lundi 7 septembre 2026

L’Europe profonde est paysanne avant d’être nationale ou guerrière

 

L’Europe profonde est paysanne avant d’être nationale ou guerrière

Sous les royaumes et les conquêtes demeure une Europe plus ancienne. Christopher Dawson demande de regarder ce que les chroniques voient mal. Les villages. Les champs. Les routes de circulation. Les formes de sépulture. Les habitudes religieuses. Dans The Age of the Gods (1928) il soutient que la civilisation européenne repose d’abord sur un vieux socle paysan. Les aristocraties guerrières viennent ensuite. Elles imposent des langues et des hiérarchies. Elles ne fabriquent pourtant pas seules le monde qu’elles dominent.

Dawson est né en 1889. Il fut formé à Winchester puis à Trinity College Oxford. Son itinéraire passa par l’anglo catholicisme avant son entrée dans l’Église catholique romaine en 1914. Cette biographie éclaire sa méthode. Il refuse de réduire une culture à ses institutions politiques. Une culture est pour lui une communauté spirituelle. Elle tient par des croyances. Des pratiques. Une attitude commune devant la vie. C’est aussi ce qui le distingue d’Arnold Toynbee. Dawson accepte la civilisation comme échelle d’analyse mais refuse d’en faire un objet entièrement extérieur à ceux qui la vivent.

Il faut lire le livre avec une précaution. Son archéologie appartient aux années vingt. Certaines généalogies de peuples et certaines hypothèses religieuses ont vieilli. Sa thèse historique reste néanmoins nette. L’Europe ne se comprend pas comme une succession de peuples qui remplaceraient les précédents. Elle se comprend par superposition. Le nouveau règne souvent sur l’ancien avant d’être lentement transformé par lui.

Le socle danubien vient avant les nations

Dawson part des cultures néolithiques d’Europe centrale et orientale. Il observe entre elles des différences régionales fortes. Il insiste pourtant sur un ensemble commun. Les mêmes animaux domestiques. Les mêmes céréales. Des outils agricoles polis de même type. Une poterie abondante. Des figurines d’argile auxquelles il attribue souvent une fonction religieuse. Pour lui l’agriculture est donc un complexe culturel. Elle ne change pas seulement la nourriture. Elle modifie le temps social et le rapport au territoire.

Le point décisif vient ensuite. L’accroissement des populations agricoles produit une colonisation paysanne vers l’ouest et vers le nord. Dawson suit cette diffusion depuis la région danubienne et la Moravie vers les villages lacustres alpins puis vers la Pologne et l’Allemagne. Il l’étend aussi vers la Baltique et les Pays Bas puis vers l’est de la France. La carte exacte doit être révisée à la lumière de l’archéologie actuelle. Mais l’idée est claire. Avant les États historiques une trame agricole avait déjà organisé une grande partie du continent.

Dawson appelle ce monde la véritable fondation du développement ultérieur de la culture européenne. La formule est forte. L’historien regarde volontiers le conquérant parce qu’il laisse des armes et des récits. Dawson regarde la population dominée parce qu’elle nourrit le conquérant et continue d’habiter après lui. Il donne un exemple presque contemporain de son époque. En Europe orientale une classe supérieure allemande ou magyare pouvait gouverner une population paysanne d’une autre langue et d’une tradition locale beaucoup plus ancienne. Le nom national ne disait donc pas tout de la profondeur humaine du territoire.

Cette thèse ne signifie pas que le paysan moderne serait un survivant intact du Néolithique. Dawson parle de continuité de structures et non d’identité immobile. Les techniques changent. Les religions changent. Les langues changent. Mais le rapport aux sols et aux saisons impose une durée plus lente que celle des dynasties. Le champ transmis. Le village reconstruit. Le chemin conservé. Le cimetière maintenu. Ces formes donnent au passé une présence que l’archive politique ne suffit pas à saisir.

Le guerrier conquiert mais il gouverne un monde déjà formé

Le second étage du livre apparaît avec les peuples guerriers. Dawson associe notamment la diffusion des peuples de la hache de combat à l’expansion indo-européenne. Cette identification doit être maniée avec prudence. Son observation sociologique est plus robuste. Avec la conquête apparaît un autre type de société. Le chef. Le rang. Le cheval. La richesse pastorale. La tombe monumentale. Surtout une séparation nouvelle entre le seigneur guerrier et le paysan dépendant.

Dawson décrit une image concrète. Des établissements de hauteur liés aux groupes pastoraux ou chasseurs dominent les villages ouverts des agriculteurs de plaine. Les grands tumulus des chefs se dressent à côté de sépultures plus simples. Puis l’âge du bronze et l’âge du fer accentuent cette transformation. Il évoque les Celtes et leurs fortifications de hauteur de l’Irlande à la Bohême. La culture héroïque devient visible partout. Elle ne fait pourtant pas disparaître la population agricole située au dessous d’elle.

C’est ici que la thèse paysanne prend toute sa force. Une conquête peut changer l’élite sans changer immédiatement le mode de production. Elle peut imposer une langue de prestige sans effacer les usages locaux. Elle peut superposer des dieux célestes et guerriers à des cultes de la terre. Dawson pense ainsi la culture comme une stratigraphie. L’histoire n’est pas une page blanche après chaque invasion. Elle est un sol sur lequel de nouvelles couches se déposent.

Il applique ce raisonnement jusqu’à la religion. Les figurines féminines du Néolithique lui semblent appartenir à un univers de fécondité et de puissances terrestres. Plus tard les sociétés guerrières valorisent davantage des divinités célestes et héroïques. Dawson ne prétend pas toujours pouvoir démontrer une filiation précise. Il utilise cette opposition pour montrer qu’une conquête peut créer une dualité religieuse aussi bien que sociale. Les cultes du groupe dominant coexistent avec des formes plus anciennes liées à la terre et au cycle agricole.

Le passage sur les catégories linguistiques mérite aussi d’être lu avec précision. Dawson affirme que des populations appelées slaves ou roumaines ou allemandes peuvent porter des traditions beaucoup plus anciennes que la langue qui sert à les classer. Il ne dispose évidemment pas de la génétique des populations actuelle. Son propos est historique. Le vocabulaire national est souvent plus récent que les continuités locales. Il faut donc se méfier de toute généalogie qui transformerait une langue moderne en origine absolue d’un territoire.

La Méditerranée ajoute la ville et la mer au vieux monde paysan

Dawson ne réduit pourtant pas l’Europe au seul socle néolithique. Il formule une seconde thèse très précise. La civilisation européenne historique vient d’une double tradition. D’un côté la culture paysanne de l’Europe centrale. De l’autre la culture méditerranéenne qui utilise les métaux et qui demeure plus proche des grandes civilisations du Proche Orient. L’Europe historique naît de leur combinaison.

La différence est institutionnelle. Dans l’est méditerranéen apparaissent l’écriture et la cité. Elle est aussi économique. Dawson insiste sur le commerce et sur la maîtrise des voies maritimes. Il voit là une singularité durable. Dans d’autres grandes régions de civilisation la concentration s’organise autour de larges vallées fluviales et de plaines irriguées. En Europe la mer devient au contraire un foyer de circulation. Elle rapproche des régions qui restent distinctes.

La géographie européenne produit ainsi une combinaison singulière. Des espaces locaux assez forts pour conserver leurs caractères. Des voies maritimes assez ouvertes pour empêcher leur fermeture. Le continent n’est ni une mosaïque immobile ni un empire naturellement homogène. Il avance par contacts entre foyers régionaux. Le paysan donne la durée. La ville et le marin donnent la circulation. Le guerrier donne la hiérarchie et parfois l’unification. Aucun des trois ne suffit seul.

Dawson précise même que la Méditerranée orientale apporte des éléments que la culture paysanne d’Europe centrale ne possédait pas seule. L’usage plus développé des métaux. L’écriture. La cité. Une économie maritime qui dépend moins de la seule agriculture ou de la conquête que du commerce. Ce point corrige toute lecture ruraliste de son livre. Le vieux socle paysan donne la continuité mais l’Europe historique devient réellement elle même lorsque cette continuité rencontre des sociétés capables de mettre en réseau des régions éloignées.

Ce modèle permet aussi de comprendre pourquoi Dawson refuse de dater l’Europe d’un seul peuple fondateur. Les Celtes comptent. Les Grecs comptent. Rome compte. Mais chacun entre dans une histoire qui a commencé avant lui. L’identité européenne est donc composite dès l’origine. Elle n’est pas le produit d’une pureté initiale. Elle est le résultat d’un empilement où chaque couche peut conserver quelque chose de la précédente tout en changeant son sens.

Le passage à l’âge du bronze renforce encore cette idée. Les échanges et les techniques créent davantage d’unité entre régions européennes. Dawson note pourtant que cette unité nouvelle ne détruit pas les cultures précédentes. Elle les relie. Son Europe n’est donc jamais un espace où l’unification exige l’effacement du substrat. Elle avance plutôt par augmentation du nombre de relations entre des mondes qui gardent une partie de leur singularité.

Cette manière de lire la préhistoire vient de sa définition générale de la culture. Dawson affirme qu’une culture ne se comprend réellement que de l’intérieur. Elle n’est pas seulement une collection d’objets ou de techniques. Elle est une communauté de croyances et d’attitudes devant la vie. Voilà pourquoi il passe sans cesse de la poterie à la religion puis de la tombe à l’organisation sociale. Les vestiges matériels l’intéressent parce qu’ils indiquent une forme de vie et pas seulement un niveau technique.

Il faut aussi noter que Dawson ne traite pas le paysan comme une figure purement économique. Le monde agricole forme selon lui une religion et un calendrier. Il crée des attentes autour de la fécondité et de la mort. Il donne au territoire une valeur qui dépasse la propriété. Cette épaisseur explique pourquoi les cultures rurales résistent mieux aux changements de dynastie que les formes politiques. Elles sont inscrites dans la répétition quotidienne.

Habiter avant de posséder

La leçon de Dawson pour aujourd’hui n’est pas de rêver à un retour vers une paysannerie disparue. Elle est de comprendre que nous habitons des formes plus anciennes que nos catégories administratives. Un territoire n’est jamais seulement une circonscription. Il est une accumulation de gestes et de routes. De cultures matérielles et de souvenirs. La nation elle même repose souvent sur des paysages qu’elle n’a pas créés.

Habiter signifie alors apprendre à voir cette profondeur. Connaître le bassin versant avant le découpage politique. Le vieux chemin avant la voie rapide. Le village avant sa fonction statistique. La fête locale avant sa folklorisation. Transmettre ne consiste pas à immobiliser ces formes. Il consiste à ne pas les rendre illisibles. Dawson nous rappelle ainsi qu’une civilisation dure moins par ceux qui la proclament que par ceux qui continuent à donner un sens au même sol.

https://www.revue-elements.com/leurope-profonde-est-paysanne-avant-detre-nationale-ou-guerriere/

dimanche 6 septembre 2026

Une main invisible à l’œuvre dans le conflit en Ukraine

 

par Jean Marc

Une main invisible semble diriger les événements dans le conflit ukrainien. Une main puissante capable d’obliger l’ensemble des dirigeants occidentaux à suivre la même politique de confrontation avec la Russie. Au plus grand détriment de l’intérêt bien compris des peuples d’Europe. Sinon, comment comprendre l’unanimisme des dirigeants et des médias dans la genèse de ce conflit, complètement irrationnel et susceptible de dégénérer à tout moment en un affrontement militaire de grande envergure, éventuellement nucléaire ? Nous allons évoquer un certain nombre de faits inexplicables sans la présence, en sous-main, d’une direction résolue à l’accomplissement de ses objectifs.

Quels sont les objectifs poursuivis ?

Ce sont la destruction de la Russie1, son morcellement en plusieurs entités2, la mainmise sur ses énormes richesses naturelles, et enfin le nivellement de ses valeurs patriotique, familiales et chrétiennes par le nouvel ordre mondial. En attendant d’atteindre ces objectifs, les commanditaires vont, en coupant la Russie de l’Ouest, obliger les Européens à s’approvisionner en énergie auprès d’autres fournisseurs à des tarifs plus élevés, et provoquer la ruine de beaucoup d’industries, obligés de se relocaliser aux États-Unis. Il ne s’agit pas de fantasmes, mais des projets annoncés sans se dissimuler par les comploteurs. Ouvrons une parenthèse et faisons un retour en arrière. Après la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’empire soviétique, les ennemis de la Russie ont bénéficié d’une période propice à la mise en application de leur projet de découpe de la Russie, leur permettant de faire main basse sur les richesses du pays. Des oligarques ont pillé sans vergogne le patrimoine industriel et pétrolier, se bâtissant des empires. La mise à l’écart du président Gorbatchev remplacé par Boris Elsine, a permis à une horde d’affairistes sans scrupules de s’enrichir. Pendant ce temps, le pays sombrait dans la misère la plus noire. Les médias occidentaux n’avaient qu’éloges pour ces deux dirigeants, exécrés par leur peuple. Ils occultaient soigneusement la réalité de l’économie russe, rabaissée au rang d’une nation du tiers monde. Devenu un terrain de conquête pour les prédateurs et les firmes occidentales, la Russie ne présentait plus aucun danger et pouvait donc être dépouillée de ses richesses. «Les idéologues du FMI en Russie imposèrent la liberté version néolibérale à une Russie dévastée. Les privatisations permirent à une petite clique de pilleurs de s’emparer des richesses nationales sous couvert de conversion au capitalisme» précise Guy Mettan3, en ajoutant que la propagande anti russe reprit de plus belle, lorsque les autorités russes, avec Evgueni Primakov comme premier ministre, et plus tard Vladimir Poutine, amorcèrent un revirement en privilégiant les intérêts de leur pays. La reprise en mains et la mise au pas des affairistes allaient être brutales. La remise sur pieds de l’économie russe demanderait des efforts considérables, mais le résultat sera à la hauteur. Le président Poutine a redonné confiance en soi au peuple russe et redressé son économie. Subitement, les médias occidentaux sont devenus des critiques acharnés de la Russie et de son dirigeant. Comme dirigés par un chef d’orchestre invisible !

Les avertissements n’ont pas manqué, mais les dirigeants occidentaux les ont ignorés

Trente ans de documents et de témoignage dessinent ainsi une continuité difficile à balayer.

Le 9 février 1990, à Moscou, le secrétaire d’État américain James Baker explique au ministre soviétique des Affaires étrangères Edouard Chevardnadze qu’une Allemagne réunifiée ancrée dans une OTAN transformée devrait s’accompagner de «garanties de fer» :

«NATO’s jurisdiction or forces would not move eastward». Devant Gorbatchev, Baker emploie la formule devenue célèbre : «not one inch eastward» (pas un pouce vers l’Est). 

Jack F. Matlock Jr., diplomate de carrière, spécialiste de l’URSS, fut ambassadeur des États-Unis à Moscou de 1987 à 1991 sous Ronald Reagan puis George H. W. Bush et un des acteurs principaux côté américain de l’organisation diplomatique de la fin de la guerre froide. Lorsque l’administration Bill Clinton décide d’élargir l’OTAN, Matlock s’y opposa. Il témoignera devant le Congrès contre cette politique et expliquera plus tard avoir averti «qu’elle devait au minimum s’arrêter avant d’atteindre des pays comme l’Ukraine et la Géorgie, car cela serait inacceptable pour n’importe quel gouvernement russe».4

Diplomate, historien et soviétologue, Georges F. Kennan avait formulé dès 1946-1947 la doctrine du containment du communisme et participera à sa mise en œuvre, soit l’endiguement de l’URSS qui allait structurer la politique américaine pendant la guerre froide. Or, en février 1997, alors que la Russie d’Eltsine est économiquement effondrée, militairement affaiblie et ne constitue aucune menace conventionnelle crédible contre l’Europe occidentale, Kennan publie dans le New York Times un article «Une Erreur fatale». Son avertissement est saisissant : il déclare explicitement que «l’expansion de l’OTAN serait l’erreur la plus fatidique de la politique américaine dans toute l’après-guerre froide».5

Vladimir Poutine formule publiquement la ligne rouge russe le 10 février 2007 devant la Conférence de Munich sur la sécurité. Son discours est souvent présenté comme le moment où la Russie «redevient agressive». Il peut aussi être lu, dans une grille réaliste, comme l’annonce publique d’une ligne rouge que la Russie n’accepte pas de voir franchie.

William J. Burns, [photo à gauche] alors ambassadeur des États-Unis à Moscou avertissait Washington en 2008 des conséquences potentielles d’une entrée de l’Ukraine dans l’OTAN Ce n’est pas un idéologue pro russe, mais l’un des diplomates américains les plus accomplis de sa génération. Il deviendra secrétaire d’État adjoint puis, sous Joe Biden, directeur de la CIA.

John J. Mearsheimer, Professeur à l’université de Chicago et l’un des principaux théoriciens mondiaux du réalisme en géopolitique, publie, en septembre 2014, dans Foreign Affairs un texte devenu célèbre : «Why the Ukraine Crisis Is the West’s Fault»6. Sa thèse tient en une phrase : «La racine profonde du problème est l’élargissement de l’OTAN».

Jeffrey Sachs, économiste mondialement reconnu, professeur à Columbia University, conseiller de nombreux gouvernements et du secrétaire général de l’ONU, soutient que la guerre est l’aboutissement de «decades in the making» («qui se préparait depuis des décennies»).7

Enfin Jeffrey Sachs et George Beebe, ancien directeur de l’analyse à la CIA, aujourd’hui au directeur de la grande stratégie au Quincy Institute for Responsible Statecraft, apportent une perspective particulièrement intéressante. décrivant l’engrenage qui conduit finalement à 2022 et le déclenchement du conflit militaire.[3]

Malheureusement, tous ces avertissements ont été ignorés, malgré leur analyse parfaitement fondée et rationnelle. Ils n’ont suscité que peu de retentissement dans l’opinion et sont restés ignorés par les médias.

Les médias dans leur majorité sont devenus les complices de cette politique

Jamais, même aux pires périodes de la guerre froide, la russophobie n’avait atteint un tel sommet frisant l’hystérie. Les critiques se sont transformées en attaques haineuses telles que le monde ne les avait pas connues depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Un esprit rationnel s’interrogera sur les raisons de cette explosion de rage et de haine envers la Russie. «La crise ukrainienne aidant, la détestation de la Russie a atteint des proportions qui dépassent toute rationalité et défient l’imagination. “C’est la faute à la Russie” est devenu un leitmotiv des éditorialistes, des experts et de politiques pour expliquer chaque problème interne au continent européen» fait remarquer Guy Mettan dans son livre Russie-Occident, une guerre de mille ans. Les esprits lucides, ne s’associant pas à cette curée anti-russe, mais essayant d’analyser objectivement les raisons ayant poussé la Russie à intervenir en Ukraine, sont d’emblée traités de complices du Kremlin, au mieux d’idiots utiles et exclus définitivement des médias et des plateaux. 

La russophobie de la quasi-totalité des médias interroge. Pourquoi aucune approche équilibrée de ce conflit de la part des journalistes dont c’est le devoir de présenter les différents points de vue, en laissant à leurs lecteurs le soin de trancher ? Pourquoi continuellement présenter la Russie et son dirigeant sous un aspect négatif, en occultant toute voix contraire ? «Les médias traditionnels ont des responsabilités particulières, car ils sont censés informer l’opinion de manière objective, pour lui laisser la possibilité de se forger son opinion. Malheureusement, avec la crise ukrainienne, la détestation de la Russie a atteint des proportions qui dépassent toute rationalité et défient l’imagination» peut écrire Guy Mettan dans son livre précité.

L’Université de Mayence a publié une étude sur la couverture médiatique allemande des événements en Ukraine. Dans une recension de cette étude8, Felix Livshitz écrit que «leurs conclusions confirment que, depuis le 24 février 2022, les médias ont joué un rôle majeur pour maintenir le conflit et rendre moins probable un règlement négocié. En publiant un contenu presque universellement baisé, pro-guerre et anti-Russie». Il ajoute que cette enquête démontre «comment les journalistes comptent parmi les lobbyistes les plus agressifs et les plus efficaces en faveur de la guerre».

Autrement dit, à écrire des contre-vérités à longueur de colonnes, les journalistes finissent par croire en leurs propres mensonges !

Jacques Baud rapporte dans son livre, Gouverner par les fakes news, qu’un journaliste parisien, sous couvert d’anonymat, lui aurait avoué qu’il est obligé par sa rédaction de taire la vérité sur le conflit ukrainien, pour ne pas passer pour des amis de Poutine ! Car, aujourd’hui, émettre une opinion simplement nuancée sur le président Poutine est considéré presque comme un crime de haute trahison. Jacques Baud l’a expérimenté à ses dépens lorsqu’il a fait l’objet d’une condamnation au mépris des droits fondamentaux de chaque citoyen.

Quelle est cette puissance à l’œuvre ?

C’est là, précisément, que réside sa force redoutable : son invisibilité. On cherchera en vain à mettre un nom à la tête de cette puissance. Les mondialistes avec Georges Soros ? Le lobby militaro-industriel qui engrange les dividendes faramineux ? Les puissances financières qui se gavent en prêtant à des nations déjà endettées toujours plus de milliards ? Il faut rappeler que les guerres ont toujours été sources de profits gigantesques pour les prêteurs, tant pour financer l’effort de guerre que la reconstruction. Les proxénètes de guerre, cette coterie irresponsable de néoconservateurs et d’interventionnistes libéraux qui, après deux décennies de fiascos militaires au Moyen-Orient, suscitent maintenant une guerre suicidaire avec la Russie.9

Sans doute un conglomérat de tout cela, mais animé de la même volonté maléfique de destruction. Inspirée assurément par une divinité que Thomas Römer, Professeur d’Ancien Testament à l’Université de Lausanne, décrit comme «[…] un dieu fondamentalement destructeur»10. Divinité imaginaire, peut-être, mais dont l’emprise psychologique sur ses adorateurs demeure puissante11. À chacun de se faire sa propre opinion. 

source : Mondialisation

  1. Le plan américain pour démanteler la Russie par M. François Asselineau
  2. https://lediplomate.media/disloquation-russie-projet-mondialiste/
  3. Guy Mettan, Russie-Occident, une guerre de mille ans, p.268
  4. https://arretsurinfo.ch/lukraine-est-ravagee-cette-guerre-etait-previsible/
  5. https://comw.org/pda/george-kennan-on-nato-expansion/?ref=fpop.media
  6. https://www.foreignaffairs.com/lists/first-crisis-ukraine ?ref=fpop.media
  7. https://www.jeffsachs.org/newspaper-articles/wgtgma5kj69pbpndjr4wf6aayhrszm?ref=fpop.media
  8. «Un rapport expose comment les médias allemands attisent le militantisme dans la société et s’efforcent d’empêcher les négociations avec la Russie», Le Saker Francophone
  9. https://consortiumnews.com/2022/04/11/chris-hedges-the-pimps-of-war/
  10. Thomas Römer, L’invention de Dieu, p.49-50
  11. Laurent Guyénot, Du yahvisme au sionisme, p.376

https://reseauinternational.net/une-main-invisible-a-loeuvre-dans-le-conflit-en-ukraine/

La Vierge Marie et le Journal d’un curé de campagne

 

par Gérard Leclerc

Les pages du Journal d’un curé de campagne consacrées à la Vierge Marie sont d’une intensité supérieure à celle de beaucoup de théologiens.

Georges Bernanos ne se voulait pas théologien. Ni philosophe d’ailleurs. Il s’amusait qu’on l’associe à la fameuse école néothomiste de son temps, lui qui ne se réclamait que de son catéchisme et de la lecture de l’Évangile. Cela n’a pas empêché un théologien comme Urs von Balthasar de lui consacrer une longue étude qui met en perspective une vision surplombante de tout le mystère chrétien. Un seul regard de simple chrétien, voué au chapelet quotidien, lui permettait une perception que l’on pourrait dire géniale, mais surtout une profondeur à l’aune de la Révélation. Ainsi, on trouve dans son roman Journal d’un curé de campagne (1936), une page sur la dévotion à la Vierge Marie, qui surpasse les meilleures pages de la littérature chrétienne. On pourrait peut-être lui associer le célèbre poème La Vierge à midi de Paul Claudel.

Tirade du curé de Torcy

Le romancier met sur les lèvres du curé de Torcy, en conversation avec son jeune confrère, auteur du Journal : « Est-ce que tu pries la sainte Vierge ? La pries-tu comme il faut, la pries-tu bien ? Elle est notre mère, c’est entendu. Elle est la mère du genre humain, la nouvelle Ève. Mais elle est aussi sa fille. L’ancien monde, le douloureux monde, le monde d’avant la Grâce, l’a bercée longtemps sur son cœur désolé – des siècles et des siècles – dans l’attente obscure, incompréhensible d’une virgo genitrix (une Vierge qui enfante). Des siècles et des siècles, il a protégé de ses vieilles mains mais chargées de crimes, ses lourdes mains, la petite fille merveilleuse dont il ne savait même pas le nom. Une petite fille, cette reine des Anges ! Et elle l’est restée, ne l’oublie pas ! Le Moyen Âge avait bien compris ça, le Moyen Âge a compris tout… » 

Tout un discours se déploie ainsi, pour mieux comprendre en quoi réside le miracle singulier de cette petite fille, qui, de sa vie terrestre, n’a accompli aucun miracle, mais qui dépasse les plus grands saints, ayant ignoré le mal : « La Vierge était l’innocence. Rends-toi compte de ce que nous sommes pour elle, nous autres, la race humaine ? Oh naturellement elle déteste le péché mais enfin, elle n’a de lui aucune expérience. (…) Le regard de la Vierge est le seul regard vraiment enfantin, le seul vrai regard d’enfant qui se soit jamais levé sur notre honte et notre malheur. » 

Tendre compassion

On retient la conclusion de cette monition spirituelle, qui résonne en nous avec une force singulière : « Oui, mon petit, pour la bien prier, il faut sentir sur soi le regard qui n’est pas du tout celui de l’indulgence – car l’indulgence ne va pas sans quelque expérience amère – mais de la tendre compassion, de la surprise douloureuse, dont on ne sait quel sentiment encore, inconcevable, inexprimable, qui la fait plus jeune que le péché, plus jeune que la race dont elle est issue, et bien que Mère par la grâce, Mère des grâces, la cadette du genre humain. » A-t-on trouvé, même chez les meilleurs théologiens, les mariologues, une telle intensité de compréhension du mystère marial ? Il fallait à l’écrivain, si attaché au regard de sa propre enfance, cette affinité d’enfance pour se mettre à genoux devant « la cadette du genre humain ». 

https://www.actionfrancaise.net/2026/09/06/la-vierge-marie-et-le-journal-dun-cure-de-campagne/

De réalisme il est question !

 

Un cinquante-quatrième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait d’Albert Morel.

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[En faisant l’effort de voir ce que l’on voit, il est indéniable que] sous l’influence de la réaction de l’élite intellectuelle du XIXe siècle contre les effets catastrophiques des doctrines révolutionnaires, les sciences politiques ont évolué vers le réalisme de l’empirisme organisateur qui conçoit les lois et les institutions politiques non plus comme fondées en droit sur un « contrat social » des volontés individuelles mais comme l’expression de la nature des choses, la transposition du réel dans le domaine juridique.

D’après Comte, dit Maurras dans Mes idées politiques, la politique enferme, comme une autre science, des lois précises, antérieures et supérieures aux volontés des hommes : c’est par rapport à ces lois naturelles que les législations doivent être jugées.

« Une juste loi politique n’est pas une loi régulièrement votée mais une loi qui concorde avec son objet et qui convient aux circonstances. On ne la crée pas, on la dégage et on la découvre dans le secret de la nature des lieux, des temps et des États. » 

Et Maurras précise : « Lois comparables à celles dont la nature et le laboratoire suivent l’action chaque jour. Elles consistent en liaisons constantes et telles que, l’antécédent donné, on peut être sûr de voir apparaître le conséquent. Par exemple, l’élévation de l’eau à 100° et le phénomène de l’ébullition. Par exemple, l’avènement de l’élection démocratique et le phénomène de la centralisation. On peut empêcher l’eau de chauffer à 100° où elle bout, on ne peut l’empêcher d’y bouillir. On peut empêcher la démocratie élective de se produire, on ne peut l’empêcher de centraliser ».

De ces constations, Maurras dégage la même conclusion que Bonald : « Si la politique peut être objet de science, il faut bien que les institutions primitives ne naissent point d’actes personnels comme les volontés, d’une convention, d’un constat débattu entre des entités indépendantes maîtresses de leur sort. Le postulat de la science positive c’est que les sociétés soient des faits de nature et de nécessité. Mais, dès les débuts de cette jeune science, le postulat est vérifié. On n’a pas trouvé trace du contrat primitif, ni du primitif solitaire ; toute société humaine est apparue la contemporaine de l’homme. La loi, la loi civile et politique elle-même, est apparue un rapport découlant de la nature des chosesconformément à la définition de Montesquieu et contrairement à la définition démocratique de la Déclaration : « La loi est l’expression de la ‘volonté générale’ ». Rapport de convenance ou rapport de nécessité, la loi échappe à l’arbitraire ; elle ne se décrète point librement mais ressort « de l’examen de situations qui ne dépendent pas de cette liberté ».

Mais, objectera-t-on, les conditions de l’expérience politique sont bien différentes des expériences scientifiques normales car ici l’expérimentateur se trouve être à la fois sujet et objet de l’expérience. C’est précisément, répond Maurras, ce qui rend ces expériences encore plus profondes et plus fécondes : « Dans le laboratoire de l’Histoire universelle, l’homme se trouve être sujet et objet de l’expérience. Mais cette situation paradoxale est peut-être ce qui donne aux conclusions de l’histoire politique une valeur qui n’appartient pas à celle du chimiste. Le chimiste en est réduit à des conjectures sur ce qui se passe à l’intérieur des corps interrogés : l’historien – et le politique – connaît, par le dedans, comme les atomes les plus secrets de la cause spirituelle, des réactions dont il est le témoin ».

https://www.actionfrancaise.net/2026/09/05/de-realisme-il-est-question/

vendredi 4 septembre 2026

21 janvier 1793 : la France guillotinait son roi

 

« Prenons-y garde, nous aurons peut-être un jour à nous reprocher un peu trop d’indulgence pour les philosophes et pour leurs opinions. La philosophie du siècle a une arrière-pensée. »

Le 21 janvier est un jour de deuil, je le rappelle tous les ans à mes lecteurs : le 21 janvier 1793, rompant avec presque deux millénaires de tradition monarchique, la France guillotinait son roi, rompant ainsi le lien sacré entre Dieu et le roi, puis entre le roi et son peuple. C’est davantage au monarque « de droit divin » et à la religion catholique que s’attaquaient les esprits instruits en loges maçonniques. Les auteurs des basses œuvres, les braillards avinés, ceux qui rêvaient d’égorger « le gros Capet et sa putain », ceux qui promenaient la tête ensanglantée de la duchesse de Lamballe sous le nez de son amie Marie-Antoinette, étaient instrumentalisés par des bourgeois, des publicistes et des avocats francs-maçons qui avaient su attiser leur haine du Trône et de l’Autel.

Tout ceci avait commencé avec la Constitution civile du clergé et ses « curés jureurs », le 12 juillet 1790. Puis le mouvement s’est accéléré jusqu’à la mort du « gros Capet » qui n’était déjà plus monarque de droit divin depuis des mois.

(Louis XVI, lettre à Malesherbes, 13 décembre 1786)

« La démocratie est un État où le Peuple souverain, guidé par des lois qui sont son ouvrage, fait par lui-même tout ce qu’il peut bien faire, et par des délégués tout ce qu’il ne peut pas faire lui-même… » 

(Maximilien de Robespierre).

Selon Michelet, « la Révolution est un tout » et ce tout est devenu le marqueur idéologique des  générations d’après-guerre, bien formatées, bien intoxiquées par des historiens, des médias et une éducation – dite  « nationale » – très majoritairement de gauche voire d’extrême gauche.

Pour moi, l’histoire de France commence avec le baptême de Clovis, mais je respecte la pluralité d’opinions : il ne me gêne pas que certains situent sa naissance en 1789, avec la victoire des loges maçonniques sur la monarchie;  cette franc-maçonnerie « des Lumières » dont la République a d’ailleurs adopté la devise « Liberté. Égalité. Fraternité. ».

Mais, en revanche, j’aimerais que les suppôts de la Révolution fassent preuve, de temps en temps, d’un minimum d’honnêteté intellectuelle  et qu’ils arrêtent de nous raconter des sornettes.

Or, sur une chaîne de télévision, un pseudo-historien dont j’ai oublié le nom déclarait qu’en fuyant à Varennes (le 20 juin 1791), le roi Louis XVI avait signé son arrêt de mort.

C’est une contrevérité, car, en fait, le roi n’avait plus d’autre issue que la fuite. Combien de fois, en effet, faudra-t-il répéter que les révolutionnaires de 1789 voulaient d’abord, voulaient surtout, détruire le catholicisme et la monarchie de droit divin ?

Louis XVI  avait été contraint de quitter Versailles pour Les Tuileries, mais, dès le mois d’octobre 1790, l’application de la « Constitution civile du clergé » allait mettre le feu aux poudres.

Le 27 novembre, quand l’Assemblée obligea le clergé à prêter serment de fidélité à la Nation, une guerre religieuse éclata. La France se divisait en deux : pour ou contre les « curés jureurs ».

En Alsace, en Flandre et dans l’Ouest, les « jureurs »  furent chassés à coup de fourche par les paysans. Ailleurs on interdit le culte aux réfractaires ; le pape en était indigné !

Le lendemain de Noël 1790, se fut l’émeute devant les Tuileries. Pour éviter de faire couler le sang, Louis XVI, profondément chrétien, signa le décret de Constitution civile la mort dans l’âme.

Puis il tomba malade. Se pensant en état de péché mortel, il n’arrivait pas à dissimuler son aversion pour les « prêtres jureurs » et les exclut de son service, et même de son entourage.

Aussitôt,  Marat, dans son journal « L’ami du peuple », écrivit que Louis XVI était un ennemi de la Révolution et qu’il jouait un double jeu, avec l’intention de s’enfuir. L’approche de Pâques allait obliger le roi à choisir son camp. Le dimanche des Rameaux, il assista à une messe célébrée par le cardinal de Montmorency qui avait refusé de prêter serment.

Le lendemain, 18 avril, la famille royale s’apprêtait à se rendre à Saint-Cloud pour y passer l’été, comme l’année précédente. Marat et Camille Desmoulins dénoncèrent ce départ comme une tentative de fuite à l’étranger. D’autres affirmèrent que le roi allait à  Saint-Cloud pour y faire des Pâques non conformes à la Constitution civile. Dans les deux cas, on criait à la trahison.                                                                                                                                   

Dès le matin, une foule échauffée  par des meneurs (souvent déguisés en femmes) entoura le palais. À midi une marée humaine bloquait carrément le carrosse royal.

Lafayette ordonna aux Gardes Nationaux d’intervenir mais ceux-ci refusèrent d’obéir.

« Il serait étonnant, dit le roi en passant la tête par la portière, qu’après avoir donné la liberté à la Nation, je ne fusse pas libre moi-même ». Des bordées d’injures lui répondirent.

C’était la première fois qu’on faisait des offenses publiques au roi.

Lafayette lui proposa d’employer la force mais le roi refusa qu’on fasse couler le sang  des émeutiers et des Gardes nationaux. Après deux heures, bloqué dans son carrosse sous les injures, il se résolut à renoncer au voyage à Saint-Cloud. « Il n’est pas possible que je sorte ? Et bien je vais rester » dit-il.  La reine ajouta en pleurant : « Vous avouerez que nous  ne sommes plus libres ».

Et effectivement  la famille royale était prisonnière. La tentative d’évasion était inéluctable.

Très mal préparée, elle prit fin à Varennes. Il ne restait plus aux révolutionnaires qu’à tuer physiquement le roi puis la reine, car la monarchie de droit divin, elle, était déjà morte !

Le jour de Noël 1792, le roi Louis XVI rédigea son testament, un texte magnifique dont je vous livre quelques extraits qui résument  la grandeur d’âme du monarque:

« Au nom de la très sainte Trinité, du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Aujourd’hui vingt-cinquième jour de décembre 1792, moi Louis, seizième du nom, Roi de France, étant depuis quatre mois renfermé avec ma famille dans la Tour du Temple (…) n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser, je déclare ici, en sa présence, mes dernières volontés et sentiments. » Après avoir confirmé qu’il meurt dans l’union de l’Église catholique, apostolique et romaine, il demande à Dieu de lui pardonner ses péchés et, à défaut du confesseur qu’on lui refuse, de recevoir son repentir. « Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet ; et je prie Dieu de leur pardonner(…) Je recommande à Dieu ma femme et mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang (…) je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur, qui souffrent depuis longtemps avec moi ; de les soutenir par sa grâce, s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable. »

Puis il s’adresse au Dauphin : « Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens ; qu’il doit oublier toute haine tout ressentiment, et nommément ce qui à rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve ; qu’il ne peut faire le bonheur des peuples qu’en régnant suivant des lois : mais qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire; et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » Il fait là un retour sur son propre comportement politique et sur ses faiblesses.

Il recommande également au Dauphin de se souvenir, en cas de restauration ultérieure de la royauté, de ceux qui sont morts à son service et de leur famille, de récompenser les fidèles et de pardonner aux ingrats, voire à ceux qui ont trahi la cause de la monarchie. Parmi ceux qui lui sont restés attachés, il nomme ses trois défenseurs (Malesherbes, Tronchet et Raymond de Sèze).

Puis il conclut : « Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardent, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes : que celles-là jouissent dans leur cœur, de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser !(…) Je finis en déclarant devant Dieu, et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi. »

Ce testament royal devrait figurer dans les manuels d’histoire mais on préfère laisser croire aux jeunes générations que Louis XVI affamait son peuple et qu’il méritait la mort. Dans notre vision binaire des choses – d’un côté le bien, de l’autre le mal absolu – qui pourrait, par exemple, contester la citation de Robespierre en entête de cet article ? Assurément personne ! Elle est suffisamment démagogique pour rallier tous les suffrages.  Mais que disait le même Robespierre, ce fou-furieux, en septembre 1993 ? « Le ressort du gouvernement  populaire est à la fois la vertu et la terreur : la vertu sans laquelle la terreur est funeste ; la terreur  sans laquelle la vertu est impuissante. La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ».                                                                                                                                        

La Terreur fut mise à l’ordre du jour le 5 septembre 1793. Le 17, la Convention vota la « loi des suspects » pour mettre hors d’état de nuire les « ennemis de la Révolution » ou supposés tels.

Cette loi infâme permettait de poursuivre « tous ceux qui, par leur conduite, leurs relations, leurs propos, leurs écrits, se montrent partisans du fédéralisme et des ennemis de la liberté. » Autant dire que n’importe qui pouvait être suspecté. En quelques semaines les prisons étaient pleines.

La guillotine – le « rasoir national » – se mit à fonctionner en permanence. Le tribunal révolutionnaire fut vite débordé ; on fit appel à une justice plus expéditive et à un accusateur public tristement célèbre : Antoine Fouquier-Tinville. « Liberté, que de crimes  on commet en ton nom ! » dira Manon Roland en montant sur l’échafaud, le 8 novembre 1793.

La seule morale de cette période funeste c’est que la plupart de ces salopards : Desmoulins, Danton, Westermann, Carrier, Fabre d’Eglantine, Olympe de Gouges, Robespierre, et quelques autres dont Fouquier-Tinville, finiront eux-aussi sur le « rasoir national ». Marat, lui, sera  poignardé dans sa baignoire où il barbotait dans sa pourriture (1).

Notre époque est – fort heureusement ! – moins violente. Souhaitons qu’elle le reste mais je n’en suis pas certain, hélas ! Emmanuel Macron, à force d’attiser la haine de nos anciens colonisés en nous accusant de  « crimes contre l’humanité »; en affirmant que nous aurions pillé et appauvri l’Afrique ; en jouant la carte d’une population issue de la « diversité », devenue française par le regroupement familial et/ou le « jus solis »(2), au détriment des Français de souche ; en affichant ouvertement, comme il l’a fait lors de la « fête de la Musique » en 2018, sa préférence pour l’allogène sur le « mâle blanc », joue un jeu dangereux, celui du pompier-pyromane.

Le droit du sol, cette ineptie qui voudrait nous faire croire qu’une vache née dans une écurie serait un cheval.    

Marionnette du Nouvel Ordre Mondial, il utilise l’immigration comme troupe de manœuvre en vue d’un « remplacement de population » qu’il pense irréversible, mais cette troupe – de plus en plus nombreuse, de plus en plus incontrôlée (car incontrôlable !) –  pourrait un jour se retourner contre son pouvoir, d’autant plus que l’ogre turc Recep Tayyip Erdoğan se plaît lui aussi à souffler sur la braise, mais  pas  pour les mêmes raisons…

En ce 21 janvier, ayons une pensée, ou mieux une prière, pour le bon roi Louis XVI, victime innocente de la folie révolutionnaire.  In memoriam.

Eric de Verdelhan

Le 21 janvier 2022

 1) Marat souffrait d’une maladie de peau : il était donc aussi pourri physiquement que moralement.

2) Le droit du sol, cette ineptie qui voudrait nous faire croire qu’une vache née dans une écurie serait un cheval.

https://ripostelaique.com/21-janvier-1793-la-france-guillotinait-son-roi/

Du Roi à la Nation : qui détient le pouvoir ?, avec Jean-Christian Petitfils

 


Le réchauffement climatique fabrique des savants à la pelle

 

La torpeur estivale associée à la pauvreté de l’info a toujours été propice à la croissance des marronniers. Inusables depuis des décennies. Yéti, Big Foot, serpent à sornettes du Loch Ness, fantômes et ectoplasmes, soucoupes volantes, recettes pour devenir irrésistible ou apprivoiser sa belle-mère…

Cette année comme les autres, un nombre croissant d’ignares au QI déficient, motivés par l’ambition de faire parler d’eux, se sont improvisés scientifiques. Après tout pourquoi pas ? Après la gamine illettrée venue du Grand Nord pour faire du yachting chez les salafistes, tout le monde peut se dire savant. Surtout s’il fait partie de la secte réchauffiste.

Parmi ces sommités, j’ai relevé sur les réseaux asociaux un accordéoniste de bals de campagne, un pâtissier au chômage, une vendeuse de colifichets, un champion local de VTT, et une malchanceuse parmi les 12 % qui ont raté le bac. Il ne lui restera plus qu’à traverser à la nage…

La poésie surréaliste de ces écolos m’a amusé. Dans un premier temps. Mais je me suis repris. En me demandant combien de zéros des réseaux goberaient leurs élucubrations et les colporteraient en croyant se donner l’air intelligent.

À tout seigneur, tout honneur, Donald serait coupable du déluge au Texas !

En juillet 2025, des inondations monstrueuses ont fait plus de 100 morts dont de nombreux enfants, et le sujet ne porte pas à rire. Sauf que nos écolo-gauchistes ont profité de cette tragédie pour accuser Trump d’en être responsable. Parce qu’il a viré un bon nombre de fonctionnaires de gauche qui se la coulaient douce. Et parce qu’il est climato-sceptique. L’étiquette infamante pire que facho.

Ces ânes ignorent que la gestion des inondations et des secours ne relève pas du pouvoir fédéral mais du pouvoir local aux USA. Bien que le POTUS ait dépêché une première vague de 400 secouristes professionnels. Sinon, qui peut accuser le gouverneur de n’avoir pas prévu la catastrophe, tant elle a été soudaine ? Même si les modèles de prédictions hydrologiques ont fait des progrès, ils ne remplacent pas des voyants extralucides ?

Ces inondations subites ne sont pas un phénomène rarissime lié au prétendu réchauffement climatique. Les crues soudaines, provoquées par des pluies torrentielles que le sol asséché ne peut absorber, font partie des calamités naturelles. Déplorées avant 1845, quand le Texas était encore mexicain.

Les tribus Kushatta, Kickapoo et Pueblo étaient plus futées. À la saison des pluies, ces emplumés déplaçaient les tipis, les squaws et les papooses sur les hauteurs où ils gardaient les pieds au sec en psalmodiant de vieilles complaintes indiennes. Ces gens étaient de vrais écolos. Vivant en osmose avec la nature.

Si la partie Ouest de l’État est aride, la partie Est a un climat subtropical humide avec 3 700 cours d’eau et 15 systèmes fluviaux pour une longueur cumulée de 307.385 kilomètres. Quant à la partie Sud bordant le golfe du Mexique, elle est assujettie à un climat tropical donc fortement arrosé avec tous les risques de précipitations et d’ouragans que cela comporte. Depuis des millénaires.

Après avoir annoncé la renverse du Gulf Stream qui ne s’est pas produite, les réchauffistes nous servent l’inversion du courant de l’océan Austral qui serait en train de provoquer un effondrement climatique du système planétaire.

L’accordéoniste scientifique autodidacte se réfère à une observation non confirmée de marins espagnols selon laquelle on assisterait à une renversement stupéfiant (ils avaient sniffé quoi avant ?) de la circulation océanique dans l’hémisphère Sud. Annonçant avec certitude que cela confirme leurs vaticinations. Le système climatique mondial serait entré dans une phase critique. En vertu de quelle analyse synoptique ?

Quelles mesures ont été effectuées ? Dans quel cadre ? Selon quels critères ? Par qui ? À quels endroits ? À quelles profondeurs ? Combien de fois ? Avec quels instruments ? À quelles périodes de l’année ? Ont-elles été croisées et collationnées ? Soumises à la validation collective ? C’est la base même de tout protocole scientifique sérieux. Mais le pâtissier et le champion cycliste ne semblent pas très versés en épistémologie.

Pas trop calés non plus en géographie puisqu’ils mélangent allègrement l’Atlantique Sud et l’Antarctique, et leurs ventilations respectives. Comme s’ils ne voyaient pas de différences entre les pamperos argentins et les vents catabatiques, à supposer qu’ils en aient jamais entendu parler. Alors que ce sont des vents violents très froids, qui devraient plutôt contrarier le réchauffement de la planète. De quoi en être soufflé.

Glissements de la pataphysique à la pensée magique, en passant par la science infuse

C’est mal de se moquer des handicapés mentaux. Mais difficile de ne pas rigoler quand on écoute les écolos réchauffards exposer les pouvoirs surnaturels, quasi mystiques, qu’ils accordent aux courants marins et aériens. Des phénomènes quantifiables, pas quantiques, persistants et prévisibles dans des plages itératives selon les saisons.

Les déplacements des masses d’eau ont été observés et sérieusement documentés depuis le XIXe siècle avec des navires océanographiques et des bouées météo, et plus finement étudiés au XXe avec les hydrophones tandis que les satellites ont répertorié et analysé les flux des jetstreams. Auxquels les réchauffards attribuent le pouvoir magique de modifier la densité et la température des profondeurs océaniques et, pourquoi pas aussi, la saisons des amours chez les méduses. Sans déterminisme ni relations causales. Hormis le postulat du réchauffement anthropique.

On comprend mieux pourquoi les médias menteurs refusent d’inviter des vrais scientifiques pour disserter de ces sujets et en discuter avec les réchauffards. Il leur serait trop facile de couler les écolos plombés par leur ignorance crasse et leur insondable bêtise. Ce serait pourtant un plaisir de fin gourmet de clouer en direct le bec de quelques cuistres.

Pour l’anecdote, les écolos adorent comme une déesse (après Greta tout de même) une certaine Marilena Oltmanns dont le domaine d’expertise est l’Arctique et le Groenland. Ils déplacent à l’autre bout du monde et surinterprètent ses travaux pour en faire un axiome selon lequel des changements dans les courants de profondeur autour de l’Antarctique, ni observés ni démontrés de façon concrète, auraient pour effet d’altérer la capacité de l’océan Austral à conserver le CO2. Nous y voilà enfin. Après un long détour.

Tous aux abris et n’oubliez pas vos masques ! Pas contre le covid, mais contre le CO2

Visiblement, ils confondent ce gaz inoffensif et favorable à la végétation, avec le monoxyde de carbone formule CO inodore donc indétectable, particulièrement toxique et même létal. Alors que, au temps des dinosaures, le niveau de CO2 a atteint des valeurs proches de 10.000 ppm (partie par million ou 106) soit 25 fois la concentration actuelle. Ce fut pourtant l’époque d’une flore et d’une faune géantes d’une extraordinaire diversité.

Tandis que le dernier grand réchauffement a engendré la civilisation.

Il y a environ 12.000 ans, notre planète est sortie d’une longue période glaciaire. Les glaciers qui recouvraient en épaisseur de vastes étendues gelées jusqu’au niveau du 45e parallèle ont fondu, et ce n’était sûrement pas à cause des camions, des avions et des électrons.

Des terres ont été libérées pour la végétation et la vie animale, des fleuves et des lacs se sont créés, des forêts se sont développées exhalant un surcroît bénéfique de CO2, et dans ce contexte plus favorable, les humains se sont montrés créatifs. Ce fut le début du néolithique avec la découverte de l’agriculture et de l’élevage, avant que la sédentarisation amorce les futures civilisations.

Christian Navis

Extrait de mes Archives climato-sceptiques

https://climato-sceptique.blogspot.com/

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Zoom - Odon Lafontaine : Comment les califes ont inventé l’histoire de l’Islam

 

Zoom - Odon Lafontaine : Comment les califes ont inventé l’histoire de l’Islam

Et si l’histoire des origines de l’islam n’était pas celle que nous connaissons ? Dans "La Mecque, ville imaginaire", Odon Lafontaine mène une enquête historique dérangeante.

La Mecque était-elle vraiment, au VIIᵉ siècle, la grande cité religieuse et commerciale décrite par la tradition musulmane ? Pourquoi les traces anciennes de la ville sont-elles si discutées ? Et pourquoi le Coran évoque-t-il des paysages qui semblent si éloignés du désert mecquois ?

Jardins, cultures, cours d’eau : Odon Lafontaine suit une autre piste. Celle de Jérusalem. Il avance alors une thèse beaucoup plus radicale : la géographie sacrée des origines aurait été reconstruite après les conquêtes arabes.


Son sous-titre l’affirme sans détour : Comment les califes ont inventé l’islam. Mais les preuves sont-elles à la hauteur d’une telle affirmation ?

Odon Lafontaine confronte sa thèse aux objections historiques dans ce nouvel entretien de TVL.

https://tvl.fr/zoom-odon-lafontaine-comment-les-califes-ont-invente-l-histoire-de-l-islam

jeudi 3 septembre 2026

De Rothschild à Zelensky. Les Barons voleurs du Nouvel Ordre Mondial

 


L’écologie et le changement climatique ont été imposés vers 1930 par les nazis !

 

Les enseignants qui bourrent le crâne des enfants avec des terreurs imaginaires leur faisant craindre des lendemains brûlants, appuyés en classe par des prêcheurs de la religion réchauffiste, et les journalistes qui embobinent les adultes en les assommant sous des flux continus de désinformation inquiétante, sont des manipulateurs pervers. La plupart ont fait de bonnes études. Même si leur bagage scientifique est succinct, ils connaissent l’histoire et sont d’autant plus coupables qu’ils occultent des faits avérés dont la comparaison avec notre époque pourrait être dérangeante.

L’arnaque climatique a cent ans

Saturés par une propagande incessante qu’ils récusent, nombre de réfractaires croient que l’hystérie agressive soutenant l’imposture réchauffiste est un phénomène récent qui aurait explosé à la charnière des millénaires. Il n’en est rien. Des dirigeants politiques autoritaires, des militants fanatiques, des petits profs à la ramasse promus experts en tout, et des élites médiatiques arrogantes, détournant et trafiquant la science à leur profit, on a déjà vu ça il y a près d’un siècle.

Les reîtres des années trente utilisaient des méthodes d’intimidation et d’infantilisation des foules par la peur qui inspirent les propagandistes climatiques d’aujourd’hui.

La panoplie des imprécateurs et des jeteurs de sorts est complète : inversion accusatoire contre les réfractaires traités d’ignorants, d’affabulateurs et de complotistes… Mobilisation de toute la clique médiatique avec ses intellectuels de pacotille et ses artistes de bas étage pour fustiger et ridiculiser les opposants… Faux débats à sens unique… Ostracisme des dissidents en leur infligeant une véritable mort sociale par la privation de leur emploi, de leur compte bancaire et de leurs droits civiques.

S’y ajoutent des condamnations par des tribunaux spéciaux chargés de réprimer avec de la prison et des amendes faramineuses les délits d’opinion climatique contraires à la doxa. Cela avait commencé comme ça dans le passé germanique quand l’arsenal totalitaire se faisait la main pour des crimes plus abominables par la suite…

Plus grand monde n’ose rappeler que les premiers écologistes politiques furent les nazis !

Dans les années 1930, l’écofascisme a pris naissance en Allemagne, en usurpant le prestige de la science et en adaptant le langage du romantisme tudesque à la logomachie hitlérienne. On vantait les délicats paysages nordiques, leurs montagnes enneigées, leurs plans d’eau claire, leurs fleuves tumultueux et leurs forêts majestueuses qu’il fallait préserver des rejets de l’industrie en regroupant les usines dans des secteurs appropriés. La concentration des trusts y gagna, et cela sera une providence pour les bombardiers alliés à partir de 1942.

L’écologie est un mot forgé en 1866 par le biologiste allemand Ernst Haeckel (1834-1919) pour désigner les interactions de l’homme avec son milieu. Ce terme va contribuer à alimenter dès la fin du XIXe siècle la gestalt theory ou théorie du comportement, un concept germanique qui vise non seulement à analyser les agissements des humains regroupés selon leurs affinités, mais surtout à les modifier de gré ou de force par la persuasion ou la coercition après avoir exclu ceux qui s’écartent des phénotypes et des préjugés valorisés par les nazis.

Objectifs : Contrôler, soumettre, punir. Au prétexte de la prophylaxie sociale. La Gestapo en fut le couronnement logique. C’est devenu aussi la triade des écolos. Après guerre, des imposteurs gauchistes ont maquillé le gestaltisme en psychothérapie douce et plus récemment l’écologie en obligation morale.

Le mouvement völkisch prétendait que le peuple « aryen » auparavant enraciné dans sa terre teutonne, serait en déclin non seulement à cause de la mixité avec de prétendues races inférieures, mais aussi en raison de la modernité urbaine qui aurait brisé le lien primordial de « la race des seigneurs » avec son environnement naturel. Selon ces théoriciens néo physiocrates, la population germanique devait se régénérer par un retour à la terre en reconstituant des communautés paysannes homogènes, hiérarchisées, militarisées, quasi autarciques et vivant en harmonie avec les cycles de la nature.

Déjà se profilait la tentation d’agir sur les climats. De cette époque, datent les premiers essais d’ensemencement des nuages avec des cristaux d’iodure d’argent ou de chlorure de sodium pour disperser le brouillard, diminuer la grosseur des grêlons, orienter la quantité et l’impact des précipitations ou contrôler les chutes de neige. Les Étasuniens ont récupéré ces technologies après 1945, en même temps que les avions à réaction et les fusées.

A-t-on encore le droit de dire que « l’aile verte » du NSDAP était très active et bien vue du führer qui l’encourageait, du moins tant que son second Rudolf Hess en fut le responsable ? Après l’escapade insolite et désastreuse du dauphin d’Adolf, le mouvement écolo nazi perdit de sa puissance mais parvint quand même à se maintenir dans les sphères du pouvoir jusqu’en 1945.

Assez fort pour que, après la défaite de l’Allemagne, tandis que d’anciens criminels de guerre investissaient l’OTAN et la Commission de Bruxelles, des ex-cadres nazis se reconvertissaient en militants écologistes jusque dans les années 1970, participant à la création et au fonctionnement des Grünen dans les médias et au Bundestag. 

Le parti nazi croyait lui aussi à un changement climatique brutal et il s’y préparait

Différence majeure avec les élucubrations actuelles du GIEC, les sbires en chemise brune croyaient en un refroidissement prochain inéluctable. Une lubie que la vertueuse communauté scientifique partageait avec eux jusque à la fin des années 1970, affichant un large « consensus » sur le retour d’une ère glaciaire autour de l’an 2000. Les écrits restent…

Les nazis considéraient le changement climatique comme un élément positif puisque, dans leurs délires, les rigueurs du gel et de la glace aideraient la race aryenne à devenir plus forte et plus résistante. Tandis que les « races inférieures » faibles périraient au milieu des étendues glacées. Ils n’imaginaient pas le sort qu’allait leur réserver l’hiver russe.

La science falsifiée dans la version nationale-socialiste du changement climatique est certes différente sur le fond de celle de notre époque. Mais curieusement, les effets sociaux et politiques d’une croyance imposée au peuple étaient assez semblables à ce que l’on observe aujourd’hui sous le couvert de la prétendue urgence climatique.

Le point de départ des années trente repose sur une escroquerie scientifique extravagante, adoptée et diffusée par un régime totalitaire comme l’est le réchauffement anthropique actuel. Une hypothèse devenue postulat sous l’appellation de WEL pour Welteislehre ou théorie de la glace cosmique, fut présentée non pas comme une simple étude prospective, mais comme une vision cosmologique du monde.

Les nazis avaient développé une approche exhaustive pour recadrer et interpréter les phénomènes de la Nature et le rôle des humains à travers une lentille d’analyse idéologique déformée fusionnant la philosophie, l’archéologie, la religion, la mythologie et un darwinisme gangrené par le racisme, avec une pseudo science universelle.

La WEL a été théorisée par un ingénieur autrichien pittoresque un peu dérangé Hanns Hörbiger (1860-1931) qui refusait de considérer les étoiles comme des soleils lointains, imaginait le cosmos peuplé d’icebergs, et annonçait que la lune allait se fracasser sur la terre.

La méthode utilisée pour imposer ses élucubrations par la force, avec l’appui d’un État voyou, a inspiré les réchauffistes radicaux du XXIe siècle.

Le fantasque Hanns Hörbiger, admirateur de Hitler et auteur de la théorie délirante de la glace cosmique, avait observé en 1918 comment ses compatriotes avaient été convaincus de la nécessité de la Première Guerre mondiale par la propagande. Dès lors, ce « génie allemand incompris » utilisa sa fortune obtenue grâce à des brevets d’ingénierie sur des pompes et des robinets, pour s’adresser publiquement à un auditoire dépourvu de formation scientifique. Sans tenter de convaincre par la justesse de ses raisonnements, il essayait de persuader son audience à l’affect. En arguant d’une fin du monde prochaine.

« Soit vous acceptez de me croire, soit je vais vous traiter en ennemis ! », avait-il prévenu ses opposants. Ce n’était pas une menace en l’air. Il bénéficiait de l’appareil répressif du nazisme avant même l’accession au pouvoir du NSDAP. Hommes de main, imprécateurs illuminés, voyous ordinaires, casseurs, racketteurs et proxénètes, déployés dans les milices SA puis SS. Une véritable armée privée capable d’exactions, de voies de fait et de vandalisme comme les activistes verts de nos jours. Les gazettes de l’entre-deux-guerres évitaient de dénoncer ces canailles par crainte des représailles, quand elles ne les soutenaient pas.

Les propos inquiétants de Hörbiger pourraient être tenus (s’il ne l’ont pas déjà été) par les écoterroristes actuels, les réchauffistes les plus agressifs du GIEC, les énergumènes des médias, les mercenaires des institutions étatiques et les sbires de la webstapo. Pour le cinglé Hörbiger, les opposants scientifiques à la WEL n’étaient pas seulement dans l’erreur, ils étaient diaboliques, comme sont à présent les climato-sceptiques aux yeux des militants verts les plus excités.

Le fait d’être un adepte de la WEL ou au moins de réciter son credo, comme aujourd’hui la doxa réchauffiste, était un test pour évaluer votre loyauté envers l’idéologie dominante du moment. Afin d’obtenir, conserver ou perdre une sinécure bien rémunérée dans les médias, un poste de prestige à l’université, une planque dans la haute administration ou la finance, ou un rang directorial dans les entreprises « éco-responsables » qui passaient des contrats avec l’État.

Christian Navis

Extrait de mes Archives climato-sceptiques

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