
Combat royaliste 138
Par Philippe Germain
Seuls le Canada et l’Europe traînent les pieds à entrer dans le nouvel âge DU politique et des nations, débuté lors de la crise planétaire de la covid de 2019 avec la réaffirmation des frontières. Il n’a pas encore de nom mais chacun a conscience de sa réalité depuis la guerre d’Ukraine de 2022 et celle d’Iran de 2026. Et pour la France métropolitaine et d’outre–mer, qu’en est-il ? En dépit d’un long moment d’isolement, le nationalisme s’y s’impose à bas bruit, en réaction à la crise du régime républicain. Et parce qu’il est évident que le changement de président en 2027 ne réglera rien, il fautenvisager une contre-révolution nationaliste qui d’abord change de régime politique.
Ce nouveau régime devra être nationaliste intégral, c’est-à-dire royaliste. Seul, il pourra donner les moyens permettant au pays réel de revivifier notre civilisation à substrat culturel catholique. Ce processus « méta-politique » sera la contre-révolution civilisationnelle.
C’est là un raisonnement majeur de l’école d’Action française : avant de revivifier notre civilisation, il faut employer le « politique d’abord », parce qu’en France la politique a été le moyen employé d’abord par ceux qui ruinent la religion catholique comme socle culturel de la France. Logiquement, il existe peut-être une meilleure tactique mais,pratiquement, il faut combattre l’ennemi sur le terrain où il se trouve. Pour autant, il ne faut pas réduire le politique à l’institutionnel car cela donnerait à la solution monarchique l’apparence d’un mythe eschatologique. L’appel au Prince deviendrait alors paresse intellectuelle comme chez les blancs d’Espagne et les royalistes de gauche.
Tout est possible car les mentalités évoluent vite. Merci Stéphane Bern et Jean Sévillia. Le peuple français comprend de plus en plus la mémoire collective, les traditions, l’identité nationale, la conscience d’appartenir à un groupe inscrit dans l’histoire. N’ayons pas peur du mot nationalisme même si l’extrême-centre manipule le vocabulaire. Il ne dit pas assassin mais antifa. Il ne dit pas fascisme mais populisme. Il ne dit pas antidémocratisme mais illibéralisme. Alors appelons un chat un chat et affirmons : nationaliste et pourquoi pas ?
Le nationalisme français se développera par sa capacité d’affirmation de valeurs positives. Il ne sera incisif que lorsqu’il aura retrouvé sa solide architecture doctrinale : la seule définition possible de la nation consiste à la concevoir comme un fait d’histoire, le résultat d’une politique fédérative ayant généré notre unité de destin. L’unité française n’a été qu’un aboutissement, la récompense d’un travail patient dont la monarchie capétienne a été l’artisan fédérateur. Cette fédération a permis l’unité dans la diversité. La France est un agrégat d’éléments hétérogènes caractérisé par un substrat chrétien commun ; le tout étant plus que la somme des parties. C’est ce tout que certains veulent diluer dans l’Europe. N’ayons pas peur des mots, ils sont aussi un parti de l’étranger mais maquillé en pseudo-nationalisme européen.
Le problème du respect des particularismes locaux, des petites patries, des cultures et des libertés provinciales vient de la confusion entre l’État et la nation. Le fédérateur externe, l’arbitre reliant les corps et groupes n’existant plus à partir de la Révolution de 1789, l’État ne devant faire qu’Un avec lepeuple, l’unité républicaine requiert nécessairement l’uniformité. Le processus d’identification démocratique du peuple et de l’État lamine le pluralisme social. Voilà pourquoi notre refus de l’homogénéisation et notre respect des autonomies régionales, des différentes communautés organique a pour corollaire notre Combat antidémocratique, mais démophile, en faveur de la monarchie fédérative.
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