dimanche 29 mars 2026

Guerre d’Iran ou Troisième Guerre mondiale ?

 

Dans un article du 20 mars dernier intitulé ««Notre» guerre mondiale», Philippe Grasset cite Raphael Machado : «Dès que la guerre-Epstein (ou guerre d’Iran) a commencé, beaucoup de gens ont demandé : «Est-ce que cela peut mener à la Troisième Guerre mondiale ?» Mentalement, j’ai pensé : «Mener ? Que manque-t-il encore pour que tout le monde comprenne où nous en sommes ?» 

Si nous avons du mal à voir que nous sommes entrés dans la 3ème guerre mondiale, c’est que dans l’imaginaire collectif, une guerre mondiale est synonyme d’apocalypse nucléaire, selon Machado. Mais, de la même manière que ce n’est qu’après coup que les guerres de 1914 et 1939 ont été appelées 1ère et 2ème guerres mondiales, «il se pourrait que, dans un futur situé entre 100 et 500 ans, des historiens en viennent à désigner la période débutant, peut-être, avec l’opération militaire spéciale ou la guerre du Donbass comme la «Troisième Guerre mondiale»».

Philippe Grasset quant à lui, estime que «si la Troisième Guerre Mondiale est un autre nom donné à la Grande Crise (l’effondrement du système), effectivement, nous y sommes déjà !»

Brian Berletic, sur son site The New Atlas, arrive à la même conclusion, en analysant les documents et les faits.

Brian Berletic est, à mon sens, un des meilleurs analystes géopolitiques actuels. Il alerte, depuis une quinzaine d’années, sur l’implacable détermination des États-Unis à maintenir leur hégémonie sur le monde, en dépit de leurs dénégations opportunistes relayées par la propagande européenne. Ils sont prêts pour cela à sacrifier leurs proxys, comme on le voit en Ukraine, en Europe, en Israël, au Liban et dans les États du golfe.

Comme Brian Berletic le prouve à l’aide de documents étasuniens, le but est, quasiment depuis la chute de l’URSS, d’isoler et d’étrangler la Chine, en la privant de ses importations d’énergie et de ses alliés. Et cela sous toutes les administrations étasuniennes confondues, qu’elles soient républicaines ou démocrates…

Comme Lavrov qu’il cite, Brian Berletic considère que nous sommes entrés dans la 3ème guerre mondiale et il le démontre avec brio. Ce qu’il ne nous dit pas, malheureusement, c’est qui va gagner : l’occident collectif (+ Japon, Corée du sud, Philippines) ou les BRICS… Pour lui, c’est sans doute encore trop tôt pour le savoir.

Mais pour l’ancien ambassadeur et ancien haut responsable du ministère de la Défense Chas Freeman les États-Unis sont certainement en passe de perdre au moins cette étape de leur guerre éternelle pour l’hégémonie, parce que, à la différence de l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, l’Iran a, comme la Russie, les capacités de se défendre et, comme la Russie, il ne négociera que lorsqu’il aura atteint ses objectifs.

La «nouvelle attaque surprise que les États-Unis prévoient de lancer pendant le week-end, dans l’espoir qu’une fois les marchés fermés, leurs troupes disposeront de deux jours pour s’emparer d’infrastructures économiques stratégiques susceptibles de rassurer les négociants en pétrole, voire de jeter les bases d’une prise de contrôle du détroit d’Ormuz, est une pure folie !» ajoute-t-il.

Pour lui, le résultat de cette guerre sera catastrophique, l’Iran va se doter de la bombe nucléaire, bientôt suivi de la Turquie et de l’Égypte, et instaurer un droit de passage sur le détroit d’Ormuz.

Mais revenons à Brian Berletic. Voilà le résumé qui se trouve sous sa vidéo, passionnante de bout en bout :

•  Les médias occidentaux admettent qu’après près d’un mois de guerre d’agression menée par les États-Unis contre l’Iran, ce dernier continue de tirer environ 30 missiles par jour rien que sur Israël, ce qui indique que l’Iran dose ses tirs de missiles et que les tentatives américaines visant à réduire considérablement les capacités balistiques iraniennes ont jusqu’à présent échoué ;

•  Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a publiquement établi un lien entre les multiples guerres d’agression menées par Washington, de l’Amérique latine à l’Europe de l’Est et au Moyen-Orient, et le début de la Troisième Guerre mondiale, y voyant une tentative de «préserver les vestiges de sa domination» ;

•  Les unités expéditionnaires des Marines américains (MEU) continuent de se rapprocher du Moyen-Orient, prêtes soit à prendre d’assaut des sites situés sur ou le long des côtes iraniennes, soit à participer à l’interception des navires que l’Iran a autorisés à passer par le détroit d’Ormuz ;

•  Les frappes de drones de la CIA américaine, à partir de l’Ukraine, se sont concentrées sur Saint-Pétersbourg, en Russie, et en particulier sur les installations d’exportation d’énergie, notamment les terminaux pétroliers et les pétroliers dans le port voisin. Cela s’inscrit dans le cadre d’un blocus énergétique mondial que les États-Unis tentent d’imposer en premier lieu à la Chine, mais aussi comme moyen d’affaiblir ou de détruire les économies des partenaires les plus proches de la Chine ;

•  Les États-Unis et l’UE se partagent les tâches sous couvert d’un discours de «rupture», ce qui permet aux États-Unis de justifier le fait de concentrer davantage de leurs ressources sur l’Iran (et, en fin de compte, sur la Chine), tandis que l’UE utilise ce discours pour justifier une implication plus importante et plus directe dans la guerre avec la Russie au sujet de l’Ukraine, notamment le «blocus» récemment annoncé par le Royaume-Uni contre la «flotte fantôme» russe (fantôme parce qu’elle n’est pas assurée par la Lloyds Bank de Londres) et les saisies continues de navires de cette «flotte fantôme» par d’autres membres de l’UE.

La guerre en Iran vue de la Chine

Sur Fréquence Populaire MédiaArnaud Bertrand explique que la perception de la guerre de Pékin s’ancre dans l’histoire longue chinoise, notamment celle du «siècle de l’humiliation», ce qui la porte naturellement du côté de l’Iran. Mais la Chine a prudemment condamné les attaques iraniennes sur les pays du Golfe parce que, si 90% du pétrole iranien va en Chine, elle importe encore plus de pétrole de l’Arabie saoudite.

La Chine n’est pas trop inquiète car elle n’importe que 15% de son énergie, tandis que l’Europe importe 59% de son énergie. En plus la Chine est voisine de la Russie et elle a de grosses réserves stratégiques. Les Européens sont dans une bien plus mauvaise situation, car outre les problèmes d’approvisionnement en énergie, ils risquent d’avoir à accueillir des foules de réfugiés iraniens.

L’Iran n’a pas encore gagné la guerre mais l’Empire semble être en bien mauvaise posture. On voit se préciser la fin de la Pax América et l’émergence d’un monde multipolaire avec les BRICS, la remise en cause du pétrodollar, la montée du yuan, et de nouvelles alliances énergétiques et financières qui redessinent les rapports de force globaux, selon Arnaud Bertrand.

La facturation mondiale

Tout en transformant rapidement l’Union européenne en proxy militaire de l’Empire pour le soutenir dans ses derniers efforts en date – et espérons-le ses derniers efforts tout court – pour parvenir à la domination mondiale, la Commission européenne poursuit le développement d’institutions civiles destinées à assoir la dictature mondiale que l’Occident collectif rêve d’instaurer.

La dernière en date, est la facturation électronique. La mesure a été votée au Parlement européen avec plus de 90% d’approbation et elle sera appliquée en septembre prochain dans les États membres. Désormais, les entreprises n’auront plus le droit de produire leurs propres factures, elles devront passer par Peppol, un réseau international qui bénéficie d’un monopole de droit privé. C’est cette entité qui rédigera et enverra toutes les factures à la place des entreprises. C’est un moyen pour le pouvoir de centraliser toutes les données des entreprises – ce qui est contraire à la constitution – et d’avoir accès à toutes les factures – ce qui n’était jamais arrivé dans l’histoire.

Le processus est certes efficace et rapide mais cette rapidité se fait aux dépens de :

•  la sécurité publique : par exemple, n’importe qui pourra, grâce à l’annuaire public qui a été mis en place, envoyer des factures à n’importe qui ;

•  la liberté publique car connaître toutes les factures permettra à l’État de contrôler et même de manipuler la gestion des entreprises, sans compter que cette plateforme pourra, sur la demande des autorités, couper arbitrairement l’accès à n’importe quelle entreprise, qui sera alors réduite à la faillite, exactement comme les banques privées peuvent déjà le faire.

Il a fallu dix mois, au lieu des 30 jours légaux, et beaucoup de menaces, à Frédéric Baldan, un essayiste belge, pour obtenir de l’administration publique en charge de la facturation électronique, les documents concernant cette association de droit privé par laquelle tous les entrepreneurs européens seront bientôt désormais obligés de passer. Elle est supposée être «pan-européenne pour l’intégration européenne» selon ses statuts, mais on s’aperçoit en fait qu’elle est gérée par toute une constellation d’entreprises et de gouvernements étrangers (des Émirats arabes unis à Taïwan en passant par la Chine).

Cette loi inconstitutionnelle, qui constitue une ingérence inédite dans la gestion des entreprises privées et qui, de plus, facilite la guerre économique, a pour seul objectif de donner à la Commission un meilleur contrôle des entreprises, dans le but de faire avancer son projet totalitaire de gouvernance mondiale. Elle est un des éléments de la guerre contre les pays, les peuples et les individus qui ne veulent pas se laisser réduire en servitude par l’oligarchie financière au service de laquelle œuvrent sans répit l’administration étasunienne, l’UE et notre petit soldat à nous, Emmanuel Macron.

Pour finir, un peu d’humour avec Naïm 

Macron joue au chef de guerre

Dominique Muselet

https://reseauinternational.net/guerre-diran-ou-troisieme-guerre-mondiale/

samedi 28 mars 2026

Léon XIII : le pape de la modernité ? avec Jean-Baptiste Noé

 


Et donc l’Algérie doit à la France la somme de…

 

Un universitaire algérien, Seddik Larkeche, avait écrit à Emmanuel Macron le 4 décembre 2017 et le président de la République française lui a répondu le 22 janvier 2018. 

Aujourd’hui, en date du 19 décembre, sur le quotidien « El Watan », et repris par « Valeurs Actuelles », Seddik Larkeche reproduit l’intégralité de cette réponse et affirme, avec sérieux, que la France devrait à l’Algérie une somme qu’il estime à cent milliards d’euros « pour les crimes commis pendant la colonisation ». 

Il estime que la France ne pourra pas échapper à son obligation de dédommager l’Algérie puisque Emmanuel Macron, lui-même, avait reconnu ces « crimes commis contre l’humanité et de vraie barbarie » au cours de la colonisation française et qu’il ne peut, dans le même temps, tourner le dos aux réparations des préjudices subies et, pour cela, il la place devant ses obligations vis-à-vis de l’Algérie. 

Cet universitaire prend en exemple l’occupation allemande de la France durant les deux guerres mondiales, pour comparer la colonisation française, et les milliards que l’Allemagne a dû verser à la France. 

Cette somme, évaluée à cent milliards, pour les crimes commis entre 1830 et 1962, concernant la spoliation de millions d’hectares de terres, l’analphabétisation de la quasi-totalité de la population, les conséquences dramatiques sur les vies humaines et sur la nature, suite aux effets des essais nucléaires et chimiques pratiqués par la France jusqu’en 1978 et le génocide pratiqué sur la population entre 1930 et 1962 : plus de 10 % sauvagement décimée « par des crimes qui furent ceux du nazisme » comme le soulignait la célèbre ethnologue Germaine Tillon. (À noter la présence de moins de deux millions d’Arabes en 1830 et de dix millions lors de l’Indépendance en 1962, comme génocide on peut faire mieux !) 

Que Seddik Larkeche permette à un simple journaliste et écrivain de présenter à l’Algérie la facture de ce qu’elle doit à la France colonisatrice. 

« J’estime à environ 500 milliards l’ensemble des infrastructures abandonnées par la France en 1962 : 80.000 km de routes, 4 ports internationaux et 10 ports modernes, 12 aéroports importants et 32 aérodromes, 4500 km de voies ferrées, 150 hôpitaux (dont les lits étaient occupés par 9 musulmans pour un Européen et qui sont actuellement les seuls à vous soigner de la covid), plus des milliers de maternités et de dispensaires, 16.000 km de lignes téléphoniques, 31 centrales hydroélectriques ou thermiques, avec une production de 950 millions de kw/heure, des infrastructures pétrolières et gazières qui vous font vivre depuis 1962. 

Ajoutons à cette liste les dizaines de villes modernes (immobilier et commerces), à la place des casbahs dans lesquelles vous viviez. Des milliers de bâtiments administratifs, des ponts, des viaducs, des tunnels, des églises (devenues des mosquées), des milliers d’écoles qui apprenaient à vos enfants à devenir des hommes et dans lesquelles vous avez assassiné 91 instituteurs et directeurs. 

Une agriculture exportatrice que vous avez entièrement détruite : céréales : 600.000 quintaux de grains et 700.000 de semoule. 200.000 tonnes/an de fruits (orange), 120.000 quintaux de figues, 50.000 quintaux d’olives et 100.000 hectolitres d’huile d’olive et plus d’un million de quintaux de légumes, sans oublier 372.000 hectares de vignoble. 

L’industrialisation de la zone de Colomb-Béchar avec ses importants gisements de charbon, de fer, de manganèse et de cuivre et les immenses gisements sahariens (le seul gisement de fer de Tindouf avec plus de dix millions de tonnes annuelles et, enfin, les réserves de pétrole du Sahara, plus importantes que celles du Venezuela, pourtant 5e producteur mondial. 

Je ne suis pas un universitaire aussi distingué que vous, Seddik Larkeche, mais je sais faire une soustraction, donc 500 milliards moins 100 milliards, je crois que le résultat est de 400 milliards, que l’Algérie devrait à la France. 

Je suis certain que vous n’êtes pas d’accord, n’est-ce pas ? 

Manuel Gomez

https://ripostelaique.com/et-donc-lalgerie-doit-a-la-france-la-somme-de/

Du suffrage universel qu’en sortira-t-il ?

 

Un trentième-quatrième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait d’Henri Lasserre tiré de De la réforme et de l’organisation normale du suffrage universel, paru en 1873.

*****

Il faut bien le comprendre, le suffrage universel n’en a été jusqu’à présent qu’à son âge d’enfance ; et il sort à peine de ses lisières multiples et savantes à l’aide desquelles la politique de l’Empire lui donnait une direction homogène.

Il a été longtemps à peu près inconscient de lui-même. Cette masse énorme n’a pas su d’abord comment se mouvoir ; de sorte que, durant une considérable période, ses allures se sont contredites, et ses effets entre-détruits.

Mais cette période touche à son terme : et déjà le regard de l’observateur entrevoit que des millions de membres du monstre se disciplinent, que ses mouvements prennent de l’unité, que sa volonté se formule, que sa direction s’accentue. Nous assistons à un spectacle inouï et le refrain révolutionnaire a raison : « Le peuple souverain s’avance ! » L’armée du désordre se met en ordre. Depuis la montée du déluge, depuis les invasions des hordes barbares, rien n’est comparable à ce qu’aperçoivent en ce moment les quelques hommes qui ont des yeux. Et, sur ce point, l’épouvante (qui fait parfois des miracles) commence à rendre la vue aux aveugles et à faire entendre les sourds.

Le suffrage universel tend à se coordonner sous l’action de quelque centralisation puissante qui s’intitulera soit l’Internationale, soit la Ligue populaire, le nom importe peu, et qui fera manœuvrer savamment et légalement la grande armée du scrutin – comme déjà à plusieurs reprises on a fait manœuvrer les grèves – de façon à écraser sous ces foules innombrables les malheureuses minorités qui s’appellent l’intelligence, le savoir, la vertu, qui s’appellent aussi la richesse et la propriété.

Grâce à cette discipline électorale l’heure arrivera, et elle n’est pas loin, où les classes ignorantes et, comme elles disent, déshéritées, auront seules des représentants au pouvoir. Tout le reste sera systématiquement exclu : tout le reste aura la minorité partout.

Le monde social sera renversé brusquement et légalement :

  • Ceux qui ont besoin d’être gouvernés gouverneront, et gouverneront seuls ;

  • Ceux qui auraient la capacité nécessaire pour gouverner n’auront plus d’existence politique. Ils voteront au scrutin ; mais, étant surtout inférieurs en nombre, ce vote n’aura nul effet nulle part, et n’amènera aucun d’entre eux dans les assemblées dirigeantes. Ils seront encore dans le pays social, ils ne seront plus dans le pays politique et légal.

L’impôt sur la propriété sera voté, à l’exclusion des propriétaires, par des gens qui n’ont rien. La transmission des héritages et le retour de la richesse à la communauté seront réglés par les individus sans patrimoine. Les lois sur l’instruction et l’éducation seront faites par les hommes sans éducation et sans instruction. Qu’est-ce qui pourrait les arrêter ? Rien !

https://www.actionfrancaise.net/2026/03/28/du-suffrage-universel-quen-sortira-t-il/

mercredi 25 mars 2026

Le 21 avril 1961, un putsch avorté : dommage !

 

« Ils pleureront des larmes de sang, plus tard, lorsqu’ils comprendront ! Au moment où les Français ne sauront plus comment caser leurs enfants ni leur assurer des situations et leur ouvrir des débouchés, ils ferment devant eux, de leurs propres mains, ce champ d’action formidable et ce vaste morceau de notre France qu’était l’Algérie ! L’industrialisation de l’Algérie, à elle seule, aurait eu de quoi  occuper trois  générations, c’est perdu ! Oui, j’attends les Français  avec leurs milliers de jeunes réclamants des emplois ! Et le Sahara, avoir abandonné le Sahara avec ses richesses inouïes, ses richesses morales surtout ; c’était là-bas que se forgeaient les hommes et les âmes, quelle faute ! Les Français comprendront plus tard, et ce plus tard sera bientôt ! »  (Maréchal Alphonse Juin (1))

 Le texte ci-dessus date de 1962, mais il n’a pas pris une ride. Plus d’un demi-siècle après son indépendance, l’Algérie a gâché le bel héritage laissé par les colons français. Quant à la France,  elle a  renoncé à son autosuffisance énergétique en bradant le Sahara.  Trois ans après les funestes accords d’Évian, nous abandonnions Mers-El-Kebir, trois autres années encore et nous laissions le Sahara et ses immenses gisements de gaz et de pétrole. La  France, réduite à un hexagone, tirait un trait sur ses matières premières. Le premier choc pétrolier, en 1974, s’est chargé de le rappeler à un peuple trop stupide pour comprendre que l’héritage gaulliste, c’est aussi cela, c’est surtout cela.

La fin de l’Algérie française aura été, en fin de compte, un match nul, perdant-perdant.

Grâce aux opérations du « Plan Challe » nous avions gagné ce conflit militairement.

Le FLN (2), avec la complicité du gouvernement français, l’a gagné politiquement. En effet, il faut arrêter d’entretenir le mythe du peuple algérien se levant d’un bloc contre le colonisateur honni. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 1958, quand l’ermite de Colombey revenait aux affaires, l’ALN disposait de 20 000 combattants et autant d’auxiliaires, soit 40 000 hommes plus ou moins bien armés. Lors des accords d’Evian (18 mars 1962),  elle avait  moins de 4 000 combattants réguliers et 10 000 moussebilines. Et dans le même temps, les effectifs  des  musulmans algériens servant  dans (ou aux côtés de) l’armée française passeront de 30 000 à… 260 000 hommes.  Certes, certains se sont engagés moins par conviction politique que par refus des méthodes et des principes du FLN mais, qu’on le veuille ou non, ils avaient choisi de servir la France. Beaucoup sont morts pour elle.

« On ne s’est pas enlacés pendant 130 ans, écrira le sociologue Jacques Berque, sans que cela descende très profondément dans les âmes et dans les corps… ».

De nos jours, les dirigeants algériens – au pouvoir sans discontinuer depuis presque 60 ans – tentent de faire oublier leur incompétence crasse  et la corruption endémique qui gangrène leur pays en chargeant la France de tous les maux. La moitié du peuple algérien – soit plus de 20 millions de personnes – a moins 25 ans, et elle apprend dès son plus jeune âge que tous ses malheurs viennent de nous. Les déclarations irresponsables d’Emmanuel Macron, le scandaleux  « rapport Stora » et notre mea-culpa perpétuel  viennent – chaque jour un peu plus – mettre de l’huile sur le feu.

Il ne sert à rien de réécrire l’histoire, car, comme dit l’adage populaire : « si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle » or, dans notre époque qui perd tous ses repères, l’oncle peut « en avoir » et … être une tante. Pourtant, quand arrive le 21 avril, je me dis que la réussite du putsch d’Alger aurait été assurément une bénédiction, tant pour les Français que pour les Algériens.

Hélas, ce pronunciamiento, comme tant d’autres, a fait un flop. Dès le 26 avril 1961, Maurice Challe, l’un des putschistes du « quarteron de généraux à la retraite » fustigé par de Gaulle dans une allocution télévisée, se rendait aux autorités,  et avec lui, le commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, dont le régiment – le glorieux 1er REP (3)- avait été le fer de lance du soulèvement.

Ainsi s’achevait, tristement, le dernier sursaut de l’Algérie française.

Toute cette affaire, qui se terminait mal, avait commencé quelques jours plus tôt.      

Le 21 avril 1961, l’armée – une partie – entrait en dissidence : les généraux Challe, Zeller, Jouhaud, puis, dès le lendemain, « le Mandarin »  Raoul Salan, prenaient le pouvoir à Alger.

Des généraux, des colonels, des capitaines  les avaient suivis avec leur régiment, ou, plus modestement leur section. Le 1er REP, les Commandos de l’air, des régiments paras accompagnaient cette rébellion. Les civils, « pieds-noirs » ou musulmans, avaient été tenus à l’écart (à l’exception de membres du groupe « France-résurrection » chargés de guider les troupes). L’armée voulait un coup d’état militaire. On peut penser, après coup, que le putsch était jouable en y associant les « pieds-noirs » et les musulmans pro-français. Charles Maurras a dit : « Un peuple qui néglige son armée est un peuple malade. Un peuple qui se sépare moralement de son armée est un peuple perdu… ».

Lors de la « semaine des barricades » de janvier 1960 à Alger, les civils ont agi seuls ; en avril 1961, les militaires ont voulu agir seuls ; bilan de ce sectarisme réciproque : deux échecs !  

Les services secrets français annonçaient depuis longtemps que le malaise de l’armée pouvait dégénérer en coup de force mais de Gaulle n’y croyait pas. Ce « militaire de plume » ne comprenait rien à l’armée d’après-guerre. Cette armée qu’il avait lui-même désorganisée à la Libération et qui présentait un arc-en-ciel d’idéaux très disparates.

Quant aux militaires qui avaient cru en de Gaulle le 13 mai 1958, ils tombèrent de haut, en septembre 1959, quand ce dernier inventa « l’autodétermination ». De Gaulle ne cachait pas son dédain, voire son mépris, pour les militaires. Lui, l’intellectuel, le littéraire, supportait mal leur lenteur d’esprit. Mégalomane et orgueilleux, il se jugeait au-dessus de la mêlée. Pour lui plaire, un général devait être : «… un homme d’État, un visionnaire, un réformateur et un poète. Ramsès II, Mahomet, Saint Louis  et Pierre le Grand avaient toute son admiration, mais les hommes d’une pareille envergure sont rares dans l’armée… » (4). Durant ses 12 années d’exil, sa longue traversée du désert à Colombey, il avait perdu le contact avec la nouvelle armée.

Or cette armée, humiliée en Indochine, trouvait en Algérie une raison d’espérer. Il attribua le malaise des militaires  à un manque de discipline et aux faiblesses de la IVe République. Cynique, il ironisait en public sur ces soldats « qui ne voient pas plus loin que le bout de leur djebel… ».

Le 21 avril donc, la « grande muette » sort de sa réserve et… de ses casernements ; le putsch démarre ! Ceux qui l’ont organisé ne veulent pas mettre à mal la République, ils veulent sauver l’Algérie française. Ce n’est pourtant pas ce que l’histoire « officielle » retiendra !

La Maison de la Radio fut enlevée sans coup férir par les légionnaires-paras du 1er REP, aux ordres, par intérim, du commandant Denoix de Saint Marc.

Avant de partir en permission, son colonel lui avait déclaré: « Je vous confie le régiment. Nous vivons une époque tragique où il n’est pas facile pour un soldat de savoir où est le droit chemin… » À 18 ans, Saint-Marc  a été déporté à Buchenwald. Il a eu une conduite  héroïque en Indochine comme en Algérie. C’est un homme de devoir et d’honneur. Le général Challe est, pour lui,  celui qui «  a commandé les troupes françaises et les a menées à la victoire ». Il éprouve pour lui « admiration, respect et amitié » (5). Quand Challe, en civil, en simple blouson d’aviateur, sans écusson ni grade, le convoque, il lui déclare sans ambages : « Je suis un démocrate, Saint-Marc, ni raciste, ni fasciste, mais il s’agit bien d’un coup d’État… ». Et Hélie de Saint Marc, n’écoutant que sa conscience, a lancé ses légionnaires-parachutistes à l’assaut des points stratégiques d’Alger.

La réputation, la qualité et la discipline des troupes putschistes évita un bain de sang. Un adjudant du REP fit une victime – la seule – en ripostant contre un tir des gardiens du poste relais d’Ouled Fayet. Le lieutenant Durand-Ruel, du REP, tira lui aussi un seul coup de feu… dans le pneu de la jeep du général Gambiez  qui « gesticulait comme un diable »  pour arrêter, à lui seul, un convoi de légionnaires-paras. Le lieutenant Godot avait désarmé sans difficulté le général Vézinet. Ce dernier, indigné, déclarait : « De mon temps, les lieutenants n’arrêtaient pas les généraux ».

Et Godot avait  répondu sèchement: « De votre temps, les généraux ne trahissaient pas ! »

Les unités se rallient comme prévu : après le 1er  REP, les 18e et 14RCP puis le 1er REC avec ses harkis. On annonce l’adhésion du 27e Dragons du colonel Puga, du 7e RTA, ce régiment qui fut glorieux à Diên-Biên-Phu, du 1er RIMA  du commandant Loustau. Les putschistes se prennent à rêver : c’est la victoire !  Oui mais, comme l’écrit Pierre Montagnon : « Alger n’est pas l’Algérie ».

À Constantine, le général Gouraud joue la valse-hésitation. À Batna, le général  Ducourneau choisit la fuite, c’est-à-dire d’attendre le vent. À Bône, le général Ailleret… attend de voir. À Oran, les troupes ne suivent pas le général Gardy. Dans l’armée d’active, chez les « Centurions », c’est une explosion de joie et d’espoir. Pourtant, les plus lucides  comprennent vite que c’est fichu : on attendait Massu ou Bigeard. Ils ont tous deux choisi leur carrière.

On espérait un soulèvement des « pieds-noirs » et des ex « Unités Territoriales » ; Challe n’a pas voulu mêler les civils à son coup de force. Le 22 avril cependant, on veut y croire encore : Argoud est arrivé à Oran avec deux régiments paras. Le 2REP, aux ordres de ses capitaines, part pour Alger. Le colonel Ceccaldi  – pourtant Compagnon de la Libération – entraîne avec lui  les 6e et 2RPIMa  et le 9e RCP.  Pratiquement, à un régiment près  – le 3RPC, l’ancien régiment de Bigeard – les deux divisions parachutistes ont basculé dans la rébellion.

Le 23 avril va être la journée de l’enlisement. À quoi faut-il attribuer l’échec du putsch ?

Les causes sont multiples mais les historiens sont assez unanimes sur certaines d’entre elles :

– La volte-face de plusieurs généraux qui, au dernier moment, se sont défaussés

– Ce drame ne concernait que les « pieds-noirs », que Challe a refusé d’embrigader, et l’armée d’active  (en dehors des régiments parachutistes qui étaient majoritairement composés d’appelés). Le contingent n’avait qu’une hâte et une envie : rentrer en métropole.

– Mais la principale raison de l’échec du putsch fut l’utilisation, savamment orchestrée, de la télévision par de Gaulle. Le 23 avril en soirée, il prononça une allocution qui fit date. Personne n’a oublié ce « quarteron de généraux à la retraite… qui a pris le pouvoir en Algérie… ».  Et de Gaulle de rajouter, en martelant bien les mots : « J’interdis à tout soldat d’exécuter aucun de leurs ordres… ».

Le peuple français est peureux ET légaliste (ou légaliste parce que peureux ?). Il attendait que le guide le ramène dans le droit chemin ; celui de la tranquillité, de la soumission moutonnière.

L’homme, que personne  n’avait entendu le 18 juin 1940, fut écouté par des millions de Français le 23 avril 1961. Une fois de plus, le grand homme allait sauver la France !

Dès le lundi 24 avril, la situation se dégrade et le 25, le navire prend l’eau de toutes parts.

Le général Challe décide d’arrêter et de se constituer prisonnier.

Certains voudraient continuer le combat mais à quoi cela mènerait-il ?  Dans le ciel d’Alger on voit passer les « Noratlas » qui regagnent la France. En fin d’après-midi, les régiments parachutistes et ceux de la Légion regagnent presque tous le Constantinois, d’où ils sont venus. Quand la nuit tombe, le 1er REP quitte le Gouvernement Général et embarque dans ses camions. Des accents gutturaux – des légionnaires d’origine allemande – entonnent « Je ne regrette rien », cette chanson d’Édith Piaf en vogue à l’époque. Challe, Jouhaud et Salan se mêlent aux légionnaires.

Zeller s’est éclipsé dans la foule. Des colonels font de même ainsi que quelques officiers.

Le putsch est terminé ! Les lendemains seront amers pour les vaincus : Challe, puis Zeller occupent les cellules désertées par Ben Bella et ses complices. D’autres généraux les rejoignent : Bigot, Gouraud, Petit. Ainsi que les chefs de corps les plus compromis : La Chapelle, Masselot, Robin, Saint Marc, Lecomte, Cabiro, Bréchignac… Plusieurs sont des héros de Diên-Biên-Phu.

La colère gaullienne frappe aussi les régiments : le 1er  REP, les 14e  et 18e RCP(6), les Commandos de l’air, sont dissous. Les deux divisions parachutistes – la 10e et la 25e  – dont les chefs ont été soit rebelles soit attentistes, sont dissoutes et refondues en 11e DLI (7). Cette division sera retirée du champ de bataille et rapatriée, dès l’été 1961,  vers les brumes lorraines.

À la suite du putsch d’Alger, le pouvoir annonça que 1 100 à 1 200 officiers et sous-officiers étaient « écartés » de l’armée. De Gaulle réglait ses comptes !

Au moment du putsch, j’ai 11 ans et je suis « enfant de troupe » au Prytanée militaire d’Aix-en-Provence. Dans ma section, nous sommes deux fils d’officiers supérieurs, tous deux parachutistes.

Allez comprendre pourquoi la chanson « je ne regrette rien » me donne la chair de poule  chaque fois que je l’entends, plus d’un demi-siècle après le putsch des généraux ?

Je n’ai rien oublié…  Semper Fidelis.   

Eric de Verdelhan                                                                                                                                                   

P.S : Ce texte est tiré, du moins en grande partie, de mon livre « Hommage à notre Algérie française » (Éditions Dualpha ; 2019).

1)  Qui fut condisciple de Charles de Gaulle à Saint-Cyr, et notre dernier maréchal de France.

2) FLN = Front de Libération National algérien. ALN = Armée de Libération Nationale, armée du FLN.

3) Régiment Etranger de Parachutistes.

4) « Les combattants du crépuscule » de l’américain Paul Henissart ; Grasset; 1970.

5) Témoignage d’Hélie Denoix de Saint-Marc  dans ses « mémoires » et dans le « livre blanc de l’armée française en Algérie ».

6) Régiment de Chasseurs Parachutistes.

7) 11e Division Légère d’Intervention.

https://ripostelaique.com/le-21-avril-1961-un-putsch-avorte-dommage/

lundi 23 mars 2026

Panne géante en Espagne, c’était bien la faute aux énergies renouvelables !

 

C’est un article de France Info (source ici) qui revient discrètement sur les résultats de l’enquête concernant les causes de la panne géante d’électricité en Espagne.

« C’était il y a un peu moins d’un an. Une panne d’électricité massive avait bouleversé l’Espagne et le Portugal pendant plusieurs heures, le 28 avril 2025. Les réseaux mobiles avaient été coupés, les transports s’étaient figés et les systèmes bancaires mis à l’arrêt. Près d’un an plus tard, le 20 mars, un rapport du Réseau européen des gestionnaires de réseau d’électricité, rédigé par 49 experts, pointe une surtension incontrôlée dans le réseau espagnol, au cœur d’un « cocktail parfait » de défaillances. »

« Les experts pointent une incapacité du système à réguler la tension en temps réel, entraînant des « déconnexions généralisées » de centrales électriques, notamment celles qui produisent des énergies renouvelables. Ces installations, mal adaptées pour ajuster rapidement la tension, n’ont pas pu stabiliser le réseau. »

Le problème avec les énergies renouvelables c’est qu’elles entraînent une instabilité du réseau par des importantes variations notamment liées au… prix. Quand les prix deviennent négatifs parce que tout le monde produit trop par très beau temps avec les panneaux solaires, il est logique que tout le monde se débranche pour ne pas perdre d’argent. Vous vous retrouvez avec un réseau qui à 13h produit tellement que les prix deviennent négatifs. A 13h01 tout le monde recevant l’information de prix négatifs tout le monde se débranche… résultat vous passez d’un réseau en excédent à un réseau en manque en une minute… Ce sont ces instabilités qui expliquent l’instabilité du réseau espagnol et la panne géante.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

https://legrenierdeleco.com/panne-geante-en-espagne-cetait-bien-la-faute-aux-energies-renouvelables/

samedi 21 mars 2026

Epstein et son réseau de scientifiques renommés

 

Epstein et son réseau de scientifiques

En mars 2006, grâce à Jeffrey Epstein, le célèbre physicien et cosmologue Stephen Hawking (décédé en 2018) fit un voyage à bord d’un sous-marin dans les îles Vierges américaines. Une photo montre l’astrophysicien, accompagné d’une de ses infirmières, regardant sous la surface de l’océan par le hublot circulaire du sous-marin.

Six prix Nobel

La balade en sous-marin a couronné un séjour de près d’une semaine financé par Epstein. Et Stephen Hawking n’était pas le seul invité.  Epstein accueillait ces jours-là une vingtaine des plus importants physiciens au monde, dont trois lauréats du prix Nobel et trois autres qui recevront ensuite ce prestigieux prix.

Ce séjour se présentait officiellement sous la forme d’un séminaire sur le thème « Confronter la gravité » au cours duquel les participants pouvaient « se rencontrer, discuter, se détendre sur la plage et faire un voyage au centre privé de retraite du philanthrope scientifique Jeffrey Epstein sur une île voisine ».

« Inconduite sexuelle »

Le physicien théoricien Lawrence Krauss, alors à la Case Western Reserve University, était l’organisateur scientifique de cette rencontre. Krauss avait écrit à différents scientifiques qu’il s’agissait d’« un petit atelier plutôt exclusif » avec tous les frais couverts par la Fondation d’Epstein. Il a entretenu une amitié de près de 15 ans avec Epstein et a ensuite pris sa retraite de l’Arizona State University en 2019 au milieu de multiples allégations d’inconduite sexuelle contre lui. À l’ASU, il dirigeait le projet Origins, partiellement financé par Epstein. « Jeffrey s’intéressait à des gens intéressants », a simplement déclaré Krauss. Lawrence Krauss entretenait une relation étroite avec Epstein, qui a fait don de 250 000 $ à son projet Origins à Arizona State. Lorsque des allégations de mauvaise conduite ont surgi contre Krauss à l’ASU, le physicien a échangé des dizaines de messages et avec Epstein pour demander des conseils sur la manière de gérer ces accusations. « C’est ta vie et ton avenir. Je ne serais pas négligent comme tu l’écris », a répondu Epstein dans un texto à Krauss. À la fin d’une conversation, Krauss a dit : « Merci pour tout, Jeffrey. »

Outre l’amusement dans un sous-marin, les scientifiques ont fait une balade en bateau qui les a conduits-sur l’île privée d’Epstein.

Des scientifiques qui se disent incapables de distinguer des filles de 15 ans de femmes de 30 ans

Alan Guth, physicien du Massachusetts Institute of Technology (MIT), a assisté à l’événement. Tout comme David Gross et Frank Wilczek — qui partageaient le prix Nobel de physique en 2004. Et comme Gerard ‘t Hooft, lauréat du prix Nobel en 1999, et Kip Thorne, qui a remporter le prix en 2017, et Jim Peebles de l’université de Princeton, lauréat du prix Nobel de physique en 2019. Et comme Richard Axel, biologiste moléculaire lauréat du prix Nobel, qui a quitté son poste de codirecteur de l’Institut Zuckerman Mind Brain Behavior de l’université Columbia en raison de ses liens avec Epstein. Ainsi que David Gelernter, professeur d’informatique à Yale, qui est suspendu de ses cours pendant que l’université examine sa conduite.

Alan Guth a confirmé qu’Epstein était toujours accompagné de plusieurs femmes. « Quand nous l’avons rencontré, il était assurément riche et puissant. Et les riches et puissants ne se font pas arrêter très souvent. », a-t-il ajouté. Jim Peebles a dit se souvenir de « plusieurs jeunes femmes, peut-être cinq, peut-être dix ». « Je ne peux que vous dire qu’elles étaient plus jeunes que les plus jeunes femmes de notre réunion », a-t-il déclaré. « Avaient-elles 15 ou 30 ans ? Je n’en ai aucune idée. », a-t-il encore ajouté sans rire. Visiblement, certains prix Nobel avaient besoin de nouvelles lunettes.

Nous avons déjà montré dans de précédents articles qu’à l’université HarvardGeorge Church, pionnier de la recherche génomique humaine ; Lisa Randall, physicienne ; et Martin Nowak, professeur de mathématiques et de biologie, ont aussi entretenu des relations étroites avec Epstein. Dans un courriel datant de 2012, Epstein écrivait : « Je finance pas mal de recherches sur le cerveau et j’ai créé un institut de dynamique évolutive à Harvard. »

Peter Woit, maître de conférences au département de mathématiques de l’Université Columbia, n’a pas assisté à la conférence de 2006. Mais son nom apparaît deux fois dans les dossiers Epstein, dans des courriels incluant une liste générale de scientifiques.

Dans un article sur son blog, Peter Woit a écrit : « Epstein a utilisé sa richesse mystérieusement acquise pour poursuivre ses deux grands centres d’intérêt : l’exploitation sexuelle des jeunes femmes et le temps fréquenté avec des scientifiques célèbres. »

Peter Woit a déclaré à la presse qu’en tant que scientifique, avant de recevoir un important don, « vous allez faire des recherches de base » et « vous allez rapidement découvrir que ce type est un pédophile condamné et un criminel. … Ils savaient à qui ils avaient affaire. »

Epstein continua de financer des scientifiques

Fin 2010, par exemple, Krauss organisa un autre événement avec des scientifiques de renom dans les îles Vierges. Des documents mis en ligne par le ministère de la Justice des Etats-Unis montrent que plusieurs personnes, dont Alan Guth et Neil Shubin, paléontologue de l’Université de Chicago, devaient assister à une réunion du conseil d’administration du projet Origins, qui a été brusquement annulée pour des raisons inconnues après qu’Epstein a exprimé sa déception quant à la manière dont il était organisé.

Neil Shubin — qui a récemment été élu prochain président de l’Académie nationale des sciences — a été membre du conseil d’administration d’Origins.

Les documents mis en ligne par la justice américaine indiquent qu’Epstein a également financé en 2011 une conférence scientifique organisée par Marvin Minsky, un mathématicien considéré comme un des pères fondateurs de l’intelligence artificielle. Cette conférence avait pour sujet « les catastrophes futures qui pourraient survenir face à la croissance des populations, aux nouvelles technologies et aux nouveaux systèmes de réseaux sociaux. » Dans une chaîne de messages texte avec un destinataire inconnu en 2017, Epstein a déclaré : « J’ai financé le père de l’IA, Marvin Minsky, pendant 20 ans. Je connais bien le sujet ». Virginia Giuffre, l’une des victimes d’Epstein qui a été « suicidée », avait déclaré qu’elle avait été contrainte d’avoir des relations sexuelles avec Marvin Minsky (décédé en 2016).

Fondation Edge financée par Epstein

Il faut également noter le rôle de la Fondation Edge et du site web Edge.org, auxquels ont contribué plusieurs scientifiques et qui étaient financés par Epstein.

Le rédacteur en chef du site web de la Fondation Edge était John Brockman, un agent littéraire doté d’un don pour la vulgarisation scientifique. Ses auteurs scientifiques étaient invités à des fêtes avec Jeffrey Epstein.

Pierre-Alain Depauw

https://www.medias-presse.info/epstein-et-son-reseau-de-scientifiques-renommes/218100/

La régression démocratique

 

Un trentièmetroisième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extraitde Bonald tiré de Considération sur l’aristocratie et la noblesse.

*****

Au premier âge des sociétés, et encore de nos jours, dans les lieux et chez les hommes qui s’en rapprochent le plus, comme dans les montagnes de la Corse et à plusieurs égards dans les nôtres, l’homme fait lui-même et tout seul tout ce que demandent ses besoins. Il est laboureur, maçon, charpentier, charron, tisserand, etc. Bientôt, il s’aperçoit qu’en s’adonnant exclusivement à un de ces métiers, il fait son ouvrage mieux et plus vite, avec plus de profit pour lui-même et pour ceux qui emploieront son industrie, et qui y trouvent une grande économie de temps et des ouvrages d’un meilleur service. Les travaux se divisent donc, les différents métiers se distinguent les uns des autres ; et l’enfant, élevé sous les yeux de son père et dans son atelier, prend le goût et l’habitude des travaux qu’il voit exécuter, auxquels il aide suivant ses forces.

Transposons ces mêmes idées dans la société politique.

Elle n’a qu’un besoin : sa conservation et, pour l’assurer, elle n’a que deux moyens : la justice contre l’ennemi intérieur ou le méchant, les armes contre l’ennemi extérieur ou l’étranger.

Mais, dans les premiers temps, les crimes étaient simples comme les hommes ; tout de violence et de premier mouvement. La guerre était une irruption soudaine. Tous étaient et pouvaient être juges et guerriers ; et, dans les sociétés sans philosophes, sans partis, sans intrigues et sans diplomates, s’il fallait des ministres, ils étaient bientôt trouvés.

Mais avec le temps, l’accroissement de la population et le progrès de l’esprit, progrès dont le vice profite malheureusement plutôt que la vertu, le crime est devenu un art, la guerre une science ; et il a fallu des hommes spéciaux, des études et des connaissances spéciales, de longues habitudes de juger et de combattre, et ce n’a pas été trop de la vie entière des hommes qui s’y sont livrés pour acquérir la science du magistrat et celle du guerrier. Le jugement et le combat, qui n’étaient que des accidents, sont devenus des besoins permanents ; ce qui n’était qu’un devoir transitoire est devenu un métier de toute une vie ; et dans ces nobles professions comme dans les métiers mécaniques, les exemples et les leçons des pères ont été la première et la plus puissante éducation de l’enfance.

Alors, et par cette succession héréditaire et jamais interrompue, d’exemples, de leçons et d’habitudes, la société a été garantie contre le méchant et contre l’étranger, et le citoyen, tranquille sur son avenir, a pu se livrer à ses occupations et au soin de sa fortune et de sa famille.

Mais vous qui parlez sans cesse des progrès de la société, remarquez-vous que nous retournons à l’enfance et que vous voulez nous ramener à la société primitive et aux éléments de la politique ?

La justice criminelle retombe dans le peuple sans études et sans connaissances par l’institution du jury ! L’armée retombe dans le peuple, sans habitudes de discipline militaire et distrait par le soin de gagner sa vie. Rome naissante prenait à la charrue ses dictateurs et ses consuls ; nous, au dernier âge de la société, nous prenons à la charrue, au comptoir, à l’atelier, à la boutique même nos députés, nos administrateurs, même nos pairs : institutions des premiers temps, institutions imparfaites, qui ne peuvent pas plus rassurer la société au-dedans que la défendre au dehors ; institutions que nous devons aux avocats législateurs ; car si le peuple souverain est tout le monde, le peuple-pouvoir, le peuple-législateur, le peuple-gouvernement, sont les avocats qui laissent au peuple la théorie de la souveraineté qu’il ne comprend pas, et dont il n’a que faire, et qui gardent pour eux l’effectif et le positif du pouvoir qu’ils exploitent avec le plus grand succès.

https://www.actionfrancaise.net/2026/03/21/la-regression-democratique/

181 - Marcel Gauchet pour son livre "Comment pensent les démocraties"

 


vendredi 20 mars 2026

Des éditions nouvelles pour toujours mieux connaître le néo-royalisme

 

Le 8 mars dernier, nous disions qu’il n’est pas forcément clair pour tout le monde que le royalisme est parfaitement d’actualité, vous conseillant alors pour le mieux connaître de vous intéresser aux parutions des éditions de Flore. Aujourd’hui, c’est vers d’autres éditions que nous vous renvoyons pour en apprendre toujours plus.

*****

Alors que les Editions de Flore rééditent les textes classiques de la doctrine « néo-royaliste » et se proposent d’en montrer la fécondité en poursuivant la réflexion à travers des d’essais et des études savantes, l’objectif de Midi blanc-éditions est autre.

Son fondateur, Morgan Cordier, précise qu’elles œuvrent à la diffusion de la pensée royaliste non par des livres mais par de petites brochures de propagande en collaboration, pour certaines, avec la Nouvelle revue universelle. Elles publient aussi les actes des colloques qu’elle organise en Provence. Par leur prix modique, de 2 à 5 euros, ces brochures sont particulièrement adaptées aux nouveaux militants. Elles sont disponibles sur le site de la Librairie de Flore ou directement à l’adresse midiblancprovence@gmail.com.

Après Regard de royalistes sur l’économie et La noblesse française, un héritage actuel, la brochure qui fut éditée ensuite, dans la collection « tiré-à-part », est Maurras : poétique d’abord ? d’Olivier de Lérins, collaborateur des mensuels Le Bien Commun et Politique Magazine.

Olivier de Lérins, doctorant en philosophie à l’Institut catholique de Paris, est une des principales signatures du Le Bien Commun, où il assure notamment les grands entretiens. Il est par ailleurs responsable et animateur des conférences du Cercle de Flore.

Dans cette brochure, Olivier de Lérins nous rappelle que l’éminente place de la poésie dans la vie de Maurras est une réalité bien connue. Quand, au petit matin, il quittait l’imprimerie de l’Action française, il retournait chez lui en traversant la Cour carrée du Louvre et le pont des Arts, puis longeait la Seine en se récitant les milliers de vers retenus par sa stupéfiante mémoire. Et c’était aussi le moment où il composait ses propres poèmes, les polissant sans cesse et les repolissant, en leur confiant ses pensées intimes, ses tendresses, ses angoisses nées de la perte des êtres chers, son inquiétude devant la précarité des choses et l’incertitude de nos destinées, et surtout les vulnérabilités de sa « déesse » la France. C’est par là que l’on peut très naturellement rejoindre la démarche d’Olivier de Lérins. Depuis la parution en 1925 de la Musique intérieure et sa célèbre préface, la question de la relation entre poétique et politique chez Maurras a agité les meilleurs esprits. C’est dans une tradition illustrée notamment par Pierre Boutang qu’Olivier de Lérins s’inscrit ici, une tradition qu’il contribue à garder vivante en la formulant à l’intention des jeunes générations. C’est à de jeunes Périgourdins – partagés entre baudelairiens et bainvilliens – que s’adressait Maurras quand il écrivit un petit texte particulièrement pénétrant intitulé « Entre Bainville et Baudelaire » (dans Critique et Poésie) : « Ô jeunes gens et jeunes filles, leur disait Maurras, il y a deux chemins, celui qui pend et mène aux lieux inférieurs (…) et celui qui monte, celui des hommes, des citoyens, des pères et des mères de la patrie, tous et toutes de fort bons lettrés, mais non décadents : renaissants ». Sa critique, toute en nuance mais sévère, du « mauvais enchanteur » Baudelaire ne l’empêchait pas de rappeler que le poète des Fleurs du mal avait fait sienne la critique de la démocratie du poète américain Edgar Poe, dont il fut le grand traducteur. Mais, tout en respectant le choix de ses jeunes interlocuteurs, Maurras les incite à prendre une autre voie, en suivant le haut exemple de recherche de la perfection de Bainville, qui mêlant, lui aussi, poétique et politique, acheva sur ces mots son discours de réception à l’Académie française, en 1935 : « Pour les renaissances, il est encore de la foi ».

Des mots que le regard d’Olivier de Lérins ne peut qu’inciter à méditer.

https://www.actionfrancaise.net/2026/03/19/des-editions-nouvelles-pour-toujours-mieux-connaitre-le-neo-royalisme/

Letizia Bonaparte : la mère derrière Napoléon, avec Laëtitia de Witt

 


Les origines préhistoriques de la domination masculine, avec Anne Augereau

 


jeudi 19 mars 2026

Quand Napoléon rêvait d’envahir l’Angleterre

 

La plus grande charge de cavalerie de l

Ce sont des  milliers d’ouvrages qui retracent régulièrement l’épopée napoléonienne et nous font revivre le fabuleux roman d’aventures de la Grande Armée, qui fit trembler les rois d’Europe jusqu’à Moscou.

Chasseurs, grenadiers, dragons, hussards, cuirassiers ou simples grognards, commandés par de prestigieux maréchaux, ont formé l’invincible instrument qui a accompagné Napoléon jusqu’en 1815, du Camp de Boulogne  à Waterloo, en écrivant les plus fabuleuses pages de l’Histoire de France.

Les hauts faits d’armes s’écrivent en lettre d’or sur les drapeaux de tous ces régiments de l’Empire.

Évidemment, les grincheux ne retiennent de cette glorieuse épopée que le boucher sanguinaire qui a saigné la France, oubliant que Napoléon dut faire face à sept coalitions ourdies par nos ennemis de toujours, les Anglais. À Waterloo, c’est une coalition de dix nations qui affrontait la France.

Mais les grincheux ne comprennent rien et n’intéressent qu’eux-mêmes.

D’ailleurs, l’Histoire ne s’écrit pas avec ces pisse-froid. Ils relisent l’histoire avec leurs lunettes du XXIe siècle, incapables de remonter le temps.

Que peut comprendre un grincheux à la plus grande charge de cavalerie de l’histoire, menée par l’illustre Murat à la tête de 80 escadrons, plus de 8 000 cavaliers, contre les troupes russo-prussiennes, au cours de la bataille d’Eylau en 1807 ?

Imaginez la terre qui gronde sous 32 000 sabots ! Imaginez l’effet sur l’adversaire attendant le choc frontal !

Courage impétueux, honneur et panache, sont la marque de ces héros, toujours prêts à mourir pour l’Empereur et pour la gloire.

Et qui, mieux que Georges Blond, a su nous dépeindre au quotidien ces soldats de l’Empire, à la fois héros et martyrs, pillards ou déserteurs, mais infatigables conquérants pleins de courage, formant l’armée la plus efficace au monde ?

La Grande Armée est née au camp de Boulogne, avec la volonté de Napoléon d’envahir l’Angleterre.

Cette armée d’invasion, c’est l’Armée d’Angleterre, qui deviendra plus tard la Grande Armée, quand elle marchera sur l’Europe, pour se couvrir de gloire à Austerlitz.

Nous sommes en 1805. Voilà des mois que Napoléon a préparé son plan d’invasion de l’Angleterre. Cap sur Deal, à 13 km de Douvres.

140 000 hommes sont stationnés à Boulogne. 80 000 embarqueront le même jour, avec 16 000 chevaux.

Les maréchaux Lannes, Davout, Murat, Soult et Ney sont de la fête.

Et si Napoléon reste persuadé d’écraser l’armée anglaise, simple formalité, il semblerait qu’il ait sous-estimé le risque naval, avec un plan plus qu’audacieux.

Les escadres françaises de Toulon, de Rochefort et de Brest doivent accaparer suffisamment les forces navales anglaises au large, afin de permettre à la flottille de bateaux transportant l’Armée d’Angleterre, de traverser la Manche de nuit sans dommage. Huit heures de mer.

On ne saura jamais comment aurait tourné l’aventure, car avec un rusé renard comme l’amiral Horatio Nelson, la Manche aurait pu se transformer en cercueil pour toute l’Armée d’Angleterre, piégée sur des bateaux sans défense.

En revanche, un anéantissement de l’armée anglaise aurait changé le cours de l’Histoire.

En attendant, au soir du 20 août 1805, Napoléon lance l’ordre d’invasion de la perfide Albion.

Il est temps d’en finir avec cette nation, qui « depuis 10 siècles, opprime la France ».

C’est la joie au sein des régiments. 100 000 hommes trépignent pour embarquer. Avec les 16 000 chevaux ! Napoléon n’a peur de rien.

« Cette fois, ça y est. Pas trop tôt. On s’est assez emmerdé ici. Vivement qu’on voie les habits rouges ! »

« Et  ces putes d’Anglaises ! »

À Montreuil, le maréchal Ney donne un bal, quand un messager transmet l’ordre de l’Empereur.

Aussitôt, les jeunes officiers plaquent leurs cavalières et sautent sur leur cheval pour regagner Boulogne. Pas question de manquer la gloire !

Hélas, le contrordre arrive. L’amiral Villeneuve a fait faux bond. Et plus question d’attendre.

La guerre se déplace à l’Est. Le 26 août, maréchaux et généraux lisent à leurs troupes l’ordre du jour devenu fameux :

« Braves soldats du camp de Boulogne ! Vous n’irez point en Angleterre. L’or des Anglais a séduit l’empereur d’Autriche, qui vient de déclarer la guerre à la France. Son armée a rompu la ligne qu’elle devait garder, la Bavière est envahie. Soldats, de nouveaux lauriers vous attendent au-delà du Rhin. Courons vaincre ces ennemis que nous avons déjà vaincus ! »

Ce sont 200 000 hommes qui se mettent en marche, prenant le nom de Grande Armée, dont les exploits et les souffrances couvriront les pages de 80 000 ouvrages à travers le monde.

Et le 2 décembre 1805, cette Grande Armée entre à jamais dans la légende, avec l’éclatante victoire Austerlitz.

Une victoire que nos poules mouillées au pouvoir n’osent plus célébrer, pour ne pas froisser les minorités ! C’est dire le naufrage moral de ce pays !

Russes et Autrichiens sont laminés. De cette bataille mémorable, étudiée dans bien des académies militaires du monde, retenons deux discours de Napoléon.

L’un très célèbre, à la gloire des grognards. L’autre moins connu, réprimandant un régiment qui a perdu son aigle.

« Soldats ! Je suis content de vous »… »Mon peuple vous reverra avec joie et il vous suffira de dire : « J’étais à la bataille d’Austerlitz », pour qu’on vous réponde : « Voilà un brave ».

 Mais face au régiment qui s’était laissé déposséder de son aigle par la Garde russe, Napoléon pouvait être intraitable.

« Où est votre aigle ? Vous êtes le seul régiment de l’armée française à qui je peux faire cette question ! J’aimerais mieux avoir perdu mon bras gauche que d’avoir perdu une aigle ! Elle va être portée en triomphe à Pétersbourg et, dans cent ans, les Russes la montreront avec orgueil. »

« Que ferez-vous pour réparer cette honte ? »

« Il faut qu’à la première occasion votre régiment m’apporte au moins quatre drapeaux ennemis, et alors je verrai si je dois lui rendre son aigle. »

Nul doute que ce régiment ait fait merveille sur les champs de bataille pour laver l’affront et récupérer son aigle.

De 1805 à 1815 la Grande Armée laissera 1 million de morts sur les champs de bataille.

Morts pour rien diront certains. Non, morts en écrivant de belles pages d’histoire, à une époque où la guerre était la norme en Europe.

Une époque où les mots patrie, courage et honneur avaient encore un sens.

Jacques Guillemain

https://ripostelaique.com/quand-napoleon-revait-denvahir-langleterre/