lundi 30 mars 2026

Colonisations oubliées : les génocides par les empires musulmans

 

Alors que l’Occident est soumis à une entreprise systématique de repentance et d’auto-flagellation concernant son passé colonial, un silence assourdissant entoure d’autres entreprises impériales, tout aussi vastes et autrement plus durables. Les conquêtes arabes, ottomanes et mogholes ont modelé le visage de trois continents pendant plus d’un millénaire, laissant derrière elles des traces de violence, de destruction culturelle et d’oppression dont les effets se font encore sentir aujourd’hui. Cette histoire méconnue mérite d’être racontée pour restituer à la colonisation européenne sa juste place : celle d’un épisode parmi d’autres dans la longue et tragique histoire des dominations humaines.

L’empire arabe (VIIe-XVe siècles) – La conquête au nom d’Allah

Une machine de guerre implacable

L’expansion arabe débuta au milieu des années 630 et frappa avec une violence foudroyante deux empires alors affaiblis. En quelques années, les armées arabes s’emparèrent de la Palestine, de la Syrie, de la Mésopotamie et de l’Égypte. L’Empire perse sassanide, l’une des plus brillantes civilisations de l’Antiquité tardive, s’effondra complètement en 651. Ces conquêtes furent menées avec une brutalité extrême.

La guerre de conquête était constitutive du message islamique. Comme le rappellent les historiens, l’exhortation coranique « Combattez dans le chemin d’Allah ! » justifiait l’entreprise guerrière : le succès assurait aux combattants « la richesse en ce monde, le paradis dans l’autre ». Une motivation double – matérielle et spirituelle – qui explique la détermination des conquérants.

Le système de la dhimmitude : une ségrégation institutionnalisée

Sur les territoires conquis, les populations non musulmanes (chrétiens, juifs, zoroastriens) obtenaient le statut de « dhimmis » (protégés). En apparence tolérant, ce système imposait en réalité des restrictions humiliantes et une discrimination légale. Les dhimmis devaient s’acquitter d’un impôt spécifique, la jizya, en échange d’une « protection » qui les plaçait dans une position d’infériorité.

Sous le calife abbasside Al-Mutawakkil, au IXe siècle, de nombreuses restrictions renforcèrent le statut de citoyens de seconde zone des dhimmis : obligation de se distinguer par leur costume, interdiction de construire de nouveaux lieux de culte ou d’en réparer sans autorisation musulmane. C’était une forme de ségrégation institutionnalisée pendant des siècles.

L’arabisation forcée : un génocide

Sous les Omeyyades puis les Abbassides, l’unification des territoires conquis passa par une politique délibérée d’arabisation et d’islamisation. Des écoles furent instituées pour répandre le Coran, les juges formés au droit musulman. Des cultures millénaires furent progressivement laminées, leur langue reléguée, leur héritage historique effacé.

La traite arabe

La traite des Noirs d’Afrique et des Slaves de la mer Noire par le monde arabo-musulman a duré plus de onze siècles et aurait fait environ 17 millions de victimes, selon l’historien Tidiane N’Diaye, et la mortalité y était effroyable, impossible à chiffrer. Il reste des descendants d’esclaves noirs aux Amériques, pas dans le monde arabo-musulman. Cette traite, contrairement à la traite occidentale vers l’Amérique, a été largement minimisée. La seule façon d’échapper à l’esclavage était souvent la conversion à l’islam. À ces chiffres il faut ajouter les environ un million de victimes des Barbaresques en Méditerranée occidentale.

L’empire ottoman (XIVe-XXe siècles) – Domination et violences

La conquête des Balkans

À partir de 1362 et la prise d’Andrinople, les Ottomans entamèrent la conquête méthodique des Balkans. Les Serbes tombèrent après la bataille de Kosovo en 1389, les Bulgares en 1396, Constantinople en 1453, la Bosnie en 1463.

Le devchirmé : l’enlèvement des enfants chrétiens

Parmi les pratiques les plus odieuses de l’Empire ottoman figure le « devchirmé » (ou « devşirme »), littéralement « le ramassage » ou « la récolte ». Établi dans la deuxième moitié du XIVe siècle, ce système consistait à réquisitionner des garçons âgés de 8 à 18 ans parmi les populations chrétiennes des Balkans et d’Anatolie.

Ces enfants étaient envoyés à Constantinople, convertis de force à l’islam, éduqués et formés à exercer des fonctions civiles ou militaires, en particulier au sein du corps des janissaires. Entre les XIVe et XVIIe siècles, on estime que 300 000 à 500 000 enfants chrétiens (serbes, grecs, bulgares, albanais) furent pris dans ce système.

Ce système était surnommé « impôt sur le sang » ou « tribut du sang » par les populations concernées.

Les grandes vagues de massacres

Pour l’époque récente, on répertorie quelques-unes des vagues suivantes de massacres :

1. Massacres hamidiens (1894-1897) : Sous Abdülhamid II, entre 80 000 et 300 000 Arméniens sont massacrés et 25 000 Assyriens tués. Ces violences, planifiées par l’État, constituent un « prélude expérimental » au génocide.

2. Massacre d’Adana (1909) : 20 000 à 30 000 Arméniens supplémentaires périssent en Cilicie.

3. Génocides ottomans tardifs (1913-1924) : Sous les Jeunes-Turcs, l’extermination devient systématique :

  • Génocide arménien (1915-1917) : 600 000 à 1,5 million de morts (les deux tiers de la population arménienne), par déportations, marches de la mort, massacres et conversions forcées.
  • Génocide grec pontique (1913-1922) : 300 000 à 900 000 Grecs orthodoxes exterminés.
  • Génocide assyrien (1914-1924) : 250 000 à 300 000 Assyro-Chaldéens tués.

Total pour les seules populations chrétiennes (1894-1924) : entre 1,25 million et 3,03 millions de victimes, selon les estimations.

La négation persistante

Aujourd’hui encore, la Turquie refuse de reconnaître les génocides qu’elle a orchestrés. Cette négation d’État perpétue une violence symbolique contre les peuples victimes.

L’empire moghol (XVIe-XIXe siècles) Massacres dans l’Inde

L’Empire moghol fut fondé en 1526 par Babur, descendant de Tamerlan et de Gengis Khan. Les Moghols furent avant tout des conquérants, imposant par les armes leur domination sur le sous-continent indien.

L’intolérance religieuse sous Aurangzeb

Si les premiers Moghols, notamment Akbar (1556-1605), pratiquèrent une politique de relative tolérance, ce fut surtout sous le règne d’Aurangzeb (1658-1707) que l’intolérance atteignit son paroxysme. Aurangzeb réimposa la jizya (impôt sur les non-musulmans), détruisit de nombreux temples hindous (notamment le célèbre temple de Vishwanath à Bénarès), persécuta les sikhs et fit exécuter leur neuvième gourou, Tegh Bahadur, en 1675.

Ces politiques créèrent un ressentiment généralisé et des rébellions qui fragmentèrent l’empire.

Les massacres

Les sikhs subirent des persécutions particulièrement sévères. Le cinquième gourou, Arjan Dev, fut torturé à mort en 1606 sur ordre de l’empereur Jahangir. Le neuvième gourou, Tegh Bahadur, fut décapité publiquement à Delhi en 1675 par Aurangzeb pour avoir refusé de se convertir à l’islam.

L‘estimation du nombre des victimes des Moghol est l’objet de polémiques entre les historiens.

L’historien Will Durant écrivait en 1935 que « la conquête mahométane de l’Inde est probablement l’histoire la plus sanglante de l’histoire ». Des auteurs comme Koenraad Elst et François Gautier ont avancé, sur cette base, des estimations de plusieurs dizaines de millions de morts sur les huit siècles de présence musulmane en Inde.

Les historiens nationalistes hindous avancent aussi des chiffres considérables : K.S. Lal estime à 80 millions la diminution de la population hindoue entre 1000 et 1525, tandis que Koenraad Elst affirme que le bilan dépasse celui de la Shoah.

Éléments communs et comparaisons

Une violence systémique

Ce qui frappe dans l’étude des empires arabes, ottomans et moghols, c’est la récurrence de certaines pratiques violentes :

  • La conquête militaire comme fondement de l’État
  • La discrimination légale des populations non musulmanes, institutionnalisée sur des siècles
  • La pression fiscale confiscatoire
  • Le travail forcé et l’esclavage à grande échelle
  • La destruction délibérée des lieux de culte
  • Les déplacements forcés de populations

L’absence de repentance

Contrairement à l’Europe, qui a entrepris un examen critique de son passé colonial, les héritiers des empires arabes et ottomans n’ont jamais véritablement fait face à leur histoire. La Turquie continue de nier le génocide arménien. Le monde arabe n’a jamais entrepris d’examen critique de l’expansion islamique et de ses conséquences sur les populations non musulmanes.

La durée de la domination arabo-musulmane (plus d’un millénaire), son étendue (de l’Espagne à l’Indonésie), et l’ampleur des transformations culturelles imposées (arabisation, islamisation) sont sans commune mesure avec la brève parenthèse coloniale européenne (à peine deux siècles dans la plupart des cas).

Conclusion

Les classes dirigeantes d’Occident traverse une crise de la mémoire. Pris dans une spirale de repentance, elles semblent avoir perdu la capacité de regarder l’histoire de leurs pays avec sérénité. Pourtant, les faits sont têtus. Les empires arabes, ottomans et moghols ont exercé une domination autrement plus longue, autrement plus étendue, et autrement plus brutale que la colonisation européenne.

La colonisation européenne a apporté des bienfaits et a respecté les cultures locales qui existent toujours. Les conquêtes musulmanes procèdent d’un véritable génocide : ces empires ont éradiqué les langues, les religions et les cultures des pays conquis. Et ils continent en persécutant les Kurdes, les chrétiens, les juifs et les autres cultures minoritaires. En Occident seuls deux génocides ressemblent aux crimes commis en Orient : celui des Amérindiens par les Anglo-Saxons et la Shoah.

Jean Lamolie

https://ripostelaique.com/colonisations-oubliees-les-genocides-par-les-empires-musulmans/

La guerre du FLN contre la France s’est transformée en guerre de religion

 

Depuis des années j’affirme que la guerre d’Algérie qui, avant 1954, fut effectivement une révolte contre la France colonisatrice, est devenue progressivement une guerre de religion : il ne fallait qu’aucun « non musulman » ne reste en Algérie après l’indépendance.

Il faut que ce soit un communiste, Jean-Pierre Lledo, partisan du FLN, qui a pris la nationalité algérienne et qui est resté en Algérie indépendante jusqu’en 1993 qui le confirme dans une déclaration faite plus d’un demi-siècle après la déclaration de l’indépendance.

Et je me vois contraint de le remercier, non seulement pour cette déclaration mais également pour la réponse, en trois volets, apportée au « minable » rapport mémoriel remis par Benjamin Stora au président Macron.

Voici un extrait de cette confirmation :

« La déclaration d’indépendance du 1er Novembre 1954 a pour but un Etat souverain, mais « dans le cadre des principes islamiques ».  

On se jure fidélité sur le Coran. On coupe le nez des déviants pris en flagrant délit. L’homosexuel est puni de la peine de mort, quel que soit son grade (le chef militaire Bachir Chihani en fera l’expérience). L’égorgement n’est pas un acte sauvage pour le combattant, puisque sanctifié par l’islam.  

L’ennemi est « l’infidèle », la guerre est un « djihad ». On la mène au cri d’ « Allahou akbar » (Allah est le plus grand). Et ceux qui la font sont des « frères » («khawa», c’est-à-dire des frères… musulmans). Dans les zones qu’il contrôle, le FLN remplace la juridiction française laïque par la charia. 

Un des grands dirigeants de la lutte armée, et particulièrement du massacre du 20 août 1955 dans l’est-algérien, Lakhdar Ben Tobbal, avoue dans ses mémoires avoir fait la guerre aux non-musulmans : « Bons ou mauvais, je ne faisais pas de différence ».  

Un autre dirigeant, Si Abdallah, témoigne : « Nous n’arrivions pas dans une mechta en soldats révolutionnaires mais en combattants de la foi et il est certain que l’islam a été le ciment qui nous permit de sceller notre union…»  

Même un des dirigeants, souvent présenté comme le Saint Just laïque de la révolution et qui sera assassiné par les siens, le Kabyle Abane Ramdane, ne dérogera jamais à l’idéologie dominante qui se veut « arabo-musulmane », et à ce titre signera un texte contre « les berbéristes », destiné à la Fédération de France du FLN.  

Quant à l’autre chef kabyle, le Colonel Amirouche, très peu savent qu’il adhéra à l’Association des Oulémas (d’où sortiront plus tard les cadres de l’islamisme), qu’il défendit la langue arabe contre le berbère, qu’il s’opposa radicalement aux « berbéristes » (nationalistes qui ne voulaient pas d’une Algérie fondée sur des critères ethniques ou religieux) et qu’il imposa les prières quotidiennes à ses subordonnés dans les maquis. 

Aussi, le résultat d’une telle orientation pouvait-il être autre que celui qui s’imposa au moment de l’indépendance et que révéla clairement le président du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), Ben Khedda, trente ans plus tard dans ses mémoires : « En refusant notamment la nationalité algérienne automatique pour un million d’Européens, nous avions prévenu le danger d’une Algérie bicéphale »?  

Les accords d’Evian du 18 mars 1962 (qui ne furent jamais ratifiés par l’organe suprême du congrès de Tripoli) se refusaient à considérer les non-musulmans comme des Algériens. Diktat imposé par le FLN à la France, en échange de l’autorisation à exploiter le pétrole durant 10 ans. Les non-musulmans ne pouvaient devenir Algériens qu’en en faisant la demande, souvent refusée à des militants de la cause indépendantiste. 

Dans le très officiel Mémorial des Martyrs d’Alger, aucun nom de combattants non-musulmans ne figure. Bien plus, à Ténès on débaptisera la rue Ghenassia en rue de Palestine : cet infirmier juif avait pourtant préféré mourir que fuir l’encerclement de l’armée française, afin de rester près de ses blessés.  

En 1962, le million de chrétiens et de juifs n’eut d’autre choix que de quitter précipitamment ce qu’ils considéraient comme leur pays. Et pour ceux qui, malgré tout, continuaient à espérer pouvoir rester, on commandita l’assassinat du musicien juif Raymond Leyris, le 22 Juin 1961, puis une année plus tard le massacre de centaines de non-musulmans à Oran, le 5 Juillet 1962, méfait à ce jour non-revendiqué par ses auteurs, et à propos duquel aucun historien algérien n’a encore osé entreprendre une recherche, comme on peut s’en douter. 

Des preuves de « la dimension religieuse de la guerre d’Algérie », on pourrait encore en trouver de très nombreuses. Ce qui ne manque pas d’étonner, c’est plutôt le refus des élites algériennes comme européennes d’admettre l’évidence. Et si cela pouvait se comprendre durant la guerre d’indépendance, de leur point de vue (ne pas affaiblir « la révolution »), que dire aujourd’hui, 56 ans plus tard ? Ne serait-ce pas parce que cette stratégie de l’aveuglement rend encore quelques services aux élites dhimmisées en cette époque où les violences de l’islamisme, confinées jusque-là aux pays musulmans, sont en train, depuis plus de deux décennies, de s’exporter, notamment en Europe ? » 

Jean-Pierre LLEDO (2018). 

Si je peux parler de la guerre d’Algérie, et même de l’Algérie, mieux que Lledo jusqu’en 1962, il est bien évident qu’il peut, lui, parler de l’Algérie indépendante, de 1962 à 1993, bien mieux que moi

Manuel Gomez

https://ripostelaique.com/la-guerre-du-fln-contre-la-france-sest-transformee-en-guerre-de-religion/

Pourquoi l’empirisme organisateur ?

 

Parce que la politique est la science de la cité. Parce que saint Thomas d’Aquin ajoute que la science politique appartient à la philosophie pratique et qu’elle est l’achèvement de la philosophie des choses humaines puisqu’elle traite de l’objet le plus noble et le plus parfait. Parce que Charles Maurras, influencé par la pensée d’Auguste Comte et formé par la philosophie thomiste, considère lui aussi la politique comme une science…

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Politique et morale sont deux domaines distincts : « La politique n’est pas la morale. La science et l’art de la conduite de l’État ne sont pas la science et l’art de la conduite de l’homme. Où l’homme général peut être satisfait, l’État particulier peut être déconfit », selon Charles Maurras dans Romantisme et Révolution, qui précise dans La démocratie religieuse que « la morale se superpose aux volontés ; or, la société ne sort pas d’un contrat de volontés mais d’un fait de nature ».

Ainsi, « l’inégalité des hommes » est un fait, qui n’est ni moral ni immoral, mais qui est, tout simplement, et dont la science politique doit tenir compte. Il faut donc distinguer deux phases :

  • une phase spéculative, qui observe les faits, où la morale n’a pas à intervenir ;

  • une phase pratique, qui concerne l’action politique, où la morale a son mot à dire.

La méthode expérimentale

S’il existe une vérité politique, c’est-à-dire une politique ayant des fondements objectifs et scientifiques, comment la découvrir ? C’est par l’expérience que le charpentier a connu la pesanteur ; c’est par l’expérience que le cultivateur a adapté ses travaux au rythme des saisons ; c’est par l’expérience que le physicien détermine les lois de la matière. De même, « notre maîtresse en politique, c’est l’expérience », indique Maurras, ajoutant « si l’on veut, ‘j’eus des théories’ et, si l’on veut ‘j’en ai encore’. Mais de tout temps, ces théories ont mérité leur nom, qui en montre la prudence et l’humilité, elles s’appellent l’empirisme organisateur, c’est-à-dire la mise à profit des bonheurs du passé, en vue de l’avenir que tout bien né souhaite à sa nation ». Par l’expérience et par l’observation, il apparaît que les sociétés, comme le monde physique, obéissent à des lois fixes qui ne s’inventent pas mais se découvrent.

L’induction

L’empirisme organisateur est une méthode d’abord inductive, qui part des faits pour parvenir aux principes. Il procède du particulier au général, du singulier au complexe, des constatations de fait aux vérités universelles. Le premier travail est donc l’observation des faits. Il commande le refus de tout a priori, de tout absolu lié aux goûts, aux préférences personnelles, aux opinions subjectives et de toute idéologie.

Le deuxième mouvement est l’analyse des faits : savoir distinguer pour unir. « L’analyse décompose pour découvrir l’ordre de la composition et fournit les éléments de la recomposition », mentionne Charles Maurras dans ses écrits, ajoutant encore que « la science politique est une science dont l’objet est la poursuite de constantes régulières et des lois statiques de la société (…) il s’agit des lois suivant lesquelles se présentent certains faits, qui ont coutume de ne point surgir séparément. Lois comparables à celle dont la nature et le laboratoire suivent l’action chaque jour. Elles consistent en liaisons constantes, et telles que l’antécédent donné, on peut être sûr de voir apparaître le conséquent. Par exemple, l’élévation de l’eau à 100° et le phénomène de l’ébullition. Par exemple, l’avènement de l’élection démocratique et le phénomène de la centralisation. On peut empêcher l’eau de bouillir. On peut empêcher la démocratie élective de se produire : si elle se produit, on ne peut l’empêcher de centraliser ». Et, par ailleurs, Maurras indique que « la tradition elle-même n’est autre que le souvenir des expériences ; elle doit donc être critique. Et l’esprit critique voit clair : l’esprit révolutionnaire ne sait ni ne veut regarder, ‘du passé faisons table rase’, dit la chanson. Je hais ce programme de l’amnésie : non, point de table rase. Cependant, libre voie ».

La déduction

L’empirisme ne se contente pas de rapporter des faits. Il doit être organisateur. La raison est indispensable pour établir une ligne politique. Rousseau s’est trompé. Non, parce qu’il raisonnait, mais parce qu’il raisonnait mal, se fondant sur des principes erronés de liberté-égalité.

Au dernier stade de la méthode, la déduction intervient une fois les lois induites du passé par l’observation et l’analyse. Charles Maurras disait ainsi dans La démocratie religieuse que « moyennant quelque attention et quelque sérieux, il ne faut pas un art très délié pour faire une application correcte de ces idées ainsi tirées de l’expérience postérieure. La déduction est, en ce cas, la suite naturelle des inductions faites » ; Auguste Comte précisant qu’il convient d’« induire pour déduire afin de construire ».

Encore faut-il ajouter que l’empirisme organisateur ne prétend pas formuler toutes les lois naturelles nécessaires au gouvernement des hommes et encore moins les lois surnaturelles. Il s’agit de déterminisme conditionnel : il ne faut pas ériger en absolu les constatations dégagées par l’empirisme organisateur, ni leur donner une valeur universelle et éternelle. Les faits se jugent non dans l’absolu, mais dans leur contexte historique. « Nous ne sommes pas des métaphysiciens. Nous savons que les besoins peuvent changer », dit Charles Maurras.

L’empirisme organisateur est le contraire d’un fatalisme : les lois historiques sont relatives et la multiplicité des lois assure à l’homme sa liberté, puisqu’il peut jouer sur leur nombre et leurs contradictions éventuelles. « On ne commande à la nature qu’en lui obéissant », indiquait Francis Bacon, il y a déjà plusieurs siècles de cela.

https://www.actionfrancaise.net/2026/03/30/pourquoi-lempirisme-organisateur/

Comment LOUIS VI a gagné une GUERRE… sans BATAILLE

 


dimanche 29 mars 2026

Une charpente d’exception : la famille

 

Par Gérard Leclerc

Le progressisme ecclésial ? La négation de la différence sexuelle ? Attention à la corruption les relations sociales !…

C’est un essai, dû à un religieux de la Compagnie de Jésus, qui évoque la vie, l’œuvre et la postérité de l’éminent Père Gaston Fessard (1897-1978), un jésuite. Sa personnalité a marqué le XXe siècle, comme auteur spirituel de grande fécondité, mais aussi comme « adepte de la contemplation dans l’action ». Deux manifestes de sa main ont particulièrement marqué l’histoire : France, prends garde de perdre ton âme (1941) contre le nazisme et France, prends garde de perdre ta liberté (1946) contre le communisme.

Avec la distance, la lucidité dont il fit preuve, notamment à l’encontre d’un certain progressisme, apparaît d’autant plus remarquable qu’elle est à mettre en relation avec le risque d’apostasie encouru de la part de toute une mouvance ecclésiale. Son dernier ouvrage, Église de France, prends garde de perdre la Foi !, avec une préface de son grand ami Henri de Lubac, sonne encore comme un avertissement. « Fessard ne se borne pas à un procès d’intention. Il analyse avec précision les documents récents de la pastorale épiscopale en France en montrant comment certains présupposés anthropologiques ou sociaux altèrent la foi elle-même. […] À la prétention d’une praxis sans référence à la vérité révélée, il oppose le discernement ignatien ; à l’activisme horizontal, il rappelle que l’Église est d’abord hiérarchique parce que sacramentelle, c’est-à-dire orientée par le Christ vers le Père. »

Un des aspects de l’œuvre de Gaston Fessard paraît d’une actualité étonnante. C’est celui qui touche à la question particulièrement cruciale de l’amour humain, avec la dévalorisation de la différence des sexes, la promotion du concept de gender et l’invraisemblable complaisance à l’égard du trans-sexualisme qui produit tant de dégâts. On pourrait y ajouter encore un néo-féminisme virulent, prompt à exacerber la haine envers le sexe masculin.

Une autre voie alternative

À l’encontre de ces facteurs de déconstruction, le Père Fessard propose une perspective d’une union de l’homme et de la femme qui structure le destin de l’humanité : « Alors que nos institutions traditionnelles s’affaiblissent et que l’individualisme progresse, tandis que les revendications identitaires fragmentent le corps social, Fessard propose une autre voie alternative. Il mise sur une fraternité qui ne soit ni superficielle coexistence ni fusion autoritaire, mais véritable communion respectueuse des différences. »

À ce propos, je me permettrais de rappeler que j’avais eu recours largement dans un essai intitulé L’amour en morceaux ? (2000) à l’ouvrage du Père Fessard introduit magistralement par le Père Michel Sales : Le mystère de la société. Recherches sur le sens de l’histoire (1997). En effet, la relation homme-femme constitue « la charpente de toutes les structures sociales en même temps que du milieu où éclôt, grandit et tend à s’accomplir la liberté de chaque individu ». Toute la perversité actuelle du gender consiste à dévaluer et même à proscrire la différence sexuelle qui est pourtant fondatrice de toutes nos relations existentielles. Cette dénégation a forcément des effets ravageurs, parce qu’elle aboutit à transformer en véritable chaos les relations humaines, alors que l’union conjugale avec sa fécondité est au cœur même d’une fraternité humaine.

Il faut ajouter à cela que, dans la doctrine sacramentelle, Dieu est participant de l’Alliance, il est garant d’une économie de la grâce, du pardon et de la refondation. C’est pourquoi on aurait sans doute intérêt à revenir à ces notions essentielles dans les discussions présentes, notamment synodales sur ces fondements anthropologiques et théologiques, qui interdisent certaines fausses pistes (telle la recherche éperdue d’un diaconat féminin). La crise universelle de la conjugalité impose des réponses solides et adaptées.

(Illustration : La Sainte Famille accompagnée de saint Jean et sainte Élisabeth, Nicolas Poussin, Le Louvre)

https://www.actionfrancaise.net/2026/03/29/une-charpente-dexception-la-famille/

Guerre d’Iran ou Troisième Guerre mondiale ?

 

Dans un article du 20 mars dernier intitulé ««Notre» guerre mondiale», Philippe Grasset cite Raphael Machado : «Dès que la guerre-Epstein (ou guerre d’Iran) a commencé, beaucoup de gens ont demandé : «Est-ce que cela peut mener à la Troisième Guerre mondiale ?» Mentalement, j’ai pensé : «Mener ? Que manque-t-il encore pour que tout le monde comprenne où nous en sommes ?» 

Si nous avons du mal à voir que nous sommes entrés dans la 3ème guerre mondiale, c’est que dans l’imaginaire collectif, une guerre mondiale est synonyme d’apocalypse nucléaire, selon Machado. Mais, de la même manière que ce n’est qu’après coup que les guerres de 1914 et 1939 ont été appelées 1ère et 2ème guerres mondiales, «il se pourrait que, dans un futur situé entre 100 et 500 ans, des historiens en viennent à désigner la période débutant, peut-être, avec l’opération militaire spéciale ou la guerre du Donbass comme la «Troisième Guerre mondiale»».

Philippe Grasset quant à lui, estime que «si la Troisième Guerre Mondiale est un autre nom donné à la Grande Crise (l’effondrement du système), effectivement, nous y sommes déjà !»

Brian Berletic, sur son site The New Atlas, arrive à la même conclusion, en analysant les documents et les faits.

Brian Berletic est, à mon sens, un des meilleurs analystes géopolitiques actuels. Il alerte, depuis une quinzaine d’années, sur l’implacable détermination des États-Unis à maintenir leur hégémonie sur le monde, en dépit de leurs dénégations opportunistes relayées par la propagande européenne. Ils sont prêts pour cela à sacrifier leurs proxys, comme on le voit en Ukraine, en Europe, en Israël, au Liban et dans les États du golfe.

Comme Brian Berletic le prouve à l’aide de documents étasuniens, le but est, quasiment depuis la chute de l’URSS, d’isoler et d’étrangler la Chine, en la privant de ses importations d’énergie et de ses alliés. Et cela sous toutes les administrations étasuniennes confondues, qu’elles soient républicaines ou démocrates…

Comme Lavrov qu’il cite, Brian Berletic considère que nous sommes entrés dans la 3ème guerre mondiale et il le démontre avec brio. Ce qu’il ne nous dit pas, malheureusement, c’est qui va gagner : l’occident collectif (+ Japon, Corée du sud, Philippines) ou les BRICS… Pour lui, c’est sans doute encore trop tôt pour le savoir.

Mais pour l’ancien ambassadeur et ancien haut responsable du ministère de la Défense Chas Freeman les États-Unis sont certainement en passe de perdre au moins cette étape de leur guerre éternelle pour l’hégémonie, parce que, à la différence de l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, l’Iran a, comme la Russie, les capacités de se défendre et, comme la Russie, il ne négociera que lorsqu’il aura atteint ses objectifs.

La «nouvelle attaque surprise que les États-Unis prévoient de lancer pendant le week-end, dans l’espoir qu’une fois les marchés fermés, leurs troupes disposeront de deux jours pour s’emparer d’infrastructures économiques stratégiques susceptibles de rassurer les négociants en pétrole, voire de jeter les bases d’une prise de contrôle du détroit d’Ormuz, est une pure folie !» ajoute-t-il.

Pour lui, le résultat de cette guerre sera catastrophique, l’Iran va se doter de la bombe nucléaire, bientôt suivi de la Turquie et de l’Égypte, et instaurer un droit de passage sur le détroit d’Ormuz.

Mais revenons à Brian Berletic. Voilà le résumé qui se trouve sous sa vidéo, passionnante de bout en bout :

•  Les médias occidentaux admettent qu’après près d’un mois de guerre d’agression menée par les États-Unis contre l’Iran, ce dernier continue de tirer environ 30 missiles par jour rien que sur Israël, ce qui indique que l’Iran dose ses tirs de missiles et que les tentatives américaines visant à réduire considérablement les capacités balistiques iraniennes ont jusqu’à présent échoué ;

•  Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a publiquement établi un lien entre les multiples guerres d’agression menées par Washington, de l’Amérique latine à l’Europe de l’Est et au Moyen-Orient, et le début de la Troisième Guerre mondiale, y voyant une tentative de «préserver les vestiges de sa domination» ;

•  Les unités expéditionnaires des Marines américains (MEU) continuent de se rapprocher du Moyen-Orient, prêtes soit à prendre d’assaut des sites situés sur ou le long des côtes iraniennes, soit à participer à l’interception des navires que l’Iran a autorisés à passer par le détroit d’Ormuz ;

•  Les frappes de drones de la CIA américaine, à partir de l’Ukraine, se sont concentrées sur Saint-Pétersbourg, en Russie, et en particulier sur les installations d’exportation d’énergie, notamment les terminaux pétroliers et les pétroliers dans le port voisin. Cela s’inscrit dans le cadre d’un blocus énergétique mondial que les États-Unis tentent d’imposer en premier lieu à la Chine, mais aussi comme moyen d’affaiblir ou de détruire les économies des partenaires les plus proches de la Chine ;

•  Les États-Unis et l’UE se partagent les tâches sous couvert d’un discours de «rupture», ce qui permet aux États-Unis de justifier le fait de concentrer davantage de leurs ressources sur l’Iran (et, en fin de compte, sur la Chine), tandis que l’UE utilise ce discours pour justifier une implication plus importante et plus directe dans la guerre avec la Russie au sujet de l’Ukraine, notamment le «blocus» récemment annoncé par le Royaume-Uni contre la «flotte fantôme» russe (fantôme parce qu’elle n’est pas assurée par la Lloyds Bank de Londres) et les saisies continues de navires de cette «flotte fantôme» par d’autres membres de l’UE.

La guerre en Iran vue de la Chine

Sur Fréquence Populaire MédiaArnaud Bertrand explique que la perception de la guerre de Pékin s’ancre dans l’histoire longue chinoise, notamment celle du «siècle de l’humiliation», ce qui la porte naturellement du côté de l’Iran. Mais la Chine a prudemment condamné les attaques iraniennes sur les pays du Golfe parce que, si 90% du pétrole iranien va en Chine, elle importe encore plus de pétrole de l’Arabie saoudite.

La Chine n’est pas trop inquiète car elle n’importe que 15% de son énergie, tandis que l’Europe importe 59% de son énergie. En plus la Chine est voisine de la Russie et elle a de grosses réserves stratégiques. Les Européens sont dans une bien plus mauvaise situation, car outre les problèmes d’approvisionnement en énergie, ils risquent d’avoir à accueillir des foules de réfugiés iraniens.

L’Iran n’a pas encore gagné la guerre mais l’Empire semble être en bien mauvaise posture. On voit se préciser la fin de la Pax América et l’émergence d’un monde multipolaire avec les BRICS, la remise en cause du pétrodollar, la montée du yuan, et de nouvelles alliances énergétiques et financières qui redessinent les rapports de force globaux, selon Arnaud Bertrand.

La facturation mondiale

Tout en transformant rapidement l’Union européenne en proxy militaire de l’Empire pour le soutenir dans ses derniers efforts en date – et espérons-le ses derniers efforts tout court – pour parvenir à la domination mondiale, la Commission européenne poursuit le développement d’institutions civiles destinées à assoir la dictature mondiale que l’Occident collectif rêve d’instaurer.

La dernière en date, est la facturation électronique. La mesure a été votée au Parlement européen avec plus de 90% d’approbation et elle sera appliquée en septembre prochain dans les États membres. Désormais, les entreprises n’auront plus le droit de produire leurs propres factures, elles devront passer par Peppol, un réseau international qui bénéficie d’un monopole de droit privé. C’est cette entité qui rédigera et enverra toutes les factures à la place des entreprises. C’est un moyen pour le pouvoir de centraliser toutes les données des entreprises – ce qui est contraire à la constitution – et d’avoir accès à toutes les factures – ce qui n’était jamais arrivé dans l’histoire.

Le processus est certes efficace et rapide mais cette rapidité se fait aux dépens de :

•  la sécurité publique : par exemple, n’importe qui pourra, grâce à l’annuaire public qui a été mis en place, envoyer des factures à n’importe qui ;

•  la liberté publique car connaître toutes les factures permettra à l’État de contrôler et même de manipuler la gestion des entreprises, sans compter que cette plateforme pourra, sur la demande des autorités, couper arbitrairement l’accès à n’importe quelle entreprise, qui sera alors réduite à la faillite, exactement comme les banques privées peuvent déjà le faire.

Il a fallu dix mois, au lieu des 30 jours légaux, et beaucoup de menaces, à Frédéric Baldan, un essayiste belge, pour obtenir de l’administration publique en charge de la facturation électronique, les documents concernant cette association de droit privé par laquelle tous les entrepreneurs européens seront bientôt désormais obligés de passer. Elle est supposée être «pan-européenne pour l’intégration européenne» selon ses statuts, mais on s’aperçoit en fait qu’elle est gérée par toute une constellation d’entreprises et de gouvernements étrangers (des Émirats arabes unis à Taïwan en passant par la Chine).

Cette loi inconstitutionnelle, qui constitue une ingérence inédite dans la gestion des entreprises privées et qui, de plus, facilite la guerre économique, a pour seul objectif de donner à la Commission un meilleur contrôle des entreprises, dans le but de faire avancer son projet totalitaire de gouvernance mondiale. Elle est un des éléments de la guerre contre les pays, les peuples et les individus qui ne veulent pas se laisser réduire en servitude par l’oligarchie financière au service de laquelle œuvrent sans répit l’administration étasunienne, l’UE et notre petit soldat à nous, Emmanuel Macron.

Pour finir, un peu d’humour avec Naïm 

Macron joue au chef de guerre

Dominique Muselet

https://reseauinternational.net/guerre-diran-ou-troisieme-guerre-mondiale/

samedi 28 mars 2026

Léon XIII : le pape de la modernité ? avec Jean-Baptiste Noé

 


Et donc l’Algérie doit à la France la somme de…

 

Un universitaire algérien, Seddik Larkeche, avait écrit à Emmanuel Macron le 4 décembre 2017 et le président de la République française lui a répondu le 22 janvier 2018. 

Aujourd’hui, en date du 19 décembre, sur le quotidien « El Watan », et repris par « Valeurs Actuelles », Seddik Larkeche reproduit l’intégralité de cette réponse et affirme, avec sérieux, que la France devrait à l’Algérie une somme qu’il estime à cent milliards d’euros « pour les crimes commis pendant la colonisation ». 

Il estime que la France ne pourra pas échapper à son obligation de dédommager l’Algérie puisque Emmanuel Macron, lui-même, avait reconnu ces « crimes commis contre l’humanité et de vraie barbarie » au cours de la colonisation française et qu’il ne peut, dans le même temps, tourner le dos aux réparations des préjudices subies et, pour cela, il la place devant ses obligations vis-à-vis de l’Algérie. 

Cet universitaire prend en exemple l’occupation allemande de la France durant les deux guerres mondiales, pour comparer la colonisation française, et les milliards que l’Allemagne a dû verser à la France. 

Cette somme, évaluée à cent milliards, pour les crimes commis entre 1830 et 1962, concernant la spoliation de millions d’hectares de terres, l’analphabétisation de la quasi-totalité de la population, les conséquences dramatiques sur les vies humaines et sur la nature, suite aux effets des essais nucléaires et chimiques pratiqués par la France jusqu’en 1978 et le génocide pratiqué sur la population entre 1930 et 1962 : plus de 10 % sauvagement décimée « par des crimes qui furent ceux du nazisme » comme le soulignait la célèbre ethnologue Germaine Tillon. (À noter la présence de moins de deux millions d’Arabes en 1830 et de dix millions lors de l’Indépendance en 1962, comme génocide on peut faire mieux !) 

Que Seddik Larkeche permette à un simple journaliste et écrivain de présenter à l’Algérie la facture de ce qu’elle doit à la France colonisatrice. 

« J’estime à environ 500 milliards l’ensemble des infrastructures abandonnées par la France en 1962 : 80.000 km de routes, 4 ports internationaux et 10 ports modernes, 12 aéroports importants et 32 aérodromes, 4500 km de voies ferrées, 150 hôpitaux (dont les lits étaient occupés par 9 musulmans pour un Européen et qui sont actuellement les seuls à vous soigner de la covid), plus des milliers de maternités et de dispensaires, 16.000 km de lignes téléphoniques, 31 centrales hydroélectriques ou thermiques, avec une production de 950 millions de kw/heure, des infrastructures pétrolières et gazières qui vous font vivre depuis 1962. 

Ajoutons à cette liste les dizaines de villes modernes (immobilier et commerces), à la place des casbahs dans lesquelles vous viviez. Des milliers de bâtiments administratifs, des ponts, des viaducs, des tunnels, des églises (devenues des mosquées), des milliers d’écoles qui apprenaient à vos enfants à devenir des hommes et dans lesquelles vous avez assassiné 91 instituteurs et directeurs. 

Une agriculture exportatrice que vous avez entièrement détruite : céréales : 600.000 quintaux de grains et 700.000 de semoule. 200.000 tonnes/an de fruits (orange), 120.000 quintaux de figues, 50.000 quintaux d’olives et 100.000 hectolitres d’huile d’olive et plus d’un million de quintaux de légumes, sans oublier 372.000 hectares de vignoble. 

L’industrialisation de la zone de Colomb-Béchar avec ses importants gisements de charbon, de fer, de manganèse et de cuivre et les immenses gisements sahariens (le seul gisement de fer de Tindouf avec plus de dix millions de tonnes annuelles et, enfin, les réserves de pétrole du Sahara, plus importantes que celles du Venezuela, pourtant 5e producteur mondial. 

Je ne suis pas un universitaire aussi distingué que vous, Seddik Larkeche, mais je sais faire une soustraction, donc 500 milliards moins 100 milliards, je crois que le résultat est de 400 milliards, que l’Algérie devrait à la France. 

Je suis certain que vous n’êtes pas d’accord, n’est-ce pas ? 

Manuel Gomez

https://ripostelaique.com/et-donc-lalgerie-doit-a-la-france-la-somme-de/

Du suffrage universel qu’en sortira-t-il ?

 

Un trentième-quatrième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait d’Henri Lasserre tiré de De la réforme et de l’organisation normale du suffrage universel, paru en 1873.

*****

Il faut bien le comprendre, le suffrage universel n’en a été jusqu’à présent qu’à son âge d’enfance ; et il sort à peine de ses lisières multiples et savantes à l’aide desquelles la politique de l’Empire lui donnait une direction homogène.

Il a été longtemps à peu près inconscient de lui-même. Cette masse énorme n’a pas su d’abord comment se mouvoir ; de sorte que, durant une considérable période, ses allures se sont contredites, et ses effets entre-détruits.

Mais cette période touche à son terme : et déjà le regard de l’observateur entrevoit que des millions de membres du monstre se disciplinent, que ses mouvements prennent de l’unité, que sa volonté se formule, que sa direction s’accentue. Nous assistons à un spectacle inouï et le refrain révolutionnaire a raison : « Le peuple souverain s’avance ! » L’armée du désordre se met en ordre. Depuis la montée du déluge, depuis les invasions des hordes barbares, rien n’est comparable à ce qu’aperçoivent en ce moment les quelques hommes qui ont des yeux. Et, sur ce point, l’épouvante (qui fait parfois des miracles) commence à rendre la vue aux aveugles et à faire entendre les sourds.

Le suffrage universel tend à se coordonner sous l’action de quelque centralisation puissante qui s’intitulera soit l’Internationale, soit la Ligue populaire, le nom importe peu, et qui fera manœuvrer savamment et légalement la grande armée du scrutin – comme déjà à plusieurs reprises on a fait manœuvrer les grèves – de façon à écraser sous ces foules innombrables les malheureuses minorités qui s’appellent l’intelligence, le savoir, la vertu, qui s’appellent aussi la richesse et la propriété.

Grâce à cette discipline électorale l’heure arrivera, et elle n’est pas loin, où les classes ignorantes et, comme elles disent, déshéritées, auront seules des représentants au pouvoir. Tout le reste sera systématiquement exclu : tout le reste aura la minorité partout.

Le monde social sera renversé brusquement et légalement :

  • Ceux qui ont besoin d’être gouvernés gouverneront, et gouverneront seuls ;

  • Ceux qui auraient la capacité nécessaire pour gouverner n’auront plus d’existence politique. Ils voteront au scrutin ; mais, étant surtout inférieurs en nombre, ce vote n’aura nul effet nulle part, et n’amènera aucun d’entre eux dans les assemblées dirigeantes. Ils seront encore dans le pays social, ils ne seront plus dans le pays politique et légal.

L’impôt sur la propriété sera voté, à l’exclusion des propriétaires, par des gens qui n’ont rien. La transmission des héritages et le retour de la richesse à la communauté seront réglés par les individus sans patrimoine. Les lois sur l’instruction et l’éducation seront faites par les hommes sans éducation et sans instruction. Qu’est-ce qui pourrait les arrêter ? Rien !

https://www.actionfrancaise.net/2026/03/28/du-suffrage-universel-quen-sortira-t-il/

mercredi 25 mars 2026

Le 21 avril 1961, un putsch avorté : dommage !

 

« Ils pleureront des larmes de sang, plus tard, lorsqu’ils comprendront ! Au moment où les Français ne sauront plus comment caser leurs enfants ni leur assurer des situations et leur ouvrir des débouchés, ils ferment devant eux, de leurs propres mains, ce champ d’action formidable et ce vaste morceau de notre France qu’était l’Algérie ! L’industrialisation de l’Algérie, à elle seule, aurait eu de quoi  occuper trois  générations, c’est perdu ! Oui, j’attends les Français  avec leurs milliers de jeunes réclamants des emplois ! Et le Sahara, avoir abandonné le Sahara avec ses richesses inouïes, ses richesses morales surtout ; c’était là-bas que se forgeaient les hommes et les âmes, quelle faute ! Les Français comprendront plus tard, et ce plus tard sera bientôt ! »  (Maréchal Alphonse Juin (1))

 Le texte ci-dessus date de 1962, mais il n’a pas pris une ride. Plus d’un demi-siècle après son indépendance, l’Algérie a gâché le bel héritage laissé par les colons français. Quant à la France,  elle a  renoncé à son autosuffisance énergétique en bradant le Sahara.  Trois ans après les funestes accords d’Évian, nous abandonnions Mers-El-Kebir, trois autres années encore et nous laissions le Sahara et ses immenses gisements de gaz et de pétrole. La  France, réduite à un hexagone, tirait un trait sur ses matières premières. Le premier choc pétrolier, en 1974, s’est chargé de le rappeler à un peuple trop stupide pour comprendre que l’héritage gaulliste, c’est aussi cela, c’est surtout cela.

La fin de l’Algérie française aura été, en fin de compte, un match nul, perdant-perdant.

Grâce aux opérations du « Plan Challe » nous avions gagné ce conflit militairement.

Le FLN (2), avec la complicité du gouvernement français, l’a gagné politiquement. En effet, il faut arrêter d’entretenir le mythe du peuple algérien se levant d’un bloc contre le colonisateur honni. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 1958, quand l’ermite de Colombey revenait aux affaires, l’ALN disposait de 20 000 combattants et autant d’auxiliaires, soit 40 000 hommes plus ou moins bien armés. Lors des accords d’Evian (18 mars 1962),  elle avait  moins de 4 000 combattants réguliers et 10 000 moussebilines. Et dans le même temps, les effectifs  des  musulmans algériens servant  dans (ou aux côtés de) l’armée française passeront de 30 000 à… 260 000 hommes.  Certes, certains se sont engagés moins par conviction politique que par refus des méthodes et des principes du FLN mais, qu’on le veuille ou non, ils avaient choisi de servir la France. Beaucoup sont morts pour elle.

« On ne s’est pas enlacés pendant 130 ans, écrira le sociologue Jacques Berque, sans que cela descende très profondément dans les âmes et dans les corps… ».

De nos jours, les dirigeants algériens – au pouvoir sans discontinuer depuis presque 60 ans – tentent de faire oublier leur incompétence crasse  et la corruption endémique qui gangrène leur pays en chargeant la France de tous les maux. La moitié du peuple algérien – soit plus de 20 millions de personnes – a moins 25 ans, et elle apprend dès son plus jeune âge que tous ses malheurs viennent de nous. Les déclarations irresponsables d’Emmanuel Macron, le scandaleux  « rapport Stora » et notre mea-culpa perpétuel  viennent – chaque jour un peu plus – mettre de l’huile sur le feu.

Il ne sert à rien de réécrire l’histoire, car, comme dit l’adage populaire : « si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle » or, dans notre époque qui perd tous ses repères, l’oncle peut « en avoir » et … être une tante. Pourtant, quand arrive le 21 avril, je me dis que la réussite du putsch d’Alger aurait été assurément une bénédiction, tant pour les Français que pour les Algériens.

Hélas, ce pronunciamiento, comme tant d’autres, a fait un flop. Dès le 26 avril 1961, Maurice Challe, l’un des putschistes du « quarteron de généraux à la retraite » fustigé par de Gaulle dans une allocution télévisée, se rendait aux autorités,  et avec lui, le commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, dont le régiment – le glorieux 1er REP (3)- avait été le fer de lance du soulèvement.

Ainsi s’achevait, tristement, le dernier sursaut de l’Algérie française.

Toute cette affaire, qui se terminait mal, avait commencé quelques jours plus tôt.      

Le 21 avril 1961, l’armée – une partie – entrait en dissidence : les généraux Challe, Zeller, Jouhaud, puis, dès le lendemain, « le Mandarin »  Raoul Salan, prenaient le pouvoir à Alger.

Des généraux, des colonels, des capitaines  les avaient suivis avec leur régiment, ou, plus modestement leur section. Le 1er REP, les Commandos de l’air, des régiments paras accompagnaient cette rébellion. Les civils, « pieds-noirs » ou musulmans, avaient été tenus à l’écart (à l’exception de membres du groupe « France-résurrection » chargés de guider les troupes). L’armée voulait un coup d’état militaire. On peut penser, après coup, que le putsch était jouable en y associant les « pieds-noirs » et les musulmans pro-français. Charles Maurras a dit : « Un peuple qui néglige son armée est un peuple malade. Un peuple qui se sépare moralement de son armée est un peuple perdu… ».

Lors de la « semaine des barricades » de janvier 1960 à Alger, les civils ont agi seuls ; en avril 1961, les militaires ont voulu agir seuls ; bilan de ce sectarisme réciproque : deux échecs !  

Les services secrets français annonçaient depuis longtemps que le malaise de l’armée pouvait dégénérer en coup de force mais de Gaulle n’y croyait pas. Ce « militaire de plume » ne comprenait rien à l’armée d’après-guerre. Cette armée qu’il avait lui-même désorganisée à la Libération et qui présentait un arc-en-ciel d’idéaux très disparates.

Quant aux militaires qui avaient cru en de Gaulle le 13 mai 1958, ils tombèrent de haut, en septembre 1959, quand ce dernier inventa « l’autodétermination ». De Gaulle ne cachait pas son dédain, voire son mépris, pour les militaires. Lui, l’intellectuel, le littéraire, supportait mal leur lenteur d’esprit. Mégalomane et orgueilleux, il se jugeait au-dessus de la mêlée. Pour lui plaire, un général devait être : «… un homme d’État, un visionnaire, un réformateur et un poète. Ramsès II, Mahomet, Saint Louis  et Pierre le Grand avaient toute son admiration, mais les hommes d’une pareille envergure sont rares dans l’armée… » (4). Durant ses 12 années d’exil, sa longue traversée du désert à Colombey, il avait perdu le contact avec la nouvelle armée.

Or cette armée, humiliée en Indochine, trouvait en Algérie une raison d’espérer. Il attribua le malaise des militaires  à un manque de discipline et aux faiblesses de la IVe République. Cynique, il ironisait en public sur ces soldats « qui ne voient pas plus loin que le bout de leur djebel… ».

Le 21 avril donc, la « grande muette » sort de sa réserve et… de ses casernements ; le putsch démarre ! Ceux qui l’ont organisé ne veulent pas mettre à mal la République, ils veulent sauver l’Algérie française. Ce n’est pourtant pas ce que l’histoire « officielle » retiendra !

La Maison de la Radio fut enlevée sans coup férir par les légionnaires-paras du 1er REP, aux ordres, par intérim, du commandant Denoix de Saint Marc.

Avant de partir en permission, son colonel lui avait déclaré: « Je vous confie le régiment. Nous vivons une époque tragique où il n’est pas facile pour un soldat de savoir où est le droit chemin… » À 18 ans, Saint-Marc  a été déporté à Buchenwald. Il a eu une conduite  héroïque en Indochine comme en Algérie. C’est un homme de devoir et d’honneur. Le général Challe est, pour lui,  celui qui «  a commandé les troupes françaises et les a menées à la victoire ». Il éprouve pour lui « admiration, respect et amitié » (5). Quand Challe, en civil, en simple blouson d’aviateur, sans écusson ni grade, le convoque, il lui déclare sans ambages : « Je suis un démocrate, Saint-Marc, ni raciste, ni fasciste, mais il s’agit bien d’un coup d’État… ». Et Hélie de Saint Marc, n’écoutant que sa conscience, a lancé ses légionnaires-parachutistes à l’assaut des points stratégiques d’Alger.

La réputation, la qualité et la discipline des troupes putschistes évita un bain de sang. Un adjudant du REP fit une victime – la seule – en ripostant contre un tir des gardiens du poste relais d’Ouled Fayet. Le lieutenant Durand-Ruel, du REP, tira lui aussi un seul coup de feu… dans le pneu de la jeep du général Gambiez  qui « gesticulait comme un diable »  pour arrêter, à lui seul, un convoi de légionnaires-paras. Le lieutenant Godot avait désarmé sans difficulté le général Vézinet. Ce dernier, indigné, déclarait : « De mon temps, les lieutenants n’arrêtaient pas les généraux ».

Et Godot avait  répondu sèchement: « De votre temps, les généraux ne trahissaient pas ! »

Les unités se rallient comme prévu : après le 1er  REP, les 18e et 14RCP puis le 1er REC avec ses harkis. On annonce l’adhésion du 27e Dragons du colonel Puga, du 7e RTA, ce régiment qui fut glorieux à Diên-Biên-Phu, du 1er RIMA  du commandant Loustau. Les putschistes se prennent à rêver : c’est la victoire !  Oui mais, comme l’écrit Pierre Montagnon : « Alger n’est pas l’Algérie ».

À Constantine, le général Gouraud joue la valse-hésitation. À Batna, le général  Ducourneau choisit la fuite, c’est-à-dire d’attendre le vent. À Bône, le général Ailleret… attend de voir. À Oran, les troupes ne suivent pas le général Gardy. Dans l’armée d’active, chez les « Centurions », c’est une explosion de joie et d’espoir. Pourtant, les plus lucides  comprennent vite que c’est fichu : on attendait Massu ou Bigeard. Ils ont tous deux choisi leur carrière.

On espérait un soulèvement des « pieds-noirs » et des ex « Unités Territoriales » ; Challe n’a pas voulu mêler les civils à son coup de force. Le 22 avril cependant, on veut y croire encore : Argoud est arrivé à Oran avec deux régiments paras. Le 2REP, aux ordres de ses capitaines, part pour Alger. Le colonel Ceccaldi  – pourtant Compagnon de la Libération – entraîne avec lui  les 6e et 2RPIMa  et le 9e RCP.  Pratiquement, à un régiment près  – le 3RPC, l’ancien régiment de Bigeard – les deux divisions parachutistes ont basculé dans la rébellion.

Le 23 avril va être la journée de l’enlisement. À quoi faut-il attribuer l’échec du putsch ?

Les causes sont multiples mais les historiens sont assez unanimes sur certaines d’entre elles :

– La volte-face de plusieurs généraux qui, au dernier moment, se sont défaussés

– Ce drame ne concernait que les « pieds-noirs », que Challe a refusé d’embrigader, et l’armée d’active  (en dehors des régiments parachutistes qui étaient majoritairement composés d’appelés). Le contingent n’avait qu’une hâte et une envie : rentrer en métropole.

– Mais la principale raison de l’échec du putsch fut l’utilisation, savamment orchestrée, de la télévision par de Gaulle. Le 23 avril en soirée, il prononça une allocution qui fit date. Personne n’a oublié ce « quarteron de généraux à la retraite… qui a pris le pouvoir en Algérie… ».  Et de Gaulle de rajouter, en martelant bien les mots : « J’interdis à tout soldat d’exécuter aucun de leurs ordres… ».

Le peuple français est peureux ET légaliste (ou légaliste parce que peureux ?). Il attendait que le guide le ramène dans le droit chemin ; celui de la tranquillité, de la soumission moutonnière.

L’homme, que personne  n’avait entendu le 18 juin 1940, fut écouté par des millions de Français le 23 avril 1961. Une fois de plus, le grand homme allait sauver la France !

Dès le lundi 24 avril, la situation se dégrade et le 25, le navire prend l’eau de toutes parts.

Le général Challe décide d’arrêter et de se constituer prisonnier.

Certains voudraient continuer le combat mais à quoi cela mènerait-il ?  Dans le ciel d’Alger on voit passer les « Noratlas » qui regagnent la France. En fin d’après-midi, les régiments parachutistes et ceux de la Légion regagnent presque tous le Constantinois, d’où ils sont venus. Quand la nuit tombe, le 1er REP quitte le Gouvernement Général et embarque dans ses camions. Des accents gutturaux – des légionnaires d’origine allemande – entonnent « Je ne regrette rien », cette chanson d’Édith Piaf en vogue à l’époque. Challe, Jouhaud et Salan se mêlent aux légionnaires.

Zeller s’est éclipsé dans la foule. Des colonels font de même ainsi que quelques officiers.

Le putsch est terminé ! Les lendemains seront amers pour les vaincus : Challe, puis Zeller occupent les cellules désertées par Ben Bella et ses complices. D’autres généraux les rejoignent : Bigot, Gouraud, Petit. Ainsi que les chefs de corps les plus compromis : La Chapelle, Masselot, Robin, Saint Marc, Lecomte, Cabiro, Bréchignac… Plusieurs sont des héros de Diên-Biên-Phu.

La colère gaullienne frappe aussi les régiments : le 1er  REP, les 14e  et 18e RCP(6), les Commandos de l’air, sont dissous. Les deux divisions parachutistes – la 10e et la 25e  – dont les chefs ont été soit rebelles soit attentistes, sont dissoutes et refondues en 11e DLI (7). Cette division sera retirée du champ de bataille et rapatriée, dès l’été 1961,  vers les brumes lorraines.

À la suite du putsch d’Alger, le pouvoir annonça que 1 100 à 1 200 officiers et sous-officiers étaient « écartés » de l’armée. De Gaulle réglait ses comptes !

Au moment du putsch, j’ai 11 ans et je suis « enfant de troupe » au Prytanée militaire d’Aix-en-Provence. Dans ma section, nous sommes deux fils d’officiers supérieurs, tous deux parachutistes.

Allez comprendre pourquoi la chanson « je ne regrette rien » me donne la chair de poule  chaque fois que je l’entends, plus d’un demi-siècle après le putsch des généraux ?

Je n’ai rien oublié…  Semper Fidelis.   

Eric de Verdelhan                                                                                                                                                   

P.S : Ce texte est tiré, du moins en grande partie, de mon livre « Hommage à notre Algérie française » (Éditions Dualpha ; 2019).

1)  Qui fut condisciple de Charles de Gaulle à Saint-Cyr, et notre dernier maréchal de France.

2) FLN = Front de Libération National algérien. ALN = Armée de Libération Nationale, armée du FLN.

3) Régiment Etranger de Parachutistes.

4) « Les combattants du crépuscule » de l’américain Paul Henissart ; Grasset; 1970.

5) Témoignage d’Hélie Denoix de Saint-Marc  dans ses « mémoires » et dans le « livre blanc de l’armée française en Algérie ».

6) Régiment de Chasseurs Parachutistes.

7) 11e Division Légère d’Intervention.

https://ripostelaique.com/le-21-avril-1961-un-putsch-avorte-dommage/

lundi 23 mars 2026

Panne géante en Espagne, c’était bien la faute aux énergies renouvelables !

 

C’est un article de France Info (source ici) qui revient discrètement sur les résultats de l’enquête concernant les causes de la panne géante d’électricité en Espagne.

« C’était il y a un peu moins d’un an. Une panne d’électricité massive avait bouleversé l’Espagne et le Portugal pendant plusieurs heures, le 28 avril 2025. Les réseaux mobiles avaient été coupés, les transports s’étaient figés et les systèmes bancaires mis à l’arrêt. Près d’un an plus tard, le 20 mars, un rapport du Réseau européen des gestionnaires de réseau d’électricité, rédigé par 49 experts, pointe une surtension incontrôlée dans le réseau espagnol, au cœur d’un « cocktail parfait » de défaillances. »

« Les experts pointent une incapacité du système à réguler la tension en temps réel, entraînant des « déconnexions généralisées » de centrales électriques, notamment celles qui produisent des énergies renouvelables. Ces installations, mal adaptées pour ajuster rapidement la tension, n’ont pas pu stabiliser le réseau. »

Le problème avec les énergies renouvelables c’est qu’elles entraînent une instabilité du réseau par des importantes variations notamment liées au… prix. Quand les prix deviennent négatifs parce que tout le monde produit trop par très beau temps avec les panneaux solaires, il est logique que tout le monde se débranche pour ne pas perdre d’argent. Vous vous retrouvez avec un réseau qui à 13h produit tellement que les prix deviennent négatifs. A 13h01 tout le monde recevant l’information de prix négatifs tout le monde se débranche… résultat vous passez d’un réseau en excédent à un réseau en manque en une minute… Ce sont ces instabilités qui expliquent l’instabilité du réseau espagnol et la panne géante.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

https://legrenierdeleco.com/panne-geante-en-espagne-cetait-bien-la-faute-aux-energies-renouvelables/

samedi 21 mars 2026

Epstein et son réseau de scientifiques renommés

 

Epstein et son réseau de scientifiques

En mars 2006, grâce à Jeffrey Epstein, le célèbre physicien et cosmologue Stephen Hawking (décédé en 2018) fit un voyage à bord d’un sous-marin dans les îles Vierges américaines. Une photo montre l’astrophysicien, accompagné d’une de ses infirmières, regardant sous la surface de l’océan par le hublot circulaire du sous-marin.

Six prix Nobel

La balade en sous-marin a couronné un séjour de près d’une semaine financé par Epstein. Et Stephen Hawking n’était pas le seul invité.  Epstein accueillait ces jours-là une vingtaine des plus importants physiciens au monde, dont trois lauréats du prix Nobel et trois autres qui recevront ensuite ce prestigieux prix.

Ce séjour se présentait officiellement sous la forme d’un séminaire sur le thème « Confronter la gravité » au cours duquel les participants pouvaient « se rencontrer, discuter, se détendre sur la plage et faire un voyage au centre privé de retraite du philanthrope scientifique Jeffrey Epstein sur une île voisine ».

« Inconduite sexuelle »

Le physicien théoricien Lawrence Krauss, alors à la Case Western Reserve University, était l’organisateur scientifique de cette rencontre. Krauss avait écrit à différents scientifiques qu’il s’agissait d’« un petit atelier plutôt exclusif » avec tous les frais couverts par la Fondation d’Epstein. Il a entretenu une amitié de près de 15 ans avec Epstein et a ensuite pris sa retraite de l’Arizona State University en 2019 au milieu de multiples allégations d’inconduite sexuelle contre lui. À l’ASU, il dirigeait le projet Origins, partiellement financé par Epstein. « Jeffrey s’intéressait à des gens intéressants », a simplement déclaré Krauss. Lawrence Krauss entretenait une relation étroite avec Epstein, qui a fait don de 250 000 $ à son projet Origins à Arizona State. Lorsque des allégations de mauvaise conduite ont surgi contre Krauss à l’ASU, le physicien a échangé des dizaines de messages et avec Epstein pour demander des conseils sur la manière de gérer ces accusations. « C’est ta vie et ton avenir. Je ne serais pas négligent comme tu l’écris », a répondu Epstein dans un texto à Krauss. À la fin d’une conversation, Krauss a dit : « Merci pour tout, Jeffrey. »

Outre l’amusement dans un sous-marin, les scientifiques ont fait une balade en bateau qui les a conduits-sur l’île privée d’Epstein.

Des scientifiques qui se disent incapables de distinguer des filles de 15 ans de femmes de 30 ans

Alan Guth, physicien du Massachusetts Institute of Technology (MIT), a assisté à l’événement. Tout comme David Gross et Frank Wilczek — qui partageaient le prix Nobel de physique en 2004. Et comme Gerard ‘t Hooft, lauréat du prix Nobel en 1999, et Kip Thorne, qui a remporter le prix en 2017, et Jim Peebles de l’université de Princeton, lauréat du prix Nobel de physique en 2019. Et comme Richard Axel, biologiste moléculaire lauréat du prix Nobel, qui a quitté son poste de codirecteur de l’Institut Zuckerman Mind Brain Behavior de l’université Columbia en raison de ses liens avec Epstein. Ainsi que David Gelernter, professeur d’informatique à Yale, qui est suspendu de ses cours pendant que l’université examine sa conduite.

Alan Guth a confirmé qu’Epstein était toujours accompagné de plusieurs femmes. « Quand nous l’avons rencontré, il était assurément riche et puissant. Et les riches et puissants ne se font pas arrêter très souvent. », a-t-il ajouté. Jim Peebles a dit se souvenir de « plusieurs jeunes femmes, peut-être cinq, peut-être dix ». « Je ne peux que vous dire qu’elles étaient plus jeunes que les plus jeunes femmes de notre réunion », a-t-il déclaré. « Avaient-elles 15 ou 30 ans ? Je n’en ai aucune idée. », a-t-il encore ajouté sans rire. Visiblement, certains prix Nobel avaient besoin de nouvelles lunettes.

Nous avons déjà montré dans de précédents articles qu’à l’université HarvardGeorge Church, pionnier de la recherche génomique humaine ; Lisa Randall, physicienne ; et Martin Nowak, professeur de mathématiques et de biologie, ont aussi entretenu des relations étroites avec Epstein. Dans un courriel datant de 2012, Epstein écrivait : « Je finance pas mal de recherches sur le cerveau et j’ai créé un institut de dynamique évolutive à Harvard. »

Peter Woit, maître de conférences au département de mathématiques de l’Université Columbia, n’a pas assisté à la conférence de 2006. Mais son nom apparaît deux fois dans les dossiers Epstein, dans des courriels incluant une liste générale de scientifiques.

Dans un article sur son blog, Peter Woit a écrit : « Epstein a utilisé sa richesse mystérieusement acquise pour poursuivre ses deux grands centres d’intérêt : l’exploitation sexuelle des jeunes femmes et le temps fréquenté avec des scientifiques célèbres. »

Peter Woit a déclaré à la presse qu’en tant que scientifique, avant de recevoir un important don, « vous allez faire des recherches de base » et « vous allez rapidement découvrir que ce type est un pédophile condamné et un criminel. … Ils savaient à qui ils avaient affaire. »

Epstein continua de financer des scientifiques

Fin 2010, par exemple, Krauss organisa un autre événement avec des scientifiques de renom dans les îles Vierges. Des documents mis en ligne par le ministère de la Justice des Etats-Unis montrent que plusieurs personnes, dont Alan Guth et Neil Shubin, paléontologue de l’Université de Chicago, devaient assister à une réunion du conseil d’administration du projet Origins, qui a été brusquement annulée pour des raisons inconnues après qu’Epstein a exprimé sa déception quant à la manière dont il était organisé.

Neil Shubin — qui a récemment été élu prochain président de l’Académie nationale des sciences — a été membre du conseil d’administration d’Origins.

Les documents mis en ligne par la justice américaine indiquent qu’Epstein a également financé en 2011 une conférence scientifique organisée par Marvin Minsky, un mathématicien considéré comme un des pères fondateurs de l’intelligence artificielle. Cette conférence avait pour sujet « les catastrophes futures qui pourraient survenir face à la croissance des populations, aux nouvelles technologies et aux nouveaux systèmes de réseaux sociaux. » Dans une chaîne de messages texte avec un destinataire inconnu en 2017, Epstein a déclaré : « J’ai financé le père de l’IA, Marvin Minsky, pendant 20 ans. Je connais bien le sujet ». Virginia Giuffre, l’une des victimes d’Epstein qui a été « suicidée », avait déclaré qu’elle avait été contrainte d’avoir des relations sexuelles avec Marvin Minsky (décédé en 2016).

Fondation Edge financée par Epstein

Il faut également noter le rôle de la Fondation Edge et du site web Edge.org, auxquels ont contribué plusieurs scientifiques et qui étaient financés par Epstein.

Le rédacteur en chef du site web de la Fondation Edge était John Brockman, un agent littéraire doté d’un don pour la vulgarisation scientifique. Ses auteurs scientifiques étaient invités à des fêtes avec Jeffrey Epstein.

Pierre-Alain Depauw

https://www.medias-presse.info/epstein-et-son-reseau-de-scientifiques-renommes/218100/