dimanche 23 août 2026

Terre & Peuple, l’Europe par les racines

 

Identité

Fondée il y a plus de trente ans par Pierre Vial, ancien pilier de la Nouvelle Droite, « Terre & Peuple » a progressivement tracé son propre chemin : défendre les héritages européens. À l’occasion de la parution de son 108e numéro, retour sur cette aventure.Propos recueillis par François Bousquet

ÉLÉMENTS : Trente ans après la création de Terre & Peuple, quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ?

TERRE & PEUPLE. D’abord, nous sommes toujours là. Et notre cap n’a pas varié. D’aucuns sont actifs depuis les origines et des jeunes continuent à nous rejoindre, attirés par notre singularité, tant doctrinale qu’en termes d’actions. Nous avons creusé un sillon unique, avec des activités en régions, dans nos bannières, un site Web alimenté tous les jours, une newsletter, la revue, trimestrielle, et des publications qui traitent des fondamentaux.

ÉLÉMENTS : Quelle est la singularité de Terre & Peuple ? La place accordée aux traditions européennes, au paganisme, à la longue mémoire, à l’écologie enracinée ? Autres ?

TERRE & PEUPLE. Terre & Peuple poursuit l’œuvre entamée par Pierre Vial et ses deux présidents d’honneur, Jean Mabire, puis Jean Haudry, en assumant une démarche identitaire, seule à même pour nous de préserver notre spécificité européenne. Cela passe par une réappropriation de notre héritage, ethnique, culturel et spirituel. Héritage païen, car c’est ainsi que l’Europe s’est construite. Pour autant, nous assumons aussi les deux derniers millénaires, et d’ailleurs nous comptons de nombreux sympathisants catholiques, curieux de la totalité de notre héritage. Le paganisme représente pour nous une approche du monde enracinée, mémorielle et vivante. Pas un folklore qu’il faudrait réinventer.

La structuration du monde indo-européen, mise en évidence par Jean Haudry – immense linguiste qui a consacré sa vie aux études indo-européennes –, relève pour nous du corpus doctrinal, et ce faisant de notre construction intime. Elle porte notre vision du monde européen. Ce n’est pas seulement une approche intellectuelle.

Quant à l’écologie enracinée, bien entendu, oui, c’est pour nous un thème tout naturel, si j’ose dire, et de toute éternité.

ÉLÉMENTS : Votre dernière livraison – et couverture – consacre un important dossier au cheval. Pourquoi ce thème ?

TERRE & PEUPLE. Tout ce qui est européen est nôtre. La première représentation pariétale de l’homme européen est un cheval. Sans le cheval, point d’expansion indo-européenne, point de chevalerie, etc.

Chaque numéro de Terre & Peuple comporte un dossier spécifique. L’affaire Epstein pour le dernier numéro, le 108, avec notamment une analyse chinoise, tout à fait inhabituelle. Et désormais, en plus, un entretien visant à approfondir la relation spécifique qui nous unit à tel ou tel élément structurant de notre identité européenne, en l’éclairant depuis nos origines. Dernièrement : la chasse, le cheval. Avec un regard singulier. Pour le cheval, par exemple, nous n’avons pas interrogé un « simple » sachant, mais un ancien écuyer en chef du Cadre noir. Ce qui nous permet d’avoir une approche non seulement scientifique, mythologique, historique et équestre, mais vécue, à nulle autre pareille. De même, pour un sujet sur le taureau, sous l’angle de la mythologie, jusqu’à son prolongement actuel, à savoir la corrida, nous avons interrogé un matador.

À venir : la musique, le mercenariat, la Beauté, etc. Mais aussi, des périodes de notre histoire à même de nous orienter pour demain. Prochainement : la Reconquista, l’Empire romain. Les sujets ne manquent pas…

ÉLÉMENTS : À qui s’adresse aujourd’hui Terre & Peuple ? À un noyau militant, à des lecteurs en quête de repères, à la nouvelle génération… ?

TERRE & PEUPLE. À vrai dire, aux trois. Un militant sans une solide formation métapolitique risque fort de s’égarer. Certains lecteurs militent, d’autres non. Quant aux jeunes, dès leur plus tendre enfance, l’État profond les biberonne aux contre-vérités et les réseaux sociaux ont vite fait de leur donner le tournis. Nous offrons aux identitaires un corpus culturel et doctrinal, associé à des analyses et des expériences de terrain, synthèse probablement unique. Nous ambitionnons de servir d’éveilleurs et de boussole dans un monde en perte de repères.

ÉLÉMENTS : Quels sont les objectifs de la revue ?

TERRE & PEUPLE. La revue pose les jalons. Et elle demeure. Contrairement aux parutions numériques, aussi vite disparues qu’elles sont apparues.

C’est une revue métapolitique. Elle s’intéresse à certains sujets d’actualité (Ukraine, Iran, etc.), mais en s’appuyant sur la profondeur historique. Elle apporte donc sur ces sujets un recul qui fait cruellement défaut par ailleurs. Chaque numéro comporte un dossier (technologie, la question religieuse, etc.). Également, nous l’avons vu, un entretien sur un thème structurant pour notre conscience identitaire. Nous traitons aussi de l’actualité des publications de notre courant de pensée, et des découvertes scientifiques en linguistique, archéologie et génétique, plus particulièrement.

Nous avons donc vocation à apporter aux identitaires, trop souvent mus par leur instinct, une vision de notre civilisation structurée, profonde et réfléchie, seule garante de notre cohésion et des succès de nos combats. Au-delà, bien entendu, nous nous adressons aussi à l’ensemble de nos peuples, aux individus curieux de leur racines, particulièrement dans l’Europe francophone.

Pour consulter le site de Terre & Peuple :

https://www.terreetpeuple.com

https://www.revue-elements.com/terre-peuple-leurope-par-les-racines/

À Soissons, une nécropole antique livre le secret de ses tombes

 

Capture d'écran RMC Découverte

À Soissons, l’archéologie révèle chaque jour un peu plus les contours d’une cité antique dont l’importance dépasse largement les vestiges encore visibles. Fondée à l’époque augustéenne, la ville, alors appelée Augusta Suessionum, s’étendait, à son apogée, sur environ 120 hectares. À l’écart de l’agglomération, sur la butte Saint-Jean, les habitants avaient alors installé un vaste espace consacré aux morts. De nouvelles fouilles archéologiques, menées en février 2026 par l’INRAP, ont permis d’en explorer la bordure occidentale et, surtout, de continuer à mieux comprendre les pratiques funéraires des premiers habitants de Soissons.

Une nécropole connue depuis le XIXe siècle

La nécropole de la butte Saint-Jean n’est pas une découverte récente. Son existence est attestée par des découvertes réalisées dès le début du XIXe siècle. Les recherches successives ont ensuite permis de comprendre que ces découvertes isolées appartenaient à un vaste ensemble funéraire installé au sud-ouest de la ville romaine. En 2006, un diagnostic archéologique a confirmé la présence de sépultures et de bûchers funéraires. Les archéologues observaient alors une concentration importante des tombes, certaines étant regroupées sur seulement 80 m². Ces découvertes confirmaient définitivement l’existence d’une vaste nécropole antique, dont une grande partie avait malheureusement été détruite par les importants terrassements militaires réalisés aux XVIe, XIXe et XXe siècles. Une fouille menée en 2008 sur environ 1.200 m² avait ensuite permis d’étudier plus précisément une partie de cette nécropole. Elle avait ainsi livré près de 300 structures funéraires, comprenant notamment 148 tombes d’enfants décédés en bas âge. Ces découvertes avaient déjà révélé la diversité des pratiques funéraires employées à Soissons durant l’Antiquité.

Ce que les fouilles de 2026 apportent

L’opération conduite par l’INRAP en février 2026 présentait un intérêt particulier, puisqu’elle avait pour but d’étudier la bordure occidentale de la nécropole et d’en connaître les limites. Six sépultures ont été alors mises au jour : trois appartenaient à des adultes, dont deux femmes, tandis que le sexe du troisième individu n’a pu être déterminé, et trois autres concernaient de très jeunes individus. Parmi eux se trouvaient un nourrisson âgé de moins de six mois, un fœtus âgé de 36 à 40 semaines et un autre individu périnatal.

La présence de très jeunes défunts n’est pas anodine, dans cette nécropole. Elle rappelle la place particulière accordée aux nouveau-nés dans la société antique, mais aussi la diversité des manières dont leurs corps pouvaient être déposés. Les deux premiers enfants ont été inhumés dans des fosses proches l’une de l’autre. Le premier avait été recouvert de fragments d’amphores et accompagné d’une pierre en grès, matériau notamment utilisé pour la fabrication de certains sarcophages. Le second avait été installé entre deux tuiles formant un cercueil, avant d’être lui aussi recouvert de fragments d’amphores brisées.

Ce type d’inhumation, associant des tuiles et des fragments d’amphores pour protéger la dépouille, constitue une découverte particulièrement intéressante. Il n’avait encore jamais été observé dans le nord de la Gaule, même si des pratiques comparables sont connues sur plusieurs sites du centre et du sud de la Gaule. Des datations au carbone 14 ont par ailleurs permis d’attribuer ces différentes sépultures au courant du Ier siècle après Jésus-Christ.

Des traces de crémations

Les inhumations ne constituent toutefois qu’une partie des vestiges découverts lors de cette opération. Un ensemble de quatre fosses contenant des rejets issus de crémations et probablement du curage de bûchers funéraires a également été documenté. Ces structures témoignent d’une autre pratique funéraire largement répandue dans le monde romain : le corps du défunt était brûlé sur un bûcher avant que les restes osseux et les éléments associés à la cérémonie ne soient déplacés ou déposés dans une sépulture. Certaines de ces fosses ont aussi livré des fragments d’amphores ainsi que plusieurs objets métalliques, notamment des fibules et des clous de chaussures. Tout ou une partie de ces objets portent les traces du passage dans le feu.

Ces nouvelles fouilles ne bouleversent alors pas nos connaissances sur ce cimetière ; elles viennent en préciser les usages et la chronologie. L’opération de 2026 apporte ainsi une nouvelle pièce au puzzle funéraire de la nécropole de l’antique Augusta Suessionum.

Eric de Mascureau

Terres de Mission n°474 : Saint Louis, chef d'Etat

 

Terres de Mission n°474 : Saint Louis, chef d'Etat

Eglise universelle : Saint Louis modèle des chefs d'Etat

Il y a tout juste 800 ans, le 29 novembre 1226, Saint Louis était sacré roi de France. A l'occasion de cet anniversaire, François-Régis Legrier publie une nouvelle biographie du saint : "Saint Louis modèle des chefs d'Etat", principalement centrée sur l'action politique du saint roi. Ou comment concilier fidélité à l'Evangile et responsabilités politiques.

Eglise en France : Quelques lectures estivales

Jean-Pierre Maugendre nous propose quelques lectures estivales :

- L'Odyssée - Sur les traces d'Ulysse. Figaro hors-série, 164 pages, 14,9 €


- Les guerriers de l'hiver, Olivier Norek, Michel Lafon, 424 pages, 21,95 €

- A cœur ouvert, Charles d'Azérat, Mareuil Editions, 159 pages, 21 €

- Le retour du roi, David Engels, Verbe haut, 288 pages, 25 €

Eglise en marche : Rénove une statue

Raphael Castex, de l'association Rénove une statue, vient de démarrer un tour de France du patrimoine afin de restaurer 20 statues. Il nous présente son action et ses projets.

https://tvl.fr/terres-de-mission-n0474-saint-louis-chef-d-etat

La bataille de la Marne, 5 au 12 septembre 1914

 

« Les armées allemandes sont entrées en France, de Cambrai aux Vosges, après une série de combats victorieux. L’ennemi, en pleine retraite, n’est plus capable d’offrir une résistance sérieuse. »

(Communiqué allemand du 27 août 1914).

 « On a vu déjà les effets dissolvants de ces marches en retraite répétées, le plus souvent de nuit… Effectifs fondus, traînards tombés aux mains de l’ennemi, bagages perdus, fusils et canons enlevés et, surtout, disparition du moral de la troupe… » (Général Gallieni, début septembre 1914). 

En ce mois de septembre, ayons une pensée pour nos soldats, nos Poilus, tombés durant la bataille (LES batailles) de la Marne, qui n’est finalement connue que pour ses célèbres taxis.

Dès le début de la Grande Guerre, la situation militaire est en faveur des armées allemandes, qui remportent, dans la seconde moitié d’août 1914, une série de victoires : sur le front de l’Ouest en Lorraine (bataille de Morhange, le 20 août 1914), en Belgique (batailles des Ardennes, du 21 au 23 août, de Charleroi, du 21 au 23, et de Mons, le 23), et sur le front de l’Est (bataille de Tannenberg, du 26 au 29 août). Sur le plateau lorrain et dans les Vosges, l’armée française recule.

Le 23 août elle arrive péniblement à tenir ses positions face aux attaques allemandes (bataille de la Trouée de Charmes, du 24 au 26 août), mais toutes les unités – françaises et britanniques – qui s’étaient avancées en Belgique battent en retraite à partir du soir du 23 août.

Une telle situation s’explique, en partie, par la disproportion des forces entre Allemands et Franco-Britanniques : l’état-major allemand a choisi de masser, face à la Belgique et au Luxembourg, la majorité de ses unités, 59 divisions (soit 1 214 160 combattants) regroupées au sein de cinq armées, formant l’aile droite allemande. La défense de l’Alsace-Lorraine était confiée à une aile gauche de 16 divisions (402 000 combattants) regroupées dans deux armées.

Les Français, eux, n’avaient prévu de déployer que 16 divisions (299 350 hommes) face à la Belgique. Elles seront renforcées au moment de la bataille des Frontières, par l’envoi des 3e  et 4e  armées françaises et d’un corps expéditionnaire britannique. Vite dominées, les armées franco-britanniques repassent la frontière franco-belge, puis se replient vers le sud-sud-ouest : cette retraite s’éternise pendant quinze jours, jusqu’au début du mois de septembre, où les troupes, épuisées, arrivent  quasiment aux portes de Paris. Cette débâcle est imputable au commandement.

À cette époque, le fantassin français est totalement inadapté à la guerre moderne : chargé comme un mulet, habillé du fameux « pantalon garance », on lui impose des assauts à la baïonnette contre des mitrailleuses. Ses chefs, pour la plupart, en sont restés aux guerres de l’Empire !

Le commandement est incarné par le généralissime Joseph Joffre. Nommé, en 1911, chef d’état-major des Armées, ce brillant polytechnicien a appris à faire la guerre en… 1870.

Initié à la franc-maçonnerie en 1875 (Loge Alsace-Lorraine), alors qu’il était capitaine, il fait partie des nombreux officiers maçons dont l’avancement sera favorisé par le général André (1), lorsqu’il était ministre de la Guerre (1900-1902), à une époque très anticléricale.

Nos troupes reculent partout. Joffre rejette la responsabilité de la défaite sur ses subalternes auxquels il reproche de ne pas être assez offensifs. Et il limoge ceux qu’il juge incompétents.

Le 25 août, il veut arrêter la retraite derrière la Somme et l’Aisne. Six divisions sont prélevées sur le front d’Alsace-Lorraine et envoyées, à partir du 27 août, autour de Péronne, d’Amiens et de Montdidier. Mais le débarquement de ces troupes est menacé par l’approche des unités de cavalerie allemandes : le projet de bataille sur la ligne Somme-Aisne est annulé le 31 août.

Le 2 septembre, Joffre annonce à ses généraux son projet de rétablissement le long de la Seine et de l’Aube. Il compte s’y fortifier et compléter ses troupes avant de passer à l’offensive.

Tous ces renforts arrivent par voies ferrées, ce qui permet le renforcement de l’aile gauche française : de 45 divisions le 23 août, elle passe à 57 le 6 septembre, puis 70 le 9 septembre.

L’aile droite allemande s’est lancée à la poursuite des Français et des Britanniques, cavalerie en tête. Cette poursuite est menée au pas de charge : les étapes sont de 40 à 45 kilomètres par jour.

Le 27, le chef de l’état-major allemand, le général Von Moltke, envoie à ses généraux une directive fixant les axes de marche vers Paris.  Les forces allemandes engagées sont de 44 divisions d’infanterie et de 7 divisions de cavalerie, soit environ 900 000 hommes (et 2 928 canons).

Le 30 août, la 1re armée allemande marche vers le sud-sud-est au lieu du sud-ouest ; Moltke ordonne d’éviter Paris : la 1re armée avance désormais sur Meaux, la 2e  sur Épernay et la 3e  sur Châlons. Le 3 septembre, des aviateurs français constatent que les colonnes de la 1re armée allemande infléchissent leur marche vers le sud-est et ne vont donc pas sur Paris. Les aviateurs en avertissent aussitôt un officier français (2).

Le 4, le gouverneur de Paris, le général Gallieni, donne ordre à la 6e armée française de se redéployer au nord-est de Paris et de marcher vers l’est entre l’Ourcq et la Marne, prenant ainsi l’initiative d’engager la bataille. Joffre, qui voulait attendre quelques jours de plus, est convaincu par Gallieni et ordonne, le 4 au soir, à toutes les armées françaises de se préparer à faire front :

« Il convient de profiter de la situation aventurée de la 1re armée allemande pour concentrer sur elle nos efforts… Toutes dispositions seront prises en vue de partir à l’attaque le 6 septembre ».

Puis Joffre informe le ministre de la Guerre, Millerand, réfugié à Bordeaux devant la menace pesant sur Paris : « La lutte qui va s’engager peut avoir des résultats décisifs, mais peut aussi avoir pour le pays, en cas d’échec, les conséquences les plus graves. Je suis décidé à engager toutes nos troupes… ».  C’est ainsi que commencent LES batailles de la Marne.

La bataille de l’Ourcq désigne les combats du 5 au 9 septembre sur la rive droite de la Marne, entre Nanteuil-le-Haudouin et Meaux, entre la 6e armée française (du général Maunoury) et l’aile droite de la 1re  armée allemande (du général von Kluck). Notre 6e armée va recevoir des renforts, cinq divisions envoyées par Gallieni. Une brigade de la 7e division d’infanterie est même acheminée de Paris à Nanteuil à bord de taxis réquisitionnés. Ainsi naît l’histoire des « Taxis de la Marne » : leur utilisation est plus anecdotique que décisive dans le sort de la bataille. Dans l’après-midi du 9, les Allemands décrochent et les Français, trop épuisés, ne les poursuivent pas.

La bataille des Deux Morins.  Il s’agit des combats du 6 au 9 septembre en Brie champenoise, d’abord sur le Grand Morin puis sur le Petit Morin, entre le Corps expéditionnaire britannique (du maréchal French) et la 5e armée française (du général Franchet d’Espèrey) et, en face, l’aile gauche de la 1re armée (du général von Kluck) et l’aile droite de la 2e  armée (du général von Bülow).

Les Franco-Britanniques avancent, le 6 et 7 sur le Grand Morin, le 7 et 8 sur le Petit Morin, le 8 sur le Dolloir et la Marne. Le 9 septembre au matin, le général Lauenstein décide de faire battre en retraite son armée, qui est menacée sur sa droite, derrière la Marne. Les divisions britanniques franchissent la Marne à Charly et Nanteuil, tandis que la cavalerie française atteint Château-Thierry.

La bataille des marais de Saint-Gond concerne les combats du 6 au 9 septembre, entre Sézanne et Mailly-le-Camp, entre la 9e armée française (du général Foch) et l’aile gauche de la 2e  armée allemande et l’aile droite de la 3e armée (du général von Hausen).

Dans la nuit du 4 au 5 septembre, Joffre ordonne à Foch d’entreprendre une action offensive sur les troupes allemandes présentes en face de son armée. Le 6, nos troupes font mouvement vers le nord mais sont rapidement bloquées par les Allemands. Foch doit établir des positions défensives et les protéger. Du 6 au 8 septembre, les combats sont de plus en plus intenses. Plusieurs villages sont pris et perdus plusieurs fois. Les troupes présentes au nord des marais de Saint-Gond sont rapidement repoussées mais toutes les tentatives pour franchir les marais sont bloquées.

Dans la nuit du 8 et au 9 septembre, l’aile droite française est enfoncée. Dans la journée du 9 septembre, Foch prend le contrôle du 10e corps d’armée français. Il peut ainsi dégager la 42e division d’infanterie pour se constituer une réserve. L’aile gauche de la 9e armée est fortement attaquée et cède le village et le château de Mondement, un point d’observation qui domine le champ de bataille. Le soir même, le 77e régiment d’infanterie, soutenu par l’artillerie de la 42e  division d’infanterie et par une division marocaine, reprend le château.

Le 10 septembre, devant la pression de la 5e armée française, la 2e armée allemande entame un repli pour éviter l’encerclement.

Ce mouvement entraîne également le repli des troupes de la 3ème Armée allemande. Foch et son armée restent maîtres du champ de bataille et entament la poursuite des Allemands.

La bataille de Vitry est celle des combats du 6 au 10 septembre en Champagne crayeuse, autour de Vitry-le-François, entre l’aile gauche et le centre de la 4e  armée française (du général de Langle de Cary) et l’aile droite de la 4e armée allemande (du duc de Wurtemberg) et l’aile gauche de la 3e armée allemande (du général von Hausen).

La bataille de Revigny désigne les combats du 6 au 12 septembre au sud de l’Argonne, autour de Revigny-sur-Ornain, entre l’aile droite de la 4e armée française, l’aile gauche de la 3e  armée française (du général Sarrail) et l’aile gauche de la 4e armée allemande et de la 5e  armée (du prince héritier de Prusse). Les troupes allemandes tentent de percer les lignes françaises en lançant des combats frontaux très meurtriers. Les Français sont contraints d’adopter une posture défensive, l’arrivée du 15e corps d’armée en provenance de Lorraine permet au général Sarrail de renforcer son aile gauche malmenée par les attaques allemandes et d’empêcher la rupture du front.

Le 10 septembre, la 2e armée allemande, menacée d’encerclement, amorce son repli entraînant avec elle la 3e armée. Le 12 septembre, les Français obligent la 4e armée allemande à rompre le combat et à se replier au-delà de l’Argonne. La 5e armée, également menacée, est contrainte de se replier en passant entre l’Argonne et Verdun.

Bien que, sans carte d’état-major, tout ceci soit assez confus, il faut retenir que la « bataille de la Marne » a comporté, en fait cinq batailles et que les légendaires « taxis de la Marne » ont transporté bien peu de soldats. Mais ils font partie du folklore, de l’imagerie populaire, de notre roman national, donc soyons-en fiers ! Ils incarnent le « système  D » à la française.

Le coup d’arrêt de la Marne marque l’échec de la manœuvre allemande à travers la Belgique et le Nord de la France (Le « plan Schlieffen »). Mais, le général Chambe, alors jeune officier de cavalerie, dira « ce fut une bataille gagnée mais une victoire perdue » : en effet, si les Armées franco-britanniques mirent un terme à l’avancée des armées de Moltke, elles ne purent (ou ne surent ?) exploiter cet avantage en les repoussant hors de nos frontières. Dès le 13 septembre, les Allemands s’installent sur les rives de l’Aisne : nos attaques n’arrivent pas à les déloger et le front se stabilise en s’enterrant dans des tranchées. Mais les Allemands ne sont pas parvenus à prendre Paris et c’est ce que l’histoire retiendra.

Sur le million d’hommes engagés de part et d’autre, les pertes, dans chaque camp, sont de 250 000 tués, blessés et disparus, auxquels s’ajoutent plus de 15 000 prisonniers allemands.

Après la bataille, Joffre renvoie « à Limoges » (3), ou assigne à résidence, cent trente-quatre généraux. Lui, en revanche, ne se remet pas en cause ; il était pourtant leur chef !

La « bataille de la Marne », durant laquelle les fameux taxis ont joué un rôle plus pittoresque que décisif, met un coup d’arrêt provisoire à l’offensive allemande, mais voit s’évanouir l’espoir d’une guerre « fraîche, joyeuse et courte ». Les pertes, extrêmement sévères, sont bien plus importantes que les stratèges ne l’avaient prévu. La Grande Guerre ne fait que commencer.

La France y alignera 8 millions d’hommes, et elle en fera tuer… 1,4 million.

Les monuments aux morts de chaque commune sont là pour nous rappeler leur sacrifice.

Mais cette bataille de la Marne va contribuer à couvrir de gloire le général Joffre. Aux yeux de tous, il devrait être celui qui a laissé les Boches menacer Paris, mais, en France, on aime aduler les vainqueurs. On estime donc qu’il a permis de sauver la capitale, ce qui n’est pas faux.

Dans tout le pays, mais aussi chez nos Alliés, Joffre va jouir d’une grande popularité. Jusqu’à sa mort, en janvier 1931, il fera l’objet d’un véritable culte. De nombreuses images d’Épinal montrent « le vainqueur de la Marne ». Des poèmes, des assiettes, des livres, des statuettes à son effigie mettent en avant sa gloire. Entre 1915 et 1918, cet engouement idiot va jusqu’à prénommer 398 garçons « Joffre » (et 700 filles – les pauvres ! – se prénommeront « Joffrette ».)

Il faudra attendre le 26 décembre 1916, pour que le président du Conseil, Aristide Briand, se décide enfin à le remplacer.  Et, pour que la pilule ne soit pas trop amère,  on en fera un maréchal de France.  Après la Seconde Guerre mondiale, on se chargera d’influencer l’inconscient collectif, pour que « le vainqueur de la Marne » supplante « le vainqueur de Verdun » – Philippe Pétain – dans le cœur des Français. Ainsi s’écrit l’histoire !

Eric de Verdelhan

1)- Cf : le scandale provoqué, en 1904, par « L’affaire des fiches » : le général André, ministre de la Guerre, faisait ficher les officiers catholiques pour freiner leur carrière.

2)- Qui se trouve être Alfred Dreyfus, celui de « l’affaire Dreyfus ».

3)- 134 généraux seront « limogés » (le terme date de cette époque) ; tous n’étaient pas des incapables mais il fallait trouver des responsables.

https://ripostelaique.com/la-bataille-de-la-marne-5-au-12-septembre-1914/

samedi 22 août 2026

"Guerre, trahisons et chaos : La politique dans Warhammer 40K" I Geek et Politique

 


Excellente parfois, destructrice souvent…

 

Un cinquante-deuxième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait d’Honoré de Balzac cette semaine encore.

*****

À quel fatal instinct les peuples obéissent-ils donc en voulant se gouverner par eux-mêmes ?… Est-ce possible ? (…) 

Jadis, l’élection a été excellente dans l’Église où se retrouve, à une époque très reculée, qui a envahi le monde, et a croulé par la faiblesse de sa base. Rome n’était pas une puissance territoriale, mais l’Église était une masse souverainement intelligente, mue par une même pensée, une masse de bonne foi avec elle-même, sachant bien ce qu’elle voulait, pompant toutes les supériorités, et ne les craignant plus parce qu’elle se les assimilait, enseignement dont les pouvoirs modernes profitent peu.

Retrouverez-vous ces principes générateurs d’une bonne élection dans la masse ignorante que compose une loi d’élection indéfiniment étendue en haine des privilèges et par amour d’une égalité impossible ? La matière électorale actuelle tend toujours, dans ses choix, à se mettre en hostilité ou en contradiction avec le pouvoir. La loi assemble les médiocrités du pays ; elles ne peuvent que produire une parfaite image de leur substance élective, car rien ne les pondère…

***

Le ministérialisme constitutionnel ne sortira jamais de ce dilemme, cruel pour les résultats que certains esprits attendent :

ou la nation sera soumise pendant longtemps au despotisme d’un homme de talent et retrouvera la royauté sous une autre forme, sans les avantages de l’hérédité ; ce seront des fortunes inouïes qu’elle payera périodiquement. 
ou la nation changera souvent de ministres. Et alors sa prospérité sera physiquement impossible, parce que rien n’est plus funeste, en administration, que la mutation des systèmes. Or, chaque ministre a le sien, et il est dans la nature que le plus médiocre ait la prétention d’en créer un, bon ou mauvais. Puis, un ministre éphémère ne saurait se livrer tout à la fois et aux intrigues nécessaires à son maintien et aux affaires de l’État. Il arrive au pouvoir en voyageur, se tire de peine par un emprunt, grossit la dette et s’en va souvent au moment où il sait quelque chose de la science gouvernementale.

jeudi 20 août 2026

À la française - L'Art de la taillanderie d'armes

 

À la française - L'Art de la taillanderie d'armes

Ils ne sont plus que 6 taillandiers d'armes en Europe. Nous vous invitons à suivre Pascal Turpin, qui continue à réaliser des armes, s’appuyant sur un savoir-faire ancestral, prolongeant ainsi cet art qui nous vient de l’Antiquité.

En suivant Natalia Krassikova et Laurent Poultier du Mesnil, Créateur du Cercle de France, nous vous invitons à découvrir les secrets d’un des tous derniers Taillandier d’arme, passionné par son arme plus que millénaire.


Plus d’informations : https://pascal-turpin-racing-design.sumupstore.com/

https://tvl.fr/a-la-francaise-l-art-de-la-taillanderie-d-armes

Comprendre le fascisme italien, avec Lucien Jaume

 


28 juillet 1488 : le jour où la Bretagne a perdu son indépendance

 


mardi 18 août 2026

Pourquoi n’enseigne-t-on pas l’histoire des Barbaresques à l’école ?

 

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Un de nos lecteurs nous a fait parvenir cette excellente vidéo de 10 minutes, évoquant l’histoire des Barbaresques, et expliquant comment, pendant trois siècles, ces attaques ont marqué la Corse, et notamment le fait que de nombreux villages ont été construits dans les montagnes, et pas en bord de mer.

Les Barbaresques ont duré trois siècles, et n’ont pris fin qu’en 1830, quand Charles X a envoyé l’armée française prendre Alger et en chasser les Turcs qui occupaient le pays et menaient ces attaques qui ont fait plus d’un million de prisonniers européens, devenus esclaves pour les hommes, les femmes étant livrées dans les bordels et les harems.

Parmi les plus célèbres prisonniers, Cervantès, auteur de Don Quichotte, et Saint-Vincent de Paul. Et pourtant, dans nos écoles, cette histoire pourtant capitale pour notre pays et notamment pour le Sud de la France n’a jamais été enseignée. Christine Tasin avait montré, dans un article remarquable, que la victoire de Poitiers faisait partie des programmes scolaires, de tous temps, et qu’elle a été à présent totalement édulcorée afin de ne pas heurter les jeunes arabo-musulmans, de plus en plus nombreux dans nos écoles.

La grande Bat Ye’Or nous a expliqué qu’Eurabia, en 1973, impliquait de valoriser la culture arabo-musulmane et d’expliquer que l’islam avait toujours fait partie de l’histoire de l’Europe, alors que son seul apport ont été les guerres perdues de Poitiers en 732, de Lépante en 1571 et surtout de Vienne en 1683. Trois dates qui sont occultées des programmes scolaires, et on n’explique pas à nos élèves les enjeux civilisationnels de ces trois victoires.

C’est la même chose pour les Barbaresques, car enseigner aux élèves français ces trois dates serait tordre le cou à toute la culture de culpabilisation et de repentance qu’on inflige à notre pays et à nos enfants dans les programmes de l’Éducation nationale – que nous appelons Éduc Naze – depuis que les gauchistes ont pris le contrôle de l’école.

Enseigner les Barbaresques à l’école, faire des émissions historiques dans les médias officiels remettrait les pendules à l’heure, expliquerait l’histoire du colonialisme avec un autre regard que celui imposé par les Macron, Mélenchon et Stora, et réhabiliterait l’histoire de notre pays, montrant notamment sur l’esclavage une autre réalité que celle imposée par le narratif gauchiste habituel.

Mais il est vrai que la loi du nombre compte et que, dans de nombreuses écoles, les enseignants préfèrent ne plus enseigner la Shoah, pour ne pas provoquer d’incidents et de propos ouvertement racistes et antisémites, voire négationnistes, de la part des élèves musulmans. On peut donc penser qu’évoquer l’histoire des Barbaresques, voire enseigner aux élèves l’histoire des crimes et des razzias musulmanes vaudrait à nombre d’enseignants quelques soucis, menaces, voies de fait, voire pire…

Et pourtant, il faut que des millions de nos compatriotes voient et revoient ce film de Charly Cassan, de 2013, « La Valise ou le Cercueil » qui tord le bras aux mensonges historiques des collabos de gauche et des soumis de droite.

Conclusion : la France ne redeviendra la France que lorsqu’elle sera désislamisée, et elle ne sera désislamisée que lorsqu’elle aura procédé à une remigration massive.

https://ripostelaique.com/pourquoi-nenseigne-t-on-pas-lhistoire-des-barbaresques-a-nos-enfants-a-lecole/

Quand l’ADEME glorifie un modèle allemand au bilan carbone… catastrophique !

 

Photo de Andreas Geissler: https://www.pexels.com

Dans la droite ligne des méthodes d’influence qu’affectionne l’ADEME, son directeur adjoint, Éric Vidalenc, a commis récemment sur son compte LinkedIn un raccourci qui n’a pas manqué de faire réagir les observateurs sérieux.

Voir le tweet

Souhaitant moquer les spécialistes de l’énergie ayant fait le constat de l’échec pourtant patent des choix stratégiques allemands, et principalement la sortie du nucléaire voulue par Angela Merkel et le pari du renouvelable (surtout éolien), Éric Vidalenc a d’abord rappelé qu’en 35 ans, « les renouvelables électriques sont passées de quelque 3 % à plus de 60 % ». Jusque-là, les statistiques confirment. Mais sur sa lancée, le directeur adjoint de l’ADEME en conclut que « cela a permis de baisser sur la même période les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l'énergie de 60 % ».

Or, si les émissions carbonées du secteur de l'énergie ont en effet été réduites de 60 % sur ces trois décennies et demie, la tournure du propos laisse penser que le développement de l’éolien en est le seul responsable. C’est là, au mieux, ce que l’on appelle un raccourci.

Le charbon, grand oublié

C’est omettre notamment que cette réduction des émissions de gaz carbonique (ce que l’on appelle l’intensité carbone) dans la production allemande d’électricité est due, pour une bonne part, à la diminution de la part du charbon dans le mix énergétique, le charbon étant très fortement émetteur de carbone. L’intensité carbone du charbon est en effet de 1.130 g par kWh d’électricité produite, quand elle est de 35 g pour le solaire, 13 g pour l’éolien, 11 g pour l’hydroélectrique et 5 g seulement pour le nucléaire. Cette donnée, qui n’intéresse visiblement pas Éric Vidalenc, est pourtant aisément vérifiable sur le site electricitymaps, dont les historiques remontent à 2017. Il nous apprend que la part du charbon dans la production électrique était alors de 36,93 % et qu’elle est tombée à 19,07 % en 2025. Rappelons, d’ailleurs, que cette part était déjà tombée à 23,34 % en 2023, année de l’arrêt du programme nucléaire allemand. Ce qui signifie que l’éolien n’a fait que continuer une politique d’abandon du charbon qu’avait entamée depuis longtemps et avec succès le nucléaire.

Éric Vidalenc omet aussi de préciser que la France (avec son nucléaire) n'est pas non plus pour rien dans les chiffres qu'il rapporte. L'Allemagne nous achète en effet de l'électricité (nous sommes son second fournisseur), dont la production (et, donc, la trace carbone) n'entre pas dans ses statistiques d'intensité carbone.

Il oublie, enfin, de rappeler que l'Allemagne est si contente de son « modèle renouvelable » qu'elle vient d'en couper les aides...

L’Allemagne, dernière de la classe carbone

Mais si le propos d’Éric Vidalenc a pu être jugé lunaire par les observateurs connaissant la réalité de la situation énergétique allemande, c’est qu’il donne la dérangeante impression de faire l’éloge d’un modèle germanique (du fait de son choix du tout renouvelable) qui ne mérite pourtant pas tant de louanges. Lorsque l’on prend en compte dans les calculs la totalité du cycle de vie des équipements, on constate que l’intensité carbone globale de la production d’électricité allemande atteint 342 g par kWh produit (gCO₂eq/kWh), contre 32 g en France. La production électrique d’outre-Rhin est donc plus de dix fois plus émettrice de gaz carbonique que la nôtre. Si l’objectif du directeur de l’ADEME était de vanter le choix allemand du tout renouvelable, c’est pour le moins manqué.

Cette publication, à la limite de la malhonnêteté par la façon dont elle présente les choses, est cependant cohérente avec la « méthode ADEME », largement éprouvée, et qui nous vaut des perles qui seraient comiques si tout cela ne relevait pas au final de la pure propagande écologiste punitive, comme en témoigne, entre autres, la tristement célèbre campagne « Plante ton slip », aussi ridicule que coûteuse pour le contribuable. Cette gabegie avait d’ailleurs fait l’objet, en mars dernier, d’une question écrite du député RN de la Somme, Jean-Philippe Tanguy, qui demandait un chiffrage de ces campagnes à répétition, que le gouvernement s’est soigneusement gardé de faire dans sa réponse.

Il est vrai qu’en regard du milliard d’euros que pèse l’ADEME dans les impôts des Français, la surprenante germanophilie de son directeur adjoint semble bien négligeable.

Etienne Lombard

Contre-révolution nationaliste d’abord

 

Combat royaliste 138

Par Philippe Germain

Seuls le Canada et l’Europe traînent les pieds à entrer dans le nouvel âge DU politique et des nations, débuté lors de la crise planétaire de la covid de 2019 avec la réaffirmation des frontières. Il n’a pas encore de nom mais chacun a conscience de sa réalité depuis la guerre d’Ukraine de 2022 et celle d’Iran de 2026. Et pour la France métropolitaine et d’outremer, qu’en est-il ? En dépit d’un long moment d’isolement, le nationalisme s’y s’impose à bas bruit, en réaction à la crise du régime républicain. Et parce qu’il est évident que le changement de président en 2027 ne réglera rien, il fautenvisager une contre-révolution nationaliste qui d’abord change de régime politique.

Ce nouveau régime devra être nationaliste intégral, c’est-à-dire royaliste. Seul, il pourra donner les moyens permettant au pays réel de revivifier notre civilisation à substrat culturel catholique. Ce processus « méta-politique » sera la contre-révolution civilisationnelle.

C’est là un raisonnement majeur de l’école d’Action française : avant de revivifier notre civilisation, il faut employer le « politique d’abord », parce qu’en France la politique a été le moyen employé d’abord par ceux qui ruinent la religion catholique comme socle culturel de la France. Logiquement, il existe peut-être une meilleure tactique mais,pratiquement, il faut combattre l’ennemi sur le terrain où il se trouve. Pour autant, il ne faut pas réduire le politique à l’institutionnel car cela donnerait à la solution monarchique l’apparence d’un mythe eschatologique. L’appel au Prince deviendrait alors paresse intellectuelle comme chez les blancs d’Espagne et les royalistes de gauche. 

Tout est possible car les mentalités évoluent vite. Merci Stéphane Bern et Jean Sévillia. Le peuple français comprend de plus en plus la mémoire collective, les traditions, l’identité nationale, la conscience d’appartenir à un groupe inscrit dans l’histoire. N’ayons pas peur du mot nationalisme même si l’extrême-centre manipule le vocabulaire. Il ne dit pas assassin mais antifa. Il ne dit pas fascisme mais populisme. Il ne dit pas antidémocratisme mais illibéralisme. Alors appelons un chat un chat et affirmons : nationaliste et pourquoi pas ? 

Le nationalisme français se développera par sa capacité d’affirmation de valeurs positives. Il ne sera incisif que lorsqu’il aura retrouvé sa solide architecture doctrinale : la seule définition possible de la nation consiste à la concevoir comme un fait d’histoire, le résultat d’une politique fédérative ayant généré notre unité de destin. L’unité française n’a été qu’un aboutissement, la récompense d’un travail patient dont la monarchie capétienne a été l’artisan fédérateur. Cette fédération a permis l’unité dans la diversité. La France est un agrégat d’éléments hétérogènes caractérisé par un substrat chrétien commun ; le tout étant plus que la somme des parties. C’est ce tout que certains veulent diluer dans l’Europe. N’ayons pas peur des mots, ils sont aussi un parti de l’étranger mais maquillé en pseudo-nationalisme européen.

Le problème du respect des particularismes locaux, des petites patries, des cultures et des libertés provinciales vient de la confusion entre l’État et la nation. Le fédérateur externe, l’arbitre reliant les corps et groupes n’existant plus à partir de la Révolution de 1789, l’État ne devant faire qu’Un avec lepeuple, l’unité républicaine requiert nécessairement l’uniformité. Le processus d’identification démocratique du peuple et de l’État lamine le pluralisme social. Voilà pourquoi notre refus de l’homogénéisation et notre respect des autonomies régionales, des différentes communautés organique a pour corollaire notre Combat antidémocratique, mais démophile, en faveur de la monarchie fédérative.

https://www.actionfrancaise.net/2026/08/18/combat-royaliste-138-contre-revolution-nationaliste-dabord/

lundi 17 août 2026

Vivre à la cour de Versailles, avec Mathieu da Vinha

 


Le soleil, la mer et… le provençal

 

Par Morgan Cordier

De mes vieux souvenirs de collégien, les régions françaises n’intéressent l’Éducation nationale que pour leur géographie et leur développement économique, et si vous voulez en connaître un peu leur culture, il faut attendre les toutes dernières années du lycée pour s’en approcher superficiellement par le mince biais de cours optionnels de provençal pour notre région, que beaucoup d’écoliers ne considèrent que par intérêt pour gagner quelques points supplémentaires dans la course à la moyenne au baccalauréat. Comment pourrait-il en être autrement quand un siècle entier a écrasé par l’uniformisation toutes les cultures qui enrichissaient autrefois la France diverse.

Une région ça se vit ! Ce n’est pas qu’un argument commercial pour attirer les touristes sur nos plages et les ingénieurs étrangers dans nos entreprises de haute technologie. Il est inconcevable de dire qu’une région française n’est que ceci ou que cela. Notre Provence est à la fois cigale et fourmi, paysanne et maritime – Frédéric Mistral était un pur terrien quand son héros Calendal, ce chevalier méridional, était un pêcheur d’anchois – mais aussi artiste et maraîchère et encore beaucoup d’autres choses. En Provence, vous pouvez être marin, guide touristique, scientifique, éleveur de chèvres, vivre plan-plan ou à toute allure sur le circuit Paul Ricard.

La Provence a tout d’une grande. Sauf la mémoire qui, elle… flanche. Elle a un peu tendance à oublier son plus beau trésor : sa langue ! C’est vrai, un Français du nord ne comprendra pas forcément tout ce que pourra lui raconter un Marseillais sur le Vieux-Port car la langue provençale a bien modifié la langue nationale en l’adaptant localement dans ses tournures et en y intégrant un moulon (tiens ! mon correcteur d’orthographe le souligne en rouge, je ne comprends pas pourquoi, c’est quand même un mot courant !) de mots du midi. Mais cette spontanéité à miter le langage national par le parler provençal est une facilité paresseuse, comme le folklore bien distrayant nous soulage de l’effort de vivre quotidiennement nos us et coutumes. Parce que de nos jours si le provençal est riche de son histoire et de son aisance à inventer des mots grâce à sa souplesse, comment traduire en français « cambaru » qui attribut de longues jambes à tout être vivant ou bien « meireja » qui signifie aimer et assister sa mère, sa pratique devient dérisoire. Dérisoire en nombre de locuteurs mais aussi dans le second sens de ce mot, ridicule pour beaucoup de Provençaux. Pourquoi apprendre une langue régionale moribonde quand on peut se faire comprendre dans le monde entier en anglais. Voilà notre fainéantise. Pourquoi une personne bien faite ne parlerait-elle pas le provençal, le français et l’anglais ? Ces pauvres individus ont perdu leur âme humaine, comment ne pas ressentir le bonheur d’être d’ici en savourant la musicalité du provençal qui, en étant un peu chauvin, est du français en plus beau ! Faut-il rappeler que le provençal est la langue par excellence de la poésie, des troubadours qui ont fait rayonner la culture de notre région dans toute l’Europe et à travers les siècles, ou encore que ce sont les Félibres du XIXe siècle qui ont valu un prix Nobel à la France grâce à l’œuvre typiquement provençale « Mirèio » de Frédéric Mistral et ses dizaines de traductions à partir du provençal dans le monde entier jusqu’au Japon ?

Quoi que fassent nos régions amies françaises, je crois que « l’empire du soleil », comme Mistral appelait la Provence, a quelque chose en plus. Un exemple très rapide ? Pourquoi les Parisiens si fiers de leurs terrasses de café, se jettent-ils sur les nôtres quand ils arrivent chez nous ? Je pense que notre douceur de vivre leur fait du bien ! Eh bien, c’est ça la langue provençale, c’est une charmante musique qui donne envie de profiter de la vie. Et pourtant cela ne doit pas nous endormir, il faut maintenir l’estrambord, ce débordement de vie provençal, l’allant qui vous pousse à gravir les montagnes. Le trésor du Félibrige doit être pris à pleine brassée pour qu’il s’épanouisse pour des siècles et des siècles. Il en est déjà à plus d’un millénaire !

Et même si certains se sentent des bouffées indépendantistes et rancunières envers l’intrusion des gens du nord et de « leur » langue, ils font fausse route, la France n’est pas contre nos cultures régionales. Ils n’ont pas compris que la France et la République ne sont pas interchangeables.

Dans notre inconscient, reste la croisade contre les Albigeois lors de laquelle les ambitions personnelles et politiques se sont conjuguées aux buts religieux, mais le contexte d’une féodalité explique bien des attitudes et des intérêts. Des seigneurs méridionaux ont combattu aux côtés des seigneurs du nord. Il faut aller au fond des choses avant de s’aventurer dans l’histoire. Événements malheureux et regrettables, mais c’est la loi d’une époque. L’esprit de la royauté française a toujours été de rassembler l’aire française pour en constituer un pays naturel et fier.

Et c’est bien à l’esprit de la fameuse ordonnance de Villers-Cotterêts qu’il faut se référer et non aux sous-entendus anachroniques pour comprendre que François Ier a souhaité rendre la justice en français dans son royaume pour que tous ses sujets puissent en bénéficier, car le latin n’était plus que l’apanage d’une élite. En aucun cas son intention était d’arraser toute culture régionale. Une preuve ? En Provence vers 1789, soit 250 ans après ledit édit, les locuteurs du provençal étaient environ 80 à 90% de la population et les francophones réels (capables de parler le français) autour de 5 à 10%. La monarchie n’était pas une machine à broyer les identités, la langue française devait servir le bien commun, être une lingua franca pour unir le royaume et non l’uniformiser.

En revanche, il n’en va pas de même avec le couple féroce Révolution-République. En 1790, un simple discours regrettant la destruction des provinces françaises décrétée avec orgueil par des têtes uniformisantes, a valu à Jean-Joseph Pascalis, membre du parlement de Provence, d’être pendu devant chez lui par les sbires des syndics révolutionnaires, après une chasse à l’homme, et sa tête détachée, promenée dans les rues aixoises. Consternant… La Provence résistait encore dans son quotidien aux aléas politiques du si mouvementé XIXe siècle où la France se cherchait avant de se perdre dans l’instauration funeste de la République en 1870. L’École de Jules Ferry a éradiqué toute identité régionale, un seul individu français devait en sortir formaté afin de pouvoir être manipulé par l’État central. Et toutes les républiques sont en cause, la Constitution de la Ve annonce dès son deuxième article que le français est sa seule et unique langue, ce marteau d’airain qui se dresse contre toute velléité de restauration de nos richesses langagières françaises. Et comme je le signalais plus haut, les républicains les plus motivés de chez nous, et pourtant jouant de démagogie régionaliste, n’hésitent pas à débaptiser autoritairement le nom de notre Provence pour devenir le « Sud ». Le sud de quoi, de qui ? Il me semble que le Roussillon et la Corse sont bien plus au sud de l’administration centrale que nous. Lamentables et surtout incultes !

Et pourtant… le provençal se marie si bien au français, ces deux sœurs jumelles s’enrichissant l’une l’autre. En ce siècle se vautrant dans le globish misérable, les sœurs latines doivent se soutenir, condition essentielle d’un salut culturel. Il est emblématique et amusant de lire en tête du très officiel site en ligne de la Cité internationale de la langue française-Château de Villers-Cotterêts : « L’ordonnance de Villers-Cotterêts, quésaco ? », qu’il serait d’ailleurs plus juste d’écrire « Qu’es acò » !

Le but du Félibrige énoncé si simplement par Frédéric Mistral dans son discours en 1868 proposait l’enrichissement et non l’exclusion : « Il faut qu’il sache, notre peuple, que nos ancêtres se sont annexés librement mais dignement à la généreuse France : dignement, c’est à dire en réservant tous les droits de leur langue, de leurs coutumes, de leurs usages et de leur nom national. Il faut qu’il sache, notre peuple, que la langue qu’il parle, a été, lorsqu’il l’a voulu, la langue poétique et littéraire de l’Europe, la langue de l’amour, du Gai-Savoir, des libertés municipales, de la civilisation… »

La Provence est terre de couleur, de poésie, de modernité, d’ouverture, de contraste… elle est un épanouissement quotidien. Étrangers, venez la rencontrer ; Provençaux, faisons-la vivre dans son identité, c’est comme cela que nous tendrons à l’universel et longo maï !

https://www.actionfrancaise.net/2026/08/17/le-soleil-la-mer-et-le-provencal/

ÉRIC BRANCA : GUERRE SECRÈTE CONTRE DE GAULLE

 


dimanche 16 août 2026

Les Conversations avec Alain de Benoist (1ère partie)

 

Les Conversations avec Alain de Benoist (1ère partie)

Alain de Benoist à l'honneur ! TVLibertés a sorti de ses archives deux Conversations, enregistrées il y a près de 10 ans, entre Paul-Marie Coûteaux et le philosophe Alain de Benoist, figure de proue de la Nouvelle Droite et l'auteur de plus d'une centaine d'ouvrages.

Retrouvez cet échange pour comprendre l'un des plus grands penseurs de notre temps... Et avant de découvrir d'autres Conversations exclusives.


TVL

 

Conduire la guerre avec Svetchine par Benoist Bihan

 


L’Europe s’est suicidée* au nom du climat pendant que la Chine et les États-Unis continuaient

 

*ou les Etats-Unis l’ont-ils «suicidée» ?

par Philippe Bergerac

Introduction

Depuis sa création en 1988, le GIEC n’a pas seulement produit de la science. Il a fourni le cadre institutionnel d’une politique climatique qui a pesé de façon disproportionnée sur l’Europe. Sous l’impulsion de Margaret Thatcher et Ronald Reagan, l’organe a été conçu comme un outil intergouvernemental destiné à canaliser les alertes des scientifiques, jugés trop militants.

Quarante ans plus tard, le résultat est frappant : l’Europe s’est imposé les prix du carbone et les normes les plus stricts au monde, pendant que les États-Unis, la Chine et l’Inde conservaient une bien plus grande liberté énergétique et industrielle.

Cette asymétrie n’est pas un accident. Elle s’inscrit dans une longue histoire où la construction européenne elle-même a été encouragée, financée et orientée par les États-Unis. Des documents déclassifiés, rappelés notamment par le Daily Telegraph, montrent le rôle de canaux américains dans le soutien aux structures pro-européennes des années 1950.

Aujourd’hui, le même continent qui s’est construit sous influence américaine s’impose des contraintes climatiques que son protecteur n’applique pas chez lui. Le coût en est une base industrielle affaiblie, des usines fermées et une compétitivité érodée.

Cet article retrace la chaîne :

  • de la création contrôlée du GIEC

  • à la déstructuration industrielle européenne,

  • en passant par le rôle des ONG financées,

  • les alarmes excessives et

  • le comportement réel des gros émetteurs.

Il montre comment un récit d’urgence climatique a servi de levier pour transformer l’Europe… au profit de ceux qui n’ont pas joué le même jeu.

La création contrôlée du GIEC

Le GIEC a été créé en novembre 1988 par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations unies pour l’environnement, avec le soutien du G7.

Ronald Reagan et Margaret Thatcher ont joué un rôle décisif dans sa forme institutionnelle. Ils ont imposé qu’il soit un organe intergouvernemental, avec des représentants des États, plutôt qu’un groupe purement scientifique indépendant. Leur crainte était de laisser l’expertise climatique aux seuls scientifiques, jugés trop militants.

Thatcher, formée en chimie et sensibilisée par son conseiller Crispin Tickell, a prononcé des discours majeurs en 1988-1989 qui ont hissé le sujet au niveau politique international. Des acteurs de l’époque confirment que l’administration Reagan a soutenu la création du GIEC en partie pour contrôler le processus et empêcher que des scientifiques activistes ne dictent seuls l’agenda.

Thatcher et Reagan n’ont pas inventé le réchauffement climatique. Ils ont façonné l’outil institutionnel qui allait légitimer les politiques à venir.

De l’alerte scientifique à la contrainte industrielle européenne

Le récit climatique issu de ce cadre a rapidement servi de justification à une restructuration profonde de l’économie européenne.

Dans les années 1980-1990, le Royaume-Uni de Thatcher a fermé massivement les mines de charbon et accéléré la désindustrialisation de certains secteurs. Plus tard, l’Allemagne a engagé l’Energiewende : sortie progressive du nucléaire et du charbon, développement massif des renouvelables, au prix de coûts élevés pour l’industrie.

À l’échelle européenne, les politiques climatiques (quotas carbone, normes, Green Deal) ont multiplié les fermetures d’usines, les délocalisations et les hausses de coûts énergétiques, particulièrement visibles depuis les années 2010-2020. Ce n’est plus seulement une réponse scientifique : c’est un levier qui affaiblit la base industrielle européenne au profit d’autres puissances.    

Les ONG : courroies de transmission du dispositif

Ce processus s’appuie sur un réseau dense d’organisations écologistes.

De grandes ONG européennes (WWF, Greenpeace, European Environmental Bureau, ClientEarth, etc.) reçoivent des financements importants de l’Union européenne, de fondations américaines (Hewlett, Packard, Rockefeller, ClimateWorks, Bezos Earth Fund…) et de structures allemandes. L’Allemagne, via ses fondations politiques et ses programmes publics, joue un rôle central dans l’animation de ces réseaux.

Ces organisations ne sont pas des structures anti-système indépendantes. Elles agissent en synergie avec les institutions européennes et amplifient la pression politique, médiatique et judiciaire. Elles fonctionnent comme des courroies de transmission d’une politique qui pèse bien plus lourdement sur l’industrie européenne que sur celle des États-Unis, de la Chine ou de l’Inde.

L’ouvrier n’est plus écrasé dans les décombres, mais penché, fatigué, sous le poids du système. Les usines américaines et chinoises restent libres et actives en arrière-plan.

L’asymétrie des contraintes : l’Europe paie, les autres non

Les faits sont clairs.

L’Europe s’est imposé les prix du carbone et les normes les plus stricts. Les États-Unis n’ont pas de prix carbone fédéral. La Chine et l’Inde appliquent des tarifications très faibles et continuent d’ouvrir des centrales à charbon. Résultat : l’industrie européenne, surtout énergointensive, paie un surcoût structurel que ses concurrents n’ont pas.

Les États-Unis profitent de leur avantage énergétique (gaz de schiste). La Chine consolide sa production massive peu contrainte.

L’Europe s’impose des sacrifices dont l’impact climatique global reste limité tant que les gros émetteurs ne s’alignent pas.

Alarmes excessives et réalité des prédictions

Beaucoup d’alarmes médiatiques et politiques des années 2000-2010 se sont révélées exagérées.

Al Gore a repris des prévisions très optimistes sur la disparition de la banquise arctique en été vers 2013-2014. Cela ne s’est pas produit. La banquise a diminué depuis 1979, mais elle est toujours là. Les calottes du Groenland et de l’Antarctique perdent de la masse, mais à un rythme qui produit une hausse du niveau de la mer de quelques millimètres par an, très loin des scénarios catastrophiques à court terme parfois annoncés.

Même une réduction de 50% des émissions mondiales actuelles n’aurait qu’un effet limité à moyen terme : le CO₂ déjà émis reste longtemps dans le système, et le réchauffement continue par inertie. Une Europe qui se sacrifie pendant que la Chine et l’Inde continuent d’augmenter leurs émissions produit un résultat climatique global faible.  

Le vassal volontaire

L’Europe de Bruxelles s’est mise elle-même le collier le plus serré. Et pour cause : l’histoire de sa création explique beaucoup de choses.

Elle a adopté les contraintes les plus strictes pendant que les États-Unis, la Chine et l’Inde conservaient une bien plus grande liberté d’action.

Si le CO₂ représentait vraiment une catastrophe existentielle imminente, les grands émetteurs agiraient de façon comparable.

Or, ils calibrent leurs efforts selon leurs intérêts économiques et stratégiques. Pour eux, le risque n’est pas traité comme une urgence absolue justifiant le sacrifice de la compétitivité industrielle.

Cette position de vassal volontaire s’inscrit dans une histoire plus longue. Après 1945, les États-Unis ont fortement encouragé et soutenu la construction européenne : Plan Marshall conditionné à la coopération, soutien à la CECA, cadre de l’OTAN, pression pour la réintégration de l’Allemagne. Jean Monnet entretenait des liens étroits avec les milieux américains.

Des documents déclassifiés, rappelés notamment par le Daily Telegraph, montrent que l’American Committee on United Europe (dirigé par d’anciens responsables de l’OSS/CIA) a financé une part majeure du budget du Mouvement européen dans les années 1950. Des fondations américaines ont aussi soutenu les structures de Monnet.

«Des eurofédéralistes financés par les chefs des services de renseignement américains» 
https://web.archive.org/web/20080111222744/http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2000/09/19/wspy19.xml

La construction européenne a pu avancer dans un cadre compatible avec les intérêts stratégiques américains de l’époque. Aujourd’hui, le même continent adopte des politiques climatiques plus radicales et plus coûteuses que celles de la puissance qui l’a encouragée, tout en restant dépendant de son parapluie militaire et, de plus en plus, de son énergie.

Conclusion

Le GIEC a fourni le cadre. La Commission européenne l’a traduit en réglementation. Les ONG et la presse dominante ont amplifié la pression. L’Europe a payé le prix industriel. Les États-Unis et la Chine, eux, ont conservé leur avantage et ne sont / seront pas «taxés carbone».

Ce n’est pas le réchauffement d’origine humaine qui est en cause. Ce sont :

  • le traitement politique asymétrique,

  • les alarmes excessives et

  • le refus d’une répartition équitable de l’e\ort qui ont transformé une question scientifique en levier de redistribution économique et de contrôle. L’Europe en sort affaiblie. Les principaux émetteurs, non.

Les États-Unis n’ont pas eu besoin de bombardiers.

Ils ont soutenu, financé et orienté la construction européenne après 1945 pour stabiliser le continent et l’ancrer dans leur camp. Puis, une fois l’Europe devenue un concurrent industriel sérieux, le cadre climatique (GIEC intergouvernemental, normes, prix du carbone, Green Deal) a servi de levier pour lui imposer des contraintes que Washington ne s’imposait pas à lui-même.

Le résultat est sous nos yeux :

  • L’Europe se désindustrialise sous le poids de ses propres règles ;  

  • Les États-Unis gardent l’avantage énergétique et réglementaire ;

  • La Chine continue d’émettre et de produire à grande échelle.

Le «green washing» n’est pas seulement une opération de communication. C’est un outil de redistribution de la puissance industrielle. Et dans ce jeu, l’Europe a accepté de porter le fardeau le plus lourd.

Pas besoin de bombes. Il a suffi de normes, de subventions aux ONG, de discours d’urgence et d’un allié qui ne s’applique pas les mêmes règles.

L’Europe est affaiblie non par des bombes, mais par les structures qu’elle a acceptées : l’Union européenne et le Green Deal. Les États-Unis observent, libres, pendant que l’industrie européenne s’effondre sous le poids des normes vertes.

Quelques éléments pertinents d’un spécialiste du sujet, Thibault KERLIRZIN

«LA FACE CACHÉE DE L’ÉCOLOGIE» Libre Journal de Géopolitique Profonde n°7 Avec Thibault Kerlirzin, Nicolas Stoquer et Andy Bussaglia

Lien : https://www.youtube.com/watch?v=aOYBMTtGyJQ

Dans cette émission (surtout à partir du «Grand Angle» vers 50 min), Kerlirzin développe :

  • L’influence des ONG écologistes

  • Le Club de Rome

  • Maurice Strong et les origines de l’écologie politique

  • Le Green Deal comme outil

  • L’instrumentalisation du discours climatique

  • Les liens avec la gouvernance mondiale / Davos

C’est actuellement l’une de ses interventions les plus denses et structurées sur ce thème précis.

Thèses principales développées par Thibault Kerlirzin dans cette émission.

1.  La davocratie comme régime de pouvoir

•  Davos n’est pas un simple forum de discussion. C’est le centre d’une architecture d’influence privée qui contourne les démocraties nationales.

•  Les «Young Global Leaders», les ONG, les fondations (Open Society, Gates, etc.) et les cabinets de conseil (McKinsey et autres) servent de relais pour diffuser et imposer un agenda commun.

•  L’Union européenne est décrite comme une «succursale» de Davos : de nombreux dirigeants européens (Ursula von der Leyen notamment) sont passés par le Forum ou en sont proches.

2.  L’écologie et le climat comme levier principal

•  Le réchauffement climatique d’origine anthropique est présenté non comme une pure question scientifique, mais comme un outil de conditionnement et d’ingénierie sociale.

•  Kerlirzin insiste sur le rôle de la propagande : le public est conditionné dès l’enfance à accepter certaines grilles de lecture (comme d’autres générations acceptaient d’autres mythes fondateurs).

•  Le but ultime de l’écologie politique, selon lui, n’est pas la protection de la nature mais :

•  une réduction globale de la population mondiale ;

•  un contrôle strict des ressources ;

•  un contrôle social renforcé (pass carbone, quotas individuels, digitalisation totale).

3.  Concepts-clés mobilisés

•  Great Reset (Klaus Schwab) : opportunité saisie après le Covid pour accélérer la transition écologique, numérique et sociale.

•  Agenda 2030 de l’ONU et Objectifs de Développement Durable : matrice commune avec le Green Deal européen.

•  Charte de la Terre et notion d’écocide : instruments juridiques potentiels pour créer une juridiction mondiale au-dessus des États.

•  Club de Rome, Maurice Strong, limites planétaires : racines idéologiques plus anciennes du projet (néomalthusianisme).

4.  Mécanismes de contrôle

•  Digitalisation complète de la vie (argent, mobilité, consommation) pour «réduire la marge d’incertitude» dans les comportements humains (logique cybernétique).

•  Possibilité technique de «désactiver» un individu à distance (accès à l’alimentation, aux services, etc.) une fois tout numérisé et conditionné à des quotas carbone ou à un score de citoyenneté.

•  Les crises (sanitaire, climatique, énergétique) sont utilisées comme accélérateurs pour faire accepter des mesures qui seraient rejetées en temps normal.

5.  Dimension ésotérique / New Age

•  Kerlirzin souligne une branche souvent occultée de l’écologie politique : un millénarisme et un ésotérisme (New Age) qui donnent une dimension quasi religieuse au projet «sauver la planète».

Autres très bonnes interventions complémentaires

https://reseauinternational.net/leurope-sest-suicidee-au-nom-du-climat-pendant-que-la-chine-et-les-etats-unis-continuaient/