lundi 9 septembre 2024

La dernière grande offensive soviétique contre les troupes nazies

  


par Boris Egorov

Après la prise de Berlin, l’Armée rouge s’est concentrée sur la libération de la Tchécoslovaquie, où les Allemands avaient concentré près d’un million d’hommes.

Le 2 mai 1945 au matin, le commandant de Berlin, le général Helmuth Weidling, a ordonné à ce qui restait de la garnison de la ville de déposer les armes et de se rendre à l’Armée rouge. La bataille sanglante pour la capitale du Troisième Reich se terminait par la victoire de l’Union soviétique. Toutefois, la prise de l’« antre de la bête fasciste » ne signifiait pas la fin immédiate de la guerre.

Siégeant dans la ville de Flensburg (à la frontière avec le Danemark), le nouveau gouvernement allemand, dirigé par le grand-amiral Karl Donitz, disposait encore d’importants contingents militaires en Tchécoslovaquie et en Autriche. Les nazis espéraient soit négocier avec les pays occidentaux pour constituer un front uni avec ces derniers contre les Russes, soit leur céder ces régions avant l’approche de l’Armée rouge.

Stationné dans le centre et l’ouest de la Tchéquie, le groupe d’armées Centre sous le commandement du maréchal Ferdinand Schörner comptait environ 900 000 hommes. Il faisait face à trois fronts soviétiques : le 1er Front ukrainien du maréchal Ivan Konev, le 2e Front ukrainien dirigé par le maréchal Rodion Malinovski et le 4e Front ukrainien sous le commandement du général Andreï Eremenko, qui comprenaient des formations militaires alliées polonaises, roumaines et tchécoslovaques, totalisant jusqu’à deux millions de soldats.

Prague, en tant que plus grand centre de transports de la région, a été choisie comme objectif de la dernière opération à grande échelle de l’Armée rouge en Europe. Konev, qui était le plus proche de la capitale tchèque, était censé y pénétrer depuis le nord à travers Dresde, Malinovski et Eremenko depuis le sud et l’est. Les troupes ont été chargées d’encercler, de diviser et d’écraser le groupement ennemi, en l’empêchant de se retirer vers l’ouest pour se rendre aux Américains.

Le début de l’opération était fixé au 7 mai, mais le 5, un soulèvement a éclaté à Prague. Le Conseil national tchèque, qui le dirigeait, a contacté par radio les Soviétiques pour leur demander de leur venir en aide dès que possible. En conséquence, l’offensive a débuté un jour plus tôt.

« Des volées de mortiers tonitruants – les Katioucha – ont brisé le silence tendu qui régnait sur la ligne de front. Les systèmes d’artillerie de tous calibres leur ont répondu dans une amicale cacophonie », s’est rappelé le commandant de la 5e armée de la garde, le général Alexeï Jadov, au sujet de la soirée du 6 mai. « La tornade de feu ne s’est pas apaisée avant la fin de la préparation d’artillerie, qui augmentait en puissance et en force destructrice. Pénétrant lentement dans les profondeurs des défenses ennemies, elle balayait tout sur son passage : personnel militaire et équipements ennemis, matériel de combat, abris, matériel de communication, postes de commandement et d’observation. Après cela, les chars et l’infanterie ont résolument attaqué l’ennemi sur toute la longueur du front ». 

Les troupes du 1er Front ukrainien ont été les premières à passer à l’offensive, avançant durant la première nuit de 10-12 km dans les défenses ennemies. « Dans des conditions normales, nous aurions été complètement satisfaits », a écrit le maréchal Konev dans ses mémoires. « Mais compte tenu de la situation à Prague, où chaque heure comptait, j’ai exigé […] un rythme plus élevé. L’infanterie devait parcourir 40 à 45 kilomètres le lendemain et 50-60 km pour les chars. Ils ont reçu l’ordre d’avancer jour et nuit, quels que soient la fatigue ou les obstacles ». 

L’ennemi a tenté de résister à l’avancée de l’Armée rouge. Il a contre-attaqué, miné la zone, fait sauter des ponts et jeté des chars et des camions hors service au milieu des routes. Néanmoins, les troupes soviétiques ont réussi à percer les défenses ennemies sur toute la longueur du front, à traverser les monts Métallifères, à prendre Dresde et à atteindre la périphérie lointaine de Prague.

Après la signature, le 7 mai à Reims, de l’acte de capitulation sans condition de l’Allemagne, le groupe ennemi n’a pas déposé les armes, mais a tenté de se frayer un chemin vers l’ouest. « Les intentions de Schörner étaient de nous combattre tant que ce serait possible, et à un moment critique de fuir et de capituler auprès de ceux contre lesquels il n’avait pas combattu », a noté Konev. 

Et si le maréchal Schörner a effectivement réussi à atteindre les Américains (qui fin mai le livreront à l’URSS), ses troupes, dans l’ensemble, n’y sont pas parvenues. Le 9 mai à 4 heures du matin, après une marche rapide de 80 kilomètres, le 10e corps de chars de la 4e armée de chars de la garde du 1er Front ukrainien a été le premier à pénétrer dans Prague. Peu après, les forces des autres fronts ont avancé sur la ville. Avec la prise de la capitale, les voies de retraite vers l’ouest ont été coupées pour les Allemands.

« Les Tchèques nous ont réservé un accueil magnifique, se souvient le membre d’équipage de char Vassili Moskalenko. Les petits garçons couraient vers les chars, comme sur commande, avec des seaux d’eau froide. Pour nous, après la marche, cette eau était comme du miel. Ils s’approchaient de chaque char et en offraient. À cette époque, il y avait déjà des lilas et on en distribuait par poignées à chaque membre d’équipage de char. Des gens de tous âges criaient de joie et nous prenaient les mains. Ils nous embrassaient et nous étreignaient ». 

Le 8 mai (9 mai, heure de Moscou), dans la banlieue berlinoise de Karlshorst, l’acte de reddition de l’Allemagne a été de nouveau signé, mettant fin à la guerre en Europe. Cependant, les combats continuaient. L’Armée rouge pourchassait des groupes ennemis disparates qui tentaient de percer vers les alliés occidentaux.

Les 10 et 11 mai, des unités des 1er et 2e Fronts ukrainiens entrent en contact avec des unités américaines dans les environs des villes de Chemnitz, Plzen et Karlovy Vary. Ils ont même eu la possibilité de se battre côte à côte contre les Allemands. Près du village de Slivice, les troupes soviétiques, avec le soutien d’artillerie de la 3e armée américaine, ont vaincu le groupement du SS-Gruppenführer Karl Friedrich von Pückler-Burghauss, encerclé par des partisans tchécoslovaques.

Au cours de l’offensive de Prague, l’Armée rouge a vaincu le dernier grand groupement allemand, capturant plus de 850 000 militaires, dont 60 généraux. Les pertes de l’ennemi se sont élevées à plusieurs dizaines de milliers de morts, et à 11 000 du côté des Soviétiques.

Dans ses mémoires intitulées Quarante-cinquième, le maréchal Ivan Konev a écrit : « Lorsque je visite le cimetière d’Olsany à Prague, où reposent nos soldats et officiers morts pendant l’opération de Prague, je lis avec un sentiment de tristesse sur les pierres tombales décorées de fleurs la date « 9 mai ». En fait, la guerre était déjà terminée, et ces gens sont tombés ici, à la périphérie de Prague, alors que tout notre pays célébrait déjà la victoire ; ils sont morts dans les dernières batailles contre l’ennemi, achevant sans crainte le travail qu’ils avaient entamé ».

source : Russia Beyond

https://reseauinternational.net/la-derniere-grande-offensive-sovietique-contre-les-troupes-nazies/

Maurras universaliste personnaliste

 

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Par Gérard Leclerc

Voici la cinquième et dernière partie de l’entretien de Gérard Leclerc réalisé par l’abbé de Tanoüarn sur Radio Courtoisie, au sujet de la publication de son ouvrage Une autre Action française ? aux incontournables Éditions de flore.

Dans la quatrième partie, Gérard nous a dévoilé le Maurras humaniste et universaliste. Dans la troisième nous avons découvert Pierre Boutang, son héritier spirituel et dans la deuxième un maître trop peu connu de l’Action française après la mort de Maurras : Pierre Debray. Aujourd’hui Gérard aborde le Maurras personnaliste.

*****

ABBÉ DE TANOÜARN – Un universalisme qui donne à l’homme une nouvelle identité…

GÉRARD LECLERC – Oui, tout à fait. Il y a un universalisme de Maurras. Contrairement à ce qu’on croit souvent, Maurras n’est pas enfermé dans un nationalisme philosophique ou métaphysique. Le texte le plus important de Maurras à ce sujet, c’est sa préface à Mes idées politiques, où il donne une définition de la personne. D’une certaine façon, Maurras est personnaliste.

Il y a quelque chose sur la définition de la personne dans Mes idées politiques ?

Oui, dans le 2e chapitre de la célèbre préface sur la « politique naturelle » – chapitre intitulé « Liberté + nécessité » –, il donne une définition philosophique de la personne, qu’il fait remonter à l’Antiquité : « Nos Anciens », écrit-il,« ne doutaient pas que la personnalité fût également présente dans l’esclave et dans le maître. Le petit serviteur platonicien portait en lui, comme Socrate, toute la géométrie… Toute l’activité rationnelle et morale des hommes [se] trouve soumise à une même législation ». Il faut, bien sûr, lire tout le développement que Maurras donne à cette idée. Mais, d’une certaine façon, cette définition va à l’encontre de Joseph de Maistre affirmant qu’il n’avait jamais rencontré « l’Homme », avec un grand H, mais des hommes. Maurras répond : non, il y a une humanité foncière présente dans chaque personne. Le jugement et la conscience morale se retrouvent en chaque être humain. En ce sens, il y a bien un universalisme personnaliste chez Maurras.

Enfin, il ne faut pas oublier que Maurras, à dix-sept ans, a lu toute la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin, et qu’il en est resté marqué de façon indélébile. Je suis profondément convaincu qu’en ce qui le concerne, le mot « athéisme » est tout à fait hors sujet. Le mot qui le définirait le mieux est l’agnosticisme. Un agnosticisme relatif, d’ailleurs. Si l’on va rechercher dans la préface de La Musique intérieure, et dans les derniers poèmes de La Balance intérieure – ses deux recueils de poèmes les plus importants –, on voit qu’il n’a pas trouvé le grand soleil de la foi, mais, dit-il, comme son « clair de lune ». C’est le signe d’une évidente évolution intérieure.

Y compris sur la Bible, sur l’Ancien Testament ?

Absolument. Dans mon livre, je fais une mise au point sur l’antijudaïsme de Maurras. Un antijudaïsme de jeunesse où il s’en prend au prophétisme biblique : il y voit le génie de l’anarchisme intérieur et qualifie Rousseau de prophète biblique. Mais dans la réédition de ce texte, en 1923, il remplace « prophète biblique » par « faux prophète ». Il s’en expliquera par la suite, reconnaissant que le prophétisme juif n’a rien d’anarchique ou de révolutionnaire. En 1943, en pleine Occupation, il reprendra dans l’Action française, en l’approuvant entièrement, une étude sur les prophètes bibliques qui allait dans ce sens. Boutang cite cette étude et en souligne l’importance dans l’annexe III de son ouvrage Maurras, la destinée et l’œuvre.

Ceux qui prétendent comme Maritain et d’autres que Maurras, philosophiquement, n’a jamais évolué, se trompent. Il y a une réelle évolution intellectuelle de Maurras, notamment par rapport à la Bible. J’irai même plus loin. On a beaucoup reproché à Maurras d’avoir, dans la préface de son premier livre, Le Chemin de Paradis, parlé, à propos des quatre Évangélistes, de « quatre juifs obscurs ». La formule n’était pas de lui, mais il y avait quand même un réel problème : Maurras, à cette époque, laissait complètement de côté les Évangiles au profit d’une vision purement philosophique du christianisme. Il est tout à fait revenu là-dessus, on le voit dans un petit texte, important mais peu connu, sur Judas. Le prétexte était une polémique contre Claudel à ce sujet. Ce que j’en retire surtout, c’est que Maurras y apparaît comme un lecteur très pointu, très exact des Évangiles. Il constate même ce que l’on appelle l’« inerrance » de l’Évangile : l’expression n’y est pas, mais il souligne la rigueur et la parfaite cohérence des différents textes évangéliques évoquant le personnage de Judas.

En fait, il est toujours resté le « blanc de Provence », catholique, de son enfance. Sa mère, en recevant les derniers sacrements, lui a dit : « Charles, tu feras comme moi ». Il avait cet attachement viscéral à sa race, à sa famille et aussi à sa religion, à travers cette foi « clignotante »…

C’est un personnage très curieux et mystérieux. Il a perdu son père très jeune, et a été élevé par une mère extrêmement pieuse. Il semble bien que, de son adolescence à sa mort, il ait porté sur lui un scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel. Dans son premier livre, le Chemin de Paradis, il y a un conte, qui a fait scandale à l’époque, intitulé « La bonne mort ». C’est l’histoire d’un adolescent qui va vers le suicide mais qui, en même temps, se confie à la Vierge avec, sur le cœur, ce scapulaire. Or, à la mort de Maurras, on a trouvé sur lui des médailles, une relique de sainte Thérèse de Lisieux (donnée par la sœur aînée de Thérèse), et puis ce fameux scapulaire. Pour moi, c’est tout à fait saisissant. Il y a là toute une exégèse à faire : on attend d’Hilaire de Crémiers, à ce propos, qu’il nous livre une synthèse de ses années de réflexion sur le sujet.

Avant de devoir clore à grand regret cet entretien, cher Gérard Leclerc, à vous le dernier mot.

Ce sera celui-là même par lequel je conclus mon livre. Évoquer Maurras, ses disciples les plus prestigieux et l’École d’Action française n’a, pour nous, rien à voir avec une simple commémoration du passé. Peut-être, dans cet entretien, n’avons-nous pas assez parlé du message politique de l’École maurrassienne. Résumant la pensée de Pierre Boutang, George Steiner écrivait : « Si fragile et problématique soit‑elle, la monarchie incarne ce mystère du pouvoir délégué par Dieu sans lequel la société humaine devient bestiale ». La monarchie apparaît comme la meilleure expression d’une autorité ferme, soucieuse du seul bien commun, et soumise au consentement populaire et au respect des libertés. Ce qui incite chaque personne à accéder à sa propre « royauté » sur elle-même. Mais les maux affectant l’intelligence se renouvellent à chaque génération. Aujourd’hui, face à la déconstruction générale de notre civilisation, tous ceux qui voient en elle un capital transmis, mais menacé, doivent faire front. En trouvant les moyens actuels de continuer le combat génialement défini, il y a un peu plus d’un siècle, par l’auteur de l’Avenir de l’intelligence.

https://www.actionfrancaise.net/2024/09/08/maurras-universaliste-personnaliste/

L’esclavage entre Noirs, une habitude ancestrale africaine explique l’historien sénégalais Ibrahim Thioub

 

L’historien sénégalais Ibrahim Thioub montre comment la traite des Noirs, qu’il s’agisse de la traite arabo-musulmane ou de la traite transatlantique, n’a pu se faire qu’avec la complicité active d’autres Noirs.

Et surtout, il souligne comment l’esclavagisme était une coutume ancestrale pratiquée par les tribus africaines bien avant l’arrivée des marchands étrangers d’esclaves.


https://www.medias-presse.info/lesclavage-entre-noirs-une-habitude-ancestrale-africaine-explique-lhistorien-senegalais-ibrahim-thioub/122263/

dimanche 8 septembre 2024

Quoi de neuf ? Brasillach et Corneille

 

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Par Marc-François de Rancon

Le talentueux Sacha Guitry, amoureux de la France au point d’en symboliser la culture et l’élégance, était habité par nos traditions, ainsi qu’érudit quant à notre histoire. Il avait pour habitude de répondre, quand une relation ou un cuistre lui lâchait un banal « quoi de neuf ? » : « Molière ».

Ce n’est pas le moindre mérite de la récente réédition du Corneille de Brasillach que de nous rappeler les liens de filiation entre l’œuvre de Pierre Corneille et celle de Jean-Baptiste Poquelin. Sans constituer l’essentiel de la monographie consacrée en 1936, tricentenaire du Cid, par Robert Brasillach à Pierre Corneille, la parenté de vision du monde, de la France et du théâtre, partagée par les deux Rouennais, est évoquée. Au point que l’on saisit que l’universalité et l’intemporalité de la condition humaine écrite et jouée par Molière n’eût vraisemblablement pas existé, du moins telle qu’elle a été fixée dans son opus de l’époque, sans l’inspiration bienveillante de Corneille, fond comme forme.

Il s’agit d’une initiative de salubrité intellectuelle et culturelle que vient de réaliser l’Association des Amis de Robert Brasillach, sous la marque tellement évocatrice Éditions Les Sept Couleurs. Tous les thèmes qui taraudaient les esprits au long du Grand XVIIe siècle français résonnent encore aujourd’hui ; et, au passage, ont inspiré au siècle dernier l’immense poète, écrivain et journaliste que fut Robert Brasillach. Avec des angles qui lui sont propres, une plume enchanteresse, ce mélange d’analyse profonde et simultanément de mise en perspective donnant du sens, toutes marques de fabrique de son génie littéraire et philosophique, l’auteur renouvelle l’image quelque peu traditionnelle, pour ne pas dire scolaire, que nous pouvions garder du dramaturge. La contextualisation par Brasillach de l’œuvre de Corneille, dans sa vie privée et dans les événements politiques et littéraires de l’époque, se révèle précieuse pour notre entendement.

Au-delà du travail universitaire, augmenté de l’érudition et de l’originalité « normaliennes » de Robert Brasillach, on se délecte des rapprochements, peu nombreux mais bien vus, avec l’actualité politique nationale et internationale des années 1930. Rodrigue et Horace sympathisants (en idées) du Duce, c’est savoureux et, somme toute, fondé. Des vers comme « Ah, ne me brouillez point avec la République !… » ou « Le pire des États, c’est l’État populaire », cités avec gourmandise en 1936, nous font saliver encore par leur ironique dérision en 2024. Une saillie comme « Si les antifascistes d’aujourd’hui avaient un peu de sens poétique, n’est-ce pas Sertorius que l’on jouerait dans ces maisons de la Culture qu’ils ont mises à la mode ? » vaut encore de nos jours son pesant de mordant.

Chacun connaît la rivalité entre Corneille et Racine. Opposition réelle sur le plan de la conception de la tragédie théâtrale. Différence métaphysique et religieuse entre le catholique classique et le janséniste intégriste aux tentations quasi-parpaillotes. Concurrence qu’il ne faut pas exagérer en ce qui concerne la présence à l’affiche ou la bonne réputation à la Cour : il suffit de se souvenir que nos deux géants littéraires ne font pas partie de la même génération. Pour caricaturer à grands traits, on pourrait dire que Corneille c’est plutôt Louis XIII et Racine pleinement Louis XIV, mais ce serait excessif et réducteur. Toutefois la chronologie est bien là. Au demeurant, Racine lui-même a loué Corneille, après le décès de ce dernier, dans l’enceinte même de l’Académie française, notamment pour avoir normé de fait le théâtre en France, qui était auparavant dans le « désordre » et « l’irrégularité ».

Ce qui a conduit Brasillach à nous livrer à ce propos sa définition lumineuse du classicisme : « Non, un classique n’est pas un fakir de banlieue […] Boileau lui-même ne songeait point à écrire de tels manuels. Un classique, si nous en croyons la louange de Corneille par Racine, c’est d’abord un inventeur, c’est un explorateur, et c’est un fondateur d’Empire. Il s’installe dans une jungle qu’il défriche et il plante son pavillon de colonisateur. Il ne suit pas les lois, puisque c’est lui qui les donne : le génie est le seul législateur. Le classicisme, c’est la révolution permanente ».

Grâce soit rendue à ceux qui ont eu l’idée, puis assuré la réalisation, de cette réédition. Au premier rang desquels David Gattegno, qui a de surcroît réuni une iconographie tellement pertinente et riche qu’elle constitue quasiment un livre dans le livre, succession d’images parfaitement distillées au cours du récit de la vie et de l’œuvre de Pierre Corneille. La préface d’Alain Lanavère, avec sa genèse documentée, forme une parfaite introduction à l’ouvrage.

Robert Brasillach, Corneille, Les Sept Couleurs, 2024, ISBN 978-2-83990-823-2, 374 pages, 30 €

https://www.actionfrancaise.net/2024/09/07/quoi-de-neuf-brasillach-et-corneille/

Archives – Histoire de la Franc-Maçonnerie (3), par Bernard Faÿ

 

Archives - Histoire de la Franc-Maçonnerie, par Bernard Faÿ

Enregistrement audio du cours donné par Bernard Faÿ (1893-1978) au Séminaire d’Écône.

III –La secte des athées

Né en 1893, Bernard Faÿ est décoré de la Croix de guerre reçue à la bataille de Verdun en 1917. Catholique Royaliste, il fut l’un des plus brillants universitaires de sa génération : Professeur des lettres, des civilisations, Master of Arts Harvard University, Historien, spécialiste des Révolutions et de la Franc-Maçonnerie.

En 1940 il est nommé par son ami le Maréchal Pétain Administrateur Général de la Bibliothèque Nationale, puis chef du Service des Sociétés Secrètes.
Bernard Faÿ est donc chargé sous l’occupation de recueillir, de classer et d’étudier l’ensemble des archives saisies dans les loges maçonniques et autres sociétés secrètes.

Il est arrêté en 1945, condamné aux travaux forcés à perpétuité, mais parvient à s’évader en 1951 pour se réfugier en Suisse, puis fût gracié en 1959. A son rappel à Dieu, la messe de requiem fut célébrée en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet par Mgr Ducaud-Bourget, en présence de Mgr Lefebvre.


https://www.medias-presse.info/archives-histoire-de-la-franc-maconnerie-3-par-bernard-fay/193768/

samedi 7 septembre 2024

Une petite leçon d’histoire sur les véritables fondations des États-Unis ou la genèse des miroirs déformants

 

par Oleg Nesterenko

L’histoire émouvante et touchante de la fondation des États-Unis d’Amérique qui a nourri des générations de patriotes américains et s’est exportée dans le monde entier en tant qu’exemple à suivre, n’est rien d’autre que la déformation la plus grossière et hypocrite des réalités, beaucoup moins colorées et, encore moins, adaptées pour servir d’inspiration.

Il y a tant à dire sur l’histoire des origines de ce formidable pays, mais sur cette page je me limiterai qu’à commenter le début du deuxième paragraphe de la déclaration d’indépendance des États-Unis du 4 juillet 1776, écrite par Thomas Jefferson, l’inspirateur de la démocratie américaine, le personnage d’une profonde humanité, l’une des figures les plus illustres et attachantes de la révolution américaine, l’homme de lumière et de progrès :

« We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable Rights, that among these are Life, Liberty and the pursuit of Happiness. »

« Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont nés égaux; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »

Le petit bémol c’est que « l’histoire » américaine oublie d’ajouter le fait que Thomas Jefferson, personnage d’une profonde humanité, figure des lumières et du progrès, n’était personne d’autre qu’un ESCLAVAGISTE SANGUINAIRE.

L’air de rien, l’auteur des lignes de la déclaration de 1776 « tous les hommes sont nés égaux ; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur », 8 ans après les avoir écrits – non pas 8 jours ou semaines, mais 8 ans après – avait toujours en sa possession… 200 esclaves.

Par conséquent, Thomas Jefferson devait être tout à fait certain que le meilleur endroit et la meilleure qualité pour les Noirs sur le chemin de la liberté et de la recherche du bonheur étaient sa plantation en Virginie et la qualité d’esclave.

Mais, les deux cents unités de sa propriété – de vrais ingrats – considéraient obstinément les magnifiques conditions de leur séjour dans les possessions de ce merveilleux personnage d’une profonde humanité si terribles qu’elles ne faisaient que s’enfuir. Chaque dixième de ses esclaves a pu s’échapper définitivement de l’enfer sur terre de Thomas Jefferson sans être attrapé et torturé avant de retourner au travail de la « recherche du bonheur ». Les autres n’ont pas eu cette chance.

Je vous laisse l’appréciation du degré de la dégénérescence morale de cet individu qui milite farouchement au Congrès des États-Unis d’Amérique en faveur de l’abolition de l’esclavage et, en même temps, « oublie » qu’il est lui-même un grand esclavagiste.

La réalité prosaïque est dans le fait qu’au moment de l’indépendance de la Grande-Bretagne, il y avait environ 9 millions de personnes vivant aux États-Unis, dont les blancs n’étaient qu’une petite minorité par rapport à la population amérindienne et aux esclaves noirs.

La déclaration d’indépendance américaine non seulement ne concernait nullement les amérindiens ou les esclaves – ils n’étaient pas considérés comme appartenant à la race humaine – mais ne concernait pas non plus ni les femmes, ni même les hommes blancs d’origine sociale modeste.

Les véritables bénéficiaires ou, plus exactement, profiteurs d’indépendance des colonies américaines vis-à-vis de la couronne britannique n’ont été qu’environ 50 000 blancs riches de sexe masculin. Soit, moins de 1% de la population et qui a inventé toute cette histoire d’indépendance avec un objectif précis : faire croitre leur enrichissement personnel.

C’est à cette période qu’il faut attribuer les origines de « l’État profond » américain.

Revenant à monsieur Thomas Jefferson, il faut, néanmoins, lui rendre son dû : c’était un homme de grand progrès, puisqu’il ne considérait plus les esclaves noirs comme des singes, mais juste comme des sous-hommes.

Il reconnaissait que les noirs sont quand même dotés d’une âme et qu’ils appartiennent au genre humain. C’est juste que leurs capacités dans les domaines scientifiques, leurs capacités cognitives à l’expression des sentiments et de la foi religieuse sont primitives et ne peuvent être comparées à celle des hommes blancs. À ce sujet, Jefferson a laissé ses écrits au profit de la postérité pour éclairer.

C’est bien ce merveilleux personnage qui est l’un des principaux héros du peuple américain, dont chaque représentant porte fièrement le portrait de ce dernier dans son portefeuille.

Et, pour évoquer des larmes émouvantes de fierté chez la postérité reconnaissante, la maison dans laquelle Jefferson est née, est dessinée au verso du billet de deux dollars : la maison de sa plantation esclavagiste de Monticello.

Postscriptum : 

Sur cette page, j’ai juste commenté le début du deuxième paragraphe de la déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique, sans me permettre le luxe de demander aux représentants de la nation américaine à lire le début du tout premier paragraphe de la déclaration du point de vue des habitants de la Crimée et du Donbass qui ne souhaitent plus faire partie de l’Ukraine :

« When in the Course of human events, it becomes necessary for one people to dissolve the political bands which have connected them with another, and to assume among the powers of the earth, the separate and equal station to which the Laws of Nature and of Nature’s God entitle them… » 

« Lorsque, dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l’ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la Terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit … »

L’arbre pourrit à partir des racines. L’histoire, si elle est oubliée et déformée, conduit inévitablement à la suprématie du royaume des miroirs déformants.

Traduction du russe par l’auteur.

Publié initialement dans le magazine historique « Les Jugements », Russie, janvier 2023.

source : Suzhdenia via Mondialisation

https://reseauinternational.net/une-petite-lecon-dhistoire-sur-les-veritables-fondations-des-etats-unis-ou-la-genese-des-miroirs-deformants/

Révélations dingues sur Facebook : Zuckerberg en prison à vie !

Ukraine : Le chef de l’armée ukrainienne révèle l’absence de stratégie derrière l’incursion de Koursk

 

Grâce à une interview accordée à CNN, le commandant en chef ukrainien, le général Syrsky, espère obtenir davantage de soutien de la part de sources occidentales.

«Exclusif : Le chef de l’armée ukrainienne révèle la stratégie qui sous-tend l’incursion à Koursk – CNN, 5 septembre 2024

Lors de sa première interview télévisée depuis qu’il a été nommé chef des armées en février, le général a déclaré à Christiane Amanpour, de CNN, qu’il estimait que l’opération de Koursk avait été un succès.

«Elle a permis de réduire la menace d’une offensive ennemie. Nous les avons empêchés d’agir. Nous avons déplacé les combats sur le territoire de l’ennemi afin qu’il puisse ressentir ce que nous ressentons tous les jours», a déclaré le général Syrsky lors d’une rare interview qui lui a permis de dresser un bilan sincère de la guerre. (…)

S’adressant à Amanpour dans un lieu tenu secret près de la ligne de front, le général, qui a pris la tête de l’armée en février, a déclaré que Moscou avait envoyé des dizaines de milliers de soldats à Koursk, notamment certaines de ses meilleures troupes d’assaut aéroportées.

Tout en admettant que l’Ukraine subissait une pression énorme dans les environs de Pokrovsk, la ville stratégique qui est depuis des semaines l’épicentre de la guerre dans l’est de l’Ukraine, Syrsky a déclaré que ses troupes étaient désormais parvenues à bloquer les avancées russes dans cette région.

«Au cours des six derniers jours, l’ennemi n’a pas avancé d’un seul mètre dans la direction de Pokrovsk. En d’autres termes, notre stratégie fonctionne», a-t-il déclaré.

Cartes fournies par l’organisation pro-ukrainienne LiveUAmap :

Région de Pokrovsk – 30 août 2024

Région de Pokrovsk – 6 septembre 2024

Je peux identifier au moins trois zones où les cartes montrent des différences en faveur de la partie russe. De haut en bas :

• Nord et nord-ouest de Niu York : Pivnichek à l’est de Toretsk a changé de mains. La ligne russe s’y est déplacée en plusieurs endroits pour envelopper la ville de Toretsk et, un peu plus au sud, Nelipivka.

• Au nord de Selydove : Novohrodivka qui n’est plus partiellement mais complètement aux mains des Russes.

• À l’est d’Ukrainski : une nouvelle protubérance russe se développe vers le sud. Une vue zoomée montre que le hameau de Halytsynivka, au croisement des routes COS112 et COS1139, est passé sous contrôle russe. Cela coupe une route de ravitaillement pour les troupes ukrainiennes au sud-est de la saillie.

Ces trois mouvements mineurs sont de petits mouvements qui ne couvrent qu’une partie des 100 kilomètres carrés que les forces russes ont pris la semaine dernière. Les trois semaines précédentes avaient été marquées par des mouvements plus importants. Mais ils démontrent que les Russes ne se sont pas arrêtés à Pokrovsk mais qu’ils ont – pour une raison ou une autre – interrompu leurs mouvements majeurs.

Les rapports du ministère russe de la Défense font toujours état de pertes ukrainiennes importantes dans la région de Prokrovsk. Aucun mouvement de troupes russes de la direction de Prokrovsk vers Koursk n’a été signalé. Une rotation des unités de la ligne de front et des forces de réserve locales est l’explication la plus probable du calme relatif qui règne actuellement sur la ligne de front.

L’incursion à Koursk a été une tentative coûteuse d’obtenir un effet de levier. Elle n’a pas atteint les cibles espérées plus au nord et n’a pas permis de détourner les troupes russes des autres lignes de front.

Syrsky doit bien sûr maintenir le moral de ses troupes. Il doit également (re)gagner le soutien des «partenaires» de l’Ukraine. C’est ce qui explique les propos amusants qu’il tient par ailleurs :

«Nous ne pouvons pas combattre de la même manière qu’eux, c’est pourquoi nous devons tout d’abord adopter l’approche la plus efficace, utiliser nos forces et nos moyens en exploitant au maximum les caractéristiques du terrain et les structures d’ingénierie, mais aussi faire preuve de supériorité technique», a-t-il déclaré, soulignant le programme avancé de drones de l’Ukraine et d’autres armes de haute technologie produites dans le pays.

Quelqu’un peut-il me citer un équipement ukrainien ou «occidental» qui soit techniquement supérieur à l’équivalent produit par la Russie ? Je n’en trouve pas.

source : Moon of Alabama

https://reseauinternational.net/ukraine-le-chef-de-larmee-ukrainienne-revele-labsence-de-strategie-derriere-lincursion-de-koursk/

Il y a 70 ans… Ðiện Biên Phủ, perdu avec les honneurs

 © ECPAD

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Ce 7 mai, la France continue de se souvenir du siège historique mené au cœur de l’Indochine et qui sonna le glas d’une guerre de sept ans, sept mois et trois jours. « Ils attendaient dans la cuvette/le tout dernier assaut des Viets/dans la boue, ils creusaient leurs trous, Ðiện Biên Phủ », chante toujours Jean-Pax Méfret. « Aujourd'hui tout l'monde s'en fout, de Ðiện Biên Phủ, mais nous, nous restons fiers de vous, Ðiện Biên Phủ. ». Montrons au chanteur de l’Occident que non, tout l’monde ne s’en fout pas, de Ðiện Biên Phủ, et rendons hommage, par le récit de cette triste bataille, aux milliers de courageux héros tombés pour la France voilà 70 ans.

Encerclés dans la cuvette

C’est aux confins du Tonkin et du Laos que se trouve le petit village de Ðiện Biên Phủ. Ce dernier fut choisi en 1953 comme base aéroportée afin de soutenir les armées françaises lors de la guerre d’Indochine. Mais les troupes Viêt-Minh découvrent le site stratégique et décident de le prendre afin de nuire à leurs ennemis européens. Le 13 mars 1954, le général Võ Nguyên Giáp déclenche une attaque surprenante qui annonce le début du siège de Ðiện Biên Phủ. Pour les forces françaises, c’est la stupeur. Même si elles savent que leur adversaire s’est regroupé pour les attaquer à cet endroit, elles ignorent tout de sa puissance de feu, pensant que la jungle empêchera tout acheminement d’artillerie suffisamment puissante pour les menacer.

Commencent, alors, de longs jours ponctués de combats incessants contre les assauts ennemis, le tout sous le feu des obus. L’avancée des troupes de Hô Chi Minh est telle que les Viêt-Minh parviennent à empêcher, par un pilonnage intensif du terrain d’aviation, toute arrivée de renforts et de ravitaillements qui pourraient contrer leur plan. Le dernier avion se pose ainsi le 27 mars et apporte avec lui Geneviève de Galard. « L’Ange de Ðiện Biên Phủ » (son surnom) est d’un grand secours pour les soldats français blessés qu’elle soigne et réconforte de son mieux, jusqu’à la fin.

Une lutte acharnée

Mais les semaines passent et l’étau viêt-minh se resserre inexorablement autour du camp français. Il n’est pas un jour sans que les combattants n’apprennent qu’un camarade est mort au champ d’honneur ou qu’un fortin est attaqué ou pris par l'ennemi. Ces points d’appui stratégiques sont tous baptisés par le général de Castries de prénoms féminins : Gabrielle au nord, Béatrice, Éliane et Dominique à l'est, Anne-Marie, Huguette, Claudine, Françoise, Liliane, Junon à l'ouest, Isabelle au sud et, non loin du centre de commandement, au centre, Épervier.

Tous tomberont, non sans que leurs occupants se soient battus jusqu’au bout avec le courage des âmes héroïques. Après 55 jours de luttes acharnées, l’ordre est tristement donné de cesser les combat, le 7 mai 1954. L’épuisement des soldats sur le champ de bataille et l’absence de soutien de la part des alliés, notamment américain, impose l'issue de la bataille : la France comprend que tout est désormais perdu et que faire encore couler le sang de ses enfants sera inutile.

Le prix cuisant de la défaite

Pour notre pays, cette défaite est cruelle. Des milliers de soldats faits prisonniers ne seront pas rendus à la patrie et devront marcher jusqu’à des camps où beaucoup mourront de faim ou de maladies. Les plus résistants endureront alors les brimades et la rééducation politique imposée par leurs bourreaux communistes jusqu’au moment où ils obtiendront leur libération. La France, quant à elle, renonce à son empire colonial en Asie en signant, le 20 juillet 1954, les accords de Genève. Elle abandonne l’Indochine à ses nouveaux maîtres.

Certains d’entre vous, chers lecteurs, demandaient, lors des commémorations de la bataille de Camerone, pourquoi la France avait l’habitude de célébrer des défaites comme celle de Ðiện Biên Phủ. Notre pays ne voue pas de culte à ses échecs militaires et ne cultive ni le pessimisme ni l’esprit de revanche. Notre nation rend en réalité hommage aux hommes et aux femmes qui ont fait preuve d’un courage exemplaire et qui se sont sacrifiés volontairement pour des idéaux plus grands qu’eux. N'oublions pas les noms de nos anciens inscrits sur nos monuments afin que leur exemple continue d’être transmis aux générations futures et que jamais ne meurent l’héroïsme et le patriotisme en France.

Eric de Mascureau

vendredi 6 septembre 2024

Le conflit Jeunesse royaliste / Action française

 

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Mémoire du royalisme 8

Le conflit Jeunesse royaliste / Action française

Tout nouveau royaliste doit connaître la mémoire de sa communauté politique. Après la mort du comte de Chambord en 1883, le royalisme derrière Philippe VII s’était réduit à lui-même. Il disposait d’une presse moins puissante mais combattive. Si sa force parlementaire déclinait, ses liens avec le catholicisme social étaient très forts. Avec l’arrivée de Philippe VIII, en 1899, le mouvement de la « Jeunesse royaliste » (JR) échoue dans une tentative de coup de force. Maurras lance alors l’Enquête sur la monarchie et l’Action française s’impose. Au travers d’un sérieux conflit entre royalistes.

Cependant, beaucoup d’anciens membres de la « Jeunesse royaliste » acceptent mal la prééminence de « L’Action française », contestant sa démagogie nationaliste et surtout antisémite ainsi que ses manifestations violentes et provocatrices ; alors que tous les royalistes avaient combattu au premier rang lors des « inventaires » que la République imposa à l’Église. Les anciens « trublions » se sont assagis en s’intégrant dans l’appareil traditionnel du mouvement, ils ont l’appui des parlementaires libéraux que Maurras place parmi « les Princes des Nuées », mais il s’agit surtout d’une querelle de méthodes et d’hommes. La rivalité est particulièrement forte entre « L’Accord social » de Firmin Bacconnier et l’Action française : ils se disputent la même clientèle populaire, ils s’accusent mutuellement de collusions avec l’anarcho-syndicalisme.

Après une première alerte, en mars 1910, le conflit éclate le 25 novembre de la même année : le nouveau chef du bureau politique, le comte Henri de Larègle, publie des « Instructions » visant à garantir l’indépendance de l’appareil royaliste face à l’Action française qui ne tolère pas d’être mise à l’écart et tenue en suspicion. Le combat est inégal : le prestige des idées, le dynamisme de l’organisation, l’adhésion de la jeunesse intellectuelle contraignent le Prince à céder l’autorité de fait à la nouvelle ligue. En apparence tout semble rentrer dans l’ordre mais le choc a été rude et les conséquences sont graves.

https://www.actionfrancaise.net/2024/09/06/memoire-du-royalisme-8/

Le régicide rituel de la dynastie Romanov

 

Le régicide rituel de la dynastie Romanov

Cette courte vidéo revient sur les circonstances de l’assassinat du tsar Nicolas II, de son épouse et de ses cinq enfants le 17 juillet 1918 dans la ville d’Ekaterinbourg, dans l’Oural. Selon plusieurs historiens russes, le Tsar, son épouse, leurs enfants et leurs domestiques ont été assassinés de façon horrible, dans le cadre d’un « meurtre rituel ».

Comité d’enquête sur le rituel régicide

Une commission spéciale chargée d’enquêter sur les aspects rituels de ce régicide fut mise en place par les autorités russes en 2017, réunissant des membres de l’Eglise et des historiens. « Nous vérifions toutes les versions possibles des circonstances du décès, notamment la destruction des corps à l’aide de feu et d’acide, leur décapitation… ainsi que la version d’un meurtre rituel », déclara Marina Molodtsova, une haute responsable du Comité d’enquête, le 27 novembre 2017.

L’évêque Tikhon, confesseur du président russe Vladimir Poutine, et membre de cette commission d’enquête, confirma ces rituels pratiqués lors de l’exécution de la famille Romanov. « Les bolchéviques et leurs hommes de main n’étaient pas étrangers à toutes sortes de rituels symboliques », expliqua-t-il à l’agence RIA Novosti.

En 2000 l’Eglise orthodoxe russe ajouta le couple impérial et leurs enfants à la liste de ses martyrs et de ses saints.

Château de Sedan : le plus grand château fort d’Europe a fière allure

 

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Sedan, un nom qui a trop souvent été synonyme de honte en raison de la défaite de Napoléon III en 1870. Cependant, en 2023, les Français ont décidé de redonner à cette petite ville des Ardennes un peu de sa gloire passée. En effet, ce château, surplombant la ville tel un gardien silencieux et à la longue histoire, a été choisi, ce 13 septembre dernier, comme le monument préféré des Français.

Un symbole de force et d’indépendance

Surnommé le « Géant des Ardennes », cet édifice vieux de plus de six siècles est le plus grand château fort d’Europe. Édifié sur les hauteurs de la ville de Sedan, la place forte fut construite par les seigneurs de La Marck vers 1421. La présence de cette construction fortifiée en ce lieu n’est cependant pas sans raison. En effet, la région a sans cesse été tiraillée entre les volontés belliqueuses du royaume de France et celles du Saint-Empire romain germanique. En 1495, le château fut assiégé par l’empereur Maximilien, puis à nouveau en 1521 par Charles Quint. Fort heureusement pour les seigneurs locaux, les sièges furent des échecs. L’avidité territoriale des souverains d’Europe poussent cependant les maîtres des lieux à agir en conséquence. Ces derniers n’hésitent pas ainsi à renforcer leur demeure en créant de nouvelles terrasses d’artillerie, de nouveaux bastions, et en augmentant la largeur des murailles afin d’assurer la défense de leur propriété.

Déclin et défaite

Mais tous ces moyens de défense ne peuvent résister à la volonté conquérante de la France. En 1646, le château finit par céder aux assauts militaires de Louis XIII. Le dernier prince de Sedan Frédéric-Maurice de La Tour d’Auvergne remet, la mort dans l’âme, les clés de sa demeure au roi de France. Ce dernier assimile ainsi cette puissante principauté à son royaume. C’est au sein de cette demeure, qu'en 1611 naquit cependant l’un des plus grands maréchaux de France qui contribua aux gloires militaires de Louis XIV : Henri de la Tour d’Auvergne, plus connu sous le nom de Maréchal de Turenne.

Devenu garnison, le château de Sedan perd le faste qu'il avait connu sous ses princes d’antan. Considéré comme un élément stratégique à la défense territoriale de la France, le site ne sert plus qu’à renforcer la ceinture de fer instaurée par Vauban. Cette utilité martiale fut son destin jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle. À la fin de la guerre franco-prussienne, on y vit flotter le drapeau blanc de la reddition tandis que lors de la Grande Guerre, pris par les Allemands, le château servit de camp d’internements pour les prisonniers de guerre du kaiser.

Renaissance du château

Il faut ainsi attendre 1962 pour que le château, cédé par l’armée à la ville de Sedan, puisse renaître. De nombreuses campagnes de restauration sont alors menées afin de préserver le site. Classé comme monument historique en 1965 et devenu musée de la ville, l’édifice devient ainsi l’un des principaux sites touristiques des Ardennes. Cette renaissance auprès du public contribua sûrement à sa nomination, ce 13 septembre, lors de l’émission « Le Monument préféré des Français 2023 » présentée par Stéphane Bern. Le château devança alors quatorze autres monuments des régions de France. C’est ainsi que l’abbaye de Cluny en Saône-et-Loire, la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon, le château royal de Blois ou encore la Bibliothèque nationale de France à Paris ont vu la victoire leur échapper. La place forte de Sedan succède dès lors à la gare maritime transatlantique de Cherbourg-en-Cotentin et au sous-marin Le Redoutable cités en 2022, jusqu’au choix d’un nouveau monument en 2024.

Eric de Mascureau

jeudi 5 septembre 2024

Théodore Hersart de La Villemarqué (1815-1895)

 

Théodore Hersart de La Villemarqué (1815-1895)

Spécialiste de la culture bretonne, Théodore Hersart de La Villemarqué a marqué sa génération par son étude des chants et des poèmes bretons ancestraux issus des plus anciennes traditions orales. Il a notamment recueillis et traduits le Barzaz Breiz, poème épique comparé aux récits de l’Iliade par Georges Sand.

Théodore Hersart de La Villemarqué : enfance et héritage

Théodore Hersart de la Villemarqué naît le 6 juillet 1815 à Quimperlé dans l’hôtel particulier qu’y possèdent ses parents. Dernier né d’une famille de huit enfants, il passe l’essentiel de son enfance dans le vieux manoir familial non loin de Pont-Avent dans l’actuel Finistère.

Héritier d’une longue lignée noble bretonne, son père, fier défenseur de la cause royaliste, s’est engagé en politique et assume les fonctions de député du Finistère et de maire de Nizon, petite bourgade bretonne proche du manoir familial. Sa mère, pour sa part, s’est prise de passion pour la littérature orale bretonne dont elle collecte autant de textes qu’elle peut.

Après avoir obtenu son diplôme du baccalauréat en 1833 à Rennes, Théodore part étudier le droit à Paris. Il se tourne cependant rapidement vers l’école des Chartes et abandonne le droit dès 1836. Il se plonge dès lors dans l’étude de chants et poèmes bretons ancestraux et prend des cours de breton.

Il profite de ses retours en Bretagne pour collecter des chants traditionnels en breton qu’il retranscrit sur ses carnets.

Théodore Hersart de La Villemarqué : le Barzaz Breiz

Afin de poursuivre la quête qu’il s’est attribuée, Théodore se rend au Pays de Galles, en octobre 1838 avec plusieurs compagnons animés par la même passion pour l’œuvre littéraire et poétique bretonne. Parmi ceux-ci se trouvent Gabriel-Jules de Francheville du Pélinec, auteur de plusieurs poèmes bretons et s’intéressant aux mythes bretons tels que celui de la ville d’Ys, ou encore Louis de Carné, rédacteur de plusieurs articles sur l’histoire de la Bretagne.

La Villemarqué profitera de ce voyage pour étudier le dialecte et les monuments d’origine celte. Il est reçu durant son périple en tant que barde de Nizon (« Barz Nizon ») au collège néodruidique gallois. Il posera également les fondations du congrès celtique international qui existe encore aujourd’hui et se fixe pour objectif la défense et la promotion des langues celtiques d’Irlande, d’Ecosse, du Pays de Galles, de Bretagne, de Cornouailles et de l’Ile de Man.

Inspiré par son expérience galloise, il profite de son retour en Bretagne pour fonder la Fraternité des Bardes de Bretagne (« Breuriez Breizh »). Malheureusement, l’association ne lui survivra pas et s’éteindra avec son fondateur à la fin du siècle.

En aout 1839, notre « Barz Nizon » finance de sa poche la publication du « Barzaz Breiz » qui lui confère rapidement et malgré son jeune âge, une certaine notoriété. Georges Sand contemporaine de Théodore de La Villemarqué parlera ainsi des « diamants du Barzaz Breiz » et ira jusqu’à comparer le chant du recueil « le tribut de Nominoë » avec l’Iliade d’Homère. Théodore ne se reposera pas sur ses premiers lauriers et poursuivra son travail de recherche et d’investigation. Une nouvelle édition paraît en 1845 et enrichit l’œuvre originale par l’ajout de nouveaux chants et de mélodies collectés au cours de ses voyages. Son recueil est rédigé en Breton et est exempté du moindre mot français. Publié à 500 exemplaires en 1839, les rééditions de 1845 et de 1867 gagnent en proportion avec une parution à respectivement 2000 et 2500 exemplaires. Son œuvre connaît un succès essentiellement auprès des lettrés parisiens et Bretons, ces derniers retrouvant dans les textes de la Villemarqué une réelle identité historique transcendée par des chants traitant de héros nationaux comme Nominoë ou Cadoudal.

Toutefois, malgré l’impact important du « Barzaz Breiz » sur le monde des lettres en Bretagne, peu de Bretons de plus basse extraction lisent l’œuvre.

Théodore, fier de son origine bretonne, soutient notamment les travaux de Jean-François Le Godinec qui publie le dictionnaire celto-breton en 1821. La Villemarqué en publie une nouvelle édition en 1850 qu’il fait précéder d’un essai s’interrogeant sur l’avenir de la langue bretonne. Il promeut alors une simplification de l’orthographe et une grammaire plus normative afin d’unifier les différents dialectes en une langue unique qui perdurerait.

Théodore Hersart de La Villemarqué : reconnaissance et controverse

La Villemarqué se marie en 1846 avec Clémence Tarbé avec qui il aura quatre enfants. Il recevra le 6 mai 1846, la légion d’honneur. Par la suite, les honneurs qui lui sont rendus se multiplient. Il est élu à l’académie de Berlin en 1851, devient président de la Nouvelle association Bretonne en 1855, puis entre à l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres en 1858. L’auteur du « Barzaz Breiz » entretient en outre des correspondances avec d’autres éminents écrivains ayant ressuscité de vieux contes populaires tels que les frères Grimm.

Les décennies suivantes se révèlent toutefois bien plus ardues pour Théodore qui doit faire face à de nombreuses critiques sur l’authenticité des textes composant son œuvre. On reproche à La Villemarqué d’avoir falsifié certains chants collectés ou encore d’accentuer l’ancienneté de certains de ses poèmes. Cette remise en cause du contenu du « Barzaz Breiz », loin de n’être qu’une querelle de taverne, se poursuivra pendant plus d’un siècle entre les partisans de la mystification, dont se seraient rendus coupables La Villemarqué et les défenseurs de l’authenticité. Toutefois, la découverte en 1964 de carnets de collecte de Théodore apporta de l’eau au moulin de ces derniers. Ces carnets montrent que l’auteur du « Barzaz Breiz » avait bel et bien recueilli la plupart des textes dont il s’était servi pour rédiger son œuvre et confirma ses sources populaires.

Malgré les reproches essuyés par l’auteur sur son défaut de méthode scientifique de collecte, tous ses contradicteurs ne purent que s’incliner devant ses talents littéraires et le travail considérable fourni.

Théodore Hersart de La Villermarqué s’éteint paisiblement le 8 décembre 1895, à l’âge de 80 ans. Son œuvre titanesque permit de montrer la voie à de nombreux autres Bretons qui se sont lancés et se lancent encore dans la collecte des traditions orales transmises depuis des générations afin de poursuivre son œuvre et de continuer de faire briller la culture bretonne aujourd’hui encore.

Gwenn Mamazeg – Promotion Homère
Source : breizh-info.com

https://institut-iliade.com/theodore-hersart-de-la-villemarque-1815-1895/

Qu’est-ce que la chrétienté ? - Jean-Pierre Maugendre

Les racines nazies de l’UE et de l’OTAN

 

L’OTAN grande blanchisseuse des nazis. Quelles carrières ont fait les officiers supérieurs du Troisième Reich après sa chute ? Et surtout, où ?

Adolf Heusinger : Chef des opérations de l’état-major de la Wehrmacht (l’armée du IIIe Reich à partir du 21 mai 1935 et jusqu’à sa dissolution officielle en août 1946) – Président du Comité militaire de l’OTAN, 1961-1964.

Hans Speidel : Chef d’état-major du groupe d’armées « V » de Rommel. (officier dont la carrière se déroule dans l’armée de terre allemande au service des régimes politiques qui se succèdent alors : Empire allemand, république de Weimar, Troisième Reich. – 1957-1963, commandant de l’OTAN en Europe centrale.)

Johann Steinhof : As de la Luftwaffe (armée de l’air) sur le front de l’Est Militaire allemand, as de la Seconde Guerre mondiale. Il est considéré par beaucoup comme un des plus efficaces chefs de la Luftwaffe, – 1971-1974, président du Comité militaire de l’OTAN.

Johann von Kleimanseg : Officier d’état-major général au sein du haut commandement dela Wehrmacht – 1967-1968 Commandant de l’OTAN en Europe centrale.

Ernst Ferber : Inspecteur du haut commandement de la Wehrmacht. – 1973-1975 : Commandant de l’OTAN en Europe centrale.

Karl Schnell : Officier d’état-major général dans le corps de chars de la Wehrmacht – 1975-1977 : commandant de l’OTAN en Europe centrale.

Franz-Josef Schultze : Officier de la Luftwaffe, croix de chevalier. – 1977-1979 : Commandant de l’OTAN en Europe centrale.

Ferdinand von Saenger und Etterlin : Adjudant du haut commandement de la Wehrmacht 1979-1983 Commandant de l’OTAN en Europe centrale.

 

source : Nouveau Monde

https://reseauinternational.net/les-racines-nazies-de-lue-et-de-lotan/

La Guerre Politique secrète de la CIA au Brésil | Idriss Aberkane

mercredi 4 septembre 2024

Faut-il réécrire l’histoire de l’humanité ? Deux dents vieilles de 9,7 millions d’années découvertes en Allemagne

 

La découverte en Allemagne de deux dents datant de 9,7 millions d’années à laissé perplexe des scientifiques allemands : elles appartiendraient à une espèce connue uniquement en Afrique.

Les dents, qui se trouvaient seulement à soixante centimètres l’une de l’autre, ne semblent appartenir à aucune espèce découverte en Europe ou en Asie. Elles se rapprocheraient davantage des squelettes de Lucy et de Ardi, des fossiles retrouvés en Ethiopie, mais les précéderaient de plusieurs millions d’années.

En effet, Lucy constitue le premier fossile relativement complet qui ait été découvert pour une période aussi ancienne. Le fossile daterait d’au moins 3 millions d’années. La découverte des deux dents, selon le maire de Mayence, forcerait à reconsidérer l’histoire de l’humanité primitive. «Je ne veux pas exagérer mais je pense que nous devons commencer à réécrire l’histoire de l’humanité après cette découverte», a déclaré le maire.

(…) CNews

https://www.fdesouche.com/2017/10/20/faut-reecrire-lhistoire-de-lhumanite-deux-dents-vieilles-de-97-millions-dannees-decouvertes-allemagne/