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lundi 29 novembre 2010

Et la “tchéka” du PCF ?


Et la “tchéka” du PCF de 1920 à 1941 ?

Une des rares études sérieuses sur la face cachée du PCF qui s'arrête en 1943. Dommage car l'élimination physique des adversaires de la direction du “parti des travailleurs”, qualifié de traîtres comme les trotskistes, au sein de la résistance que le PCF rejoint en août 1941, continuera avec le paroxysme de l'”épuration sauvage”. De plus, cet apparat servira le NKVD et la GPU contre les cibles désignées par Moscou (Russes blancs, agent de Komintern en fuite (Igance Reiss, Willy Münzenberg), etc.)

La “tchéka” du PCF (1941-43)

Le PCF entretenait pendant l’Occupation une police politique - le détachement Valmy - chargée de l’assassinat des “renégats” et du châtiment des “traîtres”. Nul autre groupe d’action n’était aussi proche de la direction du Parti communiste clandestin dont il constituait le bras armé. Sur ordre de Jacques Duclos, ces “cadres spéciaux” organisèrent à Paris des attentats spectaculaires, dont celui du cinéma Rex, et exécutèrent ou tentèrent d’assassiner plusieurs dizaines de personnes. La découverte et le dépouillement d’archives totalement inédites par deux historiens passionnés mettent en lumière l’existence de cette “Guépéou” du Parti. Leurs recherches ont permis de pénétrer les rouages méconnus du PC clandestin et, pour la première fois, de suivre au quotidien les policiers des RG dans la chasse implacable qu’ils menèrent contre ceux qu’ils appelaient ” le groupe punitif communo-terroriste “. Une enquête historique qui se lit comme un roman et tord le cou à quelques épisodes légendaires de la Résistance communiste.

Un des secrets les mieux gardés du Parti communiste français

Scandale ! Le Parti communiste français, sur les ordres de Jacques Duclos, entretenait pendant la Seconde Guerre une police politique – le détachement Valmy ou, comme ils se désignaient eux-mêmes non sans fierté, « la Guépéou du Parti » – chargée de l’assassinat des « renégats » et du châtiment des « traîtres ». Cette découverte explosive est le fruit de l’exploitation méticuleuse d’archives totalement inédites.

Le récit de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre nous permet de pénétrer les rouages méconnus du PC clandestin, de mettre en lumière les responsabilités, les erreurs, les mécanismes de décision et le cheminement des ordres meurtriers, d’être témoins des exécutions, des attentats ; mais aussi, et pour la première fois, de suivre au quotidien les policiers des brigades spéciales des Renseignements généraux de la Préfecture de police dans la chasse implacable qu’ils menèrent contre le détachement Valmy jusqu’à son démantèlement en 1943.

Cette enquête historique, richement illustrée de fac-similés d’archives, se lit comme un roman. Elle tort le cou à nombre de légendes, et met en lumière mensonges, fables et omissions colportés pendant plus de soixante ans. Elle donne à voir une autre image de la Résistance communiste, différente des mythes construits depuis la Libération.

http://www.fonjallaz.net/

lundi 14 septembre 2009

Le quart d'heure antisémite du PCF

Cocos collabos !
On savait que, en 1940, peu après l'entrée des troupes allemandes à Paris, la direction clandestine du Parti communiste avait négocié (en vain) avec les Allemands pour obtenir le droit de faire reparaître l'Humanité. On ignorait en revanche qu'elle était allée jusqu'à dénoncer « le juif Mandel » !
Il y a soixante ans à l'Assemblée nationale, le député MRP Pierre de Chevigné, compagnon de la Libération, avait créé un incident de séance. En possession d'un procès verbal d'interrogatoire de sa collègue Denise Ginollin, député communiste de la Seine, après que celle-ci, alors simple militante communiste, avait été arrêtée par la police française le 20 juin 1940 près de la station de métro Saint-Martin (1), il avait entrepris de dénoncer les contacts pris par la direction clandestine du Parti communiste français avec l'occupant dans les jours suivant l'entrée des troupes allemandes dans Paris, le 14 juin 1940, afin d'obtenir le droit de faire paraître L'Humanité.
Le tollé avait été à la hauteur de l'accusation. « Tout cela est une affaire de police et de flics », avait lancé Jacques Duclos. « C'est absolument faux », s'indignait un autre. « On a mis deux ans pour fabriquer un faux ! », s'étranglait un troisième élu de ce qui était devenu, de façon très abusive, le « parti des 75 000 fusillés », tandis qu'un quatrième parlait d'une « insulte à nos morts » et que Madeleine Braun, vice-présidente communiste de l'Assemblée nationale et médaillée de la Résistance, osait : « C'est un roman d'Agatha Christie que vous nous racontez là. »
Depuis, les faits ont été établis et il ne restait plus, dans les années 1970, que quelques irréductibles staliniens, comme la veuve Thorez, pour prétendre que, si de tels pourparlers avaient pu avoir lieu, ils étaient le fait de « quelques camarades » ayant pris une malheureuse initiative sans en référer à la direction du Parti qui les en aurait empêchés, et que, « après l'invasion [...], [le Parti] s'engagea sans réserve dans la résistance à l'occupant ». Ce qu'on ignorait en revanche, et que révèle l'ouvrage Juin 1940, La Négociation secrète, de Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier, c'est jusqu'à quel degré d'ignominie une partie de l'appareil communiste était allée, en parfaite connivence avec Moscou.
Le PCF totalement aligné sur Moscou
Les deux historiens, collaborateur (pour le premier) et dirigeant (pour le second) du « Maitron », l'irremplaçable Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, ont découvert dans les archives de la Ville de Paris un document jusqu'alors totalement inconnu, saisi par la police sur Denise Ginollin lors de son arrestation, et qu'ils intitulent « La Déclaration d'intention du 20 juin ». Ce texte dactylographié constitue l'argumentaire que celle-ci doit, sous les ordres de Maurice Tréand, responsable de la commission des cadres du Parti après avoir été formé à l'École léniniste internationale de Moscou, développer devant les plus hauts responsables allemands à Paris.
Quelques rappels du contexte historique sont nécessaires. Après la signature, le 23 août 1939, du pacte germano-soviétique, l'Allemagne national-socialiste et l'Union soviétique sont alliées. Or, comme le rappellent Besse et Pelletier. « depuis le VIIe congrès de l'Internationale communiste [en 1935], aucun congrès n'a été convoqué et l'Internationale communiste n'est plus qu'un appareil appliquant les stratégies staliniennes » sur lesquelles la direction du PCF est alignée. Le Parti communiste, allié de Berlin, via Moscou ? Exactement.
Le 1er septembre 1939, jour de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, la mobilisation générale est décrétée en France et en Angleterre, qui déclarent la guerre à l'Allemagne deux jours plus tard. Le 24 août, la presse communiste a déjà été interdite. Le 26 septembre, le Parti communiste est dissous par décret du gouvernement Daladier, ainsi que toutes les organisations qui lui sont affiliées. Les dirigeants qui n'ont pas pris la fuite sont arrêtés, les locaux perquisitionnés. Le 10 avril 1940, un décret du gouvernement Reynaud assimilera toute activité communiste à un acte de trahison, passible de la peine de mort.
Ce 20 juin 1940 donc, cela fait trois jours que le maréchal Pétain a demandé l'armistice ; deux que le général De Gaulle a lancé son célèbre appel. La veille, à la radio de Londres, il a encore dénoncé « la confusion des âmes françaises ». Nous y sommes.
Le « juif Mandel » dénoncé à trois reprises
Pour le Parti communiste, la guerre que la France vient de perdre était une « guerre impérialiste ». La « classe ouvrière » en a été la victime. S'il n'avait tenu qu'à lui, jamais la France n'aurait déclaré la guerre à l'Allemagne. Alliés, les communistes et les nazis, dans Paris occupée ? Plus que jamais !
Sténographiée par Denise Ginollin, la « déclaration d'intention du 20 juin » reproduit, en une dizaine de points, tous les messages que Maurice Tréand et Jacques Duclos, rentré de Belgique où il avait fui en octobre 1939 - et qui obtiendra 20,5 % des voix à la présidentielle de 1969... - entendent faire passer à l'occupant. Les points deux et trois sont hallucinants : « 2°) Sommes communistes, avons appliqué ligne PC sous Dal[adier] Ray [Reynaud], juif Mandel, juif M[andel] après Dal[adier] nous a emprisonné[s]. Fusillé des ouvriers qui sabotaient défense nat[ionale]. Sommes PC français pas eu peur 3°) pas cédé face dictature Juif M[andel] et du défenseur des intérêts capitalistes anglais Raynaud [Reynaud] » (2)
« Juif Mandel »... A trois reprises est dénoncé, pas comme adversaire politique mais bien comme « juif », celui qui était ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Reynaud et qui mourra assassiné par des miliciens en juillet 1944 en forêt de Fontainebleau, tragique fin d'une carrière politique brillante tout au long de laquelle, parce qu'il était né Louis Georges Rothschild, cet homme de la droite libérale fut la cible des attaques antisémites les plus viles et les plus véhémentes (3).
A quand une repentance pour les sabotages meurtriers ?
Le livre de Besse et Pennetier tout juste paru, le Parti communiste français a publié une mise au point, que Marie-George Buffet s'est empressée de faire porter au Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Cette fois, pas question d'arguer d'un quelconque faux. Les deux historiens, qui sont proches de la gauche communiste, sont « reconnus pour le sérieux de leurs travaux scientifiques ». Aussi le PCF dénonce-t-il des « propos antisémites tout à fait odieux » qui s'inscriraient dans une « stratégie injustifiable » menée toutefois « sous la pression de l'Internationale ». Et d'accabler prioritairement les « cadres dirigeants de l'URSS et de l'Internationale communiste », initiateurs d'une stratégie « heureusement abandonnée à partir d'août 1940 ».
Le PCF veut se dédouaner. il s'enfonce et reconnaît explicitement - pour la première fois ! - que les dirigeants français étaient totalement, absolument aux ordres de Moscou, quitte à trahir la France et à assassiner des Français ainsi que l'indique le passage sur les saboteurs qui ont été fusillés. En mai 1940 par exemple, plusieurs aviateurs français trouvèrent la mort à bord d'avions sortis des usines Farman qui avaient explosé en plein vol pour l'unique raison que des ouvriers communistes avaient sectionné une pièce de l'appareil. A quand une « repentance » du Parti communiste ?
Dans leur « déclaration d'intention » Duclos et Tréand se vantent d'ailleurs d'avoir œuvré... pour la victoire de l'Allemagne ! « Notre défense du pacte [germano-soviétique] vous a avantagé. Pour l'Urss, nous avons bien travaillé, par conséquent pour vous. » Et de développer une ahurissante dialectique : « En interdisant L'Huma, vous montrez que vous voulez combattre les classes ouvrières [...], que vous voulez combattre l'URSS à Paris » accompagnée de ces promesses tout aussi incroyables : « Nous prenons engagement ne pas faire l'éloge d'Hitler et de l'URSS mais rien contre vous. Prenons engag(ement] de nous taire [...] Nous ne ferons rien pour vous mais rien contre vous »...
Un axe Paris-Berlin-Moscou sérieusement envisagé
Aux militants qui, le 18 juin, rechignaient à s'engager dans ce qu'il faut bien appeler la voie de la collaboration, en allant négocier de la sorte avec Otto Abetz, plénipotentiaire du ministère des Affaires étrangères auprès du commandement militaire en France - il sera nommé ambassadeur d'Allemagne en novembre 1940 -, Maurice Tréand aurait répondu : « Ce sont les ordres de la Maison. »
Denise Ginollin s'est bien rendue à la Kommandantur. Différents contacts avaient même été pris afin que, si une filière échoue, un autre canal de négociation soit prêt à être opérationnel. Le journaliste collaborationniste Jean Fontenoy avait été sollicité en ce sens. La reparution d'une Humanité ni pour ni contre Hitler devait être effective pour le 21 juin. Son arrestation par la police française retarda l'événement mais ne stoppa pas le processus.
Libérée sur ordres des Allemands, elle se retrouve, le 26 juin 1940, dans le bureau d'Abetz en compagnie notamment de Tréand et de Jean Catelas, membre du comité central du Parti. En sortant, ces derniers cosignent une lettre à Abetz. Les propos sont plus prudents mais ils promettent tout de même ceci : « L'Humanité, publiée par nous, se fixerait pour tâche de dénoncer les agissements des agents de l'impérialisme britannique qui veulent entraîner les colonies françaises dans la guerre [...] L'Humanité, publiée par nous, se fixerait pour tâche de poursuivre une politique de pacification européenne et de défendre la conclusion d'un pacte d'amitié franco-soviétique qui serait le complément du pacte germano-soviétique et ainsi créerait les conditions d'une paix durable »... Un axe Paris-Berlin-Moscou en somme, dont l'invasion de l'Union soviétique par les troupes allemandes, le 22 juin 1941, ruinent tout espoir de concrétisation.
Après la Libération encore, le Parti communiste français faisait de l'adhésion pleine et entière au pacte germano-soviétique un élément d'appréciation majeur de bonne conduite des militants du Parti. Jusque dans les années cinquante, racontent Besse et Pennetier, « on demande aux militants : « Quelle a été votre position au moment de Munich » et « au moment du traité germano-soviétique » et on double la question « Quels sont les arguments que vous développez en face d'adversaires sur ces deux problèmes ? » »
« Certes, pourra-t-on lire dans le rapport du Xe congrès du PCF tenu à Paris en juin 1945, le travail réalisé par un camarade avant septembre 1939 ou après août 1944 doit être considéré comme très important. Toutefois, la fidélité envers la ligne politique se vérifiant plus particulièrement dans les moments dangereux, les éléments suivants sont déterminants : position d'août 1939 [... ] à juin 1940. » Ne manquait qu'un bilan politico-ethnique de l'action du « juif Mandel ».
Gabriel Giauque le Choc du Mois Janvier 2007
Juin 40, La Négociation secrète, par Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier, Les éditions de l'Atelier, 208 pages, 14,90 euros.
1). Son procès verbal d'interrogatoire par le commissaire Lafont est reproduit dans le tome 1 du Dictionnaire de la politique française d'Henry Coston.
2). Les passages entre crochets ont été ajoutés par Besse et Pennetier afin de rendre mieux compréhensible ce mémo où ne figurent parfois que des abréviations ou des initiales.
3). Nicolas Sarkozy lui a consacré une biographie : Georges Mandel, le moine de la politique (Grasset, 1994).

lundi 29 décembre 2008

15 novembre 1939 : la trahison communiste

Dans une France en guerre depuis deux mois et demi, Maurice Thorez, chef du parti communiste français, est condamné le 15 novembre 1939 par le tribunal militaire d'Amiens. Il a en effet déserté le 4 octobre, non sans avoir beaucoup hésité devant les risques que cela entraînait. Il répond ainsi au mot d'ordre donné par le bureau politique du PC, qui a mis en action l'appareil clandestin prévu depuis longtemps en cas d'interdiction du parti, sous l'autorité de Thorez et de Duclos. Un décret gouvernemental, en date du 26 septembre 1939, a en effet dissout le parti communiste et « toute association, toute organisation ou tout groupe de fait qui s'y rattachent. »
Cette mesure est le résultat de la volte-face qu'ont dû improviser très rapidement les communistes français, dans un premier temps très désorientés, à la suite de la signature, le 23 août 1939, du pacte germano-soviétique : après avoir appelé à grands cris à la guerre contre l'Allemagne, il leur a fallu s'aligner sur le réalisme géostratégique de Staline... Le moins ardent à exalter ce revirement n'est pas Louis Aragon qui, dans le style qu'il affectionne, écrit dans le journal communiste Ce Soir : « Silence à la meute antisoviétique ! Nous sommes au jour de l'effondrement de ses espérances ».
Les palinodies communistes étaient dénoncées depuis longtemps par certains observateurs, y compris à gauche. Le journal radical-socialiste La Relève affirmait ainsi, dès le 20 novembre 1938 : « Il ne faut pas hésiter à le dire, à l'écrire, à le proclamer : le parti communiste est en état de complot permanent contre la République et contre la patrie. Il constitue, par ses procédés, son organisation, sa propagande de toute nature, le type parfait de la ligue factieuse, de ces ligues factieuses que l'on a dissoutes, il y a quelques années, pour bien moins que tout cela. La conclusion s'impose : au nom des libertés républicaines, au nom du salut de la nation qui ne saurait tolérer davantage sur son propre sol les agissements d'agents avoués de l'étranger, semeurs de haine et de désordre, il faut dissoudre le parti communiste ».
Le 16 janvier 1940, la chambre des députés vote la déchéance des élus communistes. Le rapporteur du projet de loi, le socialiste Georges Barthélémy, explique qu'il faut « réduire à l'impuissance les traîtres dont l'action, quoique insidieuse, peut tuer aussi sûrement que les balles ennemies ».
Mais, plus encore que des mesures de répression, le parti communiste a à souffrir de crises de conscience qui règnent dans ses rangs. Certains de ses députés, écœurés par le cynisme soviétique, ont annoncé dès octobre 1939 qu'ils coupaient les ponts avec leur ancien parti. François Chasseigne, ancien responsable des jeunesses communistes, va jusqu'à préconiser pour ses anciens amis « le coup de pistolet derrière la nuque qu'on donne dans les caves de Moscou ». En fait, ce sont beaucoup de ces ex-communistes repentis qui seront assassinés, au cours des années suivantes, par des terroristes communistes chargés d'éliminer les «traîtres».
P.V National Hebdo du 10 au 16 novembre 1994

dimanche 18 novembre 2007

LE COMMUNISME UNE AFFAIRE FRANCAISE

La vie politique et sociale française repose encore sur les règles perverses imposées à la Libération par le PCF. L'indulgence dont bénéficie ce parti financé par l'étranger ne s'explique pas autrement.
Le visage de Gaston Plissonnier, peu connu du public, mérite-t-il de tomber dans l'oubli ? Faudra-t-il attendre que les municipalités communistes, avec le vote de conseillers municipaux socialistes et de ce qui reste des radicaux de gauche, baptisent rue Gaston Plissonnier les voies de ces belles banlieues qui ne s'appellent pas encore avenue Pablo Neruda, Louis Aragon, Maurice Thorez, Jacques Duclos ou Paul Vaillant-Couturier, pour se préoccuper de la biographie, et des mouvements bancaires, de cet ex-secrétaire à l'Organisation du Parti communiste français ? Voici en effet un bel et beau document, prouvant qu'en 1978, cet excellent apôtre du progrès social, et de l'union de la gauche, recevait de l'Union soviétique un million de dollars (le rouble n'étant pas convertible, et donc peu prisé par la Banque commerciale pour l'Europe du Nord) pour le PCF, plus quelques misérables milliers de dollars pour le parti communiste de la Dominique, et quelques autres partis communistes des confettis de l'empire français.
On se demande vraiment si la justice française attendra le troisième millénaire et la prescription, pour détourner l'attention des histoires de fausses factures, et ouvrir une instruction, aboutissant à un vrai procès, pour ce qui continue de faire l'objet d'une bonne vieille loi française, une loi d'avant-guerre, frappant la propagande étrangère.

L'ILLÉGALITÉ DU PC,

Car voilà le fond de l'affaire. Des lois françaises, pour juger en France les crimes et délits du PCF, il en existe de nombreuses - bien que le parti communiste soit une association de fait qui n'est pas déclarée. De nombreux livres,_ par exemple ceux de Jean Montaldo, ont divulgué des informations précises, souvent tirées archives de la DST. Ce serait l'enfance de l'art pour quelque magistrat de concevoir quelles poursuites pénales pourraient habilement cerner la réalité communiste. A l'usage du grand public, puisque les jugements sont rendus au nom du peuple français.
Toutes les pratiques délictueuses, notamment en matière financière, que l'on reproche aux partis politiques, ont trouvé leur modèle avec les gens de l'appareil stalinien. Ainsi du prélèvement sur les projets immobiliers, ainsi que sur les implantations d'entreprises, qui permettent d'empocher des sommes considérables à la seule condition de disposer du pouvoir municipal. Il en va de même du contrôle des comités d'entreprise, toujours susceptibles de constituer une source de financement de même nature.
Il semble prioritaire de balayer devant sa propre porte, plutôt que d'instruire en France le procès du goulag. Il semblerait même qu'il soit plus convaincant, plus didactique, de montrer aux Français que le communisme n'est pas une sorte de roman russe, où l'on finit par s'emmêler dans les sentiments contradictoires, les prénoms et les patronymes.
Le communisme est aussi une affaire française, dans un pays où le statut de la Fonction publique remonte à 1946 et à un ministre communiste de la Fonction publique qui s'appelait Maurice Thorez, dans un pays où l'on chante l'Internationale dans des congrès très proches du pouvoir, dans un pays où le siège de l'Urssaf est à Montreuil, bastion communiste, et où le budget de la Sécurité sociale demeure supérieur à celui de l'Etat.

LE MODÈLE ALLEMAND

Le remarquable exemple de ce que les Allemands font actuellement avec les séquelles du régime est-allemand mérite d'être médité, et, au moins, connu. Il ne se passe pas de semaines en effet sans que l'on apprenne les méfaits de la Stasi en RDA. Sans excès, mais avec méthode, les Allemands fouillent dans le passé de la RDA, et s'indignent qu'un Honecker puisse encore, de son exil soviétique, proclamer sa fidélité au communisme.
En France, on ne parle jamais de cette préoccupation majeure de nos voisins: à peine a-t-on appris au public que Markus Wolf, ancien patron des services spéciaux est-allemands, était extradé d'Autriche. Encore moins parle-t-on du scandale Schalck, c'est-à-dire de l'empire financier de 22 milliards de DM construit sur la base des transferts de devises du ministère du Commerce extérieur de l'ex-RDA.
Il est vrai qu'en France, jusque tout récemment, on considérait que les pays de l'Est étaient dans le camp de la Paix et du Progrès et que des deux Allemagnes, la meilleure n'était pas forcément celle de l'Ouest.
• Jean-Gilles Malliarakis

" Quiconque reçoit, de provenance étrangère, directement ou indirectement, sous quelque forme et à quelque titre que ce soit, des fonds de propagande politique, est frappé d'une peine d'emprisonnement de six mois à einq ans et d'une amende de 3 600 F à 60 000 F.
Tous moyens ayant servi à commettre l'infraction seront saisis: le jugement ordonnera, selon le cas, leur confiscation, suppression ou destruction.
Le tribunal pourra prononcer, en outre, pour une durée de cinq ans au moins et dix ans au plus, l'interdiction de tout ou partie des droits civiques, civils et de famille, énoncés en l'article 42 du Code pénal. »
(Article 1 er du décret·loi du 21 avril 1939, tendant à réprimer les propagandes étrangères)
Le Choc du Mois • Novembre 1 991 •