Affichage des articles dont le libellé est mondialisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mondialisme. Afficher tous les articles

mardi 22 avril 2025

Russie : Le principal obstacle au projet mondialiste de réorganisation du monde

 

par Lucas Leiroz

Moscou continue de bloquer la réalisation des plans de l’élite mondialiste.

La guerre actuelle entre la Russie et l’OTAN en Ukraine est loin d’être un simple conflit régional. Derrière les affrontements militaires et la propagande médiatique se cache une confrontation beaucoup plus profonde : une lutte entre la souveraineté et la domination mondiale, entre un monde multipolaire et l’imposition d’une gouvernance centralisée au service des intérêts de l’élite financière transnationale. Dans ce contexte, la Russie apparaît comme le dernier obstacle majeur à l’agenda mondialiste, qui vise à remodeler complètement l’ordre international en éliminant tout pays qui résiste au projet d’unification forcée sous le contrôle technocratique occidental.

De «L’Allemagne doit périr» à «La Russie doit périr»

Pour comprendre la logique qui sous-tend les événements actuels, il est essentiel de rappeler le contexte historique du XXe siècle. En 1941, Theodore Kaufman publiait le tristement célèbre ouvrage «Germany Must Perish !» (L’Allemagne doit périr), qui prônait l’anéantissement total de l’Allemagne et du peuple allemand comme condition préalable à la paix mondiale. De toute évidence, la thèse absurde de Kaufman a grandement contribué à l’extrémisme allemand et à la montée du revanchisme raciste. Aujourd’hui, cette même logique a simplement été réorientée : la cible est désormais Moscou. Le discours dominant en Occident ne vise plus la compréhension ou la coexistence, mais plutôt l’affaiblissement complet et le démantèlement de l’État russe.

Cette hostilité n’est pas apparue de nulle part. Ce qui dérange les centres de pouvoir mondialistes, basés principalement à Londres, Washington et Bruxelles, c’est le fait que la Russie continue de refuser de renoncer à sa souveraineté nationale, à son modèle civilisationnel distinct et à ses richesses naturelles. Un pays doté d’un immense potentiel énergétique et militaire qui refuse de se soumettre aux règles dictées par des entités telles que le Forum économique mondial ou le FMI devient automatiquement un ennemi.

Le rôle de l’Ukraine et l’encerclement géopolitique

L’Ukraine est devenue la pièce maîtresse de la stratégie visant à contenir la Russie. Le coup d’État de 2014, ouvertement soutenu par Washington et Bruxelles, a marqué le début d’une nouvelle phase de guerre hybride contre Moscou. L’intégration de l’Ukraine dans les structures occidentales, la formation de ses forces armées par l’OTAN et le sabotage continu des accords de Minsk n’ont laissé à la Russie d’autre choix que de lancer l’opération militaire spéciale.

Il est important de noter que l’élite mondialiste n’a jamais eu aucun intérêt réel pour la stabilité de l’Ukraine. Le pays servait d’instrument de pression, de plate-forme de provocation militaire et de source de ressources stratégiques : terres agricoles fertiles, gisements de gaz, minerais rares. Plus encore, il faisait office de barrière empêchant un rapprochement entre Berlin et Moscou, une alliance potentiellement dévastatrice pour la domination anglo-américaine.

Le facteur Trump

L’élection de Donald Trump en 2024 a ravivé un espoir inattendu : celui de voir l’axe occidental du pouvoir se briser de l’intérieur. Contrairement à l’establishment politique de Washington, Trump ne représente pas les intérêts de l’élite transnationale, mais plutôt une faction nationaliste et pragmatique de la bourgeoisie américaine qui considère la paix avec la Russie comme une opportunité et non comme une menace.

Le rapprochement émergent entre Trump et Poutine, même s’il est limité, laisse entrevoir une possible reconfiguration des alliances internationales. Le projet mondialiste, qui considérait la guerre en Ukraine comme un moyen d’affaiblir Moscou et de consolider son contrôle sur l’Europe, doit désormais faire face à la possibilité d’un cessez-le-feu qui pourrait renforcer encore la position de la Russie.

Une Europe captive sur la voie du suicide

Pendant ce temps, l’Union européenne reste aveugle dans son obéissance aux intérêts mondialistes. Des dirigeants tels qu’Emmanuel Macron, Ursula von der Leyen et Kaja Kallas n’agissent pas en hommes d’État, mais en administrateurs coloniaux de l’agenda mondialiste. La militarisation rapide, la propagande de guerre constante et même les campagnes exhortant les civils à se préparer au conflit sont des signes clairs que Bruxelles n’est pas engagée dans la paix, mais dans la destruction.

La Russie ne résiste donc pas seulement pour elle-même. Elle résiste également au nom de ceux qui, en Europe et au-delà, croient encore en la possibilité d’un monde fondé sur l’équilibre des civilisations et non sur l’asservissement au capital spéculatif. Le véritable combat de notre époque n’oppose pas la démocratie à l’autocratie, comme on veut nous le faire croire, mais la souveraineté à la servitude.

source : Strategic Culture Foundation

https://reseauinternational.net/russie-le-principal-obstacle-au-projet-mondialiste-de-reorganisation-du-monde/

dimanche 14 janvier 2024

Mondialisme et Nouvel Ordre Mondial

 

Nouvel Ordre Mondial

[Ci-contre : Le photographe R J Salmon prenant une vue aérienne de la Fleet Street à Londres, déc. 1929. La silhouette de la cathédrale St Paul émerge des brumes en arrière-plan. Photo prise du haut du bâtiment du Daily Telegraph. « Bien que parus déjà trop tard, nous serons enviés par nos successeurs immédiats et, plus encore, par nos successeurs lointains. À leurs yeux, nous aurons l’allure de privilégiés, à juste titre, car on a intérêt à être aussi loin que possible de l’avenir », Cioran]

Paris, le 25 mai 1999

(art de 2015) Voici un siècle, l’empire Victorien, le plus vaste empire de l’Histoire, dominait déjà le monde. Par leurs alliances avec les familles de l’élite wasp (White, Anglo-saxon, Protestant), les élites dirigeantes britanniques de cet empire favorisèrent l’émergence des États-Unis sur la scène mondiale, entrés délibérément en guerre en 1898 contre l’Espagne après l’explosion (très suspecte) du cuirassé américain Maine dans le port de La Havane. Alors déjà, les dirigeants des États-Unis camouflaient leur cynique soif d’hégémonie et leurs brutales ambitions impériales derrière un discours qui instrumentalisait en les magnifiant, la Démocratie, la Liberté et le Droit, comme les principes humanitaires, ainsi que le rappelle Henry Kissinger dans son dernier ouvrage intitulé Diplomatie.

Début du nouvel empire mondial : la création de la banque centrale en 1913

Ce sont ces mêmes élites anglo-saxonnes qui, après avoir organisé la panique monétaire de 1907 aux États-Unis (comme le révèle le pris Nobel Milton Friedman), jetèrent les bases de leur nouvel empire mondial en imposant à l’opinion publique en 1913 la création de la banque centrale des États-Unis, le Federal Reserve System, dont elles conservent toujours depuis lors le contrôle étroit. Elles créèrent en outre à cette même époque, sur les modèles de la Round Table et de la Fabian Society de l’empire Victorien, de nombreuses organisations, réunissant discrètement les personnes des milieux financiers, politiques, médiatiques, industriels, syndicaux, intellectuels et universitaires, les plus puissantes de la planète : elles fondèrent ainsi entr’autres, sous la houlette du “colonel” Edward Mandel House, mentor du Président Woodrow Wilson, le Council of Foreign Relations (CFR) à New-York, et le Royal Institut of International Affairs (Chattam House) à Londres, qui essaimèrent par la suite en d’autres organisations similaires dans bien d’autres pays.

À l’issue du premier conflit mondial, c’est encore la “diplomatie” des États-Unis qui imposa largement aux états européens les nouveaux découpages des empires centraux vaincus, abrités derrière les fameux “quatorze points”, attribués, pour les innombrables naïfs, au Président W.Wilson. Un quart de siècle plus tard, le CFR et le RIIAA ont pu à nouveau exercer leurs influences lors du partage de l’Europe et du monde qui a prévalu lors des conférences de Yalta et de Postdam, après l’écrasement des puissances de l’Axe. Les ouvrages du professeur américain Caroll Quigley (cf. par ex. Tragedy and Hope ou The Anglo-American Establishment) auquel le Président Bill Clinton a rendu publiquement hommage lors de son allocution d’investiture, font désormais autorité sur le sujet.

Bien que toujours inconnu du grand public, le CFR de New-York, associé à son homologue britannique, le RIIA de Londres, continue de gérer depuis les premières décennies du siècle le destin et la vie politique des États-Unis, et prétend à présent régenter le monde entier en imposant son Nouvel Ordre Mondial, conforme aux conceptions, et surtout aux intérêts et à la soif de puissance de leurs chefs. Ces organisations ont du reste, depuis une trentaine d’années, essaimé en de multiples cercles “externes” transnationaux, dont certains, tels le Groupe Bilderberg (en 1954), la Commission Trilatérale (en 1973) ou le Forum de Davos (en 1978), commencent désormais à être connues du grand public, les médias n’acceptant que maintenant seulement, d’en parler peu à peu à l’occasion.

Dans son allocution inaugurale à la session de juin 1991 du Bilderberg Group, en effet, M. David Rockefeller, président de la Chase Manhattan Bank, fils du grand John Davison Rockefeller, l’un des fondateurs du CFR, que lui, son fils, préside aujourd’hui, lui-même fondateur et actuel président de la Commission Trilatérale, n’accueillait-il pas ainsi à Baden-Baden les personnalités venues du monde entier participer aux travaux :

« Nous remercions le Washington Post, le New-York Times, Time Magazine et les autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion pendant au moins 40 ans… Il eut été impossible pour nous de développer notre place mondiale si nous avions été l’objet d’une publicité quelconque pendant ces années-là. Mais le monde est aujourd’hui vraiment plus sophistiqué et préparé à marcher vers un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et des banquiers mondiaux est certainement préférable aux décisions nationales qui se pratiquent depuis des siècles… »

Des champions du malthusianisme

Soulignons en passant que les Rockefeller, père et fils, se sont par ailleurs, depuis au moins les années 1930, constitués les champions du malthusianisme mondial, et de la lutte contre la fécondité humaine. À la suite des recherches qu’ils ont financées avec persévérance, ce sont leurs firmes qui possèdent aujourd’hui les premiers brevets des pilules contraceptives à œstrogènes, ainsi que ceux des premiers stérilets abortifs. Leurs immenses richesses et les multiples fondations privées exemptées d’impôts, dont le Population Council, qu’ils ont créées aux États-Unis, leur ont en outre permis d’exercer depuis les années 1950 dans ce domaine, un véritable magistère sur les organisations internationales, en particulier sur le système des Nations Unies. Cette influence prend aujourd’hui tout son sens en Europe, dont les peuples sous-féconds sont désormais largement engagés depuis 25 ans dans un processus cumulatif mortel d’implosion démographique qui renverse leurs pyramides des âges.

Tous ces groupes, dont les dirigeants aujourd’hui déterminent déjà largement de facto les affaires mondiales, tentent d’unir leurs efforts pour imposer maintenant à tous les peuples du monde l’émergence et la construction de jure d’un gouvernement mondial qui se substitue aux nations, et spécialement aux états nations historiques, appelés à être dissous, qui subsistent encore. Et les textes des traités européens récents imposés aux opinions publiques européennes, tels l’Acte Unique (1986), le traité de Maastricht (1992) et celui d’Amsterdam (1998), prennent alors tout leur sens sous cet éclairage, en constituant l’étape décisive de la quête de cet objectif : Un gouvernement mondial devant très vite disposer d’une monnaie mondiale (l’euro, déjà presque à parité avec le dollar, étant appelé à fusionner avant dix ans dans une monnaie unique transatlantique), et d’une police mondiale dévolue à l’OTAN, bras armé des maîtres mondialistes, qui s’essaie aujourd’hui à son nouveau rôle en détruisant la Serbie, alliée traditionnelle de la France, pour imposer par la force et la terreur le Nouvel Ordre Mondial des Rockefeller & Co. aux peuples récalcitrants.

Même si les opinions publiques en sont toujours tenues dans l’ignorance, cet état de chose des affaires du monde n’est plus, bien sûr, au-delà des cercles des initiés, totalement inconnu d’un public averti. Ainsi Le Figaro a-t-il fait écho récemment dans sa page “Opinions” à des positions qui faisaient des allusions précises sur ce sujet : le 30 mars 1999, l’historien Dominique Venner y publiait un court article sur la guerre à la Serbie sous le titre éloquent : « Qui commande le monde ? » ; mais surtout le 18 janvier 1999, dans un article intitulé « Vers une Europe américaine, Amsterdam est l’aboutissement d’une politique hégémonique destinée à faire disparaître les nations européennes », l’ancien Ambassadeur de France Albert Chambon, révélait le dessous des cartes du traité d’Amsterdam en impliquant directement l’action du CFR et de la Trilatérale.

Il est particulièrement révélateur d’observer que, en réponse à l’article de M. l’Ambassadeur Albert Chambon qui brisait ainsi l’Omerta en révélant dans la grande presse à l’opinion française le rôle moteur du CFR et de la Trilatérale dans l’élaboration du traité d’Amsterdam, ce fut le polono-américain, Zbigniew Brzezinski, conseiller de M. David Rockefeller et de plusieurs présidents des États-Unis, qui s’est senti tenu de publier dans les mêmes colonnes du Figaro, le 26 janvier 1999, un article intitulé : « Défense de la Trilatérale. Il n’y a aucun “complot” ». Or c’est ce même personnage qui, quelques mois plus tard, à la une du journal Le Monde du samedi 17 avril 1999, sous le titre « Guerre totale contre Milosevic ! » (expression employée pour la première fois par Joseph Goebbels), rapportait avec arrogance les dernières consignes des vrais dirigeants, en rappelant le Président de la République française, Jacques Chirac, et son Premier Ministre, Lionel Jospin, ainsi que les dirigeants français, à la fidélité à leurs obligations, après près d’un mois de bombardements aériens de l’OTAN sur la Serbie.

Les drames, les atrocités et les crimes de guerre en tous genres qui ont accompagné la dislocation de l’ex-Yougoslavie depuis 1991, en Bosnie serbo-musulmane, en Kraïna et Slavonie serbo-croates d’abord, et qui sévissent aujourd’hui au Kosovo albano-serbe, masquent utilement aux opinions publiques des “grandes démocraties” occidentales les véritables enjeux géopolitiques de ces événements, enjeux qui visent en réalité l’avenir de l’indépendance et de la liberté en Europe face aux diktats des dirigeants mondialistes américains et à leurs appétits de puissance.

L'avertissement d'Attali à la France

Depuis deux ans déjà pourtant, nous en étions, nous Français, solennellement avertis : alors que M. Felix Rohatyn, l’un des dirigeants du Groupe Lazard Brothers de New-York, et l’un des gestionnaires de fonds les plus puissants sur le Stock Exchange de New-York, acceptait de s’éloigner de ses bureaux de Manhattan pour remplacer l’Ambassadeur des États-Unis à Paris, Mme Pamela Harriman, qui venait tout juste de décéder subitement, M. Jacques Attali, lui-même très proche du groupe Lazard et de M. Felix Rohatyn, ancien conseiller (et sherpa) du Président français, François Mitterrand, aujourd’hui dirigeant d’un cabinet de conseil international financé par le groupe Lazard, venait de signer un article fracassant dans le journal Le Monde du 4 mars 1997 sous le titre « Géopolitique de l’immigration ». Lui aussi, avec arrogance, fidèle écho des volontés des “cénacles” supérieurs, mettait ainsi sévèrement en garde les responsables français :

« Si la France et l’Europe décidaient de s’affirmer comme un club chrétien, elles devraient se préparer à l’affrontement avec un milliard d’hommes, à une véritable “guerre de civilisations”. Avec, en prime, en France, une guerre civile. Car la France, en raison de ses choix géopolitiques antérieurs, est une nation musulmane : l’Islam est la religion de plus de deux millions de citoyens français et du tiers des immigrés sur son sol ».

M. Attali tenait soigneusement cependant le lecteur de son article du Monde dans l’ignorance de la contribution essentielle qu’il venait d’apporter, sous le titre « For a New Political Order », au numéro “special winter” 1996 que la revue américaine Time Magazine venait de consacrer quelques mois auparavant à l’Europe et à son avenir. Il y exposait, avec condescendance, les vues mondiales et mégalomanes pour les 50 prochaines années des vrais dirigeants des affaires du monde, son article, paru ensuite dans Le Monde à l’usage des seuls lecteurs français, apparaissant dès lors n’être plus qu’une simple application localisée et provinciale de l’exposé général du grand dessein et du grand œuvre des nouveaux maîtres du monde. Parmi ces aperçus admirables et impératifs, on relèvera sous la plume de M. Attali la stricte obligation américaine faite aux états membres de l’Union Européenne d’intégrer dans un avenir très proche la Turquie, alliée stratégique des États-Unis, comme membre à part entière de l’Union, obligation dont, du reste, le président de la République, M. Jacques Chirac, qui s’en était, depuis quelques années déjà, constitué le champion, apparaît aujourd’hui le premier et le plus zélé porte-parole en Europe.

Comme l’expose du reste sans détour, avec un cynisme ingénu, M. Zbigniew Brzezinski, en page 68 de son livre, publié en France en 1997 sous le titre Le grand échiquier : l’Amérique et le reste du monde, livre que tous les citoyens des pays européens se devraient d’avoir lu méticuleusement et de méditer, quand il identifie les conditions du maintien pour le prochain demi-siècle de l’hégémonie mondiale à laquelle les États-Unis sont aujourd’hui parvenus :

« Cette approche géopolitique n’a de sens qu’autant qu’elle sert les intérêts de l’Amérique, c’est-à-dire, à court terme, le maintien de son statut de superpuissance planétaire et, à long terme, l’évolution vers une coopération mondiale institutionnalisée (1). (…) Les 3 grands impératifs géostratégiques se résumeraient ainsi : éviter les collusions entre vassaux et les maintenir dans l’état de dépendance que justifie leur sécurité ; cultiver la docilité des sujets protégés ; empêcher les barbares de former des alliances offensives ».

1. Bien évidemment dominée par les actuels dirigeants mondialistes anglo-américains du CFR et du RIIA (commentaire de l'auteur de cet article)

On peut mesurer à quel point les sacro-saints principes de Démocratie, des Droits de l’Homme et autres Droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, ainsi que les fondements solennels de la Charte des Nations Unies sont ici oubliés, voire niés, car devenus alors par trop inopportuns.

Couper l'Europe des richesses de la Russie-Sibérie et chasser les Européens de leurs positions africaines

En réalité l’hégémonie américaine n’a pu s’établir au XXe siècle, et ne peut se perpétuer à l’avenir, qu’en coupant délibérément l’Europe, principal réservoir mondial des ressources humaines culturelles, scientifiques et techniques, des gigantesques réservoirs mondiaux de matières premières que constituent la Russie-Sibérie d’une part, et l’Afrique d’autre part, toutes deux géographiquement limitrophes ou proches de l’Europe.

Historiquement, ce sont les deux premiers conflits mondiaux, qui, en plongeant la Russie dans la paralysie du communisme, puis en séparant l’Europe par le rideau de fer, la coupant ainsi des richesses de l’Est, ont assis la domination des États-Unis sur notre continent au cours de ce siècle. On mesure ici ce que l’hégémonie américaine actuelle doit à l’instauration du communisme et aux deux guerres mondiales.

Le soutien des États-Unis à la décolonisation d’après guerre, qui plonge aujourd’hui le continent africain dans le marasme et les guerres ethniques, le financement qu’ils ont assuré au FLN algérien dans leur lutte contre la France dans les années 50, leurs menées actuelles en Afrique Centrale et Australe, illustre bien leur souci constant de chasser l’Europe de ses positions africaines, pour la couper de ces réservoirs de matières premières.

Cependant l’effondrement interne du communisme à l’Est, et la désagrégation récente de l’empire soviétique, en dépit des efforts désespérés de la diplomatie du Président américain Georges Bush et de son allié le Président Mikhaïl Gorbatchev, constitue désormais une menace, de nature à remettre en cause à terme la suprématie actuelle des dirigeants des États-Unis sur le monde, et susceptible de ruiner, lors même qu’ils semblent enfin accessibles, leurs rêves mondialistes.

Le livre, paru il y a deux ans sous la signature d’Alexandre del Valle, Islamisme et États-Unis, une alliance contre l’Europe, (et, devrait-on ajouter, contre la Russie) jette une lumière crue sur la stratégie de rechange, engagée déjà depuis une vingtaine d’années par les dirigeants mondialistes américains pour faire face à ce nouvel état de chose. Il constate que, de l’Irak à l’Afghanistan, en passant par l’Iran et le Pakistan, ainsi que dans d’autres pays musulmans, en particulier en Afrique du Nord, la politique et la diplomatie américaines, sous couvert des menées de l’Arabie Saoudite, leur protégée, s’ingénient à susciter et à promouvoir délibérément les régimes islamiques les plus rétrogrades, faciles à contrôler par la corruption de leurs dirigeants impliqués dans les trafics internationaux de drogues, et à détruire les régimes laïques de ces pays fondés sur l’idée nationale, excitant ainsi potentiellement les islams les plus extrémistes contre les chrétientés européennes et slaves, dont ils sont géographiquement proches. Appelée, bien sûr, à gagner les pays musulmans d’Afrique, cette hostilité potentielle est de nature à couper un peu plus l’Europe des richesses naturelles de l’Afrique.

Mitterrand avait vu juste : l'Amérique nous mène une guerre à mort

Dans un livre paru la même année, Le Syndrome de l’ortolan, où il explicitait la stratégie médiatique d’aveuglement des opinions publiques européennes, Arnaud-Aaron Upinsky rappelait opportunément cette citation impressionnante, tirée d’un entretien du Président François Mitterrand accordé au journaliste Georges Marc Benamou  :

« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans morts. Apparemment (…) Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. Une guerre inconnue, une guerre permanente, sans morts apparemment, et pourtant, une guerre à mort. (…) Les Américains voulaient envoyer les Turcs bombarder les Serbes » (Le dernier Mitterrand, 1995).

Dans la traduction française de son livre Le choc des civilisations, paru également la même année, le professeur américain Samuel P. Huntington insistait, quant à lui, longuement sur les opportunités géopolitiques qu’offre le clivage historique et culturel qui sépare la chrétienté européenne entre les peuples slaves et orthodoxes d’une part, et les pays catholiques et protestants d’autre part.

La destruction de la Serbie était préparée depuis longtemps

Dès lors s’éclaire la stratégie des cénacles mondialistes américains et leurs intentions dans les Balkans. Mme Madeleine Albright, leur porte-parole dans le gouvernement Clinton, tchèque d’origine et très liée à M. Brzezinski, exige impérieusement aujourd’hui de la part de leurs affidés européens, la destruction de la Serbie, planifiée déjà depuis plusieurs années à Washington, qui fait obstacle à la réalisation de leurs plans, destruction de la Serbie par l’Union Européenne et l’OTAN qui leur permettrait d’un seul coup d’atteindre plusieurs objectifs !

En effet, la destruction délibérée de la Serbie sous les bombes de l’OTAN, suivie de l’engagement des contingents européens sur le sol serbe, programmé sans doute pour l’été prochain, au moment où les populations des “grandes démocraties” gagnent les plages de leurs vacances annuelles, anesthésiant ainsi les opinions publiques occidentales, permettrait d’abord de creuser un fossé irrémédiable entre les peuples slaves et orthodoxes d’une part et ceux de l’Europe occidentale d’autre part, coupant en particulier la France des alliés traditionnels de sa diplomatie à l’Est. En outre, ce fossé rétablirait la coupure que le communisme avait autrefois établie en Europe, qui interdisait à celle-ci l’accès aux richesses de l’empire Russe.

La destruction impitoyable de la Serbie devrait en outre servir d’exemple pour dissuader les peuples européens de toutes velléités de retour à leur ancienne indépendance nationale, au moment où se parachève l’Union Européenne fédérale, sous protectorat des États-Unis, base décisive de la construction du rêve mondialiste de leurs dirigeants.

Les dirigeants américains veulent ré-islamiser les Balkans

L’écrasement de la Serbie aurait en outre pour effet d’abaisser la Grèce dans la région, et de lever l’obstacle grec à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.

Comme le dénonce, avec autant d’obstination que de pertinence, le Général Pierre-Marie Gallois, auquel le Général De Gaulle avait naguère confié le soin d’élaborer la doctrine d’emploi de la force de dissuasion française, auteur des deux livres Le sang du pétrole (tome I : L’Irak ; tome II : La Bosnie), et qui a préfacé Islamisme et États-Unis, les dirigeants américains veulent ré-islamiser les Balkans. Les accords de Dayton leur ont déjà permis d’établir en Bosnie, après en avoir largement chassé les Serbes, la première République Islamique en Europe, dirigée par le fondamentaliste musulman Itzec Begovics. La destruction de la Serbie leur permettra de réaliser prochainement une grande Albanie islamique, placée sous leur protectorat, et sur le territoire de laquelle, comme chez leur protégée musulmane du Golfe, l’Arabie Saoudite, ils pourront disposer de larges bases militaires navales et terrestres permanentes, y installant, comme en Arabie Saoudite, du matériel lourd, et des troupes à demeure.

Ces républiques islamiques, ainsi installées dans les Balkans, deviendraient les “clientes” naturelles de la Turquie, prochain membre, de par la volonté américaine, de l’Union Européenne, le reste des Balkans restant sous influence allemande, l’ensemble de la zone, ainsi que les alliés privilégiés turcs et allemands des États-Unis, demeurant sous le contrôle de ces derniers au sein de l’Union Européenne.

Neutraliser définitivement la Russie

Cette présence Turco-islamique au cœur de l’Europe, étroitement sous contrôle des dirigeants mondialistes des États-Unis, garantirait à ces derniers la pérennité de leur suprématie mondiale pour le prochain demi-siècle : De nature, en effet, à maîtriser l’incertitude Russe, que, dans son livre, M. Brzezinski appelle “le trou noir”, en neutralisant définitivement la Russie, cette installation de son ennemi historique et culturel turc sur ses frontières du Sud-Ouest, complèterait son encerclement au sud par les républiques musulmanes turcophones, où les diplomaties américaine et israélienne, attirées par la richesse de leur sous-sol et de leur position stratégique, sont déjà très actives.

De plus, la Turquie, devenue état membre de l’Union, pourrait très vite peser d’un poids décisif sur la politique migratoire et sur l’ouverture des frontières européennes aux mondes musulmans des proche et moyen Orient et d’Afrique, alors même que les effectifs des populations de la chrétienté européenne et du monde orthodoxe ont déjà amorcé leur déclin. Après plus de 25 ans d’une fécondité toujours plus éloignée du seuil de remplacement des générations, ces populations européennes autochtones, à présent en cours de vieillissement rapide, se sont ainsi engagées en effet dans un processus d’implosion démographique bientôt irréversible. Elles ont déjà largement entamé le renversement de leurs pyramides des âges appelé à s’accélérer au cours des trois prochaines décennies. Au cours de la même période, de Dakar à Alma-Ata, les jeunes populations musulmanes, proches de l’Europe et de la Russie, vont au contraire connaître l’apogée de leur croissance démographique en doublant leurs effectifs.

Persévérance de la croisade malthusienne

Les dirigeants mondialistes des États-Unis, qui, par la persévérance de leur croisade malthusienne depuis une cinquantaine d’années, ont poussé les peuples européens dans ce processus d’implosion démographique en passe de devenir maintenant incontrôlable, tirent à présent un parti cynique de cette nouvelle donne géostratégique, parfaitement prévisible, qui bouleverse le face à face entre les chrétientés européennes et slaves et les mondes musulmans d’Afrique et du Moyen Orient, en accompagnant aujourd’hui délibérément l’islamisation rapide de l’Europe et de la Russie au cours du premier tiers du siècle qui s’ouvre, pour tenter de la canaliser au mieux de leurs intérêts et de leurs projets.

Ce nouvel état de chose garantissant à ces dirigeants, pour plus d’une génération encore, la maîtrise sans partage des affaires du monde, est de nature à leur ouvrir la perspective prochaine de réaliser enfin leur rêve d’imposer à tous les peuples du monde un gouvernement mondial dont ils pourraient espérer conserver le contrôle au cours du siècle qui s’ouvre, sous réserve de parvenir à convaincre rapidement les dirigeants de la Chine et de l’Inde de s’y associer. Du moins est-ce là la vision générale de ces dirigeants mondialiste, telle qu’elle ressort de la lecture des livres et articles récents de leurs principaux porte-parole.

Philippe Bourcier de CarbonNouvelles de Synergies Européennes n°54, 2002.

L'auteur : Démographe, ancien auditeur de l’IHEDN, président du Comité d’honneur de La Voix des Français (Renaissance 95).

http://www.archiveseroe.eu/recent/128

jeudi 9 novembre 2023

Faiblesses de l’altermondialisme (texte de 2003)

 « Il n’y a de décisif que l’individu qui se bat à contre-courant » Franz Kafka

Depuis le mois d’août 1999 et le démontage à Millau d’un restaurant en construction appartenant à la firme MacDonald’s, José Bové a acquis une notoriété internationale. Le porte-parole du syndicat agricole français, la Confédération paysanne, le doit à quelques actions habilement médiatisées : démolition d’un restaurant à une période de l’année où les journalistes estiment que l’actualité tourne au ralenti, arrachage des plants d’organismes génétiquement modifiés (O.G.M.), lever devant les photographes ses mains menottées... Ce formidable communicateur a réussi son pari. L’immense succès de Larzac 2003 qui se tint les 8, 9 et 10 août dernier en a administré une nouvelle preuve.

José Bové a un physique sympathique. Son abondante moustache en fait un moderne Gaulois en lutte contre l’impérialisme marchand. Ce n’est pas un intellectuel germanopratin qui ne connaît le paysan qu’à travers une vision édulcorée et des clichées propres au mythe du « bon sauvage ». Bové vit de son travail sur le Larzac en produisant du fromage. Détenteur d’aucun mandat électoral, il n’appartient pas aux élites pensantes et dirigeantes de l’Hexagone. Il provient vraiment de la « France d’en-bas ».

Dans les années 1970, le Larzac fut le lieu de convergence de toutes les protestations sorties de Mai 68. Opposés à l’extension du terrain militaire situé sur le plateau, les derniers paysans reçurent - d’abord inquiets et stupéfaits - l’appui des gauchistes, des régionalistes, des écologistes, des pacifistes et des antimilitaristes. Élu président de la République, François Mitterrand annula le projet. Le plateau continua à s’agiter en soutenant les manifestants antinucléaires ou les Kanaks de Nouvelle-Calédonie. À l’instar de José Bové, des militants de sensibilité libertaire s’installèrent sur le causse où, conseillés par leurs amis paysans, ils devinrent des néo-ruraux.

Les combats de José Bové

En 1999, quand les États-Unis décident, en rétorsion à une mesure de la Commission de Bruxelles, de relever de 100 % les droits de douane sur certains produits européens, dont le roquefort des Causses, Bové et ses amis réagissent de la manière que l’on sait. Les O.G.M. et l’O.M.C. (Organisation mondiale du commerce) constituent dès lors des cibles prioritaires.

Alors que son propre père, scientifique de son état, est favorable aux O.G.M., José Bové les rejette avec virulence au nom du principe de précaution. Il accuse les industries agro-alimentaires de taille mondiale telles que Monsanto, de favoriser la dépendance des paysans. Pour pouvoir semer et obtenir une récolte, ceux-ci devront sous peu leur verser une redevance et se servir uniquement auprès d’eux, propriétaires des brevets sur les gènes des graines. La Confédération paysanne a fait de la lutte contre les O.G.M. l’un de ses chevaux de bataille. Mais l’antériorité du combat ne lui revient pas. Tout comme pour l’O.M.C., un autre syndicat agricole français, la Coordination rurale, contesta, dès 1992, les O.G.M. et en appela à la vigilance de l’opinion publique.

Le refus d’une innovation biotechnologique surprend de la part d’un homme aux convictions anarcho-syndicalistes affirmées. Il a appris pendant sa jeunesse à douter de la technique. Aux débuts de la décennie 1970, le jeune Bové arrive à Bordeaux pour faire hypokhâgne. Il délaisse vite l’aridité des études pour fréquenter les cénacles libertaires. En leur compagnie, il fait la connaissance d’un universitaire, spécialiste de droit public et de philosophie politique, en particulier du marxisme, bien qu’il ne soit pas lui-même communiste, qui publie des ouvrages confidentiels analysant la technique : Jacques Ellul. L’enseignement de l’auteur de La technique, l’enjeu du siècle est déterminante pour Bové. Il en retire que la prise du pouvoir de style révolutionnaire est vaine, que l’action politique électorale corrompt les convictions et que seules des revendications locales peuvent durablement gripper la Machine. On retrouve là la discrète influence du compère d’Ellul, Bernard Charbonneau.

José Bové et son syndicat réclament la souveraineté alimentaire pour chaque peuple. Chaque nation doit être auto-suffisante. C’est une dénonciation des principes libéraux ricardiens de libre-échange. Or l’O.M.C. a pour vocation d’imposer le maximum de fluidité commerciale entre ses États membres. Contre les États récalcitrants ou protectionnistes, elle dispose d’un tribunal des litiges qui a le pouvoir de les sanctionner. Institution où les hauts fonctionnaires sont libéraux, l’O.M.C. promeut la libéralisation quasi-totale de toutes les activités économiques. Ainsi, l’A.G.C.S. (Accord général sur le commerce des services) propose la soumission de l’enseignement ou de la médecine aux lois du marché.

Le mouvement altermondialiste

L’opposition de José Bové à la marchandisation du monde a suscité la cristallisation d’un mouvement aux contours mal définis qu’on a d’abord appelé l’« anti-mondialisme » avant de le renommer, avec raison, l’« altermondialisme ». En effet, les altermondialistes ne sont pas anti-mondialistes. Qui sont-ils au juste ?

En France, à part la Confédération paysanne, on trouve A.T.T.A.C. (Association pour la taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens). À l’origine, en 1998, il s’agissait de faire pression sur les gouvernements des États développés afin qu’ils instaurent une taxe de 0,1 à 0,25 % sur les transactions monétaires (opérations de change d’une monnaie à une autre). A.T.T.A.C. s’appropriait une proposition émise en 1978 par James Tobin (1918 - 2002), prix Nobel d’économie en 1981. Cependant, peu de temps avant de décéder, Tobin récusa son idée et il condamna l’altermondialisme naissant. Bien qu’officiellement apolitique, A.T.T.A.C. rassemble surtout les militants des différentes gauches installées. Son président-fondateur, Bernard Cassen, est proche des souverainistes républicains. Son nouveau président, Jacques Nikonoff, adhère au P.C.F. Bénéficiant d’une audience croissante et à l’origine d’A.T.T.A.C., le mensuel Le Monde diplomatique d’Ignacio Ramonet diffuse dans l’opinion les mots d’ordre altermondialistes. Autour de ces deux piliers s’agrègent Les Verts, l’extrême gauche trotskyste d’origine pabliste (1) (la Ligue communiste révolutionnaire), les courants critiques des partis communiste et socialiste, et toute une kyrielle d’associations d’action catégorielle (les sans-papiers, les banlieues, les sans-logis, les chômeurs...). À leur périphérie gravitent enfin des noyaux incontrôlés et incontrôlables, responsables d’actions violentes : les Autonomes.

Tous sont contre la mondialisation libérale, mais ils ne repoussent pas l’idée de mondialisation en soi, d’où de sévères contradictions. Souverainistes en agriculture, les altermondialistes se méfient de la souveraineté politique. Ils condamnent la circulation des capitaux tout en exigeant l’abolition de toutes les frontières et la circulation sans contraintes des êtres humains. À « l’horreur économique » du libéralisme, ils préconisent une « mondialisation heureuse ». Au-delà d’un comportement qui se veut rebelle et protestataire, l’altermondialisme n’incarne en fait qu’une attitude réformiste exaltée. La taxe Tobin est l’exemple même de la fausse bonne idée : une mesure qui ne limerait que les dents du capitalisme, selon la remarque pertinente d’Arlette Laguiller. La mise en place de cette taxe supposerait en outre l’établissement d’une bureaucratie internationale, rouage supplémentaire à l’édification d’un État mondial.

Des commentaires aberrantes

Les opposants habituels de l’altermondialisme et de José Bové auraient pu se focaliser sur ces quelques contradictions. Ils se contentent d’ânnoner des oukases et de proférer des lieux communs. Le député de l’Essonne et secrétaire exécutif du conseil de développement durable de l’U.M.P. (qui en aurait besoin ?), Nathalie Kosciusko-Morizet, déclare au Figaro (11 août 2003) que « parler de la France réelle, comme le fait Bové, a des relents d’idéologie maurrassienne ». Oh, l’horrible comparaison disqualifiante ! Quand on ne sait pas répondre à de bonnes questions, on sort Maurras en attendant peut-être Céline et Gobineau ! Que sait Mme Kosciusko-Morizet de la pensée de Charles Maurras, à part quelques balivernes crachées en Sciences Po ? A-t-elle au moins lu un seul de ses ouvrages ? Parler de la France réelle serait-il l’indication du caractère fasciste de l’interlocuteur (alors que Maurras ne le fut pas) ? Historiquement datée, la pensée maurrassienne mérite un examen approfondi mieux qu’une sentence péremptoire. Le député de l’Essonne préférait-il évoquer la France irréelle, hypothétique, abstraite ? Si c’est le cas, ses électeurs apprécieront. On comprend pourquoi les Français préfèrent se confier aux représentants du monde social plutôt qu’aux politiciens, fussent-ils en jupon. Autre exemple de sottise lancée à l’encontre de Bové et des altermondialistes. Dans Le Figaro Magazine (16 août 2003), Joseph Macé-Scaron considère qu’« il est [...] significatif de voir qu’en trente ans les contestataires du Larzac n’ont produit aucune idée neuve, n’ont émis aucune proposition originale, n’ont construit aucune alternative crédible. Terre stérile. Hasard ? Ils n’ont pas davantage participé aux consultations démocratiques. Excepté en 1988, quand certains d’entre eux se mirent dans la tête de lancer Coluche dans un tour de piste présidentiel... » L’assertion est fausse parce que le comique Coluche décéda en 1986 ! Spécialiste pour supermarchés de Montaigne, Macé-Scaron se trompe dans les dates. Coluche voulut se présenter en 1981 et sa candidature reçut l’appui du show biz et du cinéma français, pas celui des futurs altermondialistes. Cet éditorialiste montre sa parfaite méconnaissance du phénomène altermondialiste.

José Bové mérite malgré cela d’être contredit, d’une manière sérieuse et intelligente. Et celui qui peut le mieux montrer l’impasse de l’altermondialisme n’est autre que René Riesel. Inconnu du public, Riesel a déjà fait parlé de lui. C’était en 1968 à l’université de Nanterre. Chef de file des « Enragés », il porta à son paroxysme la contestation étudiante. Membre de l’Internationale situationniste de Guy Debord avant d’en être exclu, Riesel a été longtemps un proche de Bové (2). Secrétaire général de la Confédération paysanne, il participe à l’arrachage d’O.G.M., ce qui lui vaut une lourde condamnation pénale. En 1999, il démissionne de son poste et rompt avec ses amis.

La radicalité absolue de Riesel

Qu’est-ce qui est à l’origine de la rupture ? C’est la médiatisation des coups d’éclat. En situationniste, Riesel refuse toute récupération par le système. Or il constate que Bové accepte, sciemment ou non, de se faire instrumentaliser par la « vieille gauche », c’est-à-dire l’extrême gauche et la gauche institutionnelles. Il accuse « une pseudo-contestation qui en appelle à l’État interventionniste pour tenir et moraliser les marchés, assurer l’existence des agriculteurs ». Il pourfend la « gauche citoyenniste » qui n’est que « la tentative de restauration du parti des vaincus historiques, c’est-à-dire des partisans de l’État, vaincu à leurs propres yeux - la souveraineté des États s’effrite, etc. -, mais ne désespérant pas d’en refonder un qui serait, cette fois, “vraiment citoyen” » (Libération, 3-4 février 2001). « Ils n’ont rien à dire sur l’aliénation, parce que ça ne les intéresse pas : ils ne sont que d’anciens gauchistes, d’anciens staliniens, qui modernisent un peu leur discours » (Le Monde, 23 novembre 2002).

Intransigeant, Riesel vomit les réformistes forcenés de l’« autre mondialisation (heureuse celle-là) ». Pis, il n’hésite pas à ferrailler contre l’idéologie du progrès. « La radicalité, c’est littéralement, “prendre les choses à la racine”. [...] C’est critiquer les bases techno-scientifiques de la société moderne, comprendre la parenté idéologique profonde entre le progressisme politique et social (c’est-à-dire la “mentalité de gauche” telle que la définit Theodore Kaczynski) et le progressisme scientifique. L’industrialisation est depuis la “révolution industrielle” en Angleterre une rupture fondamentale avec l’essentiel du processus d’humanisation. Sans civilisation paysanne, c’est la civilisation tout court qui se défait, on le constate aujourd’hui. Et la signification historique de l’industrialisation, sa vérité profonde devenue manifeste au XXe siècle, c’est la destruction : avec Auschwitz et Hiroshima, on a les deux fonts baptismaux sur lesquels a été portée l’époque contemporaine. » (Libération, op. cit.). Le transgénisme et le commerce mondial ne sont que des purulences de ce phénomène global qu’est le « système technicien ».

Contestation de la contestation

René Riesel ne mène pas un combat solitaire. Il bénéficie de l’aide d’une mouvance ultra-ellulienne et néo-luddite (3), qui s’exprime depuis 1984 par l’intermédiaire d’une revue à la parution irrégulière, L’Encyclopédie des nuisances, d’une maison d’édition qui publie George Orwell et Bernard Charbonneau (4), les Éditions de L’Encyclopédie des nuisances, et la Société contre l’obscurantisme scientiste et le terrorisme industriel. On dénonce le Progrès, la croissance économique, la course à la vitesse (automobile, T.G.V., transports aériens), la nucléocratie, la technologisation de la vie quotidienne. Ce discours sans concessions dérange les nombreux altermondialistes qui, menant une vie petite-bourgeoise, participent en fait au système honni. N’est-ce pas paradoxal de venir au Larzac en voiture ? Malgré la sécheresse et le risque constant de pénurie d’eau, certains participants continuèrent à prendre leur douche quotidienne... Les paysans du plateau ne collaborent-ils pas avec le productivisme, dénigrés par ailleurs, en utilisant des machines à traire mécaniques ? 

Le mouvement altermondialiste français risque de connaître à son tour l’évolution désastreuse des Grünen. Au milieu des années 1990, les Verts allemands ont amendé leur programme et renoncé à blâmer l’automobile afin d’élargir leur électorat potentiel aux nouvelles classes moyennes favorisées, les futurs « bo-bo » (bourgeois bohèmes). Le processus a dès à présent commencé puisque sur le Larzac, les altermondialistes se sont liés à la plupart des mouvements sociaux du printemps et de l’été (les enseignants, les intermittents du spectacle, les postiers). Or la majorité des revendications exprimées témoigne d’une appréhension « conservatrice » et individualiste des problèmes. Fabrice Nicolino l’a très bien compris. Qu’a-t-il écrit de si grave dans Politis (8 mai 2003) pour devoir ensuite démissionner de cette revue dont il était l’un des journalistes les plus anciens ? « Nous sommes, écrit-il, - grosso modo 500 millions d’habitants du Nord - les classes moyennes du monde réel. Nous consommons infiniment trop, et précipitons la crise écologique, jusqu’à la rendre peut-être - probablement - incontrôlable. Tandis que quatre à cinq milliards de ceux du Sud tiennent vaille que vaille avec deux ou trois euros par jour, nous vivons de plus en plus vieux, et ne travaillons pour de vrai qu’à partir de 23 ou 25 ans. La conclusion s’impose : ne touchons surtout à rien ! [...] Le syndicalisme, fût-il d’extrême gauche ou prétendument tel, est devenu réactionnaire. Où trouve-t-on la moindre critique de la prolifération d’objets inutiles et de l’hyperconsommation chère à tant de retraités ? [...] Je ne serai plus jamais solidaire avec ceux qui, ayant “conquis” la télé, la voiture individuelle, le magnétoscope, la chaîne hi-fi, le téléphone portable et le lecteur D.V.D., se préparent à de nouvelles campagnes d’hyperconsommation. [...] Ceux qui se battent pour le maintien de leur situation personnelle, souvent privilégiée sur le plan personnel, sans remettre en cause nos manières concrètes de vivre et de gaspiller ont tort. » La juste colère de Nicolino s’inscrit dans le sillage des réflexions de Riesel et de L’Encyclopédie des nuisances. Ils savent que le petit confort sophistiqué des « bo-bo » d’Occident se construit sur l’essor incessant de la technoscience et le détournement des ressources naturelles de la Terre.

Insuffisances et naïvetés de la technophobie

Les appels de Riesel (5), Nicolino et autres expriment de salutaires mises en garde. Toutefois, ils comportent en eux une technophobie difficilement acceptable. Il serait certes agréable de vivre comme Riesel dans une bergerie de Lozère. Mais, en cas de grave maladie, combien parmi ces anti-techniciens suivraient-ils l’exemple d’Ivan Illich qui, le visage défiguré par un virus, refusa de se faire soigner ? Les néo-luddites oublient que la technique est plus que jamais un enjeu et un facteur de puissance. La rejeter, l’exclure ou l’ignorer signifierait accepter en dernière analyse la domination de tous ceux qui auraient fait le choix de la valoriser. Un monde paisible est irénique, sauf si une instance mondiale pourchasse et éradique la technique sur tous les continents. Ce serait alors la réalisation d’un nouveau totalitarisme de portée planétaire. Qu’on le veuille ou non, la technique influe sur notre vie ; elle appartient à notre milieu. Il faut s’en servir avec précaution, sagesse et circonspection.

Formidable « attrape-bo-bo », l’altermondialisme est aussi une variante modifiée, redoutable par sa séduction, du mondialisme. La mondialisation n’est pourtant pas une fatalité. L’expansion indéfinie de la sphère marchande à tous les domaines de la vie n’est pas l’avenir du genre humain. Elle n’est pas la loi de la gravitation universelle ou le cycle des jours et des nuits. On peut s’y opposer. Les échanges entre pays et continents ont de tout temps existé. Leur justification théorique résulte d’une révision complète de la conception du monde des Européens entre la fin du Moyen Âge et le milieu du XVIIe siècle.

Si rien n’est entrepris, du fait de sa complexification croissante, la mondialisation parviendra le moment venu à demander - et obtenir - sa régulation par une entité globale issue des blocs régionaux. On ne peut, on ne doit pas souscrire à cette conception, car, en attendant la découverte (hypothétique) de formes intelligentes hors de notre planète, l’échelle continentale marque le stade ultime de la souveraineté. Non pas qu’une souveraineté mondiale soit impossible, elle serait indubitablement tyrannique.

Contrer la mondialisation, l’Europe apparaît - au même titre que les autres ensembles régionaux supranationaux - comme le moyen le plus apte à résister à cette funeste tendance. Il faudrait nonobstant qu’elle se libère au préalable du carcan mondialiste que lui ont tricoté ses dirigeants. Une Europe souveraine solidement appuyée sur des communautés locales florissantes et s’orientant résolument sur une politique de relocalisation de l’économie, parviendrait à rendre la mondialisation négligeable. Denis de Rougemont l’avait pressenti. Contre le globalitaire (expression de Paul Virillo forgée à partir de global et de totalitaire), l’entente entre le continental et le local est incontournable. Une nouvelle alliance est vitale. Faisons-là sans tarder !

Notes

1 : Après la Seconde Guerre mondiale, une tendance trotskyste animée par Michel Raptis dit « Pablo » entreprend une politique d’entrisme au sein des partis communistes pro-soviétiques en vue de constituer à terme une faction liée à la IVe Internationale.

2 : Sur l’activisme de Riesel en 1968 et sa participation à l’Internationale situationniste (I.S.), on se référera avec profit à René Viénet, Enragés et Situationnistes dans le mouvement des occupations, Gallimard, 1968, et à Christophe Bourseiller, Vie et mort de Guy Debord (1931 - 1994), Plon, collection « Agora », 1999, pp. 341-409. Admis vers juin 1968 à l’I.S., Riesel en est exclu en septembre 1971.

3 : Les luddites désignent des bandes d’ouvriers anglais qui, à la suite de Ned Ludd, détruisèrent entre 1811 et 1816, les machines accusées de leur voler le travail. Ce fut une réaction populaire violente au machinisme.

4 : Les Éditions de l’Encyclopédie des nuisances (80, rue de Menilmontant, 75020 Paris) ont publié Relation de l’empoisonnement perpétré en Espagne et camouflé sous le nom de syndrome de l’huile toxique (1994) par Jacques Philipponneau, L’âge de l’ersatz et autres textes contre la civilisation moderne (1996) par William Morris, La société industrielle et son avenir (1998) par Theodore Kaczynski - le fameux Unabomber -, Après l’effondrement : notes sur l’utopie néotechnologique (2000) par Jean-Marc Mandosio, L’obsolescence de l’homme (2002) par Günther Anders, Le jardin de Babylone (réédition, 2002) par Bernard Charbonneau.

5 : Les essais de René Riesel parus aux Éditions de l’Encyclopédie des nuisances sont : Déclaration sur l’agriculture transgénique et ceux qui prétendent s’y opposer (2001), Aveux complets des véritables mobiles du crime commis au C.I.R.A.D. le 5 juin 1999 (2001), Du progrès dans la domestication (2003).

Paru dans L’Esprit européen, n° 11, hiver 2003.

jeudi 26 octobre 2023

Diego Fusaro: La mondialisation néolibérale, une nouvelle foi religieuse

 

576e95bd562071d1c8b47283106c93ea.jpg

Source: https://geoestrategia.es/noticia/41653/opinion/globalizacion-neoliberal-una-nueva-fe-religiosa.html

Selon la syntaxe de Gramsci, il y a "idéologie" quand "une classe donnée réussit à présenter et à faire accepter les conditions de son existence et de son développement de classe comme un principe universel, comme une conception du monde, comme une religion".

Le point culminant esquissé par Gramsci est tout à fait pertinent si l'on se réfère à l'idéologie de la mondialisation comme nature donnée, irréversible et physiologique (globalismus sive natura). Dans le cadre du Nouvel Ordre Mondial post-1989 et de ce qui a été défini comme "le grand échiquier", elle se présente comme un "principe universel", parce qu'elle est indistinctement acceptée dans toutes les parties du monde (c'est ce qu'on pourrait appeler la globalisation du concept de globalisation) et, en même temps, elle est aussi assumée par les dominés, qui devraient s'y opposer avec la plus grande fermeté. Elle se présente comme une vérité incontestable et universellement valable, qui ne demande qu'à être ratifiée et acceptée sous la forme d'une adaequatio cognitive et politique.

La mondialisation apparaît ainsi comme une "vision du monde", c'est-à-dire comme un système articulé et englobant, parce qu'elle a été structurée sous la forme d'une perspective unitaire et systématique, centrée sur la dénationalisation du cosmopolitisme et sur l'élimination de toutes les limitations matérielles et immatérielles à la libre circulation des marchandises et des personnes marchandisées, aux flux de capitaux financiers liquides et à l'extension infinie des intérêts concurrentiels des classes dominantes.

Enfin, elle prend la forme d'une "religion", parce qu'elle est de plus en plus vécue comme une foi indiscutable, largement située au-delà des principes de la discussion rationnelle socratique : celui qui n'accepte pas sans réfléchir et avec des références fidéistes le nouvel ordre mondialisé sera immédiatement ostracisé, réduit au silence et stigmatisé par la police du langage et les gendarmes de la pensée comme un hérétique ou un infidèle, menaçant dangereusement la stabilité de la catéchèse mondialiste et de ses principaux articles de foi (libre circulation, ouverture intégrale de toute réalité matérielle et immatérielle, compétitivité sans frontières, etc. ). La mondialisation coïncide donc avec le nouveau monothéisme idolâtre du marché mondial, typique d'une époque qui ne croit plus en Dieu, mais pas au capital.

D'une manière générale, la mondialisation n'est rien d'autre que la théorie qui décrit, reflète et, à son tour, prescrit et glorifie le Nouvel Ordre Mondial de classe post-westphalien, qui a émergé et s'est stabilisé après 1989 et qui - pour reprendre la formule de Lasch - a été idéologiquement élevé au rang de vrai et unique paradis. Tel est le monde entièrement soumis au capital et à l'impérialisme américano-centré des marchés de capitaux privés libéralisés, avec l'exportation collatérale de la démocratie de marché libre et du désir libre, et de l'anthropologie de l'homo cosmopoliticus.

Le pouvoir symbolique du concept de mondialisation est si envahissant qu'il rend littéralement impossible l'accès au discours public à quiconque ose le remettre en question. En ce sens, il s'apparente davantage à une religion au credo obligatoire qu'à une théorie soumise à la libre discussion et à l'herméneutique de la raison dialogique.

À travers des catégories devenues des pierres angulaires du néo-langage capitaliste, toute tentative de limiter l'envahissement du marché et de contester la domination absolue de l'économie mondialisée et américano-centrée est diabolisée comme "totalitarisme", "fascisme", "stalinisme" ou même "rouge-brunisme", la synthèse diabolique de ce qui précède. Le fondamentalisme libéral et le totalitarisme mondialiste du marché libre démontrent également leur incapacité à admettre, même ex hypothesi, la possibilité théorique d'autres modes d'existence et de production.

Toute idée d'un contrôle possible de l'économie et d'une éventuelle réglementation du marché et de la société ouverte (avec un despotisme financier intégré) conduirait infailliblement, selon le titre d'une étude bien connue de Hayek, vers la "route du servage". Hayek l'affirme sans euphémisme : "le socialisme, c'est l'esclavage".

De toute évidence, le théorème de von Hayek et de ses acolytes ne tient pas compte du fait que le totalitarisme n'est pas seulement le résultat d'une planification politique, mais peut aussi être la conséquence de l'action concurrentielle privée des règles politiques. Dans l'Europe d'aujourd'hui, d'ailleurs, le danger n'est pas à chercher du côté du nationalisme et du retour des totalitarismes traditionnels, mais plutôt du côté du libéralisme de marché hayékien et de la violence invisible de la matraque subtile de l'économie dépolitisée.

Il est donc impératif de décoloniser l'imaginaire des conceptions hégémoniques actuelles de la mondialisation et d'essayer de redéfinir son contenu d'une manière alternative. Cela nécessite une nouvelle compréhension marxienne des relations sociales comme étant mobiles et conflictuelles, là où le regard chargé d'idéologie n'enregistre que des choses inertes et aseptisées, rigides et immuables.

En d'autres termes, il est nécessaire de déconstruire l'image hégémonique de la mondialisation, en montrant son caractère de classe et non de neutralité.

Lorsqu'elle est analysée du point de vue des classes dirigeantes mondialistes, la mondialisation peut en effet sembler enthousiaste et très digne d'être louée et valorisée.

Par exemple, Amartya Sen la célèbre avec insistance pour sa plus grande efficacité dans la division internationale du travail, pour la baisse des coûts de production, pour l'augmentation exponentielle de la productivité et - dans une mesure nettement plus discutable - pour la réduction de la pauvreté et l'amélioration générale des conditions de vie et de travail.

Il suffit de rappeler, à l'aube du nouveau millénaire, que l'Europe compte 20 millions de chômeurs, 50 millions de pauvres et 5 millions de sans-abri, alors qu'au cours des vingt dernières années, dans cette même Europe, les revenus totaux ont augmenté de 50 à 70 %.

Cela confirme, d'une manière difficilement réfutable, le caractère de classe de la mondialisation et du progrès qu'elle génère. Du point de vue des dominés (et donc vue "d'en bas"), elle s'identifie à l'enfer très concret du nouveau rapport de force technocapitaliste, qui s'est consolidé à l'échelle planétaire après 1989 avec l'intensification de l'exploitation et de la marchandisation, du classisme et de l'impérialisme.

C'est à cette duplicité herméneutique, qui préside à la duplicité de classe dans le contexte très fracturé de l'après-1989, que renvoie l'interminable débat qui a intéressé et continue d'intéresser les deux foyers de cette contraposition frontale : d'une part, les apologistes de la mondialisation ; d'autre part, ceux qui sont engagés dans l'élaboration des cahiers de doléances du mondialisme.

Les premiers (que l'on peut globalement qualifier de "mondialistes", malgré la pluralité kaléidoscopique de leurs positions) vantent les vertus de la marchandisation du monde. Au contraire, les seconds (qui ne coïncident que partiellement avec ceux que le débat public a baptisés "souverainistes") soulignent les contradictions et le caractère éminemment régressif du cadre antérieur centré sur les souverainetés nationales.

En bref, et sans entrer dans les méandres d'un débat pratiquement ingérable par la quantité des contenus et la diversité des approches, les panégyristes du mondialisme insistent sur la façon dont la mondialisation étend au monde entier la révolution industrielle, les progrès et les conquêtes de l'Occident ; ou, en d'autres termes, sur la façon dont elle "universalise" les réalisations d'une humanité en quelque sorte comprise comme "supérieure" et donc habilitée à organiser la "file unique" du développement linéaire de tous les peuples de la planète.

Même les auteurs les plus sobrement sceptiques quant à la valeur axiologique de la mondialisation, comme Stiglitz, semblent souffrir d'une attirance magnétique et finalement injustifiée pour le travail de transformation du monde en marché. Pour Stiglitz et son optimisme réformateur, ce processus, qui en même temps "planétarise" l'inégalité et la misère capitaliste, ne mérite pas d'être abandonné en raison des évolutions et des changements qu'il pourrait susciter.

Diego Fusaro

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2023/10/24/diego-fusaro-la-mondialisation-neoliberale-une-nouvelle-foi-religieuse.html

dimanche 3 septembre 2023

Comprendre la stratégie de Vladimir Poutine

 

par Jean-Yves Jézéquel

1. Vladimir Poutine a inauguré en 2008, une stratégie politique ayant pour but de mettre fin au mondialisme.

En renvoyant mes lecteurs à l’article sur les acteurs du Nouvel Ordre Mondial, (que l’on devrait peut-être appeler «l’Ordre Mondial du Nouveau Monde», celui qui a été créé en 1944 à Bretton-Woods, par les USA, la Grande Bretagne, en un mot, les vainqueurs Anglo Saxons, suggère Sylvain Laforest, journaliste canadien), chacun sait que la Trilatérale, la Banque mondiale, le FMI, la BRI, la FED, BlackRock/Vanguard, contrôlent le monde.

Tous ces acteurs font la pluie et le beau temps sur la vie de milliards de personnes, via les sociétés pétrolières, les multinationales majeures, l’industrie pharmaceutique, les grands médias inféodés au système mondialiste, un grand nombre d’ONG, corps et âmes dévoués à la cause des criminels mondialistes, s’activant actuellement pour le plus grand génocide de l’histoire !

Le porte-parole de cette organisation totalitaire, rendu bien visible et exposé volontairement à toutes les récriminations, c’est le FEM (WEF en anglais) – Forum économique mondial de Davos et ses thuriféraires habituels, Klaus Schwab et Cie…

La CIA, l’OTAN sont aux ordres de la Commission Trilatérale et n’obéissent à aucun autre pouvoir politique. La Trilatérale est le parti dominant qui décide seul en se plaçant au-dessus de tous les responsables élus des États, quels qu’ils soient ! La démocratie n’existe pas ! Il faudrait que les Occidentaux cessent d’ânonner sur la démocratie car elle est radicalement inexistante, et ils devraient savoir depuis longtemps que dans une authentique démocratie, c’est «le peuple qui commande et c’est l’État qui obéit» !

2. La grande bataille qui est engagée en ce moment, n’est pas celle des anciennes grandes puissances contre la Russie et la Chine. Cette grande bataille engagée actuellement est celle des mondialistes contre les souverainistes. Les États-nations se sont réveillés et veulent qu’on respecte leur souveraineté et leur indépendance.

Cette résistance au mondialisme a été réveillée par Vladimir Poutine en 2008.

Vladimir Poutine a tout tenté pour intégrer la Communauté Internationale, mais à la condition que la souveraineté de la Russie soit respectée.

Il était hors de question que la Russie puisse imaginer un seul instant qu’elle soit respectée dans sa souveraineté légitime : bien au contraire, tous les plans des mondialistes étaient déjà écrits noir sur blanc disant que la Russie devait être démembrée et réduite à la servitude, les USA étant les seuls à pouvoir revendiquer une domination indiscutable et indiscutée sur le monde entier.1

Le 10 mars 2007, Bush annonçait que l’Ukraine et la Géorgie étaient devenus des candidats pour leur entrée dans l’OTAN ! Comment franchement voulez-vous que Vladimir Poutine réagisse ? Par un avertissement demandant aux USA de cesser leurs provocations, rappelant au passage tous les accords y compris signés qui interdisaient l’expansion de l’OTAN vers les frontières de la Russie.2

Vladimir Poutine était obligé d’intervenir en Géorgie en 2008 pour remettre à leur place, en quelques heures, les USA et leur provocation !

Le chef de l’État russe, comprenait alors que les mondialistes ne pouvaient pas admettre la légitimité d’une souveraineté de la Fédération de Russie. Vladimir Poutine se trouvait devant le choix de livrer son pays à la voracité des banques, à la mafia des BlackRock/Vanguard, au pillage et dépeçage de son grand pays par les vautours enfin lâchés sur les cadavres d’une Nation anéantie et livrée à une destruction en règle : celle organisée par le mondialisme criminel sans états d’âme, ou l’autre choix possible : celui de s’attaquer au mondialisme et de le détruire en règle avant qu’il n’aille plus loin dans ses projets génocidaires.

Vladimir Poutine savait que le groupe des prédateurs au pouvoir, contrôlant la création de la monnaie mondiale de réserve et toute l’économie liée à elle, ainsi que les armées déployées en masse sur tous les Continents, serait le colosse à abattre, et qu’il serait impératif de découvrir rapidement ce qui constituerait ses pieds d’argile inévitables ou son talon d’Achille bien dissimulé !

3. C’est ainsi que Vladimir Poutine allait très vite identifier cette faiblesse de l’Empire au service des mondialistes : le secteur pétrolier.

Les pays producteurs étaient régulièrement menacés par la puissance militaire de l’Empire, lorsque celui-ci sentait que le contrôle de l’or noir pouvait à tout moment lui échapper.

La Libye, la Syrie, l’Iran allaient dès les années 70 sortir de ce contrôle. Les mondialistes se jetèrent alors sur la supercherie de l’histoire du «réchauffement climatique» causé par le CO2… La transition énergétique était alors considérée comme prioritaire et urgente car les réserves de pétrole s’épuisaient… Il fallait dès cette époque penser la transition énergétique pour sauver la planète de cette catastrophe imaginaire causée par l’humain.

Malheureusement, les mondialistes ne parvinrent pas à trouver une énergie qui pourrait sérieusement remplacer le pétrole !

L’autre aspect du problème consistait à se dire : comment puis-je justifier la valeur d’une monnaie sur une énergie (le pétrodollar), alors que cette énergie est hors de mon contrôle ?

En août 1971, la convertibilité directe du dollar en or était abolie par les USA. Le dollar sans le pétrole devenait ipso facto une monnaie de singe ! L’exploitation du pétrole en Amérique du Nord allait s’avérer ruineuse : au final, il était plus économique pour les USA, d’acheter du pétrole que d’en produire eux-mêmes ! Voilà le dilemme : qui contrôle le pétrole, contrôle le monde !

4. Voilà pourquoi, en 2008, Vladimir Poutine ayant compris cette situation du colosse aux pieds d’argile, lançait une réorganisation complète de tout le complexe militaire russepour le rendre pratiquement invincible !

Apparaissaient alors les meilleurs systèmes du monde en termes de défense : les S-400 et Pantsir ; les meilleurs brouilleurs électroniques du monde : le Mourmansk-BN ; une batterie de missiles hypersoniques impossibles à intercepter : les Kinjals et les Zircons, la série des Grad, des Iskander et des 3M-54 Kalibr ! La gamme des Soukhoïs allait voir le jour : aucun avion occidental ne peut rivaliser avec ces appareils de combat… Puis, pour couronner le tout, les Russes allaient mettre au point un cauchemar nucléaire dissuasif redoutable : système Sarmat, Avangard, Poséidon. Les sous-marins nucléaires russes allaient atteindre des performances inégalées dans l’histoire de l’armement. Avec les missiles hypersoniques, la flotte immense des porte-avions de l’Occident devenait obsolète, ruineuse elle aussi et inutile…

Avec la réorganisation de l’armée russe, allait également se faire la nationalisation de la production des armements. Enfin, en organisant la création de la société privée Wagner, Vladimir Poutine concevait une machine militaire quasi invincible grâce à la souplesse que cette création lui donnait !

Les producteurs de pétrole allaient gagner leur indépendance puisqu’ils avaient la promesse de la Russie qu’elle allait protéger leurs arrières par la désintégration du contrôle des mondialistes sur ce marché incontournable…

5. Du coup, les banques occidentales, maîtresses des mondialistes, tentaient de provoquer les «Printemps arabes» dans 9 pays producteurs de pétrole. La Syrie était l’obstacle principal qui empêchait le plan du «Grand Israël», (publié en 1982) le porte-drapeau du mondialisme au Moyen-Orient. Israël devait prendre le contrôle de tous les pays producteurs de pétrole de la péninsule arabique à l’Afghanistan… 

En 2011, la Russie n’était pas encore prête pour venir en aide à Kadhafi.

En 2014, elle n’était pas encore prête à intervenir, alors que les USA et la CIA, aux ordres de la Commission Trilatérale, organisaient les meurtres et massacres de la place Maïdan à Kiev et à Odessa, lâchant les bandes d’Ukro-nazis sur le Donbass, bombardant ces populations russophones d’Ukraine, installant dans ce pays les experts de l’OTAN, leurs laboratoires pour la guerre biologique et le pillage concomitant des richesses de ce pays …

Le 29 septembre 2015, la Russie venait en aide à Bachar al-Assad en s’attaquant aux faux terroristes d’ISIS/DAECH et vrais mercenaires occidentaux qui devaient faire tomber la Syrie… Les mondialistes étaient brutalement arrêtés en Syrie en constatant qu’ils ne pouvaient plus faire ce qu’ils voulaient.

L’Irak, la Syrie, le Koweït, l’Arabie saoudite et l’Égypte ne pouvaient plus être maintenus sous la domination mondialiste par le contrôle du marché du pétrole.

Il allait de soi que les mondialistes devaient avant tout s’occuper de ce Vladimir Poutine qui les empêchait de faire la fête et d’écraser tous les récalcitrants à leur loi de domination inconditionnelle…

6. En février 2022, la Russie était enfin prête à intervenir avec son nouvel arsenal d’armement sophistiqué et testé en Syrie.

Vladimir Poutine savait pertinemment, qu’en allant aider les populations russophones du Donbass, ayant fait le choix d’entrer dans la Fédération de Russie, il allait directement affronter l’OTAN, même si l’hypocrisie occidentale allait utiliser très largement le peuple Ukrainien comme chaire à canons ! Les Occidentaux au complet allaient déclarer la guerre à la Russie en procédant aux innombrables «sanctions économiques» qui allaient aussitôt ruiner l’Union européenne principalement et propulser la Russie au cinquième rang des puissances économiques mondiales…

Les USA, la Grande Bretagne, les pays occidentaux dans leur ensemble avec l’Union européenne, moins quelques pays contestataires de l’Union, allaient mobiliser des milliards comme personne n’en avait jamais vu, du matériel dernier cri, des munitions à volonté, des experts qui allaient commander les formations de mercenaires et les groupes néo-nazis de l’Ukraine…

Très vite, la superpuissance de l’OTAN allait comprendre que ses équipements onéreux étaient obsolètes face aux moyens de l’armée russe. Les chars les plus sophistiqués de l’OTAN allaient brûler en masse et montrer leur incapacité à rivaliser avec le matériel russe. Bien entendu, les médias inféodés au système allaient dénigrer et se moquer largement de l’armée russe en racontant des sottises à longueur de temps avec des meutes de crétins se faisant passer pour des experts en géopolitique ou en science militaire, qui allaient se succéder sur les plateaux de télévision et se donner en spectacle lamentable… Car la réalité allait vite sauter aux yeux de tous, lorsque le récit mensonger allait démontrer qu’il ne correspondait pas à la réalité…

Des généraux lucides du Pentagone tiraient la sonnette d’alarme en essayant de convaincre les mondialistes au pouvoir qu’il fallait rapidement cesser le combat impossible à gagner contre une Russie supérieure en armements et en expérience militaire !

L’Occident courait à sa perte en voulant insister et là, il faut bien le dire que l’inconscience d’un petit Macron aura particulièrement attiré l’attention du monde entier, tournant la France en dérision, assistant au spectacle pitoyable du roquet qui voulait s’attaquer à l’ours…

Pour les Ukrainiens non bandéristes, engagés de force par les Ukro-nazis au pouvoir, cette débâcle serait une tragédie sans nom, mais Vladimir Poutine ne pouvait pas laisser faire les mondialistes désireux de détruire et de soumettre la Russie pour son pillage en règle par sa destruction… Il évitait ainsi au monde une apocalypse nucléaire qui aurait tout d’abord éradiqué l’Union Européenne et tous les peuples qui la forment.

Les mondialistes ont organisé tout d’abord la fausse pandémie de coronavirus pour soumettre l’Occident dans son ensemble, le terroriser, et organiser le totalitarisme qui va avec leur plan. Le Great Reset [la Grande Réinitialisation] en était le programme sous-jacent. Puis il fallait déjà commencer l’abandon du pétrole, promotionner les énergies renouvelables, déclencher l’autodestruction des économies locales, des petits commerces, pour libérer l’espace favorable aux grandes multinationales et construire les «villes 15 minutes» uniquement favorables aux ploutocraties du mondialisme…

7. Il va de soi que le «réchauffement climatique anthropique» allait être l’idéologie nouvelle du mondialisme désireux de tuer tout ce qui ne peut pas servir à sa domination incontestable : tout doit être désormais entre ses mains, les mains du 1% des plus riches en déplaçant toute la question énergétique sur autre chose que le pétrole dont elle ne contrôle plus ni le prix ni l’approvisionnement.

De même les médias inféodés perdant aussi le contrôle sur les peuples, il fallait donc censurer à mort les réseaux sociaux, supprimer toutes les libertés publiques comme privées, installer le totalitarisme médical, l’identité numérique, le crédit social… Aujourd’hui, les mondialistes sont en mode panique ! Ils prennent toutes les dispositions pour le massacre du peuple avant de se faire lyncher eux-mêmes sur la place publique !

Le surendettement massif spectaculaire des nations au nom d’une pandémie imaginaire, a été conçu, voulu, organisé pour amorcer le Great Reset des monnaies, engager le transhumanisme, éliminer au passage tous les «idiots» et les «inutiles», justifier l’annulation des dettes impossible à rembourser, en échange de quoi l’abandon de la propriété privée sera une compensation permettant la création d’une monnaie unique numérique distribuée en salaire universel exclusivement réservée aux inconditionnels de la soumission…

À ce propos, il faut bien le souligner : étant donné qu’une majorité des peuples du monde refuse le Great Reset, il va de soi que ce projet de la monnaie unique mondiale numérique est impossible ! D’ailleurs, de plus en plus de pays se joignent aux BRICS, grâce en grande partie à la sécurité donnée par la Russie de Vladimir Poutine… La Russie est gagnante en Ukraine, elle est gagnante sur l’échiquier politique et économique mondial, elle attire la sympathie des pays africains qui sont heureux de sortir du colonialisme ou néo-colonialisme franco-anglo-saxons…

Avec la Chine et l’Inde, Vladimir Poutine a créé le CIPS en 2015. Ce système a évincé le SWIFT qui bloquait les opérations bancaires des banques russes. Désormais, la Coopération de Shanghai, la nouvelle route de la soie et les BRICS naviguent en toute liberté à travers le monde et font des adhérents chaque jour plus nombreux représentant déjà la majorité de la population humaine… La dédollarisation n’était pas une volonté explicite des BRICS, mais tout naturellement, on peut constater que c’est là l’une des conséquences inévitable de la dissidence bancaire. De ce fait l’hégémonie de la monnaie de référence mondiale n’est plus : c’est la fin de la domination unipolaire de l’Occident.

Le mondialisme est abandonné par beaucoup de peuples qui étaient menacés et tenus en laisse par l’Occident au service de ce totalitarisme.

Les producteurs de pétrole comme l’Iran, l’Algérie, le Qatar et le Venezuela sont sous la protection des BRICS et de la Russie qui apporte son aide technologique et militaire à ces pays désormais dans la liberté de leur souveraineté enfin assurée.

Puis, l’Arabie saoudite avec les Émirats arabes unis ont décidé d’adhérer aux BRICS. Désormais, les USA seront évacués de Syrie, d’Irak et de Libye et tous les producteurs de pétrole importants seront enfin dans une alliance avec la Russie.

Pour faire tenir le discours manipulateur tyrannique du «réchauffement climatique à cause de l’homme», il aurait fallu que le monde entier se plie à ce narratif mensonger dénoncé par les plus grands spécialistes du climat. Les plus grands de ce monde des BRICS ont sabordé la COP-21 de Glasgow en 2021, les accords de Paris de 2023 ont été refusés par la Chine.

Le plan des mondialistes qui veut infernaliser la vie des gens et les jeter dans la ruine pour qu’ils se soumettent à la dictature des tyrans du N.O.M., au nom du réchauffement climatique causé par l’être humain, ne pourra pas non plus avoir lieu : c’est un échec assuré, puisque la majorité des peuples va continuer à utiliser le pétrole.

L’habileté géopolitique de Vladimir Poutine est en train de rallier trois continents à sa cause. L’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud refusent de continuer à se faire piller par l’Occident hégémoniste et serviteur du N.O.M. Le FMI ne fait plus peur avec ses menaces habituelles. La Banque mondiale n’a plus aucun pouvoir sur les pays engagés dans les BRICS. Une trentaine de pays sont candidats actuellement à leur entrée dans le nouveau système économique russo-chinois.

Conclusion

Les pays Occidentaux sont le dos au mur. Ils n’ont plus d’autre choix que celui de laisser tomber le mondialisme et son système économique tyrannique ne servant que la cause des plus riches. La seule solution qui reste désormais, c’est celle d’aller du côté du monde multipolaire, des économies locales développées grâce à la souveraineté des peuples, reconnue et défendue par l’usage des monnaies nationales respectées dans le cadre de cette coopération.

Pousser les peuples dans cette impasse sociale du mondialisme aurait pour effet principal d’entraîner les banques elles-mêmes dans un abîme d’où elles ne pourraient plus sortir. Passer aux BRICS, c’est couper le fil de la dette créée par l’idéologie mondialiste unipolaire et assister à l’effondrement du système bancaire tout entier. Quoi qu’il arrive donc, la vision mondialiste est perdante dans tous les cas de figures…

L’Occident sous l’emprise des mondialistes a fait le choix du mensonge, de la falsification, de la tyrannie : il récolte désormais ce qu’il a semé !

Tous les gouvernements dirigés par les Young Global Leaders vont tomber les uns après les autres : c’est la débandade généralisée qui commence, grâce à l’habileté géopolitique de Vladimir Poutine !

Nous allons assister à ce moment tant attendu : quoi qu’il arrive, le projet mondialiste est condamné d’avance par sa propre logique mensongère. Ce totalitarisme ploutocratique passant par le transhumanisme obligatoire n’est pas jouable puisque la majorité des peuples s’en est définitivement détourné. Il faut bien le dire, c’est Vladimir Poutine qui a flanqué par terre ce projet orwellien tant désiré par les tyrans mondialistes et c’est à l’Est que va se lever le soleil nouveau sur un monde redevenu humain. Certes, le serpent auquel elle écrase la tête va encore mordre au talon la femme de l’Apocalypse, mais les jours du serpent sont désormais comptés. Les souffrances inutiles qui viendront encore ne permettront plus à ce projet contre nature d’avoir un avenir quelconque.

Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, Young Global Leader, disait avec détermination et une sorte d’infaillibilité pontificale : «On ira ensemble vers ce nouvel ordre mondial, et personne, je dis bien, personne, ne pourra s’y opposer». (Le 16 janvier 2009)

Si, heureusement pour nous, Vladimir Poutine s’y est opposé et c’est lui qui a le dernier mot compte tenu de la stratégie qu’il a mise en place et des résultats qu’il obtient auprès de la majorité des peuples !

sourceMondialisation

  1. Cf., article posté dans mondialisation.ca du 5 mars 2023 : La guerre Ukraine–Russie : Les préalables indispensables au bon entendement de ce qui est en cause
  2. Cf., les articles successifs postés sur mondialisation.ca : du 5 mars 2023 au 18 avril 2023

https://reseauinternational.net/comprendre-la-strategie-de-vladimir-poutine/