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mercredi 24 avril 2024

La France à 13 régions existait déjà en 1891, mais ce n’étaient pas les mêmes

 

cartes
A gauche, la carte des «13 ensembles» de 1891. A droite, celle du découpage de 2014.

À la fin du XIXe siècle, le géographe Pierre Foncin avait proposé un découpage de la France métropolitaine en treize grands ensembles, très différents de ceux retenus par l’Assemblée nationale cette année.

[…] Les géographes Pierre Foncin et Paul Vidal de La Blache étudièrent à l’époque la question des «assemblages géographiques», avec pour finalité le regroupement de départements sur «des critères purement géographiques», comme l’explique le rapport législatif du Sénat sur le redécoupage des régions. Pour Guy Mercier, auteur de Entre science et patrie. Lecture du régionalisme de Paul Vidal de La Blache, ce dernier voulait alors «doter la géographie d’une définition objective de la région et d’une méthode appropriée pour étudier les régions géographiques. […] Il se contenta d’expliciter que la géographie ne pouvait pas retenir les divisions administratives pour délimiter et expliquer la réalité régionale»

Pierre Foncin avait alors proposé dans le même esprit, en 1891, puis en 1910 et en 1920, 13 «ensembles» respectant les limites des départements, dont l’un (l’heure était à la revanche) constitué des deux départements alsaciens et de la Moselle, alors allemands.

Ces nouvelle régions avaient pour noms:

  • Plaines du Nord
  • Plaines de Paris et de la Champagne
  • Plateau Lorrain
  • Plaines et Collines de Normandie
  • Bretagne, Vendée et Poitou
  • Plaines de la Loire
  • Le Massif Central
  • Plaines du Sud-Ouest
  • Pyrénées
  • Jura & Saône
  • Alpes
  • Plaine du Languedoc

[…]

Slate

https://www.fdesouche.com/2014/12/10/france-13-regions-existait-deja-en-1891-ce-netaient-pas-les-memes/

vendredi 28 juillet 2023

La Franc-Maçonnerie, par le Général Franco

 

C’est sous le pseudonyme de Jakin Boor que le Général Franco (1892-1975) a fait paraître une série d’articles sur la franc-maçonnerie dans le journal Arriba à partir de 1946. Ces articles ont ensuite été rassemblés en un livre paru en 1952, toujours sous le même pseudonyme, alors que le Général France était le chef d’Etat de l’Espagne. Ce livre n’avait jamais connu jusqu’ici de traduction française et il faut féliciter les éditions Saint-Remi et leur traducteur François Thouvenin d’avoir entrepris ce travail.

Le secret est l’un des moyens que privilégie la franc-maçonnerie pour parvenir à ses fins. Il ne fallait pas lui faciliter la tâche alors que l’Europe sortait à peine de la guerre et que les forces occultes se précipitaient immédiatement pour profiter de la mise en place de l’ONU pour tenter d’affaiblir l’Espagne catholique. C’est pourquoi le Général Franco a tenu à consacrer du temps à démasquer la franc-maçonnerie et ses manigances. Le Caudillo a rappelé que c’est la franc-maçonnerie qui obtint l’expulsion des jésuites, l’un des faits ayant nui le plus au continent américain, c’est la franc-maçonnerie qui a apporté la guerre dans les colonies et qui a fait du dix-neuvième siècle un interminable chapelet de révolutions et de conflits civils, c’est la franc-maçonnerie qui fournit à l’Angleterre la possibilité de mettre en œuvre le démembrement de l’empire hispanique lui faisant de l’ombre. L’Espagne a su, à partir de 1936, extirper de son sol le cancer maçonnique dont elle était rongée, mettant en exergue la trahison des loges espagnoles sous les ordres des super-Etats maçonniques. Dès 1946, l’Espagne fut donc en butte aux fureurs de la secte maçonnique dans le cadre de machinations étrangères que raconte Franco.

Ce livre souligne aussi comment la franc-maçonnerie est majoritaire en Angleterre alors qu’elle reste marginale – mais puissante – sur le continent européen. En Angleterre, la franc-maçonnerie recouvre tout l’éventail social, du Roi à l’ouvrier, en passant par les aristocrates, les commerçants et l’intelligentsia, et comme ses membres appartiennent à l’église protestante, elle se présente sous des apparences chrétiennes, utilisant des pasteurs anglicans pour fomenter des complots. Voilà pourquoi, explique Franco, on ne peut juger les loges anglaises selon les mêmes critères que la maçonnerie continentale.

Le Général Franco évoque également les crimes maçonniques restés impunis car bénéficiant du traitement de magistrats francs-maçons, ainsi que l’influence maçonnique dans le secteur des médias. Et le Général insiste sur le fait que l’Eglise catholique, dans son infinie sagesse, condamne la franc-maçonnerie sans distinction de rite et excommunie tous ses adhérents, mettant ainsi en garde contre le risque de se laisser séduire par des apparences extérieures, notamment présentées comme philanthropiques, alors qu’on ne peut être à la fois catholique et franc-maçon. Le Général Franco met en lumière à de multiples reprises la dimension politique éminemment anticatholique de la franc-maçonnerie.

Précisons encore que les éditions Saint-Remi ont apporté à cette publication un grand soin, proposant un ouvrage cartonné et cousu et une impression sur papier ivoire.

La franc-maçonnerie, Général Francisco Franco, éditions Saint-Remi, 303 pages, 25 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/la-franc-maconnerie-par-le-general-franco/171200/

samedi 22 avril 2023

Guerre d’Espagne. Michel del Castillo, le grand témoin qui valide le “franquiste” Pio Moa

 

A 89 ans, l’écrivain franco-espagnol Michel del Castillo est un grand témoin du dernier siècle, à cheval sur les deux versants des Pyrénées. Né à Madrid en 1933, il a passé sa prime enfance dans la guerre civile puis le plus clair de sa jeunesse dans les années les plus dures du franquisme.

Malgré cette expérience, ou peut-être à cause d’elle, plusieurs de ses livres portent une vision équilibrée sur toute la période. Au point de rejoindre sur certains points l’historien amateur Pio Moa, dont le livre hérétique, “Les Mythes de la Guerre d’Espagne“, a été traduit l’année dernière en français. Les points communs concernent :

-la responsabilité écrasante de la gauche espagnole dans le déclenchement de la guerre civile

– la nature de plus en plus totalitaire du régime de Front Populaire issu des élections de février 1936, régime qui ne méritait plus le nom de République

– la réévaluation du personnage de Franco, Del Castillo restant cependant plus critique

Dès 1957, “Tanguy” parle des dérives du camp dit républicain

Chez Del Castillo, cette façon de voir est perceptible dès son premier livre, un roman à base autobiographique qu’il publie à son arrivée à Paris dans les années 50 : 

” Tout avait commencé par un coup de canon. C’était la guerre en Espagne. Mais Tanguy [le double littéraire de Del Castillo] ne gardait de ces années que quelques souvenirs confus. Il se rappelait avoir vu de longues queues immobiles devant des boutiques (…) des miliciennes fusil à l’épaule qui arrêtaient les passants pour leur demander leurs papiers (…) avoir pleuré de peur en entendant les “miliciens” frapper à la porte aux premières heures du matin (…)  Le soir, il écoutait sa mère [proche du président républicain jacobin Manuel Azaña] parler à la radio (…) Les communistes l’arrêtèrent un jour (…) il aperçut sa mère derrière des grilles, avec d’autres femmes (…) Il entendit qu’elle expliquait à sa nurse comment chaque nuit des groupes de prisonnières étaient emmenées pour le “paseo” [= la “promenade”, mot désignant les exécutions politiques].” 

(“Tanguy”, Michel Del Castillo, 1957, page 1)

Mal lu et mal compris, “Tanguy” a été pris en son temps pour un livre antifranquiste (1),  ce qui a valu à son jeune auteur d’être adoubé par l’intelligentsia parisienne. Aussi  cette dernière s’est-elle  sentie trahie, quand Del Castillo récidiva à 75 ans, en publiant ” le Temps de Franco”, un livre remarquable par son impartialité  : 

” Dans les rues des grandes villes, Barcelone, Valence, Madrid, Jeunesses socialistes et phalangistes [phalangisme = version espagnole du fascisme, fondé par José Antonio  Primo de Rivera] règlent leurs comptes. Chaque jour, les assassinats politiques font des dizaines de morts [chiffre exagéré]. Feu mon ami Vasquez Montalbàn a écrit que les señoritos de la Phalange abattaient froidement des syndicalistes et des ouvriers dans l’intention de destabiliser la République. J’ai écrit la même chose avec la certitude que c’était la vérité, ce qui prouve que la propagande est un bon aliment pour la paresse de l’esprit. Ayant creusé le sujet, Payne [historien anglais marqué à droite, un des rares soutiens de Pio Moa] démontre que José Antonio, personnage contradictoire, refusa longtemps la violence.”  

(“Le Temps de Franco, récit”, Michel del Castillo, 2008, page 173)

Les pros, moins calés sur la chronologie que les amateurs…

Mais peut-on faire confiance à des amateurs comme Pio Moa et Del Castillo ? Voici en comparaison ce qu’écrit sur le sujet une “pro” de l’histoire, salariée de l’université Paris VIII comme ” spécialiste du genre dans l’Espagne contemporaine” : 

” La radicalisation de la droite est perceptible aussi dans l’apparition des premiers groupes fascistes ou fascisants. En octobre 1933, la Phalange espagnole fit son apparition (…) Contrairement aux JAP [les jeunes du principal parti de droite], les phalangistes et jonsistes ne reculaient pas devant l’usage de la violence, tout comme ne le faisaient pas les milices formées et entrainées par les carlistes [droite paysanne royaliste] dans leurs fiefs basques et navarrais. A leur tour, les organisations ouvrières constituaient des milices armées, comme les MAOC, les Milices antifascistes ouvrières et paysannes, formées par le Parti communiste espagnol au printemps 1933 pour contrecarrer l’activité des groupuscules fascistes. Ainsi les premières victimes des combats de rue tombèrent dès l’automne 1933.”

(“Histoire de l’Espagne contemporaine”, ouvrage collectif, 2017, page 182, chapitre écrit par Mercedes Yusta)

Selon Mercedes Yusta, c’est la droite qui a enclenché la spirale de la violence et la gauche n’aurait agi qu’après coup, pour la “contrecarrer”. Or elle a mal relu sa copie puisque son texte lui-même établit que les milices staliniennes ont été organisées 6 mois avant l’apparition de la Phalange… (2) 

E.P.

1) “Tanguy” est dès sa parution un grand succès international et est resté depuis un classique de la littérature jeunesse. Il raconte le parcours d’un enfant franco-espagnol à travers la guerre civile de 1936-1939, le camp d’internement de Rieucos sous Vichy, un camp de concentration en Allemagne, une maison de correction-orphelinat et une usine dans la Catalogne d’après-guerre.
“Tanguy” n’est pas antifranquiste : le livre est traduit et publié en Espagne en 1959 ; il est salué par Mercedes Fórmica, avocate et femme de lettres phalangiste, dans ABC, le journal conservateur de référence  ; il a été lu et apprécié par Carmen Polo, l’épouse du général Franco ; Del Castillo est reçu en audience par le dictateur, pour parler de la question des maisons de redressement en Espagne.
“Tanguy” n’est pas non plus profranquiste : il se place au point de vue d’un enfant, qui subit les crimes des adultes, quelle que soit leur idéologie. Apolitique, il est dans une logique de pardon et de réconciliation. Y compris avec sa mère, une grande dame de gauche, irresponsable et égoïste, qui est la cause immédiate de ses malheurs.
Jusqu’à quel point “Tanguy” est-il autobiographique ? L’épisode le plus marquant – le camp de concentration nazi- n’est plus guère développé dans les romans et récits ultérieurs de Del Castillo.

 2) A l’automne 1933, selon les données de Pio Moa, toutes les victimes des violences politiques sans exception sont des “fascistes” :  cela commence en novembre 33 par un mort et une blessée grave parmi ceux qui assistaient à un meeting électoral de Primo de Rivera. C’est seulement en juin 34, après une dizaine de morts dans ses rangs, que la Phalange entamera des représailles, en général de façon proportionnée et ciblée sur les milices adverses.
La chronologie et l’étude factuelle des violences politiques (assassinats mais aussi destruction d’églises, d’oeuvres d’art, d’écoles, de bibliothèques, de médias, de sièges de partis politiques de droite) montrent que ce sont les groupes armés de gauche, opérant dans une totale impunité,  qui ont joué la surenchère – jusqu’à l’assassinat en juillet 1936 de José Calvo Sotelo, un des chefs parlementaires de la droite, qui n’avait pourtant rien à voir avec ces affrontements. C’est cet assassinat volontairement provocateur qui a été l’élément déclencheur de la guerre d’Espagne.
Ces violences s’inscrivaient dans la stratégie insurrectionnelle de type “antifa” adoptée à l’été 1933 par Largo Caballero, principale figure du parti socialiste et du syndicat UGT. Deux cycles de violence ont été orchestrées crescendo : en 1933-1934, puis en février 1936, à chaque fois à l’initiative des groupes armés de gauche. Caballero était alors sous l’influence d’Alvarez Del Vayo, un agent de l’Union soviétique.
Les anarchistes avaient précédé les socialistes dans la violence : entre 1931 et 1933, en pleine République et bien avant l’apparition du moindre groupuscule fasciste, les émeutes libertaires avaient déjà causé  280 morts

Verbatim Michel Del Castillo sur le franquisme

Sur la répression franquiste en 1951

[La mère du narrateur est retournée en Espagne et a été arrêtée comme ancienne républicaine] 

Le matin, le chef, un commissaire, est venu me trouver : ” Son fils a fait unebêtise, Monsieur Bouguet, en s’avançant et en l’assurant qu’elle était graciée. Mais soyez tranquille : nous savons qu’elle n’a tué ni fait tuer personne. Rentrez à votre hôtel. L’affaire risque de durer un bon moment, le temps que nous procédions à certaines vérifications. Je vous donne ma parole d’homme qu’il ne lui sera fait aucun mal. Je vous demande de nous aider en attendant son retour sans faire d’esclandre“.

[Elle sera finalement libérée.]

(“Rue des Archives”, roman, 1994, p 118)

Sur Sartre et ses brillantes analyses

Je me suis également rappelé mes rendez-vous avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir (…) dans les années 60. Nous allions manger  la Palette ou à la Coupole (…) Les serveurs  déroulaient un paravent qui nous cachaient de la salle et à peine installés dans notre coin, Sartre allumait sa cigarette avant de me raconter l’Espagne, qu’il connaissait mal, d’analyser le franquisme, qu’il n’avait pas vécu.”

(“L’Adieu au Siècle, journal de l’année 1999”, p 170)

Le destin étonnant d’un anarchiste devenu chef de prison 

Les massacres se seraient poursuivis jusqu’à l’extermination totale si un grain de sable n’était venu gripper la machine. Il s’appelait Melchior Rodriguez, un anarchiste (…) Le nouveau ministre de la justice, lui-même anarchiste, le nomma directeur des prisons (…) Sitôt en place, (…) il donna l’ordre de ne livrer aucun prisonnier sans un mandat signé de sa main (…) Par sa seule présence, il réussit à sauver des milliers de vies.
Comparaissant après la guerre devant un tribunal militaire, de nombreuses personnalités franquistes vinrent témoigner en sa faveur. Quand l’un de ces témoins parla de ses vertus chrétiennes, Melchior se dressa et protesta avec force, disant (… ) qu’il avait agi par humanité, et non par charité. Il fut condamné à une peine légère (…)
Lorsqu’il tomba gravement malade, il fut soigné à l’hôpital Francisco Franco de Madrid où Martin Artajo, ancien ministre des affaires étrangères du Généralissime, lui rendit visite, arborant pour l’occasion une cravate aux couleurs de l’anarchisme, rouge et noire
.”

(“Le Temps de Franco”, récit, 2008, p 256)

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine 

https://www.breizh-info.com/2023/04/22/218745/guerre-despagne-michel-del-castillo-le-grand-temoin-qui-valide-le-franquiste-pio-moa/

mercredi 23 mars 2022

La guerre d’Espagne et ses mensonges

 

La guerre d’Espagne et ses mensonges

Les mythes de la guerre d’Espagne, 1936-1939, de l’historien espagnol Pío Moa, qui a eu un succès retentissant en Espagne, vient enfin d’être traduit en français aux Éditions L’Artilleur. L’ouvrage est précédé d’une remarquable introduction écrite par Arnaud Imatz. Javier Portella nous explique ici les raisons du succès et l’importance d’un tel ouvrage.

On ne le sait que trop : lorsque certaines idées s’incrustent dans l’imaginaire collectif, il est extrêmement difficile de les en arracher. L’une de ces idées concerne, aussi bien en Espagne qu’ailleurs, les origines du régime de Franco. Elle consiste en ceci : le franquisme, comme on le sait, a été un régime autoritaire, une dictature – « abominable », ajoute-t-on avant de sortir le grand mot fourre-tout : « bref, un régime fasciste ».

Et puisqu’un tel régime a découlé du soulèvement militaire de 1936 et de la guerre civile qui s’en est suivie, la conclusion tombe de tout son poids : la République espagnole contre laquelle les militaires (des brutes « anti-démocratiques » et « fascistes », donc) se sont soulevés, était un régime aussi « démocratique » que « favorable aux intérêts du peuple ».

Qu’il n’en est rien, que c’est là un mythe grossier qu’il convient de démonter, c’est ce à quoi s’emploie Pío Moa avec Les mythes de la guerre d’Espagne, récemment traduit en français.


Disons-le tout net : l’enjeu, au moment où Franco et ses camarades d’armes se soulevèrent contre la République n’était nullement le renversement d’un régime démocratique pour établir à sa place un pouvoir autoritaire. L’enjeu était tout autre : empêcher la révolution bolchevique qui était à l’œuvre depuis au moins deux ans déjà.

Nous laissons au lecteur le plaisir de découvrir les mythes sur lesquels ce mensonge historique repose et que Pío Moa s’emploie à démolir dans cet ouvrage. Nous nous bornerons donc à en énumérer les principaux : les nombreux attentats, avec incendie d’églises et centres religieux, que les forces de gauche commirent depuis l’instauration même de la République en 1931 ; la grande fraude électorale lors des élections de février 1936 qui donnèrent le pouvoir au Front Populaire ; et, surtout, le coup d’état révolutionnaire perpétré par la gauche en octobre 1934 et qui, ayant échoué dans l’ensemble du pays, ne réussit que dans les Asturies, où une mini-guerre civile se déroula pendant plusieurs semaines.

Aucun doute n’était permis en 1936 : seul un soulèvement militaire pouvait empêcher la débâcle. Celle que Francisco Largo Caballero, le chef du Parti Socialiste – connu d’ailleurs comme le « Lénine espagnol » – avait annoncée depuis des années à d’innombrables reprises, par exemple, quand il prédisait en février 1936 que « très bientôt, l’Espagne sera devenue soviétique ».

La situation révolutionnaire dans laquelle sombrait l’Espagne était devenue si inquiétante à la veille du soulèvement militaire que celui-ci ne pouvait rester un simple putsch. Il entraîna avec lui un puissant mouvement social : celui de toute une partie du pays qui ne se résignait pas à mourir.

Comment est-il possible, se demandera-t-on, qu’une telle remise en question de l’historiographie relative à la guerre d’Espagne n’ait pas été entendue plus tôt ? En réalité, il n’a pas fallu attendre Pío Moa pour qu’un tel propos soit livré au public : l’essentiel de ces idées avait déjà été exprimé par les historiens franquistes eux-mêmes. La grande nouveauté de Pío Moa – d’où l’extraordinaire succès de ses livres en Espagne –, tient à ses origines politiques : ancien militant d’extrême-gauche dans les dernières années du franquisme, il le combattit ardemment pour finir, des années plus tard, par en estimer l’essentiel de sa trajectoire.

Avec Les mythes de la guerre d’Espagne, nous disposons d’un ouvrage décisif ébranlant l’un des grands lieux communs de la bienpensance historique.

https://institut-iliade.com/mythes-guerre-despagne-pio-moa/

dimanche 8 novembre 2020

Guerre d'Espagne : les volontaires internationaux du camp nationaliste

 Derrière un titre volontairement accrocheur, Les Brigades internationales de Franco, se cache l'un des meilleurs livres d'histoire contemporaine paru cette année. Il est signé par Sylvain Roussillon, longtemps nègre d'hommes politiques de premier plan, qui se passionne pour la Guerre d'Espagne depuis une trentaine d'années. Comme le lui a écrit le biographe de Franco et spécialiste français reconnu de la période, Bartolomé Bennassar : « Votre texte est très remarquable et mérite absolument d'être publié. » C'est heureusement chose faite.

Lorsque, à l'été 1936, le général Franco décide de rétablir l'ordre menacé par les communistes sur le sol continental de l'Espagne, il va recevoir l'appui, non seulement des phalangistes de José-Antonio Primo de Rivera (alors incarcéré et qui sera rapidement fusillé) et des Requêtes carlistes, ces troupes traditionalistes bien implantées dans le Pays Basque, la Catalogne et l'Andalousie, mais aussi de nombreux volontaires étrangers. Autant les Brigades internationales venues secourir le gouvernement Républicain, à l'instar des écrivains André Malraux et George Orwell, ont fait l'objet d'un nombre incalculable de publications, autant le sujet d'étude retenu par Sylvain Roussillon était inédit en France. L’auteur est parvenu à une quasi-exhaustivité. Il a ainsi recensé 76 168 Marocains issus des zones de protectorat espagnol (souvent victimes des quolibets racistes de la presse républicaine), 75 419 Italiens (du Corpo di Truppe Volontarie), 15 197 Austro-Allemands (la fameuse Légion Condor), 5 830 ressortissants musulmans des territoires français d'Afrique du Nord, 3791 Portugais et 991 Français. Il faut y ajouter quelques centaines d'Irlandais, mais aussi des Argentins, des Russes blancs, des Juifs séphardites, des Philippins, des Britanniques… Et même un Indien, ainsi qu'un Chinois agrégé à la Légion Condor !

Concernant les Français, on trouve les 620 hommes de la bandera Jeanne d'Arc du capitaine Bonneville de Marsangy engagés au sein du Tertio (la Légion étrangère espagnole), mais aussi 300 combattants aux sein des forces carlistes (selon l'estimation de Guy Coûtant et de son Altesse royale Sixte-Henri de Bourbon-Parme) et seulement une dizaine de phalangistes. Parmi les Requêtes français, figurent deux futurs résistants royalistes de la Seconde Guerre mondiale qui se sont connus dans les rangs des camelots du roi, avant le 6 février 1934. L'un, Michel de Camaret, sera député européen du FN, tandis que son ami le général Pierre de Bénouville, terminera sa carrière politique comme député RPR de Paris.

Sylvain Roussillon évoque le premier mais pas le second, et c'est bien le seul petit reproche que l'on fera à ce livre qui parvient à éviter tout parti pris prononcé, pour s'attacher à décrire, origine par origine, la provenance et les parcours de ces hommes sans lesquels la victoire finale de Franco et du camp national en 1939 aurait été impossible.

Souhaitons qu'après la remarquable thèse d'Arnaud Imatz sur Primo de Rivera et la Phalange (publiée chez Godefroy de Bouillon), et après ce livre de Sylvain Roussillon, un historien comble le dernier grand oubli français concernant la Guerre d'Espagne. celle de l'épopée catholique et royaliste des troupes carlistes.

Sylvain Roussillon, Les Brigades internationales de Franco, 364 pages, 24 €.

Antoine Ciney monde & vie 8 septembre 2012 n°864

vendredi 30 octobre 2020

Le siège de l'Alcazar revisité

  


La résistance de l'Alcazar de Tolède aux assauts des « rouges » reste l'un des épisodes les plus connus de la guerre civile espagnole, par sa charge symbolique et par la dimension cornélienne du dilemme tragique qui se posa au colonel Moscardo, commandant la défense de la citadelle. Un livre revient sur ce fait d'armes fameux.

D'innombrables livres et articles ont été consacrés à cet événement emblématique de la guerre civile espagnole, mais les polémiques et les approximations, parfois délibérées, ont été nombreuses. Alain Huetz de Lemps, s'appuyant sur une solide documentation, livre une synthèse précise du poignant drame qui s’est joué à Tolède dans la fournaise de l'été 1936.

Rappelons les faits : le mouvement « el glorioso movimiento » de révolte contre la subversion marxiste en passe de bolcheviser l'ensemble de l'Espagne, débute au Maroc le 17 juillet 1936. L'insurrection réussit dans nombre d'agglomérations mais échoue à Barcelone et surtout à Madrid. Les autorités républicaines de la capitale se livrent à une violente répression et envoient des colonnes armées s’assurer du contrôle des cités voisines : Alcala, Guadalajara et surtout Tolède. Cette petite ville possède une importante fabrique d'armes (en temps ordinaire, 1500 ouvriers y travaillent), environ un million de cartouches y sont entreposées.

En raison des congés d été, beaucoup d'officiers ont quitté Tolède. Le commandement de la place est assumé par le militaire le plus ancien dans le grade le plus élevé le colonel don José Moscardo Ituarte (1878-1956), directeur de l'École Centrale de Gymnastique de l'Armée. Un homme que Robert Brasillach et Maurice Bardèche, dans leur Histoire de la Guerre d'Espagne(1) décrivent à « l'anglo-saxonne » en trois adjectifs : « Exact, honourable, conscientous ». Les 19 et 20 juillet, agissant de son propre chef, Moscardo parvient à contrer l'ordre du gouvernement de transférer le stock de munition à Madrid. Il tergiverse, prétexte du manque de moyens de transport, gagne du temps pour faire main basse sur les cartouches et, surtout, pour permettre aux gardes civils des campagnes environnantes et à leurs familles, promis à une mort quasi-certaine, de se regrouper à l'Alcazar, l'imposante citadelle de Tolède.

Le terme « Alcazar » vient de l'arabe « al qasr » : édifices entourés de murailles. Depuis la nuit des temps, l'Alcazar de Tolède est le siège du pouvoir politique et militaire local. Il a été, tour à tour, un gouvernorat romain, un palais wisigothique, une forteresse arabe. Maintes fois, il a été incendié. En 1875 la forteresse a été restaurée et, en 1883,l’Académie Militaire d'Infanterie s'y est installée.

Le 22 juillet, Moscardo, qui n a pas assez de monde pour défendre toute la ville, abat son jeu et se barricade dans 1 Alcazar et quelques-uns des bâtiments qui l'environnent) avec 847 gardes civils, 185 officiers et élèves de l'École de gymnastique, 85 phalangistes et militants nationalistes et 6 cadets de l'École militaire (qui, à cette époque de l'année, sont en vacances 600 femmes et enfants, pour la plupart parents des assiégés, 3 sœurs de la Charité et leur supérieure, ainsi que 2 médecins militaires et 1 chirurgien-major trouvent également refuge dans la citadelle.

La terreur rouge s'abat sur Tolède

À Tolède, les sinistres « patrouilles de l’aube » pourchassent les « vaticano-fascistes » et les fusillent dos au mur. Selon Antony Beevor(2) 400 personnes sont assassinées entre le 20 et 31 juillet. La vindicte marxiste vise particulièrement le clergé : 42 des 67 prêtres de la cathédrale trouvent la mort, ainsi que 40 des 58 autres desservants des églises de la ville(3). Aucun ecclésiastique ne s’est réfugié en temps utile dans la forteresse. Tout est allé trop vite. Moscardo lui-même n'a pas pu aller chercher son épouse, dona Maria, réfugiée chez un ami avec ses fils cadets, Luis, 24 ans, et Carmelo, 17 ans. (L'aîné de la fratrie, officier, a été fusillé à Barcelone, en même temps que beaucoup d'autres militaires, on l'apprendra longtemps après). Les proches du colonel sont identifiés et pris en otages.

Cependant, la vie s'organise dans l'Alcazar, véritable dédale de chambres, de hautes salles et de galeries. Par endroit, les murailles atteignent 3,5 mètres d'épaisseur. Surtout, la forteresse est riche de souterrains, parfois creusés dans la roche granitique. L'eau, prélevée dans les citernes, est rationnée à raison d'un litre par personne et par jour pour la boisson, la lessive et la toilette. Or nous sommes au sud de Madrid, une région ou il règne en été une chaleur caniculaire.

Les assiégés n'ont pas prévu que le siège durerait. Pour se ravitailler, ils opéreront plusieurs raids en ville et mettront la main sur le contenu d'un entrepôt de blé. Environ 200 chevaux et mulets vont leur permettre de manger de la viande fraîche (faute de sel, on saupoudre les quartiers de viande avec du salpêtre gratté sur les murs) et d'alimenter avec leur graisse quelques lumignons improvisés, car, bien sûr, l'électricité est coupée. Leurs stocks de médicaments sont importants, mais ils n’ont pas d'anesthésiques. 180 opérations chirurgicales, dont 14 amputations, devront être pratiquées à vif…

Véritable miracle, malgré la malnutrition, la promiscuité, le manque d'hygiène, la citadelle ne connaît pas d'épidémie. Le bilan des 68 jours de siège sera de 82 morts au combat, 430 blessés, 2 morts naturelles, 3 suicides, quelques disparitions (désertions) et… 2 naissances.

L'effectif des attaquants fluctue entre 2000 et 5 000 asaltos (la police républicaine) et miliciens anarcho-syndicalistes. Parmi ces derniers, on voit beaucoup de « touristes » d'un genre spécial des fiers à bras madrilènes, en salopettes et en espadrilles, qui vont à Tolède pour passer la journée, s’esbaudir devant le pilonnage et faire le coup de feu après avoir pique-niqué avec leurs pareils et quelques garces. D'énormes quantités de cartouches sont gaspillées en tirs inutiles. À leur retour, ces combattants du dimanche se pavanent et prétendent qu'ils reviennent du front. Cette nouba révolutionnaire perdurera jusqu à la fin du siège.

Le 23 juillet, le chef de la milice, un avocat, menace par téléphone Moscardô d'exécuter son fils cadet Luis, qui vient d'être capturé, s'il ne rend pas la place. L'héroïque colonel refuse et conclut un bref entretien avec le jeune homme en lui disant «... recommande ton âme à Dieu, donne un Viva au Christ-Roi et meurt comme un patriote ». Luis sera fusillé un mois plus tard, en même temps que 63 autres prisonniers, dont plusieurs pères maristes. Le massacre aurait été décidé en représailles à un bombardement aérien qui avait fait huit morts et 32 blessés chez les miliciens (il s’agissait en fait d'une erreur de l'aviation républicaine !). Des historiens « bien-pensants » ont affirmé par la suite que cette tragique conversation téléphonique entre Moscardô et son fils avait été fabriquée de toutes pièces à des fins de propagande. Alain Huetz de Lemps, après avoir confronté les témoignages, conclut à l'authenticité de ce drame.

Âprement disputée, la citadelle reste entre les mains des nationaux

Tout au long du mois d'août, les offensives républicaines sont constamment repoussées. Les défenseurs tiennent bon, même quand l’artillerie rouge se déchaîne. En tout, 11 800 obus s’abattent sur la forteresse, occasionnant d'immenses dégâts, mais la résistance ne faiblit pas. À la mi-septembre, les républicains ont hâte d'en finir car les nationaux progressent à grande vitesse sur les routes d'Estrémadure. Inquiets, ils tentent un grand coup. Des dinamiteros asturiens creusent deux galeries sous le mur occidental de l'Alcazar et les remplissent de cinq tonnes de dynamite.

À l'aube du 18 septembre, 86 obus de 15,5 en prélude, s'abattent sur l'Alcazar. Puis, à 7 heures du matin, la grande tour sud-ouest est soufflée par l'explosion de la mine qu’actionne en personne Francisco Largo Caballero (surnommé le « Lénine espagnol »), venu à Tolède avec sa camarilla et la presse internationale pour l'occasion. Tout un pan de la citadelle s’effondre, mais cet écroulement spectaculaire ne cause quasiment aucune perte chez les nationaux, qui ont évacué à temps la partie du bâtiment menacée. Une deuxième mine fait long feu. Les assauts lancés alors par plus de 3000 miliciens, appuyés par des blindés et des auto-mitrailleuses échouent tour à tour.

Il s en est fallu de peu. La foi ardente des assiégés dans la divine providence et dans le Christ Roi - sur laquelle insiste ajuste titre Alain Huetz de Lemps - va être récompensée après 68 jours de combats, ils sont sauvés in extremis par les troupes dépêchées par le général Franco. Lorsque, le 27 septembre, regulares marocain et légionnaires du Tercio (la Légion étrangère espagnole pénètrent dans Tolède, ils ont la bonne surprise de découvrir que la fabrique d'armes est intacte. À la tombée de la nuit, une section de Maures fait sa jonction avec les hommes de Moscardô. L’Alcazar est délivré. Paniques, quelques groupes de miliciens restés en arrière résistent çà et là, désespérément, mais les jeux sont faits. On perquisitionne partout. Les assiégeants de la veille, assiégés à leur tour dans les maisons qu'ils occupent, sont pris et passés au fil de l’épée. Les combats ne sont pas encore terminés, le 29 lorsque le général Franco fait son entrée.

Au sortir des ruines de la forteresse, Francisco Franco, très ému, murmure : « La libération de l’Alcazar est la chose que j'ai le plus souhaitée dans mon existence. Désormais, la guerre est gagnée ». À long terme, il a raison.

Le dilemme du général Franco

Selon certains stratèges en chambre, la raison militaire aurait été pour Franco de donner Madrid comme objectif prioritaire à ses troupes et d'abandonner l'Alcazar à son sort. En détournant ses colonnes mobiles au secours de Moscardô, il aurait accordé un précieux répit aux républicains pour s’organiser et s’armer. En réalité, après avoir hésité, Franco a lucidement subordonné l’objectif militaire au facteur moral : il fallait coûte que coûte délivrer les assiégés, devenus les preux d'un combat qui avait pris le caractère d'une croisade contre le communisme. Au fil des semaines, le drame de l’Alcazar a acquis une valeur emblématique et suscité partout dans le monde un intérêt passionné. Le retentissement de la délivrance de la citadelle pare Franco, « général victorieux qui réussit tout ce qu'il entreprend », d'un prestige national et international considérable. En délaissant momentanément Madrid, capitale administrative et politique, pour Tolède, capitale spirituelle, il a probablement fait en outre un bon choix militaire. Alain Huetz de Lemps ne pense pas que la capitale serait tombée sous un coup de boutoir immédiat des nationaux, si ceux-ci avaient laissé l'Alcazar succomber. Les troupes franquistes disponibles, environ 15000 hommes, n étaient pas suffisamment nombreuses pour s emparer d'une métropole peuplée d'un million d'habitants (et de 500000 réfugiés) sans doute Franco en renonçant à Tolède, aurait-il lâché la proie pour l’ombre. 

✔︎ Alain Huetz de Lemps, Le siège de l’Alcazar Économica, 2010,177 p., 23€

1). Robert Brasillach, Maurice Bardèche, Histoire de la Guerre d'Espagne 1939

2). Antony Beevor, La guerre d'Espagne (The Spanish civil war), 1982, traduit en français en 2006, éd. Calmann-lévy 680 p.

3). Guy Hermet, La guerre d'Espagne Seuil, 1989

Henri Malfîlatre monde et vie 22 novembre 2010 n° 835

vendredi 23 octobre 2020

Maurras et le Fascisme [3]

 

« Imaginons que Mussolini ait eu la prudence de Franco ...»

Par Pierre Debray

C'est une étude historique, idéologique et politique, importante et profonde, que nous publions ici en quelques jours. Elle est de Pierre Debray et date de 1960. Tout y reste parfaitement actuel, sauf les références au communisme - russe, français ou mondial - qui s'est effondré. L'assimilation de l'Action française et du maurrassisme au fascisme reste un fantasme fort répandu des journalistes et de la doxa. Quant au fascisme en soi-même, si l'on commet l'erreur de le décontextualiser de sa stricte identité italienne, il reste pour certains une tentation, notamment parmi les jeunes. On ne le connaît pas sérieusement. Mais il peut-être pour quelques-uns comme une sorte d'idéal rêvé. Cette étude de Pierre Debray dissipe ces rêveries. Elle s'étalera sur une dizaine de jours. Ceux qui en feront la lecture en ressortiront tout simplement politiquement plus compétents. LFAR

Maurras se gardait bien d’hypothéquer l’avenir. Il préférait conseiller la mesure, alors qu’il en était temps encore. « La solution, donnée par Mussolini, à la question scolaire a limité l’action de l’État aux groupes d’éducation civique et militaire. La liberté de l’école paraît devoir rester intacte tant au point de vue religieux qu’au point de vue moral. L’envoyé du Temps à Rome, M. Gentizon, semble croire que cette solution mesurée sera intenable et que le dictateur sera conduit à usurper de plus en plus l’autonomie des consciences et la liberté des âmes. Nous en sommes moins sûrs que lui. La logique formelle est une chose, la politique réaliste en est une autre. Un homme énergique sait marquer le point au-delà duquel il ne se laissera pas entraîner et sa volonté peut parfaitement suffire à le maintenir dans les confins qu’il s’est donnés. » 

En fait, Mussolini ne s’abandonnera à la pente logique de son système intellectuel que sur le tard, quand les « démocraties », l’y contraindront, en liant son destin à celui d’Hitler. Le Führer saura profiter de leurs fautes. Se présentant modestement comme son disciple, il le conduira à l’imiter. Au départ cependant, le totalitarisme n’était qu’une possibilité parmi d’autres du fascisme italien. Une possibilité cependant, Maurras là-dessus ne cessera de dénoncer l’erreur mortelle que portait, en germe, le fascisme. 

C’est ainsi que le 12 juin 1932, il s’élevait contre une déclaration de Mussolini selon laquelle « en dehors de l’État, rien de ce qui est humain ou spirituel n’a une valeur quelconque ». Maurras appelait cela un délire. « Même en confondant État et Nation, État et Société, il y a dans la vie des personnes humaines quelque chose qui y échappe en soi. Quelque grande part que l’État ainsi compris puisse prendre à l’engendrer, à la défendre ou à la soutenir, cette valeur existe en fait, il est aussi vain de prétendre qu’elle n’est rien que d’y sacrifier tout le reste. » 

Ce qui conduisait Maurras à définir très exactement par quoi le fascisme se rapprochait du nationalisme intégral et par quoi il s’en séparait. « Il est très important de fortifier l’État. On ne le fortifie bien qu’en le concentrant et en laissant les groupes sociaux intermédiaires faire des besognes qu’il ferait trop mal, quant à lui. C’est pourquoi nous ne sommes pas “ étatistes ” quelques imputations calomnieuses que l’on se soit permises à notre égard. Tels Français réfléchis qui admirent le plus l’effort et l’ordre fascistes font comme nous des réserves sur ce qu’il présente d’exagérément étatiste. Ils en font même un peu plus que nous. Nous avons dû expliquer parfois qu’un pays aussi récemment unifié que l’Italie est tenue de limiter certaines libertés locales et professionnelles. Mais cette condition ne joue pas dans le domaine religieux, puisque l’unité morale, l’unité mentale existent en Italie : le pays a été sauvé de la Réforme au XVIe siècle, et la prompte élimination des “ popolani  ” montre que ni le libéralisme, ni la démocratie n’y avaient poussé de fortes racines. » Ces pages sont d’autant plus fortes qu’elles furent écrites à un moment où l’Action française subissait les rigueurs d’une censure pontificale, depuis lors heureusement levée. 

Maurras donc reconnaissait, comme un fait, que Mussolini, en abaissant le régime démocratique et en reconstruisant l’État, restituait à l’Italie sa force. 

Il en tirait la conséquence que si la France persévérait dans ses mauvaises institutions, la force italienne se retournerait contre notre pays. Néanmoins, fidèle au vieux principe thomiste, qui veut que tout bien humain, lorsqu’il se prend pour l’unique nécessaire, se transforme en son contraire, Maurras avertissait Mussolini que la restauration de l’État, si elle n’était pas compensée au minimum par la liberté de l’Église, aboutirait à l’étatisme totalitaire. Ce qui conduirait l’Italie à l’aventure militaire, à la sclérose économique, au désordre spirituel. À terme, les bienfaits très réels apportés par le fascisme dans ses débuts, seraient gâchés, et l’Italie, un instant arrachée par Mussolini au chaos, serait jetée par lui dans un chaos pire. Ce qui est arrivé. 

Le nationaliste français qu’était Maurras savait trop qu’il y a autant de nationalismes que de nations pour porter d’emblée un jugement dogmatique sur les aspects de la doctrine fasciste qui lui répugnaient le plus. Le primat, par exemple, qu’elle donnait à l’action sur la pensée. Pour une part, le pragmatisme de Mussolini le rassurait plutôt. Il nourrissait l’espérance, nullement déraisonnable, qu’une France qui referait à temps sa force, équilibrerait l’Italie fasciste, l’empêchant de verser du côté de ses démons. Ce ne fut pas. Nous n’avons pas lieu de nous en réjouir. Imaginons que Mussolini ait eu la prudence de Franco. La menace communiste, qu’un moment le Duce avait su écarter de nos frontières, serait moins pressante aujourd’hui et l’avenir de l’Europe mieux assuré. 

Mussolini a subi d’innombrables influences, mais pas celle de Maurras. Dans La Vie intellectuelle de mai 1929, M. Gaston Rabeau étudiant « La Philosophie du fascisme », le reconnaît avec une louable franchise. « Les Français, écrit-il, s’imaginent aisément que la politique mussolinienne ressemble à celle de M. Maurras. Question d’origine mise à part (elle ne vient sûrement pas d’Auguste Comte ou de Joseph de Maistre), elle nous paraît en différer absolument. » C’est qu’en effet il s’agit d’une « politique avant tout empiriste, d’un empirisme total, non pas de cet empirisme qui généralise des lois ». Le plus beau de l’histoire c’est que M. Rabeau, lumière de la démocratie-chrétienne, faisait un mérite à Mussolini de s’opposer ainsi à Maurras. Toute son étude est du reste imprégnée d’une surprenante sympathie à l’endroit du fascisme. Sur les points où celui-ci s’écartait trop manifestement de la doctrine sociale du catholicisme, le pieux exégète, pris de scrupule, affirmait son souci de ne pas « élargir un fossé qui est déjà trop profond ». À la même époque, La Vie catholique travaillait, rappelons-le, à élargir artificiellement le fossé qui séparait, ou paraissait séparer, l’Action française de l’Église !  ■  (A suivre)

Lire les article précédents ...

Maurras et le Fascisme [1] - [2]

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2018/09/05/maurras-et-le-fascisme-3-6077313.html

dimanche 27 octobre 2019

Quand Franco sauvait plusieurs milliers de Pieds-Noirs que De Gaulle voulait abandonner au FLN

Alors que la gauche s’en prend à la dépouille du sauveur de l’Espagne, rappelons cet épisode peu connu où Franco fit preuve d’une courageuse bienveillance envers les Français, en s’opposant courageusement à De Gaulle qui préférait qu’ils soient livrés à la barbarie du FLN. 
Quelques jours après, dans la même ville d’Oran, c’était le massacre (voir ici).
Texte de José Castano :
« Les 29 et 30 juin 1962, l’Espagne du général Franco vint au secours des Oranais malmenés par les sbires du général Katz, en affrétant 2 ferrys, le « Victoria »  et le « Virgen de Africa »
Pour accoster le long des quais d’Oran, il fallut longuement parlementer avec les autorités françaises réticentes et même donner à la France un ultimatum, risquant un grave incident diplomatique…
Le 30 juin, à 10 h du matin, malgré l’opposition de De Gaulle, le général Franco donna l’ordre à ses capitaines d’embarquer cette « misère humaine » qui attendait depuis des jours sous un soleil torride, sans la moindre assistance, un hypothétique embarquement vers la France.
Franco prévint de Gaulle qu’il était prêt à l’affrontement militaire pour sauver ces pauvres gens sans défense, abandonnés sur les quais d’Oran et menacés d’être exécutés à tout moment par les barbares du FLN.
Joignant le geste à la parole, il ordonna à son aviation et sa marine de guerre de faire immédiatement route vers Oran.
Finalement, face à la détermination du général Franco et craignant un conflit armé, de Gaulle céda et le samedi 30 juin, à 13 h, deux ferrys espagnols accostèrent et embarquèrent 2 200 passagers hagards, 85 voitures et un camion.
Lors de l’embarquement, les courageux capitaines espagnols durent, cependant, s’opposer à la montée d’une compagnie de CRS sur leur bateau (propriété de l’Espagne) dans le but de lister tous les passagers et interpeller les membres de l’OAS fichés.
Ces capitaines expliqueront n’avoir jamais compris l’attitude arrogante et inhumaine des autorités françaises dans une situation aussi dramatique qui relevait essentiellement d’« assistance à personne en danger de mort »…
Contre vents et marées, finalement, à 15 h 30, les quais d’Oran, noirs de monde se vidèrent et les bateaux espagnols prirent enfin la mer malgré une importante surcharge, à destination du port d’Alicante.
Durant toute la traversée, se mêlèrent les larmes de détresse, de chagrin… et de joie de ces pauvres gens en route vers leur nouvel exil, conscients d’avoir échappé au pire…
Quand, enfin, la côte espagnole fut en vue, une liesse générale s’empara de ces « réfugiés » qui s’époumonèrent à crier avec des sanglots dans la voix « Viva España ! » … « Viva Franco ! ».
Ils avaient, pour bon nombre d’entre eux, échappé à une mort programmée par les autorités françaises. Jamais ils ne l’oublieront !
En mémoire de Jean LOPEZ, coiffeur à Aïn-El-Turck (Oran) qui devait assurer mon embarquement et mon accompagnement jusqu’en Métropole (j’avais 15 ans).
Jean fut enlevé précisément au port d’Oran par des ATO (auxiliaires de police du FLN).
On ne le revit jamais…
A sa veuve et à ses deux filles, avec toute mon affection. »

lundi 10 septembre 2018

Maurras et le Fascisme [3]

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« Imaginons que Mussolini ait eu la prudence de Franco ...»
Par Pierre Debray
C'est une étude historique, idéologique et politique, importante et profonde, que nous publions ici en quelques jours. Elle est de Pierre Debray et date de 1960. Tout y reste parfaitement actuel, sauf les références au communisme - russe, français ou mondial - qui s'est effondré. L'assimilation de l'Action française et du maurrassisme au fascisme reste un fantasme fort répandu des journalistes et de la doxa. Quant au fascisme en soi-même, si l'on commet l'erreur de le décontextualiser de sa stricte identité italienne, il reste pour certains une tentation, notamment parmi les jeunes. On ne le connaît pas sérieusement. Mais il peut-être pour quelques-uns comme une sorte d'idéal rêvé. Cette étude de Pierre Debray dissipe ces rêveries. Elle s'étalera sur une dizaine de jours. Ceux qui en feront la lecture en ressortiront tout simplement politiquement plus compétents. LFAR
Maurras se gardait bien d’hypothéquer l’avenir. Il préférait conseiller la mesure, alors qu’il en était temps encore. « La solution, donnée par Mussolini, à la question scolaire a limité l’action de l’État aux groupes d’éducation civique et militaire. La liberté de l’école paraît devoir rester intacte tant au point de vue religieux qu’au point de vue moral. L’envoyé du Temps à Rome, M. Gentizon, semble croire que cette solution mesurée sera intenable et que le dictateur sera conduit à usurper de plus en plus l’autonomie des consciences et la liberté des âmes. Nous en sommes moins sûrs que lui. La logique formelle est une chose, la politique réaliste en est une autre. Un homme énergique sait marquer le point au-delà duquel il ne se laissera pas entraîner et sa volonté peut parfaitement suffire à le maintenir dans les confins qu’il s’est donnés. » 
En fait, Mussolini ne s’abandonnera à la pente logique de son système intellectuel que sur le tard, quand les « démocraties », l’y contraindront, en liant son destin à celui d’Hitler. Le Führer saura profiter de leurs fautes. Se présentant modestement comme son disciple, il le conduira à l’imiter. Au départ cependant, le totalitarisme n’était qu’une possibilité parmi d’autres du fascisme italien. Une possibilité cependant, Maurras là-dessus ne cessera de dénoncer l’erreur mortelle que portait, en germe, le fascisme. 
C’est ainsi que le 12 juin 1932, il s’élevait contre une déclaration de Mussolini selon laquelle « en dehors de l’État, rien de ce qui est humain ou spirituel n’a une valeur quelconque ». Maurras appelait cela un délire. « Même en confondant État et Nation, État et Société, il y a dans la vie des personnes humaines quelque chose qui y échappe en soi. Quelque grande part que l’État ainsi compris puisse prendre à l’engendrer, à la défendre ou à la soutenir, cette valeur existe en fait, il est aussi vain de prétendre qu’elle n’est rien que d’y sacrifier tout le reste. » 
Ce qui conduisait Maurras à définir très exactement par quoi le fascisme se rapprochait du nationalisme intégral et par quoi il s’en séparait. « Il est très important de fortifier l’État. On ne le fortifie bien qu’en le concentrant et en laissant les groupes sociaux intermédiaires faire des besognes qu’il ferait trop mal, quant à lui. C’est pourquoi nous ne sommes pas “ étatistes ” quelques imputations calomnieuses que l’on se soit permises à notre égard. Tels Français réfléchis qui admirent le plus l’effort et l’ordre fascistes font comme nous des réserves sur ce qu’il présente d’exagérément étatiste. Ils en font même un peu plus que nous. Nous avons dû expliquer parfois qu’un pays aussi récemment unifié que l’Italie est tenue de limiter certaines libertés locales et professionnelles. Mais cette condition ne joue pas dans le domaine religieux, puisque l’unité morale, l’unité mentale existent en Italie : le pays a été sauvé de la Réforme au XVIe siècle, et la prompte élimination des “popolani  ” montre que ni le libéralisme, ni la démocratie n’y avaient poussé de fortes racines. » Ces pages sont d’autant plus fortes qu’elles furent écrites à un moment où l’Action française subissait les rigueurs d’une censure pontificale, depuis lors heureusement levée. 
Maurras donc reconnaissait, comme un fait, que Mussolini, en abaissant le régime démocratique et en reconstruisant l’État, restituait à l’Italie sa force. 
Il en tirait la conséquence que si la France persévérait dans ses mauvaises institutions, la force italienne se retournerait contre notre pays. Néanmoins, fidèle au vieux principe thomiste, qui veut que tout bien humain, lorsqu’il se prend pour l’unique nécessaire, se transforme en son contraire, Maurras avertissait Mussolini que la restauration de l’État, si elle n’était pas compensée au minimum par la liberté de l’Église, aboutirait à l’étatisme totalitaire. Ce qui conduirait l’Italie à l’aventure militaire, à la sclérose économique, au désordre spirituel. À terme, les bienfaits très réels apportés par le fascisme dans ses débuts, seraient gâchés, et l’Italie, un instant arrachée par Mussolini au chaos, serait jetée par lui dans un chaos pire. Ce qui est arrivé. 
Le nationaliste français qu’était Maurras savait trop qu’il y a autant de nationalismes que de nations pour porter d’emblée un jugement dogmatique sur les aspects de la doctrine fasciste qui lui répugnaient le plus. Le primat, par exemple, qu’elle donnait à l’action sur la pensée. Pour une part, le pragmatisme de Mussolini le rassurait plutôt. Il nourrissait l’espérance, nullement déraisonnable, qu’une France qui referait à temps sa force, équilibrerait l’Italie fasciste, l’empêchant de verser du côté de ses démons. Ce ne fut pas. Nous n’avons pas lieu de nous en réjouir. Imaginons que Mussolini ait eu la prudence de Franco. La menace communiste, qu’un moment le Duce avait su écarter de nos frontières, serait moins pressante aujourd’hui et l’avenir de l’Europe mieux assuré. 
Mussolini a subi d’innombrables influences, mais pas celle de Maurras. Dans La Vie intellectuelle de mai 1929, M. Gaston Rabeau étudiant « La Philosophie du fascisme », le reconnaît avec une louable franchise. « Les Français, écrit-il, s’imaginent aisément que la politique mussolinienne ressemble à celle de M. Maurras. Question d’origine mise à part (elle ne vient sûrement pas d’Auguste Comte ou de Joseph de Maistre), elle nous paraît en différer absolument. » C’est qu’en effet il s’agit d’une « politique avant tout empiriste, d’un empirisme total, non pas de cet empirisme qui généralise des lois ». Le plus beau de l’histoire c’est que M. Rabeau, lumière de la démocratie-chrétienne, faisait un mérite à Mussolini de s’opposer ainsi à Maurras. Toute son étude est du reste imprégnée d’une surprenante sympathie à l’endroit du fascisme. Sur les points où celui-ci s’écartait trop manifestement de la doctrine sociale du catholicisme, le pieux exégète, pris de scrupule, affirmait son souci de ne pas « élargir un fossé qui est déjà trop profond ». À la même époque, La Vie catholique travaillait, rappelons-le, à élargir artificiellement le fossé qui séparait, ou paraissait séparer, l’Action française de l’Église !    (A suivre)
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lundi 25 juin 2018

Histoire & Actualité • Éric Zemmour : « Franco, symbole des féroces guerres de mémoire »

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BILLET - Dès sa première interview télévisée, lundi soir, le nouveau chef du gouvernement espagnol a annoncé que les restes du général Franco seront exhumés et expulsés du mausolée où ils reposent. [RTL 21.06]. Sur Franco et son régime, Zemmour rétablit ici la vérité historique toute simple, sans grands mots, mais avec intelligence et lucidité. Faits d'Histoire qui n'ont pas seulement concerné l'Espagne mais aussi la France et le monde. Franco pas plus que Pétain ne méritent l'opprobre et la malédiction que l'on voudrait faire peser sur eux. Par delà le passé, et pour des raisons en partie analogues à celles qui provoquèrent la Guerre Civile, l'Espagne d'aujourd'hui court à nouveau le risque de déchirures et de convulsions qui sont un grave danger pour elle-même, la France et l'Europe.   LFAR  

Résumé RTL par Éric Zemmour et Loïc Farge 
Les guerres de mémoires sont souvent les plus féroces. À peine installé, le nouveau premier ministre espagnol n'a pas tardé à l'annoncer : le général Franco sera bientôt sorti de son mausolée où il repose depuis sa mort en 1975. Comme si le chef de gouvernement n'avait rien à faire de plus urgent. S'occuper d'un mort depuis plus de quarante ans !
Mais Franco pour la gauche espagnole, c'est un peu comme le maréchal Pétain pour la gauche française : le symbole absolu du mal, que l'intelligentsia a fait haïr à tout un peuple. L'incarnation du fascisme et du nationalisme honnis. 
Pourtant, avec le temps, on aurait pu imaginer un regard plus distancié, moins passionnel. On aurait pu découvrir chez les historiens étrangers, anglo-saxons en particulier, une lecture de la guerre moins manichéenne. 
À l'époque, la gauche elle-même n'avait pas non plus respecté la légalité républicaine. Et les massacres de prêtres par les partisans républicains valaient bien les exécutions de masse opérées par les nationalistes.

Tout le monde a retenu que les avions de Mussolini et de Hitler avaient fait des ravages pour soutenir l'armée de Franco. Tout le monde a en mémoire Guernica, le fameux tableau de Picasso. Mais ... 

samedi 29 octobre 2016

Les Brigades Internationales ? Arte reprend les mensonges les plus éhontés de la propagande marxiste-léniniste

Ce mardi 25 octobre, Arte a présenté, en début de soirée, une émission sur les Brigades internationales. En soi, en tant que documentaire, une telle émission est forcément extrêmement intéressante. Mais, comme l'annonçaient les magazines de programmes télé, le parti-pris « pro-Brigades » était évident. Pour résumer : à ma gauche, les tout gentils, les tout bons, on n'ose pas dire les saints mais c'est l'idée : j'ai nommé, les Brigades internationales ; à ma gauche, le grand méchant loup, la bête immonde, l'horreur absolue : comprenez, Franco. 
Que les marxistes - ou ce qu'il en reste - pensent cela, au fond, ce n'est pas surprenant. Mais qu'une grande chaîne de télévision, avec le recul que donnent les quatre-vingts ans qui nous séparent de la Guerre d'Espagne, reprenne ce schéma faux, tout simplement « historiquement faux », voilà qui dépasse l'entendement. On veut bien que, pour vulgariser - au bon sens du terme - les chaînes fassent des choses simples et accessibles au grand public ; c'est le but de la manœuvre. Mais, là, on passe directement du simple au simplisme, et carrément au simplet.
Qu'on nous permette donc, en deux mots, de remettre les choses à l'endroit...
En 1936, le féroce Staline règne sans partage sur l'Union soviétique ; et, avec lui, sa dictature sans pitié, la pire horreur qu'ait connu le monde depuis les origines de l'humanité. Et il a son plan, dont il ne fait pas mystère : étendre le Paradis soviétique à l'Europe entière, d'abord, puis au monde entier, ensuite. Il arrivera, en 45, par la faiblesse et la nullité politique de Roosevelt, à s'emparer de la moitié de l'Europe, et on sait ce qu'ont souffert les peuples d'Europe de l'Est - en plus du peuple russe qui, lui, la subissait déjà depuis 30 ans - de la part de cette monstruosité sans nom qu'était le marxisme-léninisme.
Mais, en 36, Staline ne martyrise « que » la Russie, devenue Union soviétique. Et il voit dans la guerre civile espagnole l'occasion rêvée de prendre l'Europe de l'Ouest à revers, par l'Espagne. Le Komintern triomphant de l'époque jette toutes ses forces - par la propagande et par les armes - dans cette bataille pour s'emparer de l'Espagne et, forcément, du Portugal : la possession de la péninsule ibérique, c'est le début de la conquête de l'Europe, du monde...
Mais - car il y a un « mais » - Staline va tomber sur un obstacle majeur : Franco. Franco va être le premier, et le seul, à vaincre militairement, sur le champ de bataille, les armées de la sinistre révolution. « En campo abierto y buena lid », comme on dit en castillan ; c'est-à-dire, "à la loyale", sur le champ de bataille, et « Cara al sol », face au soleil... 
Cela, bien sûr, ne sera jamais pardonné à Franco. En dépit du simple bon sens, de la simple observation des faits, la propagande effrénée du Komintern va déverser une telle quantité de mensonges que sa grossière propagande va devenir une vérité, « la » vérité officielle. Et le reste, même quatre-vingts ans après, du moins pour ceux qui ont des oreilles pour entendre mais ne veulent pas entendre ; et des yeux pour voir, mais en veulent pas voir : Arte, en reprenant à son compte tous les clichés les plus faux sur le sujet, a dignement représenté le camp du mensonge révolutionnaire soviétique, ce mardi soir, et elle n'a vraiment pas de quoi en être fière... 
Franco a écrasé la révolution marxiste-léniniste, car c'est de cela qu'il s'agit lorsqu'on parle de cette horreur que fut la République espagnole. Et il a bien fait.  
Il a rendu service à son pays, d'abord, à qui il a évité les Stasi, les Ceaucescu, les désastres écologiques, les goulags et autres abominations qui furent le lot de ce que l'on a osé appeler les « démocraties populaires » !
Il a rendu service à la France, ensuite, lorsque, Hitler ayant écrasé les troupes d'une république qui n'avait su ni préparer ni éviter la guerre, il refusa à ce même Hitler, lors de son entrevue avec lui, à Hendaye, le passage des troupes nazies par l'Espagne : elles auraient alors fondu sur nos forces libres d'Afrique du Nord, et l'on imagine aisément la suite... 
Il a rendu service à l'Europe et au monde, enfin, en hâtant la fin de la guerre,refusant à Hitler toutes ses demandes, n'entrant pas en guerre à ses côtés, ce qui équivalait à agir dans le sens des intérêts de la paix - en refusant une extension encore plus grande du conflit - des intérêts de l'Europe et de la Civilisation.  
Constatant son échec complet, et conscient de s'être fait berner, Hitler devait d'ailleurs déclarer, en substance, qu'il préférerait se faire arracher trois ou quatre dents plutôt que de recommencer une négociation avec un homme pareil...  
En face de Franco, et contre lui, les Brigades internationales : ces hommes, jeunes pour la plupart, qui ont mis leur fougue, leur courage, leur héroïsme au service de l'Empire du Mal ; qui l'ont d'ailleurs amèrement regretté (au moins, cela, on le montre bien dans l'émission...) mais qui ont droit à tous les éloges sur Arte. 
Chacun choisira son camp !... 

mercredi 27 avril 2016

Une supercherie toujours enseignée : la destruction de Guernica y Luno, le 27 avril 1937, par un bombardement nazi !

Dr Bernard Plouvier
Contrairement à ce que de nombreux historiens veulent nous faire croire, Adolf Hitler hésite beaucoup avant d’intervenir dans la guerre civile espagnole. Il n’aime guère les conservateurs espagnols (« Un parti de curés ») et n’aimera jamais le régime franquiste (« Un régime de profiteurs capitalistes, manœuvrés par la prêtraille »). C’est la même raison qui pousse Mussolini à refuser son aide le 21 juillet 1936, quatre jours après le début de l’insurrection des « nationalistes » menés par les généraux José Sanjurjo y Sacanell et Federico Franco y Bahamonde.
Pour s’opposer au risque d’implantation d’un régime marxiste en Europe occidentale, le Führer cède le 25 juillet, son entrée en lice entraînant celle du Duce (et non l’inverse comme le braillent encore certains pitres). Quarante avions allemands de transport (des Junkers 52) font passer les Espagnols de la Bandera (des fantassins de la Légion étrangère) du Maroc espagnol à Séville.
25 000 volontaires allemands, en congé de la Wehrmacht, serviront dans les rangs franquistes (mais il n’y aura jamais plus de 7000 Allemands à la fois sur le sol ibérique). Ils combattront aux côtés de 44 000 troupiers (dont un tiers de Maures) et phalangistes espagnols, 25 000 policiers « nationalistes », 20 000 volontaires portugais, enfin 80 000 volontaires italiens (jamais plus de 40 000 à la fois) et quelques centaines de volontaires internationaux.
Ces forces antimarxistes sont opposées à 46 000 soldats, 42 000 policiers « rouges », qui sont bien plus composés de radicaux anticatholiques et d’anarchistes que de marxistes espagnols, renforcés de 60 000 « combattants de la liberté », tous marxistes (25 000 d’entre eux proviennent d’URSS, le reste est issu des Partis communistes d’Europe et des Amériques et des célèbres « compagnons de route » des marxistes).
Adolf Hitler n’a expédié qu’un seul bataillon de chars légers (des Panzer I et II, très peu performants ; les Allemands utiliseront beaucoup de chars soviétiques capturés), quelques excellents canons à commande électrique (du type 88 – Flak) utilisés comme canons de DCA et antichars, ainsi qu’une centaine d’avions de combat.
Les Français expédient illégalement aux forces rouges plus d’une cinquantaine d’avions de combat (le ministre de l’Air Pierre Cot couvrant son chef de cabinet Jean Moulin) et Staline envoie un millier de chars et autant d’avions de combat… se faisant payer l’équivalent de 450 millions de $ en or.
Le 27 avril 1937, neuf Heinkel 111 jettent, de 2000 mètres d’altitude, 7,9 tonnes de bombes sur la cité basque de Guernica y Luno, qui compte environ 5500 habitants, vouée à l’industrie métallurgique. La charge totale de bombes des 9 appareils est inférieure à celle d’un seul bombardier britannique Lancaster (11 tonnes de bombes) ; elle équivaut à celle d’un B17 de l’Air Force Corps des USA (8 tonnes) de la Seconde Guerre mondiale.
S’il fallait en croire la presse communiste et sympathisante, ce raid aurait tué 1500 civils et en aurait blessé un millier (alors que les statistiques des bombardements durant les années 1939-1945 font état de deux à trois fois plus de blessés que de morts)… soit un ratio tués/tonne de bombes 1000 fois supérieur à celui des bombardements de terreur des aviations britannique, canadienne et US au-dessus de l’Europe continentale quelques années plus tard, avec des avions nettement plus performants, mais aussi des populations plus avisées et mieux protégées.
Ces curieuses statistiques ne pourraient que faire sourire, si l’on ne respectait la mémoire des victimes. En revanche, il est proprement scandaleux que de soi-disant universitaires utilisent encore, dans leur version politiquement correcte des faits, de telles inepties. Toute guerre est, pour paraphraser Shakespeare, « une histoire pleine de bruit et de fureur, racontée par un idiot », mais la guerre civile espagnole fut et demeure le triomphe de la désinformation de la part de ceux dont le métier est théoriquement d’approcher la vérité.  
En réalité, le bombardement des Heinkel a tué 262 êtres humains, pour la majorité d’entre eux concentrés dans le même bâtiment, et n’a occasionné que de faibles dégâts, en revanche l’armée des « rouges », en retraite sur le front basque, a dynamité la cité quelques heures plus tard, permettant aux nombreux correspondants de presse de sensibilité marxiste de tirer des clichés dramatiques et de composer des articles emplis de lyrisme. Loin d’être une « ville ouverte », Guernica était une cité travaillant pour l’industrie de guerre du gouvernement « rouge » (on y recensait quatre fabriques de munitions).
La cible visée par les aviateurs allemands n’était pas la ville, même pas ses usines que les nationalistes espéraient prendre les jours suivants, mais un pont enjambant le Rio Oca, de façon à freiner la retraite des « rouges » vers Bilbao, pour en capturer un maximum. La notion de « bombardement de précision » sera introduite par la propagande de guerre US, en 1943, pour calmer l’émotivité des chrétiens aux USA… et ce sera, bien sûr, un ignoble mensonge.
À l’époque du bombardement de la ville basque, dans son atelier parisien, Pablo Picasso finissait de peindre, à sa façon géniale ou grotesque au gré du lecteur, une scène tauromachique. Il lui suffit de changer le titre de son œuvre pour que celle-ci devienne un symbole politique majeur du XXesiècle, puis les critiques d’art trouveront quantité d’interprétations symboliques, politiques et même psychanalytiques, à la présence d’un taureau dans cette composition.
Mystification et désinformation furent de tout temps les méthodes de travail des propagandistes, mais les marxistes du XXe siècle furent des maîtres… déjà surpassés par nos glorieux fumistes globalo-mondialistes.