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jeudi 4 juin 2009

Edouard Herriot au pays des soviets



En 1932-33, une famine artificielle organisée par le pouvoir stalinien en Ukraine causa plusieurs millions de morts. La nouvelle ayant commencé à filtrer en Occident, les organisations procommunistes organisèrent une opération d’intoxication pour rassurer l’opinion. C’est ainsi que durant l’été 1933, le gluant politicien radical Edouard Herriot se rendit en URSS pour cautionner la version des autorités soviétiques (probablement avec l’approbation du gouvernement français, soucieux de s’assurer une « alliance de revers » contre l’Allemagne).
Herriot déclara avec satisfaction :
« [Je n’y ai vu que] des jardins potagers de kolkhozes admirablement irrigués et cultivés. Voici, chargées de raisins, les vignes du plant français. Les récoltes décidément sont admirables ; on ne sait où loger les blés. (...) J’ai traversé l’Ukraine. Eh bien ! je vous affirme que je l’ai vue tel un jardin en plein rendement. »
Quant à Charles Alphand, ambassadeur de France à Moscou, qui accompagnait Herriot en Ukraine, il envoya à Paul-Boncourt (le ministre des Affaires étrangères, qui était en train de négocier un rapprochement avec l’URSS) un télégramme affirmant que les rumeurs de génocide n’étaient que « des racontars colportés par les ennemis du régime ».
Pourtant, la vérité avait déjà atteint les Etats-Unis, comme le montre l’article suivant :
« La veille du jour où la délégation était attendue, on a mobilisé à deux heures du matin toute la population de Kiev aux fins de nettoyer les rues principales et de décorer les maisons. Dix mille personnes se ruent au travail, et tentent de donner à la ville qui est dans un état de saleté et de négligence repoussante, un aspect à peu près européen. Tous les offices de répartition de vivres : coopératives, etc., sont fermées, les queues devant les magasins sont interdites, les hordes d’enfants abandonnés, les mendiants, les faméliques disparaissaient comme par enchantement de la circulation. Au carrefour des rues on voit la milice à cheval caracoler sur des montures reluisantes dont les crinières sont parées de rubans blancs. Un spectacle comme Kiev n’en avait jamais vu et comme elle n’en reverra probablement jamais. »
(article paru dans le journal juif new-yorkais Forward, en 1933)
Dans son livre L’Histoire trouée (L’Atalante, 2004), Jean-Louis Panné ajoute concernant le voyage d’Herriot :
« Dans son livre Orient (Hachette, 1934) qui se présente comme le compte rendu de son voyage, Herriot qui le plus souvent se borne à recopier les textes de la propagande soviétique, fait l’apologie de la politique du Plan quinquennal. Il ment en toute conscience sur la famine puisqu’il a parfaitement saisi que son voyage a fait l’objet d’une minutieuse préparation de la part des autorités soviétiques et, bien entendu, de la police secrète : la Guépéou. Le livre de Sophie Cœuré donne toute l’arrière-histoire de cet épisode fondateur de la négation. »
Voici deux autres exposés sur cette imposture d’Herriot (et du gouvernement français, qui préférait manifestement la « Realpolitik » au « droit d’ingérence » humanitaire) :

COMMENT HERRIOT FUT PROMENE EN URSS
Edouard Herriot, chef du parti radical et maire de Lyon, fit un voyage en URSS à la fin de l’été 1933, et joua, pour sa part, avec un brio certain, le rôle de l’idiot utile, si cher à Lénine.
Du 26 au 31 août, Herriot va parcourir cette Ukraine que la faim, la misère et la collectivisation sont en train de vider peu à peu de ses habitants. Ce politicien que l’on disait si habile, si fin (comme en témoignent certaines de ses œuvres littéraires) fut victime, de la part des Soviets, du plus sinistre des canulars.
On lui fit en effet découvrir une fausse URSS, où les ouvriers et les paysans étaient des agents du NKVD déguisés. A Odessa, Kiev, il visita des entrepôts de tracteurs et des usines amoureusement préparées en vue de cette visite. Il alla dans les kolkhoses, demanda à voir un village éprouvé par cette famine dont la nouvelle avait filtré jusqu’en Occident : on lui fit traverser le plus pimpant des villages, spécimen aménagé spécialement pour les touristes occidentaux.
Visitant une cantine, il goûta la soupe et s’exclama : « Je puis certifier que la soupe est excellente. S’il en est ainsi de tout, c’est un restaurant digne de Lyon, la ville la plus gourmande de France ». Pendant ce temps, des miliciens en armes tenaient hors de sa vue les mendiants et les bandes d’enfants faméliques.
« Lorsqu’on soutient que l’Ukraine est dévastée par la famine, permettez-moi de hausser les épaules », déclara-t-il encore. Certains des Français qui l’accompagnaient s’étonnèrent cependant d’avoir aperçu, par les fenêtres du train, des tas de hardes à forme vaguement humaine, au bord des routes : c’étaient en fait les cadavres des affamés tombés d’épuisement.
Herriot, lui, ne voit rien d’autre que ce que ses mystificateurs lui présentent. Celui que Léon Daudet appelait « l’imposteur chaleureux » avait lui-même été la consentante victime d’une imposture.
Il n’est pas étonnant que ce militant de France-URSS, qui avait été à l’origine de la reconnaissance par la France de la Russie soviétique, ait pu passer pour un « colonel honoraire de l’Armée rouge ». Ce n’était qu’un canular remarquablement monté par P.-A. Cousteau. Mais Herriot avait bien mérité de l’URSS. Et ce titre n’avait pas été usurpé.
(Extrait de la brochure de Francis Bergeron, Le Goulag avant le Goulag, Cahiers du Cices, 1987)
[Le texte est illustré par plusieurs dessins de la presse de l’époque. Dans l’un de ces dessins, on voit une voiture traversant à toute vitesse la campagne ukrainienne et Herriot retenant son chapeau ; un accompagnateur soviétique lui dit : « Si monsieur le président le demande, nous pourrions ralentir jusqu’à 100 km à l’heure ! ». Dans un autre dessin, Herriot descend d’un train et s’adresse à un homme en uniforme : « Je suis plein d’admiration pour votre pays, pour votre régime… » – et l’homme répond : « Je vous demande pardon, M. le Président, vous êtes arrivé en France. »]

LE COMMENTAIRE DE L’HISTORIEN ROBERT CONQUEST
Edouard Herriot, le célèbre radical-socialiste français qui fut deux fois président du Conseil, se rendit en URSS en août et en septembre 1933. Il passa cinq jours en Ukraine ; son emploi du temps fut partagé entre des réceptions, des banquets officiels et une visite guidée. A l’issue de ce séjour, il crut pouvoir affirmer qu’il n’y avait pas de famine et il accusa des éléments poursuivant une politique antisoviétique d’en faire courir le bruit. Le 13 septembre 1933, la Pravda put donc écrire qu’« il avait catégoriquement démenti les mensonges de la presse bourgeoise à propos d’une famine en URSS ».
Ces commentaires, émanant d’un homme d’Etat fort connu, semblent avoir eu une grande influence sur l’opinion européenne. L’irresponsabilité dont Herriot fit preuve dut grandement encourager Staline à miser sur la crédulité occidentale, et il allait en abuser avec beaucoup d’efficacité quelques années plus tard.
(Extrait de Robert Conquest, Sanglantes moissons, dans La grande terreur, Robert Laffont, collection « Bouquins », 1995, pp. 338-340)
On sait maintenant que la collectivisation en Ukraine fit entre quatre et sept millions de morts… L’historien Nicolas Werth estime que cette famine a fait entre six et sept millions de victimes. Etienne Thévenin donne les mêmes chiffres pour l’Ukraine et ajoute qu’il y eut deux à trois millions de victimes au Kouban, au Caucase du Nord et dans la basse vallée de la Volga.
Jean-Louis Panné écrit :
« Ce furent entre 8 à 10 millions d’individus : hommes, femmes, enfants qui disparurent en un temps extrêmement réduit. Nous sommes dans un ordre de grandeur proche de celui des pertes militaires de la Première Guerre mondiale qui fit 8,5 millions de morts. C’est dire le caractère extraordinaire de cette famine. » (L’Histoire trouée, 2004)
Le 21 février 1936, Herriot (« l’imposteur chaleureux », comme l’appelait Léon Daudet) récidiva en faisant un grand discours devant la Chambre des députés, pour recommander la ratification du pacte franco-soviétique. Alors que le régime léniniste puis stalinien avait déjà exterminé plusieurs millions de personnes (et pas seulement en Ukraine), la France n’hésitait pas à s’allier à ce régime génocidaire pour défendre ses intérêts égoïstes – en réalité par crainte et par jalousie de l’Allemagne hitlérienne, qui n’avait encore exterminé personne (hormis la « purge » de la Nuit des longs couteaux, certes brutale, mais sans commune mesure avec la répression stalinienne).
Il est vrai que le socialiste fabien George Bernard Shaw fut lui aussi dupé de la même manière par les autorités soviétiques. Après une visite (tout aussi « arrangée ») en Ukraine, il déclara en 1932 : « Je ne vois pas une seule personne sous-alimentée en Russie, jeune ou vieille ».
Un autre politicien français accepta une invitation du pouvoir soviétique en septembre 1933 : Pierre Cot. En relation avec les autorités soviétiques depuis 1926, Pierre Cot était tellement prosoviétique que le journal Le Populaire le surnomma « Cot, Cot, Cot… cosaque ». Pierre Cot fit l’éloge du système soviétique et de sa « planification » (une idée à la mode à l’époque), et parla de la nécessaire « coopération franco-soviétique » ; il exprima les mêmes opinions devant le Conseil des ministres dès le 23 septembre, puis dans une conférence de presse, mais garda un silence total sur la famine en Ukraine. L’action de Herriot et de Cot visait (et réussit) à détourner l’attention de l’opinion de la famine, en accord avec les autorités soviétiques (qui versaient aussi des sommes d’argent importantes à plusieurs grands journaux français, comme on le sait aujourd’hui. Parmi ces journaux figuraient Le Temps, L’Œuvre, L’Ere nouvelle, etc. C’est Le Temps qui reçut le plus d’argent soviétique (environ 40.000 francs mensuels). Voir le livre de Sabine Dullin : Des hommes d’influence. Les ambassadeurs de Staline en Europe, 1930-1939 (Payot 2001).
Quant au journaliste Walter Duranty, envoyé du New York Times à Moscou, il relaya impudemment les pires désinformations soviétiques, niant toute famine en Ukraine. Pour ce travail de propagandiste (il nommait Staline « le plus grand homme d’Etat vivant »), il reçut le Prix Pulitzer en 1932…
Le génocide ukrainien (l’« Holodomor ») est maintenant officiellement commémoré par l’Etat ukrainien, qui a retenu le chiffre de quatre millions de morts. Il s’agit en fait d’une estimation minimale, et on remarquera que les autorités ukrainiennes ont soigneusement évité d’approcher du chiffre de six millions, pour ne pas fâcher le judaïsme organisé, gardien du dogme de l’Holocauste unique et officialisé.
Nous terminerons par une description d’Edouard Herriot, dans un livre d’un journaliste lyonnais bien connu :
« A la grande terreur de Césarine, sa gouvernante, ‘le Président’ ne se serait pas couché avant d’avoir absorbé un en-cas qui n’était jamais moins qu’une énorme part de civet à la crème ou un cervelas truffé ‘pour six’. Tout occupé à satisfaire cette fougueuse boulimie – et d’autres passions dont sa robuste nature était perpétuellement avide – le maire de Lyon était plus soucieux de digestion que de gestion. » (Pierre Mérindol, Lyon ou le sang et l’argent, 1987)
Et c’est ce Gargantua qu’on envoya enquêter sur la grande famine en Ukraine…
Alain Bougrat http://www.voxnr.com/

dimanche 24 août 2008

LE GÉNOCIDE UKRAINIEN

En pleine paix, sur la terre la plus riche et la plus fertile d'Europe, alors que les récoltes sont prospères et que les silos débordent de blé, plusieurs millions d'Ukrainiens sont morts de faim. Cette famine meurtrière n'est comparable à aucune autre dans l'histoire. Elle ne résultait d'aucune cause naturelle. Ce fut une famine politique, préméditée, organisée, impitoyablement planifiée pour saigner un peuple rebelle.
De Staline à Khrouchtchev, les dirigeants soviétiques l'ont toujours nié, mais l'étude des recensements officiels de 1926 et de 1939 a valeur de démonstration. Elle accuse en Ukraine un abîme démographique de huit à neuf millions de personnes. Sans faire allusion à la famine, au cours d'une conversation avec Winston Churchill, Staline a cependant admis que la collectivisation des campagnes, qui frappa surtout l'Ukraine, avait fait quelque dix millions de morts (1).
Lors des famines de 1921-1923, provoquées par la guerre civile, le Kremlin avait sollicité des secours internationaux. Dix-huit millions de personnes avaient ainsi été sauvées par raide massive de l'American Relief Administration. Dix ans plus tard, en 1932-1933, tandis que des informations précises commencent à filtrer sur le drame ukrainien malgré le mur du silence, le gouvernement soviétique dément l'existence de la famine et refuse catégoriquement les dons du Civil Relief Committee for Starving Ukraine et d'autres organisations humanitaires. Ce sont précisément cette négation de la famine et ce refus de toute assistance qui permettent de conclure au génocide.
A l'époque, les démentis réitérés du Kremlin ne purent pas masquer la réalité. Des journalistes américains en poste à Moscou informèrent le monde dès le début de 1933. Mgr lnnitzer, cardinal-archevêque de Vienne, fut l'un des premiers à s'émouvoir de l'épouvantable famine et des cas d'anthropophagie qu'elle engendrait. A Genève, le docteur Mowinckel, président en exercice de la Société des nations, lança un appel à la solidarité internationale, que repoussèrent les Soviétiques. Lorsqu'un représentant du Congrès américain, H.E. Koppelman, manifesta son inquiétude, Litvinov, ministre des Affaires étrangères de l'URSS, lui fit répondre avec condescendance que ses informations étaient des faux fabriqués par les contre-révolutionnaires.
LE PIÈGE D'UNE OPPRESSION IMPARABLE
Pour discréditer accusations et témoignages, une occasion inespérée se présenta : celle du voyage officiel d'Edouard Herriot au cours de l'été 1933. Partisan d'un rapprochement avec la Russie soviétique, le leader du parti radical débarqua à Odessa le 26 août 1933.
Les Soviétiques rééditeront pour lui la mise en scène imaginée en son temps par le ministre Potemkine pour la Grande Catherine. Dans les villages traversés, Herriot, qui ne demandait qu'à se laisser convaincre, ne vit qu'un décor et de joyeux figurants mis en place par la Guépéou. Un témoin se souviendra qu'à Kiev, la population avait été mobilisée pour ramasser les cadavres, décorer les façades et nettoyer les rues vingt-quatre heures avant le passage de la délégation française. Edouard Herriot, dont l'absence de curiosité fut exemplaire, déclara à son retour : « Lorsque l' on soutient que l'Ukraine est dévastée par la famine, permettez-moi de hausser les épaules. » La Pravda du 13 septembre pourra se féliciter bruyamment de ce « démenti catégorique aux mensonges de la presse bourgeoise ».
Ainsi le rideau de silence retombait sur les charniers ukrainiens, Le stratagème soviétique, en jetant le doute sur l'hécatombe, la réduisait à une simple hypothèse. La Seconde Guerre mondiale, ses abominations, mais aussi l'alliance contre nature de l'URSS et des démocraties contribueront à évacuer jusqu'au souvenir de l'horrible drame ukrainien. Ainsi, à l'exemple de beaucoup d'ouvrages historiques, dont le Dictionnaire d' histoire Universelle de Michel Mourre, l'Encyclopédie Universalis n'en dit pas un mot. Contrairement à la tragédie des Juifs européens ou des Arméniens, la famine-génocide de l'Ukraine n'est pas inscrite dans les mémoires. Le démenti constant et la désinformation soviétique se sont trouvés relayés par la sympathie d'une grande partie de l'intelligentsia occidentale à l'égard de l'URSS.
Dans l'après-guerre, le premier accroc de taille au rideau du silence fut ouvert par Victor Kravchenko dans son livre-témoignage J'ai choisi la liberté et par le procès retentissant qui l'opposa à ses détracteurs (2). Puis vinrent quelques timides révélations à l'époque de la déstalinisation et les allusions de Soljenitsyne au « grand massacre ». Dès lors, documents, études et témoignages vont se multiplier (3).
Aucun, cependant, ne revêt le caractère hallucinant du livre de Miron Dolot, Les Affamés : l' holocauste masqué, dont les éditions Ramsay ont publié en 1986 la traduction française préfacée par Guillaume Malaurie. Il constitue le témoignage oculaire le plus détaillé sur cet holocauste masqué.
Miron Dolot vécut les terribles années 1929-1932 dans un village d'Ukraine. Ayant échappé par miracle à la mort qui frappait autour de lui, il eut la chance de passer à l'Ouest à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ayant refait sa vie aux Etats-Unis, il a consigné ses souvenirs au jour le jour, nous offrant une sorte de journal de l'horreur. En tant que tel, son témoignage offre une source exceptionnelle d'informations sur les souffrances inimaginables imposées aux paysans ukrainiens, riches ou pauvres, et sur les méthodes diaboliques conçues par les Soviétiques pour parvenir à leurs fins.
Depuis la fin de la guerre civile qui avait dévasté l'Ukraine, les campagnes vivaient dans une relative tranquillité. Les paysans étaient propriétaires de la terre, de leur maison et de leur bétail. Chaque village avait conservé son pope et était administré par un soviet élu fonctionnant à la manière d'un conseil municipal. Le poids du nouveau régime ne se faisait guère sentir.
Dès le début de la révolution russe, une république autonome ukrainienne fut proclamée à Kiev (juillet 1917) par la réunion d'une assemblée nationale, la Rada. Un gouvernement fut constitué avec, comme ministre de la Guerre, Simon Petliura, figure centrale du mouvement national durant toute la guerre civile. Pendant quatre ans, l'Ukraine indépendante sera sillonnée tour à tour par les colonnes allemandes, par les Rouges, par les Blancs, par les Verts de Makhno, par les Polonais et par les propres troupes de Petliura. Kiev changera de main plus de dix fois, jusqu'à la victoire bolchevique de 1921, qui mit fin à l'indépendance.
Selon l'aveu même des communistes russes, « le gouvernement soviétique entra aussitôt en conflit direct avec la masse des paysans ukrainiens ». Quand on sait qu'à l'époque ces derniers représentaient près de 80 % de la population de l'Ukraine et que, dans les villes, le conflit se manifestait également, cela signifie que le pouvoir soviétique était entré en opposition contre la quasi-totalité du peuple ukrainien.
Ce conflit s'atténua pendant la période de la NEP. En août 1923, les dirigeants soviétiques reconnurent l'ukrainien comme langue officielle. Tout en plaçant à la tête du parti ukrainien l'un de ses affidés, Kaganovitch. Staline proclama l'« ère de l'ukrainisation » (1924-1928). De nombreux émigrés rentrèrent alors dans leur pays.
Une opposition grandissante au pouvoir soviétique se manifesta au sein même du parti communiste et dans la presse semi-indépendante de l'époque.
UN RAFFINEMENT DE FOURBERIE BUREAUCRATIQUE
Ce puissant mouvement s'appuyait sur la paysannerie, qui restait fortement marquée par les traditions de liberté du cosaque-fermier antérieures à l'occupation russe. « Le fermier ukrainien, dit Miron Dolot, avait un sens beaucoup plus aigu de la propriété privée et un sentiment plus profond d'indépendance et de liberté » que son homologue, l'ancien serf des grands domaines russes.
Un changement brutal intervint en 1929. Tandis que le « déviationnisme nationaliste » était proclamé ennemi principal en Ukraine, Staline décidait la collectivisation obligatoire des exploitations agricoles et l'élimination de la paysannerie.
Pour diriger la collectivisation forcée, le Comité central mobilisa vingt-cinq mille membres du Parti parmi les plus fanatiques et les plus haineux, tous étrangers à la paysannerie ukrainienne. Il leur fut adjoint des « propagandistes » recrutés parmi des éléments criminels. Tout en sauvegardant certaines apparences légales, mais en usant de la terreur, ils contraindront les fermiers à rejoindre le kolkhoze. Ce sont eux également qui imposeront d'irréalisables quotas de production au moyen d'impitoyables réquisitions. « La guerre est déclarée, c'est eux ou nous !, dira un membre du Comité central à Victor Kravtchenko, l'un de ces activistes. Il faut balayer les vieux débris pourris de l'agriculture capitaliste ! »
Dans le village de Miron Dolot, un matin froid de janvier 1930, très tôt, alors que les paysans dormaient encore, la Guépéou arrêta une quinzaine de personnes, les plus en vue. Elles furent emmenées, puis froidement abattues. Dans la même journée, leurs familles, femmes et enfants, furent chassées de leurs maisons et embarquées à coups de crosse sur des traîneaux. « Ils disparurent en criant et en gémissant dans la brume de l'hiver : Nous n'entendîmes plus jamais parler d' eux. »
Une fois décapité, le village fut divisé en unités et sous-unités de cent, dix et cinq maisons. A leur tête fut désigné un surveillant qui ne pouvait se dérober sous peine de devenir « ennemi du peuple », ce qui équivalait pour lui-même comme pour sa famille à un arrêt de mort ou de déportation. Miron Dolot décrit dans le détail l'odieux mécanisme qui transforma les villageois en instruments de leur propre asservissement.
Il y eut dans l'histoire ancienne ou récente bien d'autres massacres, bien d'autres horreurs et bien d'autres souffrances. Mais jamais, avant les communistes, un pouvoir homicide n'avait inventé cette perfection dans le sadisme qui fait de chacun le bourreau de tous et contraint les victimes à hurler, un pistolet sur la nuque : « Nous n'avons jamais été plus libres ni plus heureux. » Par un raffinement de fourberie bureaucratique, on n'exigeait pas seulement des paysans qu'ils abandonnent leur ferme pour le kolkhoze, il leur fallait encore déclarer par écrit qu'ils le faisaient volontairement et de leur plein gré. Ainsi les formes étaient sauves. Avec une duplicité de greffiers déments, les tortionnaires faisaient coup double. Ils effaçaient par avance les traces de leurs crimes tout en brisant leurs victimes par un désespoir absolu. Le pire martyre est celui dont on sait qu'il sera nié à jamais et travesti.
Face aux brigades de choc, à la Guépéou et à l'Armée Rouge, les paysans se réfugièrent dans la résistance passive. Pour en venir à bout, le gouvernement imagina de les dresser les uns contre les autres. Il prétendit que la résistance n'était le fait que des paysans riches, les koulaks. Il proclama donc la liquidation des koulaks. Avec la bénédiction des autorités, la racaille fut encouragée à toutes les violences contre les présumés koulaks, c'est-à-dire contre tous les paysans non collectivisés.
UNE PRODUCTION AGRICOLE DÉSORGANISÉE
Dans la presse, à la radio, dans les réunions, on martelait inlassablement les mêmes arguments: « Les koulaks sont des parasites; ils brûlent le blé, ils tuent les enfants... Dès qu'on les aura exterminés, une ère heureuse commencera pour la paysannerie. Et pas de pitié ! Ce ne sont pas des hommes, ces créatures-là ... » (4) On estime que plus d'un million de personnes furent ainsi assassinées, tandis que plus de deux millions étaient déportées dans des camps de concentration. Et ce n'était pas fini.
L'Ukraine protesta par un mouvement de révoltes locales et d'attentats contre les représentants du régime. Le pouvoir simula une marche arrière, et Staline publia dans la Pravda du 2 mars 1930 un article intitulé « Le vertige du succès ». Mais cette retraite tactique préludait à une riposte inédite, celle de la famine organisée.
A cette époque, la collectivisation forcée avait déjà touché près de 60 % des familles paysannes, provoquant une gigantesque désorganisation de la production agricole et une mortalité importante du bétail. Les activistes responsables de la collectivisation dans les villages étaient issus de milieux urbains et n'avaient aucune connaissance en matière agricole. Miron Dolot donne à ce sujet quantité d'exemples qui seraient drôles si les conséquences n'avaient été aussi terribles.
En 1930, sur une récolte ukrainienne de 83,5 millions de tonnes de blé, le régime en rafla 22 millions aux paysans et en exporta 5,5 millions. L'année suivante, les effets de la collectivisation se faisant sentir, la production baissa de 14 millions de tonnes. Mais le gouvernement préleva cette fois 22,8 millions de tonnes et en exporta 4,5 millions. Sans être mathématicien ni agronome, il était facile de comprendre ce qui allait se passer. Pourtant, le gouvernement augmenta encore les quotas de livraison de blé, les fixant pour 1932 à 29,5 millions de tonnes, le plus gros chiffre jamais exigé. Durant l'hiver, un peu partout en Ukraine, des paysans commencèrent à mourir de faim.
Comme les quotas ne pouvaient être remplis, Staline ordonna la saisie des réserves que les paysans conservaient pour ensemencer, mais aussi pour se nourrir durant l'hiver. Les kolkhozes eux-mêmes ne furent pas épargnés par cette recherche impitoyable du moindre grain de blé. Toutes les maisons furent fouillées de fond en comble par les commissions de réquisition en armes qui prenaient tout, le blé, mais aussi les autres denrées alimentaires. Le paroxysme de l'horreur fut atteint au cours de l'hiver 1932-1933. Des millions d'hommes, de femmes et d'enfants furent condamnés à une mort atroce. « Leurs corps étaient réduits à l'état de squelette, rapporte Miron Dolot. Leur peau jaune-grisâtre flottait autour de leurs os. Leurs visages ressemblaient à des masques de caoutchouc, avec de grands yeux exorbités et immobiles. Leurs cous étaient rentrés dans leurs épaules. Leur regard vitreux annonçait leur mort prochaine. »
LA VOLONTÉ D'EXTERMINER UN PEUPLE REBELLE
Ces gens vont mourir de faim à côté de montagnes de grains qui pourrissent dans les gares sous la surveillance féroce de gardes armés. Des miradors sont édifiés dans les campagnes afin de tirer comme des lapins les paysans qui tenteraient d'y glaner quelques pommes de terre ou quelques betteraves oubliées.
Sur ordre du gouvernement, des détachements de la milice et de la Guépéou barrent les routes pour interdire aux affamés de quitter leur village et tenter de se sauver. « Il nous apparut alors nettement qu'il s' agissait d'un complot contre nous, note sobrement Miron Dolot, et qu'on voulait nous anéantir, non seulement en tant que fermiers, mais en tant que peuple, en tant qu'Ukrainiens. »
Pour les sectateurs de l'utopie égalitaire et marxiste, l'identité ukrainienne, comme toute identité nationale, enracinée dans la communauté paysanne, pouvait apparaître à juste titre comme un obstacle incontournable. Il fallait donc détruire le tissu villageois par la collectivisation et saigner le peuple rebelle par la famine-génocide, exactement comme les jacobins de 1793, et pour des raisons analogues, avaient saigné la Vendée.
• Dominique Lorrain Le Choc du Mois. Octobre 1991
(1) Winston Churchill, The Second World War, vol. IV, livre 2, pp. 218-219.
(2) Guillaume Malaurie, L'Affaire Kravchenko, Robert Laffont, 1982.
(3) En langue française: La Famine-Génocide en Ukraine, Paris, 1983 (Publications de l'Est européen, BP 51. 75251 Paris Cedex 06). L'ouvrage le plus complet est celui de Robert Conquest, Harvest of Sorrow : Soviet Collectivization and Terror-Famine (Oxford University), Press, New York 1986). Par ailleurs, dans sa préface au livre de Miron Dolot (Les Affamés. Ramsay, 1986), James O. Mace propose un survol bibliographique de la question.
(4) Vassili-Grossman, Tout passe, Paris, 1972.

mercredi 20 août 2008

Le vrai visage de Blum

LÉON BLUM, qui a été une figure marquante de la IIIe République dans l'entre-deux-guerres, est un personnage apparemment complexe. Mais dont la complexité serait le fruit d'une recherche d'équilibre en matière de positionnement. Ainsi, si l'on en croit l'auteur (non identifiable) de la notice consacrée à Blum dans le Dictionnaire d'histoire de France dirigé par Alain Decaux et André Castelot (Perrin, 1981), sa pensée politique, résumée dans son ouvrage A l'échelle humaine (1945), « marque un profond effort de conciliation entre les thèses fondamentales du marxisme et les exigences traditionnelles du libéralisme et de l'humanisme occidental ». Blum serait en somme le père spirituel de ceux qui affirment aujourd'hui qu'après tout, entre socialisme et libéralisme, il y a bien des possibilités de convergence doctrinale (c'est ce que certains, pour justifier leurs reniements, appellent "l'ouverture").
La vérité est toute différente. En fait, Blum était animé d'un état d'esprit parfaitement sectaire, même s'il était capable d'adapter son discours aux contraintes des situations avec une souplesse dialectique toute talmudique. Quand il se croyait en position suffisamment forte pour exprimer ses convictions, il se laissait aller à lever un pan du voile. En témoigne ce qu'il écrit le 12 février 1936 dans Le Populaire, le journal de la SFIO dont il signait, en tant que directeur politique, les éditoriaux: « Aussitôt que nous posséderons le pouvoir, nous détruirons et remplacerons par les nôtres les cadres de l'armée, de la magistrature, de la police et nous procèderons à l'armement du prolétariat. Nous pourrons alors construire la société collectiviste ou communiste. Tout le reste n'est que littérature. » Propos d'intellectuel loin des réalités ? Moins de quatre mois après avoir écrit ces lignes, Blum présidait le premier ministère de Front populaire.
Son parcours fut-il celui, comme l'écrivait en 1950 Emmanuel Beau de Loménie, « d'un intellectuel malheureusement égaré dans la politique » ?
Il est vrai que le début de sa carrière, penche plus vers la littérature que vers la politique, encore qu'il ait milité, jeune homme, pour Dreyfus. Mais n' était-ce pas naturel pour ce garçon né dans une famille israélite venue d'Alsace et se consacrant au commerce des tissus rue du Sentier ? Elève brillant, il entre à l'Ecole Normale Supérieure mais n 'y reste pas car, à en croire Henry Coston (Dictionnaire de la politique française, 1967), « un incident fâcheux, au cours d'un examen, l'amena à obliquer vers le Conseil d'Etat ».
Auteur d'articles de critique littéraire dans divers journaux, Blum publie en 1907 un essai, Du mariage, dont on lui ressortira certains passages quand il sera devenu un homme politique. Par exemple « Je n'ai jamais discerné ce que l'inceste a de proprement repoussant » ou encore « Non seulement la plupart des filles sont parfaitement aptes dès quinze ans à goûter l'amour, mais il n'y a guère de période où elles soient mieux disposées à en jouir ». Il est vrai qu'aujourd 'hui ce genre de déclarations paraîtrait quasiment conventionnel ...
Après avoir passé la guerre de 1914-1918 au Conseil d'Etat, Blum est élu député en 1919. Il s'impose vite comme un des meneurs des socialistes et un habile manœuvrier, poussant ses amis à s'unir aux radicaux (« Cartel des gauches ») pour soutenir la combinaison ministérielle Herriot en 1924. Il s'oppose violemment aux députés de droite, à qui il lance un jour à la Chambre: « Je vous hais ! » Parallèlement à sa carrière politique, il est un actif avocat d'affaires, ayant pour clients des grands magasins, des banquiers, des firmes industrielles. Ce qui lui vaut de s'entendre dire par Daladier: « Sachez que, moi, je n'ai ni capitaux, ni capitalistes à défendre. »
En politique internationale, certaines de ses analyses sont restées célèbres. Il écrit ainsi, en novembre 1932 : « Hitler est désormais exclu du pouvoir: il est même exclu, si je puis dire, de l'espérance du pouvoir. » Deux mois après, Hitler était au pouvoir.
Devenu chef du gouvernement de Front populaire, il applique des principes dont il donnera tranquillement la recette en 1939 dans Paris-Soir : « Pour attirer à soi les masses, il faut les exalter, il faut les convaincre, il faut au moins se donner la peine de les duper. » Travaux pratiques : en juin 1936, il fait dire à son ministre des Finances: « La dévaluation est une solution désespérée et immorale, profitable aux seuls spéculateurs et débiteurs malhonnêtes. » Trois mois après, le gouvernement Blum dévalue (et récidive en juin 1937).
A l'époque, la presse nationaliste accusa Blum d'avoir installé dans son ministère une cinquantaine de ses coreligionnaires, soit comme ministres ou sous-secrétaires d'Etat, soit comme directeurs ou attachés de cabinet. Ce que lui reprocha aussi le consistoire israélite, l'accusant d'avoir ainsi suscité en France un sentiment d'hostilité à l'égard de la communauté juive.
Pierre VIAL. RIVAROL 29 février 2008

dimanche 9 décembre 2007

L'Histoire vraie du Maréchal Pétain

Le Maréchal
  • en 1916, a gagné la bataille de Verdun,
  • en 1917, a empéché la décomposition de l'Armée,
  • en 1918, a conduit l'Armée française à la victoire.
Le Maréchal
entre les deux guerres, a été l'homme auquel la République a eu recours pour des missions difficiles :
  • Maroc : 1924 - 1925
  • Ambassade extraordinaire aux Etats-Unis : 1931
  • Ministre de la Guerre (Cabinet d'Union du président Doumergue formé après les incidents de février 1934)
  • Ambassade d'Espagne : 1939.
Le Maréchal
en décembre 1931, a appelé l'attention du gouvernement sur la "flagrante infériorité de la flotte aérienne française" et demandé de "constituer d'urgence une aviation de défense et d'attaque puissante" (article paru dans la "Revue des Deux-Mondes").
Le Maréchal
en décembre 1934, a dénoncé publiquement le péril hitlérien et la faiblesse de l'armée française ( article paru dans la "Revue des Deux-Mondes").
Le Maréchal
en juin 1940 n'a pas réclamé le pouvoir.
Il a accepté dans une conjoncture désespérée, à la demande du président de la République, Albert Lebrun, sur la proposition du président du Conseil, Paul Reynaud, avec l'appui total des présidents des deux Chambres, Edouard Herriot et Jules Jeanneney.
Le 10 juillet 1940, l'accession du Maréchal à la fonction de Chef de l'Etat s'est faite de manière légitime par un vote du Congrès (539 voix pour, 80 voix contre et 17 abstentions).
Le Maréchal, conformément à la mission que lui a donnée le Parlement en 1940, a préparé une nouvelle Constitution.
Celle-ci était prête dès la fin de 1943.
Le Maréchal a refusé de la rendre publique tant que le sol national serait occupé et que l'ennemi retiendrait des prisonniers.
Cette Constitution :
  • confirmait le régime républicain de la France,
  • prévoyait l'extension du suffrage universel aux femme et d'adoption d'un système pluraliste pour l'élection des membres d'un Parlement bicamériste,
  • aménageait des modalités constitutionnelles assurant, dans le même temps, à l'Exécutif les conditions nécessaires à son action au Parlement son droit de contrôle,
  • institutait enfin une décentralisation aministrative par la création de Provinces dotées d'Assemblées délibératives et d'exécutifs.
Le Maréchal s'est attaché, malgré la pression de plus en plus forte d'un ennemi impitoyable - dirimante après l'occupation totale de la France - à préserver notre partimoine en sauvegardant notre appareil économique et en faisant preuve notamment de rigueur financière constante : l'encaisse-or est restée intangible.
Un grand nombre des mesures prises par l'Etat Français a été reconduite par le gouvernement issu de la Libération.
Le Maréchal a défendu l'Empire contre les convoitises allemandes, les coups de force de l'Angleterre, l'impérialisme japonais.
Le Maréchal, par son action, a :
  • obtenu, en 1940, le rapatriement en zone libre du corps d'armée réfugié en Suisse,
  • adouci le sort des prisonniers,
  • permis le retour entre juillet 1940 et mars 1942 de près d'un million d'entre eux,
  • atténué l'ampleur des déportations juives
ainsi que l'ont établi plusieurs ouvrages historiques récents en produisant pour l'Europe tout entière, les statistiques comparatives du nombre de déportés juifs non revenus des camps de la mort, qui démontrent que la présence d'un gouvernement en France, né de l'armistice et non d'une capitulation, a permis d'éviter le pire, en tout cas d'en sauver un plus grand nombre.
Le Maréchal, derrière une phraséologie de circonstances et à travers les difficultés de toutes sortes a été l'adversaire le plus résolu de l'Occupant.
Les clauses de l'Armistice et la politique suivie par le Maréchal ont permis :
  • la conservation et la préparation du tremplin que les Alliés ont pu utiliser lorsqu'ils en devinrent capables, pour la reconquête de l'Europe.
  • la reconstitution en Afrique du Nord, de l'Armée française sous les ordres successifs du général Weygand et du futur maréchal Juin,
  • la participation de cette Armée rénovée, le moment venu, à la libération du territoire et à la Victoire.
    La liberté d'action du Maréchal n'as cessé, au cours des années de s'ameunuiser.
    Le 17 novembre 1942, il a renoncé à l'exercice du Gouvernement.
    Le Maréchal a été empêché par les autorités occupantes de diffuser par les ondes son message à la Nation, l'avisant de sa perte de liberté et l'impossibilité dans laquelle il se trouvait dès lors d'assumer toutes les reponsabilités retenues, l'Afrique du Nord, le Maréchal préfera rester sur place pour éviter une "plonisation" de la France.
    L'attitude de sacrifice du Maréchal consistant, comme il s'y était engagé, à demeurer parmi les Français a évité l'installaion d'un gouvernement nommé par l'ennemi, a favorisé, avec son accord intime, un travail concret de résistance à celui-ci.
    Le Maréchal, emmené de force en captivité le 20 août 1944, fut interné au château de Sigmaringen.
    Lorsqu'il apprit que le Gouvernement provisoire engageait à son encontre un procès par contumace, il demanda au gouvernement du Reich de le laisser rejoindre la France pour défendre son honneur. Dans la confusion entrainée par la débâcle allemande, cédant aux demandes instantes du maréchal Pétain, les autorités allemandes chargées de sa surveillance, le conduisirent en Suisse le 24 avril 1945.
    En dépit des fortes pressions exercées et sur lui-même et sur le gouvernement suisse par le gouvernement français, le Maréchal se présentat volontairement devant la justice de son pays.
Le Maréchal a été condamné à la peine de mort le 15 août 1945, par un tribunal dont la composition ne représentait pas le peuple français dans sa diversité.
La peine ayant été commuée en emprisonnement à vie, le Maréchal a été incarcéré au fort militaire de l'Ile d'Yeu dans des conditions honteuses.
Le Maréchal est mort en captivité, à 95 ans, le 23 juillet 1951.
Son corps est toujours l'objet d'une mesure de rétention à l'ile d'Yeu, malgré la demande en 1966, de 800 000 anciens combattants de la guerre 14-18 qui avaient réclamé qu'en exécution de ses dernières volontés, la dépouille du Maréchal soit transférée à Douaumont aux côtés des soldats qu'il a commandés jusqu'à la victoire.
http://www.admp.org/association.htm