samedi 31 octobre 2026

Ukraine : la bataille pour l’eau dans le Donbass

 

Derrière les combats pour le Donbass se joue une bataille moins visible : celle de l’eau.

Pauvre en ressources naturelles, la région dépendait depuis 1958 du canal Siversky Donets–Donbass, qui alimentait des millions d’habitants, les mines et l’industrie. La guerre l’a largement mis hors service.

Pour compenser, la Russie a construit un réseau alternatif de quelque 200 kilomètres, pour plus de deux milliards d’euros. Selon Le Monde, il ne couvrait même pas 30% des besoins en août 2025.

C’est aussi ce qui fait de Sloviansk, proche des principales installations du canal, une cible stratégique. Moscou présente sa conquête comme une condition au rétablissement de l’eau à Donetsk.

Ressource vitale, l’eau pourrait peser sur l’avenir du Donbass comme sur les négociations entre Moscou et Kiev.

Explications de Martin Bernard.

source : Antithèse

https://reseauinternational.net/ukraine-la-bataille-pour-leau-dans-le-donbass/

vendredi 30 octobre 2026

Les 5 plus grands héros des croisades que vous devez connaître

 


Quand les services américains lançaient des programmes de contrôle du climat

 

Parmi les théories du complot, il en tombe parfois du ciel. Certains observateurs peuvent poétiquement s’inspirer d’un nuage pour écrire un sonnet ; d’autres y trouveront un fascinant sujet d’observation météorologique. Et d’autres encore, s’appuyant sur certaines informations déclassifiées, considéreront le ciel comme un terrain de guerre météorologique.

En avril 2025, lors d’un Town hall animé par l’ancien psychologue et animateur de télé, Dr Phil McGraw, le ministre américain de la Santé, Robert F. Kennedy Jr, s’empare du sujet. En évoquant publiquement l’Agence pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA), agence de recherche et de développement du ministère américain de la Défense, le ministre désigne cette dernière comme responsable de la dispersion de produits chimiques dans l’atmosphère, les fameux « chemtrails » : « Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour y mettre un terme. Je vais découvrir qui est responsable et les obliger à rendre des comptes. »

Pour rappel, ces « chemtrails » sont ces lignes blanches et persistantes que vous pouvez voir parfois au-dessus de vos têtes.

« Ces substances sont ajoutées au kérosène », ajoute RFK Jr. « Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour y mettre un terme. Je vais découvrir qui est responsable et les obliger à rendre des comptes. »

A ces tonitruantes déclarations, un rapport de la CIA, autrefois classé « top secret », est venu dévoiler en détail les plans des États-Unis, et ce dès les années 1960, visant à manipuler le climat. Certains « conspis », très au fait de ce genre de rumeurs sur internet, se frottent, un peu rapidement, les mains.

Une guerre du climat ?

Ces documents, déclassifiés en 2003, abordent le sujet controversé de la modification du climat. Une tactique consistant à lancer des fusées ou à utiliser des avions pour déverser dans l’atmosphère des produits chimiques destinés à modifier le climat et les systèmes orageux locaux. Bien que ces documents, datés de 1965, mis au jour récemment, ne mentionnent pas les produits chimiques spécifiques utilisés lors des expériences, ils stipulent la nécessité d’augmenter le financement des projets de modification du climat, qui allaient bientôt être utilisés comme arme de guerre.

En effet, ces notes indiquent que le financement fédéral de ce programme secret devait être multiplié par quatre en 1967 – l’année même où les États-Unis commencent à pulvériser des substances toxiques au-dessus du Vietnam afin de provoquer des inondations et des glissements de terrain. Un programme météorologique connu sous le nom Projet Popeye. Dans un mémorandum daté du 13 janvier 1967, cette arme météorologique est très explicitement décrite : « ensemencer » les nuages afin d’augmenter les précipitations au-dessus de certaines zones du Vietnam du Nord et surtout du Laos, dans le but de rendre les pistes et routes du réseau de la piste Hô Chi Minh impraticables.

Ce rapport de 18 pages a récemment été relayé par des adeptes de la théorie du complot, plusieurs années après avoir été discrètement versé aux archives publiques de la CIA ; il comprend notamment une lettre du président américain Lyndon B. Johnson saluant cette opération classée secret d’État. Le soutien apporté par le président américain de l’époque au projet de modification climatique de la CIA intervient trois ans à peine après un discours de celui-ci sur l’avenir des États-Unis et sur les travaux visant à créer des « satellites météorologiques » capables d’intensifier les tempêtes.

Lors de son discours de remise des diplômes à la Southwest Texas State University en mai 1962, Johnson, alors vice-président, annonçait : « Celui qui contrôlera le climat contrôlera le monde. » À peine 18 mois après avoir prononcé ce discours appelant les États-Unis à contrôler le climat, LBJ est devenu le 36e président et a supervisé deux projets tristement célèbres destinés à manipuler le climat : le projet Stormfury et le projet Popeye.

À la suite de ce discours, les archives ont révélé que de véritables programmes gouvernementaux étaient déjà en cours dès 1965, tels que le projet « Stormfury », qui consistait à envoyer des avions au cœur des ouragans pour y disperser un agent réfrigérant appelé iodure d’argent, dans le but d’affaiblir les tempêtes en perturbant leur structure interne. La lettre de Johnson, figurant dans le rapport de la CIA, objet de toutes les attentions, datant de septembre de cette année-là, mentionne spécifiquement l’ouragan Betsy, qui avait touché terre en Louisiane en tant que tempête majeure de catégorie 4. Cette lettre du président américain fait suite à un rapport du secrétaire au Commerce de l’époque, John T. Connor, sur les services météorologiques, préconisant notamment de développer la recherche sur le climat. Le rapport de Connor évoque explicitement la possibilité future de modifier les conditions météorologiques, y compris d’atténuer les ouragans.

Recherches qui aboutiront au fameux projet Popeye, utilisé contre les lignes de ravitaillement ennemies pendant la guerre du Vietnam afin de prolonger artificiellement la saison de la mousson dans ce pays. Le secrétaire à la défense de l’époque, Robert McNamara, décrit le projet comme une expérience opérationnelle clandestine et, bien sûr, top secrète.

Les responsables des services de renseignement ont également souligné qu’ils bénéficiaient du soutien total de Johnson, qui était déterminé à contrecarrer les efforts de l’Union soviétique visant à contrôler le climat alors que les tensions mondiales s’intensifiaient. Prudent, le gouvernement américain a toujours affirmé que la « modification du climat » n’avait été utilisée que pour atténuer la violence des tempêtes et provoquer des précipitations dans les régions touchées par la sécheresse.

De simples lignes blanches dans le ciel ?

Cependant, les adeptes des théories du complot qui partagent ces documents ont accusé la CIA d’utiliser ces projets pour maintenir le monde sous la dépendance des gouvernements, transformant les tempêtes en armes de guerre, en bloquant la lumière du soleil et en empoisonnant les réserves alimentaires afin de rendre délibérément les gens malades. Ces allégations portent principalement sur les fameux « chemtrails », ces traînées blanches que l’on voit s’échapper des avions volant à haute altitude par temps clair, et qui semblent s’étaler et se dissiper très lentement.

Avec ces révélations des initiatives gouvernementales en matière de modification climatique, les adeptes des théories du complot clament haut et fort que ces traînées contiennent bien une multitude de produits chimiques dangereux pulvérisés par des avions militaires et des avions de ligne au-dessus des villes densément peuplées.

C’est la thèse soutenue par Dane Wigington, chercheur indépendant sur la géo-ingénierie et les modifications du climat, mais aussi vigoureux militant, soutenant mordicus que les traînées persistantes laissées par certains avions sont le signe de dispersions intentionnelles d’aérosols destinées à modifier le climat. Wigington, soutient que la théorie du complot concernant les « chemtrails » était non seulement vraie, mais qu’elle avait en réalité compromis la capacité de la Terre à surmonter naturellement la pollution causée par l’homme. De plus en plus d’Américains, et ce depuis plusieurs années, estiment par ailleurs que la sécheresse en Californie est un « complot » du gouvernement.

Dane Wigington a récemment réaffirmé sa thèse, lors de son passage dans le podcast de la star conservatrice d’internet, Tucker Carlson, dont le portrait est à retrouver sur le site de l’OJIM.

La grande majorité des scientifiques réfutent depuis longtemps cette théorie. Selon l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), la NASA, et les autorités météorologiques, les traînées de condensation ordinaires se forment lorsque la vapeur d’eau issue des moteurs d’avion se condense puis gèle au contact de l’air froid en altitude. Leur persistance dépend notamment de l’humidité atmosphérique : certaines disparaissent rapidement, tandis que d’autres s’étendent et peuvent former des nuages de type cirrus.

De cette théorie fumeuse des vapeurs toxiques, une question demeure néanmoins : si un gouvernement américain est en mesure de mettre au point une arme de guerre météorologique durant la guerre du Vietnam, est-il en mesure de modifier le climat aujourd’hui ?

https://www.revue-elements.com/quand-les-services-americains-lancaient-des-programmes-de-controle-du-climat/

Le CHEVALIER DE SAINT LOUIS - Editions Voxgallia (Roman historique)

 


mercredi 28 octobre 2026

Passé-Présent avec Alexis Neviaski - Bernard de Lattre de Tassigny, le fils du roi Jean

 

Passé-Présent avec Alexis Neviaski - Bernard de Lattre de Tassigny, le fils du roi Jean

Le nom de de Lattre de Tassigny évoque le chef de la Première Armée française, la libération du pays, puis les combats d’Indochine. Mais derrière cette grande figure se dessine un autre destin : celui de Bernard, son fils unique. À quinze ans, il participe à la préparation de l’évasion de son père, emprisonné à Riom.

À seize ans, il s’engage pour libérer la France. Blessé près d’Autun, décoré de la médaille militaire, il devient officier et rejoint le Tonkin. Il y trouve la mort, à Ninh-Binh, le 30 mai 1951. Il avait vingt-trois ans. Qui était ce jeune homme, au-delà de son nom et de sa fin tragique ?


Comment s’est-il construit auprès d’un père aussi prestigieux qu’exigeant ? Pour évoquer ce destin fulgurant, "Passé-Présent" reçoit Alexis Neviaski qui lui consacre une biographie," Bernard de Lattre, Au nom du père", publiée chez Pierre de Taillac et Perrin.

https://tvl.fr/passe-present-avec-alexis-neviaski-bernard-de-lattre-de-tassigny-le-fils-du-roi-jean

La vie quotidienne dans l'Europe moderne avec Benjamin Deruelle

 


40 milliards prélevés, 1,8 rendu : l’écologie selon Bercy

 

Après neuf longues années d’avis budgétaires parlementaires consacrés aux trains de nuit, au passe rail, à la « relance ferroviaire » et au « verdissement du transport de marchandises », un rapporteur vient de se souvenir que les Français roulent en voiture avec 82 % des kilomètres parcourus, et même 93 % pour ceux qui ont l’audace de vivre à la campagne.

C’est en tout cas ce que découvre l’avis n°3344 sur les transports terrestres, déposé le 15 octobre dans le cadre du budget 2027 et on y lit des choses croustillantes comme « fantasmes idéologiques de report modal », « écologie punitive », « acharnement contre la voiture ».

Ce n’est pas une hallucination et surtout, l’avis fournit des chiffres qui confirment l’instinct des automobilistes : oui, ce sont bien des mammifères qu’on trait sans plus aucune vergogne ni restriction.

En 2024, la fiscalité des transports a rapporté 40 milliards d’euros, dont 32 milliards sur les seuls carburants. En face, l’État prévoit de consacrer un solide 1,8 milliard d’euros à la route en 2027 (environ 6 %). Grandiose, surtout que la différence va dans les collectivités (15 milliards) – souvent sans le moindre rapport avec la mobilité – et plus de 5 milliards dans le tonneau des Danaïdes de la Sécurité sociale. Parce qu’après tout, pourquoi pas ?

Même logique à l’AFITF, l’agence chargée de financer les infrastructures : les deux tiers de ses recettes viennent de la route (TICPE sur le gazole, taxes et redevances autoroutières) et ce sans même compter les amendes radars. En retour, la route reçoit 30 % de ses dépenses, contre près de la moitié pour le ferroviaire, dont l’enveloppe a bondi de 32 % en deux ans pendant que celle de la route progressait de… 0,9 %.

Et alors que le gazole flirte avec les 2,41 euros le litre, les taxes pèsent entre 44 et 50 % du prix, la TVA venant joyeusement s’appliquer sur les taxes déjà appliquées, transformant chaque crise pétrolière en aubaine pour Bercy et donnant à cette fiscalité « écologique » toute l’apparence d’un racket pur et simple.

Rassurez-vous, ce racket rate complètement son objectif, à savoir inciter au renouvellement du parc automobile.

Il faut dire qu’à force de malus CO2, de malus au poids et de normes européennes débiles, le prix moyen d’une voiture neuve est passé d’environ 21 800 euros en 2019 à 29 400 euros en 2025, sabotant le marché du neuf qui a perdu près de 580 000 immatriculations annuelles. L’âge moyen du parc est passé de 9 ans en 2011 à presque 12 ans aujourd’hui (près d’un tiers des voitures a plus de 15 ans).

On voulait des voitures propres, on a obtenu des voitures vieilles, plus polluantes, et moins sûres.

En tout cas, tout ceci incite le citoyen à prendre son vélo (et pas seulement dans le coffre de sa voiture), ce qui permet à la mortalité des cyclistes de bondir de 45 % en dix ans. Et les routes ? La moitié des chaussées du réseau national non concédé réclame un entretien, 17 % des ouvrages d’art exigent des travaux lourds, et pour remettre en état les ponts communaux, chiffrés à 3,3 milliards par le Cerema, le budget prévoit 85 petits millions, soit 1 % des besoins. Voies navigables de France, en revanche, renonce à des projets utiles pour financer… des passes à poissons.

Les priorités sont claires : moins d’écluses et plus de cyclistes écrasés. Apparemment, la société française a posé le choix étrange d’éliminer autant que possible de pédaleurs en spandex moulant, tout comme elle a décidé de soutenir de dispendieux renouvelables dont la Cour des comptes a établi la facture à 26,3 milliards entre 2016 et 2024, avec des contrats en cours engageant l’État à hauteur de 87 milliards supplémentaires, à des tarifs garantis vingt ans, bien au-dessus des prix de marché, avec un risque assumé de « sur-rémunération » des heureux bénéficiaires.

Et alors que Bercy râcle frénétiquement tous les fonds de tiroir, ce soutien grimpera de 11 %, à 10,67 milliards.

Au passage, notons l’argument de la filière selon lequel ces milliards seraient compensés par les importations de pétrole et de gaz « évitées ».

Certains seront tentés de crier « Foutaises » en notant que soit on cherche des kilowattheures décarbonés, et la France les a déjà grâce au nucléaire (et bien plus sûrement que ce que les renouvelables promettent), soit on cherche ce que seul le pétrole sait faire (les plastiques, les moteurs thermiques, le carburant d’un poids lourd ou d’un tracteur) et là, les renouvelables ne remplacent strictement rien. Les chalutiers électriques n’existent pas.

On ne subventionne pas une alternative au pétrole, mais un doublon intermittent du nucléaire, à prix exhorbitant.

Les dérives de la transition écologique vont bien plus loin dans l’absurde coûteux.

Ainsi, côté logement, MaPrimeRénov’ a été suspendue en 2025 lorsque la ministre des Comptes publics estimait « de manière extrêmement conservatoire », la fraude entre 12 et 20 % des aides, Tracfin retrouvant même des millions partis à l’étranger.

Côté automobile, les voitures électriques ne se vendent qu’à coups de bonus, de leasing « social » et de contraintes sur les flottes, c’est-à-dire avec l’argent des autres, ce qui durera exactement aussi longtemps que l’État pourra payer. Vu ses comptes, on peut raisonnablement en douter.

Et quand, par miracle, la représentation nationale tente de mettre fin à une absurdité, l’absurdité survit quand même : les députés avaient voté la suppression des ZFE par 192 voix contre 149, le Conseil constitutionnel l’a annulée pour un « vice de procédure ».

En fait, derrière la « transition », il y a des filières vivant de tarifs garantis, des officines de rénovation aux méthodes douteuses, des administrations chargées d’instruire, de contrôler et de verbaliser, des associations lucratives sans but qui vivent de subventions et d’indignation, et des élus métropolitains qui ont fait de la chasse à la voiture une identité.

La nature, dans tout ça, n’est qu’un vague prétexte dans l’un des pays les plus propres de la planète.

Alors qu’avec une intensité carbone de 19,6 grammes par kWh, la France pèse moins de 1 % des émissions mondiales de CO2, elle est l’une des nations les plus taxée au monde, avec des prélèvements obligatoires à 45,3 % du PIB (et, joie et bonheur, ça va continuer à grimper). Chacun de ces milliards engloutis dans des chimères aurait pu, tout simplement, rester dans la poche de ceux qui l’ont gagné.

Mais le pompon, finalement, n’est même pas dans cette litanie de chiffres désolants. Il se trouve dans les solutions du rapporteur de cet avis, Auguste Evrard, député RN : nationaliser les autoroutes, et fermer le marché européen aux produits qui ne respecteraient pas la « préférence européenne ».

Ben tiens : après avoir démontré sur 40 pages la gestion calamiteuse de l’État, notre benêt conclut hardiment qu’il faut lui confier 250 milliards de patrimoine autoroutier de plus.

La catastrophe provoquée par l’État est dantesque, mais pour un vrai cataclysme, il faut juste plus d’État !

https://h16free.com/2026/10/28/85575-40-milliards-preleves-18-rendu-lecologie-selon-bercy

La climatologie peine à atteindre l’âge adulte

 

2500 ans d’errances climatologiques ont précédé les délires du GIEC. Pour les Aborigènes australiens et les Papous de Nouvelle-Guinée, la cause est entendue. Les Esprits sont responsables du mauvais temps, des inondations et de toutes les catastrophes naturelles. On peut supposer que cette croyance fut universelle jusqu’à ce que la civilisation introduise un brin de rationalité dans l’animisme de nos ancêtres.

Les Grecs et les Chinois ont été les premiers, il y a environ 25 siècles, à tenter d’expliquer les variations climatiques à partir des faits observés, répertoriés et extrapolés. Ils développèrent une culture empirique de la prédiction utilisant des itérations statistiques pour finir par se perdre dans les brumes des superstitions et de l’astrologie.

Au XVIIe siècle, on adopte enfin une approche scientifique

On considère que la météorologie a commencé en 1648 lorsque Blaise Pascal a fait constater que la hauteur atteinte par une colonne de mercure dans un tube de Torricelli était notablement inférieure au sommet du Puy-de-Dôme qu’à son pied. Il faudra attendre encore 130 ans pour que l’Académie royale des sciences lance en 1778 une étude systématique sur les corrélations entre la pression atmosphérique, la température, l’état du ciel, les précipitations, le vent et l’humidité.

On comprend alors qu’on peut essayer d’expliquer le présent et deviner le futur en connaissant le passé. Dès lors des savants exhument des bibliothèques et des archives les parchemins, manuscrits et grimoires décrivant l’optimum médiéval. Pour voir comment ça se passait avant. Et en déduire ce qui pourrait advenir après. Une approche logique mais erronée parce que les phénomènes atmosphériques échappent souvent à ce déterminisme simpliste.

Néanmoins on a continué à procéder de la sorte jusque dans les années 1960-1970. J’ai souvenir d’un ingénieur météo sur un aérodrome qui reconnaissait chercher des analogies dans les relevés des années précédentes pour prédire le temps qu’il allait faire. Mais ces données étaient fragiles. La France était parsemée de mini-stations météo avec un thermomètre, un barographe, un anémomètre, un pluviomètre et un hygromètre. Les relevés biquotidiens étaient effectués par le curé, le gendarme ou l’instituteur du village présumés avoir un niveau d’éducation suffisant.

Depuis le XVIIIe siècle, le climat est classé parmi les phénomènes naturels qu’on observe et essaie de comprendre

Parce que cela peut avoir une incidence sur l’agriculture et la pêche en anticipant les tornades, les tempêtes et les sécheresses. De même que sur les mouvements des troupes. Des canons embourbés ou de la poudre mouillée ne servent plus à rien… Au début du XXe l’aviation va devenir à son tour un grand consommateur de prévisions météo. Sans pour autant anticiper les cisaillements de vent, les turbulences et les micro-dépressions se creusant sur place, causant de nombreux crashs aériens.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, on commence à analyser avec plus d’acuité les conséquences des changements climatiques sur l’histoire des sociétés humaines. On s’en doutait depuis les Grecs et les Romains, mais leurs intuitions deviennent une ébauche de science cherchant des relations causales.

Une paléoclimatologie se développe en parallèle de la paléoanthropologie afin d’essayer de mieux comprendre l’interaction des sociétés humaines passées avec les climats. Ce que les esprits éclairés pressentaient depuis le XVIIIe siècle est confirmé par une nouvelle discipline, l’étude des paléoenvironnements. De l’optimum climatique médiéval au léger réchauffement du XXe siècle, plusieurs phases sont analysées dans l’histoire climatique de l’Europe.

Les effets concrets sur l’économie et l’histoire événementielle

L’optimum médiéval (Xe – XIVe siècle) est associé à des défrichements. On brûle du bois dont on ne manque pas. Des cultures et des troupeaux remplacent des forêts. Des monastères qui ont des terres en concèdent le métayage aux « vilains ». Des nobles avisés remplacent le servage par une forme de fermage moins injuste. Mine de rien, c’est une révolution sociale silencieuse qui se met en marche. Le niveau et la durée de vie des gueux s’améliore. Des communautés villageoises se développent et commercent entre elles. Pour les défendre contre les bandits de grands chemins et les razzias des Sarrasins, des bourgades embauchent des mercenaires, les gens d’armes. Si le seigneur local peut faire face, il réinvente le service militaire des Romains.

Au petit Âge Glaciaire (XIVe – XIXe siècle) le refroidissement contribue aux mauvaises récoltes et à la perte du bétail. Les « jacqueries » sont des émeutes de la faim contre lesquelles les dragonnades ne changent rien. La pire répression est inefficace contre la famine et le désespoir. Quand on n’a plus rien à perdre, on risque tout. À méditer par ceux qui nous écrasent aujourd’hui… Le résultat de multiples révoltes inabouties sera la Révolution de 1789, avec quelques désagréments pour les profiteurs d’alors. Ceux dont la caboche atterrissait dans le panier de « la Veuve » n’imaginaient pas qu’ils étaient victimes par ricochet d’un sévère refroidissement climatique.

Le mini-réchauffement de 1860 à 2005, si on inclut la stase à la charnière des millénaires, part de constatations réelles mais exagérées pour aboutir à un paradigme délirant.

En 1995, l’universitaire hollandais Paul Crutzen (1933 – 2021), prix Nobel de chimie 1995, a brusquement le ciboulot tourneboulé par sa nouvelle célébrité. Une dérive mentale classique chez des esprits brillants dans les sciences exactes qui perdent les pédales lorsqu’ils passent trop souvent à la télé et que des journaleux ignares sollicitent leurs avis sur la culture des pois sauteurs ou l’élevage des vers à soie.

En 1995, il invente ex nihilo une nouvelle ère géologique durant laquelle les activités humaines constitueraient le principal facteur de changement de la vie sur Terre et notamment du changement climatique. Il l’appelle Anthropocène. Cette théorie valorisée par les médias et la clique mondialo-gauchiste est loin de faire l’unanimité parmi les scientifiques.

Pour Crutzen, chimiste émérite mais ni préhistorien, ni paléontologue, ni paléoclimatologue, ni anthropologue, l’Anthropocène succéderait à l’Holocène dans lequel nous vivons depuis la fin de la dernière glaciation, vers 14 000 B.P. (NDLR : Before Present / Avant le présent). Sa nouvelle ère aurait débuté au XIXe siècle avec l’industrialisation et le recours aux énergies fossiles. Mais si on suit sa logique, on peut faire débuter l’Anthropocène avec l’usage de la tourbe et du charbon de bois lors de la transition néolithique, et les défrichements massifs initiés par des humains sédentarisés devenus agriculteurs et éleveurs. La suffisance alimentaire leur donnant le temps d’inventer l’écriture et la civilisation.

Bien entendu, ce phénomène ne s’est pas produit partout en même temps ni aux mêmes époques. Des milliers d’années et de kilomètres peuvent séparer des aires d’évolution, souvent hybrides. Cueilleurs, chasseurs et pêcheurs pratiquant aussi l’agriculture et l’élevage selon des proportions variables.

Les premiers climatologues avaient l’esprit plus ouvert que les apôtres du GIEC et leurs perroquets verts et rouges

En 1840, Louis Agassiz (1807 – 1873) découvre le phénomène des glaciations cycliques qu’il déduit de l’étude d’anciennes étendues gelées semblables à celles du Groenland, en Suisse et aux États-Unis. En 1895, Svante Arrhenius (1859 – 1927) met en relation l’évolution de la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère avec la succession des phases de réchauffement et de refroidissement climatique. Mais il ne confond pas les causes et les effets comme nos professeurs Philippulus actuels.

En France, l’acte de naissance de la climatologie historique se confond avec la publication, en 1967, de L’Histoire du climat depuis l’an mil, d’Emmanuel Le Roy Ladurie (1929 – 2023). À l’époque, les critiques ne l’épargnent pas, considérant comme une fausse science ses synthèses documentées mêlant sources textuelles et données empruntées aux sciences dures dans une combinaison inhabituelle. Même si Fernand Braudel avait déjà posé les bases de l’histoire globale. Vingt ans plus tard, l’ouvrage de Pierre Alexandre « Le climat en Europe au Moyen Âge » sera boycotté.

À partir des années 1990, sous l’impulsion du GIEC financé par l’ONU, l’UE et leurs États vassaux, la réponse des sociétés aux aléas climatiques doit s’aligner sur le déterminisme du réchauffement anthropique. On décide à l’avance du résultat avant d’avoir examiné les données. Et si leur analyse infirme les conclusions annoncées, on l’écarte, on la modifie ou on l’oublie. Aucune critique n’est admise. Quiconque discute le paradigme sacré est un ignare, ou un fasciste, ou les deux. L’imposture est d’autant mieux bétonnée dans des démocratures comme la France que le pouvoir politique, des profs, des juges et la pression médiatique imposent leur vérité officielle à des masses acculturées.

Christian Navis

Un nouvel article destiné à refroidir les réchauffistes

https://climato-sceptique.blogspot.com/

https://ripostelaique.com/la-climatologie-peine-a-atteindre-lage-adulte/

mercredi 21 octobre 2026

Olivier DARD pour son livre "Histoire de l'extrême droite en France"

 


17 octobre 1961 : un « massacre » imaginaire

 

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Au moment où le groupe d'extrême gauche LFI rabâche son sempiternel refrain sur le pseudo massacre du 17 octobre 1961, il nous semble utile de remettre en ligne l'aétude que le professeur Bernard Lugan, l'historien africaniste reconnu pour la qualité de ses travaux qui échappent aux poncifs de la pensée dominante, avait publié sur l'excellent site L'Afrique réelle cliquez ici en octobre 2021.

S  N

Bernard Lugan

Un contexte volontairement passé sous silence 

Le 17 octobre prochain, comme chaque année, les autorités françaises, les islamo-gauchistes et le « Système » algérien vont commémorer un massacre qui n’a pas eu lieu…

Sur ce blog, ayant périodiquement à la même date déconstruit l’histoire officielle de ce prétendu « massacre », je me contenterai de renvoyer au chapitre IX intitulé « 17 octobre 1961, un massacre imaginaire » de mon livre « Algérie l’Histoire à l’endroit » en ajoutant ici quelques éléments essentiels à la compréhension du montage culpabilisateur qui nous est imposé :

1) La guerre d'indépendance algérienne se déroula également en métropole. Pour la période du 1er janvier 1956 au 23 janvier 1962, 10.223 attentats y furent ainsi commis par le FLN. Pour le seul département de la Seine, entre le 1er janvier 1956 et le 31 décembre 1962, 1.433 Algériens opposés au FLN furent tués et 1.726 autres blessés. Au total, de janvier 1955 au 1er juillet 1962, en Métropole, le FLN assassina 6000 Algériens et en blessa 9.000 autres.

2) Face à ces actes de terrorisme visant à prendre le contrôle de la population algérienne vivant en France, le 5 octobre 1961, un couvre-feu fut imposé à cette dernière afin de gêner les communications des réseaux du FLN et l’acheminement des armes vers les dépôts clandestins.

3) En réaction, le 17 octobre 1961, le FLN décida de manifester afin de montrer sa force, et pour tenter d’achever sa prise de contrôle des Algériens vivant en métropole.

4) Assaillis de toutes parts, les 1.658 hommes des forces de l’ordre rassemblés en urgence, et non les 7.000 comme cela est trop souvent écrit, sont, sous la plume de militants auto-baptisés « historiens », accusés d’avoir massacré des centaines de manifestants, d’en avoir jeté des dizaines à la Seine et d’en avoir blessé 2.300.

Une manipulation politique

Or, cette version des évènements du 17 octobre 1961 à Paris relève de la légende et de la propagande. Tout repose en effet sur des chiffres inventés ou manipulés à l’époque par le FLN algérien et par ses alliés communistes. Jouant sur les dates, additionnant les morts antérieurs et postérieurs au 17 octobre, pour eux, tout Nord-Africain mort de mort violente durant le mois d’octobre 1961, est une victime de la « répression policière »… Même les morts par accident de la circulation comme nous le verrons plus loin !!!

Cette manipulation fut réduite à néant en 1998, quand le Premier ministre de l’époque, le socialiste Lionel Jospin, constitua une commission d’enquête. Présidée par le conseiller d’Etat Dieudonné Mandelkern, elle fut chargée de faire la lumière sur ce qui s’était réellement passé le 17 octobre 1961 à Paris. Fondé sur l’ouverture d’archives jusque-là fermées, le rapport remis par cette commission fit litière de la légende du prétendu « massacre » du 17 octobre 1961 [1].

Le paragraphe 2.3.5 du Rapport intitulé Les victimes des manifestations est particulièrement éloquent car il parle de sept morts, tout en précisant qu’il n’y eut qu’un mort dans le périmètre de la manifestation, les six autres victimes n’ayant aucun lien avec cet évènement, ou ayant perdu la vie postérieurement à la dite manifestation dans des circonstances parfaitement détaillées dans le rapport.

La réalité

Quel est donc l’état des connaissances aujourd’hui ?

• Le 17 octobre 1961 à Paris, il n’y eut qu’une seule victime dans le périmètre de la manifestation… et ce ne fut pas un Algérien, mais un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé. Par qui ? L’enquête semble attribuer cette mort à des coups de crosse de mousqueton. 

• Le 17 octobre 1961, alors que se déroulait dans Paris un soi-disant « massacre » faisant des dizaines, voire des centaines de morts algériens, ni les hôpitaux parisiens, ni l’Institut Médico-Légal (la Morgue), n’enregistrèrent l’entrée de corps de « NA » (Nord-Africain dans la terminologie de l’époque). Ce qui ne veut naturellement pas dire qu’il n’y eut pas de blessés, mais mon analyse ne porte que sur les morts.

• A Puteaux, donc loin du périmètre de la manifestation, deux morts furent néanmoins relevés, or ils étaient étrangers à la manifestation. L’un d’entre eux deux, Abdelkader Déroues avait été tué par balle, quand le second, Lamara Achenoune, avait quant à lui été achevé par balle après avoir été étranglé. 

• Le 18 octobre, à 04 heures du matin, le bilan qui parvint à Maurice Legay le directeur général de la police parisienne était donc de 3 morts, pour rappel, Guy Chevallier, Abdelkader Déroues et Lamara Achenoune. Nous sommes donc loin des dizaines ou des centaines de morts et de « noyés » auxquels la bien-pensance française rend annuellement hommage !!!

Conclusion : le seul mort algérien de la manifestation est donc un Français métropolitain…

Certes, postulent les accusateurs de la France, mais les cadavres des Algériens « massacrés » par la police furent reçus à l’IML, l’Institut Médico-Légal de Paris (la Morgue), les jours suivants.

Cette affirmation est également fausse. En effet, l’Annexe III du « Rapport Mandelkern » donne un décompte détaillé des 41 cadavres de Nord-Africains entrés à l’IML de Paris du 19 octobre au 4 novembre. Pour mémoire, le 17 octobre il n’y eut aucune entrée, et 2 le 18 octobre.

Sur ce nombre de 41 morts, 25, soit 13 corps identifiés et 12 corps non identifiés sont mentionnés sous la rubrique « Dossiers pour lesquels les informations disponibles sur la date de la mort ou ses circonstances ne permettent pas d’exclure tout rapport avec les manifestations des 17-20 octobre ». Ceci fait que les 16 autres morts n’ont rien à voir avec la manifestation du 17 octobre.

En ce qui concerne les 25 morts restants, notons immédiatement que le sous-titre de l’Annexe III est singulier car la manifestation dont il est question eut lieu le 17 octobre et non les 19 et 20 octobre. De plus, ce titre est trompeur car il laisse sous-entendre que ces 25 décès auraient donc pu être causés par la police française, chiffre d’ailleurs régulièrement et péremptoirement transformé en morts avérés par certains auteurs ou journalistes. Or :

1) Si ces derniers avaient pris la peine de lire le document en question dans son originalité et son intégralité, et non à travers ses recensions, ils auraient vu qu’en face de chaque corps est porté un numéro de dossier de la police judiciaire suivi de la précision suivante : « Indications relevées dans le dossier d’enquête de la police judiciaire ».

2) Or, grâce à ces « Indications relevées dans le dossier d’enquête de la police judiciaire », il apparait clairement que 17 de ces 25 défunts ont été tués par le FLN, la strangulation-égorgement, l’emploi d’armes blanches etc., n’étant pas d’usage dans la police française… D’autant plus que parmi ces 17 morts, quatre furent assassinés le 19 octobre, soit deux jours après le 17 octobre, à savoir un commerçant qui avait refusé de suivre la grève du 19 octobre décrétée par le FLN et deux autres ligotés et noyés par ce même FLN…

3) Cela interroge donc sur le placement de ces morts dans la rubrique « Dossiers pour lesquels les informations disponibles sur la date de la mort ou ses circonstances ne permettent pas d’exclure tout rapport avec les manifestations des 17-20 octobre ». 

Voyons le détail de cette liste : 

Corps Identifiés :

- 6 furent tués par le FLN (strangulation, arme blanche, arme à feu)

- 2 décès sur la voie publique (troubles mentaux et alcoolisme)

- 1 décès par crise cardiaque le 21 octobre

- 1 décès par accident de la circulation

- 1 mort à l’hôpital Boucicaut des blessures reçues le 17 octobre.

- 2 morts dont les causes ne sont pas élucidées.

Corps non identifiés

- 7 tués par le FLN (1 arme blanche, 2 noyades, 1 noyade nu, 2 armes à feu, 1 strangulation)

- 1 mort de blessures à la tête. Blessures reçues le 17 octobre ? Nous l’ignorons.

- 1 mort des suites de blessures reçues Place Saint-Michel

- 3 morts dont les causes ne sont pas élucidées. 

Conclusion, sur 25 morts « pour lesquels les informations disponibles sur la date de la mort ou ses circonstances ne permettent pas d’exclure tout rapport avec les manifestations des 17-20 octobre », la Morgue n’en a reçu que deux décédés très probablement des suites de blessures reçues le 17 octobre. Une interrogation demeure pour l’un d’entre eux, mais sans aucune certitude.

Soit 2 ou 3 morts des suites de leurs blessures, aucun n’ayant perdu la vie durant la manifestation[2] laquelle n’a donc comme il a été dit plus haut, connu qu’un seul mort, le Français Guy Chevallier.

Nous voilà donc très loin des 50, 100, 200 ou même 300 morts « victimes de la répression » avancés par certains, et pour lesquels François Hollande a reconnu la responsabilité de la France !!!

Mais, plus encore :

1) Le « Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961 », nous apprend que du 1er au 30 octobre 1961, 90 cadavres de « NA », furent reçus à l’Institut Médico-Légal. Or, selon les enquêtes judiciaires, chaque décès étant suivi d’une enquête, la plupart de ces morts étaient des musulmans pro-Français assassinés par le FLN !!! 

2) Pour toute l’année 1961, 308 cadavres de « N.A » entrèrent à l’IML, dont plusieurs dizaines de noyés. Or, toujours après enquête, il fut établi que la quasi-totalité de ces morts étaient des victimes du FLN (Harkis, partisans de la France, individus ayant refusé d’acquitter « l’impôt de guerre », membres du MNA etc.). Or, une des méthodes d’assassinat du FLN était l’étranglement ou l’égorgement suivi de la noyade…

Pour les historiens de métier, les prétendus « massacres » du 17 octobre 1961 constituent donc un exemple extrême de manipulation de l’histoire.

Quand la liberté de penser sera rétablie dans cette Corée du Nord mentale qu’est devenue la pauvre université française, ils feront l’objet de thèses car ils seront alors étudiés comme un cas d’école de fabrication d’un mythe. Comme Katyn, comme les « charniers » de Timosoara en Roumanie, comme les « couveuses » au Koweit ou encore comme les « armes de destruction massive » en Irak.

Mais, dans l’immédiat, sourds, aveugles ou simples agents d’influence, les butors continueront à ânonner la légende culpabilisatrice du « 17 octobre 1961 ». D’autant plus que, dans l’actuel contexte de tension franco-algérienne, Alger va faire donner ses affidés qui seront complaisamment relayés par ses habituels supplétifs de presse.

[1] « Rapport sur les archives de la Préfecture de police relatives à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961 ». Rapport établi à la demande du Premier ministre, M. Lionel Jospin et remis au mois de janvier 1998 par M. Dieudonné Mandelkern président de section au Conseil d’Etat, président ; M. André Wiehn, Inspecteur général de l’administration ; Mme Mireille Jean, Conservateur aux Archives nationales ; M. Werner Gagneron, Inspecteur de l’administration. En ligne. 

[2] Dans une note infrapaginale, Brunet (2011) parle de 13 morts « certains » dont plusieurs blessés décédés ultérieurement. Or, ces morts ne sont pas documentés dans les archives de l’IML. Brunet, J-P., (2011) « Combien y a-t-il eu de morts lors du drame du 17 octobre 1961 ? ». Atlantico, 17 octobre 2011.

Cette étude en PDF : cliquez ici

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2026/10/21/17-octobre-1961-un-massacre-imaginaire-6612571.html

Passé-Présent avec Alexis Neviaski - Le séminaire des prisonniers de guerre allemands

 

Passé-Présent avec Alexis Neviaski - Le séminaire des prisonniers de guerre allemands

En 1945, alors que l’Europe découvre l’ampleur des crimes nazis, des prêtres français entreprennent de former le futur clergé allemand… dans un camp de prisonniers de guerre. Une initiative qui peut sembler inconcevable au lendemain de tant de souffrances.

D’abord installé à Orléans, puis près de Chartres, ce « séminaire des barbelés » accueille plusieurs centaines d’hommes. Derrière les clôtures, malgré la faim, le froid et le manque de moyens, ils reprennent leurs études et se préparent au sacerdoce. À leur tête, Franz Stock, ce prêtre allemand qui, sous l’Occupation, avait accompagné les résistants français jusque devant le peloton d’exécution. Comment cette aventure a-t-elle été possible ? Et quelle place a-t-elle tenue dans les premiers rapprochements entre Français et Allemands ?


Pour en parler, Passé/Présent reçoit Alexis Neviaski, auteur du Séminaire des barbelés, publié aux éditions Artège.

https://tvl.fr/passe-present-avec-alexis-neviaski-le-seminaire-des-prisonniers-de-guerre-allemands

Augmenter les impôts réduit-il le déficit ? L'histoire répond par Charles et Emmanuelle Gave

 


L’universalisme à contre-sens

 

Par Morgan Cordier

Si l’universalisme est une quête humaine pressentant l’absolu, il semble nécessaire toutefois de ne pas se perdre dans un culbutis d’univers et ne pas amalgamer, malgré les analogies, la métaphysique qui cherche à découvrir la vérité, la physique débusquant les lois ultimes de la nature, et la politique qui ne regarde que les rapports de force humains. Ce dernier domaine est le plus communément abordable et diffus dans la société où chacun se permet de rabâcher la communication d’État bien implantée dans les esprits dès notre plus jeune âge. En effet, les fameuses valeurs républicaines, qui ne semblent actuellement n’être plus qu’une expression creuse pour bien-pensants, sont bien identifiables dans l’universalisme révolutionnaire, matrice de la pensée politique moderne, ayant vocation à être adoptées par tous les humains et à s’appliquer uniformément. L’aveuglement français né au cours du XVIIIe siècle se prolonge et se propage indéfiniment dans de multiples incarnations politiques à l’intensité destructrice fluctuante.

Cet universalisme moderne issu des Lumières a comme principe l’égalitarisme. L’idéalisme se confond avec le politique pour le malheur du monde. « Tu dois, tu seras » dit-il, alors qu’il devrait être une libération du génie propre du « je » et du « nous ». L’universalisme ne se commande pas, il enflamme et suscite. L’art français est allé plus d’une fois prendre sa source dans la maestria italienne pour développer son propre goût. Athènes, elle, nous a donné notre grammaire architecturale, et la France fera Versailles. Le génie d’une lointaine terre aride s’est transposé pour s’amplifier dans les riches terres de France. À son tour, l’art typiquement français, dédaigneusement appelé « gothique » par des Italiens jaloux, a pu s’épanouir sur tous les continents jusqu’à sept siècles après son éclosion parisienne en 1140, à l’instar de la cathédrale Saint-Patrick de New York.

L’universalisme naît quelque part et grandit avec les siècles. C’est un mouvement qui jaillit et se répand, comme une source autochtone qui donnera un fleuve auquel iront s’abreuver des populations. Loin d’être un brouillard uniforme, il est un caractère généreux, à la fois sève stimulante des âmes et greffe féconde. Capter l’esprit humain sera la récompense du génie particulier.

À contre-sens, l’universalisme produit par le progressisme n’est qu’un travestissement, une démagogie qui parle des autres en s’effaçant soi-même. C’est gommer toute aspérité pour se mouler dans un pré-formatage que tout le monde devra porter ! Une boîte simple, une couleur unique, un nom basique, un goût artificiel qui pourront convenir à tous. Ils confondent marketing et universalité. Une lâcheté, un manque de richesse, cet universalisme fade est à la fois complaisant pour certains, envahissant pour d’autres, mais finalement taillé pour bien peu de monde. Malheureusement emblématique d’une civilisation décadente, imprégnant les esprits et activant des réflexes d’excuse d’être original, à l’instar des régionalistes français accolant à chaque événement célébrant l’identité provinciale, un sparadrap mondialiste, agglutinant systématiquement les expressions prescrites : « ouverture sur l’autre », « contre le repli sur soi ».

Mistral en écrivant dans sa langue maternelle, régionale, plaçant haut dans le ciel l’étoile du Félibrige, conquit un public mondial, méritant la plus prestigieuse récompense littéraire en ne parlant que d’une jeune Provençale inconnue en dehors des limites de son païs. « Coume èro, Rèn qu’uno chato de la terro, En foro de la Crau se n’es gaire parla »*. La motivation officielle du comité Nobel fut : « En considération de la fraîcheur originale et de la véritable inspiration de sa création poétique, qui reflète fidèlement le paysage naturel et l’esprit natal de son peuple, ainsi qu’en raison de ses travaux importants dans le domaine de la philologie provençale ». Retentissement mondial qui lui valut d’être lu à travers le monde, jusqu’au Japon, et à Mirèio, de ne plus n’être que la petite jeune fille de sa terre. La poétesse chilienne, également prix Nobel de littérature, Lucila de María del Perpetuo Socorro Godoy Alcayaga, dite Gabriela Mistral par admiration pour notre auteur provençal, illustre cet universalisme exaltant. Aussi, la peinture provençale et son immense séduction mondiale procède de la même pensée, née de la volonté de représenter la Provence telle qu’elle est dans sa vérité, sa lumière, ses gestes, ses traditions.

Des artistes comme Émile Loubon, Paul Guigou ou Pierre Ambrogiani peignaient la vie du sud : les marchés, les champs, les ports, les oliviers sous le mistral… Et pourtant, cette peinture dite « régionale » a su dépasser ses frontières géographiques parce qu’elle touche à quelque chose d’universel : la relation entre l’homme et sa terre. L’École provençale développe sa propre esthétique tout en nourrissant les grands courants modernes. Elle a franchi les frontières et attiré les peintres parmi les plus illustres, tel Van Gogh. Le terroir provençal est une inspiration internationale. Paul Cézanne, comme Frédéric Mistral ne quitteront pourtant quasiment jamais leur petite patrie.

L’universalisme ne surgirait-il donc pas du local comme la physique subatomique explique le fonctionnement de l’incommensurable univers ? Ne serait-ce pas en extériorisant notre intériorité à la face du monde que nous devenons universels ? L’infiniment grand réside dans l’infiniment petit. L’universalisme est la reconnaissance du génie propre d’une langue, d’une culture, d’institutions… Antoine de Rivarol l’explicitait dans De l’universalité de la langue française, qui lui valut le prix de l’Académie de Berlin en 1784, « cette honorable universalité de la langue française, si bien reconnue et si hautement avouée dans notre Europe, offre pourtant un grand problème : elle tient à des causes si délicates et si puissantes à la fois, que, pour les démêler, il s’agit de démontrer jusqu’à quel point la position de la France, sa constitution politique, l’influence de son climat, le génie de ses écrivains, le caractère de ses habitants et l’opinion qu’elle a su donner d’elle au reste du monde, jusqu’à quel point, dis-je, tant de causes diverses ont pu se combiner et s’unir pour faire à cette langue une fortune si prodigieuse ». L’universalisme est bien plus à rechercher dans l’enracinement que dans l’idéalisme pompeux.

Alors, exhalons tout notre goût, toutes nos envies, plutôt que de chercher dans l’œil de l’autre ce qu’il attend de nous. Soyons authentiques et non flagorneurs. C’est notre rayonnement nourricier qui attirera les regards pleins de révérence plutôt que la soumission des serviles surveillant chez l’autre ce qui pourra le flatter pour susciter quelques complaisances sifflantes, grossières et méprisables, mais toujours bonnes à la jouissance de nos nihilistes.

L’universalisme est une singularité propagée et non une réduction sèche.

* « Comme elle était, rien qu’une fille de la terre, hors de la Crau, on en a peu parlé »

(Illustration : Pollice verso, huile sur toile de Jean-Léon Gérôme, 1872, Phoenix Art Museum (États-Unis) ; qui permet de mettre en évidence la cruauté, la passion, le pouvoir, la fragilité, etc., identiques au fil des siècles)

https://www.actionfrancaise.net/2026/10/21/luniversalisme-a-contre-sens/

mardi 20 octobre 2026

Le nazisme en Ukraine : un conditionnement qui remonte à loin

 

Au 30 juin 1941 notamment ! Soit 8 jours exactement après le déclenchement de l’opération Barbarossa par les nazis contre l’Union soviétique. À mon avis, ce n’est pas le fait du hasard tant l’avancée allemande fut foudroyante. Cette date est celle de la Déclaration de l’indépendance de l’Ukraine qui énonce dans sa 3e clause ce qui suit : « 3/ L’État ukrainien nouvellement formé travaillera en étroite collaboration avec le national-socialisme de la Grande Allemagne, sous la direction de son chef, Adolf Hitler, qui veut créer un nouvel ordre en Europe et dans le monde et aide les Ukrainiens à se libérer de l’occupation soviétique … ».
Donc, il n’y a aucune ambiguïté. Et les méthodes de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et de sa branche armée l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), qui ont toutes deux pour chefs Stepan Bandera et Roman Choukhevytch, sont celles du nazisme : violence, terrorisme et… extermination totale des opposants. Sans oublier les agissements faux-jetons qu’on a tendance à oublier quand on parle du nazisme tant on est sidéré par la barbarie satanique de ce type d’individus. Quand une certaine Lyudmyla Denisova, commissaire aux droits de l’homme – mais oui, ça ne s’invente pas – va brailler au monde que les soldats russes, dans la guerre actuelle, violent des femmes et même des bébés ! cela relève en ligne droite de l’esprit nazi. On se réjouira, il est vrai, que les députés du Parlement ukrainien l’aient virée.
Le fait que le 22 janvier 2010, l’ancien Président ukrainien Viktor Iouchtchenko ait élevé Stepan Bandera et Roman Choukhevytch à la dignité posthume de « Héros d’Ukraine » atteste la permanence de l’incrustation du nazisme dans de très nombreux esprits du pays. Comme en témoignent également des mouvements comme Azov, Svoboda et Secteurs droits avec leur participation à la révolution de Maïdan de février 2014, leurs retraites aux flambeaux et leur adoption à peine déguisée des symboles du nazisme. Aussi, il y a de quoi être franchement dégoûté par le soutien de tous les dirigeants de l’Europe de l’Ouest à l’Ukraine dans la guerre face à la Russie, pays donc encore bien marqué par le nazisme et être dégoûté également par leur enthousiasme partagé à l’accueillir au plus vite parmi eux !!! Ont-ils donc déjà oublié les 60 millions de morts de la Seconde Guerre mondiale, les camps de concentration, les fours crématoires, la destruction totale de milliers de villes et de villages notamment en Biélorussie, les expérience médicales… ? L’Ukraine dans l’Europe ? Mais il y a un boulot fou de dénazification à entreprendre auparavant et Dieu sait si elle durera des années et des années… pour ne pas dire des décennies !!! S’il a voulu se prémunir de l’avancée de l’OTAN menaçant son pays, avancée qui est en fait, « un Cuba à l’envers », Poutine, en lançant son opération, n’a pas eu une lubie soudaine.
Dans son livre « La boue de Khrouchtchev », l’historien et publiciste russe Evgueni Spitsine évoque le décret d’amnistie concernant les citoyens soviétiques ayant collaboré avec les occupants pendant la Grande Guerre patriotique. Il est important de mentionner que ce décret publié le 17 septembre 1955 a été signé par Kliment Vorochilov, président du Presidium du Soviet Suprême de l’URSS et Nicolaï Pego, secrétaire du Presidium du Soviet Suprême de l’URSS. Voilà ce qu’on peut lire dans ce décret : « Vu la fin de la guerre entre l’Union soviétique et l’Allemagne et guidé par le principe d’humanité, le Presidium… a considéré qu’il était possible d’appliquer l’amnistie aux citoyens soviétiques… afin de permettre à ses citoyens de retrouver une vie professionnelle honnête et de devenir des membres utiles de la société socialiste ». On comprend mieux alors pourquoi défilent quelquefois dans les Pays baltes des survivants nazis et que leur sont dédiés des monuments ! J’ai peur que l’Europe se soit élargie un peu vite en 2004, non ? Notons qu’entre 1945 et 1955, les gens ciblés par le décret d’amnistie avaient abattu 25 000 militaires, membres des services de sécurité, de la police et des gardes-frontières. Or, en février 1956, soit 5 mois après la signature du décret précité, se tient le 20e Congrès du Parti au cours duquel Khrouchtchev dénonce le culte de la personnalité de Staline. Bravo ! Mais il y a un résultat malheureux : les gens ciblés par le décret sont considérés… comme victimes de la répression stalinienne. Bref, le monde à l’envers. Sont-il devenus pour autant membres à part entière de la société ?
La réponse d’un certain Vassil Zavtazni est éclairante sur les raisons qui expliquent la pérennité du nazisme jusqu’à aujourd’hui en Ukraine. Il suffit de l’écouter pour en être convaincu : « La période de lutte avec le pistolet et la mitrailleuse est terminée. Une autre période est arrivée, une période de lutte pour la jeunesse, une période où il faut s’acoquiner avec le pouvoir soviétique pour la faire renaître sous des slogans bolcheviques. Notre but est de pénétrer dans toutes sortes de postes, d’être autant que possible à la tête de l’industrie, des transports, de l’éducation, à la tête de la jeunesse, d’inculquer à la jeunesse tout ce qui est national ».
C’est pourquoi, aujourd’hui encore, dans les manuels d’écoles primaires, les Russes sont décrits comme des ennemis, des agresseurs et des occupants et il est écrit à propos des habitants du Donbass qu’ils sont des terroristes qui agissent sous les ordres de manipulateurs russes. Par exemple, dans un manuel pour lycéens, on peut découvrir sur la première de couverture, une photo de l’armée ukrainienne pendant la Seconde Guerre mondiale. Et nos dirigeants européens, dont la cervelle ne dépasse pas celle des petits de l’école primaire justement, gobent toute cette propagande, héritière en droite ligne du nazisme.
Un dernier mot encore confinant à l’absurdité : depuis 1991, les Américains ont investi plus de 5 milliards de dollars dans l’éducation des enfants en Ukraine par l’intermédiaire d’organisations caritatives. Étrange macédoine que ces démocraties et le nazisme ukrainien ! Allez « les veaux » comme avait dit un jour de Gaulle, précipitez-vous aux urnes dimanche pour donner vos précieuses voix à la Nupes de mes fesses et à Ensemble pour foutre la France et l’Europe en l’air ! Bon sang ! C’est sûr qu’ils vont être contents vos enfants et vos petits-enfants, du monde que vous allez leur léguer ».
Philippe Arnon

Mythes et réalités de la Renaissance, avec Guillaume Frantzwa

 


dimanche 18 octobre 2026

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Jean-Christian Petitfils - Révolution américaine, dettes de Necker : les causes de la Révolution

 

Certains livres sont des événements. Jean-Christian Petitfils, travailleur infatigable qui n’est pas sans raison celui de nos historiens dont les ouvrages connaissent la plus large audience, s’est déjà confié pour TVL, relatant sa vie dans une première Conversation diffusée voici trois ans. Il y revint pour nous sur les titres les plus marquants d'une œuvre foisonnante, notamment une biographie ou une "historiographie" de Jésus et celles des cinq rois bourbons. On attendait le couronnement, si l’on peut dire : une histoire complète de la Révolution française.

La voici, monumentale, l’auteur déployant au long de mille et une pages toutes les qualités qu’on lui connait : un talent de plume devenu rare, le soin de saisir l’événement en le plongeant dans l’époque, alliant l’étude de caractères à la sociologie, l’économie à l’histoire des idées - et le courage de détruire quelques idées reçues, dussent quelques vieilles gloires républicaines sortir du Panthéon… Nous avons dû insérer les aspects de cet événement immense et répartir une suite d’entretiens entre quelques grands sujets. Commençons par les causes principales du processus révolutionnaire, moins "démocratique" qu’il ne fut dictatorial, moins libérateur qu’il ne fut terroriste, et moins mécanique qu'il ne fut le résultat d'une suite de circonstances malheureuses - tout ayant pu, à tout moment être rattrapé.


Il faut dire que, après les énormes dépenses de la guerre d’Amérique, les dettes qu’accrut au-delà de toute raison M. Necker, banquier suisse et protestant, avaient de quoi ébranler un édifice monarchique qui, certes fragile, loin de l’absolutisme qu’on lui prête aujourd’hui, n’en avait pas moins assuré la prééminence mondiale incontestée de la France - au risque de susciter nombre de jalousies qui se révéleront acharnées... 

https://tvl.fr/les-conversations-de-paul-marie-couteaux-avec-jean-christian-petitfils-revolution-americaine-dettes-de-necker-les-causes-de-la-revolution

1949 : entrer en guerre froide, avec Justine Faure

 


Terres de Mission n°482 - Nohad Al Chami, la miraculée de saint Charbel

 

Terres de Mission n°482 - Nohad Al Chami, la miraculée de saint Charbel

Eglise universelle : Nohad Al Chami, la miraculée de Saint Charbel

Décédée en mai 2025, Nohad Al Chami, libanaise et mère de 12 enfants, a été l'heureuse bénéficiaire d'un des miracles les plus extraordinaires de Saint Charbel Makhlouf. Marthe Peres présente ce film émouvant distribué par Saje : "Nohad Al Chami - La miraculée de Saint Charbel". Une vie de souffrances transcendée par la foi. 

Eglise en France : Souffrances et espérance de l'Eglise de France

A l'occasion de la venue du pape Léon XIV en France fin septembre, l'ECLJ (Centre Européen pour le Droit et la Justice) a rendu public un rapport extrêmement précis et fouillé sur la situation de l'Eglise en France : "2026. Souffrances et espérance de l'Eglise en France". Constance Avenel présente ce précieux travail.


Eglise en marche : Pèlerinage Summorum Pontificum et rencontres Pax Liturgica

Président du CISP (Coetus Internationalis Summorum Pontificum), Christian Marquant présente le programme des 11èmes rencontres Pax Liturgica le vendredi 23 octobre et du 15ème pèlerinage Summorum Pontificum à Rome le samedi 24 octobre prochains. Mgr Schneider honorera ces événements de sa présence.

https://tvl.fr/terres-de-mission-n0482-nohad-al-chami-la-miraculee-de-saint-charbel

samedi 17 octobre 2026

Non, 1789 n’est pas la liberté !

 

Un soixantième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait de Frédéric Le Play.

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On a perverti le sens intellectuel et moral de ce pays en lui faisant croire que la liberté date, chez nous, de 1789. Plus j’observe et plus j’arrive à constater que cette date serait plutôt celle de l’amoindrissement graduel de la liberté. 

Notre [peuple] est, parmi tous les autres, le plus opprimé ; dans la vie privée, par le Code civil et les autres règlements de la Terreur, par les monopoles commerciaux et leurs agents, par les légistes et leurs nombreux auxiliaires ; dans la commune et dans les provinces, par le poids des prescriptions réglementaires et la multiplicité des fonctionnaires publics. C’est aussi parmi nous que le pouvoir pèse le plus lourdement sur la province, le département, l’arrondissement, le canton, la commune, la corporation, l’atelier et le foyer. C’est également la France qui, par ses erreurs et ses folles entreprises, a le plus encouru l’inimitié de ses voisins ; c’est elle, enfin, qui, à raison des charmes de son climat et de la richesse de ses productions, excite le plus leurs convoitises.

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Les provinces ont été un élément essentiel des anciennes prospérités de la France. Elles sont plus que jamais placées parmi les fondements de la constitution sociale, chez les peuples qui prospèrent encore aujourd’hui. Enfin, elles ont été détruites, sans aucune raison légitime, par des hommes passionnés et ignorants ; jamais, en effet, on n’avait articulé un grief contre les circonscriptions provinciales, au milieu des récriminations contre l’Ancien Régime et des entraînements vers la nouveauté qui précédèrent les violences de la Révolution. Toutes les règles tirées de l’expérience et de la raison se réunissent donc pour enseigner que la réforme de la France doit être intimement liée à la restauration de la vie provinciale.

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La réforme nécessaire de la France ne saurait être amenée par l’avènement de la démocratie. Les notabilités politiques qui prônent en France la démocratie admettent presque toutes implicitement que cette forme de gouvernement repose sur l’égalité forcée des conditions, c’est-à-dire sur la domination des classes inférieures, avec exclusion de celles qui se distinguent par la richesse, le talent et la vertu. Or, l’histoire du passé et l’observation du  présent enseignent qu’un tel régime n’a pu nulle part constituer un gouvernement régulier.

https://www.actionfrancaise.net/2026/10/17/non-1789-nest-pas-la-liberte/

La faille philosophique du marxisme (Henri de Man)

 


vendredi 16 octobre 2026

Quelle armée pour la France ?

 


Le socialisme n’est pas de gauche !

 

Le socialisme n’est pas de gauche !

On a pris l’habitude d’associer socialisme et gauche. Pourtant, dès son origine, le socialisme s’oppose frontalement au progressisme libéral né de la Révolution française. Là où la gauche célèbre le mouvement, l’individu et la table rase, le socialisme originel défend les communautés, l’enracinement et la décence commune. Une opposition radicale que l’histoire a peu à peu effacée… jusqu’à faire disparaître le socialisme lui-même.

L’opposition entre la gauche et la droite vient de la Révolution française. La droite est alors le parti de la Restauration catholique et monarchiste, la gauche au contraire entend affermir et prolonger la Révolution, elle est républicaine et anticléricale. La droite est conservatrice, la gauche progressiste. La droite est le parti de l’ordre et de l’autorité, le sabre et le goupillon, tandis que la gauche est libérale : libérale politiquement, promouvant les libertés politiques contre l’autorité du roi ; libérale de mœurs contre la morale catholique ; libérale économiquement et favorable aux innovations industrielles et scientifiques.

La vie politique du XIXe siècle ne s’arrête pas à ces deux partis. A la gauche progressiste (les bleus) et à la droite réactionnaire (les blancs) s’ajoutent les socialistes (les rouges). Ce mot de socialisme a été introduit en France en 1834 par Pierre Leroux, ouvrier typographe et fondateur du socialisme français, dans un but précis : « j’inventais le terme de socialisme pour l’opposer au terme d’individualisme ».

Cette origine est décisive. Le socialisme originel est une réaction devant l’atomisation de la société. En effet, les communautés traditionnelles sont morcelées par le capitalisme naissant. L’exigence de mobilité, qui commence avec l’exode rural, rompt la vie commune ; la mise en concurrence des travailleurs déchire le tissu social ; l’innovation permanente détruit les traditions et brise le lien entre les générations. L’individualisme libéral sape les formes élémentaires de réciprocité et d’entraide, toute culture commune, toutes les habitudes de vivre et de travailler ensemble sans lesquelles aucune communauté ne peut se maintenir. Le socialisme, comme son nom l’indique, sera d’abord la lutte pour maintenir vivantes les communautés, contre le libéralisme pour qui « la société n’existe pas » (Thatcher), bien avant d’être une lutte économique contre la misère ouvrière.

Pourquoi défendre les communautés ? Parce que les individus isolés sont faibles, vulnérables et exploitables, à la merci de l’État ou de l’argent. Les socialistes, comme Debord, Orwell ou Simone Weil, ont souligné que l’atomisation des sociétés signifiait la désolation, l’isolement et le déracinement, qui permettent tous les asservissements et tous les totalitarismes. Sans communauté solide, pas d’hommes libres. Voilà pourquoi le socialisme originel s’oppose à tous les progressismes de la science, de l’économie et de la politique qui font table rase du passé, afin défendre tout ce qui est indispensable à la survie des communautés. Le socialisme originel est conservateur, il entend réenraciner les hommes déracinés par la modernité industrielle.

Aimer son pays

Le socialisme est naturellement nationaliste et patriote. On « doit aimer, dans un pays, tout ce qui est condition du développement spirituel des individus : le langage, les cérémonies, les coutumes, toute la poésie qui enveloppe la vie d’un pays. On peut et doit aussi aimer tous les pays, mais on a des obligations particulières envers le sien propre » (S. Weil). Les socialistes s’opposent dès le début à l’immigration, dès 1845 (Engels). Ils fondent la fameuse Internationale notamment pour développer la solidarité entre les travailleurs de tous les pays qui fera que les ouvriers belges ne viendront pas briser une grève française en se faisant embaucher à la place des ouvriers français. Le socialisme est, enfin, moral. Il cultive les vertus indispensables à la vie sociale qui sont rongées par « les eaux glacées du calcul égoïste » : la fidélité à la parole donnée, l’entraide et la générosité, le sens de l’honneur. C’est la common decency d’Orwell.

Bref, la gauche progressiste et le socialisme conservateur s’opposent frontalement. La gauche issue de la Révolution française se fonde sur l’idée de Progrès et la philosophie des Lumières. Son ennemi, c’est le réactionnaire, c’est-à-dire tout ce qui freine le Progrès : l’Eglise, la monarchie, mais aussi les traditions populaires, toujours conçues comme arriérées et nauséabondes. Le socialisme issu de la Révolution industrielle se fonde sur l’expérience concrète de l’atomisation des communautés. Son ennemi, c’est le bourgeois, c’est-à-dire tout ce qui détruit les conditions d’une vie digne.

Alliances temporaires et oppositions radicales

Il y eut parfois des alliances temporaires, lors de l’affaire Dreyfus et du Front Populaire. Mais la plupart du temps, les socialistes et la gauche se sont opposés, parfois violemment. En juin 48, Hugo, alors député se range clairement du côté de l’ordre et de la garde nationale contre les ouvriers, incitant les soldats à prendre d’assaut les barricades ; en 1870 la Commune est écrasée dans le sang par Thiers, alors chef de la gauche ; en 1871 Edouard Vaillant proclamait que « Versaillais de gauche comme Versaillais de droite doivent être égaux devant la haine du peuple ; en 1893 le parti ouvrier français appelle à « chasser du pouvoir les voleurs de droite comme de gauche » ; lors de l’affaire Dreyfus, Rosa Luxembourg désigne Jaurès, Zola et la gauche comme « les ennemis de la classe ouvrière » ; en 1919 les spartakistes sont exécutés par un gouvernement de gauche ; en 1920, la SFIO répète qu’elle est un parti révolutionnaire « opposé aux blocs de gauche »…

Après-guerre, le socialisme originel a disparu, avalé par la gauche sociale-démocrate. Rosa Luxembourg avait pourtant mis en garde : l’assimilation des socialistes à la gauche sera « l’anéantissement de toute l’œuvre accomplie par le socialisme ». Effectivement, la gauche a totalement éradiqué le discours socialiste originel à tel point qu’il n’y a plus à gauche de critique sérieuse du capitalisme – tout au plus la volonté d’en réformer quelques excès. Même l’extrême gauche actuelle n’est pas anticapitaliste ni antilibérale, malgré tous ses discours fracassants, parce que son idéologie libertaire et progressiste permet le déploiement total du capitalisme – ce que les socialistes avaient bien vu.

La droite monarchiste et catholique a elle aussi disparu, remplacée par la droite contemporaine, aussi libérale et progressiste que la gauche, à tel point qu’il n’y a plus à droite de critique sérieuse de la modernité – tout au plus la volonté d’en réformer quelques excès. Même l’extrême droite actuelle n’est pas conservatrice ni patriote, malgré tous ses discours fracassants, parce qu’elle promeut l’économie de marché et l’innovation technologique qui détruisent les frontières et les communautés, les traditions et les valeurs morales – ce que les socialistes avaient bien vu.

C’est le fameux mouvement sinistrogyre. La gauche libérale a triomphé des socialistes et de la droite réactionnaire, elle a imposé à tous ses valeurs fondamentales, le libéralisme et le progressisme. Tous les partis politiques français sont d’une manière ou d’une autre libéraux et progressistes, tous sont les héritiers de la gauche. Tous, malgré leurs beaux discours, œuvrent concrètement à la destruction des communautés. Pour combattre l’atomisation, le déracinement et la désolation de l’homme moderne il n’y a donc qu’un moyen : non pas voter, mais s’enraciner, c’est-à-dire s’engager dans une communauté.

Pour approfondir, on lira avec profit Jean-Claude Michéa, en particulier Notre ennemi, le capital.

https://www.revue-elements.com/le-socialisme-nest-pas-de-gauche/