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samedi 25 mai 2024

Quand la gauche française collaborait avec l’Allemagne nazie

 

Quand la gauche française collaborait avec l'Allemagne nazie

Un reportage qui vient perturber le narratif officiel sur la collaboration en France durant la Seconde Guerre mondiale et démontre comment la gauche s’est engouffrée dans la collaboration avec les Allemands.

https://www.medias-presse.info/quand-la-gauche-francaise-collaborait-avec-lallemagne-nazie/184247/

 

samedi 17 février 2024

Quand l’extrême droite résistait – Quand la gauche collaborait [Vidéo]

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14/12/2017 – 09h45 Paris (Breizh-info.com) – Ce sont deux reportages historiques de grande qualité que le service public a proposé il y a quelques jours sur la 5. Avec «  Quand l’extrême droite résistait » et « Quand la gauche collaborait » les deux réalisateurs Florent Leone et Christophe Weber ont mis les pieds dans le plat de l’historiquement correct devenu doxa et brisé des tabous qui sclérosaient l’histoire contemporaine de la France depuis plus de 70 ans.

Quand l’extrême droite résistait

La légende veut que les pionniers de la résistance et ceux qui rejoignirent les premiers le Général de Gaulle aient uniquement été des hommes de gauche. Bien sûr, on connaissait quelques noms comme Pierre de Bénouville, Honoré d’Estienne d’Orves ou le futur Colonel Rémy. Mais leur origine politique était cachée . Or les premiers résistants, hormis les juifs, venaient le plus souvent d’une droite nationaliste très anti allemande, anciens de la Cagoule ou de L’Action française de Charles Maurras. De Londres à Alger  ou dans les réseaux de résistance de la France occupée ou dans les maquis  , leur rôle fut minoré car non conforme aux canons résistancialistes. En 2000 l’historien Jean Claude Valla consacra le premier,  deux ouvrages  à leur action sous le titre « l’extrême droite dans la résistance »( Réédité chez Dualpha).

https://www.youtube.com/watch?v=4Q2VPtBEkqk

Quand la gauche collaborait

Plus explosive encore est la révélation  du  soutien de nombreux hommes de gauche au gouvernement du Maréchal Pétain comme l’ancien Ministre du Front populaire Charles Spinasse , allant pour certains au collaborationnisme le plus ultra avec l’occupant allemand. Les premiers le firent souvent par pacifisme n’ayant pas à l’égard des allemands les préjugés de la droite nationaliste. Les deux grands partis de la collaboration furent le PPF de l’ancien dirigeant communiste Jacques Doriot et le RNP de l’ancien socialiste SFIO Marcel Déat. C’est le Paradoxe français bien décrit dans le film par l’historien israélien Simon Epstein . Celui-ci a étudié le parcours de personnalités qui s’engagèrent dans l’antiracisme dans les années précédant la Seconde Guerre mondiale avant de s’impliquer dans la collaboration sous l’Occupation. Inversement, il établit la surreprésentation par rapport à leur poids politique des militants d’extrême droite, en particulier antisémites, parmi les fondateurs de la Résistance et les premiers soutiens du général de Gaulle.  De son côté [1]l’historien Pascal Ory professeur à Paris I  montre bien l’influence qu’ a pu avoir l’ouvrage d’Alphonse de Châteaubriant La gerbe des forces ( récit hagiographique de ses voyages dans l’Allemagne nazie) sur des militants  de mouvements de jeunesse socialistes ou ajistes comme le journaliste Marc Augier (le futur écrivain Saint Loup).

Un documentaire indispensable avait écrit l’Obs, ajoutant : « le téléspectateur n’est pas au bout de ses surprises ». Bien vu !

https://www.youtube.com/watch?v=gmQGhPTsR5I

Crédit illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

https://www.breizh-info.com/2017/12/14/84300/histoire-lextreme-droite-resistait-gauche-collaborait-video/

lundi 15 janvier 2024

18 juin 1940 : Le parti communiste français rentre dans la collaboration

 

18 juin 1940 : Le Parti communiste français rentre en collaboration avec l'occupant allemand

Alors que la Troisième République n’a pas encore signé l’Armistice de 1940 mettant fin aux combats (Ce sera fait le 21 juin), suivant les consignes venant de Moscou de l’Internationale communiste, le Parti communiste français s’engage dans des discussions avec l’occupant afin d’obtenir la légalisation de ses activités qui avaient été interdites par le décret-loi du 26 septembre 1939 en raison de son engagement en faveur de la paix avec l’Allemagne nazie.

En reconnaissant l’occupant allemand comme une autorité légitime, le Parti communiste signe le premier acte de collaboration avec le Régime nazi… avant les institutions républicaines française qui sont alors fracturées en deux camps opposés : Celui de la demande d’armistice et celui souhaitant continuer la guerre dans le réduit breton ou en Afrique du nord.

L’objectif de la première négociation entre une militante communiste, Denise Ginollin, et un officier de la Propaganda Staffel Frankreich, le lieutenant Weber, est de faire reparaitre le journal L’Humanité qui avait été interdit le 26 août 1939 en raison de son soutien au Pacte Germano-soviétique qui permettait à Hitler d’avoir les mains libres à l’ouest. Denise Ginollin y représente Maurice Tréand, membre du comité central du PCF et responsable de la police du Parti.

Le 18 juin, Denise Ginollin se rend au service de presse de la Kommandantur, au 12 boulevard de la Madeleine. Elle n’obtient aucune réponse, mais part avec un rendez-vous pour le lendemain. Le 19 juin, elle est reçue par un officier qui lui indique que sa demande d’autorisation de faire paraitre L’Humanité lui sera notifiée officiellement le lendemain.

Le 20 juin, les deux parties se rencontrent le matin avant de se retrouver à 16 heures pour une réunion au cours de laquelle le lieutenant Weber annonce à Denise Ginollin que le journal L’Humanité est autorisé à paraitre sous censure allemande. Il est demandé au Parti communiste de ne pas faire l’éloge de l’URSS (Même pacifiste), ni d’Hitler, ni de critiquer les autorités allemandes. Engagement est pris lors de cette réunion.

A 18 heures, elle est de retour afin de soumettre au visa de la censure l’édition du numéro 1 de L’Humanité sous censure allemande que lui a remis Jacques Duclos. Cette édition reprend la forme du journal avant son interdiction : La mention « Organe central du Parti communiste français », la faucille et le marteau. La une est faite avec le titre vengeur : « Les responsables doivent être châtiés ! ». Rendez-vous est pris avant 23 heures afin de faire valider quelques modifications.

A 20h30, non loin du métro Saint-Martin, Denise Ginollin, Maurice Tréand, Valentine Grunenberger et Jeanne Chrodt sont arrêtés par la Police française pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939 qui interdit la diffusion de tout écrit faisant la propagande de la troisième internationale et non-respect du décret-loi du 24 août 1939 qui interdisait la parution de L’Humanité.

Auditionnés le 21 juin par le commissaire Lafont, les quatre inculpés communistes sont incarcérés le lendemain sur décision du Juge Pihier. Ils sont libérés le 25 juin... après l'intervention d'Otto Abetz, le représentant d'Hitler en France.

Le lendemain 26 juin 1940, Maurice Tréand et Jean Catelas sont reçus à l'ambassade d'Allemagne par Otto Abertz qui souhaite reprendre avec des dirigeants communistes les négociations relatives à la reparution de l'Humanité. Ce sera une suite de rencontres entre communiste et nazis qui dureront jusqu’au 27 août 1940.

Face au refus des Allemands de légaliser l'organe central du PCF, les communistes demanderont à partir du 4 juillet l'autorisation de reprendre la publication de l'autre quotidien communiste : le journal Ce Soir. Dans ces pourparlers seront aussi abordés les points suivants : Libération des militants et élus communistes, reconnaissance des Comités populaires, rétablissement des municipalités communistes et enfin, le plus surprenant, constitution d'un gouvernement révolutionnaire avec la participation de communistes.

Alors que le Parti communiste rentrait officiellement  le 18 juin 1940 dans la collaboration avec le Régime nazi, le dernier gouvernement officiel de la Troisième République essayait de sauver les meubles et n’avait pas encore pris la décision de mettre un terme aux combats…

samedi 13 janvier 2024

Quand la gauche française collaborait avec l’Allemagne nazie

 

Quand la gauche française collaborait avec l'Allemagne nazie

Un reportage qui vient perturber le narratif officiel sur la collaboration en France durant la Seconde Guerre mondiale et démontre comment la gauche s’est engouffrée dans la collaboration avec les Allemands.

jeudi 21 décembre 2023

Les débuts de René Bousquet... son amitié avec Mitterrand

 

René Bousquet et Pierre Laval

Durant le Cartel des Gauches, René Bousquet fut mis en selle par un certain Pierre Laval lors de sa première présidence du Conseil qui débuta le 27 janvier 1931. Jeune espoir de la préfectorale, Il faisait partie des nombreuses jeunes pousses du socialisme français chargées de rédiger des discours ou des dossiers.

Il fut coopté, dès le début du Front Populaire, pour ses opinions à gauche et pour son loyalisme envers les institutions républicaines pour devenir sous-chef de bureau au cabinet du directeur de la sûreté nationale en 1936. Il y fut chargé de superviser les fiches, collectées dans différentes administrations, de cinq millions de Français et de deux millions d’étrangers classés « suspects » ou « indésirables ».

La chute du Gouvernement autoritaire du radical-socialiste Emile Combes suite à l'Affaire des fiches, le 19 janvier 1905, ne mit pas un terme au fichage d’état d’une partie des français avec le concours des Loges maçonniques de province. Disons qu’elle se fit plus discrètement par tous les gouvernements de gauche, dès le gouvernement qui succéda à celui d’Emile Combes. René Bousquet n’est, de ce point de vue, qu’un serviteur zélé qui étendra le fichage aux résistants et aux français de confession juive.

Dans le second gouvernement Laval de l’Etat français formé le 18 avril 1942, il est nommé Secrétaire général pour la police et y restera jusqu’au 13 décembre 1943. Il sera le grand ordonnateur des rafles de l’été 1942 et livrera aux nazis les juifs des zones occupée et libre. On lui doit aussi la création des fiches S (Comme sécurité) en 1942 qui sont encore d'actualité. A ce titre, il mérite largement d’être sur le Mur des collabos.

Il y croisera le jeune François Mitterrand qui occupait un modeste poste de fonctionnaire à la documentation générale du directoire de la Légion des combattants et volontaires de la Révolution nationale.

Leur amitié durable reste une énigme. Comment ce fidèle de Pierre Laval et ce jeune homme de 25 ans ambitieux ont-ils pu se lier d'amitié de façon durable ? Sans doute au sein de la mouvance de l'ancien groupe parlementaire des "Socialistes indépendants" qui tenait le pouvoir à Vichy avec Pierre Laval ! (Les socialistes indépendants sont ceux qui acceptèrent de participer à des gouvernements contrairement au reste des socialistes qui avait consigne de refuser toute compromission avec des gouvernements « Bourgeois »)

Un futur premier ministre de la cinquième République y faisait également carrière : Maurice Couve de Murville !

René Bousquet quittera son poste en décembre 1943 à la demande des allemands. Cela lui permettra d’invoquer le « Double jeu » (Comme Mitterrand) devant la haute Cour de Justice devant laquelle, malgré la lourdeur de son dossier, il sera quasi-acquitté en 1949.

A la même époque, très discrètement, il opère le rétablissement financier et les affaires du journal régional du Sud-Ouest radical-socialiste et franc-maçon la « Dépêche » (Devenu en 1947, la Dépêche du Midi). Dirigé sous l’occupation par Maurice Sarraut (Sénateur radical-socialiste franc-maçon qui sera défendu par René Bousquet face à la Gestapo), la Dépêche y défend la ligne politique du Régime de Vichy.

Contrairement à l’ensemble des journaux ayant, de près ou de loin, pris des positions pour la Régime de Vichy, la Dépêche est le seul journal autorisé à reparaître après la seconde Guerre mondiale. En 1947, elle prendra le nom de Dépêche du Midi. René Bousquet et ses réseaux y sont pour beaucoup (Alors que la division des français était encore à son maximum).

De 1959 à 1971, René Bousquet fera partie du conseil d’administration de ce très vieux titre de la presse radicale-socialiste né en 1870. Il animera la rédaction au côté d’Evelyne Baylet (Mère de l’actuel propriétaire, 2013)… et fera campagne pour François Mitterrand.

http://histoirerevisitee.over-blog.com/2013/10/les-debuts-de-rene-bousquet.html

mercredi 20 décembre 2023

Marcel Déat : encore un homme de Vichy que la Gauche ne reconnait plus !

 

Marcel Déat - Du socialisme à la collaboration

Marcel Déat est connu pour sa participation au Régime de Vichy et pour sa collaboration active avec l'Allemagne nationale-socialiste. Mais quel fût le parcours de ce journaliste et intellectuel français ayant fait Normal-sup ? Faisait-il parti de tous ces hommes de Droite qui ont servi sous Vichy, comme certains veulent nous le faire croire à gauche?

Marcel Déat fonda bien le Rassemblement national populaire et participa au gouvernement de Vichy comme Ministre secrétaire d’état au travail et à la solidarité nationale dans le dernier remaniement du 16 mars 1944 à la demande de Pierre Laval, le " plus brillant des socialistes de son époque".

A la Libération, il s'enfuira à Sigmarigen avec le dernier carré des ultra-collaborationnistes et trouvera refuge en Italie après la Libération où il mourra en 1952 à San Vito près de Turin.

Pourtant, comme Pierre Laval, Marcel Déat a toujours été socialiste dans l’âme!

Marcel Déat débute sa carrière politique en 1925 comme conseiller municipal de Reims, ville où il enseigne. A l'occasion d'une élection partielle, il est élu député SFIO en 1926 (il sera battu en 1928) à l'âge de 38 ans.

Léon Blum cherchant à faire germer de nouvelles pousses et le considérant comme son dauphin, le nomme secrétaire du groupe SFIO au Parlement.

Il retrouve l'Assemblée nationale en 1932 comme député du vingtième arrondissement de Paris en battant le communiste Jacques Duclos.

En 1933, il quitte la SFIO pour rejoindre le Parti Socialiste de France - Union Jean Jaurès né d'une scission cette même année des courants minoritaires réformiste et néo-socialiste. Pourtant majoritaire dans le groupe socialiste au parlement, il s'opposera à l'aile gauche de la SFIO et au courant centriste de Léon Blum. Il sera battu en 1936.

En 1935, son parti fusionne avec deux autres groupes de gauche modérée pour fonder l'Union socialiste républicaine.

A cette époque, il est membre du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et devient ministre de l'air dans le gouvernement du très radical-socialiste Albert Sarraut (24 janvier au 4 juin 1936).

En 1936, l'Union socialiste républicaine se rallie au gouvernement du Front populaire de Léon Blum.

Marcel Déat rencontrera à plusieurs reprises à l'époque du Front populaire un certain général De Gaulle qui dira de lui : " Déat a sans aucun doute un grand talent et une haute valeur. C'est de quoi on lui en veut. Mais patience, je crois qu'on le verra remonter et aller très haut.". Il resteront en contact jusqu'à la veille de la guerre.

Dans ces années d'avant guerre, il sera un éternel pacifiste, un militant infatigable contre l'antisémitisme du Parti national-socialiste des travailleurs allemands et un militant sioniste.

Le 4 mai 1939, Marcel Déat publia dans l'Œuvre son trop fameux article "Mourir pour Dantzig ?" qui devint un slogan anti-interventionniste. Il y écrivait notamment : " Il ne s'agit pas du tout de fléchir devant les fantaisies conquérantes de M. Hitler, mais je vous le dis tout net : flanquer la guerre en Europe à cause de Dantzig, c'est y aller un peu fort, et les paysans français n'ont aucune envie de mourir pour les Poldèves ». Il rejoignait le courant pacifiste de la très grande majorité de la classe politique française à la suite des idées d'Aristide Briand, prix Nobel de la paix !

Son pacifisme le conduira à soutenir l'armistice du 22 juin 1940 et la nomination de Pierre Laval à la vice -présidence du Conseil.

Sous le régime de Vichy, il tente d'unifier les partis collaborateurs sans succès et finit par fonder le Rassemblement National Populaire qu'il structure, après le départ des éléments de droite, sur une base idéologique homogène en réservant les postes à des militants socialistes et syndicalistes.

Le 16 mai 1944, sous la pression des allemands, il entre dans le gouvernement de Pierre Laval comme ministre du travail et de la solidarité nationale. Il y prône une collaboration totale avec l'Allemagne.

Sa dernière œuvre politique fut d'essayer de créer une "Université ouvrière" avec Ludovic Zoretti, créateur de la Fédération Générale de l’Enseignement au sein de la CGT dont il fut le secrétaire jusqu'en 1939 et membre de la SFIO jusqu'en novembre 1939.

Un vrai homme de droite !

Pour tous ses actes, il mérite d'être inscrit sur le Mur des Collabos !

http://histoirerevisitee.over-blog.com/2013/11/marcel-d%C3%A9at-encore-un-homme-de-vichy-que-la-gauche-ne-reconnait-plus.html

vendredi 15 décembre 2023

Du socialisme à la collaboration : Anatole de Monzie

 

Du socialisme à la collaboration : Alexandre De Monzie

Encore un socialiste qui mérite d’être inscrit sur le Mur des collabos !

Député de Cahors en 1909, il rejoindra le groupe des Républicains socialistes (Socialistes favorables à une participation à des gouvernements « Bourgeois » contrairement aux socialistes du Parti socialiste unifié). Il rentrera dans un gouvernement en 1913 pour la première fois comme sous-secrétaire d’état à la marine marchande d’un gouvernement de gauche. Il sera au total dix-huit fois ministre.

A la Chambre des députés, il s’illustre en 1922 pour la reconnaissance par la France de l’Union soviétique de Lénine. Fervent opposant des langues régionales et pour l’uniformisation de l’éducation des jeunes français, il déclarera, en tant que ministre de l’Instruction publique en 1925 lors de l’inauguration du pavillon de la Bretagne à l’Exposition internationales des arts décoratifs de Paris : « Pour l’unité linguistique de la France, le Breton doit disparaitre ».

Il sera le premier ministre de « L’éducation nationale » en 1932 (Et non plus de l’Instruction publique), nationalisant ainsi le rôle d’éducation jusque-là dévolus aux seuls parents.

Sous l’occupation nazie, Anatole de Monzie collabora à la rédaction de la « Revue de la pensée socialiste », Le Rouge et le bleu, dont le premier numéro date du 1er novembre 1941. Créée par le socialiste Charles Spinasse, cette revue était proche des idées de Marcel Déat en faveur d’un collaborationnisme socialiste et d’un fédéralisme européen sous domination de l’Allemagne nazie. La revue sera supprimée en août 1942 par l’occupant suite au désaccord entre son rédacteur en chef et Marcel Déat au sujet de la création d’un parti unique d’orientation nationale et socialiste.

Anatole de Monzie fut nommé, par le maréchal Pétain, président du Conservatoire National des Arts et Métiers en 1940 ; poste qu’il conservera jusqu’en 1944.

Durant toute l’occupation, il sera un ami intime d’Otto Abetz, ambassadeur du troisième Reich à Paris.

Pour ses actes de collaboration, il sera mis à l’index à l’automne 1945 par le Comité national des écrivains.

http://histoirerevisitee.over-blog.com/2017/11/du-socialisme-a-la-collaboration-anatole-de-monzie.html

mardi 24 octobre 2023

Le Nouveau Passé-Présent : Les intellos de gauche dans la collaboration

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Après l'étude de la presse de gauche collaborationniste, "Passé-Présent" continue son exploration de la gauche collabo en évoquant les intellectuels de gauche qui ont su traverser l’occupation en fréquentant de près ou de loin l’occupant allemand et qui ont réussi à se faire une virginité après l’occupation.

Il s’agit encore une fois et toujours de déconstruire le mythe collabos de droite et résistants de gauche. Et il convient également de rappeler que les deux principaux chefs de partis de la collaboration étaient des hommes venus de la gauche à savoir Jacques Doriot et Marcel Déat. Cette période trouble est évoquée par Dominique Lormier, auteur de "Les vérités cachées de la France sous l'Occupation".

La Revue d'Histoire européenne


https://tvl.fr/le-nouveau-passe-present-les-intellos-de-gauche-dans-la-collaboration

vendredi 6 octobre 2023

Le Nouveau Passé-Présent : Voyage au cœur de la presse de gauche collabo

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L'histoire officielle nous présente une France de l’Occupation divisée en deux : celle de la Résistance qui ne put être que de gauche et surtout communiste et celle de la Collaboration, de droite et surtout d’extrême droite. Pourtant, sur fond d’antibellicisme, dont la genèse est compréhensible après le traumatisme de la boucherie de 14-18, des anciens combattants, mais aussi tout un pan de la gauche pacifiste de l’entre-deux-guerres, vont chanter les louanges du nouveau régime installé à Vichy. Beaucoup des socialistes et des libertaires regroupés quelques années auparavant au sein du Centre de Liaison contre la guerre ou de la Ligue des droits de l’Homme deviendront des partisans de la collaboration.

Dès la mi-juin 1940, la presse parisienne, réagissant au traumatisme historique de la défaite, appelle à répudier un passé désormais honni. Cette volonté unanime de rupture et de renouveau politique contraste avec la multiplication des journaux politiques de gauche, tenants de la collaboration et souvent rivaux. L’engagement, jugé aberrant, du courant socialiste et de sa presse en faveur de l’Allemagne nazie fut pourtant bien réel.

La Revue d'Histoire européenne


https://tvl.fr/le-nouveau-passe-present-voyage-au-coeur-de-la-presse-de-gauche-collabo

jeudi 27 avril 2023

Des Bretons pour l’Europe Nouvelle (Neven Ar Ruz)

 

Ce livre nous fait découvrir en détail le Groupe Collaboration fondé le 24 septembre 1940 à Paris avec le concours de l’Institut Allemand. Le groupe est fondé par un écrivain célèbre, Alphonse de Châteaubriant, gagnant du prix Goncourt en 1911 pour Monsieur des Lourdines, puis du Grand prix du roman de l’Académie française avec son La Brière.

Châteaubriant se découvre des affinités avec l’Allemagne à l’issue de plusieurs voyages avec sa femme de l’autre côté du Rhin. Il écrit La Gerbe des forces en 1937, véritable hagiographie du national-socialisme. Hitler le reçoit personnellement en 1938. C’est donc sans surprise qu’Alphonse de Châteaubriant salue l’entrée des Allemands en France. Il crée un hebdomadaire, La Gerbe, avec Marc Augier, plus connu sous son pseudonyme de Saint-Loup. Cet hebdomadaire politique et littéraire tire jusqu’à 140.000 exemplaires en 1943.

Le groupe a pour nom complet Collaboration, groupement des énergies françaises pour l’unité continentale. Et pour réaliser cette unité continentale, le groupe s’engage en faveur du rapprochement franco-allemand. Il organise des manifestations culturelles telles que des concerts, des conférences,…

Cette organisation se dote d’un conseil d’administration surprenant dans lequel on retrouve par exemple le marquis Melchior de Polignac, homme d’affaires, l’avocat Jacques Schweizer, Jean Weiland, ami personnel d’Otto Abetz ou encore la cantatrice Claire Croiza. Plus étonnant encore, son comité d’honneur, recruté parmi l’élite du moment, est composé notamment de Mgr Baudrillart, de l’Académie française ; Abel Bonnard, de l’Académie française ; Georges Claude, de l’Institut, inventeur de l’éclairage au néon ; Claire Croiza, professeur au Conservatoire ; Pierre Drieu La Rochelle, homme de Lettres ; René Moulin, membre du Conseil supérieur des colonies ; Melchior de Polignac, industriel.

Cette étude s’attarde tout particulièrement sur l’importance de cette organisation dans le futur département de Loire-Atlantique, sur son implication dans la vie nantaise et sur sa sociologie.

Des Bretons pour l’Europe nouvelle, Neven Ar Ruz, éditions Ars Magna, collection Le Devoir de Mémoire, 284 pages, 30 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/des-bretons-pour-leurope-nouvelle-neven-ar-ruz/126152/

lundi 20 mars 2023

Quand Simone de Beauvoir travaillait pour Radio-Vichy – Les vérités cachées de la France sous l’Occupation (Dominique Lormier)

 

Dominique Lormier, historien et écrivain, est l’auteur de plus de 140 ouvrages (documents historiques, biographies, littérature, spiritualité).  Il s’est lancé un défi : publier une série d’ouvrages qui, à partir de sources nouvelles, mettent à mal certains clichés largement répandus au sujet de la Seconde Guerre mondiale. Après Les Vérités cachées de la Seconde Guerre mondiale et Les Vérités cachées de la défaite de 1940, voici donc Les Vérités cachées de la France sous l’Occupation.

Dans un chapitre sur les écrivains, artistes et journalistes qui ont collaboré, on apprend ainsi que Simone de Beauvoir travaillait pour Radio-Vichy, pour laquelle elle écrivait des sketches. Radio-Vichy ? Oui, vous avez bien lu, la radio de la Révolution Nationale, qui accueillait à son micro Philippe Henriot, Lucien Rebatet et tant d’autres “maudits”. Voilà qui ne fait effectivement pas partie des habituelles notices biographiques de l’auteur du Deuxième Sexe, égérie des féministes et des existentialistes.

Citons aussi un chapitre sur la résistance méconnue de l’armée d’armistice, dont est issue la brigade FFI Charles Martel et ses officiers.

Par ailleurs, l’ouvrage met en exergue les coups tordus des services de renseignements britanniques et américains qui n’ont pas hésité à plusieurs reprises à sacrifier des résistants français. L’auteur laisse entrevoir le rôle des Américains dans l’arrestation de Jean Moulin, les Américains ayant tout intérêt à semer la division au sein de la Résistance française, afin d’administrer plus facilement la France au moment de la défaite allemande.

Les vérités cachées de la France sous l’Occupation, Dominique Lormier, éditions du Rocher, 460 pages, 22,90 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

mercredi 31 mars 2021

La gauche et la collaboration en Belgique : De Man, les syndicats et le Front du Travail

  

[De Man (debout) avec Émile Vandervelde avant la guerre]

La collaboration de gauche en Belgique ? Elle prend son envol avec le manifeste que Henri De Man, chef de file du Parti Ouvrier Belge (POB), publie et diffuse dès le 28 juin 1940. De Man (1885-1953) a été agitateur socialiste dès l'âge de 17 ans, polyglotte, correspondant en Belgique de la social-démocratie allemande et des travaillistes britanniques avant 1914, volontaire de guerre, diplomate au service du Roi Albert Ier, professeur à Francfort avant le nazisme, initiateur du mouvement planiste en Europe dans les années 30, ministre, président du POB ; avec une telle biographie, il a été sans conteste l'une des figures les plus marquantes du socialisme marxiste européen. Hérétique du marxisme, sa vision du socialisme n'est pas matérialiste, elle repose sur les mobiles psychologiques des masses frustrées, aspirant à la dignité. Le socialisme, dans ce sens, est une formidable revendication d'ordre éthique. Ascète, sportif, De Man, issu de la bonne bourgeoisie anversoise, n'a jamais aimé le luxe. Le socialisme, déduit-il de cette option personnelle, ne doit pas embourgeoiser les masses mais leur apporter le nécessaire et les rendre spartiates.

Avec son fameux Plan du Travail de Noël 1933, De Man donne au socialisme une impulsion volontariste et morale qui séduira les masses, les détournera du communisme et du fascisme. Les intellectuels contestataires français, ceux que Loubet del Bayle a nommé les "non-conformistes des années 30", s'enthousiasmeront pour le Plan et pour ses implications éthiques. Pour l'équipe d'Esprit (regroupée autour d'Emmanuel Mounier), d'Ordre Nouveau (Robert Aron et A. Dandieu), de Lutte des Jeunes (Bertrand de Jouvenel), de L'Homme Nouveau (Roditi), De Man devient une sorte de prophète. Côté socialiste, en France, ce sera surtout le groupe "Révolution Constructive" (avec Georges Lefranc, Robert Marjolin, etc.) qui se fera la caisse de résonnance des idées de Henri De Man. Pierre Ganivet, alias Achille Dauphin-Meunier, adopte également le planisme demanien dans sa revue syndicaliste révolutionnaire L'Homme réel. Au sein du parti, Léon Blum craint le Plan du Travail :

  • parce qu'il risque de diviser le parti ;
  • parce qu'il implique une économie mixte et tend à préserver voire à consolider le secteur libre de l'économie ;
  • parce qu'il crée une sorte de "régime intermédiaire" entre le capitalisme et le socialisme ;
  • parce que la critique du parlementarisme, implicite chez De Man, rapproche son socialisme du fascisme.

Pour Déat, les idées planistes, exposées notamment par De Man à l'Abbaye de Pontigny (septembre 1934), reflètent un pragmatisme de la liberté, une approche de l'économie et de la société proche du New Deal de Roosevelt, et ne relèvent nullement du vieux réformise social-démocrate. Le planisme, avait affirmé Déat dans L'Homme Nouveau (n°6, juin 1934), n'impliquait aucune politique de compromis ou de compromissions car il était essentiellement révolutionnaire : il voulait agir sur les structures et les institutions et les modifier de fond en comble.

Presqu'au même moment, se tenait un Congrès socialiste à Toulouse : la plupart des mandats de "Révolution Constructive" s'alignent sur les propositions de Blum, sauf deux délégués, parmi lesquels Georges Soulès, alias Raymond Abellio, représentant le département de la Drôme. Georges Valois, proudhonien un moment proche de l'AF, est hostile à De Man, sans doute pour des motifs personnels, mais accentue, par ses publications, l'impact du courant para-planiste ou dirigiste en France.

Or, à cette époque, pour bouleverser les institutions, pour jouer sur les "structures", pour parfaire un plan, de quelque nature qu'il soit, il faut un pouvoir autoritaire. Il faut inaugurer l'« ère des directeurs ». Pratique "directoriale", planification, etc. ne sont guère possible dans un régime parlementaire où tout est soumis à discussion. Les socialistes éthiques, ascètes et spartiates, anti-bourgeois et combatifs, méprisaient souverainement les parlottes parlementaires qui ne résolvaient rien, n'arrachaient pas à la misère les familles ouvrières frappées par le chômage et la récession. Dans son terrible livre, La Cohue de 40, Léon Degrelle croque avec la férocité qu'on lui connaît, un portrait du socialisme belge en déliquescence et de De Man, surplombant cet aréopage de « vieux lendores adipeux, aux visages brouillés, pareils à des tartes aux abricots qui ont trop coulé dans la vitrine » (p. 175). De Man, et les plus jeunes militants et intellectuels du parti, avaient pedu la foi dans la religion démocratique.

Dès le déclenchement des hostilités, en septembre 1939, De Man opte personnellement contre la guerre, pour la neutralité absolue de la Belgique, proclamée par le Roi dès octobre 1936. Fin 1939, avec l'appui de quelques jeunes militants flamands, dont Edgard Delvo, il fonde une revue, Leiding (Direction), ouvertement orientée vers les conceptions totalitaires de l'époque, dit Degrelle. Il serait peut-être plus juste de dire que le socialisme planiste y devenait plus intransigeant et voulait unir, sans plus perdre de temps, les citoyens lassés du parlementarisme en un front uni, rassemblé derrière la personne du Roi Léopold III.

Après l'effondrement de mai-juin 1940, De Man publie un « manifeste aux membres du POB », où figurent deux phrases qui lui ont été reprochées : « Pour les classes laborieuses et pour le socialisme, cet effondrement d'un monde décrépit, loin d'être un désastre, est une délivrance » ; « [le verdict de la guerre] est clair. Il condamne les régimes où les discours remplacent les actes, où les responsabilités s'éparpillent dans le bavardage des assemblées, où le slogan de la liberté individuelle sert d'oreiller à l'égoïsme conservateur. Il appelle une époque où une élite, préférant la vie dangereuse et rapide à la vie facile et lente, et cherchant la responsabilité au lieu de la fuir, bâtira un monde nouveau ». Ces phrases tonifiantes, aux mâles accents, étaient suivies d'un appel à construire le socialisme dans un cadre nouveau. Cet appel a été entendu.

De toutes pièces, De Man commence par créer un syndicat unique, l'UTMI (Union des Travailleurs Manuels et Intellectuels), officiellement constitué le 22 novembre 1940, après d'âpres discussions avec le représentant du Front du Travail allemand, le Dr. Voss. De Man, ami du Roi, voulait sauvegarder l'unité belge : son syndicat serait dès lors unitaire, ne serait pas scindé en une aile flamande et une aile wallonne. Le Dr. Voss, visant l'éclatement du cadre belge en deux entités plus facilement absorbables par le Reich, impose la présence des nationalistes flamands du VNV dans le comité central composé de socialistes, de démocrates-chrétiens, de syndicalistes libéraux. Edgard Delvo, ancien socialiste, auteur d'un ouvrage préfacé par De Man et paru à Anvers en 1939, collaborateur de Leiding, la revue neutraliste hostile à toute participation belge aux côtés des Anglais et des Français, théoricien d'un "socialisme démocratique" ou plutôt d'un populisme socialiste, est l'homme du VNV au sein de ce comité.

En 1942, poussé par les services du Front du Travail allemand, Delvo deviendra le maître absolu de l'UTMI. Ce coup de force des nationalistes provoque la rupture entre De Man et son syndicat : l'ancien chef du POB quitte Bruxelles et se réfugie en Haute-Savoie, grâce à l'aide d'Otto Abetz. Il sera désormais un "cavalier seul". Les socialistes, les libéraux et les jocistes quittent l'UTMI en 1942, laissant à Delvo les effectifs nationalistes flamands et wallons, peu nombreux mais très résolus.

En Wallonie, dès la parution du Manifeste du 28 juin 1940, plusieurs journalistes socialistes deviennent du jour au lendemain des zélotes enragés de la collaboration. Ainsi, Le Journal de Charleroi, organe socialiste bon teint depuis des décennies, était édité par une société dont l'aristocratique famille Bufquin des Essarts étaient largement propriétaire. Dès les premiers jours de juin 40, un rédacteur du journal, J. Spilette s'empare du journal et le fait paraître dès le 6, avant même d'avoir créé une nouvelle société, ce qu'il fera le 8. En novembre 1940, Spilette, avançant ses pions sans sourciller, s'était emparé de toute la petite presse de la province du Hainaut et augmentait les ventes. Els De Bens, une germaniste spécialisée dans l'histoire de la presse belge sous l'occupation, écrit que l'influence de De Man était prépondérante dans le journal.

Spilette défendait, envers et contre les injonctions des autorités allemandes, les positions de De Man : syndicat unique, augmentation des salaires, etc. Spilette baptisait « national-socialisme » la forme néo-demaniste de socialisme qu'il affichait dans son quotidien. Ensuite, rompant avec De Man, Spilette et ses collaborateurs passent, non pas à la collaboration modérée ou à la collaboration rexiste/degrellienne, mais à la collaboration maximaliste, regroupée dans une association au nom évocateur : l'AGRA, soit Amis du Grand Reich Allemand. L'AGRA, dont le recrutement était essentiellement composé de gens de gauche, s'opposait au rexisme de Degrelle, marqué par un héritage catholique. Les 2 formations finiront par s'entendre en coordonnant leurs efforts pour recruter des hommes pour le NSKK. Le 18 octobre 1941, Le Journal de Charleroi fait de la surenchère : il publie un manifeste corsé, celui du Mouvement National-Socialiste wallon, où il est question de créer un « État raciste » wallon. Spilette appelle ses concitoyens à rejoindre cette formation « authentiquement socialiste ».

À Liège, le quotidien La Légia, après avoir été dirigé par des citoyens allemands, tombe entre les mains de Pierre Hubermont, écrivain, lauréat d'un prix de "littérature prolétarienne" à Paris en 1931, pour son roman Treize hommes dans la mine. Les Allemands ou Belges de langue ou de souche allemandes, actionnaires de la société ou rédacteurs du journal, entendaient germaniser totalement le quotidien. Pierre Hubermont entend, lui, défendre un enracinement wallon, socialiste et modérément germanophile. Cette option, il la défendra dans une série de journaux culturels à plus petit tirage, édités par la Communauté Culturelle Wallonne (CCW).

Parmi ces journaux, La Wallonie, revue culturelle de bon niveau. Dans ses éditoriaux, Hubermont jette les bases idéologiques d'une collaboration germano-wallonne : défense de l'originalité wallonne, rappel du passé millénaire commun entre Wallons et Allemands, critique de la politique française visant, depuis Richelieu, à annexer la rive gauche du Rhin, défense de l'UTMI et de ses spécificités syndicales.

Fin 1943, les services de la SS envoient un certain Dr. Sommer en Wallonie pour mettre sur pied des structures censées dépasser le maximalisme de l'AGRA. Parmi elles : la Deutsch-Wallonische Arbeitsgemeinschaft, en abrégé DEWAG, dirigée par un certain Ernest Ernaelsteen. Ce sera un échec. Malgré l'appui financier de la SS, DEWAG tentera de se donner une base en noyautant les "cercles wallons" de R. De Moor (AGRA), foyers de détente des ouvriers wallons en Allemagne, et les "maisons wallonnes", dirigée par Paul Garain, président de l'UTMI wallonne, qui pactisera avec Rex.
Quelles conclusion tirer de ce bref sommaire de la "collaboration de gauche" ? Quelles ont pu être les motivations de ces hommes, et plus particulièrement de De Man, de Delvo et d'Hubermont (de son vrai nom Joseph Jumeau) ? La réponse se trouve dans un mémoire rédigé par la sœur d'Hubermont, A. Jumeau, pour demander sa libération. Mlle Jumeau analyse les motivations de son frère, demeuré toujours socialiste dans l'âme.

« Une cause pour laquelle mon frère restait fanatiquement attaché, en dehors des questions d'humanisme, était celle de l'Europe. Il était d'ailleurs Européen dans la mesure où il était humaniste, considérant l'Europe comme la Patrie de l'humanisme (...) Cette cause européenne avait été celle du socialisme depuis ses débuts. L'internationalisme du XIXe siècle n'était-il pas surtout européen et pro-germanique ? L'expérience de 1914-1918 n'avait pas guéri les partis socialistes de leur germanophilie (...). ... la direction du parti socialiste était pro-allemande. Et, au moment de l'occupation de la Ruhr,..., [mon frère] a dû aligner son opinion sur celle de Vandervelde [chef du parti socialiste belge] et de De Brouckère [autre leader socialiste], qui étaient opposés aux mesures de sanctions contre l'Allemagne.

Le Peuple [journal officiel du POB], jusqu'en 1933, c'est-à-dire jusqu'à la prise du pouvoir par Hitler, a pris délibérément et systématiquement fait et cause pour l'Allemagne, dans toutes les controverses internationales. Il a systématiquement préconisé le désarmement de la France et de la Belgique, alors que tout démontrait la volonté de l'Allemagne de prendre sa revanche. Mon frère (...) n'avait pu du jour au lendemain opérer le retournement qui fut celui des politiciens socialistes. Pour lui, si l'Allemagne avait été une victime du traité de Versailles avant 1933, elle l'était aussi après 1933 (...). Et si la cause de l'unité européenne était bonne avant 1933, lorsque Briand s'en faisait le champion, elle l'était toujours après 1933, même lorsque les Allemands la reprenaient à leur compte (...). [Mon frère] partait de l'idée que la Belgique avait toujours été le champ de bataille des puissances européennes rivales et que la fin des guerres européennes, que l'unification de l'Europe, ferait ipso facto la prospérité de la Belgique. »

Tels étaient bien les ingrédients humanistes et internationalistes des réflexes partagés par De Man, Delvo et Hubermont. Même s'ils n'ont pas pris les mêmes options sur le plan pratique : De Man et Hubermont sont partisans de l'unité belge, le premier, ami du Roi, étant centraliste, le second, conscient des différences fondamentales entre Flamands et Wallons, étant fédéraliste ; Delvo sacrifie l'unité belge et rêve, avec ses camarades nationalistes flamands, à une grande confédération des nations germaniques et scandinaves, regroupées autour de l'Allemagne (ce point de vue était partagé par Quisling en Norvège et Rost van Tonningen aux Pays-Bas). Mais dans les 3 cas, nous percevons :

1) une hostilité aux guerres inter-européennes, comme chez Briand, Stresemann et De Brinon ;
2) une volonté de créer une force politique internationale, capable d'intégrer les nationalismes sans en gommer les spécificités ; une internationale comportant forcément plusieurs nations solidaires ; Delvo croira trouver cet internationalisme dans le Front du Travail allemand du Dr. Ley ;
3) une aspiration à bâtir un socialisme en prise directe avec le peuple et ses sentiments.
De Man connaîtra l'exil en Suisse, sans que Bruxelles n'ose réclamer son extradition, car son procès découvrirait la couronne. Delvo sera condamné à mort par contumace, vivra en exil en Allemagne pendant 25 ans, reviendra à Bruxelles et rédigera 3 livres pour expliquer son action. Hubermont, lourdement condamné, sortira de prison et vivra presque centenaire, oublié de tous.
► Raoul FOLCREY.
◘ Bibliographie :


• ANTHOONS, Johny : Hendrik De Man en zijn opvattingen over de parlementaire democratie, mémoire en sciences politiques, Katholieke Universiteit te Leuven, Februari 1985.

• BRELAZ, Michel : Henri De Man, une autre idée du socialisme, Éd. des Antipodes, Genève, 1985.
• DE BENS, Els : De belgische dagbladpers onder duitse censuur, 1940-1944, DNB, Antwerpen/Utrecht, 1973.
• DEGRELLE, Léon : La cohue de 40, Avalon, Paris, 1991.
• DELCORD, Bernard : « À propos de quelques chapelles politico-littéraires en Belgique (1919-1945) », in Cahiers du Centre de recherches et d'études historiques de la Seconde Guerre mondiale n°10, Bruxelles, nov. 1986.

• DELVO, Edgard :

- Hedendaagsch humanistisch streven. Democratisch socialisme en zijn beteekenis voor de BWP, De Sikkel, Antwerpen, 1939.
- Sociale collaboratie. Pleidooi voor een volksnationale sociale politiek, DNB, Antwerpen/Amsterdam, 1975.
- De mens wikt... Terugblik op een wisselvallig leven, DNB, Kapellen, 1978.
- Democratie in stormtij. Democratisch socialisme in de crisisjaren dertig, DNB, Antwerpen/Amsterdam, 1983.

• DE MAN, Henri : L'idée socialiste, suivi du Plan de Travail, L'Églantine, Bruxelles / Grasset, Paris, 1935.
• HUBERMONT, Pierre : éditoriaux de Wallonie, 1941-1944.
• JUMEAU, A. : Bon sang ne peut mentir, mémoire édité par Mlle A. Jumeau, sœur de Pierre Hubermont, alias Joseph Jumeau, Bruxelles, 1949.
• LEFRANC, Georges, « La diffusion des idées planistes en France », in Revue européenne des sciences sociales, t. XII, 1974, n°31, Droz, Genève.
• PATER, Léon : « Les thèmes sociaux de l'idéologie utmiste », in Wallonie, 3e année, n°12, déc. 1943.
• PFAFF, Dr. AAJ : Hendrik De Man. Zijn wijsgerige fundering van het moderne socialisme, Standaard, Antwerpen/Amsterdam, 1956.
• SLAMA, AG : « Henri De Man et les néo-traditionalistes français (1933-1936) », in Revue européenne des sciences sociales, t. XII, 1974, n°31, Droz, Genève.
• SPILETTE, Joseph : « Haut les cœurs ! », in Le Journal de Charleroi, 18/19 oct. 1941.
• STEUCKERS, Robert : « Henri De Man », in Études et Recherches n°3, 1984 (revue publiée par le GRECE, Paris).
• VERHOEYEN, Étienne : « De Unie van Hand- en Geestesarbeiders », in E. Verhoeyen e.a., Het minste kwaad, deel 9, België in de tweede wereld-oorlog, DNB/Pelckmans, Kapellen, 1990.
• WILLEQUET, Jacques : La Belgique sous la botte : Résistances et collaborations 1940-1945, Éd. universitaires, Paris, 1986.
• Pour ce qui concerne l'œuvre de Henri De Man en général, consulter les publications de l'Association pour l'étude de l'œuvre d'Henri De Man, p.a. Département d'histoire du droit et des doctrines juridiques et politiques, Place de l'Université 3, CH-1211 Genève 4 (Suisse).

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lundi 22 février 2021

La Résistance révisée

  

« Et dans cette nuit de Provence, dans la maison au milieu des oliviers, parmi le joyeux bruit des enfants, je songeais que les lieux de bonheur et de paix ne peuvent éclore et durer si ne se dresse en eux la détermination virile de les défendre. Les lieux de paix ne survivent que par les vertus exigées dans la guerre. » (Dominique Venner, Le cœur rebelle, 1994)


• Recension : Dominique Venner, Histoire critique de la Résistance, Pygmalion/Watelet.

• Du même auteur : Histoire de la collaboration, Pygmalion, 780 p.

Dominique Venner était plus que qualifié pour retracer tout au long d'une brillante synthèse ce que fut réellement la Résistance française à l'occupation allemande. Tant de témoignages hagiographiques, tant de livres aux intentions suspectes ont été publiés qu'un nettoyage s'imposait. Et Venner, qui a connu le feu et la prison avant de devenir un historien chevronné (voir Baltikum, ses livres sur les armes et sa belle revue, Enquête sur l'Histoire [aujourd'hui la NRH]), est bien the right man in the right place. François de Grossouvre, ce conseiller très spécial de Mitterrand qui se suicida dans son bureau de l’Élysée pour encore mieux marquer le mépris infini que lui inspirait le premier menteur de France et sa clique, avait d'ailleurs encouragé l'ancien activiste dans cette tâche salubre.

Venner rend l'hommage qui convient à un homme parti debout et qui retrouva le geste des héros de l'ancienne Irlande ou de l'lnde védique : la mort volontaire comme ultime gifle à l'ennemi indigne. Grossouvre avait confié à Venner, au cours de multiples rencontres à l’Élysée, que « ce qui fut affreux pour la France après la Libération, c'est le refus de réconciliation du Général de Gaulle avec ceux qui avaient cru placer leur confiance dans le Maréchal Pétain ». Il avait ajouté : « Pendant que les purs patriotes se battaient, les communistes et les ambitieux prenaient les places, réglaient leurs comptes, éliminaient leurs adversaires, devenaient les nouveaux maitres ». Avec pareil mentor, authentique résistant, Dominique Venner ne pouvait, avec son talent et sa combativité, que bouleverser la vision manichéenne des années sombres. Car le plus horrible, dans cette période tragique, c'est précisément cette impitoyable guerre civile que se livrent des Français, souvent au service de l'étranger (anglais, allemand, américain ou soviétique).

Le jeu d'Albion et les erreurs de Hitler

Venner révèle toutes les ambiguïtés, les mensonges sur lesquels repose encore le régime actuel. Pour ce faire, il a rencontré de grands acteurs du drame : Rémy, Frenay, Fourcade, etc. Et surtout il a réuni une masse étonnante de témoignages passés sous silence. Les deux premiers chapitres analysent très lucidement les causes de cette seconde Guerre civile européenne : le jeu nuisible à notre continent de la puissance anglo-saxonne (et de son futur maître américain) est parfaitement expliqué. Pour les USA, les vues hégémoniques sur l'Europe remontent à 1911 au moins… Les nombreuses erreurs fatales tant de l'État-Major allemand sont révélées ainsi que celles de Hitler, qui apparaît ici piètre politique. Si 200.000 Anglais et 100.000 Français ont pu rembarquer à Dunkerque, c'est parce que Hitler désirait encore signer une paix rapide avec l'Angleterre pour pouvoir faire face à Staline. Erreur ahurissante de naïveté politique que de s'attendre au moindre cadeau venant de Londres, qui en acceptant pareille paix, aurait signé son arrêt de mort ! Autre erreur monumentale : avoir laissé à la France de Vichy son empire, sa flotte (les Anglais s'en chargeront) et ses troupes coloniales. En fait, l'armistice de 1940 est une défaite allemande sur le plan politique… et le fin renard est ici Pétain. Mais, le livre de Venner, s'il reconsidère le rôle du Maréchal, ne verse pas pour autant dans l'hagiographie larmoyante.

Les causes morales de la défaite française de 1940

Venner s'étend sur les causes de la défaite de 1940 : 100.000 tués en 42 jours de retraite quasi ininterrompue, un pays plongé dans le chaos, un régime effondré. La thèse, rassurante, de l'infériorité matérielle est balayée. Non, la défaite est d'ordre philosophique et idéologique : la IIIe République, qui apparait comme le pire des régimes subi par le peuple français (né et mort d'une défaite, quel symbole !), n'a préparé ni ses cadres ni ses hommes à faire preuve des qualités guerrières indispensables à toute victoire. Officiers encroûtés et conformistes (les bandes molletières !), troupe veule et hyper-individualiste ("J'ai ma combine") : on peut parler d'un effondrement biologique, d'une défaite totale car causée par un manque et d'intelligence et d'instinct. Le philosophe Alain, penseur quasi officiel de ce régime vermoulu, ne s'exclame-t-il pas en 1940 : « J'espère que l'Allemand vaincra ; car il ne faut pas que le genre de Gaulle l'emporte chez nous. Il est remarquable que la guerre revient à une guerre juive ; c'est-à-dire une guerre qui aura ses milliards et aussi des Judas Macchabée » (paroles terribles pour un chantre de l'idéologie républicaine, très éloigné du fascisme en vogue à l'époque). Paul Claudel, qui n'est pas davantage fasciste, le 24 septembre 1940, va encore plus loin : « Ma consolation est de voir la fin de cet immonde régime parlementaire qui, depuis des années, dévorait la France comme un cancer généralisé. C'est fini… de l'immonde tyrannie des bistrots, des francs-maçons, des métèques, des pions et des instituteurs… » (!!).

Quand Vichy préparait la revanche

C'est pourtant dans les milieux les plus hostiles au régime parlementaire que se recrutent, dès l'été 40, les premiers chefs de réseaux actifs : cagoulards, royalistes et autres lecteurs fanatiques des Réprouvés de von Salomon. Les communistes, à ce moment, bougent peu, ordres du PC obligent ; seuls quelques-uns désobéissent et planquent des armes en attendant de les utiliser. Les premiers groupes de renseignement et d'action sont tous issus du personnel administratif et militaire de Vichy, et couverts par le Maréchal. Vichy prépare en fait la revanche, tout comme l'Allemagne d'après Versailles. Ainsi Pucheu, Ministre de l'Intérieur de Vichy (fusillé après une parodie de procès à Alger) rencontre Henri Frenay, l'un des grands résistants, et cela à deux reprises en 1942. De même, la fantastique évasion du Général Giraud, qui rendra Hitler furieux, a été préparée à Vichy, au plus haut niveau. Pétain reçoit même l'illustre évadé à déjeuner.

Venner montre bien qu'en 42-43, résister ne signifie pas obligatoirement s'inféoder au clan gaulliste ou communiste. Comme information étonnante, Venner cite aussi le cas Canaris, chef de l'Abwehr, qui trahit son pays, manipulé par les Anglais : « Au-dessus de l'Allemagne, il y a la Chrétienté. Cela vaut bien un million d'Allemands », dira-t-il pour se justifier. Effarante naïveté, surtout de la part d'un officier de renseignement ! Autre élément bien analysé : la difficulté éprouvée par les polices allemandes et françaises pour infiltrer l'underground communiste, composé d'apatrides réfugiés : Espagnols et juifs d'Europe orientale, milieu qui servira de vivier aux groupes terroristes du PC (la MOI, etc). En quelque sorte, les banlieues de l'époque, déjà quasi imperméables. Le jeu des communistes est bien analysé. Les camarades d'Aragon (« Nous sommes les défaitistes de l'Europe. (…) Nous sommes ceux qui donnent toujours la main à l'ennemi ») attendent sagement les ordres de Moscou pour résister, c'est-à-dire juin 41. Dès cette date, ils se lanceront dans une politique d'attentats sanglants, dans le but de déclencher une répression impitoyable. Ils suivent en cela les directives de Churchill : Mettez l'Europe (continentale) à feu et à sang ! Mais n'oublions pas que Molotov, le 18 juin 1940, adresse à Hitler « les plus chaudes félicitations du gouvernement soviétique pour le succès splendide des forces armées allemandes ». Splendide en effet : la Wehrmacht entre dans Paris… Le médecin Thierry de Martel, ami de Drieu la Rochelle, se tue. Peu après L'Humanité reparaît et Elsa Triolet publie. Il y aurait encore bien des pages à citer de ce livre exemplaire de courage intellectuel. Venner, tout en exaltant à juste titre l'esprit de résistance, remet les pendules à l'heure en démontrant que toute une caste politico-médiatique, celle de la IIIe République, a annexé sans vergogne une Résistance largement mythifiée. Les vrais, les purs, sont morts ou se sont tus, dégoûtés par ce vacarme que nous subissons depuis un demi-siècle. Leur avoir rendu la parole, et leur honneur, est une belle œuvre.

► Patrick Canavan, Vouloir n°134/136, 1996.

France militaire et résistante

« La participation française à la défaite de l’Allemagne nazie demeure méconnue, ignorée et méprisée. Il est un lieu commun de dire que les Français aiment à se dénigrer eux-mêmes. Le réductionnisme et le manichéisme n’ont cessé de progresser ces dernières années dans le domaine historique. L’historiographie anglo-américaine, souvent prise comme source de référence par certains auteurs nationaux, ne relate que très rarement les faits d’armes accomplis par les Français en 1939-1945 ». Ainsi commence l’avant-propos de Dominique Lormier à son Histoire de la France militaire et résistante. Le premier volume traite de la période 1939-1942.

♦ Dominique LORMIER, Histoire de la France militaire et résistante 1939-1942, Éditions du Rocher, 2000, 318 p.

► Pierre Monthélie, Nouvelles de Synergies Européennes n°51, 2001.

http://www.archiveseroe.eu/histoire-c18369981/51

mardi 27 octobre 2020

Jean Sévillia, sur le PCF en 1940 : « Il y a eu des contacts pour faire reparaître L’Humanité alors que les Allemands occupaient la France »

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Durant le week-end, le mot « collabo » a été tagué sur la façade du Parti communiste français. Son secrétaire général, Fabien Roussel, voit dans ce geste la main de l’extrême droite, « descendants des nazis ».

L’historien Jean Sévillia réagit au micro de Boulevard Voltaire et rappelle que, durant la Seconde Guerre mondiale, la direction du PCF a totalement adhéré au pacte germano-soviétique entre Hitler et Staline en 1939 et qu’il a été interdit, non par le régime de Vichy, mais par le gouvernement de la IIIe République.

https://www.bvoltaire.fr/jean-sevillia-sur-le-pcf-en-1940-il-y-a-eu-des-contacts-pour-faire-reparaitre-lhumanite-alors-que-les-allemands-occupaient-la-france/

vendredi 14 février 2020

Les collabos de gauche furent légion

Les collabos de gauche furent légion.jpegDes historiens comme Henri Amouroux, François-Georges Dreyfus ou un homme politique et essayiste tel qu'Alain Griotteray ont bien montré que, durant la Deuxième Guerre mondiale, les premiers résistants fiançais furent de droite et de très nombreux collaborateurs de gauche. Cette vérité commence à peine à émerger dans notre hexagone sinistré par la pensée unique.
Journaliste et historien rigoureux, Jean-Claude Valla confirme, s'intéressant de près et avec honnêteté au combat des socialistes dans la Collaboration. En premier lieu, il s'attache à décrire le parcours et les idées du socialiste pacifiste Marcel Déat, dirigeant du premier parti politique collaborationniste, le Rassemblement national populaire (RNP). Préconisant une collaboration franco-allemande radicale, Déat venait de la SFIO et défendra les principes d'une république laïque, anticléricale et totalitaire. Stigmatisant l’ « attentisme » de Vichy dès 1940, il se convertit à un « national-socialisme à la française » jusqu'au-boutiste et milite plus largement en faveur d'un socialisme révolutionnaire européen unifié en rupture totale avec la réaction bourgeoise et le capitalisme d'obédience anglo-saxonne. Et Valla de nous brosser les portraits d'autres socialistes nationaux engagés dans la Collaboration : Charles Spinasse, Hubert Lagardelle, Claude Jamet, Ludovic Zoretti, sans oublier Georges Soûles plus connu sous le nom de Raymond Abellio.
Ne réduisant pas son champ d'investigation à la France, Jean Claude Valla consacre plus d'un chapitre au socialiste planiste belge Henri De Man (1885-1953). Président du Parti ouvrier belge (POB), ancien ministre socialiste des Travaux publics, puis des Finances, De Man est à la fois un intellectuel et un homme politique réaliste, qualités conjuguées d'une extrême rareté.
Une anecdote méconnue nous est livrée par Valla  en 1940, De Man dîne à l'ambassade d'Allemagne à Paris avec le chef rexiste Léon Degrelle auquel il s'était opposé dans les années 1930 en Belgique. Conviés par Otto Abetz et se retrouvant en compagnie du SS-Standartenführer Helmut Knochen, les deux hommes discutent de différents projets. Un seul retient vraiment leur attention, qui les amènera à se revoir quelques semaines plus tard : ils veulent former un gouvernement De Man-Degrelle pour la Belgique ! Le projet échouera de peu, en raison du refus d'Adolf Hitler de voir cette alliance se nouer.
Ce numéro double des Cahiers libres d'Histoire associe toutes les qualités de rigueur historique, de précision des références, de vigueur stylistique, de nuances idéologiques et d'originalité du point de vue. Les nombreuses photos assorties de commentaires résumés, les multiples notes et l'index final sont également très précieux. Un maître ouvrage sur le sujet de la Collaboration.
A.-G. J. Le Choc du Mois Octobre 2006

Les Socialistes et la Collaboration, De Jaurès à Hitler, par Jean-Claude Valla, Les Cahiers libres d'Histoire n°13-14, Editions de la Librairie Nationale (Tél.   01 42 86 06 92), 198 pages, 22,00 euros.

mercredi 28 août 2019

"Fils de collabos, neveu de résistant", le nouveau livre du Dr Jean-Pierre Cousteau

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Jean-Pierre Cousteau nous avait fait l'amitié, l'an passé, d'intervenir lors de notre journée Flandre-Artois-Hainaut de Synthèse nationale cliquez là. Ces jours derniers les Editions Via Romana ont publié un nouveau livre de lui : Fils de collabos, neveu de résistant. Ce titre résume à lui-seul l'une des singularités de la vie de l'auteur.
Voici la préface de Nicolas d'Estienne d'Orves :
« Chaque fois que tu le penses possible, fais ce que les autres ne font pas. »
Commandant Jacques-Yves Cousteau, de l’Académie française

«  Mon père est mort en décembre 1958 à 52 ans, alors que j’en avais 20, étais en seconde année de médecine et préparais le concours de l’externat. J’ai pleuré un bon coup comme six ans auparavant pour la disparition de ma mère, mais inconscient de la perte qui allait me frapper. Je pensais écrire le mot "fin" au bas de ma petite histoire de "Fils de" tant il semblait évident que mon existence n’offrirait plus rien que… de commun  !  »
Cardiologue et professeur né à Paris à la veille du second conflit mondial, Jean-Pierre Cousteau confie ici ses souvenirs et réflexions de gentilhomme. Plongée dès l’enfance au cœur des tribulations de la guerre et de l’Épuration, sa vie reflète les ombres et les lumières d’une époque oubliée où « les Français ne s’aimaient pas ». Fils de Pierre-Antoine Cousteau, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Je suis partout, condamné à la Libération pour intelligence avec l’ennemi, neveu chéri du commandant Jacques-Yves Cousteau, résistant de la première heure dont il fut le médecin et confident jusqu’à sa mort, Jean-Pierre Cousteau a le caractère d’un battant et le verbe incisif. Sans doute parce qu’il vécut la longue séparation du père, la pension anglaise et ses châtiments, Juilly et ses « humanités » forcées, la mort d’une mère alors qu’à peine adolescent, puis plus heureusement la passion médicale et l’affection et la protection de l’oncle providentiel. Par delà une étonnante carrière médicale achevée dans les coulisses de Roland-Garros, Jean-Pierre Cousteau témoigne ici des riches amitiés littéraires de son père autant que de l’odyssée des profondeurs de son oncle à bord de la Calypso au fil des océans lointains.
Fils de collabos, neveu de résistant, Jean-Pierre Cousteau, Via Romana, 2019, 196 pages, 19 euros.
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lundi 3 juin 2019

L'Historisme "Jacques Doriot et le PPF" de Bernard Henri Lejeune à nouveau disponible

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Réédité pour le premier, et édité pour le second par Synthèse nationale en deux tomes il y a cinq ans, ces deux ouvrages consacrés au chef du Parti populaire français étaient épuisés depuis. La vie et le combat de Jacques Doriot suscitant toujours autant d'intérêts. Régulièrement, nous étions contactés par des amis à la recherche de ces documents devenus presque introuvables.
Une bonne nouvelle, ils ressortent réunis en un seul volume dans la collection Les Bouquins de Synthèse nationale dans les jours qui viennent.
Ne tardez pas à commander ce livre qui, 80 ans après la formidable épopée qu'il traite de manière non conformiste, ne manquera pas de vous donner une autre image de ce chef de parti qui a marqué l'Histoire...
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