jeudi 21 mai 2026

Climat. Les scénarios catastrophes du GIEC enterrés ? Un revirement majeur passé sous silence dans la presse française

 

Il s’agit pourtant d’un événement majeur dans la science climatique des trente dernières années. Le 7 avril 2026, la revue scientifique Geoscientific Model Development, l’une des références mondiales en matière de modélisation climatique, publiait un article cosigné par une centaine de chercheurs sous la direction du climatologue néerlandais Detlef van Vuuren (Université d’Utrecht). Cet article, intitulé « The Scenario Model Intercomparison Project for CMIP7 (ScenarioMIP-CMIP7) » (vol. 19, p. 2627-2656), redéfinit l’ensemble des scénarios d’émissions de gaz à effet de serre qui serviront de base au futur 7ᵉ rapport d’évaluation du GIEC (AR7), prévu pour la fin de la décennie.

Le papier est accessible librement à cette adresse : https://gmd.copernicus.org/articles/19/2627/2026/

L’information principale tient en quelques lignes : les scénarios climatiques les plus alarmistes utilisés depuis quinze ans — notamment le célèbre RCP8.5 et son successeur SSP5-8.5, qui ont nourri l’essentiel des projections catastrophistes relayées par la presse et les institutions internationales — sont désormais qualifiés d’« implausibles » par la communauté scientifique elle-même. En clair : ces scénarios qui prédisaient une hausse moyenne des températures de l’ordre de 4,4 °C d’ici 2100 ne sont plus considérés comme une trajectoire crédible du futur climatique de la planète.

En France, l’information est passée pratiquement inaperçue dans la grande presse. Le silence des grandes rédactions hexagonales — Le Monde, Libération, France Info, France Inter, Le Figaro, Les Échos — sur ce revirement scientifique majeur contraste singulièrement avec la couverture médiatique exhaustive dont avaient bénéficié les scénarios catastrophes lors de leur publication. Une asymétrie qui mérite qu’on s’y arrête.

Comprendre ce qui s’est joué : la fin officielle du « RCP8.5 »

Pour comprendre la portée de l’événement, il faut revenir sur la mécanique des scénarios climatiques. Le GIEC, contrairement à une idée largement répandue, ne produit pas lui-même ces scénarios. Il s’appuie sur le travail d’un consortium scientifique international appelé CMIP (Coupled Model Intercomparison Project), affilié au Programme mondial de recherche sur le climat de l’OMM. Au sein de CMIP, un groupe spécifique, ScenarioMIP, est chargé d’élaborer les trajectoires d’émissions sur lesquelles les modèles climatiques tournent ensuite. Le GIEC, ensuite, synthétise et évalue.

Les scénarios dits RCP (Representative Concentration Pathways) ont été conçus au début des années 2010, avec quatre trajectoires de référence : RCP2.6, RCP4.5, RCP6.0 et RCP8.5. Le chiffre désigne le « forçage radiatif » atteint en 2100, c’est-à-dire le surplus d’énergie piégée dans le système terrestre, exprimé en watts par mètre carré. Le RCP8.5 représentait la trajectoire la plus extrême — un monde sans politique climatique, avec une multiplication par cinq de la consommation de charbon d’ici 2100, une démographie galopante et un échec total des énergies renouvelables.

Dès l’origine, RCP8.5 n’était pas présenté par ses concepteurs comme le scénario « business as usual » qu’il est devenu sous la plume des médias et des institutions. Detlef van Vuuren, l’auteur principal du papier d’avril 2026, l’a redit explicitement à Carbon Brief : RCP8.5 était « un scénario à faible probabilité, à risque élevé, et c’était toujours son objet ». Il ajoute : « Ce n’est pas un résultat probable. Cela n’a jamais été un résultat probable. »

Pourtant, dans la pratique, RCP8.5 a servi de base à la majorité des projections les plus médiatisées : montée des eaux, vagues de chaleur, effondrements écosystémiques, projections de mortalité, stress tests bancaires, modèles assurantiels, évaluations nationales du changement climatique. The Guardian, le New York Times, la BBC, et en France Le Monde comme France Inter, ont publié pendant plus d’une décennie des dossiers entiers fondés sur cette trajectoire.

Pourquoi RCP8.5 a-t-il déraillé du réel ?

L’écart entre RCP8.5 et la réalité observée n’a fait que croître. Comme le montrent les données compilées par les climatologues Glen Peters et Robbie Andrew, les émissions mondiales de CO₂ ont suivi RCP8.5 jusqu’au début des années 2010, mais s’en sont nettement écartées depuis. Sur les dix dernières années, les émissions globales ont plus exactement suivi la trajectoire RCP4.5, soit un scénario de stabilisation modérée — pas une trajectoire d’effondrement.

Plusieurs facteurs expliquent cette divergence : l’effondrement spectaculaire du coût du solaire et de l’éolien, le ralentissement de la consommation de charbon dans les pays développés (notamment le tournant énergétique allemand et la sortie britannique du charbon), l’émergence de politiques climatiques significatives malgré leurs limites, et enfin une croissance démographique mondiale qui s’est révélée nettement inférieure aux projections retenues par RCP8.5 (qui supposait une population mondiale de près de 13 milliards d’habitants en 2100, alors que les projections actuelles tablent plutôt sur 9 à 10 milliards).

Dès 2017, plusieurs chercheurs — Justin Ritchie, Hadi Dowlatabadi, Roger Pielke Jr., Matthew Burgess — avaient publié des analyses montrant l’invraisemblance croissante du scénario. En 2020, deux climatologues, Zeke Hausfather et Glen Peters, signaient dans Nature une tribune au titre sans équivoque : « Emissions — the ‘business as usual’ story is misleading ». La communauté scientifique mettait peu à peu en garde, mais le GIEC, par souci de « continuité », conservait le scénario dans ses rapports.

Le papier d’avril 2026 met officiellement un terme à cette ambiguïté. Les auteurs y écrivent : « Pour le XXIᵉ siècle, cette fourchette sera plus étroite qu’évaluée précédemment : à la limite haute, les niveaux d’émissions élevés du CMIP6 (quantifiés par SSP5-8.5) sont devenus implausibles, en raison des tendances dans les coûts des renouvelables, de l’émergence de politiques climatiques et des tendances récentes d’émissions. »

Sept nouveaux scénarios, fourchette réduite

Le nouveau cadre CMIP7 propose désormais sept scénarios, allant d’un futur « VERY LOW » (très faibles émissions) à un futur « HIGH » (émissions élevées), en passant par cinq niveaux intermédiaires. Le nouveau scénario « HIGH », même dans l’hypothèse d’un échec total des politiques climatiques, plafonne à un forçage radiatif d’environ 6-7 W/m² — bien en deçà des 8,5 W/m² du défunt RCP8.5.

Selon les calculs publiés par Roger Pielke Jr. à partir de l’émulateur FaIR, le nouveau « HIGH » de CMIP7 est 0,9 °C plus froid que SSP5-8.5 dans son ancienne version, et 1,4 °C plus froid que la projection 2100 retenue dans le 6ᵉ rapport du GIEC (AR6). Concrètement, là où le précédent scénario haut prévoyait une hausse de 4,4 °C en 2100, le nouveau projette une trajectoire de 3,2 °C environ (fourchette de 2,5 °C à 4,3 °C).

À noter pour la rigueur intellectuelle : ce n’est pas une remise en cause du réchauffement climatique en soi. Chris Smith, co-auteur du papier et chercheur à l’International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA), résume la nouvelle situation en ces termes : « On a éliminé les futurs à l’extrémité haute. On a aussi éliminé les futurs à l’extrémité basse — il n’est donc plus possible de limiter le réchauffement à 1,5 °C, du moins à court et moyen terme. » La fourchette s’est resserrée des deux côtés : moins de chance d’apocalypse climatique, mais plus aucune chance non plus de tenir l’objectif de 1,5 °C de l’Accord de Paris sans « dépassement significatif ».

Detlef van Vuuren, l’auteur principal, est tout aussi clair : « Nous sommes désormais sur une trajectoire de 2,5 à 3 °C de réchauffement. Nous n’avons plus aucun scénario qui puisse atteindre 1,5 °C avec un dépassement limité. »

Des conséquences qui dépassent la seule modélisation

Les implications sont considérables. Pendant plus d’une décennie, l’essentiel des politiques publiques climatiques, des analyses économiques et des évaluations de risques s’est appuyé sur des scénarios désormais reconnus comme irréalistes. Roger Pielke Jr. l’a résumé sans ménagement dans une analyse publiée par l’American Enterprise Institute le 5 avril dernier : « Des dizaines de milliers d’articles scientifiques ont été publiés en utilisant ces scénarios, et un nombre similaire de gros titres médiatiques ont amplifié leurs conclusions, et les gouvernements ainsi que les organisations internationales ont intégré ces scénarios implausibles dans leurs politiques et réglementations. Nous savons maintenant que tout cela a été construit sur des fondations de sable. »

Cela concerne notamment :

  • Les évaluations économiques du coût du changement climatique, dont une part importante (notamment celles du Network for Greening the Financial System, qui guide les banques centrales) repose explicitement sur RCP8.5 ;
  • Les stress tests financiers menés par la BCE, la Fed et la Banque d’Angleterre, qui ont utilisé des scénarios désormais déclarés invalides ;
  • Les évaluations nationales du changement climatique, dont le National Climate Assessment américain et de nombreux documents équivalents en Europe ;
  • Les projections de mortalité, de migration et d’effondrement écosystémique qui ont nourri la communication politique sur l’urgence climatique depuis quinze ans.

Aucune de ces évaluations n’est pour autant « fausse » au sens absolu — elles modélisaient des conséquences possibles d’une trajectoire désormais reconnue comme improbable. Mais leur valeur prédictive doit désormais être substantiellement révisée.

Le silence assourdissant de la presse française

L’aspect le plus frappant de cette affaire reste sans doute le silence quasi total des grands médias français. Tandis que la nouvelle a été massivement reprise dans la presse anglo-saxonne — The Times (groupe Murdoch), The Australian, Fox News, New York Post, Daily Caller, American Enterprise Institute, mais aussi des sites scientifiques de référence comme Carbon Brief — les rédactions parisiennes sont restées silencieuses. Une recherche sur les sites du Monde, de Libération, du Figaro ou de France Info ne renvoie, à la date d’aujourd’hui, aucun article consacré à la publication du papier Van Vuuren et à ses implications.

L’écart est d’autant plus saisissant que ces mêmes rédactions ont, ces dernières années, consacré des dossiers entiers, des « unes » et des séries éditoriales à des projections qui s’appuyaient précisément sur RCP8.5. La logique journalistique élémentaire voudrait que la rétractation d’un cadre conceptuel sur lequel on a bâti sa couverture mérite, au minimum, un signalement.

Il faut toutefois nuancer le tableau, comme l’a fait Carbon Brief dans un factcheck publié le 19 mai. Premièrement, ce n’est pas le GIEC stricto sensu qui « admet » s’être trompé : c’est ScenarioMIP, le consortium technique qui élabore les scénarios. Deuxièmement, les nouveaux scénarios confirment néanmoins une trajectoire de réchauffement de 2,5 à 3 °C, qui reste qualifiée de « catastrophique » par le Programme des Nations unies pour l’environnement. Troisièmement, un embargo court jusqu’au 1ᵉʳ septembre 2026 sur l’exploitation académique des données produites par les nouveaux modèles intégrés (IAM), ce qui retardera mécaniquement la publication d’études détaillées.

Reste que ces nuances n’expliquent pas le silence quasi total. Un revirement d’une telle ampleur dans le cadre conceptuel utilisé par le GIEC mérite à tout le moins un traitement informatif honnête, même critique, même nuancé. Le ne-rien-dire, lui, interroge sur la capacité de la grande presse française à informer ses lecteurs lorsque les évolutions de la science contrarient un récit éditorial bien établi.

Que retenir, concrètement ?

Pour le citoyen français qui cherche à se faire une opinion claire, voici ce que dit — et ne dit pas — le revirement d’avril 2026 :

Ce que cela signifie :

  • Le scénario RCP8.5, longtemps présenté implicitement comme le « business as usual » de la planète, est officiellement reconnu comme implausible.
  • La fourchette des trajectoires probables s’est resserrée : entre 2,5 °C et 3,2 °C de réchauffement en 2100, contre une fourchette antérieure de 1,5 à 4,4 °C.
  • Une partie importante du discours catastrophiste relayé depuis quinze ans reposait sur des hypothèses désormais désavouées par la communauté scientifique elle-même.

Ce que cela ne signifie pas :

  • Le réchauffement climatique d’origine humaine n’est pas remis en cause par cette étude.
  • Une trajectoire à 2,5-3 °C reste considérée comme problématique pour les écosystèmes et les sociétés humaines.
  • L’objectif de 1,5 °C de l’Accord de Paris est désormais hors de portée selon les nouveaux scénarios — ce qui est, en soi, un constat préoccupant.

Ce que cela révèle sur le débat public :

  • La science climatique fonctionne, dans son ensemble, comme une discipline auto-corrective.
  • La diffusion publique de cette science, en revanche, souffre depuis des années d’un biais de sélection en faveur des scénarios les plus alarmants — au détriment de la nuance et parfois de la rigueur méthodologique.
  • L’écart de couverture entre la presse anglo-saxonne et la presse française sur ce sujet est, en soi, un objet d’analyse pour qui s’intéresse à l’écologie des médias.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

https://www.breizh-info.com/2026/05/21/260342/climat-les-scenarios-catastrophes-du-giec-enterres-un-revirement-majeur-passe-sous-silence-dans-la-presse-francaise/

mardi 19 mai 2026

Une histoire raisonnée de l'esclavage ?, avec Vincent Hugeux

 


Qui sont les chrétiens d'Orient ?, avec Joseph Yacoub

 


Le GIEC déjuge… le GIEC : fin des scénarios climatiques apocalyptiques

 

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)

C’est une grande victoire pour les climato-sceptiques et les soi-disant complotistes. Leurs analyses s’avèrent plus fiables que celles des fameux experts du GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Fin des prévisions climatiques apocalyptique. Trump exulte.

Les modélisations des hausses de température et leur corollaire : un système mondial de coercition

Depuis des décennies, des politiciens comme Al Gore, Clinton, Obama, les Verts partout sur la terre, le Vatican avec François, les financiers comme Soros ou Bill Gates, prédisaient des scénarios apocalyptiques dus à un réchauffement climatique anthropique sur toute la planète. Les modélisations de ces hausses de température indiquaient un possible anéantissement de la vie humaine, animale, végétale, avec un corolaire pratique : tout un système mondial de coercition des agriculteurs, des citoyens, de leur déplacements, de leur vache et de leurs pets, de leur habitations, de la transition énergétique lourde fiscalement sur les nations et rentables pour les financiers, s’est instauré au fur et à mesure des Green Deal votés et des Sommets de la Terre collectionnés, des injonctions de Davos et des sanctions mondiales.

Mais voilà, la terre est toujours là, les océans n’ont pas débordé, la température est toujours supportable, l’humanité ni les espèces ne sont éteintes comme c’était prophétisé par tous ces oiseaux de malheur depuis les années 70’.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), mandaté par les Nations Unies, a ainsi discrètement ajusté le mois dernier son cadre de modélisation prévoyant un réchauffement de 4 à 5 °C d’ici 2100. Ce cadre avait servi de base à une multitude d’autres analyses prédisant des conséquences terrifiantes pour les émissions de gaz à effet de serre. Le cadre du GIEC en question a été utilisé pour prévoir une hausse spectaculaire du niveau de la mer, des pertes de récoltes mondiales, une fonte rapide des glaciers, et bien plus encore, ce qui a inquiété certains militants écologistes radicaux quant à une future extinction.

Le GIEC dément ses prédictions les plus apocalyptiques

Mais finalement, les scientifiques ont cité des données et ont abandonné leur scénario catastrophe le plus pessimiste concernant les conséquences du changement climatique au profit de sept autres scénarios possibles. Dans la revue Geoscientific Model Development, ils ont plaidé pour l’utilisation d’un éventail plus large de modèles afin d’évaluer le changement climatique. « Pour le XXIe siècle, cette fourchette sera plus petite que ce qui avait été estimé auparavant », ont écrit les scientifiques, notant que les prévisions les plus pessimistes « sont devenues invraisemblables, compte tenu de l’évolution des coûts des énergies renouvelables, de l’émergence de politiques climatiques et des tendances récentes en matière d’émissions ».

Les critiques ont longtemps dénoncé des prédictions extravagantes, comme celle selon laquelle le parc national des Glaciers, dans le Montana, aurait fondu d’ici 2020. En 2020, les autorités ont dû retirer les panneaux signalant ces sombres prédictions, car les glaciers n’avaient pas tous fondu.

D’un autre côté, des scientifiques ont fait valoir que, même si certaines des prédictions les plus alarmistes concernant le changement climatique ne se sont pas réalisées, il existe néanmoins de nombreuses preuves du réchauffement de la Terre et de la fonte des calottes glaciaires, bien qu’à un rythme plus lent que certaines des prévisions les plus tristement célèbres. Un changement du climat sur le long terme comme il en a existé tout au long de l’histoire du climat qui a oscillé entre périodes glaciaires et périodes plus chaudes.

Donald Trump savoure sa victoire sur les khmers verts du Green Deal

Le président des Etats-Unis a donc savouré sa victoire samedi sur Truth Social:

« BON DÉBARRAS ! Après 15 ans de promesses des Démocrates selon lesquelles le « changement climatique » allait détruire la planète, le Comité des Nations Unies sur le climat vient d’admettre que ses propres projections (RCP8.5) étaient FAUSSES ! FAUSSES ! FAUSSES ! »

Trump, fervent défenseur d’une politique énergétique axée sur le forage intensif, a longtemps été sceptique quant aux affirmations scientifiques concernant le changement climatique d’origine humaine. L’année dernière, par exemple, lors de son discours aux Nations Unies, il a qualifié le changement climatique de « supercherie ». « Depuis bien trop longtemps, l’activisme climatique est utilisé par les démocrates pour effrayer les Américains, imposer des politiques énergétiques désastreuses et financer des milliards de dollars dans leurs programmes de recherche bidon », a ajouté le président sur Truth Social.

« Contrairement aux Démocrates, qui utilisent des absurdités alarmistes sur le climat pour promouvoir leur arnaque verte, mon administration sera toujours fondée sur la vérité, la science et les faits ! »

Donald Trump a également annulé une série de politiques climatiques mises en place sous les administrations Biden et Obama

Donald Trump a également annulé une série de politiques climatiques mises en place sous les administrations Biden et Obama. En février, par exemple, Lee Zeldin, administrateur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), a annoncé l’abrogation d’une politique de réduction des gaz à effet de serre datant de l’ère Obama.

Depuis, des figures clés du mouvement anti-changement climatique ont modéré eux-aussi leurs propos, Bill Gates, par exemple, concédant que le réchauffement climatique n’entraînera pas la « disparition » de l’humanité.

Les ‘complotistes’ qui faisaient le lien entre ce catastrophisme et une surveillance de masse de l’humanité vis les restrictions de libertés et le contrôle des ‘émissions’ des hommes dans le monde entier avaient encore raison.

Francesca de Villasmundo

https://www.medias-presse.info/le-giec-dejuge-le-giec-fin-des-scenarios-climatiques-apocalyptiques/222523/

lundi 18 mai 2026

Une résolution pour réparer l’esclavage ?

 

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Le 25 mars 2026, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution historique (la résolution 80/250) concernant la traite transatlantique. 126 Pays ont voté pour, les européens se sont abstenus tandis qu’USA et israel votaient contre.

On pourrait donc croire à un événement majeur dans une évolution harmonieuse vers un progrès humain doux et réparateur.

La lecture fine du texte apporte une toute autre vision. Celle-ci en tête, nous devrons examiner les acteurs et enfin, les raisons ayant conduit nos états à s’abstenir.

Lecture commentée du texte.

https://docs.un.org/fr/A/RES/80/250

Réaffirmant la Déclaration et le Programme d’action de Durban, dans lesquels il est reconnu que l’esclavage et la traite des esclaves, en particulier la traite transatlantique, ont été des tragédies effroyables de l’histoire de l’humanité,

Consciente que la traite transatlantique des esclaves, qui a duré 400 ans, et ses conséquences durables, qui se font ressentir dans le monde entier, sont très mal connues.
Vraiment ? Si nous faisions un sondage, quel événement serait le plus connu : La traite transatlantique ou le million de Gaulois réduit en esclavage pendant la conquête de la Gaule sur une période bien plus courte. (Je vous passe le million de morts qui l’a accompagné sur une population d’environ dix millions d’habitants)

Prenant note également des initiatives que les organismes et organes compétents des Nations Unies et les mécanismes des droits humains luttant contre le racisme prennent pour demander des recours effectifs et une justice réparatrice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine,

La justice réparatrice revient à demander de l’argent ! Comme c’est commode. Au moins, c’est écrit. Les descendants des esclaves habitent dans les caraïbes ou aux USA, pourquoi devrait-il y avoir une réparation pour les africains qui, s’ils sont encore en Afrique, n’ont pas été réduits en esclavage. Cette résolution transfère la qualité de victime des descendants réels, qui vivent à Kingston, à Salvador ou à Atlanta, vers des États dont les frontières actuelles englobent autant les anciens vendeurs que les anciennes zones de capture.

Fondamentalement, avec une telle technique, tout le monde peut fouiller son arbre généalogique pour trouver une injustice passée qu’il pourra convertir en rente à vie. Dans un tel cadre, le nombre de demandeurs sera illimité !

Réitérant l’appel lancé par l’Agenda 2063 de l’Union africaine pour que la place de l’Afrique dans l’histoire soit rétablie et qu’elle puisse refermer ses blessures, notamment celles infligées par l’esclavage
Qui a réduit les africains en esclavage ? L’immense majorité des esclaves l’était déjà en atteignant les comptoirs. Ils avaient été victimes de Razzia, de condamnations ou de dettes.

la tenue de la première vente aux enchères de masse connue organisée par l’État d’Africains capturés à Nar, Tider et dans la baie d’Arguin,

Attention, grand moment de glissement sémantique. En effet, un raid portugais capture des africains dans des zones côtières et ils seront vendus.

Deux objections : Un, dans ce cas, quid des raids barbaresques sur les côtes de Provence ? Ah non, ca n’était pas des africains.

Surtout, cette opération est un des rares cas d’esclaves saisis par des occidentaux. En pratique : Les bases de données historiques mondiales (comme la Trans-Atlantic Slave Trade Database) estiment qu'entre le XVIe et le XIXe siècle, environ 12,5 millions d'Africains ont été embarqués dans les navires européens (et environ 10,7 millions ont survécu à la traversée pour arriver aux Amériques). Sauf que l’opération indiquée dans la résolution concerne 235 personnes. On est loin du fonctionnement normal où l’immense majorité des captifs fut asservis par des africains. Le glissement sémantique permet de rendre les occidentaux totalement coupables et d’exonérer les royaumes africains comme le Dahomey.

constituant ainsi la plus grande migration forcée de l’histoire et l’un des systèmes organisés d’exploitation humaine de masse les plus durables de l’histoire,

Que ces gens sont généreux. Oserais-je ?
Les invasions et migrations nomades d'Asie centrale (du IVe au XIIIe siècle) : Les mouvements des Huns, des Avars, des Magyars, puis l'expansion phénoménale des Mongols de Gengis Khan ont jeté sur les routes des populations entières. Les massacres et les déplacements forcés liés aux conquêtes mongoles au XIIIe siècle ont concerné des dizaines de millions de personnes (la Chine seule a perdu des dizaines de millions d'habitants dans ses recensements de l'époque, par fuite ou massacre).
Le cas moderne de 1947 (La Partition de l'Inde) : En l'espace de quelques mois seulement, le découpage des frontières entre l'Inde et le Pakistan a provoqué le déplacement forcé et chaotique de 14 à 15 millions de personnes. En termes de concentration, c'est la plus grande migration forcée simultanée de l'histoire humaine.

La Seconde Guerre mondiale en Europe : Entre 1939 et 1948, les déplacements forcés de populations (déportations nazies, transferts de populations allemandes après-guerre des pays de l'Est, déplacements soviétiques) ont concerné plus de 30 millions de personnes.

Avant d’écrire des résolutions, ces gens devraient apprendre l’histoire.

Quand à d’exploitation humaine de masse les plus durables de l’histoire.

Oserions-nous évoquer l’esclavage romain ? Des dizaines de millions de personnes pendant plus de 1000 ans ?

Ou bien le système des caste en inde sur plus de 3000 ans ?

Le servage en Europe aboli à la fin du XIXè siècle en Russie, pays peu peuplé comme chacun le sait !

Enfin, le système des convicts en Chine qui mobilisait des millions de personnes pour exécuter les grands travaux d’état.

saluant en particulier la jurisprudence africaine, telle que le Kouroukan Fouga (Charte du Mandén) de 1235, qui a établi, en son article 5, que toute personne a droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique, et a consacré la primauté de la vie sur la propriété,
Une période, un royaume, l’exception qui justifie la règle. On parle de l’abolition du servage en France ? C’était en 1315.

Affirmant que, depuis toujours, les Africains et les personnes d’ascendance africaine n’ont eu de cesse de résister aux crimes de l’esclavage et de la traite négrière,

C’est beau c’est noble. Quand Voltaire écrit celui qui vend son frère mérite d’être esclave, il devait être mal informé. La résistance du Dahomey1, dont les rois tiraient l'essentiel de leurs ressources de la vente d’esclaves, semble pourtant échapper aux historiens.

Rappelant également l’acte final du Congrès de Vienne, l’Acte no XV intitulé « Déclaration des Puissances sur l’abolition de la Traite des Nègres (8 février 1815) », dans lequel les plénipotentiaires ont déclaré que la traite des esclaves répugnait aux principes d’humanité et de morale universelle et proclamé au nom de leurs souverains le vœu de mettre un terme à un fléau qui a si longtemps désolé l’Afrique, dégradé l’Europe et affligé l’humanité,

Enfin une vérité historique. En revanche, la présence des états africains au congrès de vienne semble difficile à attester. Si ce congrès a pris cette décision, c’était une décision occidentale, et non africaine. À quoi a servi la résistance des africains ? A rien, le west Atlantic Squadron fut mis en place par la marine britannique. Curieusement la résolution n’y rend pas justice.

Notant que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples réaffirme, en son article 5, que « tout individu a droit au respect de la dignité inhérente à la personne humaine et à la reconnaissance de sa personnalité juridique » et que « toutes formes d’exploitation et d’avilissement de l’homme notamment l’esclavage, la traite des personnes, la torture physique ou morale, et les peines ou les traitements cruels inhumains ou dégradants sont interdites »,

Un texte intéressant : Adopté en 1981 à Nairobi, donc, plus d’un siècle après l’abolition de l’esclavage par les USA (La France et la Grande Bretagne l’avaient déjà fait !)

Considérant que l’émergence de la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé a bouleversé et redéfini le monde, marquant le début du système capitaliste racial, ces nouveaux systèmes racialisés de travail et de propriété transformant le destin de tous les peuples à travers le monde,

Les auteurs auraient-ils l’amabilité de nous expliquer ce qu’est le capitalisme racial ? Le capital connaît-il les couleurs de peau ? Laquelle exempte de l’extraction de la plus-value ? Apposer des mots sonne certes grandiloquent, mais ça ne suffit pas à créer un concept solide. Les canuts, les enfants des ouvriers de Liverpool avaient-ils quelque chose à envier aux esclaves des Antilles ? Non, le capitalisme exploite la main d’œuvre qu’il trouve sur son lieu de production dans les conditions légales existantes et personne ne fut exempté.

Conscient que la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains constituent un crime dont les logiques morales, juridiques, sociales et économiques continuent d’alimenter le racisme structurel, les inégalités raciales, le sous-développement, la marginalisation et les disparités socioéconomiques qui touchent de manière disproportionnée les Africains et les personnes d’ascendance africaine partout dans le monde,

Là, nous entrons dans le dur et un certain travail sera nécessaire. Oui, l’Afrique souffre d’un retard de développement en comparaison avec l’Europe et nombre de pays d’Asie en pleine accélération de leur croissance (Cf la Chine).

Certes, mais l’esclavage serait-il a l’origine du retard de développement ? Prenons un instant le cas de la Chine : Ruinée, misérable en 1949, ce pays était dans une situation bien plus catastrophique que bien des états africains au moment de leur décolonisation.

Seulement, le parti communiste allait, malgré ses errements investir massivement. D’abord dans l’éducation pour alphabétiser son peuple. On peut critiquer les méthodes, mais la Chine est aujourd’hui le pays au monde qui forme le plus d’ingénieurs. La Russie forme aussi massivement.

Devons-nous rappeler que Pékin a aussi mutilé sa consommation pour investir massivement ? Shenzen, les autoroutes, les lignes à grandes vitesses ne sont pas nées d’un don divin, mais d’un choix conscient et orienté, payé par la population.

L’occident fit-il autre chose ? Les hussards noirs de la république démontrent que le choix d’une alphabétisation massive fut aussi faite. Quant aux investissements, s’ils se répartissent sur une période plus longue, ils restent tout aussi massifs. La misère ouvrière au XIXè, les longues heures de travail des peuples occidentaux montrent qui paya le prix de la sous consommation.
Certes, on nous parle des profits des plantations, mais évacuons l’objection : Comment l’Allemagne s’industrialise-t-elle, alors ? Pas par ses plantations. Comment le fait la Russie ? Ses esclaves travaillant dans les îles au cours des années trente échappent aux historiens classiques. L’influence des plans staliniens est, en revanche, attestée.

Chine, France, Allemagne, Russie, quatre exemples et toujours la même recette. L’esclavage rend-il impossible le développement par ces voies ? Poser la question, revient à y répondre !

Ce passage pose un second terme important : continuent  ! Là est le point clé : les populations de descendants d’esclaves sont encore visibles dans les caraïbes et aux États-unis. Elles sont sur représentées dans les populations pauvres. Exact, dans tous les pays, les bourgeoisies défendent l’accès à leur caste, mais ces populations ont eu plus d’un siècle et demi pour compenser. Aux États-Unis, les législations racistes post abolition n’ont rien à voir avec l’esclavage, mais avec les décisions de l’État américain. La California Reparations Task Force (rapport 2023) a précisément chiffré les réparations sur la base des dommages post-1865 (redlining, ségrégation scolaire, brutalités policières documentées), pas sur la traite. Cela relève de leur problème politique interne. Il en va de même pour le Brésil qui organisa l’éviction des noirs de la propriété fonciére, allant jusqu’à faire venir des immigrants européens pour "blanchir" sa population. Seulement, là, nous changeons de sujet : La coexistence de phénotypes différents sur un même territoire2. La résolution amalgame.

Constatant avec inquiétude l’application de principes juridiques tels que le « partus sequitur ventrem », qui ont systématiquement porté atteinte aux droits reproductifs et maternels des femmes et des filles africaines et les ont contraintes à procréer pour alimenter la main-d’œuvre esclave,

Et voici le moment d’humour de la résolution. Les Romains, visaient l’aliénation des africains ? Non, le droit esclavagiste vient en effet de Rome qui ignorait l’Afrique subsaharienne. Les légistes chargés d’établir les différents codes de la traite se sont largement contentés de reprendre les législations romaines, ils n’en ont pas fait une pour porter atteinte aux droits reproductifs des femmes et filles africaines. En revanche, les romains nourrissaient et traitaient si mal une large partie de leurs esclaves que la reproduction restait déficitaire. Au contraire, la prohibition de la traite a conduit, à développer un véritable élevage d’esclaves, en particulier dans certains états du sud des États-unis. La mesure relève de l’adaptation ponctuelle, d’un certain progrès agronomique3, pas du racisme.

Ensuite, les demandes : Essentiellement réparation, mais la meilleure est :
Invite les États Membres, individuellement et collectivement, à engager un dialogue inclusif et de bonne foi sur la justice réparatrice, et d’envisager, notamment, des excuses officielles et sans réserve, des mesures de restitution, d’indemnisation, de réadaptation et de satisfaction, des garanties de non-répétition ainsi que des modifications des lois, des programmes et des services visant à lutter contre le racisme et la discrimination systémique ;

Dans ce vaste paragraphe dont nous avons traité l’essentiel auparavant, mais la question clé porte sur la non répétitivité. Juste une question : Quel état mondial est en train d’armer des négriers ? Selon un certain consensus entre historiens, l’esclavage fut largement aboli au XIXè et XXè siècles. Au XXIè siècle, il y eut deux lois criminalisant l’esclavage : 2003 au Niger et 2007 en Mauritanie.

Donc pourquoi cette résolution réclame-t-elle une non répétitivité ?

Déclarant que l’apparition de l’esclavage fondé sur la racialisation et reposant sur la propriété de la personne a été, dans sa conception juridique et structurelle, sans précédent historique, étant le premier système au monde à codifier les êtres humains et leurs descendants en tant que biens héritables, aliénables et perpétuels, à transformer la reproduction humaine en un mécanisme d’accumulation de capital et à institutionnaliser la hiérarchie raciale en tant que principe directeur de l’ordre politique et économique international

Premier système l’esclavage fondé sur la racialisation ? Ah bon, avant l’esclavage n’existait pas ? Donc, l’enfant d’esclave romain naissait libre ? Personne à Rome, ne s’intéressait à la couleur de peau des vernae4, mais les enfants d’une mère esclave l’étaient ! (Sauf si le maître choisissait l’affranchissement, mais la levée de l’option dépendait de son choix !)

Demande la restitution rapide et sans entrave, à titre gracieux, des biens culturels, objets d’art, monuments, pièces de musée, artefacts, manuscrits et documents ainsi que des archives nationales qui revêtent une valeur spirituelle, historique, culturelle ou autre pour les pays d’origine, et demande vivement le renforcement de la coopération internationale en matière de réparation des dommages causés, déclarant que cela contribue à la promotion de la culture nationale et à la jouissance des droits culturels par les générations actuelles et futures ;

Rien à voir avec l’esclavage, puisque ces biens furent récupérés dans le cadre de la colonisation, mais quitte à tendre la sébile, autant le faire bien.

Prie le Secrétaire général, en coordination avec le système des Nations Unies, notamment l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, de renforcer la coordination des activités de commémoration et d’éducation, des travaux de recherche et des initiatives de renforcement des capacités concernant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains ainsi que ses conséquences ;

Si le but est de combattre l’esclavage, pourquoi ne pas le faire sur la révolte de Spartacus ? Car la Thrace n’a pas demandé de réparations ? On peine à tracer la ligne entre l’étude historique légitime qui est déjà bien faite par de nombreux travaux et la propagande. Encore insister revient à rentrer dans un régime de matraquage médiatique et éducationnel.

Au vu du nombre d’imprécisions historiques, sommes-nous dans un document solide ou une réécriture politique digne de 1984 ? On peut se poser la question.

Pire, les fondements juridiques interrogent :

Réaffirmant la Déclaration universelle des droits de l’homme

Soulignant que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques

Réaffirmant la Déclaration et le Programme d’action de Durban

Bien, mais ce texte était-il disponible au moment de la traite ? De facto ces textes lui sont largement postérieurs. Peut-on juger l’histoire à l’aune de notre droit ?

Dans ce cas, pourquoi ne pas faire une résolution sur les conquêtes romaines, celles d’Alexandre (Par exemple le massacre de Tyr ? La réduction de Corinthe en esclavage par Philippe de Macédoine ?) ou bien, les conquêtes arabes, celles de Ghengis Khan ? Où commence, où finit le besoin ?

l’esclavage et la traite des esclaves constituent un crime contre l’humanité et qu’il aurait toujours dû en être ainsi, en particulier la traite transatlantique

Premier enjeu : Seul le crime contre l’humanité est imprescriptible. Toute demande de réparation exige de conserver l’affaire ouverte et seul le recours au crime contre l’humanité le permet. Mais alors, si l’esclavage est un crime contre l’humanité, tout territoire ayant possédé des esclaves est débiteur. Ce critère risque de rendre difficile d’isoler un seul centimètre carré de la Terre n’ayant pas connu l’institution particulière. D’où le : en particulier la traite transatlantique. qui revient à isoler celui qui arrange les demandeurs.

Second thème : la notion de crime contre l’humanité naît lors du procès de Nuremberg pour juger les crimes nazis. Comment un planteur ou un capitaine de négrier du XVIIIè siècle aurait-il pu imaginer le futur à ce point ?

Là encore, réécrire l’histoire revient à tout réviser. Qui y est prêt ?

En réalité, la résolution est un dispositif juridique de création de créance perpétuelle, déguisé en geste mémoriel.

Personne de sérieux, les états africains survivraient-ils si leurs frontières tracées durant la colonisation étaient soudains annulées ? Non, donc, ils ne le demandent pas. La dissonance conduit donc à s’interroger sur les motivations des acteurs.

Le Ghana qui mène la résolution, les états africains ont un double intérêt : faire oublier le rôle des africains fournisseurs de la traite, le passage sur la vente le démontre. Ensuite, obtenir des transferts de fonds plus importants. D’où les multiples demandes de réparations. Il est plus simple de demander des fonds que de lancer un plan quinquennal comme la Chine ou la Russie stalinienne l’ont fait.

Les pays d’Amérique du sud et des caraïbes sont dans la position de demander aussi des fonds. Eux, ont l’avantage de ne pas avoir vendu. En revanche, cela évite de demander des comptes à ceux qui chez eux sont les héritiers des planteurs, mais on peut comprendre leur position, vu la place de la traite dans leur histoire.

En revanche, que dire des pays musulmans. Certes, ils n’ont pas contribué à la traite et peuvent donc s’en laver les mains. Mais, et tout est dans le mais, ces pays n’ont-ils pas une histoire particulière avec l’esclavage ? La traite pendant des siècles à travers le Sahara, les raids pirates en méditerranée ? Pour les armées, les harems, les eunuques. (on se rappellera le passage : Considérant le caractère genré exceptionnel de la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé, qui soumettaient systématiquement les femmes et les filles africaines à des violences sexuelles, à la procréation forcée, à la servitude domestique et à des formes d’exploitation fondées sur le genre, les rendait particulièrement vulnérables à des formes multiples et aggravées de domination raciale, sexuelle et économique, tout en reconnaissant également leur rôle central dans le maintien des familles, des cultures, des mouvements de résistance et des luttes abolitionnistes dans des conditions de coercition extrême. Ca ne s’appliquait pas dans les pays musulmans ? À la prostitution romaine5 ?)

Autre exemple : L'Indonésie moderne est le produit de la fusion de multiples royaumes et sultanats (Sultanat de Mataram, de Ternate, de Tidore, d'Aceh, etc.) où l'esclavage était une institution massive et structurelle. Elle a pourtant voté contre. Les esclaves étaient-ils mieux traités dans ces sultanats ?

Faut-il en rajouter ? L’institution particulière a massivement accompagné l’humanité et aucun territoire ne peut s’en laver les mains. (Mars, peut-être, mais elle reste à coloniser et nous risquons d’être surpris par la créativité humaine, tant l’esclavage est un moyen pratique de déplacer des populations.)

Ce bref rappel historique pose alors une question : Comment nos diplomaties ont-elles pu s’abstenir face à un texte qui cloue nos pays au pilori ? On peut invoquer la traditionnelle faiblesse des diplomates, leur goût pour l’eau tiède, mais cela semble réduit.

Autre explication : la volonté d’éviter de se fâcher avec les pays du Sud à un moment où l’Occident est en difficulté avec eux. Certes, constatons que cette crainte de nous fâcher pèse moins au moment d’envoyer des ambassadeurs pro LGBT prosélytes dans ces mêmes pays. Gageons que si les peuples occidentaux étaient consultés, ils préféreraient la position inverse : opposer un ferme veto idéologique aux manipulations historiques dont ce texte est empli et moins de propagande irrespectueuse de la liberté des peuples du Sud.

Seulement, là est notre grand problème le Sud Global se contente de s'engouffrer dans une brèche monumentale ouverte par l'Occident a lui-même. Cette résolution couronne une capitulation de l'intérieur. Qui a ouvert le dossier ? Le musée de Nantes sur la mémoire de la traite a-t-il attendu la résolution ? Non, juste Jean-Marc Ayrault s’achetait une vertu sur un sujet non opérationnel. (Cette grande cause compensait peut-être sa gestion désastreuse de Notre Dame des Landes.).

Pour une grande partie de nos élites culturelles et politiques, la lucidité historique est perçue comme du nationalisme ou du racisme. Dans leur logiciel idéologique, l'Occident, étant historiquement dominant, doit être le seul à porter le fardeau de la faute. Une posture commode pour se hausser du col, mais vous remarquerez que ces gens n’ont pas été proposer d’aliéner leur patrimoine pour compenser les souffrances. Le peuple paiera, comme il paie trop souvent leurs salaires et donc, ils peuvent laisser passer un tel brûlot.

Car, ne l’oublions pas : Ces diplomates, ces universitaires qui théorisent cette culpabilité, ces hauts fonctionnaires qui rédigent les notes d'abstention au Quai d'Orsay, tous sont payés par les impôts du contribuable français et occidental. Ils tirent leur légitimité, leur statut et leurs revenus de l'État-nation qu'ils refusent pourtant de défendre sur le plan idéologique.

Cette résolution, aussi cynique soit-elle doit constituer un avertissement : Si nous laissons nos dirigeants continuer à vivre dans leur bulle technocratique et à estimer qu'ils sont investis d’une mission "morale" supérieure qui les autorise à ignorer la volonté populaire. Certes, seulement la résolution n’est qu’une étape, des groupes calculent déjà le montant à exiger6 et la prochaine demande sera plus rude !

1Le royaume du Dahomey a été un acteur majeur de la traite atlantique du XVIIe au XIXe siècle, les rois Agaja, Tegbessou, Ghezo en ont tiré l'essentiel de leurs ressources, et la "fin" de la traite y a été imposée militairement par les Britanniques et les Français, non choisie. Robin Law a documenté tout cela (The Slave Coast of West Africa, 1550-1750, Ouidah : The Social History of a West African Slaving Port).

2Vaste question de la xénophobie phénotypique, et pas forcément du racisme (Mais là aussi, on aime à mélanger les concepts).

3À Rome, la ration servile typique est documentée par Caton dans le De Agri Cultura (chapitre 56) : quatre à cinq modii de blé par mois pour un esclave aux champs, complétés par du vin coupé, des olives de rebut, du sel. Ramené en calories, on est autour de 3000 kcal/jour, ce qui suffit théoriquement à un homme adulte au travail mais ne laisse aucune marge pour la grossesse, l'allaitement, la croissance d'un enfant. Walter Scheidel a fait les comptes (Human Mobility in Roman Italy, et plus largement ses travaux sur la démographie servile) : le déficit reproductif est structurel. Les esclaves romains ne se reproduisent pas en termes nets parce que les femmes en âge de procréer sont sous-alimentées, surchargées de travail, et que les enfants ne sont pas viables en nombre suffisant.

Aux États-Unis du Sud, la ration documentée (Robert Fogel et Stanley Engerman, Time on the Cross, 1974, qui ont quantifié à partir des registres de plantation) est d'environ 4000 à 4500 kcal/jour en moyenne, avec viande de porc régulière, maïs en quantité, accès aux jardins potagers. Les analyses ostéologiques sur les cimetières d'esclaves (notamment l'étude du African Burial Ground à New York, et les travaux de Ted Rathbun sur le Sud) confirment des stigmates de malnutrition réels mais bien moindres que ceux des squelettes serviles romains. La capacité reproductive suit : la population servile états-unienne croît de 700 000 en 1790 à près de 4 millions en 1860, par croissance naturelle quasi-exclusive après 1808.

4Terme pour les enfants esclaves élevés dans les domus à Rome.

5Sur la réalité historique de la prostitution servile à Rome, voir mon roman "Aurélia, la perle d'Épire" sur une esclave prostituée à Rome : https://www.atramenta.net/lire/aurelia-la-perle-depire/101022

6Le mouvement CARICOM, présidé depuis 2013 par Hilary Beckles, a effectivement publié un plan de réparations en dix points chiffré, et le Royaume-Uni fait l'objet de demandes répétées (le rapport Brattle de 2023 chiffre la dette britannique à 18 800 milliards de livres, celle des Pays-Bas à 4 860 milliards, celle de la France à environ 4 200 milliards).
Réparation du colonialisme - Newsletter 01/24 - L'Afrique et les Caraïbes demandent des réparations

samedi 16 mai 2026

De l’art… ou n’importe quoi

Un quarantième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait de Charles Baudelaire tiré de ses Poèmes en prose.

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Comparez l’époque présente aux époques passées : au sortir du salon ou d’une église nouvellement décorée allez reposer vos yeux dans un musée ancien et analysez les différences. 

Dans l’une, turbulence, tohu-bohu de styles et de couleur, cacophonie de tons, trivialités énormes, prosaïsme de gestes et d’attitude, noblesse de convention, poncifs de toutes sortes, et tout cela visible et clair, non seulement dans les tableaux juxtaposés, mais encore dans le même tableau ; bref, absence complète d’unité, dont le résultat est une fatigue effroyable pour l’esprit et pour les yeux. 

Dans l’autre, ce respect qui fait lever leur chapeau aux enfants et vous saisit l’âme, comme la poussière des tombes et des caveaux saisit à la gorge, est l’effet non point du vernis jaune et de la crasse des temps, mais de l’unité, de l’unité profonde. Car une grande peinture vénitienne jure moins à côté d’un Jules Romain que quelques-uns de nos tableaux, non pas des plus mauvais, à côté les uns des autres. 

Cette magnificence de costumes, cette noblesse de mouvement, noblesse souvent maniérée mais grande et hautaine, cette absence des petits moyens et des procédés contradictoires sont des qualités toutes impliquées dans ce mot : la grande tradition.

Là des écoles, ici des ouvriers émancipés.

Il y avait encore des écoles sous Louis XV, il y en avait une sous l’Empire – une école, c’est-à-dire une foi, l’impossibilité du doute. Il y avait des élèves unis par des principes communs, obéissant à la règle d’un chef puissant et l’aidant dans tous ses travaux.

Le doute, ou l’absence de foi et de naïveté, est un vice particulier à ce siècle, car personne n’obéit et la naïveté qui est la domination du tempérament dans la manière, est un privilège divin dont presque tous sont privés.

Peu d’hommes ont le droit de régner, car peu d’hommes ont une grande passion. Et, comme aujourd’hui chacun veut régner, personne ne sait gouverner.

***

Les singes sont les républicains de l’art et l’état actuel de la peinture est le résultat d’une liberté anarchique qui glorifie l’individu, quelque faible qu’il soit, au détriment des associations, c’est-à-dire des écoles.

Dans les écoles, qui ne sont autre chose que la force d’invention organisée, les individus vraiment dignes de ce nom absorbent les faibles, et c’est justice, car une large production n’est qu’une pensée à mille bras.

Cette glorification de l’individu a nécessité la division infinie du territoire de l’art.

La liberté absolue et divergente de chacun, la division des efforts et le fractionnement de la volonté humaine ont amené cette faiblesse, ce doute et cette pauvreté d’invention ; quelques excentriques sublimes et souffrants compensent mal ce désordre fourmillant de médiocrités.

https://www.actionfrancaise.net/2026/05/16/de-lart-ou-nimporte-quoi/ 

vendredi 15 mai 2026

Cette année-là - Ecologie : pourquoi la droite a décroché ?

 

Cette année-là - Ecologie : pourquoi la droite a décroché ?

"Cette année-là", l’émission d’Éléments sur TV Libertés, remonte le temps jusqu’à l’année 2001 et un numéro d’Éléments consacré au "localisme : une réponse à la mondialisation". Vingt ans plus tard, l’écologie est devenue le monopole autoproclamé d’un progressisme hors-sol, tandis que la droite semble avoir déserté un terrain qui fut pourtant le sien. Comment expliquer ce décrochage ? Comment une pensée de la limite, du lieu et de la transmission a-t-elle pu être abandonnée à ses adversaires ?

Autour d’Olivier François, les analyses de Thomas Hennetier, David L’Épée et Christophe A. Maxime.


Le rendez-vous musclé et impertinent du magazine des idées.

https://tvl.fr/cette-annee-la-ecologie-pourquoi-la-droite-a-decroche

Théorie du complot : et si on parlait des francs-maçons et de Bilderberg ?

 

Depuis quelques jours les émissions télé et les articles de journaux, papier ou numérique, se multiplient, pour tenter de nous prouver que « La théorie du complot » n’existe pas, que ce ne sont que de fausses rumeurs.

On décide même de légiférer contre ce que l’on appelle les « fake news » (pourquoi ne pas dire plus simplement        « fausses nouvelles » ?), dans le but non pas d’éliminer les tas de fausses rumeurs qui circulent sur le Net mais surtout d’effacer « les nouvelles vraies », celles qui gênent le pouvoir.
Au début du XXe siècle peu de gens étaient informés sur les pouvoirs de la « franc-maçonnerie ». Il aura fallu l’intervention du député Henri Brisson, le 22 juin 1899 (qui fut président du Conseil et ministre de l’Intérieur et d’extrême gauche), du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, lors d’une ultime tentative pour sauver le ministère Waldeck Rousseau, dont la chute était annoncée.

Henri Brisson fit le célèbre signe de détresse maçonnique et cria : « À moi les enfants de la veuve ! ».
Tous les députés francs-maçons présents se rallièrent et le ministère fut sauvé.

Dès lors on sut la puissance de cette franc-maçonnerie mais il aura fallu attendre un demi-siècle pour qu’elle éclate au grand jour… et encore : tout ne se sait pas, mais ce qui se sait : les francs-maçons aident à élire le Président de la République qui sera à leur écoute, ainsi que les ministres, les députés, etc.
Ce fut le cas notamment de François Hollande, en 2012, contre Nicolas Sarkozy, qui les négligeait !

Plus de 150 parlementaires des deux chambres appartiennent à une loge maçonnique.

Aujourd’hui, « la théorie du complot » que l’on veut absolument rendre invisible aux yeux de la population, donc des électeurs, concerne deux sujets majeurs : le « Grand Remplacement » organisé, programmé et mis en exécution par l’Union européenne, et cela est prouvé par les déclarations récente de l’un de ses dirigeants, et la puissance du  « Groupe Bilderberg », qui étend sa toile sur tout le monde occidental et a organisé, programmé et réalisé la victoire d’Emmanuel Macron lors de la présidentielle de 2017.

Qui peut encore croire qu’Emmanuel Macron est sorti miraculeusement du chapeau d’un illusionniste pour devenir Président ?
Et que c’est également un magicien qui a financé les quelques milliards nécessaires à « sa mise en marche » et à sa campagne ?

Emmanuel Macron a été imposé aux Français en 2017, avec l’objectif suivant : « Plus qu’à espérer les « retours sur investissements » non seulement prévisibles mais assurés ! ».

Nous ne pouvons que le constater lors de chaque nouvelle loi appliquée !

En quelques mots, qui est « Bilderberg » ?
Fondé par David Rockefeller, il se compose de chefs d’État, de ministres, de patrons de banques, de PDG de multinationales, de militaires, d’universitaires qui, chaque année, se réunissent dans le plus grand secret afin de débattre sur le devenir de notre planète et, surtout, le contrôler.
Tous les participants doivent venir seuls et sont tenus au silence absolu : interdiction de rendre publique leur identité ainsi que celle des « invités » et les propos qui y seront rapportés.

Tout se passe en vase clos, aucune médiatisation, ni des conférences, ni des participants, ni des thèmes abordés.
C’est le « Club » le plus fermé du monde !

Les Présidents américains et européens sont convoqués « avant leur élection » ainsi que les personnalités les plus influentes de divers secteurs économiques des pays occidentaux.
C’est ainsi que lors du « 62e Bilderberg », en 2014, Emmanuel Macron, secrétaire général adjoint de l’Élysée, prononce un discours terriblement accablant contre son « patron », François Hollande, et, devant 130 personnalités, il critique longuement la politique menée et le démonte totalement.
Pas question de laisser échapper une telle opportunité, de ne pas se réserver une telle intelligence. Neuf jours plus tard Emmanuel Macron démissionne, Arnaud de Montebourg est « débarqué », le poste de ministre de l’Économie est vacant et il est « offert » à Emmanuel Macron.

Le Président de la République, François Hollande, n’en n’a jamais été informé, même par son ministre de la Culture de l’époque, Fleur Pellerin, qui a confirmé « en avoir entendu parler mais n’en n’avoir rien dit à personne, même si elle avait été extrêmement choquée car on l’avait prévenu que Macron se « détachait » de Hollande ». (source : RT-France).

Mai 2017, Emmanuel Macron est élu en toute tranquillité Président de la République française et, à la surprise générale, qui nomme-t-il comme Premier ministre ? Édouard Philippe, de la droite républicaine et maire du Havre qui, comme par hasard, a été « l’invité » du Groupe Bilderberg lors de la 64e réunion, en 2016, en Allemagne.

N’imaginez pas, peuple de France, avoir découvert et élu votre Président, on vous l’a imposé, le ménage a été fait autour de lui et vous le supporterez jusqu’en 2027, à moins que…
Le « Club Bilderberg » se réunit tous les ans, dans le plus grand secret et c’est lui qui contrôle la marche du monde. Qu’on se le dise. Nous ne sommes que des pions !

La 71e réunion s’est tenue au Grand Hôtel de Stockholm (Suède) du 12 au 15 juin 2025. Il y avait 121 participants de 23 pays (issus de l’élite politique, financière et médiatique).
Mais surtout ne me croyez pas, il s’agit bien sûr d’une « nouvelle théorie du complot ». Tout cela n’est que mensonge !

Manuel Gomez

https://ripostelaique.com/theorie-du-complot-et-si-on-parlait-des-francs-macons-et-de-bilderberg-3/

mercredi 13 mai 2026

Vous avez dit mauvaise foi ?

 

Par Gérard Leclerc

Il ne faut pas occulter, du fait d’une présentation trop irénique de la République, la guerre que la Révolution et ses épigones firent hier à la foi chrétienne, et encore aujourd’hui.

Le Journal du Dimanche a publié le 5 avril dernier une intéressante confrontation de notre ancien ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et de l’évêque de Nanterre, Mgr Matthieu Rougé, à propos de notre héritage civilisateur. Le premier vient de publier un essai intitulé Civilisation française, dont la thématique s’impose d’autant plus que nous sommes en butte à ce que le sociologue Norbert Élias appelait « des phénomènes de décivilisation », et donc de dissociation de ce qui permettait l’évolution harmonieuse de notre société.

Une rupture profonde

Forcément, au cours d’une telle discussion, se détache la question de la déchristianisation, de son ampleur, ainsi que des signes de réémergence qui attestent une continuité profonde : « La France est plus chrétienne qu’elle ne le sait », affirme Mgr Rougé.

Mais puisque la civilisation française se rapporte à une histoire qui n’est pas forcément linéaire, il n’est pas possible d’ignorer la Révolution de 1789 qui s’inscrit comme une rupture profonde. Jean-Michel Blanquer voudrait pourtant limiter son ampleur : « Je n’ai jamais opposé le christianisme et la République car j’ai trop conscience du caractère enchevêtré de ces deux histoires ». Et de se réclamer du juriste Maurice Hauriou, catholique et républicain « qui suppliait à 18 ans son évêque que l’Église reconnaisse la République ».

Il est vrai que l’ancien ministre donne à ce concept de République un contenu de générosité qui semble consoner avec l’esprit du christianisme. Mais n’est-ce pas au prix d’un sérieux oubli de la charge antichrétienne de la Révolution et de l’offensive d’une IIIe République acharnée dans son combat contre les Congrégations religieuses. De ce point de vue, son recours à Péguy apparaît d’autant plus paradoxal que le gérant des Cahiers de la quinzaine s’est opposé de toutes ses forces à ce qu’il appelait « la dictature combiste » et même à la loi de séparation de 1905 qu’il accusait d’être au service d’une métaphysique, dissimulée ou ouvertement exhibée.

Les hommes de la IIIe République avaient beau se prévaloir d’une liberté de conscience qu’ils opposaient aux contraintes dogmatiques, ils n’en étaient pas moins imprégnés des idéologies saint-simonienne et positiviste, quand ils n’étaient pas adeptes de cette contre-Église qu’était la franc-maçonnerie.

Un retour en arrière ?

Nous sommes très loin d’être sortis des querelles autour de la vraie nature de la Révolution française. François Furet s’était mis au travers de toute une historiographie classique, celle de l’université, en montrant la logique totalitaire d’un mouvement qui ne consistait pas seulement dans un changement institutionnel mais dans une régénération de l’espèce. On assiste aujourd’hui à un retour en arrière, notamment avec une extrême gauche qui n’hésite pas à se réclamer de Robespierre. Mgr Matthieu Rougé peut, dans le même sens, rappeler les propos de ce prédécesseur de Jean-Michel Blanquer, Vincent Peillon, qui allait jusqu’à écrire : « La Révolution française a échoué, car elle n’a pas réussi à éradiquer le catholicisme, religion intrinsèquement incompatible avec la liberté ». Même s’il y a quelque chose d’assez drôle dans cette affirmation si l’on songe au régime de Terreur imposé par la Révolution, elle a au moins le mérite d’imposer à nouveau un sérieux examen de notre héritage. 

https://www.actionfrancaise.net/2026/05/10/vous-avez-dit-mauvaise-foi/

Le verbiage révolutionnaire

 

Un trente-neuvième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait d’Hippolyte Taine tiré de Origines de la France contemporaine.

*****

On place dans les espaces. Au moyen de huit ou dix phrases toutes faites, grâce à l’un de ces catéchisme de six sous qui courent par milliers dans les campagnes et les faubourgs, un procureur de village, un commis de barrière, un contrôleur de contremarques, un sergent de chambrée, se trouve législateur et philosophe ; il juge Malouet, Mirabeau, les ministres, le Roi, l’assemblée, l’Église, les cabinets étrangers, la France et l’Europe.

Par suite, sur ces hautes matières qui lui semblaient pour toujours interdites il harangue, il est applaudi, il s’admire raisonner si bien et avec de si grands mots. À présent, c’est un emploi, une gloire et un profit que de pérorer sur des questions qu’on n’entend pas. « On parle plus en un jour », dit un témoin oculaire, « dans une section de Paris que dans toutes les assemblées politiques de la Suisse pendant l’année entière. Un Anglais étudierait six mois ce que nous décidons en « un quart d’heure » et, partout dans les hôtels de ville, aux sociétés populaires, aux assemblées de section, dans les cabarets, dans les promenades publiques, au coin des rues, la vanité installe une tribune pour le verbiage. « Qu’on examine l’incalculable activité d’une semblable machine chez une nation loquace où la fureur d’être quelque chose domine sur toutes les autres affections ; où la vanité à plus de faces qu’il ne brille d’étoiles au firmament ; où les réputations ne coûtaient déjà que la peine de répéter souvent qu’on les méritait ; où la société se trouvait partagée entre les êtres médiocres et leurs prôneurs qui les divinisaient ; où si peu de gens sont contents de leur situation ; où le marchand du coin est plus glorieux de son épaulette que le grand Condé ne l’était de son bâton de commandement ; où l’on s’agite perpétuellement sans moyens comme sans objet du frotteur au dramaturge, de l’académicien à l’innocent qui barbouille la feuille du soir, du courtisan bel-esprit à son laquais philosophe, chacun refait Montesquieu avec la suffisance d’un enfant qui se croit savant en commençant à lire ; où l’amour-propre de la dispute, de l’ergoterie et du sophisme ont tué toute conversation sensée ; où l’on ne parle que pour enseigner, sans se douter qu’il faut se taire pour apprendre ; où les triomphes de quelques fous ont fait sortir de leurs loges tous les cerveaux timbrés ; où lorsqu’on a combiné deux sottises d’après un livre qu’on n’a pas compris, on se donne des principes ; où les escrocs parlent de morale, les femmes perdues de civisme et les plus infâmes des humains de la dignité de l’espèce humaine ; où le valet affranchi d’un grand seigneur s’appelle Brutus ».

Effectivement, il est Brutus à ses propres yeux ; à l’occasion, il le sera tout à fait, surtout contre son dernier maître ; ce n’est qu’un coup de pique à donner. En attendant qu’il fasse les actions du rôle, il en dit les paroles. Il s’échauffe par ses tirades ; à la place de son bon sens, il n’a plus que les mots ronflants du jargon révolutionnaire, et la déclamation, achevant l’œuvre de l’utopie, allège son cerveau de son dernier lest.

https://www.actionfrancaise.net/2026/05/09/le-verbiage-revolutionnaire/