samedi 22 août 2026

Excellente parfois, destructrice souvent…

 

Un cinquante-deuxième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait d’Honoré de Balzac cette semaine encore.

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À quel fatal instinct les peuples obéissent-ils donc en voulant se gouverner par eux-mêmes ?… Est-ce possible ? (…) 

Jadis, l’élection a été excellente dans l’Église où se retrouve, à une époque très reculée, qui a envahi le monde, et a croulé par la faiblesse de sa base. Rome n’était pas une puissance territoriale, mais l’Église était une masse souverainement intelligente, mue par une même pensée, une masse de bonne foi avec elle-même, sachant bien ce qu’elle voulait, pompant toutes les supériorités, et ne les craignant plus parce qu’elle se les assimilait, enseignement dont les pouvoirs modernes profitent peu.

Retrouverez-vous ces principes générateurs d’une bonne élection dans la masse ignorante que compose une loi d’élection indéfiniment étendue en haine des privilèges et par amour d’une égalité impossible ? La matière électorale actuelle tend toujours, dans ses choix, à se mettre en hostilité ou en contradiction avec le pouvoir. La loi assemble les médiocrités du pays ; elles ne peuvent que produire une parfaite image de leur substance élective, car rien ne les pondère…

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Le ministérialisme constitutionnel ne sortira jamais de ce dilemme, cruel pour les résultats que certains esprits attendent :

ou la nation sera soumise pendant longtemps au despotisme d’un homme de talent et retrouvera la royauté sous une autre forme, sans les avantages de l’hérédité ; ce seront des fortunes inouïes qu’elle payera périodiquement. 
ou la nation changera souvent de ministres. Et alors sa prospérité sera physiquement impossible, parce que rien n’est plus funeste, en administration, que la mutation des systèmes. Or, chaque ministre a le sien, et il est dans la nature que le plus médiocre ait la prétention d’en créer un, bon ou mauvais. Puis, un ministre éphémère ne saurait se livrer tout à la fois et aux intrigues nécessaires à son maintien et aux affaires de l’État. Il arrive au pouvoir en voyageur, se tire de peine par un emprunt, grossit la dette et s’en va souvent au moment où il sait quelque chose de la science gouvernementale.

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