
Par Adègne Nova
Des ONG aux élus en passant par les pseudo-militants et les intégristes de l’idéologie, les « experts » dans les médias ou les spécialistes de telles ou telles professions… la protection de la nature dégouline de toutes les bouches. Certes, mais « ne faut-il que délibérer, la cour en conseillers foisonne », en revanche « est-il besoin d’exécuter, l’on ne rencontre plus personne » met en évidence le conseil tenu par les rats de La Fontaine. Notons, toutefois, que cette logorrhée insupportable qui affecte tout un chacun s’étend à tous les domaines… de la vie, de la philosophie, de l’économie, sans distinction. Bref !
Je suis frappée de voir comment, à gauche, à droite, devant, derrière – on ne sait plus bien qui est où en période de campagne électorale –, on veut préserver la biodiversité pour préserver les générations futures, on veut faire pénétrer la nature dans la cité, on veut agir pour l’environnement… et, « en même temps » on s’autorise à saccager la nature.
Vous avez certainement remarqué, le long des routes de France, l’arboricide qui est pratiqué pour éviter que les incendies ne se propagent. Ben voyons, ils ont bon dos les feux estivaux ! Pourquoi s’en prendre aux crasseux qui jettent leurs mégots par la fenêtre plutôt que dans le cendrier de leur voiture qu’ils devraient alors vider et nettoyer, pourquoi traquer les fumeurs de joints et les soûlographes invétérés qui allument un feu au milieu des bois en toute saison pour vivre tranquillement leur addiction… alors qu’on peut simplement, sans risque, abattre pins et platanes au seul fallacieux prétexte qu’ils véhiculent les flammes.
Alors, en Provence singulièrement, sur des dizaines de mètres le long des nationales – et pas uniquement –, on déboise, on rase, on arase… bon, après il y aura des problèmes de glissement de terrains, mais c’est un autre sujet, dont on s’occupera avec une autre rustine, sortie d’une énième loi dont le seul mérite sera pour celui qui l’a portée d’y voir son nom associé… Et dans les villes, parce que ratisser les feuilles – qui en automne se ramassent à la pelle, nous ne l’avons pas oublié – prend du temps, engendre une surcharge de travail – ou je ne sais quelle raison moins avouable… paresse municipale ou des « municipaux », peut-être ? –, on assassine les arbres parce qu’ils pourraient blesser quelqu’un si jamais ils devaient tomber. Après quoi, des arbustes minables sont replantés qui constituent – ah la belle expression fumiste ! –, des « forêts urbaines ».
Pourquoi ne pourrait-on pas, tout simplement, vivre avec la nature et non lutter contre elle ? Pourquoi les intellectuels, les élites – desquelles se réclament les politicards républicains – se targuent-ils de goûter les plaisirs de la littérature sans en retirer le plus petit principe, la plus sobre morale ? J’évoquais ci-dessus la Provence, c’est elle qui a vu naître Giono, pourquoi ne prend-on pas modèle sur son Elzéard Bouffier ?
La nature est le lieu nécessaire à l’épanouissement de l’homme ; c’est là qu’il habite ; c’est lui qui l’habite. Et la nature est aussi historique que les hommes qui la peuplent et contribuent à la façonner… Le problème, aujourd’hui, tient à ce que « notre société est capitaliste ; or, ce dernier ne permet pas de considérer la nature comme un bien commun ». Le problème, ensuite, tient à ce que « la technologie, assimilée au progrès, lui-même assimilé au bien de l’humanité, n’est capable que de servir son propre but, qui est sa reproduction ». Le problème, enfin, tient à ce que « la démocratie n’a réussi qu’à encourager la destruction de la nature et la perversion du rapport que l’humain a avec elle »* (une prédation constante justifiée par la liberté d’agir sans frein.
Soyons attentifs à ce qui nous entoure, à nos racines, redevenons les artisans de nos moissons !
*Quelle écologie pour demain ?, sous la direction d’Enzo Sandré et Francis Venciton, Éditions de Flore, 2021.
https://www.actionfrancaise.net/2026/09/25/la-cause-dont-on-cherit-le-mot/
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