lundi 16 février 2026
jeudi 2 novembre 2023
La légende du roi Arthur

Le Livre « La légende du roi Arthur » de Martin Aurell analyse la littérature arthurienne, qualifiée de « matière de Bretagne », au cours des années 550 à 1250, dans un voyage menant du Pays de Galles à la France du Nord, du paganisme celtique à l’ascétisme chrétien.
Tout au long du Moyen Âge, le roi Arthur hante l’imaginaire d’hommes et de femmes qui entretiennent le souvenir de ses aventures. Très tôt, au moins à partir de l’an 570, des épopées en langue galloise exaltent les combats d’un guerrier admirable portant son nom et affrontant les Anglo-Saxons. Toujours en Grande-Bretagne, ces chansons en langue vulgaire sont relayées par plusieurs chroniques et vies de saints en latin, mises en forme entre les IXe et XIIe siècles.
Peu après la conquête normande de l’Angleterre, un clerc d’Oxford, Geoffroi de Monmouth, fait une longue synthèse en latin de toutes ces traditions (l’Historia regum Britanniae - Histoire des rois de Bretagne). De son vivant, le livre est traduit en français par l’écrivain normand Wace, et il connaît dès lors une large diffusion sur le continent.
Dès la fin du XIIe siècle, des ouvrages de fiction en langue vulgaire ou romane, qu’on appelle « romans », sont consacrés à Arthur. Les plus anciens sont signés de Normand Wace et de Chrétien de Troyes.
Chrétien de Troyes est indéniablement novateur. Il est le premier à rédiger des romans dont la matière est de Bretagne, sans se limiter, comme Wace, à adapter en français une œuvre latine à visée historique. Il met donc en scène Arthur et les guerriers de la Table Ronde, se déplaçant à cheval dans le monde magique de l’ancienne mythologie celtique qu’il stylise en profondeur jusqu’à les rendre méconnaissables. Il imagine des châteaux et palais luxueux, peuplés de dames raffinées, traitées avec courtoisie. Il développe ces aventures, autant amoureuses que militaires, dans de longs récits de quelque huit mille vers en langue vulgaire, et jette donc les bases thématiques et formelles d’un genre original, promis à un long avenir.
Chrétien de Troyes fut le premier à introduire le Graal sans toutefois en dire grand-chose. Selon l’écrivain picard Gerbert de Montreuil, poète de la cour de Ponthieu, un de ses Continuateurs, Chrétien de Troyes trouva la mort lors de la rédaction du Conte du Graal. C’est ce qui explique la fin abrupte du roman. Le « graal » reste une énigme qui va donner lieu à plusieurs continuations.
Nul ne peut dire aujourd’hui quelle est l’origine du « graal » de Chrétien. Les spécialistes du folklore et des civilisations indo-européennes considèrent souvent que le Conte du Graal n’est que le dernier avatar d’une très antique structure narrative, issue de mythes païens.
Le récit tronqué par le brusque abandon du Conte du Graal, reste enveloppé d’un profond mystère. Dès la fin du 12e siècle, il donne naissance à de nombreux continuateurs qui vont poursuivre l’œuvre inachevée de Chrétien de Troyes. Ils laissent d’imposantes œuvres où des chevaliers, qui incarnent les valeurs d’une parfaite noblesse chrétienne, partent à la quête du Graal, reprenant les thèmes arthuriens de Chrétien de Troyes.
Martin Aurell est directeur de la revue Cahiers de civilisation médiévale et professeur d’histoire médiévale.
La légende du roi Arthur, Martin Aurell, éditions Perrin, collection Tempus, 928 pages, 12,50 euros
http://histoirerevisitee.over-blog.com/2018/05/la-legende-du-roi-arthur.html
mardi 12 octobre 2021
La légende du roi Arthur (Martin Aurell)

Martin Aurell est directeur de la revue Cahiers de civilisation médiévale et professeur d’histoire médiévale.
Tout au long du Moyen Âge, le roi Arthur hante l’imaginaire d’hommes et de femmes qui entretiennent le souvenir de ses aventures. Très tôt, au moins à partir de l’an 570, des épopées en langue galloise exaltent les combats d’un guerrier admirable portant son nom et affrontant les Anglo-Saxons.
Toujours en Grande-Bretagne, ces chansons en langue vulgaire sont relayées par plusieurs chroniques et vies de saints en latin, mises en forme entre les IXe et XIIe siècles. Peu après la conquête normande de l’Angleterre, un clerc d’Oxford, Geoffroi de Monmouth, fait une longue synthèse en latin de toutes ces traditions. De son vivant, le livre est traduit en français par l’écrivain normand Wace, et il connaît dès lors une large diffusion sur le continent. Dès la fin du XIIe siècle, des ouvrages de fiction en langue vulgaire ou romane, qu’on appelle « romans », sont consacrés à Arthur. Les plus anciens sont signés de Chrétien de Troyes. Cet écrivain consacre un livre inachevé au Graal dont maints auteurs relatent, après lui, la quête par les chevaliers de la Table Ronde. Des chevaliers qui incarnent les valeurs d’une parfaite noblesse chrétienne, dont le courage militaire et la qualité morale justifient la prépondérance sociale.
Cet ouvrage analyse la littérature arthurienne, qualifiée de « matière de Bretagne », au cours des années 550 à 1250, dans un voyage menant du Pays de Galles à la France du Nord, du paganisme celtique à l’ascétisme chrétien.
La légende du roi Arthur, Martin Aurell, éditions Perrin, colection Tempus, 928 pages, 12,50 euros
A commander en ligne sur le site de l’éditeur
https://www.medias-presse.info/la-legende-du-roi-arthur-martin-aurell/92085/
lundi 14 septembre 2020
Arthur toujours présent
Films, romans, séries télévisées le cycle arthurien démontre son extraordinaire longévité. Mais au-delà des transformations, perdure le vieux mythe originel : pour défendre le pays de nos pères, nous chantons la geste du roi légitime.
Dans les années 1830, un linguiste traverse la Basse-Bretagne afin d'en recueillir la littérature orale. Théodore Hersart de La Villemarqué interroge les paysans, écoute leurs poèmes et chants ancestraux. C'est toute la mémoire d'un pays, avec ses rires et ses pleurs, ses moissons et ses batailles, qui surgit dans les longères, devant la cheminée fumante. Cela donnera le recueil du Barzhaz Breizh. En Cornouaille, c'est un vieux chouan qui lui partage des vers venus d'un autre âge :
« Allons, allons, allons au combat ! Allons hommes de cœur ! C'est l'armée d'Arthur je le sais; Arthur marche devant au haut de la montagne. Si c'est Arthur vite à nos arcs et à nos flèches vives ! Si nous mourons comme doivent mourir des chrétiens des Bretons jamais nous ne mourrons trop tôt ! ».
Quand il guerroyait pour Dieu et le roi, ce chouan a beaucoup entonné ce chant. Par quel enchantement ce vieux topos littéraire, brodé jadis par Monmouth, Troyes et von Eschenbach, s'est-il retrouvé dans cette masure perdue en Finistère ?
Face à l'envahisseur
C'est, qu’en réalité, Arthur n'a jamais quitté ces lieux. Arthur, c'est la Bretagne ou bien est-ce la Bretagne, qui est essentiellement arthurienne ? Pour comprendre la carte et le territoire du monde arthurien, il faut se placer à la chute de Rome. L'Empire décadent quitte l'île de Bretagne pour se concentrer sur le continent. C'est l'époque des invasions germaniques. Frisons, Jutes, Angles et Saxons envahissent la grande île. Jusque-là, cette dernière, partiellement romanisée, était de race celtique, de langue brittonique, de religion chrétienne. Rome partie, il faut se défendre, à la fin du Ve siècle et au début du VIe contre les envahisseurs qui, déjà, ont colonisé l’est et le sud de l'île. La résistance se concentre à l'ouest, en pays de Galles. La Bretagne recule,
l’Angleterre est née. C'est l’époque, aussi, où la Bretagne est un pays à deux rives. Depuis le IIIe siècle, nombre de Bretons insulaires, missionnaires, guerriers ou chefs de clan, ont rejoint le continent. Ils s'établissent dans cette Armorique qui bientôt, sera vro ar Vretoned. Gallois et Bretons sont frères par-delà la mer. Mais insulaire ou continentale, la Bretagne n’est guère unifiée. Le péril germain commande l'unité, et la défense de la terre demande un chef : c'est là qu'intervient Arthur.
Qui es-tu, Arthur ? Mythe ou réalité ? Père du peuple ? Croisé avant l'heure ? Tout cela à la fois, sans doute. Ton nom même fait s'arracher les cheveux des historiens. On t'associe souvent à l’ours - symbole de royauté dans la vieille Europe celtique et forestière, rappelle l'héraldiste Michel Pastoureau. Ton nom viendrait du breton arz, désignant l'animal sylvestre.
Mais une autre hypothèse existe, exotique car romaine. Arthur serait un officier romain, Lucios Artorius, chargé de juguler les assauts pictes, avant d'être envoyé en Armorique. Ce fut le parti pris d'un cinéaste américain en 2004. Cependant, rien n’est moins sûr : le vrai Lucius Artorius ayant sans doute été envoyé en… Arménie. Chou blanc, donc. Autre hypothèse romaine, Arthur serait en réalité un certain Riothamus, chef des Bretons d'Armorique face aux envahisseurs wisigoths. Aucune certitude ne résiste au mythe et, d'hypothèse en hypothèse, nous voilà ballottés, tel Jean Raspail à la recherche de la hache des steppes.
Sous le soleil des bardes
Qui es-tu donc, Arthur ? Suivons les poètes. C'est sous leur plume que tu vis, combats et meurs, évolues parfois, obsèdes toujours. Es-tu jamais né ? Dans leurs grimoires, assurément. La vieille race galloise, la première, a sonné du cor pour conter tes hauts faits. Ton nom apparaît, timide, dans de brumeux poèmes du pays de Galles, sculptés dans une langue brittonique rude et intacte. Puis, à l'ère de l'Angleterre normande, au XIIe siècle, c'est toujours un Gallois, Geoffroy de Monmouth, qui a fait de toi le paladin des rêves de l'Europe entière. Monmouth est un chroniqueur de talent, un littérateur au service des puissants. Son art, il l’exerce à la cour du fils de Guillaume le Conquérant Henri Ier Beauclerc, roi d'Angleterre et duc de Normandie. Ces hommes croyaient en Dieu et à la force des mythes. La grande œuvre de Monmouth, l’Historia Regum Britanniae (1135-1138) narre l'histoire fantasmée de l'île bretonne et de ses rois, à compter du mythique Brutus (un Troyen, petit-fils d'Énée). Le chroniqueur a beau écrire pour des Normands, il n’en exalte pas moins la noblesse de sa race celtique et, au passage, conte les exploits d'un certain Arthur, mais aussi du mage Merlin (Myrddin). Grâce à Monmouth, nous te savons fils du roi Uther Pendragon. Uther a combattu le traître Vortigern. Le félon, prétendant déçu, organise sa revanche, appelle à son secours des étrangers saxons, Hengist et Horsa. Tu nais à Tintagel, à l'extrémité occidentale d'une île en perdition. Roi chrétien, tu défends la terre, réalises l'unité de ton peuple et incarnes l'idéal du roi médiéval : pieux, juste, sage, conservateur des anciennes coutumes, et ne dédaignant pas la bagarre. Empoignant Excalibur, tu aurais combattu lors de douze batailles. Au Mont Badon (actuelle Bath ?), vers l'an 500, tu écrases les Saxons. Enfin, tu es vaincu par ton fils incestueux, l'usurpateur Mordred, lors d'une obscure bataille à Camlann. Tout cela n’est peut-être que légende : mais la suite est encore plus romanesque.
Avec Robert Wace puis Chrétien de Troyes, un Champenois au service du comte de Flandres, ton univers s étoffe, ta compagnie s enrichit. À la table ronde, lieu du conseil, s'ajoute le Graal, cratère merveilleux, objet de quête, bientôt assimilé au saint calice de la Cène. Le merveilleux est partout païen, avec Viviane et Merlin; chrétien avec le Graal. La matière de Bretagne inonde tant l'Europe que tu es omniprésent, jusque dans les récits de croisés, de retour de Terre sainte, assurant t'avoir aperçu en Sicile, errant sur les pentes calcinées de l'Etna… Ta cour de Camelot est un bastion de chevalerie, d'où s'élancent des preux aux noms étincelants : Lancelot, Perceval, Gauvain. Nous sommes passés en France, nous voilà déjà en plein amour courtois. Tant d'autres s'approprieront ton panache, tel von Eschenbach, en Allemagne. Bizarrement, en Angleterre, Shakespeare ne te consacre pas de pièce. Ta geste est plus haute que les planches.
Le retour du roi
Surtout, depuis le best-seller de Monmouth et la vogue arthurienne, on te croit endormi. Pas tout à fait mort, mais plutôt en dormition, dans cette île mythique d'Avalon (l'île d'Aval, en Côtes-d'Armor ?), d'où tu reviendras un jour pour assurer l'indépendance de ton peuple. Beaucoup ont espéré ton retour : les Gallois envahis par l'Anglois à l'époque d'Owain Glyndwr; les Bretons continentaux sous les Plantagenets. Des deux côtés de la Manche, le retour d’Arthur a été une espérance constante, une tradition, une obsession. Les Normands, fraîchement arrivés en Angleterre, ont bien dû s'en accommoder et s'acclimater au goût arthurien alors renaissant c'est l'œuvre de Geoffroy de Monmouth. Vinrent ensuite les Plantagenets, continentaux eux aussi. Ils veulent suivre tes pas pour asseoir leur légitimité, mais craignent aussi le mythe de ton retour. Richard Cœur de Lion affirme posséder Excalibur. Surtout, à l'abbaye de Glastonbury, on découvre ce qu'on croit être ta sépulture manière de dire qu Arthur est le roi idéal, mais qu'il est bien mort. Inutile, donc, pour les Gallois rebelles de se soulever sous sa bannière. Sous les Tudor, dynastie d'origine galloise, tu es encore incontournable.
Mais les temps changent. Le catholicisme reflue au profit de l'anglicanisme. Glastonbury est pillée, anéantie par Henri VIII. L'un des moines de l'abbaye est martyrisé car fidèle à la foi de ses pères. Son nom ? Arthur. Bienheureux Arthur de Glastonbury. En est-ce fini de ta geste ? Non. Le XIXe romantique te redécouvre, les peintres préraphaélites t'adulent et, à l'aube du XXe Tolkien et Chesterton te dédient leurs poèmes. Mieux, on t'invoque lorsque sonne le tocsin. Lors des deux conflits mondiaux, tandis que l’on craint l’Allemagne ennemie, l'Angleterre se groupe sous le patronage arthurien. On retrouve cette idée dans une BD de Corto Maltese, par Hugo Pratt : les fées et les mages celtes de l'île de Bretagne y convoquent un conseil en pleine Première Guerre mondiale, au nom d'Arthur, pour éviter une invasion germanique.
À lire ces lignes, on te croirait devenu vrai Anglais. Mais tu es de notre Armorique. Ton souvenir enchante Brocéliande. Dinard est Din Arz, la colline d'Arthur. Trois ducs de Bretagne ont porté ton nom. L'infortuné Arthur Ier d'abord, assassiné sur ordre de Jean sans Terre (un Plantagenêt, encore !). Mais surtout Arthur III (1393-1458). Compagnon de Jeanne d'Arc, connétable de France, pourfendeur des Anglais, il finit duc de Bretagne et garant de l'indépendance de son duché. Tu personnifies tant la Bretagne, les Bretagnes, que le romancier Michel Mohrt a choisi, dans La Prison maritime de nommer Roi Arthur le cotre à tape-cul sur lequel vogue le héros du roman, un jeune Breton chargé d'acheminer des armes auprès des nationalistes irlandais ! Arthur, guerrier britto-romain, roi de Celtie, endormi quelque part le long de ces « frontières de sel » d'Europe occidentale. Ces lignes n'attestent pas ton existence mais affirment ton règne dans les cœurs fidèles. Sous ton patronage, l'honneur et l'espérance n'ont pas tari. Chérissant l'héritage d'hier, affrontant les envahisseurs de demain, nous fredonnons avec toi l'hymne breton :
« 0 Bretagne, mon pays, que j'aime mon pays !
Tant que la mer sera comme un mur autour d'elle,
Sois libre, mon pays ! »
François La Choüe monde&vie 5 décembre 2019 n°979
jeudi 12 mars 2020
Arthur, Lancelot, Guenièvre et les autres Les enchantements de Bretagne
jeudi 24 mai 2018
La légende du roi Arthur (Martin Aurell)
Martin Aurell est directeur de la revue Cahiers de civilisation médiévale et professeur d’histoire médiévale.lundi 6 mars 2017
L'esprit de chevalerie
dimanche 25 octobre 2015
Comment oublier Halloween avec Chrétien de Troyes
dimanche 5 avril 2015
La chevauchée littéraire, devenue mythique d’Artus
dimanche 6 avril 2014
Arthur : entre mythe et réalité
Martin Aurell, auteur de La Légende du roi Arthur, se garde bien de s’attaquer à l’aspect biographique du problème, choix sage et avisé, mais décevant pour la plupart des curieux. Pouvait-il faire autrement ? Sans doute pas. Née au Ve siècle, dans les grands bouleversements entraînés par le retrait de Rome de Bretagne, les raids de pirates irlandais, les invasions angles et saxonnes, l’immigration massive des Bretons chassés de leurs terres, l’histoire d’Arthur est sans doute, à l’origine, celle d’un “tiern”, un chef de guerre celte catholique et romanisé, qui coalisa les clans et résista avec plus de talent que les autres à l’envahisseur germanique. Sa mort au combat marqua pour les siens la fin de tout espoir. Ne leur restait qu’à se soumettre ou s’exiler.
L’on comprend que, dans leur immense amertume, les Bretons aient héroïsé le chef disparu et incarné en lui leurs rêves de revanche, affirmant qu’Arthur n’était pas mort, qu’il reviendrait reforger Excalibur et sauver la nation celtique. Roi perdu, figure du Grand Monarque, Arthur est tout cela, ce qui suffit à faire de lui un symbole de premier plan. Tolkien le savait qui s’en servit pour dessiner la figure d’Aragorn dans Le Seigneur des Anneaux.
Ces aspects-là ne sont cependant pas, en dépit de leur intérêt, ceux qui ont retenu Martin Aurell. Tournant le dos à l’insaisissable chef celte des origines, à ses avatars mystiques et politiques, il a choisi de se pencher exclusivement sur le destin littéraire médiéval d’Arthur, et la lecture que firent clercs et puissants d’Europe de sa geste. Passant d’un manuscrit à l’autre, il montre comment l’histoire des chevaliers de la Table Ronde et du Saint Graal, transplantée de son terreau primitif aux cours royales du XIIe siècle, est devenue modèle d’éducation, d’initiation à l’amour courtois, quête religieuse et miroir des princes d’Occident.
Tel quel, ce gros ouvrage ne s’adresse certes pas au grand public mais, à défaut de proposer une impossible biographie d’un homme entré dans la légende, il donne d’une partie de cette légende foisonnante une analyse claire et très complète qui mêle habilement histoires littéraire et sociale.
Antiques croyances
Les lecteurs qui désireraient ensuite revenir aux sources, c’est-à-dire aux romans médiévaux, le pourront sans peine grâce à la précieuse collection de poche des Lettres gothiques, qui propose en édition bilingue, vieux français et version moderne, accompagnée de nombreuses notes et d’introductions fouillées, la plupart des textes. S’y replonger permet de constater par soi-même que ces récits fonctionnent encore et procurent à ceux qui les lisent aujourd’hui le même plaisir qu’il y a huit ou neuf cents ans. Leurs auteurs le savaient si bien qu’ils n’hésitèrent pas à inventer des suites extravagantes riches en rebondissements, à l’instar de La fausse Guenièvre, tome 3 de Lancelot du Lac, où l’on voit une aventurière, bâtarde de Léodagan de Carmélide, usurper la place de la reine, sa demi-soeur. Lancelot parviendra-t-il à faire éclater la vérité et sauver celle qu’il aime en secret ? La question tint en haleine le public de l’époque.
Cependant, jusque dans les versions médiévales, subsistent des allusions très nettes à d’antiques croyances ou coutumes celtiques ou indo-européennes, qui permettent de décrypter un univers à la fois très lointain et très proche tant il fait inconsciemment partie de notre patrimoine. Thierry Jigourel en propose une grille de lecture avec Merlin, Tristan, Is et autres contes brittoniques.
Réécriture personnelle de ces récits légendaires parmi les plus populaires, ce livre cherche d’abord à les replacer dans leur contexte primitif. Il n’est pas faux de relire l’histoire de la ville d’Ys, aujourd’hui connue à travers des embellissements littéraires très tardifs puisque certains datent de 1920, comme un apologue sur l’affrontement entre le paganisme et le christianisme. Il en va de même de presque tous ces récits. Trop systématiquement peut-être car le monde celte se christianisa avec une stupéfiante facilité, en partie parce que les évangélisateurs eurent l’intelligence de ne pas heurter de front les mentalités et de respecter ce qui pouvait l’être sans risque. Thierry Jigourel connaît bien le sujet et en parle avec autant de flamme que de talent. Cela rend son livre plaisant tant il est passionné, mais aussi, et fatalement, injuste dans son dénigrement de la foi chrétienne.
Mieux vaut donc ne pas le donner à de trop jeunes lecteurs en raison d’une apologie du paganisme séduisante et tentatrice pour ceux qui ne sauraient en voir les failles et les limites.
Anne Bernet L’Action Française 2000 n° 2742 – du 21 février au 5 mars 2008
* Martin Aurell : La Légende du roi Arthur. Perrin, 695 p., 25,80 euros.
* Anonyme : La Fausse Guenièvre ; Lancelot du Lac, tome III. Lettres Gothiques, Le Livre de poche, 350 p. prix non communiqué.
* Thierry Jigourel : Merlin, Tristan, Is et autres contes brittoniques. Jean Picollec, 270 p., 19 euros.
samedi 28 décembre 2013
UN PEUPLE PEU CONNU : LES SARMATES
Jean Pierinot
Ex: http://metamag.fr
Un tumulus Sarmate fouillé cet été dans les steppes de l'Oural, au sud de la Russie, a révélé un magnifique et rarissime trésor. Les objets trouvés dans le monticule devraient apporter de nombreuses informations sur une période peu connue de cette culture nomade qui a prospéré sur la steppe eurasienne au cours du 1er millénaire avant JC. L'étude archéologique de ce remarquable tombeau antique, appelé aussi kurgan, a été réalisée par l'expédition de l'Institut d'Archéologie (Académie Russe des Sciences), dirigé par le professeur Leonid T. Yablonsky.
Peuple établi du IVème s. avant J.-C. au IIIème s. après J.-C. dans la plaine qui borde au Nord la mer Noire, de part et d'autre du Don, nomades guerriers, excellents cavaliers, les Sarmates ont harcelé l'Empire romain en Dacie et tout au long du Danube. Ils ont été ensuite submergés à leur tour par les Goths, puis, au IVème s., par les Huns. Proches des Scythes, ils ont laissé des sépultures princières, les kourganes, qui ont livré de remarquables objets d'orfèvrerie, rehaussés de pierres de couleurs, témoignant d'un puissant style animalier.
L'absence de langue écrite.
Les peuples nomades n'avaient pas de langage écrite, aussi les scientifiques n'ont pu apprendre à connaitre leur culture et leurs traditions qu'à travers les données archéologiques. Les kurgans qui sont dispersés à travers les steppes contiennent beaucoup de reliques Scythes et Sarmates. Alors que les nomades avaient des échanges avec la perse achéménide et les civilisations grecques, ils ont su préserver leur propre culture. Cette année, les archéologues ont fouillé la partie orientale du monticule 1 du Kurgan à Filippovka dans la région d'Orenbourg. Cette partie faisait environ 5 m de haut et 50 m de long; elle avait été laissée inexplorée par l'expédition précédente, il y a plus de 20 ans.
L'objectif était de terminer l'étude de ce monument extraordinaire, entré dans les annales de la culture mondiale avec la découverte de 26 statuettes de cerfs "en or". Un autre défi majeur pour les archéologues était d'assurer la préservation de ce patrimoine culturel unique qui fait face à un grand nombre de menaces imminentes, avec le vol comme problème majeur. Un passage souterrain près de l'entrée a été la première zone explorée cette saison. Un énorme chaudron de bronze d'un diamètre de 102 cm y a été découvert. Ses poignées ont été façonnées dans les traditions du style animalier scythe-Siberien avec une image de deux griffons, bec à bec.
Dans la zone du monticule Est, une chambre funéraire intacte a été découverte mesurant environ 4x5m et 4m de profondeur. Au fond de la chambre, plusieurs couches stratifiées de débris ont été fouillées pour révéler du mobilier funéraire exceptionnellement riche et varié, accompagnant un squelette humain. Le matériel associé à l'enterrement semblait appartenir à une femme, étant donné que la tombe contenait ce qui est considéré comme des objets typiquement féminins et des bijoux. Cependant, l'examen ostéologique initial de la morphologie du squelette a révélé que l'occupant serait un homme, bien que l'analyse ADN doit encore être effectuée.
Le mobilier funéraire.
Un petit coffre en osier qui pourrait être une trousse de toilette a été trouvé près du crâne. Il était rempli à ras bord avec des objets tels qu'un récipient en argent coulé avec un couvercle, un pectoral en or, une boîte en bois, des cages, des verres, des flacons de toilette en faïence et argent, des pochettes en cuir, et des dents de chevaux qui contenaient des pigments rouges.
Non loin de là, reposait un grand miroir d'argent avec des animaux stylisés dorés sur la poignée, une décoration en relief sur le dos et l'image d'un aigle au centre, entouré d'un cortège de six taureaux ailés. Les vêtements étaient décorés de plusieurs plaques, représentant des fleurs, des rosaces et une panthère bondissant sur le dos d'un saïga (antilope).
Il y avait également 395 pièces recouvertes de feuilles d'or et cousues sur la culotte, la chemise et le foulard. Il portait un châle avec une frange et une chaîne d'or; et les manches de la chemise étaient agrémentées de perles multicolores, formant un motif géométrique complexe.
Deux boucles d'or décorées à certaines endroits d'émail cloisonné ont été trouvées dans la zone de l'os temporal.
Du matériel de tatouage .
Les archéologues ont également découvert des équipements utilisés dans l'art du tatouage, dont deux palettes de pierre à mélange et des aiguilles en fer recouvertes d'or, ainsi que des cuillères en os utilisées pour mélanger les peintures et des stylos décorés avec des animaux.
Cette fouille constitue une percée majeure dans l'étude de la mystérieuse culture Sarmate du début de l'âge du fer.
Le roi Arthur était-il un cavalier sarmate et les mythes arthuriens ont-ils une origine dans le Caucase ?
(source : agencebretagnepresse)
L’actualité récente en Géorgie a mis les projecteurs sur la République indépendante d’Ossétie (Indépendance proclamée en 1991). Les Ossètes comme les Bretons d’ailleurs, ont des origines ancrées dans la fin de l’Empire romain. Les Ossètes descendent des fameux Alains, ou plutôt de ceux qui sont restés et ne sont pas partis piller l’Empire au Ve siècle.
Les Sarmates en Bretagne insulaire
Ces peuplades qui parlent une langue iranienne apparaissent dans le bas-Empire romain sous le nom de Sarmates quand ils sont alliés ou federati et de Scythes quand ils sont ennemis. Envahisseurs, ils sont connus sous le nom d’Alains alliés des Vandales.
La cavalerie sarmate-alain très appréciée des Romains était quasiment invincible. Elle était appelée cavalerie [1], du nom de leur cuirasse d’écailles, la cataphracte.
Depuis 175, les Sarmates devaient fournir à Rome 5000 cavaliers, pour la plupart envoyés en Bretagne (insulaire) à la frontière nord. Les Sarmates de Bretagne auraient été commandés à la fin du IIe siècle par Lucius Artorius Castus qui serait le roi Arthur historique (1), du moins le premier, car il semblerait que le roi Arthur soit un personnage composé de plusieurs figures historiques. Lucius Artorius ayant vécu 200 ans plus tôt que le roi breton qui rallia les Brito-Romains contre les envahisseurs saxons.
D’après Léon Fleuriot, c’est Artorius Castus, préfet de la VIe légion, qui aurait aussi maté la révolte armoricaine de 184. Une intervention en Gaule que rapporte bien la légende dans la première version écrite, celle de Geoffroy de Monmouth.
C’est cette cavalerie sarmate-alain qui aurait apporté d’Asie le symbole du dragon en Grande-Bretagne. Rien de plus normal pour des cavaliers aux cuirasses écaillées de se battre derrière des enseignes d’un monstre écaillé. Le dragon rouge du roi Arthur, dit justement « Pendragon » comme le roi Uther. Le dragon rouge apparaît aussi dans les prophéties de Merlin. Un dragon que l’on retrouve aujourd’hui jusque sur le drapeau du Pays de Galles.
Les Alains en Armorique
Les Sarmates-Alains, révoltés contre Rome, ont pillé le nord de la Gaule de 407 à 409. Après avoir traversé la Loire en 408, le consul Aetius leur donnera l’Armorique pour qu’ils les laissent tranquilles. Un peu comme le roi de France cinq siècles plus tard donnera la Normandie aux Vikings de Rollon.
Avec à leur tête un chef du nom de Goar, les Alains se divisent en plusieurs bandent et pillent l’Armorique. C’est encore eux, redevenus des mercenaires au service de l’empire qui vont réprimer la dernière révolte armoricaine dite des Bagaudes (bagad = bande en gaulois et en breton moderne) en 445-448 à une époque où justement les Bretons commencent à arriver de Grande-Bretagne puisque les dernières légions la quittent en 441.
Certaines s’établiront juste de l’autre côté de la Manche puisque le mot Léon dérive justement de « légion » et Trégor de tri-cohortes. Voir à ce sujet le Guide des drapeaux bretons et celtes de Divi Kervella et Mikaël Bodloré-Penlaez, qui vient de sortir en librairie. Les symboles héraldiques du Haut-Léon et du Trégor semblent avoir justement hérité du dragon.
Certains linguistes pensaient que les patronymes Alain ou Alan seraient tout simplement des gens descendant d’Alains établis en Gaule mais le vieux breton a un terme alan pour le cerf et cette origine semble plus vraisemblable. Des Alains se sont surtout installes en Île-de-France, en Aquitaine, en Lusitanie (Portugal) autour de Carthagène en Vandalousie qui deviendra Andalousie. Le nom de Tiffauge, célèbre pour son Barbe Bleu viendrait du nom d’une des bandes de barbares alliés aux Alains, les Taïfales, établis dans cette région au Ve siècle. Le nom de l’Aunis viendrait aussi d’Alains.
Les mythes arthuriens d’origine alanique ?
Dans leur livre De la Scythie à Camelot, Covington Scott Littleton, professeur d’anthropologie à Los Angeles et Linda Ann Malcor, docteur en folklore et mythologie, ont remis en cause l’origine celtique du cycle arthurien.
Pour eux, le cour de cet ensemble fut apporté entre le IIe et le Ve siècle par des cavaliers alains-sarmates.
La culture des Ossètes, les cousins contemporains des Alains, possède des récits qui ressembleraient aux aventures d’Arthur et des chevaliers de la Table ronde. On y raconte notamment la saga du héros Batraz et de sa bande, les Narts. Dans cette histoire il est, entre autres, question d’épée magique qui serait l’équivalent d’Excalibur et de coupe sacrée, le Graal donc, la coupe du Wasamonga que l’on retrouve sur l’emblème moderne de l’État d’Ossétie du Sud avec un triskell qui est par contre universel et pré-cetique puisque sur des monuments mégalithiques comme à Newgrange en Irlande. Il semblerait que les échanges de mythes aient eu lieu dans les deux sens.
(1) rapprochement fait pour la première fois par Zimmer, Heinrichen 1890, repris par Kemp Malone en 1925.
Sources : – C. Scott Littleton, Linda A. Malcor, From Scythia to Camelot, New-York ; Oxon, 1994 (rééd. 2000).
- X. Loriot, Un mythe historiographique : l’expédition d’Artorius Castus contre les Armoricains, Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 1997.
- Guide des drapeaux bretons et celtes, D. Kervella et M. Bodloré-Penlaez. Éd. Yoran Embanner, 2008.
- Les Origines de la Bretagne, Léon Fleuriot. Payot, 1980 (nombr. rééd.).
Notes
[1] cataphractaire
http://vouloir.hautetfort.com/archive/2013/11/27/temp-8461f169dea7829a1fe447a4951dcf11-5232386.html
mercredi 11 septembre 2013
Le roi Arthur était-il un cavalier sarmate et les mythes arthuriens ont-ils une origine dans le Caucase ?
L’actualité récente en Géorgie a mis les projecteurs sur la République indépendante d’Ossétie (Indépendance proclamée en 1991). Les Ossètes comme les Bretons d’ailleurs, ont des origines ancrées dans la fin de l’Empire romain. Les Ossètes descendent des fameux Alains, ou plutôt de ceux qui sont restés et ne sont pas partis piller l’Empire au Ve siècle.
Les Sarmates en Bretagne insulaire
Ces peuplades qui parlent une langue iranienne apparaissent dans le bas-Empire romain sous le nom de Sarmates quand ils sont alliés ou federati et de Scythes quand ils sont ennemis. Envahisseurs, ils sont connus sous le nom d’Alains alliés des Vandales.
La cavalerie sarmate-alain très appréciée des Romains était quasiment invincible. Elle était appelée cavalerie [1], du nom de leur cuirasse d’écailles, la cataphracte.
Depuis 175, les Sarmates devaient fournir à Rome 5000 cavaliers, pour la plupart envoyés en Bretagne (insulaire) à la frontière nord. Les Sarmates de Bretagne auraient été commandés à la fin du IIe siècle par Lucius Artorius Castus qui serait le roi Arthur historique (1), du moins le premier, car il semblerait que le roi Arthur soit un personnage composé de plusieurs figures historiques. Lucius Artorius ayant vécu 200 ans plus tôt que le roi breton qui rallia les Brito-Romains contre les envahisseurs saxons.
D’après Léon Fleuriot, c’est Artorius Castus, préfet de la VIe légion, qui aurait aussi maté la révolte armoricaine de 184. Une intervention en Gaule que rapporte bien la légende dans la première version écrite, celle de Geoffroy de Monmouth.
C’est cette cavalerie sarmate-alain qui aurait apporté d’Asie le symbole du dragon en Grande-Bretagne. Rien de plus normal pour des cavaliers aux cuirasses écaillées de se battre derrière des enseignes d’un monstre écaillé. Le dragon rouge du roi Arthur, dit justement « Pendragon » comme le roi Uther. Le dragon rouge apparaît aussi dans les prophéties de Merlin. Un dragon que l’on retrouve aujourd’hui jusque sur le drapeau du Pays de Galles.
Les Alains en Armorique
Les Sarmates-Alains, révoltés contre Rome, ont pillé le nord de la Gaule de 407 à 409. Après avoir traversé la Loire en 408, le consul Aetius leur donnera l’Armorique pour qu’ils les laissent tranquilles. Un peu comme le roi de France cinq siècles plus tard donnera la Normandie aux Vikings de Rollon.
Avec à leur tête un chef du nom de Goar, les Alains se divisent en plusieurs bandent et pillent l’Armorique. C’est encore eux, redevenus des mercenaires au service de l’empire qui vont réprimer la dernière révolte armoricaine dite des Bagaudes (bagad = bande en gaulois et en breton moderne) en 445-448 à une époque où justement les Bretons commencent à arriver de Grande-Bretagne puisque les dernières légions la quittent en 441.
Certaines s’établiront juste de l’autre côté de la Manche puisque le mot Léon dérive justement de « légion » et Trégor de tri-cohortes. Voir à ce sujet le Guide des drapeaux bretons et celtes de Divi Kervella et Mikaël Bodloré-Penlaez, qui vient de sortir en librairie. Les symboles héraldiques du Haut-Léon et du Trégor semblent avoir justement hérité du dragon.
Certains linguistes pensaient que les patronymes Alain ou Alan seraient tout simplement des gens descendant d’Alains établis en Gaule mais le vieux breton a un terme alan pour le cerf et cette origine semble plus vraisemblable. Des Alains se sont surtout installes en Île-de-France, en Aquitaine, en Lusitanie (Portugal) autour de Carthagène en Vandalousie qui deviendra Andalousie. Le nom de Tiffauge, célèbre pour son Barbe Bleu viendrait du nom d’une des bandes de barbares alliés aux Alains, les Taïfales, établis dans cette région au Ve siècle. Le nom de l’Aunis viendrait aussi d’Alains.
Les mythes arthuriens d’origine alanique ?
Dans leur livre De la Scythie à Camelot, Covington Scott Littleton, professeur d’anthropologie à Los Angeles et Linda Ann Malcor, docteur en folklore et mythologie, ont remis en cause l’origine celtique du cycle arthurien.
Pour eux, le cour de cet ensemble fut apporté entre le IIe et le Ve siècle par des cavaliers alains-sarmates.
La culture des Ossètes, les cousins contemporains des Alains, possède des récits qui ressembleraient aux aventures d’Arthur et des chevaliers de la Table ronde. On y raconte notamment la saga du héros Batraz et de sa bande, les Narts. Dans cette histoire il est, entre autres, question d’épée magique qui serait l’équivalent d’Excalibur et de coupe sacrée, le Graal donc, la coupe du Wasamonga que l’on retrouve sur l’emblème moderne de l’État d’Ossétie du Sud avec un triskell qui est par contre universel et pré-cetique puisque sur des monuments mégalithiques comme à Newgrange en Irlande. Il semblerait que les échanges de mythes aient eu lieu dans les deux sens.
http://euro-synergies.hautetfort.com/
(1) rapprochement fait pour la première fois par Zimmer, Heinrichen 1890, repris par Kemp Malone en 1925.
Sources : – C. Scott Littleton, Linda A. Malcor, From Scythia to Camelot, New-York ; Oxon, 1994 (rééd. 2000).
- X. Loriot, Un mythe historiographique : l’expédition d’Artorius Castus contre les Armoricains, Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 1997.
- Guide des drapeaux bretons et celtes, D. Kervella et M. Bodloré-Penlaez. Éd. Yoran Embanner, 2008.
- Les Origines de la Bretagne, Léon Fleuriot. Payot, 1980 (nombr. rééd.).
Notes
[1] cataphractaire
samedi 19 janvier 2013
lundi 23 avril 2012
Le culte solaire
(2) Julius Evola, Magie als Wissenschaft vom Ich, Ansata, Interlaken, 1985.