Affichage des articles dont le libellé est Vatican. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vatican. Afficher tous les articles

jeudi 24 août 2023

Découverte du théâtre de Néron près du Vatican

 

Découverte du théâtre de Néron près du Vatican

Le théâtre de Néron a récemment été découvert à quelques mètres seulement du Vatican, au cours de fouilles réalisées pour la construction d’un parking dans la cour du Palazzo della Rovere. Il se trouve dans une zone historiquement liée aux jardins d’Agrippine, mère de l’empereur Caligula.

Les fragments retrouvés couvrent une partie de la cavea et de la scène. Les fouilles ont également révélé d’autres trésors cachés, tels que des coupes en verre, des pichets, des céramiques et des reliques laissées par les pèlerins du passé. Ces objets, ainsi que des restes osseux et des chapelets du Moyen Âge, offrent un aperçu de l’histoire de Rome à travers les siècles. Les archéologues soulignent l’importance de prendre en compte le fait qu’au Moyen Âge, cette zone attirait des pèlerins du monde entier venus vénérer la tombe de saint Pierre.

Source

https://lesalonbeige.fr/decouverte-du-theatre-de-neron-pres-du-vatican/

mardi 27 décembre 2022

Paris, Londres et le Vatican : Le renseignement russe déclassifie des documents sur la Seconde Guerre mondiale

 

 

Le Service de renseignement extérieur russe a déclassifié des documents révélant des projets du Royaume-Uni et de la France d’attaquer l’Union soviétique en 1940 depuis le Finlande. Des archives signalent également que le pape Pie XII savait que l’Allemagne nazie préparait la campagne de Russie.

L’Union soviétique, le Royaume-Uni et la France n’ont pas toujours été alliés face à l’Allemagne nazie. Au contraire même, en 1940, pendant la Guerre d’Hiver russo-finlandaise, Londres et Paris voulaient « mener la guerre contre l’URSS sur le territoire de la Finlande » et n’excluaient pas que « l’Allemagne y participe aussi », révèle un document déclassifié par le Service de renseignement extérieur (SVR) russe.

« La France et le Royaume-Uni souhaitent vivement que la guerre se poursuive longtemps afin d’affaiblir la puissance de l’URSS », a rapporté une source du renseignement soviétique en Chine début mars 1940.

La source notait que Londres et Paris essayaient d’utiliser la Guerre d’Hiver pour monter l’opinion publique contre l’URSS et pour rendre la population de ces pays favorable aux mesures des gouvernements contre Moscou.

Guerre d’Hiver

Pour rappel, dès le début de la Guerre d’Hiver en novembre 1939, l’Occident a fourni à la Finlande un soutien non seulement diplomatique mais aussi militaire.

Il a envoyé 350 avions de combat, environ 1500 pièces d’artillerie de différents calibres, 2,5 millions d’obus, 6000 mitrailleuses et 5000 fusils. Des ressortissants de plusieurs pays d’Europe se battaient du côté de la Finlande.

De plus, la Grande-Bretagne et la France préparaient un débarquement de leurs troupes dans le nord et dans le sud de l’Union soviétique. Toutefois ce débarquement n’a pas eu lieu car la guerre s’est terminée le 13 mars 1940.

Le pape savait quand le 3e Reich attaquerait l’URSS

Comme l’indique un autre document déclassifié, le pape Pie XII était au courant d’une attaque imminente de l’Allemagne contre l’URSS en avril 1941. Il s’agit notamment d’un télégramme chiffré, arrivé à Moscou le 3 mai 1941 et adressé à « Victor », le pseudonyme opérationnel du chef du service de renseignement extérieur soviétique Pavel Fitin.

« Le mercredi 23 avril, une réunion secrète de 400 jésuites a eu lieu chez le pape, qui leur a demandé d’accroître leur activité en Orient », indique le document.

Le télégramme parle des « jésuites situés dans les États baltes, l’Ukraine occidentale et la Biélorussie ». Le souverain pontife leur ordonne notamment « de se concentrer progressivement plus près de la frontière, car une offensive allemande contre l’URSS est attendue peu après la liquidation de la question grecque », soit la fin de l’envahissement de la Grèce par les nazis.

source : Sputnik Afrique

https://reseauinternational.net/paris-londres-et-le-vatican-le-renseignement-russe-declassifie-des-documents-sur-la-seconde-guerre-mondiale/

mardi 5 octobre 2021

Mentana, une victoire mémorable des Zouaves pontificaux

 

Patrick Nouaille-Degorce et Laurent Gruaz sont deux docteurs en histoire qui ont étudié avec attention l’histoire des Zouaves pontificaux. Le premier avait d’ailleurs consacré sa thèse de doctorat aux Volontaires de l’Ouest dans la guerre de 1870-1871 et rappelé le rôle des anciens Zouaves pontificaux dans ce conflit. Le second avait rédigé sa thèse sur les Officiers français des Zouaves pontificaux.

Les éditions Edilys ont eu l’excellente idée de rassembler en une petite plaquette très soignée et illustrée deux articles de ces historiens traitant chacun d’événements de l’année 1867 qui concernent les Zouaves pontificaux.

La première partie de cet ouvrage est consacrée à la bataille de Mentana qui se termine par une victoire des troupes de l’Etat Pontifical contre les troupes révolutionnaires de Garibaldi. Cette victoire militaire offrira un sursis de trois ans à l’Etat Pontifical.

A la suite de la bataille de Mentana, le gouvernement italien désarme les Chemises rouges repliées sur son territoire et fait interner Garibaldi et ses fils dans la forteresse de Varignano, puis les assigne à résidence dans l’île de Caprera. C’en est fini du rôle du mouvement révolutionnaire garibaldien. Les populations ne sont plus soumises aux réquisitions et aux exactions de toutes sortes et les couvents ne sont plus rançonnés. Bien sûr, les Carbonari et francs-maçons se remettront rapidement à l’œuvre. Mais en attendant, ce haut fait d’armes des troupes pontificales est célébré par toute la Chrétienté et Pie IX fait ériger un monument à la mémoire de ces braves.

Le récit de cette bataille n’est donc pas anodin. L’auteur rappelle aussi le jeu trouble de Napoléon III.

La seconde partie de l’ouvrage est consacrée au lâche attentat terroriste commis par des révolutionnaires le 22 octobre 1867. L’explosion se fit au sein de l’ancien palais Serristori, du nom d’une ancienne et noble famille toscane, qui servait de logement aux Zouaves pontificaux. 25 Zouaves furent tués dans l’attentat et une dizaine d’autres furent blessés.

Le même jour, les garibaldiens tentent une insurrection qui devait fournir au gouvernement italien un prétexte plausible pour envoyer des troupes rétablir l’ordre. Mais les troupes pontificales vont admirablement maîtriser la situation et réprimer avec bravoure les différentes attaques.

Mentana, Patrick Nouaille-Degorce + L’attentat de la caserne Serristori, Laurent Gruaz, éditions Edilys, 92 pages, 9 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/mentana-une-victoire-memorable-des-zouaves-pontificaux/92809/

jeudi 30 octobre 2014

La Bibliothèque du Vatican met ses trésors en ligne

L’auguste Bibliothèque apostolique du Vatican, l’une des plus importantes bibliothèques du monde, a commencé à mettre en ligne les versions numérisées de certains joyaux de sa collection de manuscrits.
Le projet prévoit la numérisation d’environ 3 000 livres, sur une période de quatre ans.
Cette numérisation servira évidemment aux chercheurs, mais aussi aux curieux. Détails des trésors en ligne :

Codex Borgianus (Biblioteca Apostolica Vaticana)

Vergilius Vaticanus (« Le Virgile du Vatican ») (Biblioteca Apostolica Vaticana)

vendredi 16 mai 2014

22 juin 1929 Le Vatican «s'arrange» avec le Mexique


Désireux de mettre un terme au soulèvement des paysans catholiques contre le gouvernement mexicain, le Vatican conclut un arrangement avec celui-ci, le 22 juin 1929. Le Saint-Siège demande aux rebelles, les « Cristeros », de déposer les armes sous peine d'excommunication (*). 
Mais beaucoup de catholiques voient dans cet arrangement (« Arreglos ») une capitulation face au gouvernement socialisant et franc-maçon du Mexique dont l'intolérance a entraîné les paysans à la révolte. De fait, les ex-rebelles vont encore subir pendant plusieurs années les exactions de l'armée. 
André Larané
Combattants Cristeros (1926-1929)

La Vendée mexicaine

Le président mexicain Plutarco Elias Calles et le président américain Calvin Coolidge devant la Maison Blanche en 1925Président de la République de 1924 à 1928, le général Plutarco Calles entreprend de consolider les acquis de la révolution de 1910, illustrée par les exploits de Zapata et Pancho Villa.
C'est ainsi qu'il réorganise l'instruction publique et étend la réforme agraire, distribuant plus de trois millions d'hectares aux petits paysans des coopératives (les ejidatarios). Il confirme aussi la nationalisation de l'industrie du pétrole au grand dam des États-Unis...
Mais fidèle à une tradition anticléricale vieille de près d'un siècle, le président a aussi la mauvaise idée de s'en prendre à l'Église catholique.
Le 1er décembre 1924, il prive de droits civiques les catholiques (laïcs et prêtres) sous prétexte qu'ils obéissent à un souverain étranger, le pape ! Il expulse le nonce, l'ambassadeur du Vatican, ainsi que tous les ecclésiastiques étrangers. Il interdit aux prêtres toute critique du gouvernement en vertu de l'article 130 de la Constitution de 1917, jusque-là resté inappliqué. Il interdit les congrégations enseignantes et ferme pas moins de 20.000 églises !
L'épiscopat se rebiffe et suspend le 31 juillet 1926 l'administration des sacrements dans tout le pays pour une durée de trois ans. Cette riposte ahurissante de la part d'un haut clergé essentiellement criollo (d'origine européenne) livre au désespoir les masses rurales, majoritairement indiennes ou métisses, attachées à une religiosité traditionnelle.
Exécution en 1927, au Jalisco, du père Francisco Vera, coupable d'avoir célébré la messe
Les paysans se soulèvent sans attendre contre les autorités de la capitale, dans un parallèle frappant avec le soulèvement des Vendéens en 1793, en lutte contre les révolutionnaires parisiens. Leur cri de ralliement : « ¡ Viva Cristo Rey ! ¡ Viva la Virgen de Guadalupe ! » (Vive le Christ-Roi ! Vive la Vierge de Guadalupe) fait référence à la Vierge apparue à un Indien en 1531 et à la proclamation par le pape Pie XI, le 11 décembre 1925, du Christ « Roi des nations ».
Ces insurgés sont par dérision surnommés « Cristeros ». Eux-mêmes qualifient plus volontiers leur soulèvement de « Cristiada » (Christiade) mais ils sont désavoués par l'épiscopat, à deux ou trois exceptions près. Il n'empêche qu'avec 50.000 combattants, ils vont constituer la plus importante rébellion qu'ait connue le pays, lequel compte à cette époque moins de vingt millions d'habitants disséminés sur deux millions de km2.
Le général Enrique Gorostieta Velarde (Monterrey, 1889 - Atotonilco el Alto, 2 juin 1929)Ils recrutent contre rémunération le général Enrique Gorostieta (38 ans), lequel est, d'après l'historien Jean Meyer, catholique, bon mari et bon père, contrairement à une légende qui en fait un franc-maçon laïc. Il va discipliner ses troupes et les conduire de victoire en victoire malgré le manque de moyens. Le soulèvement a débuté dans l'État du Jalisco, au bord de l'océan Pacifique (capitale : Guadalajara). Trois ans plus tard, l'armée des Cristeros tient plus des trois quarts de l’ouest du Mexique et la moitié des 30 États de la fédération.
Tous les habitants des campagnes concernées se montrent solidaires et les femmes ne sont pas les moins actives. Comme dans toute résistance populaire, elles servent au renseignement, à l'approvisionnement des combattants et au transport des munitions. Des brigades féminines, les Brigadas Bonitas ou Jolies brigades, combattent même sous le patronage de Jeanne d'Arc.
Cette guerre occasionne un total d'environ 90.000 tués selon l'historien Jean Meyer, dont les deux tiers dans les troupes gouvernementales, lesquelles sont en infériorité tactique face à la guérilla, malgré leur recours systématique à la terreur.
Cristeros de l'État de Jalisco entourant des prisonniers de l'armée fédérale mexicaine

La diplomatie s'en mêle

Désespérant de vaincre les paysans, le président Calles se réconcilie avec le gouvernement des États-Unis. Il accepte des concessions sur le pétrole en échange de l'aide de l'US Air Force dans son combat contre les Cristeros... Il est vrai que lesWASP's (*) ne portent pas dans leur coeur les paysans métissés ou indiens du Mexique et même les catholiques américains se gardent de soutenir financièrement leurs coreligionnaires du sud du Rio Grande.
Le 1er juillet 1928, les élections présidentielles voient le retour au pouvoir du général Álvaro Obregón, qui avait déjà présidé le pays de 1920 à 1924. Mais il est assassiné le 17 juillet suivant par un étudiant catholique qui lui reproche son anticléricalisme.
Terreur exercée par l'armée fédérale contre les Cristeros (1926-1929)Emilio Portes Gil assume l'intérim de la présidence cependant que Plutarco Elías Calles continue de diriger en sous-main les affaires du pays avec le titre de « jefe maximo » (chef suprême).
Calles, qui vise l'élection de l'année suivante, veut mettre fin au plus haut vite à la rébellion, laquelle a déjà fait plusieurs dizaines de milliers de victimes, mais il comprend qu'il ne pourra la vaincre par les moyens militaires, même agrémentés de la Terreur révolutionnaire.
Il demande donc au président Portes Gil de faire appel à la médiation du haut clergé catholique des États-Unis. Il s'agit d'Irlandais qui n'ont guère de sympathie pour les va-nu-pieds mexicains. Ils pressent le Vatican de conclure un compromis.
Après que le gouvernement ait autorisé à nouveau le culte catholique le 3 mars 1929 et fait rouvrir la cathédrale de Mexico, il revient au cardinal Gasparri, celui-là même qui signa les accords de Latran avec Mussolini, de conclure « los Arreglos ».

Arrangements bafoués

À la demande du légat pontifical, le président mexicain s'engage à ne plus tenter d'appliquer les articles antireligieux de la Constitution ! Il donne aussi sa parole que les rebelles seront amnistiés et qu'il ne leur sera fait aucun mal. Mais il ne s'agit que de sa parole. Aucun document n'est signé...
Obéissants, les Cristeros se soumettent, d'autant que le général Gorostieta a été tué dans une embuscade, le 2 juin 1929. Dans les faits, l'amnistie n'est pas le moins du monde respectée et des centaines d'insurgés sont assassinés dans d'atroces conditions aussitôt après avoir rendu leurs armes sur ordre de leur évêque.
Combattants cristeros de la Secunda, en 1934, dans l'État de PueblaL'armée ne s'en tient pas là. Elle met à sac les campagnes reculées de l'Ouest avec le désir d'éradiquer une bonne fois pour toutes toute trace de christianisme. Le romancier Graham Greene en fait état dans son romanLa Puissance et la Gloire. Il s'ensuit une seconde guerre des Cristeros (laSecunda), qui réunit quelques milliers de combattants désespérés. Elle  va durer de 1934 à 1938 sans qu'il soit possible d'en évaluer le nombre de victimes. 
Le général Luis Garfias a reconnu dans Epoca le 4 janvier 1993 :« L'armée fédérale a mené une guerre sans pitié. Elle ne faisait pas de prisonniers, les civils étaient pris comme otages et beaucoup d'entre eux fusillés. La torture fut systématique, on détruisit d'innombrables villages et hameaux » (*).
L'élection du président Lázaro Cárdenas en 1934 met fin à la période dite duMaximato, autrement dit au règne du général Plutarco Elías Calles. Mais il faudra encore plusieurs années avant que la paix religieuse ne revienne au Mexique.
L'émotion suscitée par « los Arreglos » va entraîner la disgrâce du cardinal Gasparri qui sera aussitôt remplacé à la Secrétairerie d'État (le ministère des Affaires étrangères du Vatican) par le cardinal Eugenio Pacelli (futur Pie XII).
La Puissance et la Gloire
De cette illustration dramatique des excès auxquels a pu conduire au XXe siècle la haine antireligieuse, le romancier britannique Graham Greene a tiré son chef-d'oeuvre, La Puissance et la Gloire (1940). Il lui a été inspiré par son séjour au Mexique en 1938.
C'est l'histoire d'un prêtre alcoolique, traqué par un lieutenant fanatique et obtus dans les années 1930, et qui n'en continue pas moins de servir les fidèles... Bien qu'écrit par un catholique croyant, le roman a été condamné par le Saint-Siège.

Bibliographie

La guerre des Cristeros a été longtemps occultée tant par l'historiographie officielle que par le Saint-Siège.
Elle est sortie de l'oubli à la faveur d'une volumineuse thèse de l'historien français Jean Meyer, qui l'a découverte en 1964, quand il n'était encore qu'un jeune étudiant à l'écoute de Pierre Chaunu. Il a publié sa thèse en 1975 : La Christiade, l'État et le peuple dans la révolution mexicaine (Payot).
Histoire du christianisme, Hors-série N°7Le 13 mai 2014, les éditions CLD ont réédité le livre de Jean Meyer dans une version enrichie et réactualisée : La rébellion des Cristeros, L’Église, l’État, le peuple dans la Révolution mexicaine (348 pages, 23 €). Elles ont édité aussi une version illustrée du même ouvrage : La Cristiada, la lutte du peuple mexicain pour la liberté religieuse (224 pages, plus de 300 illustrations et documents inédits, 35 €).
En 2012, le film Cristeros du réalisateur Dean Wright lui a donné une nouvelle visibilité. La revue Histoire du christianisme a par ailleurs consacré un remarquable hors-série aux Cristeros (printemps 2014), incluant un entretien avec Jean Meyer, des articles de celui-ci et une analyse du film de Dean Wright. 

dimanche 16 décembre 2012

Une historienne éclaire l’absurdité du Prix Nobel de la paix attribué à l’UE

Annie Lacroix-Riz, historienne, est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-VII – Denis Diderot. Auteur de nombreux ouvrages, elle a notamment étudié les origines et les parrains de la Communauté européenne (lire en particulier : L'intégration européenne de la France : la tutelle de l'Allemagne et des États-Unis, Paris, Le Temps des Cerises, 2007). Lorsque jury Nobel de la paix a annoncé le 12 octobre que son choix se portait cette année sur l’Union européenne, BRN a souhaité recueillir sa réaction et son éclairage.
Interview publiée dans le mensuel Bastille-République-Nations daté du 29/10/12
Informations et abonnements : www.brn-presse.fr
BRN – L’Union européenne s’est vu décerner cette année le Prix Nobel de la paix. Quelle a été votre première réaction à l’annonce du jury d’Oslo ?
ALR – L’information pouvait d’abord être prise pour un canular. Mais dans notre univers de l’absurde, une telle distinction est dans la droite ligne des choix du jury Nobel dans la dernière période. Cette décision n’en bat pas moins des records de ridicule, tant au regard des pratiques actuelles que des origines de l’UE.
BRN – Des pratiques actuelles que vous jugez bellicistes…
ALR – Pour l’heure, elle joue le rôle de petit soldat de l’OTAN, comme elle l’a fait dès sa naissance. L’UE en tant que telle ou nombre de ses membres sont impliqués dans quasiment toutes les guerres dites périphériques depuis vingt ans.
BRN – Cependant, en tant qu’historienne, vous insistez plus particulièrement sur les origines tout sauf pacifiques de l’UE. Pourriez-vous préciser cette analyse ?
ALR – Les archives, sources par excellence de la recherche historique, permettent seules de décortiquer ses véritables origines et objectifs, qui excluent la thèse d’une prétendue « dérive » récente de l’UE, dont on nous rebat les oreilles.
BRN – Vous évoquez en particulier la « déclaration Schuman », du 9 mai 1950, souvent décrite comme l’acte fondateur de l’« aventure européenne »…
ALR – Oui, et ses circonstances précises méritent examen. Le lendemain même – le 10 mai 1950, donc – devait avoir lieu à Londres une très importante réunion de la jeune OTAN (organisation de l’Alliance atlantique, elle-même fondée un an plus tôt). A l’ordre du jour figurait le feu vert officiel au réarmement de la République fédérale d’Allemagne (RFA), que Washington réclamait bruyamment depuis deux ans (1948). Les structures et officiers de la Wehrmacht avaient été maintenus dans diverses associations de façade. Mais quatre ans après l’écrasement du nazisme, un tel feu vert atlantique était quasi impossible à faire avaler aux populations, en France notamment. La création de la Communauté du charbon et de l’acier (CECA) annoncée par le ministre français des Affaires étrangères Robert Schuman a ainsi permis d’esquiver ou de retarder l’annonce officielle, requise par les dirigeants américains, du réarmement en cours.
BRN – Qu’est-ce qui motivait cette stratégie américaine ?
ALR – Dès mars 1947, dans son célèbre « discours au Congrès », le président Truman demanda des crédits pour sauver la Grèce et la Turquie « attaquées », forcément par l’URSS (dont le nom n’était pas prononcé). Ce faisant, il entamait en grand l’encerclement politico-militaire de cette dernière. De fait, c’est entre 1942 et 1945 que Washington avait préparé l’affrontement futur contre ce pays, pour l’heure allié militaire crucial pour vaincre l’Allemagne (1). Une pièce majeure de cet affrontement était la constitution d’une Europe occidentale intégrée.
BRN – Ce sont donc les dirigeants américains qui ont poussé à l’intégration européenne ?
ALR – Oui. Washington entendait imposer une Europe unifiée sous tutelle de la RFA, pays dont les structures capitalistiques étaient les plus concentrées, les plus modernes, les plus liées aux Etats-Unis (qui y avaient investi des milliards de dollars dans l’entre-deux-guerres) et les moins détruites (80% du potentiel industriel était intact en 1945). Cette Europe serait dépourvue de toute protection à l’égard des exportations et des capitaux américains : les motivations des dirigeants d’outre-Atlantique étaient non seulement géostratégiques mais aussi économiques.
BRN – Comment ces derniers s’y sont-ils pris ?
ALR – Ils ont harcelé leurs alliés ouest-européens, pas vraiment enthousiastes à l’idée d’être aussi vite réunis avec l’ennemi d’hier. Et ils ont sans répit usé de l’arme financière, en conditionnant l’octroi des crédits du « Plan Marshall » à la formation d’une « entité » européenne intégrée, condition clairement formulée par le discours de Harvard du 5 juin 1947.
BRN – Mais quel était l’état d’esprit des dirigeants ouest-allemands ?
ALR – De 1945 à 1948, avant même la création officielle de la RFA, ils n’ont eu de cesse de se poser en « meilleurs élèves de l’Europe », suivant une stratégie mûrement calculée : toute avancée de l’intégration européenne équivalait à un effacement progressif de la défaite, et constituait un gage de récupération de la puissance perdue. Ainsi ressurgissait le thème de l’« égalité des droits » de l’après-guerre précédent.
BRN – Voilà une affirmation audacieuse…
ALR – C’était l’analyse des diplomates français d’alors, en poste en général depuis l’avant-guerre et lucides sur ce qu’ils ressentaient comme un péril, comme le montrent leurs notes et mises en garde officieuses. Car, officiellement, le discours était de saluer l’horizon européen radieux.
BRN – Pouvez-vous préciser cet « effacement progressif de la défaite » attendu par les élites de Bonn ?
ALR – Celles-ci ont vite obtenu l’abandon des limitations de production imposées par les accords de Yalta et de Potsdam : en fait, dès 1945 dans les zones occidentales ; en droit, dès le lancement publicitaire du Plan Marshall, à l’été 1947. Les dirigeants ouest-allemands ont repris le discours d’entre-deux-guerres de Gustav Stresemann (ministre des Affaires étrangères de 1923 à 1929) et du maire de Cologne Adenauer : les « accords de Locarno » (1925) garantirent – sur le papier – les frontières occidentales de l’Allemagne (pas les orientales), motivant l’attribution à Stresemann, en 1926, et à son collègue français Briand… du Prix Nobel de la paix. Berlin entonna le refrain du rapprochement européen avec pour condition expresse l’égalité des droits (« Gleichberechtigung »). C’est à dire l’abandon des clauses territoriales et militaires du traité de Versailles : récupération des territoires perdus en 1918 (et Anschluss prétendument « européen » de l’Autriche), et levée de l’interdiction des industries de guerre.
BRN – Peut-on pour autant établir le parallèle avec la RFA d’après la seconde guerre mondiale ?
ALR – Le diplomate français Armand Bérard câble à Schuman en février 1952 que Konrad Adenauer (premier chancelier de la RFA, de 1949 à 1963) pourra, en s’appuyant sur la « force supérieure (mise…) en ligne  » par les Américains contre l’URSS, contraindre celle-ci « à un règlement dans lequel elle abandonnera les territoires d’Europe centrale et orientale qu’elle domine actuellement » (RDA et Autriche incluses). Extraordinaire prévision de ce qui se réalisa près de quatre décennies plus tard…
BRN – Si l’on reprend votre analyse, l’Union européenne a donc été lancée sur injonction américaine, et soutenue avec détermination par les dirigeants ouest-allemands pour leurs objectifs propres…
ALR – Oui, ce qui nous place à des années-lumière des contes à l’eau de rose en vogue sur les « pères de l’Europe » taraudés par le « plus jamais ça » et exclusivement soucieux de construire l’« espace de paix » que les jurés Nobel ont cru bon d’honorer. A cet égard, il faut prendre en compte d’autres acteurs, au rôle déterminant dans l’intégration européenne.
BRN – Le Vatican ?
ALR – On évoque peu son rôle géopolitique dans la « construction européenne » du XXe siècle, mais après la seconde guerre mondiale, les dirigeants américains l’ont, encore plus qu’après la première, considéré comme un auxiliaire crucial. En outre, depuis la fin du XIXe siècle, et plus que jamais depuis la Première Guerre mondiale avec Benoît XV (pape de 1914 à 1922), les liens entre Reich et Vatican ont façonné le continent (Est compris), comme je l’ai montré dans l’ouvrage Le Vatican, l'Europe et le Reich. Globalement avec l’aval des Etats-Unis – sauf quand les rivalités (économiques) germano-américaines devenaient trop fortes. De fait, les relations du trio se compliquent quand les intérêts des dirigeants d’Outre-Atlantique et d’Outre-Rhin divergent trop. Dans ce cas, la préférence du Vatican va toujours à l’Allemagne. Le maximum de tension a donc été atteint au cours des deux guerres mondiales.
BRN – Précisément, vous décrivez une Europe voulue par Washington et Bonn (puis Berlin). Mais ces deux puissances n’ont pas nécessairement des intérêts qui coïncident…
ALR – Absolument. Et ces contradictions, perceptibles dans les guerres des Balkans de 1992 à 1999 (Michel Collon l’a écrit dans son ouvrage de 1997, Le grand échiquier), s’intensifient avec l’aggravation de la crise. Raison supplémentaire pour douter des effets « pacifiques » de l’intégration européenne.
BRN – Celle-ci est également promue par des dirigeants d’autres pays, comme la France.
ALR – François Bloch-Lainé, haut fonctionnaire des Finances devenu grand banquier, fustigeait en 1976 la grande bourgeoisie toujours prompte à « exploiter les malheurs de la patrie ». Du Congrès de Vienne (1815) à la Collaboration, en passant par les Versaillais s’alliant avec le chancelier prussien Bismarck contre la Commune, du modèle allemand d’avant-guerre au modèle américain d’après-guerre, cette classe dirigeante cherche à l’étranger un « bouclier socio-politique » contre son peuple.
BRN – Ce serait également une fonction de l’Union européenne ?
ALR – Essentielle, et d'origine. Lors de la mise en œuvre en 1954 de la CECA, un haut fonctionnaire français se félicitait ainsi que « l’Europe » eût enfin permis au ministère des finances de liquider des subventions qui réduisaient le prix des produits de première nécessité. La citation précise mérite d’être rappelée : « la différence essentielle réside dans le fait que la politique européenne s’appuie sur l’alibi que constitue, vis à vis des intérêts particuliers, l’existence d’un organe “supranational”, alors que la politique traditionnelle implique que les gouvernements s’imposent, et imposent à ces mêmes intérêts, la discipline indispensable. Cela n’a été possible que parce que le ministre a pu en rejeter la responsabilité sur un organe supranational jouissant d’une certaine indépendance par rapport au gouvernement  ». Près de 60 ans plus tard, l’Europe offre « l’alibi » de ses institutions « indépendantes » – comme la Banque centrale européenne – pour soustraire des décisions de chaque fraction nationale du grand capital au contrôle et à la colère de son peuple. Remarquable continuité, qui n’incite pas à l’optimisme sur la garantie « européenne » de la paix…
(1) Sherry Michael, Preparation for the next war, American Plans for postwar defense, 1941-1945, New Haven, Yale University Press, 1977 ; The rise of American Air Power : the creation of Armageddon, New Haven, Yale University Press, 1987 ; In the shadow of war : the US since the 1930’s, New Haven, Yale University Press, 1995.

vendredi 8 juillet 2011

[Présent] Humanae Vitae - origines d’une encyclique

Présent, 15 août 2008
En 1930, par l’encyclique Casti connubii, une des plus longues de son pontificat, Pie XI avait rappelé et précisé l’enseignement de l’Eglise sur le mariage chrétien. À l’heure, où la dissolution des mœurs avait déjà fait des ravages et où certains pays avaient commencé à adopter des politiques antinatalistes, le pape avait voulu exposer « la vraie doctrine du Christ concernant le mariage », ses « fins », ses « lois » et ses « biens ». Il avait réprouvé les « nouveaux genres d’union » (mariage temporaire, mariage à l’essai et mariage amical) et il avait condamné tout recours à la contraception et à l’avortement (« meurtre direct d’un innocent » avait dit Pie XI). À sa suite, Pie XII, dans diverses allocutions, avait rappelé ce même enseignement.
Pendant les années précédant le concile Vatican II, la Commission théologique préparatoire avait préparé un schéma intitulé : De castitate, virginitate, matrimonio, familia (« De la chasteté, de la virginité, du mariage et de la famille »). Les rédacteurs principaux de ce schéma furent le cardinal Ottaviani, secrétaire de la congrégation du Saint-Office, et le P. Ermenegildo Lio, un théologien franciscain, Défenseur du lien à la même Congrégation, examinateur du clergé et juge synodal au Vicariat de Rome, consulteur théologique à la Commission théologique préparatoire et professeur de théologie morale à l’Université pontificale du Latran. Ce schéma, jugé d’une doctrine et d’une exposition trop traditionnelles, ne fut pas présenté comme tel au concile Vatican II et les sujets qu’il abordait (le mariage, la famille, etc.) passèrent dans d’autres schémas qui traitaient de questions plus générales.
Pendant toute la durée du concile, et même avant, un para-concile (constitué des médias, chrétiens ou non, de certains théologiens, par leurs écrits et leurs conférences, et de certains évêques, par leurs déclarations), s’est développé. Ce para-concile a diffusé dans l’opinion publique, chrétienne ou non, un certain nombre de thèmes, de revendications et de contestations. Parmi celles-ci, il y a eu la réclamation insistante, répétée, d’accorder aux femmes le droit à la contraception.
Paul VI, on l’a trop souvent oublié, a demandé aux évêques assemblés de ne pas aborder la question de la régulation des naissances, se réservant de la traiter lui-même (cette intervention, d’une grande sagesse et prudence, est consignée dans la note 14 de Gaudium et Spes 51). À cette époque, selon divers témoignages incontestables, Paul VI était encore hésitant sur le sujet. Au rédacteur en chef de la Croix, dans un entretien privé, il confiait : « Rien n’est encore dit, car nous ne savons rien. » La confidence est inattendue si l’on considère que, de Pie XI et Pie XII, l’enseignement de l’Eglise n’a pas varié et qu’en 1966, à deux reprises, Paul VI a affirmé que, en la matière, « la pensée et les normes de l’Eglise ne sont pas changées. »
Le Pape avait demandé à la Commission pontificale pour l’étude des problèmes de la population, de la famille et de la natalité, que Jean XXIII avait instituée en mars 1963, de poursuivre l’étude de la question. Cette Commission s’était divisée et une majorité de ses membres s’était prononcée pour autoriser la contraception. En juin 1966, Paul VI décida de dissoudre cette Commission, puis il résolut de préparer une encyclique sur le sujet. La préparation fut confiée à divers groupes de travail et d’études, dont firent partie notamment un théologien très proche du pape, le milanais Mgr Carlo Colombo, et le jésuite français Gustave Martelet. On sait aussi que l’archevêque de Cracovie, le cardinal Wojtyla (le futur Jean-Paul II), fut consulté ; il avait publié un ouvrage sur ces sujets en 1962, Amour et responsabilité. Mais, il est établi que l’argumentation centrale de l’encyclique est due au père dominicain Ciappi, théologien de la Maison pontificale, consulteur de la congrégation pour la Doctrine de la Foi et au P. Lio qui retrouvait là un retour en grâce réconfortant.
Jean Guitton a témoigné que Paul VI était partagé entre sa « tendance » libérale, qui était d’autoriser la contraception, et son « devoir » qui était de l’interdire pour rester en continuité avec l’enseignement de ses prédécesseurs. Si le pape avait autorisé la « pilule », il aurait été acclamé comme le « libérateur de la femme ». Finalement, il a sacrifié sa popularité et il a bravé l’opinion publique qu’il savait lui être très majoritairement hostile.
Yves Chiron http://yveschiron.blogspot.com/

samedi 14 mai 2011

Ce que j’ai vu et entendu à Rome deux jours avant la mort de Mgr Lefebvre

Au moment où de nouvelles menaces, auxquelles l’épiscopat français n’est sans doute pas étranger, se précisent contre Saint-Nicolas-du-Chardonnet, signe visible, à Paris, et donc le plus médiatisé de l’oeuvre de Monseigneur Lefebvre, le Libre Journal apporte une pièce inédite au dossier des relations entre la Tradition et le Saint Siège. Le récit d’une ultime tentative de réconciliation que Winfried Wuermeling entreprit le 22 mars 1991. Ce texte a été établi à partir d’un rapport rédigé de mémoire par W. Wuermeling dans les instants qui suivirent l’entrevue.
Les protagonistes ignoraient évidemment à ce moment-là que l’Evêque de fer allait gagner, deux jours plus tard, sa Patrie céleste.
J’arrivai à Rome le vendredi 22 mars 1991. Deux semaines auparavant, j’avais entendu Mgr Perl au téléphone :
- Nous avons eu, voilà trois semaines, la visite de votre évêque, Mgr Thomas ; il semble que les choses s’arrangent très bien à présent.
- Premièrement, lui avais-je répondu, Mgr Thomas n’est pas notre évêque mais l’évêque de Versailles ; notre évêque à nous est Mgr Thierry Jordan, de Pontoise. Deuxièmement, ne savez-vous pas qu’à Port-Marly le chauffage et l’électricité sont toujours coupés et que le curé conciliaire a intenté un procès civil contre la Tradition ? Vous appelez ça “s’arranger” ? Vous n’êtes pas informés à Rome ! Voilà ce qui arrive quand on ne passe que par la nonciature…
Mgr Perl m’avait donc accordé, en tant que délégué du Comité Sainte-Geneviève, un rendez-vous auprès de la Commission pontificale Ecclesia Dei, présidée par le cardinal Mayer.
Sainte-Geneviève, paroisse florissante jusqu’à VatIcan II, avait été délaissée par les fidèles, louée par l’évêché de Pontoise aux musulmans qui en firent une mosquée Quûba, puis vendue au maire communiste d’Argenteuil qui la rasa, malgré les prières des catholiques agenouillés autour du chantier de démolition.
Un Comité Ste-Geneviève s’était constitué en vue de sa reconstruction ; une quête nationale avait été lancée dans ce but et, en attendant, nous occupions, chaque mois, une église du Val-d’Oise dans l’espoir que l’évêque Jordan consentirait finalement à nous donner un lieu où un prêtre de la Fraternité sacerdotale St Pie X pourrait célébrer la messe de toujours.
L’évêque s’obstinant, j’étais venu à Rome en appeler de cette attitude qui s’aggravait d’un refus de communion opposé, sur ordre de Mgr Jordan, par le curé de Garges-lès-Gonesse à deux paroissiens suspects de sympathies pour Mgr Lefebvre.
L’entretien allait donc porter à la fois sur la situation de la Tradition en France et sur la situation de Mgr Lefebvre, sujets indissolublement liés.
“Si vous n’exigiez pas des prêtres de St Pie X, les choses s’arrangeraient”
Le cardinal Mayer se déclara horrifié par l’abandon de l’église aux musulmans mais lorsque, lui rappelant que le cardinal Pappalardo venait de livrer l’église San-Paolino de Palerme (Sicile) aux musulmans, je lui demandai comment on pouvait accorder aux islamistes des lieux de prières refusés aux catholiques, seul un silence consterné me répondit.
- Si vous ne réagissez pas dans cette incroyable affaire, prévins-je, nous, les laïcs, nous le ferons. Nous sommes mille, demain nous serons dix mille…
- Si vous n’exigiez pas des prêtres de la Fraternité sacerdotale St Pie X, convint le prélat, les choses s’arrangeraient plus facilement.
- Nous avons perdu confiance en vos prêtres ! A Garges-lès-Gonesse, paroisse traditionnelle, l’évêque avait délégué “pour dire la messe en latin” un desservant qui, au bout de trois ans, annonça : « Maintenant, vous êtes plus mûrs, nous allons commencer à vous habituer à Vatican II dans cette paroisse. Par exemple, par une concélébration de temps à autre… » Eh bien, Eminence, des prêtres comme cela, nous n’en voulons pas. Sinon, dans cinq ans, il nous faudra repartir de zéro. Nous voulons des prêtres sûrs, qui nous prêchent tout l’Evangile, tous les dogmes, toute la morale. Actuellement, il n’y a qu’une seule adresse pour cela dans l’Eglise : la Fraternité sacerdotale St Pie X.
- Quand nous étions jeunes séminaristes, se souvint le cardinal, nous étions aussi très attachés à la liturgie, aux processions, aux dévotions, etc. Mais, en même temps, nous nous sommes dit que, sur certains points, il faudrait quand même moderniser un peu… Chez vous, on est souvent pointilleux dans les gestes et les formes du rite. C’est ridicule et borné.
- Eminence, j’étais à l’église St-Joseph à Pékin, il y a trois ans. Si vous aviez vu ces gens si attachés à notre sainte messe, vous auriez pleuré. Il ne leur reste plus rien que cela, le rite. Et nous, nous serions dans une autre situation ? Et sainte Jeanne d’Arc, ne croyez-vous pas qu’elle s’est mise à genoux pour recevoir, de façon “bornée”, comme vous osez le dire, le Seigneur sur la langue, excommuniée qu’elle était ? Je vous prie d’avoir un extrême respect pour les personnes qui s’accrochent de façon “bornée” au rite pendant cette crise de l’Eglise. C’est souvent l’expression d’une foi absolument pure. Si vous voulez savoir ce qui se passe dans nos âmes, Eminence, dites-vous que nous nous sentons comme Jeanne après son excommunication, avec le seul Christ comme consolation. Eminence, cette excommunication de Mgr Lefebvre était une erreur gravissime ; il faut qu’elle soit très rapidement invalidée !
- Comment pouvez-vous parler d’une erreur de l’Eglise ?
- Le cardinal Ratzinger lui-même a dit, au cours d’une conférence aux évêques latino-américains, mexicains, je crois : « Quelle erreur avons-nous faite pour que cette séparation se soit produite ? Ou plutôt quelles erreurs sommes-nous en train de commettre pour que cela perdure ? » Si le cardinal Ratzinger dit cela, c’est qu’il est convaincu que des erreurs ont été commises par l’Eglise. Pourquoi donc vous, Eminence, qui êtes un saint homme, et Mgr Lefebvre qui l’est aussi, comme vous venez de le reconnaître, n’employez-vous pas vos saintes volontés à trouver une solution ensemble ? Nous, laïcs, sommes déchirés par cette guerre de paragraphes. Si c’est le même Esprit-Saint qui remplit vos coeurs, à vous et à Mgr Lefebvre, une solution doit pouvoir se trouver pour sortir de là.
- C’est triste, mais Mgr Lefebvre ne veut pas venir ici pour discuter.
- C’est vous qui ne voulez pas l’accueillir. Pouvez-vous assurer, Eminence, que le Pape est prêt à recevoir Mgr Lefebvre pour trouver une solution ?
Mgr Mayer se récria :
- Mais enfin, je ne peux pas prendre d’engagement pour le Pape !…
- Certes, mais vous pouvez convaincre le Pape de daigner écouter Mgr Lefebvre à qui, de mon côté, j’essayerai de parler à Pâques ? Il faut que cette excommunication cesse avant qu’il ne soit trop tard. Si Mgr Lefebvre disparaissait, les choses pourraient empirer. C’est vous qui porterez la responsabilité de cette déchirure, par omission. C’est rare dans l’histoire de l’Eglise.
Le cardinal promit de tenter une démarche auprès du Pape. Il me dit également que le cardinal Thiandoum, successeur de Mgr Lefebvre à Dakar, avait « pleuré » chez lui au motif que Mgr Lefebvre « ne voulait absolument pas revenir ».
“La liberté de conscience ne vaut que pour les autres, pas pour nous”
Je fis remarquer qu’effectivement, si l’on attendait du prélat d’Ecône un voyage à Canossa, ce n’était pas envisageable.
Mgr Mayer me dit alors :
- Mgr Lefebvre m’a dit lors du Concile qu’il était d’accord avec 80 % des résolutions. Aujourd’hui, il est contre à 100 %. Pour lui, tout est mauvais dans l’Eglise. Mgr Lefebvre se trompe d’adversaire : il lutte contre l’Eglise au lieu de lutter contre les athées.
- Vous vous trompez ! Nous sommes au coeur de l’Eglise et nous l’aimons profondément. Le Pape est notre Pape, vous êtes notre cardinal, notre évêque est notre évêque. Nous prions à chaque sainte messe pour Sa Sainteté : “Pro Pape nostro… pro Antistite nostro…” Nous le chantons entre les Christus Vincit. Vous pouvez nous chasser autant de fois que vous voulez, le soir même nous serons là pour frapper à la porte : “Père, c’est ton fils”. C’est dur à entendre pour ceux qui veulent nous exclure mais jamais nous n’abandonnerons notre Eglise. Pourquoi pensez-vous que nous n’achetons pas une salle de cinéma à transformer en chapelle ? Pourquoi croyez-vous que nous occupons tant d’églises ? Parce que ce sont les nôtres !
- Mais vos actions sont violentes, vous chasseriez la messe selon le nouveau rituel…
- Nul besoin de la chasser. Elle disparaitra, faute de fidèles. C’est déjà le cas. Vos églises se vident. Quant à la “violence”, c’est un mensonge. Jamais nous ne sommes violents dans nos occupations. Nous entrons toujours après la dernière messe paroissiale, nous ne cassons rien, nous n’agressons personne. La seule violence a eu lieu contre nous dans la cathédrale de Pontoise, le 1er juillet 1990. Par contre, la violence de l’Evangile, de la Parole de Dieu, nous ne la refusons pas. C’est une Violence dont la lutte physique n’est qu’une pâle image. Cette violence spirituelle, c’est celle de l’Esprit-Saint, et si c’est Lui qui nous inspire, nous ne pourrons que gagner.
- Oui, répondit simplement le cardinal.
Plus tard, parlant du rôle de subsidiarité des laïcs dans le cas de fautes des supérieurs hiérarchiques, j’allai jusqu’à dire qu’un jour nous descendrions à Rome faire la grève de la faim sous le portail de la Piazza Sant’Ufficio où se tiennent le Saint Office du cardinal Ratzinger et la Commission du cardinal Mayer.
- Toujours des ultimatums ! soupira le cardinal.
- Oui, car le Royaume de Dieu presse et les âmes se perdent !
- Mais, dit-il, vous nous desservez auprès des autres évêques qui nous montrent les articles des journaux et disent qu’ils ne veulent pas de ces traditionalistes-là.
- C’est vraiment le comble ! Nous vous desservons ?! Le fauteuil sur lequel vous êtes assis, Eminence, a été consolidé par Mgr Lefebvre ; votre église St-Eugène, à Paris, n’existe que parce que St-Nicolas-du-Chardonnet existe, votre chapelle de L’Hermitage à Pontoise n’a fini par être ouverte par l’évêque qu’en réponse à nos actions dans le Val-d’Oise… et c’est nous qui vous desservons !
Puis, comme nous en venions à évoquer la liberté de conscience, le cardinal eut ce propos étrange et intéressant :
- Mais Mgr Lefebvre comprend mal cette liberté ; naturellement, elle n’est valable que pour les autres, pas pour nous. Par exemple, en Arabie Saoudite, nous serions heureux que les autorités reconnaissent la justesse de ce principe ; l’Eglise y gagnerait.
- Si vous pensez vraiment cela, lui dis-je, il faut le dire. Mais je ne crois pas que vous oserez le dire au monde. Selon vous, la Vérité n’est la Vérité que si les gens l’acceptent dans leur for intérieur. Je ne suis pas d’accord. La Vérité n’est pas relative. C’est là toute l’ambiguïté de ce décret conciliaire. Excusez-moi de parler de mon père, que vous avez connu : il était de cette génération de chênes, de ces catholiques debout. Ministre de la Famille, en Allemagne après la guerre, il a, pendant douze ans, sous le grand chancelier Adenauer, imposé la morale chrétienne au pays. Il a interdit la pornographie, les préservatifs, la drogue, l’avortement… Il ne s’intéressait pas à la question de savoir si les gens acquiesçaient, il s’intéressait à la vérité. Il a menacé douze fois de démissionner si telle ou telle loi ne passait pas au Conseil des ministres. La treizième fois, on l’a mis dehors mais l’Allemagne a pu ainsi rester propre pendant douze ans. Les enfants ne furent pas pourris par les salauds publics comme c’est le cas aujourd’hui. C’est de ministres comme cela que nous avons besoin, d’évêques comme cela, de Papes comme cela. Et que nous proposez-vous ? La “liberté de conscience” !
“Monsieur, si vous êtes avec Mgr Lefebvre, je ne puis rien pour vous”
De nouveau, je réclamai davantage de dialogue avec la Tradition.
- Mais, regardez Mgr Perl, me dit le cardinal il a passé trois mois à dialoguer avec Mgr Lefebvre, pour rien. Et vous voudriez que l’on continue à dialoguer ?
- Oui, c’est votre devoir, et celui de chaque évêque. Il faut chercher la brebis que l’on considère perdue. Comme Jésus. Il faut dialoguer “non seulement sept fois, mais sept fois sept fois”. Vous ne pouvez pas vous laver les mains comme Ponce Pilate. Il y a urgence, Monseigneur !
Le cardinal remarqua que Mgr Jordan était l’un des quatre évêques de France à avoir célébré personnellement la messe St Pie V :
- Eh bien, dis-je, si ces quatre évêques sont vos seules colonnes de la Tradition en France, vous n’êtes pas bien partis. Nous avons, nous, quatre évêques d’un autre calibre qui ne célèbrent que la messe St Pie V, mais vous les rejetez.
Alors, le cardinal me posa l’inévitable question :
- Répondez-moi clairement, monsieur : êtes-vous pour Mgr Lefebvre ou pour le Pape ?
- Eminence, je suis pour le Pape ET pour Mgr Lefebvre. Ce problème n’est pas dans ma tête mais dans la vôtre. Je ne vois même pas comment on pourrait être pour Mgr Lefebvre et contre le Pape, compte tenu de sa fidélité exemplaire. Je dis “fidélité” et non pas “obéissance”, et je ne vous ferai pas l’injure de rappeler que, selon saint Thomas d’Aquin, la désobéissance peut être pour un chrétien un témoignage de fidélité. Même envers le Pape. Dans les choses infaillibles, vous ne trouverez pas plus fidèles que nous à l’Eglise. Mais, pour ce qui concerne la partie faillible, des signes graves nous amènent à douter et nous forcent à questionner nos consciences.
Et je mentionnai alors les fausses doctrines du nouvel évêque de Würzburg, Mgr Kasper, sans susciter aucune réaction.
- Dans l’Eglise, dit cependant le cardinal, il ne s’agit pas seulement d’obéir aux choses infaillibles mais bien aussi aux choses faillibles. Regardez, moi-même, croyez-vous qu’il m’est agréable d’être appelé à Rome à soixante-dix-neuf ans pour une mission aussi importante que celle de la Commission Ecclesia Dei ?
- Je ne pense pas, en tout cas, qu’il faille obéir aveuglément aux hommes mais seulement à ceux dont les ordres sont conformes à la Volonté de Dieu. Je compare donc en conscience leurs ordres avec les préceptes divins, et j’agis en conséquence. Souvent, dans le cas de l’Eglise actuelle, je me vois forcé d’agir autrement. C’est la magnifique liberté des laïcs, comme je me permets de le redire.
Puis, à mon tour, je posai la question de fond :
- Cardinal Mayer, dites-moi, oui ou non, est-ce que la Tradition n’est pas vraiment catholique ?
Il sembla ne pas comprendre et Mgr Perl dut répéter la question, ce qu’il fit très exactement. Il répondit alors :
- Naturellement… Puis, il reprit :
- Monsieur, si vous êtes avec Mgr Lefebvre, je ne puis rien pour vous et je me demande si cet entretien a un sens.
“Refuser la communion et excommunier sont deux choses différentes”
- Nous excommunier est une chose, dis-je, mais nous donner des coups de pied comme à des chiens galeux, comme c’est le cas dans le Val-d’Oise, est autre chose. Et c’est pour cette autre chose que je demande aussi votre intervention. Oui ou non, nous autres laïcs, dans la mouvance de Mgr Lefebvre, sommes-nous également excommuniés ?
Ce n’est pas le cardinal qui me répondit mais Mgr Perl :
- Normalement non, il n’y a que les six évêques.
Puis, se rendant compte de son erreur :
- Refuser la communion et excommunier, ce sont deux choses différentes…
- Il y a des excommunications, dis-je, qui ne valent rien devant Dieu. Celles de sainte Jeanne d’Arc et de Mgr Lefebvre. Et il y a des communions qui sont une horreur devant Dieu, comme celles des divorcés, des avorteurs, etc. A ce propos, Eminence, comptons les pilules dans les sacs des femmes dans les églises conciliaires et dans les églises de la Tradition ! Et on verra où sont les vraies déchirures dans l’Eglise. Face à cela, ces histoires de paragraphes canoniques que vous nous jetez à la figure sont un détail ridicule dans l’histoire du Salut ! Je suis étonné qu’ici, à Rome, on ne regarde pas l’essentiel.
Je revins alors au Comité Ste-Geneviève.
- Si l’évêque ne veut pas nous aider de manière positive en nous louant une église, qu’au moins il ne gêne pas ceux qui sont prêts à le faire. A Eaubonne, le maire a fait restaurer l’ancienne église paroissiale Ste-Marie où le curé ne trouve pas le temps de célébrer. Le maire nous l’attribuerait bien mais l’évêque refuse. Eminence, dis-je en le fixant dans les yeux, comment jugez-vous un évêque qui préfère laisser cent quinze églises de son diocèse sans prêtre plutôt que de les ouvrir à la Tradition ?… C’est ça, la haine, Monseigneur !
- Considérez aussi qu’il n’est pas facile d’être évêque, me dit-il.
- Et vous voulez que je sois de ce côté-là ? demandé-je. Si vous aviez été avec nous quand, devant la Basilique de la Sainte-Tunique d’Argenteuil fermée à ses paroissiens pour éviter notre présence, nous avons célébré la sainte messe devant le portail, sous un soleil merveilleux ! Ah, c’était vraiment catholique : le chant grégorien, le Credo, le grand autel, les enfants de choeur, deux cent trente-cinq communions, les bannières proclamant la présence de tous nos Saints et Saintes, la dévotion, la communion à genoux… Même les gens de la paroisse nous ont rejoints (après avoir quitté la messe à la sauvette que l’on avait exilée dans un gymnase proche). Nous étions émus aux larmes. Comparez cela à la messe protestantisante de quarante ou cinquante personnes de chaque dimanche, à l’intérieur de cette Basilique.
Savez vous qu’une semaine plus tard une femme-pasteur a prêché dans cette même Basilique ? Eminence, vous entendez ? Une protestante peut prêcher dans une église catholique où nous, catholiques, n’avons pas le droit de célébrer la sainte messe de toujours !…
Et que l’on ne nous parle pas de sécurité, la sainte Tunique est tellement bien gardée qu’elle fut volée pendant plus de six mois et retournée contre rançon. Nous voulons refaire de cette Basilique le centre d’un pèlerinage mondial vers la sainte Tunique de Notre Seigneur.
Le cardinal me demanda :
- Comment osez-vous exiger la démission de votre évêque ?
- Parce qu’il est devenu un casseur dans l’Eglise, il faudra qu’il parte.
- Ce n’est quand même pas vous qui l’en sortirez ?
- Non, mais, d’une part, il n’est pas interdit de prier pour qu’il parte (et Dieu a encore son mot à dire, que je sache), et, d’autre part, nous informons ce que j’appelle “la conscience catholique française” qui existe encore dans ce pays.
Montrant à nouveau le livre des cent trente articles de journaux concernant notre combat, j’ajoutai :
- Il se peut qu’il craque devant la pression publique de l’opinion catholique. Vous rassemblez 7 % des Français dans les églises mais songez aux 93 % d’autres “catholiques”. Savez-vous de quel côté ils penchent ? La vraie catholicité est sans complexe, sans compromissions, sans remords. Nous avons fondé une association, l’UNEC (Union des nations de l’Europe chrétienne), afin de lutter contre l’avortement dans toute l’Europe, avec tous les chrétiens. Nous nous rendons, sous les bannières de l’UNEC, sans la moindre gêne, aux messes “diplomatiques” de St-Pierre-de-Montmartre à Paris où l’on fait du bon oecuménisme, si l’on peut dire. On n’y cache pas la Vierge Marie, au contraire. Avant le début de la messe, tous les diplomates (y compris les musulmans) sont conduits vers la statue de la Vierge - là où saint Ignace a fait sa “veillée d’armes” - où l’on dit une prière. On insiste sur le crime de l’avortement, la nécessité de la paix, l’impossibilité de la paix sans le respect de la Vie. Puis, tous assistent à la sainte messe catholique. Vous voyez, nous ne sommes pas si… “bornés”, dis-je au cardinal. Le vrai oecuménisme, c’est d’amener les nations à Jésus et à sa Mère. Partout où cela se fera, nous serons de votre côté.
Je l’informai alors que nous avions réussi à rassembler dans l’UNEC - extension internationale du Comité Ste-Geneviève - des protestants allemands, des évêques orthodoxes français, des évêques polonais, un évêque de Suisse - Mgr Tissier de Mallerais - pour lutter ensemble face aux terribles attaques actuelles contre le christianisme et le Christ. Saint Pie V avait-il fait autre chose en rassemblant tous les chrétiens (dont certains guerroyaient entre eux) pour la bataille de Lépante ?
- Eh bien, les seuls qui ne veulent pas participer, ce sont les évêques français. Parce que, disent-ils, « il y aurait un évêque de Lefebvre ». Alors, dites-moi, Eminence, les “bornés”, ils sont de quel côté ? Nous, nous sommes catholiques. C’est-à-dire universels, embrassant tout, rassemblant tout, fidèles à tout. Comment excommunier le catholicisme de l’Eglise catholique ? C’est ignoble. Il faut que cela cesse.
Le cardinal regarda sa montre ; c’était le signe que l’audience accordée prenait fin.
Je remerciai mes interlocuteurs et je demandai au cardinal sa bénédiction, qu’il m’accorda volontiers. En partant, dans la porte, me trouvant seul avec Mgr Perl, je lui redis :
- Il est toujours bon de se parler. Merci. Gardons le contact, si vous le voulez bien.
Il me répondit aimablement :
- Bien sûr, dès que l’occasion se présentera.

Je ne savais pas, alors, que celle occasion nous serait donnée à peine cinquante-six heures plus tard par Dieu qui appela Son serviteur, Mgr Marcel Lefebvre, à la Vie Eternelle.
par Winfried Wuermeling, Secrétaire général de l’UNEC