L’émission « Décolonisations – du sang et des larmes » sur la 2, mardi soir, n’a pas manqué de signaler ce « mensonge d’État » que fut le 17 octobre 1961 : un rassemblement pacifique du FLN, interdit par la préfecture, après quelques mois où 80 policiers avaient été assassinés, et 4 000 musulmans exécutés, au cours des affrontements sanguinaires entre MNA et FLN.
Et, pour faire bonne mesure, offert la parole à Zorah Drif, cette criminelle qui avait posé, entre autres, une bombe au « Milk-Bar, rue d’Isly, à Alger, massacrant et mutilant femmes et enfants. Bien entendu, elle n’a exprimé aucun regret, dans un excellent français, enseigné par la « colonisation ».
Chaque année, depuis plus d’un demi-siècle, le 17 octobre 1961 revient à la « Une » de l’actualité pour dénoncer les « soi-disant » 200 à 300 victimes (on n’est pas à quelques dizaines près) de la « terrible » répression policière, suite à la manifestation « pacifique » du FLN (interdite par le préfet), qui, rappelons-le, était tout de même l’ennemi en guerre contre la France à cette époque.
Le 18 octobre 1961, lendemain des manifestations, bilan affiché par Maurice Legay, directeur général de la police parisienne : 3 morts.
Les conclusions du rapport officiel de la commission d’enquête, réclamé par le Premier ministre Lionel Jospin et le ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement, concernant les évènements du 17 octobre 1961, et qui leur a été remis en 1998, viennent confirmer mes affirmations (sur le quotidien parisien L’Aurore) sur le nombre de victimes comptabilisé au cours des journées des 17 à 20 octobre 1961.
Cette commission, dénommée « La mission » » était composée de :
– M. Dieudonné Mandelkern, président de section au Conseil d’État
– M. André Wiehn, inspecteur général de l’Administration
– Mme Mireille Jean, conservateur aux Archives nationales
– M. Werner Gagneron, inspecteur de l’Administration.
Elle a examiné scrupuleusement les :
– Archives de la préfecture de police
– Archives du ministère de l’Intérieur
– Archives de l’Institut médico-légal
– Dossiers d’enquête de la police judiciaire
– Graphique des entrées de corps « NA » (Nord-Africain) de septembre à fin octobre 1961.
Pour l’ensemble de l’année 1961, 474 dossiers d’enquête pour homicides ont été dénombrés.
275 se rapportaient à des victimes FMA (Français musulmans d’Algérie) tués par arme blanche, arme à feu, strangulation ou noyade. Pour la plupart par règlements de compte entre les mouvements indépendantistes algériens FLN et MNA.
79 des victimes appartenant aux forces de l’ordre (qui avaient bien des raisons légitimes de procéder à une « ratonnade » ce jour-là).
120 des victimes autres que FMA ou forces de l’ordre.
Entre le mois de septembre et le 6 octobre 1961, 90 morts ont été dénombrés, dont 10 dans la seule journée du 3 octobre et 50 cadavres par noyade ont été découverts dans la Seine, la Marne ou les canaux, donc bien avant le 17 octobre.
En ce qui concerne plus particulièrement la manifestation interdite du 17 octobre, le nombre de manifestants était estimé entre 20 et 25 000. Encadrés par des groupes de choc armés. Les instructions du FLN menaçaient de mort les Français musulmans algériens qui n’obéissaient pas aux consignes.
11 358 ont été interpellés.
2 299 ont été transportés de métropole vers l’Algérie après le 17 octobre 1961.
Le ministre de l’Intérieur, lors de la séance du 31 octobre 1961, a fait part aux sénateurs du bilan de 7 morts et 136 blessés hospitalisés entre le 17 et le 20 octobre 1961 :
**Le 17 octobre 1961 j’étais journaliste d’investigation et chroniqueur judiciaire du quotidien «L’Aurore » et j’ai enquêté dès le lendemain auprès de la morgue et des services hospitaliers, également auprès des établissements et des riverains qui longeaient la Seine.
J’ai accompagné le colonel Raymond Montaner, commandant de la Force auxiliaire des harkis de Paris, dont le rôle principal était la protection des Algériens de la région parisienne contre les exactions du FLN, qui a enquêté en compagnie de ses deux adjoints le capitaine de Roujoux et le lieutenant Champsavin et voici le résultat absolument vérifiable de ses conclusions :
Il n’y eut cette nuit du 17 octobre aucune intervention anormale des pompiers parisiens, ni de police secours, ni de la Croix-Rouge, ni d’aucun service d’ambulance.
– Aucun service d’urgence des hôpitaux de Paris et de la banlieue n’a reçu un afflux anormal de blessés
– 2 300 blessés en une seule nuit, cela laisse pourtant des traces, non ? Toutes les urgences et même les cliniques privées auraient dû être totalement débordées. Où sont donc passés ces 2 300 blessés ? Disparus comme par magie ! Il paraîtrait qu’ils auraient été jetés dans la Seine en même temps que les 300 morts !
L’enquête auprès des barrages en aval de Paris n’a révélé aucune découverte de noyés. Pourtant 300 corps ne se dissolvent pas dans l’eau de la Seine. Les berges sur des kilomètres auraient dû être parsemées de cadavres mais aucun riverain n’en a signalé !
Peut-on d’un coup de baguette magique escamoter 300 cadavres ?
Si l’on conteste ces chiffres, que l’on nous donne les noms des 300 morts, et si 2 300 blessés sont passés par les services hospitaliers, les traces existent, qu’on nous les communique.
Alors Messieurs nos gouvernants, Messieurs les sénateurs, parlementaires, Français et Algériens, voici la liste officielle des cadavres « non identifiés » reçus à l’Institut médico-légal entre le 18 et le 21 octobre 1961 :
– Le 17 octobre 1961, alors que se déroulait dans Paris un soi-disant massacre, l’Institut médico-légal (la morgue), n’a enregistré aucune entrée de corps de « NA » (NA= Nord- Africain dans la terminologie de l’époque) ;
– Le 17 octobre 1961, de 19 h 30 à 23 heures, il n’y eut qu’une seule victime dans le périmètre de la manifestation, un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21 h devant le cinéma REX, crâne fracassé. Par qui ?
– En dehors du périmètre de la manifestation, « seuls » 2 morts furent dénombrés, Abdelkader Déroues, tué par balle et retrouvé à Puteaux et Lamara Achenoune, tué par balle et étranglé, gisant dans une camionnette, également à Puteaux. Rien ne permet de dire qu’ils furent tués par les forces de l’ordre, puisque la manifestation ne se déroulait pas à Puteaux ;
– Le 18 octobre, à 4 heures du matin, le bilan était donc de 3 morts. Nous sommes donc loin des 200 à 300 morts.
Mais, nous dit-on, les cadavres ont été déposés à la morgue les jours suivants.
C’est absolument faux !
**Les archives de l’Institut médico-légal de Paris affirment qu’entre le 18 et le 21 octobre, 4 cadavres de « NA » seulement furent admis à la morgue :
– Le 18 octobre, Achour Belkacem tué par un policier invoquant la légitime défense et Abdelkader Benhamar mort dans un accident de la circulation à Colombes
– Le 20 octobre, Amar Malek tué par balles par un gendarme
– Le 21 octobre Ramdane Mehani, mort dans des circonstances inconnues.
Mais ceux qui nous gouvernent sont sans doute persuadés que les médecins légistes et les fonctionnaires d’État ont été « payés » ou ont subi des pressions afin de « dissimuler » ces 200 à 300 cadavres… et que depuis plus de cinquante ans ils se taisent !!
Ces archives inscrivant les « entrées de corps « NA » (Nord-Africains) par jour nous apprennent également que pour tout le mois d’octobre 1961, les 90 corps enregistrés par l’Institut médico-légal étaient, pour la plupart, des victimes du FLN.
Et que pour la totalité de l’année 1961, 308 cadavres de « NA » sont passés par l’IML, la plupart exécutés par le FLN dans sa guerre contre les Messalistes.
Sur ces 308 cadavres de « NA », 34 retrouvés dans la Seine ou la Marne notamment étaient des harkis, des partisans de la France, ou des membres du MNA, une des méthodes d’assassinat du FLN consistant à noyer ses opposants.
Et surtout, ce sont ces mêmes « assassins » du FLN qui étaient les organisateurs de cette manifestation « pacifique ».
Ces chiffres cités dans mes livres et mes articles n’ont jamais été contestés.
On vous trompe, on nous trompe, on les trompe, on ment à la France et aux Français et, forcément, on ment aussi aux Algériens qui ne demandent qu’à croire les informations volontairement erronées qu’ils reçoivent.
STOP ! À présent ça suffit. Il est temps d’accepter la vérité, toute la vérité, sur ce prétendu massacre « inventé » de toute pièce par le Parti communiste français, complice du FLN, après la parution du livre « La bataille de Paris », édité en 1991 et œuvre de l’écrivain Jean-Luc Einaudi, rédacteur à « L’Humanité rouge » et membre influent du PCF, qui n’avait que dix ans en octobre 1961.
Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier ministre, vous êtes, je le pense, des hommes sincères. Votre ministre de l’Intérieur possède tous les documents officiels concernant la manifestation interdite du 17 octobre 1961.
Ne pensez-vous pas que votre devoir est de tenir informés les parlementaires, les sénateurs et, bien sûr, les Français, sur le nombre véritable de victimes lors de cette manifestation de 1961 ? Et, par la même occasion, que les Algériens en prennent connaissance !
Au cours des mois qui suivirent l’évasion des bataillons du Pathet Lao en mai 1959, les crises gouvernementales continuèrent à Vientiane, chacune produisant un virage à droite. Le « Comité de défense des intérêts nationaux » (CDNI) du général Nosavan fait de plus en plus sentir son poids. Les nouveaux placements de l’Amérique remettaient en cause d’anciens privilèges bien établis et gravissaient la spirale politique trop rapidement pour satisfaire les goûts et les intérêts matériels des « vieux fidèles », qui tentaient de s’accrocher d’un remaniement ministériel à l’autre.
Dans l’un d’eux (15 décembre 1959), Sananikone a viré huit ministres du CDNI, dont Nosavan. Onze jours plus tard, des chars sont apparus dans les rues de Vientiane et des camions de soldats ont été déchargés devant l’Assemblée nationale. Sananikone a compris l’allusion et a démissionné, mais le roi Savang Vatthana, sachant qu’il n’y avait généralement pas de place pour un roi et un « homme fort » dans le même pays, a refusé d’accepter la démission de son premier ministre. Lorsque Katay est tombé mort le 29 décembre – du moins c’était la version officielle – Sananikone a pris cela comme un indice supplémentaire et a refusé la commission du roi de former un autre gouvernement.
À ce stade, Nosavan, qui n’occupait alors aucun poste gouvernemental, a publié un communiqué annonçant que l’armée « avait pris en charge » les affaires de l’État en attendant la formation d’un nouveau gouvernement. Cela a été suivi d’un autre communiqué cinq jours plus tard indiquant que le haut commandement avait informé le roi que « compte tenu de la grave situation existant au Laos, l’armée jugeait indispensable de prendre en charge les affaires courantes ».
À partir de ce moment, quel que soit le nom apparu comme premier ministre, c’est « l’homme fort » Nosavan qui a exécuté la politique américaine au Laos. Pour présenter le genre de façade légale dont la politique américaine a parfois besoin, des élections générales ont eu lieu entre le 24 avril et le 9 mai 1960. Les élections ont dû être échelonnées, comme la campagne d’extermination de Katay, pour permettre la concentration des unités de l’armée et de la police de Nosavan à divers endroits et localités. Les résultats ont été miraculeux. Les candidats de Neo Lao Haksat et de Santiphap Pencan (Parti de la paix et de la neutralité), qui avaient si bien réussi auparavant, n’ont remporté aucun siège. Dans certaines circonscriptions électorales où ils avaient gagné avec des majorités écrasantes la dernière fois, ils n’ont pas obtenu un seul vote ! Tous les sièges ont été remportés par le Rassemblement du peuple laotien (parti de Sananikone) et les filiales de la CDNI.
Pas étonnant que les États-Unis et leurs hommes en place au Laos aient été pris complètement par surprise lorsque Kong Le avait mené à bien son coup d’État militaire. Le gouvernement d’approbation qui avait été mis en place deux mois avant le coup d’État s’est effondré. Le 15 août 1960, une semaine à peine après l’occupation de Vientiane par le bataillon de Kong Le, le roi invite Souvanna Phouma à former un gouvernement, qui est approuvé par une Assemblée nationale profondément ébranlée deux laïcs plus tard.
Pendant un moment, Nosavan et ses conseillers de la CIA ont été emportés par le fort courant des événements. Nosavan attaqua d’abord la composition du nouveau gouvernement ; dans l’intérêt de la paix, Souvanna Phouma avait remanié son cabinet le 30 août pour inclure Nosavan comme vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, du Bien-être social et de la Culture. Ce gouvernement était reconnu par la plupart des pays du monde, y compris les États-Unis, comme le gouvernement légal du Laos. Mais ce n’était qu’une manœuvre provisoire pendant que la CIA réfléchissait à la prochaine étape. Elle n’a pas tardé à venir.
Le général Phoumi Nosavan rencontre le Secrétaire à la Défense des États-Unis Robert McNamara en 1961
Immédiatement après l’investiture du nouveau gouvernement dans la capitale royale de Luang Prabang, Nosavan s’est envolé vers le sud jusqu’à Savannakhet. Là, le 10 septembre, le prince Boun Oum annonça qu’avec Nosavan, il avait formé un « nouveau comité révolutionnaire » et que « la loi martiale avait été déclarée dans tout le pays ».
Les armes américaines ont commencé à affluer à Savannakhet depuis la Thaïlande, et en moins de dix jours, les troupes de Nosavan, renforcées par des unités de l’armée thaïlandaise, ont commencé une poussée vers le nord le long de la vallée du Mékong pour tenter de reprendre Vientiane. La guerre civile reprenait, cette fois à une échelle plus grande que jamais. Les généraux d’un certain nombre de provinces du nord, dont Xieng Khouang, Sam Neua, Phong Saly et Luang Prabang, impressionnés par l’ampleur généreuse du soutien financier et militaire américain à Nosavan, lui ont déclaré leur soutien. Parmi les premiers résultats de l’action militaire figuraient une cuisante défaite infligée aux troupes de Nosavan par Kong Le à Paksane et l’occupation de la province de Sam Neua par le 2e bataillon du Pathet Lao. C’était après une bataille acharnée au cours de laquelle Nosavan avait perdu 2000 hommes tués, blessés et faits prisonniers – de très lourdes pertes pour le Laos.
Après ces deux défaites, Nosavan a fait semblant d’être à nouveau d’humeur à négocier jusqu’à ce qu’il ait constitué ses forces pour une autre poussée vers le Nord. Cette fois, en plus de remonter la vallée du Mékong, il a déplacé ses troupes à travers le territoire thaïlandais pour attaquer Vientiane du côté thaïlandais du fleuve. Après 18 jours de résistance héroïque des forces de Kong Le et du Pathet Lao, aidées par la population locale à qui Kong Le avait distribué les armes américaines capturées lors de son coup d’État, Vientiane tomba, le 16 décembre. Elle avait été lourdement bombardée à partir du Côté thaïlandais de la rivière, les tirs d’artillerie étant dirigés par des hélicoptères américains. Boun Oum y déplaça son Comité et l’appela un gouvernement. Avec une hâte indécente, même aux yeux des alliés occidentaux, les États-Unis ont immédiatement reconnu le régime de Boun Oum comme le seul gouvernement « légal » du Laos. Le gouvernement de Souvanna Phouma et ses forces armées sont devenus des « rebelles » et les États-Unis ont fait savoir sans ambages qu’ils allaient être anéantis avec les moyens militaires et financiers fournis par les États-Unis. La facilité avec laquelle les « rebelles » sont devenus « gouvernement légal » et vice-versa était un peu trop pour certains des plus proches alliés de l’Amérique et pour la plupart des pays du monde qui ont continué à reconnaître Souvanna Phouma.
Pendant ce temps, le Neo Lao Haksat avait rejoint le gouvernement de Souvanna Phouma ; une décision a été prise d’établir des relations diplomatiques avec l’Union soviétique et de prendre l’aide économique de tout pays qui l’offrait sans conditions. Un blocus économique imposé par la Thaïlande pour couper toute nourriture et tout pétrole des zones contrôlées par le gouvernement a été contré par un pont aérien soviétique de fournitures essentielles.
Ce n’était pas un objectif stratégique de défendre Vientiane, située à la frontière thaïlandaise; la possession d’une capitale administrative ne pouvait être déterminante pour le résultat final. Bien qu’ils se soient retirés de Vientiane, le moral des troupes de Kong Le-Pathet Lao était élevé. Ils ont commencé une retraite de combat de 200 milles pour frapper Nosavan à un endroit où ça faisait vraiment mal – la plaine des Jarres, qui domine tout le nord du Laos et dans laquelle les Américains avaient englouti des millions de dollars en développant un grand réseau d’aérodromes.
« Nos forces », m’a raconté plus tard le général Singkapo, « étaient pitoyablement dispersées au moment où nous avons atteint Xieng Khouang [capitale de la province du même nom et centre principal de la plaine des Jarres]. Nous avions dû laisser des garnisons dans des points stratégiques que nous avions capturés le long de la ligne de retrait. Le capitaine Kong Le n’avait que 300 soldats au moment où nous avons atteint Xieng Khouang et nous n’avions qu’un seul peloton. La plupart du reste de nos deux forces luttaient, loin derrière. Le transport avait été difficile, Les troupes étaient plutôt épuisées. Mais le moral était bon et nous avons mis en déroute les troupes de Nosavan. Au moment où tous nos hommes avaient rattrapé notre retard, nous en avions environ 1500. La plaine des Jarres était entièrement entre nos mains le 1er janvier 1961. Nos anciennes unités de guérilla avaient recommencé à agir à Luang Prabang et dans d’autres provinces du nord théoriquement sous le contrôle de Nosavan ».
Pour expliquer sa défaite massive dans la Plaine des Jarres, Nosavan a typiquement inventé le mythe des « six bataillons nord-vietnamiens », dans une note à l’ONU. Cela a été répété lors de deux conférences de presse à Vientiane les 10 et 23 janvier 1961. Mais le 26 janvier, une troisième conférence de presse a eu lieu à laquelle, en présence de Boun Oum, le porte-parole officiel de Nosavan a admis qu’il n’y avait aucune preuve d’invasion. Les protestations auprès de l’ONU et de l’OTASE avaient été faites pour des raisons de propagande interne, a-t-il admis (C’était de la propagande qui eut un mauvais effet boomerang. Les troupes de Nosavan s’enfuirent consternées lorsqu’elles entendirent à la radio de Vientiane qu’elles devaient affronter des bataillons « vietminh ».) Le 4 janvier, lors d’une réunion de l’OTASE tenue à la demande américaine à Bangkok, le Secrétaire général thaïlandais, Nai Pote Sarasin, a dû admettre qu’il n’y avait aucune preuve d’intervention active au Laos des forces nord-vietnamiennes et que la présence de forces terrestres d’invasion devrait être prouvée avant que l’OTASE ne puisse entreprendre une quelconque action.
Fin janvier, Nosavan lance une grande offensive pour reprendre la plaine des Jarres, tandis que les gouvernements américain et britannique continuent de mépriser l’idée d’une conférence internationale. Nosavan employait 20 bataillons, soit environ la moitié de ses forces totales à l’époque, et du point de vue de l’équipement et de l’entraînement, le meilleur de tout ce qu’il avait. Ils étaient soutenus par de nombreux groupes de commandos qui avaient été regroupés en unités de bataillon à partir de zones profondes à l’arrière du territoire détenu par Souvanna Phouma.
Tout au long des mois de février et de mars, l’offensive s’est poursuivie lentement mais régulièrement et plus elle avançait, plus les rejets des propositions de conférence ou de cessez-le-feu étaient précis et hautains. Le type de pays rendait de toute façon difficile toute avancée rapide et spectaculaire, mais dès la seconde quinzaine de mars, l’activité de guérilla s’ajoutait aux difficultés. Puis, avec Souvanna Phouma personnellement sur place pour surveiller les phases initiales, les forces de Kong Le-Pathet Lao ont lancé une contre-offensive. À cette époque, le Pathet Lao était en mesure de jeter ses forces régulières dans la bataille ; leurs guérillas frappaient durement partout à l’arrière de Nosavan. Ce fut le chaos. Les troupes de Nosavan jetèrent leurs armes ou les retournèrent contre leurs officiers. Ils se battaient pour une mauvaise cause, le savaient et l’ont montré.
Le prince Souvanna Phouma
Si l’offensive de Nosavan avait avancé à pas de tortue, la retraite a montré que les troupes étaient capables de se déplacer rapidement, après tout. Les unités d’élite formées en Thaïlande ne se distinguaient que par leur capacité à s’enfuir plus vite que les autres. Le rêve de Nosavan de reprendre la plaine des Jarres fut brisé et d’autres excellents équipements américains sont passés entre les mains des forces de Kong Le et du Pathet Lao. À la mi-avril, ses troupes ont été repoussées plus loin que leurs points de départ – à moins de 30 kilomètres milles de Luang Prabang et de Paksane et à 20 kilomètres de Vientiane. Les bataillons de commandos complètement démoralisés se sont totalement désintégrés. Et entre-temps, les guérilleros du Pathet Lao s’étaient emparés de la majeure partie du bas Laos, occupant entre autres points importants, plus de 150 kilomètres de la très stratégique route 9.
Le résultat de cette offensive ambitieuse de Nosavan fut qu’un bon 70% du territoire et plus de la moitié de la population se trouvaient derrière les lignes Kong Le-Pathet Lao. Nosavan détenait une mince bande le long du Mékong où se trouvent les principales villes – et où la Thaïlande était idéalement proche – et de petites poches autour de Luang Prabang et de Vientiane.
Le nouveau cessez-le-feu
Entre-temps, la politique américaine au Laos faisait l’objet de critiques de plus en plus sévères aux États-Unis mêmes. Même avant la défaite fracassante de Nosavan, le sénateur Mike Mansfield s’était plaint le 28 décembre qu’il n’y avait pas beaucoup de résultats à montrer pour les 300,000,000 $ dépensés au cours des six ou sept années précédentes au Laos, à part « le chaos, le mécontentement, les armées en circulation libre et une grande mission de centaines des responsables américains à Vientiane » (La plupart d’entre eux étaient des employés de la CIA).
Une réponse très effrontée à la vague montante de critiques, bien plus forte à l’étranger qu’à l’intérieur, était contenue dans un « Livre blanc » du Département d’État publié le 7 janvier, à la veille de l’offensive malheureuse de Nosavan. « Les États-Unis pensent », concluait-il, « qu’ils peuvent mieux contribuer à une solution du problème du Laos : premièrement, en essayant de faire progresser la reconnaissance et la compréhension internationales de la véritable nature des intentions et des actions communistes au Laos ». Le commentaire du prince Souvanna Phouma à ce sujet a été publié dans le New York Times, 12 jours plus tard (20 janvier 1961). Il s’en est vivement pris à la politique américaine et a notamment désigné M. Graham Parsons, sous-secrétaire d’État américain aux affaires d’Extrême-Orient, comme « directement responsable de la récente effusion de sang lao », et a ajouté : « Ce que je ne pardonnerai jamais aux États-Unis, c’est le fait qu’ils m’ont trahi, qu’ils nous ont trahi, moi et mon gouvernement ». Il a souligné que les États-Unis s’étaient constamment opposés à la seule solution possible, « la formation d’un gouvernement d’union nationale ». Il reproche notamment à Washington d’avoir provoqué la chute de son gouvernement en juillet 1958 au profit de celui de Sananikone engagé dans une « politique anticommuniste forte ».
Toujours au milieu de la tentative malheureuse de Nosavan d’écraser l’opposition, la pression internationale augmentait à nouveau pour un règlement pacifique. En décembre 1960, le prince Sihanouk lors d’une visite à Pékin avait relancé la proposition soviétique de trois mois auparavant pour une nouvelle conférence de Genève sur le Laos, et son initiative fut soutenue par le gouvernement chinois. Après son retour dans la capitale cambodgienne, le 2 janvier 1961, le prince Sihanouk présenta une proposition plus détaillée. Il a nommé les 14 États qui, selon lui, devraient participer à une nouvelle conférence de Genève ; en plus de ceux qui avaient participé en 1954, cela incluait les États voisins du Laos et les trois membres de la CIC, l’Inde, la Pologne et le Canada. L’URSS, la Chine, le Nord-Vietnam, la Pologne et la Birmanie acceptèrent immédiatement. Parmi les puissances occidentales, seule la France a donné son approbation pure et simple. La Grande-Bretagne, inquiet des changements de Nosavan, pensait que cela pourrait être « utile », tandis que le président Eisenhower, qui vivait alors ses derniers jours au pouvoir, n’acceptait ni ne rejetait le plan. Nosavan et Boun Oum ont ridiculisé l’idée, exigeant que l’Union soviétique reconnaisse d’abord leur gouvernement comme le seul « légal », une demande répétée plus tard par Washington comme la seule base des pourparlers. Dans une autre note à Londres le 18 février 1961, l’URSS renouvelle ses propositions.
Ainsi, jusqu’à ce que le plein impact de la défaite désastreuse de Nosavan frappe Washington comme un marteau, les États-Unis ont continué à s’opposer à un cessez-le-feu ou à une conférence. À la mi-mars, alors que ses forces s’effondraient sur tous les fronts, Nosavan a supplié les Américains soit de provoquer rapidement une intervention de l’OTASE, soit de le sauver par un cessez-le-feu. Le 23 mars, le gouvernement britannique, répondant aux diverses notes de l’URSS, accepta une conférence internationale, la reconvocation de la CIC et les propositions du prince Sihanouk pour la composition de la conférence. Mais par-dessus tout, ils voulaient un cessez-le-feu rapide, pour sauver Nosavan d’un effondrement complet.
Le même jour, le président Kennedy, lors de sa conférence de presse, a soutenu les propositions britanniques (les mêmes qui avaient été faites à plusieurs reprises par l’Union soviétique pendant trois ans), et il a affirmé avec aisance que les États-Unis « soutenaient fermement et sans réserve l’objectif d’une neutralité et le Laos indépendant ». Néanmoins, plus tard le même jour, on apprit que le porte-avions américain Midway et deux destroyers étaient partis pour le golfe de Thaïlande, et le lendemain, des rapports indiquaient que plusieurs centaines de marines américains étaient arrivés à la base aérienne d’Udon Thani, dans le nord-est de la Thaïlande à 50 kilomètres de la frontière laotienne.
Après quelques échanges diplomatiques supplémentaires entre l’URSS et la Grande-Bretagne, les coprésidents lancent un appel au cessez-le-feu le 24 avril, qui est accepté par les forces du Pathet Lao et de Kong Le, bien qu’elles aient partout l’avantage. Le cessez-le-feu est entré en vigueur le 3 mai 1961 et le décor était planté pour une nouvelle conférence de Genève. Celle-ci devait ouvrir le 12 mai mais a été bloquée pendant quatre jours car la délégation américaine a refusé de s’asseoir avec les représentants du gouvernement de Souvanna Phouma et du Pathet Lao. Boun Oum et plus tard la délégation thaïlandaise ont refusé de participer pour la même raison, et ce n’est que le 27 juin qu’une délégation du gouvernement Boun Oum-Nosavan a accepté de participer. Elle était dirigé par Phoui Sananikone, le même qui, sept ans auparavant, avait accepté un pot-de-vin d’un million de dollars du gouvernement des États-Unis en échange de ne pas signer les accords de Genève de 1954. La délégation thaïlandaise s’est également présentée le 27 juin.
Mois après mois, la conférence de Genève s’éternisait tandis que Nosavan, avec une aide accrue des États-Unis, tentait fiévreusement de reconstruire son armée brisée et de réoccuper subrepticement les points clés perdus lors des combats de février-mars. Les négociations se sont poursuivies par intermittence pendant la seconde moitié de 1961 et les premiers mois de 1962.
Sur la Plaine des Jarres
C’est fin février 1962 que je me rendis au Laos pour savoir comment fonctionnait le cessez-le-feu et ce qu’il en était des propositions du gouvernement de coalition. Alors que mon avion commençait à descendre vers la Plaine des Jarres, j’ai remarqué une épaisse traînée de fumée suspendue au-dessus des arbres. Evidemment les montagnards défrichant un terrain, pensai-je. Mais mon voisin, un jeune ingénieur laotien, regarda attentivement par la fenêtre et dit amèrement : « Ce sont les commandos de Nosavan à l’œuvre. Les Américains les lâchent dans les montagnes ». Alors que nous nous rapprochions et descendions, nous pouvions voir un groupe de huttes enveloppées de sombres flammes rouges.
En zoomant sur la Plaine, on pourrait facilement se méprendre sur l’origine du nom. La vallée elle-même et les collines nues ondulantes qui la bordent sont couvertes de larges plaques blanches, en forme de jarres à col étroit, disposées à perte de vue dans toutes les directions. En fait ces excroissances sont des pièges collants pour tout oiseau ou petit animal assez imprudent pour y mettre les pieds. Le nom de la plaine vient des véritables jarres, d’énormes récipients de pierre grise, mesurant de trois à huit pieds de hauteur et regroupées en bandes d’environ un mille de long et plusieurs jarres de large. S’ils devaient réserver du vin pour des cérémonies spéciales, comme le prétendent certains experts, les gens de cette époque devaient être de prodigieux buveurs et la Plaine le théâtre de quelques orgies fantastiques. D’autres spécialistes affirment qu’il s’agissait de réserves de riz en temps de guerre, d’autres encore qu’elles avaient une signification purement religieuse. En tout cas, il s’agit d’un phénomène très curieux, certains taillés dans des morceaux de pierre solides, d’autres formés d’une poudre de pierre et d’un composé semblable à du ciment.
La Plaine des Jarres
Une heure avant l’atterrissage de l’avion, un autre avait atterri ramenant Souvanna Phouma de Vientiane, où il avait fait une tentative infructueuse de plus dans des pourparlers avec « l’homme fort » Nosavan pour mettre en place le gouvernement de coalition conformément aux accords signés au cours des mois précédents.
La visite de Vientiane avait été organisée par les ambassadeurs britannique et français, qui avaient assuré à Souvanna Phouma que les Américains étaient désormais « raisonnables » et accepteraient le gouvernement de coalition neutre. S’il venait à Vientiane et parlait avec Nosavan, tout irait bien. En fin de compte, Souvanna Phouma n’a pas été accueilli à l’aéroport de Vientiane. Il a dû partir à la recherche d’une chambre d’hôtel comme un touriste inattendu, sa propre villa ayant été saccagée. Nosavan l’a fait attendre pendant plusieurs jours pendant que l’ambassadeur américain menait une guerre des nerfs, menaçant d’intervenir avec l’OTASE si un gouvernement n’était pas formé rapidement et « conseillant » au Premier ministre de céder les ministères de la Défense et de l’Intérieur à Nosavan. Et ce furent les premières demandes présentées par Nosavan lors de leur rencontre.
Kong Le, gai et énergique, était encore plus catégorique que le Prince. « Le principal obstacle à la formation du gouvernement de coalition est la mauvaise foi de Nosavan, de son groupe de généraux de Savannakhet et de leurs soutiens américains », a-t-il déclaré. « Ils ont encore l’illusion qu’ils peuvent gagner militairement et ils essaient de nous forcer à des concessions qui équivaudraient à des conditions de reddition, en menaçant de faire venir les forces de l’OTASE ».
À cette époque, Washington faisait semblant de faire pression sur Nosavan pour qu’il accepte un gouvernement de coalition en retenant 5 000 000 $, son paiement mensuel au régime de Boun Oum. Je n’ai trouvé personne à Khang Khay qui croyait cela. J’ai interrogé le premier ministre par intérim Khamsouk Keola à ce sujet. Il a ri : « C’est juste une ruse. Les Américains donnent de l’argent supplémentaire à Sanit Thanarat, le dictateur thaïlandais qui est l’oncle de Nosavan, et il le lui transmet simplement. Si les Américains veulent faire pression, pourquoi ne mettent-ils pas fin aux livraisons d’armes ? » Le même constat avait été fait quelques jours auparavant dans le New York Times (22 février), par son correspondant à Vientiane, Jacques Nevard. « Le soutien de Washington au prince Souvanna Phouma et au général Phoumi Nosavan est considéré par certains diplomates britanniques, français et canadiens comme une politique à double face », a-t-il écrit. Après avoir évoqué le retrait américain de l’aide financière à Boun Oum, Nevard a poursuivi :
« Cependant, les États-Unis ont poursuivi leur aide militaire aux forces du général Phoumi Nosavan. Les livraisons d’armes, de munitions et de carburant n’ont pas été stoppées. Un pont aérien affrété par les nationalistes chinois fonctionne toujours. Des équipes en uniforme de conseillers militaires américains continuent de servir avec la plupart des bataillons du général Phoumi Nosavan sur le terrain. Le général a placé plus d’obstacles sur la voie d’un régime de coalition que n’importe quel autre dirigeant du pays ».
Répondant également à mes questions sur ce point, le prince Souphanouvong a déclaré : « Tout ce que je sais, c’est que l’aide militaire américaine à la Thaïlande a été doublée depuis la signature des accords de cessez-le-feu. Pourquoi ? La Thaïlande est-elle en guerre ? Le but de l’aide est-il de poursuivre une guerre existante ou d’en déclencher une nouvelle ? »
« J’ai signé trois accords avec Boun Oum et Nosavan », a-t-il poursuivi, « qui prévoient la mise en place d’un gouvernement de coalition sous le prince Souvanna Phouma. Tout ce que je demande, c’est qu’ils honorent leurs signatures. Maintenant, les Américains se disent prêts à soutenir un gouvernement neutre. Nous ne voyons aucune attitude neutre de leur part, seulement de l’agression ».
Les trois accords auxquels il faisait référence s’inscrivaient dans le cadre des pactes généraux de cessez-le-feu, mais étaient en fait utilisés par Nosavan comme des dispositifs pour gagner du temps afin de lui permettre de se préparer à de nouvelles offensives. Le premier, à Zurich (22 juin 1961), est un accord entre les trois princes – Souvanna Phouma, Souphanouvong et Boun Oum – pour former un gouvernement provisoire d’union nationale. Lors d’une autre rencontre entre les trois princes (Hin Heup, 6-8 octobre 1961), il fut convenu que le prince Souvanna Phouma serait Premier ministre d’un gouvernement de coalition composé de huit membres neutres, quatre partisans de Souphanouvong et quatre de Boun Oum. Le troisième accord, signé à Genève (19 janvier 1962), attribuait des postes ministériels spécifiques, mais il fut désavoué par Nosavan, le véritable pouvoir derrière Boun Oum, dans les 48 heures.
La confirmation de ces soupçons fut une dépêche au Times de Londres le 24 mai de son correspondant à Washington. Intitulée « La CIA est responsable de la crise au Laos », la dépêche se lit en partie :
« L’administration est maintenant convaincue que la Central Intelligence Agency a retrouvé ses anciens appareils et doit partager une grande partie de la responsabilité de la situation au Laos… Apparemment, les preuves montrent que l’essaim d’agents de la CIA au Laos s’est délibérément opposé à l’objectif officiel américain d’essayer d’établir un gouvernement neutre. Ils auraient encouragé le général Phoumi Nosavan dans la concentration des troupes qui a provoqué la réponse rapide et désastreuse du Pathet Lao ».
Quant à la farce du « salaire » bloqué de Nosavan, poursuit la dépêche, « la CIA lui a fourni des fonds sur son propre budget. On pense que l’agence a transféré l’argent de ses opérations au Siam ». La tentative de prouver que la CIA a une politique et l’administration une autre s’épuise un peu. La seule politique américaine que le monde voit en action est la politique de la CIA. En tout cas, la dépêche du Times confirmait tout ce qu’on pouvait apprendre sur place au Laos.
J’ai demandé l’aide du général Kong Le et du général Singkapo, qui dirigent le Conseil militaire suprême conjoint, pour obtenir une image de ce qui s’était passé au Laos depuis l’accord de cessez-le-feu. Je voulais voir la ligne de cessez-le-feu convenue sur une carte et j’ai été surpris d’apprendre qu’il n’en existait pas.
« Nosavan a simplement quitté la conférence de Na Mone qui devait déterminer la ligne de cessez-le-feu et n’est jamais revenu », a expliqué le général Singkapo. « Apparemment, il ne pouvait pas accepter les réalités de la situation militaire ». Sa propre carte était marquée de la ligne de cessez-le-feu rouge que son camp avait soumise à la conférence et dont les experts militaires français m’ont dit plus tard qu’elle coïncidait avec la leur. À cette époque, environ 70% du territoire était sous l’administration du gouvernement de Souvanna Phouma. Les zones ombrées entourées de lignes bleues montraient les zones reprises par les forces Nosavan depuis le cessez-le-feu. Elles représentaient environ 2600 kilomètres carrés.
Les deux généraux ont déclaré qu’en décembre 1961 et en janvier et février 1962, les forces de Nosavan avaient lancé trois offensives majeures. Selon des officiers de Nosavan passés de leurs côtés, les plans opérationnels avaient été élaborés par le MAAG (US Military Aid and Advisory Group) à Vientiane. Trente-trois bataillons, environ les deux tiers des forces totales de Nosavan, étaient employés. Début mars, les forces de Nosavan avaient de nouveau subi de graves défaites.
Dans le Nord, à l’époque où j’étais là-bas, les forces de Nosavan faisaient face à un désastre. Depuis janvier, elles avaient poussé jusqu’à 100 kilomètres derrière la ligne de cessez-le-feu pour capturer Nam Mo, Nam Seo et Muong Houn. Ensuite, les troupes de Kong Le et du Pathet Lao ont repris les villes et ont chassé les assaillants. Nosavan, qui n’était pas un grand stratège, ordonna à ses troupes de battre en retraite dans une vallée à environ dix milles à l’est de Nam Tha. Un coup d’œil sur la carte militaire a montré que toutes les meilleures forces de Nosavan étaient embouteillées dans une situation du style de celle de Dien Bien Phu, et presque toutes les ressources d’approvisionnement américaines les alimentant étaient immobilisées. Telle était la situation au début de mars 1962 lorsque j’étais là-bas – 7000 soldats d’élite de Nosavan, encerclés dans une vallée du côté Souvanna Phouma de la ligne de cessez-le-feu, une proportion importante de sa force de combat totale. Après tout, c’était la perte de seulement 16 000 soldats d’élite français à Dien Bien Phu qui avait causé la chute de leurs efforts militaires en Indochine.
La situation n’avait pas changé deux mois plus tard. Les troupes de Nosavan étaient devenues plus affamées, plus frigorifiées, plus malades. Elles étaient ravitaillées par air depuis un aérodrome avancé à Muong Sin, à environ 100 kilomètres de là. Au début de mai, la garnison de Nosavan à Muong Sin se révolta. Des troupes furent dépêchées par voie aérienne pour réprimer la révolte. Le premier avion a été encerclé lors de son atterrissage. Certains ont décidé de rejoindre la révolte. Les autres ont été tués ou capturés et l’avion a été incendié. Aucun autre avion n’a atterri. Ce fut le coup de grâce. Les troupes encerclées à Nam Tha ont fait un effort désespéré pour sortir; les forces envoyées à leur secours par Nosavan ont été taillées en pièces. Ceux qui ont réussi à s’échapper n’ont cessé de courir jusqu’à ce qu’ils aient atteint le Mékong et l’aient traversé pour se rendre en Thaïlande.
C’est la véritable histoire de Nam Tha, une situation de fabrication américaine qui a été présentée à l’envers au monde comme une violation des accords de cessez-le-feu par le « Pathet Lao » et pratiquement un causus belli pour une nouvelle guerre mondiale. Elle a été transformée en prétexte pour l’occupation militaire américaine de la Thaïlande, rapprochant d’autant plus l’Asie du Sud-Est de la guerre.
Quant aux « menaces » laotiennes sur la Thaïlande, c’était plutôt l’opposé quand j’étais au Laos. On m’a donné les désignations et les emplacements de garnison de 14 bataillons des forces thaïlandaises, sud-vietnamiennes, de Chiang Kai-shek et des Philippines. Il y avait environ 2000 « conseillers » militaires américains qui planifiaient et supervisaient les opérations – sans succès, il faut l’admettre – contrôlant l’artillerie, le génie, les communications et les unités blindées, fournissant même des chauffeurs et des artilleurs dans ce dernier cas. Ce n’était pas la Thaïlande qui était menacée par les Laotiens, ni même les Laotiens menacés par d’autres laotiens. Le Laos faisait l’objet d’une invasion armée internationale organisée par les États-Unis.
Après que le Times de Londres ait rapporté le sabotage de la CIA au Laos, Washington a annoncé l’ouverture d’une enquête officielle sur les activités de la CIA là-bas. Les enquêteurs pourraient bien commencer leurs investigations en étudiant des documents laissés sur place lors de la débâcle de Nam Tha. Ces derniers étaient maintenant entre les mains du gouvernement de Souvanna Phouma, et comprennent la directive n° 944, signée le 20 août 1961, par le général Rattikone, commandant des forces de Nosavan – c’est-à-dire trois mois et demi après le cessez-le-feu qu’elle décrit comme un « facteur purement théorique ». Washington pourrait également étudier l’ordre opérationnel de l’armée n° 1438, signé par Rattikone le 25 novembre 1961, établissant le plan d’une offensive dans le territoire de Souvanna Phouma au-delà de Nam Tha et Muong Sai. C’étaient des plans élaborés pour Nosavan par ses « conseillers » américains.
Pendant que j’étais au Laos, il m’a été possible d’être témoin d’autres formes de violations. J’ai personnellement vu un avion de transport américain, escorté par six chasseurs à réaction, larguer une vingtaine de parachutistes ou plus sur une crête de montagne à moins de 15 milles de la capitale de Souvanna Phouma. Presque chaque nuit, vous pouviez entendre des avions bourdonner au-dessus de votre tête lors de missions de largage, d’hommes, de fournitures ou des deux. L’un d’eux a été abattu à environ 20 km de la ville de Xieng Khou-ang quelques semaines avant mon arrivée.
Un jour, lorsque j’ai visité le marché de Xieng Khouang – normalement un endroit animé et coloré avec les minorités en costumes gais et brodés échangeant leurs produits forestiers contre des marchandises des avions – il y avait un silence et une tristesse inhabituels. J’ai découvert que trois femmes Meo descendant leur sentier de montagne vers le marché ce matin-là avaient été tuées par une mine, posée sur le chemin par l’un des commandos largués par Nosavan. Perturber la vie normale dans les zones arrière est l’un de leurs principaux objectifs, m’a assuré le gouverneur de la province de Xieng Khouang.
Tous ceux que j’ai rencontrés au Laos, de Souvanna Phouma aux minorités sur les places de marché, des troupes de Kong Le en bérets rouges et tenues camouflées aux partisans du Pathet Lao, des pêcheurs avec leurs filets à lancer aux jeunes étudiants ayant abandonné leurs études en France pour prendre les armes avec Kong Le – tous voulaient que la guerre se termine. Mais ils n’étaient pas prêts à accepter la domination étrangère continue de leur pays, ni le genre de solution qui accepterait comme prix d’une paix immédiate, la certitude d’une nouvelle guerre à l’avenir. Des demandes absurdes, soutenues depuis si longtemps par les Américains, de remettre les ministères de la Défense et de l’Intérieur entre les mains de Nosavan dans n’importe quel gouvernement de coalition auraient été la garantie la plus sûre d’une reprise de la guerre et d’une répétition des tentatives de liquidation du Pathet Lao et ses dirigeants en 1958-60.
Le gouvernement de coalition nationale
Après la destruction des forces de « l’homme fort » à Nam Tha, les événements s’accélèrent jusqu’à la formation effective, le 12 juin 1962, d’un gouvernement de coalition nationale dans lequel les postes clés sont aux mains des neutres de Souvanna Phouma, quelques-uns pour les neutres de Vientiane (dont la « neutralité » est d’une teinte douteuse, selon mes informateurs), et le reste partagé également entre le Neo Lao Haksat et Nosavan. Les dirigeants du Néo Lao Haksat, compte tenu du rôle majeur qu’ils ont joué dans la défaite de Nosavan et de leur longue histoire de sacrifices et de lutte pour l’indépendance réelle de leur pays, ont été extrêmement modestes en acceptant la parité avec Nosavan.
Dans le nouveau gouvernement, le prince Souvanna Phouma, en plus du poste de Premier ministre, occupait les postes de la Défense et de l’Action sociale ; le prince Souphanouvong est devenu vice-Premier ministre avec les portefeuilles de l’économie et de la planification; Nosavan est également devenu vice-Premier ministre et ministre des Finances. Les affaires étrangères et l’intérieur sont allés à Quinim Pholsena et Pheng Phongsavan, respectivement, des neutralistes de Souvanna Phouma ; le Neo Lao Haksat a également reçu les ministères de l’Information, de la Propagande et du Tourisme (Phoumi Vongvichit) ; le secrétariat d’État à l’Économie et au Plan (Phamphouane Khamphoue) et le secrétariat d’État aux Travaux publics et aux Transports (Tiao Souk Vongsak).
Ce fut une réjouissance générale – à l’exception de Nosavan et de la CIA – lorsque la dernière signature a été apposée. Mais la prudence a vite repris le dessus, lorsqu’on a appris que des avions américains parachutaient encore des armes et du ravitaillement à des groupes de commandos et que Nosavan tenta de retarder l’application des accords en prétendant qu’ils devaient être approuvés par le Conseil national même. Assemblée que ses troupes et sa police avaient mise en place en 1960. Plus inquiétant encore, il y avait des indications qu’un vieux complot visant à détacher le bas Laos pourrait être relancé. À la veille de l’accord du 12 juin, des allusions parurent dans la presse américaine selon lesquelles les États-Unis envisageaient d’occuper le Sud-Laos pour sécuriser un « couloir » entre la Thaïlande et le Sud-Vietnam afin d’établir un commandement militaire unique dans les trois pays.
La réunion initiale du nouveau gouvernement de coalition sous le prince Souvanna Phouma a eu lieu le 24 juin 1962 et l’un de ses premiers actes a été d’ordonner la cessation immédiate de toute activité militaire dans tout le pays. Cela a ouvert la voie à la reprise de la conférence de Genève le 2 juillet. Trois documents ont finalement été approuvés : une Déclaration du gouvernement laotien affirmant sa politique de stricte neutralité et de coexistence pacifique, une Déclaration des 13 autres gouvernements participants saluant et garantissant respecter la neutralité laotienne, et un Protocole explicatif. Ces documents sont très spécifiques, énonçant en termes clairs et précis les obligations du gouvernement laotien et des autres États.
Les points les plus importants de la déclaration laotienne en huit points peuvent être résumés comme suit :
(1) Le gouvernement laotien appliquera résolument les cinq principes de la coexistence pacifique dans les relations extérieures, et établira des relations amicales et développera des relations diplomatiques avec tous les pays, les pays voisins en premier lieu, sur la base de l’égalité et du respect de l’indépendance et de la souveraineté du Laos.
(4) Il ne conclura aucune alliance militaire ni aucun accord, militaire ou autre, incompatible avec la neutralité du royaume du Laos. Il ne permettra l’établissement d’aucune base militaire étrangère sur le territoire laotien, ni ne permettra à aucun pays d’utiliser le territoire laotien à des fins militaires ou à des fins d’ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays, ni ne reconnaîtra la protection d’aucune alliance de coalition militaire (y compris l’Organisation du Traité de l’Asie du Sud-Est).
(5) Il ne permettra aucune ingérence étrangère dans les affaires intérieures du Royaume du Laos sous quelque forme que ce soit.
(6) Sous réserve des dispositions de l’article 51 du Protocole, il exigera le retrait du Laos de toutes les troupes et personnels militaires étrangers et ne permettra pas l’introduction de troupes ou de personnels militaires étrangers au Laos.
(7) Il acceptera l’aide directe et inconditionnelle de tous les pays qui souhaitent contribuer à l’édification d’une économie nationale indépendante et autonome sur la base du respect de la souveraineté du Laos.
La Déclaration en quatre points des pays participant à la conférence de Genève les obligeait à :
(1) Reconnaître, respecter et observer de toutes les manières la souveraineté, l’indépendance, la neutralité, l’unité ou l’intégrité territoriale du Laos.
(2) Ne jamais employer la force ou la menace de la force, ou commettre ou participer à tout acte qui pourrait directement ou indirectement porter atteinte à la souveraineté, l’indépendance, la neutralité, l’unité ou l’intégrité territoriale, ou qui pourrait porter atteinte à la paix du Laos. Ne pas s’immiscer de quelque manière que ce soit dans ses affaires intérieures ni utiliser leur territoire pour s’immiscer dans les affaires intérieures d’autres pays, ni l’inviter ou l’encourager à conclure des alliances militaires ou autres incompatibles avec sa neutralité.
(3 et 4) Encourager les autres États à respecter ces dispositions et à engager des consultations conjointes en cas de violation ou de menace de violation de l’indépendance et de la neutralité du Laos.
Un protocole de 20 articles définit divers termes utilisés dans les documents précédents ; prévoyait le retrait du personnel militaire étranger et fixait la compétence et les fonctions de la Commission internationale de surveillance et de contrôle.
Ces documents et les événements qui les ont précédés représentent une très considérable défaite pour la politique américaine en Asie du Sud-Est. Ils sont une victoire pour les forces progressistes et neutralistes de Souvanna Phouma, qui ont repoussé pendant sept ans les attaques soutenues par les États-Unis contre elles, ne manquant jamais une occasion de négocier une solution pacifique. L’initiative de la paix à l’intérieur du pays est toujours venue d’eux et ils ont réussi à rallier l’appui de l’écrasante majorité du peuple. De même, sur le front diplomatique, le Nord-Vietnam et la Chine ont lancé à maintes reprises des propositions pour mettre fin à la guerre civile et empêcher sa propagation. Le principal fardeau diplomatique incombait à l’Union soviétique.
Les États-Unis ont été contraints de participer aux accords qui ont mis fin à la crise du Laos en 1962. Tant que leur « homme de terrain » avait une chance de victoire – et longtemps après qu’il était clair qu’il n’en avait aucune – les États-Unis l’ont soutenu dans tous les sens du terme. Enfin, les Américains n’ont accepté une retraite pour sauver la face par le biais de la Conférence de Genève que lorsque Nosavan a finalement été battu et que ses forces armées sont devenues la risée du monde, seulement lorsque l’Union soviétique a averti que l’utilisation de la force extérieure serait accueillie par une « force de représailles », seulement après que la France et plus tard la Grande-Bretagne eurent refusé de se prêter aux aventures de l’OTASE.
Le rôle de la Grande-Bretagne a été presque aussi mauvais, pire parfois en raison de ses responsabilités particulières en tant que coprésidente de la Conférence de Genève de 1954. Tant qu’il y avait une chance que les hommes de place de Washington gagnent, la Grande-Bretagne a fait la sourde oreille à toutes les initiatives de paix soviétiques, même les propositions les plus modérées, comme la convocation à nouveau de la CIC. Ce n’est que lorsque les observateurs diplomatiques et militaires britanniques sur place ont vu que Nosavan et Boun Oum étaient politiquement et militairement en faillite et que le gouvernement britannique a prévu des pressions américaines pour impliquer la Grande-Bretagne en tant que membre de l’OTASE dans un conflit plus large qu’elle a commencé à montrer un intérêt prudent envers les propositions soviétiques répétées.
Si le gouvernement de coalition s’installe – et la présence en son sein de Nosavan justifie beaucoup de prudence – l’une des tragédies est qu’un tel gouvernement aurait pu être formé à tout moment au cours des huit années précédentes. De tels gouvernements (à l’exclusion d’un Nosavan) ont été formés en fait à plusieurs reprises et ont fonctionné de manière satisfaisante. Beaucoup de sang laotien a été versé par les tentatives américaines de les renverser. Une question dans l’esprit de chacun est maintenant de savoir si les États-Unis sont enfin prêts à permettre au peuple laotien de façonner son propre avenir, ou si les accords de Genève de 1962 ne sont considérés à Washington que comme un moyen de gagner du temps pour de nouveaux outrages dans ce coin du monde.
L’article 5 du Protocole retient une disposition des Accords de Genève originels de 1954 autorisant un nombre strictement limité d’instructeurs militaires français pour la formation des forces armées laotiennes.
En reconnaissant la responsabilité de l’Etat et en rendant hommage aux « victimes » de la manifestation interdite du 17 octobre 1961, François Hollande s’est comporté en militant sectaire, non en président de tous les Français. D’autant plus que, pour les historiens de métier, les prétendus « massacres » du 17 octobre 1961 constituent un tel exemple de manipulation qu’ils sont étudiés comme un cas exemplaire de fabrication d’un mythe ; comme Timisoara en Roumanie, comme les « couveuses » au Koweit ou encore comme les « armes de destruction massive » en Irak !!!
Tout repose en effet sur des chiffres gonflés ou manipulés et sur des cadavres inventés. Dans une inflation du nombre des morts, les amis du FLN algérien et les porteurs de valises communistes ont ainsi joué sur les dates, additionnant aux 3 morts avérés du 17 octobre ceux des jours précédents ainsi que les décès postérieurs. Pour eux, tout Nord Africain mort de mort violente durant le mois d’octobre 1961 est forcément une victime de la répression policière…même les victimes des accidents de la circulation. […] Quel est donc le vrai bilan de cette manifestation ? – Le 17 octobre 1961, alors que se déroulait dans Paris un soi-disant massacre, l’Institut Médico Légal (la Morgue), n’a enregistré aucune entrée de corps de « NA » (NA= Nord Africain dans la terminologie de l’époque). – Le 17 octobre 1961, de 19h30 à 23 heures, il n’y eut qu’une seule victime dans le périmètre de la manifestation et ce ne fut pas un Algérien, mais un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé. Par qui ? – En dehors du périmètre de la manifestation, « seuls » 2 morts furent à déplorer, Abdelkader Déroues tué par balle et retrouvé à Puteaux et Lamara Achenoune tué par balle et étranglé, gisant dans une camionnette, également à Puteaux. Rien ne permet de dire qu’ils furent tués par les forces de l’ordre. Le 18 octobre, à 04 heures du matin, le bilan qui parvint à Maurice Legay le directeur général de la police parisienne fut donc de 3 morts. Nous sommes donc loin des dizaines de morts et de « noyés » auxquels l’actuel occupant de l’Elysée a rendu hommage !!! Certes, nous dit-on, mais les cadavres ont été déposés à la morgue les jours suivants. Faux, car ce n’est pas ce qu’indiquent les archives de l’Institut Médico Légal de Paris puisque, entre le 18 et le 21 octobre, « seuls » 4 cadavres de « NA » furent admis à la Morgue : – Le 18 octobre, Achour Belkacem tué par un policier invoquant la légitime défense et Abdelkader Benhamar mort dans un accident de la circulation à Colombes. – Le 20 octobre, Amar Malek tué par balles par un gendarme. – Le 21 octobre Ramdane Mehani, mort dans des circonstances inconnues. Nous voilà donc bien loin des 100, 200 ou même 300 morts « victimes de la répression » avancés par certains et pour lesquels M. François Hollande a reconnu la responsabilité de la France !!! […]
Les Nouvelles Editions Latines qui avaient déjà publié le procès des généraux Challe et Zeller complètent leur catalogue à l’occasion des 60 ans du putsch avec cette publication du procès du commandant de Saint Marc. Une édition qui n’est pas seulement la transcription de la sténographie des débats… mais un témoignage Pour l’Histoire.
Le 5 juin 1961 – il y a 60 ans- à 13h15 s’ouvre devant le Haut Tribunal militaire, institué le 27 avril 1961, le procès de Hélie de Saint Marc, l’un des conjurés les plus en vue du putsch d’Alger. L’homme se présente en uniforme d’apparat, béret vert et décorations pendantes. Le procès se clôt le soir même -rapide délibéré- au terme duquel l’accusé est condamné à 10 années de détention criminelle.
Le procès débute par un interrogatoire d’identité d’usage… et la déclaration devenue célèbre du commandant de Saint Marc, déclaration qu’il faut faire lire aux jeunes, c’est son parcours, c’est un morceau de notre Histoire de France, tragique, de sang et d’honneur :
« Ce que j’ai à dire sera simple et sera court. Depuis mon âge d’homme, Monsieur le Président, j’ai vécu pas mal d’épreuves : la Résistance, la Gestapo, Buchenwald, trois séjours en Indochine, la guerre d’Algérie, Suez, et puis encore la guerre d’Algérie…
« En Algérie, après bien des équivoques, après bien des tâtonnements, nous avions reçu une mission claire : vaincre l’adversaire, maintenir l’intégrité du patrimoine national, y promouvoir la justice raciale, l’égalité politique.
« On nous a fait faire tous les métiers, oui, tous les métiers, parce que personne ne pouvait ou ne voulait les faire. Nous avons mis dans l’accomplissement de notre mission, souvent ingrate, parfois amère, toute notre foi, toute notre jeunesse, tout notre enthousiasme. Nous y avons laissé le meilleur de nous-mêmes. Nous y avons gagné l’indifférence, l’incompréhension de beaucoup, les injures de certains. Des milliers de nos camarades sont morts en accomplissant cette mission. Des dizaines de milliers de musulmans se sont joints à nous comme camarades de combat, partageant nos peines, nos souffrances, nos espoirs, nos craintes. Nombreux sont ceux qui sont tombés à nos côtés. Le lien sacré du sang versé nous lie à eux pour toujours.
« Et puis un jour, on nous a expliqué que cette mission était changée. Je ne parlerai pas de cette évolution incompréhensible pour nous. Tout le monde la connaît. Et un soir, pas tellement lointain, on nous a dit qu’il fallait apprendre à envisager l’abandon possible de l’Algérie, de cette terre si passionnément aimée, et cela d’un cœur léger. Alors nous avons pleuré. L’angoisse a fait place en nos cœurs au désespoir. Nous nous souvenions de quinze années de sacrifices inutiles, de quinze années d’abus de confiance et de reniement. Nous nous souvenions de l’évacuation de la Haute-Région, des villageois accrochés à nos camions, qui, à bout de forces, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Nous nous souvenions de Diên Biên Phû, de l’entrée du Vietminh à Hanoï. Nous nous souvenions de la stupeur et du mépris de nos camarades de combat vietnamiens en apprenant notre départ du Tonkin. Nous nous souvenions des villages abandonnés par nous et dont les habitants avaient été massacrés. Nous nous souvenions des milliers de Tonkinois se jetant à la mer pour rejoindre les bateaux français. Nous pensions à toutes ces promesses solennelles faites sur cette terre d’Afrique. Nous pensions à tous ces hommes, à toutes ces femmes, à tous ces jeunes qui avaient choisi la France à cause de nous et qui, à cause de nous, risquaient chaque jour, à chaque instant, une mort affreuse. Nous pensions à ces inscriptions qui recouvrent les murs de tous ces villages et mechtas d’Algérie : “ L’Armée nous protégera, l’armée restera “. Nous pensions à notre honneur perdu.
« Alors le général Challe est arrivé, ce grand chef que nous aimions et que nous admirions et qui, comme le maréchal de Lattre en Indochine, avait su nous donner l’espoir et la victoire. Le général Challe m’a vu. Il m’a rappelé la situation militaire. Il m’a dit qu’il fallait terminer une victoire presque entièrement acquise et qu’il était venu pour cela. Il m’a dit que nous devions rester fidèles aux combattants, aux populations européennes et musulmanes qui s’étaient engagées à nos côtés. Que nous devions sauver notre honneur. Alors j’ai suivi le général Challe. Et aujourd’hui, je suis devant vous pour répondre de mes actes et de ceux des officiers du 1er REP, car ils ont agi sur mes ordres.
« Monsieur le Président, on peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer. Oh ! je sais, Monsieur le Président, il y a l’obéissance, il y a la discipline. Ce drame de la discipline militaire a été douloureusement vécu par la génération d’officiers qui nous a précédés, par nos aînés.
« Nous-mêmes l’avons connu, à notre petit échelon, jadis, comme élèves officiers ou comme jeunes garçons préparant Saint-Cyr. Croyez bien que ce drame de la discipline a pesé de nouveau lourdement et douloureusement sur nos épaules, devant le destin de l’Algérie, terre ardente et courageuse, à laquelle nous sommes attachés aussi passionnément que nos provinces natales.
« Monsieur le président, j’ai sacrifié vingt années de ma vie à la France. Depuis quinze ans, je suis officier de Légion. Depuis quinze ans, je me bats. Depuis quinze ans j’ai vu mourir pour la France des légionnaires, étrangers peut-être par le sang reçu, mais français par le sang versé. C’est en pensant à mes camarades, à mes sous-officiers, à mes légionnaires tombés au champ d’honneur, que le 21 avril, à treize heure trente, devant le général Challe, j’ai fait mon libre choix.
« Terminé, Monsieur le Président. »
Les passions politiques, les pressions politiques se déchaînent. Pierre Mesmer, ministre des armées et ancien légionnaire fait pression auprès de l’avocat général de la Cour de Cassation Jean Reliquet pour une lourde peine, Edmond Michelet, alors Garde des Sceaux renchérit. Ils avaient demandé dans le procès des généraux Challe et Zeller, la peine de mort.
Les dépositions se succèdent, les témoignages tous azimuts s’empilent. Anciens déportés, généraux, militaires, journalistes … pour ou contre… tous terminent par un hommage « Officier de haute volée, sens du devoir, du sacrifice. Aimé de ses hommes. Officier extraordinaire. Une des plus belles figures d’officier que je connaisse. Officier d’élite.”
Réquisitoire de monsieur l’avocat général Reliquet – Plaidoirie de Maître Martin-Sané – Jugement. « Ils n’ont rien compris » a lancé le commandant de Saint Marc au prononcé de sa peine.
L’affaire se termine en pantalonnade et les légionnaires de Saint Marc se rendent aux autorités en chantant à tue-tête : «Non, rien de rien, je ne regrette rien…», d’Edith Piaf.
Quarante ans plus tard, Saint Marc est devenu un mythe au sein de l’armée française. Il était reçu par les grands chefs, adulé à Saint-Cyr, et ses nombreux livres ont rencontrés un large public, bien au-delà des casernes. En novembre 2011, il a été élevé à la dignité de Grand Croix de la Légion d’honneur, la plus haute distinction que la République peut conférer. »
Ce livre est là pour témoigner de la grandeur d’un engagement au-delà des intérêts politiques. Pour que les jeunes générations connaissent ces pages tragiques, ces pages d’honneur.
Le procès du Commandant de Saint Marc, présenté et annoté par Bernard Zeller, préface d’Oliver Dard, aux Nouvelles Editions latines, avril 2021, 216 pages, 19€.
Le 17 octobre prochain, comme chaque année, les autorités françaises, les islamo-gauchistes et le « Système » algérien ont commémoré un massacre qui n’a pas eu lieu…
Sur ce blog, ayant périodiquement à la même date déconstruit l’histoire officielle de ce prétendu « massacre », je me contenterai de renvoyer au chapitre IX intitulé « 17 octobre 1961, un massacre imaginaire » de mon livre « Algérie l’Histoire à l’endroit» en ajoutant ici quelques éléments essentiels à la compréhension du montage culpabilisateur qui nous est imposé :
1) La guerre d’indépendance algérienne se déroula également en métropole. Pour la période du 1er janvier 1956 au 23 janvier 1962, 10 223 attentats y furent ainsi commis par le FLN. Pour le seul département de la Seine, entre le 1er janvier 1956 et le 31 décembre 1962, 1433 Algériens opposés au FLN furent tués et 1726 autres blessés. Au total, de janvier 1955 au 1er juillet 1962, en Métropole, le FLN assassina 6000 Algériens et en blessa 9000 autres.
2) Face à ces actes de terrorisme visant à prendre le contrôle de la population algérienne vivant en France, le 5 octobre 1961, un couvre-feu fut imposé à cette dernière afin de gêner les communications des réseaux du FLN et l’acheminement des armes vers les dépôts clandestins.
3) En réaction, le 17 octobre 1961, le FLN décida de manifester afin de montrer sa force, et pour tenter d’achever sa prise de contrôle des Algériens vivant en métropole.
4) Assaillis de toutes parts, les 1658 hommes des forces de l’ordre rassemblés en urgence, et non les 7000 comme cela est trop souvent écrit, sont, sous la plume de militants auto-baptisés « historiens », accusés d’avoir massacré des centaines de manifestants, d’en avoir jeté des dizaines à la Seine et d’en avoir blessé 2300.
Or, cette version des évènements du 17 octobre 1961 à Paris relève de la légende et de la propagande. Tout repose en effet sur des chiffres inventés ou manipulés à l’époque par le FLN algérien et par ses alliés communistes. Jouant sur les dates, additionnant les morts antérieurs et postérieurs au 17 octobre, pour eux, tout Nord-Africain mort de mort violente durant le mois d’octobre 1961, est une victime de la « répression policière »… Même les morts par accident de la circulation comme nous le verrons plus loin !!!
Cette manipulation fut réduite à néant en 1998, quand le Premier ministre de l’époque, le socialiste Lionel Jospin, constitua une commission d’enquête. Présidée par le conseiller d’Etat Dieudonné Mandelkern, elle fut chargée de faire la lumière sur ce qui s’était réellement passé le 17 octobre 1961 à Paris. Fondé sur l’ouverture d’archives jusque-là fermées, le rapport remis par cette commission fit litière de la légende du prétendu « massacre » du 17 octobre 1961[1].
Le paragraphe 2.3.5 du Rapport intitulé Les victimes des manifestationsest particulièrement éloquent car il parle de sept morts, tout en précisant qu’il n’y eut qu’un mort dans le périmètre de la manifestation, les six autres victimes n’ayant aucun lien avec cet évènement, ou ayant perdu la vie postérieurement à la dite manifestation dans des circonstances parfaitement détaillées dans le rapport.
Quel est donc l’état des connaissances aujourd’hui ?
– Le 17 octobre 1961 à Paris, il n’y eut qu’une seule victime dans le périmètre de la manifestation… et ce ne fut pas un Algérien, mais un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé. Par qui ? L’enquête semble attribuer cette mort à des coups de crosse de mousqueton.
– Le 17 octobre 1961, alors que se déroulait dans Paris un soi-disant « massacre » faisant des dizaines, voire des centaines de morts algériens, ni les hôpitaux parisiens, ni l’Institut Médico-Légal (la Morgue), n’enregistrèrent l’entrée de corps de « NA » (Nord-Africain dans la terminologie de l’époque). Ce qui ne veut naturellement pas dire qu’il n’y eut pas de blessés, mais mon analyse ne porte que sur les morts.
– A Puteaux, donc loin du périmètre de la manifestation, deux morts furent néanmoins relevés, or ils étaient étrangers à la manifestation. L’un d’entre eux deux, Abdelkader Déroues avait été tué par balle, quand le second, Lamara Achenoune, avait quant à lui été achevé par balle après avoir été étranglé.
– Le 18 octobre, à 04 heures du matin, le bilan qui parvint à Maurice Legay le directeur général de la police parisienne était donc de 3 morts, pour rappel, Guy Chevallier, Abdelkader Déroues et Lamara Achenoune. Nous sommes donc loin des dizaines ou des centaines de morts et de « noyés » auxquels la bien-pensance française rend annuellement hommage !!!
Conclusion : le seul mort algérien de la manifestation est donc un Français métropolitain…
Certes, postulent les accusateurs de la France, mais les cadavres des Algériens « massacrés » par la police furent reçus à l’IML, l’Institut Médico-Légal de Paris (la Morgue), les jours suivants.
Cette affirmation est également fausse. En effet, l’Annexe III du « Rapport Mandelkern » donne un décompte détaillé des 41 cadavres de Nord-Africains entrés à l’IML de Paris du 19 octobre au 4 novembre. Pour mémoire, le 17 octobre il n’y eut aucune entrée, et 2 le 18 octobre.
Sur ce nombre de 41 morts, 25, soit 13 corps identifiés et 12 corps non identifiés sont mentionnés sous la rubrique « Dossiers pour lesquels les informations disponibles sur la date de la mort ou ses circonstances ne permettent pas d’exclure tout rapport avec les manifestations des 17-20 octobre ». Ceci fait que les 16 autres morts n’ont rien à voir avec la manifestation du 17 octobre.
En ce qui concerne les 25 morts restants, notons immédiatement que le sous-titre de l’Annexe III est singulier car la manifestation dont il est question eut lieu le 17 octobre et non les 19 et 20 octobre. De plus, ce titre est trompeur car il laisse sous-entendre que ces 25 décès auraient donc pu être causés par la police française, chiffre d’ailleurs régulièrement et péremptoirement transformé en morts avérés par certains auteurs ou journalistes. Or :
1) Si ces derniers avaient pris la peine de lire le document en question dans son originalité et son intégralité, et non à travers ses recensions, ils auraient vu qu’en face de chaque corps est porté un numéro de dossier de la police judiciaire suivi de la précision suivante : « Indications relevées dans le dossier d’enquête de la police judiciaire ».
2) Or, grâce à ces « Indications relevées dans le dossier d’enquête de la police judiciaire », il apparait clairement que 17 de ces 25 défunts ont été tués par le FLN, la strangulation-égorgement, l’emploi d’armes blanches etc., n’étant pas d’usage dans la police française… D’autant plus que parmi ces 17 morts, quatre furent assassinés le 19 octobre, soit deux jours après le 17 octobre, à savoir un commerçant qui avait refusé de suivre la grève du 19 octobre décrétée par le FLN et deux autres ligotés et noyés par ce même FLN…
3) Cela interroge donc sur le placement de ces morts dans la rubrique « Dossiers pour lesquels les informations disponibles sur la date de la mort ou ses circonstances ne permettent pas d’exclure tout rapport avec les manifestations des 17-20 octobre ».
Voyons le détail de cette liste :
Corps Identifiés :
– 6 furent tués par le FLN (strangulation, arme blanche, arme à feu)
– 2 décès sur la voie publique (troubles mentaux et alcoolisme)
– 1 décès par crise cardiaque le 21 octobre
– 1 décès par accident de la circulation
– 1 mort à l’hôpital Boucicaut des blessures reçues le 17 octobre.
– 2 morts dont les causes ne sont pas élucidées.
Corps non identifiés
– 7 tués par le FLN (1 arme blanche, 2 noyades, 1 noyade nu, 2 armes à feu, 1 strangulation)
– 1 mort de blessures à la tête. Blessures reçues le 17 octobre ? Nous l’ignorons.
– 1 mort des suites de blessures reçues Place Saint-Michel
– 3 morts dont les causes ne sont pas élucidées.
Conclusion, sur 25 morts « pour lesquels les informations disponibles sur la date de la mort ou ses circonstances ne permettent pas d’exclure tout rapport avec les manifestations des 17-20 octobre », la Morgue n’en a reçu que deux décédés très probablement des suites de blessures reçues le 17 octobre. Une interrogation demeure pour l’un d’entre eux, mais sans aucune certitude.
Soit 2 ou 3 morts des suites de leurs blessures, aucun n’ayant perdu la vie durant la manifestation[2] laquelle n’a donc comme il a été dit plus haut, connu qu’un seul mort, le Français Guy Chevallier.
Nous voilà donc très loin des 50, 100, 200 ou même 300 morts « victimes de la répression » avancés par certains, et pour lesquels François Hollande a reconnu la responsabilité de la France !!!
Mais, plus encore :
1) Le « Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961 », nous apprend que du 1er au 30 octobre 1961, 90 cadavres de « NA », furent reçus à l’Institut Médico-Légal. Or, selon les enquêtes judiciaires, chaque décès étant suivi d’une enquête, la plupart de ces morts étaient des musulmans pro-Français assassinés par le FLN!!!
2) Pour toute l’année 1961, 308 cadavres de « N.A » entrèrent à l’IML, dont plusieurs dizaines de noyés. Or, toujours après enquête, il fut établi que la quasi-totalité de ces morts étaient des victimes du FLN (Harkis, partisans de la France, individus ayant refusé d’acquitter « l’impôt de guerre », membres du MNA etc.). Or, une des méthodes d’assassinat du FLN était l’étranglement ou l’égorgement suivi de la noyade…
Pour les historiens de métier, les prétendus « massacres » du 17 octobre 1961 constituent donc un exemple extrême de manipulation de l’histoire.
Quand la liberté de penser sera rétablie dans cette Corée du Nord mentale qu’est devenue la pauvre université française, ils feront l’objet de thèses car ils seront alors étudiés comme un cas d’école de fabrication d’un mythe. Comme Katyn, comme les « charniers » de Timosoara en Roumanie, comme les « couveuses » au Koweit ou encore comme les « armes de destruction massive » en Irak.
Mais, dans l’immédiat, sourds, aveugles ou simples agents d’influence, les butors continueront à ânonner la légende culpabilisatrice du « 17 octobre 1961 ». D’autant plus que, dans l’actuel contexte de tension franco-algérienne, Alger va faire donner ses affidés qui seront complaisamment relayés par ses habituels supplétifs de presse.
Bernard Lugan
[1] « Rapport sur les archives de la Préfecture de police relatives à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961 ». Rapport établi à la demande du Premier ministre, M. Lionel Jospin et remis au mois de janvier 1998 par M. Dieudonné Mandelkern président de section au Conseil d’Etat, président ; M. André Wiehn, Inspecteur général de l’administration ; Mme Mireille Jean, Conservateur aux Archives nationales ; M. Werner Gagneron, Inspecteur de l’administration. En ligne.
[2] Dans une note infrapaginale, Brunet (2011) parle de 13 morts « certains » dont plusieurs blessés décédés ultérieurement. Or, ces morts ne sont pas documentés dans les archives de l’IML. Brunet, J-P., (2011) « Combien y a-t-il eu de morts lors du drame du 17 octobre 1961 ? ». Atlantico, 17 octobre 2011.