mardi 29 septembre 2026

C’est un témoin essentiel du XXe siècle… Louis Salleron

 

Par Gérard Leclerc

Loin de moi la prétention de rendre vraiment compte de la biographie considérable que Sœur Ambroise-Dominique Salleron vient de consacrer à son grand-père, Louis Salleron. Elle a réalisé un admirable travail, qui restitue la figure et l’itinéraire d’une personnalité ayant traversé le XXe siècle, en affrontant tous ses défis intellectuels, politiques, sociaux, religieux. C’est dire qu’en retraçant une existence, elle l’a remise en situation historique, ce qui permettra à ses jeunes lecteurs de prendre connaissance d’une période dont ils n’intègrent pas nécessairement tous les enjeux et la complexité.

Chrétien fervent

Né dans une famille catholique, Louis Salleron est d’abord un chrétien fervent. Il le fut du début à la fin. Ses jeunes années sont marquées par une formation où raison et foi sont sans cesse en résonance. Avec la grâce d’avoir trouvé un père spirituel exceptionnel en la personne de Dom Gaston Aubourg, issu de l’abbaye de Solesmes. Mais le jeune homme, qui préside les étudiants de l’Institut catholique de Paris, va vivre avec douleur la condamnation de l’Action française. Exclu de l’Institut par son recteur, le futur cardinal Baudrillart, il se retrouvera professeur dans la même maison, de par la volonté de celui qui l’avait renvoyé. Il y tiendra, de 1937 à 1957, une chaire d’économie politique, conforme à ses compétences et à son désir de développer la doctrine sociale de l’Église.

Certes, Louis Salleron apparaît comme la figure typique du catholicisme de droite, qualifié aussi par la suite de traditionaliste. Mais, au-delà des étiquettes, il est utile de comprendre à quelle densité de pensée correspondent les choix temporels d’un homme de cette culture. De ce point de vue, son face-à-face avec Maritain, qui s’est détaché, lui, de cette droite, vaut la peine d’être étudié avec soin. Le philosophe thomiste a choisi, selon Salleron, une option de gauche, parce qu’il est persuadé « que les mouvements de gauche sont la réalité vivante de l’Histoire qui se fait, qu’à cet égard cette réalité est bonne, mais que déviée par de fausses philosophies, il faut lui apporter l’Évangile pour la rendre excellente. Il ne parle plus que d’idéal historique concret, qui signifie, dans son esprit, la conversion à la philosophie chrétienne d’une société en devenir dont l’axe de développement est, si l’on peut dire, à gauche. »

Le choix de Salleron va à l’inverse, ce qui ne signifie pas que la tâche de définir un idéal concret soit plus facile. On le verra bien avec l’expérience de Vichy, dont Salleron est participant sans qu’il y ait jamais eu de sa part la moindre tentation collaborationniste. Sa tentative de créer une organisation corporative de l’agriculture ne sera pas couronnée de succès, notamment en raison de l’étatisation du projet. Cela n’empêche pas que l’envergure de l’économiste sera reconnue par des spécialistes aussi éminents qu’un François Perroux ou un Alfred Sauvy.

Adversaire du progressisme

La dernière partie de la vie de Louis Salleron sera forcément marquée par le concile Vatican II, et surtout ses suites. C’est alors qu’il pourra être considéré comme l’adversaire-né d’un progressisme dont il dénoncera avec fougue tous les travers. Mais on peut dire que nous ne sommes pas encore sortis des controverses et de la crise qui ont tant retenu le journaliste et l’écrivain. C’est pourquoi on aurait grand avantage à ne pas négliger tout ce qu’il a pu apporter au dossier, en l’enrichissant. Cependant, pour moi qui ai eu la chance de l’approcher en quelques occasions, je puis dire que la biographie réalisée par sa petite-fille restitue au mieux le souvenir d’un témoin essentiel du XXe siècle.

https://www.actionfrancaise.net/2026/09/27/cest-un-temoin-essentiel-du-xxe-siecle-louis-salleron/?doing_wp_cron=1790692320.6721520423889160156250

L’Afrique au XIXe siècle : empires et impérialismes, avec Florian Louis

 


lundi 28 septembre 2026

10 ans de Storiavoce, ça se fête !

 


La Cité à l’épreuve de l’oubli

 

La Cité à l’épreuve de l’oubli

Dans ce texte engagé, Guillaume d’Aram de Valada dénonce les effets de l’égalitarisme et de l’héritage de Mai 68 sur la famille, la transmission et l’identité. Un plaidoyer pour renouer avec notre histoire face à la déconstruction des repères collectifs.
Polémia

De la parité à l’uniformité artificielle

Il y a plus de quarante ans, à l’ère éphémère du libéralisme avancé du « Hibou de Chamalières », on nous servait déjà la parité, les discriminations et l’exclusion.

Pour les professionnels de la commedia dell’arte, il s’agissait simplement de trouver les sauf-conduits nécessaires pour entretenir cette illusion maladive d’exister dans la comédie politique.

Les pasionarias du féminisme — de Gisèle Halimi à Yvette Roudy, en passant par Simone de Beauvoir — théorisaient le genre avant l’heure, émasculant tout esprit suspecté de machisme. Les idéaux de 68, importés des campus californiens, ne suffisaient plus : il fallait pousser la logique à l’extrême et imposer l’égalitarisme partout.

Aujourd’hui, le sillon de ces féministes soixante-huitardes est magistralement creusé. Elles n’existent plus, mais sont remplacées par d’autres, tout aussi intransigeantes dans leur sectarisme manichéen. Des hommes tout poudrés, débitant des phrases toutes faites, leur servent docilement de porteurs d’eau. Ils s’imaginent agir en hommes forts alors qu’ils s’alignent sur l’idéologie dominante, prêts à s’abaisser à toutes les concessions politiques et « sociétales » pour s’imaginer survivre à tout retour aux équilibres de la société.

De Giscard à Macron, en passant par Mitterrand, Chirac, Sarkozy et Hollande, les gouvernements se sont exécutés comme à la parade, traquant le moindre vestige de patriarcat. La femme n’en demandait pas tant et ne s’en trouve pas, pour autant, plus considérée, bien au contraire. On continue d’attaquer la « falaise machiste » à la dynamite.

La femme aurait-elle toujours été dépossédée de tout pouvoir de décision, à en croire toutes ces amazones de l’égalité des sexes ?

Ce dogme obscurantiste fait bien entendu l’impasse sur l’incommensurable pouvoir d’influence qu’elle exerce depuis la nuit des temps.

La famille traditionnelle, cellule de base de la société, doit être disloquée pour imposer un monde où chacun n’obéit plus qu’à ses propres paradis artificiels.

De l’angélisme exterminateur et du relativisme destructeur

Méthodiquement, opiniâtrement, les déconstructeurs de la société traditionnelle — celle qui régissait nos vies — ont dressé cette tour de Babel, symbole du délabrement moral et mental dans lequel nous nous sommes laissés piéger.

Certains mots ne se disent plus, frappés d’interdit par les tenants de cette nouvelle morale aux cent slogans martelés du matin au soir à la vitesse de la fameuse fibre optique incontournable. L’angélisme et le relativisme sont des armes de destruction massive braquées sur nos esprits et nos racines profondes. Nos réflexes de survie en sont presque réduits à néant, à force de coups de marteau assénés sur des doigts déjà engourdis par le long apprentissage idéologique.

Alors, que dire, que faire ?

Quand on a la chance d’avoir une descendance, on frémit à l’idée qu’à peine le dos tourné, une voix vienne contredire tout ce que l’on a transmis à la chair de sa chair. Les organes de diffusion sont devenus si puissants et vertigineux que le front se déplace de seconde en seconde, sans nous laisser le temps de reprendre position.

La famille était bien la cible première de tous ces ingénieurs d’une société où tout est possible, où tout se déconstruit et où tout est tourné vers un « Autre » sans visage et sans patrie, que l’on veut faire entrer de force dans nos existences.

Il convient de méditer ce que gravait Fustel de Coulanges dans La Cité antique :

« La patrie de chaque homme était la part de sol que sa religion domestique ou nationale avait sanctifiée, la terre où étaient déposés les ossements de ses ancêtres et que leurs âmes occupaient. La petite patrie était l’enclos de la famille, avec son tombeau et son foyer. La grande patrie était la cité, avec son prytanée et ses héros, avec son enceinte sacrée et son territoire marqué par la religion… »

De Mai 68 et de sa caisse de résonance infernale

S’extraire un instant du torrent de l’actualité en continu réserve un amer privilège : observer que le théâtre des médiocres affiche toujours complet. Ses planches se remplissent avec une redoutable fatalité, interdisant toute accalmie.

Des Macron et des Mélenchon, il en apparaîtra tous les jours : rien de bien nouveau sous le soleil. Les maternités du prêt-à-penser débordent, tant la fécondité intellectuelle française semble réglée depuis des lustres pour produire des corbeaux à la langue bien pendue. On les entend pousser leurs cris stridents sur la table de dissection du conditionnement mental, nourris encore et toujours par cette utopie stérile et mortifère dont la seule vertu reste de leur offrir l’illusion passagère du pouvoir.

Les séquelles de Mai 68, avec son cortège d’agitateurs bâtis sur les ruines des anciens empires coloniaux, n’ont pas fini de gangréner la Cité. Toutes les autorités paraissent contaminées : du Vatican aux instances onusiennes, du Parlement européen aux parlements nationaux, des autorités universitaires aux instances patronales…

Animées par une sorte de réflexe immunitaire, les oppositions à ce délabrement méthodique ne désarment pas, bien au contraire, quand bien même les « ayatollahs » du prêt-à-penser cherchent sans cesse à les réduire à de vulgaires nostalgiques des temps anciens.

La fragilisation des cercles constitutifs de la Cité

Le premier cercle demeure la cellule de base : la famille. Le second se consolide ou se délabre à l’école. Le troisième s’affirme dans la vie active, autour de la défense du bien commun ou de la promotion de sa destruction.

Le quatrième cercle, enfin, celui de la politique, a par définition pour rôle d’assurer la pérennité et la défense des trois premiers. Il est tellement fissuré qu’il ne fait plus que hanter les couloirs des soins palliatifs. Pour s’en convaincre, il suffirait de contempler la vacuité du débat public et d’observer le spectacle affligeant de nos assemblées, qui ont permis d’inscrire dans la loi le geste ultime : l’euthanasie.

« Ne pas subir, ne pas succomber, ne pas rompre. Ne pas plier les genoux. Ne pas accepter la défaite qui en nous s’installe », écrivait Jean Cau.

L’Espérance s’exprime lentement, sourdement, au cœur d’un peuple assoiffé d’absolu et de points hauts. La résistance se dresse autour d’un principe intangible et sacré : la préservation de l’identité.

Une identité que les « cathares » de l’oubli n’ont jamais cessé de combattre. Sur le terrain culturel comme sur le terrain médiatique, les sectes millénaristes ne capitulent pas, mais semblent perdre enfin du terrain, jour après jour.

Il ne leur reste que leurs seules véritables fondations : l’amnésie organisée contre le roman national et le culte d’un homme nouveau. Un homme « robotisé », ravalé au rang de cobaye de laboratoire, sommé de s’affranchir de toute transcendance pour se vouer tout entier à sa soif de consommer tout, et tout de suite.

Gustave Thibon faisait preuve de cette sage clairvoyance quand il pointait du doigt ce qu’il appelait « la devise du monde contemporain » : « Tout, tout de suite ». Sa lucidité remarquable de « philosophe paysan » se retrouve dans ces quelques lignes :

« Ainsi les engouements collectifs se succèdent sans laisser de traces : la feuille morte voltige d’un lieu à l’autre, mais tous les lieux se valent pour elle, car son unique patrie est dans le vent qui l’emporte… Il n’y a pas d’harmonie sociale possible à l’ombre du signe plus… L’être sans identité, n’étant lié intérieurement à aucun devoir, se sent instinctivement tous les droits : l’envie, la révolte, le “pourquoi pas moi ?” trouvent en lui leur terrain d’élection ; il cherche dans le bouleversement extérieur un remède au mal qu’il sécrète du dedans — mais que peut un “changement d’air” sur celui qui porte l’asphyxie dans ses poumons ? »

Gustave Thibon, Équilibre et harmonie, 1976.

Une société dominée par la vanité des bâtisseurs d’utopies n’a pas d’avenir. Son passé y est méprisé, réduit à la seule caricature du chaos. N’ayant pour boussole qu’un égalitarisme doctrinaire et le nivellement des identités profondes, elle ne retrouvera la sérénité qu’en renouant avec sa longue histoire. À défaut, elle restera l’esclave d’apprentis sorciers, persuadés de détenir les clés d’un jardin d’Éden pourtant parsemé de chiendent.

Guillaume d’Aram de Valada

https://www.polemia.com/la-cite-a-lepreuve-de-loubli/

Les rois de France et la question sociale, une histoire inachevée…

 

Par Jean-Philippe Chauvin

La France n’est pas une île perdue loin du monde, et elle reste une puissance majeure dans le concert des nations sans être une grande puissance au sens impérialiste du terme : cette particularité n’est pas la seule de la France qui a aussi une histoire longue et ancienne qui ne commence pas en 1789, loin de là, mais bien avant, entre la résistance de Geneviève (la sainte de Paris), le baptême de Clovis, le sacre d’Hugues Capet et le dimanche de Bouvines. La formule « les rois ont fait la France », chantée dans la Royale, l’hymne de l’Action française composée par un musicien aveugle, n’énonce pas une théorie, mais bien une réalité. Surnommé « le père des pauvres » au Moyen Âge, le Roi de France reçoit lors de son sacre rémois la main de justice comme symbole de son principal pouvoir dans la société, non pas seulement rendre, mais faire justice. Est-ce vraiment un hasard si, à la veille de la Révolution française, c’est un roi, Louis XVI en personne, qui « invente » la formule aujourd’hui si connue et autant revendiquée (principalement à gauche…) de « justice sociale » ?

Pourtant, la légende noire de la monarchie française voudrait que les rois aient été indifférents à la question sociale, ce qui est évidemment faux : le roi sacré est, dans la conception ancienne des rapports socio-politiques, le « roi nourricier », celui qui a pour devoir de nourrir son peuple, d’assurer sa subsistance, surtout dans les périodes rudes et Dieu sait si elles ne manquent pas avant le XVIIIe siècle en France ! Cela est-il toujours probant ? Si le principe et l’intention sont bien là, les événements et les obstacles du temps empêchent parfois la réalisation de ce programme royal… Mais toute l’œuvre de la Monarchie, depuis ses origines capétiennes, est d’atteindre cet idéal social, y compris dans les périodes les plus difficiles…

Sous la monarchie d’Ancien Régime, à la suite de la monarchie médiévale, les professions sont organisées, dans les villes, en corporations (le terme lui-même n’apparaît que tardivement, quasiment à la veille de leur disparition), nées de l’histoire locale, spontanément et sans intervention directe de l’État royal, même si elles sont recensées sous le roi Louis IX. C’est le ministre Colbert qui va les réorganiser ou, plutôt, les ordonner, dans le cadre de sa stratégie économique qui vise à faire du royaume une grande puissance économique moderne et indé­pendante. Ce même Colbert qui va créer le premier système de retraite par répartition, en 1673, pour les « invalides de la Marine » quand le roi Louis XIII, quelques décennies auparavant, a créé un système de recensement et de prise en charge des invalides et des chômeurs… Mais, sous le roi Louis XV se multiplient les attaques des libéraux, inspirés par les idées des Lumières et celles importées d’Angleterre avant qu’elles soient motivées par le franklinisme venu d’Outre-Atlantique : en mai 1763 et en juillet 1764, des lois libérales remettent en cause le rôle nourricier de l’État royal, au nom d’une liberté du commerce des grains qui s’avère une mauvaise nouvelle pour les populations les moins aisées. Si le roi Louis XV, rapidement conscient de cette erreur de direction, revient sur ces fâcheuses décisions, les libéraux repartent à l’assaut sous le règne suivant, avec les mesures de Turgot qui supprime les corporations, rétablies par le roi quelques mois après pour le bien des ouvriers. Mais c’est la Révolution française (parisienne, en fait…) qui consacre la victoire de l’idéologie libérale sur le plan économique et social : l’année 1791 peut être considérée comme « l’année la plus libérale de l’histoire de France », avec deux lois, la loi d’Allarde qui supprime définitivement les corporations et la loi Le Chapelier qui interdit toute grève et toute association professionnelle au nom de « la liberté du travail » qui n’est rien d’autre que la victoire du Capital sur le Travail. C’est la véritable date de naissance du prolétariat (en tant que situation et condition) car, désormais, l’ouvrier devient complètement « l’objet » de celui qui a les capitaux et qui va l’employer ou, plutôt, l’exploiter sans entraves. Dans le même temps, le temps de travail des ouvriers des villes explose littéralement, avec la suppression des jours de congé (y compris le dimanche) jadis nombreux et souvent liés aux fêtes et aux règles religieuses. Il n’est pas exagéré d’affirmer que la Révolution française fut une véritable catastrophe sociale pour le monde ouvrier, et il faudra un siècle et demi pour en amoindrir et en réparer les effets dévastateurs.

L’une des premières mesures de la Monarchie royale restaurée fut la « sanctification du dimanche » dès le retour du roi Louis XVIII sur le trône en 1814 qui permit aux travailleurs de disposer à nouveau du repos dominical complet. C’est sous ce même règne que, en 1818, furent créés la Caisse d’épargne et le livret qui devait permettre à tous ceux qui travaillaient de « mettre de côté » pour éviter, dans les temps plus rudes pour eux, de verser dans la misère complète et pour pouvoir épargner pour leurs vieux jours et leurs enfants… Pourtant, le XIXe siècle fut aussi ce siècle terrible de l’industrialisation au prix de l’exploitation des travailleurs et de la plus grande misère sociale, celle qui se marque par le fait que le travail lui-même ne nourrit plus le travailleur, mais enrichit d’abord celui qui l’exploite… C’est une forme terrible de servitude sociale établie et confortée par le capitalisme triomphant que dénoncent les royalistes sociaux du XIXe siècle, de Villeneuve-Bargemont (préfet du roi Charles X, puis député légitimiste) à René de La Tour du Pin et Albert de Mun (respectivement théoricien du royalisme social corporatiste et député catholique attaché à l’amélioration de la condition ouvrière, autant de travail que de vie), puis ceux du XXe et du XXIe siècles, en tenant évidemment compte des évolutions des situations et questions sociales. Les premières lois sociales du XIXe siècle sont d’ailleurs l’œuvre des parlementaires royalistes mais nombre de projets de loi sont repoussés par les républicains dits modérés (y compris de gauche…) et la Troisième République elle-même n’est guère sociale avant 1936, à quelques exceptions près. Les prétendants royaux eux-mêmes s’engagent sur cette question sociale, comme le comte de Chambord, en 1865, par sa Lettre sur les ouvriers qui précède et annonce l’encyclique Rerum Novarum du pape Léon XIII, fondatrice de la doctrine sociale de l’Église, ou le comte de Paris du XXe siècle, dans son livre Le Prolétariat et par la revue Justice sociale dont il est le commanditaire !

Après la Seconde Guerre mondiale, se met en place en France l’Etat-providence au moment même où la société de consommation va s’affirmer et s’imposer. Pour autant, cela ne règle pas la question sociale, et cela même si elle semble perdre de son importance quand les classes sociales paraissent se dissoudre dans le monde des consommateurs. Ce que la prospérité matérielle de la période que Jean Fourastié nomma « les Trente Glorieuses » masqua un temps, ressurgit quand le temps de la crise fut venu ou, plutôt, celui de la mondialisation globalisée dans sa suite : la désindustrialisation française, après la « fin des paysans » des années 1960-1980, ébranla l’équilibre social, juste maintenu par les structures et subventions de l’État-providence, devenu État-nounou et cause presque directe de la déres­ponsabilisation sociale de nombre d’entreprises mais aussi d’allocataires sociaux (qualificatif en définitive trompeur parce que faux…). Ainsi, après l’État protecteur et nourricier des rois de France, et après la phase de libéralisme aigu des années révolutionnaires et des institutions républicaines du XIXe siècle, la République, sans doute incapable de trouver la juste mesure, a versé dans un étatisme paradoxal : « assistanat en bas, impuissance en haut », pourrait-on dire pour résumer la situation de la République face à la mondialisation et dans le cadre d’une Union européenne à la fois libérale soumise aux monopoles et à leurs groupes de pression (« l’Europe féodale ») et réglementariste (« l’Europe légale »), insoucieuse des peuples enraci­nés (« les pays réels », en somme).

Et aujourd’hui, et demain ? En attendant et en travaillant à la monarchie royale, les royalistes rappellent d’abord que, dans le cadre de la mondialisation et de ses mécanismes qui ne nous sont pas forcément favorables (en particulier pour nos travailleurs et producteurs), la nation est et reste la principale sécurité sociale de la France et des Français : encore faut-il, à sa tête, un État fort et sûr de son droit face aux féodalités financières mondialisées qui veulent imposer leur loi d’airain ; un État capable de protéger ses territoires terrestres comme mari­times, ses richesses et ses atouts, sa matière grise et sa pluralité, ses métiers et ses producteurs ; un État qui voit loin, bien au-delà d’un mandat présidentiel ou d’une législature… En somme, la monarchie royale, éminemment sociale et qui redonne toute sa dignité au travail sans assommer le capital, mais en l’ordonnant au bien commun… Si la monarchie n’a pas de sceptre magique pour régler tous les problèmes d’un seul coup, elle a néanmoins une main de justice qui l’oblige et qu’il lui appartient de tenir fermement, pour assurer le destin de l’État et garantir les libertés professionnelles et corporatives des peuples, métiers et producteurs de France…

https://www.actionfrancaise.net/2026/09/28/les-rois-de-france-et-la-question-sociale-une-histoire-inachevee/?doing_wp_cron=1790608058.7567028999328613281250

Après le petit réchauffement, le grand refroidissement ?

 

La nouvelle a claqué comme un fouet sur les fesses des charlatans du GIEC. Il a fait plus froid en Floride qu’en Islande ! Ces imposteurs accusent le vortex polaire de descendre sous les tropiques. En fait, ils sèchent depuis mi-janvier 2025 où l’on a vu des tempêtes de neige et des baisses de température, inédites depuis 200 ans, affecter les USA et la Russie. Donald et Vladimir sont climatosceptiques. Devinez pourquoi.

En Europe aussi on se gèle avec des icebergs de 10 m de haut en Allemagne. Mais on s’en tient au dogme du réchauffement. L’équilibre politique avec les Verts en dépend. Les décideurs nient que les fluctuations climatiques de la Terre sont liées à l’évolution de ses paramètres orbitaux et aux variations d’activité solaire. Or après une stase amorcée en 1998, marquant la fin d’un léger réchauffement de 140 ans, nous pourrions être à l’aube d’un nouveau minimum glaciaire.

Le soleil et Milankovitch font la pluie et le beau temps

La forme de l’orbite et donc la distance de notre planète par rapport au Soleil, ainsi que l’obliquité de l’axe de rotation influencent la quantité d’ensoleillement reçue à la surface de la Terre et impulsent l’établissement de cycles glaciaires et de schémas climatiques répétitifs. Comme les hivers polaires oubliés de 1907 et 1963 pas plus exceptionnels que les canicules de 1911, 1947, 1976, 2003 et 2026. Dans la continuité d’événements comparables répertoriés depuis l’Antiquité.

Sur le long terme, les changements climatiques dépendent des cycles de Milankovitch. Sur des périodes plus courtes, on observe des phases interglaciaires entrecoupées par des « petits âges » avec des optimums ainsi appelés parce qu’on a observé que ces périodes plus chaudes sont favorables à l’agriculture, aux échanges commerciaux et culturels et à l’évolution des civilisations. On réfléchit mieux au soleil, le ventre plein, que transi, affamé et stressé. 

Le soleil a rendez-vous avec la lune mais pas que…

L’observation des exoplanètes nous a aidés à affiner notre compréhension des interactions entre les différents corps célestes dans un même système. Sur le climat terrestre, on observe une influence des grandes planètes, mais aussi des petites. 

Comme tout objet céleste, la Terre est influencée par les forces gravitationnelles de ses voisines. Des corrélations entre la position des différentes planètes du Système solaire et celle de la Terre ont mis en évidence l’influence de Vénus et de Jupiter sur les cycles de Milankovitch de 430 000 ans. Durant cette période, l’orbite terrestre s’allonge graduellement pour devenir très elliptique avant de revenir à une forme presque circulaire, sous l’effet de l’attraction des deux planètes.

Mais la sœur desséchée de la Terre et sa frangine obèse ne sont pas les seules à influencer le climat terrestre. Une équipe d’astronomes et d’astrophysiciens a effectué des calculs complexes afin d’évaluer et de comprendre l’action de Mars. A priori, cette petite boule qui ne fait que le dixième de la masse terrestre n’était pas soupçonnée d’avoir un impact significatif sur la trajectoire de la Terre dans l’espace.

Mars a plus d’influence sur le climat terrestre que les flatulences des vaches folles

Plusieurs études sédimentaires ont mis sur la voie, invitant à mieux analyser les corrélations entre le climat terrestre et la position de Mars dans le Système solaire.

« Je savais que Mars avait un effet sur la Terre, mais je pensais qu’il était minime, explique le planétologue Stephen Kane. Je pensais que son influence gravitationnelle était trop petite pour être observée dans l’histoire géologique de la Terre. J’ai donc voulu vérifier mes propres hypothèses ».

L’astrophysicien de l’université de Californie a entrepris alors de développer des simulations du Système solaire afin d’observer les variations de l’orbite terrestre et les variations climatiques associées sur des dizaines et des centaines de milliers, voire des millions d’années. En supprimant virtuellement Mars du Système solaire, Kane a remarqué que des cycles climatiques majeurs disparaissaient, dont celui de      100 000 ans et celui de 2,3 millions d’années, révélant le rôle de la Planète rouge sur leur cours. Difficile d’intégrer ces paramètres dans la version ultra-simplifiée destinée à terroriser les moutons téléphages.

Les résultats de Kane publiés dans la revue Astronomical Society of the Pacific pourraient avoir des implications pour l’étude d’autres systèmes planétaires, en révélant l’influence que peuvent avoir les planètes extérieures, même petites, sur une exoplanète située dans la zone habitable.

Changements climatiques rapides du passé confirmés par la science expérimentale

La supercherie consistant à présenter le léger réchauffement climatique du XXe siècle comme un fait unique est d’autant plus patente que des études démontrent qu’il y a environ 15 000 ans, des changements climatiques brutaux, probablement liés à des modifications de la circulation atmosphérique, se sont produits à deux reprises dans l’hémisphère Nord selon une étude publiée dans la revue Science.

Le climat a basculé il y a 14 700 ans avec une augmentation des températures de plus de 10 degrés Celsius, en seulement 3 ans ! Puis, après un nouveau coup de froid, une hausse équivalente s’est produite en 60 ans il y a 11 400 ans, à la fin de la dernière grande période glaciaire. Ce moment correspond à la transition néolithique avec la sédentarisation des chasseurs cueilleurs, l’apparition de l’agriculture et de l’élevage et les premiers habitats fixes groupés, noyaux des futures villes puis nations.

« Des analyses des isotopes d’oxygène emprisonnées dans des carottes de glace du Groenland ont montré que ces renversements climatiques se sont produits aussi abruptement que si quelqu’un avait appuyé sur un bouton », souligne Dorthe Dahl-Jensen, de l’université de Copenhague, associée à des chercheurs japonais et français du CEA et du CNRS.

N’en déplaise aux réchauffards qui nient l’influence des variations solaires sur le climat, les glaces ont conservé des marqueurs isotopiques des éruptions et super-éruptions du Soleil, correspondant à des bouleversements climatiques rapides. La dernière période glaciaire s’est achevée de manière très brutale, avec deux épisodes de réchauffement intense interrompus par une brève période intermédiaire  froide. Le tout en l’absence de tout dégagement de gaz à effet de serre (CO2, méthane…) d’origine humaine.

La cyclo-stratigraphie entérine la théorie astronomique des climats, par l’analyse des cycles sédimentaires qui sont autant d’indicateurs dans les dépôts stratifiés, tout particulièrement ceux des sédiments marins carbonés, révélateurs de l’influence de la précession, de l’obliquité et de l’excentricité sur les climats mais aussi sur l’évolution des espèces.

Quant à la dendrochronologie (étude des cernes des arbres y compris ceux pétrifiés) considérée comme une des meilleures méthodes de datation utilisées en archéologie pour les périodes remontant jusqu’au Mésolithique (env. 9 000 ans B.P) elle enregistre des changements extrêmement brutaux et rapides, en plus chaud, plus froid, plus humide, plus sec… Sans aucune action humaine évidemment.*

L’obsession du CO2 assénée pour abrutir, diriger et dépouiller les béotiens n’est qu’une sinistre farce !

Dans les modèles du GIEC où l’on dose vicieusement les paramètres, le CO2 vire à la monomanie quand, dans l’atmosphère, il est mélangé à la vapeur d’eau qui possède de larges bandes d’absorption qui recouvrent en intensité et fréquences celles du CO2 avec un ratio de 50 pour 1.

C’est la vapeur d’eau qui absorbe par saturation la quasi-totalité de la chaleur, soit 90 % des infrarouges, le reste étant imputable à d’autres gaz comme l’ozone ou le méthane. Mais la chaleur ne s’accumule pas par additions successives ! Le principal gaz à effet de serre est la vapeur d’eau aux effets bien plus significatifs. Puisque H2O représente 2 % de l’atmosphère soit 50 fois plus que le CO2 (0,04 %).

Les « savants » du GIEC ont une curieuse façon de calculer l’effet de serre, en oubliant le gradient thermique vertical : l’air chaud monte et perd 2°C/1000 pieds. Quand il fait 25°C au sol, il ne fait plus que 12°C à 2000 mètres d’altitude.

Enfin le GIEC ne tient pas compte de l’accélération du cycle de l’eau par l’évaporation, qui se traduit avec la chaleur par un épaississement des couches nuageuses, avec pour effet d’accroître l’albédo de la Terre et donc de renvoyer davantage de rayons solaires vers l’espace, diminuant ainsi l’effet de serre et le réchauffement tant redoutés.

Christian Navis

Extrait de mes Archives climato-sceptiques

https://climato-sceptique.blogspot.com/

https://ripostelaique.com/apres-le-petit-rechauffement-le-grand-refroidissement-3/

De la constitution…

 

Un cinquante-septième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait de Louis de Bonald tiré de ses Considérations sur la Révolution.

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C’est après 14 siècles d’existence, après 30 ans de révolution, après avoir essayé 10 constitutions différentes ; c’est après que, dans 100 écrits solides et bien raisonnés, on a démontré que la France avait une constitution, que Mme de Staël vient demander encore si la France avait une constitution et se décide pour la négative…

Au fond, cette question est absurde. La constitution d’un peuple est le mode de son existence ; et demander si un peuple qui a vécu 14 siècles, un peuple qui existe, a une constitution, c’est demander, quand il existe, s’il a fait ce qu’il faut pour exister ; c’est demander si un homme qui vit, âgé de 80 ans, est constitué pour vivre.

La royauté en France était constituée, et si bien constituée que le roi même ne mourait pas. Elle était masculine, héréditaire par ordre de primogéniture, indépendante ; et c’est à cette constitution si forte de la royauté que la France avait dû sa force de résistance et sa force d’expansion.

La nation était constituée, et si bien constituée qu’elle n’a jamais demandé à aucune nation voisine la garantie de sa constitution…

La religion était constituée, et si bien constituée qu’elle a résisté, qu’elle résiste, qu’elle résistera à toutes les attaques ; [et] que le clergé de France a tenu le premier rang dans l’Europe chrétienne, par ses docteurs et ses orateurs.

La justice était constituée, et si bien constituée que la constitution de la magistrature en France était, de l’aveu de tous les politiques, ce qu’il y a jamais eu dans ce genre de plus parfait en ce monde. Dans tout pays il y a des juges ou des jugeurs ; il n’y avait de magistrats qu’en France, parce que c’était seulement en France qu’ils avaient le devoir politique de conseil…

La religion, la royauté, la justice étaient indépendantes, chacune dans la sphère de leur activité et indépendantes comme propriétaires de leurs biens ou de leurs offices. Aussi, la nation était-elle indépendante et la plus indépendante des nations.

***

Une constitution complète n’est pas celle qui termine à l’avance toutes les difficultés que les passions des hommes et les chances des événements peuvent faire naître, mais celle qui renferme le moyen de les terminer quand elles se présentent ; comme les bons tempéraments ne sont pas ceux qui empêchent ou préviennent toutes les maladies, mais ceux qui donnent au corps la force d’y résister et d’en réparer promptement les ravages…

Aussi, parce que la France avait une constitution et une forte constitution, elle s’était agrandie de règne en règne, même sous les plus faibles ; toujours enviée, jamais entamée ; souvent troublée, jamais abattue ; sortant victorieuse des revers les plus inouïs et par les moyens les plus inespérés et ne pouvant périr que par un défaut de foi à sa fortune.

https://www.actionfrancaise.net/2026/09/26/de-la-constitution/

dimanche 27 septembre 2026

La cause dont on chérit le mot…

 

Par Adègne Nova

Des ONG aux élus en passant par les pseudo-militants et les intégristes de l’idéologie, les « experts » dans les médias ou les spécialistes de telles ou telles professions… la protection de la nature dégouline de toutes les bouches. Certes, mais « ne faut-il que délibérer, la cour en conseillers foisonne », en revanche « est-il besoin d’exécuter, l’on ne rencontre plus personne » met en évidence le conseil tenu par les rats de La Fontaine. Notons, toutefois, que cette logorrhée insupportable qui affecte tout un chacun s’étend à tous les domaines… de la vie, de la philosophie, de l’économie, sans distinction. Bref !

Je suis frappée de voir comment, à gauche, à droite, devant, derrière – on ne sait plus bien qui est où en période de campagne électorale –, on veut préserver la biodiversité pour préserver les générations futures, on veut faire pénétrer la nature dans la cité, on veut agir pour l’environnement… et, « en même temps » on s’autorise à saccager la nature.

Vous avez certainement remarqué, le long des routes de France, l’arboricide qui est pratiqué pour éviter que les incendies ne se propagent. Ben voyons, ils ont bon dos les feux estivaux ! Pourquoi s’en prendre aux crasseux qui jettent leurs mégots par la fenêtre plutôt que dans le cendrier de leur voiture qu’ils devraient alors vider et nettoyer, pourquoi traquer les fumeurs de joints et les soûlographes invétérés qui allument un feu au milieu des bois en toute saison pour vivre tranquillement leur addiction… alors qu’on peut simplement, sans risque, abattre pins et platanes au seul fallacieux prétexte qu’ils véhiculent les flammes.

Alors, en Provence singulièrement, sur des dizaines de mètres le long des nationales – et pas uniquement –, on déboise, on rase, on arase… bon, après il y aura des problèmes de glissement de terrains, mais c’est un autre sujet, dont on s’occupera avec une autre rustine, sortie d’une énième loi dont le seul mérite sera pour celui qui l’a portée d’y voir son nom associé… Et dans les villes, parce que ratisser les feuilles – qui en automne se ramassent à la pelle, nous ne l’avons pas oublié – prend du temps, engendre une surcharge de travail – ou je ne sais quelle raison moins avouable… paresse municipale ou des « municipaux », peut-être ? –, on assassine les arbres parce qu’ils pourraient blesser quelqu’un si jamais ils devaient tomber. Après quoi, des arbustes minables sont replantés qui constituent – ah la belle expression fumiste ! –, des « forêts urbaines ».

Pourquoi ne pourrait-on pas, tout simplement, vivre avec la nature et non lutter contre elle ? Pourquoi les intellectuels, les élites – desquelles se réclament les politicards républicains – se targuent-ils de goûter les plaisirs de la littérature sans en retirer le plus petit principe, la plus sobre morale ? J’évoquais ci-dessus la Provence, c’est elle qui a vu naître Giono, pourquoi ne prend-on pas modèle sur son Elzéard Bouffier ?

La nature est le lieu nécessaire à l’épanouissement de l’homme ; c’est là qu’il habite ; c’est lui qui l’habite. Et la nature est aussi historique que les hommes qui la peuplent et contribuent à la façonner… Le problème, aujourd’hui, tient à ce que « notre société est capitaliste ; or, ce dernier ne permet pas de considérer la nature comme un bien commun ». Le problème, ensuite, tient à ce que « la technologie, assimilée au progrès, lui-même assimilé au bien de l’humanité, n’est capable que de servir son propre but, qui est sa reproduction ». Le problème, enfin, tient à ce que « la démocratie n’a réussi qu’à encourager la destruction de la nature et la perversion du rapport que l’humain a avec elle »* (une prédation constante justifiée par la liberté d’agir sans frein.

Soyons attentifs à ce qui nous entoure, à nos racines, redevenons les artisans de nos moissons !

*Quelle écologie pour demain ?, sous la direction d’Enzo Sandré et Francis Venciton, Éditions de Flore, 2021.

https://www.actionfrancaise.net/2026/09/25/la-cause-dont-on-cherit-le-mot/

Ce sont surtout les écolos 2.0 qui polluent la planète avec leurs data centers, smartphones et autres jeux vidéo !

 

 Les justiciers du réchauffisme accusent les boomers d’avoir tellement exploité les ressources naturelles qu’ils leur auraient légué une planète exsangue… En ajoutant que ces maudits boomers seraient les seuls à contester la réalité du prétendu réchauffement. Alors que les inventeurs du GIEC sont des octo ou nonagénaires, s’ils vivent encore… Quand leurs critiques les plus sévères proviennent de Ph.D et d’ingénieurs dans la tranche des 25-35 ans. Parmi ceux qui ne sont ni carriéristes, ni stupides ni influençables.

Les nouveaux Savonarole manipulés par d’emblématiques imposteurs médiatiques s’insurgent contre la consommation excessive d’énergie qui aurait mené la Terre à sa perte. Sont-ils niais au point de ne pas voir que leur mode de vie et leurs revendications sont incompatibles avec leurs principes ?

Sauvons la planète mais goinfrons-nous d’abord ! 

On veut tout avoir sans savoir comment. Telle est la pratique hédoniste de ces idéologues farfelus donneurs de leçons péremptoires.

Quand ils ne sont pas sur leur ordinateur, ils pianotent leur smartphone. Qu’ils changent dès qu’il est un peu démodé. Et que tournent les usines ! Au fait, les coques, les écrans, les batteries, les circuits imprimés et les mémoires, on met quoi dedans ? Des métaux, des métalloïdes et des plastiques non recyclables à 80 % dont l’exploitation et le traitement sont extrêmement polluants. Et dispensateurs de calories. On ne le croit pas !

Chaque smartphone contient 8 à 10 grammes de cobalt sans lesquels la durée de vie de la batterie serait très réduite. Ce cobalt provient pour 60 % du Congo et du Zaïre où des enfants-esclaves travaillent à l’extraction dès l’âge de 6 ans. Dix heures de travail par jour pour un dollar. Peu parviennent à fêter leur vingtième anniversaire. Cela n’a pas l’air d’émouvoir exagérément les belles âmes progressistes qui veulent sauver le monde. Pour les 40 % restants, la Chine, la Russie, le Brésil et quelques autres producteurs y pourvoient.

Suivez le coq — l’application

Les personnes exposées tout le temps au cobalt développent des affections de longue durée telles que perte de vision, problèmes cardiaques, détérioration de la thyroïde et cancers. Idem avec les terres rares qui proviennent pour 86 % de Chine. Indispensables à la fabrication des panneaux solaires et des aimants des éoliennes et voitures électriques, elles ajoutent aux ravages du cobalt l’exposition à diverses radiations mortelles.

Par ailleurs dans la province du Heilong Jiang, championne de l’extraction du néodyme, du cérium et du lithium, une couche de poussières toxiques recouvre d’immenses régions agricoles, les rendant stériles et contraignant les paysans à l’exil ou à la famine. Ceux qui restent périssent de cachexie. Les enfants des survivants qui ont réussi à fuir à temps souffrent de graves malformations.

Par ailleurs, un reportage du Daily Mail d’avril 2009 avait montré les dégâts causés par l’exploitation du lithium dans le désert d’Atacama au Chili : dans les collines stériles, une des plus grandes zones d’exploitation qui ressemble à un champ de mines, d’énormes montagnes de sel blanc s’élèvent             au-dessus de la plaine, la terre brune craquelée s’effrite dans les mains, et il n’y a plus aucun signe de vie animale.

L’air est pollué par des microparticules hautement toxiques. L’eau rare a été contaminée par des fuites chimiques provenant de la mine. Des canaux énormes et des pistes ont été implantés dans le désert, charriant des camions de produits toxiques et de l’eau gravement polluée.

Les ordinateurs, data centers, réseaux du web et des smartphones engloutissent 10 % de la consommation mondiale d’électricité selon le CNRS. Ce chiffre ne cesse d’augmenter. Et les data centers qui alimentent le système, de plus en plus énergivores et émetteurs de calories, ont une empreinte carbone qui s’accroît de 10 % par an. Mais ça ne perturbe personne. Allons, vous n’êtes tout de même pas allergique au progrès ? Tant qu’il nous permet de babiller et de nous éclater dans des défis de jeux vidéo…

Christian Navis

Extrait de Climats sous influences

https://climatorealist.blogspot.com/

https://ripostelaique.com/ce-sont-surtout-les-ecolos-2-0-qui-polluent-la-planete-avec-leurs-data-centers-smartphones-et-autres-jeux-video/

samedi 26 septembre 2026

« Carbone » : le documentaire qui réhabilite l’élément le plus diabolisé de la planète

 

Il est devenu l’ennemi public numéro 1 : à l’heure du dérèglement climatique, on ne parle que de le traquer, de le taxer, de « décarboner » la planète. Et pourtant, sans lui, ni fleurs, ni arbres, ni animaux, ni humains — nos organismes sont constitués à 20 % de carbone. C’est cette face méconnue de l’élément chimique le plus décrié du moment que raconte « Carbone », un documentaire ambitieux de l’Australienne Daniella Ortega (2021, 1h27), librement accessible sur YouTube, qui prend le parti original de donner une voix… au carbone lui-même.

Né dans le cœur des étoiles

Le film démarre aux origines : la naissance de l’atome de carbone dans le cœur des étoiles vieillissantes, à plus de 100 millions de degrés, au terme d’un processus quasi « miraculeux » — 2 noyaux d’hélium qui se percutent pour former un noyau de béryllium, lui-même heurté par un 3e noyau d’hélium. Éjecté dans l’espace à la mort des étoiles, ce précieux atome deviendra la brique fondamentale de la vie terrestre. Car le carbone est un caméléon : capable de se combiner avec à peu près n’importe quel élément du tableau périodique — hydrogène, oxygène, azote, phosphore, mais aussi fer, nickel, cuivre ou zirconium —, il engendre des composés aussi dissemblables que le diamant, cristallin et dur, et le graphite, gras et noir. De quoi fabriquer tout un monde. Avec pour fil rouge une famille attendant un enfant, le documentaire suit ensuite les pérégrinations de l’atome sur Terre : son rôle dans l’apparition de la vie, le prodige de la photosynthèse, la formation de l’ADN, les processus métaboliques du corps humain, jusqu’aux cycles de plusieurs millions d’années qui le font voyager du noyau terrestre à l’atmosphère — le tout illustré par des animations soignées.

Un plateau d’experts de renommée mondiale

Pour raconter cette épopée, la réalisatrice a réuni un plateau impressionnant : les astrophysiciens Neil deGrasse Tyson et Tamara Davis, les climatologues Katharine Hayhoe et Will Steffen, l’écologiste forestière Suzanne Simard, le spécialiste des matériaux Mark Miodownik et l’historien David Christian. Le film ne fait pas l’impasse sur la question climatique — il plaide au passage pour le développement des énergies renouvelables face aux émissions engendrées par les combustibles fossiles, eux-mêmes composés d’hydrogène et… de carbone. Mais son grand mérite est ailleurs : rappeler qu’avant d’être un problème, le carbone est d’abord la condition de notre existence — et qu’on ne comprend rien aux débats sur le climat sans comprendre d’abord l’extraordinaire histoire naturelle de cet atome. Une leçon de sciences accessible à tous, à voir en famille.

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Splendide francité…

 

Nous vous proposons ici de découvrir un homme unique… que vous pouvez retrouver aussi sur https://politiquemagazine.fr/, avec de nombreux autres articles.

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Par Richard de Seze

Jacques Perret est, selon les cas, un souvenir d’enfance ou une découverte tardive mais toujours un signe de reconnaissance et même un mot de passe. On a grandi avec ses livres dans la bibliothèque familiale ou on les a chinés un à un (Perret appelle la chine, et même la boîte-à-livres), s’émerveillant de tomber sur une édition inconnue ou une couverture de « poche » particulièrement réussie, comme celle des Biffins de Gonesse pour Folio, dessinée par Beuville.

Quel que soit le chemin, on finit toujours par rouvrir Le Vent dans les voiles, L’Oiseau rare ou La Bête mahousse en y goûtant toujours plus le vocabulaire, précis et fantasque, rare et familier, le patriotisme, discret mais aussi nécessaire qu’une charpente cachée sous le toit, la foi, encore plus discrète mais apparaissant ici et là comme une bête aussi fantastique que familière, telle une loutre.

Mais on y trouve surtout une voix française unique, unique par sa francité essentielle, où que se situe l’histoire, quelque époque évoquée, que Perret se mette en scène ou fasse parler Cadoudal. Il exprime parfaitement cette âme française chère à Péguy mais qui, justement, ne parle pas comme Péguy : l’aventurier en bretelles, le prisonnier goguenard, le mourant détaché (très loin du pathos de Cyrano), l’artisan habile sans la ramener, tous ces doubles de Perret qui ne veut pas « avoir l’air de » parce qu’un Français n’en fait pas des tonnes après, même s’il a mobilisé pendant des trésors d’énergie, de courage et d’espérance, lentement accumulés (et quelques réserves de colère, aussi). Parce qu’un Français aime vivre dans la tranquillité tempérée de son pays, et qu’il préfère être allusif plutôt que fanfaron, ce qui va bien pendant la bataille mais fatigue les gens bien élevés une fois le combat terminé.

https://www.actionfrancaise.net/2026/09/24/splendide-francite/

La France se réchauffe plus vite que le reste de la planète ! Vous y croyez ?

 

Lors de l’épisode caniculaire de juin 2026, ceux qui regardent encore la télé ont pu constater que la France était une fournaise à plus de 40°C, au milieu d’un océan de fraîcheur relative, autour de 30°C et moins dans les pays limitrophes. Les calories surnuméraires accablant l’hexagone s’arrêtent à la frontière comme les radiations de Tchernobyl !

Les pyromanes peuvent dire « merci Macron ! »

Omerta sur l’aveuglement du pouvoir lors des méga-incendies de l’été 2026. Des écolos avaient échangé des voix, des places et des alliances avec la droite honteuse et la gauche crapuleuse afin de faire promulguer un code de l’environnement irresponsable, paralysant le travail des pompiers.

Quand le Code forestier préconise le broyage de la végétation basse, le Code de l’environnement interdit de détruire ou de perturber l’habitat des animaux sauvages. Quand la loi exige un débroussaillement avant l’été, les écolos interdisent les coupes et élagages de printemps créant des zones pare-feux.

Quand le Code forestier exige un espacement minimum des arbres, leur élagage bas et l’élimination du bois mort très combustible, le code de l’environnement les contraint à n’en rien faire. Et quand le Code forestier dispose que l’obligation légale de débroussaillement est prioritaire et dispense le propriétaire des forêts d’un permis de coupe, le Code de l’environnement impose une autorisation préalable, soumise à une évaluation du milieu naturel. Et l’État, malgré des alertes, a laissé s’installer une réglementation surréaliste donnant la priorité au Code de l’environnement sur le Code forestier.

Une ministre qui prédit l’avenir

Avec une prescience remarquable, la ministresse de l’écologie Pannier-Runacher affirmait déjà après l’été 2025 : « Il faut s’adapter au réchauffement climatique. Un enfant qui naît aujourd’hui en France, dans un pays qui se réchauffe plus vite que le reste de la planète, n’a pas de chance, c’est géographique, il vivra dans un monde à + 4 degrés quand il aura 75 ans, en 2100. »

Personne n’avait expliqué à cette brillante énarque qu’un dôme de chaleur est un phénomène contingent qui disparaît en même temps que s’effondre l’anticyclone qui l’a provoqué. Toutes les zones de la terre peuvent être touchées. Et l’ont été à diverses époques. L’analyse des isotopes d’oxygène retenus dans les glaciers, la cyclo-stratigraphie des sédiments marins carbonés et la dendrochronologie (cernes des arbres même fossiles) le confirment. Les écarts extrêmes de plus ou moins longue durée laissent des traces lisibles.

Selon sa bio, Pannier-Runacher aurait aussi le niveau d’ingénieur, mais elle a oublié les lois de la thermodynamique.

Pensez à vos cours de physique de seconde, avec le grand principe trouvé par Sadi Carnot en 1824 : Tout est affaire d’échanges. La chaleur va réchauffer le froid, le froid va refroidir le chaud. Les jet-streams en altitude et les courants marins jouent le rôle de thermostat planétaire.

La ministre a adopté sans réfléchir les extravagances des écolo-réchauffistes-catastrophistes. Qu’on ne peut plus qualifier de mensonges climatiques, tellement elle sont hénaurmes ! On peut voir dans leur répétition des crises d’agitation avec logorrhée agressive, et des troubles paniques avec perte de contrôle et comportements délirants. Des pathologies qui relèvent de la psychiatrie. D’ailleurs y a-t-il encore beaucoup d’écolos herbivores qui n’aient pas le cerveau endommagé à force de fumer de l’herbe ? Sans parler de la snifette commune chez ceux issus de la bonne bourgeoisie progressiste ?

Il y a une canicule en ce moment en France ? Comme il y en a toujours eu en été. Qu’à cela ne tienne, c’est parce que la France se réchauffe plus vite que le reste du globe !

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Avec ses 550.000 km2 de superficie, contre 510 millions pour l’ensemble de notre sphère vagabonde, terres et mers inclus, soit un ratio de l’ordre de 1 ‰ (un pour mille), la France ne caracole pas en tête des zones sinistrées. La planète a moins perdu la boule que nos dirigeants.

Sentant leurs égéries en difficulté sur les réseaux sociaux où des malotrus sans pitié raillent leurs élucubrations, les petits soldats du GIEC ont rappliqué. Universitaires moisis dans des placards dorés, chercheurs qui n’ont jamais rien trouvé d’autre que des planques et des subventions, perroquets bafouilleurs des médias, doctorants à vie et parasites professionnels à la ramasse. Dans ce monde-là, on a toujours une promotion en attente, une mutation espérée, une affectation convoitée, quelques subsides attendus. Et même si on n’escompte rien de précis, on fayote. Ça peut toujours servir.

En 2025, un certain Aurélien Ribes, employé à Météo France présenté par des médias audiovisuels comme un savant éminent, tenait des propos dignes d’un comique du one man show qui aurait abusé du carafon ou du pétard : « Le réchauffement plus rapide de la France tient au fait qu’elle n’est pas un océan mais un continent (à elle toute seule ? Et pourquoi pas aussi une lune de Saturne ?) et que les continents chauffent plus vite que les océans. »

Une généralisation abusive. Tout dépend de l’hémisphère, de la saison et des adaptations atmosphériques à la latitude et l’altitude (au Kilimandjaro il y a des neiges sous l’équateur), des perturbations cosmiques liées aux flux solaires… Ainsi que de l’honnêteté des gens qui font les relevés pour le compte du GIEC ou des services météo du gouvernement.

Les sottises de la ministre ont attiré l’attention sur sa modeste personne, et comme chez la plupart des macronards, sa vie édifiante mériterait un tome de Balzac s’il vivait encore.

A priori, elle fait bonne impression. Elle a l’air pimpante, propre de sa personne. Ses tenues sont soignées. Son parler châtié, bien qu’approximatif, ne se confond pas avec des gargouillis de pipelette. Son haleine n’est pas parfumée à l’ail, au roquefort et au Ricard espagnol (dixit Manu depuis qu’il est allé s’encanailler dans un troquet de routiers velus).

Ses compétences sont multiples et variées. Passer de l’agriculture aux finances, puis de l’énergie à l’écologie, avec un détour par le réchauffisme alors qu’elle bossait avant pour le gros pollueur Engie, fallait oser. Mais ces gens-là ne doutent de rien. Leurs vestes ont des doublures superposées, toutes retournables.

Personne ne lui demandera les résultats qu’elle a obtenus dans ses missions de « reconquête industrielle » et de « lutte contre les conflits d’intérêts », tâches dont elle avait été chargée. Les médias appliquent l’omerta. Et les râleurs font vite connaissance avec les LBD et les matraques des mercenaires du système avant de goûter aux marteaux des juges.

On notera qu’il n’y avait jamais eu avant Macron autant de ministres hauts fonctionnaires pantoufleurs, émanations de la grande bourgeoisie et de la haute finance, propulsés sur le devant de la scène politique sans avoir jamais été élus auparavant. Avec des doublures issues de cabinets lobbyistes, experts en conseils dispendieux qui n’engagent à rien. Des contrefaçons de démocratie fabriquées en série. Sans structure. Sans culture. Sans envergure.

Christian Navis

Extrait de mes Archives climato-sceptiques

https://climato-sceptique.blogspot.com/

https://ripostelaique.com/la-france-se-rechauffe-plus-vite-que-le-reste-de-la-planete-vous-y-croyez-2/

Paris (île de la Cité) : un mur d’une vingtaine de mètres découvert lors de fouilles archéologiques. Il pourrait s’agir d’un fragment de rempart de la Lutèce de la tribu gauloise des Parisii, à laquelle Jules César fait référence dans la Guerre des Gaules

 

Depuis février 2026, des archéologues explorent le sous-sol de l’Hôtel-Dieu, sur l’île de la Cité. Ils viennent de mettre au jour une portion du rempart de Lutèce, la capitale des Parisii, à l’époque gauloise. Une avancée extraordinaire, qui apporte un éclairage inédit sur l’histoire de la cité.

« Une île reliée par des ponts et située dans une boucle de la Seine » : c’est par ces mots que Jules César fait référence à la Lutèce gauloise dans la Guerre des Gaules, avant que la cité ne soit conquise par les Romains, en 52 avant J.-C. De cet oppidum, autrefois occupé par le peuple des Parisii – qui ont donné leur nom à la ville actuelle –, on sait très peu de choses, à l’exception des textes laissés par César. Pendant longtemps, ce sont donc sur les descriptions du célèbre conquérant romain que les historiens et les archéologues se sont basés pour établir la localisation de la capitale des Parisii. L’hypothèse la plus probable était qu’elle se trouvait sur l’île de la Cité. (…)

Historia

Voir le tweet

https://www.fdesouche.com/2026/09/25/paris-ile-de-la-cite-un-mur-dune-vingtaine-de-metres-datant-de-lepoque-gallo-romaine-decouvert-il-pourrait-sagir-dun-fragment-de-rempart-de-la-lutece-de-la-tribu-gauloise-des-parisii-a-l/

mercredi 23 septembre 2026

Charles IX, le roi maudit et désobéi, avec Didier Le Fur

 


Passé-Présent avec Eric Anceau - Léon Gambetta, le père de la République

 

Passé-Présent avec Eric Anceau - Léon Gambetta, le père de la République

Faites l'expérience un jour : comptez, dans votre ville, les rues et les places qui portent le nom de Gambetta. Vous en trouverez presque partout. Léon Gambetta figure encore aujourd'hui dans le top dix des personnalités les plus honorées par nos plaques de rues, juste derrière De Gaulle, Pasteur, Victor Hugo, Jean Jaurès et Jean Moulin. Et pourtant, demandez autour de vous qui il était vraiment : le plus souvent, c'est le silence.

Ce fils d'immigré italien, épicier à Cahors, borgne depuis l'enfance, devient pourtant l'homme du 4 septembre 1870 : celui qui proclame la République, quitte Paris assiégé en ballon pour organiser la résistance, puis passe dix ans à imposer ce régime que la France ne voulait pas franchement.


Il meurt à quarante-trois ans, d'un accident aussi absurde que sa vie fut flamboyante. Comment expliquer un tel oubli ? C'est la question du livre que l'historien Éric Anceau vient nous présenter : "Gambetta, fondateur de la République", publié aux Presses universitaires de France.

https://tvl.fr/passe-present-avec-eric-anceau-leon-gambetta-le-pere-de-la-republique

Allemagne : les chaînes de 1945 commencent à céder

 

Friedrich Merz a trouvé le coupable. Après les nouveaux succès de l’AfD et l’effondrement de la CDU dans l’est de l’Allemagne, le chancelier explique gravement que l’avenir de la démocratie allemande serait en danger. Curieuse conception de la démocratie : lorsqu’un peuple vote comme on l’attend de lui, tout va bien ; lorsqu’il commence à renverser la table, la République serait soudain menacée.

C’est peut-être exactement l’inverse qui se produit. La démocratie retrouve son véritable sens lorsque les électeurs découvrent que leur bulletin peut réellement bouleverser l’ordre établi.

Ce qui vacille aujourd’hui n’est pas tant la démocratie allemande qu’un système politique et moral né après 1945, dans un pays vaincu, occupé et reconstruit sous l’autorité des vainqueurs. La République fédérale fut créée en 1949 dans les zones occidentales d’occupation. Quarante et un ans plus tard, la réunification n’engendra pas une Allemagne entièrement nouvelle : les Länder de la RDA rejoignirent la République fédérale et ses institutions.

Avec celles-ci survécut une culture politique dans laquelle la nation allemande devait rester perpétuellement sous surveillance. Certaines questions pouvaient être discutées ; d’autres devenaient suspectes dès qu’elles touchaient à l’identité, à l’immigration ou à la permanence historique du peuple allemand.

Cette mécanique commence à s’enrayer.

Romy l’a fort bien observé sur X : chez une partie des jeunes Allemands, « cette honte héritée ne fonctionne plus comme avant ». Un Allemand de vingt ans est né plus de soixante ans après la chute du Reich. Ses parents n’ont pas connu la guerre ; ses grands-parents peuvent eux-mêmes être nés après 1945. L’Histoire demeure. Le rapport personnel à cette histoire, lui, change.

On peut enseigner Auschwitz, condamner le nazisme et connaître les dérives du IIIe Reich sans demander à un jeune Allemand du XXIe siècle de considérer sa nationalité comme une faute originelle. La culpabilité ne se transmet pas éternellement avec le patrimoine familial.

Voilà pourquoi l’arme politique qui fut longtemps la plus efficace en Allemagne commence à s’émousser. Pendant des décennies, il suffisait de faire planer les mots « nationalisme », « extrême droite » ou « nazi » pour mettre un terme à une discussion. Une partie croissante des électeurs semble désormais répondre : et après ?

Romy résume très justement cette évolution : chez certains, « la peur de perdre son avenir est devenue plus forte que la peur d’être moralement condamné pour son vote ».

Car l’Allemagne réelle s’est rappelée au bon souvenir de l’Allemagne officielle. Son industrie souffre, l’énergie coûte cher, les disparités entre Est et Ouest subsistent et l’immigration s’est imposée comme l’un des grands sujets politiques du pays. Les récentes élections ont précisément montré combien le centre politique traditionnel s’était fragilisé, particulièrement à l’Est.

La CDU peut parler retraites, assurance-maladie, infrastructures et fiscalité. Toutes ces questions comptent. Elles ne répondent pourtant pas à celle qui travaille désormais une partie du pays : qu’est-ce que l’Allemagne veut encore être ?

Un simple espace économique où différentes populations cohabitent ? Ou le pays historique des Allemands, capable d’accueillir des étrangers sans renoncer pour autant à demeurer allemand ?

C’est cette question que le vieux système politique redoute de poser franchement. Merz préfère évoquer le spectre du nationalisme allemand et le danger qu’il pourrait représenter pour les voisins de l’Allemagne. Pourtant, le problème de 2026 n’est évidemment pas celui de 1939. Ce qui inquiète une partie des électeurs allemands n’est pas la conquête de nouveaux territoires, mais la continuité démographique, culturelle et nationale de leur propre pays.

Tant que la CDU répondra à cette inquiétude par des sermons, elle laissera à l’AfD le monopole de la question. Le fameux Brandmauer, ce « mur coupe-feu » dressé autour du parti, peut encore interdire les coalitions. Il ne peut empêcher les électeurs de passer de l’autre côté. Sa progression met désormais cette stratégie sous une pression croissante.

Quelque chose se défait donc en Allemagne. Une génération nouvelle paraît moins disposée que les précédentes à demander pardon d’exister avant même de parler de son avenir. Elle ne renie pas nécessairement l’histoire ; elle refuse simplement que celle-ci demeure une prison.

C’est bien un monde qui finit : celui d’une Allemagne dont la vie politique restait encore largement gouvernée par les interdits nés de la catastrophe de 1945.

Ce qui vient est plus difficile à nommer. Peut-être sera-ce véritablement un monde nouveau. Peut-être assisterons-nous plutôt à la résurgence, sous des formes que personne ne peut encore prévoir, d’une Allemagne beaucoup plus ancienne que la République fédérale : celle d’un peuple qui recommence à se penser comme peuple.

L’histoire allemande, décidément, n’a peut-être pas dit son dernier mot.

Trystan Mordrel
trystan.mordrel@gmail.com

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