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jeudi 16 juillet 2026

Le 18 juillet 1936 recommença la guerre civile espagnole

 

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Michel Festivi

Je tiens de mon ami Pío Moa, le grand historien espagnol qui a complètement revisité cette période, grâce essentiellement à des documents de premières mains, venant du PSOE, cet article sur les causes de la reprise des combats fratricides, le 18 juillet 1936. Pío Moa tient un blog d’une rare qualité historique et documentaire : Más españa y más democracia, très facilement accessible. Ceux qui lisent l’Espagnol peuvent le consulter.

A) Les 17 et 18 juillet 1936, ne commença pas la guerre civile. Elle se réactiva. Son point de départ fut l’insurrection du PSOE, des gauches espagnoles, des séparatistes catalans, des anarchistes en octobre 1934. Ce fut selon Pío Moa « la première bataille de la guerre civile ». Dans tous ses ouvrages Pío Moa le démontre implacablement, et plusieurs historiens depuis lors, reprennent cette analyse (1). Le républicain Salvador de Madariaga, qui fut député, diplomate et ministre républicain écrira en exil : « le soulèvement de 1934 fut impardonnable... Avec la révolte de 1934, la gauche espagnole perdait jusqu’à l’ombre d’une autorité morale, pour condamner le soulèvement de 1936 ».

B) L’insurrection qui a sauvé l’Espagne du communisme, et qui la sauvera entre 1940 et 1945 du nazisme, aurait dû échouer, mais heureusement, il n’en fut pas ainsi. Les gauches avaient orchestré, grâce à la IIIe internationale et à ses relais, une propagande massive pour « sauver la république », alors qu’en réalité, les archives moscovites prouveront que le but était de faire de l’Espagne une colonie soviétique, un premier essai de « démocratie populaire», comme l’avait prédit l’un des chefs du POUM Julían Gorkin. Un ouvrage qui vient d’être juste publié en Espagne le démontre (2). Un communiste espagnol, Fernando Claudín écrira, bien plus tard : « les services secrets staliniens, agirent en Espagne comme ils auraient pu le faire dans la République populaire de Mongolie ».

C) Si octobre 1934 fut le premier coup d’État des gauches espagnoles, le second furent les fraudes, manipulations, violences, lors des élections de février 1936, qui amenèrent les partis du Front populaire au pouvoir. Ces violences et fraudes ont été aujourd’hui totalement démontrées et attestées (3), et de nombreux historiens comme Stanley Payne les avalisent. Ces fraudes ont amené à la destitution illégale du président de la république, Alcalá-Zamora, le 7 avril 1936.

D) Ce double coup d’État n’a été rendu possible que grâce aux inconséquences et aux incompétences des hommes politiques républicains modérés, qui ont cru pouvoir s’allier avec les pires extrémistes, pour s’en repentir ensuite, tel Manuel Azaña. Une situation qui se retrouve, peu ou prou, dans bien des circonstances, dans de nombreux pays, en France comme en Espagne et ailleurs, hier et aujourd’hui.

E) Le Front populaire fut une alliance, comme le décrit Pío Moa, entre partis soviétisant et séparatistes, nullement démocratiques bien au contraire, les anarchistes de la CNT et la FAI, très puissants alors, contribuèrent fortement aussi aux crimes, incendies et destructions. Le PSOE, le plus grand parti politique de masse, était totalement bolchévisé depuis 1933, sous la houlette de son chef, Largo Caballero dit « le Lénine espagnol ». D’ailleurs au printemps 1936, les jeunesses socialistes et communistes fusionneront dans la JSU, comme les syndicats socialistes et communistes, l’UGT et la CGTU. Les partis socialistes et communistes catalans aussi dans le PSUC. Le PSOE et le PCE devaient se fondre dans un parti unique du prolétariat, sans l’arrivée de la guerre civile, les archives du Kominterm démontrent que cette politique était téléguidée par Moscou, ses agents et ses financements, sous la direction de Georgi Dimitrov, le secrétaire général du Kominterm, qui mettra en place la politique dite des Fronts populaires. (4)

F) Si le front populaire espagnol perdit la guerre civile, la cause en fut essentiellement les discordes majeures entre les communistes qui entendaient militariser les troupes et cacher la révolution, alors que les anarchistes et les antistaliniens voulaient supprimer la discipline, les grades, les ordres et qu’ils proclamaient la fin d’un système libéral au grand jour. Ces deux fractions se firent la guerre en mai 1937, puis encore en mars 1939. Le camp national avait fait son unité, en octobre 1936, sous la houlette du général Franco, qui devint généralissime des armées nationale et chef de l’État à Burgos. (5)

G) Staline entendait mettre définitivement le pied en Espagne ou dans une partie de l’Espagne, et pour cela, faire croire aux Français et aux Anglais, grâce aux Brigades internationales, qu’il luttait pour défendre une « république démocratique », summum de la propagande soviétique. Il avait aussi pour but d’éloigner tout conflit des frontières de l’URSS, en faisant s’affronter sur le sol espagnol, Allemands, Italiens et « républicains », par le biais des brigadistes internationaux (60.000 environ), et par les armes, avions, tanks, matériels et approvisionnements divers qu’il fournissait aux forces de gauche qu’il choisissait, grâce à l’or de la Banque d’Espagne, qui était arrivée à Odessa, dans la plus grande discrétion, en octobre 1936, et qui en fit le maître de la zone révolutionnaire. Ce fut pour l’URSS une très bonne affaire, s’accaparer l’or de l’Espagne, et envoyer comme soldats la plupart des communistes du monde entier, sauf des Russes, qui étaient essentiellement des conseillers techniques, « des diplomates », des policiers, des agents de propagande. Avec l’argent espagnol Staline se battait en Espagne, par procuration.

H) Enfin de très nombreux républicains de la première heure durent s’exiler dès l’automne 1936, pour ne pas être assassinés par les hordes miliciennes, comme le docteur et député Gregorio Marañón, la députée Clara Campoamor, l’ex ministre de l’Intérieur Miguel Maura, le rédacteur en chef de la Vanguardia de Barcelona, Augustí Calvet dit Gaziel, le député et philosophe, José Ortega y Gasset, les écrivains comme Azorín et Rámon Pérez de Ayala, et des milliers d’autres. Clara Campoamor et le docteur Marañón ont attesté, qu’il y avait eu à Madrid près de 36.000 exécutions entre février et septembre 1936, et que près de 40.000 intellectuels, hommes de sciences durent fuir dès l’automne 1936. Les premiers qui furent passés par les armes des révolutionnaires, furent bien souvent d’ardents républicains qui eurent des fonctions imminentes, mais qui s’étaient opposés au Front populaire, comme Melquiades Álvarez, Manuel Rico Avello, Ramón Álvarez ou Rafael Salazar Alonso.

C’est ainsi, que la militante républicaine et députée aux Cortès constituantes (1931-1933), Clara Campoamor a pu écrire, après son exil, à une amie, la médecin Paulina Luisi : « Je souhaite ardemment le triomphe de Franco sur les forces gouvernementales, pour empêcher l’effondrement de l’Espagne. Mais à quel prix ! ». (6) 

Notes

(1) Pío Moa, Les mythes de la guerre d’Espagne, L’artilleur, 2022

(2) Gustavo Martín Asensio, Marea Roja, La estrategia soviética en la España de la Segunda República, Espasa, 2026

(3) Manuel Álvarez Tardio y Roberto Villa García, 1936 : Fraude y violencia en las elecciones del frente popular, Espasa, 2017

(4) Michel Festivi, Les griffes de Staline sur la république espagnole, 19326-1939, préface de Pío Moa, Dualpha, 2025

(5) Michel Festivi, Francisco Franco, un caudillo pour l’Espagne, Bio-collection, Déterna et Synthèse nationale, 2025

(6) Letra de Mujer, prológo de Beatriz Ledesma, Espuela de Plata, 2026

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2026/07/16/le-18-juillet-1936-recommenca-la-guerre-civile-espagnole-6601924.html

dimanche 8 septembre 2024

Quoi de neuf ? Brasillach et Corneille

 

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Par Marc-François de Rancon

Le talentueux Sacha Guitry, amoureux de la France au point d’en symboliser la culture et l’élégance, était habité par nos traditions, ainsi qu’érudit quant à notre histoire. Il avait pour habitude de répondre, quand une relation ou un cuistre lui lâchait un banal « quoi de neuf ? » : « Molière ».

Ce n’est pas le moindre mérite de la récente réédition du Corneille de Brasillach que de nous rappeler les liens de filiation entre l’œuvre de Pierre Corneille et celle de Jean-Baptiste Poquelin. Sans constituer l’essentiel de la monographie consacrée en 1936, tricentenaire du Cid, par Robert Brasillach à Pierre Corneille, la parenté de vision du monde, de la France et du théâtre, partagée par les deux Rouennais, est évoquée. Au point que l’on saisit que l’universalité et l’intemporalité de la condition humaine écrite et jouée par Molière n’eût vraisemblablement pas existé, du moins telle qu’elle a été fixée dans son opus de l’époque, sans l’inspiration bienveillante de Corneille, fond comme forme.

Il s’agit d’une initiative de salubrité intellectuelle et culturelle que vient de réaliser l’Association des Amis de Robert Brasillach, sous la marque tellement évocatrice Éditions Les Sept Couleurs. Tous les thèmes qui taraudaient les esprits au long du Grand XVIIe siècle français résonnent encore aujourd’hui ; et, au passage, ont inspiré au siècle dernier l’immense poète, écrivain et journaliste que fut Robert Brasillach. Avec des angles qui lui sont propres, une plume enchanteresse, ce mélange d’analyse profonde et simultanément de mise en perspective donnant du sens, toutes marques de fabrique de son génie littéraire et philosophique, l’auteur renouvelle l’image quelque peu traditionnelle, pour ne pas dire scolaire, que nous pouvions garder du dramaturge. La contextualisation par Brasillach de l’œuvre de Corneille, dans sa vie privée et dans les événements politiques et littéraires de l’époque, se révèle précieuse pour notre entendement.

Au-delà du travail universitaire, augmenté de l’érudition et de l’originalité « normaliennes » de Robert Brasillach, on se délecte des rapprochements, peu nombreux mais bien vus, avec l’actualité politique nationale et internationale des années 1930. Rodrigue et Horace sympathisants (en idées) du Duce, c’est savoureux et, somme toute, fondé. Des vers comme « Ah, ne me brouillez point avec la République !… » ou « Le pire des États, c’est l’État populaire », cités avec gourmandise en 1936, nous font saliver encore par leur ironique dérision en 2024. Une saillie comme « Si les antifascistes d’aujourd’hui avaient un peu de sens poétique, n’est-ce pas Sertorius que l’on jouerait dans ces maisons de la Culture qu’ils ont mises à la mode ? » vaut encore de nos jours son pesant de mordant.

Chacun connaît la rivalité entre Corneille et Racine. Opposition réelle sur le plan de la conception de la tragédie théâtrale. Différence métaphysique et religieuse entre le catholique classique et le janséniste intégriste aux tentations quasi-parpaillotes. Concurrence qu’il ne faut pas exagérer en ce qui concerne la présence à l’affiche ou la bonne réputation à la Cour : il suffit de se souvenir que nos deux géants littéraires ne font pas partie de la même génération. Pour caricaturer à grands traits, on pourrait dire que Corneille c’est plutôt Louis XIII et Racine pleinement Louis XIV, mais ce serait excessif et réducteur. Toutefois la chronologie est bien là. Au demeurant, Racine lui-même a loué Corneille, après le décès de ce dernier, dans l’enceinte même de l’Académie française, notamment pour avoir normé de fait le théâtre en France, qui était auparavant dans le « désordre » et « l’irrégularité ».

Ce qui a conduit Brasillach à nous livrer à ce propos sa définition lumineuse du classicisme : « Non, un classique n’est pas un fakir de banlieue […] Boileau lui-même ne songeait point à écrire de tels manuels. Un classique, si nous en croyons la louange de Corneille par Racine, c’est d’abord un inventeur, c’est un explorateur, et c’est un fondateur d’Empire. Il s’installe dans une jungle qu’il défriche et il plante son pavillon de colonisateur. Il ne suit pas les lois, puisque c’est lui qui les donne : le génie est le seul législateur. Le classicisme, c’est la révolution permanente ».

Grâce soit rendue à ceux qui ont eu l’idée, puis assuré la réalisation, de cette réédition. Au premier rang desquels David Gattegno, qui a de surcroît réuni une iconographie tellement pertinente et riche qu’elle constitue quasiment un livre dans le livre, succession d’images parfaitement distillées au cours du récit de la vie et de l’œuvre de Pierre Corneille. La préface d’Alain Lanavère, avec sa genèse documentée, forme une parfaite introduction à l’ouvrage.

Robert Brasillach, Corneille, Les Sept Couleurs, 2024, ISBN 978-2-83990-823-2, 374 pages, 30 €

https://www.actionfrancaise.net/2024/09/07/quoi-de-neuf-brasillach-et-corneille/

mardi 6 août 2024

L'effacement...

 

Albert de mun buste bis

Il y avait un lycée au nom de Thierry Maulnier à Nice depuis plusieurs décennies : il sera débaptisé à la rentrée prochaine, après une campagne de haine et surtout de bêtise de la part d’une élue d’extrême-gauche « verte » relayée obligeamment par quelques journalistes peu soucieux de s’intéresser vraiment à la personnalité visée et préférant se contenter de quelques fiches de police de la pensée ; mais c’est le président du conseil régional, M. Renaud Muselier, qui a porté le coup fatal, cédant à la pression de quelques uns et à la doxa dominante contemporaine. Ainsi, Maulnier disparaîtra tranquillement de la cartographie niçoise, et il est peu probable que son nom soit redonné à une rue ou une école de la République française…

Cet effacement public d’un nom, pourtant paré du titre d’académicien français et témoin engagé d’un temps où le débat d’idées pouvait exister sans excommunier (même si ce temps n’a sans doute jamais été très long et, en tout cas, pas vraiment pérenne), n’est pas une bonne nouvelle : sans doute annonce-t-il de prochaines épurations toponymiques dont nombre de nos références culturelles et civilisationnelles feront les frais, des héros de la Chouannerie en Bretagne (Georges Cadoudal a son square à Rennes, par exemple) aux grands écrivains parfois mal-pensants (un autre Georges, Bernanos, entre autres, mais aussi Anatole France, parce qu’il a osé écrire un livre contre les mécanismes de la Terreur, Les dieux ont soif…), sans oublier les saints locaux ou plus généraux qui seront accusés d’être des atteintes à la laïcité ou aux idéologies dominantes du moment…

Plus subtile parfois est la dénomination de nouveaux bâtiments, publics en particulier, ou des rues et squares nés des poussées urbaines ou rurbaines : des références mondialisées, souvent d’origine états-uniennes et en rapport avec les « luttes » d’outre-Atlantique, grignotent peu à peu la toponymie française. Sans oublier ces noms engagés qui incarnent une des nombreuses causes communautaristes actuellement en cours, du féminisme au décolonialisme, voire au racialisme… Nommer une rue, un lotissement, une école est un acte hautement politique, et n’a rien, aujourd’hui encore moins qu’hier, de neutre !

Cette politique d’effacement et de remplacement ne se limite pas à l’espace public commun, il peut aussi concerner des institutions mêmes de l’espace civique et hautement politique. Un exemple significatif, datant d’il y a quelques années à peine, du temps de la Hollandie (2015) : Au cœur même de l’Assemblée nationale, dans la salle (médiatique) des quatre colonnes, il y a quelques années, le buste du député catholique social Albert de Mun, élu royaliste avant que de rejoindre le Ralliement à la République (tout en demeurant royaliste, d’ailleurs…), a été déplacé en un lieu beaucoup plus « discret » et remplacé par celui d’une femme qui n’a jamais (et pour cause !) été élue au siège de député, Olympe de Gouges, et cela pour des raisons bassement politiciennes et démagogiques (1). Personne, ou presque, ne s’en est ému, et Albert de Mun a ainsi disparu, sans bruit : d’ailleurs, qui s’en souvient ? A-t-il même existé, pourrait-on légitimement se demander ? En effaçant sa présence en ce lieu emblématique de l’activité parlementaire, c’est une grande partie de l’histoire de la construction d’une législation sociale en France que l’on a ainsi mise sous le boisseau… Comme si rien n’avait, sur ce sujet, existé « à droite », et rien non plus, ou presque, avant Mai 1936…

Je n’aime pas ce programme d’amnésie vindicative, de chasse aux sorcières et de « remplacisme » toponymique sans fin qui rappelle cette politique de la Première République débaptisant lieux et monuments quand elle ne les faisait pas détruire, physiquement. Mais, puisque Thierry Maulnier et Albert de Mun ont disparu du paysage des noms et des bustes, il n’est pas interdit, comme pour leur rendre un hommage vivant au-delà de leur éviction, de les relire, de les citer mais aussi de leur rendre leur vraie personnalité, leur véritable histoire qui ne sont pas celles des censeurs et des effaceurs contemporains. « Messieurs les censeurs, bonsoir ! », s’exclamait Maurice Clavel en quittant un plateau de télévision, furieux de la disparition dans un de ses films documentaires de quelques mots ôtés par la direction de la télévision de l’époque (la fameuse ORTF). Cela claque bien, et frappe les esprits ; mais il s’agit désormais d’aller plus loin : vous vouliez effacer, nier, diffamer, messieurs (et mesdames, d’ailleurs, à Nice) les censeurs ? Tant pis, nous, nous maintiendrons, nous lirons, nous ferons connaître ceux que vous vouliez rayer de la mémoire de cette nation : ainsi, nous ferons revenir à la vie ces fantômes qui vous hantent et qui, eux, sont des esprits qui nous inspirent encore…

Notes : (1) : Cela n’enlève rien, d’ailleurs, à tout l’intérêt qu’il est possible et même nécessaire de porter à Olympe de Gouges, qualifiée aujourd’hui de fondatrice du féminisme en France mais empêchée de Panthéon il y a quelques années parce que trop peu républicaine et, même, accusée de monarchisme par quelques uns des plus robespierristes de l’échiquier politique français…

https://jpchauvin.typepad.fr/jeanphilippe_chauvin/2024/08/leffacement.html

mardi 30 janvier 2024

Octobre 1916 : Naissance des Allocations familiales

 

Avec d'autres patrons Chrétiens-sociaux, Emile Romanet créés les Allocations familiales
Emile Romanet - Inventeur des Allocations familiales

Dans la mémoire collective, notre histoire sociale se résume à quelques symboles: les congés payés en 1936, la sécurité sociale en 1945. C’est négliger ce qui les précède comme si la loi se faisait en un jour. L’histoire a retenu la généralisation, ignorant la genèse. De même que nombre d’ouvriers bénéficiaient de congés payés avant 1936, les assurances sociales n’ont pas été inventées en 1945, lorsqu’elles sont devenues universelles et obligatoires.

Avant le monopole de la Sécurité sociale, il y a eu des chrétiens qui ont oeuvré pour une politique familiale

Invention des allocations familiales

Il faut remonter une trentaine d’années plus tôt pour qu’Émile Romanet «invente» les allocations familiales. [...] Fervent catholique, il s’intéresse de près au sort des ouvriers. L’aide sociale est alors erratique et tient souvent davantage de la charité que des droits. Les syndicats se focalisent sur les salaires et la famille est plus une menace qu’un enjeu. Aussi, est-ce à la fois par le secteur public (ainsi du supplément journalier de 5 centimes par enfants accordé aux salariés du ministère de la Marine en 1860) et par le courant chrétien-social que surgit un «mouvement d’aide à la famille.»

Le courant chrétien-social porte des idées novatrices

Car, tout au long du XIXe siècle, le courant chrétien-social porte des idées novatrices: ainsi de Charles de Montalembert, qui demande l’interdiction du travail des enfants, de Frédéric Ozanam ou d’Armand de Melun, révoltés par l’étendue de la misère ouvrière, ou encore d’Albert de Mun, qui fonde des cercles ouvriers, sans oublier Frédéric Le Play qui publie La réforme sociale en France en 1864. Avec l’encyclique Rerum novarum (1891) qui pose la question de la justice dans le salaire, plusieurs industriels vont mettre ces idées en application.

Peu après, Léon Harmel, industriel champenois, entend créer une «usine chrétienne», où les ouvriers gèrent des caisses de secours ou de crédit, des cercles d’études ou des associations religieuses… Il crée un «supplément familial au salaire».

« Cette institution, bien qu’entièrement alimentée par la caisse patronale, est gérée complètement par une commission ouvrière, qui se réunit chaque semaine, prend connaissance des salaires insuffisants et les complète en nature, au gré des familles. »

Dans le département de l’Isère, où travaille Romanet, les premiers réseaux de protection sociale se sont constitués au XIXe siècle: on y trouve plusieurs sociétés de charité, bienfaisance ou de prévoyance, des caisses de retraites des ouvriers… Entre logement et famille, chez les patrons chrétiens, la fibre sociale est intimement liée à la foi. Ils n’hésitent pas à assumer ce qui nous apparaît aujourd’hui comme du paternalisme. [...]

Création du premier comité d'entreprise en 1906

Avec la confiance de Joya père, puis fils, Émile Romanet s’emploie régulièrement à améliorer le sort des ouvriers, faisant grincer quelques dents dans le patronat… En 1906, il crée un conseil d’usine, préfiguration des comités d’entreprise, et met en œuvres diverses mesures: retraite supplémentaire, salle de lecture, jardins ouvriers, bureau de placement…

6 octobre 1916 : Les bonifications familiales

Pour qu’il devienne le «père» des allocations familiales, il faut juste un déclic. Qui survient le 6 octobre 1916, en pleine bataille de Verdun, lorsque le gouvernement invite les Français à souscrire un emprunt de guerre. Romanet relaie l'information auprès des ouvriers. Ceux-ci lui disent qu’ils n’ont pas les moyens d’y participer, «avec leurs charges de famille.» Et l’invitent à faire une «petite enquête» pour voir «ce qui se passe dans les familles ouvrières». [...]

Peu après, Romanet convainc le Syndicat patronal. En novembre les «bonifications familiales» sont généralisées dans l’Isère, en Savoie et Haute-Savoie –avec quelques mesquineries ici ou là. [...]

Avril 1918 : Création des premières caisses d'allocations familiales

Au même moment, et sans se connaître, Émile Romanet et Émile Marcesche ont alors l’intuition des caisses de compensation, alimentées par des cotisations des employeurs en proportion des heures travaillées et des salaires versés. Cette mutualisation des charges donne l’élan nécessaire à la généralisation des allocations familiales. En avril 1918, le Syndicat patronal des constructeurs mécaniciens et fondeurs de l’Isère, Savoie et Haute-Savoie donne l’exemple. Après-guerre, plusieurs branches industrielles s’en emparent: Syndicat national des constructeurs mécaniciens et fondeurs, Union des industries métallurgiques et minières, Bâtiments et travaux publics… En parallèle, sous «l’influence des cercles catholiques et des syndicalistes chrétiens (la CTFC)», les caisses de compensation interprofessionnelles se développent: 81 en 1922 , 160 en 1925, 230 en 1930, pour 1,8 millions de salariés bénéficiaires. Seul le petit commerce y reste hostile.

1932 : Généralisation des allocations familiales

La suite est plus connue. En 1928 et 1930, sous Poincaré, la loi sur les assurances sociales couvre la maladie, la vieillesse et l'invalidité, puis, en 1932, le dispositif des allocations familiales est généralisé par la loi Landry.

Toutes ces mesures seront unifiées en octobre 1945 dans le cadre global et obligatoire de la Sécurité sociale. L'État a pris le relais des initiatives patronales."

L'Etat a surtout confisqué les caisses d'allocations familiales et monopolisé ce système qu'il contrôle désormais et qu'il peut mettre... sous condition de ressource.

http://histoirerevisitee.over-blog.com/2017/06/octobre-1916-naissance-des-allocations-familiales.html

vendredi 19 janvier 2024

Qui sont vraiment ces dangereuses "Ligues d'anciens combattants" responsables du mythique "coup d'état" du 6 février 1934 ?

 

Qui sont vraiment ces dangereuses "Ligues d'anciens combattants" responsables du mythique "coup d'état" du 6 février 1934?

Assimiler les associations d’anciens combattants aux ligues (qui sont par définition des organisations politiques), aux groupes de combat (alors qu’elles étaient ouvertement pacifistes) est une injure aux poilus de toutes conditions et de toutes tendances politiques qui étaient unis fraternellement dans les tranchées !

Ces mouvements étaient des associations non politiques voulant faire perdurer l'élan fraternel qui souda ces hommes soumis à d'atroces conditions de vie. Devoir de mémoire et entraide étaient leurs seules préoccupations.

Au même titre que les syndicats ouvriers ou patronaux, elles étaient financées officiellement par des subventions étatiques.

 
L'Union nationale des combattants

L’UNC était la principale association d’anciens combattants de l’époque (900 000 adhérents, dont 72 000 en région parisienne). Fondée par Georges Clemenceau et le Père Daniel Brottier (Béatifié le 25 novembre 1984), l’UNC avait vocation à accueillir les anciens combattants, mais aussi les veuves et orphelins de guerre et demandait aux poilus de « Rester unis comme au front ». Elle est à l’origine de toutes les avancées en terme de législation combattante. Elle existe toujours !

L'Association Républicaine des Anciens Combattants

l’ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants) est ouvertement rattachée au Parti Communiste. Elle appellera aussi à manifester le 6 février 1934 (notamment dans la une de l'humanité du 5 février qui n'est plus dans les archives du PCF !). l'ARAC existe toujours !

Ultime outrage de la Gauche : Les Croix de feu qu'elle nous présente comme une dangereuse organisation d'extrême droite !

L'élite des combattants & leurs familles

Les Croix de Feu, regroupent à partir de 1927 uniquement l’élite des combattants ayant reçu la Croix de guerre. Le meilleurs des poilus sans distinction d'opinions politiques ou religieuses. En 1934, elle comptera 150 000 membres.

Certes, elle prit un virage plus politique à partir de 1931 sous la direction du lieutenant-colonel de La Rocque en adoptant une position " Chrétien nationaliste" et en refusant toute violence (le 6 février, l'ordre de dispersion fut donné à ses membres dès les premières violences).

Elle fut combattue par l’extrême gauche et l’extrême droite. Dans son programme très progressiste figuraient : Salaire minimum, congé payé, vote des femmes, etc De quoi faire pâlir la Gauche française qui refusa le vote des femmes jusqu'en 1945 au prétexte qu'elles votaient majoritairement à Droite car étant catholiques. Elle sera dissoute en 1936.

Par ricochet de cet amalgame, le préfet Jean Chiappe rentrera dans les personnes fréquentant les « Ligues d’extrême droite » car proche de l’UNC !

On retrouve ce genre de propos dans une grande encyclopédie en ligne… les fantasmes de la Gauche sont bien implantés !

http://histoirerevisitee.over-blog.com/2013/11/un-fantasme-de-la-gauche-honteux-pour-tous-les-poilus-de-1914.html

mercredi 27 septembre 2023

Le nouveau Passé-Présent - Espagne 1936-1939 : la guerre dans la guerre

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Jamais, nulle part ailleurs dans le monde, un conflit n’aura attiré la totalité des nuances de la gamme idéologique, en passant du fascisme à l’anarchisme. Pour cette raison seule, la guerre d’Espagne reste unique. Et ses nuances principalement dans le camp républicain vont rapidement se transformer en division et ses divisions se transformer en affrontements directs et sanglants. Entre le Parti communiste espagnol soutenu par l’URSS de Staline, les anarchistes de la CNT et le POUM léniniste antistalinien, la lutte est féroce et sanglante.
Pour comprendre cette véritable guerre dans la guerre, Guillaume Fiquet reçoit Michel Festivi, auteur de "L’Espagne ensanglantée" (éditions Dualpha).

La Revue d'Histoire européenne


https://tvl.fr/le-nouveau-passe-present-espagne-1936-1939-la-guerre-dans-la-guerre

vendredi 28 juillet 2023

La Franc-Maçonnerie, par le Général Franco

 

C’est sous le pseudonyme de Jakin Boor que le Général Franco (1892-1975) a fait paraître une série d’articles sur la franc-maçonnerie dans le journal Arriba à partir de 1946. Ces articles ont ensuite été rassemblés en un livre paru en 1952, toujours sous le même pseudonyme, alors que le Général France était le chef d’Etat de l’Espagne. Ce livre n’avait jamais connu jusqu’ici de traduction française et il faut féliciter les éditions Saint-Remi et leur traducteur François Thouvenin d’avoir entrepris ce travail.

Le secret est l’un des moyens que privilégie la franc-maçonnerie pour parvenir à ses fins. Il ne fallait pas lui faciliter la tâche alors que l’Europe sortait à peine de la guerre et que les forces occultes se précipitaient immédiatement pour profiter de la mise en place de l’ONU pour tenter d’affaiblir l’Espagne catholique. C’est pourquoi le Général Franco a tenu à consacrer du temps à démasquer la franc-maçonnerie et ses manigances. Le Caudillo a rappelé que c’est la franc-maçonnerie qui obtint l’expulsion des jésuites, l’un des faits ayant nui le plus au continent américain, c’est la franc-maçonnerie qui a apporté la guerre dans les colonies et qui a fait du dix-neuvième siècle un interminable chapelet de révolutions et de conflits civils, c’est la franc-maçonnerie qui fournit à l’Angleterre la possibilité de mettre en œuvre le démembrement de l’empire hispanique lui faisant de l’ombre. L’Espagne a su, à partir de 1936, extirper de son sol le cancer maçonnique dont elle était rongée, mettant en exergue la trahison des loges espagnoles sous les ordres des super-Etats maçonniques. Dès 1946, l’Espagne fut donc en butte aux fureurs de la secte maçonnique dans le cadre de machinations étrangères que raconte Franco.

Ce livre souligne aussi comment la franc-maçonnerie est majoritaire en Angleterre alors qu’elle reste marginale – mais puissante – sur le continent européen. En Angleterre, la franc-maçonnerie recouvre tout l’éventail social, du Roi à l’ouvrier, en passant par les aristocrates, les commerçants et l’intelligentsia, et comme ses membres appartiennent à l’église protestante, elle se présente sous des apparences chrétiennes, utilisant des pasteurs anglicans pour fomenter des complots. Voilà pourquoi, explique Franco, on ne peut juger les loges anglaises selon les mêmes critères que la maçonnerie continentale.

Le Général Franco évoque également les crimes maçonniques restés impunis car bénéficiant du traitement de magistrats francs-maçons, ainsi que l’influence maçonnique dans le secteur des médias. Et le Général insiste sur le fait que l’Eglise catholique, dans son infinie sagesse, condamne la franc-maçonnerie sans distinction de rite et excommunie tous ses adhérents, mettant ainsi en garde contre le risque de se laisser séduire par des apparences extérieures, notamment présentées comme philanthropiques, alors qu’on ne peut être à la fois catholique et franc-maçon. Le Général Franco met en lumière à de multiples reprises la dimension politique éminemment anticatholique de la franc-maçonnerie.

Précisons encore que les éditions Saint-Remi ont apporté à cette publication un grand soin, proposant un ouvrage cartonné et cousu et une impression sur papier ivoire.

La franc-maçonnerie, Général Francisco Franco, éditions Saint-Remi, 303 pages, 25 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/la-franc-maconnerie-par-le-general-franco/171200/

jeudi 22 juin 2023

L'entretien avec Didier Lecerf, auteur de "François de La Rocque, des tranchées au Parti social français", publié dans le dernier numéro de Lectures françaises

 

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Source Lectures françaises cliquez ici

Vous venez de publier, aux éditions Synthèse nationale, dirigées par Roland Hélie, un livre consacré à François de La Rocque. Pourquoi avoir choisi de travailler sur cette grande figure de la droite nationale antimarxiste, sociale et populaire des années 1930 dont beaucoup, aujourd’hui, ont oublié l’existence et dont les autres, notamment dans nos milieux au sens large, ont souvent l’image négative d’un velléitaire pusillanime qui aurait entraîné la foule de ses partisans dans une aventure politique stérile ?

Roland Hélie et moi-même avons fait ce choix pour tout un ensemble d’excellentes raisons parmi lesquelles, pour ne pas faire trop long, je n’en retiendrai que trois.

D’abord, le colonel de La Rocque, comme son grade nous le rappelle, c’est un militaire de carrière, un officier de l’armée française aux brillants états de service, toujours très bien noté, qui, de 1908 à 1928, a servi – au sens le plus noble du terme – la patrie avec dévouement et abnégation. Ce qui lui a valu, entre autres, la légion d’honneur et la croix de guerre avec cinq palmes et deux étoiles… Successivement, il a été affecté en Algérie, au Maroc (durant les premières années de la "pacification", sous le général Lyautey, de 1913 à 1916 - avec une blessure fortement incapacitante reçue au combat en août 1916 - puis pendant la guerre du Rif, sous le maréchal Pétain, en 1925-1926), en France, notamment sur le front, entre janvier 1917 et octobre 1918, puis à l’état-major du maréchal Foch, au côté de Maxime Weygand, entre 1919 et 1928, et enfin en Pologne, au sein de la Mission militaire française, de 1921 à 1923.

Ensuite, celui que ses partisans qualifiaient affectueusement de "patron", c’est aussi un chef politique qui, dans des conditions difficiles, a bâti avec courage, détermination, persévérance, mais également sens de la mesure et des responsabilités (en particulier vis-à-vis de ses adhérents), les deux plus grands mouvements de masse de la France moderne. Il est tout de même l’homme qui a réussi à attirer autour de lui, au sein des diverses associations du mouvement Croix de feu (Croix de feu, Briscards, Volontaires nationaux, Section sociale féminine…) puis du PSF, des centaines de milliers de Français de tout âge et de toute condition (jusqu’à un à deux millions en 1939), dans un souci constant de réconciliation et de rassemblement le plus large possible, pour le redressement, la grandeur, la puissance de la France, gage de sa sécurité et donc du maintien de la paix.

Enfin, selon ses propres mots, c’est un patriote ardent qui, élevé dans le catholicisme et « profondément croyant », est viscéralement attaché aux principes fondamentaux de la civilisation française. Son expérience du front l’a convaincu que la fraternité des tranchées, « ignorante, au moment de l’offrande totale, des différences de fortune, des rangs, des grades, contenait en elle toute l’essence de l’esprit chrétien ». Dès lors, il s’emploie à transposer « la doctrine chrétienne dans le civisme », puis à la mettre en œuvre « dans le "social" » et à l’élargir « dans tous les plans (politique, économique, etc.) ». À ses yeux, en effet, « le retour de la France aux règles et préceptes de la chrétienté est une question de mort ou de vie, d’immobilisation et de déchéance ou de requalification pour prendre la tête de tous les progrès humains ». Pour lui, la France doit « s’adapter, intérieurement et extérieurement » mais « en restant elle-même quant à son tempérament, à sa mystique, sa façon d’être ». François de La Rocque est aussi, fondamentalement, un catholique social. Il rejette bien sûr la notion de lutte des classes et considère l’engagement patriotique, civique, politique indissociable d’une action d’entraide et d’assistance, suivie, efficace, professionnalisée, en faveur des plus faibles, des déshérités, des victimes de la grande dépression des années 1930. Comme l’écrira une vingtaine d’années plus tard, son ami Robert Garric, fondateur des Équipes sociales et intime de Lyautey, le colonel « avait le sentiment, qui dépasse la politique, d’une urgence nationale, une sorte de grande blessure faite au-dedans de la patrie, une nécessité de reconstruire, de rassembler les différents courants, les différentes valeurs spirituelles du pays. (…) Il y avait chez lui la passion du social étendue très loin. Être social, pour lui, c’était tout simplement être humain, être avec les autres hommes, être pour l’amélioration de leur sort, pour leur progrès, pour leur rapprochement. (…) Il avait atteint ce point supérieur dans les destinées humaines où, résigné aux coups et aux blessures, résigné à l’incompréhension, il passait outre, avec ce que comporte le mot admirable de notre langue "passer outre" : savoir que l’on ne sera pas compris, qu’on pourra être discuté, qu’on pourra se voir contesté. Il admettait tout. Il savait bien qu’un combat engageant l’homme dépasse toujours le combat d’un intérêt personnel et d’une humeur particulière. Il était donné à quelque chose qui le dépassait : son pays, son Dieu, tout ce qui, en lui, dominait la notion de service personnel, et tout ce qui transformait son action en un appel au service des autres ».

Par conséquent, François de La Rocque mérite bien mieux que la caricature dont, encore trop souvent, il est l’objet. C’est un grand Français, un homme d’exception. Les centaines de milliers de nos compatriotes qu’il a ressemblés autour de lui, l’amour ou la haine qu’il a suscités en attestent. Par la manière dont il a conduit son existence, par son action au service des autres et du pays, par les épreuves subies, les sacrifices consentis, il a gagné le droit que l’on s’intéresse à lui, à sa pensée, à son œuvre. Faire en sorte qu’il ne soit pas oublié et, mieux, que lui et ses mouvements soient davantage connus me semble une question de justice. À travers l’écriture puis la promotion de cet ouvrage, c’est la tâche à laquelle j’essaie modestement de contribuer, à ma place et avec mes moyens…

Votre livre est un livre d’histoire mais vous y égratignez volontiers l’extrême gauche socialo-communiste et adoptez, me semble-t-il, un certain parti pris. Peut-on dire que l’ouvrage est aussi politique ?

Cette question me remet en mémoire un propos de Dominique Venner en réponse à un lecteur de la Nouvelle revue d’histoire qui l’interrogeait sur l’objectivité de l’historien : ce dernier, qui est d’abord un homme et un citoyen, parfois engagé, avec sa sensibilité, ses idées, ne peut affirmer être totalement objectif ; en revanche, il se doit de travailler avec la plus grande honnêteté. À mon niveau et compte tenu de mes engagements passés et présents, de mes idées, je ne prétends pas à l’objectivité parfaite, ce serait malhonnête intellectuellement. Ma grille de lecture est celle d’un militant de la droite nationale antimarxiste. En revanche, je me suis efforcé d’être rigoureux et honnête… On peut donc dire, effectivement, que ce livre, qui raconte d’abord une histoire, celle d’un homme et des mouvements qu’il a dirigés et développés, est également un livre politique. En particulier, à travers l’évocation du rôle joué par certains communistes dans l’affaire Salengro ou le rappel des violentes attaques dont le colonel de La Rocque (le « colonel-comte fasciste », l’ « assommeur », le « führer des Croix de feu »…) et ses partisans ont été l’objet, j’ai voulu replacer la gauche et l’extrême gauche face à quelques-unes de leurs turpitudes, de leurs errances, de leurs excès, de leurs violences verbales et physiques. En effet, n’en déplaise à nos vertueux donneurs de leçons modernes, le "camp du bien", depuis longtemps, utilise volontiers (y compris contre certains des siens) les pratiques qu’il reproche si fort à ses adversaires. La gauche se veut l’arbitre des élégances, la grande dispensatrice des bons et mauvais points, la sourcilleuse vigie guettant le moindre sursaut du ventre peut-être encore fécond de la bête immonde… Mais l’histoire – et celle de cette période en particulier - nous montre qu’en matière d’insultes, de calomnies, de sous-entendus perfides, voire de "flicage" et d’agressions, elle a beaucoup à leur apprendre !

Revenons à François de La Rocque. Vous évoquiez tout à l’heure l’importance, selon vous, de connaître l’homme, son action et sa pensée. Pourriez-vous rapidement nous présenter cette dernière ?

Le colonel de La Rocque, je l’ai déjà évoqué, est un catholique social profondément patriote. Mais il est aussi, de formation, un officier de la cavalerie légère et du service des renseignements : il a appris à tirer le meilleur parti de ses subalternes en les prenant tels qu’ils sont ; il a appris à effectuer des raids en profondeur, à avancer résolument mais prudemment en milieu hostile, à reconnaître le terrain, à observer, analyser, estimer correctement la situation ; il a appris à collecter des informations, à prendre les bonnes décisions après avoir pesé les conséquences et estimé les résultats, à mener des coups de main, à entraîner ses hommes derrière lui et à les ramener, indemnes si possible, une fois la mission achevée. En toute chose, il a pris l’habitude de fixer des objectifs raisonnables, à portée, et de les atteindre avec le moins de dégâts et le plus d’efficacité possibles. Il est donc le contraire d’un aventurier, d’une tête brûlée. François de La Rocque n’est pas un rêveur, un romantique, un idéologue, un utopiste, un homme de système. C’est un réaliste, un pragmatique. Comme il raisonne à partir de la France telle qu’elle est et non telle qu’elle fut et ne sera sans doute plus jamais, il s’affirme républicain. Ce qu’il veut, ce n’est pas renverser le régime, mais c’est le corriger, l’améliorer, en renforçant le pouvoir exécutif, en réconciliant les classes et les clans, en rassemblant les Français pour le bien du pays. Pour mener son œuvre de rénovation nationale et de « poursuite d’un progrès social audacieux vers la coopération civique et professionnelle », Il entend suivre une voie conforme « aux règles et préceptes de la chrétienté » ainsi qu’au « caractère français, individualiste ». Il refuse donc tout modèle issu de l’étranger, communiste, fasciste ou nazi. Il écrit ainsi : « La France nation exemplaire, fille aînée de la civilisation chrétienne, ne pourrait que tomber en décadence si, par folie, elle se courbait sous la férule dictatoriale et se servait de la force politique non pour servir les forces spirituelles, mais, comme on le fait en Allemagne, pour les domestiquer et les expulser. Tout homme, tout parti qui accepterait que des instructions et a fortiori des subsides lui viennent d’au-delà des frontières commettrait le crime de haute trahison ». Pour finir cette évocation succincte, ajoutons que sa réflexion et ses écrits portent aussi sur le rôle de l’officier et l’organisation de l’armée. Ainsi, dès 1919 il se prononce pour une armée de métier et, en faveur de la protection des populations face à la menace aérienne, mène une action qui contribue à la mise en place de la défense passive…

Au terme de ce travail qui vous a permis d’aller à la rencontre de François de La Rocque, des Croix de feu et du PSF, que retenez-vous d’essentiel ?

Répondre à cette question n’est pas aisé… Je dirais que malgré le flot d’invectives et de bile déversé par ses nombreux adversaires, le colonel de La Rocque a su tenir bon parce qu’il avait, selon ses propres mots, cette « foi supérieure qui vient de l’idéal et de la croyance ». Cette foi, il l’avait reçue de ses parents, elle lui a été confirmée par sa troupe, elle a été exaltée en lui par les Croix de feu et sa flamme a été alimentée « magnifiquement par (son) foyer béni ». Il a résisté et n’a pas rompu parce qu’il s’est aussi trouvé protégé des atteintes de la calomnie par le « rempart vivant » de ses partisans, « à l’abri parce qu’aimé », comme l’a écrit François Mauriac dans le Figaro en novembre 1936. Vaille que vaille, avec courage, énergie et détermination, il a pu ainsi poursuivre son œuvre de réconciliation et de rassemblement de centaines de milliers de Français de tout milieu, hommes et femmes, pour le redressement national, par la défense du travail, de la famille, de la patrie. Mais puisqu’il s’agit d’aller à l’essentiel, je pense que le mieux c’est encore de lui laisser la parole et de conclure par la citation d’un texte qu’il a écrit en 1944 (durant sa captivité dans le Reich allemand) mais qui, me semble-t-il, trouve une résonnance particulière dans la France en crise de 2023 : « La nature fait beaucoup de sots. Elle ne fait pas de sauts. Beaucoup de sots. Insensés et insensés redoutables ceux qui espèrent le redressement brusque de l’état de choses résultant d’une longue et décadente évolution, qui espèrent dans le coup de baguette magique d’un thaumaturge, celui-ci fût-il suivi de plusieurs milliers de braves gens. Pas de sauts. Lorsque, durant des années, on a progressivement sapé la base des institutions, ruiné la moralité publique, abandonné les règles et les garanties de l’harmonie intérieure, vu le bien mais accepté le mal, on n’a pas le droit d’attendre un redressement instantané de manifestations épisodiques. (…) La nature fait beaucoup de sots. Elle ne fait pas de sauts. Les longues déchéances de la communauté tout entière ne se rachètent pas, n’autorisent pas de relèvement sinon par la vertu d’un long effort de la communauté entière. Nos concitoyens ont trop espéré voir le problème soudainement résolu d’un seul coup, sans leur dure et universelle participation, à l’appel d’un homme, autour du prestige d’un nom. Conception de paresseux, calcul d’embusqués. Dieu n’accorde les miracles qu’aux grands sacrifices. Grande illusion des Français et, d’abord, des "bien-pensants". Grande illusion ! (…) Notre patrie ne regagnera son pain, avec le salut, qu’à la sueur de son front, qu’à la sueur du front de tous ses fils. Dieu fasse qu’à cette sueur on n’ajoute pas trop de sang ! »

François de La Rocque, des tranchées au Parti social français, Didier Lecerf, préface de Francis Bergeron, 2023, 434 pages 33,00 €

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http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2023/06/21/l-entretien-avec-didier-lecerf-auteur-de-francois-de-la-rocq-6448629.html

samedi 22 avril 2023

Guerre d’Espagne. Michel del Castillo, le grand témoin qui valide le “franquiste” Pio Moa

 

A 89 ans, l’écrivain franco-espagnol Michel del Castillo est un grand témoin du dernier siècle, à cheval sur les deux versants des Pyrénées. Né à Madrid en 1933, il a passé sa prime enfance dans la guerre civile puis le plus clair de sa jeunesse dans les années les plus dures du franquisme.

Malgré cette expérience, ou peut-être à cause d’elle, plusieurs de ses livres portent une vision équilibrée sur toute la période. Au point de rejoindre sur certains points l’historien amateur Pio Moa, dont le livre hérétique, “Les Mythes de la Guerre d’Espagne“, a été traduit l’année dernière en français. Les points communs concernent :

-la responsabilité écrasante de la gauche espagnole dans le déclenchement de la guerre civile

– la nature de plus en plus totalitaire du régime de Front Populaire issu des élections de février 1936, régime qui ne méritait plus le nom de République

– la réévaluation du personnage de Franco, Del Castillo restant cependant plus critique

Dès 1957, “Tanguy” parle des dérives du camp dit républicain

Chez Del Castillo, cette façon de voir est perceptible dès son premier livre, un roman à base autobiographique qu’il publie à son arrivée à Paris dans les années 50 : 

” Tout avait commencé par un coup de canon. C’était la guerre en Espagne. Mais Tanguy [le double littéraire de Del Castillo] ne gardait de ces années que quelques souvenirs confus. Il se rappelait avoir vu de longues queues immobiles devant des boutiques (…) des miliciennes fusil à l’épaule qui arrêtaient les passants pour leur demander leurs papiers (…) avoir pleuré de peur en entendant les “miliciens” frapper à la porte aux premières heures du matin (…)  Le soir, il écoutait sa mère [proche du président républicain jacobin Manuel Azaña] parler à la radio (…) Les communistes l’arrêtèrent un jour (…) il aperçut sa mère derrière des grilles, avec d’autres femmes (…) Il entendit qu’elle expliquait à sa nurse comment chaque nuit des groupes de prisonnières étaient emmenées pour le “paseo” [= la “promenade”, mot désignant les exécutions politiques].” 

(“Tanguy”, Michel Del Castillo, 1957, page 1)

Mal lu et mal compris, “Tanguy” a été pris en son temps pour un livre antifranquiste (1),  ce qui a valu à son jeune auteur d’être adoubé par l’intelligentsia parisienne. Aussi  cette dernière s’est-elle  sentie trahie, quand Del Castillo récidiva à 75 ans, en publiant ” le Temps de Franco”, un livre remarquable par son impartialité  : 

” Dans les rues des grandes villes, Barcelone, Valence, Madrid, Jeunesses socialistes et phalangistes [phalangisme = version espagnole du fascisme, fondé par José Antonio  Primo de Rivera] règlent leurs comptes. Chaque jour, les assassinats politiques font des dizaines de morts [chiffre exagéré]. Feu mon ami Vasquez Montalbàn a écrit que les señoritos de la Phalange abattaient froidement des syndicalistes et des ouvriers dans l’intention de destabiliser la République. J’ai écrit la même chose avec la certitude que c’était la vérité, ce qui prouve que la propagande est un bon aliment pour la paresse de l’esprit. Ayant creusé le sujet, Payne [historien anglais marqué à droite, un des rares soutiens de Pio Moa] démontre que José Antonio, personnage contradictoire, refusa longtemps la violence.”  

(“Le Temps de Franco, récit”, Michel del Castillo, 2008, page 173)

Les pros, moins calés sur la chronologie que les amateurs…

Mais peut-on faire confiance à des amateurs comme Pio Moa et Del Castillo ? Voici en comparaison ce qu’écrit sur le sujet une “pro” de l’histoire, salariée de l’université Paris VIII comme ” spécialiste du genre dans l’Espagne contemporaine” : 

” La radicalisation de la droite est perceptible aussi dans l’apparition des premiers groupes fascistes ou fascisants. En octobre 1933, la Phalange espagnole fit son apparition (…) Contrairement aux JAP [les jeunes du principal parti de droite], les phalangistes et jonsistes ne reculaient pas devant l’usage de la violence, tout comme ne le faisaient pas les milices formées et entrainées par les carlistes [droite paysanne royaliste] dans leurs fiefs basques et navarrais. A leur tour, les organisations ouvrières constituaient des milices armées, comme les MAOC, les Milices antifascistes ouvrières et paysannes, formées par le Parti communiste espagnol au printemps 1933 pour contrecarrer l’activité des groupuscules fascistes. Ainsi les premières victimes des combats de rue tombèrent dès l’automne 1933.”

(“Histoire de l’Espagne contemporaine”, ouvrage collectif, 2017, page 182, chapitre écrit par Mercedes Yusta)

Selon Mercedes Yusta, c’est la droite qui a enclenché la spirale de la violence et la gauche n’aurait agi qu’après coup, pour la “contrecarrer”. Or elle a mal relu sa copie puisque son texte lui-même établit que les milices staliniennes ont été organisées 6 mois avant l’apparition de la Phalange… (2) 

E.P.

1) “Tanguy” est dès sa parution un grand succès international et est resté depuis un classique de la littérature jeunesse. Il raconte le parcours d’un enfant franco-espagnol à travers la guerre civile de 1936-1939, le camp d’internement de Rieucos sous Vichy, un camp de concentration en Allemagne, une maison de correction-orphelinat et une usine dans la Catalogne d’après-guerre.
“Tanguy” n’est pas antifranquiste : le livre est traduit et publié en Espagne en 1959 ; il est salué par Mercedes Fórmica, avocate et femme de lettres phalangiste, dans ABC, le journal conservateur de référence  ; il a été lu et apprécié par Carmen Polo, l’épouse du général Franco ; Del Castillo est reçu en audience par le dictateur, pour parler de la question des maisons de redressement en Espagne.
“Tanguy” n’est pas non plus profranquiste : il se place au point de vue d’un enfant, qui subit les crimes des adultes, quelle que soit leur idéologie. Apolitique, il est dans une logique de pardon et de réconciliation. Y compris avec sa mère, une grande dame de gauche, irresponsable et égoïste, qui est la cause immédiate de ses malheurs.
Jusqu’à quel point “Tanguy” est-il autobiographique ? L’épisode le plus marquant – le camp de concentration nazi- n’est plus guère développé dans les romans et récits ultérieurs de Del Castillo.

 2) A l’automne 1933, selon les données de Pio Moa, toutes les victimes des violences politiques sans exception sont des “fascistes” :  cela commence en novembre 33 par un mort et une blessée grave parmi ceux qui assistaient à un meeting électoral de Primo de Rivera. C’est seulement en juin 34, après une dizaine de morts dans ses rangs, que la Phalange entamera des représailles, en général de façon proportionnée et ciblée sur les milices adverses.
La chronologie et l’étude factuelle des violences politiques (assassinats mais aussi destruction d’églises, d’oeuvres d’art, d’écoles, de bibliothèques, de médias, de sièges de partis politiques de droite) montrent que ce sont les groupes armés de gauche, opérant dans une totale impunité,  qui ont joué la surenchère – jusqu’à l’assassinat en juillet 1936 de José Calvo Sotelo, un des chefs parlementaires de la droite, qui n’avait pourtant rien à voir avec ces affrontements. C’est cet assassinat volontairement provocateur qui a été l’élément déclencheur de la guerre d’Espagne.
Ces violences s’inscrivaient dans la stratégie insurrectionnelle de type “antifa” adoptée à l’été 1933 par Largo Caballero, principale figure du parti socialiste et du syndicat UGT. Deux cycles de violence ont été orchestrées crescendo : en 1933-1934, puis en février 1936, à chaque fois à l’initiative des groupes armés de gauche. Caballero était alors sous l’influence d’Alvarez Del Vayo, un agent de l’Union soviétique.
Les anarchistes avaient précédé les socialistes dans la violence : entre 1931 et 1933, en pleine République et bien avant l’apparition du moindre groupuscule fasciste, les émeutes libertaires avaient déjà causé  280 morts

Verbatim Michel Del Castillo sur le franquisme

Sur la répression franquiste en 1951

[La mère du narrateur est retournée en Espagne et a été arrêtée comme ancienne républicaine] 

Le matin, le chef, un commissaire, est venu me trouver : ” Son fils a fait unebêtise, Monsieur Bouguet, en s’avançant et en l’assurant qu’elle était graciée. Mais soyez tranquille : nous savons qu’elle n’a tué ni fait tuer personne. Rentrez à votre hôtel. L’affaire risque de durer un bon moment, le temps que nous procédions à certaines vérifications. Je vous donne ma parole d’homme qu’il ne lui sera fait aucun mal. Je vous demande de nous aider en attendant son retour sans faire d’esclandre“.

[Elle sera finalement libérée.]

(“Rue des Archives”, roman, 1994, p 118)

Sur Sartre et ses brillantes analyses

Je me suis également rappelé mes rendez-vous avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir (…) dans les années 60. Nous allions manger  la Palette ou à la Coupole (…) Les serveurs  déroulaient un paravent qui nous cachaient de la salle et à peine installés dans notre coin, Sartre allumait sa cigarette avant de me raconter l’Espagne, qu’il connaissait mal, d’analyser le franquisme, qu’il n’avait pas vécu.”

(“L’Adieu au Siècle, journal de l’année 1999”, p 170)

Le destin étonnant d’un anarchiste devenu chef de prison 

Les massacres se seraient poursuivis jusqu’à l’extermination totale si un grain de sable n’était venu gripper la machine. Il s’appelait Melchior Rodriguez, un anarchiste (…) Le nouveau ministre de la justice, lui-même anarchiste, le nomma directeur des prisons (…) Sitôt en place, (…) il donna l’ordre de ne livrer aucun prisonnier sans un mandat signé de sa main (…) Par sa seule présence, il réussit à sauver des milliers de vies.
Comparaissant après la guerre devant un tribunal militaire, de nombreuses personnalités franquistes vinrent témoigner en sa faveur. Quand l’un de ces témoins parla de ses vertus chrétiennes, Melchior se dressa et protesta avec force, disant (… ) qu’il avait agi par humanité, et non par charité. Il fut condamné à une peine légère (…)
Lorsqu’il tomba gravement malade, il fut soigné à l’hôpital Francisco Franco de Madrid où Martin Artajo, ancien ministre des affaires étrangères du Généralissime, lui rendit visite, arborant pour l’occasion une cravate aux couleurs de l’anarchisme, rouge et noire
.”

(“Le Temps de Franco”, récit, 2008, p 256)

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine 

https://www.breizh-info.com/2023/04/22/218745/guerre-despagne-michel-del-castillo-le-grand-temoin-qui-valide-le-franquiste-pio-moa/

dimanche 13 novembre 2022

Sur Arthur Koestler : réflexions a posteriori sur un itinéraire politique hors du commun

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[Ci-contre : Arthur Koestler travaillant paisiblement dans sa maison fermière galloise, 1948, Life Magazine]

Arthur Koestler : un auteur que j’ai découvert très tôt par son Testament espagnol, souvenir poignant de son incarcération en Espagne pendant la guerre civile de 1936-39.

Koestler, étudiant inscrit dans une corporation viennoise, laisse tout tomber pour poursuivre le rêve sioniste en Palestine et en revenir ruiné. Il entame une belle carrière de journaliste dans la presse berlinoise, qu’il abandonnera pour suivre un autre rêve, celui de l’utopie soviétique-communiste.

Agent du Komintern autour de Willy Münzenberg à Paris, il claudiquera d’une déception à l’autre. Son fragment d’itinéraire communiste nous permet d’entrevoir l’histoire secrète du Komintern et surtout de saisir de l’intérieur le heurt tragique entre trotskistes et staliniens. Les souvenirs pénibles du camp de concentration français du Vernet, où il sera incarcéré pendant quelques mois au moment de la “drôle de guerre” au titre de “ressortissant ennemi”, sanctionneront un certain divorce de notre auteur avec la France et son idéologie républicaine.

Après 1945, Koestler militera contre le communisme international, incarné par la Russie stalinienne, se fâchera avec Sartre, fera campagne avec Camus pour l’abolition de la peine de mort et pour la généralisation de l’euthanasie dans les cas désespérés. Mais surtout, dégoûté de la politique et des idéologies, il retournera à sa passion première : les sciences biologiques. De cette passion naîtra une critique des idéologies “réductionnistes”. Celles-ci, en effet, réduisent l’homme à une seule dimension. Nous avons dès lors un homme “réduit” (dans ses actions et ses potentialités), mutilé, errant dans le monde contemporain comme un pauvre rat de laboratoire (le « ratomorphisme », dira Koestler dans Le cheval et la locomotive).

La critique du réductionnisme et du ratomorphisme chez Koestler fera école : pour revendiquer une humanité pleine et entière, naturelle et affable (comme le réclamait son ami George Orwell), il faut liquider l’héritage des idéologies dominantes, idéologies froides dans leurs traductions soviétiques et communistes. Mais là, en prônant cette démarche, la leçon de Koestler n’est plus ancrée dans l’univers mental des gauches européennes classiques, où ses engagements de jeune homme l’avait confiné, un univers qu’il pose désormais comme une impasse, « a blind alley » : Koestler, dès le milieu des années 50, va bien au-delà du totalitarisme soviétique, adulé par la gauche française dans le sillage de Sartre et de Simone de Beauvoir, et du socialisme utopique du sionisme initial.

Koestler est donc bien l’auteur qui nous aide à comprendre le communisme de l’intérieur, à vivre avec lui l’impasse du sionisme en Palestine (comme le démontre aussi l’idéologie post-sioniste en Israël aujourd’hui) et à jeter les bases d’une approche holiste et non réductionnisme de l’homme, qui ne sacrifie plus ni à l’idéologie ni aux fantasmes religieux.

Robert Steuckers, 2011.

http://www.archiveseroe.eu/lettres-c18386849/43

samedi 29 octobre 2022

Histoire de France (Jacques Bainville)

 

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Jacques Bainville (1879-1936), journaliste et historien, proche de Charles Maurras, fut aussi membre de l’Académie française.

Par cet ouvrage, Jacques Bainville réussit en moins de cinq cents pages à synthétiser deux mille ans d’histoire de France. Il raconte avec talent les grands faits, heureux et malheureux, qui cimentent une nation. Il parvient surtout à exposer avec honnêteté les motifs et les intentions des hommes qui ont conduit les grandes affaires de la France, ce qui est indispensable à la clarté des événements.

Même les lecteurs peu attirés par les livres d’histoire trouveront dans celui-ci, par son style et sa méthode, une explication précieuse du passé français et des personnages qui l’ont façonné.

Histoire de France, Jacques Bainville, éditions Omnia Veritas, 482 pages, 19 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/histoire-de-france-jacques-bainville/48770/

dimanche 9 octobre 2022

Comment la Franc-Maçonnerie fait une révolution : les dessous de l’établissement de la république espagnole (Jean Marquès-Rivière)

 

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Jean Marquès-Rivière (1903-2000), écrivain et journaliste, fut lui-même franc-maçon, avant de s’en détacher et d’en dénoncer les méfaits.

Paru pour la première fois en 1936, ce livre est une enquête documentée sur le rôle joué par la franc-maçonnerie dans le processus révolutionnaire qui a conduit à l’établissement de la république en Espagne. La Révolution de 1931 qui a bouleversé les fondements religieux, sociaux et économiques de l’Espagne ne fut pas l’explosion spontanée d’un mouvement populaire.

Ses inspirateurs principaux appartenaient à la franc-maçonnerie. Jean Marquès-Rivière dévoile, références à l’appui, l’action occulte des sectes, cite des documents du Grand Orient espagnol et de la Grande Loge espagnole, des extraits de leurs bulletins maçonniques, des comptes rendus des convents de différentes obédiences.

Cette histoire de l’Espagne nous touche directement car la France « des Droits de l’Homme » a préparé la révolution espagnole : les loges espagnoles recevaient des instructions des francs-maçons de Paris…

L’auteur rappelle également les violences contre les catholiques menées sur ordre des forces occultes.

Cet ouvrage très instructif montre les méthodes révolutionnaires utilisées par la franc-maçonnerie, les collusions, les infiltrations, les manipulations. A relire pour mieux comprendre l’actuelle dérive totalitaire.

Comment la Franc-Maçonnerie fait une révolution, Jean Marquès-Rivière, éditions Energeia, 200 pages, 22 euros

A commander auprès de l’éditeur :

Téléphone : 06 22 35 69 03 / Courriel : energeiaeditions@gmail.com Adresse : 1, rue des Usines, 26190 Saint-Nazaire-en-Royans

https://www.medias-presse.info/comment-la-franc-maconnerie-fait-une-revolution-les-dessous-de-letablissement-de-la-republique-espagnole-jean-marques-riviere/50244/

dimanche 18 septembre 2022

Comprendre l’esprit de la Révolution

 

la guerre occulte

La réédition du livre d’Emmanuel Malynski (1875-1938), La guerre occulte, aux Éditions Omnia Veritas, est véritablement une œuvre de salubrité publique. Paru à l’origine en 1936, son auteur est un aristocrate polonais qui a travaillé en liaison avec Léon de Poncins. Sillonnant la planète, maîtrisant plusieurs langues, pilote d’avion de la première heure, le comte Malynski était doté d’une immense culture politique, historique, économique et religieuse. Un classicisme de la pensée allait de pair avec une finesse d’analyse lui permettant de saisir les causes profondes à l’origine des maux caractérisant les sociétés occidentales aux XIXème et XXème siècles.

Son livre traite de différents sujets comme « Metternich, champion de la contre-Révolution », « Nationalisme et universalisme », « La Commune et la haine éternelle », « La guerre mondiale », « La révolution de mars 1917 », « Lénine » etc. Il ressort de ces différents chapitres que le fond de tous ces événements reposent sur une lutte titanesque opposant l’esprit du christianisme à celui de la contre-église d’esprit hébraïque sous l’égide de satan. Une véritable métaphysique de l’histoire est subtilement décortiquée et expliquée par Emmanuel Malynski. L’auteur de ces lignes peut dire qu’il a été subjugué par la finesse de l’analyse et la logique des explications. Cet aristocrate polonais nous fait comprendre véritablement ce qu’est l’esprit de la Révolution avec ses conséquences spirituelles et temporelles opposé à celui de la Révélation. La lecture de ce livre est absolument nécessaire pour tout catholique d’esprit (encore) traditionnel car il est l’antidote permettant de saisir la continuité de ce combat bimillénaire surtout à notre époque.

http://www.omnia-veritas.com/#!la-guerre-occulte/cwgq

https://www.medias-presse.info/comprendre-lesprit-de-la-revolution/52205/

samedi 13 août 2022

La guerre d’Espagne a été déclenchée par la gauche espagnole

 

La guerre d’Espagne a été déclenchée par la gauche espagnole

Vu sur LeSalonBeige

A son tour, le Figaro Histoire s’est penché sur l’imposant ouvrage de l’ancien militant antifasciste Pío Moa, qui a enquêté sur les responsables de cette guerre de 1936 à 1939. Guerre civile espagnole qui fut d’abord une guerre révolutionnaire, financée par Staline. Dans notre recension, nous avons rappelé que cette guerre n’est pas née du coup d’état raté de juillet 1936 contre la Seconde République espagnole mais bien de la «  menace rouge  » que représentaient pour la démocratie les factions d’extrême gauche qui préparaient un soulèvement de type communiste sur le modèle de la révolution asturienne de 1934.

Menaces de mort en pleine assemblée, assassinats d’opposants politiques, d’ecclésiastiques, la gauche rouge a menée des actions de type terroristes dans un but révolutionnaire. Le gouvernement n’ayant pas pris la peine de rétablir l’ordre, la droite, sous l’égide du général Franco, a pris les moyens adéquats pour défendre le bien commun.

La gauche n’apprécie visiblement pas cette étude historique, pourtant réalisée par un ancien gauchiste. Elle ne supporte pas qu’on puisse remettre en cause sa falsification de l’histoire et la renvoyer à sa violence, ses massacres et ses pulsions despotiques.