mardi 2 août 2022

Climat, du nouveau sous le soleil !

 

« L'arbre fontaine », Dessin d'enfant par un élève de l'école élémentaire Louis Malet, Celleneuve, Montpellier.

Cet article revient sur mes « propos sur l’effet de serre » publiés sur cette même plateforme d’informations citoyennes il y a maintenant plus d’un an.

En effet, depuis cette publication-là de grosses quantités d’eau sont passées sous les ponts et, surtout, de nouvelles informations sont arrivées à mes oreilles telles que mes conclusions d’aujourd’hui ne seraient plus du tout les mêmes.

Rappelez-vous comment j’avais démontré à partir de simples critères de bon sens à quel point la thèse GIEC d’un soi-disant « forçage radiatif » à base d’interceptions de rayonnements infrarouge par divers gaz prétendument « à effet de serre » ne tenait pas debout une seconde pour qui détiendrait quelques notions d’aérologie voire de physique des gaz niveau collège. Le GIEC expliquait par sa thèse les causes de l’effet de serre naturel ainsi que celles du dérèglement climatique. J’ai, par ailleurs, complété mes « propos sur l’effet de serre », lesquels n’étaient qu’une simple mise au point sur les égarements climatiques officiels, par une vidéo pédagogique « Le climat expliqué simplement » publié un temps plus tard. Étant d’une génération ayant apprit à l’école que les interceptions d’énergies reçues du soleil étaient essentiellement le fait des surfaces et du cycle des eaux mais jamais par échange de chaleur avec l’extérieur (hors surfaces de contact) d’une masse d’air, je n’ai aucun mérite à ça, l’effet de serre s’expliquant simplement. Par contre vouloir expliquer l’actuel dérèglement est plus difficile et le résultat plus ou moins douteux. Le GIEC a ses certitudes que nous savons louches mais pas moi. J’avais une hypothèse liée aux propriétés physiques probablement différentes entre des airs aux compositions sèches différentes mais ce n’était finalement pas la bonne explication.

Dont acte, en fait la réalité est autre et elle est maintenant connue. C’est là un des résultats d’une étude lancée en 2017 et qui vient d’aboutir sur le cycle de l’eau. Cette étude, en fait, n’a fait que compiler savamment des savoirs traditionnels et d’autres plus contemporains sous la direction d’un certain Jean-Luc Galabert avec participation de nombreux collaborateurs. Un document de 124 pages daté du 10 juillet 2022 est sorti. Deux versions type pdf sont en accès libre sur Internet. Son long titre « Comprendre les cycles hydrologiques et cultiver l’eau pour restaurer la fécondité des sols et prendre soin du climat » ne nous dit même pas tout de la densité documentaire en savoirs inédits révélés par le document. Quoique ces savoirs préexistaient mais de manière disparate et au sein parfois de communautés plutôt refermées sur elles-mêmes.

Cinq thèmes sont traités dans le document  :

- La complexité du cycle de l’eau dès lors qu’on entre dans les détails.

- Que les sols vivants retiennent l’eau.

- Que le végétal crée de l’eau nouvelle et que cela génère de la pluie.

- Que le seul élément à effet de serre est l’eau et que restaurer les cycles de l’eau c’est restaurer le climat. (ici j’interprète un peu, les auteurs restant encore un peu prisonniers de vieilles idées reçues mais c’est bien ce qu’il faut comprendre au final.)

- Qu’il a déjà été démontré par expériences qu’il est possible de reverdir des déserts.

Bref, il y a plein de conclusions à tirer après lecture du document,

- D’abord que nous nous sommes tous trompés sur les causes du dérèglement climatique, par ailleurs bien réel et visible à l’œil nu.

- Qu’il n’y a pas de relation de cause à effet entre le taux de gaz carbonique (CO2) et la température moyenne sur Terre. Qu’en réalité une montée des températures et du taux de CO2 sont deux symptômes agissant de concert avec la dégradation de la couverture végétale des parties émergées de la Terre.

- Qu’en conséquence de quoi le CO2 issue de la combustion d’énergies fossiles à base de carbone n’est pas responsable du dérèglement climatique. Que c’était là tout simplement une fausse piste ! Ces combustions restent bien sûr critiquables pour plein d’autres raisons et ce ne serait certainement pas une bonne idée de renoncer à faire des efforts de sobriété pour autant. Par contre la stupide en de nombreux points « transition énergétique » que voudrait imposer le gouvernement a encore moins de sens désormais (Mais bon, ce n’est que mon avis ! ).

- Que la couverture verte des parties émergées de la Terre est dégradée, que celle-ci se dégrade de plus en plus et que cela dégrade le climat sur tout le globe Terrestre.

Par ailleurs nous savions déjà, suite à plusieurs mauvaises expériences, que la dégradation d’un écosystème local pouvait avoir de très graves effets sur le climat de la zone impactée. L’une des plus célèbres catastrophes du genre reste celle des « Dust Bowls », ces soudaines tempêtes de sables ayant frappé le centre des États-Unis dans les années 30, transformant des anciennes prairies à bisons en désert, ruinant nombre d’agriculteurs et faisant de nombreux morts. Je recommande à ce sujet la poignante série en quatre épisodes passée sur ARTE et encore en accès libre (jusqu’au 29 août) sur Youtube, chaîne ARTE : « De la poussière et des hommes ».

Tempête de sable américaine dite « Dust Bowls »

Nous savons également que de nombreux déserts n’ont pas toujours été des déserts. C’est même le cas du Sahara, la chose étant prouvée par des peintures rupestres.

Dessin rupestre au Sahara

Il faut donc attendre le pire de l’actuel dérèglement climatique global. Ce qui pourrait advenir à plus ou moins long terme devient totalement imprévisible, contrairement à ce qu’il en était à partir des hypothèses officielles GIEC qui expliquait le phénomène en accusant le CO2. Par contre nous avons au moins une solution alors que réduire nos émissions de CO2 à zéro était irréalisable. La solution consistera à mettre le paquet sur tout ce qui concerne les couvertures végétales des terres émergés. Il nous faudra revoir la plupart de nos pratiques agricoles, restaurer nos paysages campagnards et nos forêts. Il nous faudra casser des bétons et des goudrons fussent-ils neufs ou prétendument « indispensables », planter de la verdure et des arbres même en ville, etc.... Pour que nos enfant profitent d’une nature redevenue agréable à vivre !

https://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/climat-du-nouveau-sous-le-soleil-242964

Brève histoire de la gauche caviar (1/9)

 

Laurent Fabius
 

Bling-bling et rose fluo, la gauche Netflix a depuis longtemps abandonné la gestion des pauvres à Marine Le Pen et à Patrick Sébastien. Elle, elle s’occupe des minorités et de ses intérêts. Le peuple est mort, vive les « people ».

En Grande-Bretagne, on l’appelle « la gauche champagne », en Allemagne « la fraction Toscane », aux États-Unis « les libéraux Limousine » ou « le gauchisme de Park Avenue ». En France, c’est la gauche caviar, marque déposée. Équitable, bio, citoyenne, sans glyphosate, tant qu’on voudra, mais caviar à la louche et service en argent.

Elle a la Rolex de Jacques Séguéla, les chemises à prix d’or de BHL, le duplex somptueux place des Vosges de Jack Lang, les costumes à 35 000 euros de Strauss-Kahn. Parfois même, comble du snobisme, elle débarque en « deudeuche » Charleston pimpante dans la cour de Matignon, comme la femme de Laurent Fabius, en 1984, alors que son futur « ex » venait d’être nommé Premier ministre. Bref, elle a érigé le double discours au rang de vertu politique. Aux heures d’ouverture, elle défend le RSA. Le reste du temps, elle dort dans la soie.

Tartuffe a trouvé son maître. C’est la gauche la plus adroite du monde. Elle va de L’Obs aux petits marquis du PS ralliés à Macron, des indignés du showbiz aux pétitionnaires de la rive gauche, même si le chic gauchiste d’antan, aux plis savamment intellectuels, n’a plus vraiment la cote. Jean-Paul Sartre défoncé aux amphétamines préfaçant Les Damnés de la terre de Frantz Fanon, Françoise Sagan déclarant préférer pleurer dans une Jaguar que dans un autobus, Leonard Bernstein invitant les Black Panthers dans son duplex new-yorkais de treize pièces avec terrasse, tout ça, ça fait vieux jeu. Loin du cosmopolitisme raffiné, les nouvelles générations – même si elles ont désormais la soixante-dizaine bien tassée – ne jurent que par le luxe tapageur de la « loukoum connection », le gang de Marrakech, qui donnerait presque à l’autre gang, celui du Fouquet’s et de Sarkozy, un petit air rétro et maréchaliste de France old school.

L’argent qui pourrit jusqu’à la conscience du gauchisme

Le grand critique Albert Thibaudet avait l’habitude d’opposer les boursiers et les rentiers, la gauche et la droite. C’était le temps béni de la IIIe République. La gauche se voulait alors kantienne, morale et bégueule comme une bonne vieille fille infortunée qui attend sa revanche, en dépit des « chéquards » du scandale de Panama (qui a ruiné des centaines de milliers d’épargnants à la fin du XIXe siècle) et de l’affaire Stavisky, le « beau Sacha », roi de l’entourloupe et des valeurs républicaines, « suicidé d’une balle tirée à 3 mètres » en 1934. Elle dénonçait pompeusement « le mur de l’argent », même si elle s’en accommodait, du Cartel des gauches à Mitterrand fustigeant au Congrès d’Épinay (1971) « l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ». Et question pourrissement, Mitterrand en connaissait un chapitre.

Ce n’est certes pas la première fois qu’il y a des socialistes en or massif – Friedrich Engels, le comparse de Karl Marx, n’était-il pas issu d’une très riche famille d’industriel ? –, mais c’est la première fois qu’ils vous jetaient à la face leur train de vie. Dans les années 1980, le PS n’était plus qu’un club de nantis dominé par une poignée de multimillionnaires qui se prenaient pour les héritiers des Lumières.

Au XVIIIe siècle, les grandes dames de l’aristocratie recevaient les « esprits éclairés » dans leurs salons… et dans leur lit. Tel était l’âge d’or des salonnières et des duchesses. Il fait toujours frissonner de plaisir l’échotier des mondanités roses, l’inénarrable Laurent Joffrin, directeur-dictateur à vie de L’Obs et de Libé, auteur d’une grandguignolesque Histoire de la gauche caviar (2006), où Voltaire devient le père putatif de ladite gauche et La Fayette son grand-oncle d’Amérique, avec Victor Hugo et Émile Zola en fils prodigues, et Laurent Joffrin en ravi de la crèche se prenant pour un scénariste hollywoodien.

Les « sans-dents » en or et la gauche Netflix

Du peuple, il n’est plus question depuis très longtemps. Sous ces latitudes, entre le café de Flore et la Closerie des Lilas, on n’a pas attendu le rapport de la Fondation Terra Nova (2011) pour révoquer les « sans-dents ». Le « beauf » de Cabu, les « Deschiens » de Jérôme Deschamps, le Dupont Lajoie d’Yves Boisset avaient déjà préparé le terrain. C’est qu’aujourd’hui, il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un Gilet jaune d’entrer au royaume du PS, fut-il défunt. L’ex-« parti au poing et à la rose » recoupe ainsi la sociologie progressiste du macronisme, située entre les classes moyennes supérieures et l’hyper-classe mondialisée. Les premières consomment dans les pages de L’Obs et les séries Netlix le prêchi-prêcha woke que la seconde y déverse. À vous réconcilier avec la droite – si jamais vous étiez fâché avec elle.

Photo : Françoise Fabius, épouse du Premier ministre Laurent Fabius, avec sa 2 CV dans la cour de l’Hôtel Matignon le 20 juillet 1984 à Paris.

Prochain épisode : Bernard-Henri Lévy, le Rienologue milliardaire (2/9)

https://www.revue-elements.com/breve-histoire-de-la-gauche-caviar-1-9/

L’autre visage de la Guerre d’Espagne

 

L’autre visage de la Guerre d’Espagne

Pio Moa a été militant du Parti Communiste Espagnol puis fondateur de groupe de résistance maoiste GRAPO. Ardent combattant anti-franquiste, il participa à de nombreuses actions violentes avant de se lancer dans un long travail de recherche en étudiant le fonds documentaire de la Fondation socialiste Pablo Iglesias. C’est là qu’il découvrit «  l’autre visage  » de la gauche révolutionnaire.

Il a publié Les mythes de la guerre d’Espagne 1936-1939, qui est un énorme succès de librairie lors de sa parution en Espagne en 2003. Cet ouvrage conclut à la responsabilité écrasante de la gauche révolutionnaire dans le déclenchement de la guerre civile espagnole. Selon les documents rassemblés par Pio Moa, l’origine du conflit n’est pas, en effet, le coup d’état raté de juillet 1936 contre la Seconde République espagnole mais bien la «  menace rouge  » que représentaient pour la démocratie les factions d’extrême gauche qui préparaient un soulèvement de type communiste sur le modèle de la révolution asturienne de 1934.

La radicalisation de la gauche au pouvoir sous le Frente Popular  (assassinats de militants et hommes politiques des différentes composantes de la droite démocratique, destruction d’édifices religieux, assassinats de religieux, etc.) va entraîner un raidissement des conservateurs. Et ce sera l’escalade  : le soulèvement militaire du 18 juillet 1936 survient alors que Largo Caballero  et ses partisans avaient lancé depuis 1934 un processus révolutionnaire similaire à celui qui, en octobre 1917, a eu raison du régime Kerensky en Russie.

Dans cet ouvrage de près de 700 pages, l’auteur remet donc l’Histoire à l’endroit, sur les origines de la guerre civile espagnole, le rôle de l’URSS, l’armement des masses populaires, le massacre de Guernica (un des mythes les plus intenses du conflit), la persécution religieuse, les Brigades internationales, la guerre civile au sein de la guerre civile, le vol des oeuvres du Prado…

Concernant la persécution religieuse, Pio Moa écrit :

La distribution d’armes aux masses populaires a eu un résultat assez prévisible avec le déclenchement d’une persécution contre l’Eglise catholique qui a pris des proportions gigantesques, supérieures à celles de la Révolution française, et, probablement, à celles de l’Empire romain. Environ 7000 religieux sont morts durant la période, nombre qui comprend 13 évêques et plus de 3000 laïcs catholiques, tués uniquement en raison de leurs convictions religieuses (dont la moitié rien que durant les deux premiers mois de la guerre d’Espagne).

Ces exactions ont été accompagnées d’une extrême cruauté. Un coadjuteur âgé a été dévêtu, martyrisé et mutilé puis ses organes génitaux lui ont été insérés dans la bouche. Un autre a été fusillé progressivement par des tireurs qui visaient successivement des organes non vitaux. Nombreux sont ceux qui ont été livrés à un taureau de combat et certains se sont vus arracher leurs yeux et castrer. L’on a retiré l’un des yeux d’un chapelain puis on lui a coupé une oreille et la langue avant de l’égorger. Un autre a été torturé avec des aiguilles à sac sous les yeux de sa mère, qui était déjà âgées. Un autre encore a été attaché à un tramway et traîné derrière le véhicule jusqu’à ce que mort s’ensuive. Onze détenus qui étaient prisonniers dans une check ont été frappés et découpés avec des masses, des bâtons et des couteaux jusqu’à ce qu’il n’en reste que des petits morceaux.

https://www.lesalonbeige.fr/lautre-visage-de-la-guerre-despagne/

Les grands lions de la chrétienté (4/5)

 

Lucien Rebatet
 

Les écrivains catholiques ne furent pas tous des agneaux. Sous la toison de laine, se cachaient parfois de grands fauves, généreux et puissants, aux canines acérées, prêts à mettre en pièces le coquin et le Malin. Sans pitié, mais pas sans piété.

Dieu vomit les tièdes. Les grandes plumes catholiques ont pris au mot la parole évangélique. Qu’est-ce que la colère d’Achille à côté de la colère des Pères l’Église ? Demandez donc à Joseph de Maistre, le grand champion du pape.

Si la fureur n’est pas sacrée, elle devient tout de suite führer révolutionnaire, disait-il en substance (anachronisme mis à part). C’est Maistre qui, au XIXe siècle, donnera le ton à l’ultramontanisme. Le premier Félicité de La Mennais, Louis Veuillot, Charles Baudelaire, Jules Barbey d’Aurevilly, Léon Bloy suivront. La vérité siège à Rome. A Paris, règne l’Antéchrist – et les régicides.

La Mennais a commencé à la droite du roi et finit à gauche, au large et dans les nuées. Au fil des ans, le fils spirituel de Maistre s’est ainsi transformé en curé rouge avant la lettre, retranscrivant sous le coup d’une inspiration quasi-somnambulique les « paroles d’un croyant ». Son dernier papier, « Les saturnales de la réaction », écrit contre la répression de Cavaignac en 1848, est un chef-d’œuvre d’indignation qui renvoie le « J’accuse » de Zola au rayon des bafouilles républicaines. « Il faut aujourd’hui de l’or, beaucoup d’or pour jouir du droit de parler : nous ne sommes pas assez riches : silence aux pauvres ! »

Léon Bloy, le Gengis Khan du pamphlet

Autre disciple de Joseph de Maistre, Louis Veuillot. Enfant du peuple, converti en 1838, plus radical encore dans sa défense du pape que son maître, Veuillot fut, non pas le chevalier de l’Église, mais son écuyer. Véhément, bagarreur, il défendait d’un même élan la veuve, l’orphelin et le prélat, attaquant sans relâche les bien-pensants, les libre-penseurs et les libéraux. L’Église a trouvé en lui l’un de ses plus redoutables lutteurs. Dans son interminable polémique avec Hugo qui le traitait de « simple jésuite et triple gueux », il est parvenu à placer quelques beaux uppercuts. C’est à lui que l’on doit le « bête comme l’Himalaya » à  propos du père Hugo. Ce qui a gâché malgré tout son talent, c’est qu’il était un peu trop calotin, au dire de Léon Daudet.

Calotin, Léon Bloy le fut aussi peu que possible. Son œuvre est un immense charnier où reposent ses victimes. Il empale, mutile, éviscère. C’est le Gengis Khan du pamphlet qui a tenu les « annales du dépotoir contemporain », du « vieux faisan de Victor Hugo » à « l’entripaillé sacristain Renan ». Un serial killer de plume que l’odeur du sang rendait impitoyable. Il a recyclé tout l’attirail symboliste pour le mettre au service d’un Dieu carnassier qui n’a que très peu à voir avec celui des Évangiles. Cela donne à sa polémique des accents byzantins et génocidaires, d’aucuns diront lucifériens. Les titres de ses livres valent mieux qu’un long discours : Propos d’un entrepreneur de démolitions ou Léon Bloy devant les cochons. Et que dire du journal qu’il dirigea et rédigea seul, Le Pal !

Mauriac, l’« Anus Dei »

Charles Péguy, lui, fut un soldat-paysan. Il donnait des coups de massue sourds, enfonçant la cognée au plus profond du crâne de ses adversaires. Sa polémique est aussi litanique et puissante que sa prose. Il attendait de la vérité qu’elle lui ouvre les portes du royaume – de Dieu et de France. C’était un poète épique, l’un de nos plus grands. Il ne faisait pas de mot d’esprit, il cherchait l’Esprit, venant d’un monde aujourd’hui inconcevable, homérique et cornélien. Le Georges Bernanos de La Grande peur des bien-pensants en procédait directement. Un temps où les hommes étaient des géants. Bernanos qui disait dans l’un de ses moments de lassitude que le métier de polémiste, passée quarante ans, est une obscénité, n’a pourtant jamais cessé d’être, jusqu’à sa dernière heure, un inflexible combattant, perpétuel exilé.

Dans ce panorama, Paul Claudel fait figure d’astre isolé. C’était un son et lumière baroque dans une cathédrale gothique, explorant une sorte de panchristianisme cosmique. « Quand Claudel vous parle, il est si brusque qu’on a l’impression qu’il vous gifle », disait Paul Morand. En dépit de sa conversion au catholicisme, il est resté pareil à la sauvagerie de son Tête d’or.

Tout l’inverse de François Mauriac. C’est à travers la disparition d’hommes tel que lui que l’on mesure tout ce que l’on a perdu. Certes, Mauriac incarnait un catholicisme souvent faisandé et mondain, mais suprêmement civilisé – méchant comme une vieille fille et charitable comme une vieille dame. Le malheureux n’a guère été épargné. Son goût pour les jeunes garçons anima les dîners en ville pendant un demi-siècle. Le mot, féroce, de Paul Léautaud, qui a beaucoup circulé dans l’entre-deux-guerres, s’applique aussi à lui : « Anus Dei ».

Des ruines et des décombres

Lucien Rebatet, auteur des mémorables Décombres, chef-d’œuvre polémique et best-seller de l’Occupation, nous a laissé ce stupéfiant portrait de Mauriac : « l’homme à l’habit vert, le bourgeois riche, avec sa torve gueule de faux Gréco, ses décoctions de Paul Bourget macérées dans le foutre rance et l’eau bénite, ces oscillations entre l’eucharistie et le bordel à pédérastes qui forment l’unique drame de sa prose aussi bien que de sa conscience est l’un des plus obscènes coquins qui aient poussé dans les fumées chrétiens de notre époque ». Pauvre Mauriac qui disait de sa voix ensorcelante : « Dans L’Enfer de Dante, je serais crucifié dans un fauteuil ».

Reste un peu de place pour évoquer Maurice Clavel, aussi tempétueux que généreux, qui a cru trouvé le Christ dans la révolte étudiante de 1968. Sous les pavés, la grâce ! Son « Messieurs les censeurs, bonsoir » résonne encore à nos oreilles et nous fait regretter tous ces grands combattants de la foi que furent les écrivains chrétiens qui ont appris une chose dans la fosse aux lions – rugir de déplaisir.

Photo : Lucien Rebatet

Épisode précédent :
L’âge d’or de la polémique (1/5)

Royauté de la droite, misère de la gauche (2/5)
Génie des gros, férocité des secs (3/5)

Prochain épisode : Recherche polémistes désespérément (5/5)

https://www.revue-elements.com/les-grands-lions-de-la-chretiente-4-5/

Passé-Présent n°331 : Les juridictions d’exception à la fin de la guerre d’Algérie (1961-1963)

 Conseiller honoraire à la Cour de cassation, ancien membre du collège de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, Grégoire Finidori, retrace le contexte historique français à la fin de la IVème République, puis le retour de De Gaulle. Il explique le revirement de la politique algérienne du chef de l’Etat qui va susciter une série de crises conduisant, à partir de 1961, à la création de juridictions de pure circonstance comme le Haut Tribunal militaire ou la Cour militaire de justice. C’est un regard professionnel sur ces juridictions et sur la façon dont les affaires ont été jugées qu’il nous délivre, tout en faisant revivre les figures marquantes de cette époque, des généraux putschistes au lieutenant-colonel Bastien-Thiry.


Grégoire Finidori – « Un formidable système répressif » – Ed. Dominique Martin Morin – 503 p. – 28,50 €.

https://www.tvlibertes.com/passe-present-n331-les-juridictions-dexception-a-la-fin-de-la-guerre-dalgerie-1961-1963

Salan (Jean-Paul Angelelli et Bernard Zeller)

 

Salan-qui-suis-je

Jean-Paul Angelelli est né à Alger en 1934. Historien et journaliste, il est aussi vice-président de l’association des amis de Raoul Salan.

Bernard Zeller, fils du général André Zeller, a fait carrière dans les industries spatiale et de défense. Il a présidé l’association des amis de Raoul Salan de 2004 à 2015.

Ce livre interroge. Qui était Salan ? Rarement une personnalité a suscité autant de questions et de jugements abrupts et contradictoires. Sa réserve naturelle, son passage dans les services de renseignement, son manque d’aisance en public, ont pu y contribuer.

Pour décrire qui était le général Salan, les deux co-auteurs de ce livre prennent soin d’éviter l’écueil qui consisterait à le réduire à son rôle de chef de l’OAS et à occulter le reste de sa vie.

Or son existence s’écrit en parallèle de l’apogée, du déclin et de la chute de l’Empire français. Raoul Salan (1899-1984) est un homme qui a vécu, sur le front, la fin de la guerre de 1914-18 et, en prison, la fin de la « plus grande France « . Qui s’est battu pour son pays le long de l’Euphrate, qui a administré une province perdue du Haut-Laos, qui a vécu la défaite de 1940 et qui a participé à la victoire de 1945. Qui a assumé les plus lourdes responsabilités en Indochine et en Algérie avant de se dresser contre le gouvernement du pays qu’il avait servi plus de quarante ans au risque de sa vie.

Suivre le destin de Raoul Salan, c’est aussi vivre l’Histoire de France au vingtième siècle. 

On conseillera cet excellent ouvrage à ceux qui n’ont pas connu ces événements et qui voudraient se faire une opinion honnête sur cet officier qui ne peut laisser indifférent. 

Salan, Jean-Paul Angelelli et Bernard Zeller, éditions Pardès, collection Qui suis-je ?, 128 pages, 12 euros

commander en ligne ici

https://www.medias-presse.info/salan-jean-paul-angelelli-et-bernard-zeller/56902/

lundi 1 août 2022

Deux cents ans de révolution française 2/5

 La victoire progressiste, cependant, n’est pas encore totale aujourd’hui. Quoique fortement fragilisés, certains socles de la société traditionnelle subsistent encore. Le premier est la famille. Les progressistes s’emploient dès lors à détruire ce qu’il en reste et à promouvoir tout ce qui peut lui nuire : ils soutiennent le divorce et les comportements « libres » ; ils étendent le plus possible les possibilités d’avortement ; ils insistent sur le fait que la femme n’a pas forcément vocation à être mère ; ils cherchent à subvertir la répartition traditionnelle des rôles entre homme et femme, dans la famille comme dans la société ; ils promeuvent l’homosexualité, la bisexualité, les changements de sexe ; ils légalisent la « famille » homosexuelle (mariage, adoption, PMA et bientôt GPA ; ils envisagent même une évolution transhumaniste, qui pourrait par exemple conduire à autoriser certaines manipulations génétiques. De façon générale il s’agit pour les progressistes de se débarrasser des mœurs traditionnelles.

L’autre socle qu’il s’agit de détruire est celui de la nation, et plus largement l’ensemble constitué par le continuum race, peuple, Etat, nation, civilisation. Les progressistes veulent promouvoir un monde nouveau, multiracial ou même si possible a-racial, multiculturel, sans frontières, universel. Deux actions stratégiques ont été conduites dans cette perspective. La première est la « construction européenne », avec l’objectif plus ou moins avoué d’aboutir aux Etats-Unis d’Europe. Mais il faut voir sur ce point que, pour les progressistes, l’Europe n’est pas une fin en soi : elle ne constitue qu’une étape vers un monde universel, lequel suppose de détruire au préalable les nations européennes. L’autre méthode de destruction de la nation est l’immigration de masse, qui permet d’anéantir tout à la fois les frontières, la société elle-même, la race et la civilisation.

De façon générale la révolution progressiste veut annihiler tout ce qui est lié à l’enracinement : famille, religion, mœurs, frontières. Elle s’attache par exemple à détruire les noms, marques essentielles de l’ancrage dans la chaîne du temps et de la tradition. Le nom des villages et des régions, remplacés par ceux des fusions de communes et des « régions » technocratiques et artificielles. Les noms de famille, auxquels on peut désormais substituer le nom de la mère ou un nom composé. Les prénoms, qui désormais n’obéissent plus à aucune règle. Quant aux mots qui désignent les fonctions et positions, sociales et anthropologiques (père, mère, monsieur, madame, mademoiselle…), ils sont désormais évités et même parfois proscrits. On notera aussi les efforts progressistes pour révolutionner les coutumes liées au décès et pour se débarrasser de la pratique chrétienne de l’inhumation dans un cimetière, au profit de la crémation et de la dispersion des cendres, qui permettent là encore de rompre avec tout enracinement.

Il faut pour conclure préciser ce point. Les progressistes, donc, veulent détruire. Mais il s’agit de bien identifier leur but : les progressistes ne veulent pas détruire par envie de nuire ou de faire le mal. Ils visent au contraire l’inverse : ils veulent le Bien. Les progressistes souhaitent un homme nouveau et un monde nouveau, afin que l’un et l’autre soient meilleurs. Nous y venons dans le paragraphe suivant.

  • Les deux camps du progressisme

Uni contre la société d’ancien régime et pour les valeurs modernes, le progressisme est dès l’origine constitué de deux familles distinctes et qui ne cesseront de s’opposer.

La première famille progressiste est celle des libéraux. Ce sont ceux qui engagent la révolution et qui, après la parenthèse « communiste », la terminent, à leur profit. Stabilisant temporairement la situation politique, Bonaparte, général révolutionnaire, consacre, devenu empereur, les acquis de la révolution. La nouvelle société qu’installent les révolutionnaires libéraux est une société individualiste, fondée sur le concept de liberté de l’individu. Les privilèges héréditaires sont abolis : les hommes naissent égaux en droit. Mais c’est à leur profit avant tout que les bourgeois revendiquent la liberté et les mesures prises par les révolutionnaires montrent que la bourgeoisie entend protéger ses intérêts et sa conception de la société : le droit de propriété individuelle est ainsi consacré ; les bourgeois rachètent les biens pris à l’Eglise et à la noblesse, vendus, à titre de biens nationaux, en lots tellement grands que seuls les riches peuvent les acquérir ; au nom de la liberté, les bourgeois suppriment les corporations, qui constituaient une protection pour les employés face aux patrons.

Les bourgeois libéraux confirmeront ensuite au XIXe qu’ils conçoivent la liberté à leur profit. Propriétaires des entreprises créées dans le cadre de la révolution industrielle, ils procéderont à l’exploitation de la force de travail des ouvriers, recourant notamment au travail des enfants dès le plus jeune âge. La révolution industrielle permettra ainsi à la classe bourgeoise de continuer à s’enrichir, plus rapidement sans doute que ne le permettait l’ancien régime.

La seconde famille progressiste est celle des communistes (même si le terme n’est employé que plus tard, par exemple par Babeuf). La partie communiste de la révolution est celle qui prend place entre 1792 et 1794. Cette période est une permanente surenchère, au nom de l’égalité d’abord, de la pureté et de la vertu, mais aussi de la volonté du peuple : les révolutionnaires de cette période, des bourgeois eux-aussi, s’appuient sur le peuple, qu’ils mobilisent. Ils proclament agir en son nom et conformément à sa volonté. Les révolutionnaires communistes inventent le terrorisme d’Etat (ils seront imités le moment venu par les communistes russes, pour qui la révolution française constitue un modèle). Cette précision cependant doit être apportée : les progressistes libéraux présentent aujourd’hui cette période communiste comme étant celle de la Terreur. Il s’agit pour eux de la discréditer, afin de magnifier la période de la révolution libérale. Cette présentation des événements est mensongère : la terreur sera en réalité présente tout au long de la révolution et dès le 14 juillet 1789.

À suivre

Deux cents ans de révolution française 1/5

 Initiée au XVIIIe siècle la révolution française se poursuit. Elle est en passe d’atteindre son objectif ultime : mettre fin à la civilisation européenne, pour promouvoir un homme nouveau et construire un monde meilleur.

  • La révolution progressiste à l’œuvre depuis deux cents ans

En initiant la révolution de 1789, les progressistes entendent détruire la société traditionnelle et la remplacer par une autre, la société moderne, conforme à l’idéologie des Lumières. La société moderne s’oppose en tout point à la société traditionnelle. La société traditionnelle est charpentée par des structures collectives, la famille, la paroisse villageoise ou de quartier, la religion : les individus sont à leur service et ont envers elles des devoirs.

La société traditionnelle est en quelque sorte collectiviste. Au contraire la société moderne est individualiste : les individus sont libres et ne sont redevables à aucun cadre préétabli. C’est librement qu’ils consentent au « contrat social » et ce consentement leur fait acquérir des droits. La société traditionnelle est hiérarchique, constituée de groupes sociaux hiérarchisés aux fonctions différentes : dans la société moderne au contraire, les individus sont égaux en droits. C’est notamment pourquoi la société moderne est nécessairement démocratique. La société traditionnelle, troisièmement, est par définition tournée vers la tradition : il s’agit pour l’individu de se conformer aux cadres de la société qui lui préexistent et de les transmettre aux maillons suivants de la chaîne séculaire. La société moderne est toute entière orientée vers l’avenir et le progrès : du passé, obscur et rétrograde, elle veut faire table-rase. La société traditionnelle, quatrièmement, est enracinée, dans la terre comme dans la tradition. La société moderne, au contraire, est constituée d’individus libres de toute appartenance : elle est donc par là-même universaliste. La société traditionnelle, enfin, est chrétienne. La société moderne, elle, est humaniste et matérialiste. Elle refuse toute transcendance : l’individu est libre, en particulier vis-à-vis d’une quelconque autorité divine.

La révolution française a donc une dimension idéologique fondamentale. Elle a été préparée par différents événements antérieurs, qui construisent la modernité. Le mouvement intellectuel de l’humanisme, au 16e siècle, a promu une façon de penser selon laquelle l’individu occupe une place centrale. En Angleterre dès 1679 l’habeas corpus pose les droits de l’individu. Le protestantisme et les guerres de religion sont une autre étape majeure : elle introduit la conception nouvelle selon laquelle la société européenne n’est pas nécessairement assise sur la religion catholique. Enfin, précédant de quelques années la révolution française, la révolution américaine donne le primat à la liberté individuelle.

Pour caractériser la nouvelle société, la société moderne, il est également fait appel à d’autres termes, qui renvoient chacun à un angle de vue différent mais sont tous à peu près synonymes. La société moderne est humaniste. Elle est directement inspirée de la pensée des Lumières, qui vient contester, au nom de la liberté, les cadres posés par la royauté et l’Eglise. La société moderne installe la république et ses valeurs, en rupture avec l’ancien régime. Elle est progressiste, au contraire de l’ancienne société, fondée sur la tradition.

La révolution française comporte par ailleurs une dimension sociologique majeure : la révolution est faite par et au profit d’une classe sociale, celle de la bourgeoisie. Le peuple, celui des villes et de Paris en particulier, est utilisé comme instrument et comme masse de manœuvre par les bourgeois, qui impulsent et dirigent la révolution. La bourgeoisie (avocats, juges, notaires, marchands, financiers…) jouait certes un grand rôle sous l’ancien régime, dans l’administration et les institutions, dans l’économie et la finance, mais elle accédait difficilement au sommet de la société : la noblesse pouvait intégrer des bourgeois à titre individuel, mais la classe sociale de la bourgeoisie en elle-même restait l’objet d’une domination. On peut considérer que dans une large mesure, la révolution est le fruit du ressentiment éprouvé par la bourgeoisie : c’est là l’un des ressorts de la révolution française, peut-être le plus puissant. Grâce à la révolution, la bourgeoisie évince l’aristocratie et devient la nouvelle classe dominante. Elle l’est toujours depuis.

La victoire politique et sociale de la bourgeoisie ne marque pas cependant la fin de l’entreprise révolutionnaire : celle-ci se poursuit encore aujourd’hui. Le XIXe siècle tout entier sera occupé par la lutte entre les partisans de l’ancien régime et les progressistes, les moments révolutionnaires succédant aux périodes de restauration. Les progressistes emportent une victoire décisive avec l’instauration de la république en 1875. La lutte se poursuit pourtant, autour du thème de la nation (au moment de l’affaire Dreyfus en particulier) et de la religion (elle aboutira à la séparation de l’Eglise et de l’Etat). La guerre de 14-18 permet une forme de réconciliation, qui ne sera que temporaire. La lutte entre progressistes et « réactionnaires » se prolonge en effet au XXe siècle (1934, 1936, Vichy). La guerre d’Algérie divise de nouveau les deux camps. Mai 1968 constitue un nouvel épisode révolutionnaire décisif. La société dans ses profondeurs était jusque-là restée traditionnelle dans ses coutumes : après la révolution sociétale de mai 68, les progressistes parviennent à bouleverser les mœurs. Les idées libérales-libertaires deviennent dominantes.  

À suivre

Le climat mondial se réchauffe-t-il ?

 

Le climat mondial se réchauffe-t-il ?

* LA SCIENCE A L’ENDROIT ! Conférence en ligne sur le climat. *
****************************************************
Chapitre 1 : Le Giec pour les nuls

Chapitre 2 : Le réchauffement climatique anthropique fait consensus à 97%. Vraiment ?

Episode 3 : Y a-t-il un complot pour faire taire les opposants au Giec ?

===
Chapitre 4 : Le climat mondial se réchauffe-t-il ?

Cette question est logiquement le point de départ des interrogations liées aux variations climatiques dont on nous rebat les oreilles depuis maintenant plus de 30 ans (premier rapport du Giec en 1990), devenues l’ennemi public numéro un, soi-disant causes de tous les maux de l’humanité, et horizon de l’extinction de l’humanité !

Dans les faits, tout dépend de quoi l’on parle, et des référentiels utilisés. Voyons cela.

En l’espace de 30 ans, le discours du Giec (organisme officiel de l’ONU en charge de l’étude de l’impact humain sur le climat, cf. chapitre 1) dont les rapports servent à orienter les politiques de tous les pays du monde, a varié. Passant en 1990 (rapport AR1) d’une notion de « réchauffement global », à une notion de « dérèglement climatique » vers les années 2010, à enfin une notion « variabilité climatique » depuis 5 ans environ. Et sachez qu’avant cette période, dans les années 1970, les premières études sur le sujet donnaient des projections allant vers un refroidissement de la planète (1). Ainsi le célèbre magazine Times fera plusieurs de ses Unes sur l’ère glaciaire qui s’annonce (numéro de janvier 1977 titré : The Big Freeze). Bref, les théories varient aux grès de nombreux paramètres, dont on fait l’opinion publique…

Les projections actuellement mises en avant vont d’un scénario positif avec une augmentation +1.5°C, à un scénario négatif à +5°C, pour la fin du siècle. L’objectif cible de toutes les politiques étant de rester sous les +2°C. Qui n’a pas entendu parler de cette valeur des 2°C repris en choeur par tous les thuriféraires de la cause climato-alarmiste ? Mais au fait, savez-vous d’où vient ce chiffre qui selon certains établit une frontière terrible entre le gérable et la catastrophe ?

Contrairement à ce que l’on nous laisse croire, les 2°C ne sont absolument pas issus d’un calcul scientifique ! Ce chiffre provient d’une discussion entre chefs d’Etats, lors de la COP 15 (Conference Of Parties), en 2009 à Copenhague. Pour mémoire, cette COP a été officiellement présentée comme le « sommet de la dernière chance » (1.1). Sommes-nous tous morts depuis ? Non. Le taux de CO2 a-t-il diminué ? Non, il a même augmenté. Mais, cela fait partie de la stratégie du Giec que de maintenir une peur latente auprès des populations, ainsi l’argument de la « dernière chance » est-il utilisé depuis les années 1990. Et en 2050, soyez certains que se tiendra à nouveau le « sommet de la dernière chance »…Mais revenons à la COP de 2009.

Pour qu’un texte soit validé lors d’une COP, il faut l’unanimité de tous les participants, soit 195 pays + l’Union Européenne (on rappellera que les engagements ainsi pris par les Etats ne sont pas contraignants, il sont juridiquement nuls, c’est juste une intention). Comme une unanimité est impossible, depuis de nombreuses années, les textes étudiés et votés comportent diverses mentions qui sont mises entre crochets [ ] pour signifier qu’il y a un désaccord et noter ainsi les différentes versions.

Durant les COP, des délégués gouvernementaux essayent de se mettre d’accord sur des textes, avant que le dernier jour, les chefs d’Etats ne viennent pour signer et faire la photo. Mais voilà qu’en 2009 à Copenhague, personne n’est d’accord sur rien ! Pour beaucoup d’analystes, cette COP est un échec. Le président Sarkozy, lors de la conférence de presse (1.2), reconnaîtra que le système onusien est « à bout de souffle ». Cette COP a été tellement délétère, que pour la première fois, il n’y a pas eu de photo finale avec tous les chefs d’Etats…

Parmi les divers sujets clivants, il y a une véritable guerre politique concernant la cible de limitation de température. Wikipédia (2) de rappeler : « la COP 15 a abouti au premier accord réellement mondial visant à ne pas dépasser une augmentation moyenne de 2 °C en 2050 par rapport à l’ère pré-industrielle soit 1850, et non pas à 1,5 °C comme le souhaitaient vivement les représentants des pays insulaires (AOSIS), le G77, la Chine et l’Alliance bolivarienne pour les Amériques. » Ainsi dans le document avant signature, nous trouvons plusieurs températures pour fixer la limite à ne pas dépasser qui s’étalent de +1,5°C à +4°C, en fonction des souhaits des pays. Cet écart (important puisque la variation est presque du simple au triple) de vision des choses vient du fait que la cible en matière de plafonnement de l’hypothétique augmentation de la température implique des restrictions drastiques en matière d’énergies, de production, bref de niveau de vie des pays.

Le 18 décembre 2009, les chefs d’Etats arrivent sur site et font le constat d’un blocage de la situation. Dès lors, soit-il faut annoncer aux médias et au monde la vérité, et dire que personne n’est d’accord sur rien, soit, on trouve quelque chose à mettre en avant pour cacher le reste. Ainsi, durant plusieurs heures, quelques chefs d’Etats, dont les USA, vont s’enfermer à huis clos pour trouver une solution. « Quelques » car il en reste 26 sur les 196 qui participent à la COP ! Les autres sont déjà repartis, et notamment le représentant de l’UE qui n’a donc pas participé à la discussion. Les valeurs les plus hautes sont rapidement écartées car en termes de communication il est impossible d’arriver à un consensus sur une valeur haute, ce qui ressemblerait à un aveu d’échec et entraînerait la colère des partis écologistes qui sont craints par nombre de gouvernements occidentaux. Finalement ce petit groupe va se mettre d’accord sur le chiffre de 2°C. Sorte de compromis entre 1,5°C voulus par certains, les plus intransigeants, et 4°C demandés par les plus souples sur la question.

Dans cette salle, personne ne sait vraiment ce que cela implique, ni si c’est réaliste ou non, il n’y a aucun scientifique ni aucun conseiller, c’est de la pure politique. François Gemenne, chercheur à Science Po Paris, spécialiste en géopolitique climatique, et proche du Giec, qualifie dans un article paru dans l’Express (2.1), de « compromis politique » ce chiffre de 2°C. Nous parlons bien ici de politique, et que de politique…

Ce qui compte, c’est de trouver au moins un « truc » sur lequel on est d’accord. Ensuite, les communicants prendront le relais et tout un battage médiatique sera fait sur ce fameux 2°C comme étant issu d’une mûre réflexion. Malgré tout, la séance plénière de clôture qui suivra verra plusieurs pays, dont Tuvalu, toute l’Amérique du Sud et de nombreux pays Asiatiques, finalement refuser de signer le texte (3). En effet sur les 196 pays, 102 avaient explicitement demandé une limitation à +1,5°C…

La COP 15 se referme donc sur un constat de désaccord, en dépit de la mise en avant de la cible des 2°C pour tenter de sauver les apparences. Dans un article publié le 18 décembre 2009 dont le titre est « Dans la confusion, Copenhague s’achève sur un échec », Le Monde, pourtant soutient du Giec, écrit : « Le projet d’accord a été qualifié de pire de l’histoire par le délégué soudanais Lumumba Stanislas Dia-Ping, dont le pays préside le G77, représentant 130 pays en développement. Pour le moment, il n’y a pas d’accord, a-t-il insisté, juste un projet de déclaration qui doit encore être entériné. ».

Les célèbres 2°C ont donc été décidés sur un « coin de table », par quelques chefs d’Etat, indépendamment de toute réalité ! Il ‘s’agit de communication et pas de science. D’ailleurs, si ce chiffre était issu d’un véritable calcul scientifique, il est très peu probable qu’il n’ait aucune décimale… Le point final de cette affaire aura lieu lors de la COP 21 (qui s’est tenue à Paris), où, sous la pression des Etats Unis représentés par Obama, la limitation à + 2°C pour l’année 2100 sera sanctuarisée (4). Un moyen comme un autre de montrer des signes de bonnes volontés aux écologistes et aux populations qui sont maintenues sous une chape de peur.

Ce point étant précisé, regardons ce qu’il en est de la variation de la température.

Tout d’abord, il faut savoir que le Giec utilise une notion de TMAG (Température Moyenne Annuelle Globale) quand il parle d’une augmentation de température. Et ce point pose déjà problème à de nombreux scientifiques. En effet, une température moyenne de la Terre ne veut strictement rien dire. C’est un raccourci qui a été fait pour les résumés à destination des politiques. Il n’y a pas et il ne peut pas y avoir de température moyenne pour toute la Terre. C’est comme si je vous donnais la température à Sydney qui se trouve dans l’hémisphère sud, alors que vous habitez Paris, en estimant que c’est plus ou moins la même chose ! D’autre part, autant sur les continents nous disposons de nombreuses stations météorologiques qui font des relevés précis de la température, autant sur les Océans et les mers seules quelques bouées embarquent des appareils de mesure, et nous en avons une vision très parcellaire car il est impossible de mailler les océans de centaines de milliers de bouées. Or, la partie liquide de notre planète représente 70% de sa surface. Donc, sur 70% de la surface de la Terre nous ne disposons pas de relevés avec un maillage suffisant. Pour être tout à fait complet, il existe aussi des relevés des températures via les satellites, mais là encore, en ce qui concerne les Océans, les mesures s’effectuent en quelques points. En conclusion, la TMAG est une notion purement théorique et qui s’appuie sur un modèle très approximatif concernant la plus grande surface effective de la planète.

Néanmoins, cette valeur de la TMAG est communément utilisée pour globaliser des calculs, et s’agissant d’un concept simple (une seule valeur) elle se prête aisément à une diffusion médiatique. Dès lors, cette Température Moyenne est très souvent mise en avant.

Pour répondre concrètement à la question de la variation de température actuelle, interrogeons le Hadley Center (5), qui est un organisme scientifique anglais, spécialiste du climat, référencé par l’ONU et le GIEC (toujours pas de données complotiste ici…), et qui donne des séries de relevés planétaires depuis l’année 1850. Cet organisme est parmi ceux faisant le plus autorité en la matière. Il publie régulièrement un indice TMAG, constitué de la mesure de température des océans (appelé HadSST) et des surfaces émergées (appelé CRUTEM), qui, grâce à une formule mathématique, qui va pondérer les deux valeurs en fonction de plusieurs critères (7), permet de sortir cette fameuse Température Moyenne Globale. Qui comme déjà dit, n’est qu’indicielle.

Fin 2020 (7), le Hadley Center, indique que la variation de température moyenne est de + 1,15°C.

Ce chiffre est le référentiel admis par le GIEC, mais aussi par les laboratoires scientifiques qui sont en désaccord avec les orientations du Giec. On notera que d’autres organismes donnent eux une variation de +0,6°C globale (notamment Météo France (8) ). Ceci nous démontre la difficulté en la matière pour établir des chiffres à un tel volume de données. En conclusion, la température moyenne de la Terre a augmenté d’une valeur comprise entre + 0,6°C et + 1,15°C.

D’une façon générale, la valeur communément admise est de +1°C d’élévation de la TMAG.

La réponse à la question qui forme le titre de cet article, est donc oui. Nous faisons bien face à une variation positive de la température qui est d’environ +1°C de 1850 à 2020, soit en 170 ans. Wikipédia (organisme politiquement correct) de relater une période un peu moins longue mais proche : « Depuis 1880, la température moyenne à la surface de la Terre s’est réchauffée de 1 °C (10) », dans sa page sur le réchauffement climatique.

Cette valeur est donc celle retenue et validée par les Etats, elle a un caractère officiel.

Se posent alors deux questions :

A/ Tout d’abord, quel est le référentiel de cette augmentation, autrement dit, +1°C par rapport à quoi ?

Le GIEC retient comme point de départ l’année 1850, soit le début de l’industrialisation. C’est là un choix qui est critiquable, car sur une plus grande période, ou sur une autre période, la valeur de la variation serait différente, voire négative… Mais, rappelez-vous que le rôle du GIEC (cf. chapitre 1) n’est pas d’étudier le climat au sens large du terme, mais l’influence de l’Homme sur le climat. Dès lors, l’analyse commence à une période où l’activité industrielle humaine devient de plus en plus forte et où, de facto, quel que soit la variation climatique mesurée par la suite, la corrélation avec l’activité humaine devient un postulat alors facile à imposer… Tout ce qui arrive depuis 1850 (révolution industrielle), pas seulement le climat, est nécessairement de la faute de l’Homme. C’est du moins la lecture imposée par les mouvements écologistes inter-mondialistes.

Maintenant, prenons un autre angle de vue : La NASA a publié un graphique (https://data.les-crises.fr/images/1300-climat/1340-rechauffement-global/planete-temperature-moyenne-2.jpg) qui représente la variation de température moyenne de la Terre depuis 1880 à 2012 en prenant comme référentiel la période 1950-1980 soit le début de la variation. Si vous regardez ce graphique (qui est tout ce qui a de plus officiel), vous voyez une amplitude qui va de -0,4°C à +0,6°C, soit une variation de +0,2°C. Ce calcul qui relève de mesures produites par un organisme adoubé par l’ONU, donne donc un chiffre différent… Preuve que la mesure d’une variation dépend avant tout du référentiel retenu…

Idem si vous comparez la variation de température à fin 2020 avec la température moyenne en Europe du Nord au XIIe siècle, eh bien vous trouveriez qu’il n’y a aucune variation, voire même en fonction de la date une variation de -2°C, oui, négative… (cf. point B ci-dessous et l’Optimum médiéval). Et, pourquoi ne pas analyser la variation depuis le début du XXIe siècle, période où des pays comme la Chine et l’Inde connaissent une progression importante et donc une production de Gaz à effet de serre massif ? Dans ce cas, la variation de TMAG de 2000 à 2020 n’est plus que de + 0,3° C. Vous souhaitez regarder une autre période ? : De 1880 à 1930, la variation est là de … 0°C !

Enfin, si on prend un très grand référentiel (graphique ci-dessous des relevés en Antarctique), soit une période de 400 000 ans, on se rend compte que la planète a connu des périodes glaciaires d’environ 100 000 ans, et des périodes plus chaudes d’environ 15 000 ans. Si nous prenons comme référentiel la dernière période chaude, de façon à voir si nous sommes dans un cadre « normal », entre la période glaciaire de Riss et celle de Würm, alors que nos ancêtres étaient déjà sur la Terre, la température moyenne est estimée à +19°C (contre 15°C normalement), soit une variation de + 4°C environ. Par rapport à cette période, nous faisons donc actuellement face à une variation de… -3°C.

B/ La seconde question est de savoir si ce chiffre de +1°C mérite notre affolement ? Doit-on considérer que notre « maison brûle » comme l’avait dit Jacques Chirac, alors président, lors du IVe Sommet de la Terre en septembre 2002 ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que depuis son origine, le climat de la Terre est en perpétuel mouvement, même si les conditions extrêmes d’il y a quelques millions d’années n’ont plus cours. Mais, sur les 200 000 dernières années, nous avons connu de fortes variations entre des périodes glaciaires et des périodes plus chaudes. Nous pourrions donc estimer que la variation actuellement enregistrée n’a rien d’anormale. Cependant, les tenants de la thèse climato-catastrophique balaient cela du revers de la main, expliquant que ce qui est catastrophique ici, c’est la vitesse à laquelle cette progression se réalise (+1°C depuis 1850).

Sauf que cet argument ne tient pas vraiment. En effet, +1°C en 170 ans n’a rien d’extraordinaire, et nous avons connu mieux, ou pire selon les points de vue, dans notre histoire. C’est ce que l’on appelle en science des événements hyperthermiques.

Vers l’an 900 à l’an 1350 environ, la planète va connaître un réchauffement (10) que les historiens appellent « Optimum médiéval ». Sur cette période d’environ 450 ans, les températures vont augmenter en moyenne de + 2°C, avec localement dans l’hémisphère Nord, +4°C, par rapport à la moyenne standardisée à 15°C. Ces mesures sont données par le professeur Lamb, paléontologue, de l’Office Météorologique d’Angleterre (http://www.climateaudit.info/pdf/others/lamb.ppp.1965.pdf). Et ce réchauffement a été constaté pour toute la Terre, car des mesures similaires ont été faites dans les sédiments du lac Nakatsuna au Japon, mais aussi en Antarctique, ou encore dans la baie de Chesapeake aux USA. On notera que cette période de réchauffement a été une période faste sur le plan économique et le développement de la population, surtout en Europe. A cette époque nous avons trace de vignes bien au-delà des zones actuelles (plus au Nord), et nous savons que par exemple les glaciers des Pyrénées étaient beaucoup moins étendus qu’actuellement. La variation a été de +2°C à +4°C (en fonction des zones et des périodes), avant de décroitre. Cette décroissance a donné lieu à ce que les historiens appellent le « petit âge glaciaire » qui va s’étendre du XVe au milieu du XIXe siècle, correspondant à une faible activité solaire. Nous savons, par exemple, que la Seine est restée gelée durant 56 jours, du 26 novembre 1787 au 20 janvier 1788 ! Difficile de prétendre que ces changements climatiques extrêmes sont le fait de l’activité humaine, encore moins qu’ils ont provoqué la fin de l’humanité…

Avant cela, vers -250 à -400 avant JC, un autre pic de chaleur est enregistré, appelé « l’Optimum romain », une période où il y avait des vignes en Angleterre, en Belgique ou encore au Danemark. Bien que les estimations soient difficiles à calculer avec précision, nombre de spécialistes estiment que l’Optimum romain, a été plus chaud que l’Optimum médiéval. Il faisait alors bon vivre à Rome, mais aussi à Athènes, selon les écrits du philosophe grec Théophraste décédé en l’an -287, et qui nous a laissé divers chroniques sur son siècle. Il en ressort une estimation officielle d’une variation de la température moyenne autour du bassin méditerranéen de 16,4 °C à 22,7 °C avec une valeur moyenne de 19,5 °C, sur une période de 150 ans (étude publiée dans Nature en date du 26 juin 2020 (10.1) ) .

Il y a donc 2 000 ans, la Terre a connu un réchauffement dont la moyenne est estimée à 19,5°C, soit +4,5°C par rapport à la moyenne standard de 15°C. Ces 4,5°C étant une moyenne, cela implique que sur certaines zones la variation de température est plus élevée avec un maximum estimé à +9,2°C de variation positive…. Grâce à ce réchauffement, le célèbre Hannibal traversa les Alpes avec ses éléphants en 218 avant JC pour attaquer Rome, ce qui lui serait impossible à notre époque !

Comme vous le voyez, les variations de températures et de climat font partie des cycles de notre planète. Rien que sur les 3 500 dernières années, les paléontologues identifient 4 Optimum : Minoen, Romain, Médiéval et Actuel. En l’état actuel des choses, une variation de +1°C sur 170 ans n’a rien d’extraordinaire, ni d’alarmant, si on la compare aux Optimum précédents (+4,5°C pour l’Optimum romain).

Nonobstant ces faits indiscutables, la communication faite autour de ce +1°C prend une dimension millénariste de fin du monde, nous expliquant que nous faisons face par exemple à des canicules mortelles jamais vues. En 2003, la canicule a fait 19 000 morts en France, soit 0,03% de la population. Bien entendu tout cela était la faute à l’Humanité polluante et au CO2. Sauf que la canicule (mesurée et notifiée…) la plus meurtrière en France a été celle de 1911 (10.2) qui a duré 70 jours (du 11 juillet au 13 septembre), avec des journées à plus de 40°C, un record absolu, et qui a fait 49 000 morts, soit rapporté à la population d’alors 0,13%, quatre fois plus qu’en 2003 ! Et pourtant en 1911, même les climato-alarmistes ne peuvent accuser les Gaz à effet de serre anthropiques…

Bref, ce +1°C dit qu’il n’y a pas d’urgence climatique !

« La deuxième raison de chercher des économies du côté du climat est qu’il n’y a pas vraiment d’urgence environnementale. Lire : climatique, puisque le souci du climat a évincé celui de l‘environnement, notamment en France, où il n’y a plus un ministre de l’Environnement depuis longtemps, mais plusieurs ministres de la Transition écologique. La lutte contre le « dérèglement climatique » (comme s’il y avait un règlement climatique) est devenue une religion : avec ses pontifes, ses dogmes, ses catéchismes, ses conciles, ses zélotes, ses interdictions, ses prescriptions, ses proscriptions, ses taxes, ses subventions – et ses profiteurs. » (10.2) Ce texte est écrit par un spécialiste de l’environnement, non-complotiste puisqu’à un haut poste d’une administration officielle. Il s’agit de M. Rémy Prud’homme, ex- Directeur-Adjoint de la Direction de l’Environnement de l’OCDE.

Autre fait marquant à connaître, mais pas des moindres, la TMAG est restée stable de 1995 à 2010. Cette stabilité a été confirmée par le Climatic Resarch Unit (11) (CRU), et finalement reconnue par le Giec (11.1). Oui vous avez bien lu, il n’y a eu aucun réchauffement mesuré de 1995 à l’année 2010 ! Ce qui n’a pas empêché les médias et le Giec durant cette période de 15 ans, de continuer à parler de réchauffement et à souvent diffuser de fausses valeurs, sous couvert de « projection potentielle ». La réponse du Giec, qui dans son rapport de 1990 n’avait absolument pas prévu cela, tient en une phrase, un mantra : « il s’agit d’une pause ponctuelle, mais ensuite, cela va être pire… » Posez-vous la question de savoir pourquoi vous venez de découvrir cette information, qui n’est pas complotiste puisque reconnue par le Giec, pourquoi durant 15 ans vous avez continué à n’entendre que des discours catastrophiques… ?

Reste que pour les climato-alarmistes ce +1°C peut être un « domino » qui va amener bien pire, et c’est là-dessus que jouent certains organismes pour entretenir la peur avec des projections purement mathématiques et théoriques.

A ceci près qu’en fait nous constatons que c’est tout le système solaire qui se réchauffe. Le magazine scientifique Futura science titre en 2020 (12) : « L’Univers aussi se réchauffe », et introduit son article par : « Alors que le rayonnement fossile ne cesse de se refroidir depuis le Big Bang, la matière baryonique formant les halos des amas de galaxies ne cesse de se réchauffer selon un groupe de cosmologistes ayant analysé des observations faites notamment avec le satellite Planck ».

Sauf erreur de ma part, il ne me semble pas que ce réchauffement soit d’origine humaine ! La totalité de l’énergie calorifique de notre système solaire est produite par le Soleil, qui, dû à ses cycles et variations, réchauffe tout ce qui se trouve dans son champ gravitationnel dont la Terre. Dit autrement, le réchauffement terrestre de +1°C est naturel, et rentre dans le cadre des variations climatiques qui font partie des cycles de l’univers. Toutes les planètes de notre système sont concernées… Ce postulat, implique également qu’il est très probable qu’après une période de réchauffement, le système solaire et donc la Terre connaîtront une période de refroidissement (diminution de l’activité solaire selon les cycles connus vers 2040 – 2050 (12.1) ) comme c’est le cas depuis… 3 milliards d’années.

Il est important de comprendre qu’en matière de projection de l’état du climat il est très difficile, voire impossible de faire des calculs fiables (équations chaotiques), nous ne disposons pas de la technologie pour cela. Les projections à 50 ou 100 ans proposées par le Giec sont dénoncés comme fantaisistes par une bonne partie de la communauté scientifique, pour la simple et bonne raison que notre civilisation est pour le moment strictement incapable de projeter des données climatiques fiables au-delà de quelques semaines.

Ainsi en 2017, une équipe formée de plusieurs experts sous la direction du laboratoire de météorologie dynamique de l’Université Pierre et Marie Curie et du CNRS indiquait explicitement que le « réglage » des modèles utilisés par le GIEC était non documenté, opaque, subjectif, et le plus souvent biaisé pour atteindre les propriétés souhaitées (13). Il s’agit bien là d’une publication officielle d’un laboratoire du CNRS.

Enfin, tout récemment, au mois de mai 2022, le support scientifique le plus réputé et pourtant favorable au Giec, Nature, a publié un article (Reconnaître le problème du modèle chaud) signé par le GISS (Goddard Institute for Space Studies de la NASA), organisme certifié par l’ONU et le Giec, où il est fait part du fait qu’il existe bien un problème avec les modèles de projection du climat (14). On peut y lire : « Le modèle qui consiste à prendre en compte la moyenne des résultats de tous les modèles pour prévoir l’avenir thermique de la planète n’est plus valable. Il est recommandé d’exclure les modèles qui chauffent trop pour ne conserver que ceux qui donnent des résultats probables ou d’effectuer des pondérations statistiques pour réduire l’impact des surchauffeurs. » En Français : pour la première fois des experts proches du Giec reconnaissent que les modèles mathématiques de projection du climat « chauffent trop », dit autrement, donnent des résultats fantaisistes à la hausse. Pour mémoire, cela fait plus de 20 ans que de très nombreux scientifiques, mis à l’index, pointent du doigt ce problème qui est en fait au cœur de tout, à commencer par Benoît Rittaud (mathématicien français spécialistes des équations chaotiques et président de la ‘association des climato réalistes).

En conclusion, oui la Terre est dans un cycle de réchauffement, oui la probabilité que cette variation soit naturelle est très élevée, non cela n’est pas anormal, non 1°C en 170 ans n’établit pas un record, oui les autres planètes se réchauffent aussi, oui il est très probable qu’un refroidissement interviendra dans quelques décennies, et non en l’état de nos connaissances personne n’est en mesure de prévoir l’évolution sur les 30 ou 50 ans à venir.

Jacques Laurentie
Ingénieur Auteur (Un autre son de cloche, et Face aux miracles -à paraitre-, éditions Téqui)

==

(1) https://www.revueconflits.com/refroidissement-climatique8748-2/

(1.1) https://www.lejdd.fr/Ecologie/Climat/Actualite/Le-sommet-de-la-derniere-chance-155799

(1.2) https://www.lejdd.fr/Ecologie/Climat/Copenhague-minute-par-minute-158955-3280418

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Copenhague_de_2009_sur_les_changements_climatiques#:~:text=Quinzi%C3%A8me%20%C3%A9dition%20du%20sommet%20annuel,%C3%A0%201%2C5%20%C2%B0C

(2.1) https://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/cop-21-pourquoi-veut-on-limiter-a-2-c-le-rechauffement-climatique_1740129.html

(3) https://www.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/12/18/un-accord-non-contraignant-obtenu-in-extremis-a-copenhague_1282914_1270066.html

(4) https://www.letemps.ch/monde/cop21-etatsunis-ont-pese-negociations

(5) https://www.metoffice.gov.uk/weather/climate/met-office-hadley-centre/index

(6) Le Hadley Center effectuer un maillage de la planète par carrés de 5° de coté (latitude et longitude) auxquels il affecte une mesure de température si possible, sinon une estimation en fonction des zones attenantes.

(7) https://crudata.uea.ac.uk/cru/data/temperature/

(8) http://www.meteofrance.fr/climat-passe-et-futur/le-rechauffement-observe-a-l-echelle-du-globe-et-en-france

(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rechauffement_climatiqueelevation_recente_des_temperatures_atmospheriques_moyennes

(10) http://www.climateaudit.info/pdf/others/lamb.ppp.1965.pdf Etude établie en 1964 par H. Lamb, paléologue.

(10.1) https://www.nature.com/articles/s41598-020-67281-2?utm_source=CCNet+Newsletter&utm_campaign=30ad7c5ce1-EMAIL_CAMPAIGN_2020_07_24_03_53_COPY_01&utm_medium=email&utm_term=0_fe4b2f45ef-30ad7c5ce1-36415357&mc_cid=30ad7c5ce1&mc_eid=b9fdc60fd9

(10.2) https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2022-07-12/ete-1911-la-canicule-oubliee-la-plus-meurtriere-en-france-73ff3a43-ef07-4453-abf5-1cd1a4c89a6a

(10.3) https://www.climato-realistes.fr/le-climat-comme-gisement-deconomies/

(11) https://www.dailymail.co.uk/news/article-1250872/Climategate-U-turn-Astonishment-scientist-centre-global-warming-email-row-admits-data-organised.html

(11.1) https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/la-pause-du-rechauffement-climatique-toucherait-a-sa-fin-504882.html

(12) https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/cosmologie-univers-aussi-rechauffe-84155/

(12.1) une publication de La Royal Astronomical Society (juillet 2015) indique que le 26 e cycle du soleil (2030-2040) marquera une réduction de l’activité solaire de 60% réunissant ainsi les conditions d’un nouveau “minimum de Maunder” (refroidissement). http://solarscience.msfc.nasa.gov/SunspotCycle.shtml

(13) https://journals.ametsoc.org/view/journals/bams/98/3/bams-d-15-00135.1.xml

(14) https://media.nature.com/original/magazine-assets/d41586-022-01192-2/d41586-022-01192-2.pdf

https://www.lesalonbeige.fr/le-climat-mondial-se-rechauffe-t-il/

Histoire romaine (éditions Armand Colin)

 

histoire-romaine

Jean-Pierre Martin et Alain Chauvot sont deux professeurs émérites d’histoire. Mireille Cébeillac-Gervasoni, directrice émérite de recherche au CNRS, est une spécialiste d’épigraphie latine et d’histoire romaine républicaine et impériale.

L’histoire de Rome offre un exemple quasi unique dans l’histoire du monde, celui d’une cité parmi d’autres qui, peu à peu, au milieu d’immenses difficultés, réussit à se confondre avec le monde méditerranéen, qui s’y maintient pendant plusieurs siècles et qui se transforme, pour exister encore, après plus d’un millénaire.

A travers un choix d’événements, de faits politiques, militaires, sociaux, économiques et culturels, ce livre présente les pensées qui ont guidé les Romains.

L’ouvrage se découpe en trois parties : Mireille Cébeillac-Gervasoni traite la royauté et la république, Jean-Pierre Martin décrit le Haut-Empire et Alain Chauvot se consacre à l’Antiquité tardive. Ces trois auteurs se complètent harmonieusement pour nous narrer cette histoire extraordinaire de Rome en tant que puissance autonome et dominatrice. Itinéraire long, difficile, heurté, durant lequel Rome a failli disparaître à plusieurs reprises, que ce soit sous des coups intérieurs ou sous des assauts venus de l’extérieur. Les Romains ont fait preuve d’un pragmatisme qui leur a permis de passer de l’organisation politique d’une simple cité à la constitution d’un empire. L’histoire de Rome est le temps d’une édification, puis d’une défense d’un ensemble qui a tendu à l’hégémonie universelle. Mais elle est aussi rythmée par le clientélisme, la corruption, l’utilisation de la force, les ambitions personnelles destructrices de l’Etat et des moyens matériels qui n’étaient pas à la hauteur des ambitions.

Cette quatrième édition de l’Histoire romaine se révèle indispensable à toute personne qui veut connaître et comprendre la fascinante Rome antique.

Histoire romaine, Jean-Pierre Martin, Alain Chauvot et Mireille Cébeillac-Gervasoni, éditions Armand Colin, 479 pages, 29 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur.

https://www.medias-presse.info/histoire-romaine-editions-armand-colin/57054/