Orbán a-t-il été mal compris ?

Si la démocratie illibérale qu’Orbán a défendue dans son discours initial n’est pas, comme je l’ai expliqué, une menace à la liberté ou aux droits de l’homme, alors pourquoi est-elle si majoritairement comprise comme une forme politique dangereuse et oppressive ? La réponse ne peut pas être simplement que la terminologie qu’il a utilisée (en l’occurrence « état illibéral » et « démocratie non-libérale ») était inconnue ou ressentie comme menaçante, parce que de nombreux responsables progressistes ont introduit eux-mêmes des termes politiques nouveaux lors de discours équivalents.

Ma conviction est qu’il y a trois grandes raisons qui font que la démocratie illibérale d’Orbán soit devenue infréquentable, et considérée par les gouvernements du monde entier comme une grande menace.

La première raison c’est qu’Orbán était déjà considéré comme infréquentable lorsqu’il prononça ce discours. Il venait d’être réélu, de nouveau avec une large majorité. Il s’était déjà confronté à l’UE et ses élites sur de multiples sujets : la nouvelle loi Hongroise sur les médias, la nouvelle loi électorale, celle sur la mise à la retraite de juges âgés, ainsi que celle sur la nouvelle constitution. Il bénéficiait donc déjà d’une réputation ternie au sein des cercles libéraux mondialistes ; mais d’un autre côté, il n’était pas encore très célèbre dans les cercles regroupant les conservateurs du monde entier.

La seconde raison, dans le sens de Locke, est que le libéralisme est une composante fondamentale de la pensée et de l’ordre politique américain, et l’Amérique exerce une grande emprise sur l’image publique que se donnent les autres nations. Pour simplifier, les responsables conservateurs sont régulièrement attaqués dans la presse, mais lorsqu’ils sont défendus par d’autres conservateurs leur image est généralement moins ternie. Néanmoins de nombreux responsables américains qui passent pour « conservateurs » sont en fait ce qui aurait été qualifié habituellement de « libéraux » et en sont fiers.

Comme je l’ai précédemment et longuement étudié, à propos des différences entre le conservatisme américain et celui d’Europe, je dirai seulement que le conservatisme américain est la plupart du temps un point de vue libéral. Dans son essence, le libéralisme est par nature optimiste, alors que le conservatisme est de son côté pessimiste. En conséquence le libéralisme est rationaliste et individualiste alors que le conservatisme traditionnel est plus communautaire – et la communauté signifie traditions, culture, religion, respect de l’autorité des responsables etc…

Viktor Orbán n’est pas un politicien américain. Les pères fondateurs de la Hongrie étaient des chefs de tribus païennes, et deux générations plus tard le véritable fondateur de l’état hongrois était un roi catholique, Saint Étienne. Les institutions politiques des pays non-américains ont souvent été structurées selon un format libéral, mais n’ont pas été à l’origine fondées d’après un modèle américain. Ils furent d’abord des tribus païennes, puis des royaumes, puis des royaumes chrétiens puis des états-nations libéraux et chrétiens, et enfin ils se muèrent en état laïques modernes (dans la mesure où tous le seraient devenus). Donc le libéralisme de Locke n’est pas un élément fondamental de leur identité.

Et ceci nous amène à la troisième raison pour laquelle la philosophie politique d’Orbán est si insupportable aux yeux des progressistes occidentaux. La plus récente institution politique européenne est sans conteste libérale. À cause de la mémoire des deux guerres mondiales qui a pesé si lourd sur la pensée politique européenne depuis des décennies, on a considéré le libéralisme individuel et la conception libérale des droits de l’homme comme remède universel. Et ceci ne comprenait pas le libéralisme seulement dans le cadre étatique mais aussi en tant que système central de croyances et en tant qu’idéologie publique. Et donc remettre en question ce système est vu comme la remise en question des bases sur lesquelles la paix dans le monde occidental repose depuis des décennies.

La démocratie doit-elle être libérale ?

Pour beaucoup il coule de source que la démocratie ne peut être que « libérale », mais cette affirmation ne sert qu’à rendre toute considération politique impossible, évitant ainsi tout débat.

Cette revendication « d’évidence naturelle » est plutôt étrange, il me semble, étant donné ce qu’est la clef de voute du monde contemporain libéral : le principe selon lequel le gouvernement ne devrait pas privilégier un point de vue par rapport à un autre, parce qu’il n’existe pas de vérités incontestables. Lorsque les libéraux se sont mis à promouvoir ce principe lors les siècles passés, ils étaient alors les challengers, mais de nos jours alors qu’ils sont dans une position dominante, ce sont les conservateurs comme Orbán qui sont les challengers.

Mais d’autres problèmes demeurent, quand on prétend que la démocratie doit être libérale, afin de mériter son nom. Afin de comprendre ces problèmes, il est utile de se demander ce que précisément nous entendons par le terme « démocratie libérale », qui peut être compris d’au moins trois manières.

D’après la première, « démocratie libérale » signifie simplement un ensemble politique libéral, plus précisément, démocratie parlementaire représentative s’appuyant sur l’équilibre des pouvoirs. Mais ceci n’est qu’une simple forme de démocratie ; forme qui peut être pourvue par une entité conservatrice, et qui l’est souvent.

La seconde manière de comprendre le terme « démocratie libérale » consiste en un système dans lequel l’idéologie libérale est mise en application par un système démocratique. Ceci représente à l’évidence une manière de comprendre le terme qui pose problème, car elle détermine avec clarté le registre des politiques qu’une nation est en droit de mettre en place. Afin d’illustrer cette idée, nul besoin de regarder plus loin que l’ex-président du parti gauchiste hongrois Momentum, Anna Donath, qui a émis l’idée que l’idéologie progressiste contemporaine LGBT était une composante indissociable du droit. La règle du droit, « ancien idéal politique », n’est devenue rien d’autre qu’un terme idéologique que l’on pourrait utiliser à la manière d’une trique. Du point de vue de Donath, s’il n’y a pas de mariage homosexuel dans un pays, il ne peut y avoir de règle de droit. (Donc on en tire la conclusion qu’il n’y avait aucune règle du droit dans le monde occidental avant 2001. C’est intéressant.)

Le libéral par excellence Friedrich von Hayek a avancé dans The Constitution of Liberty que le terme « démocratie libérale » peut aisément devenir un terme qui se contredit. Ceci parce que la démocratie est une méthode de prise de décision (c’est-à-dire décision par le peuple), mais le libéralisme n’est pas simplement composé de procédures ou de méthodes. Le libéralisme a un but clair : s’assurer que le principe de non nuisance selon Mill soit incarné au cœur de la loi, appliquant ainsi une vision de la personne humaine et de la vie politique propre au libéralisme. Si le peuple rejette démocratiquement les méthodes libérales, alors le libéralisme va à l’encontre de la démocratie. Hayek a choisi le libéralisme.

Il y a aussi une troisième manière de définir la « démocratie libérale », provenant des typologies de démocraties, ou des différentes manières que les nombreux spécialistes utilisent pour cataloguer les différents types de démocratie dans leurs systèmes d’analyse. Je mentionnerai deux de ces typologies.

Selon la typologie normative et hiérarchique de Richard Dahl, la démocratie libérale représente un idéal, mais personne ne peut l’atteindre, donc la plus juste version de la démocratie est la polyarchie, où l’on trouve des responsables élus, des élections libres et ouvertes, un droit de vote universel, la liberté d’expression et de réunions, ainsi que de véritables alternatives et une information libre.

D’un autre côté, on trouve la typologie descriptive de l’Université Notre Dame émise en 2021, et qui évalue les vraies démocraties existantes dans le monde. D’après cette étude, il existe six types de démocraties qui sont toutes valables mais qui s’opposent sur certains points. Ce sont les suivantes : la démocratie élitiste-minimaliste de Schumpeter ; la démocratie libérale (consensuelle et plurielle) ; la démocratie majoritaire ; la démocratie participative ; la démocratie délibérative ; et enfin la démocratie égalitaire. Deux d’entre elles sont en totale contradiction : la démocratie libérale (consensuelle et plurielle) et la démocratie majoritaire. La démocratie libérale met l’accent sur tout type de limitation du pouvoir, garantit les droits de nombreux groupes d’individus (aussi bien que ceux de chaque individu), et met fortement l’accent sur la création de consensus. La démocratie majoritaire n’a pas une approche si négative du pouvoir : elle soutient que la majorité est souveraine, et que le gouvernement élu par la majorité devrait avoir en conséquence un large espace de manœuvre. Par contre cette démocratie majoritaire n’est pas par nature en contradiction avec la garantie des droits individuels et ceux des groupes. La démocratie illibérale de Victor Orbán entre dans le cadre typologique de la démocratie majoritaire.

Donc, en fonction du contexte, le terme « démocratie libérale » peut comprendre un nombre de choses différentes et même contradictoires. Néanmoins, le point critique sur lequel je veux insister, est que dans le contexte occidental, plus de libéralisme implique moins de démocratie et non l’inverse. Par exemple les « droits de l’homme » libéraux, sont une véritable entrave à la démocratie. Le problème est que nous refusons de l’admettre ; et tout au contraire nous les considérons comme une manière de mettre en œuvre les « valeurs démocratiques ». Ceci nous montre que l’idée de démocratie et des « valeurs démocratiques » sont devenues plus une religion qu’un mouvement politique. Nous sommes contraints de justifier et légitimer des choses en argumentant qu’elles sont démocratiques plutôt qu’en montrant qu’elles sont positives.

Il est également important de se souvenir que les idéologies politiques ne doivent pas dominer les valeurs individuelles. Comme Michael Freeden le rappelle, les idéologies politiques sont naturellement poreuses et se chevauchent. Par exemple la liberté n’est pas la même pour le libéralisme ou le conservatisme ; mais est un point important dans les deux cas. Et des valeurs qui sont des concepts fondamentaux dans une idéologie peuvent avoir un rôle complémentaire dans l’autre idéologie. Et c’est pour cette raison que des valeurs libérales de base peuvent aussi être conservées dans un cadre conservateur (illibéral).

Que peut être la démocratie illibérale ?

Les idées d’Orbán sur la démocratie non-libérale et sur l’état illibéral, étaient et sont toujours quelque chose d’effrayant pour de nombreuses personnes bien pensantes sur la totalité de l’éventail politique. Mais la controverse visant ses concepts a été délibérément fabriquée par des idéologues progressistes de mauvaise foi afin de le disqualifier.

Aussi bien dans la théorie que dans la pratique, la démocratie illibérale est totalement compatible avec la défense de la propriété, les droits de l’homme (dans le sens de la loi naturelle), les élections libres et justes, la démocratie représentative, le partage des pouvoirs, la règle du droit. La démocratie illibérale peut aussi protéger la liberté d’expression – quelque chose que nous n’avons pas le droit de dire sur le libéralisme contemporain étant donné le pouvoir détenu par le gauchisme woke illibéral. La démocratie illibérale peut intégrer d’importantes valeurs libérales. C’est seulement le cadre théorique démesuré du libéralisme – son anthropologie, son regard sur la société, en bref, son idéologie qui doivent être rejetés.

Mais le mieux est de demander à Monsieur Orbán lui-même quelles sont ses intentions. Lorsqu’en mars 2022, huit ans après son discours, on lui demanda ce qu’il voulait dire par « démocratie illibérale », il répondit ainsi :

« Les gens comme nous ont perdu la guerre du langage dans les années 1990 et depuis nous n’avons pas seulement perdu nos orientations mais aussi notre langue. Dans le premier tiers du XXème siècle, les démocrates européens ont clairement désigné le fascisme et le communisme comme les ennemis communs. Alors les deux tendances démocratiques en compétition, – les libéraux et les conservateurs – ont allié leurs forces contre l’ennemi commun : les fascistes et les communistes. Nous avons laissé de côté nos différences intellectuelles et allié nos forces pour combattre les idées totalitaires. Et en 1990, nous avons gagné. Les libéraux ont été les premiers à se réveiller, conscients du fait qu’une fois l’ennemi commun éliminé, l’ancienne opposition serait rétablie : les libéraux d’un côté et les démocrates-chrétiens conservateurs de l’autre. Afin de garder l’avantage, ils ont créé leur doctrine : la démocratie ne peut être que libérale. Depuis ce moment le côté conservateur a mené un combat d’arrière-garde, et son manque d’ascendant et d’initiative a permis à la doctrine libérale d’occuper le point de vue dominant. Et depuis nous n’avons pas cessé d’essayer de mettre en compétition un discours de riposte : Trump a déclaré « America First » et je parle d’illibéralisme ; mais en réalité, nous sommes à la recherche de positions à partir desquelles nous pourrons contredire et défaire la doctrine libérale.

Lorsqu’on lui a demandé ce qui n’allait pas dans la démocratie libérale, il a ajouté :

« C’est un piège. La démocratie est un concept en soi : la loi du peuple. Nulle idéologie ne peut s’approprier ce concept. À partir de la démocratie peuvent naître des administrations libérales des administrations conservatrices, des administrations démocratiques chrétiennes, – ou des administrations sociales démocrates. Auparavant la démocratie en soi n’était pas victime d’un étiquetage fait par n’importe qui, parce que la démocratie représente le terreau sur lequel les politiques de différentes idéologies menées par les gouvernements, se développent et sont en compétition les unes contre les autres. Cependant au début des années 1990, les libéraux prirent conscience que la démocratie devait être capturée. Les libéraux conclurent que le but n’était pas de remporter le débat sur qui serait en mesure d’agir au mieux, mais de s’emparer de la démocratie elle-même. A présent il nous faut déclarer que toutes les démocraties ne sont pas libérales, et dire que quelque chose n’est pas libéral ne signifie pas que cette chose ne peut pas être une démocratie. Affirmer ceci est difficile- bien qu’en même temps les libéraux ont mis le pied dans un piège. »

Conclusion

La démocratie illibérale, comme la comprend Viktor Orbán, est bien moins ambitieuse et plus prosaïque que le portrait qu’en dressent ceux qui la critiquent. Elle consiste tout simplement à avoir une vision de la société, des droits de l’homme, une vision du monde, avec une perspective ancienne et non libérale et ainsi que d’avoir le courage de vouloir la mettre en œuvre. C’est-à-dire une compréhension communautaire, basée sur la personne de la communauté politique, au sein de laquelle les valeurs libérales fondamentales sont importantes, mais sont appliquées – et limitées par – un cadre conservateur.

Tout cela est motivé par le soutien de la communauté politique dans le but d’atteindre le bien commun. Comme Joseph Ratzinger l’a dit, les valeurs libérales et démocratiques sont soutenues par des institutions sociales non démocratiques et non libérales.

Gergely Szilvay pour The European Conservative

Cet article est publié dans le cadre d’un partenariat avec la revue The European Conservative. Les opinions, analyses, commentaires développées dans le texte n’engagent que son auteur.

https://institut-iliade.com/une-analyse-de-la-democratie-illiberale-de-viktor-orban/

Galerie contre-révolutionnaire : Bossuet, Burke, Joseph de Maistre…

 

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Cet ouvrage mérite l’attention de tous ceux qui ne se reconnaissent pas en la république laïque et maçonnique imposée depuis 1789 comme un modèle de société.

Les éditions Clovis ont tenu à rééditer en un livre les articles de Dominique Ancelle sur les grands auteurs contre-révolutionnaires qui, avec lucidité et courage, ont éclairé sur les méfaits de la révolution et ont rappelé les vrais principes politiques.

Il y a là un corps de doctrine naturel et catholique. Et l’éditeur précise avec raison qu’on ne se privera pas, par exemple, de lire Burke sous le prétexte qu’il est protestant, et qu’on ne considèrera pas que parce qu’un auteur est mis à l’honneur dans ce livre, tout ce qu’il a fait est nécessairement exemplaire ou exempt d’erreur, pas plus qu’on ne conclura que cette galerie de portraits contre-révolutionnaires serait exhaustive, loin s’en faut puisqu’il y manque des personnages aussi importants que Rivarol, Donoso Cortes, Mgr Pie ou Louis Veuillot. Mais ce livre viendra à point à toute personne désireuse d’entrer dans la lutte contre-révolutionnaire et de s’intéresser à la politique dans son sens étymologique de l’art de conduire la cité. 

Bossuet nous parle de la loi, de l’autorité, du devoir des princes, du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel, de la guerre, de l’Etat monarchique, de la patrie. Edmond Burke décrit les bienfaits de la religion dans la société civile et le rôle essentiel de la hiérarchie. Le Père Picot de Clorivière critique la funeste doctrine des Droits de l’Homme. L’abbé Barruel révèle avec une grande précision les méthodes subversives employées par la franc-maçonnerie et les sociétés secrètes. Joseph de Maistre étudie la souveraineté, le rôle providentiel de la France, la nature de la Révolution. Louis de Bonald nous explique ce qu’est une société constituée et pourquoi la démocratie ne l’est pas.

Il ne reste de ce livre qu’une soixantaine d’exemplaires disponibles auprès de l’éditeur. A saisir avant qu’il ne soit épuisé !

Galerie contre-révolutionnaire, tome 1 : Bossuet, Burke, Joseph de Maistre…, par Dominique Ancelle, éditions Clovis, 345 pages, 19 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/galerie-contre-revolutionnaire-bossuet-burke-joseph-de-maistre/44433/

vendredi 2 décembre 2022

Waterloo démythifié ! (Yves Vander Cruysen)

 L’année 2015 a été marquée par les commémorations du bicentenaire de la bataille de Waterloo. Cet évènement historique conserve un intérêt impressionnant auprès d’un large public malgré le temps qui passe. L’ouvrage Waterloo démythifié ! n’est donc pas inutile. Son auteur s’est attelé à éclaircir cent légendes autour de la plus célèbre des batailles.

Qu’en était-il véritablement des forces en présence ? Napoléon a-t-il voulu négocier avec Blücher ? Les maladies de Napoléon ont-elles eu un rôle dans la défaite de l’empereur ? Quelle est la véritable histoire de la « Belle-Alliance » ? La fortune des Rothschild est-elle née à Waterloo ? Et les mots de Cambronne, la rencontre entre Blücher et Wellington, les 300 morts dans le puits d’Hougoumont, la blessure du Prince d’Orange, la rente de Wellington, l’imagination de Chateaubriand, la trahison de Bourmont ?

Voici un livre didactique, vulgarisateur, grand public. Son auteur, Yves Vander Cruysen, passionné par ce champs de bataille, tente de discerner le faux du vrai, quitte à démythifier quelque peu certains éléments de cette bataille.

Waterloo démythifié !, Yves Vander Cruysen, éditions Jourdan, 350 pages, 19,90 euros

https://www.medias-presse.info/waterloo-demythifie-yves-vander-cruysen/44841/

Voyages en Afrique médiévale, avec François-Xavier Fauvelle

Le mur païen | Mini documentaire #4

Actions clandestines en Asie du Sud-Est

 

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Guillaume Fiquet reçoit Emeric Valloy et évoquera les maquis anti-communistes en Birmanie. L'auteur de "Actions clandestines" a participé entre 1985 et 1990 à la formation militaire des résistants et au combat de ces volontaires de la liberté qui s'opposaient aux dictatures en Asie du Sud-Est.


 

Vous pouvez commander ce livre ICI

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2022/12/01/actions-clandestines-en-asie-du-sud-est-6414858.html

jeudi 1 décembre 2022

Pourquoi relire Koestler ? Entretien avec Robert Steuckers à l’occasion de ses dernières conférences sur la vie et l’œuvre d’Arthur Koestler 5/5

  

Dans La Lie de la terre, les Belges de l’immédiat après-guerre ont dû lire avec jubilation un portrait de Paul Reynaud, décrit comme un “tatar en miniature” ; “il semblait, poursuit Koestler (p. 144), que quelque part à l’intérieur de lui-même se dissimulait une dynamo de poche qui le faisait sautiller (jerk) et vibrer énergiquement” ; bref, un sinistre bouffon, un gnome grimaçant, animé par des “gestes d’automate”. Braillard vulgaire et glapissant, Paul Reynaud, après ses tirades crapuleuses contre Léopold III, a été le personnage le plus honni de Belgique en 1940 : son discours, fustigeant le Roi, a eu des retombées fâcheuses sur un grand nombre de réfugiés civils innocents, maltraités en tous les points de l’Hexagone par une plèbe gauloise rendue indiciblement méchante par les fulminations de Reynaud. Le ressentiment contre la France a été immense dans les premières années de guerre (et fut le motif secret de beaucoup de nouveaux germanophiles) et est resté durablement ancré chez ceux qui avaient vécu l’exode de 1940.

Après les hostilités et la capitulation de l’Allemagne, la situation insurrectionnelle en France en 1947-48 inquiète une Belgique officielle, secouée par la répression des collaborations et par la question royale. Une France rouge verra-t-elle le jour et envahira-t-elle le territoire comme lors de la dernière invasion avortée de Risquons-Tout en 1848, où les grenadiers de Léopold Ier ont su tenir en échec les bandes révolutionnaires excitées par Lamartine ? Idéologiquement, les deux pays vont diverger : en France, un pôle politique communiste se durcit, dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et va se perpétuer quasiment jusqu’à la chute de l’Union Soviétique, tandis qu’en Belgique, le mouvement va s’étioler pour vivoter jusqu’en 1985, année où il n’aura plus aucune représentation parlementaire. Julien Lahaut, figure de proue du parti communiste belge, qui avait été chercher tous les prisonniers politiques croupissant dans les camps de concentration français des Pyrénées (communistes, rexistes, anarchistes et nationalistes flamands sans aucune distinction), sera assassiné par un mystérieux commando, après avoir été accusé (à tort ou à raison ?) d’avoir crié “Vive la république !” au moment où le jeune Roi Baudouin prêtait son serment constitutionnel en 1951. Le communisme n’a jamais fait recette en Belgique : à croire que la leçon de Koestler avait été retenue.

De Koestler au post-sionisme

Aujourd’hui, il faut aussi relire Koestler quand on aborde la question judéo-israélienne. Les séjours de Koestler en Palestine, à l’époque du sionisme balbutiant, ont conduit, en gros, à une déception. Ce sionisme, idéologiquement séduisant dans les Burschenschaften juives de Vienne, où le niveau intellectuel était très élevé, s’avérait décevant et caricatural dans les kibboutzim des campagnes galiléennes ou judéennes et dans les nouvelles villes émergentes du Protectorat britannique de Palestine en voie de judaïsation. Même si Koestler fut le premier inventeur de mots croisés en hébreu pour une feuille juive locale, l’option en faveur de cette langue reconstituée lui déplaisait profondément : il estimait qu’ainsi, le futur citoyen palestinien de confession ou d’origine juive se détachait des vieilles cultures européennes, essentiellement celles de langues germaniques ou slaves, qui disposaient d’une riche littérature et d’une grande profondeur temporelle, tout en n’adoptant pas davantage l’arabe. Ce futur citoyen judéo-palestinien néo-hébraïsant adoptait une sorte d’esperanto largement incompris dans le reste du monde : selon le raisonnement de Koestler, le juif, en s’immergeant jusqu’à l’absurde dans l’idéologie sioniste, devenue caricaturale, cessait d’être un être passe-partout, un cosmopolite bon teint, à l’aise dans tous les milieux cultivés de la planète. L’hébraïsation transformait l’immigré juif, cherchant à échapper aux ghettos, aux pogroms ou aux persécutions, en un plouc baraguinant et marginalisé sur une planète dont il n’allait plus comprendre les ressorts. Plus tard, dans les années 70, Koestler rédigera La Treizième Tribu (1976) un ouvrage ruinant le mythe sioniste du “retour”, en affirmant que la masse des juifs russes et roumains n’avaient aucune racine en Palestine mais descendaient d’une tribu turco-tatar, les Khazars, convertie au judaïsme au Haut Moyen Âge. Poser le mythe du “retour” comme fallacieux est l’axiome majeur de la nouvelle tradition “post-sioniste” en Israël aujourd’hui, sévèrement combattue par les droites israéliennes, dont elle ruine le mythe mobilisateur.

Beaucoup de pain sur la planche pour connaître les tenants et aboutissants des propagandes “américanosphériques”

Reste à analyser un chapitre important dans la biographie de Koestler : son attitude pendant la Guerre Froide. Il sera accusé d’être un “agent des trusts” par les communistes français, il adoptera une attitude incontestablement belliciste à la fin des années 40 au moment où les communistes tchèques, avec l’appui soviétique, commettent le fameux “coup de Prague” en 1948, presque au même moment où s’amorcent le blocus de Berlin, métropole isolée au milieu de la zone d’occupation soviétique en Allemagne. Koestler ne sera cependant pas un jusqu’au-boutiste du bellicisme : il s’alignera assez vite sur la notion de “coexistence”, dégoûté par le schématisme abrupt des démarches maccarthistes. Cependant, sa présence, incontournable, dans la mobilisation d’intellectuels “pour la liberté” révèle un continent de l’histoire des idées qui n’a été que fort peu étudié et mis en cartes jusqu’ici. Ce continent est celui, justement, d’un espace intellectuel sollicité en permanence par certains services occidentaux, surtout américains, pour mobiliser l’opinion et les médias contre les initiatives soviétiques d’abord, autres ensuite. Ces services, dont l’OSS puis la CIA, vont surtout tabler sur une gauche non communiste voire anticommuniste, avec des appuis au sein des partis sociaux démocrates, plutôt que sur une droite légitimiste ou radicale. C’est dans cet espace intellectuel-là, auquel Koestler s’identifie, qu’il faut voir les racines de la “nouvelle philosophie” en France et de la “political correctness” partout dans la sphère occidentale, ainsi que des gauches “ex-extrêmes”, dont les postures anti-impérialistes et les velléités auto-gestionnaires ont été dûment expurgées au fil du temps, pour qu’elles deviennent docilement des porte-voix bellicistes en faveur des buts de guerre des États-Unis. Un chercheur allemand a inauguré l’exploration inédite de cet espace : Tim B. Müller dans son ouvrage Krieger und Gelehrte – Herbert Marcuse und die Denksysteme im Kalten Kriege (Humboldt-Universität, Berlin) ; ce travail est certes centré sur la personnalité et l’œuvre du principal gourou philosophique de l’idéologie soixante-huitarde en Allemagne et en France (et aussi, partiellement, des groupes Planète de Louis Pauwels !) ; il relie ensuite cette œuvre philosophique d’envergure et la vulgate qui en a découlé lors des événements de 67-68 en Europe aux machinations des services secrets américains. La personnalité de Koestler est maintes fois évoquée dans ce livre copieux de 736 pages. Par ailleurs, le Dr. Stefan Meining, de la radio bavaroise ARD, et, en même temps que lui, l’Américain Ian Johnson, Prix Pulitzer et professeur à la TU de Berlin, ont chacun publié un ouvrage documenté sur la prise de contrôle de la grande mosquée de Munich par Said Ramadan à la fin des années 50.

En s’emparant des leviers de commande de cette importante mosquée d’Europe centrale, Ramadan, affirment nos deux auteurs, éliminait de la course les premiers imams allemands, issus des bataillons turkmènes ou caucasiens de l’ancienne Wehrmacht, fidèles à une certaine amitié euro-islamique, pour la remplacer par un islamisme au service des États-Unis, via la personnalité d’agents de l’AMCOMLIB, comme Robert H. Dreher et Robert F. Kelley. Ceux-ci parviendront même à retourner le Grand Mufti de Jérusalem, initialement favorable à une alliance euro-islamique. Les Américains de l’AMCOMLIB, largement financés, éclipseront totalement les Allemands, dirigés par le turcologue Gerhard von Mende, actif depuis l’ère nationale-socialiste et ayant repris du service sous la Bundesrepublik. La mise hors jeu de von Mende, impliquait également le retournement d’Ibrahim Gacaoglu, de l’Ouzbek Rusi Nasar et du Nord-Caucasien Said Shamil. Seuls l’historien ouzbek Baymirza Hayit, le chef daghestanais Ali Kantemir et l’imam ouzbek Nurredin Namangani resteront fidèles aux services de von Mende mais sans pouvoir imposer leur ligne à la mosquée de Munich. L’étude simultanée des services, qui ont orchestré les agitations gauchistes et créé un islamisme pro-américain, permettrait de voir clair aujourd’hui dans les rouages de la nouvelle propagande médiatique, notamment quand elle vante un islam posé comme “modéré” ou les mérites d’une armée rebelle syrienne, encadrée par des talibans (non modérés !) revenus de Libye et financés par l’Émirat du Qatar, pour le plus grand bénéfice d’Obama, désormais surnommé “Bushbama”. Il est temps effectivement que nos contemporains voient clair dans ces jeux médiatiques où apparaissent des hommes de gauche obscurantistes et néo-staliniens (poutinistes !), auxquels on oppose une bonne gauche néo-philosophique à la Bernard-Henri Lévy ou à la Finkelkraut ou même à la Cohn-Bendit ; des mauvais islamistes afghans, talibanistes et al-qaïdistes, mais de bons extrémistes musulmans libyens (néo-talibanistes) ou qataris face à de méchants dictateurs laïques, de bons islamistes modérés et de méchants baathistes, une bonne extrême-droite russe qui manifeste contre le méchant Poutine et une très méchante extrême-droite partout ailleurs dans le monde occidental, etc. Les médias, “chiens de garde du système”, comme le dit Serge Halimi, jettent en permanence la confusion dans les esprits. On le voit : nos cercles non-conformistes ont encore beaucoup de pain sur la planche pour éclairer nos contemporains, manipulés et hallucinés par la propagande de l’américanosphère, du soft power made in USA.

Il ne s’agit donc pas de lire Koestler comme un bigot lirait la vie d’un saint (ou d’un mécréant qui arrive au repentir) mais de saisir le passé qu’il évoque en long et en large pour comprendre le présent, tout en sachant que la donne est quelque peu différente.

Propos recueillis par Denis Ilmas à Bruxelles, déc. 2011/janv. 2012.

  • Signalons : Œuvres autobiographiques, Arthur Koestler, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1994. Préface Phil Casoar. Réunit : La corde raideHiéroglyphesDialogue avec la mort (Un testament espagnol)La Lie de la terre et L'étranger du square. On pourra aussi se reporter à : Le temps des Bohèmes, Dan Franck, Grasset, 2015.

http://www.archiveseroe.eu/lettres-c18386849/43

Bouqueval (95) : une nécropole gauloise vieille de 2500 ans découverte. Pas moins de 16 tombes avec squelettes, quinze incinérations ainsi qu’un important mobilier datant du IVe et IIIe siècle avant notre ère ont été mis au jour.

 

Les chercheurs poursuivent l’analyse des artefacts et dépouilles retrouvés dans la nécropole gauloise de Bouqueval, dont les fouilles se sont clôturées en octobre 2022.

(…) 

actu.fr


Une nécropole vieille de 2500 ans a été découverte par des archéologues dans un petit village du Val d'Oise pic.twitter.com/OF7nW0j4Lg

— BFM Paris Île-de-France (@BFMParis) November 30, 2022
 

Les quatre arnaques

 

par James Howard Kunstler

« Nous voulons sauver la planète, et la vie qu’elle abrite, mais nous ne sommes pas prêts à en payer le prix et à en supporter les conséquences. Alors nous inventons un récit qui nous fait du bien et nous courons avec. » (Raul Ilargi Meier)

Je doute qu’il y ait une autre époque dans l’histoire de la civilisation occidentale où les forces en mouvement agissant sur la société aient été si mystifiantes pour ceux qui les subissent. Et n’est-il pas particulièrement exaspérant qu’il en soit ainsi à une époque où la pratique scientifique rationnelle avait décodé tant de secrets de la nature ? Ce projet a-t-il finalement échoué ? Le siècle des Lumières a-t-il été vaincu ? Comment sommes-nous devenus piégés comme des grenouilles que l’on fait bouillir malencontreusement dans l’eau de notre propre étang ?

J’ai ramené ces forces à quatre courants évidents de la plus grande fourberie apparemment maléfique, c’est-à-dire des événements gérés de façon néfaste et destinés à nous nuire. Ils sont sûrement tous liés d’une manière ou d’une autre. Essayons de les démystifier pour comprendre ce à quoi nous sommes confrontés.

1 : Covid-19. Comment se fait-il que nous ne sachions pas avec certitude comment cet organisme est apparu dans le monde, ni ne comprenions ce qui s’est passé ensuite ? Réponse : les personnes qui l’ont créé dans le laboratoire de Wuhan ont été occupées à couvrir leurs arrières pendant trois ans, et avec succès. Pourtant, nous savons exactement ce que Anthony Fauci, Francis Collins, Peter Daszak, Ralph Baric et d’autres ont fait. Rien que la trace écrite dans la correspondance et les brevets est claire. Il semble que nous ne puissions rien faire à ce sujet.

Nous ne savons pas encore pourquoi ils l’ont fait, mais il y a des hypothèses plausibles. Peut-être le Dr Fauci voulait-il couronner sa longue carrière en dents de scie par un dernier triomphe héroïque : l’introduction de vaccins à ARNm qui sauveraient le monde – accessoirement, une grande aubaine financière pour lui-même et l’industrie pharmaceutique qu’il servait secrètement. Comme tout ce sur quoi Fauci a travaillé pendant quarante ans, cette expérience s’est soldée par un désastre : une maladie de Frankenstein qui persiste dans la population et des vaccins qui mutilent et tuent des gens. Comment Fauci et sa société ont-ils pu s’en sortir ? Voici comment :

2 : la guerre du gouvernement contre ses propres citoyens. Je daterais cela, pour simplifier, à la campagne du DoJ et du FBI visant à défenestrer Donald Trump à partir de 2016 pour le crime d’avoir gagné une élection. Ce qui a commencé comme la farce de la collusion avec la Russie s’est transformé en RussiaGate, une autre extravagance dans laquelle l’administration publique s’est donné la permission générale de mentir sur tout ce qu’elle faisait. Des gens comme James Comey, Andrew McCabe et l’équipe de filles de Barack Obama à la Maison-Blanche – pour ne citer que quelques-uns des nombreux participants – ont également réussi à accrocher les grands médias d’information en leur faisant croire qu’ils étaient les gentils qui combattaient un super-méchant dégoûtant et attrapeur de chattes, ce qui a disposé les médias d’information à accepter tous les mensonges du FBI et du DoJ, et les a également bloqués dans une boucle sans fin dans laquelle ils sont toujours enfermés.

En fin de compte, toutes les personnes impliquées ont fini par reconnaître qu’il n’y avait aucune responsabilité pour leurs méfaits et leurs mensonges, et cela est devenu une licence universelle pour tous les acteurs de la vie publique de mentir sur tout et n’importe quoi, en particulier le Dr Fauci et ses collègues, qui ont regardé le RussiaGate se dérouler pendant quatre ans avant les débuts du Covid-19. Cette autorisation d’agir injustement et de mentir à ce sujet s’étend, soit dit en passant, aux méfaits électoraux épiques réalisés de manière programmatique par la branche Guerre judiciaire du parti démocrate en 2020 et 2022, et à l’installation d’un faux président.

3 : Le Wokisme, la campagne marxiste visant à désordonner la société afin de renverser les institutions existantes et de les remplacer par une dictature utopique des opprimés intersectionnels – également connue sous le nom de La vengeance des perdants. Sa principale tactique consiste à normaliser la maladie mentale. Le Wokisme est souvent décrite comme une nouvelle sorte de religion, mais c’est principalement parce que toutes ses propositions et principes sont irrationnels, comme c’est le cas pour toutes les religions. De plus, comme dans beaucoup de religions, le Wokisme est préoccupée par la coercition et la punition – ce qui est naturel pour un mouvement basé sur la vengeance – et souvent à un degré sadique. Il se moque de l’idée de rédemption. Ses adversaires ne sont jamais pardonnés, mais reçoivent des punitions supplémentaires pour avoir demandé.

Le mystère ici est de savoir comment le Wokisme a été incorporé dans le système d’exploitation du parti démocrate. La réponse est que le parti avait besoin de quelque chose pour remplacer son ancien corpus de travailleurs industriels organisés, emportés par les vents du mondialisme, et il a donc valorisé les diverses catégories de malades mentaux, les personnes définitivement opprimées, et diverses personnes qui étaient devenues des otages économiques de son système corrompu de paiements et de subventions. Au-dessus de ce ramassis de fous, régnait une aristocratie de la soi-disant élite cognitive, des gens d’une vertu incontestée, des professeurs d’université, de la classe créative, de l’échelon des diplômés – très occupés à signaler leurs bonnes intentions à leurs vassaux pour les garder dans le rang.

Le Wokisme, vous l’avez peut-être remarqué, est aussi une « religion » dominée par les femmes, et une souche particulière de femmes : celles qui ont été grossièrement déçues par les promesses du féminisme dans ses différentes itérations, c’est-à-dire l’idéal d’avoir des carrières brillantes sans famille ni enfants – produisant une rage implacable, inchoative et transmissible contre le monde et un désir féroce de punir ceux qui ne sont pas aussi bien disposés envers le dogme woke. Il n’est donc pas surprenant qu’une grande partie de ce dogme ait émané des départements de sciences humaines des universités où ces intellectuelles féministes carriéristes ont afflué et ont mariné dans leurs déceptions. C’est également le cas de leur avatar : la toujours froide et diabolique Hillary Clinton, toujours en quête de réparation pour les pertes de sa vie. Hillary nous conduit sur la scène mondiale, et à…

4 : La plus mystérieuse des quatre arnaques : Le mondialisme tel que représenté par le Forum économique mondial (WEF) dirigé par le quasi-comique Klaus Schwab. Il est supposé – et je ne peux pas approuver cette proposition – qu’il s’agit d’une façade pour une cabale de banquiers et d’oligarques internationaux exaltés, les proverbiaux Rothschild et Rockefeller, Soros et Bill Gates et leurs divers subalternes. Il y a certainement beaucoup d’argent en jeu et, comme le dit le vieil adage, l’argent parle et les conneries passent. Il y a aussi une tonne de bavardages sur cette même cabale centrée sur un culte satanique de maltraitance des enfants.

Je n’y crois pas non plus. Ça me semble complètement fou. Et pourtant, comment expliquez-vous les activités de Jeffrey Epstein, et comment il s’en est tiré avec tout cela, jusqu’à ce qu’il soit éliminé juste sous le nez du procureur général Bill Barr ? Comment expliquer la déification des transsexuels par les responsables de la culture et de la politique ? Essayez de condamner des insultes aussi scandaleuses à la moralité humaine que le Drag Queen Story Hour.

L’hypothèse est que le module sexuel satanique est tout à fait conforme au projet de transhumanisme du WEF : créer une super-race qui gérera et appréciera les inconvénients de la vie sur terre en tant que genre hermaphrodite inédit, et toute la sexualité performative perverse exposée n’est qu’un avant-goût de cela, pour nous adoucir. Mais ce qui est plus important, c’est l’idée que cette élite du WEF dirigera une planète d’esclaves de rang inférieur (nous), pour extraire leur lithium et préparer leurs boissons. Et avec cela, il y a l’histoire très entendue du WEF qui cherche à réduire sévèrement la population humaine actuelle de la Terre. Je ne suis pas entièrement d’accord pour croire à tout cela ; je dis juste que tout cela est « là » et, aussi fou que cela puisse paraître, c’est difficile à expliquer.

Sauf de cette façon. Les lecteurs savent que j’ai présenté mon point de vue personnel sur l’effondrement de la société techno-industrielle sous le titre « The Long Emergency ». Ma conviction personnelle est la suivante : l’appréhension générale d’un tel événement, actuellement en cours, a généré parmi les citoyens une terreur telle qu’elle a rendu la société folle (la formation de masse est une interprétation connexe, qu’il n’est pas nécessaire d’aborder ici).

Je suppose que cela est arrivé à la plupart des autres civilisations qui ont vacillé et sont tombées. La plus connue pour moi – parce que j’en ai parlé dans « The City in Mind » (2002) – est la psychose qui a envahi les Aztèques de 1519 à 1521. C’est l’histoire la plus étrange de l’histoire que je connaisse. La civilisation aztèque avait à peine deux cents ans. La grande cité-état de Tenochtitlan avait rapidement atteint environ un million d’habitants lorsque Hernan Cortés et sa compagnie, représentant l’Espagne de l’Inquisition, ont débarqué. Cortés, dans son casque d’acier étincelant, était la personnification de la divinité en chef des Aztèques, Huitzilopochtli, leur dieu du soleil, et du récit théologique qui l’accompagnait, à savoir que Huitzilopochtli reviendrait dans le monde depuis l’endroit où les dieux se reposaient et détruirait tout. En fait, c’est exactement ce que le Señor Cortés et ses quelques centaines de soldats ont fait à un million d’Aztèques et à leur culture.

Mais pendant les deux années où Cortés a séjourné parmi eux, les Aztèques sont devenus fous et ont intensifié leur programme de sacrifices humains – quelques captifs malchanceux de temps en temps – pour en faire un fantastique bain de sang rituel, coupant le cœur de centaines de personnes au sommet de leur grande pyramide afin de contenter Huitzilopochtli et de le persuader, par cette preuve sanglante de leur dévotion, de ne pas mettre fin à leur monde. Il s’est terminé quand même, mais un autre monde (sans doute pas meilleur) a pris sa place : le Mexique.

C’est le genre de folie collective humaine périodique que je vois dans les quatre arnaques qui se répandent dans le monde alors que la civilisation occidentale vacille. Le problème est que, ayant remplacé nos dieux par la science, nous n’avons aucune divinité à propitier. Juste des hypothèses sans fin sur ce qui est à venir.

source : Clusterfuck Nation

traduction Réseau International

https://reseauinternational.net/les-quatre-arnaques/

Révolution et Contre-révolution, les leçons de l’Histoire

 Les épopées contre-révolutionnaires présentées dans ce numéro de la revue Civitas sont notre passé.

Elles doivent nous inspirer dans les combats contre-révolutionnaires d’aujourd’hui. Car nos combats contre la destruction de la famille, la dénaturation du mariage, la déchristianisation de notre société, le déracinement, le travail de sape de notre patrie, l’invasion migratoire, le mondialisme,…  doivent être menés dans l’esprit et selon les principes contre-révolutionnaires.

Mgr de Ségur a donné quelques conseils « pour combattre le bon combat et conserver la foi ». S’adressant aux vrais catholiques, il leur dit : « Par la prière, par les saintes œuvres, par l’action et par la parole, par la polémique, par tous les moyens légitimes d’influence, chacun d’eux s’efforce de repousser l’ennemi et de faire triompher la bonne cause. »

Bien sûr, le combat contre-révolutionnaire n’est pas consensuel. Combien ne voyons-nous pas autour de nous de prétendus « amis » qui croient admirer croisés, chouans et cristeros, mais qui répugnent à envisager de mener les combats actuels avec la même abnégation, la même force, la même fermeté, la même intransigeance et surtout la même foi catholique publiquement assumée et revendiquée ?

Les luttes entre la Contre-révolution et la Révolution sont souvent cachées mais éclatent non moins souvent au grand jour, dans une succession d’événements apocalyptiques où la grandeur et le courage le disputent à l’horreur et à la lâcheté.

Il s’agit en ces pages d’exercer autant un devoir de mémoire, que de discerner des leçons pour le présent et l’avenir :

Leçons négatives d’une part : ces épopées ont été l’occasion d’erreurs parfois gravissimes. Le but n’est pas tant de le rappeler que d’amener le lecteur à percevoir combien – dans le contexte actuel de déchristianisation avancée et de haine entretenue contre les catholiques (la Révolution ne dépose jamais les armes…) – des erreurs a priori beaucoup moins graves pourraient être néanmoins rapidement fatales.

Leçons positives d’autre part : nous ne serions pas de Dieu si nous limitions notre propos aux trahisons, bassesses et autres inconséquences… et ce dossier doit être l’occasion de méditer des pages d’héroïsme, de grandeur et de sacrifices écrites par des catholiques de tous les temps et de toutes les latitudes, fidèles à leur Dieu et à leur patrie.

Le premier article sur le génocide vendéen, écrit par Sylvain des Rochettes, montrera d’abord  – sur base des travaux de Reynald Secher – jusqu’où peut aller l’horreur révolutionnaire, dans un pays que l’on pensait alors à la pointe de civilisation. Il faut s’en souvenir et en tirer pour demain toutes les conséquences.

Michel Fromentoux présentera ensuite la résistance ardéchoise pendant la Révolution, moins connue mais tout aussi édifiante que l’épopée vendéenne.

Jean-Louis Picoche nous entraînera au-delà de l’océan pour évoquer l’histoire des Cristeros. Selon Jean-Louis Picoche, l’issue de cette épopée aurait pu être beaucoup plus favorable si certains hommes d’Eglise n’avaient pas montré une ingérence et une naïveté coupables.

Enfin, Miguel Ayuso, juriste et philosophe du droit, brossera un portrait, plus intellectuel qu’événementiel, du carlisme, grand mouvement du légitimisme et du traditionalisme espagnol.

Pour commander ce numéro: 7€ + 2.50 de port   Image d’aperçu

ou par chèque bancaire à l’ordre de Civitas, 17 rue des Chasseurs, 95100 Argenteuil

https://www.medias-presse.info/revolution-et-contre-revolution-les-lecons-de-lhistoire/44915/

CLOVIS : un ROI GUERRIER au service de la FOI

mercredi 30 novembre 2022

Beyrouth 1976, des Français aux côtés des Phalangistes (Emmanuel Albach)

 

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Emmanuel Albach est le président de l’Amicale des Anciens Volontaires Français du Liban. Il a combattu au Liban de janvier à juillet 1976 et a fait ensuite une carrière de journaliste. C’est à son retour de Beyrouth, il y a quarante ans, qu’il a rédigé ce livre. Alors que les chrétiens d’Orient sont victimes d’une nouvelle tentative d’élimination, il lui semble temps de le publier.

Ce livre est la mémoire de cette poignée de jeunes Français partis au secours des chrétiens du Liban, aux pires heures de la menace, au risque de leur propre existence. Ni mercenaires ni soldats d’une armée régulière, ces volontaires français, essentiellement des étudiants, ont rejoint les Phalanges chrétiennes du Liban, alors dirigées par Béchir Gemayel, pour d’éprouvants combats de rue d’une guerre de positions à Beyrouth contre les diverses milices musulmanes.

Ils étaient environ une quarantaine, cinquante tout au plus. Ils ont sauvé l’honneur de la France.

Beyrouth 1976, des Français aux côtés des Phalangistes, Emmanuel Albach, éditions Synthèse Nationale, 260 pages, 22 euros

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Les hommes des tourbières | Mini documentaire #3

mardi 29 novembre 2022

Genèse de l’impérialisme américain

 

Joe Biden dans éléments
 

Champs communs, le laboratoire d’idées de la reterritorialisation de Guillaume Travers, se penche aujourd’hui sur la tentation impériale américaine inscrite dans la « destinée manifeste » à partir de L’Amérique empire, le dernier livre de Nikola Mirković.

Voici une très belle contre-histoire de l’Amérique, depuis ses origines jusqu’à la présidence Biden. Nikola Mirković décrypte avec beaucoup de lucidité l’envers du « rêve américain » et de la « destinée manifeste » des États-Unis, pour montrer que, dès ses origines, la vocation américaine est d’être un empire – mais sans jamais l’admettre ouvertement. Aucune des questions difficiles n’est éludée : ni la guerre de Sécession (qui ne se réduit en rien à un conflit pour ou contre l’esclavage), ni l’influence américaine dans la construction européenne (via des agents comme Jean Monnet) ou dans la promotion de pays fantoches (tels le Panama), ni les activités américaines sous faux drapeau (à l’image de Gladio en Europe). Impossible, donc, de résumer en quelques lignes un ouvrage très riche. Signalons seulement quelques axes particulièrement importants.

Tout d’abord, Nikola Mirković démonte le mythe d’une Amérique naturellement portée à l’isolationnisme, et qui ne serait intervenue dans les affaires du monde que tardivement, aux XXe siècle, et presque contrainte par les événements. La logique d’expansion se manifeste dès le début – en commençant évidemment par l’idée qu’il faut toujours repousser la « frontière » du territoire américain, vers l’Ouest, puis en affirmant la doctrine Monroe (étendant les prétentions des États-Unis à tout le territoire américain), enfin en s’engageant dans de très nombreux conflits hors de leur sol tout au long du XIXe siècle.

La face cachée du rêve américain

Ensuite, et c’est peut-être le point le plus central de la thèse, cette dimension impériale, conquérante, de l’Amérique, n’est jamais ouvertement assumée. Rien de commun, de ce point de vue, avec d’autres formes de colonisation ou de conquête territoriale dans l’histoire. Si l’Amérique fait la guerre, c’est toujours pour « pacifier ». Si elle contraint, c’est en invoquant le « monde libre ». Ce qu’elle promeut, c’est toujours le « libre échange », et non ses intérêts matériels immédiats. En révélant cette face cachée, c’est à l’un des plus grands mythes modernes que s’attaque Nikola Mirković. Les exemples sont innombrables. Citons-en seulement un seul. Peu après la naissance du prix Nobel de la paix, l’un des lauréats, en 1906, est le président Theodore Roosevelt. Pacifiste ? C’est un interventionniste convaincu, qui forme l’idéologie du « big stick » (gros bâton) américain. Dans la même veine, le livre montre parfaitement en quoi la colonisation américaine procède par des outils nouveaux : l’implantation massive de bases militaires, la colonisation mentale des élites et le déversement de biens économiques.

Enfin, l’ouvrage a la finesse de montrer que ce projet américain a surtout bénéficié à une petite élite, plus qu’à la grande masse du peuple américain. Pour ce faire, Nikola Mirković s’appuie sur des ouvrages importants d’auteurs américains, dont la volumineuse Histoire populaire des États-Unis d’Howard Zinn.

Cette puissance américaine est évidemment en train de décliner. Peut-on, comme le rappelle l’auteur, « Make America small again » ? Peut-être, mais ce ne sera pas en douceur. Car Nikola Mirković montre parfaitement à quel point les divers éléments de la superpuissance américaine – le dollar, l’extraterritorialité du droit, l’accès aux marchés étrangers, la langue, le soft power, les bases militaires à l’étranger et les dépenses militaires – sont organiquement liées.

Nikola Mirković, L’Amérique empire, Temporis, 2022, 332 p., 20 €.

Retrouvez Guillaume Travers dans Champs communs, le laboratoire d’idées de la reterritorialisation : www.champscommuns.fr

https://www.revue-elements.com/genese-de-limperialisme-americain/