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lundi 20 juillet 2026

Le totalitarisme du Bien

 

Le totalitarisme du Bien

Écologie rédemptrice, école sous tutelle idéologique, justice militante, enfants soustraits à leurs familles au nom du Bien : dans « La République de Gaïa », Alexis Legayet pousse jusqu'à leurs limites les tendances liberticides de notre époque. Nourrie de la philosophie de Platon, d'humour noir et d'une ironie mordante, la nouvelle dystopie de ce prolifique romancier est à la fois drôle et inquiétante. Entretien avec un auteur qui a choisi les armes de la satire plutôt que celles de l’essai.

Dans La République de Gaïa, la France est passée sous la domination d’un pouvoir écologiste radical. Au nom du Bien, du climat, de l’inclusion et de la protection des plus faibles, toutes les institutions – école, justice, aide sociale à l’enfance, médias – sont progressivement gagnées par une nouvelle morale officielle. À travers plusieurs personnages, notamment Alice, jeune institutrice convaincue d’incarner le Progrès, Alexis Legayet décrit une société où les certitudes idéologiques l’emportent sur le réel, où le soupçon permanent dicte les rapports sociaux et où l’éducation sert à façonner un « homme nouveau ». Nourri de débats contemporains (notamment sur les dysfonctionnements de l’ASE) et de références philosophiques (en particulier à Platon), cette dystopie politique mêle humour, caricature et réflexions sur les dérives possibles d’une société persuadée d’agir au nom du Bien.

ÉLÉMENTS. Votre œuvre riche d’une quinzaine de romans est un mélange de satire philosophique et d’anticipation sur certaines dérives de notre époque (féminisme castrateur, antispécisme et écologisme radicaux, omniprésence de l’IA). Vous avez choisi de passer par la fiction, l’ironie et le grotesque plutôt que par l’essai. Qu’est-ce que le roman vous permet de dire que l’essai ou la tribune ne permettraient pas ?

ALEXIS LEGAYET : À l’origine de chacun de mes livres, il y a en effet le désir d’explorer une question de notre temps. Sur ce point, et pour ce qui me concerne, la forme roman possède un quadruple privilège sur l’essai sociologisant ou philosophique : celui d’être statutairement une fiction, décollée par principe d’une position de vérité ; celui d’incarner des idées – dans des corps, dans des histoires passionnées que la logique abstraite a naturellement tendance à nous faire oublier ; celui – qui n’est pas rien – de m’amuser (et peut-être, sait-on jamais, un ou deux autres avec) ; celui, enfin, d’être désengagé…

Et tout cela va ensemble : quoi que dans le combat qui oppose les conservateurs et les progressistes, je sois plutôt de cœur du côté des premiers, je dois non seulement admettre mon incapacité à fonder en raison mes positions spontanées, mais, davantage encore, que la force des arguments est souvent du côté des seconds.

Qu’opposer par exemple aux arguments moraux des végétariens, sinon l’habitude et la tradition qui, du point de vue de la raison, ne sont peut-être rien d’autre que des formes mystifiées du droit du plus fort ? Et pourtant quelque chose résiste… quoique déstabilisé, je ne suis pas convaincu. D’où, afin notamment d’y voir un peu plus clair, l’idée d’incarner davantage ces discours ; car si la vérité est (peut-être) ultimement indécidable – de ce point de vue, je tiens une position sceptique -, reste que discours progressistes et conservateurs mobilisent des corps et des passions qui, dans leur confrontation, écrivent des histoires potentielles en lesquelles se jouent ces questions de notre temps.

Comme tout romancier, je me fais alors spectateur de ce combat dont je tente d’épouser la logique idéelle et passionnelle (celle de mes personnages, celle des situations) sans savoir par avance où elles vont m’emmener. D’où un désengagement de principe : dans mes romans du moins, je tente de ne pas prendre parti, je laisse mes personnages jouer leur rôle, où qu’il puisse les mener dans cette comédie. De là le fait qu’à propos du même livre (Dieu-Denis ou le divin poulet), des végans m’aient remercié d’avoir pris fait et cause pour les animaux (j’avais même été sélectionné pour un prix animaliste), quand de vieux conservateurs carnivores s’enchantaient, eux, que je me fiche si allègrement des animalistes…

D’un point de vue littéraire, d’ailleurs, ce désengagement me semble tout à fait essentiel. Si je n’étais désengagé (temporairement, partiellement, littérairement…), je ne pourrais m’amuser de situations parfois objectivement tragiques – car c’est cela que fait le romancier – ce sadique ! – qui jouit et rit parfois non seulement du mal dans lequel il plonge ses propres personnages, mais des maux du monde lui-même, qui sont tous pour lui une excellente occasion pour écrire.

Une tragédie inédite survient – attentat, meurtre, suicide, que sais-je ? Tout le monde crie, pleure, lève le poing ! Le romancier, lui, jubile (pour partie, bien entendu) : « oh, la belle histoire ! »

Un exemple : ce roman (La République de Gaïa) développe l’idée de placements abusifs d’enfants par une ASE (Aide Sociale à l’Enfance) mise au service d’un État écologiste ayant pour but de libérer la jeunesse de l’influence délétère des familles. Je me souviens du moment où l’idée a germé. J’étais en voiture, j’écoutais la matinale de Radio Courtoisie. Une avocate y disait que la moitié des placements d’enfants étaient, selon elle, des placements abusifs. La moitié ! Soit environ 150 000 ! 150 000 enfants, en France, arrachés à leurs parents pour des raisons, selon elle, infondées (et idéologiques) ! Réalité abominable ! J’imaginais, bien sûr, mes propres enfants enlevés… mais… oh la belle histoire ! Je tenais là mon roman. Jubilation… Horreur et jubilation… horreur donc jubilation, plutôt, car jubilation devant mon propre sentiment d’horreur, dont je me faisais ici l’horrible spectateur. Attitude perverse, immorale, mais caractéristique : tout est nourriture pour le romancier. Comme la hyène, il se repaît des cadavres. Ce n’est donc pas un hasard si le vertueux Platon proposait de ramener les poètes (faux, injustes, immoraux) à la porte de la Cité…

ÉLÉMENTS. Platon, justement… La République de Platon irrigue tout le roman. Vous semblez suggérer que l’idée d’une cité parfaitement vertueuse peut facilement glisser vers une société de contrôle. Pourquoi avoir choisi Platon comme fil conducteur ?

ALEXIS LEGAYET : La République de Gaïa est, en effet, la tentative de la part d’écologistes progressistes de réaliser une République parfaite, orientée par le Vrai et le Bien, comme l’était celle imaginée par Platon. Certes, eu égard aux évidences du temps, Platon, vieil archaïque qui, non content de hiérarchiser les êtres (défendant, par exemple, pour les humains, un authentique racisme), figeait le mouvement et essentialisait ce que nous, modernes, savons n’être qu’historique, peut tout autant nous apparaître comme un affreux fasciste… Alain Badiou ne s’y est toutefois pas trompé : on peut tout aussi bien lire la République comme un élan à prolonger vers ce Bien et ce Vrai que serait le communisme.

En ce qui nous concerne, aujourd’hui, la reconnaissance du caractère transitoire de toute identité ne nous invite-t-elle pas, en effet, à nous unir, nous fondre, nous dissoudre dans le Commun ultime (celui de la Cité, pour Platon ; celui de Gaïa, aujourd’hui ; celui du Cosmos, demain) ?

Toute fixation (sur une nation, un genre, une espèce…), toute fermeture (sur l’autre : qui est essentiellement le même, mon frère, mon prochain) – comme refus du Bien et de la Vérité – n’est-elle pas taxée de “fasciste” ?

Nonobstant son archaïsme, chez Platon, l’élan est là : 1) le but d’abord : organiser une république unie non par le hasard de l’histoire, mais par un véritable Bien ; 2) dont les fondements soient accessibles à la seule raison humaine (d’où le caractère ouvertement “scientifique” de la nouvelle République) ; 3) la critique des “imbéciles” (identitaires, climatosceptiques, gilets jaunes, et “nez rouges” dans le livre) enfermés dans la caverne de leurs préjugés archaïques dont les Sachants gouvernants doivent idéalement les libérer (et en tout cas les diriger et guider) ; 4) la nécessité fondamentale de l’éducation, et spécialement celle des enfants, afin de guérir à la source la Cité de l’erreur et du mal historique ; 5) le rôle essentiel de la musique dans la formation des âmes – dont la République de Gaïa fera un usage intensif ; 6) la question du désir – du désir érotique – et de sa nécessaire sublimation au sein du processus éducatif (dans Le Banquet, surtout, cette fois) ; 7) l’interdiction, enfin, des pensées déviantes, et, par exemple, de ces poètes et chansonniers suivant les délires immoraux et antisociaux des passions et des traditions sans fondement.

Tout cela est en Platon, du moins en un certain Platon… puisque, refusant (lui aussi) la forme du traité au profit de l’espace fictionnel du dialogue, le philosophe s’échappe toujours derrière ses personnages – dont on ne peut donc dire d’aucun avec sûreté qu’il est le véritable Platon (pas même Socrate). Le philosophe Alain nous invitait ainsi à ne pas trop prendre au sérieux les thèses jaillissant des dialogues, au profit du jeu libre et jubilatoire de la pensée d’où elles ont problématiquement et parfois seulement ludiquement émergé…

ÉLÉMENTS. Malgré les sujets graves – école, justice, protection de l’enfance, surveillance idéologique – le roman est très drôle. Pourquoi avoir choisi la comédie, plutôt que le roman tragique ?

ALEXIS LEGAYET : Le fond est tragique, bien entendu. On le sait, on le rappelle… je joue ici et là, dans le roman, quelques notes en mineur… mais pas trop, et le moins possible. Par tempérament d’abord, je refuse de m’ensevelir là-dedans. Trop déprimant (car je suis un sensible)… Non, je préfère prendre de la distance et m’amuser de ces situations, ce qui suppose toujours une forme plus ou moins grande d’ “anesthésie de la sensibilité” (Bergson) – donc une part “diabolique” (Baudelaire). Qu’une partie du réel échappe alors, j’en conviens – je la fuis ! – mais que, par la voie comique, quelque chose de ce dernier s’éclaire aussi est évident : on ne peut rire à propos que de ce qui est intrinsèquement risible.

Selon la formule de Bergson, sont risibles les vivants qui se comportent comme des mécaniques – ceux qui se croient libres et lucides, et sont inconscients des logiques qui les meuvent, malgré eux. L’idéologie – dans ce roman : le progressisme militant des citoyens de Gaïa -, qui, parce qu’elle ignore structurellement des pans entiers de la réalité (au nom d’un Bien et d’un Vrai fantasmés), est logiquement destinée à glisser sur des peaux de banane et à se prendre des portes dans le nez, est une excellente matière pour tisser des romans comiques.

Alexis Legayet, La République de Gaïa, 294 p., 17€

https://www.revue-elements.com/le-totalitarisme-du-bien/

vendredi 10 juillet 2026

Des loges aux tranchées : comment le Grand Orient de France a sacrifié la compétence militaire sur l’autel de la laïcité

 

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Un index accusateur pointé vers le ciel, des chemises froissées et, soudain, le claquement sec d’une gifle qui résonne dans l’hémicycle. Le 4 novembre 1904, la Chambre des députés bascule dans l'hystérie. Derrière ce geste de fureur, se cache le secret le plus explosif de la IIIe République : la colonisation occulte du ministère de la Guerre par la franc-maçonnerie. À un an de la séparation des Églises et de l’État, le Grand Orient de France a mis sur pied une inquisition clandestine pour briser la carrière des officiers catholiques et imposer ses hommes de paille à la tête des régiments. 

La gifle de l'hémicycle et le grand déballage

L’atmosphère de la Chambre des députés, en cet après-midi d'automne 1904, est électrique, saturée d'une odeur de tabac froid et de fureur contenue. Au perchoir, Guy de Villeneuve, député nationaliste au regard acéré, ne parle pas : il exécute. D’une voix blanche, il égraine des dizaines de noms, brisant le silence de plomb qui enveloppe les travées. Dans ses mains tremblent des liasses de papiers volés, des notes confidentielles rédigées sur le papier à en-tête bleu du Grand Orient de France. À chaque ligne lue, la République vacille. On y découvre l'impensable : la loge de la rue Cadet s'est muée en tribunal occulte. C'est elle qui valide ou brise les carrières des officiers de la nation française selon leur degré de soumission idéologique.

Sur le banc du gouvernement, le général Louis André, ministre de la Guerre, feint l'indifférence, le visage figé sous ses moustaches blanches. Mais la mise à mort politique est trop lente pour l'opposition. Soudain, un homme fend la foule des députés, traverse l'hémicycle d'une foulée rageuse. Gabriel Syveton, député de la Seine, se jette sur le vieux général. Le geste est d'une rapidité foudroyante : deux gifles magistrales s'abattent sur les joues du ministre de la Guerre. Les huissiers hurlent, les députés en viennent aux mains, les pupitres claquent dans un vacarme de fin du monde. La séance est levée dans le sang et les insultes. La France vient de découvrir la face cachée de sa gouvernance : l'affaire des fiches.

Le geste de Syveton, photomontage où figurent le général André, Camille Pelletan et Émile Combes, devant une batterie de casseroles (terme d'argot pour « délateur »).

Le laboratoire de la rue Cadet : l’inquisition en tablier

Pour comprendre la genèse de cette paranoïa, il faut quitter le tumulte du Palais-Bourbon et s'enfoncer dans le silence feutré de la rue Cadet, au siège du Grand Orient de France. Nous sommes au cœur de la bataille finale pour la laïcisation de l'État. Le gouvernement d’Émile Combes prépare activement la séparation des Églises et de l’État. Pour réussir ce séisme politique, les radicaux sont convaincus qu'ils doivent d'abord neutraliser l'armée, qu'ils considèrent comme le dernier bastion du catholicisme et de la réaction. Le général André, anticlérical obsessionnel, reçoit l'ordre de nettoyer les casernes. Mais l'administration militaire classique refuse de collaborer à cette épuration idéologique. C'est alors que le ministère passe un pacte secret avec le Grand Orient.

La franc-maçonnerie possède ce que l'État n'a pas : un réseau d'espionnage invisible et total, fort de milliers de "frères" disséminés dans chaque ville de province. Le secrétaire général de la loge, Narcisse-Achille Vadecard, accepte de transformer les structures maçonniques en un service de renseignement politique clandestin au profit du gouvernement. Les rapports affluent par milliers rue Cadet, où ils sont triés avec une rigueur régulière de fonctionnaire. Les officiers sont classés dans deux fichiers secrets : Corinthe pour les républicains dociles à promouvoir, et Carthage pour les catholiques à détruire. La compétence militaire s’efface définitivement devant l'allégeance aux loges.

La mesquinerie des carnets de "Carthage"

Le contenu de ces fiches, rédigé à la hâte par des notables locaux sous le sceau du secret maçonnique, révèle la mesquinerie absolue du système. On y traque la foi des épouses, les écoles des enfants et la présence aux offices. Les archives du scandale regorgent de ces mentions de conciergerie élevée au rang de raison d'État. Pour le commandant de Maissin, on écrit :

"Va à la messe avec un paroissien à la main. Antirépublicain farouche. À écarter."

Pour un autre, le crime est d'ordre familial :

"Fait élever ses enfants chez les Jésuites. Femme d'une piété agressive qui fréquente le clergé local."

Chaque maçon local — qu'il soit médecin, instituteur ou commerçant — devient le juge d'un colonel ou d'un commandant dont il épie la vie privée.

Les carrières des plus brillants officiers de France se brisent sur ces dénonciations anonymes validées par la rue Cadet. Le général André signe les décrets de promotion les yeux fermés, sur les seules recommandations du Grand Orient. L'ambiance dans les mess de garnison devient délétère : les officiers se regardent en chiens de faïence, sachant qu'un mot de trop devant le médecin major ou le trésorier de la loge locale peut anéantir vingt ans de service. Cette inquisition maçonnique ronge l'outil de défense nationale à l'heure exacte où, de l'autre côté du Rhin, l'Empire allemand modernise son armée à marche forcée.

Le baiser de Judas de Jean-Baptiste Bidegain

Mais toute machine clandestine porte en elle le germe de sa propre destruction. En l'occurrence, le grain de sable s'appelle Jean-Baptiste Bidegain. Adjoint du secrétaire général Vadecard et maçon de haut grade, il commence à ressentir un profond dégoût pour cette dérive policière qui transforme le Grand Orient en annexe occulte du ministère de la Guerre. Surtout, Bidegain a des dettes et un besoin urgent d'argent. Mis en contact par des intermédiaires avec les milieux nationalistes, il comprend la valeur politique des documents qu'il manipule chaque jour. Durant l'été 1904, profitant des bureaux désertés, il glisse sous son veston des centaines de fiches originales.

Bidegain livre son butin à l'opposition contre la somme colossale de 40 000 francs de l'époque. Le piège se referme sur le gouvernement. Lorsque Villeneuve monte à la tribune, le ministre de la Guerre tente de crier au complot et aux faux documents. C'est alors que le député sort les originaux, écrits sur le papier du Grand Orient, portant les annotations de la main même du cabinet du général André. La preuve de la compromission de l'État avec la maçonnerie est irréfutable. Le système s'effondre en direct sous les yeux d'une France stupéfaite de découvrir que ses généraux sont nommés par un pouvoir de l'ombre en pleine bataille constitutionnelle sur la laïcité.

Le prix du sang et les morts suspectes

Les répercussions du séisme politique sont immédiates et sanglantes. Le général André, humilié et giflé à la Chambre, doit démissionner. Quelques semaines plus tard, c'est le chef du gouvernement lui-même, Émile Combes, qui est emporté par le scandale. Le Grand Orient de France, acculé, doit sacrifier ses dirigeants pour sauver son influence politique à la veille du vote crucial de la loi de 1905. Mais l'épilogue de l'affaire se joue dans l'ombre. Le 8 décembre 1904, à la veille de son procès pour l'agression de l'hémicycle, Gabriel Syveton est retrouvé mort dans son cabinet de travail, la tête coincée dans son poêle à gaz. Suicide opportun ou assassinat d'État pour faire taire l'homme qui en savait trop ? Le mystère restera entier.

Le véritable coût de cette trahison se mesurera dix ans plus tard, dans la boue et le sang de l'été 1914. En privilégiant l'alignement maçonnique des officiers au détriment de leurs compétences stratégiques, l'affaire des fiches a placé des hommes médiocres mais « républicainement sûrs » à la tête des régiments. Face à l'invasion allemande, ces généraux de salon s'avèrent tragiquement incompétents. Dès le premier mois des combats, le général Joffre devra limoger en urgence 134 généraux incapables, les envoyant loin du front, à Limoges. La France paiera au prix fort, par des dizaines de milliers de jeunes vies fauchées lors de la bataille des Frontières, la paranoïa politique de la rue Cadet.

Description de cette image, également commentée ci-après

Bibliographie & références

  • Guyot, J., L'Affaire des fiches : un système de délation sous la IIIe République, Éditions Perrin, 2001.
  • Bidegain, J.-B., Le Grand Orient de France : sa doctrine, son action, ses documents, Librairie des Saints-Pères, 1905.
  • Larkin, M., Religion, Politics and Preferment in France since 1890 : La République des Fiches, Cambridge University Press, 1995.
  • Annales de la Chambre des députés, Journal officiel de la République française, Séances des 28 octobre et 4 novembre 1904.

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/des-loges-aux-tranchees-comment-le-270294

mardi 19 mai 2026

Le GIEC déjuge… le GIEC : fin des scénarios climatiques apocalyptiques

 

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)

C’est une grande victoire pour les climato-sceptiques et les soi-disant complotistes. Leurs analyses s’avèrent plus fiables que celles des fameux experts du GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Fin des prévisions climatiques apocalyptique. Trump exulte.

Les modélisations des hausses de température et leur corollaire : un système mondial de coercition

Depuis des décennies, des politiciens comme Al Gore, Clinton, Obama, les Verts partout sur la terre, le Vatican avec François, les financiers comme Soros ou Bill Gates, prédisaient des scénarios apocalyptiques dus à un réchauffement climatique anthropique sur toute la planète. Les modélisations de ces hausses de température indiquaient un possible anéantissement de la vie humaine, animale, végétale, avec un corolaire pratique : tout un système mondial de coercition des agriculteurs, des citoyens, de leur déplacements, de leur vache et de leurs pets, de leur habitations, de la transition énergétique lourde fiscalement sur les nations et rentables pour les financiers, s’est instauré au fur et à mesure des Green Deal votés et des Sommets de la Terre collectionnés, des injonctions de Davos et des sanctions mondiales.

Mais voilà, la terre est toujours là, les océans n’ont pas débordé, la température est toujours supportable, l’humanité ni les espèces ne sont éteintes comme c’était prophétisé par tous ces oiseaux de malheur depuis les années 70’.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), mandaté par les Nations Unies, a ainsi discrètement ajusté le mois dernier son cadre de modélisation prévoyant un réchauffement de 4 à 5 °C d’ici 2100. Ce cadre avait servi de base à une multitude d’autres analyses prédisant des conséquences terrifiantes pour les émissions de gaz à effet de serre. Le cadre du GIEC en question a été utilisé pour prévoir une hausse spectaculaire du niveau de la mer, des pertes de récoltes mondiales, une fonte rapide des glaciers, et bien plus encore, ce qui a inquiété certains militants écologistes radicaux quant à une future extinction.

Le GIEC dément ses prédictions les plus apocalyptiques

Mais finalement, les scientifiques ont cité des données et ont abandonné leur scénario catastrophe le plus pessimiste concernant les conséquences du changement climatique au profit de sept autres scénarios possibles. Dans la revue Geoscientific Model Development, ils ont plaidé pour l’utilisation d’un éventail plus large de modèles afin d’évaluer le changement climatique. « Pour le XXIe siècle, cette fourchette sera plus petite que ce qui avait été estimé auparavant », ont écrit les scientifiques, notant que les prévisions les plus pessimistes « sont devenues invraisemblables, compte tenu de l’évolution des coûts des énergies renouvelables, de l’émergence de politiques climatiques et des tendances récentes en matière d’émissions ».

Les critiques ont longtemps dénoncé des prédictions extravagantes, comme celle selon laquelle le parc national des Glaciers, dans le Montana, aurait fondu d’ici 2020. En 2020, les autorités ont dû retirer les panneaux signalant ces sombres prédictions, car les glaciers n’avaient pas tous fondu.

D’un autre côté, des scientifiques ont fait valoir que, même si certaines des prédictions les plus alarmistes concernant le changement climatique ne se sont pas réalisées, il existe néanmoins de nombreuses preuves du réchauffement de la Terre et de la fonte des calottes glaciaires, bien qu’à un rythme plus lent que certaines des prévisions les plus tristement célèbres. Un changement du climat sur le long terme comme il en a existé tout au long de l’histoire du climat qui a oscillé entre périodes glaciaires et périodes plus chaudes.

Donald Trump savoure sa victoire sur les khmers verts du Green Deal

Le président des Etats-Unis a donc savouré sa victoire samedi sur Truth Social:

« BON DÉBARRAS ! Après 15 ans de promesses des Démocrates selon lesquelles le « changement climatique » allait détruire la planète, le Comité des Nations Unies sur le climat vient d’admettre que ses propres projections (RCP8.5) étaient FAUSSES ! FAUSSES ! FAUSSES ! »

Trump, fervent défenseur d’une politique énergétique axée sur le forage intensif, a longtemps été sceptique quant aux affirmations scientifiques concernant le changement climatique d’origine humaine. L’année dernière, par exemple, lors de son discours aux Nations Unies, il a qualifié le changement climatique de « supercherie ». « Depuis bien trop longtemps, l’activisme climatique est utilisé par les démocrates pour effrayer les Américains, imposer des politiques énergétiques désastreuses et financer des milliards de dollars dans leurs programmes de recherche bidon », a ajouté le président sur Truth Social.

« Contrairement aux Démocrates, qui utilisent des absurdités alarmistes sur le climat pour promouvoir leur arnaque verte, mon administration sera toujours fondée sur la vérité, la science et les faits ! »

Donald Trump a également annulé une série de politiques climatiques mises en place sous les administrations Biden et Obama

Donald Trump a également annulé une série de politiques climatiques mises en place sous les administrations Biden et Obama. En février, par exemple, Lee Zeldin, administrateur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), a annoncé l’abrogation d’une politique de réduction des gaz à effet de serre datant de l’ère Obama.

Depuis, des figures clés du mouvement anti-changement climatique ont modéré eux-aussi leurs propos, Bill Gates, par exemple, concédant que le réchauffement climatique n’entraînera pas la « disparition » de l’humanité.

Les ‘complotistes’ qui faisaient le lien entre ce catastrophisme et une surveillance de masse de l’humanité vis les restrictions de libertés et le contrôle des ‘émissions’ des hommes dans le monde entier avaient encore raison.

Francesca de Villasmundo

https://www.medias-presse.info/le-giec-dejuge-le-giec-fin-des-scenarios-climatiques-apocalyptiques/222523/

vendredi 15 mai 2026

Théorie du complot : et si on parlait des francs-maçons et de Bilderberg ?

 

Depuis quelques jours les émissions télé et les articles de journaux, papier ou numérique, se multiplient, pour tenter de nous prouver que « La théorie du complot » n’existe pas, que ce ne sont que de fausses rumeurs.

On décide même de légiférer contre ce que l’on appelle les « fake news » (pourquoi ne pas dire plus simplement        « fausses nouvelles » ?), dans le but non pas d’éliminer les tas de fausses rumeurs qui circulent sur le Net mais surtout d’effacer « les nouvelles vraies », celles qui gênent le pouvoir.
Au début du XXe siècle peu de gens étaient informés sur les pouvoirs de la « franc-maçonnerie ». Il aura fallu l’intervention du député Henri Brisson, le 22 juin 1899 (qui fut président du Conseil et ministre de l’Intérieur et d’extrême gauche), du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, lors d’une ultime tentative pour sauver le ministère Waldeck Rousseau, dont la chute était annoncée.

Henri Brisson fit le célèbre signe de détresse maçonnique et cria : « À moi les enfants de la veuve ! ».
Tous les députés francs-maçons présents se rallièrent et le ministère fut sauvé.

Dès lors on sut la puissance de cette franc-maçonnerie mais il aura fallu attendre un demi-siècle pour qu’elle éclate au grand jour… et encore : tout ne se sait pas, mais ce qui se sait : les francs-maçons aident à élire le Président de la République qui sera à leur écoute, ainsi que les ministres, les députés, etc.
Ce fut le cas notamment de François Hollande, en 2012, contre Nicolas Sarkozy, qui les négligeait !

Plus de 150 parlementaires des deux chambres appartiennent à une loge maçonnique.

Aujourd’hui, « la théorie du complot » que l’on veut absolument rendre invisible aux yeux de la population, donc des électeurs, concerne deux sujets majeurs : le « Grand Remplacement » organisé, programmé et mis en exécution par l’Union européenne, et cela est prouvé par les déclarations récente de l’un de ses dirigeants, et la puissance du  « Groupe Bilderberg », qui étend sa toile sur tout le monde occidental et a organisé, programmé et réalisé la victoire d’Emmanuel Macron lors de la présidentielle de 2017.

Qui peut encore croire qu’Emmanuel Macron est sorti miraculeusement du chapeau d’un illusionniste pour devenir Président ?
Et que c’est également un magicien qui a financé les quelques milliards nécessaires à « sa mise en marche » et à sa campagne ?

Emmanuel Macron a été imposé aux Français en 2017, avec l’objectif suivant : « Plus qu’à espérer les « retours sur investissements » non seulement prévisibles mais assurés ! ».

Nous ne pouvons que le constater lors de chaque nouvelle loi appliquée !

En quelques mots, qui est « Bilderberg » ?
Fondé par David Rockefeller, il se compose de chefs d’État, de ministres, de patrons de banques, de PDG de multinationales, de militaires, d’universitaires qui, chaque année, se réunissent dans le plus grand secret afin de débattre sur le devenir de notre planète et, surtout, le contrôler.
Tous les participants doivent venir seuls et sont tenus au silence absolu : interdiction de rendre publique leur identité ainsi que celle des « invités » et les propos qui y seront rapportés.

Tout se passe en vase clos, aucune médiatisation, ni des conférences, ni des participants, ni des thèmes abordés.
C’est le « Club » le plus fermé du monde !

Les Présidents américains et européens sont convoqués « avant leur élection » ainsi que les personnalités les plus influentes de divers secteurs économiques des pays occidentaux.
C’est ainsi que lors du « 62e Bilderberg », en 2014, Emmanuel Macron, secrétaire général adjoint de l’Élysée, prononce un discours terriblement accablant contre son « patron », François Hollande, et, devant 130 personnalités, il critique longuement la politique menée et le démonte totalement.
Pas question de laisser échapper une telle opportunité, de ne pas se réserver une telle intelligence. Neuf jours plus tard Emmanuel Macron démissionne, Arnaud de Montebourg est « débarqué », le poste de ministre de l’Économie est vacant et il est « offert » à Emmanuel Macron.

Le Président de la République, François Hollande, n’en n’a jamais été informé, même par son ministre de la Culture de l’époque, Fleur Pellerin, qui a confirmé « en avoir entendu parler mais n’en n’avoir rien dit à personne, même si elle avait été extrêmement choquée car on l’avait prévenu que Macron se « détachait » de Hollande ». (source : RT-France).

Mai 2017, Emmanuel Macron est élu en toute tranquillité Président de la République française et, à la surprise générale, qui nomme-t-il comme Premier ministre ? Édouard Philippe, de la droite républicaine et maire du Havre qui, comme par hasard, a été « l’invité » du Groupe Bilderberg lors de la 64e réunion, en 2016, en Allemagne.

N’imaginez pas, peuple de France, avoir découvert et élu votre Président, on vous l’a imposé, le ménage a été fait autour de lui et vous le supporterez jusqu’en 2027, à moins que…
Le « Club Bilderberg » se réunit tous les ans, dans le plus grand secret et c’est lui qui contrôle la marche du monde. Qu’on se le dise. Nous ne sommes que des pions !

La 71e réunion s’est tenue au Grand Hôtel de Stockholm (Suède) du 12 au 15 juin 2025. Il y avait 121 participants de 23 pays (issus de l’élite politique, financière et médiatique).
Mais surtout ne me croyez pas, il s’agit bien sûr d’une « nouvelle théorie du complot ». Tout cela n’est que mensonge !

Manuel Gomez

https://ripostelaique.com/theorie-du-complot-et-si-on-parlait-des-francs-macons-et-de-bilderberg-3/

samedi 21 février 2026

Les mainstream ne peuvent plus cacher les forfaitures de Zelensky

 

Depuis quatre ans la camarilla mondialiste, États, banksters et médias s’obstine à présenter l’histrion de Kiev comme un héros de roman de gare. Leur convoitise des richesses russes et leur détestation de Poutine les a conduits à faire d’un avorton barbichu un paladin. Inculte mais rompu aux ficelles de la télé-réalité. Intellectuellement déficient mais madré comme un marchand de tapis. Grand stratège qui n’a jamais porté l’uniforme avant de se déguiser en Rambo de mascarade.

dimanche 18 janvier 2026

Les 39 modèles climatiques du GIEC se sont systématiquement trompés dans leurs prévisions passées, ils ont multiplié par 2 ou 3 la hausse de température observée

 

par Patrice Gibertie

La sensibilité climatique des modèles varie d’un facteur trois, une disparité qui persiste depuis plus de 30 ans. Cette disparité s’explique principalement par les différences entre les modèles concernant les processus de convection humide (nuages et vapeur d’eau), qui induisent des rétroactions positives.

Si les modélisateurs parvenaient à comprendre pourquoi leur traitement de la convection humide est erroné, les modèles produiraient alors un réchauffement plus conforme aux observations et plus cohérent entre eux.

Une grande partie de l’alarmisme climatique provient de publications scientifiques biaisées en faveur (1) des modèles qui produisent le réchauffement le plus important et (2) des augmentations excessives des émissions de GES («scénarios SSP») qu’elles supposent pour les projections climatiques les plus pessimistes.

Le GIEC n’aura fait qu’exploiter depuis 37 ans l’impossibilité d’avoir des données réelles sur les hypothèses de leurs modèles. Mais plus la science progresse, plus la supercherie devient évidente.

Le graphique provient du blog de Roy Spencer (mis à jour en janvier 2026), qui s’appuie sur des tabulations de John Christy. Il compare les tendances linéaires de température dans la troposphère tropicale (couche moyenne à supérieure, souvent appelée TMT ou mid-troposphere) sur la période 1979-2025, entre :

•  39 modèles climatiques (principalement de l’ensemble CMIP6, barres rouges) ;

•  Observations : radiosondes (moyenne de 3 datasets, barre verte ~0.20 °C/décennie), réanalyses (moyenne de 2 datasets, barre noire ~0.18 °C/décennie), et satellites (moyenne de 3 produits incluant UAH, RSS, NOAA, barre bleue ~0.14 °C/décennie).

Les modèles montrent des tendances allant de ~0.20 °C/décennie (les plus «froids») jusqu’à ~0.50 °C/décennie (les plus «chauds»), avec une grande majorité au-dessus de 0.30 °C/décennie. Les observations convergent autour de 0.14 à 0.20 °C/décennie, soit environ 2 à 3 fois moins que la moyenne des modèles ou que beaucoup d’entre eux. Oui, dans cette métrique spécifique (tropical tropospheric hotspot attendu), les modèles surestiment systématiquement le réchauffement observé depuis des décennies. Spencer et Christy soulignent cela depuis 2013 (avec des mises à jour régulières), et cette version 2026 confirme que la divergence persiste malgré l’ajout de données jusqu’en 2025. La cause invoquée : les modèles amplifient trop le réchauffement via un feedback positif excessif sur la vapeur d’eau et une convection tropicale mal représentée (thunderstorms qui «ventilent» la chaleur vers le haut moins efficacement que dans la réalité).

source : Patrice Gibertie

https://reseauinternational.net/les-39-modeles-climatiques-du-giec-se-sont-systematiquement-trompes-dans-leurs-previsions-passees-ils-ont-multiplie-par-2-ou-3-la-hausse-de-temperature-observee/

dimanche 7 décembre 2025

Écologie politique, crépuscule d’une religion sans nature

 

Je longeais la plage, comme presque chaque matin lorsque la marée et le vent s’y prêtent, entre Lechiagat et Lesconil. Un kilomètre à peine, une poignée de mouettes qui piaillent, l’odeur de goémon mouillé, et cet exercice un peu maniaque que je pratique depuis des années, compter les déchets plastiques. Les écologistes professionnels m’avaient promis un apocalypse en PVC, des rivages croulant sous les bouteilles et les sacs, des océans transformés en déchetterie flottante. Or, sur ce ruban de sable qui regarde plein sud, vers le golfe de Gascogne, je ne trouve presque rien. Trois bouchons, un fragment de caisse à poisson, parfois un vieux bidon, rarement davantage, moins de cinq déchets au kilomètre, certains jours aucun.

Je ne prétends pas faire œuvre de scientifique, encore moins nier la pollution des mers. Je constate seulement ce que mes yeux voient et que tant d’articles et de rapports semblent ignorer. Cette dissonance entre l’invocation permanente de la catastrophe et l’expérience concrète, ce décalage entre le sermon et le rivage, dit quelque chose de plus profond, la crise de l’écologie politique. Non de l’écologie au sens noble, cet art d’habiter la maison commune qu’est la nature, mais de ce petit clergé vert qui a voulu transformer une sensibilité légitime en programme de gouvernement et, plus encore, en religion de substitution. Cette tentative a échoué, spectaculairement. Hors des centres villes où pédalent des bobos à lunettes, hors des rédactions et des ONG financées par nos sous, le public décroche, les électeurs s’éloignent, les abonnés se raréfient comme peau de chagrin.

Les trois livres que viennent de publier Cécile Duflot, Yannick Jadot et Pascal Canfin ont au moins ce mérite, offrir une fenêtre sur l’ampleur de cette déroute intellectuelle. Ils se veulent diagnostics, ils sont aveux. Tous trois tentent de comprendre pourquoi l’écologie politique de gauche est rejetée, et tous trois tournent autour du pot avec une admirable constance, incapables d’envisager l’hypothèse la plus simple, ce rejet n’est pas un malentendu, c’est un jugement. Il ne suffit pas d’aimer les petits oiseaux, les rivières claires et le tri sélectif pour être aimé en retour. Encore faut il ne pas haïr la civilisation dans laquelle on vit, ni traiter comme délinquants en sursis ceux qui la maintiennent, paysans, pêcheurs, artisans, classes moyennes motorisées.

Le petit pamphlet de Cécile Duflot, significativement titré Gagnons !, est l’exemple le plus saisissant de cette impuissance à penser. Soixante douze pages vendues comme une sorte de bréviaire de la victoire future, mais que la critique, même de gauche, a reçues comme une offre de service tardive. L’ancienne ministre y renie à demi ses frondes passées, se rapproche de la gauche de gouvernement, prend ses distances avec les maximalistes et laisse entendre que, bien conseillée, elle pourrait encore servir. L’ouvrage n’intéresserait personne si ses lecteurs les plus sévères n’étaient pas eux mêmes des compagnons de route. Or ce qu’ils lui reprochent, ce n’est pas d’avoir sacrifié la France périphérique sur l’autel des normes, c’est d’avoir mal géré les symboles, de s’être trompée d’alliés, de s’être brouillée au mauvais moment.

Sur le fond, rien ne bouge. La vision est intacte, celle d’une société sommée de se convertir, de renoncer, de se réduire, le tout enveloppé d’un langage de réconciliation. On promet une transition non punitive, on finit toujours par punir les mêmes, ceux qui se chauffent au fioul, ceux qui vivent loin des métros, ceux qui prennent leur voiture pour travailler. L’échec de l’écologie politique se lit déjà là, dans cette incapacité à dire clairement qui paiera et pourquoi, dans ce refus obstiné de regarder l’éthologie réelle des sociétés humaines, leurs besoins, leurs peurs, leur attachement aux continuities.

Le livre de Yannick Jadot, Climat, la drôle de guerre, prétend aller plus loin. L’ancien candidat à la présidentielle raconte sa peur, il confesse le grand renoncement, il fustige le ton moralisateur de ses amis, il s’inquiète du « backlash » contre l’écologie, il s’alarme d’une France caniculaire qui voterait massivement pour l’extrême droite. Un peu comme ces généraux de 1914 qui, découvrant les mitrailleuses ennemies, réclamaient davantage de panache au lieu de revoir leurs plans de bataille. L’ouvrage a été accueilli par une salve de critiques, souvent issues de son propre camp, qui lui reprochent tantôt son ralliement implicite au centre, tantôt son alarmisme stérile, tantôt sa prose indigeste.

J’y vois pour ma part autre chose, une forme de fatigue civilisationnelle. Jadot diagnostique correctement quelques symptômes, la lassitude des classes populaires face à la culpabilisation permanente, le fossé entre militants urbains et ruraux, la dérive vers le slogan. Cependant il ne tire pas la conclusion qui s’impose, si son discours ne passe pas, ce n’est pas seulement qu’il serait mal empaqueté, c’est qu’il heurte de plein fouet des instincts biologiques et sociaux. On peut demander à un peuple des efforts, on ne peut pas lui demander de se sacrifier unilatéralement pour une cause abstraite, tandis que l’on ouvre sans limites ses frontières, que l’on renonce à toute maîtrise démographique, que l’on nie jusqu’à l’existence des peuples comme formes vivantes. On lui explique qu’il faut consommer moins de viande, mais jamais moins de béton, moins de routes, moins de flux migratoires. L’écologie politique refuse obstinément de voir l’homme comme un animal territorial, attaché à un milieu, à des formes de vie, à une continuité historique.

Le troisième opus, Gagner le combat du Pacte vert, de Pascal Canfin, pousse jusqu’à la caricature cette déconnexion du réel. On y trouve tous les ingrédients de la technocratie bruxelloise, coulisses de négociations, acronymes, pactes, deals, graphiques implicites, le tout cuisiné dans une rhétorique de révolution verte. L’ancien ministre s’y présente comme l’architecte d’une Europe qui sauverait le climat tout en augmentant la compétitivité. Les critiques soulignent le caractère indigeste du récit, sa tendance à tronquer les citations, son absence de chair. Au delà des maladresses littéraires, c’est l’imaginaire même qui frappe. Le vivant disparaît derrière les normes, la mer derrière les règlements sur les rejets, les campagnes derrière les tableaux Excel sur les émissions agricoles. Les paysans deviennent des variables d’ajustement, les peuples du Sud des élèves récalcitrants qu’il faut convaincre, tout au plus dédommager.

Oswald Spengler, que la Nouvelle droite française a sorti de l’oubli, avait déjà pressenti ce moment où les grandes constructions intellectuelles, épuisées, se détachent de la vie et se mettent à tourner à vide. L’écologie politique de gauche en est là, à sa phase crépusculaire. Elle parle toujours de nature, alors qu’elle ne connaît plus que le droit, la communication, les alliances électorales. Elle invoque sans cesse le vivant, mais elle le nie partout, dans les corps, dans les sexes, dans les peuples. Elle recouvre le réel d’un filet de concepts, « racisé », « inclusif », « décolonial », qui finit par étouffer ce qu’elle prétend protéger.

Au Guilvinec, les marins ne lisent ni Duflot, ni Jadot, ni Canfin. Ils se lèvent à des heures où les sénateurs dorment encore, ils regardent le ciel, la houle, les courants, ils savent où se tiennent les poissons et ce que deviennent les quotas. Leur écologie est d’abord une pratique, une prudence, un art de durer. Ils ne supportent déjà plus qu’on les désigne comme des prédateurs du vivant, eux qui ont appris à en respecter les cycles. Les agriculteurs des terres intérieures vivent la même chose, sommés d’entrer dans une transition pilotée depuis des bureaux, culpabilisés par des urbains qui n’ont jamais tenu une pelle ni soigné un veau.

Les trois livres dont il est question ici, sous des formes différentes, témoignent d’un même malentendu, la conviction qu’il suffirait de corriger le message, d’adoucir la punition, de mieux vendre le Pacte vert pour que le peuple suive enfin. Or la crise est ailleurs, elle est anthropologique. L’écologie politique s’est construite contre la civilisation européenne, contre son histoire, contre ses rythmes, contre ses enracinements, non avec eux. Elle a voulu substituer à l’amour concret des lieux une culpabilité généralisée, à la fidélité à un pays un sentiment d’appartenance abstrait à l’humanité, à la mesure paysanne des choses une comptabilité carbone aussi sophistiquée qu’inintelligible.

Je le vois sur cette plage qui me sert de laboratoire à ciel ouvert. Ce qui fait la beauté de ce bout de côte, ce n’est pas son absence de déchets, c’est la forme du rivage, la lumière qui change, le silence qui n’est jamais tout à fait silencieux. L’écologie véritable commence là, dans ce consentement au réel, dans l’acceptation des limites naturelles, dans le respect des cycles, et aussi dans la reconnaissance lucide de ce que nous sommes, une espèce animale, douée de raisons certes, mais prise dans des lois de reproduction, de territoire, de compétition. Une politique écologique qui nie ces données, qui refuse de penser la démographie, l’urbanisation, les flux humains, ne se préoccupe pas du vivant, elle gère un récit.

C’est ici que se joue la différence entre une écologie de gauche, telle qu’elle s’exprime dans ces trois volumes, et une écologie enracinée dans le vivant. La première veut refaire l’homme, l’arracher à son appartenance, le réduire à un consommateur rééduqué, solvable, contrôlé. La seconde commence par regarder comment les sociétés fonctionnent réellement, comment les familles se constituent, comment les métiers s’inscrivent dans des paysages, comment les peuples défendent leurs frontières, matérielles et symboliques. Non pour sanctifier l’existant, mais pour ne pas prétendre reconstruire la maison en ignorant son plan.

Les Duflot, Jadot, Canfin ne comprennent pas pourquoi leurs campagnes patinent. Ils déplorent la montée d’un vote qu’ils abominent, ils accusent les médias, la fatigue, les réseaux sociaux. Ils ne voient pas qu’en voulant faire de l’écologie un vecteur de transformation totale de la société, ils l’ont détachée de ce qui la rendait aimable. L’amour des oiseaux, des rivières, des haies, des paysages, ne conduit pas naturellement à l’adoration d’un Pacte vert écrit à Bruxelles ni à l’acceptation joyeuse de taxes et de normes tombant d’en haut. Il conduit plutôt à protéger ce qui est à portée de main, ce qui nourrit, ce qui enchante, ce qui relie.

L’écologie politique telle qu’ils la promeuvent est inutile parce qu’elle est désincarnée, elle se situe dans un au delà du vivant, dans une morale abstraite, dans une liturgie de rapports et de COP. L’écologie authentique, celle qui pourrait réconcilier les peuples européens avec leur milieu, se situera ailleurs, au croisement de la biologie, de l’éthologie, de la mémoire des lieux et des métiers. Elle ne parlera plus de rééduquer les hommes, elle parlera de les réaccorder à la réalité. Elle sera moins bruyante, moins moralisatrice, moins bavarde, et beaucoup plus attentive. Elle comptera les plastiques sur la plage, certes, mais aussi les enfants dans les écoles, les exploitations qui ferment, les ports qui se vident, les oiseaux qui disparaissent ou reviennent.

En attendant, les pamphlets verts se succèdent, comme ces vagues trop petites qui meurent avant d’atteindre le pied de la dune. Ils roulent leurs phrases, ils invoquent le climat, ils promettent la révolution et ne produisent que de la lassitude. Pendant ce temps, le vent tourne, au sens propre comme au figuré. Les peuples, qu’on croyait acquis à cette religion douce, commencent à se souvenir confusément qu’ils sont des formes de vie parmi d’autres, et non des variables dans un modèle. Le jour où l’écologie se remettra au service du vivant, et non au service d’idéologies hors sol, alors peut être la plage, la forêt, le bocage redeviendront des maîtres plus crédibles que les tribunes et les plateaux télé.

Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées
balbino.katz@pm.me.

Illustration : DR
[cc] Article relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par ChatGPT.

Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

https://www.breizh-info.com/2025/12/07/254496/ecologie-politique-crepuscule-dune-religion-sans-nature/

vendredi 14 novembre 2025

La fable climatique fait froid dans le dos !

 

La Fable Climatique

Quand la Science démolit les mensonges des profiteurs Écolos-Bourgeois

la vérité n'a pas de maître et la science n'est pas une affaire de sondages ou de subventions vertes. C'est du brut, du vérifiable, du reproductible.

 Et quand on gratte sous la couche de propagande "climat-alarme", on trouve une fable monstrueuse : celle du réchauffement anthropique, ce mythe qui justifie la fermeture d'usines, la hausse des factures d'électricité et l'enrichissement d'une élite écolo-bourgeoise.

Aujourd'hui, on démonte ça :

Avec des faits, pas des fadaises. Pas de 97 % bidon, pas de consensus truqué. Juste les données qui piquent, les repentis qui claquent la porte, et les profiteurs qui rigolent en comptant leurs millions.

 Et oui, on va s'attarder sur ce Jancovici, ce polytechnicien qui nous vend du décroissance comme si c'était du pain quotidien, pendant que les centrales au thorium – cette bombe nucléaire propre et abondante – font exploser son baratin en mille morceaux.

Les Bases Scientifiques :

 La vérité brute contre la machine à lavages de cerveau.

Oubliez les courbes trafiquées du GIEC, ces graphiques lissés pour faire peur aux smicards. La vraie science, c'est les satellites, les isotopes et les modèles qui craquent comme du verre.

D'abord, les données satellites UAH et RSS, les seules mesures globales non manipulées depuis 1979. Elles montrent un réchauffement linéaire de +0,14 °C par décennie – soit +1,4 °C par siècle. Pas d'accélération, pas de catastrophe. Juste une petite pente, comme après chaque petit âge glaciaire (fin XVIIIe, XIVe, Xe siècle). Roy Spencer et John Christy, de la NASA, publient ça tous les mois : en 45 ans, +1,13 °C.

Point barre.

Si c'était anthropique, on verrait une explosion exponentielle. On voit une ligne droite. Fin de l'histoire.

Ensuite, les isotopes du carbone (C12/C13). Le GIEC fanfaronne : "On sait que le CO2 est humain grâce au ratio isotopique !" Foutaises. Le ratio baisse depuis 1850, avant la révolution industrielle massive.

 Les carottes de glace de Law Dome (Etheridge et al., 1996) le prouvent : c'est naturel, dû au dégazage océanique et à la végétation. Le CO2 fossile n'arrive qu'après 1950. Donc, impossible de coller l'étiquette "humain" sur l'essentiel du CO2 en hausse. C'est du cycle naturel, pas du crime industriel.

Et les modèles climatiques ?

Une arnaque à 100 milliards de dollars. Les 102 simulations CMIP5 du GIEC surestiment le réchauffement de 140 % : observations à +0,14 °C/décennie, modèles à +0,34 °C. François Gervais, physicien pur jus, le démontre dans L'innocence du carbone (2013) : aucun modèle ne colle aux faits. C'est de la falsification ! Pas une "erreur honnête".

Enfin, les repentis, ces insiders qui claquent la porte comme on balance un patron véreux. Carlo Ripa di Meana, ex-commissaire européen à l'Environnement, a écrit : "Je ne crois plus dans le dogme du réchauffement causé par l'homme.

Le GIEC propage une théorie erronée."

Patrick Moore, cofondateur de Greenpeace :

"Le CO2 est l'ami de la Terre."

Judith Curry, ex-chef du climat à Georgia Tech : "Le GIEC est corrompu."

Richard Lindzen (MIT) :

sensibilité au CO2 ≤ 1 °C. Nir Shaviv : 70 % du réchauffement = rayons cosmiques + Soleil.

Des milliers signent la World Climate Declaration :

 "No climate emergency." Ces gens ont vu l'envers du décor. Eux, ils savent.

Ces bases scientifiques ne sont pas des opinions : ce sont des données brutes, reproductibles, qui explosent la fable.

 Mais qui propage ce mensonge ? Et qui s'en gave ?

Les Promoteurs de la Fable : Une Cabale Bureaucratique et Médiatique

Les promoteurs ?

 Une bande de bureaucrates onusiens, d'ONG subventionnées et de médias vendus au vert-business.

 Le GIEC, ce club d'intergouvernementaux, n'est pas une "science pure" : c'est un outil politique, financé à coups de milliards par les États pour justifier taxes et régulations.

 Ses rapports ?

Écrémés pour enlever les nuances, gonflés pour l'alarmisme. Les COP ? Trente ans d'illusions, comme le titre Samuel Furfari dans son brûlot La vérité sur les COP (2025) : émissions +65 % depuis Rio, zéro réduction réelle.

Les ONG comme Greenpeace ou WWF ?

 Payées par des fondations Rockefeller ou Soros pour verdir l'image des multinationales.

Les médias ? France Inter, Le Monde, qui passent en boucle les "points de bascule" (Gulf Stream, Amazonie) qui n'arrivent jamais aux dates promises.

C'est de la propagande de classe : faire peur aux ouvriers pour qu'ils acceptent la précarité "verte", pendant que les jets privés des COP crachent 100 000 tonnes de CO2 par sommet.

Les Bénéficiaires : Les profiteurs qui rigolent au nez des travailleurs.

 Une élite qui se goinfre sur le dos des smicards.

Al Gore, d'abord :

son film Une vérité qui dérange (2006) lui a valu un Nobel et des milliards via Generation Investment Management, un fonds vert qui parie sur la "transition" qu'il prône. Il critique la capture de CO2 comme "fraude", mais son portefeuille adore les subventions éoliennes bidon.

Et Jancovici ?

Ah, ce polytechnicien qui nous vend du décroissance comme un remède miracle ! Cofondateur du Shift Project, il lève 3,3 millions d'euros en un mois pour sa campagne "Décarbonons la France !" – 26 000 donateurs, dont des chèques de 5 000 € pour "imposer la décarbonation dans le débat de 2027".

Pendant que les salariers galèrent avec des factures d'électricité gonflées par les intermittents, lui conférencie à 10 000 € la pièce, promeut la sobriété énergétique et critique le PIB comme "salissant". Mais son baratin sur l'énergie ? Il nous fait rire aux éclats quand on regarde les centrales au thorium.

Jancovici, pro-nucléaire sélectif, adore l'uranium français mais ferme les yeux sur le thorium – cette technologie qui rend son discours obsolète.

Le thorium ? Un réacteur qui utilise un métal abondant (3 fois plus que l'uranium), produit 200 fois moins de déchets, zéro plutonium pour les bombes, et une énergie propre à bas coût. Des prototypes chinois et indiens tournent déjà ; en France, on pourrait en avoir des dizaines pour peanuts.

Mais non : Jancovici préfère nous vendre une "transition" low-tech, décroissante, où on rationne l'énergie pour "sauver la planète".

Pourquoi ? Parce que le thorium casserait son business model : pas besoin de taxes carbone massives, pas de subventions folles aux ENR intermittentes (éolien à 100 €/MWh, contre thorium à 20 €  !!! ). Son Shift Project ? Une machine à cash pour consultants verts, pendant qu’on ferme des usines au nom du "climat".

Critiques ? Il reçoit des torrents de haine en DM quand on le pointe du doigt – mais c'est lui qui hait la vérité prolétarienne.

Ces profiteurs – Gore, Jancovici et consorts – transforment une petite variation naturelle en jackpot : marchés carbone (1 000 milliards $/an), fonds verts (BlackRock en tête), conférences payantes.

Pendant ce temps, le salarier français paie la taxe, l'ouvrier africain voit ses rêves d'industrie verte s'évaporer.

Appel à la Révolte : La Vérité pour les travailleurs, pas pour les Écolos-Bourgeois.

Cette fable climatique n'est pas qu'une erreur scientifique : c'est une arme de classe contre les esclaves salariés (Marx) . Elle ferme Renault, taxe l'essence du camionneur, fait payer l'éolien bidon au mineur. Mais la science vraie – satellites, isotopes, thorium – nous arme pour riposter.

Exigeons des réacteurs au thorium, pas des moulins à vent subventionnés. Brûlons les rapports du GIEC, lisons Gervais et Furfari.

Et pour la COP30 à Belém ? Deux millions de barils/jour approuvés par Lula en Amazonie (c’est le bouquet et le comble de l’hypocrisie ; il est payé par qui, pour ce forfait, ce brave homme de gôche ?), pendant qu'il prône la "décroissance".

La vérité n'a pas besoin de millions : elle a besoin de mobilisation des masses réveillées !

par politzer (son site)

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-fable-climatique-fait-froid-264386

lundi 27 octobre 2025

La part mafieuse de l’État profond

 

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La chronique flibustière de Georges Feltin-Tracol 

Commissaire général de la Police nationale, diplômé de Sciences – Po Paris, de criminologie et en droit, Jean-François Gayraud a déjà signé plusieurs ouvrages dont Le Monde des mafias : géopolitique du crime organisé (Odile Jacob, 2005) et L’art de la guerre financière (Odile Jacob, 2016). Le plus récent, paru en octobre 2023, concerne La Mafia et la Maison Blanche. Un secret si bien gardé de Roosevelt à nos jours (Plon, 574 p., 24,90 €).

En s’appuyant sur une riche bibliographie de vingt pages, il étudie ce qu’il qualifie de « part d’ombre de la démocratie américaine », à savoir le rôle du crime organisé auprès des présidents des États-Unis d’Amérique à partir de Franklin Delano Roosevelt (1933 – 1945). Ainsi s’intéresse-t-il aux présidences de Roosevelt, de Truman, de Kennedy, de Johnson, de Nixon, de Reagan, de Clinton, d’Obama, du premier Trump et de Biden. « En revanche, avertit-il, nous n’aborderons pas 5 d’entre elles (Eisenhower, Ford, Carter, Bush père puis fils). Ce silence sur ces périodes n’est pas le fait d’un choix ou d’un oubli, mais s’explique par l’absence de sources crédibles. En effet, au fil des années, nos recherches n’ont jamais fait apparaître de traces suffisamment pertinentes. Au demeurant, ce vide doit être interprété avec prudence, puisque l’absence de preuve n’est pas toujours la preuve de l’absence ». Il souligne plus loin que      « la dynastie Bush a suscité des interrogations quant à certains aspects de ses intérêts dans le monde du pétrole, de la finance ou de l’armement, aux États-Unis et à l’étranger. Cependant, rien qui ne concerne directement la Mafia ».

Jean-François Gayraud estime que « la haute criminalité est une dimension oubliée de la grande histoire ». Son « livre propose donc d’éclairer l’histoire politique visible par l’apport d’une histoire invisible et de l’invisible, cachée, au profit d’une histoire épaisse et profonde ». Son travail, très fouillé, s’accompagne en fin de volume d’un appareil critique de notes de soixante-trois pages.

Il observe que la « criminalisation aurait provoqué l’émergence d’un sixième pouvoir – après le législatif, le judiciaire, l’exécutif, la presse (quatrième) et le militaire/renseignement (cinquième) – capable d’influencer en profondeur le gouvernement, le droit, l’économie, les valeurs, les goûts, les mœurs : le crime organisé, jouant le rôle d’un “ gouvernement d’appoint ”, indépendant des autres pouvoirs ». Son expertise l’amène à analyser sa structure interne. La Mafia n’est pas un ensemble monolithique. C’est plutôt une société secrète criminelle dont l’unité de base repose sur la « Famille ». « Il ne s’agit pas d’une réalité biologique, précise-t-il, mais d’une construction par un processus d’initiation. Une Famille n’est donc pas constituée par des individus ayant tous un lien familial biologique (père, fils, cousin, oncle, neveu, etc.), mais par des hommes de sexe masculin [sic !], catholique et d’ascendance italienne, ayant été choisis pour intégrer cette nouvelle entité qui forme désormais leur nouvelle “ Famille ”. » Les groupes mafieux nord-américains se coordonnent plus ou moins avec de nombreuses nuances suivant les périodes, les objectifs visés et la personnalité de leurs chefs respectifs. Mais la figure du « Parrain » représente surtout une belle diversion. Par exemple, « la direction de la Famille de Chicago est traditionnellement collégiale. Al Capone puis Frank Nitti ne sont que des boss en titre. Le vrai pouvoir s’exerce de manière plus collective en coulisse. Ce leurre permet aux vrais chefs d’œuvrer à moindre risque. Ces boss de l’ombre sont alors Paul Ricca, Tony Accardo et Murray Humphreys ».

On croit souvent que le berceau de la Mafia italo-américaine se trouve à New York ou à Chicago. Erreur ! Les lecteurs férus des polars étatsuniens savent que son foyer originel se situe à La Nouvelle-Orléans. En raison de cette ancienneté, la Famille de cette ville dispose d’une autonomie certaine et couvre autant la Louisiane que le Texas.

Dans un long chapitre, Jean-François Gayraud revient sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy en 1963 à Dallas. Pour lui, l’acte est commandité par la Mafia avec l’aide technique d’agents recrutés par la CIA pour des opérations clandestines anti-castristes à Cuba. À la fin de la décennie 1950, Mafia et CIA collaborent de manière ponctuelle sous la supervision lointaine du vice-président Richard Nixon. L’auteur revient en outre sur le rôle effacé du FBI dans la lutte anti-Mafia en raison des consignes de modération ordonnées par son tout-puissant directeur de 1924 à 1972, John Edgar Hoover. Ce dernier façonne le FBI en police politique et non pas en une force destinée à combattre les malfrats. La Mafia le tenait-elle grâce à des dossiers compromettants sur ce parieur frénétique des courses hippiques et sa vie privée ?

L’action du FBI en tant que police politique répressive s’efface grâce au cinéma qui l’enjolive en institution probe et courageuse. Il faut néanmoins savoir que la Mafia contrôle l’industrie cinématographique et le divertissement de masse. Le futur 40e président des États-Unis, acteur de profession à l’origine, Ronald Reagan, fut longtemps le président du principal syndicat des acteurs, la Screen Actors Guild (SAG), noyauté par les mafieux bien qu’« en Californie, la Famille présente à Los Angeles est faible en nombre et en organisation, et elle fonctionne sous la domination de celle de Chicago. La Californie, à l’image du Nevada, a toujours été un territoire plus ou moins ouvert à toutes les Familles; là, la Mafia emploie un plus grand nombre d’avocats, de banquiers et d’investisseurs, une technique lui permettant ainsi une présence plus diffuse et surtout très intégrée aux élites économiques. Elle est en fait souvent indissociable du big business ».

Bien que modelé par le milieu, le 7e art ose parfois évoquer certains sujets connexes tels le film de Doug Liman Barry Seal. American Traffic (2017). Pilote talentueux, Barry Seal transporte des tonnes de cocaïne aux États-Unis au profit du cartel colombien de Medellin et en liaison avec la CIA. Il fuit vite la Louisiane et s’installe en Arkansas qui « sert alors de base arrière pour les transferts d’armes orchestrés par la CIA au profit des Contras au Nicaragua, ainsi que leur entraînement militaire ». On est à l’origine du fameux scandale de l’Irangate. Jean-François Gayraud signale qu’« à partir des années 1980, l’Arkansas devient “ une petite Colombie ”, un épicentre du trafic international de cocaïne. L’État est miné de l’intérieur par une narco-corruption endémique, protégée aux plus hauts niveaux de responsabilité. L’expression de “ narco-État ” n’est pas exagérée, tant la corruption née du trafic de la drogue y est répandue (p. 395) ». Bill Clinton, futur 42e président étatsunien (1993 - 2001), y exerce d’abord la fonction de procureur général (ministre de la Justice) de 1977 à 1979, avant d’en devenir le gouverneur à cinq reprises (1979 – 1981 et 1983 - 1992).

On peut toutefois regretter que l’auteur ne mentionne pas les relations étroites entre la Mafia, par l’intermédiaire du cinéma, et d’une part du « cinquième pouvoir », à savoir le complexe militaro-médiatique, grand instigateur du « cinéma de sécurité nationale » (Jean-Michel Valantin). Jean-François Gayraud n’hésite pas pourtant à citer les travaux de Peter Dale Scott sur l’« État profond ». Craint-il de s’éparpiller ou de s’aventurer sur des terrains glissants et obscurs ? D’éclairer les coulisses de l’histoire apparente ?

Il évoque cependant un roman de politique-fiction paru à Chicago en 2000. On relève des similitudes troublantes avec l’ascension de Barack Obama, élu de l’Illinois et donc de… Chicago. On oublie qu’Obama fut le sénateur local de 1997 à 2004. L’auteur d’America’s First (Research Association School Times PublicationsFrontline Distribution International, 351 p., Chicago)), Charles D. Edwards a alors 31 ans. Ce Noir a grandi au Queens à New York. Il déménage et travaille à la mairie de… Chicago. Ce roman raconte l’arrivée au pouvoir à 46 ans de Calvin Smart. Bon orateur et juriste noir brillant, marié à Audrey, elle-même juriste, il atteint la fonction de président pro tempore du Sénat, soit le 4e personnage de l’État. Le président des États-Unis meurt d’une attaque cardiaque. Puis son vice-président devient le 44e président. Mais il meurt aux côtés du speaker de la Chambre des représentants (le 3e personnage de l’État) dans un attentat à Londres. Calvin Smart arrive à la Maison Blanche. Depuis toujours, le nouveau président fréquente la féroce Famille Giovinci et reçoit de fortes pressions de la Mafia afin de ne pas légaliser les drogues.

Entrepreneur immobilier à New York, Donald Trump doit rencontrer pour ses affaires des membres du milieu. Il y est contraint parce que « durant trois décennies (1970 – 1990), les cinq Familles de New York disposent d’une mainmise quasi absolue sur le marché du bâtiment et de la construction (BTP) à New York. […] La Mafia contrôle tous les métiers liés au secteur : le béton évidemment, mais aussi la maçonnerie, la plomberie, les fenêtres, la peinture, la menuiserie, etc. » Père spirituel de Trump, l’avocat Roy Cohn, démocrate, juif et homosexuel, « représente un lien unique vers la Mafia et les syndicats sans qui ses projets immobiliers ne peuvent prospérer sans heurt. Il est l’homme des contacts sensibles et des pots-de-vin, celui qui achète la paix et forge les alliances politiques et mafieuses ». Faute de preuves solides, Jean-François Gayraud ne fait qu’effleurer la présence insistante de quelques membres de la pègre russophone dans la proximité de l’homme d’affaire.

La Mafia et la Maison Blanche raconte plus d’un demi-siècle d’histoire souterraine passionnante. Il confirme le caractère ploutocratique des États-Unis d’Amérique. L’auteur explique bien en note que « le système démocratique américain est devenu malade en raison du pouvoir des lobbys et de l’argent – deux phénomènes liés – qu’une décision de la Cour suprême de 2010 (Citizen United vs Federal Election Commission) a conforté. Désormais, les entreprises privées et les syndicats peuvent participer au financement des campagnes sans limitation de versements. La corruption politique a été ainsi en partie légalisée ». Du fait de sa dépendance intrinsèque aux puissances financières, les États-Unis d’Amérique, par-delà la dimension mafieuse de l’État profond, sont très certainement – et de loin ! – le principal État-voyou de la planète.    

Salutations flibustières !

• « Vigie d’un monde en ébullition », n°171, mise en ligne le 23 octobre

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2025/10/24/la-part-mafieuse-de-l-etat-profond-6567774.html