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lundi 30 juillet 2012

L’escroc Einstein, qui a pillé Poincaré


Nous évoquions récemment le centenaire de la mort d’Henri Poincaré, savant universel et l’un des derniers génies français, et le fait qu’Albert Einstein l’ait pillé.
Ci-dessous vous pouvez écouter une émission de Serge de Beketch consacrée à cette question en 1991, avec un spécialiste.

lundi 25 avril 2011

La Grande Guerre / La censure et comment la tourner

Au moment où le gouvernement, acculé à la déroute par le chômage, la récession et la corruption, croit gagner du temps en rétablissant la censure des Idées et des Affaires, il est à la fois cocasse et réconfortant de rappeler ce qu’écrivait le docteur Lucien-Graux dans son copieux ouvrage Les Fausses Nouvelles de la guerre dont il commença la publication dès 1917.
« La censure, tout en faisant de son mieux, n’a pu empêcher que les petits combats de l’arrière ne fussent engagés en permanence et que la guérilla des journaux ne conservât toute son activité malgré les coupures… La censure, pour faire son métier, passa ses nuits à taillader les articles de Clemenceau, d’Hervé, de Jacques Dhur, de Maurras, de Charles Humbert. Chacun de ces hommes représentait une forme d’opinion, un groupe de Français, de points de vue souvent diamétraux.
Almeyreda(1) et Arthur Meyer(2) sentirent entre leurs côtes la même insinuation du fatal ciseau. Ils laissèrent une part deux-mêmes à la chirurgienne mais l’épiderme et les os reconstitués redonnèrent corps, sous des apparences atténuées, aux propos condamnés la veille.
Personne ne s’y méprenait. Chacun avait pris l’habitude de lire entre les lignes. On était exercé (qu’on lût Le Gaulois, ou Le Bonnet Rouge, L’Homme enchaîné ou L’Eveil, Le Journal ou L’Action française, La Victoire ou La Croix) à suppléer par la pensée tout ce qui n’était pas écrit et il est à présumer que plus d’une fois l’imagination du lecteur outrepassa la pensée de l’écrivain.
Ce n’était donc rien entraver du tout que de barrer la route, par un travers de ciseaux, à des idées qui, plus troubles et plus nuisibles que si elles eussent été imprimées, éclataient dans le blanc des “censuré” et résonnaient fréquemment avec plus de vacarme que si elles eussent été épargnées par la grande étouffeuse. »
Et Lucien-Graux ajoute cette précision assez étonnante quand on sait la suite : Clémenceau et son journal, L’Homme enchaîné, avaient été décrétés par la censure « perturbateurs de l’union sacrée ».
Guère ému par cette dénonciation, le futur “Père la Victoire” commença d’envoyer sous pli fermé à ses abonnés, ainsi qu’aux sénateurs et députés, ses articles qui avaient été censurés. « Cette adroite mesure, raconte Lucien-Graux, constitua ainsi une catégorie de “gens bien informés” qui répandaient à travers la ville des informations et des commentaires dont ils avalent seuls connaissance. » Voilà un précédent qui, le Libre Journal l’assure à ses lecteurs, n’est pas tombé dans la cervelle d’un acéphale. Et Monsieur Toubon pourrait bien, avant qu’il soit longtemps, être involontairement le bienfaiteur de la Poste qui aura à acheminer à titre privé les opinions politiquement incorrectes dont la future loi Gayssot empirée Toubon interdira la publication dans les journaux imprimés.
On verra alors si les flics de la pensée oseront ressusciter le sinistre “cabinet noir” où, à en croire les historiens républicains, la censure royale prenait connaissance des correspondances privées.
Mais, pour en revenir à la Grande Guerre, Lucien-Graux met en évidence un effet pervers de la censure : plus elle est pointilleuse, plus elle favorise la multiplication des fausses nouvelles, suivies de démentis qui en augmentent encore le bruît et de contre-démentis qui ajoutent à la confusion. « La censure, par ses excès, agit comme si elle prenait à tâche d’affoler l’opinion. »
Plus encore que maladroite, elle est stupide. Dans Le Figaro du 8 septembre 1916, Polybe écrit : « La censure a supprimé de mon article d’avant-hier le nom de deux généraux qui commandent sur le front de la Somme. Mais hier, les portraits du général Fayolle et du général Micheler illuminent la première page d’un journal alors qu’un autre ne peut encore désigner ces deux admirables chefs de guerre que par leurs initiales. »
Confusion due aux troubles de la belligérance, dira-t-on ? Ce n’est pas aujourd’hui que l’on verrait semblable chose.
C’est sûr. Aujourd’hui, dans la France du XXIe siècle, on ne voit que Toubon promettre en même temps qu’il fera écraser financièrement tout journal suspect d’antisémitisme mais qu’il interdira aux parquets de poursuivre les injures antichrétiennes. Et on laisse les porcs de Charlie Hebdo traiter le Pape de vieux salaud quand on condamne le directeur de Présent parce qu’il a appelé L… L… ?
Et l’on n’est pas en guerre.

Du moins contre les Allemands…    par Serge de Beketch  http://www.france-courtoise.info
Notes :
(1) Socialiste pro-allemand, il écrivait au Bonnet Rouge, financé par le ministre Malvy. Débusqué par l’Action française, il fut arrêté et suicidé. Malvy fut condamné à l’indignité nationale.

(2) Directeur du Gaulois. Il se déshonora dans un duel en empoignant, au mépris de la règle, la lame de son adversaire, le polémiste antisémite Drumont.

lundi 4 avril 2011

La Grande Guerre / Bobards en tous genres

Les éditions du Dragon vert viennent d’éditer en français le célèbre autant qu’introuvable ouvrage révisionniste d’Arthur Ponsonby Mensonges et rumeurs en temps de guerre(1) traduit, préfacé et annoté par Jean Plantin.
Un document indispensable à qui s’intéresse à la genèse des mensonges historiques et qui échappe aux foudres de la police de la pensée dans la mesure où il limite son propos à la première guerre mondiale et aux bobards qui circulaient alors, comme le gazage de sept cent mille Serbes par les Bulgares sous prétexte d’épouillage, la transformation de la graisse humaine en savon, les viols en série, l’arrachage des coeurs à mains nues et toutes autres atrocités nées dans les cerveaux détraqués des fabricants de propagande. Il est vrai que cela se passe entre 1914 et 1918, époque de jobardise, inconcevable de nos jours, où des inventions aussi invraisemblables ne feraient que soulever l’incrédulité des citoyens surinformés que nous sommes.
Mais, en ces années d’obscurantisme, ni télé ni radio n’étant là pour lutter contre la désinformation et la propagande, les esprits les plus forts y sont sensibles.
Ces bobards, Ponsonby les a répertoriés, inventoriés et vérifiés. Ainsi “l’affaire de Ramsgate”.
Un certain Gordon Atto témoigna dans une lettre que sa femme, infirmière à l’hôpital de Ramsgate, avait soigné des femmes et des enfants belges victimes d’atrocités (seins coupés, mains tranchées). Une enquêtrice décida de vérifier ces faits et s’informa auprès de l’hôpital où elle apprit tout simplement que jamais aucune victime d’atrocité n’avait été soignée à Ramsgate.
Ainsi encore “l’affaire du bébé de Korbeek-Lo”. Le capitaine Wilson était correspondant de guerre pour le Daily Mail qui, confessa-t-il des années plus tard, “voulait des atrocités à ce moment là“.
Wilson, ayant appris le passage des troupes allemandes dans la localité de Korbeek-Lo, se dit qu’il devait bien y avoir dans cette commune un bébé. Il imagina donc l’histoire d’un bambin arraché de justesse aux Huns à la lueur des fermes en flamme. Le succès dépassa ses plus folles espérances : cinq mille lettres arrivèrent au Daily Mail de lecteurs qui posaient leur candidature pour adopter l’orphelin miraculé. La reine Alexandra elle-même s’enquit du bébé et, de partout, parvinrent des vêtements pour bébé. Le Daily Mail était enchanté.
Wilson, moins.
Dix ans plus tard, il avoua à un quotidien américain : “Je ne pouvais pas leur télégraphier en retour qu’il n’existait pas de bébé. C’est pourquoi je m’arrangeai avec le médecin qui prenait soin des réfugiés pour dire que le fichu bébé était mort de quelque maladie si contagieuse qu’il n’avait même pas pu avoir d’enterrement public“.
Les vêtements expédiés par les lecteurs ne furent pas perdus. On équipa une pouponnière.
Plus amusante, cette série de titres relevée dans les quotidiens de novembre 1914 avec retour à l’envoyeur :
- la Kölnischer Zeitung ayant annoncé qu’à l’occasion de la chute d’Anvers les autorités avaient fait sonner les cloches en Allemagne, Le Matin écrivit : “Selon la Kölnischer Zeitung, le clergé d’Anvers a été contraint de sonner les cloches lorsque la forteresse a été prise“ ;
- à Londres, le Times reprit l’information : “Selon des informations que Le Matin tient de Cologne, les prêtres belges qui ont refusé de sonner les cloches à la prise d’Anvers ont été écartés de leurs fonctions“ ;
- le Corriere della Sera italien enjoliva la chose : “Selon le Times citant des informations de Cologne, via Paris, les malheureux prêtres belges qui ont refusé de sonner les cloches à la prise d’Anvers ont été condamnés aux travaux forcés“ ;
- et Le Matin, enchanté de voir son information confirmée, y revint : “Selon une information du Corriere della Sera, via Cologne et Londres, il se confirme que les barbares conquérants d’Anvers ont puni les malheureux prêtres belges de leur refus héroïque de sonner les cloches en les pendant à celles-ci la tête en bas comme des battants vivants“.

Gag ultime rapporté par Plantin : Ponsonby avait relevé cette série de bobards dans la Norddeustche Allgemeine Zeitung du 4 juillet 1915. Un an plus tard, la Norddeustche Allgemeine Zeitung republia la même histoire en invoquant l’autorité de Ponsonby…
par Serge de Beketch  Le Libre Journal de la France Courtoise - 105 du 21 septembre 1996
notes :
(1) CHC, 45/3 route de Vourles, 69230 St-Genis-Laval.

mardi 1 mars 2011

La Grande Guerre / Pour que l’étranger ne foule pas le pavé de Paris...

Cela s’est passé il y a quatre-vingts ans, jour pour jour.
Nos pères, nos grands-pères, nos arrière-grands-pères y étaient. Ils avaient vingt ans. Ils étaient savetier à Belleville, cultivateur à Rosporden, berger à Corbara, fils de famille au manoir de Hurepoix, et ils avaient rendez-vous à Verdun, un gros bourg de la Meuse, à deux cents kilomètres de Paris.
Là, enfouis dans des tranchées, ils avaient passé une nuit de neige dans l’attente d’un assaut qu’on leur disait certain. Au matin, un jour blême s’était levé sur la terre gelée et muette.
C’était, le 21 février 1916 ; il était 7h15.
Soudain, la première ligne du bois des Causses semble se soulever de terre dans un gigantesque éclair de feu. Toute la position française, au nord de Verdun, est soumise à un tir d’artillerie intense. Jamais on n’a assisté à pareil déchaînement de feu et d’acier.
Dans “Le Soldat de Verdun”, Jacques Péricard, magnifique soldat français dont le fils, Michel Péricard, journaliste, est aujourd’hui député RPR, raconte :
« Il y a des 150 et des “Minen” pour détruire les parapets et combler les tranchées en ensevelissant leurs défenseurs ; des 210 et des 305 pour abattre les chênes et les haies, pulvériser les futaies ; des 380 pour défoncer les ouvrages bétonnés, s’attaquer, jusqu’à Génicourt et Troyon, aux ponts par où pourraient arriver des secours ; des 420 pour pilonner les forts et contraindre leurs défenseurs à s’enfouir au fond des casemates. Il y a des shrapnels pour arroser les ravins inaccessibles aux obus et battre les routes ; des gaz toxiques pour empoisonner les survivants possibles du déluge d’acier. »
En quelques heures, deux millions d’obus sont lancés sur le triangle étroit Brabant-Ornes-Verdun.
La tactique de l’assaillant est claire : à coups d’obus, le “Trommelfeuer” va abattre, écraser, niveler bois, abris et tranchées, anéantissant les poilus et creusant à travers les défenses un long couloir où les troupes d’assaut s’élanceront, arme à la bretelle, traversant le champ de ruines pour la plus grande “Festeparade” de l’histoire.
Cette idée est née des entretiens entre l’Etat-major et les fabricants de canons, le “complexe militaro-industriel”, comme on dit aujourd’hui. Ce sera une formidable publicité pour les “produits de la Ruhr” à l’intention des clients du monde entier.
Et quel mannequin vedette pour cette campagne ! Le Kaiser en personne, qui, conduit jusqu’à la Grand-Place de Verdun, le long du couloir creusé par le fer et le feu “made in Germania”, posera, au milieu de ses troupes fraîches…
Ce plan impeccable va pourtant échouer. Pourquoi ? Parce que, contre toute attente, les Français ne se débandent pas.
Pendant neuf heures, le savetier de Belleville, le cultivateur de Rosporden, le berger de Corbara, le fils de famille de Hurepoix ont été plongés en enfer. Etourdis par le bruit, saoulés par la fumée, suffoqués par les gaz et les miasmes, précipités à terre et jetés les uns contre les autres, projetés en l’air et retombant, abasourdis, au milieu des débris humains qu’enterre et déterre le bombardement, océan de feu dont les vagues géantes joueraient avec les corps comme avec les galets sur le sable. Ensevelis, assommés, enlisés dans la boue glacée, les Français ont tenu, tout simplement.
Vers 16 heures, sous la neige qui recommence à tomber et dans le vacarme des canons allemands qui ont allongé leur tir, les patrouilles allemandes s’élancent en avant, lance-flammes en main. Elles pensent ne rencontrer que des cadavres gelés.
Passé les premières positions où ne gisent que morts et agonisants, les hommes sont là. « Toute la journée, nous avons courbé l’échine. Les blessés et les mourants nous entourent de toute part » (G. Champeaux, 164ème RI). Ils sont là, « couchés à même le sol, suçant la glace pour boire, coupant, pour manger, des morceaux de viande à même les cuisses des chevaux éventrés » (témoignage d’Henri Goursaud, 20 ans ). Ils sont là : « Sur cinq poilus, deux sont enterrés vivants sous leur abri, deux sont plus ou moins blessés, le cinquième attend » (Maurice Brassard, 56ème BCP). Ils sont là, « héros sans le savoir. Je n’ai jamais vu de déserteur ni entendu parler de suicide » (Robert Zwang, 19 ans).
Ils sont là et les Allemands ne passent pas.
Le 31 décembre 1916, après dix mois de combat, trois cent quatre-vingt mille hommes seront tombés a Verdun, dont cent soixante-deux mille tués.
Les autres, bras coupés, jambes arrachées, yeux crevés, poumons brûlés, gueules cassées porteront jusqu’à leur mort, méprisés et moqués mais, plus que tout, oubliés, les stigmates d’un combat où la jeunesse de France a été broyée pour que l’Etranger ne foule pas le pavé de Paris.
Y pense-t-on parfois, dans cette France où l’envahisseur peut gueuler “Nique ta mère” sans qu’un seul de ses fils ne se lève pour chasser le barbare à coups de pied au cul ?
Serge de Beketch Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 88 du 17 février 1996

mercredi 23 février 2011

La Grande Guerre : Pour que l’étranger ne foule pas le pavé de Paris

Cela s’est passé il y a quatre-vingts ans, jour pour jour.

Nos pères, nos grands-pères, nos arrière-grands-pères y étaient. Ils avaient vingt ans. Ils étaient savetier à Belleville, cultivateur à Rosporden, berger à Corbara, fils de famille au manoir de Hurepoix, et ils avaient rendez-vous à Verdun, un gros bourg de la Meuse, à deux cents kilomètres de Paris.
Là, enfouis dans des tranchées, ils avaient passé une nuit de neige dans l’attente d’un assaut qu’on leur disait certain. Au matin, un jour blême s’était levé sur la terre gelée et muette.
C’était, le 21 février 1916 ; il était 7h15.
Soudain, la première ligne du bois des Causses semble se soulever de terre dans un gigantesque éclair de feu. Toute la position française, au nord de Verdun, est soumise à un tir d’artillerie intense. Jamais on n’a assisté à pareil déchaînement de feu et d’acier.

Dans “Le Soldat de Verdun”, Jacques Péricard, magnifique soldat français (voir page 16) dont le fils, Michel Péricard, journaliste, est aujourd’hui député RPR, raconte :
« Il y a des 150 et des “Minen” pour détruire les parapets et combler les tranchées en ensevelissant leurs défenseurs ; des 210 et des 305 pour abattre les chênes et les haies, pulvériser les futaies ; des 380 pour défoncer les ouvrages bétonnés, s’attaquer, jusqu’à Génicourt et Troyon, aux ponts par où pourraient arriver des secours ; des 420 pour pilonner les forts et contraindre leurs défenseurs à s’enfouir au fond des casemates. Il y a des shrapnels pour arroser les ravins inaccessibles aux obus et battre les routes ; des gaz toxiques pour empoisonner les survivants possibles du déluge d’acier. »
En quelques heures, deux millions d’obus sont lancés sur le triangle étroit Brabant-Ornes-Verdun.
La tactique de l’assaillant est claire : à coups d’obus, le “Trommelfeuer” va abattre, écraser, niveler bois, abris et tranchées, anéantissant les poilus et creusant à travers les défenses un long couloir où les troupes d’assaut s’élanceront, arme à la bretelle, traversant le champ de ruines pour la plus grande “Festeparade” de l’histoire.
Cette idée est née des entretiens entre l’Etat-major et les fabricants de canons, le “complexe militaro-industriel”, comme on dit aujourd’hui. Ce sera une formidable publicité pour les “produits de la Ruhr” à l’intention des clients du monde entier.
Et quel mannequin vedette pour cette campagne ! Le Kaiser en personne, qui, conduit jusqu’à la Grand-Place de Verdun, le long du couloir creusé par le fer et le feu “made in Germania”, posera, au milieu de ses troupes fraîches…
Ce plan impeccable va pourtant échouer. Pourquoi ? Parce que, contre toute attente, les Français ne se débandent pas.


Pendant neuf heures, le savetier de Belleville, le cultivateur de Rosporden, le berger de Corbara, le fils de famille de Hurepoix ont été plongés en enfer. Etourdis par le bruit, saoulés par la fumée, suffoqués par les gaz et les miasmes, précipités à terre et jetés les uns contre les autres, projetés en l’air et retombant, abasourdis, au milieu des débris humains qu’enterre et déterre le bombardement, océan de feu dont les vagues géantes joueraient avec les corps comme avec les galets sur le sable. Ensevelis, assommés, enlisés dans la boue glacée, les Français ont tenu, tout simplement.

Vers 16 heures, sous la neige qui recommence à tomber et dans le vacarme des canons allemands qui ont allongé leurs tirs, les patrouilles allemandes s’élancent en avant, lance-flammes en main. Elles pensent ne rencontrer que des cadavres gelés.

Passé les premières positions où ne gisent que morts et agonisants, les hommes sont là. « Toute la journée, nous avons courbé l’échine. Les blessés et les mourants nous entourent de toute part » (G. Champeaux, 164e RI). Ils sont là, « couchés à même le sol, suçant la glace pour boire, coupant, pour manger, des morceaux de viande à même les cuisses des chevaux éventrés » (témoignage d’Henri Goursaud, 20 ans). Ils sont là : « Sur cinq poilus, deux sont enterrés vivants sous leur abri, deux sont plus ou moins blessés, le cinquième attend » (Maurice Brassard, 56e BCP). Ils sont là, « héros sans le savoir. Je n’ai jamais vu de déserteur ni entendu parler de suicide » (Robert Zwang, 19 ans).
Ils sont là et les Allemands ne passent pas.

Le 31 décembre 1916, après dix mois de combat, trois cent quatre-vingt mille hommes seront tombés a Verdun, dont cent soixante-deux mille tués.
Les autres, bras coupés, jambes arrachées, yeux crevés, poumons brûlés, gueules cassées porteront jusqu’à leur mort, méprisés et moqués mais, plus que tout, oubliés, les stigmates d’un combat où la jeunesse de France a été broyée pour que l’Etranger ne foule pas le pavé de Paris.

Y pense-t-on parfois, dans cette France où l’envahisseur peut gueuler “Nique ta mère” sans qu’un seul de ses fils ne se lève pour chasser le barbare à coups de pied au cul ?

Serge de Beketch,  Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 88 du 17 février 1996.

lundi 31 janvier 2011

La tradition sacrée des cathédrales françaises

L’homme sait, depuis des millénaires, que la terre est parcourue par des flux d’énergie.
Dans le monde entier, des milliers de légendes puisent leur origine dans cette connaissance (dragons, serpents, chemins magiques, sources miraculeuses, lieux ensorcelés, etc.).
En Occident, de la Toscane à l’Ecosse, de l’Ombrie au Pays de Galles, de la Thuringe à l’Aragon, des centaines de lieux-dits évoquent cette sapience.
Tarascon, par exemple, rappelle la tarasque, monstre fabuleux appelé à Abbeville “Lézard”, à Angles “Troussepoil”, à Rouen “Gargouille”, à Poitiers “Grand Goule”, à Metz “Graoulli”, à Reims “Kraoulla”, à Troyes “Chair-Salé”, à Louvain et un peu partout en France “Dragon”, “Wouivre” ou “Drac”.
En Occident comme en Orient (où l’on attribue les tremblements de terre aux convulsions d’un gigantesque monstre enfoui), le dragon symbolise, depuis la plus haute antiquité, les courants telluriques.
C’est la connaissance ancienne de ces phénomènes, aujourd’hui méprisée, qui explique que les cathédrales furent bâties sur les lieux mêmes où, avant l’ère chrétienne, se déroulaient les cultes païens.
Les esprits forts ont attribué ce maintien dans les lieux à un calcul de l’Église désireuse de se substituer aux anciennes religions et de les “récupérer”, en quelque sorte, en s’arrangeant pour que les fidèles passent d’une religion à l’autre comme sans s’en rendre compte. Cette explication, qui revient à prendre nos ancêtres pour des demeurés incapables de faire la différence entre un druide dans un chêne et un prêtre en chaire, n’est évidemment pas recevable.
La vraie raison, c’est qu’il existe dans le monde des “lieux où souffle l’esprit” ; des lieux privilégiés et qui sont comme des points d’acupuncture de la terre.
Henri Vincenot a écrit là-dessus des pages définitives dans “Le Pape des escargots” et, surtout, dans “Les Etoiles de Compostelle“. Quant à Jean Phaure, son oeuvre entière est imprégnée de cette évidence.
Entre ces forces chthoniennes et l’Esprit d’en haut, les hommes ont trouvé un chemin : la cathédrale.
La cathédrale est un lieu où la sainte Vierge terrasse le serpent…
Ce n’est pas un simple bâtiment. C’est un appareil d’une extraordinaire précision, d’une infinie sensibilité, qui assure l’échange entre forces telluriques et Puissances célestes.
La cathédrale est le lieu de leur rencontre, l’enceinte de leur affrontement, de leur étreinte.
Elle est l’ ”athanor” où la fusion se fera.
Elle permet aux forces d’En Haut d’imposer leur harmonie au chaos des forces d’en bas. Elle met l’homme en prière au coeur de cet échange, recevant à la fois le souffle céleste et la sève terrestre.
Ce combat fécond est présent dans les légendes et les mythologies les plus anciennes (Anubis transperçant un serpent géant, Apollon faisant subir le même sort au monstrueux Python, Thésée assommant le Minotaure, Jason l’emportant sur le dragon gardien de la Toison d’or, jusqu’au toréador d’aujourd’hui réduisant le taureau).
Mythe païen, il est resté intimement lié aux plus hautes traditions chrétiennes. C’était, par exemple, le thème central de fêtes aujourd’hui malheureusement délaissées : les “Rogations” qui, depuis le Ve siècle, évoquaient le combat de l’Ange contre le Dragon, réglant en quelque sorte les noces du ciel fécondateur et de la terre fécondée.
En France, la tradition légendaire le voit à Artins, dans le Loir-et-Cher, où saint Julien maitrisa le serpent caché sous une statue de Jupiter, à Avignon où sainte Marthe combattit la tarasque, à Aytre, en Charente-maritime, où sept héros abîmèrent la “Bête Ro” dans le gouffre de Chevarache, à Bagnoles-sur-Cèze où le Coulobre à sept têtes et sept queues fut enseveli dans un puits, près de Cambrai où saint Géry extermina une nichée de dragons, non loin de Moulins où saint Menoux éloigna la “Couleuvre” et en cent autres lieux.
Quant à la tradition religieuse, elle le reconnaît, admirablement symbolisé dans l’icône inspirée de l’Apocalypse : “Saint Michel terrassant le dragon” et, bien plus encore, dans la tradition de la Vierge écrasant le serpent.
La tradition voue d’ailleurs à Notre Dame les cathédrales de France. AÀEvry, elle est dédiée à Saint Corbinien ermite et appelée “cathédrale de la Résurrection”, ce qui confirme implicitement que ce bâtiment n’est pas vraiment la cathédrale du lieu.
La ville a déjà sa cathédrale : Saint-Spire, admirable monument gothique, siège épiscopal canoniquement désigné depuis des siècles mais que l’évêque Herbulot a volontairement oublié.
… terrasser ce n’est pas tuer ; c’est littéralement jeter à terre, donc dominer ; c’est vaincre, soumettre, dompter.
La cathédrale est donc le Lieu où la Sainte Vierge terrasse le serpent. Le mot n’est pas indifférent : terrasser, ce n’est pas tuer ; c’est, littéralement, jeter à terre, donc dominer ; c’est vaincre, soumettre, dompter.
Un autre rôle de la cathédrale est de capter, de concentrer, d’amplifier les courants telluriques. Comme l’”allée couverte”, la “voie voûtée” des dolmens préhistoriques, elle joue un rôle d’amplificateur. Elle permet à l’homme de baigner dans les forces telluriques et cosmiques associées.
Cette allée voûtée “envoûte”.
C’est pourquoi la cathédrale doit être précisément orientée selon la Croix : autel vers le Levant, pour mettre l’homme face au flux, portail vers le Couchant, c’est-à-dire vers le séjour des morts.
C’est aussi pourquoi la cathédrale ne peut pas être placée n’importe où.
Pas plus qu’un moulin à vent.
Elle ne peut s’élever qu’en ces “lieux où souffle l’esprit”, c’est-à-dire, comme l’expliquait Vincenot, ces lieux où les courants énergétiques affleurent la surface de la terre et que les hommes connaissent depuis la préhistoire, ainsi qu’en témoigne, par exemple, l’édification de la cathédrale de Chartres - à l’emplacement d’un temple païen abritant un puits réputé guérisseur et à proximité duquel on vénérait une déesse que la Tradition identifia à la Vierge parturiente (Virgo paritura) - ou l’érection de la basilique de Saint-Denis - à l’emplacement d’un sanctuaire druidique, haut lieu spirituel de toute la Gaule déjà “récupéré” par les Romains qui en avalent fait le Monte Jovis (Mont de Jupiter), devenu Montjoie.
Enfin, la cathédrale. véritable “fusée spirituelle”, témoigne, par les lignes mêmes de son architecture, de la volonté de l’homme de surpasser sa nature terrestre pour se rapprocher du Créateur “qui l’a fait à sa ressemblance”.
En quoi la cathédrale d’Evry répond-elle à ces exigences ?
Son emplacement correspond-il à un lieu marqué traditionnellement ?
À quels motifs ont obéi ses promoteurs ?
Son architecture est-elle conforme à la fonction technico-spirituelle d’une cathédrale ?
C’est à quoi nous tenterons de répondre la décade prochaine. (à suivre)
par Serge de Beketch Le Libre Journal de la France Courtoisen° 70 du 9 juin 1995

mardi 25 janvier 2011

Sida : un spécialiste rompt enfin la loi du silence (archive)

Après dix ans de mensonge sur le Sida, la vérité force les barrages médiatiques, contraignant les spécialistes à renverser les tabous et à reconnaitre ce que, jusqu’ici, ils avaient toujours nié contre les plus aveuglantes évidences.
C’est Laurent de Villepin, rédacteur en chef du Journal du Sida, mensuel de l’association Arcat Sida, qui rompt la loi du silence.
D’abord, ce spécialiste semble reprendre les vieilles rengaines : c’est chez les hétérosexuels, affirme-t-il, que la progression a été la plus forte en 94 (plus 18 % contre 11 % chez les homos). Mais les chiffres qu’il donne remettent les choses en place : en 1994, on a dénombré 2 600 nouveaux cas de sida chez les invertis, contre moins de la moitié chez les gens normaux (1 200). Ce qui, au regard de l’importance relative des deux groupes sociaux, revient à confirmer que les homosexuels sont beaucoup plus gravement touchés.
Villepin va plus loin encore. Il souligne les effets de la campagne médiatique visant à “découpler” homosexualité et Sida : « Les mentalités ont évolué “grâce” au Sida, explique-t-il. Les homosexuels bénéficient d’une meilleure reconnaissance de la société » mais, du même coup, « la “déshomosexualisation” de la maladie a fait plus de mal que de bien puisque l’épidémie progresse chez ce groupe de façon inquiétante alors qu’on la croyait stabilisée ».
Les motifs de cette situation sont ahurissants. Selon Villepin, « il semble qu’il existe dans cette communauté (homo) une aspiration plus ou moins inconsciente vers la séropositivité … (qui) représente désormais une identité forte, par certains côtés valorisante … Certains souhaiteraient faire partie de cette culture, faire leurs ses priorités, son rythme échevelé, sa vision perçante du monde ».
En clair, le Sida s’étend parce qu’il est “chébran”. C’est le syndrome de Cyrille Collard.
Autre tabou, celui de la race : « On explique rarement, assène le rédacteur en chef du Journal du Sida, que près des deux tiers des nouvelles contaminations hétérosexuelles concernent les personnes d’Afrique australe ou des Caraïbes ». Et de convenir que, si l’on cache cette réalité raciale, c’est « pour ne pas stigmatiser ces groupes ».
Enfin, Villepin signale que, « grâce à la vente libre des seringues », le taux de contamination a baissé chez les toxicomanes mais, avoue-t-il par ailleurs, « cela ne sert à rien d’exiger le préservatif en toutes circonstances ».
C’est reconnaître, par défaut, l’imposture criminelle du vaccin-latex dont les effets sur la pandémie sont au mieux nuls, au pire négatifs.
En somme, ce spécialiste incontestable vient confirmer ce que nous répétons depuis dix ans sous les lazzi et les injures : c’est pour ne pas déplaire aux lobbies homosexuels et immigrationnistes et pour ne pas sembler adhérer à l’”ordre moral” que l’on censure la vérité sur le Sida.
Des milliers d’ignorants sont morts de ce mensonge.
Serge de Beketch Le Libre Journal de la France Courtoise n° 65 du 14 avril 1995

mercredi 8 décembre 2010

La France-de-Vichy, auxiliaire des nazis ? Un document oublié répond…

« Le procès Touvier, c’est le procès de la France de-Vichy. »
Ces mots répétés à l’envi, donnent la clef du retentissement médiatique d’une affaire dont, pourtant, ni le nombre des victimes ni la personnalité de l’accusé ne sont à la mesure de la tragédie de la guerre.
Mais, pour faire payer la France-tout-court, il faut condamner la France-de-Vichy. La tentative a échoué avec Barbie parce qu’il était allemand ; avec Bousquet, parce qu’un assassin providentiel l’a tué ; avec Papon, parce que l’ancien préfet de police, ancien ministre, tient en réserve des dossiers d’une telle puissance dissuasive que même les services spéciaux israéliens ont jugé hors de proportion le risque de les voir publier.
Voilà donc Touvier, gratte-papier lyonnais, propulsé au grade de représentant de la “France-de-Vichy”.
Le condamner serait exclure la France du banc des victimes du nazisme pour la mettre au pilori des complices d’Hitler. Et lui imposer les réparations que, depuis cinquante ans, les coupables paient à Israël.
Voilà les vrais fondements du devoir de mémoire qui, dans cette affaire, n’est pas autre chose qu’un pouvoir de mensonge. Car la vérité n’est pas, comme le prétendent les truqueurs d’Histoire, que la France-de-Vichy était engagée dans la collaboration au point de devancer les exigences allemandes.
Les ultras de la collaboration existaient, c’est vrai. Mais ils ne conduisaient pas la politique de la France-de-Vichy. La Milice n’était pas l’émanation de la France-de-Vichy. Elle n’en était même pas l’exagération. Elle en était l’opposé. Et les deux forces se combattaient sans merci. Laval s’opposant en tout aux deux ministres collaborationnistes que l’occupant lui avait imposés.
Aussi, quand bien même la cour d’assises de Versailles condamnerait Touvier et, à travers lui, la Milice, et, au-delà de celle-ci, la politique de collaboration, elle ne ferait pas autre chose que donner raison cinquante ans plus tard, à Pierre Laval, chef du gouvernement et seul responsable légal de la politique de Vichy, qui opposa toute son astuce aux excès des “ultras”.
La preuve en est dans ce document, si gênant, que les autorités de la Libération empêchèrent qu’il fût produit lors du procès Laval : la sténo du conseil de cabinet tenu à Vichy, Hôtel du Parc, le mercredi 12 juillet 1944 à 16 h(1).
Il faut, pour en comprendre l’importance, se souvenir que Touvier comparaît sous l’inculpation d’avoir, comme responsable milicien à Lyon, fait fusiller sept otages après l’assassinat de Philippe Henriot, secrétaire d’Etat à l’Information et à la Propagande. Il faut avoir présent à l’esprit que ce conseil se déroule dans un pays occupé où les Alliés ont débarqué depuis six semaines, un pays en proie aux attentats et aux représailles et où viennent d’être assassinées deux figures antagonistes de la politique française : Georges Mandel et Philippe Henriot.
Trois dossiers, étroitement liés, sont évoqués.
Le premier est une sorte d’ultimatum. Signé une semaine plus tôt par plusieurs ministres sur injonction de leur collègue Déat, il exige la démission de l’actuel cabinet et son remplacement par un gouvernement milicien qui appliquerait non pas seulement une collaboration mais une alliance civile et militaire avec le Reich. Les ministres présents (Déat n’est pas venu car Laval lui avait interdit Vichy !) se récrient. L’un a signé sans lire, un autre a émis des réserves. Tous renouvellent leur soutien à Laval contre les ultras. Pas un ne démissionne.
Le second concerne le projet de donner à plusieurs rues le nom du ministre milicien assassiné. Des conseils municipaux protestent, les autorités allemandes exigent et menacent. Laval tranche. C’est non : « Si vous voulez vous offrir le luxe d’un référendum dans toutes les villes de France, vous installerez la bagarre partout. »
Le troisième sujet est l’assassinat de Mandel.
« laval :
- Il y a quelques jours j’ai été averti par l’ambassade que MM. Blum, Reynaud et Mandel allaient être remis au gouvernement français pour être fusillés si le colonel Magnien, chef de la Légion tricolore condamné à mort à Alger, était lui-même fusillé. J’ai déclaré avec force à L’ambassadeur Abetz que je refusais absolument. J’ai dit qu’une telle mesure était incompatible avec les lois de la guerre ; que c’était entrer dans une voie dangereuse qui pouvait déclencher la guerre civile en France…
Brinon :
- Monsieur le président, Abetz n’est pas d’accord avec vous sur ce point. Il dit que vous avez accepté cette livraison en disant seulement : “Ce n’est pas un cadeau à me faire”.
Laval, se tournant vers Brinon et frappant du poing sur la table, s’écrie avec force :
- Je ne peux pas laisser dire une chose pareille. Rien n’est plus contraire à mon caractère. Je n’ai pas de sang sur les mains et je n’en aurai jamais (les notes secrètes d’Abetz donnent raison à Laval - NDLR). M. Mandel a été livré par les autorités allemandes à M. Baillet, directeur de l’administration pénitentiaire. M. Baillet ne m’en a pas prévenu mais il n’a pas voulu conserver M. Mandel à la prison de la Santé pour des raisons de sécurité.
On a également invoqué des raisons juridiques. M. Mandel n’ayant pas été condamné, il ne pouvait pas être légalement détenu dans une prison. La Milice, je crois, en a ensuite pris livraison pour le conduire au château des Brosses, près de Vichy. Ensuite, je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. On dit qu’en route il y a eu une bagarre et que dans cette bagarre M. Mandel a été tué. Je n’ai aucune responsabilité dans ces faits. Je ne couvre pas ces actes. Ce sont des méthodes que je réprouve de la manière la plus absolue. Mandel est mort et je regrette qu’il ait été tué dans de pareilles conditions. Pour Jean Zay, ça été, il y a quelques jours, la même histoire. Deux, c’est assez ! C’est trop ! … Nous n’accepterons à l’avenir à aucun prix de nouvelle livraison. Ni Paul Reynaud, ni Léon Blum, ou alors, il est bien entendu que cela sera pour leur sécurité. »
Puis Laval reprend à propos de l’ultimatum de Déat :
« Il n’y a là dedans que des élucubrations sans valeur… Mais, en réalité, je vois dans ce papier une chose claire, éblouissante : il faut que je m’en aille. En d’autres temps, peut-être que je m’en irais. Mais quand je lis ce papier, je ne suis pas convaincu. Il s’agit d’élargir le gouvernement ? Par qui ? Par M. Platon (amiral Platon, ultra-collaborationniste - NDLR). Vous allez voir le style de M. Platon.
M. Platon oublie que la correspondance est surveillée. Il a écrit voilà quelques jours à son frère et voici ce que j’ai lu dans sa lettre : “Je trouve pénible qu’un chef du gouvernement déclare que nous ne sommes pas dans la guerre. Cet homme mérite d’être non pas fusillé mais pendu. Il le sera.”… M. Platon est un excellent homme… mais il ferait mieux de ne pas s’occuper de politique…
J’en viens maintenant au problème général…
Au moment du débarquement, le 6 juin 1944, j’ai prononcé un discours et l’on me reproche d’avoir dit : “La France n’est pas en guerre”…
On veut que la France entre dans la guerre aux côtés de l’Allemagne ? Avec quelles armes ? M. Déat dit qu’il n’est pas neutre ? Qu’il s’engage donc, c’est facile. M. Déat voudrait aussi que la LVF et les Waffen SS français aillent combattre en Normandie : je m’y suis opposé…
Je maintiens donc intégralement ma position. Je n’ai contre moi que quelques fous… Pour conclure, je vais vous poser une question : êtes-vous d’accord sur la politique exprimée par mon message du 6 juin 1944 et, plus spécialement par la phrase “La France n’est pas dans la guerre” ? (Silence approbateur.) »
Sur quoi, Laval expose les difficultés qu’il rencontre à convaincre les préfets de garder leur poste : « Leur état d’esprit est explicable : les représailles allemandes qui se déchaînent dans beaucoup de départements les placent vis-à-vis de la population dans une position morale souvent difficile à tenir. Si nous devions avoir un gouvernement Déat, ne doutez pas que nous assisterions à la désagrégation de l’administration française. »
On ne saurait mieux répondre aux élucubrations des faussaires de l’Histoire qui veulent à tout prix nous faire croire que la France de-Vichy fut une espèce de position avancée du Reich nazi.
Serge de Beketch Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 31 du 23 mars 1994
(1) “Les archives secrètes du Reich” présentées par Me Jacques Baraduc, éd. ”L’élan” - 1949

mardi 28 septembre 2010

1914-1918 : Guerre raciale ?

Et si l’absence quasi absolue de commémorations de la Grande Guerre était due au fait que, décidément, Il est impossible d’évoquer cette effroyable tuerie européenne sans montrer qu’elle fut purement et simplement inspirée par des considérations raciales auxquelles adhéraient, sans l’ombre d’un complexe, toutes les intelligences du temps, quelle que fût leur position politique ?

Quelque temps après la défaite de 1870, Gambetta écrivait dans une lettre inédite à son ami Arthur Ranc, alors réfugié à Bruxelles :

« A une époque de civilisation raffinée comme la nôtre, on ne conquiert pas les peuples malgré eux. La conquête morale n’a jamais suivi la conquête matérielle. Et là, en Alsace-Lorraine, les populations annexées, formées par ce qu’il y a de plus chevaleresque, de plus séduisant dans la culture française, résistent aux attraits de la germanisation, attraits de brutalité, d’esclavage, qu’elles ne comprennent pas (…) Ils ont meurtri le coeur de l’Europe. Tant qu’ils n’auront pas réparé cette faute, personne ne déposera les armes. La paix du monde, si nécessaire à tous les peuples, restera toujours à la merci d’un incident. »

Maurice Barrès racontait dans un article publié par Le Matin (8 mai 1915) qu’une famille restée en Alsace avait reçu d’un de ses fils qui, n’ayant pu s’évader, avait été enrôlé dans les rangs allemands, une lettre datée d’une ville du Nord dans laquelle se trouvait le passage suivant :

« Chère maman, nous manquons de pain, mais je suis en vie. Dis à père que j’ai tenu parole : je n’ai pas tiré un seul coup de fusil sur un soldat français. »

Et Barrès ajoutait qu’en travers de la carte et d’une écriture brutale, à l’encre rouge, le contrôle allemand avait ajouté ces mots : « L’auteur de cette carte a été fusillé le 10 mars par ordre de ses chefs. »

Un diplomate grec, M. Zographos, alors ministre des Affaires étrangères à Athènes, dans une interview recueillie par M. Gaston de Maizières pour Le Petit Parisien (17 avril 1915) expliquait :

« … D’où vient cette guerre (…) cette guerre satanique ? Qui l’a déchaînée ? Ce n’est pas tel prétexte fortuit, telle ambition personnelle : c’est la même force supérieure qui impose tôt où tard la réparation d’une injustice, comme elle veut que dans un corps sain les lèvres d’une plaie béante, d’elles-mêmes, se rapprochent. L’Europe entière se bat pour l’Alsace-Lorraine ; cette guerre, c’est la blessure de la France qui se ferme. »

Beau rêve dont on connaît le réveil amer.

Mais beau rêve qui fut celui de toute une génération.

Les frères Tharaud rapportaient que Jules Ferry, le politicien de gauche à qui Paul Déroulède, l’homme de droite, exposait la colère et le dégoût qu’il éprouvait à voir l’aventure coloniale détourner les âmes et les forces de l’indispensable oeuvre de revanche, s’étonnait :

« Monsieur Déroulède, vous finirez par me faire croire que vous préférez l’Alsace-Lorraine à la France. Ne pensez-vous pas qu’il serait sage de sacrifier les provinces perdues et de prendre des compensations ailleurs ? »

A quoi Déroulède répondit sèchement :

« C’est ça : j’ai perdu deux enfants et vous m’offrez vingt domestiques ! »

Le peuple entier pensait ainsi. Le Germain était un homme inachevé, d’une civilisation inférieure, brutale parce que brute, et le Nègre était un domestique plus encore qu’un enfant.

Et cette conviction était partagée par les meilleurs esprits.

par Serge de Beketch Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 106

mercredi 1 septembre 2010

La Grande Guerre : Bobards en tous genres

Les éditions du Dragon vert viennent d’éditer en français le célèbre autant qu’introuvable ouvrage révisionniste d’Arthur Ponsonby Mensonges et rumeurs en temps de guerre(1) traduit, préfacé et annoté par Jean Plantin.

Un document indispensable à qui s’intéresse à la genèse des mensonges historiques et qui échappe aux foudres de la police de la pensée dans la mesure où il limite son propos à la première guerre mondiale et aux bobards qui circulaient alors, comme le gazage de sept cent mille Serbes par les Bulgares sous prétexte d’épouillage, la transformation de la graisse humaine en savon, les viols en série, l’arrachage des coeurs à mains nues et toutes autres atrocités nées dans les cerveaux détraqués des fabricants de propagande. Il est vrai que cela se passe entre 1914 et 1918, époque de jobardise, inconcevable de nos jours, où des inventions aussi invraisemblables ne feraient que soulever l’incrédulité des citoyens surinformés que nous sommes.

Mais, en ces années d’obscurantisme, ni télé ni radio n’étant là pour lutter contre la désinformation et la propagande, les esprits les plus forts y sont sensibles.

Ces bobards, Ponsonby les a répertoriés, inventoriés et vérifiés. Ainsi "l’affaire de Ramsgate".

Un certain Gordon Atto témoigna dans une lettre que sa femme, infirmière à l’hôpital de Ramsgate, avait soigné des femmes et des enfants belges victimes d’atrocités (seins coupés, mains tranchées). Une enquêtrice décida de vérifier ces faits et s’informa auprès de l’hôpital où elle apprit tout simplement que jamais aucune victime d’atrocité n’avait été soignée à Ramsgate.

Ainsi encore "l’affaire du bébé de Korbeek-Lo". Le capitaine Wilson était correspondant de guerre pour le Daily Mail qui, confessa-t-il des années plus tard, "voulait des atrocités à ce moment là".

Wilson, ayant appris le passage des troupes allemandes dans la localité de Korbeek-Lo, se dit qu’il devait bien y avoir dans cette commune un bébé. Il imagina donc l’histoire d’un bambin arraché de justesse aux Huns à la lueur des fermes en flamme. Le succès dépassa ses plus folles espérances : cinq mille lettres arrivèrent au Daily Mail de lecteurs qui posaient leur candidature pour adopter l’orphelin miraculé. La reine Alexandra elle-même s’enquit du bébé et, de partout, parvinrent des vêtements pour bébé. Le Daily Mail était enchanté.

Wilson, moins.

Dix ans plus tard, il avoua à un quotidien américain : "Je ne pouvais pas leur télégraphier en retour qu’il n’existait pas de bébé. C’est pourquoi je m’arrangeai avec le médecin qui prenait soin des réfugiés pour dire que le fichu bébé était mort de quelque maladie si contagieuse qu’il n’avait même pas pu avoir d’enterrement public".

Les vêtements expédiés par les lecteurs ne furent pas perdus. On équipa une pouponnière.

Plus amusante, cette série de titres relevée dans les quotidiens de novembre 1914 avec retour à l’envoyeur :

- la Kölnischer Zeitung ayant annoncé qu’à l’occasion de la chute d’Anvers les autorités avaient fait sonner les cloches en Allemagne, Le Matin écrivit : "Selon la Kölnischer Zeitung, le clergé d’Anvers a été contraint de sonner les cloches lorsque la forteresse a été prise" ;

- à Londres, le Times reprit l’information : "Selon des informations que Le Matin tient de Cologne, les prêtres belges qui ont refusé de sonner les cloches à la prise d’Anvers ont été écartés de leurs fonctions" ;

- le Corriere della Sera italien enjoliva la chose : "Selon le Times citant des informations de Cologne, via Paris, les malheureux prêtres belges qui ont refusé de sonner les cloches à la prise d’Anvers ont été condamnés aux travaux forcés" ;

- et Le Matin, enchanté de voir son information confirmée, y revint : "Selon une information du Corriere della Sera, via Cologne et Londres, il se confirme que les barbares conquérants d’Anvers ont puni les malheureux prêtres belges de leur refus héroïque de sonner les cloches en les pendant à celles-ci la tête en bas comme des battants vivants".

Gag ultime rapporté par Plantin : Ponsonby avait relevé cette série de bobards dans la Norddeustche Allgemeine Zeitung du 4 juillet 1915. Un an plus tard, la Norddeustche Allgemeine Zeitung republia la même histoire en invoquant l’autorité de Ponsonby...

Serge de Beketch Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 105 du 21 septembre 1996


(1) CHC, 45/3 route de Vourles, 69230 St-Genis-Laval.

dimanche 22 août 2010

La Grande Guerre : Héros et canailles


Avril 1916. A Verdun, le temps est exécrable. De petites pluies glacées succèdent à des tourbillons de neige fine.
Jacques Péricard, dans Le Soldat de Verdun, décrit la « misère des veilles boueuses et froides aux premières lignes ; misère des relèves pendant lesquelles on transporte le double de son poids en boue ; misère des cantonnements où l’on continue de patauger, de grelotter, où l’on ne récupère aucune vigueur nouvelle pour la remontée en ligne... »
Et pourtant, combien cette vigueur nouvelle serait nécessaire !
Tous les jours, toutes les nuits. les hommes épuisés et glacés se battent. Pour un morceau de terrain, un bout de boyau, un mètre de tranchée.
Dans les communiqués, les noms viennent et reviennent comme une litanie sanglante : Mort-Homme, tranchée de Westphalie, tranchée Corse, Les Eparges, réduit d’Avrocourt.
Un jour, ce sont les Allemands qui en chassent les Français. Le lendemain, les poilus en extirpent les Prussiens. Le jour d’après, on recommence. Il y a quelque chose d’abominablement dérisoire dans ce va-et-vient mortel. Quelque chose qui, aujourd’hui encore, rend déchirante la lecture des communiqués.
La violence des combats est dantesque, les hommes sont littéralement hachés.
Dubourdieu et Lescaud, deux soldats du 90e régiment d’infanterie placés en liaison au Mort-Homme le jour du Vendredi Saint racontent : « De ce qui restait du commandant de la deuxième compagnie, le capitaine-abbé Milon, il n’y avait pas de quoi remplir un plat de campement. »
Au même endroit, exactement, huit jours plus tard, le 30 avril, le capitaine Duchenois assistera à la scène suivante alors que les hommes tentent de barrer un boyau au bout duquel se tiennent les Allemands : « Le premier grenadier qui arrive, un soldat magnifique, le Breton Le Poulain, est tué d’une balle dans la tête au moment où il pose le sac de terre. Un autre arrive, le regarde et dit : "J’y vais !" Il prend un second sac à terre, le remplit, le place sur le premier et tombe raide mort, frappé à la tête. Un troisième grenadier s’avance. Celui-là me regarde simplement, passe et tombe... Et ainsi sept braves, sept héros que personne ne connaît, ne connaîtra jamais. Cinq paysans bretons. un cultivateur de l’Oise et un ouvrier parisien affilié à la CGT se font tuer. Mais le barrage est construit. »
Voilà ce qu’on lit, la gorge serrée, à toutes les pages de tous les témoignages sur cette guerre. Et l’on se demande de quoi étaient faits les hommes de ce temps-là pour que nous semblions, nous autres, aussi médiocres et lâches à côté d’eux.
Eh bien, ils étaient faits de la même chair que nous. Ils étaient, comme nous, de misérables petits tas de péchés, de peurs et de misères que l’amour exaltait et jetait dans l’héroïsme pur.
La preuve. La preuve, c’est qu’à l’arrière d’autres hommes du même monde, du même âge et du même sang se conduisaient comme on se conduit aujourd’hui : en abominables canailles.
Exemple : le gang des exempteurs dont le procès emplit les gazettes. Il y a, dans le box des accusés, cinquante inculpés : un politicien, un médecin, un dentiste, des gens de l’Etat-major, des rabatteurs et leurs clients.
Moyennant finances, la bande faisait obtenir, à ceux qui payaient assez, les certificats de réforme qui leur épargnaient les souffrances du front.
C’est une véritable industrie qui bénéficie de complicités jusqu’à la Chambre et à l’Etat-major. Et qui rapporte ! Le coût d’un dossier de fausse réforme est, en 1916, de quarante mille francs.
C’est cinq cent mille francs d’aujourd’hui. Cinquante millions de centimes.
Ce procès, qui mobilise magistrats et avocats pendant que la bataille de la Meuse mobilise les poilus, est sans doute l’un des épisodes les plus répugnants de cette troisième année de guerre.
Mais l’affaire est si énorme et si stupéfiante, les personnages en sont si... typés et pittoresques, que nous y reviendrons la décade prochaine.

jeudi 12 août 2010

La Grande Guerre / Les premiers “pirates de l’air”

L’élection d’Arafat à la tête de l’État palestinien à naître conduit les commentateurs à se poser gravement la question : sont-ce les résistants palestiniens qui ont inventé les “pirates de l’air” ? Les uns soutiennent cette hypothèse, d’autres prétendent au contraire que c’est De Gaulle qui créa ce nouveau délit en faisant enlever Ben Bella en plein ciel ; d’autres encore assurent que c’est Robert Hemmerdinger, fondateur du Front national des Français juifs qui fut le premier pirate de l’air en tentant de s’emparer de la Caravelle qui le conduisait à Paris après son arrestation avec plusieurs autres membres de l’OAS.
Eh bien, tout cela est faux. C’est en 1916, le 29 janvier exactement, que l’expression “pirates de l’air” vint pour la première fois sous la plume d’un journaliste au lendemain du bombardement de Ménilmontant par les zeppelins.
Intitulé “Zeppelins sur Paris, les crimes des pirates de l’air“, le récit, par Jean Bernard dans La Vie de Paris, de ce qui fut sans doute le premier bombardement civil de l’histoire vaut d’être rapporté dans les termes employés à l’époque.
Il était à peine dix heures (du soir), le ciel était clair et le temps était si doux que les parisiens déambulaient par les rues en devisant, le nez au vent, les mains aux poches. (…) les premiers appels de trompe des pompiers déchirèrent l’air.
- Tiens ! Des zeppelins !
Une simple constatation mais pas de panique et les familles continuèrent de dévaler lentement pour regagner leur logis. On peut bien l’avouer, personne n’avait peur et, sur le pas des portes, les commères devisaient, donnant leur avis.
- Dame, ce n’est pas étonnant, c’est ce soir qu’on devait allumer quelques centaines de nouveaux becs de gaz. Ils auront été avertis et ils nous envoient leur salut.
Les gamins intéressés suivaient les conversations mais pas un ne songea à rentrer. On eût dit une soirée de fête. Toutes les têtes se dressaient vers la voûte sombre, suivant dans les airs les petites étoiles filantes formées par les avions de combat qui balayaient le ciel.
Des détonations sourdes, à plusieurs reprises, vinrent secouer les causeurs.
- Ce sont des bombes, disait-on. Mais personne ne voulait croire à la randonnée des monstres ennemis.
- Nous sommes trop bien gardés ! Ils ne pourraient pas venir. Et puis, zut ! Nous n’avons pas peur.
Cette phrase de défi justifiait toutes les audaces. Les curieux emplissaient les larges voies, interrogeant les sergents de ville.
- Où sont-ils, Monsieur l’agent ? On voudrait tout de même bien les voir. Les policiers avaient des gestes vagues et imprécis.
- Rentrez chez vous, cela vaut mieux que d’attendre les bombes.
Et, comme il se faisait tard et qu’une obscurité quasi complète enveloppait la capitale, chacun regagna son domicile en ne songeant même plus aux dirigeables allemands.
Hélas ! En ouvrant les yeux, le matin, les Parisiens furent douloureusement surpris. Un zeppelin, pour de bon, avait survolé Paris et jeté quatorze bombes sur la capitale. Les journaux, par prudence, taisaient le nom du quartier, le populeux Ménilmontant, où le crime s’était accompli, mais le secret fut bientôt celui de Polichinelle et il n’était pas dix heures que Paris montait déjà vers les lieux sinistrés. Autos de maître, taxis de louage, motocyclettes et bicyclettes escaladaient les pentes pittoresques du XXe arrondissement.
Les soldats du Kaiser avaient frappé des innocents. Ce n’était ni des monuments historiques, ni des bâtiments intéressant la pyrotechnie de la guerre, ni des casernes qui avaient été atteints. Non. C’étaient les demeures ouvrières d’un pauvre coin paisible. Des femmes, des petits enfants, des vieillards, voilà les victimes.
Si les Allemands, à bout de forces, ont voulu terroriser la population parisienne, ils se sont bien trompés ! Personne n’en a peur. Pas plus les grands que les petits. Et le mot de la situation m’a semblé être donné par une brave ouvrière qui revenait du marché, son filet à la main, et qui disait à sa voisine :
- Au fond, ce n’est pas un mal. On souffre si peu, nous autres, pendant que nos hommes se battent, qu’on oublierait presque que c’est la guerre.
Ce premier bombardement fit vingt victimes dont les obsèques furent célébrées le 7 février 1916 en l’église Notre-Dame de la Croix de Ménilmontant. Le cortège, en marche vers le Père Lachaise, s’arrêta devant la mairie du XXe où une estrade avait été dressée. L’oraison funèbre des vingt malheureux fut prononcée par le ministre de l’Intérieur Malvy, qui devait, un an plus tard, sur dénonciation de Clemenceau, être condamné au bannissement pour forfaiture. Il avait protégé les meneurs défaitistes et soutenu une feuille de liaison vendue aux Allemands : “Le Bonnet rouge”.
Son petit-fils, Martin Malvy, ancien ministre du gouvernement Cresson, est aujourd’hui porte-parole du Parti socialiste…