Mythes et antimythes
Culture et histoire
dimanche 31 mai 2026
vendredi 29 mai 2026
« Insultes et menaces quotidiennes pour les scientifiques du climat et les journalistes météo. Mais pourquoi ? » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Les scientifiques du climat et les journalistes météo subissent menaces et insultes au quotidien et ils se plaignent de l’agressivité et de la violence verbale qu’ils subissent. Comme vous pourrez le voir dans cette vidéo ci-dessous de France Télévision, « ON » accuse les climatosceptiques ce qui ne veut rien de plus que « d’extrême droite » ou de « complotiste ». C’est évidemment le degré 0 de l’analyse et de la compréhension des choses.
La bonne question est pourquoi quand on nous parle de météo ce qui est quand même un sujet qui de tout temps (sans mauvais jeu de mots) anodin, banal et sans enjeu, les gens s’énervent-ils tout d’un coup ?
Est-ce que les gens s’énervent parce qu’ils auraient pris un coup de chaud ?
C’est la manipulation des journalistes et des médias qui déclenche la violence.
Il nous faut donc ici parler un peu de psychologie. Les mécanismes de manipulation mentale, lorsqu’ils sont conscientisés par la victime ou lorsqu’ils poussent un individu dans ses derniers retranchements, sont de puissants déclencheurs de violence en retour (qu’elle soit verbale, psychologique ou physique). Ce phénomène s’explique par plusieurs processus psychologiques bien documentés.
1. La rupture de la dissonance cognitive. La manipulation (comme le gaslighting ou détournement cognitif) repose souvent sur la distorsion de la réalité de la victime. Pendant un temps, la victime doute d’elle-même. Mais lorsque la manipulation est découverte, la victime subit un choc de lucidité. La colère qui s’en suit, face à la trahison et à la prise de conscience d’avoir été dupée, est souvent proportionnelle à la durée et à l’intensité de la manipulation. Cette charge émotionnelle peut exploser sous forme de violence cathartique (une libération brutale de la tension accumulée).
Ici c’est les discours apocalyptiques qui sont en cause par rapport aux faits observables par les gens et donc des paradoxes qui sautent aux yeux. C’est exactement le cas quand on vous dit quand il fait froid « qu’il ne faut pas confondre météo et climatologie » mais que quand cela les arrangent et que quand il fait froid, car quand il fait chaud vous avez le droit. C’est le cas aussi quand on vous dit que vous devez souffrir de chaud sans climatisation alors qu’en Inde ils installent des millions de clim chaque année! Paradoxes qui posent des questions auxquelles les chiens de garde du climat ne veulent pas apporter (ou ne peuvent pas) de réponses crédibles et convaincantes.
2. Le mécanisme de réactance psychologique. Théorisée par Jack Brehm, la réactance est une réaction de défense biologique et psychologique qui se déclenche lorsqu’un individu sent que sa liberté de choix ou son autonomie est menacée ou supprimée.
La manipulation cherche à contraindre l’autre à son insu.
En réaction, le cerveau de la personne manipulée développe une résistance farouche pour restaurer sa liberté, ce qui se traduit fréquemment par de l’agressivité envers le manipulateur.
Ici c’est le cas quand on vous empêche de questionner, de réfléchir, de penser autrement que sur la ligne officielle du parti, c’est le cas comme lors de la vaccination covid… même le gouvernement disait « on peut parler de tout sauf des chiffres », comme si les chiffres n’étaient manipulables! Ils le sont bien évidemment.
3. Le piège de la « victime acculée ». En poussant une personne dans une impasse psychologique (par exemple, par le biais d’injonctions paradoxales où « quoi qu’elle fasse, elle a tort »), le manipulateur désactive les leviers de négociation rationnels. Ne restant plus aucun espace de dialogue ou de compromis possible, la violence devient parfois, dans la psyché de la victime, la seule issue disponible pour faire cesser l’oppression ou préserver son intégrité psychique.
Ici, les injonctions contradictoires sont évidentes à voir. Il faut sauver la planète mais en signant les accords du Mercosur parce que les avocats du Pérou transportés par avions c’est vachement mieux pour le climat que les tomates du lot et Garonne ou que les carottes de Bretagne. Il faut sauver la planète mais en consommant plus pour sauver le PIB. Il faut sauver la planète en achetant des voitures électriques mais made in China avec un bilan écologique et social dramatique pour les enfants esclaves des mines de lithium et de terres rares qui meurent pour la batterie de mon vélo électrique qui ne sauvera rien.
4. Le concept de « Violence Réactionnelle ». En psychologie clinique et victimologie, on distingue la violence initiale (la manipulation perverse, le contrôle coercitif) de la violence réactionnelle qui est une explosion de colère ou d’agressivité de la part de la victime, souvent instrumentalisée par le manipulateur pour inverser les rôles et dire : « Voyez comme cette personne est instable/violente, c’est moi la victime ».En somme, la manipulation est une agression invisible mais réelle. La violence en retour n’est souvent que la manifestation visible, et parfois désespérée, d’une tentative de défense contre une destruction psychologique souterraine.
Ici, c’est tout simplement l’accumulation des mensonges, des injonctions contradictoires, des paradoxes et des manipulations qui foutent les gens en rogne. Pas tous, mais ceux qui réfléchissent. Ils ne sont pas complotistes, ils ne sont pas d’extrême droite, ils ne sont pas climatosceptiques. Ils se posent des questions, voudraient qu’on leur réponde, que l’on prenne au sérieux leurs questionnement, leurs doutes. Mais ils ne reçoivent aucune autre réponse que celles des insultes et des anathèmes.
Avec la vague de chaleur qui touche la France depuis quelques jours, les scientifiques du climat et les journalistes météo subissent menaces et insultes au quotidien. Serge Zaka, docteur en agroclimatologie et Sébastien Thomas, journaliste météo-climat pour France Télévisions,… pic.twitter.com/HLnpth1iGQ
— franceinfo (@franceinfo) May 27, 2026
C’est ce phénomène qui explique la « violence » dont se croient victime les journalistes et les climatologues qui rendent fous les gens et les provoquent en leur retirant tout espoir pour demain. Ils se vautrent dans une vision apocalyptique à la Greta où nous allons tous mourir dans d’horribles souffrances climatiques sans comprendre ce qu’une absence totale d’espoir peut engendrer.
Vous savez que je suis contre toute violence, que je pense que c’est par les mots que l’on peut décrire nos maux et éviter les excès et les accès de violence, mais si la propagande climatique continue comme cela alors que dans 3 jours il fera moche et froid, un jour viendra où hélas cette violence verbale deviendra je redoute physique.
Toute politique qui ne donne pas à rêver est vouée à l’échec.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »
mardi 26 mai 2026
lundi 25 mai 2026
dimanche 24 mai 2026
Non, ce n’est pas le néocolonialisme qui ruine l’Afrique

Ce sont les guerres et les coups d’État
Une fois de plus je viens de lire un article sur le développement de l’Afrique, où l’auteur mène une véritable charge contre les Occidentaux, éternels coupables pour avoir colonisé ce continent durant quelques décennies avant de lui rendre sa liberté en 1960.
Plus de 65 ans après son accession à l’indépendance, ce continent reste désespérément sur le quai, incapable de monter dans le train du progrès, alors que toute l’Asie est en passe de dépasser largement les économies occidentales. Le coupable ? L’ex-colonisateur comme toujours.
Cet article est parfaitement documenté et l’auteur sait de quoi il parle. Mais il pèche par ses non-dits, lesquels sont pourtant essentiels pour comprendre le naufrage de l’Afrique post-coloniale.
Je ne ferai pas à l’auteur l’injure de lui rappeler ce que nous avons trouvé en arrivant en Afrique. Je lui rappellerai simplement qu’en partant, le continent vivait en paix, sans épidémies ni famines, avec un niveau de vie supérieur à celui de l’Asie hors Japon. Aujourd’hui, la plupart des pays asiatiques ont un niveau de vie 30 fois supérieur à celui de l’Afrique.
Avec son milliard et demi d’habitants, la Chine, qui avait mille ans de retard en 1950, affiche un PIB égal à 20 % du PIB mondial, tandis que l’Afrique, elle aussi avec un milliard et demi d’habitants, produit moins de richesses que la France.
Ce continent recèle pourtant un trésor géologique inestimable, des immensités gorgées de soleil et une démographie dynamique contrairement aux autres continents vieillissants. Mais l’Afrique n’invente rien et ne produit rien en dehors de son sous-sol. Est-ce la faute des Européens ?
Faire le procès du franc CFA est facile.
Mais cette monnaie liée à l’euro et garantie par la France a aussi apporté aux pays africains qui l’ont conservée une stabilité économique non négligeable. Quand Sékou Touré, président de la Guinée Conakry, a voulu tourner le dos à la France dès 1958, il n’a pas rendu service à son pays. Et quand on voit où en est le Zimbabwe, mis en coupe réglée par la politique anti-Blancs de Mugabé, on mesure combien la rupture brutale avec l’ancien colonisateur peut faire des ravages. 700 % d’inflation il y a peu !
N’oublions pas les multiples conflits armés qui ravagent l’Afrique
De son côté, l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo, le Prio, en compte environ 65 au total dans son dernier rapport Ouverture dans un nouvel onglet sur les conflits dans le monde paru cette année.
Une cinquantaine de conflits en permanence. Selon l’ONG Oxfam, ces guerres coûtent 20 milliards de dollars chaque année à l’Afrique et engloutissent toute l’aide au développement. Entre 1990 et 2005, ce sont 284 milliards qui sont partis en fumée.
Guerres entre États, rivalité tribales, guerres civiles ou mouvements séparatistes, tout est bon pour semer violences et chaos, ennemis de l’économie et du progrès.
Et que dire des multiples coups d’État ? L’Afrique détient le record

Par conséquent, ce n’est pas en faisant le procès de l’ex-colonisateur que l’Afrique décollera. En 1960, elle était plus riche que la Chine ou l’Inde.
Ce sont les Africains qui sont responsables de leur destin, comme les Chinois ou les Indiens. Pas les Européens. Par conséquent, inutile de faire porter le chapeau aux autres, pour s’exonérer de ses propres responsabilités. La colonisation, c’est de l’histoire ancienne, une période que les 3/4 des Africains n’ont pas connue.
Jacques Guillemain
https://ripostelaique.com/non-ce-nest-pas-le-neocolonialisme-qui-ruine-lafrique/
samedi 23 mai 2026
Quelques pensées…

Un quarante-et-unième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait de Saint Thomas d’Aquin tiré de la Somme théologique et du De regimine principum.
*****
Optima gubernatio est quæ fit per unum.
Ce à quoi tend l’intention de celui qui gouverne la multitude, c’est l’unité ou la paix. Or, ce qui de soi cause l’unité, c’est ce qui est un. Plusieurs, en effet, ne peuvent unir divers éléments et concorder entre eux que si eux-mêmes, d’une certaine manière, s’unissent. Ce qui, par soi-même, est un peut donc être cause d’unité mieux que plusieurs qui ont besoin de s’unir. C’est pourquoi la multitude est mieux gouvernée par un seul que par plusieurs.
Les abeilles n’ont qu’une seule reine…
Là où le gouvernement est juste, ce gouvernement est d’autant plus utile que sa direction a plus d’unité ; ainsi la monarchie est meilleure que l’aristocratie et l’aristocratie que la république.
Les périls extrêmes sortent plus fréquemment du gouvernement de la multitude que de celui d’un seul. C’est chose habituelle, en effet, de voir un des membres du gouvernement collectifs manquer à la recherche du bien commun plus souvent que l’unique gouvernant. Or, celui des membres du gouvernement qui cesse de rechercher le bien commun fait courir à la multitude des sujets le péril de désunion. Car la discorde des chefs est naturellement suivie de celle de la multitude.
D’une façon générale, l’observateur attentif de l’histoire d’hier et de celle d’aujourd’hui reconnaîtra que les tyrans ont sévi plus nombreux dans les pays gouvernés par une collectivité que dans ceux où le pouvoir n’appartenait qu’à un seul. Si donc la royauté, qui est le meilleur gouvernement, semble devoir être évitée, surtout à cause de la tyrannie, celle-ci en revanche se rencontre non pas moins mais plus facilement dans le gouvernement de plusieurs que dans le gouvernement d’un seul : il en résulte tout simplement qu’il est plus avantageux de vivre sous un seul roi que sous un gouvernement collectif.
https://www.actionfrancaise.net/2026/05/23/quelques-pensees/
L’arnaque éolienne se dévoile…

Les « études » des futurs parcs éoliens en mer le long des côtes française aboutissent systématiquement à promouvoir leur installation uniquement face aux joyaux touristiques. Les meilleurs vents et les fonds les plus appropriés sont toujours situés exactement face aux endroits où ces parcs vont gêner le plus de gens et les plus belles saisons touristiques. A croire que c’est fait exprès, afin de détruire le patrimoine géographique nationale et de manière plus générale, de détruire tout ce qui peut porter la symbolique de la France grande, prospère et historique. Dans la même fibre l’État met le même malin plaisir à ce que Chambord s’écroule, en « peinant » à trouver quelques dizaines de millions quand il envoie des milliards pour les pays africains et pire, en refusant que des mécènes privés, le Puy-du-Fou, finance les travaux. Le programme de destruction de ce pays est total.
Mais ces parc éoliens off-shore n’ont surtout rien d’écologique. Ce sont des travaux colossaux de défonçage des fonds marins, au mépris des espèces animales et végétales qui y nichent. Puis des centaines de milliers de tonnes de ferraille et de béton qui sont injectés pour l’éternité. Jusqu’à 15 000 tonnes par éolienne, plus généralement entre 2000 et 8000 tonnes. Il ne faut pas imaginer que cela puisse être retiré du fond de la mer un jour, tout au plus retirera-t-on la partie émergée. Mais une fois en fonctionnement, le bilan n’est pas meilleur. En mer du Nord, on constate déjà des effets négatifs des parc éoliens sur les courants marins et une accumulation d’ alluvions. Des millions d’oiseaux sont exterminés chaque année, tués par les pales des hélices. Sur le sous sol marin, les ondes propagées, déstabilisent les organismes des bêtes vivant au contact de ces terrains soumis aux vibrations engendrées par la rotation des pales. Tout cela pour une charge inférieure, le plus souvent à 50 % des capacités sur le papier. Il faut aussi compter avec un vieillissement plus rapide que prévu et une désagrégation de la matière plastique des pales sous forme de micro-déchets qui empoisonnent sols et eaux. Une douzaine d’années au lieu des vingt communément annoncées.
On ajoute une déstabilisation du réseau général due aux variations de puissance qui sont compensées par les centrales nucléaires, obligeant ces dernières à des régimes variables qui les usent plus rapidement. Au final, on a une énergie de mauvaise qualité, chère, intermittente et qui ne saurait exister sans des subventions massives d’argent public. C’est bien là que se situerait le nœud du problème. Ces moulins pourraient être juste un moyen de faire tourner des entreprises de « copains » qui se gaveraient ainsi d’argent public sur la base d’une pseudo-bonne-cause : le carbone. Sauf que le carbone n’est pas un polluant et que l’énergie nucléaire, en plus d’être moins chère, plus fiable est aussi « décarbonée ». Les années passent et ces parcs éoliens en mer ne sont toujours pas rentables. Cela fait aussi penser à ces « entreprises » de véhicules partagés, vélos, trottinettes, voitures, dont aucun n’a jamais été rentable, mais qu’il faut continuer quand même, toujours avec l’argent public. Pour couronner le tout, ces parcs éoliens seraient les plus adaptés dans les pays du nord, plus petits, plus venteux et avec des populations plus concentrées. La France pourrait donc largement se passer de ce gouffre financier et inutile.
Un appel d’offre danois est resté infructueux et Shell a abandonné ses projets au large de l’Ecosse. Le Danemark y croit pourtant. En 25 ans, le pays a fait passer l’énergie éolienne à plus de 58% de son bouquet électrique et la production photovoltaïque à près de 11%. Mais pour un parc éolien de 1GW situé en mer du Nord à environ 95 kilomètres au large, aucun dossier de candidature n’a été déposé, sur fond de forte augmentation des coûtsdes installations à réaliser. Et le gouvernement danois va donc subventionner l’éolien offshore à hauteur de 1milliard d’euros supplémentaire en 2026.
En France, entre projets idéologiques inutiles et tarif européen de l’électricité, on va vers l’appauvrissement des contribuables, des consommateurs et des entreprises, qui sont de plus en plus nombreuses à mettre la clé sous la porte en raison des coûts de l’énergie, alors que nous avions avec EDF national, une électricité bon marché, pilotable avec nos centrales nucléaires, qui sont contrôlées en temps réel, ne dérangent personne, sont entourées de bois et forêts, de fermes où les impacts environnementaux sont extrêmement limités. On en revient au postulat de départ : en France, ces éoliennes en mer ont pour seules « utilités » de donner un motif de saccager des sites emblématiques et de verser de l’argent public à des actionnaires. Il est rigoureusement impossible que tous ces paramètres négatifs n’aient pas été perçus comme tels dès le départ. On est bien face à une gigantesque arnaque.
https://rassemblementdupeuplefrancaiscom.wordpress.com/2026/05/22/larnaque-eolienne-se-devoile/
vendredi 22 mai 2026
La Russie renforce ses capacités de contre-émission de satellites : la vulnérabilité de l’Europe
par Paolo Hamidouche
Depuis février 2026, des rumeurs publiées par le Financial Times, citant divers experts et responsables européens, alimentent la polémique. Selon ces informations, les satellites de télécommunications de l’Union européenne seraient, depuis plusieurs années, la cible d’interceptions SIGINT (renseignement d’origine électromagnétique) menées par des satellites russes partageant la même orbite géostationnaire.
Cela s’inscrit dans une préoccupation occidentale plus large concernant le développement, en Russie et en Chine, de satellites combinant des capacités de reconnaissance et des capacités antisatellites potentielles, à peine dissimulées par la classification russe confuse qui qualifie certains de ces engins de «satellites inspecteurs».
Ces satellites ont indéniablement pour point commun leur manœuvrabilité, qui leur permet de modifier leurs paramètres orbitaux afin de s’approcher des engins spatiaux d’autres pays, de mieux détecter leurs émissions électromagnétiques, voire, potentiellement, de mener des actions hostiles.
Si l’utilisation de satellites comme plateformes de renseignement électromagnétique (SIGINT) n’est pas nouvelle, cette information a néanmoins confirmé les faiblesses spécifiques de l’Union européenne en matière de sécurité de ses véhicules orbitaux.
Les Luch nous écoutent
L’article du Financial Times du 4 février 2026, au titre sensationnaliste «Des engins spatiaux espions russes ont intercepté des satellites clés de l’Europe, selon des responsables», a fait grand bruit, même s’il ne constituait pas en soi une avancée majeure.
Le journal britannique a recueilli les témoignages de divers experts militaires et civils, qui ont confirmé l’intense activité de renseignement électromagnétique (SIGINT), c’est-à-dire l’interception et l’analyse des émissions électromagnétiques, menée ces dernières années notamment par deux satellites russes Olympus en orbite géostationnaire, à environ 36 000 km d’altitude, au détriment de satellites européens importants.
Cette situation a suscité l’inquiétude au sein de l’Union européenne pendant plusieurs semaines. Même un mois et demi après la révélation de l’affaire, le 13 mars 2026, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, en visite sur la base norvégienne de Bardufoss pour les exercices de l’OTAN «Cold Response 2026», a déclaré à Jane’s : «Nous sommes préoccupés, mais nous renforçons nos capacités spatiales, notamment en matière de lancement de satellites, et nous appliquons notre souveraineté dans tous les domaines techniques».
Il a jusqu’à présent nié tout «accident avec des satellites russes, du moins à ma connaissance». Quelques heures auparavant, Pistorius avait inspecté le pas de tir inauguré par la société spatiale allemande privée Isar Aerospace en Norvège, sur l’île d’Andøya, où était prévu le lancement de la fusée porteuse Spectrum le 25 mars. Cette fusée à deux étages, haute de 28 mètres, a une capacité d’emport comprise entre 700 et 1000 kg. Ce lancement aurait inauguré le premier cosmodrome européen sur le sol continental, contrairement au pas de tir sud-américain traditionnellement utilisé par l’Agence spatiale européenne, celui de Kourou, en Guyane française.
Le lancement de Spectrum, qui transportait cinq petits «cubesats» (satellites scientifiques modulaires classiques), a été annulé à la dernière minute en raison de problèmes techniques et reporté à une date ultérieure en avril 2026. Il s’agit néanmoins d’un début difficile pour le développement, en Europe et plus particulièrement en Allemagne, de la capacité à placer des satellites en orbite à faible coût depuis un territoire continental. D’autant plus que, il y a un peu plus d’un an, le 30 mars 2025, le tout premier lancement de Spectrum depuis le pas de tir d’Andøya s’est soldé par un désastre : le prototype a dérapé 18 secondes après le décollage, explosé 30 secondes plus tard et s’est abîmé en mer.
Le développement de Spectrum, dont le premier lancement réussi se fait toujours attendre, contribuera assurément à renforcer la capacité de l’Europe à placer de nombreux satellites en orbite à moindre coût.
Il s’inscrit ainsi dans le cadre du plan ambitieux annoncé par Pistorius en novembre 2025, prévoyant un investissement de 35 milliards d’euros d’ici 2030 dans les capacités spatiales allemandes, notamment pour la mise en place d’un réseau résilient d’une centaine de satellites de communications militaires destinés à la Bundeswehr.
Déjà à cette époque, les craintes d’espionnage spatial russe par SIGINT étaient présentes, mais c’est en février 2026 que l’alerte lancée par le quotidien britannique a retenti avec le plus d’impact. Comme l’écrivait le Financial Times : «Les responsables européens de la sécurité estiment que deux engins spatiaux russes ont intercepté les communications d’au moins une douzaine de satellites clés au-dessus du continent.
Ces responsables pensent que ces interceptions probables, qui n’avaient pas été signalées auparavant, risquent non seulement de compromettre des informations sensibles transmises par les satellites, mais pourraient également permettre à Moscou de manipuler leurs trajectoires, voire de les faire s’écraser (l’expression “voire de les faire s’écraser” était suggestive à cet égard). Les engins spatiaux russes surveillent de plus près les satellites européens depuis trois ans, dans un contexte de fortes tensions entre le Kremlin et l’Occident suite à l’invasion de l’Ukraine. Depuis de nombreuses années, les autorités civiles et militaires occidentales suivent les activités de Luch-1 et Luch-2, deux objets russes qui ont effectué à plusieurs reprises des manœuvres suspectes en orbite».
D’après des sources du Financial Times, ces deux satellites – Luch-1, lancé en 2014 et mis hors service il y a quelques mois seulement, et Luch-2, en orbite depuis 2023 – se sont souvent approchés à une distance relativement faible, de l’ordre de quelques dizaines de kilomètres (une distance très courte à l’échelle cosmique), de plusieurs satellites européens, détectant leurs communications radio. Luch-2 aurait ainsi «suivi» pas moins de 17 satellites en moins de trois ans de fonctionnement. Grâce à leur positionnement en orbite géostationnaire, ces satellites ont pu couvrir de manière constante une portion spécifique de la surface terrestre, à savoir la zone délimitée par les méridiens correspondant à l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.
Parmi les plus inquiets, le journal a interviewé directement le général allemand Michael Traut, 61 ans, officier de la Luftwaffe et commandant, depuis le 27 septembre 2021, du Commandement spatial de la Bundeswehr (WRKdoBw), une force spatiale allemande naissante qui a acquis une plus grande autonomie le 1er avril 2023, tout en restant rattachée à la Luftwaffe.
Selon Traut : «Les deux satellites sont soupçonnés d’avoir mené des opérations de renseignement électromagnétique (SIGINT). Le danger réside dans l’interception par les Russes de la liaison de commande, le canal utilisé par les contrôleurs au sol pour envoyer des instructions. L’accès à ces données permettrait à un acteur hostile d’envoyer de fausses commandes, de modifier les orbites ou de désactiver les satellites».
Par ailleurs, un «officier du renseignement européen» anonyme estime que, par leurs manœuvres, «les véhicules Luch ont très probablement cherché à se positionner dans le cône étroit des transmissions de données envoyées aux satellites par les stations de contrôle au sol».
L’officier du renseignement s’est inquiété du fait que les signaux provenant des satellites européens ne soient probablement pas cryptés, d’autant plus que ces satellites ont été lancés il y a plusieurs années et ne disposent pas de systèmes informatiques ni de systèmes de cryptage de transmission sophistiqués et à la pointe de la technologie.
En substance, il ne s’agit pas seulement d’intercepter les communications de toutes sortes, civiles et militaires, et de filtrer celles présentant un intérêt stratégique pour la Russie, mais aussi de cloner les signaux de commande qui régulent le fonctionnement des satellites des pays de l’Union européenne, ce qui offre un large éventail d’options.
Les moins destructrices peuvent consister en un simple brouillage, ou perturbation du système, ni plus ni moins qu’une contre-mesure électronique (CME) classique, la guerre électronique utilisée dans le domaine militaire depuis plus d’un siècle, depuis les débuts de la radio. Mais le clonage des signaux de contrôle permet également d’imiter les commandes d’autrui et d’endommager physiquement le vaisseau spatial ennemi. Concrètement, en cas de guerre, les Russes pourraient ordonner la désorbitation forcée d’un vaisseau spatial ennemi en allumant ses rétrofusées, ralentissant ainsi le satellite à une vitesse inférieure à celle nécessaire au maintien de son orbite. Cette vitesse est appelée «première vitesse cosmique» ou «vitesse de stationnement». Dans le cas de la Terre, elle est d’environ 7 à 8 km par seconde, soit 25 000 à 28 000 km/h, pour les orbites basses, et d’environ 3 km par seconde, soit 11 000 km/h, pour les orbites très hautes comme l’orbite géostationnaire. En contrôlant à distance l’allumage des rétrofusées du satellite, dont le vecteur est opposé à son mouvement, le vaisseau ralentirait jusqu’à sa rentrée dans l’atmosphère terrestre.
Comme les satellites ne sont généralement pas équipés pour la rentrée atmosphérique (à l’exception des capsules spéciales), dépourvus de boucliers thermiques et de parachutes, la désorbitation est synonyme de destruction certaine.
Le danger bien réel, et la position de premier plan de l’Allemagne, sont également mis en évidence par l’accord Berlin-Canberra sur la sécurité spatiale, signé le 26 mars dans la capitale australienne par Pistorius et le ministre australien de la Défense, Richard Marles. Cet accord vise à collaborer à la création d’un réseau mondial de capteurs permettant d’alerter rapidement en cas de sabotage de satellites.
La collaboration militaire entre l’Australie et l’Allemagne, qui inclut déjà l’intérêt de Berlin pour les lasers anti-drones Apollo de la société australienne EOS, s’étend désormais au domaine spatial. EOS propose également le laser terrestre Atlas, réputé capable de suivre, voire d’aveugler et potentiellement de détruire des satellites hostiles.
Le ministre allemand de la Défense a déclaré avec son homologue australien : «Dans l’espace, la Chine et la Russie sont nos voisins directs. Elles ont accru leurs capacités offensives spatiales. Elles peuvent brouiller, aveugler ou détruire des satellites. Nous devons savoir ce qui se passe là-haut. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons protéger nos propres systèmes». Son homologue, Marles, a renchéri : «Il est important pour l’Australie d’approfondir ses relations avec l’Allemagne, un pays qui partage notre attachement à un ordre international fondé sur des règles».
Reconnaissance et «Inspecteurs»
Les analystes militaires européens considèrent que les projets potentiels de guerre antisatellite s’inscrivent dans la «guerre hybride» menée par la Russie, qui recourt au sabotage, à la cyberguerre et aux opérations clandestines. Ce n’est pas nouveau, compte tenu des opérations spéciales que tous les services de renseignement, y compris ceux des pays occidentaux, ont menées par le passé.
Parmi les experts interrogés par le Financial Times, Belinda Marchand, de la société américaine Slingshot Aerospace, qui suit les engins spatiaux grâce à des capteurs au sol et à l’intelligence artificielle, a déclaré : «Les véhicules Luch manœuvrent et se positionnent à proximité de satellites géostationnaires, souvent pendant plusieurs mois d’affilée. Luch-2 se trouve actuellement à proximité d’Intelsat 39, l’un des plus grands satellites assurant les communications entre l’Europe et l’Afrique». Marchand a également commenté le sort de Luch-1, qui ne sera plus opérationnel à l’automne 2025, ayant été placé sur une orbite dite «cimetière», plus élevée que l’orbite géostationnaire, et qui pourrait avoir été détruit. Le 30 janvier 2026, des télescopes terrestres ont observé l’émission d’un jet de gaz, puis, peu après, l’engin est apparu en fragments. L’expert de Slingshot Aerospace estime : «Il semble que tout ait commencé par un problème de propulsion, suivi d’une fragmentation, et le satellite est toujours en chute libre». Norbert Pouzin, de la société française de suivi satellitaire Aldoria, a observé que les «victimes» de Luch étaient récurrentes : «Les satellites russes ont ciblé les mêmes familles, les mêmes opérateurs. On peut donc en déduire qu’ils ont un objectif ou un intérêt précis. Et ce sont tous des opérateurs basés dans des pays de l’OTAN. Même si les Russes ne parviennent pas à décrypter le message, ils peuvent étudier le fonctionnement du satellite et cartographier l’emplacement des stations de contrôle et de gestion au sol».
Algérie : la rente coloniale et l’oubli des Berbères

Il y a des pays qui vivent de pétrole, de gaz, de transferts publics et de souvenirs entretenus. L’Algérie officielle vit aussi d’une rente plus subtile : la rente coloniale. À intervalles réguliers, quand la situation politique se tend, quand la jeunesse rêve d’ailleurs, quand l’économie demeure prisonnière des hydrocarbures, quand les libertés publiques se réduisent, le pouvoir algérien retrouve son grand récit mobilisateur : la France, toujours la France, encore la France.
Disons-le d’emblée, pour éviter toute mauvaise querelle : la France n’aurait jamais dû coloniser l’Algérie. Aucun Français n’avait à installer son armée, son administration, ses intérêts et son drapeau de l’autre côté de la Méditerranée. La colonisation française fut une réalité historique, avec ses violences, ses humiliations, ses injustices et ses drames. Il n’est donc pas question ici de la réhabiliter, ni de jouer au petit jeu sentimental de la nostalgie impériale.
Mais reconnaître une faute historique n’oblige pas à se laisser intimider par son instrumentalisation politique. Car ce qui frappe aujourd’hui, ce n’est pas seulement la mémoire de la colonisation française ; c’est son usage permanent par un régime qui s’en sert comme d’un écran de fumée.
Chaque crise diplomatique avec Paris devient ainsi l’occasion de raviver l’accusation coloniale. Chaque difficulté intérieure peut être recouverte par le vieux manteau du ressentiment. La France devient l’explication commode, l’ennemi commode, le miroir commode. On ne parle plus de l’état des libertés, de l’absence de vraie alternance, de la dépendance aux hydrocarbures, de l’économie administrée, du chômage des jeunes, de la fuite des talents. On reparle de 1830.
Or ce n’est pas la France de 1830 qui empêche aujourd’hui Alger de libérer sa presse. Ce n’est pas Bugeaud qui ferme l’espace politique algérien. Ce n’est pas la IIIe République qui rend l’économie algérienne dépendante du gaz et du pétrole. Ce n’est pas Jules Ferry qui condamne une jeunesse entière à choisir entre l’attente, la débrouille et l’exil. Ce n’est pas la colonisation française qui oblige un régime indépendant depuis plus de soixante ans à gouverner par la crispation mémorielle.
C’est ici que la visite du pape Léon XIV en Algérie, en avril 2026, prend une portée singulière. Elle ne fut pas seulement un voyage pastoral, ni même seulement une rencontre diplomatique. Elle fut, sous les dehors de la douceur évangélique, une leçon de vérité adressée à un pays prisonnier de ses récits officiels.
Le pape pouvait dire à l’Algérie ce que presque personne ne peut lui dire. Un président français serait immédiatement soupçonné d’arrogance postcoloniale. Un intellectuel européen serait renvoyé à son privilège occidental. Un journaliste serait accusé d’hostilité politique. Mais le pape, lui, venait désarmé. Il ne venait ni réclamer un marché, ni flatter une ambassade, ni négocier un avantage stratégique. Il venait comme pèlerin de paix, mais aussi comme fils spirituel de saint Augustin.
Et précisément, ses paroles furent plus exigeantes qu’il n’y paraît.
Devant les autorités algériennes, Léon XIV a eu cette phrase d’une force considérable : « Les autorités sont appelées non pas à dominer, mais à servir le peuple et à favoriser son développement. » Il a appelé à promouvoir une société civile « vivante, dynamique et libre », où les jeunes soient reconnus comme capables d’élargir l’horizon d’espérance de tous. Il a aussi évoqué l’hospitalité enracinée dans les communautés arabes et berbères, mettant ainsi dans la même phrase ce que le récit national algérien a souvent hiérarchisé ou refoulé : l’arabité et la berbérité.
Ce n’était pas un discours agressif. C’était plus redoutable : un discours juste. Léon XIV ne venait pas humilier l’Algérie. Il venait lui rappeler qu’un État n’existe pas pour capter la mémoire, contrôler les consciences et administrer la plainte historique, mais pour servir une communauté vivante, plurielle, jeune, blessée, mais capable d’avenir.
Au monument des martyrs, le pape a accompli le geste que les autorités algériennes attendaient sans doute : reconnaître la souffrance, saluer la lutte pour l’indépendance, honorer la dignité d’un peuple. Mais il n’est pas resté enfermé dans la liturgie politique de la blessure. Il a aussitôt ajouté que « la vraie lutte pour la libération » ne sera définitivement gagnée que lorsque la paix des cœurs aura été obtenue. Puis cette phrase, qui devrait être méditée à Alger comme à Paris : « Nous ne pouvons pas ajouter ressentiment sur ressentiment, génération après génération. »
Tout est là. La mémoire est nécessaire. La justice est nécessaire. Mais le ressentiment héréditaire n’est pas la justice. Il est sa contrefaçon. Il donne l’apparence de la dignité, mais il enferme les peuples dans une identité de victime. Il transforme l’histoire en carburant politique. Il rend impossible la vraie liberté, parce qu’il oblige les vivants à rester captifs des morts.
Et c’est précisément le drame algérien. La guerre d’indépendance a fini par devenir moins un événement historique qu’un régime de légitimation. Le pouvoir ne dit pas seulement : souvenez-vous. Il dit : souvenez-vous comme nous vous disons de vous souvenir. Il ne transmet pas seulement une mémoire ; il l’administre. Il ne libère pas le passé ; il le nationalise.
Le paradoxe est là : le pouvoir algérien demande à la France de regarder son histoire en face, mais refuse trop souvent d’accomplir le même geste pour lui-même. Car si l’on veut vraiment parler de colonisation, alors il faut aller jusqu’au bout. Il faut oser poser une question autrement plus dérangeante pour le roman national algérien : qu’est-il arrivé aux Berbères ?
Avant d’être arabe, l’Afrique du Nord fut berbère. Amazighe. Numide. Maurétanienne. Africaine et méditerranéenne. Elle connut les comptoirs phéniciens, Carthage, Rome, saint Augustin, les Vandales, Byzance, les royaumes berbères, les christianismes nord-africains, les judaïsmes anciens, les langues locales, les résistances tribales, les dynasties indigènes. L’Algérie ne commence pas avec l’arabité. Elle ne commence pas avec l’islam. Et elle ne commence évidemment pas avec la France.
C’est précisément ce que le récit arabo-nationaliste a longtemps voulu faire oublier. Il a présenté l’Algérie comme essentiellement arabe et musulmane, comme si la conversion religieuse et l’arabisation culturelle avaient effacé d’un coup les profondeurs berbères du pays. L’histoire réelle est plus complexe. L’islamisation de l’Afrique du Nord commence avec la conquête arabo-musulmane. L’arabisation, elle, est plus lente, plus tardive, notamment renforcée par l’arrivée des tribus hilaliennes à partir du XIe siècle. Mais le résultat politique est clair : la berbérité a été reléguée, minorée, parfois soupçonnée, parfois folklorisée.
On a souvent demandé aux Berbères de n’être pleinement algériens qu’à condition de devenir culturellement arabes. On leur a expliqué que leur langue était secondaire, que leur mémoire était régionale, que leur identité devait s’effacer devant la grande fusion arabo-islamique. Il aura fallu plus d’un demi-siècle d’indépendance pour que le tamazight soit enfin reconnu comme langue nationale puis officielle. Ce simple fait dit tout : le peuple premier du sol nord-africain a dû attendre l’État postcolonial pour obtenir une reconnaissance élémentaire de son existence.
Voilà le grand non-dit : l’Algérie officielle se veut décolonisée parce qu’elle n’est plus française, mais elle reste souvent prisonnière d’un récit qui a lui-même colonisé sa mémoire. Elle accuse Paris d’avoir imposé sa langue, son administration et son imaginaire, mais elle oublie que l’arabisation a elle aussi imposé une langue, une hiérarchie symbolique, une mythologie des origines et une norme religieuse à des peuples qui ne venaient pas d’Arabie.
C’est pourquoi la référence de Léon XIV à saint Augustin est capitale. À la Grande Mosquée d’Alger, le pape a rappelé que l’Algérie est aussi « la terre » de son père spirituel, saint Augustin, et il a résumé l’héritage augustinien par quelques mots décisifs : recherche de la vérité, recherche de Dieu, reconnaissance de la dignité de toute personne humaine, construction de la paix.
Voilà une autre Algérie. Non pas l’Algérie du ressentiment entretenu, mais l’Algérie de la vérité cherchée. Non pas l’Algérie d’une identité officielle assignée d’en haut, mais l’Algérie de l’âme inquiète, de l’intelligence ouverte, de la conscience qui se laisse travailler par Dieu. Non pas l’Algérie réduite à sa guerre contre la France, mais l’Algérie d’Hippone, de Monique, d’Augustin, des martyrs chrétiens d’hier et d’aujourd’hui, des humbles témoins de la charité.
À Notre-Dame d’Afrique, Léon XIV a rappelé aux chrétiens d’Algérie qu’ils sont les héritiers d’une tradition remontant aux premiers siècles du christianisme, lorsque retentissait sur cette terre « la voix ardente d’Augustin d’Hippone », précédée par le témoignage de sainte Monique. Dans la basilique Saint-Augustin d’Annaba, il est allé plus loin encore : les lieux ont changé de nom au fil des siècles, mais les saints demeurent les témoins fidèles d’un lien avec la terre qui vient du ciel.
Cette phrase est magnifique. Elle dit tout ce que le roman national algérien ne sait plus dire. Les noms changent. Les empires passent. Les langues s’imposent puis reculent. Les pouvoirs écrivent leurs manuels. Mais les saints restent. La sainteté traverse les conquêtes. Elle relie une terre à plus grand qu’elle-même. Elle arrache l’histoire aux propagandes.
Saint Augustin est précisément l’homme dont l’Algérie a besoin, non parce qu’il serait un trophée chrétien à opposer à l’islam, mais parce qu’il rend impossible le mensonge identitaire. Augustin est berbère, romain, africain, chrétien, universel. Il échappe à toutes les réductions. Il est né sur cette terre, mais il appartient au monde entier. Il montre que l’Algérie profonde n’est pas enfermée dans une seule couche de son histoire. Elle est faite de strates, de blessures, de conversions, de langues, de conflits et d’espérances.
Surtout, Augustin rappelle que le problème politique est d’abord un problème spirituel. Un peuple peut changer de drapeau, de constitution, de langue officielle et de système économique ; s’il demeure prisonnier de l’orgueil, de la peur, du ressentiment et du mensonge, il n’est pas libre. Léon XIV l’a dit à Annaba avec une netteté saisissante : la situation actuelle du monde, comme une spirale négative, provient au fond de notre orgueil ; seule la miséricorde de Dieu donne au cœur humain la paix et permet de marcher ensemble sur les chemins de la justice, du développement intégral et de la communion.
Cette parole vaut pour l’Algérie. Elle vaut aussi pour la France. Mais elle frappe particulièrement le régime algérien, parce qu’elle démasque la pauvreté spirituelle de la rente mémorielle. L’orgueil national peut prendre les habits de l’anti-colonialisme. Le ressentiment peut se présenter comme fidélité aux martyrs. La fermeture politique peut se déguiser en souveraineté. Mais la vérité finit toujours par demander son dû.
La vraie décolonisation de l’Algérie ne sera donc pas seulement anti-française. Elle sera anti-mensonge. Elle rendra justice à toutes les strates de son histoire : berbère, punique, romaine, chrétienne, juive, arabe, musulmane, ottomane, française, méditerranéenne. Elle cessera de réduire un pays immense à une plainte officielle. Elle reconnaîtra que les Berbères ne sont pas une note de bas de page, que les chrétiens d’Algérie ne sont pas une anomalie étrangère, que saint Augustin n’est pas un souvenir pour touristes cultivés, mais l’un des plus grands fils de cette terre.
Que l’Algérie demande à la France de regarder son histoire en face, soit. Mais qu’elle commence aussi par regarder la sienne. Qu’elle regarde la conquête arabo-musulmane. Qu’elle regarde l’arabisation. Qu’elle regarde la Kabylie. Qu’elle regarde la place réelle du tamazight. Qu’elle regarde ses prisons, ses journalistes, ses opposants, ses jeunes qui partent, ses ressources gaspillées et son économie sous perfusion d’hydrocarbures.
La mémoire est respectable lorsqu’elle libère. Lorsqu’elle sert à gouverner par le ressentiment, elle devient une prison.
Et si l’Algérie peut être sauvée, ce ne sera pas par une nouvelle campagne diplomatique contre Paris, ni par une nouvelle loi mémorielle, ni par une nouvelle mise en scène de souveraineté blessée. Ce sera par un retour à la vérité. Cette vérité a déjà un visage algérien. Elle s’appelle Augustin.
Augustin, l’homme qui a compris que le cœur humain est inquiet tant qu’il ne repose pas en Dieu. Augustin, l’homme qui a cherché la vérité plus que la puissance. Augustin, l’homme qui a découvert que la vraie cité ne se bâtit ni sur l’orgueil, ni sur la domination, ni sur la plainte, mais sur l’amour ordonné à Dieu.
La pensée et la foi de saint Augustin peuvent sauver l’Algérie, parce qu’elles lui rendent ce que tous les régimes lui confisquent : la profondeur de son histoire, la liberté de sa conscience et la paix de son âme.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
https://lesalonbeige.fr/algerie-la-rente-coloniale-et-loubli-des-berberes/
jeudi 21 mai 2026
Climat. Les scénarios catastrophes du GIEC enterrés ? Un revirement majeur passé sous silence dans la presse française

Il s’agit pourtant d’un événement majeur dans la science climatique des trente dernières années. Le 7 avril 2026, la revue scientifique Geoscientific Model Development, l’une des références mondiales en matière de modélisation climatique, publiait un article cosigné par une centaine de chercheurs sous la direction du climatologue néerlandais Detlef van Vuuren (Université d’Utrecht). Cet article, intitulé « The Scenario Model Intercomparison Project for CMIP7 (ScenarioMIP-CMIP7) » (vol. 19, p. 2627-2656), redéfinit l’ensemble des scénarios d’émissions de gaz à effet de serre qui serviront de base au futur 7ᵉ rapport d’évaluation du GIEC (AR7), prévu pour la fin de la décennie.
Le papier est accessible librement à cette adresse : https://gmd.copernicus.org/articles/19/2627/2026/
L’information principale tient en quelques lignes : les scénarios climatiques les plus alarmistes utilisés depuis quinze ans — notamment le célèbre RCP8.5 et son successeur SSP5-8.5, qui ont nourri l’essentiel des projections catastrophistes relayées par la presse et les institutions internationales — sont désormais qualifiés d’« implausibles » par la communauté scientifique elle-même. En clair : ces scénarios qui prédisaient une hausse moyenne des températures de l’ordre de 4,4 °C d’ici 2100 ne sont plus considérés comme une trajectoire crédible du futur climatique de la planète.
En France, l’information est passée pratiquement inaperçue dans la grande presse. Le silence des grandes rédactions hexagonales — Le Monde, Libération, France Info, France Inter, Le Figaro, Les Échos — sur ce revirement scientifique majeur contraste singulièrement avec la couverture médiatique exhaustive dont avaient bénéficié les scénarios catastrophes lors de leur publication. Une asymétrie qui mérite qu’on s’y arrête.
Comprendre ce qui s’est joué : la fin officielle du « RCP8.5 »
Pour comprendre la portée de l’événement, il faut revenir sur la mécanique des scénarios climatiques. Le GIEC, contrairement à une idée largement répandue, ne produit pas lui-même ces scénarios. Il s’appuie sur le travail d’un consortium scientifique international appelé CMIP (Coupled Model Intercomparison Project), affilié au Programme mondial de recherche sur le climat de l’OMM. Au sein de CMIP, un groupe spécifique, ScenarioMIP, est chargé d’élaborer les trajectoires d’émissions sur lesquelles les modèles climatiques tournent ensuite. Le GIEC, ensuite, synthétise et évalue.
Les scénarios dits RCP (Representative Concentration Pathways) ont été conçus au début des années 2010, avec quatre trajectoires de référence : RCP2.6, RCP4.5, RCP6.0 et RCP8.5. Le chiffre désigne le « forçage radiatif » atteint en 2100, c’est-à-dire le surplus d’énergie piégée dans le système terrestre, exprimé en watts par mètre carré. Le RCP8.5 représentait la trajectoire la plus extrême — un monde sans politique climatique, avec une multiplication par cinq de la consommation de charbon d’ici 2100, une démographie galopante et un échec total des énergies renouvelables.
Dès l’origine, RCP8.5 n’était pas présenté par ses concepteurs comme le scénario « business as usual » qu’il est devenu sous la plume des médias et des institutions. Detlef van Vuuren, l’auteur principal du papier d’avril 2026, l’a redit explicitement à Carbon Brief : RCP8.5 était « un scénario à faible probabilité, à risque élevé, et c’était toujours son objet ». Il ajoute : « Ce n’est pas un résultat probable. Cela n’a jamais été un résultat probable. »
Pourtant, dans la pratique, RCP8.5 a servi de base à la majorité des projections les plus médiatisées : montée des eaux, vagues de chaleur, effondrements écosystémiques, projections de mortalité, stress tests bancaires, modèles assurantiels, évaluations nationales du changement climatique. The Guardian, le New York Times, la BBC, et en France Le Monde comme France Inter, ont publié pendant plus d’une décennie des dossiers entiers fondés sur cette trajectoire.
Pourquoi RCP8.5 a-t-il déraillé du réel ?
L’écart entre RCP8.5 et la réalité observée n’a fait que croître. Comme le montrent les données compilées par les climatologues Glen Peters et Robbie Andrew, les émissions mondiales de CO₂ ont suivi RCP8.5 jusqu’au début des années 2010, mais s’en sont nettement écartées depuis. Sur les dix dernières années, les émissions globales ont plus exactement suivi la trajectoire RCP4.5, soit un scénario de stabilisation modérée — pas une trajectoire d’effondrement.
Plusieurs facteurs expliquent cette divergence : l’effondrement spectaculaire du coût du solaire et de l’éolien, le ralentissement de la consommation de charbon dans les pays développés (notamment le tournant énergétique allemand et la sortie britannique du charbon), l’émergence de politiques climatiques significatives malgré leurs limites, et enfin une croissance démographique mondiale qui s’est révélée nettement inférieure aux projections retenues par RCP8.5 (qui supposait une population mondiale de près de 13 milliards d’habitants en 2100, alors que les projections actuelles tablent plutôt sur 9 à 10 milliards).
Dès 2017, plusieurs chercheurs — Justin Ritchie, Hadi Dowlatabadi, Roger Pielke Jr., Matthew Burgess — avaient publié des analyses montrant l’invraisemblance croissante du scénario. En 2020, deux climatologues, Zeke Hausfather et Glen Peters, signaient dans Nature une tribune au titre sans équivoque : « Emissions — the ‘business as usual’ story is misleading ». La communauté scientifique mettait peu à peu en garde, mais le GIEC, par souci de « continuité », conservait le scénario dans ses rapports.
Le papier d’avril 2026 met officiellement un terme à cette ambiguïté. Les auteurs y écrivent : « Pour le XXIᵉ siècle, cette fourchette sera plus étroite qu’évaluée précédemment : à la limite haute, les niveaux d’émissions élevés du CMIP6 (quantifiés par SSP5-8.5) sont devenus implausibles, en raison des tendances dans les coûts des renouvelables, de l’émergence de politiques climatiques et des tendances récentes d’émissions. »
Sept nouveaux scénarios, fourchette réduite
Le nouveau cadre CMIP7 propose désormais sept scénarios, allant d’un futur « VERY LOW » (très faibles émissions) à un futur « HIGH » (émissions élevées), en passant par cinq niveaux intermédiaires. Le nouveau scénario « HIGH », même dans l’hypothèse d’un échec total des politiques climatiques, plafonne à un forçage radiatif d’environ 6-7 W/m² — bien en deçà des 8,5 W/m² du défunt RCP8.5.
Selon les calculs publiés par Roger Pielke Jr. à partir de l’émulateur FaIR, le nouveau « HIGH » de CMIP7 est 0,9 °C plus froid que SSP5-8.5 dans son ancienne version, et 1,4 °C plus froid que la projection 2100 retenue dans le 6ᵉ rapport du GIEC (AR6). Concrètement, là où le précédent scénario haut prévoyait une hausse de 4,4 °C en 2100, le nouveau projette une trajectoire de 3,2 °C environ (fourchette de 2,5 °C à 4,3 °C).
À noter pour la rigueur intellectuelle : ce n’est pas une remise en cause du réchauffement climatique en soi. Chris Smith, co-auteur du papier et chercheur à l’International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA), résume la nouvelle situation en ces termes : « On a éliminé les futurs à l’extrémité haute. On a aussi éliminé les futurs à l’extrémité basse — il n’est donc plus possible de limiter le réchauffement à 1,5 °C, du moins à court et moyen terme. » La fourchette s’est resserrée des deux côtés : moins de chance d’apocalypse climatique, mais plus aucune chance non plus de tenir l’objectif de 1,5 °C de l’Accord de Paris sans « dépassement significatif ».
Detlef van Vuuren, l’auteur principal, est tout aussi clair : « Nous sommes désormais sur une trajectoire de 2,5 à 3 °C de réchauffement. Nous n’avons plus aucun scénario qui puisse atteindre 1,5 °C avec un dépassement limité. »
Des conséquences qui dépassent la seule modélisation
Les implications sont considérables. Pendant plus d’une décennie, l’essentiel des politiques publiques climatiques, des analyses économiques et des évaluations de risques s’est appuyé sur des scénarios désormais reconnus comme irréalistes. Roger Pielke Jr. l’a résumé sans ménagement dans une analyse publiée par l’American Enterprise Institute le 5 avril dernier : « Des dizaines de milliers d’articles scientifiques ont été publiés en utilisant ces scénarios, et un nombre similaire de gros titres médiatiques ont amplifié leurs conclusions, et les gouvernements ainsi que les organisations internationales ont intégré ces scénarios implausibles dans leurs politiques et réglementations. Nous savons maintenant que tout cela a été construit sur des fondations de sable. »
Cela concerne notamment :
- Les évaluations économiques du coût du changement climatique, dont une part importante (notamment celles du Network for Greening the Financial System, qui guide les banques centrales) repose explicitement sur RCP8.5 ;
- Les stress tests financiers menés par la BCE, la Fed et la Banque d’Angleterre, qui ont utilisé des scénarios désormais déclarés invalides ;
- Les évaluations nationales du changement climatique, dont le National Climate Assessment américain et de nombreux documents équivalents en Europe ;
- Les projections de mortalité, de migration et d’effondrement écosystémique qui ont nourri la communication politique sur l’urgence climatique depuis quinze ans.
Aucune de ces évaluations n’est pour autant « fausse » au sens absolu — elles modélisaient des conséquences possibles d’une trajectoire désormais reconnue comme improbable. Mais leur valeur prédictive doit désormais être substantiellement révisée.
Le silence assourdissant de la presse française
L’aspect le plus frappant de cette affaire reste sans doute le silence quasi total des grands médias français. Tandis que la nouvelle a été massivement reprise dans la presse anglo-saxonne — The Times (groupe Murdoch), The Australian, Fox News, New York Post, Daily Caller, American Enterprise Institute, mais aussi des sites scientifiques de référence comme Carbon Brief — les rédactions parisiennes sont restées silencieuses. Une recherche sur les sites du Monde, de Libération, du Figaro ou de France Info ne renvoie, à la date d’aujourd’hui, aucun article consacré à la publication du papier Van Vuuren et à ses implications.
L’écart est d’autant plus saisissant que ces mêmes rédactions ont, ces dernières années, consacré des dossiers entiers, des « unes » et des séries éditoriales à des projections qui s’appuyaient précisément sur RCP8.5. La logique journalistique élémentaire voudrait que la rétractation d’un cadre conceptuel sur lequel on a bâti sa couverture mérite, au minimum, un signalement.
Il faut toutefois nuancer le tableau, comme l’a fait Carbon Brief dans un factcheck publié le 19 mai. Premièrement, ce n’est pas le GIEC stricto sensu qui « admet » s’être trompé : c’est ScenarioMIP, le consortium technique qui élabore les scénarios. Deuxièmement, les nouveaux scénarios confirment néanmoins une trajectoire de réchauffement de 2,5 à 3 °C, qui reste qualifiée de « catastrophique » par le Programme des Nations unies pour l’environnement. Troisièmement, un embargo court jusqu’au 1ᵉʳ septembre 2026 sur l’exploitation académique des données produites par les nouveaux modèles intégrés (IAM), ce qui retardera mécaniquement la publication d’études détaillées.
Reste que ces nuances n’expliquent pas le silence quasi total. Un revirement d’une telle ampleur dans le cadre conceptuel utilisé par le GIEC mérite à tout le moins un traitement informatif honnête, même critique, même nuancé. Le ne-rien-dire, lui, interroge sur la capacité de la grande presse française à informer ses lecteurs lorsque les évolutions de la science contrarient un récit éditorial bien établi.
Que retenir, concrètement ?
Pour le citoyen français qui cherche à se faire une opinion claire, voici ce que dit — et ne dit pas — le revirement d’avril 2026 :
Ce que cela signifie :
- Le scénario RCP8.5, longtemps présenté implicitement comme le « business as usual » de la planète, est officiellement reconnu comme implausible.
- La fourchette des trajectoires probables s’est resserrée : entre 2,5 °C et 3,2 °C de réchauffement en 2100, contre une fourchette antérieure de 1,5 à 4,4 °C.
- Une partie importante du discours catastrophiste relayé depuis quinze ans reposait sur des hypothèses désormais désavouées par la communauté scientifique elle-même.
Ce que cela ne signifie pas :
- Le réchauffement climatique d’origine humaine n’est pas remis en cause par cette étude.
- Une trajectoire à 2,5-3 °C reste considérée comme problématique pour les écosystèmes et les sociétés humaines.
- L’objectif de 1,5 °C de l’Accord de Paris est désormais hors de portée selon les nouveaux scénarios — ce qui est, en soi, un constat préoccupant.
Ce que cela révèle sur le débat public :
- La science climatique fonctionne, dans son ensemble, comme une discipline auto-corrective.
- La diffusion publique de cette science, en revanche, souffre depuis des années d’un biais de sélection en faveur des scénarios les plus alarmants — au détriment de la nuance et parfois de la rigueur méthodologique.
- L’écart de couverture entre la presse anglo-saxonne et la presse française sur ce sujet est, en soi, un objet d’analyse pour qui s’intéresse à l’écologie des médias.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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mercredi 20 mai 2026
mardi 19 mai 2026
Le GIEC déjuge… le GIEC : fin des scénarios climatiques apocalyptiques
C’est une grande victoire pour les climato-sceptiques et les soi-disant complotistes. Leurs analyses s’avèrent plus fiables que celles des fameux experts du GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Fin des prévisions climatiques apocalyptique. Trump exulte.
Les modélisations des hausses de température et leur corollaire : un système mondial de coercition
Depuis des décennies, des politiciens comme Al Gore, Clinton, Obama, les Verts partout sur la terre, le Vatican avec François, les financiers comme Soros ou Bill Gates, prédisaient des scénarios apocalyptiques dus à un réchauffement climatique anthropique sur toute la planète. Les modélisations de ces hausses de température indiquaient un possible anéantissement de la vie humaine, animale, végétale, avec un corolaire pratique : tout un système mondial de coercition des agriculteurs, des citoyens, de leur déplacements, de leur vache et de leurs pets, de leur habitations, de la transition énergétique lourde fiscalement sur les nations et rentables pour les financiers, s’est instauré au fur et à mesure des Green Deal votés et des Sommets de la Terre collectionnés, des injonctions de Davos et des sanctions mondiales.
Mais voilà, la terre est toujours là, les océans n’ont pas débordé, la température est toujours supportable, l’humanité ni les espèces ne sont éteintes comme c’était prophétisé par tous ces oiseaux de malheur depuis les années 70’.
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), mandaté par les Nations Unies, a ainsi discrètement ajusté le mois dernier son cadre de modélisation prévoyant un réchauffement de 4 à 5 °C d’ici 2100. Ce cadre avait servi de base à une multitude d’autres analyses prédisant des conséquences terrifiantes pour les émissions de gaz à effet de serre. Le cadre du GIEC en question a été utilisé pour prévoir une hausse spectaculaire du niveau de la mer, des pertes de récoltes mondiales, une fonte rapide des glaciers, et bien plus encore, ce qui a inquiété certains militants écologistes radicaux quant à une future extinction.
Le GIEC dément ses prédictions les plus apocalyptiques
Mais finalement, les scientifiques ont cité des données et ont abandonné leur scénario catastrophe le plus pessimiste concernant les conséquences du changement climatique au profit de sept autres scénarios possibles. Dans la revue Geoscientific Model Development, ils ont plaidé pour l’utilisation d’un éventail plus large de modèles afin d’évaluer le changement climatique. « Pour le XXIe siècle, cette fourchette sera plus petite que ce qui avait été estimé auparavant », ont écrit les scientifiques, notant que les prévisions les plus pessimistes « sont devenues invraisemblables, compte tenu de l’évolution des coûts des énergies renouvelables, de l’émergence de politiques climatiques et des tendances récentes en matière d’émissions ».
Les critiques ont longtemps dénoncé des prédictions extravagantes, comme celle selon laquelle le parc national des Glaciers, dans le Montana, aurait fondu d’ici 2020. En 2020, les autorités ont dû retirer les panneaux signalant ces sombres prédictions, car les glaciers n’avaient pas tous fondu.
D’un autre côté, des scientifiques ont fait valoir que, même si certaines des prédictions les plus alarmistes concernant le changement climatique ne se sont pas réalisées, il existe néanmoins de nombreuses preuves du réchauffement de la Terre et de la fonte des calottes glaciaires, bien qu’à un rythme plus lent que certaines des prévisions les plus tristement célèbres. Un changement du climat sur le long terme comme il en a existé tout au long de l’histoire du climat qui a oscillé entre périodes glaciaires et périodes plus chaudes.
Donald Trump savoure sa victoire sur les khmers verts du Green Deal
Le président des Etats-Unis a donc savouré sa victoire samedi sur Truth Social:
« BON DÉBARRAS ! Après 15 ans de promesses des Démocrates selon lesquelles le « changement climatique » allait détruire la planète, le Comité des Nations Unies sur le climat vient d’admettre que ses propres projections (RCP8.5) étaient FAUSSES ! FAUSSES ! FAUSSES ! »
Trump, fervent défenseur d’une politique énergétique axée sur le forage intensif, a longtemps été sceptique quant aux affirmations scientifiques concernant le changement climatique d’origine humaine. L’année dernière, par exemple, lors de son discours aux Nations Unies, il a qualifié le changement climatique de « supercherie ». « Depuis bien trop longtemps, l’activisme climatique est utilisé par les démocrates pour effrayer les Américains, imposer des politiques énergétiques désastreuses et financer des milliards de dollars dans leurs programmes de recherche bidon », a ajouté le président sur Truth Social.
« Contrairement aux Démocrates, qui utilisent des absurdités alarmistes sur le climat pour promouvoir leur arnaque verte, mon administration sera toujours fondée sur la vérité, la science et les faits ! »
Donald Trump a également annulé une série de politiques climatiques mises en place sous les administrations Biden et Obama
Donald Trump a également annulé une série de politiques climatiques mises en place sous les administrations Biden et Obama. En février, par exemple, Lee Zeldin, administrateur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), a annoncé l’abrogation d’une politique de réduction des gaz à effet de serre datant de l’ère Obama.
Depuis, des figures clés du mouvement anti-changement climatique ont modéré eux-aussi leurs propos, Bill Gates, par exemple, concédant que le réchauffement climatique n’entraînera pas la « disparition » de l’humanité.
Les ‘complotistes’ qui faisaient le lien entre ce catastrophisme et une surveillance de masse de l’humanité vis les restrictions de libertés et le contrôle des ‘émissions’ des hommes dans le monde entier avaient encore raison.
Francesca de Villasmundo
