samedi 8 juillet 2023

« 35 % des parlementaires sont francs-maçons, sommes-nous en démocratie ? » (2/2)

 

Dans cette seconde partie d'entretien, Serge Abad-Gallardo, auteur de Franc-maçonnerie et politique (Artège), dévoile les tractations politiques secrètes permettant de choisir un candidat aux élections ou de faire passer des lois inspirées de l'idéologie progressiste maçonnique...

Iris Bridier. Quelles lois peut-on attribuer à l’influence de la franc-maçonnerie ? 

Serge Abad-Gallardo. Toutes les lois dites sociétales, élaborées et votées depuis la Révolution ! De manière non exhaustive : le divorce et ses divers assouplissements, la crémation, l’avortement, le PACS, le mariage pour tous et bientôt, malheureusement, l’euthanasie (ce que j’avais annoncé dans un précédent livre), la PMA pour les couples de femmes et les femmes célibataires…

I. B. Vous expliquez également qu'elle œuvre pour la promotion de la crémation et de l’androgynie. Pourquoi ? 

S. A.-G. Vous évoquez là un exemple parfait d’insertion de la doctrine maçonnique dans les lois de la République. Et cela, de manière totalement subreptice. Je montre dans le livre que la crémation fut présentée, à l’origine, comme un progrès hygiéniste. Or, il n’en n’est rien. Il s’agit, en réalité, d’une conception issue de la doctrine maçonnique qui considère que le feu est purificateur. Ce caractère purificateur est d’ailleurs présent dans le rituel dès la cérémonie d’initiation à la fin du « troisième voyage ». La franc-maçonnerie considère, sur la base de conceptions alchimistes, que le feu permet la « régénération » et le retour au « Grand Tout ». En fait la crémation, prenant exemple sur le symbole du Phénix, permettrait l’accès à l’immortalité. Il faut remarquer que la loi sur la crémation ne fut en rien une demande sociale. Pour preuve, elle fut votée en 1887 et, cent ans plus tard, la crémation ne concernait, en 1980, que 1 % des obsèques.

S’agissant de l’androgynie, je montre dans le livre comment la théorie du genre est liée à la conception maçonnique de la masculinité et de la féminité. Tout d’abord, au travers du rituel qui attribue aux francs-maçons, selon leur niveau initiatique (apprenti, compagnon, maître), respectivement des caractéristiques féminines, masculines, puis féminines et masculines en forme de synthèse. Puis de certaines conceptions théologiquement erronées, travestissant même les textes bibliques, en vertu desquelles Dieu lui-même serait androgyne ! Tout comme, prétendument, Adam et Ève ! La conclusion de ces approches est que l’être parfait serait seul capable de réintégrer sa « nature divine ».

I. B. Vous écrivez que la franc-maçonnerie est à l’origine du Planning familial et de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité afin de diffuser son idéologie. Quels sont ses autres leviers ? 

S. A.-G. Je l’écris, sur la base de mon expérience personnelle, parfaitement confirmée par des écrits maçonniques. Il s’agit, en l’espèce, du livre de Pierre Simon, ex-grand maître de la Grande Loge de France, De la vie avant toute chose, dans lequel il témoigne de la création du Planning familial par la franc-maçonnerie comme instrument de propagande en vue de légaliser l’avortement. Avec comme objectif futur, à l’époque, l’euthanasie. Ce qui rejoint la théorie de l’androgyne citée plus haut, puisque tout récemment, le Planning familial a diffusé des affiches montrant « un homme enceint », exemple parfait de la théorie du genre dissociant le genre de la nature biologique. De même, je montre que l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) fut créée par un franc-maçon célèbre et homme politique (de gauche, évidemment), Henri Caillavet, afin de diffuser dans le public les idéaux maçonnique concernant l’euthanasie. De nombreuses associations nationales et internationales sont, en réalité, ce qu’un ami historien espagnol appelle des « organisations-écrans » de la franc-maçonnerie. Comme la doctrine et les travaux maçonnique se déroulent dans un temple dont l’accès est interdit aux « profanes », le seul moyen pour la franc-maçonnerie de diffuser ses idéaux, en les travestissant, sont la presse et les « associations-écrans ». Parmi celles-ci, la Ligue des droit de l’homme, la LICRA, la Ligue de l’enseignement, le Club Bilderberg, l’ONU…

I. B. Vous insistez sur le rôle de la Fraternelle parlementaire...

S. A.-G. La Fraternelle parlementaire est un groupe de francs-maçons parlementaires agissant secrètement aux fins d’introduire dans le dispositif législatif national l’idéologie maçonnique. Que l’on ne m’accuse pas de complotisme : ce fut son créateur Henri Caillavet, aidé par le président du Conseil de l’époque, Paul Ramadier, franc-maçon également, qui imagina qu’il fallait, « afin de faire passer en lois les idées réformistes, construire un cheval de Troie ». Selon les dires de l’un de ses ex-présidents, le nombre des parlementaires francs-maçons appartenant à la Fraternelle serait d’environ 35 % du nombre d’élus parlementaires. Selon ce même président, s’il arrive à jouer correctement son rôle, « les députés francs-maçons de droite comme de gauche voteront ensemble ». Je considère que la Fraternelle parlementaire est un véritable scandale et porte atteinte à la démocratie dans la mesure où les élus qui en font partie n’ont pas été élus par les citoyens pour « porter auprès des Assemblées les idéaux élaborés dans les loges » (déclaration de Fred Zeller, ex-grand maître du Grand Orient) mais pour représenter la population. Or, les francs-maçons, en France, représentent 0,34 % des électeurs, alors que le nombre des parlementaires francs-maçons s’élève à 35 % des parlementaires ! Sommes-nous vraiment en démocratie ? La seconde conclusion qui s’impose est que si, comme je le démontre, la franc-maçonnerie est une religion à part entière, la loi de 1905 n’est-elle pas ainsi violée ?

I. B. Quel est le lien entre cette Fraternité parlementaire et l’Élysée ou Matignon ?

S. A.-G. Le lien de la Fraternelle, et au sens plus large de la franc-maçonnerie, avec l’Élysée et avec Matignon est direct. En effet, d’une part, chaque année, les loges produisent un rapport synthétisant l’opinion de la franc-maçonnerie sur des sujets sociétaux, c’est-à-dire politiques. Ce rapport est remis par les instances nationales maçonniques au chef de l’État ainsi qu’au chef du gouvernement et à divers ministres ou élus nationaux qui en font la demande. Que dirait-on si l’Église ou les instances religieuses musulmanes agissaient de la sorte ? Une récente et excellente thèse de doctorat, parfaitement documentée, démontre l’influence politique de la franc-maçonnerie : « Le maçon est amené à influer sur l’élaboration de la norme de deux façons : d’abord à l’Assemblée ou au Sénat, il dispose de l’initiative, ensuite, les maçons élus – notamment- se retrouvent au sein de la Fraternelle parlementaire, une structure privilégiée de l’exercice de l’influence. »

I. B. Vous écrivez qu’en 2017, Marine Le Pen a bénéficié « d’un traitement de faveur » avec le front républicain. Qu’entendez-vous par là ? 

S. A.-G. Lors des élections présidentielles de 2017 et 2022, les sept principales obédiences maçonniques, que je cite dans le livre, ont appelé à voter pour Emmanuel Macron afin que Marine Le Pen soit battue. D’ailleurs, une Fraternelle maçonnique, nommée Camille Desmoulins, destinée à appuyer la candidature d’Emmanuel Macron fut créée spécifiquement par nombre de francs-maçons en soutien de l’actuel Président. C’est pourquoi, comme l'écrivait Raphaël Stainville, « de l’aveu d’un fin connaisseur de la Macronie, le chef de l’État dispose désormais de relais dans chaque obédience ».

I. B. Votre ouvrage met en lumière l’influence qui semble sans limite de la franc-maçonnerie, au détriment de la démocratie. Existe-t-il un moyen de la contrer ? 

S. A.-G. Je ne suis pas politologue. Je ne suis qu’un témoin et un lanceur d’alerte. Ce qui est certain, c’est qu’il est anormal que 0,34 % des électeurs influence l’élaboration et le vote de lois concernant 99,66 % des citoyens simples profanes. Tout se passe comme si la franc-maçonnerie entendait détenir les clefs de la vérité et faire le bonheur de l’humanité bien malgré elle ! L’Angleterre décida, en 1998, de contraindre les juges à déclarer leur qualité de franc-maçon. On se souvient du scandale d’un certain juge du TGI de Nice auquel s’attaqua le procureur Montgolfier. Ce dernier fut curieusement sanctionné ensuite. Sanction, d’ailleurs, ensuite annulée comme infondée juridiquement par les tribunaux ! La solution consisterait sans doute à lever le secret d’appartenance maçonnique. La démocratie, c’est le gouvernement du peuple par le peuple, et non le gouvernement du peuple par une faible minorité d’initiés se considérant comme « plus éclairés » que les « profanes » ! Je n’ai aucune animosité contre les francs-maçons en tant que personnes. Mais je conteste qu’une institution, se prétendant porteuse d’une idéologie illuminée, dirige, sur le fondement de sa doctrine ésotérique, une population prétendument « dans les ténèbres ». À remarquer, pour conclure, que la laïcité ne fut pas inventée par les laïcards et politiques francs-maçons du XIXe siècle, mais par le Christ : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » La franc-maçonnerie, si elle voulait être véritablement laïque, serait très inspirée de rendre au Grand Architecte de l’Univers ce qui appartient au Grand Architecte de l’Univers et de ne plus se mêler de politique !

Iris Bridier

Une biographie de Duy Tan, dernier empereur d’Annam

 

Duy Tan, un empereur dans la France libre
Duy Tan, un empereur dans la France libre

Professeur émérite de civilisation de l’Asie du Sud-Est, François Joyaux est déjà l’auteur chez Perrin d’une Nouvelle histoire de l’Indochine française et de Nam Phuong, la dernière impératrice du Vietnam. Cette fois, il nous revient avec une biographie de Duy Tan (1899-1945), dernier empereur d’Annam.

Voilà bien un étrange personnage, méconnu du grand public. Le 3 septembre 1907, à la suite d’une maladie mentale, l’empereur Thanh Thai abdiquait en faveur de son fils le prince Vinh San. Celui-ci, encore enfant, monta sur le trône sous le nom de Duy Tan. Il reçut une culture entièrement française, selon ses propres dires. Pourtant, au bout de dix ans de règne, et alors qu’il n’avait toujours que dix-neuf ans, il accepta le commandement de la révolte des Annamites contre la France. Il expliqua ultérieurement, sans convaincre personne, que c’était la seule façon d’empêcher que les conjurés annamites ne débutent, comme ils l’avaient prévu, leur révolte par l’assassinat de tous les notables français surpris si possible dans leur sommeil. Il ne voulait pas non plus dénoncer ses compatriotes. Ayant empêché toute action durant la nuit fixée, il était persuadé, affirma-t-il, que la révolte avorterait sans une goutte de sang. Ce plan lui coûta son trône. Cela se passait en mai 1916. A la suite de ces événements, il fut interné et déclaré déchu du trône d’Annam, puis exilé à l’île de la Réunion où il devint réparateur de radio. Le prince Vinh San, ex-empereur, devenu franc-maçon, y rêvait de devenir français et de vivre à Paris. Il comptait pour cela sur le gouvernement de Front Populaire auquel il s’adressa en 1936. Mais le gouvernement de Front Populaire refusa. Le prince Vinh Sanh passa donc vingt-huit ans en exil. Jusqu’en janvier 1944 où son engagement en tant que simple soldat des Forces françaises libres est accepté. Le 29 août 1944, le prince Vinh Sanh – lui qui avait pris fait et cause pour la révolte indépendantiste de 1916 – signait un appel dans lequel il déclarait que l’Indochine – et particulièrement le peuple annamite – est liée à la France par contrat que son honneur et son intérêt lui commandent de maintenir intact. Et voilà que, le 11 mars 1945, l’empereur Bao Daï proclame l’indépendance du Vietnam. De Gaulle décide alors de faire venir le prince Vinh Sanh en France et envisage de restaurer l’empereur Duy Tan sur son trône. Mais il faut encore attendre la mi-juin 1945 pour que le prince Vinh Sanh arrive à Paris. Il publie son testament politique sur les liens entre la France et l’Indochine. Cependant, rien n’aboutit, pas même de rencontre entre les deux hommes. Survient la révolution d’août, à Hanoï, puis la fondation de la République démocratique du Vietnam. Le prince Vinh Sanh est promu rétroactivement chef de bataillon et rencontre enfin le général De Gaulle le 14 décembre 1945. Simultanément, à Saïgon, le général Leclerc ordonne le regroupement de militaires annamites qui devront recevoir une formation parachutiste et sauter sur Hué afin d’y préparer le retour de Duy Tan. La réapparition du prince Vinh Sanh en Indochine est prévue pour mars 1946. Il a donc le temps d’aller revoir ses enfants sur l’île de La Réunion et embarque dans un avion le 24 décembre 1945. L’escale à Alger se passe normalement. Le 26 décembre, l’avion reprend son vol à destination de Bangui, l’étape suivante. A 18h30, c’est la catastrophe. L’appareil est entièrement détruit dans un accident aérien. “Vraiment, la France n’a pas de chance !”, murmure De Gaulle lorsqu’on lui apprend la nouvelle.

Duy Tan : un empereur dans la France libre, François Joyaux, éditions Perrin, 337 pages, 24 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/une-biographie-de-duy-tan-dernier-empereur-dannam/176674/

« La franc-maçonnerie est orientée vers une action politique secrète » (1/2)

 

Ancien haut fonctionnaire territorial et ancien vénérable maître franc-maçon, Serge Abad-Gallardo révèle, dans son dernier livre Franc-maçonnerie et politique (Artège), l'influence des loges dans les décisions politiques et les lois, au détriment même de la démocratie et du pouvoir du peuple.

Iris Bridier. Récemment, des membres du GODF et du CESE (Conseil économique, social et environnemental) ont déjeuné ensemble. Qu’est-ce que cela vous inspire ? 

Serge Abad-Gallardo. Le CESE est particulièrement infiltré par la franc-maçonnerie. Ce déjeuner ne me surprend nullement. En effet, selon L’Obs, « le CESE est sous l’influence des francs-maçons ». D’autant plus que François Hollande y avait nommé deux « personnalités compétentes » : Daniel Keller et Philippe Guglielmi, tous deux anciens grands maîtres du Grand Orient de France. Par ailleurs, un autre hebdomadaire relevait le poids déterminant de la franc-maçonnerie au sein du CESE : « Dans ce lieu où se mêlent partenaires sociaux, associations, environnementalistes, "personnalités qualifiées" nommées par Matignon, les alliances surprennent. Sans compter le poids de la franc-maçonnerie. » Il semble que 2015 ait été l’année d’une véritable prise en main du CESE par la franc-maçonnerie : « Une page s'est tournée, mardi après-midi, au Conseil économique, social et environnemental (CESE)… surtout avec l'entrée en force des francs-maçons dans les instances. » La franc-maçonnerie est coutumière du fait : elle intègre de nombreuses instances consultatives (ou parfois même décisionnaires) afin de peser politiquement dans le sens d’une mise en œuvre de son idéologie. C’est ce qu’avouait Fred Zeller, ancien grand maître du Grand Orient : « L’influence de la franc-maçonnerie est peut-être plus importante encore que sous la IIIe République. Elle se place à un autre niveau… Il n’y a pas, aujourd’hui, d’association, de groupement, de syndicat dans lesquels les francs-maçons ne se trouvent, aux postes de responsabilité les plus éminents. »

I. B. Vous avez fréquenté une loge de gauche et vous êtes pourtant un fervent lecteur de BV ! Est-ce compatible ?

S. A.-G. À l’époque, j’ignorais totalement la dimension politique de la franc-maçonnerie. J'ai intégré une loge en faisant confiance à un ami qui en faisait partie. Je pensais que la franc-maçonnerie était constituée de personnes cherchant des réponses aux questions existentielles de l’humanité. J’explique dans mon livre comment j’ai découvert progressivement que, si cette dimension ésotérique est déterminante, la franc-maçonnerie est, en réalité, bel et bien orientée vers une action politique secrète. Je dois toutefois préciser que j’utilise le terme générique de "franc-maçonnerie" pour la commodité de l’exposé. En effet, il existe de nombreuses obédiences que l’on peut classer en deux catégories : déistes ou laïques d’une part (le « dieu » de la franc-maçonnerie - le grand architecte de l’Univers - n’est en rien le Dieu des catholiques), et politiques ou apolitiques d’autre part. Mais seule la Grande Loge nationale française (scindée, aujourd’hui, en Grande Loge de l’Alliance maçonnique française et Grande Loge nationale française) et la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra (qui en est une émanation) sont bien moins politisées et se disent spiritualistes. À l’exception de ces trois obédiences, toutes les autres ont investi le champ politique. Toutefois, même les membres des trois obédiences citées sont impliquées dans certaines actions politiques.

I. B. La franc-maçonnerie est-elle de gauche ou de droite ?

S. A.-G. Elle est constituée d’obédiences de gauche et de droite. Je ne considère ici que les obédiences ayant plus de 5.000 membres. Les autres sont plutôt anecdotiques. Par exemple, peuvent être classées à gauche ou au centre gauche le Grand Orient, le Droit humain, la Grande Loge féminine de France. Peuvent être classées à « droite » la Grande Loge de France, la Grande Loge nationale française, la Grande Loge de l’Alliance maçonnique française. Je note « droite » avec des guillemets car, en réalité, qu’elles se placent à gauche ou à « droite », les options politiques de la franc-maçonnerie s’inscrivent dans une conception progressiste, fondamentalement réformiste. En fait, il s’agit d’une « droite » plus proche des idéaux de Valery Giscard d’Estaing ou de Jacques Chirac que d’Éric Zemmour. En quelque sorte, une « droite » qui veut s’affirmer comme telle mais qui agit au centre ou au centre gauche.

I. B. Pourquoi avez-vous quitté votre loge, et est-ce simple d’en sortir ? 

S. A.-G. Il est aisé, d’un point de vue administratif, de quitter la franc-maçonnerie. Une simple lettre de démission suffit, suivie d’une rencontre avec des membres de la loge (éventuellement appartenant aux hauts grades, comme ce fut mon cas, si l’on en fait partie) afin d’évaluer les motivations de la démission. Mais c’est sur le plan pratique que les choses sont plus compliquées. La plupart des francs-maçons et franc-maçonnes, y compris ceux avec qui j’avais des liens d’amitié profonde, ne me saluent plus dans la rue. Comme, durant des décennies, on finit par n’avoir que des amis francs-maçons, on perd quasiment tous ses amis. Par ailleurs, on perd, en cas de démission, toute possibilité d’intervention de « frères » ou « sœurs » dans la gestion de dossiers administratifs. Appartenir à la franc-maçonnerie permet aisément de faire placer un dossier « en haut de la pile » dans une administration où il se trouve toujours un « frère » ou une « sœur » permettant une aide bienveillante, voire un passe-droit. Cela se gâte quand, comme dans mon cas, l’ancien franc-maçon écrit ou donne des conférences et interviews. J’ai souvent reçu des menaces ou des insultes. La franc-maçonnerie n’aime pas que l’on parle d’elle. Sa tolérance est à géométrie variable car elle ne tolère que les idées qui s’expriment en proximité avec sa doxa progressiste. J’ai même été publiquement traité d’intégriste religieux par un franc-maçon narbonnais du Grand Orient qui ne s’apercevait pas de son propre intégrisme ni de son absence de tolérance.

I. B. On imagine la franc-maçonnerie comme une société secrète humaniste. Pourtant, à vous lire, on comprend que son champ d’action dépasse largement celui de la réflexion philosophique pour impacter de manière très concrète la politique. Pouvez-vous nous en dire plus ?

S. A.-G. En réalité, la franc-maçonnerie est une organisation réellement politique sous couverture ésotérique. Dans mon livre, je démontre comment les idéaux politiques de la franc-maçonnerie sont issus de sa doctrine ésotérique. Ce qui n’est pas surprenant : nous savons depuis Aristote que la philosophie est le substrat de la politique. Autrement dit, que la politique n’est rien d’autre que la mise en œuvre d’idéaux, voire, ce qui est plus pernicieux dans le cas de la franc maçonnerie, d’une idéologie secrète. La franc-maçonnerie est persuadée que ses utopies doivent être réalisées au sein de la société. Je démontre cela dans le livre par divers textes authentiquement maçonniques ou des extraits de convents (assemblée générale nationale annuelle). Ce faisant, la franc-maçonnerie procède par une inversion totale des concepts, partant d’un contresens. Comme la plupart des progrès humains ont constitué des bouleversements, voire des ruptures, la franc-maçonnerie a tendance à considérer que toute rupture avec une situation établie est un progrès. Son erreur est d’autant plus fondamentale que la franc-maçonnerie ne s’appuie sur aucune morale transcendante et estime qu’elle détient seule la clé du bien et du mal, voire, puisqu’elle prône le relativisme, qu’il n’existe ni bien ni mal ! Je montre dans mon livre que le titulaire du 30e degré (tout comme le maître (3e degré) définit ontologiquement le bien et le mal. Cela est d’autant plus dangereux que la franc-maçonnerie est persuadée de faire partie du camp du bien et d'être la seule instance à pouvoir œuvrer au bonheur de l’humanité. Or, on s’aperçoit que ce « bonheur » est toujours fondé sur une transgression.

Suite de cet entretien demain...

Iris Bridier

Spengler, Marx et Lénine : Capitalisme, communisme et racisme

 

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Constantin von Hoffmeister

Source: https://www.eurosiberia.net/p/spengler-marx-and-lenin-capitalism?utm_source=post-email-title&publication_id=1305515&post_id=132756558&isFreemail=true&utm_medium=email

L'aigle bicéphale du Saint-Empire romain germanique ou de l'Empire russe comme symbole de l'hypertrophie impériale : les collisions entre les dirigeants et les dirigés ne peuvent disparaître que lorsque les intérêts de profit sont réduits et que les crises internes d'accumulation du travail et du capital sont résolues, ce qui, dans des conditions de type impérialiste, ne peut jamais être que temporaire. En fait, il n'y aura pas de fin tant que les entités impérialistes et leurs structures capitalistes sous-jacentes n'auront pas été détruites. Cependant, les écrits d'Oswald Spengler ne doivent pas seulement être lus comme un examen du socialisme, mais aussi comme un bilan du capitalisme de Manchester. La raison en est que Spengler considère ce dernier comme une variante du marxisme. Tous deux sont anti-étatiques et matérialistes de part en part. Spengler justifie ce point de vue en soulignant que le marxisme, comme le "manchesterisme", considère le travail comme une "marchandise" et non comme une profession, un service ou un but dans la vie. Pour le prouver, Spengler utilise l'équation du travail et de la marchandise avec laquelle Karl Marx analyse le système capitaliste à travers la théorie de la plus-value. Dans le socialisme prussien, le travail est un devoir - dans le marxisme, c'est une marchandise. Ce qui peut être vendu ne doit pas être conservé. Un devoir est une obligation interne et n'est donc pas disponible pour le troc - c'est un ancrage dans la société, et non un choix.

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Spengler a combattu la République de Weimar et voulait avant tout éviter que sa crise ne débouche sur une révolution. Il s'est donc efforcé de dénoncer les communistes, qui voulaient mettre l'expérience du bolchevisme à l'ordre du jour en Allemagne, comme n'étant pas dignes de confiance. Dans son livre L'homme et la technique, publié en 1931, Spengler affirme que, contrairement aux discours internationalistes des partis marxistes, les peuples opprimés d'Europe ont en réalité profité de la pratique de l'exploitation dans d'autres parties du monde. A y regarder de plus près, les classes inférieures avaient elles aussi un "niveau de vie luxueux" par rapport aux peuples non-européens, grâce au "salaire élevé de l'ouvrier blanc", qui "reposait exclusivement sur le monopole que les chefs d'industrie avaient érigé autour de lui", c'est-à-dire sur le partage des profits supplémentaires générés dans les colonies.

Certes, ce sont les catastrophes de l'époque de la guerre mondiale, les crises de l'impérialisme européen et les convulsions d'un capitalisme qui s'affirme à l'échelle mondiale qui ont fourni aux mouvements de lutte communistes les armes, les arguments et la force morale. Mais ce sont les conditions extérieures qui ont amené le communisme au pouvoir, tout comme elles l'ont fait pour le fascisme italien et, plus tard, pour le national-socialisme allemand. Ces deux mouvements désormais classés "à droite" ont été précédés par l'exemple soviétique de la mobilisation d'innombrables esprits et de mains qui voulaient créer quelque chose de nouveau et de bon au sens propre, et pas seulement pour eux-mêmes et leur groupe politique ou leur classe sociale, ou même pour leur "race", mais idéalement pour toute l'humanité.

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Vladimir Lénine avait besoin d'un ennemi politique concret et l'a trouvé dans le "capitaliste". Il plaide pour la destruction sociale et physique du capitaliste, dans l'esprit des théories racistes. Pour cet "excrément de l'humanité, ces éléments désespérément pourris et dépravés, cette peste, ce fléau, ce furoncle", il ne devait y avoir aucune pitié, disait Lénine. Dans les quelques écrits où Marx a traité du racisme, il a déjà développé trois éléments fondamentaux : premièrement, le capitalisme favorise la concurrence entre les travailleurs ; deuxièmement, la classe dirigeante utilise délibérément le racisme pour maintenir les travailleurs à l'écart les uns des autres et les rendre ainsi plus contrôlables ; et troisièmement, l'oppression d'un groupe de travailleurs a des effets néfastes sur tous les travailleurs parce qu'elle les affaiblit dans les luttes de classe.

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vendredi 7 juillet 2023

Georges Sorel ou la gauche réactionnaire

 Georges Sorel ou la gauche réactionnaire

Penseur inclassable, Georges Sorel (1847-1922) est le grand théoricien du mythe mobilisateur, mais lui-même, auteur des indispensables « Réflexions sur la violence », est devenu une figure quasi mythique. Notre collaborateur Rodolphe Cart vient de lui consacrer un essai roboratif, paru aux éditions de La Nouvelle Librairie, « Georges Sorel, Le révolutionnaire conservateur ». Ligne droite, la matinale de Radio Courtoisie, le reçoit pour évoquer cette figure inclassable, à la croisée de la gauche et de la droite. À redécouvrir en ces temps de violence.


https://www.revue-elements.com/georges-sorel-ou-la-gauche-reactionnaire/

Depuis les druides jusqu'à Byblos (rediff)

 Ce titre veut accrocher votre attention en reliant l'alphabet phénicien et notre chère langue française. J'essaierai de montrer un cheminement possible. Quoi qu'il en soit, les signes idéographiques, qui auraient pu mieux préciser les variations subtiles de la pensée celtique, furent délaissés. Une possibilité d'écriture disparue.

A contrario nous pouvons constater que les chiffres arabes ont un dessin unique ; ils se prononcent de multiples façons mais se comprennent très précisément par tous. Que serait notre monde s’il y avait la confusion des chiffres autant que celles des vocables ?
Quand nous regardons les moyens de communiquer entre les hommes, nous ne pouvons qu'être frappés par l'importance des signes muets. Un geste, une mimique, une attitude sont nos premiers dialogues. En fréquence, en importance, ils sont beaucoup plus nombreux que tout autre moyen d'expression. Il semblerait même qu'avant d'arriver à l'oral, il y ait l'image.

Cette proposition visuelle faite à l'ensemble du groupe est autre que celle de la parole ; elle sert à poser une relation entre les individus du groupe et le monde extérieur rempli de mystérieuses et formidables puissances. Dans ce monde-là, la langue est ignorée. Elle est sans pouvoir. L'image combine deux données : une surface prélevée sur une portion du ciel comme de la terre, et des figures produites par l’homme-prêtre ou le hasard, signe du destin. Les Aztèques furent un peuple errant jusqu'à ce qu'ils rencontrent un aigle combattant un serpent sur un cactus. Cette vision surprenante fit signe pour y établir leur capitale. Là, maintenant, s'élèvera Tenochtitlan, future Mexico. À travers les siècles cette image est restée le blason de cette mégapole du XXIe siècle.
Comment interpréter exactement cette image ? À la différence des langues, l'image n'est pas un système. Sans nécessité d'un émetteur et d'un récepteur, il lui suffit d'un observateur. Celui-ci, bien souvent, est un sage au regard bien acéré. L'apparition de la divination constitue l'étape préliminaire à l'invention de l'écriture. À la fondation de Rome le vol de douze aigles fit signification. Les augures, observateurs des oiseaux dans le ciel, se devaient de particulariser leurs bâtons (lituus) sacrés afin de les distinguer. Ils devaient faire sens dans l'objet lui-même - bien que, comme les druides, soumis au secret le plus absolu du « droit augural », ils dussent bien transcrire en langage leurs interprétations. Sur des parties sanglantes du foie entre les mains des haruspices, il fallait bien se rappeler la signification de tel ou tel lobe. On a découvert à Faléries (auj. Civita Castellana, au nord de Rome), une maquette de foie en terre cuite. En 1877, près de Plaisance (Piacenza, en Italie du Nord, près de Milan) on en trouva une autre, en bronze, avec les inscriptions étrusques adéquates. Les devins chinois eurent leurs premiers idéogrammes sur des écailles de tortues. Le devin se contente de lire les signes, contrairement aux mages qui interpellent les dieux ou aux prophètes qui traduisent leurs volontés. Ainsi nous arrivons au pictogramme qui systématise une figure. L'éclair schématisé affirme la foudre. Pour continuer vers l'idéogramme, nous savons qu'elle est le privilège du dieu des dieux, Jupiter.
Pourtant nous n'avons pas encore en quelque sorte abordé le monde vocal. Mais nous pouvons découper l'idée par une succession de sons ; des voyelles aspirantes comme un esprit pénétrant : IOVA. IOVIS (1) Les mots, les noms sonores suivent en incantations ; précisons les intonations faisant appel. Puis faisons une première périphrase en forme de nom : « Celui qui fait éclater le tonnerre ». Ensuite toute la littérature suit.
Nous, les Gaulois, nous n'avons pas choisi les signes de notre écriture ; il y eut une période d'alphabet grec avec de l'étrusque par-ci par-là. Puis une assise large et certaine socle de pierre d'un alphabet latin rigide écrit au burin. Si les druides avaient voulu transmettre leurs sciences hermétiques, subtiles, fugaces, ils auraient pu choisir des idéogrammes. Dans telle frise cernant un vase de bronze, telle boucle de ceinture ou sur une simple fibule, nous en devinons l'esquisse. Malheureusement ce savoir occulté s'interdisait toute transcription. Est-il sage de permettre à tout un chacun d'aller parmi les mystères du monde ? La fable de l'apprenti-sorcier en illustre le danger. Grâce à la lecture alphabétique nous devenons aisément scribe et devin. La divinité nous parle avec le langage du commun des mortels. On interpelle, on tutoie la divinité. Pourtant il est intéressant de constater que les fondateurs spirituels, Socrate compris, n'écrivirent aucun mot. Tandis que leurs disciples s'accrochent à chaque lettre d'un texte que leur maître n'a jamais vu.
L'alphabet vint dans le monde celtique par Massalia (auj. Marseille), colonie de Phocée en Ionie, si proche de l'origine des Étrusque. (600 av. JC) Les marchands partaient à l'aventure vers l'Occident. Mais il fallut attendre Jules César (3) rédacteur de sa propre histoire à la troisième personne, dans un style d'une limpidité extraordinaire, pour connaître, par écrit, la Gaule (50 av. JC). La religion chrétienne, dite en araméen, écrite en hébreu et en grec, nous fut transmise par une transcription latine. Seuls les Evangiles implantèrent vraiment l'alphabet latin dans chaque village par la nécessité de l'Office Eucharistique avec ses paroles sacramentelles nécessaires. Les textes latins vinrent en surcroît. Tout ce bagage culturel était conservé au moyen de l'écriture latine.
Une écriture transmise de cette manière nous a été, au sens littéral du terme, invisible. Elle nous semblait aussi transparente à l'oral qu'il fut possible. Les Romains, comme l’Église plus tard, se méfiant du monde mental des druides, avaient intérêt à cela. La fonction de l'écriture dans une France en gestation à l'époque barbare était de strictement préserver à des fins pieuses les leçons canoniques d'un Verbe Saint. Il faut dire que les constructeurs de cathédrales, ainsi que les enlumineurs de parchemins, se rattrapèrent pour s'exprimer dans le langage des symboles. Arrivons-nous toujours à en saisir la signification ? Souvent le guide patenté s'arrête aux données techniques. Nous aurions pu, comme le Japonais dans sa langue, associer aux phonèmes (kana) des idéogrammes (kanji), s'il y en avait eu à notre disposition. Les plus proches étaient dans les profonds temples de l’Égypte pharaonique. Mais les hiéroglyphes, partiellement idéographiques, étaient trop hermétiques, trop particuliers au Nil, trop parfaits dans leur tracé pour s'associer avec d'autres expressions écrites alphabétiques.
Tout être humain se caractérise par la parole. Bien grand mot quand il s'agit souvent d'un simple et léger grognement de satisfaction ou d'insatisfaction. Les sons s'articulent plus ou moins bien suivant les cordes vocales de chacun. Chaque langue parlée possède son propre génie. Faut-il accepter l'avis de l'écrivain argentin Jorge Luis Borges, parfaitement bilingue espagnol/français, sentant que l'espagnol vous forçait à l'héroïsme tandis que le français s'imposait par sa syntaxe ? Beaucoup de personnes constatèrent que la mélodie naturelle de la langue italienne avait favorisé la naissance de l'opéra en 1607 à la cour du duc de Mantoue avec l’Orfeo de Claudio Monteverdi. L'allemand invite-t-il à la technique comme le laisserait supposer le XIXe siècle ? Seul un germaniste éminent pourrait y répondre. Nous qui vivons dans un monde arabophone, nous sommes étonnés par ses particularités vocales ; plusieurs sons nous sont inconnus : le "dad" en particulier. Même ayant deux parents libanais, les enfants élevés à l'étranger perdent par l'oreille et assez rapidement, leurs langues maternelle /paternelle. Le petit-fils venant se ressourcer au Liban doit s'adresser à ses grands parents dans une langue médiane. En poésie, domaine de l'oral jouxtant la musique, Mme Vénus Ghattas-Khoury reconnaissait la difficulté de traduire en français les poèmes en arabe d'Adonis. Elle trouvait plus d'eau dans bahr que dans "mer". Il y avait plus de feuillage dans chajarar que dans "arbre". Personnellement, je trouve plus de vastitude dans bahr, mais « la mer » danse devant mes yeux et m'invite au voyage. Cela vient-il de la chanson de Charles Trenet ? Des sonnets de Charles Baudelaire ? Est-ce un archétype révélé ? Effectivement, le chajarar bruit dans son feuillage tandis que l'arbre nous plonge du fond de ses racines « touchant à l'empire des morts » à la cime « au ciel voisine » (dans « Le Chêne et le Roseau » de La Fontaine). Dès la première syllabe, ce chêne souverain se plante profondément dans le sol, dans la gorge. Avec la seconde, il s'élève dans l'azur.
Faire un signe, aurait-il été plus parlant ? Quel aspect de la mer choisir ? « La mer, la mer, toujours recommencée ! » selon Paul Valéry ? Quel arbre choisir ? Le cèdre dans sa majesté ? Le cyprès dans son élévation ?
De toute façon, c'est dans cette région du Levant que s'inventa l'alphabet. Il faut se rappeler que les premiers oracles et prophéties, rencontrés en hiéroglyphes, se font sous Touthmôsis III et la reine Hatshepsout (1500 av. JC). Tandis que des cunéiformes attestèrent des prédictions dès Sargon d'Akkad (2334-2279 av. JC). Entre les hiéroglyphes impeccables, granitiques, solaires, et l'intelligence foncièrement démocratique des cunéiformes de la Mésopotamie, Ougarit (Syrie) tranche le langage en syllabes (1100 av. JC). Byblos (Liban) fractionne encore plus les sons en consonnes (900 av. JC). Le légendaire Cadmos, originaire de Tyr, toujours au Liban, ira à Thèbes, en Béotie, province grecque où il apportera cet alphabet - ce qui est assez paradoxal quand on se remémore l'adjectif populaire "béotien". Le génie grec ajoute les voyelles. Dès lors il s'agit d'être pratique dans les offrandes des dieux. Nous écrirons les offrandes faites, les bienfaits reçus. Mais aussi des chiffres. Que de chiffres ! s'exclama Jules Oppert, le déchiffreur des langues sumériennes. Pour le clergé, il était important de tenir à jour la comptabilité des dons faits aux Dieux. Que d'ingéniosités aux gestes maladroits s'expriment sur l'argile ayant traversé les siècles !
En vérité, quoique barbares, les Peuples de la Mer, ayant pillé les villes côtières phéniciennes, Ougarit, Byblos et les autres, repartiront vers l'Ouest pour répandre l'alphabet complet. Contrairement aux papyrus s'évanouissant en cendres, le feu des pillages affermit les cunéiformes sur l'argile recuite. Les Grecs avec les voyelles chantent les exploits des héros. Vers 540 av. JC, le noble Pisistrate, gouvernant Athènes en roi avec l'aide de la constitution de Solon, ordonne aux scribes de la Cité d'écrire une version officielle de L'Iliade et de L'Odyssée. Cela permettra aux Achéens d'Athènes de traiter leurs plus proches voisins « d'incultes et lourds Béotiens » (3). Trois siècles plus tard, en Méditerranée, parmi les aventuriers guerriers grecs, certains reconnurent quelques mercenaires gaulois. Ils prenaient plaisir à écouter les aventures de Diomède, d'Ulysse... Certains eurent même envie de raconter (en gaulois ?) puis de transcrire (en grec ?) leur propre épopée. Mais... c'était très difficile.
Toutefois c'est par la religion que la Gaule apprendra à lire et à écrire. Non par les chamans et autres sorciers, même pas par les bardes ou aèdes des nobles, mais par les clercs du clergé. Il faudra attendre bien longtemps pour que chaque sanctuaire de Gaule, des 36 000 paroisses, ait ses officiants prononçant avec exactitude leurs prières écrites sur un livre avec son papier bible, devenu sacré, au Dieu unique afin de sauver notre âme personnelle. Les mots Bible et Byblos se font ainsi écho dans les sacristies avant de prier pour nos morts. Que de bréviaires imprimés et récités aux heures canoniques, marqués par le carillon ! Les sons du peuple, sans grands supports écrits, se transformèrent en patois, différencié de vallée en vallée. L'un d'eux prit le devant et s'affina à la cour du roi de France pour donner ensuite la norme de la forme avec l'Académie Française.
Cependant, peut-être que malgré tout, même actuellement, il y a encore au fond d'une campagne, auprès d'un baptistère obscur, un vieil homme étrange. Le latin incompris, le français mal saisi, il regarde. Il suit les gestes d'un prêtre d'autrefois. Ils sont plus importants pour lui que les paroles sacramentelles. Dans le village, en observant, il cherche à comprendre la marche du destin de ses voisins au travers d'indices étranges. Sorte de druide du terroir, ce dernier prendrait pour l'anthropologie moderne le nom de chaman, comme pour tous les autres peuples trop proches de la nature. Ce sorcier-sourcier (certains prononcent l'excellent mot de "sourcellerie") est aussi un peu thaumaturge à l'occasion. Il ne comprend que des signes à lui transmis par son grand-père. Les limites de ses actions ne sont-elles pas plus grandes que celles de qui tente de saisir le monde avec l'alphabet des mots ou même des idéogrammes défilant sous ses yeux sur une étroite page ? Le bonheur de vivre l'heure présente dans toute sa magnificence profonde se raconte difficilement. Le mystère de l'existence reste plus vaste que toute expression.
Michel ROUVIERE  Écrits de Paris janvier 2011
1) Nous retrouvons ce même aspect dans Jéhovah ou Yahvé. Rappelons qu'en latin I et J, puis U et V sont similaires
2) Pour accéder à la charge de Pontifex Maximus, il revendiqua dans son discours la divinité de Vénus du côté de son père et la majesté des Rois du côté maternel.
3) Vraisemblablement dès le VIIIe siècle av. J.-C, Hésiode, vivant à Ascra en Béotie, avait écrit « Les travaux et les Jours », ainsi que la généalogie des Dieux avec « La Théogonie ».

Histoire du drapeau, par Bertrand Galimard Flavigny

 

Histoire du drapeau, par Bertrand Galimard Flavigny
Histoire du drapeau, par Bertrand Galimard Flavigny

Bertrand Galimard Flavigny, journaliste, écrivain et chroniqueur à La Gazette Drouot, est déjà l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages traitant notamment de la Noblesse, de l’Ordre de Malte, des décorations françaises ou encore de bibliophilie. Cette fois, c’est une savante Histoire du drapeau de France et d’ailleurs qu’il signe chez Perrin.

Quelle que soit la forme qu’il revêt, le drapeau demeure l’emblème le plus important, le plus fort dans l’esprit des hommes, qu’ils soient militaires ou civils. Le mot drapeau est assez récent, fait remarquer Bertrand Galimard Flavigny. Il a émergé au tournant des XVIe-XVIIe siècles. Nos ancêtres parlaient plus volontiers de bannière, de gonfalon, de penon, de pavillon ou d’étendard.

Mais cette histoire débute avec les enseignes des légions romaines, ces hampes – à l’époque une lance – surmontées d’un aigle, remplacé par le labarum après la conversion de l’empereur Constantin au christianisme. C’est sous l’empereur Hadrien que les légions commencent à utiliser une hampe munie d’une barre transversale portant une pièce d’étoffe carrée, appelée vexillum. De leur côté, les Celtes, les Gaulois comme les Germains se regroupaient également autour d’enseignes, généralement surmontées d’un sanglier.

Plus tard, la chape de Saint Martin aurait été la bannière de guerre des rois de France pendant six siècles. On rapporte qu’elle aurait été brandie lors de la bataille de Poitiers en 732. Elle était conservée dans une pièce près du tombeau de Saint Martin. Les rois venaient l’y chercher en grande pompe avant de livrer bataille. Il y eut ensuite l’oriflamme de Saint-Denis, que Louis VI dit le Gros fut le premier roi de France à brandir. La remise de l’oriflamme au roi était réglée selon un protocole qui dura près de quatre siècles. Cette oriflamme aura été levée quarante et une fois et portée en mer à quatre croisades, au cri de guerre “Montjoie !”. Bertrand Galimard Flavigny rappelle ensuite l’importance des couleurs des oriflammes et bannières pour s’identifier durant les Croisades.

Ce livre nous entraine naturellement à travers des siècles d’histoire, expliquant les drapeaux successifs de la France, les origines de l’Union Jack, de la bannière étoilée, ainsi que de nombreux autres pays, mais aussi de provinces et régions. Il nous montre aussi l’évolution du sens donné au drapeau rouge ou noir

Si le drapeau existe, c’est grâce à la marine, explique encore l’auteur, puisqu’il est démontré que la formation des pavillons nationaux est née sur les vaisseaux.

Cet ouvrage de vexillologie se révèle tout simplement passionnant et contient un glossaire, une chronologie et plusieurs annexes.

Ex Libris

Histoire du drapeau de France et d’ailleurs, Bertrand Galimard Flavigny, éditions Perrin, 304 pages, 23 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/histoire-du-drapeau-par-bertrand-galimard-flavigny/177020/

Les rois francs : L'an mil de Robert le Pieux [3/3], avec Laurent Theis

jeudi 6 juillet 2023

Parler de la misère au Moyen Âge, avec Jean-Louis Roch

Cochise, chef des Apaches chiricahuas, par Edwin R. Sweeney

 

Biographie : Cochise, chef des Apaches chiricahuas
Biographie : Cochise, chef des Apaches chiricahuas (collection Nuage rouge, éditions du Rocher)

Edwin R. Sweeney est l’auteur de nombreux livres et articles sur les Indiens du sud-ouest des Etats-Unis. Tous les amateurs d’histoire des Indiens d’Amérique se réjouiront de la réédition de la traduction française de sa biographie de Cochise publiée bien évidemment dans l’excellente collection Nuage rouge des éditions du Rocher.

Comptant parmi les plus grands chefs des Indiens d’Amérique, Cochise (1810-1874) fut un homme des plus redoutés en même temps qu’admirés à bien des titres et qui marqua de son empreinte durant plusieurs décennies les relations entre Blancs et Indiens dans les territoires encore peu sûrs de la frontière. Stratège émérite, qui acquit sa renommée dans et par la guerre, il mourut en paix après avoir été souvent au centre des événements agités de la région frontalière, où son peuple fut à maintes reprises en lutte contre les forces armées, parfois coalisées, de deux puissantes nations.

Cochise était un personnage complexe, captivant, doué d’une intelligence aiguë, d’un physique impressionnant et de qualités sortant de l’ordinaire. C’était un orateur de talent selon le style et les critères propres à son peuple, un homme de caractère et d’honneur qu’il mesurait d’après ses normes à lui, celles d’une société tribale, violente, cruelle et impitoyable. Ses aptitudes exceptionnelles lui permettaient de discuter d’égal à égal avec les généraux et les gouverneurs comme avec l’homme de la rue. La plupart des Blancs qui le connurent en période de paix ou de trêve semblèrent au moins aussi impressionnés par sa dignité tranquille, la souplesse de son intelligence et son esprit acéré que par son autorité et l’emprise qu’il exerçait sur les autres Indiens.

Un grand guerrier mort dans son lit

Vers la fin des années 1860, sa guerre devint, par la force des choses, essentiellement défensive. Les campagnes lancées contre lui par les armées mexicaine et américaine réduisirent progressivement sa marge de manœuvre, ne lui laissant d’autre choix que de contre-attaquer le plus violemment possible et d’exercer des représailles chaque fois qu’il le pouvait.

Le 8 juin 1874, Cochise mourut dans sa forteresse, probablement d’un cancer de l’estomac. Ainsi s’acheva la vie d’un des plus grands chefs apaches du XIXe siècle. Il avait affronté sans jamais être vaincu les soldats de quatre Etats et de deux pays. Il avait combattu avec toute l’énergie dont il était capable, mais avait fini par considérer que les Chokonens devaient faire la paix avec leurs ennemis ou accepter de disparaître.

Ex Libris

Cochise, chef des Apaches chiricahuas, Edwin R. Sweeney, éditions du Rocher, collection Nuage rouge, 510 âges, 24,90 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/cochise-chef-des-apaches-chiricahuas-par-edwin-r-sweeney/177096/

Les rois francs : qui était le bon roi Dagobert ? [2/3], avec Laurent Theis

mercredi 5 juillet 2023

24 décembre 1894 : Jean Jaurès antisémite (redif)

 La veille de Noël 1894, Jean Jaurès est expulsé de la Chambre des députés. On lui reproche des propos antisémites tenus à la tribune. Le parlementaire a en effet dénoncé « la bande cosmopolite », en se moquant des « foudres de Jéhovah maniées par M. Joseph Reinach ».

Joseph Reinach fait partie d'un groupe de juifs qui furent largement éclaboussés par le scandale financier de la Compagnie de Panama, au cours duquel son beau-père fut très compromis. Ancien secrétaire de Gambetta, Reinach était député des Basses-Alpes depuis 1893. Le journal La Petite République, qui fut l'un des premiers grands quotidiens socialistes et l'organe de liaison des divers groupes socialistes de l'époque, était animé par Jaurès, avec Alexandre Millerand, Viviani, Jules Guesde. Le journal avait surnommé Joseph Reinach "Youssouf" et le désignait comme un « Juif ignoble »... La Petite République s'intéressait beaucoup à « Rothschild, le tout-puissant milliardaire, ce roi de la République bourgeoise ».

En 1895, le quotidien socialiste dénonce les « Juifs rapaces comme cette bande de Rothschild qui écrasent l'Europe entière de leur tyrannie et de leurs milliards (...) ces financiers cosmopolites ». La même année, évoquant le cas d'Isaïe Levaillant, ancien préfet et directeur de la Sûreté générale, démis brutalement de ses fonctions en raison d'une sombre affaire de prévarication et devenu un dirigeant du Consistoire central, le journal déplore la « formidable puissance malfaisante des juifs, en matière administrative et judiciaire ».
On comprend mieux, ainsi, l'affaire du 24 décembre 1894 et cet épisode, qui fait désordre aujourd'hui, au point que les thuriféraires de Jaurès oublient d'en parler (1), n'a pas de quoi surprendre ceux qui connaissent la carrière du tribun, mais aussi l'importance de l'antisémitisme au sein du socialisme français du XIXe siècle, depuis George Sand, Pierre Leroux (le juif est « odieux par son esprit de lucre et de spoliation »), Fourier, Toussenel (auteur de Les Juifs, rois de l'époque), Proudhon (qui parle de « cette race qui envenime tout, en se fourrant partout »), Blanqui.
Dans le dernier tiers du XIXe siècle, le développement du mouvement ouvrier, du syndicalisme et du socialisme provoque une floraison d'organisations, de journaux et de revues.
Ainsi l'ouvrier teinturier Benoît Malon, un des fondateurs de la 1ère Internationale, réfugié en Suisse puis en Italie après la Commune, une fois revenu en France fonde la Revue socialiste. Ou y retrouve un point commun à ceux qui se réclament, d'une façon ou d'une autre, du socialisme : le parallèle entre les méfaits du capitalisme et l'influence des juifs.
Jaurès, qui n'est alors qu'un dirigeant socialiste parmi d'autres, s'inscrit dans ce paysage. Le 7 juin 1898, il écrit : « La race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n'est pas par la fièvre du prophétisme, manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corruption et d'extorsion. » Quand l'Affaire Dreyfus aboutit, dans un premier temps, à la condamnation de l'accusé, Jaurès estima que celui-ci avait échappé à la peine de mort grâce au « prodigieux déploiement de la puissance juive ». Mais, dans les derniers mois de 1898, Jaurès changea de cap et se rangea dans le camp des dreyfusards, en lui apportant un concours très actif.
Jaurès fut récompensé de cette évolution lorsqu'il fonda, en 1904, le quotidien L'Humanité auquel collaboraient entre autres René Viviani, Aristide Briand, Léon Blum, Tristan Bernard, Lucien Herr. Pour financer son journal, Jaurès eut l'appui du banquier Louis Dreyfus, de Lévy-Bruhl, de Salomon Reinach et d'autres membres de leur communauté. Emile Cahen s'en expliqua en 1906 dans Les Archives israélites : « Les grands services rendus à la cause de la justice et de la vérité par M. Jaurès lui ont créé des titres indiscutables à la reconnaissance de tous les Israélites français. Ce sont eux qui, en très grande partie, l'avaient, il faut bien le dire, aidé à fonder son journal. »
P V. RIVAROL
(1) Il n'en est ainsi pas question à la mairie (socialiste) du XVIIIe arrondissement de Paris qui organise justement une exposition à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de Jaurès, le 3 septembre 1859 (NDLR).

Climat, des modèles pas vraiment top 2/2

 

Il s'agit donc au mieux d'approximations qui, la plupart du temps, s'écartent des observations de terrain. Ou les infirment totalement. D'où la tentation de « compenser les écarts » (= tricher en novlangue) pour ne pas perdre la face. C'est aussi une des méthodes de prédilection des sondeurs politiques.

 
            Fiabilité des modèles et observations réelles 

Des modèles trompeurs à ne pas suivre !

Les béotiens matraqués par la propagande médiatique ont fini par tenir pour infaillibles les modèles du GIEC.

Une aura de science qui impressionne les ignorants, servie par des « intellectuels » en blouse et barbe blanches, dignes et sérieux, renforcés par des escouades de jeunes ambitieux au léger vernis, courant après les subventions. Et une abondance de termes de pataphysique pour impressionner le bon peuple.

Or il faut rappeler cette évidence : un modèle ne rend que ce qu'on y a mis dedans. Le cas le plus typique est la courbe en crosse de hockey de Mann, le Saint Graal du GIEC, abandonnée après que le MIT l'ait qualifiée « d’artefact mathématique médiocre », et la justice de « fraude caractérisée ».

Son auteur avait tout simplement lissé 1000 ans d'évolution climatique, gommant l'optimum médiéval et amplifié le léger réchauffement observé depuis le petit âge glaciaire. Cécité ou complicité, personne n'avait rien vu. Ou n'osait protester. Le docteur Tim Ball géo climatologue qui réussit à faire condamner Mann subit l'opprobre de ses pairs et des pressions soutenues des éditeurs et des organisateurs de colloques, au cours d'un procès qui dura près de 10 ans.

Les autres modèles du GIEC ne sont pas des supercheries aussi grossières. Instruits par les déboires de Mann, les affabulateurs opèrent désormais par petites touches plus discrètes. N'hésitant quand même pas à redresser les courbes pour qu'elles aillent toutes dans le « bon sens », celui d'un réchauffement accéléré et cataclysmique.

 C'est au moment où le GIEC ne sait pas expliquer la fin du réchauffement cyclique que le tapage médiatique est le plus fort pour occulter le phénomène !

Loin de la pratique consistant à observer et répertorier des faits, puis à chercher des corrélations entre eux suggérant des tendances permettant d'en tirer une loi, avant d'en vérifier les tenants et aboutissants lors d'expérimentations renouvelables, en soumettant sa méthodologie à ses pairs... Méthode scientifique classique, hors physique quantique...

Les gens du GIEC assènent des axiomes se renforçant les uns les autres, ne retenant que les données les confortant, et écartant, modifiant ou marginalisant celles incompatibles avec leurs conclusions prédéterminées ! Et ceci aboutit à un paradigme présenté comme irréfragable.

D'autant plus que le GIEC est devenu un club privé où l'on se coopte entre réchauffistes. Et que, dans certains pays dont la France, les pouvoirs politiques et la pression médiatique prétendent imposer une vérité scientifique officielle.

Comme en d'autres temps pour le géocentrisme, le lyssenkisme, la phrénologie ou la "science raciale" des nazis, une circulaire de Pécresse quand elle était ministresse des universités interdit de seulement faire allusion aux théories anti-réchauffistes. Or la vraie science n'a nul besoin des diktats des politiciens pour appuyer ou réfuter ses démonstrations.

Perroquets instruits, craintifs ou flatteurs

J'appartiens à une génération à la fois cartésienne et contestataire. Non seulement on appliquait à la lettre les schémas d'analyse critique du discours de la méthode, mais avec une suave perversité on se délectait à étriper les vaches sacrées pour voir ce qu'elles avaient dans le ventre.

Aujourd'hui, je suis stupéfait de constater la soumission et l'absence de réflexion personnelle chez la plupart des jeunes scientifiques avec lesquels il m'arrive parfois de débattre. Parce que certains Bac + 8 ou + 10 s'alignent de façon pavlovienne sur les vaticinations d'une mongolienne semi-illettrée mais médiatisée. Abdication de la raison au profit de la pression sociale !

Avant 30 ans, beaucoup de ces jeunes scientifiques sont déjà formatés. Crainte révérencielle des mandarines et des mandarins, susceptibles de briser la carrière d'un hérétique, et ambition d'accéder à un poste de chercheur ou d'enseignant au prix d'une indigestion de couleuvres avalées, pour une minorité de cyniques qui savent à quoi s'en tenir mais font « comme si ». Sans doute, mais pas que... Même si leurs craintes sont justifiées !

Vous osez discuter ? On vous vire ! Au nom d'un prétendu consensus qui proscrit le doute...

Parmi les victimes les plus connues de la vindicte réchauffiste, cette liste non exhaustive : Hendrik Tennekes viré du poste de directeur de la recherche de l'institut météorologique hollandais, Aksel Winn-Nielsen, ancien directeur de l'Organisation Météorologique Mondiale, éjecté, ou encore les éminents universitaires italiens Alfonso Sutera et Antonio Speranza privés de tout crédit de recherche. Les uns et les autres coupables d'avoir contesté les fondements de l'hypothèse du prétendu réchauffement climatique anthropique.

Mais aussi Suzan Crockford docteur en zoologie virée de l’université de Victoria pour avoir dénoncé le détournement de photos d'ours blancs cachectiques, cancéreux ou grièvement blessés, dont l'état de faiblesse était imputé au réchauffement climatique. Tandis que, depuis 20 ans, leur population globale s'est accrue de près de 50% infirmant les clameurs annonçant la disparition de cette espèce !

Mais encore Peter Ridd universitaire à la James Cook University du Queensland renvoyé pour avoir attribué le dépérissement des coraux à la pollution marine liée aux rejets industriels et domestiques, et à la prolifération d'algues et d'animalcules qui colonisent le corail. Au lieu de dénoncer comme unique cause le soi-disant réchauffement anthropique. 

Au procès, les attendus de la cour furent révélateurs : « Ayant refusé de signer des articles dans lesquels il avouait avoir eu tort (NDLR : façon procès staliniens de Moscou) Ridd a été victime de persécutions, de brimades, et d'un harcèlement hystérique jusque dans sa vie privée, alimentés par une vindicte systémique sans autre reproche que d'avoir exprimé une théorie non conforme à ce que professaient ses collègues. »

Quant à la France, est-il utile de rappeler les tombereaux d'injures déversés par les médias aux ordres sur Claude Allègre,  médaille d'or du CNRS et membre de l'Académie des Sciences ? Avec cet argument spécieux : « Il n'est pas climatologue ! » Sans dire que les 2 patrons du GIEC de l'époque, le Français Jouzel et l'Indien Pachauri étaient l'un physicien atomiste et l'autre ingénieur ferroviaire.

On est loin de l'esprit de Harvard où le prof n'est pas là pour imposer sa théorie et ses lubies. Ce sont les étudiants qui, en discutant, analysent des données concrètes et en extraient des conclusions pouvant déboucher sur des concepts. Provisoires parce qu'ils seront à leur tour passés au crible de la critique constructive. Évidemment, quand on retourne en France, on a du mal à se débarrasser de ces « mauvaises habitudes » . 

Avantage de la démarche : On apprend à peser le pour et le contre pour se forger une opinion, et à défendre son point de vue à coup d'arguments et de contre-arguments. C'est une approche confrontée à la réalité des faits, très loin du cours magistral destiné à formater des imbéciles instruits.

En France, sont considérées comme des vertus l'incapacité à sortir des chemins balisés parce que l'enseignement secondaire et supérieur des 50 dernières années s'est ingénié à raboter le sens critique, annihiler l'esprit frondeur, condamner le goût des discussions hors piste, et rejeter cet extraordinaire stimulus pour l'esprit qu'est la remise en cause des théories qu'on croit acquises pour les exploser, et en explorer de nouvelles.

Des voyants à la vue trouble

L'évolution des climats dépend d'une multitude de paramètres, la plupart aléatoires, qu'on parvient à sérier séparément mais dont on a le plus grand mal a déterminer l’inter connectivité parce que celle-ci est également conjoncturelle et ponctuelle.

Prétendre maîtriser l'ensemble de ces paramètres, en les confiant à un ordinateur qui pratique des tris croisés et des extrapolations selon le programme qu'on lui a implémenté, témoigne d'une extraordinaire suffisance confinant à l'arrogance.

La plus énorme erreur est de vouloir fixer des tendances s'appliquant partout de la même manière, avec une obsession maniaque : Prédire et justifier le réchauffement global. Et une cécité ahurissante attribuant un rôle prépondérant au CO2 responsable de tous les maux !

C'est tout simplement ascientifique car le principal gaz à effet de serre est la vapeur d’eau. H2O représente 2% de l’atmosphère soit 50 fois plus que le CO2 (= 0,04%)

Or dans les modèles du GIEC, le CO2 vire à l'idée fixe quand, dans l’atmosphère il est mélangé à la vapeur d’eau qui possède de larges bandes d’absorption qui recouvrent en intensité et fréquences celles du CO2 avec un ratio de 50 pour 1

C'est la vapeur d'eau qui absorbe par saturation la quasi-totalité de la chaleur, soit 90% des infrarouges, le reste étant imputable à d'autres gaz comme l’ozone ou le méthane. Mais la chaleur ne s'accumule pas par additions successives !

En outre, les "savants" du GIEC ignorent l’effet du gradient thermique vertical : L'air chaud monte et perd 2°C/1.000 pieds. Quand il fait 25°C au sol, il ne fait plus que 12° à 2000 m.

Enfin le GIEC ne tient pas compte de l’accélération du cycle de l’eau qui se traduit avec la chaleur par un épaississement des couches nuageuses, avec pour effet d'accroître l’albédo de la terre et donc de renvoyer davantage de rayons solaires vers l’espace, diminuant ainsi l’effet de serre et le réchauffement tant redouté.

Demain peut-être le refroidissement climatique?

Pied de nez au GIEC et à ses astrologues, des astrophysiciens se fiant à une baisse constante de l'activité solaire ont émis l'hypothèse qu'on pourrait connaître une période glaciaire de quelques siècles semblable à celle consécutive au « minimum de Maunder » à partir de 2030.

Coïncidence ? L'inénarrable Jouzel que les brosses à reluire des télés présentaient comme un prix Nobel (excusez du peu !) du fait de sa seule appartenance au GIEC, professait qu'une nouvelle ère glaciaire s'annonçait. Oui mais ça c'était avant. Avant que le GIEC l'embauche.

Pour Richard Lindzen, professeur au MIT et physicien spécialiste de l'étude de l'atmosphère : « Il n'y a pas de consensus, unanime ou non, sur les tendances de long terme du climat et sur leurs causes  (…) Nous ne sommes pas en position d'attribuer avec suffisamment de confiance les changements climatiques passés au dioxyde de carbone ou de prédire ce que le climat sera dans le futur »

Tandis que feu Frédérick Seitz, physicien expert en structure des matériaux et rayonnements ionisants, et  président de l'Académie des Sciences des USA, disait : « Il n’existe aucune preuve scientifique convaincante indiquant que les émissions de dioxyde de carbone, de méthane ou d’autres gaz à effet de serre causent ou causeront, dans un avenir prévisible, un réchauffement catastrophique de l’atmosphère de la Terre et une rupture de son climat.»

Contre la science, pensée unique et pensée magique

Les cycles climatiques courts (siècles) et intermédiaires, (millénaires) sont fonction d'abord de l'activité solaire, à laquelle il convient d'ajouter pour les cycles longs une incidence plus marquée des variations d’orbite de la terre, des changements de son inclinaison et de son axe de rotation. Avec à la marge les grandes éruptions volcaniques.

Ce sont les paramètres de Milankovitch. 

Les paramètres de Milankovitch ont été validés par la science expérimentale :

Par l'analyse des isotopes de l'oxygène dans les glaciers, la paléoclimatologie confirme les corrélations avec les éruptions solaires et les ralentissements d'activité de notre astre.

La cyclostratigraphie entérine la théorie astronomique des climats, par l'analyse des cycles sédimentaires qui sont autant d'indicateurs dans les dépôts carbonés stratifiés de l'influence de la précession, de l'obliquité et de l'excentricité.

Sur des périodes plus courtes de l'ordre de 10.000 ans, le dendrochronologie étudie des cernes des arbres y compris fossilisés, révélant la succession des période chaudes, froides, sèches, humides et leur durée.

Mais qu'importe ! Les réchauffistes sont persuadés de savoir distinguer le Vrai du Faux, le Bien du Mal, comme leur Greta voit et sent le CO2, et se sont auto-investis de la mission sacrée de protéger l'espèce humaine contre ses propres erreurs.

Ils annoncent des cataclysmes qui correspondent à des événements climatiques extrêmes comme on en a toujours connu, en taisant qu'en 1931 : 3,7 millions de personnes sont mortes du fait de catastrophes naturelles. Pour 11.000 seulement en 2018. Alors qu'entre temps, la population mondiale a quadruplé.

Pour les chamanes de la nouvelle religion réchauffarde, tous ceux qui ne pensent pas comme eux sont dans le Faux et le Mal, et menacent la survie de l'humanité. Les réchauffistes ont donc un devoir impératif de museler tous ceux qui contestent leurs lubies. C'est une logique d'inquisiteur. Ou de stalinien. Ou de Khmer rouge repeint en vert.

Le réchauffisme est une religion laïque comme était le communisme au siècle précédent. Avec son dogme, ses rites, ses messes, son haut et bas clergé, ses ouailles, sa sainte bécasse, sa bureaucratie lourde, sa propagande omniprésente, ses interdits alimentaires (« devenez végétariens pour sauver le monde !») et son inquisition médiatique prompte à punir de la mort sociale les blasphémateurs et les hérétiques.

Bien entendu cette attitude ne favorise pas un débat scientifique, que de toute façon les réchauffistes esquivent en traitant par l'anathème et l'excommunication leurs contradicteurs. On ne discute pas avec le diable !

Nouvelle datation pour le Cairn de Gavrinis (56).

 

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30/09/2014 – 07H00 Gavrinis (Breizh-info.com) – Le Cairn de Gavrinis situé sur l’île du même nom dans le Golf du Morbihan (Commune de Larmor Baden) fait actuellement l’objet d’une nouvelle étude scientifique afin de réévaluer sa datation. Serge Cassen (CNRS Nantes), et Laurent Lecop (ENSA Nantes) sont en charge de ce dossier.

Le site est daté du Néolithique et considéré comme l’un des plus importants site mégalithique d’Europe. Le cairn et son tumulus qui mesure 50m de diamètre est composé d’une chambre funéraire unique précédé d’un couloir d’accès de 14 mètres. C’est ce dernier qui retient l’attention des historiens et scientifiques en raison des 23 dalles sculptées sur les 29 qui le composent. Celles-ci présentent en effet des motifs courbes profondément gravés dans la roche. Les dernières datations du site repousseraient sa construction au début du IVe millénaire (vers – 4000 à – 3800 ans).

(Sources : Archéologia, n°524, sept 2014, p8,9)

https://www.breizh-info.com/2014/09/27/16593/nouvelle-datation-cairn-gavrinis-56/