Ci-dessous vous pouvez écouter une émission de Serge de Beketch consacrée à cette question en 1991, avec un spécialiste.
lundi 30 juillet 2012
L’escroc Einstein, qui a pillé Poincaré
Ci-dessous vous pouvez écouter une émission de Serge de Beketch consacrée à cette question en 1991, avec un spécialiste.
lundi 25 avril 2011
La Grande Guerre / La censure et comment la tourner
lundi 4 avril 2011
La Grande Guerre / Bobards en tous genres
mardi 1 mars 2011
La Grande Guerre / Pour que l’étranger ne foule pas le pavé de Paris...
mercredi 23 février 2011
La Grande Guerre : Pour que l’étranger ne foule pas le pavé de Paris
Pendant neuf heures, le savetier de Belleville, le cultivateur de Rosporden, le berger de Corbara, le fils de famille de Hurepoix ont été plongés en enfer. Etourdis par le bruit, saoulés par la fumée, suffoqués par les gaz et les miasmes, précipités à terre et jetés les uns contre les autres, projetés en l’air et retombant, abasourdis, au milieu des débris humains qu’enterre et déterre le bombardement, océan de feu dont les vagues géantes joueraient avec les corps comme avec les galets sur le sable. Ensevelis, assommés, enlisés dans la boue glacée, les Français ont tenu, tout simplement.
lundi 31 janvier 2011
La tradition sacrée des cathédrales françaises
mardi 25 janvier 2011
Sida : un spécialiste rompt enfin la loi du silence (archive)
mercredi 8 décembre 2010
La France-de-Vichy, auxiliaire des nazis ? Un document oublié répond…
mardi 28 septembre 2010
1914-1918 : Guerre raciale ?
Et si l’absence quasi absolue de commémorations de la Grande Guerre était due au fait que, décidément, Il est impossible d’évoquer cette effroyable tuerie européenne sans montrer qu’elle fut purement et simplement inspirée par des considérations raciales auxquelles adhéraient, sans l’ombre d’un complexe, toutes les intelligences du temps, quelle que fût leur position politique ?
Quelque temps après la défaite de 1870, Gambetta écrivait dans une lettre inédite à son ami Arthur Ranc, alors réfugié à Bruxelles :
« A une époque de civilisation raffinée comme la nôtre, on ne conquiert pas les peuples malgré eux. La conquête morale n’a jamais suivi la conquête matérielle. Et là, en Alsace-Lorraine, les populations annexées, formées par ce qu’il y a de plus chevaleresque, de plus séduisant dans la culture française, résistent aux attraits de la germanisation, attraits de brutalité, d’esclavage, qu’elles ne comprennent pas (…) Ils ont meurtri le coeur de l’Europe. Tant qu’ils n’auront pas réparé cette faute, personne ne déposera les armes. La paix du monde, si nécessaire à tous les peuples, restera toujours à la merci d’un incident. »
Maurice Barrès racontait dans un article publié par Le Matin (8 mai 1915) qu’une famille restée en Alsace avait reçu d’un de ses fils qui, n’ayant pu s’évader, avait été enrôlé dans les rangs allemands, une lettre datée d’une ville du Nord dans laquelle se trouvait le passage suivant :
« Chère maman, nous manquons de pain, mais je suis en vie. Dis à père que j’ai tenu parole : je n’ai pas tiré un seul coup de fusil sur un soldat français. »
Et Barrès ajoutait qu’en travers de la carte et d’une écriture brutale, à l’encre rouge, le contrôle allemand avait ajouté ces mots : « L’auteur de cette carte a été fusillé le 10 mars par ordre de ses chefs. »
Un diplomate grec, M. Zographos, alors ministre des Affaires étrangères à Athènes, dans une interview recueillie par M. Gaston de Maizières pour Le Petit Parisien (17 avril 1915) expliquait :
« … D’où vient cette guerre (…) cette guerre satanique ? Qui l’a déchaînée ? Ce n’est pas tel prétexte fortuit, telle ambition personnelle : c’est la même force supérieure qui impose tôt où tard la réparation d’une injustice, comme elle veut que dans un corps sain les lèvres d’une plaie béante, d’elles-mêmes, se rapprochent. L’Europe entière se bat pour l’Alsace-Lorraine ; cette guerre, c’est la blessure de la France qui se ferme. »
Beau rêve dont on connaît le réveil amer.
Mais beau rêve qui fut celui de toute une génération.
Les frères Tharaud rapportaient que Jules Ferry, le politicien de gauche à qui Paul Déroulède, l’homme de droite, exposait la colère et le dégoût qu’il éprouvait à voir l’aventure coloniale détourner les âmes et les forces de l’indispensable oeuvre de revanche, s’étonnait :
« Monsieur Déroulède, vous finirez par me faire croire que vous préférez l’Alsace-Lorraine à la France. Ne pensez-vous pas qu’il serait sage de sacrifier les provinces perdues et de prendre des compensations ailleurs ? »
A quoi Déroulède répondit sèchement :
« C’est ça : j’ai perdu deux enfants et vous m’offrez vingt domestiques ! »
Le peuple entier pensait ainsi. Le Germain était un homme inachevé, d’une civilisation inférieure, brutale parce que brute, et le Nègre était un domestique plus encore qu’un enfant.
Et cette conviction était partagée par les meilleurs esprits.
par Serge de Beketch Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 106
mercredi 1 septembre 2010
La Grande Guerre : Bobards en tous genres
Un document indispensable à qui s’intéresse à la genèse des mensonges historiques et qui échappe aux foudres de la police de la pensée dans la mesure où il limite son propos à la première guerre mondiale et aux bobards qui circulaient alors, comme le gazage de sept cent mille Serbes par les Bulgares sous prétexte d’épouillage, la transformation de la graisse humaine en savon, les viols en série, l’arrachage des coeurs à mains nues et toutes autres atrocités nées dans les cerveaux détraqués des fabricants de propagande. Il est vrai que cela se passe entre 1914 et 1918, époque de jobardise, inconcevable de nos jours, où des inventions aussi invraisemblables ne feraient que soulever l’incrédulité des citoyens surinformés que nous sommes.
Mais, en ces années d’obscurantisme, ni télé ni radio n’étant là pour lutter contre la désinformation et la propagande, les esprits les plus forts y sont sensibles.
Ces bobards, Ponsonby les a répertoriés, inventoriés et vérifiés. Ainsi "l’affaire de Ramsgate".
Un certain Gordon Atto témoigna dans une lettre que sa femme, infirmière à l’hôpital de Ramsgate, avait soigné des femmes et des enfants belges victimes d’atrocités (seins coupés, mains tranchées). Une enquêtrice décida de vérifier ces faits et s’informa auprès de l’hôpital où elle apprit tout simplement que jamais aucune victime d’atrocité n’avait été soignée à Ramsgate.
Ainsi encore "l’affaire du bébé de Korbeek-Lo". Le capitaine Wilson était correspondant de guerre pour le Daily Mail qui, confessa-t-il des années plus tard, "voulait des atrocités à ce moment là".
Wilson, ayant appris le passage des troupes allemandes dans la localité de Korbeek-Lo, se dit qu’il devait bien y avoir dans cette commune un bébé. Il imagina donc l’histoire d’un bambin arraché de justesse aux Huns à la lueur des fermes en flamme. Le succès dépassa ses plus folles espérances : cinq mille lettres arrivèrent au Daily Mail de lecteurs qui posaient leur candidature pour adopter l’orphelin miraculé. La reine Alexandra elle-même s’enquit du bébé et, de partout, parvinrent des vêtements pour bébé. Le Daily Mail était enchanté.
Wilson, moins.
Dix ans plus tard, il avoua à un quotidien américain : "Je ne pouvais pas leur télégraphier en retour qu’il n’existait pas de bébé. C’est pourquoi je m’arrangeai avec le médecin qui prenait soin des réfugiés pour dire que le fichu bébé était mort de quelque maladie si contagieuse qu’il n’avait même pas pu avoir d’enterrement public".
Les vêtements expédiés par les lecteurs ne furent pas perdus. On équipa une pouponnière.
Plus amusante, cette série de titres relevée dans les quotidiens de novembre 1914 avec retour à l’envoyeur :
- la Kölnischer Zeitung ayant annoncé qu’à l’occasion de la chute d’Anvers les autorités avaient fait sonner les cloches en Allemagne, Le Matin écrivit : "Selon la Kölnischer Zeitung, le clergé d’Anvers a été contraint de sonner les cloches lorsque la forteresse a été prise" ;
- à Londres, le Times reprit l’information : "Selon des informations que Le Matin tient de Cologne, les prêtres belges qui ont refusé de sonner les cloches à la prise d’Anvers ont été écartés de leurs fonctions" ;
- le Corriere della Sera italien enjoliva la chose : "Selon le Times citant des informations de Cologne, via Paris, les malheureux prêtres belges qui ont refusé de sonner les cloches à la prise d’Anvers ont été condamnés aux travaux forcés" ;
- et Le Matin, enchanté de voir son information confirmée, y revint : "Selon une information du Corriere della Sera, via Cologne et Londres, il se confirme que les barbares conquérants d’Anvers ont puni les malheureux prêtres belges de leur refus héroïque de sonner les cloches en les pendant à celles-ci la tête en bas comme des battants vivants".
Gag ultime rapporté par Plantin : Ponsonby avait relevé cette série de bobards dans la Norddeustche Allgemeine Zeitung du 4 juillet 1915. Un an plus tard, la Norddeustche Allgemeine Zeitung republia la même histoire en invoquant l’autorité de Ponsonby...
Serge de Beketch Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 105 du 21 septembre 1996
dimanche 22 août 2010
La Grande Guerre : Héros et canailles
Avril 1916. A Verdun, le temps est exécrable. De petites pluies glacées succèdent à des tourbillons de neige fine.
Jacques Péricard, dans Le Soldat de Verdun, décrit la « misère des veilles boueuses et froides aux premières lignes ; misère des relèves pendant lesquelles on transporte le double de son poids en boue ; misère des cantonnements où l’on continue de patauger, de grelotter, où l’on ne récupère aucune vigueur nouvelle pour la remontée en ligne... »
Et pourtant, combien cette vigueur nouvelle serait nécessaire !
Tous les jours, toutes les nuits. les hommes épuisés et glacés se battent. Pour un morceau de terrain, un bout de boyau, un mètre de tranchée.
Dans les communiqués, les noms viennent et reviennent comme une litanie sanglante : Mort-Homme, tranchée de Westphalie, tranchée Corse, Les Eparges, réduit d’Avrocourt.
Un jour, ce sont les Allemands qui en chassent les Français. Le lendemain, les poilus en extirpent les Prussiens. Le jour d’après, on recommence. Il y a quelque chose d’abominablement dérisoire dans ce va-et-vient mortel. Quelque chose qui, aujourd’hui encore, rend déchirante la lecture des communiqués.
La violence des combats est dantesque, les hommes sont littéralement hachés.
Dubourdieu et Lescaud, deux soldats du 90e régiment d’infanterie placés en liaison au Mort-Homme le jour du Vendredi Saint racontent : « De ce qui restait du commandant de la deuxième compagnie, le capitaine-abbé Milon, il n’y avait pas de quoi remplir un plat de campement. »
Au même endroit, exactement, huit jours plus tard, le 30 avril, le capitaine Duchenois assistera à la scène suivante alors que les hommes tentent de barrer un boyau au bout duquel se tiennent les Allemands : « Le premier grenadier qui arrive, un soldat magnifique, le Breton Le Poulain, est tué d’une balle dans la tête au moment où il pose le sac de terre. Un autre arrive, le regarde et dit : "J’y vais !" Il prend un second sac à terre, le remplit, le place sur le premier et tombe raide mort, frappé à la tête. Un troisième grenadier s’avance. Celui-là me regarde simplement, passe et tombe... Et ainsi sept braves, sept héros que personne ne connaît, ne connaîtra jamais. Cinq paysans bretons. un cultivateur de l’Oise et un ouvrier parisien affilié à la CGT se font tuer. Mais le barrage est construit. »
Voilà ce qu’on lit, la gorge serrée, à toutes les pages de tous les témoignages sur cette guerre. Et l’on se demande de quoi étaient faits les hommes de ce temps-là pour que nous semblions, nous autres, aussi médiocres et lâches à côté d’eux.
Eh bien, ils étaient faits de la même chair que nous. Ils étaient, comme nous, de misérables petits tas de péchés, de peurs et de misères que l’amour exaltait et jetait dans l’héroïsme pur.
La preuve. La preuve, c’est qu’à l’arrière d’autres hommes du même monde, du même âge et du même sang se conduisaient comme on se conduit aujourd’hui : en abominables canailles.
Exemple : le gang des exempteurs dont le procès emplit les gazettes. Il y a, dans le box des accusés, cinquante inculpés : un politicien, un médecin, un dentiste, des gens de l’Etat-major, des rabatteurs et leurs clients.
Moyennant finances, la bande faisait obtenir, à ceux qui payaient assez, les certificats de réforme qui leur épargnaient les souffrances du front.
C’est une véritable industrie qui bénéficie de complicités jusqu’à la Chambre et à l’Etat-major. Et qui rapporte ! Le coût d’un dossier de fausse réforme est, en 1916, de quarante mille francs.
C’est cinq cent mille francs d’aujourd’hui. Cinquante millions de centimes.
Ce procès, qui mobilise magistrats et avocats pendant que la bataille de la Meuse mobilise les poilus, est sans doute l’un des épisodes les plus répugnants de cette troisième année de guerre.
Mais l’affaire est si énorme et si stupéfiante, les personnages en sont si... typés et pittoresques, que nous y reviendrons la décade prochaine.