mercredi 4 novembre 2026

Pourquoi la démocratie gouverne-t-elle si mal ? – Conférence sur Charles Maurras ‪@ActionFrançaise‬

 


L’amour de la patrie plutôt que le culte de l’identité

 

Combat des idées 5

Par Antoine Clapas

Maurras tenait passionnément à la précision du langage. S’il a peu utilisé la notion d’identité, c’est d’abord parce qu’elle était moins couramment établie qu’aujourd’hui. Mais il voyait certainement les inconvénients sémantiques d’un pareil terme. Le mot est issu du latin médiéval « identitas », lui-même formé sur « idem », le même : Voltaire parlait quant à lui de « mêmeté ». On voit ce qu’un tel concept a de faux et de dangereux en ce qui concerne un pays comme la France. En effet, la France n’a jamais été un pays où le « même » aurait été défini une fois pour toutes en traversant tous les siècles. La France n’était pas la même en Bretagne, en Provence, en Alsace, ni en Auvergne. L’axoa basque n’est pas la garbure béarnaise, la choucroute n’est pas la bouillabaisse. Le français n’a jamais été la langue exclusive de la France ; Henri IV savait parler le béarnais, Montaigne a failli écrire ses Essais en gascon. Et pourtant, nous savons bien que la France a émergé avec Clovis et ses successeurs, et qu’elle reste une nation, quoique affaiblie.

Pour emprunter à David Hume, on peut dire que l’idéologie identitaire substitue des objets reliés au principe d’identité. Principe abstrait s’il en est, il s’oppose au réalisme, à l’empirisme organisateur et à l’approche historique de la nation que Maurras légua à De Gaulle. Tandis qu’Aristote utilisait ce principe dans le cadre de la logique formelle, son application dans le domaine de la connaissance et de l’expérience s’avère périlleuse. Le principe d’identité considère les choses comme fixes, alors que le réel est formé de continuité et de changement, et qu’il est sujet de l’Histoire. La Seine demeure, mais ses eaux vont. Il s’agit aussi d’un principe tautologique : A = A. Il est opposé au politique : la politique repose sur des relations à la fois intérieures et extérieures, elle implique une hiérarchie et elle vise à l’équilibre ou à l’harmonie, non pas à l’entité atomique et abstruse. Enfin, ce principe est proprement inhumain : regardez votre corps vieillir et souffrir, vous verrez comment se modifie votre « identité personnelle ».

Notion abstraite, l’identité d’un pays ne peut être définie que par un contenu arbitraire. Dérivant de l’anglais psychologique « identity » et apparue dans les années 1970, l’expression « identité nationale » est une dénomination problématique puisque, fondamentalement abstraite, elle appelle mécaniquement un programme sémantique compensatoire ; celui-ci s’avère déterminant et discriminant (au sens d’une opération intellectuelle), pour n’offrir en fin de compte qu’un contenu voué à la discussion et à la contestation. En effet, dans cette identité, certains placent la religion civile républicaine, d’autres la définissent par l’instinct de liberté annoncé par le mot « franc » ; d’autres la mettent dans la « diversité », d’autres encore dans la pensée des Lumières, dans le catholicisme romain, etc. De fait, l’identité d’un pays ne prend de consistance qu’à travers un capital culturel, historique, coutumier dont la marque évidente est la prolifération, l’instabilité et la diversité. Des identitaires nippons militent en ce moment contre le lait et la farine parce que ces produits sont d’origine occidentale ; allons-nous chasser le couscous, que l’on commença à cuisiner sous Louis XIV ? Le vin fait partie de l’identité de la France, mais nous n’apprécierions peut-être pas le vin servi à Dagobert. L’identité de la France au XVIe siècle n’est pas la même qu’au XIXe siècle, et elle n’est pas identique à celle du XIIe siècle. Sur le plan culturel et religieux, le christianisme fait partie de l’identité de la France, mais il n’en est pas une singularité : autour d’elle, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne sont aussi des pays chrétiens. Le pays, dit-on, est marqué par l’héritage « judéo-chrétien » ou « gréco-chrétien », quand il est en réalité défini par la romanité, assimilatrice d’Athènes et de Jérusalem. Mais un tel héritage est aussi celui de l’Angleterre et plus encore de l’Italie. On comprend que le fameux colloque organisé par Sarkozy sur l’identité de la France (2010) ait abouti à une magistrale impasse. Tout le monde sait que la France s’est construite non pas sur une « race » ou sur un ensemble ethnique relativement homogène (comme le Japon), mais autour d’un État suffisamment fort, qu’elle procède d’une politique monarchique, dont la République jalouse secrètement l’efficacité motrice.

Cela ne signifie pas que le débordement migratoire serait un mythe, ni que l’immigration massive depuis Sarkozy, et surtout Macron, ne pose pas les problèmes que l’on sait : sécessionnismes, enclaves quasi étrangères, difficulté de l’intégration, pourcentage élevé de la criminalité, frèrisme, etc. L’immigration massive encouragée par l’Union européenne pour assurer une main d’œuvre à bas coût ne laisse pas d’inquiéter la plus grande partie des Français, y compris ceux qu’elle a adoptés depuis des décennies. La raison de ce désordre tient à la faiblesse de l’État, qui renonce à ses fonctions régaliennes et protectrices, à sa soumission volontaire aux instances européennes. Mais l’incurie se renforce de la négligence de l’État à traiter le problème démographique, corrélatif au problème migratoire. Se pose aussi la question de la compatibilité de l’Islam avec la France : il faut en tout cas faire la part entre les Musulmans (majoritairement pacifiques) et l’Islam, religion souffrant de déséquilibres intrinsèques impossibles à traiter ici. À cause de ces manquements, de l’incompétence des gouvernements et de trop nombreux parlementaires, typiques de ce que Maurras appelait « le char mérovingien de la démocratie », un nationalisme identitaire, à tendance raciste, est apparu, comme s’il y avait là une solution. Plutôt qu’un corps de doctrines solidement étayées, il s’agit de slogans et de polémiques militantes, qui assurent qu.il faut être blanc pour être français. Cela paraît historiquement très ironique lorsque l’on pense aux peuples colonisés que nous appelions français, aux Dom-Tom (que nos ethnicistes voudraient sans doute céder à l’Angleterre ou à M. Trump), ou bien à la Légion étrangère, où se trouvent quelques-uns de nos meilleurs soldats. Si Maurras s’inventait des ancêtres Maures, Pierre Boutang était le petit-fils d’un galochier piémontais. Lorsque nous avons des voisins, voire des parents d’origine africaine ou asiatique, nés en France, où leurs parents et leurs grands-parents sont nés, qui n’ont pas connu d’autre pays que celui de Jeanne d’Arc, comment pourrait-on les traiter comme des non-Français ou des sous-Français ? C’est manquer à la politique capétienne, qui est un principe de rassemblement et d’unité, que de tomber dans l’ornière ethniciste, dont on peut dire, quant à elle, qu’elle n’est assurément pas française.

On ne peut parler d’identité nationale ou d’identité française que d’un point de vue conventionnel et relatif, en sachant qu’il ne s’agit pas de substances fixes, et que ces dénominations sont incertaines. Le plus souvent, le combat identitaire exprime mal ce que traduisent plus exactement les expressions « besoin de tradition » et « reconnaissance des personnes enracinées ou patriotes ». Ce combat reflète le malaise d’une grande partie des Français dits de « souche », vilipendés par LFI, et négligés par ceux qu’obsède le multiculturalisme : malaise réel et compréhensible. Simone Weil n’était pas maurrassienne, mais c’est elle qui affirmait que l’enracinement était « le besoin les plus important de l’âme humaine ». Enracinement dans le réel et le vivant, et non pas adoration d’une image fixe, comme le réclame le mirage identitaire. Ce qui est souhaité, c’est une continuité historique de la France, qui relie le passé, le présent et le futur. Et cela est beaucoup plus exact et respectable. Pour cela, la France dispose d’une culture et d’une sensibilité qui restent débitrices du christianisme, y compris chez les athées (les non-Européens ne s’y trompent pas), de valeurs fondées par Rome, puis par l’Humanisme classique, qui agissent encore sous la pensée des Lumières, qui est leur héritière infidèle. La « Mère des Armes, des Arts et des Lois », à qui Du Bellay rendait hommage, offre un beau programme pour un millénaire, si l’on veut. La France est peut-être la francité, telle que la chantent Francis Ponge et Richard Millet en s’appuyant sur l’exemple de Malherbe. Une langue, avec son trésor littéraire, ses noms de lieux et sa longue mémoire. Tout cela peut être reconnu et compris par des Français non chrétiens et des Français par adoption, dans la mesure où ils comprennent eux-mêmes la réalité dans laquelle ils vivent. Encore faut-il que la France soit aimée, que l’on donne sa plus haute culture en partage, et que l’on cesse d’incriminer systématiquement son histoire.

Si, pour l’équilibre historique de la France, il convient de lutter contre le multiculturalisme à tout crin des Mélenchonistes, et de freiner au mieux l’immigration massive, il faut reconnaître aussi que la véritable clé de voûte, la plus juste, la moins partisane et la plus pacifique, ne peut être que le Roi. En attendant qu’une instauration se fasse, nous avons un pays, une nation et le patriotisme ; nous échoit l’idée d’une aventure commune qui doit rassembler les Français dits de « souche » et les descendants de ceux qui les ont rejoints loyalement, tous enfants d’une même mère. L’amour du pays, ou la bienveillance à l’égard de la France, doivent inspirer le sentiment commun des Français tels qu’ils sont aujourd’hui. Je ne pense ici ni au chauvinisme, ni à un patriotisme qui se paie de fanfaronnades : le véritable patriotisme, dont les poètes de la Pléiade indiquèrent la voie, consiste à agir hic et nunc pour le bien du pays, et pour le bien de nos concitoyens. Que puis-je faire pour la France ? Telle est la question politique à laquelle chacun se doit de répondre.

https://www.actionfrancaise.net/2026/11/04/combat-des-idees-5-lamour-de-la-patrie-plutot-que-le-culte-de-lidentite/

mardi 3 novembre 2026

Keith Woods : « La modernité n’a pas créé le nationalisme, elle l’a libéré »

 

Jeudi soir, le KVHV-Gand, l’association des étudiants catholiques flamands de Gand, a reçu dans les murs de l’université de Gand l’essayiste irlandais Keith Woods. Woods est l’une des voix les plus suivies de la jeune droite nationaliste irlandaise. Il s’est fait connaître par ses vidéos, ses émissions en direct et ses textes sur Substack, et il est l’auteur de Nationalism: The Politics of Identity. Devant les étudiants flamands, il s’est attaqué à une idée devenue dogme dans les facultés de sciences humaines : la nation serait une construction artificielle, née au XIXe siècle. Ignorer la force de l’identité nationale a causé, selon lui, « beaucoup de morts et de souffrances inutiles ».

Une orthodoxie universitaire

Keith Woods raconte avoir découvert la thèse dite « moderniste » sur les bancs d’un département de sociologie en Irlande, et l’avoir aussitôt trouvée contre-intuitive. Selon cette école, le nationalisme serait un phénomène récent, artificiel et illusoire, apparu avec la Révolution française ou la révolution industrielle. Formulée dans les années 1920 et 1930, cette idée s’est imposée dans les années 1980 et domine toujours la sociologie et une partie de l’histoire. Elle s’est diffusée bien au-delà des campus : les militants de gauche la reprennent sur les réseaux sociaux pour demander comment on peut être nationaliste alors que la nation aurait été inventée il y a 200 ans. Pour Woods, il est difficile de la contester à l’université, tant les chercheurs craignent d’être soupçonnés de défendre des idées nationalistes.

Au début du XXe siècle, libéraux et marxistes annonçaient la fin des nations. L’industrialisation avait effacé les identités locales et religieuses, et la nation devait connaître le même sort. Marx écrivait que le capitalisme dissout dans l’air tout ce qui est solide, et la mondialisation devait achever le processus. Keith Woods cite Hans Kohn, qui a forgé la distinction entre nationalisme « civique », jugé respectable, et nationalisme « ethnique », jugé tribal, et qui voyait dans l’indépendance nationale un « mythe du XIXe siècle ». Il cite aussi H. G. Wells et Bertrand Russell, partisans d’un gouvernement mondial.

La réalité a donné tort à ces prédictions. L’ONU comptait 51 membres fondateurs, elle en compte aujourd’hui 193, et un tiers de ces États portent le nom de leur peuple fondateur. Les guerres entre États ont reculé, mais les conflits ethniques sont plus nombreux qu’il y a 60 ou 70 ans : Arménie, Israël et la Palestine, Russes de l’est de l’Ukraine, guerres de Yougoslavie, et l’Irlande du Nord, la région la plus militarisée d’Europe depuis 1945. De nouveaux États apparaissent, comme le Soudan du Sud, et d’autres sont réclamés, comme le Somaliland.

Des théoriciens marqués par l’exil

Woods s’intéresse à la biographie des pères de la thèse moderniste, qui étaient presque tous des exilés ayant fui l’autoritarisme. Hans Kohn, né à Prague, passe par la Palestine sioniste avant de gagner les États-Unis. Ernest Gellner, le sociologue le plus influent sur la question, quitte Prague au moment de l’annexion nazie. Eric Hobsbawm, né à Alexandrie, fuit Vienne après l’Anschluss et devient en Grande-Bretagne l’un des grands historiens marxistes du siècle. Elie Kedourie, issu de la minorité juive de Bagdad, accuse la Grande-Bretagne d’avoir fabriqué le nationalisme arabe contre l’Empire ottoman, et d’avoir ainsi détruit l’Irak tolérant de son enfance.

Woods précise que leur parcours ne réfute pas leurs idées, mais qu’il les éclaire. Il reproche surtout à leur théorie son fond marxiste : la culture y serait toujours imposée d’en haut par les élites économiques, et les paysans comme les ouvriers n’auraient aucune autonomie culturelle. Hobsbawm admet ainsi l’existence d’un sentiment national anglais chez Shakespeare, mais le réserve aux élites lettrées, comme si le peuple ne pouvait pas le partager.

Des nations dès l’Antiquité

Pour Keith Woods, le débat est en grande partie une affaire de définition. Si l’on définit le nationalisme comme l’attachement d’un peuple qui se sent une ascendance commune à un territoire, avec l’idée que le pouvoir politique et le peuple doivent coïncider, alors il traverse toute l’histoire. Il explique cette constante par la nature humaine. L’ethnie est pour lui une parenté élargie, et la culture le moyen de la rendre visible au-delà du cercle familial. Il reproche aux sciences sociales du XXe siècle d’avoir écarté la biologie et d’avoir vu l’homme comme une page blanche.

Il en donne plusieurs exemples. L’Égypte ancienne n’a jamais considéré la Nubie ou le Levant conquis comme égyptiens, et sous la domination des Hyksôs, des princes égyptiens jugeaient indigne d’être gouvernés par des étrangers. La Perse peuplait de colons perses les territoires conquis, et l’inscription funéraire de Darius proclame qu’il est « un Perse, fils de Perse ». Hérodote parle d’une communauté hellénique de sang, de langue et de temples, et Isocrate fait de l’Hellade la patrie commune des Grecs. Malgré leurs divisions, les cités grecques s’unissaient face aux Perses et se retrouvaient aux Jeux olympiques. Woods cite aussi La Cité antique de Fustel de Coulanges. L’Israël antique, avec ses frontières définies dans le Lévitique et ses lois sur la filiation, réunit selon lui tous les critères de la nation.

Rome, souvent présentée comme le modèle de l’empire multiculturel, a longtemps gardé un noyau italien distinct des provinces. Woods cite Edward Gibbon, selon qui les peuples d’Italie avaient fusionné en une seule nation. La deuxième guerre punique en apporte la preuve à ses yeux. Hannibal appelait les peuples soumis à se libérer de Rome : les Celtes l’ont rejoint, mais les Latins et les Italiens sont restés fidèles, même après le désastre de Cannes. Au Moyen Âge, l’historienne Susan Reynolds montre qu’un royaume correspondait toujours à un peuple. Dans le Saint-Empire, émietté en centaines d’États, l’identité allemande s’est imposée au point que l’Empire s’est appelé « Saint-Empire romain de la nation allemande ». Dès le XVIIe siècle, des juristes comme Samuel von Pufendorf débattaient de l’unification de l’Allemagne.

La modernité a libéré la nation

Woods reconnaît aux modernistes une part de vérité. L’alphabétisation de masse, la presse, l’urbanisation et surtout la diffusion de la souveraineté populaire ont changé la forme du sentiment national. Mais ce sentiment existait avant de trouver une expression politique. Il souligne que les traditions nationales étaient souvent plus fortes à la campagne qu’en ville, et que bien des mouvements d’indépendance ont été menés par des ruraux. Sa formule résume la conférence : la modernisation « n’a pas créé le nationalisme. Elle l’a libéré et renforcé ».

La Première Guerre mondiale l’a démontré. Les marxistes prédisaient que les ouvriers refuseraient de mourir pour des élites capitalistes. Ils se sont au contraire mobilisés en masse pour leur nation.

L’Ulster, une leçon pour l’Europe

L’Irlandais a ensuite tiré les conséquences politiques de son analyse. Selon lui, les sociétés multiculturelles qui ignorent la question ethnique voient la vie politique se structurer en blocs, d’abord implicitement, puis ouvertement. Il cite le chercheur David Betz, spécialiste des guerres civiles au King’s College de Londres. Ces conflits ne connaissent que 3 issues : l’élimination d’une communauté, comme pour les Rohingyas, la séparation, comme dans l’ex-Yougoslavie, ou « l’ulstérisation ».

L’Irlande du Nord sert d’exemple. La partition y avait été conçue pour garantir une majorité unioniste, issue des colons principalement écossais, au détriment des nationalistes irlandais : exclusion de certains emplois publics, découpage électoral orienté. La répression du mouvement des droits civiques à la fin des années 1960 a radicalisé les 2 camps. Les nationalistes se sont tournés vers l’IRA et le Sinn Féin, les unionistes vers le Democratic Unionist Party de Ian Paisley et les paramilitaires. Ni la fermeté de Margaret Thatcher et d’Enoch Powell, ni la démocratie majoritaire n’ont réglé le conflit. C’est l’accord du Vendredi saint de 1998 qui y est parvenu, en reconnaissant 2 identités légitimes, un droit de veto pour chacune et un partage permanent du pouvoir. Le même principe a mis fin à la guerre de Bosnie, avec la Republika Srpska. En Irak, les Américains ont ignoré les fractures entre sunnites, chiites et Kurdes, et le conflit qui a suivi dure encore.

Indépendances et sécessions

Lors des questions, Keith Woods s’est montré pessimiste sur l’avenir des sociétés européennes multiculturelles. Il juge le vote par blocs ethniques désormais difficilement réversible et prévoit une forme de conflit civil lent, avec des séparations de fait à l’intérieur des États. Il voit dans les smartphones, l’intelligence artificielle et la crise de l’État-providence des forces de décentralisation. Il n’exclut pas de voir de son vivant l’indépendance de l’Écosse ou du pays de Galles, voire de la Catalogne, du Pays basque ou de la Flandre, une perspective qui n’a pas dû laisser son public gantois indifférent. Il rappelle qu’une fois acquise, l’idée de souveraineté populaire ne recule plus : il n’existe aucun nationalisme austro-hongrois, mais les nationalismes croate, serbe et bosniaque restent bien vivants.

Il a enfin évoqué la professionnalisation récente de la droite nationaliste en Europe : vidéos, maisons d’édition, coopération entre pays. Interrogé sur le modèle américain d’identité multiculturelle, qu’un Premier ministre belge a présenté en exemple dans un livre, il a répondu en demandant simplement si les États-Unis se portent mieux aujourd’hui qu’à l’époque de leur fondement anglo-américain.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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Les marchands florentins de la Renaissance, avec Ilaria Taddei

 


L'Europe moderne des XVe-XVIIe siècle : un nouveau christianisme ? avec Benjamin Deruelle

 


lundi 2 novembre 2026

Le Paradis païen n'a jamais existé - Entretien avec Jean-Pierre Maugendre

 


[TÉMOIN BV] « Le but du FLN était de créer des murs de sang entre les communautés »

 

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Né en 1950 en Algérie, Jean-Félix Vallat a vécu l'horreur absolue : lorsqu'il est âgé de quatre ans, son père, maire de son village, et sa mère, institutrice, sont sauvagement assassinés sous ses yeux par des terroristes du FLN. Il sera lui-même blessé lors de cet attentat. Il vivra toute la guerre d'Algérie, de sa petite enfance à son adolescence, avant d'être rapatrié en France en 1962 avec ses grands-parents.

En ce jour anniversaire de la sanglante Toussaint rouge, BV a recueilli en exclusivité son témoignage poignant.

Aujourd’hui, Jean-Félix Vallat demande au gouvernement français de se préoccuper du sort des cimetières des Français d’Algérie, dont certains ont été profanés dans l’indifférence du régime algérien.

À ce sujet, on relira l'article de Gabrielle Cluzel, publié en 2023, « Algérie : pas de visa pour réhabiliter des cimetières français ».

Jean-Félix Vallat est président de la Maison des agriculteurs et des Français d’Afrique du Nord (MAFA) et membre du comité de soutien du Groupe de recherche des Français disparus en Algérie (GRFDA).

La tombe des parents de Jean-Félix Vallat profanée en Algérie - crédit Famille Vallat

Jean Bexon

dimanche 1 novembre 2026

Ces mensonges qui salissent l’œuvre civilisatrice de la colonisation française

 

Ces outrances qui salissent odieusement l’œuvre civilisatrice de la France

La colonisation, si controversée, restera à jamais une des plus belles pages de notre fabuleux roman national. Les mensonges des mondialistes et du lobby immigrationniste, qui réécrivent l’histoire sans comprendre qu’ils distillent la haine de la France dans le cœur de nos immigrés, ne changeront rien à cette réalité.

La France a rayonné sur un territoire immense, grand comme vingt fois la métropole, et a propulsé des millions d’hommes et de femmes vers la modernité. C’est ce que retiendra l’Histoire dans mille ans, les empires coloniaux ayant alors rejoint ceux de l’Antiquité, bien loin des calculs politiciens d’aujourd’hui.

Quand notre Président ignare a voulu donner des gages au gouvernement algérien, en déclarant que la colonisation était un crime contre l’humanité, il a non seulement menti, mais il a sali la France et craché sur la magnifique œuvre civilisatrice de cette fabuleuse épopée, au cours de laquelle explorateurs, militaires, administrateurs, médecins, colons, enseignants, missionnaires, bâtisseurs et aventuriers intrépides ont transformé des terres vierges, hostiles et sauvages, en pays modernes et pacifiés. C’était au temps où la France, riche et puissante, n’avait peur de rien.

De ces contrées lointaines et inhospitalières sont sortis des villes, des routes, des voies ferrées, des ports, des aéroports, des écoles, des universités, des hôpitaux, des usines, des élevages, des cultures et des vergers. La tâche accomplie est titanesque.

La langue française et la transmission de nos savoirs et de nos valeurs humanistes ont propulsé tout un continent  vers la modernité, lui faisant faire un bond en avant de 1000 ans.

Nul ne peut contester qu’en quelques décennies de présence française, la paix, la santé, la scolarisation et la démographie ont progressé dans tout l’Empire. À l’heure de l’indépendance, en 1960 pour la plupart de nos colonies, tous les pays d’Afrique étaient viables et possédaient un niveau de vie très supérieur à celui de l’Asie, hors Japon.

La Chine de Mao était encore bien plus pauvre que l’Afrique et ne fabriquait que des lampions et des cerfs-volants, avant de devenir un colosse économique qui fait trembler le monde.

Avec la même population que la Chine, 1,4 milliard d’habitants, les 54 pays d’Afrique produisent moins de richesses que la France avec ses 67 millions d’habitants. C’est le seul continent où la pauvreté ne régresse pas, bien qu’il monopolise l’essentiel de l’aide internationale.

Voici donc la réponse aux six affirmations mensongères que les détracteurs de la colonisation assènent depuis des lustres, pour culpabiliser les Européens, réclamer repentance à tout propos et surtout pour masquer l’échec cuisant de l’indépendance, qui laisse l’Afrique sur le quai, alors que l’Asie a désormais dépassé l’Europe dans tous les domaines. 

Il est vrai que le confucianisme, prônant le goût de l’effort et le mérite, fait des miracles en Asie.

1) La conquête de l’Afrique a-t-elle été meurtrière ?

Certes, la conquête ne s’est pas toujours déroulée la fleur au fusil et reconnaissons qu’il y eut davantage de victimes chez les Africains que chez nos soldats. Mais bon nombre de territoires se sont rendus sans combattre et des centaines de traités furent signés sans faire couler le sang.

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Du côté français et de nos troupes indigènes, les maladies et épidémies ont fait bien plus de ravages dans les rangs que les combats. La conquête de Madagascar en est le meilleur exemple. Si le tiers du corps expéditionnaire de 18 000 hommes y laissa la vie, 99 % des victimes ont succombé aux maladies. Ce fut une hécatombe.

Du côté de la résistance africaine, il est clair que le combat était inégal et que le nombre de tués était souvent 10 à 20 fois supérieur chez les indigènes que chez nos soldats.

Mais aucune archive ne permet de chiffrer précisément le nombre de victimes chez les peuples conquis. Comment pourrait-on évaluer l’impact des combats sur la démographie, alors que le continent africain, mosaïque de plusieurs dizaines de milliers d’ethnies, était en proie à des guerres tribales incessantes, des épidémies et des famines à répétition ? Autant de fléaux que la colonisation a éradiqués.

Et si la conquête a été meurtrière, l’admirable travail de nos médecins a fait reculer la mortalité infantile dans des proportions gigantesques, tandis que nos soldats pacifiaient ces contrées et mettaient fin aux guerres ancestrales meurtrières. C’est donc un bilan global positif, systématiquement nié par le discours bien-pensant.

2) La colonisation a-t-elle reposé sur l’exploitation des indigènes ?

La colonisation a été évidemment une grosse consommatrice de main-d’œuvre indigène, pour mettre en valeur un continent en friches. Porteurs utilisés par milliers pour se déplacer dans des pays sans voies de communications, ouvriers pour construire des routes et des voies ferrées inexistantes. Ce qui ne veut pas dire esclavage et travail gratuit.

C’est le volontariat qui a prévalu. Et si le recours au travail forcé a bien existé sur les chantiers de voies ferrées, il est à mettre en parallèle avec l’abolition de l’esclavage qui sévissait entre tribus, frappant les ethnies « inférieures », esclaves de père en fils.

3) La France a-t-elle apporté la civilisation ?

Avec un Président assez stupide pour affirmer en Algérie que la colonisation fut une barbarie, il convient d’en revenir aux faits incontestables et de dénoncer ce mensonge éhonté.

Personnellement, je ne sais pas si la France a apporté la civilisation en Afrique, mais ce que je sais, c’est ce que nous avons trouvé en arrivant sur ce continent :

Esclavage, guerres tribales, famines, épidémies, cannibalisme et sacrifices humains.

En 1960, tous ces fléaux qui ravageaient l’Afrique depuis des siècles avaient disparu et ce continent devenu indépendant pouvait regarder l’avenir avec confiance.

Si ce n’est pas là un gigantesque bond en avant vers la civilisation, qu’est-ce que c’est ?

Au XIXe siècle, la France voulait faire triompher les idéaux de 1789 et cette mission civilisatrice a guidé Jules Ferry et Jean Jaurès, bien au-delà des intérêts mercantiles de l’entreprise coloniale.

Après les violences de la traite négrière, la colonisation du continent africain, à partir de 1850, fut un outil de libération. « Libérer, soigner, éduquer » furent les piliers de cette mission.

Rappelons, en passant, que si la traite atlantique a fait 14 millions de victimes, la traite interafricaine et la traite arabo-islamique en ont chacune fait tout autant. Mais il y a des victimes davantage politiquement correctes que d’autres…

Abolition de l’esclavage en 1848, développement de la médecine tropicale, lutte contre le paludisme, la fièvre jaune et la maladie du sommeil, généralisation des écoles et apprentissage du français. En 1944 à Brazzaville, de Gaulle exaltera cette mission civilisatrice, que les tenants de la repentance éternelle veulent faire oublier.

« La médecine coloniale avec ses médecins militaires, fut le fer de lance de l’action civilisatrice et humanitaire de la France », dira André Audoynaud, auteur spécialiste de l’Afrique.

4) Les soldats africains ont-ils servi de chair à canon ?                .

Le discours ambiant veut que les troupes indigènes aient été engagées « comme du bétail », sans le moindre souci des pertes subies. Une légende qui a la vie dure.

Car, sur l’ensemble de la guerre 14-18, la plus meurtrière, il s’avère que les pertes de « tirailleurs sénégalais » et autres troupes indigènes, sont proportionnellement équivalentes à celles des soldats métropolitains. 22,4 % contre 22,9 %.

En 1943 sont mobilisés 233 000 soldats maghrébins, 100 000 tirailleurs africains et 170 000 « pieds-noirs », pour combattre aux côtés des Alliés.

De 1943 à mai 1945, les pertes sont les suivantes :

6 % pour les soldats métropolitains, 6 % pour les troupes maghrébines, 5 % pour les tirailleurs africains et 8 % pour les soldats « pieds-noirs ».

Par conséquent, si les troupes indigènes se sont battues avec courage au cours des deux conflits mondiaux, prétendre qu’elles ont été utilisées comme chair à canon est un mensonge.

Quant à la légitimité d’engager des hommes dans une guerre qui ne les concernait pas directement, c’est un autre débat. Nos colonies étaient une partie de la France. Il me paraît donc naturel que les ressortissants de ces pays aient été engagés aux côtés de nos soldats.

5) La France a-t-elle pillé ses colonies ?

La France a retiré de ses colonies des matières premières et inversement, elle a bénéficié de nouveaux débouchés pour son commerce et son industrie. C’est un fait.

Mais comment peut-on parler de « pillage » alors que la majorité des transferts de capitaux s’est faite vers les colonies ? Non seulement les salaires des fonctionnaires, la construction des villes et des infrastructures ont été financés par la métropole, mais la plupart des denrées importées des colonies l’ont été à un prix supérieur au cours mondial, parfois jusqu’à 30 % plus cher.

Grâce aux financements publics, les PIB de l’AOF et de l’AEF ont augmenté respectivement de 8,5 % et 10 % par an entre 1947 et 1956. Le PIB par habitant a augmenté de 20 % entre 1950 et 1960.

En 1960, le PIB/hab de nos colonies est le double de celui de la Chine. Où est le pillage ?

6) Les colonies ont-elles été le moteur de la croissance française ?

La réponse est NON !

De la fin du XIXe siècle à l’indépendance, les balances commerciales de l’AOF et de l’AEF ont été très largement déficitaires. L’Afrique a donc vécu à découvert grâce au contribuable métropolitain, malgré la charge de la guerre et de la reconstruction.

Ces transferts ont été un gouffre pour la France et un frein pour la modernisation du pays.

Et si certaines entreprises privées ont pu tirer profit de la colonisation, la construction de pays entiers durant plus d’un siècle s’est faite au détriment des infrastructures et du développement de la Métropole.

Car la France n’a jamais possédé de colonies riches en matières premières et ce n’est que sur le tard que pétrole, gaz et uranium ont été  découverts.

Jacques Marseille avait conclu sur ce sujet que l’entreprise coloniale avait finalement nui au développement économique de la France.

Conclusion

Il est plus que temps d’en finir avec la repentance coloniale, les mensonges d’Emmanuel Macron et le discours antirépublicain des indigénistes. Le bilan de la colonisation de l’Afrique est largement positif, alors que celui de l’indépendance est dramatiquement négatif, comparé à celui de l’Asie. 

Voilà 60 ans que l’Afrique est indépendante, donc maitresse de son destin. Mais elle n’a toujours pas décollé, tandis que l’Asie a dépassé l’Europe et talonne les États-Unis.

Entre 1960 et 2022, la population du continent africain est passée de 300 millions à 1,4 milliard d’habitants. Mais 600 millions d’Africains n’ont toujours pas d’électricité. Est-ce encore notre faute ?

En attendant, nos pourfendeurs de la colonisation peuvent bien cracher leur venin en diabolisant ce salaud de Blanc, ce colonisateur raciste et esclavagiste, mais c’est pourtant en France que toute la jeunesse africaine rêve d’aller, c’est en France que les élites africaines envoient leurs enfants étudier, c’est  en France que les mêmes élites demandent la double nationalité, c’est en France qu’elles viennent se faire soigner, c’est en France qu’elles placent leur argent. La France est l’éternelle vache à lait.

Mais quand on leur demande de reprendre un de leur ressortissant délinquant, c’est « non ». Et Macron se couche !

(source : un article paru dans le Figaro Histoire,  2013) 

Jacques Guillemain

https://ripostelaique.com/ces-mensonges-qui-salissent-loeuvre-civilisatrice-de-la-colonisation-francaise/

L’art est devenu laid, et ce n’est pas un hasard - Entretien avec Romaric Sangars

 


De l’ordre nécessaire…

 

Un soixante-deuxième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait d’Auguste Comte.

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Après avoir vu la philosophie métaphysique nier systématiquement, à la stupide satisfaction de tous les beaux esprits contemporains, l’utilité fondamentale de la société elle-même, ce qui, sans doute, doit implicitement comprendre toutes les aberrations possibles, pourrait-on s’étonner réellement de la production d’aucun sophisme partiel, quelque important qu’en soit l’objet et quelque absurde qu’en soit la pensée ?

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Une vaine métaphysique, se sentant incapable d’aborder sérieusement l’immense question de l’ordre, avait même tenté de l’interdire, en imposant matériellement un respect légal pour les dogmes révolutionnaires que toute doctrine vraiment organique doit préalablement exclure.

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Chacun des dogmes de la doctrine critique, quand il est pris dans un sens organique, revient exactement à poser en principe, sous le rapport correspondant, que la société ne doit pas être organisée.

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La démolition graduelle de toutes les maximes sociales et, en même temps, l’amoindrissement continu de l’action politique, tendent nécessairement de plus en plus, chez les divers partis actuels, à écarter d’une telle carrière les âmes élevées et les intelligences supérieures pour livrer surtout le monde politique à la domination spontanée du charlatanisme et de la médiocrité.

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L’absence totale de convictions fixes et communes ne permet maintenant qu’une politique purement provisoire, essentiellement bornée à l’ordre matériel.

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Aucune institution finale ne saurait surgir tant que subsistera l’anarchie actuelle des opinions et des mœurs. Jusqu’à ce que de fortes convictions et des habitudes systématiques aient librement prévalu envers tous les cas essentiels de la vie sociale, il n’y aura de véritable avenir que pour les diverses mesures propres à faciliter cette reconstitution fondamentale.

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Le patriotisme proprement dit, réduit même au simple civisme, ne cessera jamais de constituer le degré le plus usuel du vrai sentiment social.

https://www.actionfrancaise.net/2026/10/31/de-lordre-necessaire/

samedi 31 octobre 2026

Ukraine : la bataille pour l’eau dans le Donbass

 

Derrière les combats pour le Donbass se joue une bataille moins visible : celle de l’eau.

Pauvre en ressources naturelles, la région dépendait depuis 1958 du canal Siversky Donets–Donbass, qui alimentait des millions d’habitants, les mines et l’industrie. La guerre l’a largement mis hors service.

Pour compenser, la Russie a construit un réseau alternatif de quelque 200 kilomètres, pour plus de deux milliards d’euros. Selon Le Monde, il ne couvrait même pas 30% des besoins en août 2025.

C’est aussi ce qui fait de Sloviansk, proche des principales installations du canal, une cible stratégique. Moscou présente sa conquête comme une condition au rétablissement de l’eau à Donetsk.

Ressource vitale, l’eau pourrait peser sur l’avenir du Donbass comme sur les négociations entre Moscou et Kiev.

Explications de Martin Bernard.

source : Antithèse

https://reseauinternational.net/ukraine-la-bataille-pour-leau-dans-le-donbass/

vendredi 30 octobre 2026

Les 5 plus grands héros des croisades que vous devez connaître

 


Quand les services américains lançaient des programmes de contrôle du climat

 

Parmi les théories du complot, il en tombe parfois du ciel. Certains observateurs peuvent poétiquement s’inspirer d’un nuage pour écrire un sonnet ; d’autres y trouveront un fascinant sujet d’observation météorologique. Et d’autres encore, s’appuyant sur certaines informations déclassifiées, considéreront le ciel comme un terrain de guerre météorologique.

En avril 2025, lors d’un Town hall animé par l’ancien psychologue et animateur de télé, Dr Phil McGraw, le ministre américain de la Santé, Robert F. Kennedy Jr, s’empare du sujet. En évoquant publiquement l’Agence pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA), agence de recherche et de développement du ministère américain de la Défense, le ministre désigne cette dernière comme responsable de la dispersion de produits chimiques dans l’atmosphère, les fameux « chemtrails » : « Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour y mettre un terme. Je vais découvrir qui est responsable et les obliger à rendre des comptes. »

Pour rappel, ces « chemtrails » sont ces lignes blanches et persistantes que vous pouvez voir parfois au-dessus de vos têtes.

« Ces substances sont ajoutées au kérosène », ajoute RFK Jr. « Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour y mettre un terme. Je vais découvrir qui est responsable et les obliger à rendre des comptes. »

A ces tonitruantes déclarations, un rapport de la CIA, autrefois classé « top secret », est venu dévoiler en détail les plans des États-Unis, et ce dès les années 1960, visant à manipuler le climat. Certains « conspis », très au fait de ce genre de rumeurs sur internet, se frottent, un peu rapidement, les mains.

Une guerre du climat ?

Ces documents, déclassifiés en 2003, abordent le sujet controversé de la modification du climat. Une tactique consistant à lancer des fusées ou à utiliser des avions pour déverser dans l’atmosphère des produits chimiques destinés à modifier le climat et les systèmes orageux locaux. Bien que ces documents, datés de 1965, mis au jour récemment, ne mentionnent pas les produits chimiques spécifiques utilisés lors des expériences, ils stipulent la nécessité d’augmenter le financement des projets de modification du climat, qui allaient bientôt être utilisés comme arme de guerre.

En effet, ces notes indiquent que le financement fédéral de ce programme secret devait être multiplié par quatre en 1967 – l’année même où les États-Unis commencent à pulvériser des substances toxiques au-dessus du Vietnam afin de provoquer des inondations et des glissements de terrain. Un programme météorologique connu sous le nom Projet Popeye. Dans un mémorandum daté du 13 janvier 1967, cette arme météorologique est très explicitement décrite : « ensemencer » les nuages afin d’augmenter les précipitations au-dessus de certaines zones du Vietnam du Nord et surtout du Laos, dans le but de rendre les pistes et routes du réseau de la piste Hô Chi Minh impraticables.

Ce rapport de 18 pages a récemment été relayé par des adeptes de la théorie du complot, plusieurs années après avoir été discrètement versé aux archives publiques de la CIA ; il comprend notamment une lettre du président américain Lyndon B. Johnson saluant cette opération classée secret d’État. Le soutien apporté par le président américain de l’époque au projet de modification climatique de la CIA intervient trois ans à peine après un discours de celui-ci sur l’avenir des États-Unis et sur les travaux visant à créer des « satellites météorologiques » capables d’intensifier les tempêtes.

Lors de son discours de remise des diplômes à la Southwest Texas State University en mai 1962, Johnson, alors vice-président, annonçait : « Celui qui contrôlera le climat contrôlera le monde. » À peine 18 mois après avoir prononcé ce discours appelant les États-Unis à contrôler le climat, LBJ est devenu le 36e président et a supervisé deux projets tristement célèbres destinés à manipuler le climat : le projet Stormfury et le projet Popeye.

À la suite de ce discours, les archives ont révélé que de véritables programmes gouvernementaux étaient déjà en cours dès 1965, tels que le projet « Stormfury », qui consistait à envoyer des avions au cœur des ouragans pour y disperser un agent réfrigérant appelé iodure d’argent, dans le but d’affaiblir les tempêtes en perturbant leur structure interne. La lettre de Johnson, figurant dans le rapport de la CIA, objet de toutes les attentions, datant de septembre de cette année-là, mentionne spécifiquement l’ouragan Betsy, qui avait touché terre en Louisiane en tant que tempête majeure de catégorie 4. Cette lettre du président américain fait suite à un rapport du secrétaire au Commerce de l’époque, John T. Connor, sur les services météorologiques, préconisant notamment de développer la recherche sur le climat. Le rapport de Connor évoque explicitement la possibilité future de modifier les conditions météorologiques, y compris d’atténuer les ouragans.

Recherches qui aboutiront au fameux projet Popeye, utilisé contre les lignes de ravitaillement ennemies pendant la guerre du Vietnam afin de prolonger artificiellement la saison de la mousson dans ce pays. Le secrétaire à la défense de l’époque, Robert McNamara, décrit le projet comme une expérience opérationnelle clandestine et, bien sûr, top secrète.

Les responsables des services de renseignement ont également souligné qu’ils bénéficiaient du soutien total de Johnson, qui était déterminé à contrecarrer les efforts de l’Union soviétique visant à contrôler le climat alors que les tensions mondiales s’intensifiaient. Prudent, le gouvernement américain a toujours affirmé que la « modification du climat » n’avait été utilisée que pour atténuer la violence des tempêtes et provoquer des précipitations dans les régions touchées par la sécheresse.

De simples lignes blanches dans le ciel ?

Cependant, les adeptes des théories du complot qui partagent ces documents ont accusé la CIA d’utiliser ces projets pour maintenir le monde sous la dépendance des gouvernements, transformant les tempêtes en armes de guerre, en bloquant la lumière du soleil et en empoisonnant les réserves alimentaires afin de rendre délibérément les gens malades. Ces allégations portent principalement sur les fameux « chemtrails », ces traînées blanches que l’on voit s’échapper des avions volant à haute altitude par temps clair, et qui semblent s’étaler et se dissiper très lentement.

Avec ces révélations des initiatives gouvernementales en matière de modification climatique, les adeptes des théories du complot clament haut et fort que ces traînées contiennent bien une multitude de produits chimiques dangereux pulvérisés par des avions militaires et des avions de ligne au-dessus des villes densément peuplées.

C’est la thèse soutenue par Dane Wigington, chercheur indépendant sur la géo-ingénierie et les modifications du climat, mais aussi vigoureux militant, soutenant mordicus que les traînées persistantes laissées par certains avions sont le signe de dispersions intentionnelles d’aérosols destinées à modifier le climat. Wigington, soutient que la théorie du complot concernant les « chemtrails » était non seulement vraie, mais qu’elle avait en réalité compromis la capacité de la Terre à surmonter naturellement la pollution causée par l’homme. De plus en plus d’Américains, et ce depuis plusieurs années, estiment par ailleurs que la sécheresse en Californie est un « complot » du gouvernement.

Dane Wigington a récemment réaffirmé sa thèse, lors de son passage dans le podcast de la star conservatrice d’internet, Tucker Carlson, dont le portrait est à retrouver sur le site de l’OJIM.

La grande majorité des scientifiques réfutent depuis longtemps cette théorie. Selon l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), la NASA, et les autorités météorologiques, les traînées de condensation ordinaires se forment lorsque la vapeur d’eau issue des moteurs d’avion se condense puis gèle au contact de l’air froid en altitude. Leur persistance dépend notamment de l’humidité atmosphérique : certaines disparaissent rapidement, tandis que d’autres s’étendent et peuvent former des nuages de type cirrus.

De cette théorie fumeuse des vapeurs toxiques, une question demeure néanmoins : si un gouvernement américain est en mesure de mettre au point une arme de guerre météorologique durant la guerre du Vietnam, est-il en mesure de modifier le climat aujourd’hui ?

https://www.revue-elements.com/quand-les-services-americains-lancaient-des-programmes-de-controle-du-climat/

Le CHEVALIER DE SAINT LOUIS - Editions Voxgallia (Roman historique)

 


mercredi 28 octobre 2026

Passé-Présent avec Alexis Neviaski - Bernard de Lattre de Tassigny, le fils du roi Jean

 

Passé-Présent avec Alexis Neviaski - Bernard de Lattre de Tassigny, le fils du roi Jean

Le nom de de Lattre de Tassigny évoque le chef de la Première Armée française, la libération du pays, puis les combats d’Indochine. Mais derrière cette grande figure se dessine un autre destin : celui de Bernard, son fils unique. À quinze ans, il participe à la préparation de l’évasion de son père, emprisonné à Riom.

À seize ans, il s’engage pour libérer la France. Blessé près d’Autun, décoré de la médaille militaire, il devient officier et rejoint le Tonkin. Il y trouve la mort, à Ninh-Binh, le 30 mai 1951. Il avait vingt-trois ans. Qui était ce jeune homme, au-delà de son nom et de sa fin tragique ?


Comment s’est-il construit auprès d’un père aussi prestigieux qu’exigeant ? Pour évoquer ce destin fulgurant, "Passé-Présent" reçoit Alexis Neviaski qui lui consacre une biographie," Bernard de Lattre, Au nom du père", publiée chez Pierre de Taillac et Perrin.

https://tvl.fr/passe-present-avec-alexis-neviaski-bernard-de-lattre-de-tassigny-le-fils-du-roi-jean

La vie quotidienne dans l'Europe moderne avec Benjamin Deruelle

 


40 milliards prélevés, 1,8 rendu : l’écologie selon Bercy

 

Après neuf longues années d’avis budgétaires parlementaires consacrés aux trains de nuit, au passe rail, à la « relance ferroviaire » et au « verdissement du transport de marchandises », un rapporteur vient de se souvenir que les Français roulent en voiture avec 82 % des kilomètres parcourus, et même 93 % pour ceux qui ont l’audace de vivre à la campagne.

C’est en tout cas ce que découvre l’avis n°3344 sur les transports terrestres, déposé le 15 octobre dans le cadre du budget 2027 et on y lit des choses croustillantes comme « fantasmes idéologiques de report modal », « écologie punitive », « acharnement contre la voiture ».

Ce n’est pas une hallucination et surtout, l’avis fournit des chiffres qui confirment l’instinct des automobilistes : oui, ce sont bien des mammifères qu’on trait sans plus aucune vergogne ni restriction.

En 2024, la fiscalité des transports a rapporté 40 milliards d’euros, dont 32 milliards sur les seuls carburants. En face, l’État prévoit de consacrer un solide 1,8 milliard d’euros à la route en 2027 (environ 6 %). Grandiose, surtout que la différence va dans les collectivités (15 milliards) – souvent sans le moindre rapport avec la mobilité – et plus de 5 milliards dans le tonneau des Danaïdes de la Sécurité sociale. Parce qu’après tout, pourquoi pas ?

Même logique à l’AFITF, l’agence chargée de financer les infrastructures : les deux tiers de ses recettes viennent de la route (TICPE sur le gazole, taxes et redevances autoroutières) et ce sans même compter les amendes radars. En retour, la route reçoit 30 % de ses dépenses, contre près de la moitié pour le ferroviaire, dont l’enveloppe a bondi de 32 % en deux ans pendant que celle de la route progressait de… 0,9 %.

Et alors que le gazole flirte avec les 2,41 euros le litre, les taxes pèsent entre 44 et 50 % du prix, la TVA venant joyeusement s’appliquer sur les taxes déjà appliquées, transformant chaque crise pétrolière en aubaine pour Bercy et donnant à cette fiscalité « écologique » toute l’apparence d’un racket pur et simple.

Rassurez-vous, ce racket rate complètement son objectif, à savoir inciter au renouvellement du parc automobile.

Il faut dire qu’à force de malus CO2, de malus au poids et de normes européennes débiles, le prix moyen d’une voiture neuve est passé d’environ 21 800 euros en 2019 à 29 400 euros en 2025, sabotant le marché du neuf qui a perdu près de 580 000 immatriculations annuelles. L’âge moyen du parc est passé de 9 ans en 2011 à presque 12 ans aujourd’hui (près d’un tiers des voitures a plus de 15 ans).

On voulait des voitures propres, on a obtenu des voitures vieilles, plus polluantes, et moins sûres.

En tout cas, tout ceci incite le citoyen à prendre son vélo (et pas seulement dans le coffre de sa voiture), ce qui permet à la mortalité des cyclistes de bondir de 45 % en dix ans. Et les routes ? La moitié des chaussées du réseau national non concédé réclame un entretien, 17 % des ouvrages d’art exigent des travaux lourds, et pour remettre en état les ponts communaux, chiffrés à 3,3 milliards par le Cerema, le budget prévoit 85 petits millions, soit 1 % des besoins. Voies navigables de France, en revanche, renonce à des projets utiles pour financer… des passes à poissons.

Les priorités sont claires : moins d’écluses et plus de cyclistes écrasés. Apparemment, la société française a posé le choix étrange d’éliminer autant que possible de pédaleurs en spandex moulant, tout comme elle a décidé de soutenir de dispendieux renouvelables dont la Cour des comptes a établi la facture à 26,3 milliards entre 2016 et 2024, avec des contrats en cours engageant l’État à hauteur de 87 milliards supplémentaires, à des tarifs garantis vingt ans, bien au-dessus des prix de marché, avec un risque assumé de « sur-rémunération » des heureux bénéficiaires.

Et alors que Bercy râcle frénétiquement tous les fonds de tiroir, ce soutien grimpera de 11 %, à 10,67 milliards.

Au passage, notons l’argument de la filière selon lequel ces milliards seraient compensés par les importations de pétrole et de gaz « évitées ».

Certains seront tentés de crier « Foutaises » en notant que soit on cherche des kilowattheures décarbonés, et la France les a déjà grâce au nucléaire (et bien plus sûrement que ce que les renouvelables promettent), soit on cherche ce que seul le pétrole sait faire (les plastiques, les moteurs thermiques, le carburant d’un poids lourd ou d’un tracteur) et là, les renouvelables ne remplacent strictement rien. Les chalutiers électriques n’existent pas.

On ne subventionne pas une alternative au pétrole, mais un doublon intermittent du nucléaire, à prix exhorbitant.

Les dérives de la transition écologique vont bien plus loin dans l’absurde coûteux.

Ainsi, côté logement, MaPrimeRénov’ a été suspendue en 2025 lorsque la ministre des Comptes publics estimait « de manière extrêmement conservatoire », la fraude entre 12 et 20 % des aides, Tracfin retrouvant même des millions partis à l’étranger.

Côté automobile, les voitures électriques ne se vendent qu’à coups de bonus, de leasing « social » et de contraintes sur les flottes, c’est-à-dire avec l’argent des autres, ce qui durera exactement aussi longtemps que l’État pourra payer. Vu ses comptes, on peut raisonnablement en douter.

Et quand, par miracle, la représentation nationale tente de mettre fin à une absurdité, l’absurdité survit quand même : les députés avaient voté la suppression des ZFE par 192 voix contre 149, le Conseil constitutionnel l’a annulée pour un « vice de procédure ».

En fait, derrière la « transition », il y a des filières vivant de tarifs garantis, des officines de rénovation aux méthodes douteuses, des administrations chargées d’instruire, de contrôler et de verbaliser, des associations lucratives sans but qui vivent de subventions et d’indignation, et des élus métropolitains qui ont fait de la chasse à la voiture une identité.

La nature, dans tout ça, n’est qu’un vague prétexte dans l’un des pays les plus propres de la planète.

Alors qu’avec une intensité carbone de 19,6 grammes par kWh, la France pèse moins de 1 % des émissions mondiales de CO2, elle est l’une des nations les plus taxée au monde, avec des prélèvements obligatoires à 45,3 % du PIB (et, joie et bonheur, ça va continuer à grimper). Chacun de ces milliards engloutis dans des chimères aurait pu, tout simplement, rester dans la poche de ceux qui l’ont gagné.

Mais le pompon, finalement, n’est même pas dans cette litanie de chiffres désolants. Il se trouve dans les solutions du rapporteur de cet avis, Auguste Evrard, député RN : nationaliser les autoroutes, et fermer le marché européen aux produits qui ne respecteraient pas la « préférence européenne ».

Ben tiens : après avoir démontré sur 40 pages la gestion calamiteuse de l’État, notre benêt conclut hardiment qu’il faut lui confier 250 milliards de patrimoine autoroutier de plus.

La catastrophe provoquée par l’État est dantesque, mais pour un vrai cataclysme, il faut juste plus d’État !

https://h16free.com/2026/10/28/85575-40-milliards-preleves-18-rendu-lecologie-selon-bercy

La climatologie peine à atteindre l’âge adulte

 

2500 ans d’errances climatologiques ont précédé les délires du GIEC. Pour les Aborigènes australiens et les Papous de Nouvelle-Guinée, la cause est entendue. Les Esprits sont responsables du mauvais temps, des inondations et de toutes les catastrophes naturelles. On peut supposer que cette croyance fut universelle jusqu’à ce que la civilisation introduise un brin de rationalité dans l’animisme de nos ancêtres.

Les Grecs et les Chinois ont été les premiers, il y a environ 25 siècles, à tenter d’expliquer les variations climatiques à partir des faits observés, répertoriés et extrapolés. Ils développèrent une culture empirique de la prédiction utilisant des itérations statistiques pour finir par se perdre dans les brumes des superstitions et de l’astrologie.

Au XVIIe siècle, on adopte enfin une approche scientifique

On considère que la météorologie a commencé en 1648 lorsque Blaise Pascal a fait constater que la hauteur atteinte par une colonne de mercure dans un tube de Torricelli était notablement inférieure au sommet du Puy-de-Dôme qu’à son pied. Il faudra attendre encore 130 ans pour que l’Académie royale des sciences lance en 1778 une étude systématique sur les corrélations entre la pression atmosphérique, la température, l’état du ciel, les précipitations, le vent et l’humidité.

On comprend alors qu’on peut essayer d’expliquer le présent et deviner le futur en connaissant le passé. Dès lors des savants exhument des bibliothèques et des archives les parchemins, manuscrits et grimoires décrivant l’optimum médiéval. Pour voir comment ça se passait avant. Et en déduire ce qui pourrait advenir après. Une approche logique mais erronée parce que les phénomènes atmosphériques échappent souvent à ce déterminisme simpliste.

Néanmoins on a continué à procéder de la sorte jusque dans les années 1960-1970. J’ai souvenir d’un ingénieur météo sur un aérodrome qui reconnaissait chercher des analogies dans les relevés des années précédentes pour prédire le temps qu’il allait faire. Mais ces données étaient fragiles. La France était parsemée de mini-stations météo avec un thermomètre, un barographe, un anémomètre, un pluviomètre et un hygromètre. Les relevés biquotidiens étaient effectués par le curé, le gendarme ou l’instituteur du village présumés avoir un niveau d’éducation suffisant.

Depuis le XVIIIe siècle, le climat est classé parmi les phénomènes naturels qu’on observe et essaie de comprendre

Parce que cela peut avoir une incidence sur l’agriculture et la pêche en anticipant les tornades, les tempêtes et les sécheresses. De même que sur les mouvements des troupes. Des canons embourbés ou de la poudre mouillée ne servent plus à rien… Au début du XXe l’aviation va devenir à son tour un grand consommateur de prévisions météo. Sans pour autant anticiper les cisaillements de vent, les turbulences et les micro-dépressions se creusant sur place, causant de nombreux crashs aériens.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, on commence à analyser avec plus d’acuité les conséquences des changements climatiques sur l’histoire des sociétés humaines. On s’en doutait depuis les Grecs et les Romains, mais leurs intuitions deviennent une ébauche de science cherchant des relations causales.

Une paléoclimatologie se développe en parallèle de la paléoanthropologie afin d’essayer de mieux comprendre l’interaction des sociétés humaines passées avec les climats. Ce que les esprits éclairés pressentaient depuis le XVIIIe siècle est confirmé par une nouvelle discipline, l’étude des paléoenvironnements. De l’optimum climatique médiéval au léger réchauffement du XXe siècle, plusieurs phases sont analysées dans l’histoire climatique de l’Europe.

Les effets concrets sur l’économie et l’histoire événementielle

L’optimum médiéval (Xe – XIVe siècle) est associé à des défrichements. On brûle du bois dont on ne manque pas. Des cultures et des troupeaux remplacent des forêts. Des monastères qui ont des terres en concèdent le métayage aux « vilains ». Des nobles avisés remplacent le servage par une forme de fermage moins injuste. Mine de rien, c’est une révolution sociale silencieuse qui se met en marche. Le niveau et la durée de vie des gueux s’améliore. Des communautés villageoises se développent et commercent entre elles. Pour les défendre contre les bandits de grands chemins et les razzias des Sarrasins, des bourgades embauchent des mercenaires, les gens d’armes. Si le seigneur local peut faire face, il réinvente le service militaire des Romains.

Au petit Âge Glaciaire (XIVe – XIXe siècle) le refroidissement contribue aux mauvaises récoltes et à la perte du bétail. Les « jacqueries » sont des émeutes de la faim contre lesquelles les dragonnades ne changent rien. La pire répression est inefficace contre la famine et le désespoir. Quand on n’a plus rien à perdre, on risque tout. À méditer par ceux qui nous écrasent aujourd’hui… Le résultat de multiples révoltes inabouties sera la Révolution de 1789, avec quelques désagréments pour les profiteurs d’alors. Ceux dont la caboche atterrissait dans le panier de « la Veuve » n’imaginaient pas qu’ils étaient victimes par ricochet d’un sévère refroidissement climatique.

Le mini-réchauffement de 1860 à 2005, si on inclut la stase à la charnière des millénaires, part de constatations réelles mais exagérées pour aboutir à un paradigme délirant.

En 1995, l’universitaire hollandais Paul Crutzen (1933 – 2021), prix Nobel de chimie 1995, a brusquement le ciboulot tourneboulé par sa nouvelle célébrité. Une dérive mentale classique chez des esprits brillants dans les sciences exactes qui perdent les pédales lorsqu’ils passent trop souvent à la télé et que des journaleux ignares sollicitent leurs avis sur la culture des pois sauteurs ou l’élevage des vers à soie.

En 1995, il invente ex nihilo une nouvelle ère géologique durant laquelle les activités humaines constitueraient le principal facteur de changement de la vie sur Terre et notamment du changement climatique. Il l’appelle Anthropocène. Cette théorie valorisée par les médias et la clique mondialo-gauchiste est loin de faire l’unanimité parmi les scientifiques.

Pour Crutzen, chimiste émérite mais ni préhistorien, ni paléontologue, ni paléoclimatologue, ni anthropologue, l’Anthropocène succéderait à l’Holocène dans lequel nous vivons depuis la fin de la dernière glaciation, vers 14 000 B.P. (NDLR : Before Present / Avant le présent). Sa nouvelle ère aurait débuté au XIXe siècle avec l’industrialisation et le recours aux énergies fossiles. Mais si on suit sa logique, on peut faire débuter l’Anthropocène avec l’usage de la tourbe et du charbon de bois lors de la transition néolithique, et les défrichements massifs initiés par des humains sédentarisés devenus agriculteurs et éleveurs. La suffisance alimentaire leur donnant le temps d’inventer l’écriture et la civilisation.

Bien entendu, ce phénomène ne s’est pas produit partout en même temps ni aux mêmes époques. Des milliers d’années et de kilomètres peuvent séparer des aires d’évolution, souvent hybrides. Cueilleurs, chasseurs et pêcheurs pratiquant aussi l’agriculture et l’élevage selon des proportions variables.

Les premiers climatologues avaient l’esprit plus ouvert que les apôtres du GIEC et leurs perroquets verts et rouges

En 1840, Louis Agassiz (1807 – 1873) découvre le phénomène des glaciations cycliques qu’il déduit de l’étude d’anciennes étendues gelées semblables à celles du Groenland, en Suisse et aux États-Unis. En 1895, Svante Arrhenius (1859 – 1927) met en relation l’évolution de la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère avec la succession des phases de réchauffement et de refroidissement climatique. Mais il ne confond pas les causes et les effets comme nos professeurs Philippulus actuels.

En France, l’acte de naissance de la climatologie historique se confond avec la publication, en 1967, de L’Histoire du climat depuis l’an mil, d’Emmanuel Le Roy Ladurie (1929 – 2023). À l’époque, les critiques ne l’épargnent pas, considérant comme une fausse science ses synthèses documentées mêlant sources textuelles et données empruntées aux sciences dures dans une combinaison inhabituelle. Même si Fernand Braudel avait déjà posé les bases de l’histoire globale. Vingt ans plus tard, l’ouvrage de Pierre Alexandre « Le climat en Europe au Moyen Âge » sera boycotté.

À partir des années 1990, sous l’impulsion du GIEC financé par l’ONU, l’UE et leurs États vassaux, la réponse des sociétés aux aléas climatiques doit s’aligner sur le déterminisme du réchauffement anthropique. On décide à l’avance du résultat avant d’avoir examiné les données. Et si leur analyse infirme les conclusions annoncées, on l’écarte, on la modifie ou on l’oublie. Aucune critique n’est admise. Quiconque discute le paradigme sacré est un ignare, ou un fasciste, ou les deux. L’imposture est d’autant mieux bétonnée dans des démocratures comme la France que le pouvoir politique, des profs, des juges et la pression médiatique imposent leur vérité officielle à des masses acculturées.

Christian Navis

Un nouvel article destiné à refroidir les réchauffistes

https://climato-sceptique.blogspot.com/

https://ripostelaique.com/la-climatologie-peine-a-atteindre-lage-adulte/