Mythes et antimythes
Culture et histoire
mercredi 23 septembre 2026
Passé-Présent avec Eric Anceau - Léon Gambetta, le père de la République
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Faites l'expérience un jour : comptez, dans votre ville, les rues et les places qui portent le nom de Gambetta. Vous en trouverez presque partout. Léon Gambetta figure encore aujourd'hui dans le top dix des personnalités les plus honorées par nos plaques de rues, juste derrière De Gaulle, Pasteur, Victor Hugo, Jean Jaurès et Jean Moulin. Et pourtant, demandez autour de vous qui il était vraiment : le plus souvent, c'est le silence.
Ce fils d'immigré italien, épicier à Cahors, borgne depuis l'enfance, devient pourtant l'homme du 4 septembre 1870 : celui qui proclame la République, quitte Paris assiégé en ballon pour organiser la résistance, puis passe dix ans à imposer ce régime que la France ne voulait pas franchement.
Il meurt à quarante-trois ans, d'un accident aussi absurde que sa vie fut flamboyante. Comment expliquer un tel oubli ? C'est la question du livre que l'historien Éric Anceau vient nous présenter : "Gambetta, fondateur de la République", publié aux Presses universitaires de France.
https://tvl.fr/passe-present-avec-eric-anceau-leon-gambetta-le-pere-de-la-republique
Allemagne : les chaînes de 1945 commencent à céder

Friedrich Merz a trouvé le coupable. Après les nouveaux succès de l’AfD et l’effondrement de la CDU dans l’est de l’Allemagne, le chancelier explique gravement que l’avenir de la démocratie allemande serait en danger. Curieuse conception de la démocratie : lorsqu’un peuple vote comme on l’attend de lui, tout va bien ; lorsqu’il commence à renverser la table, la République serait soudain menacée.
C’est peut-être exactement l’inverse qui se produit. La démocratie retrouve son véritable sens lorsque les électeurs découvrent que leur bulletin peut réellement bouleverser l’ordre établi.
Ce qui vacille aujourd’hui n’est pas tant la démocratie allemande qu’un système politique et moral né après 1945, dans un pays vaincu, occupé et reconstruit sous l’autorité des vainqueurs. La République fédérale fut créée en 1949 dans les zones occidentales d’occupation. Quarante et un ans plus tard, la réunification n’engendra pas une Allemagne entièrement nouvelle : les Länder de la RDA rejoignirent la République fédérale et ses institutions.
Avec celles-ci survécut une culture politique dans laquelle la nation allemande devait rester perpétuellement sous surveillance. Certaines questions pouvaient être discutées ; d’autres devenaient suspectes dès qu’elles touchaient à l’identité, à l’immigration ou à la permanence historique du peuple allemand.
Cette mécanique commence à s’enrayer.
Romy l’a fort bien observé sur X : chez une partie des jeunes Allemands, « cette honte héritée ne fonctionne plus comme avant ». Un Allemand de vingt ans est né plus de soixante ans après la chute du Reich. Ses parents n’ont pas connu la guerre ; ses grands-parents peuvent eux-mêmes être nés après 1945. L’Histoire demeure. Le rapport personnel à cette histoire, lui, change.
On peut enseigner Auschwitz, condamner le nazisme et connaître les dérives du IIIe Reich sans demander à un jeune Allemand du XXIe siècle de considérer sa nationalité comme une faute originelle. La culpabilité ne se transmet pas éternellement avec le patrimoine familial.
Voilà pourquoi l’arme politique qui fut longtemps la plus efficace en Allemagne commence à s’émousser. Pendant des décennies, il suffisait de faire planer les mots « nationalisme », « extrême droite » ou « nazi » pour mettre un terme à une discussion. Une partie croissante des électeurs semble désormais répondre : et après ?
Romy résume très justement cette évolution : chez certains, « la peur de perdre son avenir est devenue plus forte que la peur d’être moralement condamné pour son vote ».
Car l’Allemagne réelle s’est rappelée au bon souvenir de l’Allemagne officielle. Son industrie souffre, l’énergie coûte cher, les disparités entre Est et Ouest subsistent et l’immigration s’est imposée comme l’un des grands sujets politiques du pays. Les récentes élections ont précisément montré combien le centre politique traditionnel s’était fragilisé, particulièrement à l’Est.
La CDU peut parler retraites, assurance-maladie, infrastructures et fiscalité. Toutes ces questions comptent. Elles ne répondent pourtant pas à celle qui travaille désormais une partie du pays : qu’est-ce que l’Allemagne veut encore être ?
Un simple espace économique où différentes populations cohabitent ? Ou le pays historique des Allemands, capable d’accueillir des étrangers sans renoncer pour autant à demeurer allemand ?
C’est cette question que le vieux système politique redoute de poser franchement. Merz préfère évoquer le spectre du nationalisme allemand et le danger qu’il pourrait représenter pour les voisins de l’Allemagne. Pourtant, le problème de 2026 n’est évidemment pas celui de 1939. Ce qui inquiète une partie des électeurs allemands n’est pas la conquête de nouveaux territoires, mais la continuité démographique, culturelle et nationale de leur propre pays.
Tant que la CDU répondra à cette inquiétude par des sermons, elle laissera à l’AfD le monopole de la question. Le fameux Brandmauer, ce « mur coupe-feu » dressé autour du parti, peut encore interdire les coalitions. Il ne peut empêcher les électeurs de passer de l’autre côté. Sa progression met désormais cette stratégie sous une pression croissante.
Quelque chose se défait donc en Allemagne. Une génération nouvelle paraît moins disposée que les précédentes à demander pardon d’exister avant même de parler de son avenir. Elle ne renie pas nécessairement l’histoire ; elle refuse simplement que celle-ci demeure une prison.
C’est bien un monde qui finit : celui d’une Allemagne dont la vie politique restait encore largement gouvernée par les interdits nés de la catastrophe de 1945.
Ce qui vient est plus difficile à nommer. Peut-être sera-ce véritablement un monde nouveau. Peut-être assisterons-nous plutôt à la résurgence, sous des formes que personne ne peut encore prévoir, d’une Allemagne beaucoup plus ancienne que la République fédérale : celle d’un peuple qui recommence à se penser comme peuple.
L’histoire allemande, décidément, n’a peut-être pas dit son dernier mot.
Trystan Mordrel
trystan.mordrel@gmail.com
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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lundi 21 septembre 2026
Le butin des Rapetout écolos réchauffistes
Leur magot se chiffre par dizaines de milliards ici. Par centaines là. Comme s’il en pleuvait. Rien qu’en France.
Compiler les détournements de fonds commis par les réchauffards est une tâche ardue parce que les politiciens véreux ventilent leurs méfaits entre des rubriques à brac aux intitulés baroques, en apparence sans liaison les uns avec les autres. Et bien sûr, les médias aux ordres souffrent de cécité sélective.
Une escroquerie sophistiquée sortie de cerveaux machiavéliques
La taxe carbone tombée du ciel s’appuie sur un présupposé idéologique attribuant un coefficient de pollution en fonction des activités considérées comme plus ou moins émettrices de CO2, de façon arbitraire. Ou selon les calculs fantaisistes de militants d’ultra gauche. Il faut donc raquer pour compenser des dommages imaginaires. En France et en Europe. Parce que 70 % des États souverains à la croissance continue, USA, Russie, Chine, Inde, Brésil, refusent de se soumettre à cette extorsion planétaire.
Un corollaire de cette crapulerie mondialisée est une arnaque dans l’arnaque : le système d’échange de quotas d’émissions (SEQE) une structure sous la tutelle des banksters du NWO, renforcés par des États-voyous, destinée à permettre de moduler un système rigide par des échanges économiques ponctuels en fonction de la conjoncture. Mais qui a abouti à une légitimation des détournements de fonds sous l’œil complaisant de politicards vicieux comme Al Gore et Macronescu.
Generation Investment Management dont Al Gore est le président, collecte des capitaux pour subventionner les entreprises « vertueuses » supposées lutter contre un réchauffement climatique hypothétique. Grâce au protocole de Kyoto qui appelle les économies à réduire les flatulences des bovins entre autres mesures radicales, ces canailles surfent sur leur imposture en vue d’un juteux retour sur investissement.
Le protocole de Kyoto a posé en 2005 les bases d’un marché de dupes, l’accord international du carbone, instaurant un mécanisme d’échange entre les pays et les trusts du NWO avec attribution de quotas d’émission en fonction des objectifs de réduction. L’Eurocrature vassale de toutes les canailleries mondialistes s’est alignée sans mot dire. On n’a pas beaucoup entendu nos patriotes. Devenus des moutons paralysés à l’idée qu’on leur reproche de ne rien faire pour « sauver la planète ». L’autre potion hypnotique paralysante avec l’accusation de racisme à tout va.
SEQE L’Eurocrature a mis aux enchères ou proposé en contrepartie de faveurs politiques un Système d’échange de quotas d’émission ou European Trading System qui repose sur un plafonnement avec échange des surdoses au delà d’un certain seuil tout aussi arbitraire que le reste. Ce marché devait être la pierre angulaire de l’application du diktat de Paris de 2015 pour que chaque pays assujetti vise la neutralité carbone après 2100. Et comme les signataires seront tous crevés d’ici là, nul ne leur demandera de rendre des comptes… En attendant Donald est sorti de ce bourbier que Vladimir, Narendra et Xi ont ignoré.
Les premiers michetons à passer à la caisse ont été les raffineries, la sidérurgie, les cimenteries, les industries de la chimie, du verre, du papier, ainsi que l’aéronautique et les compagnies maritimes. Mais pas les bagnoles électriques dont la fabrication émet toutes sortes de particules nocives, et l’utilisation requiert du courant produit en majorité par des centrales à charbon ou au lignite.
Modes de financement de la transition escrologique
L’État français ne se contente pas de distribuer des subventions indues à ses protégés, et de favoriser des prêts bancaires avantageux à ses comparses. Il utilise tout le poids de ses administrations pour racketter les gueux en vue d’une décarbonation aussi saugrenue que crapuleuse. Leur bilan carbone servi à toutes les sauces est une corne d’abondance qui se chiffre en milliards d’euros dilapidés. Mais c’est désormais un « certificat de moralité » brandi tel un totem protecteur.
Parmi les bénéficiaires de ces largesses, on peut citer :
* Fonds d’innovation pour la décarbonation de l’industrie 4 milliards en 2025 visant l’industrie lourde (aciéries, cimenteries, chimie) et 40 milliards programmés d’ici 2030.
* Fonds Social pour le Climat (FSC) financé par les SEQE de 2026 à 2032 à hauteur de 90 milliards dont 4 Mds en 2025 pour la France.
* Horizon Europe 2021 – 2027 : 95 milliards pour la Recherche et l’Innovation menées par des intellos rêveurs à la française.
* Programme pour l’Environnement et le Climat (PEAC) dénommé aussi Program Life : 2021 – 2027 5 milliards pour des solutions innovantes destinées à la nature, la biodiversité, l’économie, et l’adaptation des humanoïdes récalcitrants à la transition escrologique.
* Fonds pour la Transition Juste (FTJ) : 2021 – 2027 17 milliards pour la formation des sbires et indics de la milice écolo.
* Facilité de la Reprise et de la Résilience (FRR) un budget de 700 milliards, adopté en 2022 visant a atténuer les effets de la crise du Covid pour les pays membres. La grippe pangoline servie à toutes les sauces. Après avoir engraissé Big Pharma, la France (comprendre Macronescu) a décidé de contribuer à hauteur de 40 milliards. Sous forme de prêts pour 40 % et de subventions pour 60 %.
* Fonds Européen pour le Développement Rural (FEDA) 2021-2027. Officiellement, 95 milliards pour soutenir l’adaptation des jeunes agriculteurs au réchauffement climatique toc. On demande à voir qui ont été les réels bénéficiaires de ces largesses.
* Fonds Européen pour le Développement Régional (FEDR) 2021-2027. Là encore, 225 milliards pour aider les entreprises publiques et privées de l’UE à décarboner. Avec des aires de covoiturage, des stations vélos, des trottinettes… Les rollers ne sont plus à la mode.
* Mécanisme de l’Interconnexion Europe (MIE) : ce fonds de 20 milliards vise la décarbonation des transports pour 12 Mds, allouant 6 Mds à l’énergie et 2 au numérique. Qui a déjà vu des ordis qui fument ?
Que des noms ronflants, des appellations emphatiques et des programmes grandiloquents, une technique dont raffolent les escrocs pour impressionner les âmes simples et duper les pigeons.
À ces structures parfois éphémères, le temps d’empocher le pognon avant de disparaître, s’ajoutent des institutions pérennes à l’air sérieux qui n’en sont pas moins confiscatoires, mais en y mettant les formes.
La Banque Européenne d’Investissement (BPI) devenue la Banque Européenne pour le Climat (BEC) ou Banque de la Décarbonation, est le premier prêteur mondial pour financer les projets bas-carbone, environnementaux et durables. Selon des critères fixés par qui ? Question rhétorique.
Les principaux actionnaires de ce bouzin sont la France, l’Allemagne et l’Italie qui peuvent puiser indéfiniment dans la poche des contribuables, et émettre de la monnaie de singe quand il n’y a plus de répondant. Ainsi 10 milliards ont été engagés en 2024 pour les investissements (public/privé) en faveur de la « croissance verte » bidon : 6 Mds pour le réchauffement, 2 Mds pour les économies d’énergie et 2 Mds pour la mobilité. Quand le litre de super sera à 5 euros ?
De 2024 à 2030, sous la houlette de l‘ADEME, antenne du gouvernement, 35 milliards sont prévus au profit de diverses entreprises concernées par des projets de décarbonation dont les principaux bénéficiaires devraient être les énergies renouvelables, genre hideuses et polluantes éoliennes, panneaux solaires empiétant sur le milieu naturel, bagnoles à piles qui prennent feu toutes seules, verdissement des villes là où on n’arrache pas les arbres, biodiversité qui ne prend pas en compte la disparition des Caucasiens, éco-consommation concernant l’eau et les déchets. Mais on garde tous les fonctionnaires surnuméraires.
En 2023, l’Europe a récolté 43 milliards liés à la TC et au SEQE, répartis entre un fonds d’innovation et de redistribution aux États membres. Connaissant la probité et la forte teneur morale de nos élites, de mauvais esprits suggèrent que ces prédateurs de haut niveau se servent au passage. Et pas qu’un peu…
Selon les Comptes Mondiaux du Carbone publiés fièrement par les dirigeants non-élus de l’UE, le monde comptait en 2025, 35 SEQE, couvrant 55 % du PIB, 1/3 de la population mondiale et 17 % des émissions. Sans qu’aucun vote n’ait validé ces décisions.
L’International Carbon Action (ICAP), le Partenariat International d’Action sur le Carbone, une plate-forme Internationale fondée par l’Agence Française de Développement et la Caisse des Dépôts, instrumentalise la lutte contre le prétendu réchauffement anthropique pour gérer les SEQE (quotas d’émission) de façon opaque.
En attribuant des droits d’émissions (quotas de CO2) ils créent une ressource limitée à fort impact financier mais ayant une valeur économique nulle. Comme tout ce que produit la mondialisation heureuse avec son économie casino. L’UE délivre chaque année une quantité de quotas gratuits en fonction des sondages et des résultats électoraux, afin de récompenser ou d’encourager à bien penser des personnalités de la sphère politico-médiatique. C’est moins grossier et tout aussi efficace que de truquer les élections.
Christian Navis
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lundi 7 septembre 2026
L’Europe profonde est paysanne avant d’être nationale ou guerrière

Sous les royaumes et les conquêtes demeure une Europe plus ancienne. Christopher Dawson demande de regarder ce que les chroniques voient mal. Les villages. Les champs. Les routes de circulation. Les formes de sépulture. Les habitudes religieuses. Dans The Age of the Gods (1928) il soutient que la civilisation européenne repose d’abord sur un vieux socle paysan. Les aristocraties guerrières viennent ensuite. Elles imposent des langues et des hiérarchies. Elles ne fabriquent pourtant pas seules le monde qu’elles dominent.
Dawson est né en 1889. Il fut formé à Winchester puis à Trinity College Oxford. Son itinéraire passa par l’anglo catholicisme avant son entrée dans l’Église catholique romaine en 1914. Cette biographie éclaire sa méthode. Il refuse de réduire une culture à ses institutions politiques. Une culture est pour lui une communauté spirituelle. Elle tient par des croyances. Des pratiques. Une attitude commune devant la vie. C’est aussi ce qui le distingue d’Arnold Toynbee. Dawson accepte la civilisation comme échelle d’analyse mais refuse d’en faire un objet entièrement extérieur à ceux qui la vivent.
Il faut lire le livre avec une précaution. Son archéologie appartient aux années vingt. Certaines généalogies de peuples et certaines hypothèses religieuses ont vieilli. Sa thèse historique reste néanmoins nette. L’Europe ne se comprend pas comme une succession de peuples qui remplaceraient les précédents. Elle se comprend par superposition. Le nouveau règne souvent sur l’ancien avant d’être lentement transformé par lui.
Le socle danubien vient avant les nations
Dawson part des cultures néolithiques d’Europe centrale et orientale. Il observe entre elles des différences régionales fortes. Il insiste pourtant sur un ensemble commun. Les mêmes animaux domestiques. Les mêmes céréales. Des outils agricoles polis de même type. Une poterie abondante. Des figurines d’argile auxquelles il attribue souvent une fonction religieuse. Pour lui l’agriculture est donc un complexe culturel. Elle ne change pas seulement la nourriture. Elle modifie le temps social et le rapport au territoire.
Le point décisif vient ensuite. L’accroissement des populations agricoles produit une colonisation paysanne vers l’ouest et vers le nord. Dawson suit cette diffusion depuis la région danubienne et la Moravie vers les villages lacustres alpins puis vers la Pologne et l’Allemagne. Il l’étend aussi vers la Baltique et les Pays Bas puis vers l’est de la France. La carte exacte doit être révisée à la lumière de l’archéologie actuelle. Mais l’idée est claire. Avant les États historiques une trame agricole avait déjà organisé une grande partie du continent.
Dawson appelle ce monde la véritable fondation du développement ultérieur de la culture européenne. La formule est forte. L’historien regarde volontiers le conquérant parce qu’il laisse des armes et des récits. Dawson regarde la population dominée parce qu’elle nourrit le conquérant et continue d’habiter après lui. Il donne un exemple presque contemporain de son époque. En Europe orientale une classe supérieure allemande ou magyare pouvait gouverner une population paysanne d’une autre langue et d’une tradition locale beaucoup plus ancienne. Le nom national ne disait donc pas tout de la profondeur humaine du territoire.
Cette thèse ne signifie pas que le paysan moderne serait un survivant intact du Néolithique. Dawson parle de continuité de structures et non d’identité immobile. Les techniques changent. Les religions changent. Les langues changent. Mais le rapport aux sols et aux saisons impose une durée plus lente que celle des dynasties. Le champ transmis. Le village reconstruit. Le chemin conservé. Le cimetière maintenu. Ces formes donnent au passé une présence que l’archive politique ne suffit pas à saisir.
Le guerrier conquiert mais il gouverne un monde déjà formé
Le second étage du livre apparaît avec les peuples guerriers. Dawson associe notamment la diffusion des peuples de la hache de combat à l’expansion indo-européenne. Cette identification doit être maniée avec prudence. Son observation sociologique est plus robuste. Avec la conquête apparaît un autre type de société. Le chef. Le rang. Le cheval. La richesse pastorale. La tombe monumentale. Surtout une séparation nouvelle entre le seigneur guerrier et le paysan dépendant.
Dawson décrit une image concrète. Des établissements de hauteur liés aux groupes pastoraux ou chasseurs dominent les villages ouverts des agriculteurs de plaine. Les grands tumulus des chefs se dressent à côté de sépultures plus simples. Puis l’âge du bronze et l’âge du fer accentuent cette transformation. Il évoque les Celtes et leurs fortifications de hauteur de l’Irlande à la Bohême. La culture héroïque devient visible partout. Elle ne fait pourtant pas disparaître la population agricole située au dessous d’elle.
C’est ici que la thèse paysanne prend toute sa force. Une conquête peut changer l’élite sans changer immédiatement le mode de production. Elle peut imposer une langue de prestige sans effacer les usages locaux. Elle peut superposer des dieux célestes et guerriers à des cultes de la terre. Dawson pense ainsi la culture comme une stratigraphie. L’histoire n’est pas une page blanche après chaque invasion. Elle est un sol sur lequel de nouvelles couches se déposent.
Il applique ce raisonnement jusqu’à la religion. Les figurines féminines du Néolithique lui semblent appartenir à un univers de fécondité et de puissances terrestres. Plus tard les sociétés guerrières valorisent davantage des divinités célestes et héroïques. Dawson ne prétend pas toujours pouvoir démontrer une filiation précise. Il utilise cette opposition pour montrer qu’une conquête peut créer une dualité religieuse aussi bien que sociale. Les cultes du groupe dominant coexistent avec des formes plus anciennes liées à la terre et au cycle agricole.
Le passage sur les catégories linguistiques mérite aussi d’être lu avec précision. Dawson affirme que des populations appelées slaves ou roumaines ou allemandes peuvent porter des traditions beaucoup plus anciennes que la langue qui sert à les classer. Il ne dispose évidemment pas de la génétique des populations actuelle. Son propos est historique. Le vocabulaire national est souvent plus récent que les continuités locales. Il faut donc se méfier de toute généalogie qui transformerait une langue moderne en origine absolue d’un territoire.
La Méditerranée ajoute la ville et la mer au vieux monde paysan
Dawson ne réduit pourtant pas l’Europe au seul socle néolithique. Il formule une seconde thèse très précise. La civilisation européenne historique vient d’une double tradition. D’un côté la culture paysanne de l’Europe centrale. De l’autre la culture méditerranéenne qui utilise les métaux et qui demeure plus proche des grandes civilisations du Proche Orient. L’Europe historique naît de leur combinaison.
La différence est institutionnelle. Dans l’est méditerranéen apparaissent l’écriture et la cité. Elle est aussi économique. Dawson insiste sur le commerce et sur la maîtrise des voies maritimes. Il voit là une singularité durable. Dans d’autres grandes régions de civilisation la concentration s’organise autour de larges vallées fluviales et de plaines irriguées. En Europe la mer devient au contraire un foyer de circulation. Elle rapproche des régions qui restent distinctes.
La géographie européenne produit ainsi une combinaison singulière. Des espaces locaux assez forts pour conserver leurs caractères. Des voies maritimes assez ouvertes pour empêcher leur fermeture. Le continent n’est ni une mosaïque immobile ni un empire naturellement homogène. Il avance par contacts entre foyers régionaux. Le paysan donne la durée. La ville et le marin donnent la circulation. Le guerrier donne la hiérarchie et parfois l’unification. Aucun des trois ne suffit seul.
Dawson précise même que la Méditerranée orientale apporte des éléments que la culture paysanne d’Europe centrale ne possédait pas seule. L’usage plus développé des métaux. L’écriture. La cité. Une économie maritime qui dépend moins de la seule agriculture ou de la conquête que du commerce. Ce point corrige toute lecture ruraliste de son livre. Le vieux socle paysan donne la continuité mais l’Europe historique devient réellement elle même lorsque cette continuité rencontre des sociétés capables de mettre en réseau des régions éloignées.
Ce modèle permet aussi de comprendre pourquoi Dawson refuse de dater l’Europe d’un seul peuple fondateur. Les Celtes comptent. Les Grecs comptent. Rome compte. Mais chacun entre dans une histoire qui a commencé avant lui. L’identité européenne est donc composite dès l’origine. Elle n’est pas le produit d’une pureté initiale. Elle est le résultat d’un empilement où chaque couche peut conserver quelque chose de la précédente tout en changeant son sens.
Le passage à l’âge du bronze renforce encore cette idée. Les échanges et les techniques créent davantage d’unité entre régions européennes. Dawson note pourtant que cette unité nouvelle ne détruit pas les cultures précédentes. Elle les relie. Son Europe n’est donc jamais un espace où l’unification exige l’effacement du substrat. Elle avance plutôt par augmentation du nombre de relations entre des mondes qui gardent une partie de leur singularité.
Cette manière de lire la préhistoire vient de sa définition générale de la culture. Dawson affirme qu’une culture ne se comprend réellement que de l’intérieur. Elle n’est pas seulement une collection d’objets ou de techniques. Elle est une communauté de croyances et d’attitudes devant la vie. Voilà pourquoi il passe sans cesse de la poterie à la religion puis de la tombe à l’organisation sociale. Les vestiges matériels l’intéressent parce qu’ils indiquent une forme de vie et pas seulement un niveau technique.
Il faut aussi noter que Dawson ne traite pas le paysan comme une figure purement économique. Le monde agricole forme selon lui une religion et un calendrier. Il crée des attentes autour de la fécondité et de la mort. Il donne au territoire une valeur qui dépasse la propriété. Cette épaisseur explique pourquoi les cultures rurales résistent mieux aux changements de dynastie que les formes politiques. Elles sont inscrites dans la répétition quotidienne.
Habiter avant de posséder
La leçon de Dawson pour aujourd’hui n’est pas de rêver à un retour vers une paysannerie disparue. Elle est de comprendre que nous habitons des formes plus anciennes que nos catégories administratives. Un territoire n’est jamais seulement une circonscription. Il est une accumulation de gestes et de routes. De cultures matérielles et de souvenirs. La nation elle même repose souvent sur des paysages qu’elle n’a pas créés.
Habiter signifie alors apprendre à voir cette profondeur. Connaître le bassin versant avant le découpage politique. Le vieux chemin avant la voie rapide. Le village avant sa fonction statistique. La fête locale avant sa folklorisation. Transmettre ne consiste pas à immobiliser ces formes. Il consiste à ne pas les rendre illisibles. Dawson nous rappelle ainsi qu’une civilisation dure moins par ceux qui la proclament que par ceux qui continuent à donner un sens au même sol.
https://www.revue-elements.com/leurope-profonde-est-paysanne-avant-detre-nationale-ou-guerriere/
dimanche 6 septembre 2026
Une main invisible à l’œuvre dans le conflit en Ukraine

par Jean Marc
Une main invisible semble diriger les événements dans le conflit ukrainien. Une main puissante capable d’obliger l’ensemble des dirigeants occidentaux à suivre la même politique de confrontation avec la Russie. Au plus grand détriment de l’intérêt bien compris des peuples d’Europe. Sinon, comment comprendre l’unanimisme des dirigeants et des médias dans la genèse de ce conflit, complètement irrationnel et susceptible de dégénérer à tout moment en un affrontement militaire de grande envergure, éventuellement nucléaire ? Nous allons évoquer un certain nombre de faits inexplicables sans la présence, en sous-main, d’une direction résolue à l’accomplissement de ses objectifs.
Quels sont les objectifs poursuivis ?
Ce sont la destruction de la Russie1, son morcellement en plusieurs entités2, la mainmise sur ses énormes richesses naturelles, et enfin le nivellement de ses valeurs patriotique, familiales et chrétiennes par le nouvel ordre mondial. En attendant d’atteindre ces objectifs, les commanditaires vont, en coupant la Russie de l’Ouest, obliger les Européens à s’approvisionner en énergie auprès d’autres fournisseurs à des tarifs plus élevés, et provoquer la ruine de beaucoup d’industries, obligés de se relocaliser aux États-Unis. Il ne s’agit pas de fantasmes, mais des projets annoncés sans se dissimuler par les comploteurs. Ouvrons une parenthèse et faisons un retour en arrière. Après la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’empire soviétique, les ennemis de la Russie ont bénéficié d’une période propice à la mise en application de leur projet de découpe de la Russie, leur permettant de faire main basse sur les richesses du pays. Des oligarques ont pillé sans vergogne le patrimoine industriel et pétrolier, se bâtissant des empires. La mise à l’écart du président Gorbatchev remplacé par Boris Elsine, a permis à une horde d’affairistes sans scrupules de s’enrichir. Pendant ce temps, le pays sombrait dans la misère la plus noire. Les médias occidentaux n’avaient qu’éloges pour ces deux dirigeants, exécrés par leur peuple. Ils occultaient soigneusement la réalité de l’économie russe, rabaissée au rang d’une nation du tiers monde. Devenu un terrain de conquête pour les prédateurs et les firmes occidentales, la Russie ne présentait plus aucun danger et pouvait donc être dépouillée de ses richesses. «Les idéologues du FMI en Russie imposèrent la liberté version néolibérale à une Russie dévastée. Les privatisations permirent à une petite clique de pilleurs de s’emparer des richesses nationales sous couvert de conversion au capitalisme» précise Guy Mettan3, en ajoutant que la propagande anti russe reprit de plus belle, lorsque les autorités russes, avec Evgueni Primakov comme premier ministre, et plus tard Vladimir Poutine, amorcèrent un revirement en privilégiant les intérêts de leur pays. La reprise en mains et la mise au pas des affairistes allaient être brutales. La remise sur pieds de l’économie russe demanderait des efforts considérables, mais le résultat sera à la hauteur. Le président Poutine a redonné confiance en soi au peuple russe et redressé son économie. Subitement, les médias occidentaux sont devenus des critiques acharnés de la Russie et de son dirigeant. Comme dirigés par un chef d’orchestre invisible !
Les avertissements n’ont pas manqué, mais les dirigeants occidentaux les ont ignorés
Trente ans de documents et de témoignage dessinent ainsi une continuité difficile à balayer.
Le 9 février 1990, à Moscou, le secrétaire d’État américain James Baker explique au ministre soviétique des Affaires étrangères Edouard Chevardnadze qu’une Allemagne réunifiée ancrée dans une OTAN transformée devrait s’accompagner de «garanties de fer» :
«NATO’s jurisdiction or forces would not move eastward». Devant Gorbatchev, Baker emploie la formule devenue célèbre : «not one inch eastward» (pas un pouce vers l’Est).
Jack F. Matlock Jr., diplomate de carrière, spécialiste de l’URSS, fut ambassadeur des États-Unis à Moscou de 1987 à 1991 sous Ronald Reagan puis George H. W. Bush et un des acteurs principaux côté américain de l’organisation diplomatique de la fin de la guerre froide. Lorsque l’administration Bill Clinton décide d’élargir l’OTAN, Matlock s’y opposa. Il témoignera devant le Congrès contre cette politique et expliquera plus tard avoir averti «qu’elle devait au minimum s’arrêter avant d’atteindre des pays comme l’Ukraine et la Géorgie, car cela serait inacceptable pour n’importe quel gouvernement russe».4
Diplomate, historien et soviétologue, Georges F. Kennan avait formulé dès 1946-1947 la doctrine du containment du communisme et participera à sa mise en œuvre, soit l’endiguement de l’URSS qui allait structurer la politique américaine pendant la guerre froide. Or, en février 1997, alors que la Russie d’Eltsine est économiquement effondrée, militairement affaiblie et ne constitue aucune menace conventionnelle crédible contre l’Europe occidentale, Kennan publie dans le New York Times un article «Une Erreur fatale». Son avertissement est saisissant : il déclare explicitement que «l’expansion de l’OTAN serait l’erreur la plus fatidique de la politique américaine dans toute l’après-guerre froide».5
Vladimir Poutine formule publiquement la ligne rouge russe le 10 février 2007 devant la Conférence de Munich sur la sécurité. Son discours est souvent présenté comme le moment où la Russie «redevient agressive». Il peut aussi être lu, dans une grille réaliste, comme l’annonce publique d’une ligne rouge que la Russie n’accepte pas de voir franchie.
William J. Burns, [photo à gauche] alors ambassadeur des États-Unis à Moscou avertissait Washington en 2008 des conséquences potentielles d’une entrée de l’Ukraine dans l’OTAN Ce n’est pas un idéologue pro russe, mais l’un des diplomates américains les plus accomplis de sa génération. Il deviendra secrétaire d’État adjoint puis, sous Joe Biden, directeur de la CIA.
John J. Mearsheimer, Professeur à l’université de Chicago et l’un des principaux théoriciens mondiaux du réalisme en géopolitique, publie, en septembre 2014, dans Foreign Affairs un texte devenu célèbre : «Why the Ukraine Crisis Is the West’s Fault»6. Sa thèse tient en une phrase : «La racine profonde du problème est l’élargissement de l’OTAN».
Jeffrey Sachs, économiste mondialement reconnu, professeur à Columbia University, conseiller de nombreux gouvernements et du secrétaire général de l’ONU, soutient que la guerre est l’aboutissement de «decades in the making» («qui se préparait depuis des décennies»).7
Enfin Jeffrey Sachs et George Beebe, ancien directeur de l’analyse à la CIA, aujourd’hui au directeur de la grande stratégie au Quincy Institute for Responsible Statecraft, apportent une perspective particulièrement intéressante. décrivant l’engrenage qui conduit finalement à 2022 et le déclenchement du conflit militaire.[3]
Malheureusement, tous ces avertissements ont été ignorés, malgré leur analyse parfaitement fondée et rationnelle. Ils n’ont suscité que peu de retentissement dans l’opinion et sont restés ignorés par les médias.
Les médias dans leur majorité sont devenus les complices de cette politique
Jamais, même aux pires périodes de la guerre froide, la russophobie n’avait atteint un tel sommet frisant l’hystérie. Les critiques se sont transformées en attaques haineuses telles que le monde ne les avait pas connues depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Un esprit rationnel s’interrogera sur les raisons de cette explosion de rage et de haine envers la Russie. «La crise ukrainienne aidant, la détestation de la Russie a atteint des proportions qui dépassent toute rationalité et défient l’imagination. “C’est la faute à la Russie” est devenu un leitmotiv des éditorialistes, des experts et de politiques pour expliquer chaque problème interne au continent européen» fait remarquer Guy Mettan dans son livre Russie-Occident, une guerre de mille ans. Les esprits lucides, ne s’associant pas à cette curée anti-russe, mais essayant d’analyser objectivement les raisons ayant poussé la Russie à intervenir en Ukraine, sont d’emblée traités de complices du Kremlin, au mieux d’idiots utiles et exclus définitivement des médias et des plateaux.
La russophobie de la quasi-totalité des médias interroge. Pourquoi aucune approche équilibrée de ce conflit de la part des journalistes dont c’est le devoir de présenter les différents points de vue, en laissant à leurs lecteurs le soin de trancher ? Pourquoi continuellement présenter la Russie et son dirigeant sous un aspect négatif, en occultant toute voix contraire ? «Les médias traditionnels ont des responsabilités particulières, car ils sont censés informer l’opinion de manière objective, pour lui laisser la possibilité de se forger son opinion. Malheureusement, avec la crise ukrainienne, la détestation de la Russie a atteint des proportions qui dépassent toute rationalité et défient l’imagination» peut écrire Guy Mettan dans son livre précité.
L’Université de Mayence a publié une étude sur la couverture médiatique allemande des événements en Ukraine. Dans une recension de cette étude8, Felix Livshitz écrit que «leurs conclusions confirment que, depuis le 24 février 2022, les médias ont joué un rôle majeur pour maintenir le conflit et rendre moins probable un règlement négocié. En publiant un contenu presque universellement baisé, pro-guerre et anti-Russie». Il ajoute que cette enquête démontre «comment les journalistes comptent parmi les lobbyistes les plus agressifs et les plus efficaces en faveur de la guerre».
Autrement dit, à écrire des contre-vérités à longueur de colonnes, les journalistes finissent par croire en leurs propres mensonges !
Jacques Baud rapporte dans son livre, Gouverner par les fakes news, qu’un journaliste parisien, sous couvert d’anonymat, lui aurait avoué qu’il est obligé par sa rédaction de taire la vérité sur le conflit ukrainien, pour ne pas passer pour des amis de Poutine ! Car, aujourd’hui, émettre une opinion simplement nuancée sur le président Poutine est considéré presque comme un crime de haute trahison. Jacques Baud l’a expérimenté à ses dépens lorsqu’il a fait l’objet d’une condamnation au mépris des droits fondamentaux de chaque citoyen.
Quelle est cette puissance à l’œuvre ?
C’est là, précisément, que réside sa force redoutable : son invisibilité. On cherchera en vain à mettre un nom à la tête de cette puissance. Les mondialistes avec Georges Soros ? Le lobby militaro-industriel qui engrange les dividendes faramineux ? Les puissances financières qui se gavent en prêtant à des nations déjà endettées toujours plus de milliards ? Il faut rappeler que les guerres ont toujours été sources de profits gigantesques pour les prêteurs, tant pour financer l’effort de guerre que la reconstruction. Les proxénètes de guerre, cette coterie irresponsable de néoconservateurs et d’interventionnistes libéraux qui, après deux décennies de fiascos militaires au Moyen-Orient, suscitent maintenant une guerre suicidaire avec la Russie.9
Sans doute un conglomérat de tout cela, mais animé de la même volonté maléfique de destruction. Inspirée assurément par une divinité que Thomas Römer, Professeur d’Ancien Testament à l’Université de Lausanne, décrit comme «[…] un dieu fondamentalement destructeur»10. Divinité imaginaire, peut-être, mais dont l’emprise psychologique sur ses adorateurs demeure puissante11. À chacun de se faire sa propre opinion.
source : Mondialisation
- Le plan américain pour démanteler la Russie par M. François Asselineau
- https://lediplomate.media/disloquation-russie-projet-mondialiste/
- Guy Mettan, Russie-Occident, une guerre de mille ans, p.268
- https://arretsurinfo.ch/lukraine-est-ravagee-cette-guerre-etait-previsible/
- https://comw.org/pda/george-kennan-on-nato-expansion/?ref=fpop.media
- https://www.foreignaffairs.com/lists/first-crisis-ukraine ?ref=fpop.media
- https://www.jeffsachs.org/newspaper-articles/wgtgma5kj69pbpndjr4wf6aayhrszm?ref=fpop.media
- «Un rapport expose comment les médias allemands attisent le militantisme dans la société et s’efforcent d’empêcher les négociations avec la Russie», Le Saker Francophone
- https://consortiumnews.com/2022/04/11/chris-hedges-the-pimps-of-war/
- Thomas Römer, L’invention de Dieu, p.49-50
- Laurent Guyénot, Du yahvisme au sionisme, p.376
https://reseauinternational.net/une-main-invisible-a-loeuvre-dans-le-conflit-en-ukraine/
La Vierge Marie et le Journal d’un curé de campagne

par Gérard Leclerc
Les pages du Journal d’un curé de campagne consacrées à la Vierge Marie sont d’une intensité supérieure à celle de beaucoup de théologiens.
Georges Bernanos ne se voulait pas théologien. Ni philosophe d’ailleurs. Il s’amusait qu’on l’associe à la fameuse école néo–thomiste de son temps, lui qui ne se réclamait que de son catéchisme et de la lecture de l’Évangile. Cela n’a pas empêché un théologien comme Urs von Balthasar de lui consacrer une longue étude qui met en perspective une vision surplombante de tout le mystère chrétien. Un seul regard de simple chrétien, voué au chapelet quotidien, lui permettait une perception que l’on pourrait dire géniale, mais surtout une profondeur à l’aune de la Révélation. Ainsi, on trouve dans son roman Journal d’un curé de campagne (1936), une page sur la dévotion à la Vierge Marie, qui surpasse les meilleures pages de la littérature chrétienne. On pourrait peut-être lui associer le célèbre poème La Vierge à midi de Paul Claudel.
Tirade du curé de Torcy
Le romancier met sur les lèvres du curé de Torcy, en conversation avec son jeune confrère, auteur du Journal : « Est-ce que tu pries la sainte Vierge ? La pries-tu comme il faut, la pries-tu bien ? Elle est notre mère, c’est entendu. Elle est la mère du genre humain, la nouvelle Ève. Mais elle est aussi sa fille. L’ancien monde, le douloureux monde, le monde d’avant la Grâce, l’a bercée longtemps sur son cœur désolé – des siècles et des siècles – dans l’attente obscure, incompréhensible d’une virgo genitrix (une Vierge qui enfante). Des siècles et des siècles, il a protégé de ses vieilles mains mais chargées de crimes, ses lourdes mains, la petite fille merveilleuse dont il ne savait même pas le nom. Une petite fille, cette reine des Anges ! Et elle l’est restée, ne l’oublie pas ! Le Moyen Âge avait bien compris ça, le Moyen Âge a compris tout… »
Tout un discours se déploie ainsi, pour mieux comprendre en quoi réside le miracle singulier de cette petite fille, qui, de sa vie terrestre, n’a accompli aucun miracle, mais qui dépasse les plus grands saints, ayant ignoré le mal : « La Vierge était l’innocence. Rends-toi compte de ce que nous sommes pour elle, nous autres, la race humaine ? Oh naturellement elle déteste le péché mais enfin, elle n’a de lui aucune expérience. (…) Le regard de la Vierge est le seul regard vraiment enfantin, le seul vrai regard d’enfant qui se soit jamais levé sur notre honte et notre malheur. »
Tendre compassion
On retient la conclusion de cette monition spirituelle, qui résonne en nous avec une force singulière : « Oui, mon petit, pour la bien prier, il faut sentir sur soi le regard qui n’est pas du tout celui de l’indulgence – car l’indulgence ne va pas sans quelque expérience amère – mais de la tendre compassion, de la surprise douloureuse, dont on ne sait quel sentiment encore, inconcevable, inexprimable, qui la fait plus jeune que le péché, plus jeune que la race dont elle est issue, et bien que Mère par la grâce, Mère des grâces, la cadette du genre humain. » A-t-on trouvé, même chez les meilleurs théologiens, les mariologues, une telle intensité de compréhension du mystère marial ? Il fallait à l’écrivain, si attaché au regard de sa propre enfance, cette affinité d’enfance pour se mettre à genoux devant « la cadette du genre humain ».
https://www.actionfrancaise.net/2026/09/06/la-vierge-marie-et-le-journal-dun-cure-de-campagne/
De réalisme il est question !

Un cinquante-quatrième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait d’Albert Morel.
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[En faisant l’effort de voir ce que l’on voit, il est indéniable que] sous l’influence de la réaction de l’élite intellectuelle du XIXe siècle contre les effets catastrophiques des doctrines révolutionnaires, les sciences politiques ont évolué vers le réalisme de l’empirisme organisateur qui conçoit les lois et les institutions politiques non plus comme fondées en droit sur un « contrat social » des volontés individuelles mais comme l’expression de la nature des choses, la transposition du réel dans le domaine juridique.
D’après Comte, dit Maurras dans Mes idées politiques, la politique enferme, comme une autre science, des lois précises, antérieures et supérieures aux volontés des hommes : c’est par rapport à ces lois naturelles que les législations doivent être jugées.
« Une juste loi politique n’est pas une loi régulièrement votée mais une loi qui concorde avec son objet et qui convient aux circonstances. On ne la crée pas, on la dégage et on la découvre dans le secret de la nature des lieux, des temps et des États. »
Et Maurras précise : « Lois comparables à celles dont la nature et le laboratoire suivent l’action chaque jour. Elles consistent en liaisons constantes et telles que, l’antécédent donné, on peut être sûr de voir apparaître le conséquent. Par exemple, l’élévation de l’eau à 100° et le phénomène de l’ébullition. Par exemple, l’avènement de l’élection démocratique et le phénomène de la centralisation. On peut empêcher l’eau de chauffer à 100° où elle bout, on ne peut l’empêcher d’y bouillir. On peut empêcher la démocratie élective de se produire, on ne peut l’empêcher de centraliser ».
De ces constations, Maurras dégage la même conclusion que Bonald : « Si la politique peut être objet de science, il faut bien que les institutions primitives ne naissent point d’actes personnels comme les volontés, d’une convention, d’un constat débattu entre des entités indépendantes maîtresses de leur sort. Le postulat de la science positive c’est que les sociétés soient des faits de nature et de nécessité. Mais, dès les débuts de cette jeune science, le postulat est vérifié. On n’a pas trouvé trace du contrat primitif, ni du primitif solitaire ; toute société humaine est apparue la contemporaine de l’homme. La loi, la loi civile et politique elle-même, est apparue un rapport découlant de la nature des chosesconformément à la définition de Montesquieu et contrairement à la définition démocratique de la Déclaration : « La loi est l’expression de la ‘volonté générale’ ». Rapport de convenance ou rapport de nécessité, la loi échappe à l’arbitraire ; elle ne se décrète point librement mais ressort « de l’examen de situations qui ne dépendent pas de cette liberté ».
Mais, objectera-t-on, les conditions de l’expérience politique sont bien différentes des expériences scientifiques normales car ici l’expérimentateur se trouve être à la fois sujet et objet de l’expérience. C’est précisément, répond Maurras, ce qui rend ces expériences encore plus profondes et plus fécondes : « Dans le laboratoire de l’Histoire universelle, l’homme se trouve être sujet et objet de l’expérience. Mais cette situation paradoxale est peut-être ce qui donne aux conclusions de l’histoire politique une valeur qui n’appartient pas à celle du chimiste. Le chimiste en est réduit à des conjectures sur ce qui se passe à l’intérieur des corps interrogés : l’historien – et le politique – connaît, par le dedans, comme les atomes les plus secrets de la cause spirituelle, des réactions dont il est le témoin ».
https://www.actionfrancaise.net/2026/09/05/de-realisme-il-est-question/
samedi 5 septembre 2026
vendredi 4 septembre 2026
21 janvier 1793 : la France guillotinait son roi

Le 21 janvier est un jour de deuil, je le rappelle tous les ans à mes lecteurs : le 21 janvier 1793, rompant avec presque deux millénaires de tradition monarchique, la France guillotinait son roi, rompant ainsi le lien sacré entre Dieu et le roi, puis entre le roi et son peuple. C’est davantage au monarque « de droit divin » et à la religion catholique que s’attaquaient les esprits instruits en loges maçonniques. Les auteurs des basses œuvres, les braillards avinés, ceux qui rêvaient d’égorger « le gros Capet et sa putain », ceux qui promenaient la tête ensanglantée de la duchesse de Lamballe sous le nez de son amie Marie-Antoinette, étaient instrumentalisés par des bourgeois, des publicistes et des avocats francs-maçons qui avaient su attiser leur haine du Trône et de l’Autel.
Tout ceci avait commencé avec la Constitution civile du clergé et ses « curés jureurs », le 12 juillet 1790. Puis le mouvement s’est accéléré jusqu’à la mort du « gros Capet » qui n’était déjà plus monarque de droit divin depuis des mois.

(Louis XVI, lettre à Malesherbes, 13 décembre 1786)
« La démocratie est un État où le Peuple souverain, guidé par des lois qui sont son ouvrage, fait par lui-même tout ce qu’il peut bien faire, et par des délégués tout ce qu’il ne peut pas faire lui-même… »
(Maximilien de Robespierre).
Selon Michelet, « la Révolution est un tout » et ce tout est devenu le marqueur idéologique des générations d’après-guerre, bien formatées, bien intoxiquées par des historiens, des médias et une éducation – dite « nationale » – très majoritairement de gauche voire d’extrême gauche.
Pour moi, l’histoire de France commence avec le baptême de Clovis, mais je respecte la pluralité d’opinions : il ne me gêne pas que certains situent sa naissance en 1789, avec la victoire des loges maçonniques sur la monarchie; cette franc-maçonnerie « des Lumières » dont la République a d’ailleurs adopté la devise « Liberté. Égalité. Fraternité. ».
Mais, en revanche, j’aimerais que les suppôts de la Révolution fassent preuve, de temps en temps, d’un minimum d’honnêteté intellectuelle et qu’ils arrêtent de nous raconter des sornettes.
Or, sur une chaîne de télévision, un pseudo-historien dont j’ai oublié le nom déclarait qu’en fuyant à Varennes (le 20 juin 1791), le roi Louis XVI avait signé son arrêt de mort.
C’est une contrevérité, car, en fait, le roi n’avait plus d’autre issue que la fuite. Combien de fois, en effet, faudra-t-il répéter que les révolutionnaires de 1789 voulaient d’abord, voulaient surtout, détruire le catholicisme et la monarchie de droit divin ?
Louis XVI avait été contraint de quitter Versailles pour Les Tuileries, mais, dès le mois d’octobre 1790, l’application de la « Constitution civile du clergé » allait mettre le feu aux poudres.
Le 27 novembre, quand l’Assemblée obligea le clergé à prêter serment de fidélité à la Nation, une guerre religieuse éclata. La France se divisait en deux : pour ou contre les « curés jureurs ».
En Alsace, en Flandre et dans l’Ouest, les « jureurs » furent chassés à coup de fourche par les paysans. Ailleurs on interdit le culte aux réfractaires ; le pape en était indigné !
Le lendemain de Noël 1790, se fut l’émeute devant les Tuileries. Pour éviter de faire couler le sang, Louis XVI, profondément chrétien, signa le décret de Constitution civile la mort dans l’âme.
Puis il tomba malade. Se pensant en état de péché mortel, il n’arrivait pas à dissimuler son aversion pour les « prêtres jureurs » et les exclut de son service, et même de son entourage.
Aussitôt, Marat, dans son journal « L’ami du peuple », écrivit que Louis XVI était un ennemi de la Révolution et qu’il jouait un double jeu, avec l’intention de s’enfuir. L’approche de Pâques allait obliger le roi à choisir son camp. Le dimanche des Rameaux, il assista à une messe célébrée par le cardinal de Montmorency qui avait refusé de prêter serment.
Le lendemain, 18 avril, la famille royale s’apprêtait à se rendre à Saint-Cloud pour y passer l’été, comme l’année précédente. Marat et Camille Desmoulins dénoncèrent ce départ comme une tentative de fuite à l’étranger. D’autres affirmèrent que le roi allait à Saint-Cloud pour y faire des Pâques non conformes à la Constitution civile. Dans les deux cas, on criait à la trahison.
Dès le matin, une foule échauffée par des meneurs (souvent déguisés en femmes) entoura le palais. À midi une marée humaine bloquait carrément le carrosse royal.
Lafayette ordonna aux Gardes Nationaux d’intervenir mais ceux-ci refusèrent d’obéir.
« Il serait étonnant, dit le roi en passant la tête par la portière, qu’après avoir donné la liberté à la Nation, je ne fusse pas libre moi-même ». Des bordées d’injures lui répondirent.
C’était la première fois qu’on faisait des offenses publiques au roi.
Lafayette lui proposa d’employer la force mais le roi refusa qu’on fasse couler le sang des émeutiers et des Gardes nationaux. Après deux heures, bloqué dans son carrosse sous les injures, il se résolut à renoncer au voyage à Saint-Cloud. « Il n’est pas possible que je sorte ? Et bien je vais rester » dit-il. La reine ajouta en pleurant : « Vous avouerez que nous ne sommes plus libres ».
Et effectivement la famille royale était prisonnière. La tentative d’évasion était inéluctable.
Très mal préparée, elle prit fin à Varennes. Il ne restait plus aux révolutionnaires qu’à tuer physiquement le roi puis la reine, car la monarchie de droit divin, elle, était déjà morte !
Le jour de Noël 1792, le roi Louis XVI rédigea son testament, un texte magnifique dont je vous livre quelques extraits qui résument la grandeur d’âme du monarque:
« Au nom de la très sainte Trinité, du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Aujourd’hui vingt-cinquième jour de décembre 1792, moi Louis, seizième du nom, Roi de France, étant depuis quatre mois renfermé avec ma famille dans la Tour du Temple (…) n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser, je déclare ici, en sa présence, mes dernières volontés et sentiments. » Après avoir confirmé qu’il meurt dans l’union de l’Église catholique, apostolique et romaine, il demande à Dieu de lui pardonner ses péchés et, à défaut du confesseur qu’on lui refuse, de recevoir son repentir. « Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet ; et je prie Dieu de leur pardonner(…) Je recommande à Dieu ma femme et mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang (…) je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur, qui souffrent depuis longtemps avec moi ; de les soutenir par sa grâce, s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable. »
Puis il s’adresse au Dauphin : « Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens ; qu’il doit oublier toute haine tout ressentiment, et nommément ce qui à rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve ; qu’il ne peut faire le bonheur des peuples qu’en régnant suivant des lois : mais qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire; et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » Il fait là un retour sur son propre comportement politique et sur ses faiblesses.
Il recommande également au Dauphin de se souvenir, en cas de restauration ultérieure de la royauté, de ceux qui sont morts à son service et de leur famille, de récompenser les fidèles et de pardonner aux ingrats, voire à ceux qui ont trahi la cause de la monarchie. Parmi ceux qui lui sont restés attachés, il nomme ses trois défenseurs (Malesherbes, Tronchet et Raymond de Sèze).
Puis il conclut : « Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardent, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes : que celles-là jouissent dans leur cœur, de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser !(…) Je finis en déclarant devant Dieu, et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi. »
Ce testament royal devrait figurer dans les manuels d’histoire mais on préfère laisser croire aux jeunes générations que Louis XVI affamait son peuple et qu’il méritait la mort. Dans notre vision binaire des choses – d’un côté le bien, de l’autre le mal absolu – qui pourrait, par exemple, contester la citation de Robespierre en entête de cet article ? Assurément personne ! Elle est suffisamment démagogique pour rallier tous les suffrages. Mais que disait le même Robespierre, ce fou-furieux, en septembre 1993 ? « Le ressort du gouvernement populaire est à la fois la vertu et la terreur : la vertu sans laquelle la terreur est funeste ; la terreur sans laquelle la vertu est impuissante. La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ».
La Terreur fut mise à l’ordre du jour le 5 septembre 1793. Le 17, la Convention vota la « loi des suspects » pour mettre hors d’état de nuire les « ennemis de la Révolution » ou supposés tels.
Cette loi infâme permettait de poursuivre « tous ceux qui, par leur conduite, leurs relations, leurs propos, leurs écrits, se montrent partisans du fédéralisme et des ennemis de la liberté. » Autant dire que n’importe qui pouvait être suspecté. En quelques semaines les prisons étaient pleines.
La guillotine – le « rasoir national » – se mit à fonctionner en permanence. Le tribunal révolutionnaire fut vite débordé ; on fit appel à une justice plus expéditive et à un accusateur public tristement célèbre : Antoine Fouquier-Tinville. « Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! » dira Manon Roland en montant sur l’échafaud, le 8 novembre 1793.
La seule morale de cette période funeste c’est que la plupart de ces salopards : Desmoulins, Danton, Westermann, Carrier, Fabre d’Eglantine, Olympe de Gouges, Robespierre, et quelques autres dont Fouquier-Tinville, finiront eux-aussi sur le « rasoir national ». Marat, lui, sera poignardé dans sa baignoire où il barbotait dans sa pourriture (1).
Notre époque est – fort heureusement ! – moins violente. Souhaitons qu’elle le reste mais je n’en suis pas certain, hélas ! Emmanuel Macron, à force d’attiser la haine de nos anciens colonisés en nous accusant de « crimes contre l’humanité »; en affirmant que nous aurions pillé et appauvri l’Afrique ; en jouant la carte d’une population issue de la « diversité », devenue française par le regroupement familial et/ou le « jus solis »(2), au détriment des Français de souche ; en affichant ouvertement, comme il l’a fait lors de la « fête de la Musique » en 2018, sa préférence pour l’allogène sur le « mâle blanc », joue un jeu dangereux, celui du pompier-pyromane.
Le droit du sol, cette ineptie qui voudrait nous faire croire qu’une vache née dans une écurie serait un cheval.
Marionnette du Nouvel Ordre Mondial, il utilise l’immigration comme troupe de manœuvre en vue d’un « remplacement de population » qu’il pense irréversible, mais cette troupe – de plus en plus nombreuse, de plus en plus incontrôlée (car incontrôlable !) – pourrait un jour se retourner contre son pouvoir, d’autant plus que l’ogre turc Recep Tayyip Erdoğan se plaît lui aussi à souffler sur la braise, mais pas pour les mêmes raisons…
En ce 21 janvier, ayons une pensée, ou mieux une prière, pour le bon roi Louis XVI, victime innocente de la folie révolutionnaire. In memoriam.

Eric de Verdelhan
Le 21 janvier 2022
1) Marat souffrait d’une maladie de peau : il était donc aussi pourri physiquement que moralement.
2) Le droit du sol, cette ineptie qui voudrait nous faire croire qu’une vache née dans une écurie serait un cheval.
https://ripostelaique.com/21-janvier-1793-la-france-guillotinait-son-roi/
