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samedi 19 novembre 2011

Madeleine Rebérioux, une «collabo» des droits de l'homme

Pour le 1er janvier, le gouvernement socialiste a fait de Madeleine Rebérioux un officier de la Légion d'honneur. Une consécration pour cette universitaire ex-stalinienne qui, notamment comme président de la Ligue des droits de l'homme, n'a cessé de conchier, depuis des décennies, les valeurs nationales.

Madeleine Rebérioux est née le 8 septembre 1920 à Chambéry (Savoie). Elle a effectué de brillantes études : École normale supérieure, agrégation d'histoire-géographie (où elle est reçue première), docteur en sciences humaines. Féministe à tout crin, elle a évidemment enseigné à la faculté "alternative" de Paris VIII-Vincennes, puis à Saint-Denis, de 1969 à 1988. Chargée de conférences à l'École des hautes études en sciences sociales, le must de la recherche universitaire en France, elle y est, en parallèle, responsable pour le CNRS d'un groupe de recherches sur le travail et les travailleurs en France aux XIXe et XXe siècles. Elle a également été vice-présidente du Musée d'Orsay, le musée du XIXe siècle voulu par Valéry Giscard d'Estaing, de 1981 à 1987, son vieil ami François Mitterrand ne pouvant faire moins que de lui donner un petit coup de pouce.

Pourtant cette si traditionnelle pétitionnaire des comités de gauche ou d'extrême gauche, si peu photogénique avec sa "gueule tordue", a très longtemps milité chez les "camarades", les admirateurs de Lénine, Staline et consorts. Elle avait en effet adhéré au parti communiste, en Alsace, dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en 1946, participant à sa commission des historiens. On la retrouvera dans les opérations de soutien au FLN algérien, évidemment au nom des "droits de l'homme", homme de préférence de gauche et étranger. Elle sera donc un pilier du Comité pour la défense des libertés, qu'elle avait initié en 1952 contre la guerre en Corée (contre Ridgway la peste et pour obtenir la libération de Jacques Duclos), et qui deviendra le Comité pour la défense des libertés en Algérie en 1957. Elle figure également comme secrétaire générale du Comité Maurice Audin (1959-1962), du nom de cet étudiant finalement liquidé par les forces spéciales pour ses actions pro-FLN et antipatriotiques, y figurait alors comme trésorier, curiosité de l'histoire, un certain professeur Luc Montagnier, qui passe aujourd'hui pour un parangon de libéralisme. Elle collaborera évidemment à sa revue, Vérité-Libertés.

Dans le même temps, elle ne se trompait pas en votant "oui" au référendum sur l'Algérie de De Gaulle. Signe de son inconscience, elle avoue avoir agi par pure haine du colonialisme. Dans El Watan (21 mai 1992), elle reconnaît donc : « À l'égard de l'Algérie, j'ai eu une position très compliquée. Je n'attendais rien de la révolution algérienne, sauf son indépendance. C'était le plus important. Je n'avais pas d'hypothèse sur ce que l'Algérie pouvait devenir une fois indépendante. D'ailleurs cela ne m'intéressait pas. Je pensais que c'était malsain, même de m'y intéresser. » Le fait qu'une majorité de la population, pour ne parler que des femmes, se soient retrouvée plus de cinquante ans en arrière n'a jamais effleuré l'esprit de cette fausse militante des droits de l'homme.

Par la suite, dans la foulée, elle milite contre l'intervention américaine au Vietnam, suivant en cela les consignes de Moscou : elle animera donc le très efficace et activiste Collectif intersyndical universitaire contre la guerre du Vietnam de 1965 à 1969, et participera aux activités du Front de solidarité Indochine (PSI). Sans doute gagnée par le prurit gauchiste post-soixante-huitard, elle finira par être recalée de sa cellule en 1969, pour avoir apporté son soutien à la création d'un hebdomadaire d'extrême gauche, Politique-Hebdo. Elle n'en demeurera pas moins un fidèle "compagnon de route", n'ayant jamais eu, en fait, de véritable désaccord avec le marxisme. On la voit ainsi signer des pétitions en 1990 en faveur de rénovateurs du communisme, une variété européenne du communisme post-soviétique. Elle était suffisamment bien en cours pour que Révolution, l'hebdomadaire du parti communiste, lui donne encore la parole en juillet 1992.

Entre-temps, elle avait rejoint, dès 1962, la Ligue des droits de l'homme, fondée et contrôlée par le parti socialiste. Elle entre à son comité central, avec Pierre Vidal-Naquet, en 1964, et en deviendra vice-présidente en 1982. En parallèle, elle figure dans les réseaux de soutien aux organisations d'extrême gauche ou de libération du tiers-monde, souvent manipulés par les Soviétiques et leurs clones. On la retrouve, par exemple, comme administrateur de l'Association Henri-Curiel, du nom de ce communiste finalement abattu pour ses activités interlopes et bien connu des services de police et de contre-espionnage (voir les livres de Roland Gaucher et de Gilles Perrault). Une collaboration qui date de loin puisque Roland Gaucher écrit dans son livre sur Curiel et son réseau, dans un passage sur la guerre d'Algérie : « Madeleine Rebérioux [...] appartient à cette catégorie de membres du parti, à moitié dans l'opposition comme Leduc ou Pronteau, qui sont en rapport avec Curiel. On la retrouvera parmi les membres de l'Association des amis d'Henri Curiel. La guerre d'Algérie terminée, elle présente Vidal-Naquet à Curiel dans le square de la Bibliothèque nationale. »

Elle présidera longtemps la commission Extrême-droite de la Ligue des droits de l'homme, au moment même où les idées nationales trouvent enfin à s'incarner politiquement dans un parti, le Front national. Cette commission Extrême droite, de sinistre mémoire, reçut de gros appuis après l'arrivée au pouvoir de la gauche socialiste. Gilles Perrault (propos corroborés par Emmanuel Ratier avec des documents ultra-confidentiels dans son livre sur le B'naï B'rith), a raconté comment ils avaient été contactés pour organiser, avec le ministère de l'Intérieur (et le B'naï B'rith en arrière-plan), un système totalement illégal de fichage des militants et des publications nationalistes. On retrouvera l'un de ses principaux animateurs par la suite dans les milieux si doctes de la politologie, glosant sur les variantes auvergnates du GRECE ou les préférences gastronomiques des dirigeants du FN. À l'époque, aux côtés d'une Rebérioux, il se préparait, si besoin était, à dresser d'interminables listes de nationalistes. 

Les camps n'ont jamais été l'apanage de la droite. La vision de notre sainte Madeleine était si ratiocineuse, si flicarde et maniaque que, même les Nouvelles littéraires (2 novembre 1985) lui attribuèrent une « vision policière de l'histoire ». On lui doit donc une série d'ouvrages bourrés d'erreurs, tel L'extrême droite en question. En 1991, elle succède à M. Yves Jouffa comme présidente de la Ligue des droits de l'homme, une consécration dans le petit milieu intellectuels et un vrai brevet de démocratie antifasciste. En parallèle, les prébendes et les distinctions ne cessent de tomber : direction de la revue Le Mouvement social, présidence de la Société d'études jaurésiennes, administrateur de l'Association des amis de Georges Sorel, présidence de l'Association française pour les célébrations nationales (1982-1986), animation des célébrations du cinquantenaire du Front populaire en 1986, etc. À la demande de sa "copine" Yvette Roudy, elle a même trouvé le temps de présider la commission non-gouvernementale chargée d'établir un rapport sur la situation des femmes en France au début de l'ère socialiste.

Lorsque éclatera l'affaire Boudarel, elle se portera évidemment à la rescousse, prenant la défense de l'odieux kapo communiste. Dans une vision très particulière de l'histoire (on n'ose croire qu'elle pratique ainsi lorsqu'elle étudie le mouvement social... ), elle déclare (La Croix, 6 mai 1991) :
« Toute cette affaire a été montée par l'extrême droite afin de faire condamner Boudarel pour crimes contre l'humanité et de le renvoyer ainsi dos à dos avec les Barbie, Touvier ou Bousquet. Il n'y a pourtant aucune commune mesure entre la barbarie nazie et une propagande procommuniste effectuée dans un camp de prisonniers. Or il n'existe aucune preuve que Georges Boudarel, que je sais plein de remords et que je considère comme un homme estimable [sic], ait effectué autre chose en Indochine que de la propagande, comme d'autres en ont fait dans les camps de Pétain. »

Fermez le ban : il n'y a de droits de l'homme que pour ceux de gauche. Un homme de droite n'est d'ailleurs pas un homme.
Gabriel LINDON National Hebdo du 7 au 13 janvier 1999

dimanche 29 août 2010

La prime au crime et à la trahison : L'Affaire Djamila Amrane-Minne

Comment une terroriste criminelle du FLN, ayant du sang sur les mains, a-t-elle pu poursuivre une carrière universitaire en France sans être inquiétée ? Un article de Mattheus.
Au moment où l'État Algérien - l'État-FLN - vient encore, une fois de plus, déverser sa haine anti-française sur les ondes internationales en déclarant que son Assemblée examinerait bientôt un projet de loi « criminalisant le colonialisme français » ; au moment où l'état français ne trouve rien d'anormal à ce qu'une ancienne terroriste vienne bénéficier du système de santé d'un pays qu'elle avait combattu naguère de la manière la plus lâche, il semble opportun et nécessaire de mettre en lumière une affaire jusqu'ici passée sous silence par tous les médias français : l'affaire Djamila Amrane-Minne.
De quoi s'agit-il ? D'un nouveau dossier Boudarel*, d'une nouvelle forfaiture d'état, d'un nouveau caillou noir à jeter dans le jardin du déshonneur français. Mais qui est Djamila Amrane-Minne ?
Née en 1939 en métropole, Danielle Minne, de son nom de jeune fille, arrive avec sa famille en Algérie en 1948 et devient, à l'âge de 17 ans, membre du « réseau bombes » de Yacef Saadi. A cette époque, fin 1956, début 1957 (début de la Bataille d'Alger), le FLN, dont la politique terroriste est librement affirmée et revendiquée, cherche des jeunes femmes à l'allure innocente pour distraire l'attention de la police et poser des bombes dans les lieux publics. Danielle Minne, qui prend le pseudonyme de « Djamila », est l'une d'entre elles.
Dans l'après-midi du 26 janvier 1957, la jeune femme entre au bar Otomatic, à Alger, et va déposer un engin explosif dans les toilettes. Elle ressort. Quelques minutes plus tard, la bombe explose, suivie de deux autres détonations à la Cafétéria du Milk-Bar (déjà touchée quelques mois plus tôt) et au café du Coq-Hardi. Bilan : 4 femmes tuées, une soixantaine de blessés (plusieurs amputés), dont de nombreux enfants. Un élément de plus dans la lutte de terrorisme aveugle à laquelle se livre le Front de Libération National, presque unanimement considéré aujourd'hui, en France comme (évidemment) en Algérie, comme un mouvement de combat pour la liberté, une sorte de Résistance luttant contre l'hydre fasciste incarnée par la présence française en Afrique du Nord. Danielle Minne, ayant rejoint les maquis FLN, est vite arrêtée. Jetée en prison, elle en ressort à l'époque de l'indépendance.
Mais cela n'est rien. Cela est de l'histoire ; histoire d'un terrorisme lâche et sans honneur, certes, mais comme en tant d'autres lieux et à tant d'autres époques. Cela n'est rien, car le pire est à venir et il nous est scandaleusement contemporain.
Danielle Minne, devenue après mariage, Djamila Amrane-Minne, a pu, sans jamais être inquiétée, sans jamais qu'un obstacle vienne se mettre sur son chemin, devenir universitaire en France et suivre, dans le pays même qu'elle avait trahi, une carrière parfaitement honorable à l'ombre du statut avantageux de fonctionnaire de l'enseignement supérieur. Oui, une porteuse de valise du FLN, pire, une poseuse de bombes, une terroriste revendiquée, est devenue, avec la bénédiction passive et le soutien actif de l'Etat et de ses institutions, Maître de Conférences à l'Université du Mirail, à Toulouse.
En 2002, elle est même nommée Professeur des Universités, plus haut grade de la hiérarchie, par un décret signé de Jacques Chirac, Président de la République ! Pendant des années, cette femme a enseigné l'histoire de la décolonisation (sic !), publiant articles et ouvrages sur la question, avec une prédilection particulière, nous indique sa bibliographie, pour le sort des femmes sous la colonisation française, elle qui, lors des attentats de janvier 1957, avait froidement contribué à en tuer quatre, et à en blesser plus d'une vingtaine ! Membre du Groupement de Recherches en Histoire Immédiate (GRHI), son statut l'autorisait à siéger en jurys de thèse universitaire, et à encadrer de jeunes chercheurs.
Voilà comment on écrit l'Histoire... Voilà comment on crache sur la France... Imagine-t-on un seul instant un ancien de l'OAS, jamais repenti, professeur à l'Université d'Alger, et recevant aujourd'hui une retraite de l'État algérien ?
Que l'Algérie, pays dévasté par un demi-siècle de dictature et de guerre civile, honore les Français qui se sont joints au terrorisme FLN, c'est une chose. Mais que la France ait pour une terroriste patentée la sollicitude et les égards qu'elle a toujours refusés aux Pieds-Noirs et aux Harkis, sacrifiés pour raison d'état, c'est à la fois une honte, et un crime. Une honte qui entache le blason déjà marqué de notre histoire nationale. Un crime à l'égard du peuple français et de ceux, nés sur les deux rives de la Méditerranée, qu'ils soient de souche européenne ou nord-africaine, chrétiens ou musulmans, qui ont vécu et sont morts pour la justice et l'honneur de notre pays.
On va dire que nous cherchons à rouvrir les blessures du passé... Mais elle ne sont pas refermées. Elles resteront béantes tant que des injustices de cette espèce seront permises ou favorisées. On va dire qu'il y a prescription, et amnistie, ce qui est vrai. Mais notre but n'est pas de traîner Mme Amrane-Minne devant les tribunaux. Elle a affaire avec celui de sa conscience. Notre but est seulement de projeter la lumière crue de la vérité sur ce dossier honteux, et de faire en sorte que les Français, tous les Français, puissent contempler cette trahison personnelle récompensée par une trahison d'état !
Bien que dotées d'un statut autonome assez avancé, les universités françaises sont publiques. Elles vivent par le soutien de l'Etat. Celui-ci, s'il était dirigé par des hommes honnêtes ayant à coeur l'intérêt général, l'honneur de son peuple et le respect de son histoire, ferait au moins en sorte de dénoncer publiquement ses errements de cinquante ans. Un Etat honnête, au minimum, suspendrait immédiatement toutes les prestations publiques dont Mme Minne, on l'imagine, bénéficie dans sa retraite. Par respect pour les seules victimes, ce serait la moindre des choses.
Il n'en sera rien, hélas ! Les Français d'Algérie, victimes d'une épuration ethnique oubliée, et les survivants Harkis, musulmans fidèles remis aux balles, aux couteaux et aux scies des égorgeurs, apprécieront l'étendue de l'outrage.
Les Français de métropole, eux, qui pour beaucoup, font face comme ils le peuvent à une crise économique et morale sans précédent, n'auront rien à dire, comme d'habitude. En plein débat truqué sur « l'identité nationale », le travail honnête et le patriotisme silencieux ne sont plus des valeurs quand la trahison et l'assassinat permettent l'avantage d'une carrière paisible sous le refuge des honneurs publics.
Dès 1963, Djamila Amrane-Minne s'est piquée de poésie, publiant des textes inspirés de sa « lutte » révolutionnaire. Une autre poétesse, américaine, celle-là, et aux mains non entachées du sang des siens, a écrit : « Pécher par le silence quand nous devons protester transforme les hommes en lâches ». (Ella Wheeler Wilcox. 1850-1919)
Alors nous protestons ! Nous protestons aussi fort que nous le pouvons pour mieux montrer à tous l'odieux visage que sait si bien adopter la lâcheté de l'état français quand il vient à s’abaisser dans la plus indigne des forfaitures !
© Mattheus pour LibertyVox
Pour contacter l'auteur : mattheus@libertyvox.com
Notes :
*En 1950, Georges Boudarel, militant communiste français, passe au Vietminh. Nommé commissaire politique dans un camp de prisonniers, il y torture ses compatriotes. Revenu des années plus tard en France, il entreprend, sans jamais être inquiété, une carrière universitaire. A la veille de sa retraite, alors que, sans honte, il demande à l'Etat de faire reconnaître et valoir ses années indochinoises comme « voyage d'études en Extrême-Orient », il est reconnu par des anciennes victimes. S'ensuit un procès, qui n'aboutit à rien. Boudarel, bénéficiant de sa retraite allouée par l'état français, s'éteint paisiblement en 2003.

jeudi 5 juin 2008

Boudarel n'était pas seul

De Paris, le PC luttait contre l'armée française en Indochine

• Le cas du triste sire Boudarel a légitimement défrayé la chronique. Mais il semble que l'arbre Boudarel ait caché à beaucoup la forêt de la trahison communiste lors de la guerre d'Indochine. Il n'y avait pas que ceux qui se trouvaient carrément dans les rangs des tueurs de leurs compatriotes, tel l'intellectuel dévoyé Boudarel. En plein Paris, rue Saint-Georges, fonctionnait, sous l'appellation de « section coloniale », puis de « section de politique extérieure » du PC, toute une organisation dont la seule raison d'être visait à « travailler à la défaite de l'armée française partout où elle se bat », selon les propres termes du dirigeant communiste Jacques Duclos, en 1952.

La tâche principale de cette section consista à saboter le ravitaillement du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, à communiquer aux communistes vietnamiens les plans de bataille de nos troupes, à démoraliser les familles des militaires partis là-bas, à dresser l'opinion contre eux. Tous les membres de Ia « section coloniale » s'occupèrent activement de ces « tâches ». Ceux qui étaient « spécialistes » de l'Afrique du Nord entreprenaient par exemple de recenser les militaires originaires du Maghreb combattant en Indochine. Lorsque l'un de ces combattants tombait par malheur aux mains du Vietminh (les communistes du Vietnam), le Parti communiste « français », dûment informé, se chargeait de mener une enquête sur la famille, afin de transmettre aux geôliers d'Ho-Chi-Minh des éléments permettant de faire pression sur lui, pour l'amener si possible à trahir.

Les soldats issus de métropole ne se trouvaient pas à l'abri de telles pratiques, menées souvent de façon très insidieuses. Les Boudarel de Paris procédaient en usant de toutes les ressources de la guerre psychologique. Parmi les responsables de cette sale besogne, se distingua un apparatchik du nom de Léopold Figuères. En 1950, année terrible pour nos combattants au Tonkin, il était âgé de 32 ans et détenait aussi des fonctions importantes dans le secteur « jeunesse » du PC. Rédacteur en chef de l'organe des Jeunesses communistes de l'époque (qu'on appelait alors l'UJRF : Union de la Jeunesse républicaine de France), L'Avant-Garde, ce membre suppléant du comité central du parti déployait un zèle extrême.

En juin et juillet 1950, « Léo » Figuères partit pour les zones dominées par les bandes armées communistes, à un moment où celles-ci lançaient des offensives meurtrières contre nos unités. Il fut reçu avec un grand tam-tam médiatique du camp international marxiste par le chef rebelle Ho-Chi-Minh en personne, salua comme des frères les soldats vietminh et se rendit en grande pompe chez les « commandos internationaux ». Il s'agissait des traîtres à la Boudarel. « Léo » se garda bien, toutefois, de visiter les prisonniers et otages français aux mains de ses amis.

Peu de temps après, madame Vidal, mère d'un otage français du Vietminh, demeurant dans le Var, à Brue, recevait un double courrier stupéfiant, sur papier à en-tête de L'Avant-Garde :

« Paris, le 7 août 1950
Chère Madame,
J'ai le plaisir de vous adresser ci-joint une lettre qui m'a été confiée, lors de mon séjour au Vietnam libre, par les services vietnamiens s'occupant des prisonniers et des internés français.
Je suis persuadé que cette lettre vous rassurera sur le sort d'un être cher.
Je puis ajouter que les autorités démocratiques du Vietnam libre font tout pour rendre la vie supportable aux captifs.
J'exprime, en terminant, le souhait que les efforts des familles et ceux des organisations qui se sont toujours dressées contre la guerre insensée faite en Indochine aboutissent à faire revenir dans leurs foyers tous les prisonniers et internés français.
Veuillez agréer l'assurance de mes sentiments très dévoués.
Le directeur de L'Avant-Garde, Léon Figuères »

Le petit télégraphiste de l'ennemi ne se doutait pas alors qu'il allait, deux ans plus tard, recevoir une réponse à sa misérable manœuvre. Le fils de madame Vidal, Pierre Vidal, enfin arraché aux griffes vietminh, découvrit alors ce texte parmi les papiers de sa mère. Il manifesta publiquement son indignation, notamment dans le journal La République du Var, et dans Combattants d'Indochine. Il décrivit, au passage, ses terribles conditions de vie en tant que prisonnier du Vietminh (ce que « Léo » appelait « rendre la vie supportable »). Il était réduit à manger de l'herbe, et il dut aussi subir le supplice de la cage à buffle.

Le directeur de l'Avant-Garde est aujourd'hui maire communiste de Malakoff, dans les Hauts-de-Seine, et jouit de toute la considération des autorités préfectorales et ministérielles.

René-Louis DUVAL


L'élève D'Ho-Chi-Minh

• Pourquoi Léopold Figuères, dit « Léo », fut-il envoyé par le PC en Indochine, rencontrer les chefs d'une rébellion antifrançaise, au moment précis d'une terrible offensive communiste contre nos troupes ? L'explication tient au fait que le camarade Léo était particulièrement sûr. C'était un « internationaliste » de choc, formé à l'Ecole léniniste de Moscou, en 1936-1937. Une condition nécessaire, mais remplie par bien d'autres que lui, dans le PC de 1950. Certes. Avec, cependant, un petit détail, du genre décisif : à Moscou, le jeune Léo (il avait alors 18 ans) bénéficiait des cours d'un professeur barbichu, très intéressé par les Français : Ho-Chi-Minh.

RG amnésiques

Pas la peine de chercher la trace des exploits indochinois de « Léo » Figuères dans sa fiche des Renseignements généraux.

Dès 1962, comme en témoigne le document reproduit, les RG avaient soigneusement expurgé toute trace du scabreux périple du dirigeant communiste au Vietnam. A noter au passage le piège grossier tendu à l'utilisateur naïf du document policier. Contrairement à ce qui est mentionné sur la fiche, Figuères ne figurait pas au Comité central du PC entre 1936 et 1940. Il était bien trop jeune pour cela. Il siégeait à la direction de la JC (CC, de la JC), ce qui n'est pas du tout le même niveau de responsabilité. Cette « nuance » permettait au PC de savoir instantanément qui utilisait les documents de police, car la quasi-totalité de ceux concernant ses dirigeants comportaient de telles « erreurs ». (Le Crapouillot n° 108 a publié sur les rapports PC/RG une étude à laquelle nous renvoyons les lecteurs désireux d'en savoir plus).

R. L. D. National Hebdo du 30 juillet au 5 août 1992