jeudi 26 septembre 2024

Cartouches. Saint-Simon : Le précurseur du socialisme moderne

 

Cartouches. Saint-Simon : Le précurseur du socialisme moderne (1/1)

Saint-Simon est l’un des premiers penseurs à proposer une réorganisation complète de la société sur des bases industrielles et scientifiques. Il rejette l’ordre féodal et aristocratique, prônant une société dirigée par les producteurs – les industriels, les scientifiques et les ingénieurs – plutôt que par les nobles et les militaires. Il estime que le progrès de l’humanité repose sur l’amélioration de la production et sur la répartition équitable des richesses.

Son idée centrale est que la politique doit être subordonnée à l’économie. Selon Saint-Simon, les gouvernements doivent être composés de savants et d’industriels capables de gérer efficacement les ressources et d’assurer le bien-être général. Il plaide pour une société méritocratique où le pouvoir est confié à ceux qui possèdent les compétences et les connaissances nécessaires pour faire progresser la civilisation.

Saint-Simon introduit également le concept de la “nouvelle chrétienté”, une religion humaniste qui met l’accent sur l’amour du prochain et le service à l’humanité. Bien que ses idées aient été considérées comme radicales à son époque, elles ont posé les fondations de nombreuses théories socialistes et ont inspiré des mouvements tels que le saint-simonisme, qui a prospéré après sa mort.

Les principaux ouvrages de Saint-Simon

1. Lettres d’un habitant de Genève à ses contemporains (1802)

Résumé : Dans cet ouvrage, Saint-Simon expose pour la première fois ses idées sur la nécessité de réorganiser la société sur des bases scientifiques et industrielles. Il critique les institutions de l’Ancien Régime et propose une nouvelle organisation sociale dirigée par des scientifiques et des industriels. Ce texte marque le début de la réflexion de Saint-Simon sur la transformation sociale. Bien que le style soit encore balbutiant, les idées qui y sont développées annoncent déjà les grands thèmes de son œuvre future.

 « Il faut que la politique devienne une science, et qu’elle soit mise entre les mains de ceux qui savent, non de ceux qui possèdent. »

2. L’Industrie (1816-1818)

Résumé : L’Industrie est un périodique dans lequel Saint-Simon expose ses théories sur l’organisation industrielle de la société. Il y soutient que les industriels doivent prendre le pouvoir pour remplacer l’ancienne aristocratie. Cette publication est cruciale pour la diffusion des idées de Saint-Simon. Elle permet à ses théories de gagner en popularité et d’attirer l’attention de jeunes intellectuels, qui deviendront ses disciples.

 « Les industriels sont les seuls capables de diriger la société vers le progrès, car ils produisent les richesses et savent comment les utiliser. »

3. Le Système industriel (1821-1822)

Résumé : Cet ouvrage propose une organisation sociale basée sur l’industrie. Saint-Simon y développe l’idée que les industriels, les savants et les artistes doivent diriger la société pour garantir le progrès et le bonheur de tous. Le Système industriel est l’œuvre dans laquelle Saint-Simon clarifie ses idées et les présente de manière structurée. C’est un texte fondateur qui pose les bases du saint-simonisme et qui influence de nombreux réformateurs sociaux.

« Le gouvernement des hommes doit céder la place à l’administration des choses. »

4. Catéchisme des industriels (1823-1824)

Résumé : Ce texte, sous forme de dialogue, explique les principes du saint-simonisme de manière accessible. Il y affirme que l’avenir appartient aux travailleurs, et que les dirigeants doivent être choisis en fonction de leurs compétences. Le Catéchisme des industriels est un manifeste qui popularise les idées de Saint-Simon auprès d’un public plus large. Il est souvent considéré comme l’un des textes les plus accessibles de sa production intellectuelle.

 « L’industrie est la source de toute richesse, et ceux qui la dirigent doivent gouverner le monde. »

5. Nouveau Christianisme (1825)

Résumé : Dans ce dernier ouvrage, publié peu avant sa mort, Saint-Simon développe sa vision d’une religion humaniste qui prône l’amour et le service à l’humanité. Il y appelle à la création d’une nouvelle religion qui remplacerait les anciennes croyances par un culte de l’humanité. Nouveau Christianisme est une œuvre controversée qui montre la dimension spirituelle de la pensée de Saint-Simon. Il y combine ses idées sociales avec une vision religieuse du progrès, ce qui a inspiré de nombreux réformateurs.

 « La religion de l’humanité doit unir les hommes dans un amour fraternel et les guider vers le progrès. »

6. Mémoires (posthume)

Résumé : Recueil de souvenirs et de réflexions dans lequel Saint-Simon revient sur sa vie, ses expériences et l’évolution de ses idées. Bien que moins connu, ce texte posthume est important pour comprendre le parcours intellectuel de Saint-Simon. Il offre un aperçu personnel de l’homme derrière les idées, et montre comment ses expériences ont façonné sa pensée.

« Toute ma vie a été consacrée à la recherche d’une société plus juste, où chacun pourrait contribuer au bien commun selon ses capacités. »

Saint-Simon reste un penseur incontournable dont les idées ont façonné le développement du socialisme et de la sociologie. Son œuvre, centrée sur l’importance de l’industrie, la science et l’organisation rationnelle de la société, continue de résonner aujourd’hui. Ses propositions pour une réorganisation sociale basée sur la méritocratie et le service à l’humanité ont ouvert la voie à de nombreux mouvements réformateurs. En explorant ses principaux ouvrages, on découvre un intellectuel dont la vision a non seulement influencé son époque, mais qui a aussi laissé une empreinte durable sur la pensée sociale et politique.

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US – UK : histoire tourmentée d’une « Relation spéciale »

 

L’ennemi héréditaire de l’Amérique est l’Angleterre, pas la Russie. Historiquement, la Russie a peut-être été le principal allié des États-Unis. L’Angleterre reste le premier ennemi de l’Amérique, comme pendant la Révolution américaine.

Par Eric Zuesse

Le seul ennemi de l’Amérique pendant la guerre révolutionnaire (1775-1783) était l’Angleterre. Depuis qu’elle a été vaincue dans cette guerre, l’Angleterre – contrôlée par l’aristocratie britannique – a tenté de diverses manières de reprendre le contrôle de l’Amérique.

La dernière tentative de l’aristocratie britannique pour reprendre le contrôle de l’Amérique a commencé en 1877 et se poursuit aujourd’hui, par les États profonds des deux pays – comprenant non seulement la CIA menteuse et le MI6 menteur, mais aussi l’ensemble des aristocraties unies de Grande-Bretagne et des États-Unis. Ces deux aristocraties constituent en fait l’État profond et contrôlent les niveaux de direction des deux agences de renseignement et des deux gouvernements, interdisant la démocratie dans les deux pays. L’aristocratie règne sur chacun d’eux. Le plan de 1877 visait à l’unification des deux aristocraties et à ce que la nouvelle puissance mondiale, l’industrie américaine et son gouvernement, alors en pleine expansion, soient contrôlés par les individus les plus riches des deux pays. Franklin Delano Roosevelt avait essayé de briser cette combinaison mondiale-impérialiste, mais il est mort tragiquement avant d’atteindre cet objectif.

La deuxième guerre de l’Amérique contre une puissance étrangère a été la guerre de 1812 (1812-1815), au cours de laquelle les États-Unis, si peu de temps après leur propre révolution victorieuse pour se libérer de la Grande-Bretagne, ont essayé d’aller encore plus loin et d’évincer complètement la Grande-Bretagne de l’Amérique du Nord. Parmi les Américains, certains craignaient toujours que l’Angleterre ne tente de reprendre les États-Unis. L’historien, Don Hickey, a écrit :

«En Amérique du Nord, les États-Unis étaient le seul belligérant à perdre la guerre et à conserver son indépendance. Étant donné que l’indépendance de la Grande-Bretagne était en jeu dans les guerres napoléoniennes, on pourrait soutenir que les États-Unis étaient le seul belligérant de chaque côté de l’Atlantique, pendant la guerre de 1812, qui n’avait rien à craindre pour son indépendance.»

Parce que le roi George III était toujours détesté par de nombreux Américains, les États-Unis voulaient se libérer du contrôle britannique sur ses colonies au nord de la frontière américaine, l’actuel Canada. Mais la plupart des habitants de la région continuaient à se considérer comme des sujets du roi, et les efforts américains échouèrent. De plus, des soldats britanniques, issus de ce qui est maintenant le Canada, ont réussi à mettre en danger l’indépendance de l’Amérique : ils ont incendié Washington. Ce ne sont pas les sujets du roi au nord de la frontière américaine qui ont fait cela ; c’étaient des troupes britanniques. L’armée du roi l’a fait. Les Américains avaient de réelles raisons de craindre le roi George III. L’indépendance de l’Amérique était en effet en jeu dans cette guerre. Ce n’était pas seulement la perception des démocrates-républicains – le parti de Jefferson – c’était une réalité.

Pour revenir au présent, lors d’un appel téléphonique du 25 mai 2018 entre les présidents des États-Unis et du Canada, le président américain inculte, Donald Trump, a partiellement justifié les droits de douane imposés au Canada en disant : «N’avez-vous pas incendié la Maison Blanche ?». En réalité, les troupes du roi George III l’ont fait, le 24 août 1814, en détruisant le Capitole le même jour, et non seulement le Canada n’existait pas à cette époque, mais les troupes du roi l’avaient fait en représailles à une invasion américaine réussie dans le territoire du roi, au nord, territoire qui devait par la suite gagner sa propre indépendance partielle après les rébellions infructueuses des sujets du roi là-bas en 1837-1838.

Bien que les États-Unis aient remporté la guerre de 1812, dans la mesure où ils n’ont pas perdu leur indépendance face à l’Angleterre, ils n’ont pas libéré le Canada. Mais deux ans après la guerre civile américaine (1860-1865), le Canada a finalement obtenu une indépendance partielle confuse en 1867.

La reconstruction de la Maison-Blanche par les États-Unis, détruite par les Britanniques, a été achevée en 1817. Celle du Capitole également détruit par les Britanniques a été achevée en 1826.

La bataille la plus célébrée de la guerre de 1812 a eu lieu à Fort McHenry, à Baltimore, le 13 septembre 1814, où les soldats américains ont hissé le drapeau américain, ce qui a inspiré Francis Scott Key qui écrivit «The Star-Spangled Banner», l’hymne national américain. Cette ode célébrait ce que les Américains considéraient comme la deuxième victoire de leur pays contre la tyrannie impériale britannique.

La prochaine grande tentative de l’Angleterre pour conquérir les États-Unis a eu lieu pendant la guerre civile, lorsque l’Angleterre soutenait le droit des Sudistes de continuer à asservir les Noirs et à se séparer de l’Union fédérale pour perpétuer l’esclavage. Si le Sud avait gagné, cela aurait non seulement considérablement affaibli les États-Unis, mais cela aurait créé au sud de l’Amérique une nouvelle nation, la Confédération du Sud, qui aurait été alliée à l’ennemi des Américains, la Grande-Bretagne.

Cassius Marcellus Clay

À l’opposé du soutien de l’Angleterre à l’esclavage et à l’éclatement des États-Unis, la Russie était l’un des principaux partisans mondiaux des États-Unis et de son mouvement pour abolir l’esclavage. Sous le tsar Alexandre II, le gouvernement russe s’est opposé non seulement à l’esclavage mais aussi au servage, et il a donc été immortalisé parmi les Russes comme «Le grand libérateur», pour la fin du servage chez lui, qui était, pour la Russie, ce que l’esclavage était pour l’Amérique – une relique répudiée de l’ancien monarchisme absolutiste des prédécesseurs d’Alexandre II. Lorsque l’érudite Cynthia Chung titrait le 16 octobre 2019, «La Russie et les États-Unis : l’histoire oubliée d’une fraternité», elle évoquait «Cassius Clay». Ce n’était pas une référence erronée au célèbre boxeur américain Muhammad Ali (1942-2016), mais plutôt, à juste titre, à l’individu qui est beaucoup moins connu aujourd’hui, mais en l’honneur de qui le fameux boxeur avait été nommé à l’origine, Cassius Marcellus Clay. L’homonyme du boxeur a été tout à fait correctement mentionné par Chung comme ayant été «peut-être le plus grand ambassadeur américain en Russie (1861-1862 et 1863-1869)». Ce «Cassius Clay» était, en effet, l’un des héros historiques méconnus de l’Amérique, non seulement parce que cet habitant du Kentucky était un champion extrêmement courageux de l’anti-esclavagisme, mais aussi parce qu’il est devenu un grand atout pour son ami Abraham Lincoln dans sa guerre pour émanciper les esclaves américains. Comme le dit l’article de Wikipedia «Cassius Marcellus Clay (politicien)», lorsqu’il décrit le rôle de Clay dans la «Guerre civile et mission en Russie» :

Le président Lincoln a nommé Clay au poste de ministre auprès du tribunal russe de Saint-Pétersbourg le 28 mars 1861. La guerre civile américaine a commencé avant son départ et, comme il n’y avait pas de troupes fédérales à Washington à l’époque, Clay a organisé un groupe de 300 volontaires pour protéger la Maison Blanche et le US Naval Yard d’une éventuelle attaque confédérée. Ces hommes sont devenus célèbres sous le nom des Washington Guards de Cassius M. Clay. Le président Lincoln a remis à Clay un revolver Colt, lors d’une cérémonie de reconnaissance. Lorsque les troupes fédérales sont arrivées, Clay et sa famille se sont embarqués pour la Russie.

En tant que ministre de la Russie, Clay a été témoin de l’édit d’émancipation du tsar. Rappelé aux États-Unis en 1862 pour accepter une mission de Lincoln en tant que général de division dans l’armée de l’Union, Clay refusa publiquement cette offre à moins que Lincoln n’accepte d’émanciper les esclaves sous contrôle confédéré. Lincoln a envoyé Clay au Kentucky pour évaluer l’ambiance d’émancipation là-bas et dans les autres États frontaliers. Après le retour de Clay à Washington, DC, Lincoln a publié la proclamation à la fin de 1862, pour prendre effet en janvier 1863.

Clay a démissionné de sa fonction en mars 1863, il est retourné en Russie, où il a servi jusqu’en 1869. Il a été influent dans les négociations pour l’achat de l’Alaska.

Ainsi, cet ami du «Grand Libérateur», Alexandre II, et du «Grand Émancipateur», Lincoln , les a aidés tous les deux. Comme l’a bien résumé Blake Stillwell dans son article du 16 octobre 2015 «Comment la Russie a garanti la victoire de l’Union dans la guerre civile», l’ambassadeur Clay connaissait et partageait personnellement les valeurs communes bien ancrées des chefs d’État aux États-Unis et en Russie, et il persuadé ainsi le tsar Alexandre II de s’engager à rejoindre les États-Unis dans une guerre pour conquérir l’Angleterre, si celle-ci rejoignait ouvertement et activement la Confédération du Sud contre le Nord. Le tsar Alexandre II a donc stationné des navires de guerre russes à New York et à San Francisco pendant la guerre civile, afin d’empêcher l’Angleterre de soutenir activement la Confédération du Sud, ce que l’Angleterre avait prévu de faire.

Aucun pays n’a probablement été aussi utile à la cause de l’Union que la Russie, et ce n’était pas seulement à des fins de politique de puissance, mais surtout pour des principes démocratiques et progressistes, à la fois présents chez Lincoln et le Tsar – leurs objectifs communs des Lumières pour l’avenir du monde.

L’ennemi impérialiste de l’Angleterre, la France impérialiste, était également pro-esclavagiste, mais pas une menace aussi grande pour les États-Unis que l’Angleterre. La façon dont Michael O’Neill a formulé cela dans son article du 10 mai 2019 «L’implication de la France dans la guerre civile américaine» était :

«Le gouvernement français avait certainement de la sympathie pour la Confédération parce que les deux régimes étaient aristocratiques, tandis que le Nord avait un régime social et économique plus démocratique qui n’était pas aussi rigoureusement hiérarchique. Les perspectives commerciales de la France ont également été affectées par le blocus imposé par le Nord aux ports du Sud. La France a voulu intervenir pour assurer le commerce du coton, du vin, du brandy et de la soie.»

C’était un exemple où les empires anglais et français étaient du même côté – contre la démocratie et pour l’esclavage. L’aristocratie est toujours motivée par une cupidité illimitée, et cette cupidité a conduit les aristocraties française et anglaise à agir ensemble dans la guerre civile américaine. Le tsar Alexandre II était un aristocrate progressiste rarissime – comme le fut le président américain Franklin Delano Roosevelt par la suite.

Comme l’a également noté l’article de Chung, les relations amicales entre la Russie et les États-Unis avaient commencé au moment de la Révolution américaine, et Benjamin Franklin, qui était alors ambassadeur des États-Unis en France, a joué un rôle clé.

En 1877, le futur magnat du diamant britannique Cecil Rhodes a présenté le plan dont il avait rêvé pendant toute sa vie, unir les aristocraties de la Grande-Bretagne et des États-Unis pour finalement conquérir le monde entier. Son plan devait être activé à sa mort, survenue en 1902, lorsque le Rhodes Trust a commencé en créant le noyau d’un mouvement qui s’est propagé aux plus hauts niveaux de la finance dans les deux pays, y compris le Royal Institute of Foreign Affairs (RIFA) alias Chatham House, à Londres, puis le Council on Foreign Relations de New York, branche américaine du RIFA, deux institutions qui se sont unies aux aristocraties européennes au sein du groupe Bilderberg, qui a été créé en 1954 par Bernhard des Pays-Bas,  l’«ancien» prince nazi, et David Rockefeller des États-Unis. Puis, plus tard, la Commission trilatérale, faisant entrer les aristocrates japonais dans le giron de Cecil Rhodes, en 1973, sous l’égide de l’agent de David Rockefeller et stratège en chef anti-russe, Zbigniew Brzezinski. Le stratège en chef anti-russe de Nelson Rockefeller était Henry Kissinger.

Il existe également d’autres ramifications importantes du Rhodes Trust, qui est le tronc de l’arbre dont Cecil Rhodes avait été la graine.

Puis, pendant la Première Guerre mondiale, les États-Unis et la Russie étaient, encore une fois, des alliés cruciaux, mais cette fois l’Angleterre était avec eux, pas contre les États-Unis, car l’aristocratie britannique rivalisait avec celle de l’Allemagne. La révolution marxiste en Russie, en 1917, a terrifié tous les super-riches du monde, tout comme ils avaient été terrifiés en Angleterre par l’ennemi américain à la fin du XVIIIet au début du XIXe siècle. Historiquement, la Russie a peut-être été le principal allié des États-Unis. L’Angleterre reste leur ennemi suprême, tout comme pendant la Révolution américaine.

Les révolutions ont raté en Europe en 1848, mais celle de Russie, en 1917, prônait une dictature des travailleurs contre la classe moyenne , «la bourgeoisie», et pas seulement contre l’aristocratie. Donc, ce n’était pas un projet des Lumières, et ce n’était certainement pas démocratique. De plus, l’Allemagne pendant la Première Guerre mondiale était encore plus dictatoriale que l’Angleterre. En effet : le Kaiser Wilhelm II a initié la guerre mondiale afin de maintenir et de perpétuer l’ancienne tradition du droit divin des rois – la monarchie héréditaire, la plus rétrograde de toutes les formes de gouvernement, la règle héréditaire. Et l’Allemagne menaçait les navires américains, contrairement à l’Angleterre.

Lors de la conférence de paix de Versailles après la Première Guerre Mondiale, quatre chefs influents de la délégation américaine étaient intensément pro-britanniques : le démocrate pro-aristocratie, extrêmement conservateur, et secrétaire d’État américain Robert Lansing, et ses deux neveux, les aristocrates pro-chrétiens, dévots extrêmement conservateurs et républicains, John Foster Dulles, et son frère Allen Dulles, et le dévot chrétien associé de JP Morgan, Thomas Lamont. Tous les quatre étaient favorables à l’obligation faite aux contribuables allemands de verser des réparations aux contribuables français si importantes qu’elles mettraient en faillite le nouveau gouvernement démocratique allemand de Weimar. Ce dépouillement des Allemands – approuvé par la délégation américaine – a contribué à amener le parti nazi extrémiste conservateur populiste de droite à prendre le pouvoir contre le gouvernement démocratique de Weimar.

Les frères Dulles avaient de nombreux amis parmi les aristocrates d’Angleterre et d’Allemagne et sont devenus deux chefs de file de la guerre pour conquérir la Russie, sous le président américain Dwight Eisenhower. Alors que le président américain Harry S. Truman avait cherché à «contenir» l’Union soviétique, les frères Dulles ont plutôt cherché à la «conquérir». Tous deux avaient une haine viscérale de la Russie – pas seulement du communisme. C’était une haine qui était largement partagée par les aristocraties de tous les empires, en particulier l’Angleterre, les États-Unis, l’Allemagne et le Japon.

Le président américain Franklin Delano Roosevelt (FDR) était une exception à la haine presque universelle de la Russie parmi les aristocraties américaines et alliées : il a reconnu et admis que, même si Joseph Staline était un dictateur barbare, il était un anti-impérialiste profondément engagé, comme FDR lui-même, parce qu’il dirigeait l’aile anti-impérialiste du Parti communiste contre l’aile impérialiste de Trotsky. Staline a défendu avec passion le «communisme dans un seul pays» – la doctrine selon laquelle l’Union soviétique doit d’abord établir clairement une économie florissante dans le pays et servir ainsi de modèle qui inspirerait les masses des nations capitalistes à se soulever contre leurs oppresseurs, et c’est seulement après l’établissement d’un tel modèle de réussite économique que le communisme pourra naturellement se propager à d’autres pays.

FDR était absolument opposé à toute sorte d’impérialisme, et il avait des discussions privées passionnés avec Winston Churchill à ce sujet, car Churchill a déclaré : «Il est impossible d’altérer les accords économiques de l’Empire», en réponse à FDR qui avait dit : «Je ne peux pas croire que nous menons une guerre contre l’esclavage fasciste, et en même temps ne pas travailler pour libérer les gens du monde entier d’une politique coloniale arriérée.» Et, par la suite, FDR a dit en privé à son fils Elliott, en parlant de Churchill sur un ton méprisant : «Un vrai vieux Tory, n’est-ce pas ? Un vrai vieux Tory, de la vieille école.»

La vision d’après-guerre de FDR était celle d’une Organisation des Nations Unies qui disposerait de toutes les armes nucléaires et contrôlerait tous les aspects du droit international, mais n’interviendrait pas dans le droit national, sauf peut-être si le Conseil de sécurité est unanime, et seulement à titre exceptionnel. Chacune des grandes puissances serait autorisée à intervenir dans les affaires domestiques des nations limitrophes, mais uniquement pour empêcher toute puissance majeure hostile de prendre le pouvoir, ceci dans un but purement défensif, rien d’autre. Cela aurait été très différent de ce que l’ONU est devenue.

C’est un domaine dans lequel le crédule Truman – qui ne savait, et ne comprenait rien – a pu être trompé par Churchill, et, plus encore, par le général d’alors, Dwight Eisenhower, parce que tous deux étaient des impérialistes engagés et visaient à conquérir la Russie – et pas seulement pour mettre fin à son communisme.

Cecil Rhodes

La date cruciale a été le 26 juillet 1945, quand Eisenhower a convaincu Truman de déclencher la Guerre froide. Puis, le 24 février 1990, le président américain George Herbert Walker Bush a défini la politique des États-Unis depuis lors : lorsque l’Union Soviétique mettra fin au communisme en 1991, les États-Unis et leurs alliés continueront secrètement la Guerre froide contre la Russie, jusqu’à ce que celle-ci soit conquise pour faire partie de l’empire américain, et ne soit plus une nation indépendante. Ceci est la continuation du plan de Cecil Rhodes : les États-Unis exécutent les ordres de l’aristocratie britannique pour mener la conquête du monde entier.

Le 14 août 1941, au moment où FDR et Churchill élaboraient la Charte de l’Atlantique et prévoyaient une guerre commune contre Hitler, ils ont convenu de former «l’accord UK-USA», un «traité secret» entre les deux pays, qui a été officialisé le 17 mai 1943 sous le nom de «Accord BR-USA», puis officiellement signé le 5 mars 1946 par le président Truman, son contenu est finalement devenu public le 25 juin 2010. Il était, et il est encore maintenant, à la base de ce que l’on appelle plus communément «The Five Eyes», entité dérivée du programme de Cecil Rhodes – bien qu’il ne soit pas mentionné – d’opérations de renseignement étranger, dont le noyau est le renseignement britannique et américain, mais qui inclue également les services de renseignement des autres colonies anglo-saxonnes, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. L’Inde et les autres «races inférieures» des pays anglophones – comme Rhodes et Winston Churchill les considéraient – n’étaient pas incluses.

Par exemple : l’effort conjoint du Royaume-Uni et des États-Unis pour conduire Julian Assange à la mort – abomination qui semble susceptible de réussir bientôt – est devenu une partie de ce travail, tout comme les sanctions contrefaites conjointes du Royaume-Uni et des États-Unis contre la Russie concernant Sergei Magnitski en 2012,  Sergei Skripal, et les accusations du «Russiagate» contre Donald Trump en 2018.

Cette floraison complète du plan initial de Cecil Rhodes est également connue sous le nom de «Relation spéciale» et de «Anglosphère».

Tout ceci est l’œuvre des aristocraties américaines et britanniques, contre leurs propres nations – contre leurs propre peuples – mais pour les opérations impériales essentielles nécessaires aux sociétés internationales américaines et britanniques, que ces milliardaires contrôlent.

C’est pourquoi toutes les sanctions contre la Russie sont basées sur des mensonges. Certes, cela ne se produit pas par accident. À chaque étape, dans pratiquement chaque cas, les aristocraties américaines et britanniques travaillent ensemble sur ces diffamations – contre le principal allié historique étranger des États-Unis, la Russie.

L’aristocratie britannique a toujours été le principal ennemi du public britannique, de la Russie, et du peuple américain. Cela est tout à fait conforme au plan de Rhodes, qui était d’utiliser les États-Unis pour étendre l’Empire britannique. C’est l’histoire de notre temps.

C’est le succès ultime du plan du roi George III, et c’est une profonde trahison des intentions des fondateurs américains, qui étaient des anti-impérialistes passionnés. Tout comme FDR.

Mais juste après la Seconde Guerre Mondiale, les impérialistes, dirigés par les milliardaires américains, ont pris le relais.

Eric Zuesse

Source The Saker Blog

Traduit par jj, relu par Marcel pour le Saker Francophone

via:https://lesakerfrancophone.fr/us-uk-histoire-tourmentee-dune-relation-speciale

https://reseauinternational.net/us-uk-histoire-tourmentee-dune-relation-speciale/

mercredi 25 septembre 2024

Le pic pétrolier : fausse panique, vrai business! | Idriss Aberkane

Cartouches. Auguste Comte : Le père du positivisme et de la sociologie moderne

 

Cartouches. Auguste Comte : Le père du positivisme et de la sociologie moderne (1/1)

Auguste Comte, l’un des penseurs les plus influents du XIXe siècle, est souvent considéré comme le fondateur du positivisme et de la sociologie moderne. Ses idées, qui ont façonné de manière significative la philosophie et les sciences sociales, continuent d’avoir un impact profond sur la pensée contemporaine. Cet article explore la vie de Comte, les idées qu’il a défendues dans ses ouvrages, ainsi que ses principales œuvres, tout en fournissant des commentaires et des explications de texte pour mieux comprendre l’ampleur de son héritage intellectuel.

Une vie dédiée à la réforme de la pensée

Isidore Marie Auguste François Xavier Comte est né le 19 janvier 1798 à Montpellier, en France, dans une famille catholique et royaliste. Dès son plus jeune âge, il se détourne des croyances religieuses traditionnelles et développe une passion pour les sciences et les mathématiques. Il intègre l’École polytechnique à Paris, mais en est expulsé pour insubordination. Cet événement ne freine en rien son ambition de réformer la pensée humaine.

Comte commence à travailler comme secrétaire pour le philosophe Henri de Saint-Simon, dont les idées sur le progrès social et scientifique auront une influence notable sur sa pensée. Cependant, après une rupture intellectuelle avec Saint-Simon, Comte entreprend de développer sa propre philosophie, qu’il appellera le positivisme. Cette philosophie repose sur l’idée que la connaissance humaine doit être fondée sur des faits observables et des lois naturelles, rejetant ainsi toute spéculation métaphysique ou théologique.

Les idées défendues par Auguste Comte

Le positivisme est la pierre angulaire de la pensée d’Auguste Comte. Selon lui, l’humanité passe par trois états de développement intellectuel : l’état théologique, où les phénomènes sont expliqués par des forces surnaturelles ; l’état métaphysique, où les explications se fondent sur des abstractions philosophiques ; et enfin, l’état positif, où la connaissance est basée sur l’observation scientifique et les lois naturelles.

Comte croyait que la société devait être organisée de manière à refléter cette progression vers l’état positif. Il soutenait que les sciences sociales, ou sociologie, qu’il considérait comme la science suprême, devaient guider la politique et les institutions pour assurer le progrès humain. Cette idée de réformer la société par la science a conduit Comte à élaborer un système de “religion de l’humanité”, où la science et l’humanisme remplaçaient les croyances religieuses traditionnelles.

Les principaux ouvrages d’Auguste Comte

1. Cours de philosophie positive (1830-1842)

Résumé : Publié en six volumes, cet ouvrage monumental présente l’évolution des sciences, de la mathématique à la sociologie, en passant par l’astronomie, la physique, la chimie et la biologie. Comte y expose sa loi des trois états et pose les bases du positivisme. Le Cours de philosophie positive est l’œuvre maîtresse de Comte. Il y décrit non seulement le développement des sciences, mais aussi leur rôle dans la régénération de la société. Ce livre a non seulement établi la sociologie comme une discipline scientifique, mais il a également influencé des générations de penseurs et de réformateurs sociaux.

« Savoir pour prévoir, afin de pouvoir. »

2. Système de politique positive (1851-1854)

Résumé : Dans cette œuvre en quatre volumes, Comte développe l’idée que la science doit être appliquée à la gestion des affaires humaines. Il y propose une organisation sociale fondée sur la sociologie et le positivisme, avec une hiérarchie des sciences servant de base à l’ordre social. Le Système de politique positive représente l’ambition de Comte de transformer la société par la science. Il y décrit une société idéale où les savants, ou “prêtres” de la religion de l’humanité, jouent un rôle central dans la gouvernance.

« La science d’organiser l’humanité en société est la plus noble et la plus difficile des sciences. »

3. Discours sur l’esprit positif (1844)

Résumé : Ce court texte est une introduction à la pensée positiviste, où Comte résume les principes du positivisme et explique pourquoi il considère que cette philosophie est la plus avancée de l’humanité. Le Discours sur l’esprit positif est une lecture essentielle pour comprendre les fondements de la pensée comtienne. Il offre une vue d’ensemble des idées principales du positivisme, accessible à ceux qui ne sont pas familiers avec ses œuvres plus complexes.

« L’esprit positif considère chaque phénomène comme assujetti à des lois naturelles, immuables et nécessaires. »

4. Catéchisme positiviste (1852)

Résumé : Dans cet ouvrage, Comte formalise sa religion de l’humanité. Il y décrit un ensemble de rites et de pratiques visant à remplacer les religions traditionnelles par un culte de la science et de l’humanité. Le Catéchisme positiviste est une expression du désir de Comte de créer une nouvelle forme de spiritualité adaptée à l’ère scientifique. Il est souvent critiqué pour son dogmatisme, mais il montre la cohérence de la vision de Comte sur la société.

« L’humanité est l’objet suprême de notre culte, et la science en est la source. »

5. Appel aux conservateurs (1855)

Résumé : Dans cet ouvrage, Comte tente de rallier les conservateurs à sa cause, en leur montrant que le positivisme peut offrir une solution aux problèmes sociaux de l’époque sans renverser l’ordre établi. Cet appel montre la volonté de Comte de faire accepter ses idées par l’ensemble de la société, y compris par ceux qui pouvaient être initialement opposés à ses réformes radicales.

 « Le positivisme n’est pas une révolution, mais une évolution nécessaire de l’ordre social. »

6. Sermons positivistes (1856-1857)

Résumé : Recueil de discours où Comte développe les aspects moraux et religieux de sa philosophie. Il y exhorte les hommes à vivre selon les principes du positivisme et à œuvrer pour le bien de l’humanité. Les Sermons positivistes révèlent la dimension spirituelle de la pensée de Comte, souvent négligée. Ils montrent que, pour Comte, le positivisme n’était pas seulement une méthode scientifique, mais aussi une éthique de vie.

 « La foi en l’humanité est la seule foi qui puisse guider nos actions dans le monde moderne. »

Auguste Comte reste une figure centrale de la philosophie moderne, ayant jeté les bases de la sociologie et influencé profondément la pensée scientifique et sociale. Ses idées sur le positivisme, l’organisation sociale et la science continuent de résonner aujourd’hui. Ses œuvres, bien que parfois complexes, offrent des perspectives essentielles sur la manière dont la science peut être appliquée à la réforme sociale. En repensant la société à travers le prisme du positivisme, Comte a ouvert la voie à une nouvelle ère de réflexion sur la place de l’humanité dans le monde moderne.

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Mexico : la première "ville monde" de l'histoire ? [2/3], avec Serge Gru...

Histoire de la retraite en France (I)

 

par Nicole Castéra.

Le plus ancien des régimes sociaux a été fondé sous Colbert, par l’Édit de Nancy du 22 septembre 1673. Le ministre invente la retraite pour recruter et fidéliser les marins et il crée, l’Établissement National des Invalides de la Marine royale qui prévoit une prise en charge pour les marins qui ne sont plus aptes à naviguer.

En mai 1700, les pensions d’invalidité sont étendues aux marins du commerce, et quelques années plus tard aux marins de la pêche. En 1768, une caisse de retraite voit le jour pour les agents chargés des prélèvements de l’impôt, les anciens Fermiers généraux. Dans le contexte de la Révolution, se crée en 1790 le premier régime de retraite pour les fonctionnaires de l’État. En 1791, peu après l’abolition de la noblesse, le droit fondamental à l’assistance est proclamé, au moins comme principe.

Le financement de ces caisses vient de l’épargne individuelle, considérée comme source principale de la protection sociale. Pourtant, l’épargne issue de la prévoyance collective est déjà recherchée.

La déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen du 24 juin 1793 exprime l’idée d’un fondement d’aide à la population : « Les secours publics sont une dette sacrée, la société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler ».

Le XIXe siècle est marqué par le développement industriel et financier du pays. Parallèlement, le maintien de la loi Le Chapelier, qui a interdit les organisations ouvrières, notamment les corporations des métiers, mais également les rassemblements paysans et ouvriers ainsi que le compagnonnage, empêche le monde du travail de s’organiser et engendre une dégradation de l’état sanitaire de la population et de son espérance de vie. Dans ce contexte de difficultés, le mouvement ouvrier tente de s’organiser, de lutter et d’imposer des droits sociaux.

Sans en référer à quiconque, les travailleurs français mettent en place, dès 1804, les premières sociétés de secours mutuel, héritières des corporations de l’Ancien Régime. Elles sont reconnues par les pouvoirs publics en 1 835, mais sont pauvrement dotées et demeurent marginales : en 1890, seuls 3,5 % des vieux ouvriers jouissent d’une pension.

Jusqu’en 1884, date de la reconnaissance du droit à l’organisation syndicale des travailleurs, le mouvement Mutualiste va constituer le creuset de l’action revendicative. Parallèlement des systèmes d’épargne, de prévoyance, de retraite, se mettent en place au niveau des entreprises.

Beaucoup de questions se font jour, comme celle d’une cotisation obligatoire ou volontaire. Telle est l’une des questions soulevées durant la seconde moitié du XIXe siècle et les premières années du XXe siècle. À l’exception de quelques tentatives corporatives réussies, comme pour les employés d’État (1853), les mineurs (1894) ou les cheminots (1909), les tentatives d’établir un système général et obligatoire de cotisation pour la retraite se heurtent toutes à la pensée libérale qui préfère le libre choix. Ainsi, entre 1879 et 1901, sont déposés devant le Parlement une trentaine de projets et de propositions de loi sur le sujet. Tous sans succès. À l’inverse, le Parlement acte en 1850, la création de la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse (CNRV), destinée à recueillir les cotisations volontaires de salariés, pour les capitaliser sous la forme d’emprunt d’État. Toutefois, la faiblesse des salaires est telle que, seulement 350 000 personnes cotisent à la veille de la Première Guerre mondiale, sur un total d’environ vingt millions d’actifs. Le constat est le même pour les caisses de retraite proposées par la Mutualité après 1852, puisque sur près de deux millions de sociétaires à la fin du XIXe siècle, seuls 36 000 cotisent pour leur vieillesse.

En dehors du secteur public, le développement de l’assurance vieillesse sera beaucoup plus lent. Dans l’industrie, tant en France qu’à l’étranger, un certain nombre d’industriels, dits « paternalistes ou utopistes », mettent en place des systèmes de protection sociale afin de recruter et de fidéliser les meilleurs employés. En France, on peut citer les pneumatiques Michelin, le chocolat Meunier, la fonderie Godin.

En1895, au Congrès de Limoges les différentes organisations syndicales fédérées se regroupent et constituent La Confédération générale du travail (CGT). Lors de ce congrès, les 3 revendications de base sont :

• La journée de huit heures.
• L’augmentation des salaires.
• la retraite à 60 ans.

En 1902, le premier Congrès de la Fédération Nationale des Moyens de Transports (CGT) consacre une partie de ses travaux au problème de la retraite, prenant très clairement position pour le système par répartition.

À partir de là, la notion d’un droit à la retraite se développe dans le monde du travail.

Au tournant de XXe siècle, le débat est virulent et les premiers syndicalistes s’interrogent. Qui doit organiser les caisses de retraite, l’État ou les syndicats ? À quel âge le départ en retraite doit-il être fixé ? Comment doivent-elles être financées : par une cotisation ouvrière, une cotisation patronale, ou une cotisation mixte ? Retraite par capitalisation ou par répartition ? En revanche, tous sont d’accord sur le fait que la retraite doit être un droit pour tous les travailleurs et une obligation pour la société. En 1901, la proposition du député Pierre-Paul Guieyesse est en discussion à l’Assemblée nationale. Elle prévoit une retraite par capitalisation, à 65 ans, après trente années de cotisations mixtes (patronale et ouvrière) et une liquidation anticipée, en cas d’invalidité. Parmi les arguments avancés par la CGT contre ce texte, il y a la critique de la cotisation mixte qui ampute des salaires déjà insuffisants pour vivre. À la place, il est suggéré de supprimer le budget des cultes (nous sommes avant la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État), de créer un impôt sur les grandes fortunes, les propriétés et les opérations boursières ou encore de diminuer le budget militaire. Le mode de redistribution est également critiqué. Au système par capitalisation, où chacun constitue un capital qui produira une rente, la CGT défend la répartition, un système solidaire où l’ensemble des cotisations est immédiatement redistribué aux bénéficiaires. Son argument est que la capitalisation est une source énorme de financement pour l’État, dans la mesure où un ouvrier, qui commence à travailler à 13 ans, amassera de l’argent qui fructifiera à ses dépens pendant plus d’un demi-siècle !

Le 5 avril 1910, la loi sur les Retraites Ouvrières et Paysannes (ROP) est la première tentative d’un régime obligatoire. Ce régime fonctionne par capitalisation : les cotisations sont placées à la Bourse et leurs dividendes redistribués sous forme de pensions. Confiant dans le rendement futur des actions des entreprises françaises – on est en 1910, à l’avant-veille de la Grande Guerre ! – le gouvernement fait le pari d’assurer aux cotisants une pension stable, égale à 40 % de leur ancien revenu et à 65 ans.

Dès son adoption, ce texte qui propose la retraite à 65 ans pour 30 années de cotisations, se heurte à une forte opposition de la CGT qui considère le montant insuffisant et l’âge d’attribution trop tardif. La CGT parle de la « retraite pour les morts ». Il faut dire qu’en 1910, l’espérance de vie en France ne dépasse pas 48 ans. La CGT réclame la retraite à 55 ans, voire 50 ans pour les travaux pénibles, une retraite à taux plein en cas d’invalidité, le bénéfice du régime des retraites pour les étrangers travaillant en France et la création d’une pension de réversion pour les femmes.

La loi de 1910 sur les retraites ouvrières et paysannes fut loin d’être un succès. Le monde paysan qui représente la majorité de la population, reste très méfiant à l’égard de cette nouvelle loi. Cette situation conduira plus tard le législateur à créer une structure sociale propre pour le monde agricole.

Histoire de la retraite en France (II)

Nicole Castéra, Bureau départemental de l’Institut Départemental d’Histoire Social, CGT Gers

source : https://www.legrandsoir.info

https://reseauinternational.net/histoire-de-la-retraite-en-france-i/

mardi 24 septembre 2024

Vive l’Allemagne secrète !

 

Von Stauffenberg

Lorsque le comte Claus von Stauffenberg est fusillé le 21 juillet 1944 à Berlin, après avoir placé, le jour précédent, une bombe au quartier général d’Adolf Hitler à Rastenbourg en Prusse-Orientale, il crie, en référence à son mentor le poète symboliste rhénan Stefan George, « Vive l’Allemagne secrète ! »1 Celle-ci est un mythe plongeant ses racines dans le monde impérial des Hohenstaufen de Frédéric Ier Barberousse et de Frédéric II et introduit dans la poésie, sous une forme codée, dans les hymnes de Friedrich Hölderlin2 et dans les écrits de Friedrich Schiller, de Heinrich Heine, de Paul de Lagarde, de Julius Langbehn, ainsi que dans la légende de Frédéric Ier Barberousse endormi dans un château souterrain au fond du massif de moyenne montagne du Kyffhäuser.3

Karl Wolfskehl, membre du cercle constitué autour du poète Stefan George, utilise, dans un texte paru dans le Jahrbuch für die geistige Bewegung de 19104 et intitulé « Die Blätter für die Kunst und die neueste Literatur » (Les Feuilles pour l’art et la littérature la plus récente), le terme « Allemagne secrète ».

Stefan George et les trois frères Stauffenberg – les jumeaux Alexander et Berthold, ainsi que Claus – font connaissance à Marbourg au printemps 1923.

Ernst Kantorowicz, autre membre du cercle Stefan George et futur auteur de l’ouvrage Les Deux Corps du roi, se rend à Rome, durant le printemps 1924, avec des amis historiens et les jumeaux Alexander et Berthold von Stauffenberg. Certains d’entre eux voyagent en mai 1924, durant la semaine de Pâques, vers Naples, Paestum et poursuivent vers Ségeste et Palerme en Sicile. Parmi eux figurent plusieurs membres du Cercle Stefan George, dont Ernst Kantorowicz et Berthold von Stauffenberg. Ils déposent, alors que les autorités italiennes fêtent les 700 ans de la fondation de l’université par Frédéric II de Hohenstaufen, sur le sarcophage de ce dernier, une couronne portant la mention « À son empereur et héros, l’Allemagne secrète. »

À l’automne 1924, Claus von Stauffenberg écrit à Stefan George afin de lui faire part du fait que l’œuvre de ce dernier l’a secoué et réveillé et qu’il est prêt à l’action au service de « L’Allemagne secrète ».

« Geheimes Deutschland » (L’Allemagne secrète) est le titre d’un poème de Stefan George écrit au début de la décennie 1920 et paru5 dans le recueil de poèmes Das neue Reich (Le nouveau règne ou Le nouvel Empire) en 1928.

L’Allemagne secrète, à partir de laquelle le « Nouveau Reich » doit se développer,  est le cercle, ayant surgi organiquement, de personnes rassemblées autour de Stefan George. L’Allemagne de Stefan George, sensée représenter la vraie Allemagne, est vitale, forte et pure. Elle est une Allemagne parallèle à celle de la société de l’époque, la fausse Allemagne de l’individualisme de la société bourgeoise de la république de Weimar, et doit, à terme, la remplacer. La question est de savoir comment se débarrasser de la seconde. Les idées de Stefan George sont élitistes, hiérarchiques, anti-démocratiques et antirationalistes.

Le nouveau régime

Après l’arrivée d’Adolf Hitler au poste de chancelier, le 30 janvier 1933, le clivage au sein du cercle des adeptes de Stefan George s’accentue. Le comte Woldemar von Uxkull-Gyllenband6, professeur d’histoire à Tübingen, compte parmi ceux qui voient dans le IIIe Reich la réalisation du « nouveau Reich » prophétisé par le maître et donne, le 12 juillet 1933, pour le 65è anniversaire de ce dernier, une conférence dans laquelle il le présente en tant que prédécesseur intellectuel de la révolution nationale-socialiste.

Lorsqu’Ernst Kantorowicz reçoit, à l’instar de Stefan George, le texte de cette conférence, il est horrifié par celui-ci car, à cette époque, des mesures politiques prises par les nouveaux dirigeants de l’Allemagne visent les juifs, alors qu’il en est un. En conséquence, il décide de s’opposer publiquement à la tentative de récupération des idées de Stefan George par le nouveau régime.7 Ernst Kantorowicz tient un discours8, véritable acte de résistance, le 14 novembre 1933, à l’occasion du départ de sa chaire universitaire de Francfort-sur-le-Main, intitulé l’« Allemagne secrète » et au sein duquel il affirme l’incompatibilité entre le Reich d’Adolf Hitler et celui de Stefan George. Ernst Kantorowicz prétend que Karl Wolfskehl a transformé, dans son texte paru dans le Jahrbuch für die geistige Bewegung de 1910, le sens du terme « Allemagne secrète » qui avait été façonné par Paul de Lagarde et repris par Julius Langbehn qui lui a donné l’acceptation dont Rembrandt, Ludwig van Beethoven et Johann Wolfgang von Goethe parlent en tant que « Le vrai empereur de l’Allemagne secrète ». Selon Kantorowicz, Wolfskehl se réfère, dans cette expression, « à des individus, porteurs de certaines forces allemandes encore endormies dans lesquelles l’être futur le plus sublime de la nation est préfiguré ou déjà incarné. » Il voit dans « l’Allemagne secrète » « les récipiendaires d’une force immuable, éternellement la même, qui reste secrète comme un courant sous-jacent sous l’Allemagne visible et qui ne peut être saisie qu’à travers des images ». Cette « Allemagne secrète », réveillée par la nouvelle poésie, n’existe que dans l’environnement de Stefan George et ne doit jamais être identifiée à un régime politique existant car elle relève du domaine spirituel, du choix, de l’âme et de l’esprit et pas de la naissance, ni du sang et n’a ni un caractère national, ni un caractère racial : « L’Allemagne secrète est toujours proche, voire présente, comme un jugement dernier et une révolte des morts. […] Un règne à la fois de ce monde et pas de ce monde, un règne qui est là et pas là, un règne à la fois des vivants et des morts, qui se transforme et est cependant éternel et immortel. » Il la définit en tant que « communauté secrète des poètes et des sages, des héros et des saints, des sacrifiants et des sacrifiés, que l’Allemagne a engendrés et qui se sont offerts à l’Allemagne. »9

Au printemps 1933, Stefan George rejette la demande du ministre de la Propagande du IIIReich Joseph Goebbels lui proposant la présidence d’une nouvelle Académie allemande de poésie purgée d’écrivains considérés par le nouveau régime comme indésirables, tout en saluant le fait que celle-ci soit « sous un signe national », en ne niant absolument pas être l’ancêtre du nouveau mouvement national, en ne mettant pas de côté sa collaboration spirituelle, en précisant que les lois des domaines spirituel et politique sont très différentes et que leur rencontre constitue un processus extrêmement compliqué.10

Stefan George part s’installer en Suisse, dans le Tessin, où il passe depuis plusieurs années l’hiver. Les frères Stauffenberg l’accompagnent en cours de route. Ces derniers réagissent différemment à l’avènement du IIIe Reich : Berthold et Alexander de manière réservée, Claus, qui aurait pris part à des manifestations publiques en faveur d’Adolf Hitler, avec approbation.

Alors que son disciple Karl Wolfskehl, juif, attendait, en l’implorant par des lettres, de lui une prise de position par rapport au national-socialisme et un soutien envers les juifs, ou, au moins envers ceux membres de son cercle, Stefan George se tait. Klaus Mann écrit : « Nous espérons que le fait qu’il se taise signifie un rejet. » et « Hitler et Stefan George, ce sont deux mondes qui ne pourront jamais couler un vers l’autre. Ce sont deux sortes d’Allemagne. »11 Pour Stefan George, les mesures prises contre les juifs par le IIIe Reich apparaissent probablement secondaires par rapport au destin futur de l’Allemagne, ce pays devant, selon lui, affronter de graves difficultés au cours des décennies à venir.

La mort du maître

Alors que Stefan George est mourant, les trois frères Stauffenberg sont autorisés à lui rendre visite. Ernst Kantorowicz en est, cependant, dissuadé, par l’entourage du poète qui compte en son sein Robert Boehringer, l’exécuteur testamentaire de Stefan George, afin d’éviter de froisser les autorités nationales-socialistes allemandes par la présence d’une personne juive et de ne pas, ainsi, troubler la réception en Allemagne de l’œuvre.12

Stefan George meurt à l’hôpital de Locarno, le 4 décembre 1933, après avoir eu la prudence de ne pas se prononcer de manière décisive sur le nouveau régime, dont il n’a pu voir que les premières articulations.13

Lors de la cérémonie funèbre de Stefan George, qui se déroule en petit cercle, un fossé apparaît entre les personnes favorables et opposées au national-socialisme. L’envoi par le gouvernement allemand d’une couronne de lauriers avec un ruban portant une croix gammée entraîne une dispute entre ceux qui désirent cacher ou enlever cette dernière et ceux qui veulent la laisser apparaître. Parmi les participants figurent Hanna et Karl Wolfskehl, ainsi que les trois frères Stauffenberg et Ernst Kantorowicz.

Robert Boehringer est désigné par Stefan George, peu avant le décès de ce dernier, en tant que légataire universel. Boehringer vivant en Suisse, cela complique les actions en Allemagne et Claus von Stauffenberg devient héritier de remplacement de Stefan George.

Durant l’été 1934, Claus von Stauffenberg prête serment, comme ses camarades de régiment,  au Führer de l’Empire et du peuple allemand et le reconnaît en tant que dirigeant de l’armée.

Claus von Stauffenberg négocie, à la fin des années 1930, avec le Conseil municipal de Bingen am Rhein, l’aménagement de la maison familiale de Stefan George en tant que monument.

Chaque année, les frères Stauffenberg et Robert Boehringer se réunissent à Minusio à l’occasion de l’anniversaire de la mort du maître.

Les conséquences de l’attentat

Claus von Stauffenberg, après avoir placé une bombe au quartier général d’Adolf Hitler, le 20 juillet 1944, à Rastenburg, en Prusse orientale, est fusillé le lendemain à Berlin. Il crie, selon les témoins, « Es lebe das geheime Deutschland! (Vive l’Allemagne secrète !) ou « Es lebe unser heiliges Deutschland! » (Vive notre sainte Allemagne !). La salve terrible retentit lorsqu’il prononce la fin de la phrase.

Dans son livre14 sur Stefan George, l’historien suisse Edgar Salin rapporte les propos tenus oralement par son ancienne élève la comtesse Marion Dönhoff : le cercle des résistants de 1943-1944, auquel elle avait été liée, avait désigné, sous l’influence du comte Claus von Stauffenberg, leur mouvement en tant qu’« Allemagne secrète » (Geheimes Deutschland ou Heimliches Deutschland).

Le 10 août, Berthold von Stauffenberg, frère et proche confident de Claus, est condamné à mort pour avoir pris part au complot, lié à l’attentat, en vue de tenter de renverser le régime national-socialiste. Il est exécuté, le jour même, par pendaison.

Le troisième frère Stauffenberg, Alexander, le jumeau de Berthold, est emprisonné en raison de son lien de parenté avec les deux autres, ainsi que la famille Stauffenberg, y compris les enfants et les parents proches.

Le siège familial des Stauffenberg à Lautlingen dans le Souabe est passé au crible, de fond en comble, par la Gestapo qui y trouve de nombreux documents liés au poète Stefan George, parmi lesquels figure le testament qui désigne Robert Boehringer à Genève en tant qu’héritier principal, ainsi que Berthold comme héritier secondaire.

La conjointe d’Alexander, Melitta Schiller, issue d’une famille judéo-russe d’Odessa, pilote d’essai dans l’industrie, ne doit plus utiliser le nom de famille Stauffenberg, mais est contrainte de s’appeler Schenk. Elle est touchée, lors d’un vol, par la chasse britannique et arrive à réaliser un atterrissage d’urgence. Elle décède, quelques heures plus tard, des suites de ses blessures, le 8 avril 1945. À l’issue de la guerre, Alexander n’a plus de logement car son appartement de Wurtzbourg a été détruit par les bombes et il a perdu son emploi de professeur d’université à Strasbourg. En 1948, les éditions Delfin publient un opuscule de 15 pages comportant de la poésie écrite en 1943 par Alexander Stauffenberg à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Stefan George. 

© Photo : Gedenkstätte Deutscher Widerstand, Berlin – La famille Von Stauffenberg en 1925 de gauche à droite : le père Alfred (décédé en 1936), Berthold (exécuté en 1944), Claus (exécuté en 1944) et Alexander (décédé en 1964).

1 – Il a crié soit „Es lebe das Geheime Deutschland!“ (Vive l’Allemagne secrète !), soit „Es lebe das heilige Deutschland!“ (Vive la sainte Allemagne !).

2 – Jürgen W., Gansel, « Stefan George. Governor of the Secret Germany. », in : Conservative revolution. Responses to liberalism and modernity. Volume Five, Edited by Troy Southgate / Black front press, s.l., 2022, p. 107 à 112, ici p. 110.

3 – Olena Semenyaka, « Friedrich Nietzsche as the ‘’founder’’ of Conservative revolution. », in : Conservative revolution. Responses to liberalism and modernity. Volume Five, Edited by Troy Southgate / Black front press, s.l., 2022, p. 7 à 33, ici p. 24.

4 – p. 1 à 18

5 – p. 59 à 65

6 – Woldemar von Uxkull-Gyllenband se distancie ensuite rapidement du nouveau régime.

7 – Achim Aurnhammer, Wolfgang Braungart, Stefan Breuer und Ute Oelmann (Hrsg.), Stefan George und sein Kreis. Ein Handbuch, 2. Auflage, in Zusammenarbeit mit Kai Kauffmann. Redaktion: Birgit Wägenbaur, De Gruyter, Berlin/Boston, 2016, p.84-85.

8 – Ernst Kantorowicz, „Das Geheime Deutschland. Vorlesung, gehalten bei Wiederaufnahme der Lehrtätigkeit am 14. November 1933. Edition von Eckhart Grünewald“, in: Robert L. Benson, Johannes Fried (Hgg.), Ernst Kantorowicz. Erträge der Doppeltagung, Institute for Advanced Study (Princeton) / Johann Wolfgang Goethe-Universität (Frankfurt), Franz Steiner Verlag, Stuttgart, 1997, p. 77 à 93.

9 – Ibid., ici p. 80.

10 – Robert E Norton, Secret Germany. Stefan George and his circle, Cornell University Press, Ithaca & London, 2002, p. 728-729.

11 – Klaus Mann, in : Die Sammlung. Literarische Monatsschrift unter dem Patronat von André Gide, Aldous Huxley, Heinrich Mann, hrsg. von Klaus Mann, Reprint en 2 vol., Rogner und Bernhard bei Zweitausendeins, München, 1986, S. 98ff.

12 – Benjamin Demeslay, Stefan George et son cercle. De la poésie à la Révolution conservatrice, collection Longue Mémoire de l’Institut Iliade, La nouvelle librairie, Paris, 2022, p. 3-4.

13 – Introduction à Stefan George, Poésies complètes. Traduction et édition de Ludwig Lehnen. Nouvelle version, HD Éditions, Villiers St-Josse, 2023, p. 12.

14 – Edgar Salin, Um Stefan George. Erinnerungen und Zeugnisse, Helmut Küpper vormals Georg Bondi, München / Düsseldorf, 1954.

Bibliographie :

Aurnhammer Achim, Braungart Wolfgang, Breuerb Stefan, Oelmann Ute (Hrsg.), in Zusammenarbeit mit Kai Kauffmann. Redaktion: Birgit Wägenbaur, Stefan George und sein Kreis. Ein Handbuch, 2. Auflage, De Gruyter, Berlin/Boston, 2016.

Aurnhammer Achim, Stefan George in der deutschsprachigen Literatur des 20. Jahrhunderts. Aneignung – Umdeutung – Ablehnung, De Gruyter, Berlin/Boston, 2022.

Demeslay Benjamin, Stefan George et son cercle. De la poésie à la Révolution conservatrice, collection Longue Mémoire de l’Institut Iliade, La nouvelle librairie, Paris, 2022.

Egyptien Jürgen, Stefan George. Dichter und Prophet. Biographie, Theiss, Darmstadt, 2018.

Gansel Jürgen W., « Stefan George. Governor of the Secret Germany. », in : Conservative revolution. Responses to liberalism and modernity. Volume Five, Edited by Troy Southgate / Black front press, s.l., 2022, p. 107 à 112.

George Stefan, Poésies complètes. Traduction et édition de Ludwig Lehnen. Nouvelle version, HD Éditions, Villiers St-Josse, 2023.

Kantorowicz Ernst, „Das Geheime Deutschland. Vorlesung, gehalten bei Wiederaufnahme der Lehrtätigkeit am 14. November 1933. Edition von Eckhart Grünewald“, in: Robert L. Benson, Johannes Fried (Hgg.), Ernst Kantorowicz. Erträge der Doppeltagung, Institute for Advanced Study (Princeton) / Johann Wolfgang Goethe-Universität (Frankfurt), Franz Steiner Verlag, Stuttgart, 1997, p. 77 à 93.

Mann Klaus (Hrsg.), Die Sammlung. Literarische Monatsschrift unter dem Patronat von André Gide, Aldous Huxley, Heinrich Mann, reprint en 2 vol., Rogner und Bernhard bei Zweitausendeins, München, 1986.

Norton Robert E, Secret Germany. Stefan George and his circle, Cornell University Press, Ithaca & London, 2002.

Raulff Ulrich, „Apollo unter den Deutschen. Ernst Kantorowicz und das ,Geheime Deutschland‘“, in: „Verkannte brüder“? Stefan George und das deutsch-jüdische Bürgertum zwischen Jahrhundertwende und Emigration, (Hrsg.) Gert Mattenklott / Michael Philipp / Julius H. Schoeps. Haskala. Wissenschaftliche Abhandlungen. Herausgeben vom Moses Mendelssohn-Zentrum für europäisch-jüdische Studien. Band 22, Georg Olms Verlag, Hildesheim-Zurich-New York, 2001, p. 179 à 197.

Riedel Manfred, Geheimes Deutschland. Stefan George und die Brüder Stauffenberg, Kulurverlag Kadmos, Berlin, 2014.

Salin Edgar, Um Stefan George. Erinnerungen und Zeugnisse, Helmut Küpper vormals Georg Bondi, München / Düsseldorf, 1954.

Semenyaka Olena, « Friedrich Nietzsche as the ‘’founder’’ of Conservative revolution. », in : Conservative revolution. Responses to liberalism and modernity. Volume Five, Edited by Troy Southgate / Black front press, s.l., 2022, p. 7 à 33.

Travers Guillaume, Ernst Kantorowicz‎‎, col. Qui suis-je ?, Pardès, 2023.

Voswinckel Ulrike, Freie Liebe und Anarchie: Schwabing – Monte Verità. Entwürfe gegen das etablierte Leben, Allitera Verlag, Munich, 2009.

Institution consultée :

Bibliothèque de l’université d’Aix-la-Chapelle (RWTH Aachen university)

https://www.revue-elements.com/vive-lallemagne-secrete/

La Russie prend position contre le « pacte pour l’avenir »

 L'Assemblée générale des Nations Unies a voté à la quasi-unanimité en faveur du Pacte pour l'avenir, qui contient les plans de l'humanité pour résoudre les problèmes climatiques, mettre fin aux guerres et lutter contre les inégalités.

Un pacte merveilleux. Mais la Russie ne l'a pas soutenu. Aux côtés de la Biélorussie, de l'Iran, de la RPDC, de la Syrie et du Soudan.

La Russie a exigé que le Pacte pour l'avenir de l'ONU ne viole pas la souveraineté des pays. Pour éviter que cela ne se passe ainsi : le secrétaire général de l'ONU dit à un pays que le comité d'organisation du Pacte pour l'avenir est très mécontent de la manière dont le gouvernement du pays lutte contre le réchauffement climatique, il a donc été décidé que désormais ce pays serait représenté dans toutes les organisations internationales non pas par des représentants du gouvernement, mais par des commissaires spéciaux nommés par les États-Unis et l'UE à la demande du secrétaire général de l'ONU.  

Et s'ils s'y opposent, ils seront bombardés – pour trop d'émissions de dioxyde de carbone.

En outre, la Russie n'apprécie pas du tout que ce Pacte d'avenir soit élaboré sous le contrôle total de l'Occident. 

Donner également l'avenir à l'Occident ? La Russie n'en veut absolument pas cela.

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Déception et pommes de discorde 

« De l’eau tiède », « le plus petit dénominateur commun », « décevant », ont déploré auprès de l’AFP des responsables présents. « Idéalement, on aurait espéré de nouvelles idées, des idées 2.0 », a insisté l’un des diplomates en pointant du doigt la difficulté à trouver un consensus ambitieux. Parmi les pommes de discorde des négociations, la lutte contre le réchauffement climatique, alors que la mention du terme « transition » pour sortir des énergies fossiles avait disparu pendant plusieurs semaines du projet d’accord avant d’y réapparaître. Autre dossier brûlant, l’exigence des pays en développement de réformer les institutions financières internationales, en militant notamment pour un accès facilité à des financements préférentiels pour faire face notamment aux impacts du changement climatique.

« Un avenir meilleur est à portée de main », a néanmoins déclaré le président de l’Assemblée générale Philémon Yang. « Nous avons ouvert la porte, il nous incombe désormais à toutes et à tous de la franchir, car il ne s’agit pas seulement de s’entendre, mais aussi d’agir. Aujourd’hui je vous mets au défi de passer à l’action », a pour sa part sommé Antonio Guterres après l’adoption du texte. Conçu dans le sillage de l'arnaque Covid-19, le secrétaire général de l’ONU avait lancé l’idée du « Sommet de l’avenir » en 2021, facilité par l’Allemagne et la Namibie, dans l’objectif de revigorer la collaboration multilatérale qui a échoué pendant la fausse pandémie et les crises qui ont suivi. Censé présenter une « occasion unique » de modifier le cours de l’histoire de l’humanité, le pacte qui a découlé du sommet des 22 et 23 septembre n’est pas contraignant.

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