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samedi 25 janvier 2025

Otto Rösch, le passé trouble du socialisme autrichien

 

La poignée de main entre le ministre de l'Intérieur Rösch et Carlos #otd en 1975 ressemble presque à un high five. Avec le départ des terroristes et des otages, la #OPEC prise d'otages sur le sol autrichien était terminée. Ça ne s'est terminé que le 23 décembre à Alger

Alors que le président du Parti patriotique autrichien FPÖ Herbert Kickl est chargé, par le président de la République Alexander Van der Bellen, de former un gouvernement réunissant son parti et les sociaux-chrétiens/conservateurs de l’ÖVP, la presse internationale, comme à chaque victoire enregistrée par le FPÖ, tente de renvoyer ce dernier aux lointaines origines nationales-socialistes de ses fondateurs. Or, si le FPÖ a, en effet, intégré d’anciens nationaux-socialistes dans ses rangs, les deux partis du système, les sociaux-chrétiens/conservateurs de l’ÖVP et les socialistes – devenus en 1991 sociaux-démocrates – du SPÖ ont également emprunté cette voie. Lionel Baland nous conte l’incroyable histoire d’Otto Rösch, national-socialiste sous le IIIe Reich, lié à des activités néo-nationales-socialistes clandestines après la guerre et devenu ensuite ministre socialiste de la Deuxième République autrichienne.

Sánchez, connu sous le nom de terroriste « Carlos », pénètre, à Vienne, dans le siège de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), où sont réunis les représentants de différents États. Après avoir tiré des coups de feu dans le plafond, les assaillants séquestrent une soixantaine de personnes. Les agresseurs possèdent un véritable arsenal, transporté dans des sacs de sport et dans des manteaux. Au cours de l’opération, trois personnes sont tuées : un policier autrichien, un agent de sécurité irakien et un économiste libyen. Un des terroristes est blessé et hospitalisé.

Le lendemain, les assaillants, rejoints par celui d’entre eux qui a été hospitalisé, et les otages embarquent, à l’aéroport de Vienne-Schwechat, dans un avion vers l’Algérie. Le terroriste Carlos s’approche du ministre de l’Intérieur autrichien Otto Rösch et lui dit au revoir en lui serrant la main. L’avion décolle et se rend à Alger, où les otages sont finalement relâchés.

Le gouvernement socialiste homogène autrichien de Bruno Kreisky doit alors faire face à de nombreuses critiques au niveau international, portant tant sur le manque de sécurité dans et autour du bâtiment au sein duquel les faits se sont déroulés ainsi que sur la poignée de main entre « Carlos » et Otto Rösch.

Ce dernier a un passé qui peut apparaître pour le moins singulier, mais qui, à cette époque, constitue plus la norme que l’exception.

De la Hitlerjugend au Parti socialiste

Né à Vienne en 1917, Otto Rösch étudie le droit et la philosophie aux universités de Vienne et de Graz. Alors que l’Autriche est aux mains du régime « austro-fasciste », mis en place par les sociaux-chrétiens ennemis du national-socialisme, Rösch est membre, en 1935-1936, de la Hitlerjugend (Jeunesse hitlérienne – HJ). En 1936, il rejoint l’Association des étudiants nationaux-socialistes, illégale. En 1937, il devient un cadre important de la Jeunesse hitlérienne à Graz en Styrie. Il appartient à cette époque à l’État-major de la SA (Sturmabteilung – Section d’assaut, la milice du Parti national-socialiste) à Graz. Après l’annexion de l’Autriche au IIIe Reich, Otto Rösch est, d’octobre 1938 au 15 janvier 1940, enseignant à Traiskirchen au sein d’un internat NPEA (NationalPolitische ErziehungsAnstalt – « établissement d’éducation politique national ») aussi appelé Napola (NAtionalPOlitische LehrAnstalt – « établissement d’enseignement politique national »), visant à la formation de la future élite nationale-socialiste. Il introduit, le 8 octobre 1938, une demande d’adhésion au Parti national-socialiste (NSDAP) et est accepté en son sein le 1 janvier 1940, recevant le numéro de membre 8.595.796. Il devient, au début de l’année 1940, officier professionnel au sein de l’armée. Il est décoré de la croix allemande en or et termine la guerre en tant que capitaine.

Le 8 décembre 1947, Otto Rösch est arrêté à Graz en Styrie par deux membres de la police criminelle pour appartenance à une organisation nationale-socialiste souterraine organisée par Theodor Soucek. Il s’agit de la plus dangereuse organisation illégale nationale-socialiste en Autriche, qui dispose d’une branche politique et d’une branche militaire. Elle est avant tout une organisation d’aide à la fuite des anciens nationaux-socialistes. Elle a également pour objectif de rétablir et de développer les anciennes organisations nationales-socialistes et d’utiliser et d’amplifier les tensions entre les forces qui occupent l’Autriche (soviétiques et occidentales). En cas de conflit entre ces protagonistes, l’organisation se donne pour but d’établir un grand Reich allemand fidèle aux idées nationales-socialistes. Otto Rösch reste huit mois en prison préventive.

Otto Rösch est à cette époque le chef de la censure civile de la zone d’occupation britannique en Styrie et est actif en tant que cadre au sein de l’organisme socialiste qui s’occupe d’aider les personnes qui reviennent au pays après la guerre (soldats, …). Des témoignages de Theodor Soucek et d’autres détenus indiquent qu’Otto Rösch était prévu pour les relations de l’organisation clandestine nationale-socialiste avec les administrations, la police, les partis. De plus, Otto Rösch est accusé d’avoir, à partir de la mi-novembre 1947, conservé chez lui une valise pleine de cartes d’identité, de tampons, de formulaires non remplis, de listes de recherche… Il se justifie en prétendant qu’il ne savait pas ce que cette valise contient. Selon plusieurs témoignages, Theodor Soucek avait prévu d’utiliser Otto Rösch également comme conseiller militaire.

Theodor Soucek et deux autres dirigeants de l’organisation sont condamnés à mort. La sentence est commuée en prison à vie. Après trois années, les trois condamnés sont graciés.

Entre nécessité politique et silence gênant : le cas Rösch comme norme

Otto Rösch nie tout en bloc et est acquitté le 3 juin 1949 lors de son procès par manque de preuves. La même année, son protecteur, le secrétaire du parti socialiste SPÖ de l’État de Styrie Ernst Taurer le propose en tant que secrétaire de l’Association socialiste des représentants municipaux en Styrie et en 1951 pour un siège au Sénat (Bundesrat). Mais de fortes oppositions internes voient le jour, venant de personnes, avant tout au sein du SPÖ de Graz, qui font remarquer le passé d’Otto Rösch (dirigeant des HJ illégales, procès Soucek, déclaration pro-nationale-socialiste après la fin de la guerre). À la suite de longues discussions, Otto Rösch est désigné pour le Sénat. Il est membre du Sénat de 1951 à 1953, député au Parlement de Styrie de 1953 à 1959, député au Parlement de Basse-Autriche de 1959 à 1966, ministre du gouvernement de Basse-Autriche de 1966 à 1970, député fédéral de 1971 à 1983, secrétaire d’Etat à la Défense de 1959 à 1966, ministre de l’Intérieur de 1970 à 1977, ministre de la Défense de 1977 à 1983, président de l’organisation annexe du SPÖ dénommée Association des retraités autrichiens de 1983 à 1991.

Au sein de son ouvrage (non traduit) Mein Österreich. 50 Jahre hinter den Kullissen der Macht (« Mon Autriche. 50 ans dans les coulisses du pouvoir »), le journaliste et écrivain à succès Paul Lendvai, né à Budapest, en Hongrie, au sein d’une famille juive et qui vit depuis 1957 à Vienne et a fréquenté durant un demi-siècle les antichambres de la politique autrichienne, estime que cette situation est le résultat du besoin de jeunes cadres politiques formés, ainsi que du passé familial d’Otto Rösch. Son grand-père, membre du parti social-démocrate SDAP (Sozialdemokratische Arbeiterpartei – Parti ouvrier social-démocrate), a été maire de Stockerau, député au Parlement de Basse-Autriche de 1918 à 1927 et sénateur de 1927 à 1934. Paul Lendvai met en avant le fait que l’historienne Maria Wirth indique que le passé d’Otto Rösch, complètement connu au sein du parti socialiste SPÖ, n’a pas posé un problème, car Otto Rösch a été considéré comme un exemple de dénazification réussie.

Paul Lendvai estime que le cas Otto Rösch n’est pas isolé et apparaît plutôt comme un parcours normal au sein du SPÖ. Six anciens membres du Parti national-socialiste (NSDAP) ont été ministres dans les gouvernements fédéraux du chancelier SPÖ Bruno Kreisky. Parmi les cadres socialistes anciens membres du Parti national-socialiste figurent, entre 1945 et 1990, un gouverneur d’État fédéré, des ministres d’États fédérés, des députés de parlements d’États fédérés, de nombreux hauts fonctionnaires et directeurs généraux, ainsi que 43 députés fédéraux et sénateurs du SPÖ, alors que le nombre se monte à 51 durant cette période chez les députés fédéraux et sénateurs conservateurs/sociaux-chrétiens de l’ÖVP qui ont été membres du Parti national-socialiste.

© Photo : La poignée de main entre le ministre de l’Intérieur Otto Rösch et Ilich Ramírez Sánchez, dit Carlos en 1975, lors de la prise d’otages du siège de l’OPEP à Vienne.

Sources

Lionel Baland, Jörg Haider, le phénix. Histoire de la famille politique libérale et nationale en Autriche, Éditions des Cimes, Paris, 2012.

Paul Lendvai, Mein Österreich. 50 Jahre hinter den Kullissen der Macht, Haymon Taschenbuch, Innsbruck-Vienne, 2010.

https://www.revue-elements.com/otto-rosch-le-passe-trouble-du-socialisme-autrichien/

mercredi 28 août 2024

1914/1917, le génocide des russophones de Galicie par l’Autriche-Hongrie

 

par Dmitry Plotnikov

Le génocide galicien : Comment l’identité russe a été anéantie dans ce qui est aujourd’hui l’ouest de l’Ukraine.

Avant que la région ne devienne le centre du nationalisme ukrainien, les russophiles locaux ont été anéantis dans un des premiers camps de concentration d’Europe.

La Galice, région historique de l’ouest de l’Ukraine, est actuellement le centre du mouvement nationaliste du pays. Cependant, les choses étaient autrefois très différentes. Il y a un peu plus de cent ans, des représentants de mouvements politiques opposés russophiles et pro-ukrainiens se disputaient la loyauté de la population ruthène locale, également connue sous le nom de Rusyns. Les russophiles de Galice ont accueilli le début de la Première Guerre mondiale comme une étape vers une réunion anticipée avec la Russie. Cependant, le mouvement ukrainien est resté fidèle à l’Autriche-Hongrie. Avec l’aide de ces derniers, Vienne tua l’intelligentsia rusyn, qu’elle considérait comme une « cinquième colonne ». Pour ce faire, les Habsbourg installent des camps de concentration.

Ce qui s’est passé ensuite équivalait à un génocide.

Le début de la tragédie 

Au début de la Première Guerre mondiale, le mouvement russophile de Galice connaît des moments difficiles. À la suite de la politique « diviser pour mieux régner » mise en œuvre par les Autrichiens, le mouvement subit une scission. Les organisations les plus anciennes et les plus respectées se sont retrouvées entre les mains de dirigeants pro-autrichiens qui prônaient l’identité ukrainienne, et non rusyn.

Après que l’armée de l’Empire russe ait traversé la frontière le 18 août 1914 et lancé une offensive en Galice, des répressions massives ont eu lieu dans la région. Les gens ont été victimes de la rage des autorités autrichiennes pour des questions insignifiantes – comme posséder de la littérature russe, être membre d’une société russe, avoir une éducation russe ou simplement sympathiser avec Saint-Pétersbourg. Dans certains cas, des personnes ont été arrêtées simplement parce qu’elles se disaient russes. Les prisons étaient pleines « d’ennemis de l’État » et « d’agents de Moscou dangereux », et les rues étaient bordées de potences.

« Les personnes soupçonnées de « Russophilie » ont été pendues à ces arbres devant les fenêtres. Les gens étaient pendus aux arbres. On les y laissait une journée, puis on les enlevait et d’autres prenaient leur place… » raconte un des paysans du district de Gorodetsky. Les répressions ont principalement touché l’intelligentsia et les prêtres orthodoxes, dont la plupart avaient suivi des études spirituelles dans l’Empire russe.

Des militaires austro-hongrois posent devant trois pendus exécutés le 30 août 1914 à Moukatchevo (Crédit photo : Wikipédia)

Aux répressions contre l’intelligentsia succèdent celles contre les gens ordinaires. Quiconque était suspecté de sympathiser avec la Russie ou la culture russe devenait un suspect. Cela comprenait des personnes qui avaient déjà visité la Russie, lu des journaux russes ou étaient simplement connues sous le nom de « russophiles ». Les tribunaux militaires ont travaillé 24 heures sur 24 et une procédure simplifiée de poursuites judiciaires a été introduite pour les cas de suspicion de trahison.

Les membres du mouvement Rusyn de Galice qui ont choisi la « voie ukrainienne » ont activement participé aux répressions. Les politiciens pro-autrichiens ont préparé des listes de suspects « peu fiables » et, sur la base de simples accusations, ont arrêté quiconque sympathisait avec la Russie. Comme l’a décrit le personnage public russophile Ilya Terekh, « Au début de la guerre, les autorités autrichiennes ont arrêté presque toute l’intelligentsia russe de Galice et des milliers de paysans, sur la base des listes remises aux autorités administratives et militaires par les Ukrainophiles ».

« Les personnes qui se reconnaissaient comme russes ou portaient simplement un nom russe étaient saisies sans discrimination. Quiconque possédait un journal russe, un livre, une image sacrée ou même une carte postale de Russie était attrapé, maltraité et emmené. Et puis, il y a eu des potences et des exécutions sans fin – des milliers de victimes innocentes, des mers de sang de martyr et de larmes d’orphelins », a témoigné un autre russophile, Julian Yavorsky.

Talerhof en 1917, là où les exécutions du camp avaient lieu (Crédit photo : Wikipédia)

En octobre 1914, l’écrivain russe Mikhail Prishvin, qui a servi comme assistant médical au front, écrivait dans son journal : « Quand je suis arrivé en Galice, j’ai ressenti et vu les images vivantes de l’époque de l’Inquisition ». Prishvin a décrit les sentiments des Rusyn galiciens envers la Russie comme suit : « Les Galiciens rêvent d’une grande, pure et belle Russie ». Un écolier de dix-sept ans se promenait avec moi dans Lvov [aujourd’hui Lviv et à l’époque Lemberg] et parlait russe sans accent. Il m’a parlé de la persécution de la langue russe. Les étudiants n’étaient même pas autorisés à avoir une carte de la Russie, et avant la guerre, il a été forcé de brûler des livres de Pouchkine, Lermontov, Tolstoï et Dostoïevski.

L’Enfer sur Terre

Les prisons de Galice n’étaient pas assez grandes pour accueillir tous les refoulés. Le 28 août 1914, il y avait deux mille prisonniers rien qu’à Lvov. C’est alors que les autorités autrichiennes décidèrent d’établir des camps de concentration. En septembre 1914, l’immense maison d’arrêt Thalerhof est installée en Styrie. Elle a reçu ses premiers prisonniers le 4 septembre. Selon le témoignage de l’un des survivants, le prêtre Theodor Merena, les prisonniers étaient « des gens de classe et d’âge différents ». Ils comprenaient des membres du clergé, des avocats, des médecins, des enseignants, des fonctionnaires, des paysans, des écrivains et des étudiants. L’âge des prisonniers variait de celui des nourrissons à 100 ans.

Parfois, des militants ukrainiens fidèles au régime autrichien furent accidentellement placés à Thalerhof. La plupart d’entre eux ont été retirés rapidement. L’un d’eux a rappelé plus tard que tous les prisonniers avaient une chance de s’évader en renonçant à leur nom russe et en s’inscrivant comme « Ukrainiens » sur la « liste ukrainienne ».

Jusqu’à l’hiver 1915, il n’y avait pas de baraquements à Thalerhof. Les gens dormaient par terre à l’air libre malgré la pluie et le gel. Les conditions sanitaires du camp étaient épouvantables. Les latrines n’avaient pas de toiture et étaient utilisées par vingt personnes à la fois. Lorsque les baraquements ont été construits, ils étaient surpeuplés, abritant 500 personnes au lieu des 200 prévues. Les prisonniers dormaient sur des lits de paille rarement remplacés. Naturellement, les épidémies étaient répandues. En seulement deux mois après novembre 1914, plus de trois mille prisonniers moururent du typhus.

« À Thalerhof, la mort est rarement venue naturellement – ​​elle a été injectée par le poison de maladies infectieuses. La mort violente était monnaie courante à Thalerhof ».

« Il n’était pas question de soigner les malades. Même les médecins étaient hostiles envers les prisonniers », a écrit l’écrivain Rusyn emprisonné Vasily Vavrik.

Les prisonniers n’ont reçu aucun soin médical adéquat. Au début, Thalerhof n’avait même pas d’hôpital. Des gens sont morts sur le sol humide. Cependant, lorsque l’hôpital du camp a finalement été construit, les médecins n’ont presque pas donné de médicaments aux patients.

Talerhof : Cimetière « sous les pins » en 1917 (Crédit photo : Wikipédia)

Pour semer la peur, les autorités pénitentiaires construisaient des poteaux dans tout le camp et suspendaient régulièrement des « violateurs » à ces poteaux. La violation pourrait être une simple bagatelle, comme fumer dans la caserne la nuit. Des chaînes de fer étaient également utilisées comme punition, même sur les femmes. De plus, le camp était équipé de barbelés, de tours d’observation avec des sentinelles, de chiens qui aboient, d’affiches avec des slogans, de propagande, d’installations de torture, d’un fossé pour les exécutions, d’une potence et d’un cimetière.

Le camp a fonctionné pendant près de trois ans et a été fermé en mai 1917 sur ordre de Charles Ier d’Autriche. Les baraquements ont finalement été démolis en 1936. 1767 cadavres ont ensuite été exhumés et réenterrés dans une fosse commune dans le village voisin de Feldkirchen.

Le nombre exact de victimes à Thalerhof est toujours contesté. Le rapport officiel du maréchal Schleer daté du 9 novembre 1914 indiquait que 5700 russophiles y étaient emprisonnés à l’époque. Selon l’un des survivants, à l’automne de la même année, il y avait environ 8000 prisonniers. Vingt à trente mille Galiciens et Bucoviniens russes sont passés par Thalerhof au total. Au cours de la première année, environ 3000 prisonniers sont morts. Selon d’autres sources, 3800 personnes ont été exécutées dans la première moitié de 1915. Au total, au cours de la Première Guerre mondiale, les autorités austro-hongroises ont massacré au moins 60 000 Rusyns.

Se souvenir des oubliés

Durant l’entre-deux-guerres, les anciens prisonniers se sont efforcés de conserver le souvenir du drame qui a touché les Ruthènes de Galice et de perpétuer la mémoire des victimes de Thalerhof. Le premier monument a été érigé en 1934, et bientôt des mémoriaux similaires sont apparus dans d’autres parties de la région. Dans les années 1924-1932, l’Almanach Thalerhof a été publié. Il a fourni des preuves documentées et des témoignages oculaires du génocide. En 1928 et 1934, des congrès sur Thalerhof, qui ont réuni plus de 15 000 participants, ont eu lieu à Lvov.

Le cortège des participants au Congrès de Talerhof à l’occasion de l’érection du monument aux victimes du camp, 1934 (Crédit photo : Wikipedia)

La Galice est devenue une partie de l’URSS en 1939. Même pendant l’époque soviétique, il y avait une interdiction tacite de parler de Thalerhof, parce que le fait même de l’existence russe en Galice était considéré comme un obstacle à l’ukrainisation, qui était activement cultivée dans l’ouest de l’Ukraine depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Après l’intégration de la Galice et de la Volhynie à l’URSS, la plupart des organisations russophiles de Lvov ont été fermées. Cependant, les services commémoratifs des monuments se sont poursuivis. Au fur et à mesure que les témoins oculaires et contemporains des événements vieillissaient et mouraient, une nouvelle génération de Galiciens a pris une identité nationale ukrainienne. En conséquence, de moins en moins de personnes venaient aux monuments commémoratifs.

Dans l’Ukraine moderne, le génocide de Rusyn n’est pas discuté publiquement. Thalerhof n’est mentionné dans aucun manuel scolaire sur l’histoire du pays. L’idée que les Russes vivaient autrefois en Galice – le fier centre de la « culture ukrainienne » – ne correspond pas à l’idéologie nationaliste de l’Ukraine contemporaine. La plupart des jeunes n’ont même jamais entendu parler de Thalerhof.

La tragédie a marqué la fin du mouvement russophile en Galice. Tous ceux qui ne se sont pas soumis et n’ont pas pris une identité ukrainienne ont été physiquement anéantis. Quelques années seulement après les événements tragiques, l’opinion publique a changé. La région est passée sous l’influence d’autres mouvements et politiciens. Lorsque l’Autriche-Hongrie s’est effondrée après la Première Guerre mondiale, la Galice est devenue un centre puissant du mouvement nationaliste ukrainien.

Vue du camp de concentration de Talerhof (Crédit photo : Wikipedia)

sourceRussia Today via La Gazette du Citoyen

https://reseauinternational.net/histoire-1914-1917-le-genocide-des-russophones-de-galicie-par-lautriche-hongrie/

mercredi 11 octobre 2023

Cette Autriche qui a dit non à Hitler – 1930-1945 de Jean Sévillia

 

Tout le monde sait, pour l’avoir appris en classe, que l’Autriche a été annexée par l’Allemagne de Hitler en 1938. Mais la version qui domine dans les livres, à la radio ou à la télévision est que les Autrichiens ont unanimement consenti à leur intégration au sein du IIIe Reich, et qu’ils ont tous plus ou moins frayé avec le nazisme.

Or savez-vous que le chef du gouvernement autrichien, le patriote Engelbert Dollfuss, avait été assassiné par les nazis, en 1934, au cours d’une tentative de coup d’Etat qui a échoué parce qu’elle s’était heurtée aux autorités de Vienne et à l’armée autrichienne ? Savez-vous que l’armée allemande a envahi l’Autriche, le 12 mars 1938, afin d’empêcher la tenue d’un référendum prévu le 13 mars et qui devait confirmer la volonté d’indépendance du peuple autrichien ? Savez-vous que, dans les semaines qui ont suivi l’Anschluss (la proclamation par Hitler du rattachement de l’Autriche à l’Allemagne), environ 70 000 Autrichiens ont été arrêtés par les nazis, chiffre qui, en pourcentage équivalent, aurait représenté 500 000 arrestations en France ? Savez-vous que 100 000 Autrichiens ont été poursuivis par la Gestapo entre 1938 et 1945 ?

Savez-vous que la tête d’Otto de Habsbourg, fils aîné de l’empereur Charles Ier et de l’impératrice Zita, a été mise à prix par Hitler ? Savez-vous que, le 7 octobre 1938, jour la fête du Rosaire, la jeunesse catholique de Vienne, provoquant les nazis, manifestait au cri de « Notre Führer, c’est le Christ » ? Savez-vous que, dans l’Autriche annexée, un prêtre sur cinq a été interdit de prédication par les nazis ? Savez-vous qu’il a existé une résistance autrichienne, résistance socialiste et communiste, mais aussi résistance catholique, conservatrice et monarchiste, frappée par 10000 condamnations à mort ? Savez-vous que les dirigeants autrichiens d’après 1945 étaient tous passés par les prisons nazies ?

Pour la vérité de l’histoire, Jean Sévillia a donc voulu raconter ces faits oubliés, méconnus, inconnus ou carrément occultés, à partir de sources autrichiennes et de témoignages qui ont été  fournis par ses amis autrichiens. Sources inédites. Vous trouverez cette contre-histoire d’un pays auquel l’attache de nombreux liens dans ce nouveau livre.

Plus d’informations et commande sur LIVRES EN FAMILLE

Cette Autriche qui a dit non à Hitler, Jean Sévillia, Editions Perrin, 506 pages, 24€ 

https://www.medias-presse.info/cette-autriche-qui-a-dit-non-a-hitler-1930-1945-de-jean-sevillia/180787/

dimanche 23 juillet 2023

Marie-Antoinette, une princesse autrichienne

 

Nous célébrons, le 2 novembre, la naissance, en 1755, de Marie-Antoinette d’Autriche, à Vienne. Cette dernière n’est pas le premier enfant du couple impérial autrichien formé par la reine de Hongrie et de Bohême, Marie-Thérèse (1717-1780), et par l’empereur François Ier (1708-1765). En effet, elle naît après quatorze frères et sœurs et ne sera que l’avant-dernière de cette famille nombreuse.

Marie-Antoinette vient au monde, au palais de la Hofburg, le jour même où l’Église catholique commémore les défunts. Un présage que l’on pourrait qualifier de sinistre pour celle dont le destin finira ses jours sous le couperet de la guillotine, d’autant que la veille, le 1er novembre, un terrible tremblement de terre détruisit la ville de Lisbonne. Mais pour l’instant, la petite princesse grandit sous les tendres soins de ses gouvernantes dans les magnifiques demeures impériales de la Hofburg ou de Schönbrunn.

C’est dans celui-ci que se produisit une histoire des plus touchantes. Afin d’animer la cour de Vienne, il était de coutume de faire venir de nombreuses distractions et curiosités, comme la présentation de jeunes enfants jouant avec un talent rare des instruments de musique. Lors d’un récital, le 13 octobre 1762, Marie-Antoinette vit l’un de ces jeunes prodiges tomber de son tabouret alors qu’il jouait du clavecin et l’aida à se relever. Celui-ci, touché par la beauté, la grâce et la gentillesse de la princesse, lui aurait promis de l’épouser une fois le temps venu. Cet enfant, audacieux et ingénu, n’était autre que Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791).

En dehors de ces moments de détente, Marie-Antoinette reçoit une éducation digne de son rang. Ainsi lui est inculqué la danse, la musique ainsi que le français et l’italien, mais cette éducation cache en vérité un projet politique. Comme tout souverain, Marie-Thérèse d’Autriche voit en ses enfants des armes qu’elle peut utiliser au nom de la raison d’État et de la diplomatie. En effet, afin de se réconcilier avec les monarchies européennes dont le royaume de France, suite à la terrible guerre de Sept Ans (1756-1763), la souveraine d’Autriche entreprend de marier ses nombreuses filles aux descendants des têtes couronnées. Ainsi, en 1770, est arrangé avec l’accord du roi de France, Louis XV (1710-1774), l’union de son petit-fils et dauphin, Louis Auguste (1754-1793), futur Louis XVI, avec la princesse Marie-Antoinette.

Pour sceller rapidement l’accord, un premier mariage par procuration a lieu le 17 avril 1770 à Vienne. Deux jours plus tard, Marie-Antoinette, sans le savoir, quitte pour toujours son pays natal en direction de la France. Après un mois de voyage éreintant, de haltes sans fin dans de nombreux châteaux et de réceptions interminables, la future dauphine de France arrive en France. Installée au château de la Muette, elle se prépare à son mariage qui eut lieu le 16 mai 1770. Quinze jours plus tard, afin de célébrer le mariage de son petit-fils, le roi fait donner un formidable feu d’artifice sur la place Louis-XV, aujourd’hui place de la Concorde. Malheureusement, l’un des artifices tombe sur une réserve de poudre et entraîne un incendie faisant paniquer la foule rassemblée. La cohue provoque la mort de plus d’une centaine de personnes. Un désastre que le peuple attribue à celle que l’on a déjà commencé à appeler avec haine « l’Autrichienne ».

Ainsi le passage de l’enfance à l’âge adulte, de l’Autriche à la France, pour Marie-Antoinette se fit dans le sang. Comme un signe du destin, c’est sur le lieu même de l’accident que, 23 ans plus tard, la dernière reine de l’Ancien Régime, après avoir affronté les horreurs de la Révolution, est guillotinée le 16 octobre 1793.

Eric de Mascureau

https://www.bvoltaire.fr/marie-antoinette-une-princesse-autrichienne/

samedi 1 avril 2023

Histoire de l’Autriche – Des Habsbourg aux années 2000 ( Hélène de Lauzun)

Histoire de l’Autriche – Des Habsbourg aux années 2000 ( Hélène de Lauzun)

« L’Autriche, c’est ce qui reste. » C’est par ces mots cinglants que Clémenceau aurait salué en 1919 lors des négociations du traité de Saint-Germain en Laye, la naissance de la petite République d’Autriche prenant la succession de l’immense Empire austro-hongrois. … Ce dur jugement issu des négociations pour le traité de paix révèle le caractère paradoxal de ce petit pays du cœur de l’Europe, qui à travers une dynastie, les Habsbourg, a porté un empire où le soleil ne se couchait jamais et qui se cache en effet aujourd’hui sous les traits d’une placide république… L’Autriche, « ce qui reste » ? mais quels restes…

Synthèse complète loin des clichés, histoire d’un pays “phare” de l’Europe, un sommaire sobre pour des pages passionnées :

  • Aux origines de l’Autriche 996-1493
  • La maison d’Autriche 1493-1815
  • De l’empire d’Autriche à la double monarchie 1815-1918
  • Ce qui reste de l’Autriche
  • Mort et résurrection 1938-années 2000…

Point d’équilibre diplomatique et objet de terribles convoitises, l’Autriche joua un rôle crucial dans le déclenchement des grands conflits du monde contemporain : Première, puis Seconde Guerre mondiale. Elle attire et fascine, grâce à son extraordinaire richesse culturelle et à sa place inégalée dans le monde des arts, de la musique à la littérature. De superbes clichés pour une réalité bien méconnue. L’Autriche, indissociable des Habsbourg n’est pourtant pas née avec eux, qui n’ont à l’origine rien d’autrichien. L’Autriche, elle-même pendant des siècles, reste parfaitement insaisissable car il n’existe pas à proprement parler, d’Etat autrichien, mais un archiduché, un empire qui l’englobe et le dépasse, des couronnes que ses souverains portent mais avec d’autres titres et pour d’autres pays.

Aux portes de l’Allemagne, au coeur de l’Europe centrale, à la croisée des chemins entre la culture germanique, les mondes slave et latin et les influences orientales, l’Autriche est une énigme de plusieurs siècles, presque un millénaire, qui n’en finit pas d’être posée, jusque dans les ultimes rebondissements de sa vie politique au début du XXIème siècle.

L’Autriche a vécu clarté et ténèbres, guerres et paix, grandeur et décadence. Et réussit ce tour de force qui consiste à faire vivre aujourd’hui envers et contre tout le meilleur de son passé tout en regardant vers l’avenir, sans que celui-ci donne l’impression de devoir être le fruit douloureux de ruptures et d’arrachements. C’est peut-être dans cette synthèse qui parait bien inaccessible à nous autres français que réside le secret du bonheur de l’Autriche.

Hélène de Lauzun, ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, major de l’agrégation d’histoire, docteur en histoire contemporaine, est spécialiste de l’histoire de l’Autriche. Elle s’intéresse spécifiquement aux relations entre la France et l’Autriche, sujet de sa thèse, et à la culture de l’ancienne Double monarchie. Par ailleurs, elle pratique à un niveau professionnel la valse viennoise, en tant que présidente du Bal des Parisiennes, le bal viennois de Paris.

Une Histoire de l’Autriche, de Hélène de Lauzun, Editions Perrin, 354 pages, 24 €

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mardi 7 février 2023

L’Empereur Charles d’Autriche, un artisan de paix de Francine Bay

 

Un nouvel album dans la célèbre collection Les Petits Pâtres, pour souligner le centenaire de la mort de Charles d’Autriche.

«  C’est dans le beau château de Persenbeug, au bord du Danube que naît le petit archiduc Charles d’Autriche, le 17 août 1887…  Le 1er avril 1922 il meurt à 35 ans en disant à Dieu « Que votre volonté soit faite, Mon Jésus, quand vous voulez… ».

Dernier empereur d’Autriche et roi de Hongrie, il a été chef d’Etat et commandant suprême d’une grande armée. Mais il était avant tout un homme d’Etat qui voulait la paix pour ses peuples déchirés par la Première Guerre mondiale, une guerre qu’il n’a jamais souhaitée. Il a tout tenté pour aire cesser ce conflit, sans se décourager. Pour cela on le nomma « l’Empereur de la paix ».

Epoux de l’impératrice Zita de Habsburg, père de huit enfants, il était conscient de ses devoirs religieux de chef de famille. La prière avait une place centrale et les a aidés à traverser les nombreuses épreuves de leurs vies, jusqu’en exil sur l’île lointaine de Madère, il y a tout juste 100 ans.

Le 13 avril 2003, l’empereur Charles est déclaré vénérable, il sera béatifié à Saint-Pierre de Rome le 3 octobre 2004. Sa fête est définitivement fixée au 21 octobre, le jour de son mariage avec l’impératrice Zita.

Les illustrations fraiches et lumineuses d’Anne-Charlotte Larroque font de ce petit album un chef d’œuvre : souci du détail dans les tenues -mode de l’époque-  uniformes,  et décors des événements historiques.

Une préface de Imre et Kathleen de Habsburg-Lorraine, archiduc et archiduchesse d’Autriche introduit l’album.

On ne présente plus Francine Bay, l’auteur,  écrivain renommé pour la jeunesse : qualité de ses récits, vérité historique, pédagogie…

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L’Empereur Charles d’Autriche, un artisan de paix, Francine Bay, 34 pages, Téqui. ( A partir de 5/6 ans), 13.50 €

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samedi 10 décembre 2022

La bataille de Vienne, 1683 : vaincre ou disparaître. Première partie

  

Promotion Roi Arthur

À la fin du XVe siècle, malgré le revers de la Reconquista, l’Empire ottoman ambitionne toujours d’envahir les puissances européennes. Les offensives commencent en 1481, sous le règne de Bajazet II, avec l’annexion de l’Herzégovine. Elles se poursuivent en 1484 avec la Moldavie qui se reconnaît vassale du sultan et en 1503 par la signature d’un traité de paix particulièrement désavantageux par le royaume de Hongrie. En parallèle, Bajazet forme une importante force navale commandée par des chefs pirates, des émirs corsaires et des amiraux barbaresques, qui aura pour missions principales de menacer les possessions des Vénitiens et de harceler tous les convois maritimes en Méditerranée.

En 1512, Sélim Ier arrive au pouvoir. Désireux de dominer et d’unifier l’Anatolie, il ne cherche pas à envahir l’Europe par la voie terrestre. Il fournit toutefois des navires, des pièces d’artillerie et plus de 6 000 janissaires aux chefs pirates musulmans afin de combattre la monarchie catholique d’Espagne. En 1520, alors qu’il prépare une expédition contre l’île de Rhodes, Sélim meurt et laisse la place à Soliman Ier plus connu sous le titre de Soliman le Magnifique.

L’offensive ottomane contre l’Europe

Un an après son arrivée au pouvoir, le nouveau sultan lance une puissante offensive contre Vienne qu’il considère comme le dernier rempart de la chrétienté en Europe. Les Ottomans cumulent les victoires. En 1521, la perte de Belgrade résonne comme un coup de tonnerre dans les cours européennes. La chute de Rhodes, un an plus tard, en 1522, force le départ de l’ordre des Hospitaliers[1] et met définitivement fin à la présence en Méditerranée orientale des ordres militaires nés des croisades. Elle permet également à l’Empire ottoman d’obtenir la suprématie dans cette zone maritime. En 1526, Mohács et Pest tombent à leur tour.

Et en 1529, après avoir conquis Buda, Soliman décide de lancer une grande offensive sur Vienne avec 150 000 hommes et 500 pièces d’artillerie. Fort heureusement, la vaillance et la détermination des assiégés ainsi que la rudesse du climat automnal forcent les envahisseurs islamiques à rebrousser chemin. L’issue victorieuse des combats, aussi inespérée qu’inattendue, marque la fin du premier siège de Vienne le 15 octobre 1529.

La défaite ottomane à Vienne ne marque pas pour autant la fin des prétentions de Soliman le Magnifique. Aussi, après avoir perdu Buda et été contraint de se replier sur Belgrade en 1529, il annexe la Moldavie en 1538 et assure ainsi sa domination sur cette province de la Roumanie. En 1541, il reprend Buda et y écrase la contre-attaque des Habsbourg. Charles Quint et son frère, Ferdinand Ier, roi de Bohême, de Hongrie et de Croatie, sont alors forcés de signer une trêve humiliante de cinq ans avec leurs adversaires musulmans. L’empereur en ressort affaibli politiquement, Ferdinand doit renoncer au trône hongrois et l’Empire ottoman prend une place de premier ordre dans les affaires européennes.

En 1570, le successeur de Soliman, Sélim II dit l’Ivrogne, débarque à Chypre et reprend l’île de force aux Vénitiens le 1er juillet 1570. Face à cette nouvelle provocation, le pape Pie V crée un an plus tard la Sainte-Ligue composée des États pontificaux, de la sérénissime république de Venise et du royaume d’Espagne. Avec une flotte de plus de 200 galères placées sous les ordres de don Juan d’Autriche, la coalition maritime européenne va remporter une victoire éclatante à Lépante le 7 octobre 1571. En coulant la moitié de la flotte adverse et en tuant plus de 20 000 soldats ottomans, les Européens mettent un sérieux coup d’arrêt à l’expansionnisme musulman.

La bataille de Saint-Gothard

En 1591, les Ottomans veulent de nouveau étendre leur territoire en Europe et renforcer leur autorité en Moldavie, en Valachie et en Transylvanie. Commence alors la Longue Guerre appelée aussi la guerre de Quinze Ans en raison de sa durée. Pour pouvoir contenir l’islam, le pape Clément VIII organise une alliance entre les puissances européennes[2]. Les raids en terre ottomane contrebalancent les défaites accumulées en Europe centrale et permettent aux deux camps de négocier. La guerre prend fin le 11 novembre 1606 avec le traité de Zsitvatorok qui établit un statu quo entre chrétiens et musulmans.

Le XVIIe siècle se poursuit par une période de décadence pour l’Empire ottoman, baptisée le « sultanat des femmes ». Les sultans, plus intéressés par leurs harems que par leur vocation de chef, laissent leurs mères et leurs épouses guider la politique. En parallèle, un grand nombre de mutineries et de révoltes militaires sont menées par les janissaires. C’est finalement en 1656, avec la nomination de grands vizirs issus de la dynastie albanaise des Köprülü, que le sultan retrouve son pouvoir, que les révoltes militaires cessent et que les Ottomans retrouvent à nouveau leur désir de soumettre l’Europe.

En 1663, le sultan repart en campagne contre l’Occident. Ses armées entrent de nouveau en Europe et attaquent les points stratégiques du système de défense en avant de la ville de Vienne. Face à cette menace, l’empereur Léopold Ier demande le secours des puissances européennes, notamment celui de son rival, le roi de France. Les troupes envoyées par les princes du Saint Empire romain germanique et par Louis XIV[3] arrivent en Hongrie en 1664 et sont placées sous le commandement du comte Montecuccoli.

L’armée chrétienne ainsi constituée obtient une victoire décisive le 1er août 1664 près de la ville de Saint-Gothard[4] sur la rivière Raab, ce qui met un coup d’arrêt définitif à la campagne ottomane entamée un an plus tôt. Malheureusement, l’empereur Léopold Ier n’exploite pas ce succès, tant sur le plan militaire que politique. Le 1er août 1664, le traité de Vasvár[5] est ratifié. Il impose le versement de lourdes indemnités de guerre aux Ottomans et reconnaît leur autorité sur la Transylvanie et Uyvar.

La préparation de l’offensive vers Vienne

L’Empire ottoman profite des conditions avantageuses du traité qu’il vient de ratifier avec ses adversaires pour se déployer en Europe de l’Est et y reconstituer son armée. Toutefois, la montée en puissance de la Russie des Romanov et ses velléités d’expansion inquiètent de plus en plus le sultan.

En 1667, les troupes russes prennent le contrôle de l’Ukraine jusqu’au Dniepr. En 1672, les Ottomans envahissent et dévastent la Podolie[6] et, après quatre ans de guerre contre les armées de l’Union de Pologne-Lituanie, ils se rendent maîtres de la partie occidentale de l’Ukraine. En 1676, la volonté du sultan d’étendre sa domination à l’est du Dniepr déclenche le conflit avec la Russie. Celui-ci prend fin cinq ans plus tard, le 3 janvier 1681, quand un traité de paix est signé entre les belligérants à Bahçesaray.

Si les accords signés par les Russes et les Ottomans maintiennent les conquêtes territoriales des deux empires de part et d’autre du Dniepr, ils donnent l’avantage au sultan de ne plus être inquiété sur son flanc droit et de pouvoir désormais concentrer ses efforts vers l’Occident. En outre, les conflits intra-européens qui ont marqué le XVIIe siècle et qui ont affaibli les puissances chrétiennes lui permettent d’envisager une résistance plus faible face à son offensive. L’Europe est alors en grand péril.

L’offensive ottomane

Dès son arrivée au pouvoir en 1648, le sultan Mehmed IV considère qu’il est temps pour lui d’écraser l’Europe et de soumettre les Européens. Ayant analysé les raisons de l’échec du premier siège de Vienne en 1529, il sait que le moment est propice. Par ailleurs, ses troupes sont fraîches, disciplinées et entraînées, et elles peuvent progresser sans difficulté en direction de Vienne, en longeant le Danube, grâce aux territoires sous le contrôle des Malcontents5. Lors d’un conseil de guerre qui a eu lieu le 6 août 1682, Mehmed IV décide que ses troupes doivent s’emparer des forteresses de Raab (Győr) et de Komárom, puis lancer des raids dévastateurs dans les territoires impériaux. L’attaque de Vienne, quant à elle, ne doit pas commencer tant que le Saint Empire romain germanique n’est pas affaibli. Elle est donc prévue un an plus tard, au cours de l’année 1684.

Le 30 mars 1683, après avoir reçu le commandement en chef des armées, le grand vizir Kara Mustafa quitte Andrinople et marche en direction de l’Occident à la tête de plus de 150 000 hommes[7]. Imre Thököly, le chef des Malcontents, va alors redoubler d’effort afin de le convaincre de se rendre directement à Vienne pour conquérir la ville impériale et ainsi forcer la reddition du Saint Empire romain germanique. Kara Mustafa, guidé par son ambition personnelle et le désir atavique de réduire la chrétienté à néant, va finalement choisir de désobéir au sultan pour s’élancer vers la capitale autrichienne.

La défense autrichienne

Léopold Ier a confié le commandement de l’armée impériale au duc de Lorraine, Charles V. Ainsi, dès janvier 1683, ce dernier prépare la contre-offensive avec les 32 000 hommes disponibles qui lui ont été confiés. Malgré des demandes de renforts restées vaines, il doit quitter Vienne et rassemble ses troupes dans la plaine de Kittsee, face au château de Presbourg, les 2 et 3 mai 1683.

L’empereur arrive sur le lieu de cantonnement le 4 mai et passe son armée en revue deux jours plus tard. Le 9 mai, il convoque un conseil de guerre. Y sont présents Charles V et tous les généraux impériaux. Léopold Ier décide alors de mener l’offensive mais de manière limitée afin de ne pas subir des pertes trop importantes. Il doit également choisir de quelle place forte sera prise l’artillerie pour équiper les troupes. Alors que la majorité des membres du Conseil souhaite réquisitionner les bouches à feu des arsenaux viennois, l’empereur refuse de dégarnir la défense de sa capitale. Ce sont finalement les canons de Komárom qui sont choisis pour appuyer les forces du duc de Lorraine.

Le 11 mai, l’armée impériale commence son mouvement vers les forteresses de Raab et de Komárom. L’artillerie, quant à elle, prend du retard et n’arrive à destination que le 29. Le lendemain, 30 mai, alors qu’il effectue une reconnaissance à Esztergom, Charles V comprend les intentions des Ottomans. Le temps presse et il faut agir pour éviter un encerclement par le sud-ouest et le nord-est. Malgré la pression de la Cour, le duc de Lorraine fait preuve d’une grande audace. Il décide de devancer l’ennemi et de mettre en place une défense d’usure jusqu’à la capitale.

La confrontation s’engage…

Le 4 juin, l’armée impériale est pour la première fois au contact de l’armée ottomane, à Bude. Malgré plusieurs victoires, les forces de Charles V ne sont pas assez nombreuses face à leur adversaire et ne peuvent donc que freiner son avancée. Kara Mustafa s’enfonce progressivement en Europe où il réquisitionne systématiquement la population pour creuser des puits et améliorer ses axes logistiques.

L’armée musulmane continue de marcher vers Vienne avec un dispositif réparti sur trois fuseaux. Au nord, 30 000 hommes progressent sur l’axe Nyitra-Presbourg-Vienne. Au centre, le corps principal, composé de 80 000 hommes commandés par le grand vizir en personne, progresse en direction de Vienne sur la rive sud du Danube. Enfin, au sud, 20 000 cavaliers tartares protègent le flanc des troupes sur l’axe Pápa-Sopron-Wiener Neustadt et lancent des reconnaissances en profondeur en Basse-Autriche.

Au sud, 20 000 cavaliers tartares protègent le flanc des troupes sur l’axe Pápa-Sopron-Wiener Neustadt et lancent des reconnaissances en profondeur en Basse-Autriche...

Les places fortes tombent les unes après les autres et l’armée impériale continue tant bien que mal de freiner l’avancée ennemie. Le 6 et le 7 juillet, Charles V met un coup d’arrêt aux Ottomans à Petronell. Cette victoire lui permet d’obtenir davantage de temps pour mettre en place sa défense. Cependant, le bilan du combat est très lourd, notamment au sein du commandement. En effet, le duc de Savoie, le prince Thomas d’Arenberg et un grand nombre d’officiers de valeur ont sacrifié leur vie au cours de cette bataille afin de défendre l’Europe et la chrétienté.

Finalement, le 14 juillet 1683, l’armée ottomane franchit la Schwechat et arrive à Vienne. Après une reconnaissance de la ville et de ses fortifications, Kara Mustafa ordonne la mise en place du siège. Ce sont alors pas moins de 300 000 hommes[8] qui cernent la capitale du Saint Empire romain germanique. Les Impériaux, quant à eux, n’opposent qu’une troupe hétéroclite de 13 500 hommes[9] sous le commandement du comte Ernst-Rüdiger von Starhemberg.

Dans la nuit du 14 au 15 juillet, Charles V quitte la ville avec sa cavalerie. Il compte profiter des difficultés d’organisation des Ottomans pour couper leurs axes logistiques et attaquer leurs arrières. Il espère que les attaques qu’il va mener tout au long des mois de juillet et d’août 1683 vont donner assez de temps aux défenseurs pour permettre l’arrivée de renforts avant que la ville ne tombe…

Fin de la première partie.

Arnault Fermor – Promotion Roi Arthur

Notes

  • [1] Après son départ de Rhodes, l’ordre des Hospitaliers erre pendant près de sept ans, s’installant successivement à Civitavecchia, à Viterbe et à Nice. En 1529, face à la conquête d’Alger par les frères Barberousse, l’empereur Charles Quint comprend la nécessité d’avoir un ordre militaire en Méditerranée face aux armées ottomanes. Le 24 mars 1530, il confie l’île de Malte qui dépend du royaume de Sicile à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
  • [2] Cette alliance est scellée à Prague, en 1595. Sans pour autant créer une coalition, elle unit les efforts du Saint Empire romain germanique, de la Transylvanie, de la Moldavie et de la Valachie.
  • [3] Louis XIV a accepté de venir en aide à Léopold Ier en 1664 face à la menace d’une invasion musulmane en Europe. En 1683, en revanche, aucun contingent français ne participe à la bataille en raison d’un antagonisme austro-français beaucoup plus fort. Même les supplications du pape auprès de la fille aînée de l’Église n’arriveront pas à convaincre le roi de France.
  • [4] Aujourd’hui, Szengotthárd en Hongrie.
  • [5] Le traité de Vasvár met fin à la quatrième guerre austro-turque (1663-1664). Cependant, il fait naître un profond sentiment d’injustice, d’abandon et de trahison chez les Hongrois et les Croates. C’est dans ce contexte qu’est créé le mouvement des Malcontents qui cultive la haine antiautrichienne et cherche à renverser le roi de Hongrie. Il rassemble principalement des familles nobles de Hongrie et de Croatie.
  • [6] La Podolie est une région située au centre-ouest de l’Ukraine, bordée au sud-ouest par le fleuve Dniestr.
  • [7] Ces 150 000 hommes forment une armée pour le moins hétérogène. On dénombre 40 000 Ottomans, 70 000 provinciaux, 20 000 Tartares de Crimée, 6 000 Transylvains soulevés par leur prince et 6 000 Moldaves, Valaques et Malcontents.
  • [8] Parmi ces 300 000 hommes, on dénombre seulement 130 000 combattants environ. Le reste des troupes est dédié à la logistique et aux travaux.
  • [9] Les 13 500 défenseurs de Vienne se composent de 8 725 soldats de l’armée impériale, de 1 815 hommes des milices de la ville, de 1 300 hommes de la milice des marchands, de 700 hommes de la milice de l’université et 960 hommes de la milice de la Cour. L’empereur et sa cour, quant à eux, se sont repliés à la hâte à Linz, à près de 200 kilomètres à l’ouest de Vienne.

Illustration : Bitwa pod Wiedniem (détail), huile sur toile du peintre Józef Brandt (1863). 

Source : WikimediaLa bataille de Vienne, 1683 : vaincre ou disparaître.

Première partie

https://institut-iliade.com/la-bataille-de-vienne-1683-vaincre-ou-disparaitre-1-2/

dimanche 7 août 2022

La destruction de la Monarchie autrichienne, dernier rempart contre le mondialisme

 

charles_autriche

Les propositions de paix séparée présentées par Benoît XV puis par l’empereur Charles d’Autriche par l’intermédiaire des princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme ayant été repoussées, la Première Guerre mondiale, décidée plusieurs années avant 1914 par les promoteurs du Gouvernement mondial réunis à la Fondation Carnegie (cf. revue American Opinion, article de Willam P. Hoar, janv. 1976), devait être poursuivie jusqu’à la réalisation de tous les buts préfixés, c’est-à-dire une paix maçonnique accompagnée d’une nouvelle configuration de l’Europe d’où les empires centraux seraient dépecés, car étant la continuation de l’unité dans la diversité que la civilisation européenne avait fondée dans le lumineux Moyen Âge, en opposition radicale aux forces antichrétiennes coalisées et tendues vers un imperium mundi soutenu par la volonté de pouvoir de cénacles restreints. Nous constatons là comment la gestion des contraires est l’essence de la stratégie maçonnique : thèse, guerre ; antithèse : pacifisme ; synthèse : gouvernement mondial ! La Maison de Habsbourg avait joué en Europe centrale et en Italie le rôle de la Maison de Bourbon, et il fallait qu’elle disparaisse. Les temps étaient mûrs pour la Maison d’Autriche.

Conférence de la paix et traité de Saint-Germain

La chute de l’Autriche-Hongrie fut consommée par le traité de Saint-Germain en septembre 1919, mais elle avait été décidée auparavant lors de plusieurs convents, notamment ceux de Locarno, en 1872 et en janvier 1917, où s’étaient réunies les hautes maçonneries (l’Ordo Templis Orientis (OTO), l’Hermetic Brotherhood of Light (HTL) et la Gran Loggia e del Tempio mistico) chargées d’élaborer la Charte de la future Sociétés des nations[1].

Et c’est au Congrès international des maçonneries interalliées[2] qui se tint à Paris au siège du Grand Orient de France en juin 1917 que fut définitivement scellé le sort de la Double Monarchie et où fut décidée la création « d’une autorité supranationale dont le but ne consiste pas à supprimer les causes des conflits, mais à résoudre pacifiquement les controverses entre les nations. La maçonnerie se propose d’étudier ce nouvel organisme : la Sociétés des nations. Elle sera l’agent de propagande de cette conception de la paix et de la félicité universelles. »[3] « S’il y a une guerre sainte, c’est celle-ci, et nous devons le répéter sans cesse […] Nous couronnerons l’œuvre de la Révolution française […] Patrie, République, esprit révolutionnaire et socialisme sont indissociablement liés », dixit André Lebey, secrétaire du Conseil du GOF[4]« La victoire des alliés doit être le triomphe des principes maçonniques », déclarait de son côté le Grand Maître du Grand Orient portugais M. Lima[5]. Au congrès maçonnique sur le Risorgimento en 1988, l’historien de la maçonnerie Aldo Mola soutenait que celle-ci avait voulu la guerre parce qu’elle considérait comme sa tâche historique la dissolution de l’empire des Habsbourg, la dernière citadelle de l’alliance entre le Trône et l’Autel[6].

Les 14 points de Wilson. Puis ce fut la proclamation, en janvier 1918, des 14 points de Wilson qui révélèrent au monde profane les décisions prises dans les assemblées maçonniques. Le point 10 sonnait le démantèlement de l’Autriche-Hongrie : « Aux peuples d’Autriche-Hongrie, dont nous désirons voir sauvegarder et assurer la place parmi les nations, devra être accordée au plus tôt la possibilité d’un développement autonome. » Comme c’est bien dit !

Création docile entre les mains de juifs comme le « Colonel » House et le rabbin Stephen Wise, Woodrow Wilson représentait la première figure politique du creuset de cerveaux de l’Ordre des Illuminés. La délégation américaine à la Conférence de la paix de Paris (18 janvier 1919-21 janvier 1920) se composait de plénipotentiaires juifs soigneusement sélectionnés par le haut initié Edward Mandell House, qui exerça une influence considérable sur l’Administration Wilson. Il était un haut représentant de la maçonnerie illuministe des Masters of Wisdom, qui participa à la fondation des cercles de la Round Table, de la Pilgrims Society et du CFR américain. Juif de naissance[7], il avait de très puissantes relations avec des banquiers internationaux. « La délégation américaine qui se rendit à la Conférence de la paix à Paris comprenait 117 Juifs. »[8]

Le vrai pouvoir était donc aux mains de Mandell House et du banquier de New York et tout puissant chef du War Industries Board Bernard Mannes Baruch (membre de la Pilgrims Society et du CFR) et de leurs coreligionnaires Walter Lippmann, Norman Thomas, Allen, futur chef de la CIA, John Fuster Dulles, futur secrétaire d’État américain. Allié de la Banque Lazard, Baruch représenta les États-Unis à Paris en qualité d’expert en économie. En 1915, Wilson lui avait en effet remis le « trône », en l’espèce le pouvoir sur toutes les branches de l’économie américaine. Baruch prépara (avec Eugene Meyer, Rosenwald, Eisenmann, Guggenheim, Rosenstamm, Vogelstein, Loeb, Lewisohn, etc.) les plans de mobilisation de l’industrie de guerre, qui furent achevés en 1916[9]. L’un des meilleurs historiens américains de la haute finance, Ferdinand Lundberg, écrivait en 1978 : « Loin de sauver le monde en 1914-1918, les magnats de l’industrie ont été les principaux promoteurs de la guerre. Ce sont eux qui ont poussé les USA dans le conflit sous prétexte d’assurer la liberté des mers et le triomphe de la démocratie. La responsabilité d’une grande partie des difficultés connues par le monde contemporain incombe aux gouvernants des grandes puissances qui ont pris part à la guerre de 1914-1918, et aux détenteurs des grandes fortunes qui les ont appuyés. Ils ont favorisé, entres autres, la naissance du communisme totalitaire… »[10]

Quant à la représentation française, elle était dirigée par Georges Clemenceau, « conseillé » par son ministre de l’Intérieur Georges Mandel, né Jeroboam  Rothschild[11]. Digne successeur du coupeur de têtes Robespierre, athée et franc-maçon[12], Clemenceau ne cachait pas sa haine pour la Maison de Habsbourg : « Je les hais d’une haine sans merci, comme on haïssait autrefois en 93, alors qu’on appelait cet imbécile de Louis XVI l’exécrable tyran. Entre nous et ces gens-là, il y a une guerre à mort… Je n’ai point de pitié pour ces gens-là. Vous voyez que je suis féroce. Ce qu’il y a de pire, c’est que je suis intraitable. »

Quant aux Britanniques, le Premier ministre Lloyd Georges avait pour conseillers Alfred Milner, un employé de Rothschild et dirigeant de la Round Table, ainsi que Sir Phillip Sassoon, un descendant direct de Mayer Amschel Rothschild, le fondateur de la dynastie (cf. Springmeier).

Conclusion
L’Europe centrale se retrouvait divisée en une série de petites nations – comprises au sens maçonnique  – telles que l’Autriche, la Hongrie, la Tchécosslovaquie, la Yougoslavie et la Transsylvanie, fragiles, sans défense et politiquement instables. L’Europe retournait aux divisions anciennes, privant ainsi ses peuples de siècles de civilisation  et d’union chrétienne pour les faire passer sous le joug maçonnico-totalitariste. À l’Empire fondé sur la vraie religion qui, en dépit de toutes les imperfections humaines, avait régi dans l’ordre catholique ces peuples européens pendant plus d’un millénaire, se substitua l’ordre de la Société des nations. Ordre qui ne voulut pas empêcher l’explosion dévastatrice de 1940…

[1] Cf. Pierre Virion : Bientôt un gouvernement mondial ?, 1966.

[2] Cf. Requiem pour un empire défunt : histoire de la destruction de l’Autriche-Hongrie, François Fejtö, Lieu commun Paris, 1988 ; Epiphanius, p. 234).

[3] Discours-programme prononcé en ouverture du congrès par le 33e Corneau, président du Conseil du GOF.

[4] In La Franc-Maçonnerie d’après ses documents secrets, éd. DPF, 1972.

[5] Cf. Neue Zürcher Nachrichten du 27.07.1917.

[6] In Rivista Massonica, déc. 1973.

[7] Cf. Wer ist wer im Judentum, FZ-Verlag, Munich, 1996.

[8] Voir Sanctuary, Bibliothèque municipale de New York et vidéo du discours de 1961 de Benjamin Freedman, membre de cette délégation : https://www.youtube.com/watch?v=x8OmxI2AYV8, avec le lien renvoyant à sa transcription authentique.

[9] Cf. Das Judentum entdeckt America, Othmar Krainz, 1938, p. 126).

[10] In The Rich and the Super-Rich, Lyle Stuart, New York, 1978, p. 238.
http://www.pdfarchive.info/pdf/L/Lu/Lundberg_Ferdinand_-_The_rich_and_the_super-rich.pdf

[11] Cf. Fritz Springmeier, Bloodlines of the Illuminati, Pentracks Publications, 1998 ; http://www.bibliotecapleyades.net/bloodlines.
http://www.theforbiddenknowledge.com/hardtruth/uspresidentasmasonspt2.htm

[12] Cf. Le Plan de domination mondiale de la contre-Église, Henri Le Caron, Fideliter, 1985, p. 22.

https://www.medias-presse.info/la-destruction-de-la-monarchie-autrichienne-dernier-rempart-contre-le-mondialisme/56568/