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dimanche 29 mars 2026

Guerre d’Iran ou Troisième Guerre mondiale ?

 

Dans un article du 20 mars dernier intitulé ««Notre» guerre mondiale», Philippe Grasset cite Raphael Machado : «Dès que la guerre-Epstein (ou guerre d’Iran) a commencé, beaucoup de gens ont demandé : «Est-ce que cela peut mener à la Troisième Guerre mondiale ?» Mentalement, j’ai pensé : «Mener ? Que manque-t-il encore pour que tout le monde comprenne où nous en sommes ?» 

Si nous avons du mal à voir que nous sommes entrés dans la 3ème guerre mondiale, c’est que dans l’imaginaire collectif, une guerre mondiale est synonyme d’apocalypse nucléaire, selon Machado. Mais, de la même manière que ce n’est qu’après coup que les guerres de 1914 et 1939 ont été appelées 1ère et 2ème guerres mondiales, «il se pourrait que, dans un futur situé entre 100 et 500 ans, des historiens en viennent à désigner la période débutant, peut-être, avec l’opération militaire spéciale ou la guerre du Donbass comme la «Troisième Guerre mondiale»».

Philippe Grasset quant à lui, estime que «si la Troisième Guerre Mondiale est un autre nom donné à la Grande Crise (l’effondrement du système), effectivement, nous y sommes déjà !»

Brian Berletic, sur son site The New Atlas, arrive à la même conclusion, en analysant les documents et les faits.

Brian Berletic est, à mon sens, un des meilleurs analystes géopolitiques actuels. Il alerte, depuis une quinzaine d’années, sur l’implacable détermination des États-Unis à maintenir leur hégémonie sur le monde, en dépit de leurs dénégations opportunistes relayées par la propagande européenne. Ils sont prêts pour cela à sacrifier leurs proxys, comme on le voit en Ukraine, en Europe, en Israël, au Liban et dans les États du golfe.

Comme Brian Berletic le prouve à l’aide de documents étasuniens, le but est, quasiment depuis la chute de l’URSS, d’isoler et d’étrangler la Chine, en la privant de ses importations d’énergie et de ses alliés. Et cela sous toutes les administrations étasuniennes confondues, qu’elles soient républicaines ou démocrates…

Comme Lavrov qu’il cite, Brian Berletic considère que nous sommes entrés dans la 3ème guerre mondiale et il le démontre avec brio. Ce qu’il ne nous dit pas, malheureusement, c’est qui va gagner : l’occident collectif (+ Japon, Corée du sud, Philippines) ou les BRICS… Pour lui, c’est sans doute encore trop tôt pour le savoir.

Mais pour l’ancien ambassadeur et ancien haut responsable du ministère de la Défense Chas Freeman les États-Unis sont certainement en passe de perdre au moins cette étape de leur guerre éternelle pour l’hégémonie, parce que, à la différence de l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, l’Iran a, comme la Russie, les capacités de se défendre et, comme la Russie, il ne négociera que lorsqu’il aura atteint ses objectifs.

La «nouvelle attaque surprise que les États-Unis prévoient de lancer pendant le week-end, dans l’espoir qu’une fois les marchés fermés, leurs troupes disposeront de deux jours pour s’emparer d’infrastructures économiques stratégiques susceptibles de rassurer les négociants en pétrole, voire de jeter les bases d’une prise de contrôle du détroit d’Ormuz, est une pure folie !» ajoute-t-il.

Pour lui, le résultat de cette guerre sera catastrophique, l’Iran va se doter de la bombe nucléaire, bientôt suivi de la Turquie et de l’Égypte, et instaurer un droit de passage sur le détroit d’Ormuz.

Mais revenons à Brian Berletic. Voilà le résumé qui se trouve sous sa vidéo, passionnante de bout en bout :

•  Les médias occidentaux admettent qu’après près d’un mois de guerre d’agression menée par les États-Unis contre l’Iran, ce dernier continue de tirer environ 30 missiles par jour rien que sur Israël, ce qui indique que l’Iran dose ses tirs de missiles et que les tentatives américaines visant à réduire considérablement les capacités balistiques iraniennes ont jusqu’à présent échoué ;

•  Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a publiquement établi un lien entre les multiples guerres d’agression menées par Washington, de l’Amérique latine à l’Europe de l’Est et au Moyen-Orient, et le début de la Troisième Guerre mondiale, y voyant une tentative de «préserver les vestiges de sa domination» ;

•  Les unités expéditionnaires des Marines américains (MEU) continuent de se rapprocher du Moyen-Orient, prêtes soit à prendre d’assaut des sites situés sur ou le long des côtes iraniennes, soit à participer à l’interception des navires que l’Iran a autorisés à passer par le détroit d’Ormuz ;

•  Les frappes de drones de la CIA américaine, à partir de l’Ukraine, se sont concentrées sur Saint-Pétersbourg, en Russie, et en particulier sur les installations d’exportation d’énergie, notamment les terminaux pétroliers et les pétroliers dans le port voisin. Cela s’inscrit dans le cadre d’un blocus énergétique mondial que les États-Unis tentent d’imposer en premier lieu à la Chine, mais aussi comme moyen d’affaiblir ou de détruire les économies des partenaires les plus proches de la Chine ;

•  Les États-Unis et l’UE se partagent les tâches sous couvert d’un discours de «rupture», ce qui permet aux États-Unis de justifier le fait de concentrer davantage de leurs ressources sur l’Iran (et, en fin de compte, sur la Chine), tandis que l’UE utilise ce discours pour justifier une implication plus importante et plus directe dans la guerre avec la Russie au sujet de l’Ukraine, notamment le «blocus» récemment annoncé par le Royaume-Uni contre la «flotte fantôme» russe (fantôme parce qu’elle n’est pas assurée par la Lloyds Bank de Londres) et les saisies continues de navires de cette «flotte fantôme» par d’autres membres de l’UE.

La guerre en Iran vue de la Chine

Sur Fréquence Populaire MédiaArnaud Bertrand explique que la perception de la guerre de Pékin s’ancre dans l’histoire longue chinoise, notamment celle du «siècle de l’humiliation», ce qui la porte naturellement du côté de l’Iran. Mais la Chine a prudemment condamné les attaques iraniennes sur les pays du Golfe parce que, si 90% du pétrole iranien va en Chine, elle importe encore plus de pétrole de l’Arabie saoudite.

La Chine n’est pas trop inquiète car elle n’importe que 15% de son énergie, tandis que l’Europe importe 59% de son énergie. En plus la Chine est voisine de la Russie et elle a de grosses réserves stratégiques. Les Européens sont dans une bien plus mauvaise situation, car outre les problèmes d’approvisionnement en énergie, ils risquent d’avoir à accueillir des foules de réfugiés iraniens.

L’Iran n’a pas encore gagné la guerre mais l’Empire semble être en bien mauvaise posture. On voit se préciser la fin de la Pax América et l’émergence d’un monde multipolaire avec les BRICS, la remise en cause du pétrodollar, la montée du yuan, et de nouvelles alliances énergétiques et financières qui redessinent les rapports de force globaux, selon Arnaud Bertrand.

La facturation mondiale

Tout en transformant rapidement l’Union européenne en proxy militaire de l’Empire pour le soutenir dans ses derniers efforts en date – et espérons-le ses derniers efforts tout court – pour parvenir à la domination mondiale, la Commission européenne poursuit le développement d’institutions civiles destinées à assoir la dictature mondiale que l’Occident collectif rêve d’instaurer.

La dernière en date, est la facturation électronique. La mesure a été votée au Parlement européen avec plus de 90% d’approbation et elle sera appliquée en septembre prochain dans les États membres. Désormais, les entreprises n’auront plus le droit de produire leurs propres factures, elles devront passer par Peppol, un réseau international qui bénéficie d’un monopole de droit privé. C’est cette entité qui rédigera et enverra toutes les factures à la place des entreprises. C’est un moyen pour le pouvoir de centraliser toutes les données des entreprises – ce qui est contraire à la constitution – et d’avoir accès à toutes les factures – ce qui n’était jamais arrivé dans l’histoire.

Le processus est certes efficace et rapide mais cette rapidité se fait aux dépens de :

•  la sécurité publique : par exemple, n’importe qui pourra, grâce à l’annuaire public qui a été mis en place, envoyer des factures à n’importe qui ;

•  la liberté publique car connaître toutes les factures permettra à l’État de contrôler et même de manipuler la gestion des entreprises, sans compter que cette plateforme pourra, sur la demande des autorités, couper arbitrairement l’accès à n’importe quelle entreprise, qui sera alors réduite à la faillite, exactement comme les banques privées peuvent déjà le faire.

Il a fallu dix mois, au lieu des 30 jours légaux, et beaucoup de menaces, à Frédéric Baldan, un essayiste belge, pour obtenir de l’administration publique en charge de la facturation électronique, les documents concernant cette association de droit privé par laquelle tous les entrepreneurs européens seront bientôt désormais obligés de passer. Elle est supposée être «pan-européenne pour l’intégration européenne» selon ses statuts, mais on s’aperçoit en fait qu’elle est gérée par toute une constellation d’entreprises et de gouvernements étrangers (des Émirats arabes unis à Taïwan en passant par la Chine).

Cette loi inconstitutionnelle, qui constitue une ingérence inédite dans la gestion des entreprises privées et qui, de plus, facilite la guerre économique, a pour seul objectif de donner à la Commission un meilleur contrôle des entreprises, dans le but de faire avancer son projet totalitaire de gouvernance mondiale. Elle est un des éléments de la guerre contre les pays, les peuples et les individus qui ne veulent pas se laisser réduire en servitude par l’oligarchie financière au service de laquelle œuvrent sans répit l’administration étasunienne, l’UE et notre petit soldat à nous, Emmanuel Macron.

Pour finir, un peu d’humour avec Naïm 

Macron joue au chef de guerre

Dominique Muselet

https://reseauinternational.net/guerre-diran-ou-troisieme-guerre-mondiale/

mercredi 11 mars 2026

7 mars 1966 : la France quitte le commandement intégré de l’OTAN pour choisir l’indépendance

 

OTAN LOGO
Le 7 mars 1966 constitue une date majeure, dans l’histoire diplomatique et militaire française. En effet, ce jour-là - il y a soixante ans, exactement -, le général Charles de Gaulle annonce sa décision de voir la France quitter le commandement militaire intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Ce choix marque alors un tournant stratégique dans les relations entre Paris et Washington. La France demeure néanmoins membre de l’Alliance atlantique, mais démontre sa volonté de redevenir une puissance militaire indépendante sur la scène internationale.

OTAN contre URSS

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les tensions entre le bloc occidental et l’Union soviétique conduisent rapidement à la création de l’OTAN, le 4 avril 1949. Cette alliance militaire regroupe alors les États-Unis, le Canada et plusieurs pays d’Europe occidentale, dont la France, afin d’organiser une défense collective face à la menace des rouges. Durant les années 1950 et au début des années 1960, l’Alliance atlantique s’organise alors autour d’un commandement militaire dominé par les États-Unis. Ainsi, de nombreuses bases militaires américaines sont installées en Europe et sur le territoire français.

On retrouve ainsi plusieurs sites à Châteauroux, Metz, Marville, Chambley-Bussières, Toul-Rosières, Phalsbourg, Verdun, Sarrebourg, Étain, Bar-le-Duc ou encore Nancy. Cependant, lorsqu’il revient au pouvoir en 1958 et fonde la Ve République, Charles de Gaulle nourrit une autre ambition, pour la France : celle d’une nation pleinement souveraine dans ses choix stratégiques et diplomatiques, moins dépendante de la puissance américaine.

La lettre du 7 mars

Dès 1959, l’homme du 18 juin entreprend de retirer progressivement certaines forces françaises du commandement intégré de l’OTAN. Le processus aboutit officiellement le 7 mars 1966. Ce jour-là, le général de Gaulle adresse une lettre au président américain Lyndon B. Johnson pour lui annoncer que la France se retire du commandement militaire intégré de l’OTAN et demande le départ des forces étrangères stationnées sur son territoire.

Au total, 56 bases terrestres, 17 bases aériennes, 370 dépôts logistiques, environ 27.000 militaires et près de 37.000 personnels civils sont concernés par cette décision. Le quartier général des forces américaines en Europe, installé à Saint-Germain-en-Laye depuis 1954, ferme alors ses portes en 1967 et est transféré en Belgique. La France conserve, néanmoins, son appartenance politique à l’Alliance et demeure engagée dans la défense collective de l’Europe occidentale.

Une indépendance revendiquée

La décision du président de la République repose alors sur plusieurs motivations. D’abord, de Gaulle considère que la défense nationale doit rester entièrement sous contrôle français. Il refuse que la dissuasion nucléaire française, alors en plein développement avec la force de frappe, devenue opérationnelle en 1964, puisse être placée sous un commandement étranger.

Ensuite, le chef de l’État estime que l’intégration militaire dans l’OTAN limite la capacité de la France à mener une politique internationale indépendante. Dans un monde marqué par la guerre du Vietnam et par la confrontation entre les superpuissances, il veut éviter que la France ne soit entraînée dans des conflits décidés par d’autres puissances. De Gaulle rassure toutefois ses alliés en affirmant que sa décision ne fait que « modifier la forme de notre Alliance sans en altérer le fond ». Ainsi, la France continue de coopérer avec l’OTAN à travers divers accords militaires et stratégiques.

Le retour

Pendant près de quarante ans, tous les présidents de la République, de Georges Pompidou à Jacques Chirac, en passant par Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, maintiennent la décision du général de Gaulle et préservent cette ligne stratégique, même si certaines évolutions apparaissent. En effet, en 1995, sous la présidence de Jacques Chirac et le gouvernement d’Alain Juppé, une tentative de rapprochement avec le haut commandement est envisagée, mais elle n’aboutit pas, notamment après l’arrivée du gouvernement de Lionel Jospin en 1997.

La situation change avec l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République en 2007. En effet, le nouveau chef de l’État souhaite rapprocher la France de l’Alliance atlantique, un désir qu’il annonce officiellement devant le Congrès américain, le 7 novembre 2007. Il estime alors qu’une participation pleine et entière aux structures de l’OTAN permettrait à Paris de peser davantage dans les décisions militaires qui affectent le monde.

Après moults débats et de fortes divisions politiques, la décision est confirmée par un vote de confiance à l’Assemblée nationale, le 17 mars 2009, adopté par 329 voix contre 228. La majorité présidentielle, composée de l’UMP et de ses alliés centristes, soutient alors le projet face à l’opposition de la gauche socialiste.

Cette situation pourrait toutefois être remise en question à l’avenir si le Rassemblement national venait à remporter les prochaines élections présidentielles. En effet, le Rassemblement national défend depuis plusieurs années l’idée de revenir à la position gaullienne, en quittant le commandement militaire intégré de l’OTAN tout en restant membre de l’Alliance. Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, a régulièrement exprimé cette volonté, tandis que Jordan Bardella a indiqué que cette décision ne pourrait être envisagée qu’en dehors de toute période de guerre.

mardi 13 janvier 2026

La Russie lance sa deuxième frappe Oreshnik contre l’Ukraine, et Martyanov publie une «carte du partage tripolaire»

 

par Alfredo Jalife-Rahme

La carte, publiée par Andrei Martyanov, proche de l’armée russe, laisse pantois. Les présidents Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping se seraient partagés le monde lors de la conférence de Yalta-2 à Anchorage (Alaska), le 15 août 2025. Si les États-Unis auraient pris l’ensemble du continent américain de l’Alaska à la Patagonie, plus le Groenland et l’Islande ; la Russie aurait pris tout le continent européen, Royaume-Uni compris ; et la Chine aurait reçu toute l’Asie, l’Océanie et le Levant, y compris Israël.

Dans le contexte des tensions entre les trois superpuissances – les États-Unis, la Russie et la Chine – la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, catholique, a déclaré que malgré le différend concernant le Venezuela, Trump maintiendrait de bonnes relations avec Poutine et Xi : «Je pense que le président entretient une relation très ouverte, honnête et «bonne» avec le président Poutine de Russie et le président Xi de Chine… Il s’est entretenu avec eux à de nombreuses reprises depuis son entrée en fonction il y a un an, et je crois que ces relations personnelles se poursuivront».1

Aujourd’hui, les limites de l’irrédentisme états-unien sont les intérêts inaliénables de la Russie et de la Chine, qui fonctionnent comme un G2.

Le Financial Times rapporte que «la Chine, la Russie et l’Iran (sic !) ont envoyé des navires en Afrique du Sud en prévision de leurs exercices navals» : des exercices «BRICS-Plus pré-planifiés» font suite aux tensions croissantes liées aux opérations militaires US au Venezuela et dans l’Atlantique.2

Le monde d’aujourd’hui évolue dans le cadre d’un chaos globalisé, où subsistent ce que j’ai appelé des «fractales de paix», comme dans le cas de la libération de deux marins russes capturés à bord d’un mystérieux navire pirate (le «navire russe», qui n’était en réalité pas russe, mais ukrainien3, ce qui a valu à Moscou la gratitude de ses homologues aux États-Unis.4

Pendant ce temps, Trump, dans sa désormais célèbre interview au New York Times, a déclaré qu’«il n’existe pas de lois internationales» et que la limite de ses actions, c’est sa «moralité».5

Le fait que Trump, submergé par ses graves problèmes intérieurs, se soit lancé dans une offensive risquée aux implications mondiales ne signifie pas que la Russie (lancement de son deuxième missile hypersonique Oreshnik) et la Chine (exercices militaires récents autour de Taïwan) restent sans défense dans leurs propres sphères d’influence.

Il pourrait sembler absurde, dans ce contexte délicat de fortes tensions mondiales, que le célèbre analyste militaire russe Andrei Martyanov ait publié une carte de la division tripolaire entre Trump, Poutine et Xi Jinping, sans en préciser l’auteur.6

De fait, la carte de division tripolaire ci-dessus n’aurait aucune validité sans sa divulgation par Andrei Martyanov, qui entretient une relation étroite avec l’armée russe.

1. La sphère d’influence de Trump s’étend du Groenland à la frontière antarctique, annexions comprises ou non, englobant l’Amérique latine et les Caraïbes (représentées par le CELAC). L’absorption de l’Islande et de certains pays d’Afrique de l’Ouest (Mauritanie, Sénégal, Sierra Leone, Libéria) est surprenante.

2. La sphère d’influence de Poutine engloberait toute l’Europe, y compris le Royaume-Uni, une grande partie de l’Afrique du Nord, ainsi que la Turquie, le Caucase, le Sahel africain et les îles norvégiennes septentrionales (Svalbard). Elle trace une ligne de démarcation avec la partie chinoise, dont l’Égypte et les pays de la Méditerranée orientale (Syrie, Liban, etc.) font partie.

Et 3. La sphère d’influence de Xi Jinping comprend la Mongolie, les deux Corées, le Japon, les Philippines, toute l’Asie du Sud-Est, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le sous-continent indien (avec l’Inde et le Pakistan), l’Iran, une grande partie du Kazakhstan, l’Asie centrale, la péninsule arabique et la majeure partie de l’Afrique.

Il est frappant de constater que la «carte tripolaire» publiée par Andreï Martyanov n’a pas eu l’impact escompté. Ce qui mérite d’être souligné ici, plus encore que ces lignes de démarcation abstraites, c’est la franchise avec laquelle Andreï Martyanov l’a présentée.

Je me souviens que Newsweek avait dressé une carte montrant «comment Trump, Poutine et Xi peuvent diviser le monde».7

Ces cartes se trouvent à la croisée des chemins : entre une troisième guerre mondiale nucléaire et une négociation clandestine entre les trois superpuissances.

En cas de Troisième Guerre mondiale, il ne resterait ni carte, ni trace des êtres vivants de la création, puisque Trump lui-même a déclaré que les États-Unis ont la capacité de détruire la planète 150 fois.

source : La Jornada via Réseau Voltaire

traduction Maria Poumier

  1. «White House thinks Trump will preserve good relations with Putin, Xi, despite Venezuela», TASS, January 7, 2026.
  2. «China, Russia and Iran send ships to South Africa ahead of naval drills», Financial Times, January 9, 2026.
  3. «El «barco ruso» FAKE que siempre no fue ruso sino Ucraniano», Alfredo Jalife-Rahme, YouTube, 9 de enero de 2026.
  4. «Russia grateful to US for decision to release two Russians from Marinera crew – diplomat», TASS, January 9, 2026.
  5. «Trump Lays Out a Vision of Power Restrained Only by «My Own Morality»», David E. SangerTyler PagerKatie Rogers & Zolan Kanno-Youngs, The New York Times, January 8, 2026.
  6. «Voir la 26° minute de «Orthodox Christmas»», Andrei Martyanov, YouTube, January 8, 2026.
  7. «Map Shows How Trump, Putin and Xi Could Carve Up the Globe», John Feng and Brendan Cole, Newsweek, April 13, 2025. «Reparto del mundo : el «mapa tripolar» de Newsweek», Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 16 de abril de 2025.

https://reseauinternational.net/la-russie-lance-sa-deuxieme-frappe-oreshnik-contre-lukraine-et-martyanov-publie-une-carte-du-partage-tripolaire/

lundi 27 octobre 2025

La part mafieuse de l’État profond

 

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La chronique flibustière de Georges Feltin-Tracol 

Commissaire général de la Police nationale, diplômé de Sciences – Po Paris, de criminologie et en droit, Jean-François Gayraud a déjà signé plusieurs ouvrages dont Le Monde des mafias : géopolitique du crime organisé (Odile Jacob, 2005) et L’art de la guerre financière (Odile Jacob, 2016). Le plus récent, paru en octobre 2023, concerne La Mafia et la Maison Blanche. Un secret si bien gardé de Roosevelt à nos jours (Plon, 574 p., 24,90 €).

En s’appuyant sur une riche bibliographie de vingt pages, il étudie ce qu’il qualifie de « part d’ombre de la démocratie américaine », à savoir le rôle du crime organisé auprès des présidents des États-Unis d’Amérique à partir de Franklin Delano Roosevelt (1933 – 1945). Ainsi s’intéresse-t-il aux présidences de Roosevelt, de Truman, de Kennedy, de Johnson, de Nixon, de Reagan, de Clinton, d’Obama, du premier Trump et de Biden. « En revanche, avertit-il, nous n’aborderons pas 5 d’entre elles (Eisenhower, Ford, Carter, Bush père puis fils). Ce silence sur ces périodes n’est pas le fait d’un choix ou d’un oubli, mais s’explique par l’absence de sources crédibles. En effet, au fil des années, nos recherches n’ont jamais fait apparaître de traces suffisamment pertinentes. Au demeurant, ce vide doit être interprété avec prudence, puisque l’absence de preuve n’est pas toujours la preuve de l’absence ». Il souligne plus loin que      « la dynastie Bush a suscité des interrogations quant à certains aspects de ses intérêts dans le monde du pétrole, de la finance ou de l’armement, aux États-Unis et à l’étranger. Cependant, rien qui ne concerne directement la Mafia ».

Jean-François Gayraud estime que « la haute criminalité est une dimension oubliée de la grande histoire ». Son « livre propose donc d’éclairer l’histoire politique visible par l’apport d’une histoire invisible et de l’invisible, cachée, au profit d’une histoire épaisse et profonde ». Son travail, très fouillé, s’accompagne en fin de volume d’un appareil critique de notes de soixante-trois pages.

Il observe que la « criminalisation aurait provoqué l’émergence d’un sixième pouvoir – après le législatif, le judiciaire, l’exécutif, la presse (quatrième) et le militaire/renseignement (cinquième) – capable d’influencer en profondeur le gouvernement, le droit, l’économie, les valeurs, les goûts, les mœurs : le crime organisé, jouant le rôle d’un “ gouvernement d’appoint ”, indépendant des autres pouvoirs ». Son expertise l’amène à analyser sa structure interne. La Mafia n’est pas un ensemble monolithique. C’est plutôt une société secrète criminelle dont l’unité de base repose sur la « Famille ». « Il ne s’agit pas d’une réalité biologique, précise-t-il, mais d’une construction par un processus d’initiation. Une Famille n’est donc pas constituée par des individus ayant tous un lien familial biologique (père, fils, cousin, oncle, neveu, etc.), mais par des hommes de sexe masculin [sic !], catholique et d’ascendance italienne, ayant été choisis pour intégrer cette nouvelle entité qui forme désormais leur nouvelle “ Famille ”. » Les groupes mafieux nord-américains se coordonnent plus ou moins avec de nombreuses nuances suivant les périodes, les objectifs visés et la personnalité de leurs chefs respectifs. Mais la figure du « Parrain » représente surtout une belle diversion. Par exemple, « la direction de la Famille de Chicago est traditionnellement collégiale. Al Capone puis Frank Nitti ne sont que des boss en titre. Le vrai pouvoir s’exerce de manière plus collective en coulisse. Ce leurre permet aux vrais chefs d’œuvrer à moindre risque. Ces boss de l’ombre sont alors Paul Ricca, Tony Accardo et Murray Humphreys ».

On croit souvent que le berceau de la Mafia italo-américaine se trouve à New York ou à Chicago. Erreur ! Les lecteurs férus des polars étatsuniens savent que son foyer originel se situe à La Nouvelle-Orléans. En raison de cette ancienneté, la Famille de cette ville dispose d’une autonomie certaine et couvre autant la Louisiane que le Texas.

Dans un long chapitre, Jean-François Gayraud revient sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy en 1963 à Dallas. Pour lui, l’acte est commandité par la Mafia avec l’aide technique d’agents recrutés par la CIA pour des opérations clandestines anti-castristes à Cuba. À la fin de la décennie 1950, Mafia et CIA collaborent de manière ponctuelle sous la supervision lointaine du vice-président Richard Nixon. L’auteur revient en outre sur le rôle effacé du FBI dans la lutte anti-Mafia en raison des consignes de modération ordonnées par son tout-puissant directeur de 1924 à 1972, John Edgar Hoover. Ce dernier façonne le FBI en police politique et non pas en une force destinée à combattre les malfrats. La Mafia le tenait-elle grâce à des dossiers compromettants sur ce parieur frénétique des courses hippiques et sa vie privée ?

L’action du FBI en tant que police politique répressive s’efface grâce au cinéma qui l’enjolive en institution probe et courageuse. Il faut néanmoins savoir que la Mafia contrôle l’industrie cinématographique et le divertissement de masse. Le futur 40e président des États-Unis, acteur de profession à l’origine, Ronald Reagan, fut longtemps le président du principal syndicat des acteurs, la Screen Actors Guild (SAG), noyauté par les mafieux bien qu’« en Californie, la Famille présente à Los Angeles est faible en nombre et en organisation, et elle fonctionne sous la domination de celle de Chicago. La Californie, à l’image du Nevada, a toujours été un territoire plus ou moins ouvert à toutes les Familles; là, la Mafia emploie un plus grand nombre d’avocats, de banquiers et d’investisseurs, une technique lui permettant ainsi une présence plus diffuse et surtout très intégrée aux élites économiques. Elle est en fait souvent indissociable du big business ».

Bien que modelé par le milieu, le 7e art ose parfois évoquer certains sujets connexes tels le film de Doug Liman Barry Seal. American Traffic (2017). Pilote talentueux, Barry Seal transporte des tonnes de cocaïne aux États-Unis au profit du cartel colombien de Medellin et en liaison avec la CIA. Il fuit vite la Louisiane et s’installe en Arkansas qui « sert alors de base arrière pour les transferts d’armes orchestrés par la CIA au profit des Contras au Nicaragua, ainsi que leur entraînement militaire ». On est à l’origine du fameux scandale de l’Irangate. Jean-François Gayraud signale qu’« à partir des années 1980, l’Arkansas devient “ une petite Colombie ”, un épicentre du trafic international de cocaïne. L’État est miné de l’intérieur par une narco-corruption endémique, protégée aux plus hauts niveaux de responsabilité. L’expression de “ narco-État ” n’est pas exagérée, tant la corruption née du trafic de la drogue y est répandue (p. 395) ». Bill Clinton, futur 42e président étatsunien (1993 - 2001), y exerce d’abord la fonction de procureur général (ministre de la Justice) de 1977 à 1979, avant d’en devenir le gouverneur à cinq reprises (1979 – 1981 et 1983 - 1992).

On peut toutefois regretter que l’auteur ne mentionne pas les relations étroites entre la Mafia, par l’intermédiaire du cinéma, et d’une part du « cinquième pouvoir », à savoir le complexe militaro-médiatique, grand instigateur du « cinéma de sécurité nationale » (Jean-Michel Valantin). Jean-François Gayraud n’hésite pas pourtant à citer les travaux de Peter Dale Scott sur l’« État profond ». Craint-il de s’éparpiller ou de s’aventurer sur des terrains glissants et obscurs ? D’éclairer les coulisses de l’histoire apparente ?

Il évoque cependant un roman de politique-fiction paru à Chicago en 2000. On relève des similitudes troublantes avec l’ascension de Barack Obama, élu de l’Illinois et donc de… Chicago. On oublie qu’Obama fut le sénateur local de 1997 à 2004. L’auteur d’America’s First (Research Association School Times PublicationsFrontline Distribution International, 351 p., Chicago)), Charles D. Edwards a alors 31 ans. Ce Noir a grandi au Queens à New York. Il déménage et travaille à la mairie de… Chicago. Ce roman raconte l’arrivée au pouvoir à 46 ans de Calvin Smart. Bon orateur et juriste noir brillant, marié à Audrey, elle-même juriste, il atteint la fonction de président pro tempore du Sénat, soit le 4e personnage de l’État. Le président des États-Unis meurt d’une attaque cardiaque. Puis son vice-président devient le 44e président. Mais il meurt aux côtés du speaker de la Chambre des représentants (le 3e personnage de l’État) dans un attentat à Londres. Calvin Smart arrive à la Maison Blanche. Depuis toujours, le nouveau président fréquente la féroce Famille Giovinci et reçoit de fortes pressions de la Mafia afin de ne pas légaliser les drogues.

Entrepreneur immobilier à New York, Donald Trump doit rencontrer pour ses affaires des membres du milieu. Il y est contraint parce que « durant trois décennies (1970 – 1990), les cinq Familles de New York disposent d’une mainmise quasi absolue sur le marché du bâtiment et de la construction (BTP) à New York. […] La Mafia contrôle tous les métiers liés au secteur : le béton évidemment, mais aussi la maçonnerie, la plomberie, les fenêtres, la peinture, la menuiserie, etc. » Père spirituel de Trump, l’avocat Roy Cohn, démocrate, juif et homosexuel, « représente un lien unique vers la Mafia et les syndicats sans qui ses projets immobiliers ne peuvent prospérer sans heurt. Il est l’homme des contacts sensibles et des pots-de-vin, celui qui achète la paix et forge les alliances politiques et mafieuses ». Faute de preuves solides, Jean-François Gayraud ne fait qu’effleurer la présence insistante de quelques membres de la pègre russophone dans la proximité de l’homme d’affaire.

La Mafia et la Maison Blanche raconte plus d’un demi-siècle d’histoire souterraine passionnante. Il confirme le caractère ploutocratique des États-Unis d’Amérique. L’auteur explique bien en note que « le système démocratique américain est devenu malade en raison du pouvoir des lobbys et de l’argent – deux phénomènes liés – qu’une décision de la Cour suprême de 2010 (Citizen United vs Federal Election Commission) a conforté. Désormais, les entreprises privées et les syndicats peuvent participer au financement des campagnes sans limitation de versements. La corruption politique a été ainsi en partie légalisée ». Du fait de sa dépendance intrinsèque aux puissances financières, les États-Unis d’Amérique, par-delà la dimension mafieuse de l’État profond, sont très certainement – et de loin ! – le principal État-voyou de la planète.    

Salutations flibustières !

• « Vigie d’un monde en ébullition », n°171, mise en ligne le 23 octobre

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2025/10/24/la-part-mafieuse-de-l-etat-profond-6567774.html

jeudi 21 août 2025

La Russie n'a PAS envahi l'Ukraine

 

Un mensonge flagrant est devenu réalité dans le monde occidental. Ce mensonge est que la Russie a envahi l'Ukraine. Je vais vous fournir des faits historiques faciles à vérifier.

Lorsque Washington a renversé le gouvernement ukrainien en 2014 et installé un fantoche, il s'est appuyé sur les « bandériens » pour pousser le gouvernement à l'hostilité envers les régions d'Ukraine peuplées par les Russes, comme la Crimée et le Donbass, qui faisaient autrefois partie de la Russie. Que les « bandériens », disciples de Stepan Bandera, soient ou non des néonazis, ils sont assurément hostiles aux Russes.

Le conflit en Ukraine a débuté en 2014 par des agressions de rue contre des Russes dans le Donbass et des tentatives du gouvernement d'interdire l'usage de la langue russe et d'autres interdictions dans les zones russes. Ces agressions de rue ont rapidement évolué vers des tirs d'artillerie sur les villes du Donbass et l'occupation du territoire par des milices ukrainiennes arborant des insignes nazis. Pour se protéger, le Donbass s'est divisé en deux républiques indépendantes – Louhansk et Donetsk – et a formé des paramilitaires pour se défendre.

En 2014, Donetsk et Louhansk ont voté massivement pour leur réintégration à la Russie, comme la Crimée, mais Poutine a refusé. Il s'est appuyé sur les accords de Minsk, signés par l'Ukraine et les républiques indépendantes, et que l'Allemagne et la France étaient censées appliquer. Cet accord, parrainé par la Russie, maintenait le Donbass au sein de l'Ukraine, mais accordait une certaine autonomie, notamment une police et des tribunaux indépendants pour protéger les droits des habitants russes. Poutine s'est naïvement appuyé sur les accords de Minsk, dont la chancelière allemande et le président français ont plus tard affirmé qu'ils avaient été utilisés pour tromper Poutine, tandis que les États-Unis construisaient et équipaient une importante armée ukrainienne.

Fin 2021, cette armée était prête à envahir le Donbass, dont une grande partie était déjà sous occupation ukrainienne, et à le réintégrer de force à l'Ukraine sans aucune autonomie. Face aux abus et aux possibles massacres de la population russe, Poutine et son ministre des Affaires étrangères Lavrov ont tenté, entre décembre 2021 et février 2022, d'obtenir un accord de sécurité mutuelle avec l'Occident qui exclurait l'Ukraine de l'OTAN et contribuerait à la sécurité mutuelle en normalisant les relations entre la Russie et l'Occident. Le régime Biden, l'OTAN et l'UE ont catégoriquement refusé. Le conflit a suivi ce refus.

Voyant l'avenir et incapable de l'éviter, la Russie a officiellement reconnu les républiques du Donbass. Cela a permis à Donetsk et Louhansk de demander à la Russie de leur venir en aide, ce que Poutine a fait à la dernière minute, huit ans trop tard. Invitée dans le Donbass, la Russie n'a même pas envahi le Donbass, et encore moins l'Ukraine.

Poutine a qualifié l'intervention russe d'« opération militaire spéciale » limitée au retrait des troupes ukrainiennes des zones russes. Sept mois après le début de l'intervention militaire, le 30 septembre 2022, la Russie a réintégré les zones russes de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson à sa souveraineté. Les combats terrestres se sont limités au retrait des troupes ukrainiennes du territoire qui fait à nouveau partie de la Russie.

Demandez-vous comment et pourquoi la vérité a été remplacée par un mensonge. La réponse est que ceux qui profitent de la guerre fournissent la propagande de guerre.

Maintenant, demandez-vous pourquoi cela est important. La réponse est que la propagande constitue un obstacle à la compréhension et à une solution diplomatique pacifique à un conflit qui peut facilement dégénérer en une guerre plus vaste.

La propagande selon laquelle l'invasion de l'Ukraine par Poutine, dictateur et criminel de guerre maléfique, est la première étape de la reconstruction de l'Empire soviétique, limite la capacité de Trump et de Poutine à améliorer les relations Est-Ouest. Déjà, les médias occidentaux, à la solde de Trump, hurlent que Trump trahit l'Ukraine, que Trump trahit l'Europe, que Trump n'est qu'une pâte à modeler entre les mains de Poutine. Ces slogans, et d'autres encore, seront utilisés par les néoconservateurs sionistes et le complexe militaro-sécuritaire américain pour semer la discorde entre Trump et ses partisans. Les Américains ont été endoctrinés à considérer la Russie comme un ennemi depuis 75 ans. Cette croyance est institutionnalisée.

Progresser vers des relations pacifiques exige des reportages honnêtes et la correction de croyances établies et erronées. Est-ce possible alors que les néoconservateurs bien placés, partisans de l'hégémonie américaine, défendent leurs intérêts et que le complexe militaro-sécuritaire est déterminé à protéger son pouvoir et ses profits ? Trump ne peut espérer que peu d'aide de la part des médias. Les Russes naïfs ne devraient pas se laisser emporter par leurs espoirs d'un compromis avec l'Occident. De puissants obstacles entravent les espoirs russes, et les Russes n'ont aucun moyen de les lever. Il est peu probable que Trump y parvienne.

Maintenant, posez-vous une dernière question : pourquoi est-ce PCR qui défend le bon sens et la vérité ? Pourquoi ne sont-ce pas la communauté de la politique étrangère américaine, le Kremlin, les médias chinois, russes, occidentaux, le gouvernement allemand, le gouvernement britannique, le gouvernement indien ? Pourquoi les partisans de Trump ne défendent-ils pas ces arguments ? Je ne suis qu’une voix parmi d’autres, facilement qualifiée d’« agent/dupe de Poutine » par le Washington Post, CNN, Fox News, NPR, BBC, MSNBC, le New York Times, le Wall Street Journal, The Guardian, et le reste des médias prostitués et d’une multitude de sites internet sponsorisés par des fauteurs de guerre. La normalisation des relations entre l’Occident et la Russie nécessitera de nombreuses voix. Où sont-elles ?

Remarque : Les prostituées de la BBC et du reste de la presse prostituée affirment à tort que la restitution de la Crimée, du Donbass, de Zaporijia et de Kherson à la citoyenneté russe par la Russie est illégale. Or, cette restitution est parfaitement légale au regard des règles internationales d'autodétermination. La Crimée, le Donbass, Zaporijia et Kherson ne font aucun effort pour revenir à l'Ukraine.

PAUL CRAIG ROBERTS  18 AOÛT 2025

 Source : paulcraigroberts 

https://numidia-liberum.blogspot.com/2025/08/la-russie-na-pas-envahi-lukraine.html#more

mercredi 13 août 2025

Le plus grand vol de tous les temps: les brevets allemands tombent entre les mains des États-Unis

 

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Stephanie Eckhardt

Source: https://dissident.one/de-grootste-roofoverval-aller-tijde...

"Après la guerre, les États-Unis ont volé des centaines de milliers de brevets allemands, sans lesquels leur ascension au rang de puissance mondiale aurait été pratiquement impossible, et ont kidnappé nos meilleurs inventeurs. L'un d'entre eux en particulier est entré dans l'histoire", écrit Stephanie Eckhardt.

Des réalisations scientifiques et des inventions techniques qui ont changé le monde : les Américains étaient eux aussi conscients du génie allemand et ont commis en 1945 l'un des plus grands vols de leur histoire en s'emparant de la propriété intellectuelle de chercheurs et de penseurs allemands.

Des milliers de techniciens ont dû traverser l'océan

Le Reich allemand était de loin supérieur à tous les autres pays dans les domaines scientifique et technologique. Entre 1900 et 1945, il a reçu pas moins de 47 prix Nobel, dont la plupart en physique, chimie et médecine (parmi lesquels Max Planck, Werner Heisenberg, Robert Koch et Wilhelm Conrad Röntgen). Il disposait en outre d'une incroyable richesse en matière de recherche innovante et de procédés industriels.

La nuit et dans le brouillard

Décembre 1943: dans l'obscurité et la neige mouillée, des soldats de la Wehrmacht aident le Bureau des brevets du Reich à cacher des dossiers secrets à Heringen, en Hesse. Ils conservent les documents dans un puits de mine de sel de plus de 500 mètres de profondeur et empilent d'innombrables fûts de produits chimiques dessus. Ce trésor contenait au moins 250.000, voire 320.000 inventions ; les hommes transportèrent 180.000 documents supplémentaires en Basse-Silésie, au monastère de Striegau et dans la ville de Jauer.

Avril 1945: des milliers de soldats américains et de spécialistes américains fouillèrent les usines allemandes à la recherche de machines et d'inventions techniques et confisquèrent les trésors cachés à Heringen. Par mesure de précaution, une équipe américaine microfilma les brevets : le papier risquait de se désagréger et il y avait des centaines de milliers de pages qui ne pouvaient pas être transportées rapidement. Ils chargèrent ensuite les dossiers dans des wagons de marchandises et les expédièrent aux États-Unis, avec plus de 145.000 dossiers de brevets incomplets provenant de l'autorité centrale de Berlin. Enlèvements : les Américains emmenèrent des milliers d'ingénieurs et de scientifiques allemands outre-Atlantique afin qu'ils utilisent les machines, pour la plupart inconnues, et poursuivent leurs recherches.

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Ce fut le pillage d'une nation vaincue

Ce pillage comprenait également des développements militaires allemands tels que des armes nucléaires, des missiles, des avions à réaction et des sous-marins. Comble de l'audace, le président américain Truman s'est attribué le mérite du travail d'autrui : « Nous avons inventé la bombe atomique », a-t-il menti dans un discours télévisé après les attaques nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, passant sous silence les travaux fondamentaux d'Otto Hahn (photo). Le lauréat du prix Nobel de 1944 a été qualifié de « père de la chimie nucléaire » et est l'un des scientifiques les plus importants du 20ème siècle.

Un butin considérable

Les pillards américains ont fouillé des centaines de milliers de documents secrets précieux, dont voici quelques exemples :

- Contrairement aux ampoules américaines, les tubes en fibre de porcelaine dite « lourde » sont indestructibles et peuvent produire mille watts.

- Des bandes magnétiques en plastique, métallisées à l'oxyde de fer, avaient déjà remplacé les disques gramophone en Allemagne.

- Des appareils de vision infrarouge permettant aux voitures de rouler dans l'obscurité à n'importe quelle vitesse. Ils pouvaient détecter tout obstacle à 200 mètres, les chars pouvaient repérer des cibles lointaines et les tireurs embusqués pouvaient viser dans l'obscurité totale.

- Des condensateurs électriques sophistiqués, dont des millions étaient nécessaires pour l'industrie du radar et de la radio : les Allemands les avaient fabriqués à partir de papier recouvert de zinc vaporisé, ce qui les rendait 40 % plus petits et 20 % moins chers que ceux de la concurrence, et en outre pratiquement indestructibles. En cas de panne, le revêtement s'évaporait et isolait le papier. Le condensateur se réparait ainsi tout seul et fonctionnait, même en cas de dysfonctionnement, à une tension 50 % supérieure à celle de tout autre appareil disponible sur le marché mondial. Pour les experts américains, cette invention allemande semblait relever de la magie.

- Une longue série de processus chimiques pour la production de carburants synthétiques, de caoutchouc, de textiles et de cuir synthétique, ainsi qu'un procédé révolutionnaire de traitement des métaux, appelé « procédé d'éjection à froid », utilisé par exemple pour les cadres de radio. Auparavant, les Américains devaient les produire en plusieurs étapes à l'aide d'une machine à découper, perforer des trous et les ajuster, tandis que les Allemands réduisaient le temps de production de mille fois avec une seule presse. Ce petit secret de fabrication a à lui seul révolutionné l'industrie métallurgique aux États-Unis.

- Une multitude d'instruments de précision et de brevets dans les domaines de la chimie, de la physique et de l'électronique ont fait entrer les Américains dans la course au dollar, à l'instar de Picsou. Jamais auparavant ni depuis lors ils n'avaient vu une telle collection de spécifications de fabrication secrètes pour les combustibles liquides et solides, la métallurgie, les produits chimiques, les plastiques et les peintures.

- Les découvertes dans les domaines de la médecine et de l'alimentation n'étaient pas moins révolutionnaires. Les Allemands avaient déjà mis au point une technologie avancée de conservation et de congélation pour nourrir les équipages de leurs sous-marins, qui allait rapporter des milliards à l'industrie alimentaire. Les pillards américains ont également exploité les secrets des pharmacologues et des médecins allemands pour produire du plasma sanguin synthétique et de nouveaux médicaments.

Les hommes d'affaires américains se sont jetés comme des vautours sur les brevets après que le président Truman les ait rendus publics. La Bendix Corporation, dans l'Indiana, a racheté le changeur automatique de disques, Pillsbury a mis la main sur toute la production allemande de farine et de pain, la Kendall Manufacturing Company s'est enthousiasmée pour nos insecticides et une société pionnière de l'Iowa, la Hi-Bred Corn Company, voulait tout ce que les chercheurs de l'université agricole de Hohenheim avaient découvert. Pacific Mills a réclamé le produit d'IG Farben, qui peut être utilisé pour rendre le rayonne imperméable et infroissable, et la Polaroid Company a repris les inventions de Zeiss. En bref, les inventions allemandes ont rapporté des profits incommensurables aux fabricants américains. À titre de comparaison, les dommages considérables subis par l'Allemagne ne peuvent être quantifiés à ce jour.

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La Lune est allemande

Les voleurs de Truman s'intéressaient toutefois surtout à la technologie aéronautique et spatiale allemande, en particulier à son leader, Wernher von Braun. « La fusée V2 qui a bombardé Londres », selon une publication de l'Army Air Force, « n'était qu'un jouet comparé à ce que les Allemands avaient encore dans leur sac ». À la fin de la guerre, l'Allemagne avait 138 types de fusées en cours de développement et de production. La fusée A-4 de Wernher von Braun (photo), qui devait être produite en série, mesurait 14 mètres de long, pesait plus de douze tonnes, pouvait atteindre une altitude de 100 kilomètres et une vitesse maximale de plus de 5000 kilomètres à l'heure. Son secret résidait dans un moteur à oxygène liquide. En d'autres termes, un bombardier à longue portée capable de voler de l'Allemagne à New York en 40 minutes, ce qui aurait permis à l'armée de l'air d'attaquer Moscou à l'avenir.

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À la fin de la guerre, les Allemands avaient mis au point 138 missiles.

Mai 1945 : les experts allemands sont interrogés par les Américains à Garmisch-Partenkirchen – ces derniers s'intéressent exclusivement à la technologie des missiles, et non au passé nazi des experts. Wernher von Braun lui-même ne vint toutefois pas en Haute-Bavière et fut emmené en juin 1945 à Witzenhausen, dans le nord de la Hesse, où les Américains avaient également transféré les ingénieurs en fusées de Thuringe avant que cette région ne tombe sous occupation soviétique, comme convenu lors de la conférence de Yalta. Von Braun resta sous étroite surveillance avec Walter Dornberger et d'autres ingénieurs jusqu'à ce qu'ils soient tous emmenés par les Yankees aux États-Unis en septembre 1945 (opération connue sous le nom d'Opération Overcast).

Au Texas, ils étaient sous la surveillance de l'armée américaine. Au début de l'année 1946, plus d'une centaine d'ingénieurs en fusées avaient été amenés par avion pour transmettre leurs connaissances aux Américains. Lorsque Wernher von Braun a voulu rendre visite à sa famille en Allemagne en 1947 et s'y marier avec sa fiancée, il a été placé sous surveillance militaire permanente. Il se maria dans son pays natal en mars 1947, mais lui et sa femme durent ensuite retourner outre-Atlantique.

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Von Braun resta aux États-Unis ; il n'y avait pas de retour possible. Il fit considérablement progresser le programme spatial américain et la technologie des fusées, était responsable de plus de 1000 employés en 1953 et obtint la nationalité américaine en 1955. Il développa d'autres fusées, telles que la fusée Jupiter (photo, ci-contre) à moyenne portée avec des munitions à guidage de précision et une portée de 2410 km.

En juillet 1958, la NASA (National Aeronautics and Space Administration) a été fondée sous la direction de von Braun et de son équipe. Ils ont permis aux États-Unis d'envoyer pour la première fois un astronaute dans l'espace. Wernher von Braun a convaincu le président américain John F. Kennedy de travailler à un alunissage et a construit pour lui la fusée Saturn V, le lanceur nécessaire à cette fin. En juillet 1969, la mission Apollo 11 a permis aux premiers hommes de voler vers la Lune. « La Lune est américaine », titrait alors le journal Bild. Mais, en réalité, elle est allemande !

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2025/08/12/le-plus-grand-vol-de-tous-les-temps-les-brevets-allemands-tombent-entre-les.html

mercredi 23 juillet 2025

L’Ukraine pourrait devenir l’Afghanistan de Trump

 

par Pierre Duval

La position de Donald Trump sur l’Ukraine rappelle l’enlisement de Biden en Afghanistan. Pour Bloomberg, ce constat est évident.

«L’Ukraine risque de devenir pour Trump ce que l’Afghanistan a été pour Biden», titre Bloomberg. Avec le conflit ukrainien, Donald Trump est confronté à des défis. Il risque d’être blâmé aussi dans son camp si la guerre se poursuit. Ainsi, il tente de concilier les opinions des partisans du mouvement MAGA (Rendre sa grandeur à l’Amérique) avec la nécessité de stopper Vladimir Poutine. «Des comparaisons avec la guerre en Afghanistan émergent», stipule le média financier anglophone. C’est que les républicains ont été mis en garde contre le blocage de l’aide à l’Ukraine. Observateur Continental a pointé du doigt un net revirement de Trump sur ce conflit.

«À première vue, l’engagement américain en Ukraine n’a que peu de points communs avec la guerre de vingt ans en Afghanistan, notamment en raison de l’absence de troupes américaines sur le terrain en Europe», note le média anglophone : «Il existe pourtant des similitudes avec le président Donald Trump : résoudre le conflit s’avère complexe, et plus il perdure, plus il risque de se retrouver accablé par la responsabilité – et potentiellement par la culpabilité». À son apogée, les États-Unis comptaient 100 000 soldats en Afghanistan et près de 2500 militaires américains ont péri au cours de cette guerre de 20 ans. Finalement, les États-Unis n’ont pas réussi à arrêter les Taliban et le président Joe Biden a été accusé d’un retrait américain, que Trump avait préparé dès son premier mandat.

Faut-il se souvenir que Trump s’était engagé à «résoudre» le conflit en 24 heures s’il est réélu ? Et que Trump a vigoureusement cherché à s’en distancier, répétant à plusieurs reprises que la guerre n’aurait jamais eu lieu sous sa direction en suggérant qu’il n’était pas responsable de son issue. Observateur Continental clôturait le débat : «Trump est devenu le président de la guerre». Le quotidien financier anglophone fait ressortir la position risquée de Trump. D’une part, agir davantage dans le conflit en Ukraine provoquerait l’ire de la base de Trump, le mouvement «Rendre sa grandeur à l’Amérique». Et, si Trump permet à la Russie de progresser régulièrement, tout en retardant l’octroi d’une aide supplémentaire, cela pourrait le faire paraître faible et lui valoir des accusations de ne pas avoir fait assez pour arrêter Poutine.

«Trump est aux commandes de la politique américaine depuis près de six mois et la guerre continue, et maintenant, c’est à lui de jouer», a lancé, selon Bloomberg, John Herbst, ancien ambassadeur des États-Unis en Ukraine, aujourd’hui membre de l’Atlantic Council. «Il comprend qu’il pourrait se faire gronder si Poutine l’emportait sous sa direction».

Selon le média anglophone, «le conflit en Ukraine arrive à sa quatrième année et peu d’analystes prédisent un effondrement massif du gouvernement ukrainien ou une prise de contrôle de l’ensemble du pays par la Russie». Pour les républicains, l’heure est venue de faire un choix : à moins de vouloir être tenus responsables de la chute de Kiev comme Biden l’est de celle de Kaboul. L’accord précipité de Trump pour soutenir l’Ukraine constitue une grave erreur qui devrait saper également le désir de Trump d’être perçu comme un artisan de la paix.

Trump se trouve coincé déjà dans le marécage ukrainien. Certains de ses plus fervents partisans du mouvement MAGA, dont son allié Steve Bannon, soutiennent exactement le refus de soutenir Zelensky. Une implication américaine plus poussée serait fatale pour Trump.

source : Observateur Continental

https://reseauinternational.net/lukraine-pourrait-devenir-lafghanistan-de-trump/

Guerre par procuration en Ukraine : Trump reprend là où Biden s’était arrêté

 

par Brian Berletic

Malgré ses promesses de mettre fin aux ingérences étrangères, l’administration Trump a intensifié la guerre par procuration menée par les États-Unis en Ukraine dans le cadre d’une stratégie plus large visant à préserver la domination mondiale américaine et à faire face à la montée en puissance des forces multipolaires.

L’annonce faite par le président américain Donald Trump que son administration reprendrait exactement là où l’administration Biden avait laissé, et continuerait à envoyer des milliards de dollars d’armes et de munitions à l’Ukraine, a surpris les commentateurs et une grande partie de l’opinion publique.

Les précédentes tentatives de l’administration Trump pour contraindre la Russie à un cessez-le-feu et mettre en place une zone tampon de type syrien en Ukraine ont été interprétées à tort par beaucoup comme des efforts sincères pour mettre fin au conflit.

Une analyse attentive montre toutefois qu’avant même l’entrée en fonction du président Trump, il était clair qu’il n’existait aucune volonté de mettre fin au conflit à Washington ou à Wall Street, notamment au sein de la nouvelle administration Trump.

Au contraire, les États-Unis cherchent simplement à geler la guerre en Ukraine dans le cadre d’une approche plus large appelée «séquençage stratégique», dans laquelle ils consacrent la majorité de leurs ressources au démantèlement de l’État-nation iranien et au confinement de la Chine dans la région Asie-Pacifique avant de revenir finalement à un conflit plus agressif et plus direct avec la Russie.

Ces politiques ont été documentées dans des documents couvrant plusieurs décennies, notamment par un certain nombre de groupes de réflexion associés spécifiquement au président Trump lui-même, tels que la Marathon Initiative (cofondée par Elbridge Colby, actuel sous-secrétaire américain à la Défense chargé de la politique sous le président Trump), le Project 2025 de la Heritage Foundation et l’America First Policy Institute – qui identifient tous la Russie, l’Iran, la Chine et la RPDC comme des «menaces» auxquelles les États-Unis doivent faire face.

Ces groupes de réflexion servent d’interfaces entre l’administration Trump et des institutions bien établies financées par les intérêts les plus importants et les plus influents de l’Occident collectif, où la politique étrangère dominante des États-Unis visant à assurer la primauté américaine dans le monde est simplement copiée-collée dans ces groupes de réflexion avant d’être rebaptisée et vendue au public sous les slogans «Make America Great Again» (MAGA) ou «America First».

La primauté mondiale à tout prix : le seul objectif passé, présent et futur de Washington

La poursuite de la primauté mondiale des États-Unis a été l’objectif géopolitique primordial des États-Unis tout au long des XIXe, XXe et XXIe siècles, la version la plus récente de cette politique trouvant ses racines dans la fin de la guerre froide et la mise en place de stratégies visant à empêcher l’émergence de tout concurrent de force égale ou presque égale à travers le monde. Le New York Times, dans son article de 1992 intitulé «U.S. Strategy Plan Call for Insuring no Rivals Develop» (Le plan stratégique américain vise à empêcher l’émergence de rivaux), expliquait :

«… la mission américaine sera de «convaincre les concurrents potentiels qu’ils n’ont pas besoin d’aspirer à un rôle plus important ou d’adopter une posture plus agressive pour protéger leurs intérêts légitimes». Le document classifié plaide en faveur d’un monde dominé par une superpuissance dont la position peut être perpétuée par un comportement constructif et une puissance militaire suffisante pour dissuader tout pays ou groupe de pays de contester la primauté américaine».

Dans une section de l’article intitulée «Rejecting Collective Approach» (Rejet de l’approche collective), le NYT déclare :

«En mettant l’accent sur ce concept de domination bienveillante par une seule puissance, le document du Pentagone exprime le rejet le plus clair à ce jour de l’internationalisme collectif, la stratégie qui a émergé de la Seconde Guerre mondiale lorsque les cinq puissances victorieuses ont cherché à former une Organisation des Nations unies capable de servir de médiateur dans les conflits et de réprimer les flambées de violence».

Aujourd’hui, l’«internationalisme collectif» est appelé «multipolarisme», dont l’endiguement et le renversement restent la priorité absolue de la politique étrangère américaine.

Les menaces proférées par le président Trump lors de son entrée en fonction en 2025 de démanteler l’organisation intergouvernementale BRICS par une combinaison de droits de douane et de poursuite des guerres et des guerres par procuration visant ses membres et ses alliés, constituent la dernière manifestation de cette politique présentée au public par le NYT en 1992.

Par divers moyens, allant de la création du National Endowment for Democracy (NED) utilisé pour saper et capturer politiquement les gouvernements des pays ciblés, à des guerres et des guerres par procuration qui ont duré des décennies, de l’Europe de l’Est, à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient, en passant par l’Asie centrale et l’Asie-Pacifique, visant à déstabiliser et/ou renverser les alliés et les alliés potentiels à la périphérie de la Russie, de l’Iran et de la Chine, les États-Unis ont établi un arc de contrôle s’étendant sur toute l’Eurasie et au-delà.

Le ciblage, l’encerclement, le confinement et même le renversement des piliers du multipolarisme moderne – notamment la Fédération de Russie en pleine renaissance, la Chine en pleine ascension et l’Iran résilient – ont défini des décennies de politique étrangère américaine, transcendant toutes les administrations présidentielles, y compris celles du XXIe siècle, de Bush Jr. à Obama, en passant par Trump, Biden et, une fois de plus, pendant le second mandat de l’administration Trump actuellement en cours.

Les véritables intentions de l’administration Trump étaient connues de tous

Alors que de nombreux partisans de Donald Trump lors de la campagne présidentielle de 2024 croyaient qu’il mettrait fin aux «guerres éternelles» héritées de l’administration Biden précédente, même la rhétorique de campagne trahissait cette idée.

En octobre 2024, le candidat à la vice-présidence JD Vance a déclaré que tout abandon du conflit en Ukraine ne ferait que renforcer l’escalade avec la Chine dans la région Asie-Pacifique. Le mois précédent, le «règlement» proposé par JD Vance en Ukraine n’était qu’un gel à la syrienne plutôt qu’une véritable résolution des causes profondes du conflit.

Bien avant les élections, la campagne Trump avait déclaré à plusieurs reprises que la politique de l’administration Trump envers l’OTAN exigerait des dépenses beaucoup plus importantes de la part des États membres, l’organisation elle-même n’existant que comme un moyen de poursuivre la primauté américaine dans le monde, et plus particulièrement vis-à-vis de la Russie.

En substance, avant même d’entrer en fonction, l’administration Trump définissait les politiques de «division du travail» et de «séquençage stratégique» élaborées par des groupes de réflexion non élus et financés par des entreprises et des financiers, plusieurs années avant même que les élections de 2024 n’aient lieu, politiques que l’administration Biden elle-même avait contribué à mettre en place tout au long de ses quatre années au pouvoir.

L’initiative Marathon mentionnée ci-dessus, dans un document d’octobre 2024 intitulé «Strategic Sequencing, Revisited» (Le séquençage stratégique, revisité), l’exposait explicitement :

«Les États-Unis sont confrontés à un risque croissant de guerre sur plusieurs fronts contre la Russie, la Chine et l’Iran. La réponse optimale à ce danger serait une stratégie séquentielle visant à infliger une défaite stratégique à la Russie en Ukraine dans un délai plus court que celui dont dispose la Chine pour agir contre Taïwan. Mais pour que cette stratégie fonctionne, les États-Unis doivent utiliser judicieusement la fenêtre d’opportunité actuelle pour consolider la situation en Europe de l’Est, négocier une division plus efficace du travail avec leurs alliés en Europe et dans la région indo-pacifique, et réformer la base industrielle de défense américaine».

Après avoir remporté les élections de novembre 2024 et dès février 2025, le secrétaire à la Défense de l’administration Trump, Pete Hegseth, répéterait mot pour mot l’expression «division du travail» à cet égard, dans une directive adressée aux États européens clients de Washington à Bruxelles.

Le secrétaire Hegseth déclarerait :

«Nous sommes également confrontés à un concurrent de taille, la Chine communiste, qui a la capacité et l’intention de menacer notre patrie et nos intérêts nationaux fondamentaux dans la région indo-pacifique. Les États-Unis donnent la priorité à la dissuasion d’une guerre contre la Chine dans le Pacifique, en reconnaissant la réalité de la rareté des ressources et en faisant les compromis nécessaires pour garantir que la dissuasion ne faille pas.

Alors que les États-Unis accordent la priorité à ces menaces, les alliés européens doivent montrer la voie.

Ensemble, nous pouvons établir une division du travail qui maximise nos avantages comparatifs en Europe et dans le Pacifique respectivement».

Le secrétaire Hegseth exigerait également que les États membres de l’OTAN augmentent leurs dépenses militaires de 2% à 5% de leur PIB respectif, une demande à laquelle les États membres de l’OTAN se sont depuis engagés à respecter.

En ce qui concerne la poursuite des livraisons d’armes à l’Ukraine (simplement blanchies par l’OTAN), le secrétaire Hegseth a exigé que l’Europe «redouble d’efforts et réaffirme son engagement non seulement envers les besoins immédiats de l’Ukraine en matière de sécurité, mais aussi envers les objectifs à long terme de l’Europe en matière de défense et de dissuasion», en fournissant «la part écrasante de l’aide létale et non létale future à l’Ukraine».

Pire encore, le secrétaire Hegseth a exigé que les États clients européens et non européens des États-Unis préparent leurs propres troupes à se déployer sur le territoire ukrainien dans le cadre de «garanties de sécurité» visant à geler, et non à mettre fin, au conflit.

Même à ce stade précoce de l’administration Trump, l’intention n’était clairement pas de «mettre fin» à la guerre en Ukraine, mais simplement de la geler tout en s’orientant vers des confrontations plus larges avec l’Iran et la Chine – qui se sont toutes deux intensifiées depuis, notamment par le biais d’une guerre d’agression ouverte des États-Unis contre l’Iran.

La fin des livraisons d’armes américaines serait la condition préalable la plus élémentaire à la fin de la guerre en Ukraine, d’autant plus que l’administration Trump a elle-même admis que le conflit est en fait une guerre par procuration menée par les États-Unis contre la Russie. C’est lors d’une interview en mars 2025 que le secrétaire d’État américain Marco Rubio a admis : «Franchement, il s’agit d’une guerre par procuration entre deux puissances nucléaires, les États-Unis aidant l’Ukraine et la Russie».

Le New York Times a révélé au cours des trois dernières années du conflit que les États-Unis avaient capturé en 2014 et dirigent désormais l’ensemble des services de renseignement ukrainiens, tandis que les commandants américains opèrent au sommet de la chaîne de commandement des forces armées ukrainiennes depuis une base militaire en Allemagne.

Ainsi, la fin de la guerre dépend entièrement de la partie qui l’a délibérément provoquée et qui continue de la soutenir afin de démanteler les moyens qu’elle a utilisés pour y parvenir, tout en répondant aux objectifs géopolitiques qui ont motivé cette guerre par procuration au départ : le désir de Washington d’éliminer ses «rivaux» et toute manifestation d’«internationalisme collectif» ou de «multipolarisme».

L’administration Trump ne fait rien de tout cela et intensifie au contraire la guerre par procuration, sur la base de documents politiques antérieurs aux élections de 2024 que l’administration Trump actuelle a docilement mis en œuvre depuis lors. Cela a conduit la Russie à adopter une politique ferme de refus des cessez-le-feu visant à geler et, en fin de compte, à prolonger le conflit, et non à y mettre fin.

La guerre par procuration des États-Unis en Ukraine vise à immobiliser/épuiser la Russie, et non à la «vaincre»

Les analystes, les commentateurs et une grande partie du public ont commis l’erreur de croire que la guerre par procuration menée par les États-Unis contre la Russie, via l’Ukraine, a «échoué» en raison de la détérioration des forces ukrainiennes et de l’épuisement des stocks d’armes américains et européens.

Cependant, un autre document d’orientation publié par la RAND Corporation en 2019, intitulé «Extending Russia : Competing from Advantageous Ground», indiquait explicitement que l’objectif n’était pas de «vaincre» la Russie en Ukraine, mais plutôt «d’augmenter le coût pour la Russie» des préoccupations militaires, économiques et politiques déjà existantes concernant le renversement du gouvernement ukrainien par les États-Unis à partir de 2014.

Le document expliquait :

«L’augmentation de l’aide américaine à l’Ukraine, notamment l’aide militaire létale, augmenterait probablement le coût pour la Russie, en vies humaines et en argent, du maintien de son contrôle sur la région du Donbass. Une aide russe accrue aux séparatistes et une présence militaire russe supplémentaire seraient probablement nécessaires, ce qui entraînerait des dépenses plus importantes, des pertes d’équipement et des victimes russes. Ces dernières pourraient devenir très controversées dans le pays, comme ce fut le cas lorsque les Soviétiques ont envahi l’Afghanistan».

Le document ne fait aucune allusion au sort final de l’Ukraine, avertissant que les tentatives américaines d’entraîner la Russie dans un conflit plus profond avec l’Ukraine pourraient :

«entraîner des pertes humaines, des pertes territoriales et des flux de réfugiés disproportionnés pour l’Ukraine. Cela pourrait même conduire l’Ukraine à une paix désavantageuse».

Ce sont là toutes les conséquences démontrables du conflit à l’horizon 2025, dont la trajectoire laisse présager des coûts encore plus élevés pour l’Ukraine à mesure qu’il se prolonge.

Le but de l’enlisement de la Russie dans un conflit en Ukraine est de l’empêcher de consacrer des ressources à contrer l’agression, l’empiétement et même le changement de régime pur et simple des États-Unis ailleurs. Une autre option décrite dans le document RAND de 2019 était d’«accroître le soutien aux rebelles syriens», en référence à l’organisation terroriste Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), une filiale d’Al-Qaïda précédemment inscrite sur la liste des organisations terroristes par les États-Unis.

La Russie ayant donné la priorité au conflit en Ukraine, ses opérations militaires en cours en Syrie n’ont pas pu être étendues pour répondre au soutien continu des États-Unis en faveur d’un changement de régime dans ce pays, ce qui a abouti à l’effondrement du gouvernement syrien à la fin de 2024 sous l’administration Biden.

Comme pour la Russie, il en va de même pour le reste du monde multipolaire…

Ce processus consistant à créer des dilemmes stratégiques à la périphérie de la Russie afin de l’étendre à l’excès et de l’empêcher de contrer les objectifs géopolitiques américains ailleurs est également utilisé contre l’Iran et la Chine, dans le cadre d’une approche de «division du travail» et de «séquençage stratégique» visant à maintenir la domination mondiale, telle que décrite par le NYT en 1992 et poursuivie par Washington depuis lors.

Étant donné que l’administration Trump elle-même s’est ouvertement engagée à atteindre cet objectif géopolitique global et a démontré sa détermination à mettre en œuvre les politiques nécessaires pour y parvenir, la poursuite des guerres et des guerres par procuration facilitées par ces politiques ne devrait surprendre personne.

Si certains commentateurs affirment que le président Trump a depuis été contraint ou convaincu d’adopter la poursuite de la guerre en Ukraine, les deux groupes de réflexion liés à son administration bien avant même la tenue des élections de 2024 et l’administration elle-même depuis lors n’ont fait que reprendre là où l’administration Biden précédente s’était arrêtée.

Les discours de l’administration Trump sur la fin du conflit étaient un moyen à la fois de flatter certains segments de l’électorat américain et d’attirer la Russie dans un cessez-le-feu qui permettrait aux États-Unis de geler (et non de mettre fin) au conflit et de se concentrer avec beaucoup plus de ressources sur la poursuite de la guerre et de la guerre par procuration contre l’Iran et la Chine.

Le refus de la Russie de capituler devant les exigences américaines a contraint les États-Unis à continuer d’engager des armes, des munitions et d’autres ressources dans le conflit en Ukraine, réduisant ainsi les ressources dont ils disposent pour mener une guerre mondiale ailleurs.

Malgré les nombreuses faiblesses des États-Unis révélées par leur guerre par procuration contre la Russie en Ukraine, leur capacité à poursuivre le conflit, à renverser le gouvernement syrien l’année dernière, à déclencher une guerre directe contre l’Iran au Moyen-Orient et à continuer de renforcer leurs forces militaires en Asie-Pacifique contre la Chine démontre qu’ils possèdent toujours une puissance mondiale et constituent donc un grave danger à l’échelle mondiale.

La continuité de l’agenda démontrée par l’administration Trump malgré une rhétorique diamétralement opposée pendant la campagne de 2024 rappelle que le changement aux États-Unis ne viendra pas des élections.

Les États-Unis continueront de représenter une menace mondiale tant qu’il existera aux États-Unis des intérêts susceptibles de supplanter ceux qui dirigent actuellement la politique étrangère du pays et qui choisissent de coopérer avec le reste du monde plutôt que de maintenir leur domination sur celui-ci. D’ici là, il incombe au monde multipolaire de créer les conditions qui empêcheront les États-Unis de poursuivre leurs ingérences, leurs mesures coercitives et leurs agressions.

source : New Eastern Outlook

https://reseauinternational.net/guerre-par-procuration-en-ukraine-trump-reprend-la-ou-biden-setait-arrete/