En octobre 2021, l'ancien PDG de Hertz avait amorcé un virage électrique en commandant plus de 100 000 Model 3 de Tesla. Trois ans plus tard, les résultats du deuxième trimestre publiés ce jeudi par le géant de la location soulignent le lourd tribut financier de ce changement stratégique.
Le groupe Hertz subit de plein fouet les conséquences de son partenariat avec Tesla, initié par l'ancien PDG Mark Fields, qui en octobre 2021 avait décidé d'acquérir 100 000 Model 3. Malheureusement, cette stratégie, visant à électrifier une partie de la flotte de location, n'a pas eu l'effet escompté, n'attirant que peu de nouveaux clients. L'entreprise a enregistré une perte nette de 440 millions de dollars au deuxième trimestre 2024, avec un chiffre d'affaires en baisse de 3 % par rapport à l'an dernier, rapportent nos confrères des Échos le 1er août.
La transition à marche forcée vers l'électrique a sévèrement impacté les finances de Hertz, notamment en raison de coûts de réparations beaucoup plus onéreux que sur les véhicules thermiques. De plus, la décote rapide des véhicules électriques sur le marché de la revente, due à la concurrence sur les prix, a, elle aussi, plombé les comptes de la multinationale.
Un retour vers le thermique
Les habitudes de consommation ne suivent pas le rythme de l'électrification, avec un manque de bornes de recharge fiables aux États-Unis. Les ventes de voitures électriques restent faibles, ce qui se reflète également dans le secteur de la location. Le nouveau PDG, Gil West, cherche à redresser la situation en accélérant le renouvellement de la flotte pour mieux répondre à la demande des clients. Hertz prévoit ainsi de se débarrasser de 20 000 véhicules électriques pour revenir à des voitures thermiques.
Les efforts de renouvellement entraînent cependant une dépréciation des actifs plus élevée, mais le groupe vise une normalisation des coûts d'amortissement d'ici fin 2025. C'est également à cette date que le groupe envisage d'avoir terminé la refonte de sa flotte.
Qui d’autre que Bonaparte pouvait laver l’honneur de la France en transformant une ancienne débâcle en un glorieux triomphe ? Cet exploit, le petit Corse l’a accompli le 25 juillet 1799, en vengeant la défaite d’Aboukir du 1er août 1798 face à l’amiral Nelson par la victoire d’Aboukir contre les armées ottomanes.
La campagne d’Égypte
Arrivé en Égypte en 1798, le général Bonaparte voit dans le pays des anciens pharaons un triple intérêt, selon l’historien Jean Tulard : « Elle permettait dans l'immédiat, en occupant l'isthme de Suez, de couper l'une des routes de l'Inde vers l'Angleterre ; elle était appelée à constituer une colonie qui, disait Talleyrand, "vaudrait à elle seule toutes celles que la France avait perdues" ; elle fournirait par la suite une base utile pour une future conquête de la source principale de la richesse anglaise : l'Inde. » Le destin de Bonaparte semble donc tout tracé : il est un nouvel Alexandre le Grand qui doit partir à la conquête des confins de l’Orient. Mais ce rêve, qui avait commencé sous le regard vieux de « quarante siècles d’Histoire » des pyramides de Gizeh, finit par devenir un véritable cauchemar. Réussissant à chasser les Anglais du delta du Nil, Bonaparte décide de mener ses armées jusqu’en Terre sainte. Il est arrêté aux portes de Saint-Jean-d’Acre par la peste qui décime ses hommes, en mai 1799. La mort dans l’âme, Bonaparte décide, afin d’éviter la perte totale de ses troupes, de revenir au Caire. Bien lui en a pris, car en son absence en Égypte, la perfide Albion, avec le secours de l’Empire ottoman, commençait à lui tendre un piège pour mettre fin à l’aventure napoléonienne.
Aboukir, un champ de blé à moissonner
Le 14 juillet 1799, la flotte anglaise arrive près d’Aboukir. À bord de 60 navires, plus de 18.000 Ottomans attendent les ordres de leur commandant Mustafa Pacha. Celui-ci ordonne la prise du village et de ses fortifications par ses troupes. Fort de sa victoire, le chef turc ne se presse pas pour autant de se diriger vers le Caire afin d’affronter Bonaparte qui, de son côté, n’attendant pas que son adversaire frappe à sa porte pour le combattre, prend l’initiative et part à la rencontre de son ennemi.
Le 25 juillet, notre futur Empereur, accompagné de ses fidèles compagnons Lannes, Desaix ou encore Murat, lance ses 10.000 hommes face aux Ottomans repliés dans le village d’Aboukir. Ce dernier n’est pas protégé par l’artillerie de la flotte anglaise, qui reste éloignée de la côte en raison des hauts fonds. Profitant de cet avantage, Bonaparte envoie Murat et sa cavalerie faucher comme du blé les soldats turcs : « Ceux qui ne furent pas moissonnés par notre fer se jetèrent à l’eau. » À la fin de la journée, la France est maîtresse du terrain tandis que, le long du littoral et dans la mer, gisent des milliers de cadavres turcs, macabre symbole de la défaite de l’alliance anglo-ottomane. Le général Kléber dit alors à l’instigateur de ce triomphe : « Général, vous êtes grand comme le monde, mais le monde n’est pas assez grand pour vous. »
Courage, fuyons
Bonaparte jubile. Cette victoire fait oublier son échec des derniers mois en Terre sainte, mais lave aussi sa cuisante défaite d’Aboukir ayant eu lieu un an plus tôt. Mais il est bien conscient que l’Égypte est désormais devenue une impasse politique et militaire. Par ailleurs, la situation déplorable dans laquelle le Directoire a plongé la France est peut-être le signal salutaire à son ambition qu’il attendait afin de faire son grand retour au pays. Ainsi, Bonaparte décide de quitter l’Égypte tant que son aura de conquérant fait encore illusion. Embarquant le 23 août 1799 à bord de la frégate Muiron pour voguer vers la France et son destin, il laisse le commandement du pays et du reste de ses hommes au général Kléber avant que la débâcle finale pressentie par Bonaparte n’ait lieu en 1801.
Revenu sur le sol de France en octobre 1799, Bonaparte se lance dans une nouvelle conquête du pouvoir et, une fois devenu le maître, écrira l’Histoire de notre pays par la création d’un État fort dont les fondations sont encore les piliers de notre République.
Encore aujourd’hui, Napoléon représente une certaine idée de grandeur pour la France, ce que confirment les résultats de ce récent sondage Odoxa selon lequel « entre Napoléon Ier et Macron, le choix des Français est net : 62 % d'entre eux considèrent que le premier ferait un meilleur dirigeant pour la France que le Président actuel (préféré à 38 % seulement) ».
Après chaque attaque de l’Occident, la Russie ne fait que se renforcer. Cela a été déclaré dans une publication pour l’édition turque de Sabah par le chroniqueur Bercan Tutar. Le journaliste a compté au moins cinq tentatives d’attaques contre la Russie par des États occidentaux au cours des 300 dernières années. Mais à chaque fois, elle a non seulement réussi à repousser les attaques, mais elle est également devenue plus forte.
Selon Berjan Tutar, la première attaque contre la Russie par l’Occident fut la campagne de Napoléon de 1812. L’auteur note que la fascination de la Russie pourr la culture française après la victoire dans la guerre patriotique de 1812 a été réduite à néant. Et les sentiments anti-occidentaux prévalaient dans la société russe.
Berjan Tutar considère la révolution de 1917 comme la deuxième tentative de l’offensive occidentale contre la Russie. Tutar rappelle que la Garde blanche, avec l’aide de l’Occident, a tenté de réprimer le soulèvement populaire, mais a échoué. En conséquence, l’URSS est née, qui est devenue pendant de nombreuses années le principal adversaire idéologique de l’Occident.
Berjan Tutar appelle les troisième et quatrième tentatives d’attaque de la Russie la Grande Guerre patriotique et la Guerre froide. Et la dernière attaque occidentale contre la Russie, à son avis, est le renversement du président pro-russe de l’Ukraine. En conséquence, la Russie a lancé une opération militaire spéciale, qui a ébranlé le statu quo mondial.
L’observateur turc rappelle qu’après chaque attaque de l’Occident, la Russie a agi avec une nouvelle identité géopolitique et est devenue plus forte. Et maintenant, alors que les États-Unis, par l’intermédiaire du régime de Kiev, tentent de vaincre la Russie sur le champ de bataille, les Russes utilisent la Grande Eurasie pour ébranler les fondements de l’hégémonie américaine et saper le statut des États-Unis en tant que seule superpuissance.
Il convient de noter qu’à la fin du XXe siècle, le bilan du deuxième millénaire a été résumé ainsi : les plus grandes erreurs du millénaire ont été toutes les campagnes militaires contre la Russie.
La bataille du Kahlenberg met fin au siège et sauve la ville de Vienne
Le second siège de Vienne par l’Empire ottoman eut lieu du 14 juillet au 12 septembre 1683. Il ne doit pas être confondu avec le premier siège de Vienne de 1529, également par les Ottomans.
La ville, fortifiée par l’ingénieur Georg Rimpler et commandée par le comte Ernst-Rüdiger von Starhemberg, résista à plusieurs semaines de siège, qui fut levé à la suite de la bataille du Kahlenberg alors que la dernière ligne de défense de la ville était déjà directement menacée.
L’attaque ottomane se concentra sur les bastions Burg et Löbel, et le ravelin situé entre ceux-ci. Ces ouvrages furent en partie détruits et occupés par les Turcs, et la courtine minée plusieurs fois. Les dernières attaques ottomanes furent cependant repoussées avant que la courtine ne fût totalement détruite.
L’arrivée, le 12 septembre, de Jean III Sobieski avec ses troupes polonaises en sous nombre permet d’enfoncer les lignes turques fortes de 130 000 hommes. La bataille du Kahlenberg met fin au siège et sauve la ville. C’est pendant le siège de la ville qu’y mourut le compositeur et organiste de l’Empereur, Alessandro Poglietti.
L’échec du siège de Vienne mettra fin aux ambitions ottomanes en Europe occidentale. De plus, la déroute de l’armée ottomane permit aux Autrichiens la conquête de la Hongrie et de la Transylvanie. Enfin, le siège de Vienne fut le point de départ de la guerre austro-turque de 1683-1699.
Bouvines, le nom ancien d’une bataille glorieuse ayant eu lieu il y a 810 ans, acte fondateur d'un royaume de France féodal en route vers son unification. Philippe Auguste impose ainsi, lors de cet événement guerrier, le 27 juillet 1214, sa puissance de suzerain à son félon de vassal qu’est le roi d’Angleterre Jean sans Terre. Il devient même l’égal politique de l’héritier du pouvoir de l’ancienne Rome incarné par le Saint Empire romain germanique et son empereur dont la défaite le pousse à l’exil.
Un peu de contexte
Roi de France depuis 1180, Philippe II règne sur un territoire en grand péril. En effet, son vassal et principal rival n’est autre que le roi d’Angleterre, Richard Ier Plantagenêt. Par les legs de sa mère Aliénor d’Aquitaine et son père Henri II, le Cœur de Lion gouverne du mur d’Hadrien jusqu’aux Pyrénées et son domaine forme un véritable empire dit Plantagenêt dont l’immensité dépasse même celle du roi de France.
Cependant, le successeur de Richard, en 1199, n’est autre que son propre frère, Jean sans Terre, et dont le talent en politique ne s’exprime que par l’insolence et l’insulte envers le roi de France qui est aussi son suzerain. Celui-ci n’hésite pas et profite de son droit féodal pour priver son vassal anglo-angevin de ses possessions en Normandie, Anjou, Bretagne, mais aussi en Aquitaine. En représailles, Jean sans Terre décide de monter une alliance avec l’empereur Othon IV afin de s’emparer du royaume de France et de mettre fin au règne des Capétiens.
Une coalition défaite
Selon un plan mûrement réfléchi, ils décident, en 1214, de passer à l’attaque et de prendre en étau Philippe Auguste. Ainsi, les Anglais assiègent La Rochelle pour mieux débarquer leurs forces tandis que les Impériaux arrivent par le Nord avant d’encercler les forces françaises. Cependant, il n’est pas chose si aisée de duper un roi de France. Ce dernier décide d’anticiper les actions de ses ennemis et brise l’armée anglaise le 2 juillet à La Roche-aux-Moines (Maine-et-Loire). Néanmoins, le plus dur reste à faire, car l’armée d’Othon IV est plus nombreuse que celle de Philippe Auguste. L’empereur germanique, pensant la victoire facile, tente une attaque surprise le 27 juillet 1214, près de Bouvines, à 12 kilomètres à l’est de Lille, afin de détruire l'arrière-garde des armées françaises et l'obliger à fuir. Les forces de Philippe Auguste réussissent pourtant à repousser leur ennemi et vont même lancer une contre-attaque en se mettant en ordre de bataille, à la stupeur d’Othon IV. Les troupes de ce dernier sont alors enfoncées par la cavalerie française forte de 1.500 hommes faisant des ravages parmi l’infanterie impériale. À la fin de la journée, Philippe Auguste est vainqueur, tandis que son ennemi fuit dans l’espoir de n’être pas capturé. Dans son empressement, il laisse derrière lui ses bannières, un butin simple mais symbolique, car il entérine la victoire de la France sur ses ennemis en ce jour glorieux.
Malheur aux vaincus
Vaincu, la coalition défaite est obligée d’accepter la volonté du roi capétien. Celui-ci, le 18 septembre, par le traité de Chinon, oblige Jean sans Terre à renoncer à ses droits sur les territoires confisqués par son suzerain et qui viennent ainsi enrichir son propre domaine. Pour l’empereur Othon IV, seule la honte de la défaite lui est laissée par Philippe Auguste, cette disgrâce lui fait perdre son titre et son pouvoir avant que la mort ne l’emporte en 1219. À l’intérieur du royaume de France, la gloire attend le vainqueur de Bouvines qui voit son pouvoir renforcé ainsi que celle de sa dynastie sur ses sujets et ses vassaux. La bataille de Bouvines à travers les siècles, est devenue devenue le symbole de l'émergence de la nation française.
Elle ne nous parle que du carbone et d’une industrie décarbonée. On engloutit des milliards en Recherche et Développement pour essayer de tout décarboner, au prétexte que cela serait dangereux pour la planète, mais uniquement dans le discours, parce que dans la pratique, elle fait exactement le contraire. En réalité, dans sa fable carbonique, rien ne tient la route et les failles sont partout. Etat des lieux.
En premier lieu, la réalité scientifique et parfaitement factuelle : le taux actuel de CO2 dans l’atmosphère terrestre est le même qu’il y a un million d’années et des carottes prélevées dans les glaces du Groenland révèlent que deux violents réchauffements climatiques se sont produits voici plus de dix millénaires et donc l’homme n’y était pour rien. La teneur du CO2 dans l’atmosphère a beaucoup varié, passant de 10 % il y a 4,6 milliards d’années à 0,041 % actuellement, soit un chiffre dérisoire. Cependant, il est vrai que la teneur en CO2 augmente depuis 150 ans en raison des activités humaines, mais dans des proportions assez peu conséquentes. Que sont des pots d’échappement en regard d’une éruption volcanique de plusieurs semaines, ou d’immenses feux de forêts ? Il n’y a pas dans cette affaire, un bon carbone, qui serait celui du volcan et un mauvais, celui des avions, c’est le même. Et donc faire la part de l’activité humaine et des cycles naturels de la Terre est assez hasardeux. Le GIEC le dit… allons donc, le GIEC apparaît plus comme un organe de propagande que comme une officine scientifique et ses publications sont très loin de faire consensus. Elles le font en apparence, simplement parce que les scientifiques d’un autre avis sont juste priés de se taire. Il faut se souvenir que des prophètes du même acabit nous avaient prédit le grillage avec le trou dans la couche d’ozone, la dissolution dans les pluies acides, la tasse aux Maldives qui devaient être englouties et le passage maritime nord en toutes saisons grâce à la fonte des glaces du pôle nord… rien de tout cela ne s’est produit et les fables précédentes n’ayant été que des prophéties mortifères qui n’ont engagé que ceux qui y ont cru, on se demande bien pourquoi nous devrions croire au narratif carbone. Il faut se souvenir que tout cela a été popularisé par une gosse de 16 ans, manipulée et d’un niveau d’étude calamiteux.
Soyons vraiment très naïfs…
Mais bon, soyons naïfs, le GIEC a raison et nous pouvons inverser, avec nos petits bras, le cours du climat planétaire. Et donc Von-der-Leyen, la grande prêtresse climatique pense qu’en torturant 400 millions d’Européens, face à 6,5 milliards d’autres humains qui n’ont strictement rien à battre de sa fable carbone, elle va gagner un degré en moins en 2100 ? Il faudrait être totalement crétin pour y croire. Mais bon, soyons vraiment très très naïfs : admettons que c’est possible.
Si on suit son envie de décarbonation, la dame devrait promouvoir l’agriculture locale et l’autosuffisance alimentaire de l’Europe. Elle fait le contraire et détruit l’agriculture européenne, faisant venir de l’autre bout du monde, à grand renfort de trajets carbonés, des produits que nous savons faire ici et de meilleure qualité.
Elle devrait privilégier le pétrole et le gaz russes qui arrivaient par pipelines, de manière décarbonée. Elle fait venir, pour des raisons parfaitement idéologiques, du gaz et du pétrole arabes, américains, ou africains par bateaux géants, donc, elle augmente la production de carbone.
Elle devrait promouvoir des voitures simples à produire, avec un équipement minimaliste, ce n’est toujours pas en roulant à 80km/h que nous avons besoin de 15 airbags par voiture et de systèmes électroniques de sécurité à n’en plus finir. Elle fait le contraire et empile les normes nécessitant une fabrication coûteuse en carbone, avec le transport sur des milliers de kilomètres de composants toujours plus nombreux. L’obsession de Von-der-Leyen n’est ni le carbone ni la sécurité, elle veut en fait une surveillance totale. Nous y sommes, les dernières automobiles sont contrôlables à distance, permettent d’écouter à distance les conversations téléphoniques passées depuis la voiture et sans doute même, les conversations dans l’habitacle entre les passagers, en plus du traçage géographique permanent.
Les avions ? On investit en recherche décarbonée, mais cela n’est pas pour demain, très loin s’en faut. Si on peut limiter, par pseudo-souci écologique la vitesse des voitures, il n’en va pas de même pour les avions, sinon, ils tombent. Et tout en hurlant au carbone, on prévoit ni plus ni moins que le doublement de l’activité aérienne sur les vingt prochaines années. Les chaînes de production d’Airbus et de Boeing, les deux leaders, tournent à plein régime et ne sont limitées que parce que les sous-traitants n’arrivent pas à suivre les cadences. Sans compter les sorciers du climat qui se baladent en jets privés pour distiller la bonne parole. Von-der-Leyen elle-même se pavanant en Audi à moteur V8.
L’obsession carbonique de façade se réduit donc à forcer les quatre cents millions de moutons européens à acheter des voitures électriques, qui viennent de Chine, qui ne sont pas écologiques, qui surveillent leurs occupants et qui en plus sont un très mauvais produit dont les ventes ne décollent pas plus que cela, malgré un matraquage médiatique abrutissant. Et cela est censé changer le climat planétaire dans un siècle ? Levez le doigt ceux qui y croient encore. Avec le même genre de fable médiatique, on a réussi à faire prendre aux mêmes européens trois à quatre doses d’un produit inconnu, dont on sait maintenant qu’il a été inutile, dangereux et parfaitement inefficace. En mars 2022, la France très vaccinée était le pays le plus contaminé au monde.
Mais cela se traduit par un commerce sonnant et trébuchant de la production de carbone, avec des amendes et des taxes à la clé. En y réfléchissant bien, le carbone est bien le seul composant de l’atmosphère que l’on pouvait utiliser pour bâtir une supercherie aussi rentable que celle d’un virus de laboratoire. Le problème est que cela occulte les vrais problèmes de pollution : les ordures, le plastique dans les océans, les produits phytosanitaires dans le sol, l’eau et l’air. Et encore, à la seule condition que les pays pollueurs soient des pays de chrétiens blancs. Par exemple, 80 % de la pollution de la Méditerranée vient de ses côtes sud et est, Maghreb, Egypte, Turquie, mais on n’a le droit de ne parler que des 20 % de pollution qui concernent la côte européenne, par correction politique évidemment.
Au RPF, nous avons déjà évoqué cette fable, qui masque les vrais problèmes écologiques. Pour le réchauffement, il faut s’y adapter, par la technologie et l’aménagement. Nous savons depuis toujours que cette planète est vivante : glaciations, réchauffements, montées des eaux, ont eu lieu maintes fois avant l’apparition de l’homme. Et se concentrer sur les problèmes qui sont à notre portée : éviter les échanges internationaux inutiles, promouvoir une autosuffisance alimentaire et énergétique, mieux recycler, mieux nettoyer la nature, étudier d’autres sources de carburants, d’autres techniques nucléaires, simplifier la fabrication des voitures en supprimant de nombreuses normes inutiles, notamment pour des voitures qui sont à près de 100 % pour des usages locaux, sur des trajets de moins de 10 km. Ferrouter les camions, revenir aux hydrocarbures russes, plus proches de nous. Aménager le territoire pour rendre les services plus proches des usagers. Réutiliser les friches industrielles et les lieux déjà bétonnés. Tout en lisant sa fable carbone à des enfants européens bien trop sages, l’autorité européenne fait en réalité tout pour que nous produisions plus de carbone et en réalité elle cherche, avec d’ailleurs beaucoup de succès, à détruire tout ce qui faisait la force de l’Europe. Le carbone ne sert en définitive qu’à justifier notre liquidation.
De nombreux dossiers de renseignements envoyés par les Casques bleus canadiens exposent les opérations secrètes de la CIA, les livraisons d’armes illégales, les combattants djihadistes importés, les fausses bannières potentielles et les atrocités mises en scène.
Le mythe établi de la guerre de Bosnie est que les séparatistes serbes, encouragés et dirigés par Slobodan Milošević et ses acolytes à Belgrade, ont cherché à s’emparer de force des territoires croates et bosniaques dans le but de créer une « Grande Serbie » irrédentiste. À chaque étape, ils auraient purgé les musulmans indigènes dans un génocide concerté et délibéré, tout en refusant de s’engager dans des pourparlers de paix constructifs.
Extrait des dossiers de renseignement déclassifiés
Ce récit a été agressivement perpétué par les médias grand public à l’époque, et encore légitimé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) créé par l’ONU une fois le conflit terminé. Il est devenu axiomatique et incontestable dans la conscience occidentale depuis lors, renforçant le sentiment que la négociation équivaut invariablement à l’apaisement, une mentalité qui a permis aux faucons de guerre de l’OTAN de justifier les multiples interventions militaires au cours des années suivantes.
Cependant, une vaste mine de câbles de renseignement envoyés par les troupes canadiennes de maintien de la paix en Bosnie au quartier général de la Défense nationale d’Ottawa, publiés pour la première fois par Canada Declassified au début de 2022, démontre que ce récit n’est qu’un tissu de mensonges.
Les documents offrent une vue inégalée, de première main et en temps réel de la guerre au fur et à mesure qu’elle se développait, avec la perspective d’une paix se dégradant rapidement en un bain de sang écrasant qui a finalement causé la mort douloureuse de la Yougoslavie multiconfessionnelle et multiethnique.
Les soldats canadiens faisaient partie d’une Force de protection des Nations unies (FORPRONU) plus large envoyée en ex-Yougoslavie en 1992, dans le vain espoir que les tensions ne dégénéreraient pas en guerre totale et qu’un règlement à l’amiable pourrait être conclu par toutes les parties. Ils sont restés jusqu’à la fin amère, bien au-delà du moment où leur mission a été réduite à un échec misérable et potentiellement mortel.
L’analyse de plus en plus sombre des soldats de la paix sur la réalité sur le terrain offre une perspective franche de l’histoire de la guerre qui a été largement dissimulée au public. C’est une histoire d’opérations secrètes de la CIA, de provocations littéralement explosives, de livraisons d’armes illégales, de combattants djihadistes importés, de fausses bannières potentielles et d’atrocités mises en scène.
On peut lire les câbles canadiens complets de la FORPRONU (en anglais) sur ce lien.
Et on peut voir les extraits clés (en anglais) des fichiers mentionnés dans cet article sur ce lien.
« L’ingérence extérieure dans le processus de paix »
C’est un fait peu connu mais ouvertement reconnu que les États-Unis ont jeté les bases de la guerre en Bosnie, sabotant un accord de paix négocié par la Communauté européenne au début de 1992. Sous ses auspices, le pays serait une confédération, divisée en trois semi-confédérations ou régions autonomes selon des critères ethniques. Bien que loin d’être parfait, chaque partie aurait généralement obtenu ce qu’elle voulait – en particulier l’autonomie gouvernementale – et cela aurait été une issue préférable à un conflit total.
Cependant, le 28 mars 1992, l’ambassadeur des États-Unis en Yougoslavie, Warren Zimmerman, a rencontré le président bosniaque Alija Izetbegovic, un musulman bosniaque, pour offrir, semble -t-il, la reconnaissance par Washington du pays en tant qu’État indépendant. Il a en outre promis un soutien inconditionnel dans l’inévitable guerre qui suivra, s’il rejetait la proposition communautaire. Quelques heures plus tard, Izetbegovic a pris le sentier de la guerre et les combats ont éclaté presque immédiatement.
Selon l’idée reçue, les Américains craignaient que le rôle de premier plan de Bruxelles dans les négociations n’affaiblisse le prestige international de Washington et n’aide la future Union européenne à émerger en tant que bloc de pouvoir indépendant après l’effondrement du communisme.
Bien que de telles préoccupations aient sans aucun doute été entretenues par les responsables américains, les câbles de la FORPRONU révèlent un programme beaucoup plus sombre à l’œuvre. Washington voulait que la Yougoslavie soit réduite en décombres et envisageait de mettre violemment les Serbes au pas en prolongeant la guerre le plus longtemps possible. Pour les États-Unis, les Serbes étaient le groupe ethnique le plus déterminé à préserver l’existence de la gênante république indépendante.
Ces objectifs ont été très efficacement servis par l’aide absolutiste de Washington aux Bosniaques. C’était un article de foi dans le courant dominant occidental à l’époque, et c’est toujours le cas aujourd’hui, que l’intransigeance serbe dans les négociations ait bloqué la voie de la paix en Bosnie. Pourtant, les câbles de la FORPRONU indiquent à maintes reprises que ce n’était pas le cas.
Dans des télégrammes envoyés de juillet à septembre 1993, au moment d’un cessez-le-feu et d’une nouvelle tentative de partition pacifique du pays, les Casques bleus canadiens attribuent à plusieurs reprises un caractère obstiné aux Bosniaques, et non aux Serbes. Comme l’indique un extrait représentatif, l’objectif « insurmontable » de « satisfaire les demandes des musulmans sera le principal obstacle à tout pourparler de paix ».
Divers passages font également référence à la façon dont « l’ingérence extérieure dans le processus de paix » n’a « pas aidé la situation » et « aucune paix » ne pourrait être atteinte « si les parties extérieures continuent d’encourager les musulmans à être exigeants et inflexibles dans les négociations ».
Par assistance « extérieure », la FORPRONU entendait bien sûr Washington. Son soutien inconditionnel aux Bosniaques les a motivés à « [négocier] comme s’ils avaient gagné la guerre », alors qu’ils avaient jusque-là « perdu ».
« Encourager Izetbegovic à tenir pour de nouvelles concessions » et « le désir clair des États-Unis de lever l’embargo sur les armes contre les musulmans et de bombarder les Serbes sont de sérieux obstacles à la fin des combats dans l’ex-Yougoslavie », ont déclaré les Casques bleus le 7 septembre 1993.
Le lendemain, ils ont signalé au quartier général que « les Serbes étaient d’accord avec les termes du cessez-le-feu ». Pendant ce temps, Izetbegovic fondait sa position de négociation sur « l’image populaire des Serbes de Bosnie comme étant les méchants ». La validation de cette illusion avait un avantage concomitant – à savoir, précipiter les frappes aériennes de l’OTAN sur les zones serbes. Cela n’a pas échappé aux Casques bleus :
« Des pourparlers sérieux à Genève n’auront pas lieu tant qu’Izetbegovic pense que des frappes aériennes seront lancées contre les Serbes. Ces frappes aériennes renforceront considérablement sa position et le rendront probablement moins coopératif dans les négociations ».
Simultanément, les combattants musulmans « n’ont laissé aucune chance aux pourparlers de paix, ils lançaient offensive sur offensive », et étaient tout à fait disposés et capables d’aider à l’objectif d’Izetbegovic. Tout au long des derniers mois de 1993, ils ont lancé d’innombrables attaques sur le territoire serbe dans toute la Bosnie, en violation du cessez-le-feu.
En décembre, lorsque les forces serbes ont lancé leur propre « attaque majeure », un câble ce mois-là a affirmé que depuis le début de l’été, « la plupart des activités serbes avaient été défensives ou en réponse à la provocation musulmane ».
Un câble de la FORPRONU du 13 septembre notait qu’à Sarajevo, « les forces musulmanes continuent d’infiltrer la région du mont Igman et bombardent quotidiennement les positions de la BSA [armée serbe de Bosnie] autour de la ville », « l’objectif déclaré » étant « d’accroître la sympathie occidentale en provoquant un incident pour pouvoir en blâmer les Serbes ».
Deux jours plus tard, les « provocations » contre l’armée des Serbes de Bosnie (BSA) se poursuivaient, bien que « la BSA fasse preuve de retenue ». Cette zone est restée une cible clé pour les Bosniaques pendant un certain temps par la suite. Les transmissions de juillet à septembre se terminent par un câble inquiétant :
« L’occupation du mont Igman par les BSA n’affecte pas négativement la situation à Sarajevo. C’est simplement une excuse pour Izetbegovic pour retarder les négociations. Ses propres troupes ont été les pires violateurs [c’est nous qui le soulignons] de l’accord de cessez-le-feu [du 30 juillet] ».
Arrivée des moudjahidines : « Les musulmans n’hésitent pas à tirer sur leur propre peuple ou sur les zones de l’ONU »
Tout au long du conflit, les moudjahidines bosniaques ont travaillé sans relâche pour intensifier la violence. Les musulmans du monde entier ont afflué dans le pays à partir de la seconde moitié de 1992, menant le djihad contre les Croates et les Serbes. Beaucoup avaient déjà acquis de l’expérience sur le champ de bataille afghan dans les années 80 et au début des années 90 après être arrivés dans des groupes fondamentalistes infiltrés par la CIA et le MI6 en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Pour eux, la Yougoslavie était le prochain terrain de recrutement.
Les moudjahidines arrivaient fréquemment sur des « vols noirs », accompagnés d’un flux incessant d’armes en violation de l’embargo de l’ONU. Cela a commencé comme une opération conjointe iranienne et turque, avec le soutien financier de l’Arabie saoudite, bien que le volume d’armes augmentant, les États-Unis aient pris le relais, transportant la cargaison mortelle vers un aéroport de Tuzla à l’aide de flottes d’avions C-130 Hercules.
Les estimations du nombre des moudjahidines bosniaques varient considérablement, mais leur contribution essentielle à la guerre civile semble claire. Le négociateur américain pour les Balkans, Richard Holbrooke, a déclaré en 2001 que les Bosniaques « n’auraient pas survécu » sans leur aide et a qualifié leur rôle dans le conflit de « pacte avec le diable ».
Les combattants moudjahidines ne sont jamais explicitement mentionnés dans les câbles de la FORPRONU, pas plus que les Bosniaques – le terme « les musulmans » est utilisé de manière libérale. Pourtant, les références détournées aux premiers sont nombreuses.
Un rapport de renseignement de l’hiver 1993 observait que « les systèmes de commandement et de contrôle faibles et décentralisés » des trois parties opposées avaient produit « une prolifération généralisée des armes et l’existence de divers groupes paramilitaires officiels et non officiels, qui avaient souvent des objectifs individuels et locaux ». Parmi ces groupes « non officiels », il y avait bien sûr les moudjahidines.
Plus clairement, en décembre de cette année-là, les casques bleus ont noté comment David Owen, un ancien homme politique britannique qui a été le principal négociateur de la Communauté européenne dans l’ex-Yougoslavie, « avait été condamné à mort pour être responsable de la mort de 130 000 musulmans en Bosnie », sa peine ayant été prononcée par la « Cour d’honneur des musulmans ». Il était entendu que « 45 personnes étaient en place dans toute l’Europe pour exécuter la peine ».
Owen n’était certainement pas responsable de la mort de 130 000 musulmans, car c’est loin d’être le cas de tant de Bosniaques, de Croates et de Serbes au total au cours de la guerre. Les extrémistes religieux bosniaques n’étaient pas non plus dotés d’un réseau d’agents à travers le continent, prêts à exécuter les fatwas transmises par une « Cour d’honneur ».
À la suite de cet incident, qui n’avait jamais été révélé publiquement auparavant, des informations font état de « musulmans » préparant des provocations sous fausse bannière. En janvier 1994, un câble a observé :
« Les musulmans n’hésitent pas à tirer sur leur propre peuple ou sur les zones de l’ONU, puis à affirmer que les Serbes sont les coupables afin de gagner davantage de sympathie occidentale. Les musulmans placent souvent leur artillerie très près des bâtiments de l’ONU et des zones sensibles telles que les hôpitaux dans l’espoir que les tirs de contre-bombardement serbes atteindront ces sites sous le regard des médias internationaux ».
Un autre câble rapporte comment des « troupes musulmanes se faisant passer pour des forces de l’ONU » avaient été repérées portant des casques bleus de la FORPRONU et « une combinaison de vêtements de combat norvégiens et britanniques », conduisant des véhicules peints en blanc et marqués UN. Le directeur général des Casques bleus craignait que si une telle connivence devienne « généralisée » ou « soit utilisée pour infiltrer les lignes croates », cela « augmenterait considérablement les chances que les forces légitimes de l’ONU soient ciblées par les Croates ».
« C’est peut-être exactement l’intention des musulmans, peut-être de provoquer de nouvelles pressions pour des frappes aériennes sur les Croates », ajoute le câble.
Le même mois, des câbles de la FORPRONU ont émis l’hypothèse que « les musulmans » cibleraient l’aéroport de Sarajevo, la destination de l’aide humanitaire aux Bosniaques, avec une attaque sous fausse bannière. Comme « les Serbes seraient les coupables évidents » dans un tel scénario, « les musulmans gagneraient une grande valeur de propagande à partir d’une telle activité serbe », et il était « donc très tentant pour les musulmans de mener les bombardements et d’en blâmer les Serbes ».
Les guerres par procuration américaines, hier et aujourd’hui
Dans ce contexte, les câbles liés au massacre de Markale prennent un caractère particulièrement saisissant. Le 5 février 1994, une explosion ravage un marché civil, faisant 68 morts et 144 blessés.
La responsabilité de l’attaque – et les moyens par lesquels elle a été exécutée – a été vivement contestée depuis, des enquêtes officielles distinctes ayant donné des résultats peu concluants. L’ONU à l’époque n’a pas été en mesure de désigner un coupable, bien que les troupes de la FORPRONU aient depuis témoigné qu’elles soupçonnaient la partie bosniaque d’être responsable.
En conséquence, les câbles de cette époque font référence à des « aspects troublants » de l’événement, notamment des journalistes « dirigés sur les lieux si rapidement » et « une présence très visible de l’armée musulmane dans le quartier ».
« Nous savons que les musulmans ont tiré sur leurs propres civils et sur l’aérodrome dans le passé afin d’attirer l’attention des médias », a conclu l’un des câbles. Un mémo ultérieur observe que « les forces musulmanes en dehors de Sarajevo ont, dans le passé, posé des explosifs dans leurs propres positions, puis les ont fait exploser sous le regard des médias en prétendant qu’il s’agissait d’un bombardement serbe. Cela a ensuite été utilisé comme prétexte pour un « contre-feu » musulman et des attaques contre les Serbes ».
Néanmoins, lors de la condamnation en 2003 du général serbe Stanislav Galić pour son rôle dans le siège de Sarajevo, le TPIY a conclu que le massacre avait été délibérément perpétré par les forces serbes, une décision maintenue en appel.
Les auteurs de cet article ne portent aucun jugement sur ce qui s’est passé ou ne s’est pas passé à Markale ce jour fatidique. Cependant, l’obscurité entourant l’événement laissait présager des événements cruciaux qui justifiaient des escalades dans chaque guerre par procuration occidentale ultérieure, de l’Irak à la Libye en passant par la Syrie et l’Ukraine.
Depuis le début de la guerre par procuration en Ukraine ce 24 février, les crimes de guerre délibérés, les incidents réels présentés à tort comme des crimes de guerre et les événements potentiellement mis en scène sont des événements pratiquement quotidiens, accompagnés de volées de revendications et de demandes reconventionnelles de culpabilité. Dans certains cas, les responsables d’un côté sont même passés de la célébration et de la revendication du mérite d’une attaque à en blâmer l’autre côté en quelques jours, voire quelques heures. Substance et spin sont devenus inséparables, voire symbiotiques.
Dans les années à venir, qui a fait quoi à qui et quand pourrait bien, à la manière du TPIY, devenir une affaire tranchée par des tribunaux internationaux. Il y a déjà des démarches pour mettre en place un organe similaire une fois la guerre en Ukraine terminée.
Des parlementaires néerlandais ont exigé que Vladimir Poutine soit jugé à La Haye. Le ministère français des Affaires étrangères a demandé la création d’un tribunal spécial. L’ONG Truth Hounds, basée à Kiev, recueille chaque jour des preuves de prétendues atrocités russes à travers le pays, au service d’un tel tribunal.
Il ne fait aucun doute que les forces de Kiev et de Moscou ont commis des atrocités et tué des civils dans ce conflit, tout comme il est incontestable que les trois parties à la guerre de Bosnie se sont rendues coupables d’actes odieux et de massacres de personnes innocentes et/ou sans défense. Il est raisonnable de supposer que la sauvagerie deviendra de plus en plus impitoyable à mesure que la guerre en Ukraine se poursuivra, de la même manière que cela s’est passé lors de l’éclatement de la Yougoslavie.
La durée exacte des combats n’est pas certaine, bien que les responsables de l’UE et de l’OTAN aient prévu que cela pourrait durer plusieurs années. Il semble que les puissances occidentales ont clairement l’intention de maintenir la guerre par procuration aussi longtemps que possible. Le 11 octobre, le Washington Post a rapporté que les États-Unis avaient concédé en privé que Kiev était incapable de « gagner la guerre d’emblée », mais avaient également « exclu l’idée de pousser l’Ukraine à la table des négociations ».
Cela met en évidence un autre mythe qui a surgi à la suite des guerres yougoslaves et qui perdure à ce jour. C’est l’idée largement répandue que la négociation et les tentatives de parvenir à un règlement pacifique n’auraient fait qu’enhardir les « agresseurs » serbes.
Ce mythe dangereux a servi de justification à toutes sortes d’interventions occidentales destructrices. Les citoyens de ces pays vivent encore aujourd’hui avec les conséquences de ces actions, souvent en tant que migrants après avoir fui des villes et des villages brûlés par des guerres de changement de régime.
Un autre héritage toxique des guerres des Balkans perdure également: la préoccupation des Occidentaux pour la vie humaine est déterminée par le camp de leurs gouvernements dans un conflit donné. Comme le démontrent les câbles canadiens de la FORPRONU, les États-Unis et leurs alliés ont cultivé le soutien à leurs guerres en dissimulant une réalité que même leurs propres armées ont documentée dans des détails cliniques.
Ernest Renan avait écrit La Réforme intellectuelle et moraleau lendemain de la défaite de 1870, dans la douleur du désastre. C’est l’ouvrage le plus réactionnaire de la seconde moitié du XIXe siècle. Renan, qui collabore au Journal des débats orléaniste, se rallie à la République mais c’est comme à un pis-aller. Il n’a pas l’esprit des « couches nouvelles » que Gambetta a éveillées à l’idée républicaine. Renan, s’il accepte la République, n’est pas républicain de conviction et s’il n’aime pas les monarchistes, qu’il juge à tort ou à raison butés en matière religieuse et politique, il défend la monarchie.
Deux faits sont essentiels dans la pensée de Renan :
• D’abord, il ne croit pas à l’utopie qui selon lui affecte les Français. Après chaque expérience manquée, ils recommencent. On n’a pas trouvé la solution, on la trouvera. L’idée ne leur vient jamais que la solution n’existe pas.
Renan n’a aucune confiance dans les règlements qui, à peine élaborés, se révèlent inapplicables et pesants et qui, au lieu de permettre une amélioration, bloquent la machine et interdisent sa marche.
• En second lieu, Renan pense que la France est avilie par le suffrage universel car, dès que l’électeur peu éclairé abandonne son horizon immédiat et familier, il ne peut qu’errer.
Il estime que la démocratie, condamnable dans l’immédiat, ne l’est pas moins dans la perspective de l’accomplissement de l’homme. Non seulement il critique la démocratie au suffrage universel qui l’exprime, mais il marque ses distances à l’égard de la Révolution française, d’où est sorti le monde contemporain et dans lequel, aristocrate de la culture, il se sent mal à l’aise :
« Si 89 est un obstacle pour cela, renonçons à 89. Rien n’est plus fatal à une nation que ce fétichisme qui fait placer son amour propre dans la défense de certains mots avec lesquels on peut la mener pourvu qu’on s’en couvre, aux derniers confins de la servitude et de l’abaissement. »
Il est une autre page de Renan, moins connue, prononcée en séance publique de l’Académie française, qui rend un son plus grave. Daniel Halévy l’avait retenue dans son Histoire d’une histoire, esquissée pour le troisième cinquantenaire de la Révolution française. Dans ces pages qui datent de 1889, il écrit :
« Si, dans dix ou vingt ans, la France est toujours à l’état de crise, anéantie à l’extérieur, livrée à l’intérieur aux menaces des sectes et aux entreprises de la basse popularité, ah ! Alors il faudra dire que notre entraînement d’artistes nous a fait commettre une faute politique, que ces audacieux novateurs pour lesquels nous avons eu des faiblesses eurent absolument tort. La Révolution, dans ce cas, serait vaincue pour plus d’unsiècle. En guerre, un capitaine toujours battu ne saurait être un grand capitaine : en politique, un principe, qui, dans l’espace de cent ans épuise une nation, ne saurait être le véritable. »
Dans la Réforme intellectuelle et morale, œuvre à laquelle il faut toujours revenir, la critique est plus nette encore et elle annonce Maurras et sa condamnation de la République, considérée comme la « femme sans tête » :
« Le jour où la France coupa la tête à son roi, elle commit un suicide. La France ne peut être comparée à ces petites patries antiques, se composant, le plus souvent d’une ville avec sa banlieue, où tout le monde était parent. La France était une grande société d’actionnaires, formée par un spéculateur de premier ordre, la maison capétienne. Les actionnaires ont cru se pouvoir passer du chef et puis, continuer seuls les affaires. Cela ira bien tant que les affaires sont bonnes, mais les affaires devenant mauvaises, il y aura des demandes de liquidation. »
Ainsi se dessine la préférence de Renan pour la monarchie légitime et pour le moins mauvais régime après elle, son succédané orléaniste, encore que la Monarchie de Juillet ait eu le tort de ne pas résister, de ne pas croire en elle-même, de céder la place au plus vite et aux plus exaltés. Le roi et ses fils, au lieu de maintenir leurs droits par les armes se retirèrent et laissèrent l’émeute parisienne violer outrageusement la volonté de la nation. C’était une déchirure funeste, faite à un titre un peu caduc en son origine, et qui ne pouvait acquérir de force que par sa persistance.
Une dynastie doit à la nation, qui toujours est censée l’appuyer, de résister à une minorité turbulente. L’humanité est satisfaite pourvu qu’après la bataille le pouvoir se montre généreux et traite les rebelles non comme des coupables, mais comme des vaincus.
Le libéralisme critique de Renan préfigure les conclusions formulées entre les deux guerres mondiales, plus précisémentpar Charles Benoist et André Tardieu.
André Tardieu, ancien collaborateur de Clemenceau, plusieurs fois ministre et président du Conseil, se retira de la vie politique en 1936 et concluait ainsi le dernier de ses ouvrages : « Après avoir lu mon livre, les Français doivent appeler le duc de Guise ».
Après Le Grand Remplacement et La Dépossession, Renaud Camus publie La Destruction des Européens d’Europe, un essai dans lequel il revient sur la généalogie de l’idéologie « remplaciste » au cœur de notre modernité, et sur les étapes au cours desquelles cette idéologie s’est progressivement imposée à la société, au point de rendre tout interchangeable, à commencer par les peuples. Un livre inclassable et passionnant, à la croisée de la littérature et de la pensée, qui ressemble à une fusée tirée dans la nuit. Propos recueillis par Olivier Maulin
Depuis plus d’une décennie, vous êtes hanté par ce que vous nommez le Grand Remplacement et vos derniers livres paraissent comme une tentative de comprendre comment celui-ci a pu être rendu possible. Vous parlez aujourd’hui de « destruction des Européens d’Europe ». Pouvez-vous nous dire ce que vous entendez par là ?
Mon titre est évidemment emprunté à Raul Hilberg et à sa fameuse Destruction des juifs d’Europe. Ma thèse, qui s’appuie sur de semblables convictions chez Zygmunt Bauman, Giorgio Agamben, Jean Vioulac et bien d’autres, est que l’univers concentrationnaire nazi, malgré son abomination sans pareille, n’est pas un isolat mais s’inscrit dans une histoire dans laquelle nous sommes encore plongés : celle de la déshumanisation de l’homme, réduit par la modernité à l’état de produit de consommation, au double sens de l’expression : produit à consommer, ou consumer, et produit qui consomme, et comme tel entretient la bulle.
Ce Grand Remplacement a été selon vous rendu possible par une idéologie. Quelle est-elle ? Et quand la voyez-vous apparaître ?
C’est l’idéologie totalitaire que j’ai baptisée remplacisme global, et dont le Grand Remplacement, ou changement de peuple et de civilisation, de même que le Petit Remplacement, ou substitution des industries culturelles à la culture, ne sont que des sous-sections. On peut la faire remonter à la révolution scientifique du XVIIe siècle, cette première et discrète mort de Dieu, et plus directement à la Révolution industrielle en Angleterre, au XVIIIe siècle. Mais son point de départ véritable se situe aux États-Unis au tournant des XIXe et XXe siècles, aux Abattoirs de Chicago qui engendrèrent la chaine de montage, et chez Taylor qui engendra Ford. Son paradigme est la Ford T.
Vous faites un lien direct entre le « management scientifique » de type tayloriste et le totalitarisme…
Certes. Ce lien direct, il serait même impossible de ne pas le faire. Dès les premières pages de ses Principes de Management scientifique, Taylor écrit noir sur blanc : « Dans le passé l’homme passait en premier ; dans le futur, c’est le Système qui doit passer en premier ». Nous vivons sous le joug du Système, ou de ce qu’Heidegger nomme le Dispositif, ou la Machination : la transformation de l’homme en machine, mais également en produit, interchangeable à merci. Je nomme pour ma part davocratie cette gestion managériale du parc humain (Sloterdijk) par Davos, les BigState et les BigTech (Asma Mhalla). On peut faire référence aussi à la Gestion génocidaire du globe (Stéphane Zagdanski).
Vous insistez beaucoup sur le milieu des années 1970 et, notamment, sur la création du collège unique. Quel rapport avec le Grand remplacement ?
Oui, le milieu des années 1970 est le temps du Grand Renversement : fondation par Klaus Schwab du Symposium européen de management de Davos, guerre du Kippour, entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun, loi “Pompidou-Giscard” sur la Banque de France, regroupement familial, loi Veil, débuts de la submersion migratoire, et en effet collège unique, qui va entraîner très vite le total effondrement du système d’enseignement, puisqu’il implique l’abandon de toute sélection. C’est le Petit Remplacement, d’où procèdera l’éradication de la classe cultivée et l’hébétude du peuple, indispensables toutes deux à l’acceptation hagarde du génocide par substitution, ou Grand Remplacement.
Vous dites également que la négation de l’existence des races est l’acte capital de la destruction des Européens d’Europe. Les races, quand elles existaient, n’ont-elles pas fait beaucoup de mal ?
En effet, la proclamation du dogme imbécile de l’inexistence des races est le couronnement des opérations de ces années-là, la condition sine qua non du changement de peuple à venir, qui en fait un crime parfait. Quel changement de peuple, puisqu’il n’y a pas de races ? On notera que le dogme n’est possible, et encore, qu’à condition de prendre le mot race dans la seule acception des pires racistes, purement biologisante. Jamais la science ne s’est montrée si servile. Et ce ne sont pas les races qui ont fait beaucoup de mal : ce sont les racistes “scientifiques”, qui ont voulu en éradiquer deux ou trois, et aujourd’hui les antiracistes, qui veulent les faire disparaître toutes au profit de la MHI, la Matière Humaine Indifférenciée, selon les vœux de la davocratie et du remplacisme global.
Au fond, n’avez-vous pas été conduit à écrire une sorte de contre-histoire de la modernité ?
Ce serait celle de la disparition des formes, dans la langue, dans le vêtement, dans les rapports sociaux : c’est-à-dire de la liquéfaction de l’espèce humaine, si bien décrite par Bauman.
Durant la crise en Nouvelle-Calédonie, certaines personnalités de gauche n’ont pas hésité à parler du peuple canaque, de sa « terre », et de son droit historique à demeurer un peuple, mais nient ce même droit au peuple français, quand ils ne nient pas le peuple français lui-même. Comment l’expliquez-vous ?
Au cœur de cette situation tragique, rien n’est plus comique à la fois, et plus éclairant. Comme le remarque Causeur, toute la gauche de la gauche pense comme moi, tout d’un coup, à propos des Canaques. Ce qui prouve avec éclat qu’elle n’a de haine véritable que pour les indigènes de la France et de l’Europe : autant dire les blancs. La non moins manifeste “préférence occupante” des juges l’avait déjà, il est vrai, clairement manifesté.
Comment voyez-vous l’avenir de notre pays ?
Je ne souhaite rien plus ardemment que la révolte décoloniale du peuple indigène livré. Elle pourrait commencer sans trop de risques le 9 juin, si les Français voulaient bien renoncer à apporter leur appui majoritaire aux sept ou huit listes du Bloc Génocidaire, c’est-à-dire à cesser de voter pour leur propre disparition, comme ils l’ont toujours fait jusqu’à présent, hélas. Ce serait un facile début de reconquête.
La Destruction des Européens d’Europe, de Renaud Camus, éditions du Château, 380 pages, 30 €.
Difficile de se faire un prénom quand on porte devant l’histoire le nom d’un héros du soulèvement vendéen de 1793. S’il a bien la vaillance de son illustre ancêtre, le général Athanase de Charette a la « sainteté » d’un Lescure ou d’un Cathelineau.
Cet ouvrage est une réédition bienvenue du livre de Jacques de La Faye, paru à la fin de la Première Guerre mondiale, sept ans après la mort du général. Il n’y avait qu’une femme pour saisir cette âme en lutte perpétuelle contre une nature violente. Oui, Jacques de La Faye est en réalité Marie Coudert de Sardent, une parisienne auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages dont une biographie du général de Sonis.
Ici, c’est la vie d’un soldat de légende, d’un chef au charisme incontesté, d’un mystique à la foi chevillée au corps, d’une personnalité dotée d’une volonté trempée dans l’acier. C’est un reportage bien mené, haletant parfois, au rythme des charges, des batailles, des défaites et des peurs. Des pages qui ont l’odeur du sang, de la poudre et de l’encens.
Fils, neveu de chevaliers et de marins, Charette fut bercé dès son enfance par les récits de la Grande Guerre, et son éducation se fit par les soins d’une mère aux plus nobles sentiments. En répondant à l’appel de Pie IX qui levait une armée contre les Garibaldiens, il conquit ses grades et s’illustra chez les Zouaves – « Les Volontaires de l’Ouest ». Blessé en même temps que le général de Sonis, les pages sont alors douloureuses et poignantes ; Patay, Loigny… Une épopée, une charge impétueuse que la bannière du Sacré-Coeur a rendu unique !
De son berceau jusqu’à sa tombe, Charette n’a vécu que pour sa foi religieuse et sa fidélité monarchique. Nulle autre passion, nul autre intérêt. Marié deux fois, veuf, avec une descendance qui s’éteindra rapidement, après la guerre Charrette va passer sa vie à transmettre l’héritage matériel et spirituel des Zouaves Pontificaux, grâce à la bannière qui l’accompagne – la bannière blanche de Patay et Loigny brodée par les Visitandines de Paray-Le-Monial, teintée du sang de ses compagnons d’armes.
Sur sa tombe est gravé « Credo ». Refusant de croire les voyants de Pontmain, il se ralliera ensuite à leur affirmation et avec humilité écrivit « Je crois » sur le registre dévolu aux visiteurs de marque à Pontmain. Il exigera en réparation que cette confession soit gravée sur sa tombe.
Le général de Charette est un héros français dont les idéaux pourront cependant déranger à une époque où le rationalisme et le matérialisme ambiant empêchent de voir avec le cœur. C’est pourtant sa foi et son royalisme qui ont guidé toute sa vie : « Dieu et le roi ». Le général Athanase de Charette ne peut être parfaitement compris qu’à l’aune de ces deux causes.
Un livre bien documenté qui se lit comme un roman d’aventures -conseillé pour les grands adolescents- . Un récit enthousiasmant, des pages glorieuses et ferventes. Un livre que l’on referme à regret… Un cahier de 36 pages de documents et photos, en couleur et en noir et blanc appuie le récit.
Personnalité marquante de la Révolution et du régime du Directoire, Thérèsa Tallien est aujourd’hui une femme tombé dans l’oubli. Pourtant, elle est la petite pierre qui provoqua l’avalanche qui fit chuter l’Incorruptible Robespierre et mit fin à la Terreur. Celle qui fut surnommée « la reine du Directoire » aurait pu même évincer Joséphine de Beauharnais dans le cœur de Bonaparte et devenir la première impératrice des Français. Mais qui est donc celle que l’on a appelée gracieusement « Notre-Dame de Thermidor » ?
Une jeune beauté
Née en 1773 à Madrid, Thérésa, de son nom de naissance Cabarrus, est la fille d’un riche banquier français venu faire fortune en Espagne. C’est ainsi, sous le soleil de Castille, que s’épanouit cette enfant dont la beauté grandit de jour en jour au point que son père l'envoie à Paris afin de l’éloigner de potentiels prétendants voulant ravir sa ravissante descendance. Cependant, une fois arrivée en France et loin de l’autorité paternelle, Thérésa joue de sa grâce pour séduire Jean-Jacques Devin de Fontenay. Une union finit par être conclue en 1788 alors que la mariée n’a que 15 ans. Mais Thérésa est une femme qui sait ce qu’elle veut et cela lui réussit. Devenue marquise de Fontenay par son mariage, elle est présentée à Louis XVI à Versailles et organise de nombreux salons que fréquentent de grandes personnalités comme Mirabeau ou La Fayette. Cependant la Révolution arrive et va bouleverser la vie de Thérésa.
Notre-Dame de Bon Secours
En 1789, Thérésa accueille avec joie les idées nouvelles. Portant avec fierté la cocarde tricolore, elle continue à fréquenter ses amis de salons devenus les figures du nouveau courant politique qui s’installe. Cependant, la radicalité révolutionnaire grandit et l’appartenance à la noblesse devient motif de haine, voire de mort. Fuyant cela, Thérésa quitte Paris pour Bordeaux en 1793. Alors qu’elle profite de ce changement de vie pour divorcer avec son mari, la ville tombe aux mains des Girondins en réaction à la purge de leurs députés à la capitale par les Montagnards. Le Comité de salut public envoie alors des troupes dirigées par Jean-Lambert Tallien (1767-1820) afin de réprimer cette insurrection. Alors que le député de la Seine-et-Oise accomplit son office dans le sang et la violence, il fait aussi arrêter de nombreuses personnes suspectes de trahison envers la Révolution. Parmi ces malheureux se trouve Thérésa, qui tente d’user de sa beauté afin de séduire son geôlier. Sensible à ses charmes, Tallien finit par prendre comme maîtresse puis comme épouse sa jeune captive. Profitant de son nouveau statut auprès du nouveau maître de Bordeaux, Thérésa se démène afin d’aider les plus malheureux et d’annuler certaines condamnations. Ces actes la font surnommer par les Bordelais « Notre-Dame de Bon Secours ». Mais tout ceci n’échappe pas à Paris, qui convoque Tallien en mars 1794 afin qu’il réponde de son « modérantisme ».
Notre-Dame de Thermidor
Refusant de quitter son mari, Thérésa Tallien le suit à Paris mais est tout de suite arrêtée en raison de ses liens avec l’aristocratie. Enfermée à la prison des Carmes, elle fait la connaissance d’une certaine Joséphine de Beauharnais qui, comme elle, risque la guillotine. Pendant ce temps, le député Tallien est lui aussi menacé par Robespierre et ses comparses, mais n’ose pas agir. L’apprenant, Thérésa finit par envoyer un message à son amant le 25 juillet : « On me dit que je monterai bientôt à l’échafaud. Je meurs d’appartenir à un lâche. » En lisant cela, Tallien, mû par l'orgueil ou par l’amour, décide, le 9 thermidor (27 juillet 1794), de provoquer un esclandre à l’Assemblée nationale et d’entraîner avec ses alliés la déchéance de Robespierre qui, le lendemain, finit à la guillotine. Libérée de ses geôles et de la Terreur, Thérésa use, comme elle le fit à Bordeaux, de l'influence de son mari pour sauver de nombreuses vies et vider les prisons. Ces actions la font surnommer par la populace « Notre-Dame de Thermidor » et fait même dire par le Premier ministre britannique, William Pitt, que « cette femme serait capable de fermer les portes de l’enfer ».
De la gloire à la disgrâce
Cependant, Thérésa finit par se lasser de son mari et souhaite retrouver sa liberté. Fréquentant les salons du Directoire, elle apparaît comme une « Me'veilleuse » au milieu de tous ces « Inc'oyables ». Elle devient même une proche de Barras, maître du nouveau régime, au point de devenir l’une de ses maîtresses. Devenue, ainsi, figure de la mode et du pouvoir par son statut officieux de reine du Directoire, tous veulent l’approcher afin d’obtenir une grâce de sa part, même celui qui n’était alors qu’un petit général sans affectation : Bonaparte. Madame Tallien, refusant ses avances séductrices, l’humilie lorsqu’elle finit par accepter de l’aider pour un nouvel uniforme : « Eh bien, mon ami, vous les avez, vos culottes ! » Cette injure, Napoléon ne l’oublie pas et lorsqu’il arrive au pouvoir en 1799, la disgracie. Exilée, elle divorce de Tallien en 1802 et épouse le prince de Chimay. Recluse dans son château en Belgique, elle s’éteint en 1835, à l’âge de 61 ans, bien loin des fastes d’antan des salons parisiens dont elle avait été jadis la souveraine officieuse.