jeudi 7 juillet 2022

Indépendance de l’Algérie : 60 ans de soumission, de repentance et de culpabilité mémorielle

  

Le 5 juillet 1962, trois mois et demi après les accords d’Évian, l’Algérie devenait officiellement indépendante. S’ouvrait alors, non pas une période de paix et de prospérité, mais une guerre algéro-algérienne et une dictature socialiste révolutionnaire qui mènera à la ruine du pays. Cette violence et cette effroyable décadence étant d’ailleurs symbolisées par le massacre d’Oran le même jour et par les monstrueuses exécutions des harkis restés sur place, trahis et abandonnés par le pouvoir gaullien.

Cela fait 60 ans que l’Algérie a obtenu son indépendance vis-à-vis de la France, ancienne puissance colonisatrice, mais cela fait 60 ans que la France a adopté une attitude de soumission, de repentance et de culpabilité mémorielle à l’égard de son ex-colonie.

À rebours de cette marque d’infamie que la gauche intellectuelle entend faire peser sur le passé colonial de la France, le bilan de ces 132 années de colonisation de la France en Algérie est pourtant loin d’être négligeable. Comme l’explique Jean Sévillia dans Le Figaro (6/11/2018), « la France a équipé ce pays, elle a construit des routes, des ponts, des barrages. L'œuvre médicale est extraordinaire, dans un territoire jusqu'alors envahi par les fièvres. [...] L'œuvre scolaire n'a rien eu de négligeable : elle s'est seulement heurtée à la réticence de la grande majorité de la population musulmane à l'idée de confier ses enfants à une école sans Dieu. La métropole a importé en Algérie des techniques agricoles modernes, inconnues jusqu'alors. »

On ne refera pas ici l’histoire de la guerre d’Algérie, mais on peut légitimement se demander pourquoi, depuis 60 ans, la France, avec un empressement honteux, se soumet aux diktats des différents dirigeants qui se sont succédé au pouvoir en Algérie. Pourquoi la France accède-t-elle aux demandes algériennes et ouvre-t-elle peu à peu les archives de cette période quand l’Algérie tient les siennes fermement cadenassées ?

Pourquoi, si la France était si honnie de l’autre côté de la Méditerranée, a-t-on favorisé légalement l’immigration algérienne en France depuis l’indépendance, accélérant « le phénomène qu’on avait prétendu conjurer par la sécession : il y a aujourd’hui plus de possesseurs de la nationalité algérienne en France qu’il y avait de musulmans algériens en 1830 ? » (Michel De Jaeghere, Le Figaro Histoire). Comme le dit Jean Sévillia, c’est « un rare exemple d'un peuple choisissant d'aller vivre auprès de ses prétendus tortionnaires » !

Rappelons à ce titre qu’entre 1962 et 1972, l’immigration algérienne augmente de 65 % en France. Sait-on que, selon l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, la diaspora algérienne en France compte 2,6 millions de personnes au moins, dont 846.000 immigrés stricto sensu ? Sait-on également que les Algériens bénéficient, depuis l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 (modifié en 1985, 1994 et 2001), de facilités inouïes pour s’installer en France, y commercer, obtenir un titre de séjour, faire jouer le regroupement familial ?

Et pourtant, la générosité d’une France qui a toujours maintenu les bras ouverts à son ancienne colonie – invalidant par là même l’intuition gaullienne que l’on ne pourrait supporter chez nous le poids d’une population à la démographie galopante -, cette ouverture française, donc, n’est rien moins que reconnue. Et elle est inutile, autant que contre-productive.

La France, condamnée à battre sa coulpe, n’en fera jamais assez. Emmanuel Macron n’avait-il pas déclaré, en février 2017, que la « colonisation était un crime contre l’humanité » et que la France « d[evait] présenter ses excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avions commis ces gestes » ?

Une vision fausse, une imposture historique qui est comme un écho à l’imposture de cette « paix » algérienne » de 1962 : aujourd’hui, les jeunes descendants des immigrés algériens, qui n’ont pas connu cette sale guerre et que la France élève en son sein, la cultivent avec un soin jaloux et une rancœur tenace. Leur haine de la France n’est que le fruit de notre détestation de notre passé. Quand la France prendra-t-elle donc son indépendance vis-à-vis de l’Algérie ?

Marie d'Armagnac

mercredi 6 juillet 2022

Joseph Conrad, le voyageur au bout de l'être

 Conrad

[Ci-dessus : Joseph Conrad par Walter Tittle, 1923-1924, National Gallery]

On ne peut évoquer l'aventure en littérature sans se pencher sur le cas Conrad. Mais, avec lui, on s'éloigne radicalement des romans de marins de Stevenson et la seule île au trésor est celle de l'esprit, le trois-mâts, conquérant des sept mers devient le véhicule de la pensée de Conrad et le prétexte pour une aventure introspective.

Joseph Conrad aimait à se définir comme un romancier qui a été capitaine au long cours plutôt que comme un capitaine en retraite écrivant des romans, son expérience de la vie maritime ne constituant en réalité qu'une trame de fond pour une œuvre d'une autre nature. Ainsi, bien que la fiction de son œuvre épouse largement la réalité des événements vécus par lui ou portés à sa connaissance, son récit est avant tout celui de la vie intérieure, des sentiments et des sensations d'une humanité confrontée aux forces naturelles et de ce qui en résulte. Si l'œuvre de Joseph Conrad parcours toutes les mers du globe, la véritable aventure est celle d'une âme mise à nu et de sa place dans le monde, consciente de ses possibilités, rongée par le doute et libre de ses choix. C'est cette dimension de l'homme où la réflexion précède l'action qui est la véritable mesure du « vrai » dans la pensée de Conrad et lui-même sait « qu'un auteur vit dans son œuvre. Il est là, seule réalité d'un monde fictif ; parmi des choses, des événements, des gens imaginaires. En les décrivant, il ne fait que se décrire lui-même ».

Si la forme de l'œuvre conradienne est une retranscription de son expérience maritime, le fond est imagination pure car « Ce n'est que dans l'imagination des hommes que toute vérité trouve une réelle et indéniable existence. L'imagination, non l'invention, est la maîtresse de l’art comme de la vie ». Et comme : « L'inspiration vient de la terre, qui a un passé, une histoire, un avenir, non du ciel froid et immuable », l'appréhension du monde qui en résulte est soumise à une identité culturelle définie et non à une Raison universellement innée. Donc, si à la lumière de la vie de l'homme s'étire l'ombre de sa pensée, il convient de jeter un regard sur ses origines.

Des origines polonaises et nationales-révolutionnaires

De son vrai nom Teodor Jozef Konrad Korzeniowski, il naît en 1857 à Terechowa, ville polonaise alors sous administration russe, dans une famille catholique et activiste patriote, précision qui serait un pléonasme concernant les Polonais (et les Irlandais) selon Jean Mabire, il est déporté en même temps que ses parents en Sibérie et deviendra orphelin à l'âge de 11 ans. Recueilli par un oncle maternel, il s'embarque à 17 ans comme matelot à bord d'un voilier. Lié au milieu des activistes carlistes, du nom du prétendant légitimiste à la succession d'Espagne, il s'adonnera à la contrebande d'armes et tirera de cet épisode de sa vie matière à un roman d'inspiration largement autobiographique : La flèche d'or. Après être devenu lieutenant, il obtient la nationalité britannique, retourne pour quelques mois en Pologne où il est accueilli chaleureusement, passe son brevet de capitaine, débarque définitivement après avoir passé une vingtaine d'années sur les mers et devient écrivain. En tant que sujet britannique, Conrad choisira de s'exprimer dans la langue de Shakespeare, choix qui lui imposera une véritable torture intellec­tuel­le pour chaque phrase sortie du néant. Sa carrière littéraire dure une tren­taine d'années environ et il meurt en 1924 et est enterré à Can­torbéry.

Passé directement de l'état de victime dans une société sous admi­nistration étrangère à celui d'acteur dans une civilisation impé­rialiste et colonisatrice, de la solitude contrainte par la suspicion d'é­tat à celle des voyages en mer et surtout de la précarité d'un destin sou­mis à des événements incertains — l’incertitude précaire du mo­ment se révélant souvent être propice au dévoilement des âmes et des comportements — Conrad peut développer une scrupuleuse capacité d'observation du monde des hommes, adoptant le ton d'un relati­vis­me neutre et radical passé à l'aune d'un détachement moral, le dé­ta­chement désignant en fait une réalité aussi étrangère à celle de l'indifférence que peut l'être celle de neutralité à la modération, la tié­deur, l'esprit de conciliation d'un conformisme bien-pensant. C'est sur l'axe qui va du neutre, qui ne s'engage pas, au radical, qui ne tran­sige pas sur l'essentiel, que prend place l'expression de la libre pensée de l'exilé polonais devenu voyageur anglais, se gardant la possibilité de passer de l'un à l'autre au gré des conditions et des difficultés rencontrées.

Une valeur cardinale : la fidélité

Si l'absence d'un véritable engagement envers une quelconque idéologie a permis à certains de ses biographes de dénier à Conrad la possession de la moindre pensée cohérente, tout au plus de quelques vagues opinions, c'est en réalité le scepticisme qui est le point central, la pierre d'achoppement de la perspective conradienne. Mais ce scepticisme, loin d'entraîner l'aigreur et la désespérance est en fait le catalyseur lui permettant de jeter un regard contemplatif sur un « univers conçu comme un pur spectacle » et capable de dépas­ser le réel ou l'apparent pour atteindre le vrai. « Le scepticisme, le tonique des esprits, le tonique de la vie, l'agent de la vérité — la voie de l’art et du salut ». Mais si pour le biographe Albert Guérard, « Une vision moralisante et conservatrice de la vie était pour Conrad une seconde nature et tenait en échec un fort penchant au scepticisme et de forts élans de révolte » ; le scepticisme est également le moyen pour Conrad d'éviter l'écueil des vérités absolues d'une société victorienne mercantile, sûre d'elle-même et dominatrice, et dont les lois sont à l'opposé des convictions de Conrad puisque, comme il le déclare : « Ceux qui me lisent savent ma conviction que le monde, le monde temporel, repose sur quelques idées très simples, si simples qu'elles doivent être aussi vieilles que lui. Il repose notamment, entre autres choses, sur l'idée de fidélité ». Cette fidélité, qui est la cause de tout engagement durable, mais aussi celle qui lui permet de maintenir un lien avec la tradition des siens et leur combat, comme le marin perdu en mer se cramponne à la bouée de sauvetage, fidélité entière et totale, même si ses compatriotes lui ont souvent reproché son exil volontaire hors de sa patrie d'origine car, pour Conrad, « La fidélité à une tradition particulière persiste à travers les événements d'une existence qui ne lui est pas liée, tout en suivant scrupuleusement le chemin tracé par une impulsion inexplicable » et dans les abords de ce chemin se démarque « Une vue impartiale de l'humanité à tous ses degrés de splendeur et de misère, jointe à un respect particulier pour les droits des non-privilégiés de ce monde, non pour des raisons mystiques, mais par simple solidarité et par un honorable esprit d'entraide, fut le caractère dominant de l'atmos­phè­re intellectuelle et morale des maisons qui abri­tè­rent mon enfance hasardeuse et constitua l’objet d'une con­viction sereine et profonde, durable et cohérente, aussi éloignée que possible de cet huma­nita­risme qui semble seulement l'effet d'un déséquilibre nerveux ou d'une conscience morbide ».

La fidélité et la solidarité, lois fondamentales pour la survie des ma­rins en mer, marquées dans leur cœur plutôt qu'au fronton des capitaineries, sont également nécessaires à l’écrivain en quête de vé­rité et, dans tous les cas, garants contre l'individualisme, l’indé­pen­dance égoïste, l’idée que l'homme serait une unité se suffisant à elle-même mue par des motifs de concurrence, qui donne l'utilitarisme en éthique et le libéralisme en économie (Jacques Berthoud, cf. biblio­graphie).

Le sens de l’honneur

Avec la fidélité et la solidarité, c'est le sens de l'honneur qui est l'un des thèmes majeurs de la pensée de Conrad puisqu'il reviendra à plusieurs reprises parmi les romans les plus importants de l'auteur. Le premier d'entre eux, La Folie Almayer est le récit de la déchéance d'un marchand néerlandais promis à un bel avenir mais qui, au fur et à mesure qu'il s'enfonce dans les terres inconnues, se déshonore et devient la risée de tout le comptoir colonial, finit par vendre de la poudre à ceux qui contestent la présence des siens et meurt, seul et dérisoire dans l'attente d'un hypothétique coup du sort censé le mettre en présence d'un trésor. D'honneur perdu, il est encore question dans Lord Jim, l’histoire d'un jeune marin, commandant en second d'un navire rempli de passagers qu'il abandonne lâchement à leur sort et qui se défend des accusations portées contre lui devant Marlow, personnage récurent, probable alter ego de Conrad, solidaire de l'accusé malgré son ironie et sa distanciation.

D'une manière générale, les récits de Conrad sont matières propices à dévoiler toute une galerie de personnages présents pour évoquer toutes les gammes de comportement possible sous ces degrés de latitude et leurs contradictions mutuelles. Par exemple, la fille d'Almayer, métisse indonésienne, incarnation symbolique du choix donné à tous entre une civilisation marchande occidentale rendue pré­caire par la concurrence et celle, tout aussi précaire mais bien plus gratifiante des guerriers (malais en l'occurrence). Mais si le discours de Conrad n'a pas sa place dans le débat sur l'inégalité des races, il réduit à néant également celui sur l'éventuelle supériorité d'une civilisation sur les autres, maladie honteuse de la social-démocratie occidentale et des héritiers universalistes de Jules Ferry, d'autant qu'il est étranger à tout exotisme rousseauiste.

L’homme moderne indifférent et inconséquent

D'ailleurs, chez Conrad, les Européens sont autant guerriers (sans aucun rapport avec le citoyen conscrit, habituelle chair à canons des guerres économiques qui le dépassent) que les Malais peuvent être domestiques, comme en témoigne Tom Lingard, légataire d'Almayer, et, à l'opposé de Chester, marchand invétéré invitant le lord Jim aux promesses de richesse d'une île à guano, le personnage du Dr Stein, véritable entomologiste de choc, explorateur et guerrier capable de se défendre lui et les siens, philosophe à ses heures et initiateur de la réintégration du jeune lieutenant dans son honneur et que certains ont rapproché de la figure de Merlin ou de Prospero. On le voit, le monde issu de l'imaginaire conradien, donc représentation vitale du vrai, est celui des opposés qui réfute le modèle universel d'un monde des contraires forcément manichéens et qui ne peut aboutir qu'à la diabolisation de l'un des éléments par son antagoniste. Chez Con­rad, le choix est toujours possible sans exclusion (le Dr Stein est également commerçant) et va jusqu'aux figures extrêmes repré­sentées dans Au cœur des ténèbres sous les yeux de Marlow par Kurtz, guerrier retombé dans le primitivisme et par le directeur du comp­toir congolais, fonctionnaire comptable zélé et déshumanisé. Mais des deux, c'est paradoxalement Kurtz qui, au long du récit, garde à l'esprit la prégnance de l'esprit occidental tandis que le directeur, homme pratique et technocratique est transposable dans toutes les civilisations sans que son caractère en soit affecté. Mais si Kurtz est coupable de trahir la civilisation européenne en l'aban­don­nant, le directeur est un homme qui a su régresser avec son temps pour devenir le prototype de l'homme moderne indiffé­rent et inconséquent, archétype de la civilisation du Progrès.

L'œuvre du romancier Conrad est donc d'abord celle d'un penseur de l'homme et de ses contradictions. S'il annonce déjà Céline et sa description dans Voyage au bout de la nuit, de la déliquescence de la civilisation européenne sous les tropiques, il demeure fonda­men­tale­ment optimiste en faisant également sienne la vision nietz­schéenne de l’homme, ce ruisseau chargé des alluvions de ses vices et de ses faiblesses cherchant parfois à atteindre à son embouchure la mer de la surhumanité. Mais Conrad n'est ni juge, ni parti et ce qui découle de son œuvre c'est avant tout le choix, celui qui est donné à la plupart de ses personnages et notamment à Marlow, double imaginaire (selon sa propre définition de l’imaginaire) de l'auteur qui, au cours de ses pérégrinations, est amené à observer et à évaluer les hommes et par cet intermédiaire, à faire évoluer son propre caractère pour faire surnager le vaisseau de son propre esprit sur les mers de la contradiction. C'est la garantie de ce choix, qui évite à l'homme de sombrer avec les esprits suffisants et « La troupe vaste de ceux qui manquent complètement d'imagination, de ces êtres au regard vide et aveugle desquels […] l'univers entier s'évanouit dans un néant total », totalement inaptes à atteindre « notre véritable tâche à nous, les hommes, dont les jours sont comp­tés sur cette terre, lieu d'opinions contradictoires […] Tâche où le des­tin n'a peut-être rien engagé de nous que notre conscience, douée de voix afin de témoigner véridiquement du miracle visible, de la terreur obsédante, de la passion infinie et de la sérénité sans limite ; de la loi suprême et du mystère immuable du spectacle su­blime ».

Frédéric Schramme, Nouvelles de Synergies Européennes n°41, 1999.

Bibliographie :

Joseph Conrad :
◊ Des souvenirs (récits, Gallimard, 1912)
◊ La Folie Almayer (roman, Gallimard, 1919)
◊ Lord Jim (roman, Gallimard, 1921)
◊ Au cœur des ténèbres (nouvelles, Gal., 1925) ; Heart of darkness (Livre de Poche, Langues Modernes / Bilingue, 1988)
◊ Du goût des voyages suivi de Carnets du Congo (Les Équateurs, coll. Parallèles, 2007)
◊ La flèche d'or (roman, Gallimard, 1918)
◊ Propos sur les lettres (Actes sud, 1989)
Études :

◊ Joseph Conrad : Au cœur de l'œuvre, Jacques Berthoud (Critérion, 1992)
◊ Magazine Littéraire n°297, mars 1992

http://www.archiveseroe.eu/lettres-c18386849/21

Baden-Powell, éclaireur de légende, fondateur du scoutisme (Philippe Maxence)

 baden-powell

Philippe Maxence est historien, écrivain et journaliste.

Robert Baden-Powell, général britannique, est entré dans l’histoire pour avoir lancé un mouvement de jeunesse, le scoutisme, cher à l’imaginaire de générations d’adolescents. L’homme qui crée le scoutisme en 1907, année du premier camp scout, n’est pourtant pas un homme tout jeune. Il vient d’avoir cinquante ans. De son enfance, de sa carrière militaire qui s’est principalement déroulée dans les colonies britanniques, il a tiré des leçons et un enseignement pratique. Les hasards de l’histoire ont fait de lui un véritable héros national. Il a connu l’aventure, l’exotisme et la gloire. Il a lu et assimilé également. Le scoutisme qu’il propose aux jeunes garçons britanniques découle de tout cela.

Ce livre retrace l’existence de Baden-Powell et nous montre comment il est devenu le Chef scout mondialement célèbre.

Baden-Powell, Philippe Maxence, éditions Perrin, collection Tempus, 500 pages, 11 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/baden-powell-eclaireur-de-legende-fondateur-du-scoutisme-philippe-maxence/61350/

mardi 5 juillet 2022

Solstice de juin : une fête du soleil

 

Solstice de juin : une fête du soleil

Une fois encore, comme tous les ans nous voici dans une période de l’année où depuis des temps immémoriaux, nos pères et les pères de nos pères ont célébré la fête de la lumière la plus longue. Le solstice marque le moment où le Soleil se lève le plus tôt et se couche le plus tard. C’est la fête du Soleil triomphant.

Fête du Soleil ? Il faut s’entendre.

Dans les anciennes religions indo-européennes, le Soleil ne fait pas nommément l’objet d’un culte. On ne peut donc pas dire que les vieux Celtes, les vieux Germains, etc. « adoraient » le soleil. Mais il ne fait pas de doute que l’élément solaire jouait un rôle très important dans leurs croyances. La course du Soleil dans le ciel fut dès les temps originels l’objet de profondes spéculations. On se demandait pourquoi, d’une saison l’autre, le jour et la nuit n’étaient pas de même longueur, où « allait » le Soleil en hiver, etc.

L’archéo-astronomie (ou astro-archéologie) a révélé que certains sites proto-historiques (Stonehenge, l’Externstein, etc.) avaient constitué de véritables observatoires astronomiques, qui permettaient de connaître et de prévoir le mouvement des astres, les phases de la lune, les éclipses, etc. Ces connaissances étaient évidemment liées à des attitudes religieuses : ce n’est pas un hasard si de nombreux rites prenaient place au moment des équinoxes des solstices rites dont les survivances folkloriques et populaires représentent autant de dérivations coutumières.

Le « voyage » opéré par le Soleil au cours de l’année semble avoir été transposé dans le mythe du labyrinthe (cf. travaux d’Ernst Krause, à la fin du siècle dernier) – thème du héros solaire (Siegfried, Thésée, etc.) qui, au terme d’un voyage « labyrinthique », fait d’allées et venues concentriques finit par « délivrer » une « belle au bois dormant » (Ariane, Brunehilde) enfermée au centre d’un Trojaburg.

Il faut également parler des dieux (et des demi-dieux) solaires : Apollon dans la mythologie des Hellènes, Balder/Baldur dans celle des Germains. On connaît également le récit de Phaéton, fils du Soleil et de Clymène ayant obtenu de son père la permission de conduire, pendant une journée, le chariot solaire, il faillit par son inexpérience embraser tout l’univers, et Jupiter, irrité, le foudroya et le précipita dans l’Eridanos. Ce récit renvoie très probablement à anciennes catastrophes cosmiques, dont le Nord « hyperboréen » fut le théâtre (Eridanos=Eider, fleuve d’Allemagne du Nord dont l’embouchure se trouve en face de l’Heligoland). Structuralement, il est très semblable au mythe de Dédale et de son fils Icare : ayant tenté de fuir l’île de Crète au moyen d’ailes attachées avec de la cire, Icare approcha trop du Soleil ; ses ailes fondirent et l’imprudent fut précipité dans la mer.

Icare, Phaéton : deux figures de présomptueux dont l’aventure « catastrophique » est liée au Soleil. Et il est évidemment remarquable que le père d’Icare, Dédale, passe pour être le créateur du labyrinthe crétois.

On connaît par ailleurs des figurations réelles du « chariot du Soleil » : notamment le célèbre chariot de Trundholm, pièce datée du bel âge du bronze (actuellement exposée au Musée national de Copenhague), qui portait une figuration circulaire du Soleil, en or, ornée de dessins et de spirales.

Permanence des croyances et des interprétations

Les représentations figuratives ou symboliques du Soleil sont innombrables dans toutes les cultures européennes. Les plus anciennes qui nous soient parvenues sont probablement celles du Bohuslan, en Suède méridionale : gravures rupestres représentant des hommes brandissant des roues solaires, associations de navires et d’emblèmes du Soleil (= barque solaire), etc.

Ces gravures remontent aux environs de 1600/1500 avant notre ère ; elles attestent la permanence des croyances et des interprétations. Au cours des siècles suivants, on retrouve le soleil et la spirale solaire sur des boucliers, des plaques de poitrine et de bras, des rouelles, des bijoux, etc. Cette tradition se maintiendra dans le Nord de l’Europe jusqu’à l’âge des Vikings.

L’une des pièces les plus célèbres du domaine germanique est le disque solaire en or, portant en son centre une représentation d’Odhinn-Wotan, retrouvé dans l’ile de Gotland et datant du VIème ou VIIème siècle de notre ère. Une autre pièce très connue est la pierre de Hornhausen (près de Halle an der Saale), qui représente un cavalier (probablement Wotan) porteur d’une lance et d’un bouclier solaire. En Grèce, le Soleil se retrouve sur de nombreuses pierres de la période mycénienne.

Durant la période classique, il est souvent associé à des figurations d’Apollon. Selon la légende, Apollon disparaît six mois par an (d’un solstice à un autre solstice) et l’on dit qu’il séjourne en Hyperborée à l’embouchure de l’Eridanos, là où les sœurs de Phaéton pleurent des larmes d’ambre (cf. le mythe de Balder, fils de Wotan et de Freya, dont il est dit qu’il conduit dans le ciel le chariot du soleil, traîné par plusieurs chevaux, tandis qu’en hiver, il meurt, tué par son frère aveugle, à la suite d’une mauvaise ruse de Loki).

Au Moyen Âge, la symbolique solaire fut apparemment christianisée sous la forme de ces grandes et belles rosaces de pierres ou de vitraux qui ornent certaines églises construites à partir du XIIème siècle (cf. notamment le grand vitrail de la cathédrale de Worms, réalisé sous le règne de Frédéric Barberousse). Ce motif décoratif culmine avec l’art gothique, entre 1300 et 1500 : vitraux de la cathédrale de Metz, Lorenzkirche de Nuremberg, églises de Maulbronn et d’Ebrach (Wurtemberg, Basse-Franconie), et surtout cathédrale de Strasbourg (travail d’Erwin von Steinbach).

Robert de Herte, Traditions, mai-juin-juillet 1977

Akseli Gallen-Kallela (1865-1931), Ad Astra (détail), 1894. Creative Commons Attribution 3.0 Unported licence.

https://institut-iliade.com/solstice-de-juin-une-fete-du-soleil/

Histoire des anciennes civilisations - Archéologie interdite - Mise à jo...

Passé-Présent n°329 : Les derniers païens

 Philippe Conrad reçoit le professeur Sylvain Gouguenheim, médiéviste reconnu, à propos des derniers païens, c’est à-dire des Baltes christianisés par les Teutoniques à partir du XIIIème siècle. Peuple issu du sud de l’Ukraine, les Baltes furent soumis par la force au cours de l’entreprise de christianisation de l’ordre teutonique, hormis les Lituaniens qui résistèrent victorieusement en conservant par là même leur permanence païenne. L’auteur ouvre sa réflexion sur les mythes qui entourent les habitants et les lieux de cet espace “barbare” et montre comment le paganisme survécut dans la culture populaire.

Sylvain Gouguenheim : « Les derniers païens – Les Baltes face aux chrétiens XIIIème – XVIIIème siècle » (Ed. Passés composés)


https://www.tvlibertes.com/passe-present-n329-les-derniers-paiens

Le Chrétien au Combat pour Le Règne de Dieu d’après le cardinal Pie

 

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Né en 1815, prêtre en 1839, évêque de Poitiers le 28 septembre 1849, cardinal le 12 mai 1879, Louis-François-Désiré-Édouard Pie est mort à Poitiers le 18 mai 1880.

Pourquoi s’intéresser plus particulièrement à quelques homélies du cardinal Pie ?

Parce que « dans la pléiade d’hommes vraiment remarquables qui illustrèrent la religion au cours du siècle qui vient de finir, nul assurément n’était plus digne des honneurs du centenaire que le grand évêque que fut le cardinal Pie ; nul dont le souvenir pût être ravivé avec plus d’à propos et de profit ; nul dont les gestes, les œuvres, les écrits nous puissent plus sûrement guider à travers les ténèbres de l’heure présente, au milieu de l’atonie, du désarroi, de l’incroyable confusion d’idées qui semblent décidément en être la très particulière caractéristique. »1

Mgr Pie a vécu à une époque agitée où il fallait non seulement faire la guerre aux impies, aux républicains et aux francs-maçons mais aussi contredire les catholiques libéraux qui prétendaient pouvoir vénérer le Bon Dieu tout en respectant le diable. Pour Mgr Pie la vérité est intolérante. On ne peut pas aspirer à l’ordre et flatter l’anarchie sans être l’homme des concessions à perpétuité et sans être infidèle à Dieu.

C’est ainsi que Mgr Pie s’est opposé à l’archevêque de Paris, Mgr Sibour, qui jugeait trop romain l’Univers, le journal du très catholique Louis Veuillot.

C’est ainsi que Mgr Pie s’est opposé à l’évêque d’Orléans, Mgr Dupanloup, qui avec les libéraux de l’Avenir, admit que l’on invoquât, en faveur de l’Église, le droit commun et que l’on ne revendiquât pas intégralement ses privilèges de société divine… Apôtre du Syllabus de Pie IX, Mgr Pie fut le plus terrible adversaire du naturalisme politique érigé en dogme par les temps modernes avec la complicité d’une « école sincèrement croyante mais qui se met en cela d’accord avec la société déchristianisée »… Les homélies qui suivent le montreront.

C’est ainsi que Mgr Pie fit, devant ses prêtres, la critique du travail de Mgr Maret, “Du concile général et de la paix religieuse”, ouvrage dont il dira à l’auteur lui-même qu’il appelait les plus graves censures théologiques.

C’est ainsi que Mgr Pie, l’un des vingt-quatre membres de la commission de la doctrine et de la foi au concile du Vatican, s’opposa à Mgr Darboy sur la question de l’infaillibilité pontificale.

Sur de multiples questions, celle du gallicanisme, celle de la liturgie romaine, celle de l’attitude de l’Église face aux principes et à l’esprit nés de la Révolution… il fut le défenseur le plus résolu des droits de Dieu.

C’est pourquoi le salut national et social et le triomphe de l’Église lui semblaient ne pouvoir venir que de l’avènement du comte de Chambord. Toutes les autres solutions lui paraissaient bâtardes et dangereuses. Le comte de Chambord, c’était la monarchie de droit divin et, par conséquent, c’était Dieu rétabli dans ses droits.

Après le coup d’État et la proclamation de l’Empire, il ne salua pas, comme bon nombre de ses collègues de l’épiscopat français, en Napoléon III, l’espoir de l’Église. L’évêque de Poitiers, lors d’un entretien avec l’empereur Napoléon III, le 15 mars 1856, fit la seule chose qu’il savait faire : dire la vérité :

« … ni la Restauration ni vous, n’avez fait pour Dieu ce qu’il fallait faire, parce que ni l’un ni l’autre vous n’avez renié les principes de la Révolution dont vous combattez cependant les conséquences pratiques, parce que l’Evangile social dont s’inspire l’Etat est encore la déclaration des droits de l’homme, laquelle n’est autre chose, Sire, que la négation formelle des droits de Dieu. Or c’est le droit de Dieu de commander aux Etats comme aux individus. … Partout où Jésus-Christ n’exerce pas ce règne, il y a désordre et décadence. Or, j’ai le droit de vous dire qu’Il ne règne pas parmi nous et que notre Constitution n’est pas, loin de là, celle d’un Etat chrétien et catholique. … Le moment n’est pas venu pour Jésus-Christ de régner ? eh bien ! Alors le moment n’est pas venu pour les gouvernements de durer ».

Sa Lettre pastorale du 22 février 1861, où Napoléon III était comparé à Pilate, lui valut quelques tribulations…

Voilà en quelques traits l’imposante physionomie du très humble et très lucide cardinal qui était tout entier possédé par l’idée « de combattre partout cette substitution sacrilège de l’homme à Dieu, qui est le crime capital des temps modernes »

Très humble car totalement soumis à l’amour de la vérité sans aucune compromission avec l’erreur. L’illusion de tenter une réconciliation de Bélial avec le Christ n’a jamais effleuré ce prince de l’Eglise.

Très lucide car il écrivait à un ami :

« Je ne sais pas ce que verront les enfants de vos enfants, et j’aperçois des signes très graves qui peuvent faire craindre la décadence universelle avant la fin de l’autre siècle. Mais j’aperçois en même temps les éléments d’une phase temporaire de prospérité pour le christianisme. Ce sera assez court peut-être, parce que le mal a pris sur plusieurs points un empire qui ne sera jamais totalement détruit […]. Mon cher ami, si Dieu vous accorde vie, nous reparlerons de tout cela dans deux ou trois ans, et nous verrons qui de vous ou de moi aura le plus modifié ses sentiments à l’école des faits. »2

Ses sermons, discours, entretiens, instructions synodales, lettres pastorales ont été réunis et publiés en 1887 en neuf volumes. Parmi cet immense ensemble rempli de chefs d’œuvre, nous livrons aujourd’hui deux perles qui n’en font qu’une : une méditation et une contemplation sur l’esprit chrétien pour établir le règne de Dieu selon les enseignements du Notre Père.

Abbé O. Rioult

1 Discours du cardinal Billot pour “Le centenaire de la naissance du cardinal Pie”, Bulletin Catholique du diocésain de Montauban Nos 40 et 40 des samedis 2 et 9 octobre 1915

2 Histoire du cardinal Pie, par Mgr Baunard, Livre III, Chapitre II : Condamnation de la politique sacrilège – 1860.

“Le chrétien au combat” • 104 pages • format 12×18 cm • 8 € + port 3 €
Bon de commande à retourner avec votre chèque à l’ordre de :
Olivier RIOULT – Ermitage Saint Agobard
64130 Charritte -de-bas

https://www.medias-presse.info/le-chretien-au-combat-pour-le-regne-de-dieu-dapres-le-cardinal-pie/61416/

lundi 4 juillet 2022

La Monarchie royale et fédérative, pour en finir avec la monocratie.

 

Que demande le peuple

Le président M. Macron est-il en difficulté ? La perte de sa majorité absolue à l’Assemblée nationale et la multiplicité des oppositions auxquelles il doit faire face au lendemain de sa victoire présidentielle et de l’échec de ses troupes aux législatives pourraient le laisser entendre, mais il semble n’y prêter qu’une attention réduite, préférant se concentrer sur les questions internationales et européennes, et distillant quelques notes de politique intérieure entre deux avions… Contrairement à ce que certains pourraient penser, rien de très régalien dans cette attitude, qui semble plutôt d’éloignement que d’écoute et de proximité à l’égard du pays réel qui a, pour une part, usé de son bulletin de vote comme d’un pavé dans la vitrine présidentielle : l’éviction de quelques « poids lourds » de la République macronienne tels MM. Blanquer, Ferrand, Castaner, ainsi que Mmes de Montchalin et Bourguignon, a réjoui nombre d’électeurs frustrés de ne pas avoir été entendus durant le quinquennat précédent. A défaut de pouvoir directement évincer le président (réélu par rejet plutôt que sur projet quelques semaines auparavant), l’élimination des caciques du champ parlementaire du pays légal prive le président de quelques uns de ses fidèles sans, malheureusement, remettre en cause l’ordre général du système de la République macronienne : la forte personnalisation de la République actuelle en a fait une monocratie incarnée en « un seul », le président Macron et, tant qu’il est en place, la monocratie demeure, quels que soient les chocs et les défaites politiques qu’il puisse subir.

Dans le même temps, l’absence d’une majorité claire à l’Assemblée nationale et les jeux d’appareil, en particulier autour des alliances possibles et des postes à pourvoir, rappellent (sans en avoir, pour l’heure, les mêmes effets délétères) les us et coutumes de la Troisième et de la Quatrième Républiques, celles-là mêmes dont M. Mélenchon, dans son aveuglement idéologique (ou sa « mauvaise foi » ?) souhaite rétablir le parlementarisme partisan qui a, pourtant, fait tant de mal à la France et à l’efficacité de l’État dans le passé. Pour autant, certains peuvent y voir un moyen de sortir de la monocratie et de rétablir une activité démocratique plus attractive et motivante pour les citoyens : n’est-ce pas la meilleure façon de faire reculer l’abstention, pourraient-ils arguer de bonne foi ? Mais ce n’est sans doute qu’une illusion, et il me semble nécessaire de sortir de la fausse alternative « Monocratie ou parlementarisme », non pour les rejeter dans leur entièreté mais pour les ordonner et les concilier, dans leurs aspects utiles, voire nécessaires, en en défalquant les nuisances et les erreurs fondamentales. Ni monocratie, ni parlementarisme, mais Monarchie et Parlements, comme fondations politiques, pourrait-on dire succinctement : encore faut-il en préciser le sens et la portée…

La Monarchie royale que je souhaite et pour laquelle je milite, n’est pas qu’un intermède entre deux élections, qu’elles soient présidentielles ou législatives (ou les deux à la fois...), elle s’enracine dans une histoire et un temps long dont la dynastie représente le tronc et les racines parfois tourmentées… Contrairement à la monocratie macronienne, elle n’est pas le « Pouvoir-Tout » mais le Pouvoir central, axe des autres pouvoirs nationaux, de l’Assemblée nationale et du Sénat, et des pouvoirs provinciaux, communaux et socio-professionnels. Ce que je nomme « les parlements », ce sont tous les conseils, assemblées, chambres des métiers, etc. qui innerve le pays dans toutes ses particularités et tous ses aspects politiques et sociaux : en somme, les « républiques françaises », au sens traditionnel du terme, et non idéologique ou républicaniste. Dans ce cadre général et « fédératif », l’exercice démocratique (le terme civique serait d’ailleurs plus approprié…) aurait plus de sens et de portée, grâce à une subsidiarité garantie par la Monarchie royale et fédérative, centrale et arbitrale, et non omniprésente et oppressante comme l’actuelle République monocratique… Car, si l’on veut rendre aux Français le goût de la politique au sens le plus positif et actif du terme sans qu’il soit la simple expression d’un individualisme de masse, c’est par la remise en ordre d’institutions locales dans lesquelles le citoyen ne soit pas qu’un pion, mais un acteur et un animateur : en somme, de nouvelles agoras ou, mieux, de nouvelles « ecclésias » (au sens athénien du terme) appliquées aux décisions communales, provinciales ou socio-professionnelles (corporatives, en somme) par le biais de référendums locaux et, pourquoi pas, d’initiative citoyenne, comme cela avait été réclamé il y a quelques années par des Gilets jaunes alors peu écoutés par la monocratie macronienne.

Bien sûr, il est encore hasardeux de décrire précisément les institutions locales qui seront mises ainsi en place car, au-delà du cadre général évoqué ci-dessus, chaque territoire provincial et communal s’organisera lui-même, avec la garantie de l’État et dans l’unité française, mais sans être forcément la copie du voisin, dans une pluralité peut-être audacieuse mais qui devra être tentée, sans que cela n’empêche les évolutions et les corrections. Une France nouvelle ? Pourquoi pas, mais la condition de son advenue est, encore et toujours, la clé de voûte royale… Sans elle, rien ne tient, rien de durable ne peut se faire…

https://jpchauvin.typepad.fr/jeanphilippe_chauvin/2022/06/la-monarchie-royale-et-f%C3%A9d%C3%A9rative-pour-en-finir-avec-la-monocratie.html

Les Eoliennes : une escroquerie verte organisée. Témoignage d’une agricultrice bio

 

J’ai 35 ans et je suis agricultrice bio en Auvergne. 

Il y a deux ans, j’ai été contactée par une entreprise privée qui avait pour projet d’installer un parc d’éoliennes dans ma commune.

Je les ai reçus avec joie ! J’avais hâte de participer à un projet écologiste et d’apporter mon grain de sel à la fin du nucléaire.

Première surprise

Je m’attendais à rencontrer un représentant de l’Etat, ou de la préfecture pour ce genre de projet (l’énergie est, il me semble, le bien de tous et nous sommes tous concernés). En fait, il n’en était rien : c’était bien une entreprise privée financée par des fonds de pensions étrangers qui était chargée du projet. - Un peu bizarre, mais, après m’être renseignée, je me suis aperçue que tous les projets étaient tenus par des boîtes privées qui prospectent un peu partout en France pour chercher des terrains où placer des éoliennes.
Je pensais donc que cette société voulait m’acheter un bout de terrain, un peu comme un promoteur immobilier « du vert ».

Deuxième surprise

La société envisageait effectivement d’implanter une éolienne chez moi, mais elle ne voulait « surtout pas » me déposséder de mes terres. Elle voulait seulement louer le terrain. Et cela, pour une somme absolument mirobolante : pour moi qui ai des revenus de 1.500 euros par mois, on me proposait un loyer de 30.000 euros par an pour deux éoliennes implantées. Pendant 20 ans. 30.000 qui tombent tous les ans et je participe à l’écologie nationale. Un rêve.

- La société a insisté pour que je signe « rapidement », car d’autres agriculteurs pouvaient être aussi intéressés. A 30.000 par an, je n’en doutais pas une seconde.
- Mais… je suis auvergnate, et par nature, méfiante. J’en ai discuté avec… ma grand-mère. Elle a hoché la tête, et elle m’a dit : « ils veulent payer 75 fois le prix de la terre sans la posséder ? ici ? Là où nos terres ne valent pas grand-chose ? … « Il y a un loup quelque part ».
- Alors j’ai cherché le loup. Et je l’ai trouvé en demandant un nouveau rendez-vous avec la société. Je leur ai demandé une copie du contrat du bail. Et j’ai lu toutes les petites lignes.
Troisième surprise

Et voici la question que je leur ai posée : au bout de 20 ans, que se passe-t-il ?

- Pas de réponse. Ou plutôt une réponse très floue : on ne sera plus là, car on revend nos implantations à des entreprises étrangères (chinoises notamment). Mais la loi nous demande de prévoir le démantèlement de l’éolienne. Nous provisionnons 50.000 euros.
- Parce qu’au bout de 20 ans, une éolienne, elle est en fin de course.
- OK. J’ai donc fait venir plusieurs entreprises spécialisées. Pour démanteler une éolienne de 200 mètres de haut, le coût minimum est de 450.000 euros par éolienne. A la charge du propriétaire du terrain.
- Et s’il ne peut pas payer ? Comme il s’agit d’une éolienne industrielle, l’Etat se retourne contre le propriétaire, puis contre la commune.
- Je fais un rapide calcul : le projet d’ensemble comprend 7 éoliennes et ma commune 200 habitants.
- 450 000 x 7 = 3 millions 150 000 de dette.
- J’ai la tête qui tourne… j’ai le vertige face à une telle dette.

Ça, c’était ma première découverte. Depuis, je suis allée de surprise en surprise.
Les (autres) surprises

Tout d’abord, je me suis demandée pourquoi cette société voulait implanter des éoliennes dans un endroit où il y a si peu de vent.

- Réponses : en effet, il n’y a pas assez de vent. Qu’à cela ne tienne, nous allons construire des éoliennes beaucoup plus hautes. 200 mètres de haut. La taille de la tour Montparnasse.
- Fort bien. Pour des éoliennes qui ne tourneront que 25 % du temps, pas très rentable… Alors, comment se fait-il que des fonds de pension s’intéressent tant à l’éolien en France ?
- Tout simple ! En France, une loi exige que l’énergie verte des éoliennes soit achetée en priorité deux fois le prix des autres énergies (l’hydraulique, qui est pourtant totalement vert, n’a pas ce privilège !)
- Donc, c’est intéressant pour les investisseurs (étrangers), sans doute en pleine complicité avec le gouvernement… car… qui paye cette différence ?
Nous payons

Sur votre facture EDF, il y a une petite ligne qui indique que nous « participons au développement de l’énergie verte » … en fait, nous finançons des actionnaires étrangers.

- Ah oui ! Je ne vous ai pas tout dit ! Cette énergie est essentiellement destinée à être exportée. Donc pas du tout destinée à faire fermer les centrales nucléaires.
- Ça, les actionnaires s’en fichent totalement. Moi pas. Je me suis livrée à un petit calcul : le développement de l’éolien en France va coûter 75 milliards d’Euros financés par nous-mêmes pour détruire nos paysages, notre tourisme, la valeur de nos biens immobiliers et nos parcelles cultivables (qui ne le sont plus quand on dépose 1.500 tonnes de béton dans le sol pour y placer la tour Montparnasse).
- Avec cet argent, l’État pourrait redistribuer à chaque Français une part pour isoler dignement son logement. Nous pourrions ainsi fermer 18 réacteurs nucléaires. Mais ça, ça ne rapporterait rien aux actionnaires.

Pour finir, je tiens à préciser que je ne signe pas ce texte.
Je vais faire des mécontents :
- les agriculteurs, qui souhaitent « rafler les 30.000 euros par an » sans réfléchir.
- les sociétés de l’éolien, qui, plus subtiles, me proposent des « compensations » contre mon silence.
- et les sociétés de béton qui acceptent avec joie de tout bétonner à outrance.

La France est très en retard par rapport aux autre pays Européens et mondiaux en matière de « vert ». Elle se fait taper sur les doigts car elle dit « faites ce que je dis mais pas ce que je fais : »tous en vert, allez-y" !!! sauf que nous trainons les pieds.

Nos pénalités pèsent de plus en plus lourd dans la balance économique, elles sont de plus en plus importantes donc faut accélérer, coûte que coûte, le processus d’implantation du « vert ». Tous les moyens sont bons même les frauduleux.

Merci de faire circuler, et réfléchissez. Je crois que sous couvert de « vert » on nous prend pour des jambons.

PS Les chiffres peuvent varier selon les cas mais le global reste vrai. Nous n’avons aucune obligation sauf celles que nous nous fixons.

geopolintel 

https://by-jipp.blogspot.com/2022/07/les-eoliennes-une-escroquerie-verte.html#more

Les idées à l'endroit : le conservatisme a-t-il encore un avenir ?

La Petite Histoire : La Garde impériale, l’élite de l’Empire

 Créée sous le Directoire, la Garde mue en garde consulaire puis en garde impériale à mesure des changements de régime. À l’origine destinée uniquement à une mission de garde rapprochée, elle devient unité combattante en 1802. Sous l’Empire, elle sera de toutes les batailles où Napoléon est présent, et par ses faits d’armes et son prestige, sera crainte et respectée dans toute l’Europe. Souvent, sa seule présence sur un champ de bataille suffit à faire reculer l’ennemi. Retour sur l’histoire de cette unité légendaire.


https://www.tvlibertes.com/la-petite-histoire-la-garde-imperiale-lelite-de-lempire

Les Mythes fondateurs du choc des civilisations (Youssef Hindi)

 

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Youssef Hindi, écrivain et historien, s’est spécialisé dans l’étude de l’eschatologie messianique.

Ce livre débute par une préface du Colonel Roger Akl, ancien Directeur de cabinet du ministre de la Défense de la République du Liban, qui souligne que la théorie du choc des civilisations a aujourd’hui trouvé « l’une de ses applications et l’un de ses outils les plus pervers dans l’invasion programmée de l’Europe par des vagues migratoires  » et rappelle qu’un plan semblable a déclenché au Liban le chaos des guerres confessionnelles. Désastre humain qui aurait dû aboutir à diviser la nation du Cèdre en cinq parties, en conformité avec le plan israélien Oded Yinon daté de 1982.

Nous entrons ensuite dans l’analyse que propose Youssef Hindi sous divers angles – historique, juridique, théologique et anthropologique – afin de s’opposer à l’idéologie du choc des civilisations promue par l’élite néoconservatrice américaine, cosmopolite et mondialiste. 

C’est le dernier chapitre de l’ouvrage qui nous intéresse le plus : il s’agit d’une réflexion fondamentale, à savoir quelle est la place véritable de Dieu et de la religion dans les sociétés humaines, ceci en relation directe avec la notion de souveraineté. La conclusion de Youssef Hindi ? La laïcité a usurpé la souveraineté divine.

Les mythes fondateurs du choc des civilisations, Youssef Hindi, préface du Colonel Roger Akl, éditions Sigest, 200 pages, 17,50 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/les-mythes-fondateurs-du-choc-des-civilisations-youssef-hindi/61502/

La crise des missiles : apogée de la guerre froide ?

dimanche 3 juillet 2022

John Churchill, premier duc de Marlborough et grand ennemi de Louis XIV,...

Mark Twain, critique de l’impérialisme américain

 

Twain

Beaucoup d’écrivains ont écrit plusieurs livres mais ne sont véritablement devenus célèbres que grâce à un seul de leurs ouvrages. Mark Twain est né sous le nom de Samuel Langhorne Clemens le 30 novembre 1835 dans le Missouri et est mort, il y a tout juste cent ans, le 21 avril 1910 dans le Connecticut. Il a acquis la célébrité sous son pseudonyme de Mark Twain. Il avait quatre ans lorsque sa famille emménagea dans la petite ville d’Hannibal sur les rives du Mississippi, lieu qui devint plus tard le théâtre des aventures de Huckleberry Finn.

En 1847, le père de Mark Twain meurt ; celui-ci commence alors à apprendre le métier de typographe. Son frère achète ensuite la feuille locale et c’est dans ce support-là que notre auteur écrira ses premiers et brefs articles. Après avoir atteint l’âge de dix-huit ans, il quitte Hannibal et devient timonier sur l’un de ces grands bateaux fluviaux qui assurent la navigation sur le Mississippi et sur le Missouri. Quand éclate la guerre civile américaine, cette navigation est interrompue sur les deux grands fleuves. Mark Twain devient soldat dans les armées confédérées mais abandonne son service dans la cavalerie au bout de deux semaines et décide de partir vers l’Ouest. Après un examen de conscience, il finit par adhérer intellectuellement au camp “yankee”. En 1862, il se trouve à Virginia City dans le Nevada où il exerce le métier de journaliste. En 1863, il se manifeste pour la première fois sous le pseudonyme de Mark Twain. Son itinéraire le mène toujours plus à l’Ouest, toujours plus loin de la guerre. En 1864, il s’installe à San Francisco. Dans les années 70 du XIXe siècle, il se rend pour la première fois en Europe et au Proche-Orient et séjourne longtemps en Allemagne, pays qu’il adorait. En 1891, lors de sa seconde tournée en Europe, le dernier empereur d’Allemagne, Guillaume II, l’invite à déjeuner avec lui. En 1870, il avait épousé Olivia Langdon et s’était installé, dans le Nord, dans le Connecticut. Sa voisine était Harriet Beecher-Stowe qui le conforta dans son attitude hostile à l’esclavage.

Une étude comparative de ces deux auteurs et de leurs principaux ouvrages mérite d’être faite. En 1876, Mark Twain écrit Tom Sawyer et en 1883, Les aventures de Huckleberry Finn. Ces deux ouvrages sont devenus des classiques de la littérature pour la jeunesse, tout en contestant, à l’époque, la teneur de la littérature conventionnelle pour les jeunes qui ne présentait que des gamins modèles ou des petites filles sages. À l’époque, Twain avait fait scandale en campant un héros, Tom Sawyer, qui fait l’école buissonnière et qui, au lieu de mobiliser ses efforts pour atteindre l’idéal du bien-être matériel, s’acoquine avec un paria de village sans le sou, qu’il admire de surcroît, mais finit quand même par devenir riche.

Les bonnes consciences politiquement correctes estiment aujourd’hui que Les aventures de Huckleberry Finn méritent de sévères critiques car l’esclave de la Veuve Douglas, est appelé “Nigger Jim” dans le livre. Le terme “nègre”, au départ utilisé sans le moindre jugement de valeur, et a fortiori sans intention insultante, pour désigner les personnes de race à pigmentation foncée, est aujourd’hui considéré comme un vocable à connotation “raciste”, alors que le terme “nigger”, devenu, lui, une injure classique dans le vocabulaire dénigrant du racisme, demeure assez peu connu comme tel chez les non anglophones. Les bonnes consciences s’en offusquent, incapables qu’elles sont de resituer correctement une œuvre littéraire dans le contexte de son époque. Les deux romans destinés à la jeunesse sont effectivement le reflet de la société américaine à l’époque de Mark Twain qui ne s’empêchait nullement d’en faire la critique. L’hypocrisie religieuse, le monde des pauvres, des strates sociales déshéritées, le désir pathologique d’atteindre la puissance pour la  puissance et l’âpreté au lucre — la maladie  emblématique de l’Amérique pour Twain — et l’esclavage dans les États du Sud ont tous fait l’objet de critiques sévères dans l’œuvre de notre auteur. Ses flèches les plus acérées, il tentait toujours de les décocher en s’aidant de l’humour et de la satire. Le temps qu’il avait passé sur les rives du Mississippi et ses expériences personnelles, qu’il a manifestement travaillées pour en faire la matière première de son œuvre littéraire, ont fait de lui un chroniqueur crédible. Le destin de “Nigger Jim”, pour pitoyable qu’il ait été, est décrit tout en laissant transparaître malgré tout une certaine joie de vivre.

L’ouvrage principal de sa voisine Harriet Beecher-Stowe est tout différent. Elle a tenté, avec succès, dans La case de l’oncle Tom, d’inciter les masses de l’Union à haïr les Confédérés et à les pousser à la guerre alors qu’elle ne s’était jamais rendue dans le Sud, comme on s’en est aperçu ultérieurement. La description du planteur avare, esclavagiste, vicieux et maniant le fouet, une caricature de la réalité, avait pour but de dépeindre une figure inhumaine qui méritait bien d’être exterminée. Des jeunes gens, après avoir lu ce livre, se sont joyeusement engagés dans les troupes nordistes pour partir dans une guerre atroce et aller mourir dans les espaces en friche de la Virginie ou à Cold Harbour, tout en croyant combattre pour une cause juste et bonne. Contrairement au scénario mis en place par Harriet Beecher-Stowe, qui justifie à l’avance le meurtre et le lynchage, et même la guerre, comme seuls moyens de prêcher la libération, Mark Twain, lui, met en scène la libération de son “Nigger Jim” de manière pacifique. La propagande de guerre, toute ruisselante de haine, n’était nullement la tasse de thé de Mark Twain.

Dans les années 90 du XIXe siècle, il fut l’une des figures du mouvement anti-impérialiste aux États-Unis et fustigea à coups de commentaires caustiques les guerres que menait son pays contre l’Espagne, les Philippines, contre l’annexion de Puerto Rico et des Îles Mariannes. En 1891, comme nous venons de le dire, il entama sa seconde tournée en Europe et se choisit Berlin comme ville de résidence. C’est à partir de la capitale du nouveau Reich bismarckien qu’il  commençait ses tournées de conférences, afin de payer ses dettes. Il resta neuf ans dans le “Vieux Monde”. La langue allemande, qui, comme à bien d’autres, lui paraissait compliquée, fut souvent la cible de son humour et donna lieu à beaucoup de jeu de mots (comme la confusion entre : “Festgäste” – Commensaux et “fresst feste” – “bouffez fêtes”).

Plus tard, il envoya ses filles étudier en Allemagne. Twain rédigea enfin un biographie du général le plus célèbre de l’armée “yankee”, plus tard élu Président des États-Unis, Ulysses S. Grant. Il appartenait à une loge maçonnique. En 1901, l’Université de Yale lui octroya un diplôme de docteur honoris causa.

Anton Schmitt, zur Zeit n°16/2010. (tr. fr. : RS)

Ressources :

• Mark Twain Project

• « Les Rencontres de la France et de l’Amérique dans l’œuvre de Mark Twain » (D. Louis, 2008)

• « C’est Mark Twain qu’il ressuscite » (entretien avec le traducteur Bernard Hoepffner, 2008)

• « La retraduction de Huckleberry Finn : Huck a-t-il (enfin) trouvé sa voix ? » (C. Wecksteen, 2011)

• The Adventures of Tom Sawyer au  pays de la retraduction - Enjeux et évolution (V. Morard Charvet, 2011)

http://www.archiveseroe.eu/lettres-c18386849/20

Sur les traces des Gaulois

L’âge de Caïn : premier témoignage sur les dessous de la libération de Paris

 Jean-Pierre Abel est le pseudonyme de René Château (1906-1970). Cet homme de gauche, initié au Grand Orient de France, élu député en 1936 sous l’étiquette du parti radical-socialiste, vote en 1940 les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain puis devient directeur du quotidien La France socialiste. Arrêté par les FTP en 1944, il est détenu pendant 76 jours puis libéré. Il devient ensuite journaliste à La République du Sud-Ouest et professeur de philosophie dans un lycée de Versailles.

Ce livre est paru pour la première fois en 1947. L’auteur y conte les événements dont il a été le témoin : la Libération de Paris transformée en épuration, les arrestations arbitraires, les règlements de compte, les femmes tondues, déshabillées, humiliées, frappées, les résistants de la dernière heure jouissant de leur pouvoir, les interrogatoires musclés, les prisonniers torturés par les FTP, les viols, les exécutions sommaires, les pillages, le camp de Drancy,…

C’est l’autre Histoire, celle de la laideur humaine, qui vient ternir le discours officiel enseigné à l’école de la République.

L’âge de Caïn, Jean-Pierre Abel, éditions Omnia Veritas, 254 pages, 25 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/lage-de-cain-premier-temoignage-sur-les-dessous-de-la-liberation-de-paris/61710/

samedi 2 juillet 2022

Une biographie d'Henry de Monfreid signée Francis Bergeron…


 Qui suis-je ? Henry de Monfreid par Francis Bergeron, Pardès, 128 p. - 12 €.

« Le monde des vertueux n'a jamais cessé de m'accabler, on m'a voulu négrier, vendeur de femmes, je fus opiomane, mais moi, contrairement à beaucoup d'autres, devant ma glace, chaque matin, je peux me serrer la main. »

Henry de Monfreid est, avec Jack London, l'un des seuls authentiques aventuriers-écrivains. L'un tenté par le socialisme, l'autre par le fascisme, tout devrait les opposer, mais leur indifférence au danger et au "qu'en-dira-t-on" les fait se rejoindre dans la quête inassouvie d un absolu individualiste.

L'œuvre de Monfreid, très autobiographique, se lit comme un roman. Mais le faux et le vrai se mêlent, surtout quand le héros, lui, a souvent le beau rôle. Ce pourrait être une première raison de ne pas aimer Monfreid. Il y en a mille autres encore : il a vécu du trafic de drogue ; il assure ne pas s' être livré à la traite des noirs, mais, là où il vivait, la frontière était étroite entre esclave et serviteur ; le trafiquant d'armes qu'il fut peut-il garantir n'avoir jamais traité avec l'ennemi ? Toutes ses femmes, européennes ou indigènes, les a-t-il rendu heureuses ?  Les a-t-il même aimé ? Quelle dureté avec certains de ses enfants ! Où sont passés les tableaux de Gauguin ? Combien de ses employeurs Monfreid a-t-il volé ? N'a-t-il pas du sang sur les mains ? Opiomane, converti à l'islam, initié à la franc-maçonnerie, peut-il être érigé en modèle ? Ce Qui suis-je ? Monfreid montre que l'auteur des Secrets de la Mer Rouge symbolise le génie propre à un Européen qui, fût-il seul, plongé dans un univers totalement étranger et hostile, sait triompher. Monfreid donne cette leçon de courage : prison, fortune, prison, fortune, prison ; les séquences se succèdent, mais, toujours, il relève la tête. C'est bien une sorte de héros, malgré tout. Un homme à admirer. Et à lire.

« Combien aventureux et aventurier fut Monfreid ! Il fallait pour évoquer sa vie et ses fabuleux récits avoir soi-même tâté aussi un peu d'aventure, même fort différente. (…) Un fabuleux destin et quelle allure ! » (Guy Chambarlac, Nouvelle Revue d'Histoire)

« (…) une excellente synthèse de sa vie, de ses exploits, de ses livres. (…) Grâce à Francis Bergeron le flibustier à la face d'aigle est ressuscité » (Jean-Paul Angelelli, Rivarol)

« Toute la vie d'Henry de Monfreid a été une insulte à la morale et au politiquement correct. (…). Le bourlingueur de la mer Rouge a “mauvais fond”. Mais c'est tout le sel de ce brillant petit ouvrage (…) que de rappeler cette évidence aux tartuffes contemporains qui ne cessent de gommer les aspects jugés les plus déplaisants de l'auteur de La croisière du haschich pour mieux châtrer son œuvre. (…) On ne fait pas de bonne littérature d'aventures avec de bons sentiments » (Pascal Esseyric, éléments)

« Monfreid apparaît non seulement comme un voyou — ce dont il était difficile de ne pas se douter — mais aussi comme un assez joli monstre d'égoïsme. (…). N'empêche, on ferme le livre en songeant: quelle vie ! » (Monde et Vie)

« Francis Bergeron nous retrace fort bien sa vie. (…) un bel hommage et une belle évocation, (…) une excellente invitation au voyage et à la redécouverte de l’œuvre de Monfreid » (Réfléchir et Agir)

http://www.archiveseroe.eu/lettres-c18386849/19

Feux de la Saint-Jean - Solstice d'été 2022

Les grandes figures catholiques de la France (François Huguenin)

 

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François Huguenin est un historien et essayiste français.

Considérant qu’en l’absence d’une conscience de notre passé commun, il est difficile de partager le présent et de construire l’avenir sur un socle solide, François Huguenin nous invite à retrouver l’histoire de France autour de grandes et belles figures catholiques.

On entend régulièrement, notamment dans la bouche de politiques, des propos récusant l’évidence même : les racines chrétiennes de l’Europe, ou le socle catholique de la France. Derrière ce déni, peut-être plus inquiétant qu’absurde, se tapit une instrumentalisation idéologique de l’histoire qui considère, dans la continuité de la vulgate marxiste, que la religion est un asservissement de l’homme et qu’elle marque les temps obscurantistes incompatibles avec le statut d’homme libre.

Ce livre vient rétablir la vérité en racontant l’histoire de la France par les grandes figures catholiques qui l’ont façonnée et incarnée. Catholiques, en effet, et non pas chrétiennes. La France est tout simplement, depuis son ébauche que l’on datera de Clovis, un pays catholique, qui l’est resté par-delà la crise de la Réforme. 

Les quinze noms retenus par l’auteur (Clovis, Saint Louis, Sainte Jeanne d’Arc, Richelieu, Saint Vincent de Paul, Louis XVI, Sainte Thérèse de Lisieux,…) sont donc tous catholiques, bien qu’extrêmement divers… à dessein. Nous traversons ainsi la plupart des événements majeurs : invasions barbares, naissance de la monarchie, croisades, guerre de Cent Ans, guerres de religion, Révolution, conflits mondiaux.

Les grandes figures catholiques de France, François Huguenin, éditions Perrin, 384 pages, 23 euros

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vendredi 1 juillet 2022

La mort des Césars (Joël Schmidt)

 Joël Schmidt, historien, critique littéraire et romancier, est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, parmi lesquels plusieurs sont consacrés à l’Empire romain.

Rome a été gouvernée entre 27 av. J.-C. et 476 ap. J.-C. par quelque 71 empereurs légitimes. Parmi eux, au moins les trois-quarts furent assassinés, et le quart restant mourut en livrant bataille ou anéanti par des maladies diverses.

L’auteur respecte ce que les historiens de l’Antiquité nous ont relaté, mais adopte une forme tantôt historique, tantôt un peu plus romanesque pour chacun des empereurs traités, les faisant songer, voire rêver, afin de les rendre vivants et personnels, pour expliquer ce qui les a conduits à la mort. L’ouvrage commence par les derniers jours de Jules César qui ne fut jamais empereur, mais qui donna son nom à toutes les titulatures impériales des empereurs qui devaient gouverner Rome pendant quelque cinq siècles.

L’objet de cet ouvrage ne consiste pas à dresser la biographie exhaustive de ces empereurs, mais à indiquer les principales lignes de faîte de leur gouvernement, en s’attachant à leurs points de faiblesse, souvent à leurs crimes inexpiables qui ont parfois justifié leur mort. Joël Schmidt insiste également sur les prodiges qui entourent les empereurs et sont annonciateurs de leur prochain décès, ainsi que sur le rituel de leurs obsèques et de leur inhumation devant des foules souvent compactes.

A l’heure où l’heure de la mort approche, certains empereurs romains se montrent courageux, d’autres lâches et, en ce sens, leur exemple, parce qu’ils ont été les maîtres du monde et que leur fin est celle de tout être réduit à sa plus simple humanité, comme tous leurs sujets, peut nous servir de modèle à suivre ou à éviter si, comme disait Montaigne, suivant en cela Sénèque, nous souhaitons une belle mort.

La mort des Césars, Joël Schmidt, éditions Perrin, 334 pages, 21,90 euros

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