Affichage des articles dont le libellé est Alésia. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Alésia. Afficher tous les articles

lundi 6 mai 2024

Devant la justice pour avoir découvert près de 2000 pièces gauloises près d’Alésia (art de 2015)

 

pièces gauloises

La chasse au trésor en valait-elle la peine ? En octobre 2012, six archéologues amateurs ont découvert près de 2 000 pièces gauloises datant probablement du Ier siècle avant Jésus-Christ à Laignes (Côte-d’Or), près de Dijon. Ils souhaitaient garder le silence sur leur trouvaille mais ont été trahis par les réseaux sociaux. Ces fouilleurs doivent être jugés, vendredi 19 juin, devant le tribunal correctionnel de Dijon pour « vol de mobilier archéologique » et « fouilles clandestines ». Ils risquent jusqu’à 100 000 euros d’amende et sept ans d’emprisonnement.

Tout avait pourtant bien commencé pour ces Indiana Jones en herbe. Le site 20 minutes rapporte qu’en octobre 2012, cette petite bande s’est rendue, de nuit, dans un champ non loin du site du siège d’Alésia. […] Ils déterrent ainsi près de 2 000 pièces d’or gauloises, un butin estimé à environ 200 000 euros. […]

Pour les archéologues, la perte scientifique est inestimable : « L’archéologie est une science. Quand ils ont retiré les pièces de la terre, ces amateurs n’ont pas pris les précautions nécessaires. Nous ne saurons donc jamais exactement à quoi correspond ce trésor. On ne peut désormais qu’émettre des hypothèses », commente Franck Faucher interrogé par 20 minutes.

France Inter relaie pourtant une explication avancée par plusieurs archéologues. Cette monnaie aurait été émise par Jules César pour « récompenser les mercenaires gaulois qui l’ont aidé durant le siège d’Alésia ». Un de ces hommes aurait donc pu enterrer ses deniers à l’endroit où les accusés les ont déterrés, à une journée de marche d’Alésia, dans l’espoir de les récupérer plus tard. Mais l’hypothèse ne pourra probablement jamais être vérifiée. […]

Le Monde

https://www.fdesouche.com/2015/06/19/devant-la-justice-pour-avoir-decouvert-pres-de-2000-pieces-gauloises-pres-dalesia/

jeudi 21 mars 2024

Site d’Alésia : admettons la vérité !

 

PHO0559f34e-dccf-11e3-ab1d-365fee0d264d-805x453.jpg

Vercingétorix, un film de Jacques Dorfmann.

FIGAROVOX/HISTOIRE – Le site de la bataille d’Alésia n’est pas en Bourgogne, mais dans le Jura, plaide cette semaine notre chroniqueur Franck Ferrand.
[…] L’ouvrage collectif que je viens de préfacer, aux éditions Pygmalion, sous la direction de Danielle Porte, est de ceux qu’on a longtemps attendus, et qu’on déguste ligne à ligne, empli de gratitude envers les auteurs. Enfin, voici répertoriés tous les travers, tous les défauts, toutes les tares de l’Alésia officielle, sise en Bourgogne, en Côte-d’Or, sur la commune d’Alise-Sainte-Reine.
Depuis un siècle et demi – depuis que Napoléon III, par la grâce d’un décret impérial, a décidé que l’on situerait la victoire de Rome sur les Gaules en Bourgogne, dans le pays des anciens Eduens – de nombreux savants, dont certains de grand poids, se sont manifestés pour dénoncer au mieux une erreur, au pire une supercherie. Leurs arguments sont de trois ordres:
– d’abord, ils font remarquer que le site bourguignon du Mont Auxois ne correspond en rien – en rien! – à la description détaillée qu’en donna Jules César, au Livre VII de sa Guerre des Gaules ;
– ensuite, ils soulignent les incohérences et les invraisemblances de ce site, trop petit, trop bas, trop ouvert, trop mal doté en eaux vives notamment ;
– enfin, ils rappellent que la conformation des lieux ne permet ni de situer, ni de comprendre les différentes étapes de l’affrontement censé s’y être livré, en 52 avant JC.
Qu’importe aux pontes de l’archéologie nationale ; il y a longtemps qu’ils ont fait fi de toutes ces critiques.
Depuis cinquante ans – depuis qu’un certain André Berthier a découvert, en plein Jura, dans le pays des anciens Séquanes, un site qui, lui, correspond en détail, trait pour trait, à la description fournie par César – les critiques à l’encontre du site bourguignon se sont faites plus pressantes.
Qu’à cela ne tienne: le mépris et la morgue des prétendus détenteurs du savoir n’ont fait que croître en proportion. […]

Lire la suite sur Le Figaro

https://www.fdesouche.com/2014/05/19/site-dalesia-admettons-la-verite/

mardi 10 novembre 2020

Redécouvrir la bataille d'Alésia

 

Alésia, connaît pas ? Nul ne pourra plus le prétendre après avoir lu le livre que Yann Le Bohec a consacré à cette bataille célèbre, après laquelle nos ancêtres les Gaulois devinrent peu à peu gallo-romains.

Encore Alésia !… N'a-t-on pas déjà tout dit sur la fameuse bataille de ce début du mois d'octobre 1952 avant J.-C, qui opposa le chef arverne Vercingétorix aux armées romaines de César ? Il semble que non et le spécialiste de l'Antiquité Yann Le Bohec vient nous le prouver dans un admirable petit livre publié dans la collection L'Histoire en batailles des éditions Tallandier.

Dans un premier temps, l'historien prend en compte les derniers résultats des recherches archéologiques réalisées dans les années 1990 sur le Mont Auxois, résultats qui ont bouleversés une historiographie tributaire le plus souvent d'éléments datant de l'époque du Second Empire ! Depuis, bien évidemment, la recherche a progressé. À ce titre, l'Académie des Inscriptions et des Belles Lettres a réalisé récemment un énorme travail(1) salué par Le Bohec, mais dont l'épaisseur (plus de mille pages), en découragera beaucoup.

Spécialiste d'histoire militaire(2) Le Bohec réhabilite aussi l'histoire bataille, un genre complètement délaissé pendant des décennies par l'histoire marxiste. La particularité de son étude réside non seulement dans la prise en compte, somme toute traditionnelle, de la décision des autorités militaires et politiques, mais aussi dans la connaissance du simple soldat dont le rôle fut naturellement décisif. L’auteur rouvre et relit par ailleurs la fameuse Guerre des Gaules de César, en rappelant néanmoins que ce texte reste avant tout une écriture de propagande visant à entretenir la gloire et mettre en valeur l'action du conquérant romain.

Déjà le syndrome du gendarme

L’avantage de cet ouvrage est enfin de sortir d'une controverse, celle de la localisation des événements. Pendant longtemps, l'historiographie s'est trop attaché à savoir où avait eu lieu cette bataille fondatrice de la romanité en Gaule. Autre aspect largement étudié pendant trop longtemps, les techniques de siège ont, elles aussi, accaparé les chercheurs au point d'en oublier l'essentiel. Bref, Le Bohec, non sans humour, fuit la spécialisation afin de revenir au principal la bataille en elle-même, des origines du conflit aux conséquences de la victoire de César.

Ce n'est pas le moindre avantage de ce livre que de nous présenter les ressorts psychologiques qui présidèrent au conflit entre le chef gaulois et le proconsul romain. Il faut rappeler que les Gaulois avaient laissé un mauvais souvenir au peuple romain des origines. Dans les mémoires, les Gaules étaient synonymes de pillage et de misère. Ces peuples du Nord étaient, en quelque sorte, des « ennemis héréditaires. » Les hommes de l'époque, explique Le Bohec, « se trouvaient aussi pris dans un monde où le choix était simple, obéir ou commander on devine ce que préféraient les Romains. Par ailleurs, la guerre résulte d'un enchaînement après une conquête, une autre conquête, puis une autre, et ainsi de suite. Enfin, Rome dominait une grande partie du monde de son temps, et en avait conçu une attitude qui découlait de cette position le Sénat se sentait responsable de l'ordre du monde, c'est-à-dire du monde méditerranéen c 'était le syndrome du gendarme. » À l'heure des élections américaines, nous ne saurions que trop recommander la lecture de cet ouvrage…

1). M. Reddé & S.Von Schnurbein dir., Alésia. Fouille et recherches franco-allemandes sur les travaux militaires romains autour du Mont-Auxois (1991-1997). Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,! XXII, 3 vol., De Boccard,Paris,2001

2). Cf. notamment, du même auteur, L'armée romaine dans la Tourmente, aux éditions du Rocher consacré à la crise militaire du IIIe siècle.

Yann Le Bohec, Alésia, 52 avant J.-C., coll. L'Histoire en batailles, Editions Tallandier 221 p.

Christophe Mahieu monde&vie 10 novembre 2012 n°867

lundi 7 septembre 2020

Quand l’histoire fait dates : -52 Alésia

 La défaite d’Alésia, en 52 avant J.-C., met fin à la guerre des Gaules, immortalisée par son vainqueur, Jules César. Année zéro de notre roman national, la bataille d’Alésia est devenue l’acte fondateur d’une unité gauloise improbable, personnalisée par un héros impossible, Vercingétorix. Mais cette séquence militaire ne constitue en réalité qu’un acte de pacification de provinces gauloises, alors largement romanisées depuis deux siècles au moins. Les Gaulois étaient-ils des Gréco-Romains comme les autres ? 


https://www.fdesouche.com/2020/09/06/quand-lhistoire-fait-dates-52-alesia/

vendredi 9 mars 2018

Secrets d’histoire

Sous la direction de Jean-Christian Petitfils, un collectif d’historiens apporte un éclairage nouveau sur vingt énigmes de l’histoire de France grâce à des documents parfois inédits et à des preuves indiscutables.
Les « Enigmes de l’histoire », filmées en noir et blanc et racontées par André Castelot et Alain Decaux, firent la joie du petit écran à une époque où l’unique chaîne de télévision d’Etat exprimait une exigence culturelle aujourd’hui trop rare. Du mystère de Mayerling – l’archiduc Rodolphe, fils de l’empereur François-Joseph, s’est-il suicidé ou a-t-il été assassiné ? – à l’identité véritable de cette Anna Anderson qui, surgie à Berlin dans les années 1920, prétendait être la grande-duchesse Anastasia, fille de Nicolas II, le grand public s’était initié, aux heures de grande écoute, à quelques célèbres mystères du passé. La formule a été reprise, au cours des années récentes, par des émissions programmées à un horaire tardif, alors que ces énigmes, construites selon la logique des enquêtes policières, ont tout pour passionner.
Sous forme écrite, l’énigme historique est un genre qui a trop souvent nourri une infralittérature aux accents ésotériques ou complotistes. Aussi faut-il se féliciter de la parution d’un volume qui satisfait à la fois la curiosité intellectuelle pour les mystères de l’histoire et les canons de la recherche historique et scientifique. Sous la direction de Jean-Christian Petitfils, historien de la France classique qu’on ne présente plus, les éditions Perrin publient, en coédition avec Le Figaro Histoire, un livre collectif, Les énigmes de l’histoire de France, dont les dix-huit auteurs, outre Petitfils qui signe deux chapitres, se sont partagé vingt sujets. Aucun n’est vraiment neuf, mais tous abordés, ici, en s’appuyant sur des preuves irréfutables et des documents parfois inédits. « N’en déplaise aux détectives amateurs qui se complaisent dans les ronrons de l’histoire et se copient les uns les autres, souligne Petitfils dans son introduction, une des conclusions à tirer de ce livre est que la recherche avance, que les halos légendaires se dissipent, bref que l’on serre toujours plus près la vérité. »
Si l’ouvrage s’organise chronologiquement, Jean-Christian Petitfils en propose lui-même un classement autour de six grands thèmes. Première catégorie, les énigmes concernant des événements ou des personnages de premier plan. Jean-Louis Brunaux, archéologue et directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la civilisation gauloise, pose la question d’Alésia – non pas du site de la bataille, sa localisation à Alise-Sainte-Reine, en Côte d’Or, étant hors de débat – mais pour comprendre comment Vercingétorix et ses 300 000 combattants ont été battus par un adversaire cinq fois moins nombreux, César ayant avec lui 60 000 légionnaires. L’explication est technique, mais la leçon d’histoire est politique puisque Brunaux estime que le chef gaulois vaincu avait remporté une victoire symbolique en rassemblant 300 000 guerriers appartenant à plus de quarante cités, ce qui réserve à Vercingétorix une place au Panthéon du « roman national » désormais honni par certains. Laurent Theis, président honoraire de la Société de l’histoire du protestantisme français, passe en revue les commanditaires possibles du massacre de la Saint-Barthélemy (Catherine de Médicis ? Charles IX ? Le futur Henri III ? Le duc Henri de Guise ?), tandis que Olivier Wieviorka, un spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, revient sur les secrets du rendez-vous de Caluire qui, le 21 juin 1943, permit aux Allemands d’arrêter Jean Moulin, ou que Pierre Pellissier, un ancien journaliste du Figaro, explique pourquoi De Gaulle s’est réfugié auprès du général Massu, le 29 mai 1968, alors que le pays sombrait dans l’anarchie.
Deuxième catégorie : les morts mystérieuses. Qui a armé le bras de Ravaillac ? Jean-Christian Petitfils reprend ici l’hypothèse qu’il avait développée dans L’Assassinat d’Henri IV, mystères d’un crime (Perrin, 2009) : le meurtrier n’aurait-il pas été manipulé par des agents de l’archiduc Albert d’Autriche, dans le cadre d’un plan conçu à Bruxelles ? Qui a tué le duc d’Enghien, fusillé dans les fossés de Vincennes en 1804 ? Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon, essaie de démêler le vrai du faux, Bonaparte ayant qualifié cette exécution de « crime inutile » avant d’un revendiquer la responsabilité. Le dernier Condé s’est-il réellement pendu à une espagnolette du château de Saint-Leu, en 1830, ou était-ce un crime maquillé en suicide ? Pierre Cornut-Gentille, avocat et historien, fournit la clé de l’énigme qui est à chercher du côté de certaines pratiques inavouables. Et Zola, retrouvé un matin de 1902 asphyxié par des émanations d’oxyde de carbone ? Alain Pagès, professeur émérite à la Sorbonne-Nouvelle, a découvert, au prix d’une véritable enquête, la raison de sa mort.
Dans la troisième catégorie figurent les chapitres consacrés aux trésors enfouis et aux sociétés secrètes. Le médiéviste Alain Demurger, spécialiste des ordres religieux militaires, décrypte les innombrables mythes et fantasmes qui accompagnent l’histoire des Templiers, et de leur introuvable trésor. La Cagoule, mystérieuse organisation anticommuniste des années 1930, avait-elle les moyens et l’intention de perpétrer un coup d’Etat d’extrême droite ? Olivier Dard, professeur à la Sorbonne et spécialiste d’histoire politique, relativise le sérieux des projets des cagoulards. L’abbé Saunière, curé de Rennes-le-Château, dans l’Aude, mort en 1917, était-il le détenteur d’un fabuleux trésor ? Jean-Jacques Bedu, un historien qui a hérité des archives de l’étrange ecclésiastique, fait le point sur une légende qui a été relancée par le Da Vinci Code de Dan Brown.
Les origines mystérieuses de certaines figures fournissent une quatrième catégorie d’énigmes. Spécialiste de l’histoire des femmes sous l’Ancien Régime, Joëlle Chevé s’efforce de comprendre qui était sœur Louise-Marie-Thérèse, une religieuse de couleur, bénédictine au couvent de Moret, près de Fontainebleau, à la fin du règne de Louis XIV, et qui, protégée de Mme de Maintenon, recevait fréquemment la visite de hauts personnages de la Cour. Quant à Napoléon III, s’il était le fils d’Hortense de Beauharnais, était-il celui de Louis Bonaparte, roi de Hollande ? Afin de lever définitivement les doutes émis dès la naissance du second empereur des Français, son biographe, Eric Anceau, professeur à la Sorbonne, s’en remet aux analyses ADN déjà effectuées et dont les résultats mériteraient une contre-expertise, tout en soulignant que « la recherche en paternité de Napoléon III n’a en aucune manière influé sur le cours de l’histoire ».
Cinquième catégorie d’énigmes : les survivances. Jeanne d’Arc a-t-elle vraiment brûlé sur le bûcher ou a-t-elle réapparu sous les traits de Jeanne des Armoises ? Etat-elle la fille d’Isabeau de Bavière ? Jacques Trémolet de Villers, avocat et auteur d’une édition des minutes du procès de Rouen, démonte les légendes qui ont couru sur la Pucelle. Et que valaient les prétentions de Naundorff et de tous les faux Dauphins qui ont prétendu être fils de Louis XVI et Marie-Antoinette ? L’historien Philippe Delorme expose les conclusions sans appel tirées des analyses ADN effectuées en 2000 sur le cœur de l’enfant-roi mort dans la prison du Temple.
Quelques vieux secrets d’Ancien Régime représentent la dernière catégorie d’énigmes rassemblées dans ce volume. Jusqu’où allaient les relations entre Anne d’Autriche et Mazarin ? Directeur du Centre historique des archives du château de Vincennes, Thierry Sarmant étudie – avec pudeur – ce lien fait d’amour et de politique. Qui était le Masque de Fer ? Jean-Christian Petitfils, qui a publié un livre sur le sujet, possède une réponse précise. Que dissimulait l’affaire des Poisons (traitée ici par Claude Quétel) qui jeta une ombre sur le Roi-Soleil, ou l’affaire du Collier de la Reine, qui ternit irrémédiablement la réputation de Marie-Antoinette, alors qu’en l’occurrence elle était innocente, comme le rappelle Hélène Delalex, conservateur du patrimoine au château de Versailles ?
Amateurs de grande histoire ou de petites histoires apprendront beaucoup dans ce livre qui pique l’imagination. A travers ces vingt énigmes se vérifie une grande loi, valable dans le passé comme de nos jours, et qui conservera demain sa pertinence : rien n’est jamais écrit d’avance, car l’imprévu et l’inexplicable peuvent survenir à chaque instant, et la raison pure ne peut tout éclairer, car toute aventure humaine conserve sa part de mystère.
Jean Sévillia
Les Enigmes de l’histoire de France, sous la direction de Jean-Christian Petitfils, Perrin / Le Figaro Histoire, 400 pages, 21 euros.

dimanche 16 août 2015

Fabuleuse découverte d’une tombe princière celte à Troyes. Art grec, étrusque, ou art de Gergovie ?

Bravo à l'Inrap ! " On ne peut que se joindre à Manuel Valls pour féliciter les archéologues qui viennent de mettre au jour cette tombe absolument extraordinaire. Les fouilles sont toujours en cours. Un état de conservation exceptionnel, un riche mobilier, un chaudron en bronze d'un mètre de diamètre, une cruche à vin (oenochoé) en céramique à figures noires. "Des découvertes comme celles-là, on n'est pas prêts d'en faire avant 20 ou 30 ans", s'enthousiasme un archéologue. 
 Le cratère, en bronze, comporte quatre anses dans lesquelles s'encadrent de magnifiques représentations du dieu cornu gaulois. Barbu, moustachu, coiffé d'un casque à cornes, l'anse lui tient lieu de torque. Ses oreilles sont celles d'un taureau.
Faut-il y voir une variante du dieu Cernunnos plus habituellement représenté dans le symbole du cerf ? Le cerf est l'animal le plus intelligent, le plus rusé pour échapper au chasseur. De tous les gibiers, il est le plus noble mais aussi le plus mystérieux, apparaissant soudain au milieu des fourrés, puis disparaissant. Dans le chaudron de Gundestrup, l'homme sage s'est représenté dans la position d'un boudha. Il se trouve face à un choix : celui du serpent/péché, à sa gauche, celui du torque/signe d’alliance avec Dieu, à sa droite ; choix entre le bien et le mal. À côté d'un cerf, il est coiffé d'une ramure semblable en forme de branches d’épine noire, symbole d’intelligence (l'épine noire, en latin cervus, est le buisson d'épines que César a utilisé comme obstacle dans son retranchement d'Alésia).
Mais ici, à Lavau, près de Troyes, c'est le symbole du taureau qui a été choisi, ce qui paraît assez logique puisqu'il s'agit manifestement de la tombe d'un chef militaire. Le taureau est l'animal le plus terrifiant qui soit quand il charge. Nul doute que le guerrier de la sépulture s'identifiait à ce symbole quand il chargeait à la tête de ses troupes. Voici ci-dessous, en image semblable, le dieu barbu de Lezoux à oreilles et à cornes de taureau, très bel objet, lui aussi en bronze. Lezoux est le site arverne le plus riche en poteries, notamment décoratives. 
Le bord du vase est décoré de têtes de lions ou de lionceaux, symboles du courage militaire (ci-dessous, à droite). Ces têtes de lions sont semblables à celles des chapiteaux de Mont-Saint-Vincent, là où je situe Bibracte, la capitale des Éduens. Le lion est aussi présent dans les chapiteaux du Crest, là où je situe Gergovie.
Oenochoé à figures noires, le vase est parfaitement représentatif d'un art de Gergovie souvent confondu, selon moi, avec la production des ateliers d'Athènes. Son pied est doré, ce qui lui donne une noblesse particulière. Assis à la table du banquet, le défunt fait face à la déesse Gergovie qui le reçoit sous les sarments de la vigne céleste. Seuls, les héros ont droit à cet honneur funèbre. Il apporte avec lui, en offrandes, la vaisselle et le vin, comme le préconise Homère. Boisson des libations terrestres, le vin est également la boisson sacrée des dieux. Lorsque le défunt aura été enterré, les convives festoieront, eux aussi. En même temps, là-haut, le prince élèvera sa coupe, quelque part dans une maison du ciel.
Les Gaulois ne veulent aller ni dans les tristes royaumes du dieu des profondeurs, ni dans les silencieux séjours de l’Erèbe. Ils disent que le corps-âme vit dans l’autre monde (orbe alio). La mort est une phase intermédiaire avant une longue vie. Et le poète Lucain, auteur de ces lignes, ajoute : Ils sont heureux quand la crainte de la mort, la plus terrible de toutes, les talonne. Ils se ruent au combat, l’esprit plein de courage. Leurs âmes sont prêtes à recevoir la mort. Ils savent que leur récompense sera la revie qui sera refusée au poltron. 
Suivant l'usage, une femme, ou des femmes, ont été enterrées vivantes aux abords de la chambre funéraire pour accompagner le défunt dans son long voyage.

mardi 20 mai 2014

Site d’Alésia : admettons la vérité !

FIGAROVOX - Le site de la bataille d’Alésia n’est pas en Bourgogne, mais dans le Jura, plaide cette semaine notre chroniqueur Franck Ferrand.
Journaliste, écrivain et conférencier, Franck Ferrand consacre sa vie à l’Histoire.
Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le dictionnaire amoureux de Versailles (Plon, 2013). Ce surdoué anime Au coeur de l’Histoire chaque jour sur Europe 1 et L’Ombre d’un doute chaque mois sur France 3 en première partie de soirée.
L’ouvrage collectif que je viens de préfacer, aux éditions Pygmalion, sous la direction de Danielle Porte, est de ceux qu’on a longtemps attendus, et qu’on déguste ligne à ligne, empli de gratitude envers les auteurs. Enfin, voici répertoriés tous les travers, tous les défauts, toutes les tares de l’Alésia officielle, sise en Bourgogne, en Côte-d’Or, sur la commune d’Alise-Sainte-Reine.
« Depuis un siècle et demi, de nombreux savants, dont certains de grand poids, se sont manifestés pour dénoncer au mieux une erreur, au pire une supercherie. »
Depuis un siècle et demi - depuis que Napoléon III, par la grâce d’un décret impérial, a décidé que l’on situerait la victoire de Rome sur les Gaules en Bourgogne, dans le pays des anciens Eduens - de nombreux savants, dont certains de grand poids, se sont manifestés pour dénoncer au mieux une erreur, au pire une supercherie. Leurs arguments sont de trois ordres :
- d’abord, ils font remarquer que le site bourguignon du Mont Auxois ne correspond en rien - en rien ! - à la description détaillée qu’en donna Jules César, au Livre VII de sa Guerre des Gaules ; 
- ensuite, ils soulignent les incohérences et les invraisemblances de ce site, trop petit, trop bas, trop ouvert, trop mal doté en eaux vives notamment ; 
- enfin, ils rappellent que la conformation des lieux ne permet ni de situer, ni de comprendre les différentes étapes de l’affrontement censé s’y être livré, en 52 avant JC.
Qu’importe aux pontes de l’archéologie nationale ; il y a longtemps qu’ils ont fait fi de toutes ces critiques. [...]
La suite sur Le Figaro

jeudi 17 octobre 2013

Il était une fois... Bibracte au mont Beuvray

S'il est un lieu magique au centre de l'hexagone, c'est bien ce Morvan montagneux aux ténébreuses forêts de hêtres, et dominant ce Morvan, l'imposante hauteur du mont Beuvray. Bien que se dépeuplant progressivement, le Morvan est resté tel qu'il fut, tel qu’on l’aime : un vestige archéologique vivant. Dans cette forêt druidique, de mystérieuses légendes hantent les sous-bois, les pierres branlantes et les rivières à truites... http://www.agoravox.fr/tribune-libr...
Le 17 septembre 1985, le Président de la République fait sa première grande visite officielle au site du mont Beuvray, entouré de nombreux ministres dont celui de la Culture, Jack Lang. Le mont Beuvray est déclaré « site national ». François Mitterrand se recueille face à la grande plaine de l’Histoire comme il aimait le faire depuis la roche de Solutré.
On rêve. On affirme que les fouilles laissent augurer de très importantes découvertes. On s’engage devant l’opinion à la tenir au courant avec la plus grande célérité et sans restriction aucune. A Autun, on déclare : « Le mont Beuvray sera peut-être le plus grand site de l’Occident. »... http://www.agoravox.fr/tribune-libr...
1995, PATATRAS ! Suite à mes courriers et après la publication de mes ouvrages, on prend conscience en haut lieu que les archéologues se sont trompés et que le mont Beuvray n'est que le site boïen de Gorgobina. Le 3 avril, lors de l'inauguration du centre archéologique européen dont la construction a coûté aux contribuables une somme fabuleuse, aucun discours n'est prononcé au grand étonnement de tous, ni par le président de la République, ni par le ministre de la Culture, Jacques Toubon. Le 10 avril, François Mitterrand m'envoie une carte pour me remercier. Le 15 mai, il accorde au Monde une interview (édition du 29 août), dans laquelle il met en exergue l'importance de l'Histoire, véritable culture de l'homme politique, mais il rejette sur l'historien la responsabilité de l'interprétation. Le 13 novembre, le ministre de la défense, Charles Millon, me fait savoir que le courrier que je lui ai envoyé a retenu toute son attention. Le 20 novembre, le ministre Jacques Toubon, lecteur très intéressé de mes ouvrages, me félicite vivement par lettre écrite mais me fait savoir par un ami qu'il n'est pas dans son rôle d'intervenir dans le débat. Dans les années qui suivent, Annie Lhéritier me confirme que le président de la République, Jacques Chirac, est informé mais me renvoie au ministre de la Culture. Interrogés par lettres officielles et questions écrites parlementaires, il ne sera répondu que par des réponses "langue de bois" ou sans suite par les ministres successifs de la Culture, Trautmann, Tasca, Aillagon, Donnedieu de Vabres, Albanel...
 
Mais qui donc a décidé, à l'origine, de cette stratégie du type combat retardateur qui consiste à toujours repousser dans le temps le jour où la vérité éclatera ?
 
Jacques Chirac qui ne voulait pas être accusé de ternir la mémoire de François Mitterrand ? Jacques Toubon qui pensait, contrairement à moi, que l'immigration est une chance pour notre pays et qui sera chargé de réaliser le musée de l'immigration ? Ou d'autres ? Et d'autres ?
Et qui donc a fait en sorte que cette stratégie fonctionne ? Ne serait-ce pas l'ensemble de la communauté archéologique dont la hiérarchie pyramidale s'est construite sur l'affaire "Bibracte au mont Beuvray" ?
Grand patron de l'archéologie française, Christan GOUDINEAU fut un des premiers directeurs de la reprise des fouilles décidée par François Mitterrand. De président du comité scientifique du site, il s'est vu propulsé jusqu'à la chaire prestigieuses du Collège de France. L'un de ses premiers ouvrages porte sur Bibracte au mont Beuvray. Le directeur de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne était, à ce moment-là, M. Michel CLÉMENT, archéologue d'origine. Il montera jusqu'au poste de directeur du patrimoine et de l'architecture au ministère de la Culture. M. GRENIER DE MONNER était alors l'éminence grise de la Sous-direction de l'Archéologie. Apparemment, cet administrateur civil semble avoir été beaucoup plus soucieux de son projet de statut en faveur des archéologues que de rétablir la vérité historique. Concernant les DRAC, Il coule de source que les nominations d'archéologues dans ces services n'ont pu se faire qu'en accord avec la doxa prônée par les livres de Christian Goudineau. En outre, cette oligarchie - car c'est bien le nom qu'il faut lui donner - peut compter sur ses relations dans le monde universitaire, sur des journalistes accrédités, sur sa revue L'Archéologue, sur sa maison d'édition Epona, sur un administrateur de Wikipédia pseunommé Luscianusbeneditus etc. En dehors de cette doxa, impossible à un archéologue de publier ses travaux, ou alors, ils sont minimisés, comme la mise au jour d'une urbanisation à caractère religieux sur le mont Lassois avant celle du mont Beuvray. Importante personnalité dans le domaine de la recherche archéologique, Vincent GUICHARD, directeur du Centre archéologique européen, a même osé déclarer le 13 septembre 2007, à Europe I, au micro de Jacques Pradel, que la petite ville récemment découverte sur le mont Lassois n'aurait été qu'une tentative urbaine avortée qui n’a pas eu de suite.
Mais comment expliquer que cette stratégie n'ait pas éte dénoncée par la suite ?
De 2003 à 2011, Mme Isabelle BALSAMO, est chargée de la Sous-direction de l'archéologie. J'ai entretenu avec elle un courrier amical mais sans résultat. Elle est actuellement cheffe de l'inspection du patrimoine, belle carrière.
De 2003 à 2007, Marie-Christine LABOURDETTE, ancienne de l'ENA, est chargée de la DRAC Bourgogne. Elle est au courant de l'existence de mes ouvrages mais prendra ouvertement le parti des archéologues du mont Beuvray. Elle est actuellement directrice des musées de France, belle carrière.
A partir de là, on commence à comprendre l'esprit de la manoeuvre.
Il s'agit de faire en sorte que le centre archéologique européen du mont Beuvray devienne un musée modèle, non seulement archéologique mais plus largement culturel, et même, un musée de rayonnement international, son identification stricte a la capitale éduenne ne devenant dès lors qu'un problème secondaire. Parallèlement, il s'agit d'attirer l'attention de l'opinion sur le nouveau musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée de Marseille, qui devient le nouvel emblème à porter au crédit de l'archéologie française.
Mais qui donc rédige les réponses "langue de bois " que les différents et différentes ministres de la Culture signent aveuglément, en toute connaissance de cause... ou bien en étant abusés ? Est-ce M. Philippe BELAVAL, ancien directeur général du patrimoine, Philippe BERJOT, l'actuel directeur, Vincent GUICHARD, directeur du centre archéologique ?
11/02/95. Dans une interview accordée à France-culture, Vincent GUICHARD déclare qu'il n'a pas l'intention de recommencer pour Gergovie la polémique dont le site d'Alésia a été l'objet ; on ne peut pas être plus clair pour signifier qu'on refuse tout débat.
1998. Revue Gallia n° 55. Concernant la localisation de Bibracte au mont Beuvray, on y reprend les interprétations napoléoniennes de Bulliot comme un fait acquis sans évoquer les contestations auxquelles cette thèse avait donné lieu. On y apprend que les onze années de fouilles archéologiques initiées par le président de la République, François Mitterrand - et qui se continuent encore de nos jours - n’ont dorénavant plus pour objet que de comprendre l’urbanisme du lieu. Vincent Guichard reconnaît pourtant que le développement d’une ville (Bibracte) à cet endroit (mont Beuvray) défie apparemment toute logique mais il y maintient le site de la capitale gauloise.
13/4/99, FR3 Bourgogne. Ma thèse fait légèrement sourire au mont Beuvray, simple agitation, juge-t-on ici, d'un amateur peu averti. Dans la communauté scientifique, déclare Vincent Guichard, ça fait belle-lurette que plus personne ne doute. Ça fait au moins 130 ans que plus personne ne doute de la localisation de Bibracte, capitale des Eduens, mentionnée par César à multiples reprises, sur le mont Beuvray. C'est absolument clair.
18/04/1999, le Progrès de Lyon. Il (Christian Goudineau) les écarte (mes arguments) avec le bouclier de la science et l’armure de l’institution, sans se donner la peine de les réfuter. Jean-Philippe Mestre, grand reporter.
19/04/1999, JO, page 2337. A une question qui lui est posée, Mme Trautmann, ministre de la Culture, déclare que la question de l’éventuelle mise en cause du bien-fondé de la localisation au mont Beuvray des vestiges de l’oppidum n’est pas un sujet de débat pour l’immense majorité des archéologues.
 2/7/2001, JO, page 3835. A la question qui est de nouveau posée par le député Marc-Philippe Daubresse, Mme Tasca, ministre de la Culture, répond que les recherches archéologiques sur le mont Beuvray... ne s’occupent pas de la localisation mais plutôt de l’environnement...On peut noter, ajoute-t-elle, que M. Goudineau, professeur au Collège de France, juge certaine la localisation de Bibracte au Mont Beuvray.
2002. La preuve par la pioche. Régulièrement, la presse aime relancer le débat sur la localisation des sites d’Alésia de Gergovie ou de Bibracte : "science officielle" contre "gens du terrain" soucieux de donner tort à leur inventeur, Napoléon III. La polémique tient du combat d’arrière garde : au XIXe siècle, tout érudit local se devait de prouver que "son" site collait le mieux au récit de la Guerre des Gaules. Du désir à la réalité, il y a un fossé. Ou plutôt... des fossés, relevés par les archéologues. Aux savantes interprétations, ces derniers opposent mille faits objectifs : plans, armes, pièces d’équipement et projectiles d’artillerie datés de l’époque césarienne, inscriptions... Inexplicables hors du contexte de la Guerre des Gaules, ces objets sont évidemment absents des autres sites (ce qui est un pur mensonge en ce qui concerne le Mont-Saint-Vincent dont je dis et prouve qu'il est le site de la véritable Bibracte). Ils sont pourtant de ceux qui font toute la différence entre le "possible" et le "plausible". (extrait du catalogue de l’exposition de Bibracte "sur les traces de César par Vincent Guichard, http://arafa.fr/SPIP/spip.php?rubrique10).
11/6/2013. JO page 6077. Au député Christophe Siruge qui l'interroge de nouveau sur la question de l'éventuelle mise en cause du bien-fondé de la localisation au mont Beuvray des vestiges de l'oppidum de Bibracte, Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, répond, en langue de bois, que les recherches archéologiques mises en oeuvre depuis 1984 sur le site du Mont Beuvray visent notamment à constituer des corpus de données susceptibles d'alimenter les questionnements des chercheurs européens autour des problématiques liées à la formation et au développement des premières formes d'urbanisation en Gaule, à l'organisation et à l'exploitation des territoires, à l'économie et aux échanges autour et à partir des oppida. Dans cette perspective, les questionnements relatifs à la stricte identification de Bibracte au site du Mont Beuvray s'avèrent d'un intérêt accessoire.
DANS CETTE PERSPECTIVE, LES QUESTIONNEMENTS RELATIFS À LA STRICTE IDENTIFICATION DE BIBRACTE AU MONT BEUVRAY S'AVÈRENT D'UN INTÉRÊT ACCESSOIRE.
Terrible aveu de ce qui est devenu un mensonge d'État qu'on ne veut toujours pas assumer.
E. Mourey, 15/10/2013

lundi 8 juillet 2013

Un nouveau livre sur Vercingétorix, réhabilitant le chef gaulois

tumblr_inline_mpd0s5KaFs1qz4rgp.jpgIl vient de sortir aux éditions Ellipses. 528 pages, 24,4 €, disponible ici.
La 4e de couverture est explicite :
« Alésia, 52 av. J.-C. Un pays se soulève à l’appel d’un jeune homme. Moins de dix mois de lutte. La réussite, si proche… et la célèbre reddition du vaincu.
Les études sur Vercingétorix et César sont nombreuses. Pourtant la controverse actuelle sur l’emplacement d’Alésia pourrait remettre en cause bon nombre d’idées reçues sur le jeune Arverne. Entre les tenants de l’Alésia bourguignonne (Alise-Sainte-Reine) et les défenseurs d’une Alésia jurassienne, une âpre guerre s’est déclenchée.
Il ne s’agit pas là d’une simple affaire de spécialistes car l’appréciation que l’on peut porter sur Vercingétorix est intimement, absolument, irrévocablement liée à la question de l’emplacement d’Alésia. Dès lors qu’il n’est plus gibier mais chasseur, Vercingétorix acquiert une autre envergure, ses desseins une autre profondeur, sa lutte juvénile et généreuse une plus grave autorité. Et ce nouveau personnage mérite la découverte.
Dans un style alerte et savoureux, l’auteur examine une à une les pièces du dossier, en commençant par une relecture attentive de la Guerre des Gaules confrontée à des observations géographiques, archéologiques et stratégiques. Elle nous livre la biographie d’un Vercingétorix audacieux, énergique et fin stratège, qui aurait pu vaincre Rome. »

jeudi 20 décembre 2012

L’Atlantide dont les archéologues français ne veulent pas

Alors que l'Université s'efforce de maintenir nos "humanités", une nouvelle archéologie, dite scientifique, va jusqu'à prétendre réécrire l'histoire des origines d'après l'enseignement qu'elle croit tirer des fouilles faites sur le terrain.
C'est ainsi qu'en Palestine, l'archéologue Israël Finkelstein a réussi, avec un certain succès, à convaincre une partie de la communauté scientifique que les textes du Pentateuque avaient été écrits bien après les événements qu'ils relatent, sur la foi de légendes transmises oralement de génération en génération et que, par conséquent, il ne sont pas fiables.
C'est ainsi qu'en France, bien que toujours dans l'ombre de Christian Goudineau, ancien professeur titulaire de la chaire des Antiquités Nationales, MM. Vincent Guichard et Matthieu Poux imposent leurs nouvelles vues à l'archéologie française, le premier au mont Beuvray, considéré à tort, selon moi, comme le site de Bibracte, le second à Corent où il voudrait voir, également à tort, le site de Gergovie.
Partant du principe que les constructions maçonnées en pierre n'ont pu apparaître en Gaule que par une influence romaine, ils en arrivent à imaginer une "civilisation des oppida, véritables cités de terre et de bois". Ils oublient que César a dû construire une rampe d'accès de presque 23 mètres de haut contre les tours et les murailles d'Avaricum dont les murs de pierres étaient maçonnés, évidemment au mortier de chaux (coagmentis). Ils décrètent que la capitale/forteresse/ville du mont Lassois, récemment mise au jour, est un accident qui n'a pas eu de suite, que les ruines du village d'Alésia sont gallo-romaines et qu'il en est ainsi pour toutes les mises au jour de constructions en pierre. 
On comprend, dans ces conditions, pourquoi ces archéologues sont très irrités par ma proposition de situer au Crest, dans les montagnes d'Auvergne, le site très fortifié qui a inspiré le texte de Platon sur l'Atlantide. Car, au-delà du mythe, cela indique que le philosophe voyait dans la capitale des Arvernes une fondation de Poséidon et donc, qu'il lui donnait une origine aussi illustre que celle d'Athènes, mais de nature différente.

Je viens de lire le livre de M. Bernard Sergent "l'Atlantide et la mythologie grecque". Agrégé d'histoire, docteur en histoire ancienne et archéologie, l'auteur est chercheur au CNRS et président de la Société de mythologie française. Il explique comment Platon aurait construit le mythe de l'Atlantide en s'inspirant de mythes grecs qui se sont forgés dans un milieu entièrement grec. Pour ma part, je nuancerais un peu le propos en précisant : "dans le milieu de la mer Egée" pour qu'on n'oublie pas la primauté, dans le temps, du dieu phénicien/tyrien de la mer, Yam, que les Grecs ont, semble-t-il, rebaptisé du nom de Poséidon.

S'il est admis, en effet, que tout a commencé à Sumer, ce n'est que vers le X ème siècle que l'écriture apparaît sur les rives orientales de la Méditerranée dans l'inscription du tombeau d'Ahiram, roi de Byblos. L'écriture n'arrivera en Grèce que plus tard.

De même, selon la Bible, c'est au X ème siècle, à Tyr, que le roi Hiram fit fabriquer des objets en bronze pour le temple de Salomon, notamment une grande cuve reposant sur douze taureaux et richement ornée. Or, les cratères, vases, hydries ou autres objets décoratifs en bronze de cette qualité n’apparaissent dans le monde grec que beaucoup plus tard. A Gergovie (ma thèse), le cratère de Vix, avec la représentation de la Gorgone - à gauche - ne daterait que du VI ème siècle (avant J.C.).

Autre élément de preuve de l'antériorité phénicienne : l'émigration phénicienne partie du port de Tyr et des rivages du pays de Canaan - ceux qui apportent la pourpre - qui a touché, en premier, notre pays.

Pour M. Sergent, il n'y aurait pas de terre Atlantide, ni enfouie, ni cachée. Evidemment, cela ne fait pas l'affaire de ceux qui espèrent, un jour, voir surgir de l'océan la cité engloutie de leurs rêves. Et ces irréductibles sont de plus en plus nombreux, au fur et à mesure que l'ésotérisme progresse au dépens des humanités qui servaient jadis de références à la pensée raisonnable. Mais pour les gens sérieux, il y a, dans le texte de Platon, tout un univers ancien qui ne demande qu'à être mieux compris.
 
Ce que je regrette, je ne le reproche pas à l'auteur, mais à la communauté archéologique française qui n'a cessé, et ne cesse encore, de rabaisser notre histoire antique pour valoriser, par comparaison, celle de la colonisation romaine, et cela, avec l'approbation du ministère de la Culture, ce qui est un scandale.
 
Il s'agit là d'une erreur tragique qui oblige intellectuellement M. Sergent à considérer notre pays comme une terra "ignota et inculta" et, de ce fait, à repousser dans un Occident lointain mal défini toute une partie du texte de Platon... Et pourtant. 
 
L'énigme d'Erutheia.
 
Une énigme ? Pas vraiment ! Hérodote et d'autres auteurs la désignent comme une île de l'océan, au-delà des colonnes d'Héraklès. Ils lui donnent le nom de Gadeira. C'est le nom attesté de l'actuelle Cadix. C'est ici, ou plutôt dans l'arrière-pays, qu'Héraklès/Melqart aurait volé les boeufs de Géryon. Cette action ne peut se comprendre, à mon sens, que si elle est en rapport avec une expédition militaire menée dans le cadre d'opérations de type reconnaissance ou colonial ; autrement dit, la légende pourrait rappeler la colonisation phénicienne qui semble avoir connu son apogée en 814 avec la fondation de Carthage. Ensuite, poursuivant son périple, Héraklès aurait fondé une Alésia que j'identifie à Nuerax/Bibracte/Mont-Saint-Vincent, en Bourgogne du sud. Mais auparavant, d'après Tite-Live, il était passé en Italie, avant que la ville de Rome soit fondée. Il faudrait donc comprendre que le processus de colonisation s'est accentué et développé après la fondation de Carthage, ce qui me paraît assez logique (et peut-être même dès après la guerre de Troie pour des contingents limités).
 
Dès lors que Gadire s'inscrit, et dans l'histoire, et dans le paysage géographique, force est de constater que Platon en tient compte puisqu'il donne au fils puiné de Poséidon cette dite île de Gadir, et par extension l'Espagne. En toute logique, la province royale voisine qu'il remet à son premier-né, Atlas, ne peut être que Gergovie en tant que capitale, et la future Gaule en tant que territoire... une future Gaule à laquelle il donne, toujours très logiquement, le nom d'Atlantide.
 
Le procès qu'on me fait pour ma proposition d'une Atlantide qui n'est pas vraiment une île est absurde. Il est clair que, dans la rédaction de ses mythes, Platon n'a jamais cherché à donner une représentation géographique exacte, bien au contraire. D'une part, cela lui aurait été bien difficile pour la Galatie/Gaule alors qu'apparemment, aucun explorateur n'avait parcouru les frontières du Rhin. D'autre part, cela aurait complètement dévalorisé son récit auprès de ses lecteurs qui, depuis l'Odyssée, avaient pris l'habitude de projeter leurs fantasmes dans un univers d'îles lointaines aux extrémités de l'Occident.
 
Ceci pour dire que Platon ne pouvait situer, poétiquement, son Atlantide que dans une île ou un semblant d'île, de même qu'il n'a pas hésité à forcer le trait pour décrire à ses contemporains une Grèce ancienne aux terres fertiles et bien gérées, ce qui est encore plus difficile à croire. Enfin, il me semble, qu'au lieu d'imaginer une Atlantide du côté des Amériques auxquelles même Christophe Collomb ne croyait pas, il serait bien plus intéressant d'essayer de comprendre ce qui, dans notre pays, a bien pu faire fantasmer les anciens Grecs.
 
Le jardin des Hespérides.
 
Comme le montre le char d'apparat du musée de New York, si la tête de lion représentée sur le bouclier identifie une Bibracte combattante, la tête de la Gorgone, ou de Méduse, désigne incontestablement la Gergovie arverne (Gorgona devenue Gergovia). Il n'y a pas d'autre lecture possible. Plus la tête de Méduse était affreuse, plus elle pouvait terrifier l'adversaire. Quant au fait de tirer la langue - signe de défi lancé à l'adversaire ou à la mort, Tite Live l'a noté pour un chef gaulois. Il faut croire que l'image était efficace puisqu'Athéna, elle-même, l'avait portée sur son bouclier, mais il peut y avoir une autre raison. Enfin, si l'on tient compte du cratère de Vix à décor de Gorgones qui ne peut avoir été fabriqué qu'en pays arverne, il ne fait aucun doute que, pour les Grecs, Gergovie était bien le pays de Méduse et des Gorgones.
 
Citation : Les Gorgones qui habitent par delà l'illustre Océan, vers l'empire de la Nuit, dans ces lointaines contrées, où demeurent les Hespérides à la voix sonore... Méduse était mortelle... Poséidon aux noirs cheveux s'unit avec elle dans une molle prairie, sur une couche de fleurs printanières. Lorsque Persée lui eut tranché la tête, on vit naître d'elle le grand Chrysaor et le cheval Pégase... Persée, quittant une terre fertile en beaux fruits, s'envola vers le séjour des Immortels... Chrysaor, uni à Callirhoë, fille de l'illustre Océan, engendra Géryon aux trois têtes (Hésiode, site de M. Remacle, traduction A. Bignan).
 
Comme je l'ai indiqué dans mon précédent article, le simulacre de la décapitation de la Méduse a donc bien eu lieu à Gergovie. Persée de Thèbes, en Béotie, y serait donc venu dans les années 520/660 (?) http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec... ; le dessin de la salamandre qui figure sur le pithos en est la preuve irréfutable.
 
Tout cela s'accorde, en toute logique, avec le texte de Platon. Gergovie, capitale des Atlantes et de la Galatie/Gaule, province royale, et Gadera, capitale de la future Espagne/Hispanie, province gadirique, sont issues d'une même culture phénicienne. Cette culture les rapproche comme les liens de sang rapprochent deux frères. Et il faut remarquer que ces deux cités phéniciennes ont exprimé leurs croyances druidiques dans des sculptures de chapiteaux à la différence de la Grèce qui n'y mettait principalement que du feuillage. Enfin, bien que jumeaux, Gergovie, né en premier, avait toutefois la prééminence.
 
Plus difficile à dater est la légende d'Héraklès, un héros que, manifestement, les Grecs ont emprunté au Melqart phénicien. Mais ce qui ne fait pas de doute, c'est que certains de ces mythes nous conduisent indiscutablement en Auvergne. Gorgones, Méduse, Atlas, les Hespérides, le jardin aux pommes d'or, oui, nous sommes bien au pays des montagnes auvergnates et des volcans aujourd'hui éteints. C'est là que vivait Atlas, le géant qui soutenait l'une des colonnes sur laquelle prenait appui la voûte du ciel.http://www.agoravox.fr/tribune-libr...
 
Citation : Lorsqu'Héraklès fut arrivé vers Atlas, dans le pays des Hyperboréens, Prométhée lui conseilla de ne pas aller lui-même chercher les pommes, mais de prendre la place d'Atlas, et de l'envoyer les cueillir. Hercule suivit son conseil, et prit le ciel sur ses épaules : Atlas ayant cueilli trois pommes dans le jardin des Hespérides, revint vers lui, mais ne voulut plus reprendre le Ciel et dit qu'il irait lui-même porter les pommes à Eurysthée. Hercule alors, par le conseil de Prométhée, pria Atlas de le reprendre seulement jusqu'à ce qu'il eut fait un coussin pour mettre sur sa tête. Atlas y ayant consenti, posa les pommes à terre, et reprit le ciel ; alors Hercule s'empara des pommes et s'en alla. D'autres disent que ce ne fut pas Atlas qui les lui donna, mais qu'il les cueillit lui-même dans le jardin des Hespérides, après avoir tué le serpent qui les gardait. Il les porta à Eurysthée qui lui en fît présent ; Hercule les donna à Minerve qui les reporta dans le jardin, car il n'était pas permis qu'elles fussent placées ailleurs.(Apollodore, biblio II, site de M. Remacle, traduction E.Clavier). Dans cette version, c'est le serpent qui garde les fruits, dans une autre version, c'est un dragon. Est-ce le plateau de la Serre dans lequel les Arvernes voyaient un serpent, ou même une sorte de dragon ? Dans mon montage ci-dessus, j'ai voulu montrer comment les Arvernes s'imaginaient, qu'un jour, le dragon de leurs sculptures allait se réveiller de la montagne de la Serre. Ci-dessus, au Puy-en-Velay, Atlas soutient la voûte du ciel de la voûte d'entrée. En dessous, terres cuites décorées inspirées des chapiteaux de Gergovie.
 
Atlas donna à Hercule non seulement ce qu'il était venu chercher, mais encore il l'initia dans l'astronomie. Atlas avait bien approfondi cette science, et il avait construit avec art une sphère céleste ; c'est pourquoi on le supposait portant le monde sur ses épaules. Comme Hercule apporta le premier en Grèce la science de la sphère, il en retira une grande gloire ; c'est ce qui fit dire aux hommes, allégoriquement, qu'il avait reçu d'Atlas le fardeau du monde.(Diodore de Sicile IV, site de M. Remacle, traduction de l'abbé Terrasson).
Bref, tous ces mythes montrent bien l'intérêt qu'avait Platon à situer son Atlantide dans nos terres.
Et je pourrais ajouter le mythe des géants, celui des titans et, peut-être, d'autres encore... http://www.agoravox.fr/tribune-libr... Dans ces temps de disette, je ne comprends pas la position du ministère de la Culture et de ses services. Et pourtant, il faudra bien, un jour, se décider à montrer comment Gergovie a fait rayonner sur le monde une culture que, jusqu'à maintenant, on a attribuée à d'autres... Dieu est là, dans le vent qui se lève à la surface du lac. Ouvrez les yeux et vous le verrez dans les tourbillons de feuilles que le vent soulève. Voyez ses yeux, son nez, ses oreilles et ses cornes en feuilles de chêne...
Mais revenons à nos moutons pour expliquer, une fois de plus, pourquoi il faut situer l'Atlantide en grande partie imaginaire de Platon dans notre vieux pays.
 
 
Je propose l'interprétation suivante du texte de Platon.
 
Je propose d'interpréter le passage qui suit en essayant de raisonner dans l'esprit de Platon mais en identifiant à priori son île Atlantide à la Gaule. Pour la commodité de l'exposé, je conserverai ce nom de Gaule bien qu'il n'existait pas encore à cette époque. La traduction - en gras - est de M. Luc Brisson. Mes annotations sont indiquées en italiques.
 
C'est que, en ce temps-là (de même que la Grèce ancienne est géographiquement différente de la Grèce actuelle, de même en ce qui concerne l'île Atlantide qui a précédé géographiquement la Gaule. A noter que les capitales ne changent pas d'emplacement), on pouvait traverser cette mer lointaine (c'est-à-dire, longer les côtes ouest de la Gaule, comme le fera Pythéas). Une île s'y trouvait en effet (pouvant faciliter une traversée par cabotage) devant le détroit (la Gaule, facade ouest). Cette île était plus étendue que la Libye et l'Asie prises ensemble (plus tard, la carte de Peutinger donnera encore à la Gaule une étendue démesurée). A partir de cette île, les navigateurs de l'époque pouvaient atteindre les autres îles (Angleterre, Irlande ?), et de ces îles, ils pouvaient passer sur tout le continent situé en face, le continent qui entoure complètement cet océan, qui est le véritable océan (au temps de Platon, on pensait que le monde habité par les hommes était entouré de cet océan, lequel était entouré lui-même par un véritable continent mais différent du nôtre).
Car tout ce qui se trouve de ce côté-ci du détroit dont nous parlons, ressemble à un port au goulet resserré (il s'agit des côtes méditerranéennes qui sont à l'image d'une grande rade qui s'ouvre sur Marseille. Le goulet resserré s'explique par cette particularité qu'on ne pouvait y accéder que par un canal étroit, en raison des bancs qui en gênaient l'accès) ;
 
De l'autre côté, c'est réellement la mer (l'océan), et la terre qui entoure cette mer, c'est elle qui mérite véritablement de porter le nom de "continent" (Par contraste avec ce véritable continent précité, la Gaule ne mérite de n'être désignée que par le mot "île").
 
Or, dans cette île, l'Atlantide, s'était constitué un empire vaste et merveilleux, que gouvernaient des rois dont le pouvoir s'étendait non seulement sur cette île toute entière, mais aussi sur beaucoup d'autres îles et sur des parties du continent (Dans ce cas, il faudrait faire passer le fleuve océan par la Manche et considérer nos amis anglais comme appartenant à un autre monde). En outre, de ce côté-ci du détroit, ils régnaient encore sur la Libye (l'Afrique du Nord) jusqu'à l'Egypte (l'Asie Mineure), et sur l'Europe jusqu'à la Tyrrhénie (l'Etrurie, Italie occidentale). 
 
Conclusion : Gaule côté ouest du détroit + Gaule côté est ->Gaule tout court.
 
Etonnant, ce texte de Platon qui nous oblige à réécrire notre histoire. On savait que les Gaulois s'étaient très impliqués dans les guerres puniques qui ont suivi. On savait même que des chefs gaulois commandaient des troupes à Carthage même, mais jamais on ne pouvait penser que c'est Gergovie qui commandait à la cité carthaginoise. De même, on savait que les Gaulois/Galates s'étaient portés jusqu'en Asie Mineure contre le royaume de Pergame au II ème siècle avant J.C., mais on ne pensait pas qu'ils s'y trouvaient déjà au temps de Platon. Quant à l'Etrurie, j'y trouve une confirmation pour dire, ce que j'ai déjà souvent dit, à savoir que ce ne sont pas les Etrusques qui ont apporté leur culture à la Gaule mais le contraire, par Gergovie et ses alliés.
 
Je remercie M. Luc Brisson pour les précisions qu'il m'a données concernant sa traduction du texte de Platon.
Références : Platon, oeuvres complètes, nouvelle traduction de M. Luc Brisson, 2008 et 2011.
L'Atlantide et la mythologie grecque de M. Pierre Sergent, 2006.
Histoire de Gergovie de E. Mourey, pseudonyme Jean, 1993.
Cratère de Vix : photo INRAP http://archeologie-vin.inrap.fr/Arc...
Le monde selon le Critias et et le Timée : Luc Brisson et Guillaume Duprat.
Croquis et photos : E. Mourey