
Un soixantième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait de Frédéric Le Play.
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On a perverti le sens intellectuel et moral de ce pays en lui faisant croire que la liberté date, chez nous, de 1789. Plus j’observe et plus j’arrive à constater que cette date serait plutôt celle de l’amoindrissement graduel de la liberté.
Notre [peuple] est, parmi tous les autres, le plus opprimé ; dans la vie privée, par le Code civil et les autres règlements de la Terreur, par les monopoles commerciaux et leurs agents, par les légistes et leurs nombreux auxiliaires ; dans la commune et dans les provinces, par le poids des prescriptions réglementaires et la multiplicité des fonctionnaires publics. C’est aussi parmi nous que le pouvoir pèse le plus lourdement sur la province, le département, l’arrondissement, le canton, la commune, la corporation, l’atelier et le foyer. C’est également la France qui, par ses erreurs et ses folles entreprises, a le plus encouru l’inimitié de ses voisins ; c’est elle, enfin, qui, à raison des charmes de son climat et de la richesse de ses productions, excite le plus leurs convoitises.
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Les provinces ont été un élément essentiel des anciennes prospérités de la France. Elles sont plus que jamais placées parmi les fondements de la constitution sociale, chez les peuples qui prospèrent encore aujourd’hui. Enfin, elles ont été détruites, sans aucune raison légitime, par des hommes passionnés et ignorants ; jamais, en effet, on n’avait articulé un grief contre les circonscriptions provinciales, au milieu des récriminations contre l’Ancien Régime et des entraînements vers la nouveauté qui précédèrent les violences de la Révolution. Toutes les règles tirées de l’expérience et de la raison se réunissent donc pour enseigner que la réforme de la France doit être intimement liée à la restauration de la vie provinciale.
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La réforme nécessaire de la France ne saurait être amenée par l’avènement de la démocratie. Les notabilités politiques qui prônent en France la démocratie admettent presque toutes implicitement que cette forme de gouvernement repose sur l’égalité forcée des conditions, c’est-à-dire sur la domination des classes inférieures, avec exclusion de celles qui se distinguent par la richesse, le talent et la vertu. Or, l’histoire du passé et l’observation du présent enseignent qu’un tel régime n’a pu nulle part constituer un gouvernement régulier.
https://www.actionfrancaise.net/2026/10/17/non-1789-nest-pas-la-liberte/
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