dimanche 9 août 2026

Terres de Mission n°472 - Saint Louis, roi et saint

 

Terres de Mission n°472 - Saint Louis, roi et saint

Dimanche 9 août, Terres de mission reçoit Jean-Noël Toubon, auteur de "Saint Louis sur le chemin de la canonisation" (Voxgallia), à l'occasion du huitième centenaire du sacre du grand roi.

C'est l'occasion d'évoquer en profondeur un aspect central, mais trop souvent occulté par les historiens, de la vie de Saint Louis: sa profonde foi chrétienne, âme et moteur de toute son action politique.


https://tvl.fr/terres-de-mission-n0472-saint-louis-roi-et-saint

Un saint absolu…

 

par Gérard Leclerc

Pour Gustave Thibon, saint Jean de la Croix et Friedrich Nietzsche avaient une même soif d’absolu. Mais le premier vécut de Dieu, quand le second vécut de lui-même. Et versa finalement dans la folie. 

Dans un livre-confession avec la regrettée Danielle Masson, Gustave Thibon n’hésite pas à présenter saint Jean de la Croix comme « le plus extrémiste de tous les saints, avec qui Nietzsche se serait bien entendu » (Gustave Thibon au soir de ma vie).

Rapprochement improbable

La formule est pour le moins frappante, mais elle aurait demandé élucidation. On savait que, depuis sa conversion, Thibon s’était retrouvé proche de la spiritualité du Carmel, collaborant aux Études carmélitaines. Il y avait même publié une étude sur Nietzsche et saint Jean de la Croix, reprise plus tard dans son ouvrage sur l’auteur de Zarathoustra. Ces pages méritent d’être relues. Seules elles expliquent ce rapprochement improbable entre deux personnages aussi contrastés.

Comment Thibon avait-il pu oser pareil paradoxe ? Car il ne s’agit pas de quelques analogies de caractère. Il faut mesurer la portée de cette affirmation initiale : « Ils eurent, l’un et l’autre, des âmes de grands adorateurs ; une sève essentiellement religieuse nourrit les frondaisons de leur pensée ; ils eurent soif jusqu’à la mort d’une plénitude surhumaine. » Il y a là de quoi suffoquer : l’auteur de L’Antéchrist et le modèle même de la mystique chrétienne mis dans le même bateau ! Mais Thibon s’explique longuement. L’athée et le saint sont des extrémistes à leur manière, voués à la recherche de l’absolu. Précisément, cette recherche passe par une purification impitoyable, celle qui les conduit tous deux à balayer masques et illusions.

Il fallait un lecteur aussi attentif pour être capable de reconnaître dans Nietzsche et Jean de la Croix une sorte d’itinéraire commun qui, finalement, dans le premier cas, aboutit à un échec tragique, dans le second une traversée de la nuit vers la Lumière.

« Jean de la Croix vécut de Dieu, Nietzsche vécut de lui-même », écrit Gustave Thibon. Et aussi : « Jean vécut de cette vie du cœur spontanée, diffusive, aux élans irréversibles. La vie de Nietzsche fut avant tout une vie réflexe : toute la chaleur de ses entrailles s’épuisait à nourrir une dévorante ivresse de l’intelligence. D’une part : je me donne ; de l’autre, je me pense. Un fleuve, un miroir. »

Son saint de préférence

On n’oublie pas les ressemblances : une soif de l’infini chez l’un et l’autre, une recherche au-delà même des forces humaines, mais divergences aussi radicales : « Soif positive de l’absolu chez Jean, soif négative chez Nietzsche. » Et Thibon de s’expliquer sur son expression : « le plus extrémiste des saints » : « Il est extrémiste uniquement dans l’ordre de la suprême espérance humaine, dans la seule voie qui n’a pas de terme. »

On comprend qu’au soir de sa vie, le philosophe se soit rapproché de son saint de préférence, celui qui lui donnait le goût et l’espérance prochaine de la suprême rencontre.

https://www.actionfrancaise.net/2026/08/09/un-saint-absolu/

Opération Léopard, la Légion saute sur Kolwezi (1978)

 

Photo du film La Légion saute sur Kolwezi - Photo 3 sur 5 - AlloCiné

Cette opération fut aussi nommée « Opération Bonite ».

En 1978 la Légion sautait sur Kolwezi, pour sauver du massacre 2500 ressortissants européens, pris en otages par les rebelles du Katanga, les Tigres.

Cette opération audacieuse eut un retentissement mondial, ajoutant un nouveau haut fait d’armes au glorieux passé de ce corps délite inégalé.

614 paras du 2e Régiment étranger parachutiste (REP), aux ordres du Colonel Erulin, sautèrent sur la ville en deux vagues successives.

5 légionnaires y laissèrent la vie. Mais 2200 Européens furent sauvés, 300 d’entre eux ayant été massacrés et suppliciés avant l’arrivée des secours.

Le contexte :

Kolwezi est une ville minière, à l’extrême sud du Zaïre, ex-Congo belge, devenu depuis la République démocratique du Congo (RDC).

Ce pays étant un véritable coffre-fort géologique, tant il recèle de minerais rares, suscite la convoitise de tous.

L’Afrique vit encore de nombreuses convulsions post-indépendance. C’est la grande époque des mercenaires, les « chiens de guerre », les « war-dogs » au service de tel ou tel chef rebelle convoitant le pouvoir.

Nous sommes en pleine guerre froide. Les Soviétiques et leurs supplétifs cubains, essaient partout de déstabiliser l’Afrique et de renverser les chefs d’Etat pro-occidentaux. Tel Mobutu, le président zaïrois soutenu par la France, la Belgique et les Etats-Unis.

Les faits :

Les rebelles venus du Katanga, encadrés par des conseillers cubains et est-allemands, et entrainés en Angola, s’emparent de la ville minière de Kolwezi.

Les 2500 Européens et leurs familles qui y vivent, employés de la société minière qui exploite cuivre et cobalt, sont pris au piège.

Et les massacres de Blancs commencent, avec la sauvagerie que l’on imagine… la terreur règne sur la ville.

A Kinshasa, la capitale, on est désemparé. Une compagnie de paras zaïrois est larguée sur la ville. Elle est décimée. Mobutu en appelle à la France et à la Belgique.

En Belgique, on tergiverse alors que chaque minute compte. Les nouvelles sont alarmantes.

Finalement, c’est Giscard d’Estaing qui décide d’intervenir et demande de préparer l’intervention sur Kolwezi. Le 2e REP, abonné aux coups durs et basé à Calvi, est mis en alerte.

De son côté, l’inénarrable Mitterrand exige un vote parlementaire alors que les massacres continuent ! Il reconnaitra plus tard que l’urgence du sauvetage était la priorité.

Acheminé dans la nuit du 17 au 18 mai, le régiment rejoint la base de Solenzara, d’où il décolle à bord de long courriers civils réquisitionnés et d’un DC8 militaire. Car si la France dispose d’excellentes troupes de combat, la logistique ne suit pas. Rien de bien nouveau.

L’armée de l’air ne dispose d’aucun gros porteur et le Transall, excellent avion tactique, est incapable d’assurer un transport de masse à longue distance.

Encore aujourd’hui, au Sahel, il a fallu faire appel aux Antonov ukrainiens pour pallier le manque d’A400m, livrés au compte-gouttes.

Le 2e REP débarque à Kinshasa.

Aussitôt, le colonel Erulin et les officiers de la mission militaire au Zaïre, préparent l’audacieux largage sur la ville de Kolwezi, un saut au coeur du brasier. Car face aux massacres, il y a urgence.

Les officiers ne savent rien de la situation sur place. Ils manquent de cartes fiables. La précision du largage sera vitale pour éviter que les paras ne soient  tués avant de toucher le sol.

Une fois en bas, pas de véhicules, pas d’armement lourd, pas de réserves de munitions, autant dire que le pari est éminemment risqué.

Kolwezi se situe à 1300 km de Kinshasa. Si ça tourne mal, pas question d’évacuer les blessés ou de récupérer les légionnaires.

Autre problème : faute d’avions suffisants, les légionnaires n’ont pu emporter leur parachute. Ils sauteront avec des parachutes zaïrois, donc américains.

Mais ceux-ci ne sont pas adaptés aux équipements français. Il faudra donc bricoler au mieux les gaines chargées de munitions et de piles radio pour les accrocher aux parachutes américains. Des fils de fer feront l’affaire.

Tout semble compliqué, on pense que les pertes seront sévères tant les paras sont vulnérables durant leur descente.

Et pourtant, le moral est au plus haut. Tous sont certains de réussir.

Autre déconvenue, sur les 7 appareils prévus pour le largage, 2 sont en panne. Il reste 4 C130 zaïrois et 1 C160 Transall français.

Il est décidé de larguer une première vague sur Kolwezi et de transporter les autres éléments par DC10 sur l’aéroport de Kamina, le plus proche de Kolwezi, pour être largués dans une deuxième vague.

381 paras embarquent, avec le médecin-chef et l’aumônier du régiment. 

Mais, nouveau contretemps, le leader de la formation, à bord d’un C130 zaïrois, ne parvient pas à s’aligner correctement sur la zone de saut. C’est donc le Transall français qui donne le cap pour un deuxième passage.

Enfin la lumière verte s’allume et la sonnerie retentit. Go ! Mais pour ce qui est de l’effet de surprise, c’est raté.

Les légionnaires sautent à basse altitude pour rester le moins vulnérables possible.

A peine la moitié des légionnaires atterrit sur la zone de saut, un vieux terrain d’aviation désaffecté. Il faut se regrouper et faire face à un ennemi dont on ignore où il se trouve. Ce sont 1000 rebelles lourdement armés qu’il faut affronter.

Mais Dieu aime la Légion !

Les rebelles se sont regroupés au sud de la ville, sur l’aérodrome de Kolwezi, où ils pensent voir atterrir les avions.

Avant qu’ils réagissent, les paras sont posés et foncent sur leurs objectifs : le lycée où sont réfugiés des Européens, l’hôpital, la Cie minière où se trouvent des véhicules de transport.

Les légionnaires détruisent au lance-roquettes deux blindés des Tigres.

Les accrochages sont violents. Des charniers sont découverts. 700 civils, Européens et Africains, hommes, femmes et enfants, ont été massacrés.

Mais plus de 2000 survivants sont sauvés de la barbarie.

Le gros des Tigres s’est retiré vers la frontière angolaise. La ville est désormais aux mains des légionnaires.

Terrés dans leurs cachettes, encore effrayés, les otages sortent peu à peu de leur abri en entendant les appels des légionnaires :

« Armée française, Légion étrangère » ! 

Le miracle s’est accompli pour ces centaines d’otages attendant la mort, terrorisés par les hurlements des victimes suppliciées par les barbares.

Un sauvetage inespéré pour ceux qui étaient persuadés qu’ils allaient mourir en subissant d’épouvantables atrocités. C’est la résurrection à la vue des bérets verts.

La deuxième vague arrive ensuite, le 2e REP est maintenant au complet.

Les combats se poursuivent à la périphérie.

Les jours suivants sont consacrés à la sécurisation de la région et à l’évacuation des Européens, avec les paras belges arrivés sur place, ainsi que des paras marocains.

Le succès est total, planétaire.

250 rebelles tués, les armes saisies, la rébellion en déroute et plus de 2000 civils sauvés.

Au retour du 2e REP, Valéry Giscard d’Estaing passera le régiment en revue. Dans les rangs, les places des 5 légionnaires tués sont laissées vacantes.

Cette opération a montré ce qu’une troupe bien entrainée, disciplinée et parfaitement soudée, est capable d’accomplir.

Elle eut un succès retentissant à travers le monde et apporta un certain prestige à la France, qui a su assumer les risques d’une telle opération, particulièrement audacieuse.

Ajoutons que les ardeurs de l’URSS en Afrique, furent calmées pour longtemps.

Les ambassades de France, aux quatre coins de la planète, reçurent d’innombrables appels demandant la marche à suivre pour devenir légionnaire.

L’engouement pour le képi blanc ne faiblit pas !

Kolwezi restera une belle page de gloire écrite par des hommes exceptionnels, s’adaptant aux pires imprévus pour accomplir leur devoir.

Cette opération de sauvetage donna lieu à plusieurs  ouvrages et à un film.

Ce résumé est extrait, entre autres, d’un excellent article d’Adrien Jaulmes, dans le Figmag.

Jacques Guillemain

https://ripostelaique.com/operation-leopard-la-legion-saute-sur-kolwezi-1978/

samedi 8 août 2026

La condamnation de 1926, réponse à La Croix – 3e partie – Chez Maurras, aucune instrumentalisation de la religion

 

par Axel Tisserand 

« Il fallait démontrer [sic : était-ce donc si difficile ?], insiste Dominique Greiner, que le thomisme des catholiques d’Action française, fortement teinté d’aristotélisme, insistant sur l’autonomie de la raison et la perfection de l’ordre naturel, n’était pas la vraie philosophie. » Trop aristotélicien, le thomisme de Maurras ? Non, juste ce qu’il faut, pas plus aristotélicien en tout cas que celui d’un certain saint Thomas d’Aquin lui-même ! Raison pour laquelle Jacques Maritain, grand thomiste devant l’Éternel, n’avait rien à reprocher à la doctrine d’Action française avant que le pape ne lui ordonne de la dénoncer. Ce que souhaite Maurras, c’est rejoindre par une autre voie, laïque, à coup sûr, comme le veut l’empirisme organisateur, qu’il définit comme un « compromis laïc », l’anthropologie enseignée par l’Église, de la conception de l’homme lui-même à celle du peuple ou de la nation, autrement dit la définition catholique des fondements de la société. Une voie qui est, en bonne théologie, celle de la lumière naturelle, laquelle est, selon saint Thomas, « une sorte de participation de la loi éternelle en nous » [Somme théologique, Ia, IIae q. 96 a2]. 

Il n’a donc jamais cherché à instrumentaliser la foi, sa correspondance avec l’abbé Penon en témoigne explicitement, notamment lors de la première tentative de condamnation de l’AF dans les années 1912-1913, à l’instigation des sillonnistes qui ne pardonnaient pas à Maurras le rôle qu’il avait pu jouer, par son argumentation, dans leur condamnation papale en 1910, à travers une… encyclique (Pie X n’avait manifestement pas la même perception de l’inefficacité des encycliques que Pie XI). 

Il est donc également faux de prétendre que, chez Maurras, « les forces religieuses sont au service du politique ». Encore une fois, il cherche à établir dans une France devenue plurielle un « compromis laïc » sur les fondements de la cité, sur lequel pourraient s’entendre catholiques et non catholiques. Agnostique, il ne peut conclure au plan métaphysique et laisse toutes les portes ouvertes. Il observe simplement, et le fera jusqu’à sa conversion finale, que ce « compromis laïc » est conforme à l’enseignement de l’Église. « L’utilité sociale » de l’Église n’a donc rien de bassement utilitaire, de voltairien. D’ailleurs, au moment où l’Église réaffirme son rôle social avec Léon XIII sous l’influence de catholiques sociaux royalistes (La Tour du Pin, qui restera toute sa vie royaliste, ou Albert de Mun, royaliste de cœur qui ne fera qu’obéir à Léon XIII en 1892 en ralliant la république), pourquoi une telle « utilité sociale » serait-elle à suspecter ?

Maurras n’a donc jamais conçu son « Église de l’ordre » au sens étroitement policier de « contrôle social ». Maurras met du reste les choses au point dès l’introduction du Dilemme de Marc Sangnier, c’est-à-dire dès 1906, donc bien avant la première tentative de condamnation de l’AF dans les années 1910 : 

« On se trompe souvent sur le sens et sur la nature des raisons pour lesquelles certains esprits irréligieux ou sans croyance religieuse ont voué au Catholicisme un grand respect mêlé d’une sourde tendresse et d’une profonde affection. — C’est de la politique, dit-on souvent. Et l’on ajoute : — Simple goût de l’autorité. On poursuit quelquefois : — Vous désirez une religion pour le peuple… Sans souscrire à d’aussi sommaires inepties, les plus modérés se souviennent d’un propos de M. Brunetière : “L’Église catholique est un gouvernement”, et concluent : vous aimez ce gouvernement fort.

Tout cela est frivole, pour ne pas dire plus. Quelque étendue que l’on accorde au terme de gouvernement, en quelque sens extrême qu’on le reçoive, il sera toujours débordé par la plénitude du grand être moral auquel s’élève la pensée quand la bouche prononce le nom de l’Église de Rome. […] Sans consister toujours en une obédience, le Catholicisme est partout un ordre. C’est à la notion la plus générale de l’ordre que cette essence religieuse correspond pour ses admirateurs du dehors. […] La conscience humaine, dont le plus grand malheur est peut-être l’incertitude, salue ici le temple des définitions du devoir. » 

On comprend pourquoi Maurras précise lui-même dans Mes Idées politiques, visant évidemment Voltaire : « Celui qui a dit qu’il fallait une religion pour le peuple a dit une épaisse sottise ». Et d’ajouter : « Il faut une religion, il faut une éducation, il faut un jeu de freins puissants pour les meneurs du peuple, pour ses conseillers, pour ses chefs, en raison même du rôle de direction et de réfrènement qu’ils sont appelés à tenir auprès de lui : si les fureurs de la bête humaine sont à craindre pour tous, il convient de les redouter à proportion que la bête jouira de pouvoirs plus forts et pourra ravager un champ d’action plus étendu. » Ainsi, loin d’être pour le peuple, l’Église comme temple des définitions du devoir, lequel, d’ailleurs, ne saurait être confondu avec le « contrôle social », est avant tout pour les dirigeants et, évidemment, dans l’esprit de Maurras, pour le premier d’entre eux : le roi.

Maurras s’attaque donc bien de front à la vision utilitariste de la religion permettant de contrôler le peuple et d’assurer l’ordre social. Elle ne sera jamais la sienne.

C’était bien la peine de dénoncer le « caractère outrancier » du « réquisitoire » du cardinal Andrieu pour en reprendre, en fin de compte, tous les éléments au long des cinq articles du feuilleton ! « ll n’y a pas, conclut Dominique Greiner, d’un côté le spirituel et de l’autre le politique. Il n’y a qu’une finalité à la vie humaine, et où nature et surnature, loin d’être séparées, participent pleinement l’une à l’autre. L’antithèse du principe “la politique d’abord”. » Outre que distinction n’est pas séparation, c’est un contresens majeur, nous l’avons vu, que cette prétendue « antithèse ». À laquelle s’oppose aussi tout le questionnement métaphysique d’un Maurras dont la poésie témoigne de son espérance spirituelle jusque dans la résurrection des corps.

S’agissant de l’Action française, le débat est, de toute façon, clos depuis le 5 juillet 1939 et la levée de la condamnation qui, il faut le rappeler une dernière fois, ne fut la contrepartie d’aucune rétractation doctrinale, ce qui confirme le « caractère outrancier », autant dire mensonger des accusations portées en 1926. Il n’y a donc, de l’aveu même de l’Église, rien qui « rend[e] incompatible le catholicisme et le système maurrassien » — si tant est qu’on puisse parler de « système maurrassien ».

Quelques brefs conseils de lecture :

Charles Maurras, Le Dilemme de Marc Sangnier (1906) (au moins l’introduction) ; La Politique religieuse (1912) (dont le dominicain Thomas Pègues fait l’éloge en commentant que l’ouvrage contient « des pages qui resteront parmi les plus belles jamais écrites en hommage à l’Église catholique par ses admirateurs extérieurs » (in Michael Sutton, Charles Maurras et les catholiques français, 1890-1914 : nationalisme et positivisme, Éditions Beauchesne, 1994, p. 256) ; L’Action française et la religion catholique (1913) [ces trois ouvrages forment La Démocratie religieusepubliée en 1921] [ouvrages consultables sur maurras.net] ; Le Bienheureux Pie X, sauveur de la France (Plon,1953 – posthume).
Jacques Maritain, Une opinion sur Charles Maurras et le devoir des catholiques, Plon, 1926.
Un chemin de conversion : correspondance choisie entre Charles Maurras et deux carmélites de Lisieux, 1936-1952 (Pierre Téqui éditeur, 2022).
Dossier « Maurras, le blessé de Dieu », dans la Nouvelle Revue universelle n°49 (2020) ; – Dieu et le roi – Correspondance entre Charles Maurras et l’abbé Penon, 1883-1928 (Toulouse, Privat, 2007).

(Illustration : Abbé Penon)

https://www.actionfrancaise.net/2026/08/08/la-condamnation-de-1926-reponse-a-la-croix-3e-partie-chez-maurras-aucune-instrumentalisation-de-la-religion-catholique/

vendredi 7 août 2026

La condamnation de 1926, réponse à La Croix – 2e partie – Des mensonges répétés mille fois ne font pas une vérité

 

par Axel Tisserand

Le pire survient bientôt dans le feuilleton du journal La Croixsur la condamnation de l’AF, un pire auquel on est malheureusement si habitué que des esprits paresseux ou superficiels le prennent pour argent comptant. Car c’est toujours la même rengaine, comme si le fait de répéter mille fois des erreurs ou des mensonges pouvaient les transformer en vérités. Pourtant, de l’attitude de Maurras par rapport à la foi, tout, ou presque — demeure le mystère d’une âme ! — est aujourd’hui documenté, jusqu’à sa correspondance avec le carmel de Lisieux : pendant seize années, de 1936 à sa mort, Maurras entretiendra une correspondance avec mère Agnès de Jésus, sœur aînée de sainte Thérèse, à laquelle il vouait une véritable dévotion, et sœur Madeleine de Saint-Joseph. 

Mais auparavant ?

Non, le « venin  du Magnificat » ne constitue pas le dernier mot de Maurras, alors jeune homme désespéré au plan métaphysique, sur le Christ ! Aussi est-il faux de prétendre que « son christianisme est expurgé du Christ » : Maurras s’en est maintes fois expliqué. Si dans le trouble existentiel qu’il traversait dans sa vingtième année il a tenu des propos regrettables sur le Christ, c’est le Christ lamennaisien qu’il visait, le Christ instrumentalisé par un certain esprit révolutionnaire, qu’il connaissait d’autant mieux qu’il avait enflammé son adolescence. Dès 1895, à la parution du Chemin de Paradis, il reconnaît d’ailleurs que son état d’esprit a changé. Il en est de même de sa prétendue « horreur » de la Bible, tenant plus à une méconnaissance de l’Ancien Testament, largement partagée à l’époque dans les milieux catholiques. L’abbé Penon (et futur évêque de Moulins) aura une influence positive sur lui, l’incitant à (re)lire les prophètes juifs et, dès le début des années vingt, il reconnaît publiquement, dans L’AF, s’être trompé sur eux et leur esprit révolutionnaire. En pleine seconde guerre mondiale, il fera même leur éloge dans le quotidien. La malhonnêteté intellectuelle est de faire comme si Maurras en était resté aux années 1890 et de surinterpréter son malaise existentiel comme une hostilité déclarée à la personne même du Christ.

De même, non, le « politique d’abord » n’a rien de contraire à l’enseignement de l’Église, puisqu’il ne vise que la primauté des moyens dans l’action au sein de la cité, pas même une primauté sociale — Maurras juge l’économie plus importante que la politique —, encore moins une primauté spirituelle ! Comme le dénonça définitivement Bernanos dès le début de la sale affaire de la condamnation : 

« Peut-être aurait-on pu prendre la peine, avant de nous jeter aux chiens, de rechercher dans nos paroles et nos écrits publics quelque chose qui témoignât des fameuses infiltrations du paganisme maurrassien. Mais quoi ! Depuis quarante ans, il est d’usage que les catholiques non-républicains fassent les frais de chaque déception nouvelle des conciliateurs à tout prix. […] Il serait vain de nier que la “guerre de la Justice et du Droit” ait bouleversé les consciences. […] L’idéalismedémocratique rêve d’annexer l’Évangile. Le modernisme était sans doute peu de chose auprès de l’explosion probable de ces forces obscures qui travaillent, dans toute l’Europe, la partie la moins éclairée de la chrétienté. Les “idées chrétiennes devenues folles”, dont parle Chersterton, auront mis l’univers à feu et à sang, avant que le Voltaire de M. Bainville ait fait manquer la messe à un seul camelot du roi » (Comœdia, art. cit. du 24 septembre 1926). Propos d’une lucidité implacable. 

Bref, il n’y avait, avec l’AF, pas plus de danger de résurgence du paganisme que de « beurre en broche », comme aurait dit Pierre Boutang ! Ni d’idolâtrie du politique, à moins d’être d’une absolue …mauvaise foi. Il ne suffit donc pas d’affirmer, du reste de manière imprécise, que « la politique de Charles Maurras n’avait pas grand-chose de chrétien », pour que cela soit vrai.

Car, non, il n’y avait non plus aucun « amoralisme avoué » chez Maurras s’agissant de sa doctrine politique. Il prétendait seulement — on a le droit d’être en désaccord mais non de déformer sa pensée — pouvoir dégager des lois en politique, lois conditionnelles, et qui, en tant que telles, comme en physique — l’eau bout à cent degrés — ne relèvent ni de la morale ni du catéchisme. En revanche, l’action, politique ou non, relève bien, elle, de la morale, ce que Maurras n’a jamais nié. On ne saurait donc affirmer que « c’est la distorsion entre action politique et morale qui rend incompatible le catholicisme et le système maurrassien », car cette distorsion est inventée de toutes pièces pour les besoins de la cause. Ce qui remet aussi à sa juste place le reproche que fait l’auteur à Maurras de revendiquer l’autonomie de la raison.

(Illustration : Mère Agnès de Jésus)

https://www.actionfrancaise.net/2026/08/07/la-condamnation-de-1926-reponse-a-la-croix-2e-partie-des-mensonges-repetes-mille-fois-ne-font-pas-une-verite/

jeudi 6 août 2026

Comment les Mongols ont changé le monde, avec Marie Favereau

 


La condamnation de 1926, réponse à La Croix – 1re partie – Le « caractère outrancier » du « réquisitoire » contre l’AF

 

Cette semaine nous vous proposons de parler de « la condamnation de l’AF de 1926 » en réponse au dossier publié dans La Croix dernièrement. Néanmoins pour être traité correctement , le sujet doit être longuement abordé, voilà pourquoi nous vous proposons aujourd’hui, demain et après-demain trois articles permettant de comprendre ce qu’il en est de cette dite condamnation qui a fait et fait encore couler beaucoup d’encre : 1/- Le « caractère outrancier » du « réquisitoire » contre l’AF ; demain, 2/- Des mensonges répétés mille fois ne font pas une vérité ; et, enfin, samedi, 3/- Chez Maurras, aucune instrumentalisation de la religion.

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par François Marcilhac

La Croix a décidé de consacrer du 20 au 24 juillet un de ses feuilletons de l’été à la « condamnation » de l’Action française dont nous commémorons cette année le triste centenaire, avec, pour sous-titre : « Retour sur une crise douloureuse du catholicisme français qui a aussi concerné La Croix ». C’est à Dominique Greiner, religieux assomptionniste, membre du directoire de Bayard depuis septembre 2023 après avoir été rédacteur en chef religieux de La Croix, qu’a été confiée la délicate mission d’évoquer, en cinq épisodes, ce moment peu glorieux de l’histoire du catholicisme du XXe  siècle, que Bernanos qualifia alors d’« autre ralliement » à la République (Comœdia, du 24 septembre 1926 : « Un document : Une lettre de M. Bernanos sur M. Maurras et le catholicisme »évoquant le ralliement voulu par Léon XIII en 1892. Délicate mission, tant l’influence de l’Action française était grande à l’époque sur les catholiques français, influence qui s’exerçait également sur le journal La Croix, lequel y perdit toute autonomie, l’autoritaire Pie XI finissant par dicter directement de Rome sa politique au quotidien catholique.

Que dire de ces cinq épisodes, sinon que le moins mauvais y côtoie le pire, ce qui n’empêche ni des aveux qui, pour être à demi-mots, n’en sont pas moins significatifs, ni non plus des oublis qu’on n’aura pas la charité de croire involontaires, car ce serait offenser la culture générale de l’auteur de l’article. Ainsi, le lecteur de La Croix, s’il se contente de ce feuilleton, ne saura pas que la « condamnation » de décembre 1926 a été levée en juillet 1939 — un des premiers actes de Pie XII, mais préparé du vivant de Pie XI — et que cette levée ne fut conditionnée par aucune rétractation doctrinale de la part de l’AF. Seuls des regrets pour certains propos publiés dans le feu de la condamnation par les membres du comité directeur de l’AF furent exigés de manière bien compréhensible par le pape.

À ce sujet, il est amusant que Dominique Grenier prévienne l’argument de l’absence d’encyclique contre l’AF en citant des propos de Pie XI qui ne croyait pas « en l’efficacité de ce moyen » : « Cela ne servirait à rien. Ils ergoteraient. Ils seraient pire que les jansénistes », ou comment, de la part du pape lui-même, avouer que sa condamnation, dont il insiste « sur [l]a dimension religieuse », n’a effectivement rien de doctrinal, puisqu’une encyclique a précisément pour mission de fixer l’enseignement de l’Église sur tel ou tel point ! Pie XI savait ne pouvoir compromettre officiellement, par voie d’encyclique, la parole de l’Église dans une démarche qui était, de fait, plus politique que religieuse. Aussi préféra-t-il confier à un éminent philosophe thomiste, proche de l’AF, Jacques Maritain, qui défendait encore en novembre 1926 (dans Une opinion sur Charles Maurras et le devoir des catholiques) l’engagement au sein de la ligue comme totalement compatible avec la foi, le soin de la condamner, par devoir d’obéissance, au mois de mars suivant (dans Primauté du spirituel), alors même que sa parole et celle de ses colistiers n’avait, elle, évidemment aucune autorité doctrinale, n’ayant qu’une simple autorité intellectuelle, toujours sujette à disputatio. Condamnation plus politique que religieuse, avons-nous dit : la simple existence de l’Action française s’opposait aux projets d’action catholique du pape, à sa volonté de catholiciser une République pourtant profondément hostile à la religion, piège dans lequel était déjà tombé Léon XIII trente-quatre ans plus tôt. Un manque manifeste d’empirisme organisateur ! L’auteur du feuilleton le reconnaît lui-même en écrivant que le quotidien La Croix, une fois mis au pas par le pape, « s’inscrit dès lors dans une dynamique de l’Action catholique voulue par Pie XI et va contribuer à forger des générations de militants des différents milieux sociaux », poursuivant : militants « qui feront vivre la démocratie et l’Église pendant plusieurs décennies » ! On est libre au contraire de penser que l’état actuel de l’Église de France a en grande partie pour origine cette condamnation dévastatrice pour le catholicisme français. En tout cas, l’histoire démontrera une seconde fois que ce nouveau ralliement ne bénéficiera pas plus à l’Église que le premier.

Mais le principal est que Dominique Greiner reconnaisse le caractère « assurément outrancier » du « réquisitoire » du cardinal de Bordeaux, fin août 1926, réquisitoire dicté de Rome et qui lança les hostilités à l’encontre de l’AF, ce cardinal Andrieu qui, quelques années plus tôt, ne tarissait pas d’éloges sur Maurras, dont la « plume valait une épée » (écrivit-il à Maurras à la réception de L’Étang de Berre en 1915). « Outrancier » ? qui va au-delà (outre, du latin ultra) du raisonnable, donc ôte toute validité au propos émis. Bref, le cardinal Andrieu était en service commandé par le pape. On comprend que celui-ci ait rapidement approuvé de telles accusations aussi abracadabrantesques que calomnieuses. En tout cas Dominique Greiner a l’honnêteté d’admettre, ne serait-ce que du bout des lèvres, au détour d’un adjectif, l’absence de tout fondement religieux à la condamnation de l’AF. En effet est-il possible de condamner un mouvement politique pour motif religieux sur le fondement d’accusations outrancières ? Ce serait à la fois une drôle de conception de la justice ecclésiale (l’Inquisition elle-même était plus regardante avant de condamner) et de la défense des fondements de la foi.

(Illustration : Pie XI)

https://www.actionfrancaise.net/2026/08/06/la-condamnation-de-1926-reponse-a-la-croix-1re-partie-le-caractere-outrancier-du-requisitoire-contre-laf/

Comment les Européens ont-ils découvert le Coran ?, avec Olivier Hanne

 


mardi 4 août 2026

Ukraine : les médias et le bain de sang

 

Médias guerre Ukraine : leur responsabilité dans le bain de sang | MPI

Nous vous proposons une nouvelle analyse du journaliste ukrainien indépendant Peter Korotaev, traduite en français pour Médias Presse Info par Thierry Marignac, auteur et interprète, spécialiste de l’Ukraine et de la Russie. Cette fois, il est question de la responsabilité des médias occidentaux dans la poursuite des horreurs de cette guerre entre l’Ukraine et la Russie. Encore un type d’article que vous ne risquez pas de trouver dans la presse du système.

Pierre-Alain Depauw

La responsabilité occidentale pour les unités d’assaut

Les coupables sont rarement punis. Surtout s’il s’agit de journalistes. En admettant que cela leur importe et qu’ils en aient eu connaissance, les gens oublient leurs crimes et ceux qui font des relations publiques avec le meurtre de masse décrochent une promotion.
Néanmoins, ça vaut le coup de mesurer le sang que certaines personnes ont sur les mains.

Contre-attaques dont la seule utilité est médiatique

Durant l’année écoulée, une certaine branche de l’armée d’Ukraine a grossi démesurément. Les troupes d’assaut, qui sont maintenant aux alentours de 50 000 soldats. Un seul régiment d’assaut, le 425e contrôle 10-15% de la ligne de front et, plus important, les secteurs les plus dangereux.
Ces unités sont devenues tristement célèbres pour un certain nombre de raisons. Ce qui comprend des tabassages systématiques et la torture des subalternes dans l’intérêt de la discipline générale et la punition des tentatives d’évasion. Des passages à tabac qui entraînent fréquemment la mort des soldats et incluent toutes sortes de tortures médiévales. Ce qui comprend aussi l’exécution des soldats désertant leurs positions, par balle ou par drone. « Les nôtres, ça n’existe pas » selon la formule désormais célèbre du commandant d’une des plus fameuses unités d’assaut, à qui on a officiellement décerné le titre de Héros de l’Ukraine.
Et tout ça au profit d’une seule chose — des contre-attaques constantes contre un ennemi beaucoup plus puissant. Lorsque vos soldats mobilisés doivent être lancés dans une attaque qui leur coûtera probablement la vie, comment les motiver autrement ? L’objectif convoité est de récupérer une bourgade, dont le nom pourra être diffusé dans la presse.
Ce glorieux objectif a des coûts humains assez concrets. D’après un chef militaire ukrainien de premier plan, les officiers du 225e régiment d’assaut se sont vantés d’avoir perdu 1000 de leurs hommes en une semaine. Bien que ce chiffre puisse paraître énorme, il est possible, vu la taille de ce « régiment » (autour de 10 000 hommes) et les privilèges massifs qu’il a obtenu l’année dernière en termes d’accès au recrutement. Savoir si c’est tenable pour l’armée ukrainienne, étant donné ses problèmes de recrutement bien connus — la réponse est évidente.
Les privilèges d’accès au recrutement des unités d’assaut vont peut-être prendre fin. Mais les morts ne ressusciteront pas. Alors ça vaut le coup de réfléchir sur le pourquoi de tout ce gâchis de vies humaines. C’est aussi une indication pour déterminer si ce massacre industriel va se poursuivre ou non.

En termes militaires, on peut soulever certaines questions sur les unités d’assaut. Étant donné le manque chronique de personnel, il faut des équipes de réaction rapide susceptibles de circuler sur le front pour stopper les avancées ennemies. Et il est assez fantaisiste d’imaginer, comme le disent certains commentateurs, que l’armée ne se serve que de drones, que les assauts d’infanterie appartiennent au passé. Les drones peuvent tuer des ennemis mais ils ne peuvent tenir le territoire. Même lorsqu’on est sur la défensive, certaines contre-attaques sont nécessaires pour empêcher l’ennemi de déborder par les flancs et plus généralement pour l’empêcher d’avancer en s’infiltrant.

Mais il est impératif de souligner l’évènement qui a amené la création ou au moins l’expansion massive des unités d’assaut. Il s’agit de l’invasion de la région de Koursk par l’Ukraine en été 2024. C’est la loyauté qu’ont démontrée les unités d’assaut dans cette aventure qui a poussé le commandant-en-chef Syrsky à les augmenter en nombre constamment.
Un certain nombre de commandants respectés d’autres unités militaires ukrainiennes ont refusé de participer à cette opération, qui avait toutes les chances de finir par la catastrophe qui s’est déroulée quelques mois plus tard. Mais les chefs des unités d’assaut étaient heureux d’y participer et ils étaient à l’avant-garde. Ils sont restés bien après que la nécessité de battre en retraite aurait dû s’imposer. Lorsque cela devint inévitable au printemps 2025, la retraite a été chaotique et a causé encore plus de pertes. Et même après ça, les unités d’assaut ont mené quelques tentatives absurdes d’incursion dans la région russe de Belgorod. Selon un autre officier qui combattait côte-à-côte avec les unités d’assaut, celles-ci perdaient régulièrement 90% de leurs effectifs dans des offensives condamnées à l’échec.

L’exemple de Koursk

L’opération de Koursk ne présentait aucun intérêt militaire. Zelensky tenta de prétendre sans beaucoup de conviction que cela visait à « échanger » des parties de la région de Koursk contre du territoire contrôlé par les Russes. La Russie refusa. Il était clair pour quiconque disposant encore de quelques neurones que 1) la région de Koursk, c’est le moins qu’on puisse dire, n’était pas le secteur le plus important stratégiquement pour la Fédération Russe, et 2) que les tentatives de faire chanter la Russie en prenant du territoire en otage n’ont jamais entraîné celle-ci à se soumettre.
Et fin 2024 et 2025, pendant et après Koursk, l’Ukraine a perdu plus de territoire qu’elle n’en avait perdu depuis 2022. Plus encore en 2025. Les unités d’élite avaient été avalées par Koursk, des troupes dont l’Ukraine avait un besoin criant sur son propre champ de bataille. Les espoirs que la Russe transfèrerait des troupes du Donbass à Koursk ne se sont jamais concrétisés, du moins pas de façon significative.

Alors quel était l’objectif ? Titiller l’imagination occidentale. Il existait un élément visant à remonter le moral ukrainien, sans aucun doute, mais c’était le public occidental qui comptait vraiment. Après tout, c’est de là que vient l’argent permettant à l’État et à l’armée ukrainienne d’exister.

À l’époque de Koursk, le public occidental commençait à s’ennuyer et être assez déçu de son drame ukrainien si excitant de prime abord. À présent, c’était trop déprimant. La contre-offensive tant attendue de 2023 n’avait pas produit les résultats escomptés. Personne ne prenait triomphalement son café en Crimée. La Russie continuait à grignoter la ligne de front. La ville de Bakhmout avait été perdue, à un prix très élevé pour les soldats ukrainiens qui l’avaient défendue pendant des mois.
L’Ukraine pouvait-elle vaincre ? L’envoi de centaines de milliards de dollars et d’euros valait-il le coup ? Les dizaines, centaines de milliers d’hommes tués dans un conflit qu’Européens et Américains encourageaient l’Ukraine à poursuivre ?

Koursk dissipa tous ces doutes. Ou du moins, c’est ce que rapportait la presse occidentale avec jubilation. Quelle euphorie ont-ils dû ressentir à ce moment-là. Tel était le mot employé dans les médias ukrainiens à l’époque — euphorie. En ce qui concernait les médias de l’Occident et sa classe politique leur conviction bien-aimée était raffermie — la courageuse Ukraine pulvérisait à nouveau le tigre de papier russe. Les pessimistes chez nous ont tort de douter de la suprématie de nos excellentes démocraties. Les Ukrainiens ne se contentent pas de mourir pour nos idéaux, ils gagnent ! Les laboratoires d’idées américains écrivaient des articles sur « Le génie opérationnel et stratégique de l’offensive de Koursk ». La presse était extatique.
Tandis que les troupes ukrainiennes ont été repoussées depuis longtemps hors de Koursk, les unités d’assaut ont continué à être en symbiose avec la presse occidentale en 2026. Cette année, elles ont été engagées dans d’interminables contre-attaques.

Le premier endroit où elles sont entrées en activité est le secteur sud du front, les régions Zaporogues et de Dniepropetrovsk. Il y a eu des désertions et des retraites massives d’autres unités ukrainiennes en 2025 et au début 2026. Les unités d’assaut ont stabilisé la situation, en partie en exécutant les déserteurs, mais aussi en menant sans fin de nouvelles contre-attaques.
Bien que certains analystes ukrainiens aient évoqué la nécessité stratégique d’empêcher la Russie de monter une grande offensive en direction de la grande ville de Zaporidjia, Zelensky semblait avoir un autre intérêt dans les contre-attaques ukrainiennes. Il faisait constamment des déclarations sur les territoires repris par les unités d’assaut dans le sud.
On a même évoqué une « contre-offensive au sud » au début de l’année, quoique que cette affaire se soit dégonflée assez vite. Pendant la frénésie, les observateurs occidentaux se sont une fois de plus persuadés que « L’Ukraine avait changé le cours de la guerre ». L’Institut Américain pour l’Étude de la Guerre, présidé par l’aristocrate néo-con Kimberley Kagan, assurait ses lecteurs que l’Ukraine prenait à présent plus de territoires que la Russie.

Derrière la propagande, des quantités de morts

En bref, Zelensky et la presse ne cessaient de parler de villages repris, négligeant généralement de signaler que ceux-ci avaient une population qu’on pouvait compter sur les doigts des deux mains, même avant 2022. Les déclarations de Zelensky sur la reconquête de 300 km2 étaient également contestés par la plupart des analystes militaires ukrainiens, qui croyaient plutôt à 75 km2. Plus tard, Zelenski gonfla encore le chiffre jusqu’à 400 km2, et les analystes ukrainiens restaient toujours aussi septiques.

Rien de très impressionnant n’a été accompli dans ces contre-attaques au sud. Les Russes ont continué d’avancer simultanément dans ces secteurs. Un analyste militaire ukrainien se lamentait en permanence sur les pertes massives subies par les unités d’assaut dans ces opérations.
En bref, il s’agissait encore de relations publiques. La steppe d’Ukraine méridionale est difficile à défendre, manquant d’infrastructures urbaines. Ce qui rend plus facile de tuer ou de chasser des soldats ennemis d’un village. Le problème, c’est qu’une fois qu’on a pris ces positions, on est à son tour pilonné par bombardements aériens. Cependant, on peut clamer à la presse qu’on a « libéré » le territoire, même s’il faudra l’abandonner dans quelques semaines (si l’on survit).
Quelque chose d’encore plus grotesque a eu lieu dans un autre lieu où les unités d’assaut ont été particulièrement actives cette année — la ville de Pokrovsk dans la région de Donetsk. Les Russes ont pris la ville fin 2025. Mais les Ukrainiens et leurs soutiens européens ne voulaient admettre avoir perdu cette ville stratégique à aucun prix. Et les unités d’assaut ont mené d’innombrables opérations pour entrer dans Pokrovsk et se filmer à y lever un drapeau. D’autres soldats ukrainiens se plaignaient que des dizaines d’hommes se faisaient tuer dans ces mascarades. Mais ça n’avait pas d’importance — on montrait que Pokrovsk « tenait ».
Il y a eu un cas particulièrement atroce en avril de cette année, quand un groupe important de soldats du 425e régiment d’assaut ont été tués au cours d’une mission suicide vers un village près de Pokrovsk.

Construire une image au détriment de toute logique militaire

La dernière affaire caricaturale de ce genre a eu lieu à la mi-juillet. Syrski allait être limogé, et ses unités d’assaut étaient de plus en plus critiquées. Alors le tristement célèbre 425e régiment d’assaut est entré dans la ville de Konstantinovka dans la région de Donetsk, qui était à ce moment-là sous le contrôle presque total des Russes. Ils ont levé un drapeau portant les visages de Syrsky et Zelensky. Ils bientôt été capturés par les Russes et forcés de lever un drapeau russe. Le 425e a fini par admettre que les hommes avaient été pris en otage et n’a pas nié la véracité de la vidéo avec les visages de Syrsky et Zelensky. Cependant, sur une note positive le 425e a souligné « qu’au moins, ils ne sont pas morts » ce qui est à la fois peu rassurant et pas nécessairement vrai.

Toutes ces affaires ont peu à voir avec une logique militaire. Il s’agit beaucoup plus de construire une certaine image de la réalité pour un public civil, en particulier occidental. Il est erroné d’accuser le commandant-en-chef Syrsky d’être le responsable de tout ça. Il n’a fait qu’exécuter les ordres. Ceux qu’il a reçu du président ukrainien, un homme de spectacle par profession, qui adore les applaudissements et déteste le silence. Et le président lui-même, est à son tour encouragé par l’étranger.

C’est pourquoi les journalistes occidentaux qui organisent ce théâtre ont aussi du sang sur les mains. Ce qui ne les empêchera pas de dormir.
Quoi qu’il en soit, ces facteurs ne sont pas près de changer. Et comme l’armée d’Ukraine est constituée de citoyens mobilisés de force que l’idée de mourir n’attire pas spécialement, en particulier pour des objectifs aussi stupides, je ne vois pas comment les formes de discipline employée par les unités d’assaut vont donner un résultat probant.
Les journalistes occidentaux ne vont pas non plus mourir de sitôt. Leur matériel humain dans les steppes méridionales, cependant, fond lui comme neige au soleil.

Peter Korotaev (traduction par Thierry Marignac)

https://www.medias-presse.info/medias-guerre-ukraine-les-et-le-bain-de-sang/247828/

L’Odyssée et la fastidieuse guerre « woke » contre la culture blanche

 

Nous avons tous entendu cet argument pendant la majeure partie de notre vie : « La culture blanche n’existe pas. » C’est sans doute le refrain racial le plus courant, car c’est celui qu’il est le plus socialement acceptable de répéter. Si quelqu’un disait « La culture noire n’existe pas, car les Noirs sont tous issus de tribus différentes… », cette personne serait traitée de raciste par la foule « woke ». En revanche, lorsqu’il s’agit de la culture blanche, de telles affirmations sont applaudies.

La question est la suivante : pourquoi est-il acceptable de minimiser ou de dénigrer la culture blanche tout en vénérant toutes les autres cultures ? De plus, si la culture blanche n’existe pas, pourquoi les groupes minoritaires « woke » tentent-ils constamment de s’approprier l’histoire et les réalisations des Blancs ?

Je souhaite approfondir un peu plus cette question, principalement en raison des attaques incessantes contre la civilisation occidentale par le biais de la déconstruction, menée par la gauche, de nos figures et mythologies les plus populaires. Cette fois-ci, les élites hollywoodiennes ont choisi comme victime l’Odyssée d’Homère, un classique de la Grèce antique profondément ancré dans l’histoire occidentale (l’histoire blanche).

Hollywood a mis TOUT en œuvre pour ce film et je soupçonne que c’est parce qu’ils sont désespérés. Ils cherchent désespérément une victoire « woke ». Ils ont essuyé des centaines d’échecs tant au cinéma qu’à la télévision ces dernières années et il commence à sembler que « Get Woke, Go Broke » (Deviens « woke », fais faillite) soit en train de devenir la norme dans le discours populaire. Les gauchistes ne le supportent pas.

En réponse, Hollywood a truqué le jeu : ils ont fait appel à Christopher Nolan, l’un des rares réalisateurs encore en activité dans l’industrie à disposer d’un public fidèle de fans inconditionnels qui iront voir ses films quelle que soit leur qualité. Les distributeurs se sont concentrés sur les ventes de billets IMAX destinées à une clientèle plus aisée, gonflant artificiellement le chiffre d’affaires global au box-office.

Les médias n’ont cessé de faire de la propagande, en assurant une promotion massive du film plusieurs mois à l’avance. Des éléments indiquent également que Rotten Tomatoes manipule une nouvelle fois la note du public pour ce film en rejetant la plupart des critiques négatives (ils l’ont fait avec de nombreux films phares « woke » au fil des ans).

Le plus drôle, c’est que les journalistes déclarent déjà que l‘Odyssée est la « preuve » que « Get Woke, Go Broke » est un sophisme. Au moment où j’écris ces lignes, le film n’a encore généré aucun bénéfice. Ce que je trouve toutefois le plus intéressant, c’est que ces journalistes militants utilisent bel et bien l’expression « Get Woke, Go Broke » dans leur vocabulaire courant. C’est un aveu indirect de leur agenda.

Ils désignent spécifiquement notre mouvement comme leur ennemi et nous déclarent « vaincus » parce que l’Odyssée devrait rapporter de l’argent. Par défaut, ils admettent que nous représentons une menace pour eux, et que l’Odyssée est un projet « woke » conçu pour « nous réduire au silence ». Mais en quoi cela importe-t-il ?

Il est important de comprendre que les gauchistes pensent comme des enfants. Ils croient qu’avoir la « majorité » revient à avoir raison ; pour eux, détenir la majorité équivaut à détenir le pouvoir. Si l’Odyssée est un succès au box-office, ils pensent que cela prouve qu’ils constituent le mouvement politique dominant.

Peu leur importe que leur soi-disant majorité soit en réalité artificielle ; s’ils parviennent à faire croire au public que la gauche politique dispose d’un mandat social, cela leur permettra de prendre le contrôle de la culture. En d’autres termes, ils tentent de fabriquer un consensus.

Le film l’Odyssée est une salve claire visant directement les conservateurs et l’histoire occidentale. C’est une parodie multiculturelle, un film ridicule truffé d’inexactitudes historiques et basé sur une interprétation déconstructionniste rédigée par une universitaire féministe d’Oxford (Emily Wilson). Le film sape explicitement l’héroïsme du récit et fait d’Ulysse un homme brisé, souffrant d’un « traumatisme » et d’un syndrome de stress post-traumatique (SSPT) liés à ses regrets concernant la guerre et à son comportement « colonialiste ».

Mais ces ajouts fallacieux à la mythologie m’intéressent moins que les raisons pour lesquelles ils ont été inclus.

La déconstruction d’Ulysse me rappelle ce que Kathleen Kennedy et ses acolytes chez Disney ont fait subir à Luke Skywalker dans « Les Derniers Jedi ». Ils ont pris un homme brillant, courageux et intègre pour en faire une petite salope brisée, aigrie et nihiliste – l’exact opposé de son personnage d’origine. Ce n’était pas une erreur, c’était tout à fait délibéré.

Les Blancs n’ont pas le droit d’avoir des héros audacieux, sages et sûrs d’eux. Nous sommes censés regretter notre histoire et nos accomplissements. Nous ne sommes pas censés célébrer de telles choses, car cela pourrait nous inspirer à être audacieux, sages et sûrs de nous aujourd’hui.

La distribution de l’Odyssée, où les rôles ont été réattribués à des acteurs noirs, hispaniques, asiatiques et d’autres origines (y compris une Ellen Page transgenre incarnant un guerrier grec masculin) – des personnes qui n’auraient jamais peuplé l’époque d’Homère –, constitue l’angle d’attaque habituel d’un Hollywood « woke », mais ce n’est pas la seule attaque. Si un protagoniste principal est blanc, comme c’est le cas dans le film de Nolan, il doit être démoli et affaibli. Il doit être dépeint comme humilié et en quête désespérée de rédemption, qu’il n’obtiendra bien sûr qu’en adoptant les idéaux progressistes.

La dernière chose que Hollywood souhaite, c’est de mettre en scène un héros blanc qui n’éprouve aucun remords pour ses actes et ses valeurs.

C’est là le message « woke » sous-jacent qui empoisonne véritablement le débat autour de l’Odyssée. Les acteurs issus des minorités servent avant tout de bouclier contre les critiques. Si quelqu’un se plaint de la présence d’acteurs africains, hispaniques ou asiatiques dans une épopée grecque, les médias peuvent jouer la carte du « racisme » et balayer d’un revers de main la question. Ils affirment que nous détestons simplement voir des minorités au cinéma.

Mais ce ne sont pas les minorités au cinéma qui nous posent problème ; c’est l’injection de propagande « woke ». Voilà le véritable crime. Si Christopher Nolan réalisait un film inspiré de l’« Épopée de Liyongo », un récit africain du IXe siècle, et qu’il remplaçait les personnages swahilis par des acteurs blancs dans le but de s’approprier l’histoire africaine, la gauche perdrait complètement la tête et crierait à l’« appropriation culturelle ». Le deux poids, deux mesures est flagrant.

L’Odyssée sera-t-elle rentable ? Peut-être. Le film a connu un excellent premier week-end, mais, une fois l’inflation prise en compte, il n’a même pas réussi à se hisser dans le top 50 du classement des meilleurs résultats au box-office pour un premier week-end. Le film doit rapporter environ 700 millions de dollars pour atteindre le seuil de rentabilité, sans compter les 20 % des recettes brutes qui reviennent à Christopher Nolan conformément à son contrat.

Je doute que le studio gagne beaucoup d’argent avec ce film, mais Hollywood le présentera quand même comme une victoire. D’une part, parce qu’aucun film « woke » n’a connu un tel élan depuis des années. Et d’autre part, parce que la gauche politique est à l’agonie et qu’elle a besoin d’une victoire très médiatisée pour justifier son habitude de doubler la mise sur l’échec.

Toute personne sensée et intelligente ferait remarquer qu’un seul film « à succès » ne compense pas le cimetière rempli de désastres « woke » au box-office. Cela n’a aucune importance pour la foule militante. Elle pense qu’une seule victoire effacera toutes ses pertes précédentes.

De plus, l’Odyssée est censée s’inscrire dans la longue marche marxiste vers un Occident multiculturel et la fin de l’histoire blanche telle que nous la connaissons.

Le poème épique d’Homère a été composé il y a environ 2 800 ans et constitue l’une des plus anciennes œuvres littéraires de l’histoire de l’humanité qui nous soient parvenues. Il témoigne des incroyables accomplissements du monde occidental ; il fait partie de la source d’où a jailli l’Occident moderne.

À l’époque de la création de l’Odyssée, la Méditerranée était majoritairement caucasienne selon les données génétiques. Cela inclut l’Afrique du Nord, qui était majoritairement caucasienne et largement « blanche » selon les normes modernes. Il convient de noter que les Africains subsahariens n’étaient pas présents en nombre notable en Afrique du Nord ni en Méditerranée avant plusieurs siècles plus tard, car la traversée des déserts d’Afrique centrale a empêché leur migration vers le nord pendant des milliers d’années.

Les Arabes étaient également peu nombreux et n’ont occupé la région en grand nombre qu’à partir de l’invasion des hordes musulmanes, bien après l’époque d’Homère.

De nombreuses représentations des Grecs et des Macédoniens de l’Antiquité, notamment sur des poteries, des fresques murales et d’autres œuvres d’art qui nous sont parvenues, montrent des personnes à la peau claire, souvent aux yeux bleus, et dans certains cas aux cheveux blonds, etc. En d’autres termes, elles étaient blanches – de nuances de blanc variées, mais toujours blanches.

Le simple fait de souligner ce fait historique et scientifique déclenchera immédiatement la fureur de la foule « woke » et de ses alliés universitaires. Vous serez submergé par une avalanche d’exceptions et de raisonnements alambiqués visant à expliquer pourquoi les peuples de ces civilisations anciennes n’étaient pas vraiment « blancs ». N’oubliez pas : « la culture blanche n’existe pas », seules d’autres cultures existent.

Beaucoup trop de détracteurs et de fanatiques des théories du complot historique pensent réellement que la composition démographique de l’Afrique du Nord et de la Méditerranée à l’époque d’Homère était la même que celle de l’Afrique du Nord et de la Méditerranée d’aujourd’hui. Ils ne savent rien des grands mouvements migratoires du Moyen Âge ni de l’invasion musulmane. Il est impossible d’avoir une discussion constructive avec ces personnes, car leur point de référence repose sur une ignorance totale.

Au-delà de cela, il existe une autre catégorie de personnes malhonnêtes (les gauchistes « woke ») qui considèrent comme leur devoir de discréditer l’histoire blanche et de la réécrire comme si elle n’avait jamais existé. Elles flattent souvent les complexes d’infériorité des groupes minoritaires en affirmant que l’histoire blanche est en réalité LEUR histoire. Les Blancs auraient simplement « volé » les réalisations d’autres civilisations et les auraient remplacées au fil du temps.

Cela fait partie du discours qui alimente la polémique autour de la lamentable adaptation cinématographique de l’Odyssée par Christopher Nolan. Il s’agit d’un traité « woke », d’un talisman magique conçu pour « brunir » et féminiser un énième élément du patrimoine occidental. Cela s’inscrit dans un programme plus vaste visant à faire oublier aux Blancs qui nous sommes, ou tout au moins à nous faire honte de notre identité.

Le but ultime ? Comme je l’ai dit, il s’agit de la mainmise multiculturelle sur le monde occidental. Tout découle de ce complot. Les remakes « woke » d’Hollywood y trouvent leur origine. Les politiques d’immigration massive menées par les gouvernements de gauche font avancer ce programme. La déconstruction de notre histoire dans les écoles et les universités publiques vise à endoctriner les enfants afin qu’ils n’apprennent jamais la vérité.

Jusqu’au jour où, en levant les yeux, nous constaterons que tout ce qui fait de nous ce que nous sommes a disparu : de la méritocratie au républicanisme, du christianisme à la pensée critique, de l’innovation à l’esprit d’entreprise, de la liberté individuelle au libre marché, de la propriété à la responsabilité, et oui, du colonialisme (c’est-à-dire le fait d’améliorer les enfers du tiers-monde où les gens sont incapables d’améliorer leur propre environnement, afin qu’ils ne se transforment pas en pillards cherchant à envahir nos pays).

Tout cela remplacé par un purgatoire socialiste dans lequel tout le monde est tout aussi pathétique, désespéré et inutile.

Toute cette conspiration est devenue assez transparente et d’un ennui mortel. Heureusement, un film de pacotille ne va pas inverser la tendance écrasante, à savoir le déclin lent mais constant de la folie gauchiste. Rien de ce qu’ils font ne nous échappe. Nous voyons tout, et à long terme, ils vont perdre. C’est inévitable.

Brandon Smith

Source Alt-Market

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/lodyssee-et-la-fastidieuse-guerre-woke-contre-la-culture-blanche