vendredi 5 mars 2021

La diplomatie de Staline 1/2

  

[Ci-contre : Churchill, Roosevelt, Staline à la conférence de Yalta, fév. 1945]

L'histoire de notre siècle est enseignée du point de vue américain. Il en va ainsi de la Seconde Guerre mondiale, de la Guerre Froide et de la Guerre du Golfe. Dans l'optique américaine, le XXe siècle est le “siècle américain”, où doit s'instaurer et se maintenir un ordre mondial conforme aux intérêts américains, qui est simultanément la “fin de l'histoire”, le terminus de l'aventure humaine, la synthèse définitive de la dialectique de l'histoire. Francis Fukuyama, à la veille de la guerre du Golfe, affirmait qu'avec la chute du Rideau de fer et la fin de “l'hégélianisme de gauche” que représentait l'URSS, un seul modèle, celui du libéralisme américain, allait subsister pour les siècles des siècles. Sans que plus un seul challengeur ne se pointe à l'horizon. D'où la mission américaine était de réagir rapidement, en mobilisant le maximum de moyens, contre toute velleité de construire un ordre politique alternatif.

Quelques années avant Fukuyama, un auteur germano-américain, Theodore H. von Laue, prétendait que la seule véritable révolution dans le monde et dans l'histoire était celle de l'occidentalisation et que toutes les révolutions politiques non occidentalistes, tous les régimes basés sur d'autres principes que ceux en vogue en Amérique, étaient des reliquats du passé, que seuls pouvaient aduler des réactionnaires pervers que la puissance américaine, économique et militaire, allait allègrement balayer pour faire place nette à un hyper-libéralisme de mouture anglo-saxonne, débarrassé de tout concurrent.

Si l'hitlérisme est généralement considéré comme une force réactionnaire perverse que l'Amérique a contribué à éliminer d'Europe, on connaît moins les raisons qui ont poussé Truman et les protagonistes atlantistes de la Guerre Froide à lutter contre le stalinisme et à en faire également un croquemitaine idéologique, considéré explicitement par von Laue comme “réactionnaire” en dépit de son étiquette “progressiste”. Cette ambiguïté envers Staline s'explique par l'alliance américano-soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale, où Staline était sympathiquement surnommé Uncle Joe. Pourtant, depuis quelques années, de nombreux historiens révisent intelligemment les poncifs que 45 ans d'atlantisme forcené ont véhiculé dans nos médias et nos livres d'histoire.

L'Allemand Dirk Bavendamm a démontré dans deux ouvrages méticuleux et précis quelles étaient les responsabilités de Roosevelt dans le déclenchement des conflits américano-japonais et américano-allemand et aussi quelle était la duplicité du Président américain à l'égard de ses alliés russes. Valentin Faline, ancien ambassadeur d'URSS à Bonn, vient de sortir en Allemagne un ouvrage de souvenirs historiques et de réflexions historiographiques, où ce brillant diplomate russe affirme que la Guerre Froide a commencé dès le débarquement anglo-américain de juin 1944 sur les plages de Normandie : en déployant leur armada naval et aérien, les puissances occidentales menaient déjà une guerre contre l'Union Soviétique et non plus contre la seule Allemagne moribonde.

Staline, diplomate traditionnel

Une lecture attentive de plusieurs ouvrages récents consacrés aux multiples aspects de la résistance allemande contre le régime hitlérien nous oblige à renoncer définitivement à interpréter l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et de l'alliance anglo-américano-soviétique selon le mode devenu conventionnel. L'hostilité à Staline après 1945 provient surtout du fait que Staline entendait pratiquer une diplomatie générale basée sur les relations bilatérales entre les nations, sans que celles-ci ne soient chapeautées par une instance universelle comme l'ONU. Ensuite, après avoir appris que les deux puissances anglo-saxonnes avaient décidé seules à Casablanca de faire la guerre à outrance au Reich, de déclencher la guerre totale et d'exiger la capitulation sans condition de l'Allemagne nationale-socialiste, Staline s'est senti exclu par ses alliés. Furieux, il a concentré sa colère dans cette phrase bien ciselée, en apparence anodine, mais très significative : « Les Hitlers vont et viennent, le peuple et l'État allemands demeurent ».

Staline ne concevait pas le national-socialisme hitlérien comme le mal absolu ou même comme une essence impassable, mais comme un accident de l'histoire, une vicissitude contrariante pour la Russie éternelle, que les armes soviétiques allaient tout simplement s'efforcer d'éliminer. Mais, dans la logique diplomatique traditionnelle, qui est restée celle de Staline en dépit de l'idéologie messianique marxiste, les nations ne périssent pas : on ne peut donc pas exiger de capitulation inconditionnelle et il faut toujours laisser la porte ouverte à des négociations. En pleine guerre, les alliances peuvent changer du tout au tout, comme le montre à l'envi l'histoire européenne. Staline se borne à réclamer l'ouverture d'un second front, pour soulager les armées soviétiques et épargner le sang russe : mais ce front n'arrive que très tard, ce qui permet à Valentin Faline d'expliquer ce retard comme le premier acte de la Guerre Froide entre les puissances maritimes anglo-saxonnes et la puissance continentale soviétique.

Cette réticence stalinienne s'explique aussi par le contexte qui précéda immédiatement l'épilogue de la longue bataille de Stalingrad et le débarquement des Anglo-Saxons en Normandie. Quand les armées de Hitler et de ses alliés slovaques, finlandais, roumains et hongrois entrent en URSS le 22 juin 1941, les Soviétiques, officiellement, estiment que les clauses du Pacte Molotov / Ribbentrop ont été trahies et, en automne 1942, après la gigantesque offensive victorieuse des armées allemandes en direction du Caucase, Moscou est contrainte de sonder son adversaire en vue d'une éventuelle paix séparée : Staline veut en revenir aux termes du Pacte et compte sur l'appui des Japonais pour reconstituer, sur la masse continentale eurasiatique, ce “char à quatres chevaux” que lui avait proposé Ribbentrop en septembre 1940 (ou Pacte Quadripartite entre le Reich, l'Italie, l'URSS et le Japon). Staline veut une paix nulle : la Wehrmacht se retire au-delà de la frontière fixée de commun accord en 1939 et l'URSS panse ses plaies.

Plusieurs agents participent à ces négociations, demeurées largement secrètes. Parmi eux, Peter Kleist [auteur de Zwischen Hitler und Stalin, 1939-1945], attaché à la fois au Cabinet de Ribbentrop et au Bureau Rosenberg. Kleist, nationaliste allemand de tradition russophile en souvenir des amitiés entre la Prusse et les Tsars, va négocier à Stockholm, où le jeu diplomatique sera serré et complexe. Dans la capitale suédoise, les Russes sont ouverts à toutes les suggestions ; parmi eux, l'ambassadrice Kollontaï et le diplomate Semionov. Kleist agit au nom du Cabinet Ribbentrop et de l'Abwehr de Canaris (et non pas du Bureau Rosenberg qui envisageait une balkanisation de l'URSS et la création d'un puissant État ukrainien pour faire pièce à la “Moscovie”). Le deuxième protagoniste dans le camp allemand fut Edgar Klaus, un Israëlite de Riga qui fait la liaison entre les Soviétiques et l'Abwehr (il n'a pas de relations directes avec les instances proprement nationales-socialistes).

Aux origines de l'attentat du 20 juillet 1944

Dans ce jeu plus ou moins triangulaire, les Soviétiques veulent le retour au statu quo ante de 1939. Hitler refuse toutes les suggestions de Kleist et croit pouvoir gagner définitivement la bataille en prenant Stalingrad, clef de la Volga, du Caucase et de la Caspienne. Kleist, qui sait qu'une cessation des hostilités avec la Russie permettrait à l'Allemagne de rester dominante en Europe et de diriger toutes ses forces contre les Britanniques et les Américains, prend alors langue avec les éléments moteurs de la résistance anti-hitlérienne, alors qu'il est personnellement inféodé aux instances nationales-socialistes ! Kleist contacte donc Adam von Trott zu Solz et l'ex-ambassadeur du Reich à Moscou, von der Schulenburg.

Il ne s'adresse pas aux communistes et estime, sans doute avec Canaris, que les négociations avec Staline permettront de réaliser l'Europe de Coudenhove-Kalergi (sans l'Angleterre et sans la Russie), dont rêvaient aussi les Catholiques. Mais les Soviétiques ne s'adressent pas non plus à leurs alliés théoriques et privilégiés, les communistes allemands : ils parient sur la vieille garde aristocratique, où demeure le souvenir de l'alliance des Prussiens et des Russes contre Napoléon, de même que celui de la neutralité tacite des Allemands lors de la guerre de Crimée. Comme Hitler refuse toute négociation, Staline, la résistance aristocratique, l'Abwehr et même une partie de sa garde prétorienne, la SS, décident qu'il doit disparaître. C'est là qu'il faut voir l'origine du complot qui allait conduire à l'attentat du 20 juillet 1944.

Mais après l'hiver 42-43, les Soviétiques reprennent pied à Stalingrad et détruisent le fer de lance de la Wehrmacht, la VIe Armée qui encerclait la métropole de la Volga. La carte allemande des Soviétiques sera alors constituée par le Comité Allemagne Libre, avec le maréchal von Paulus et des officiers comme von Seydlitz-Kurzbach, tous prisonniers de guerre. Staline n'a toujours pas confiance dans les communistes allemands, dont il a fait éliminer les idéologues irréalistes et les maximalistes révolutionnaires trotskistes, qui ont toujours ignoré délibérément, par aveuglement idéologique, la notion de patrie et les continuités historiques pluriséculaires.

Finalement, le dictateur géorgien ne garde en réserve, à toutes fins utiles, que Pieck, un militant qui ne s'est jamais trop posé de questions. Pieck fera carrière dans la future RDA. Staline n'envisage même pas un régime communiste pour l'Allemagne post-hitlérienne : il veut un “ordre démocratique fort”, avec un pouvoir exécutif plus prépondérant que sous la République de Weimar. Ce vœu politique de Staline correspond parfaitement à son premier choix : parier sur les élites militaires, diplomatiques et politiques conservatrices, issues en majorité de l'aristocratie et de l'Obrigkeitsstaat prussien. La démocratie allemande, qui devait venir après Hitler selon Staline, serait d'idéologie conservatrice, avec une fluidité démocratique contrôlée, canalisée et encadrée par un système d'éducation politique strict.

À suivre

La déclaration irresponsable d’Emmanuel Macron sur l’assassinat de l’avocat Ali Boumendjel

  

 vient de reconnaître que l’avocat algérien Ali Boumendjel a été torturé et assassiné par l’armée française en 1957, lors de la guerre d’.

Cette déclaration du président de la République n’est ni un bon geste ni un geste d’apaisement : c’est un geste irresponsable. Loin d’apaiser les tensions, les ressentiments entre la France et l’Algérie, les propos du chef de l’État vont raviver des haines et des blessures des deux côtés !

De plus, le gouvernement algérien, qui doit faire face à une situation intérieure chaotique et explosive, pratique à satiété la surenchère, il exige davantage à chaque prétendu bon geste français, c’est pour lui un excellent dérivatif pour canaliser son opinion publique contre l’ennemi tout choisi : la France.

Quant au rapport , que j’ai lu in extenso, qui inspire Emmanuel Macron, c’est une charge à 90 % contre la France qui porte l’opprobre du colonialisme et se doit de faire repentance. Les massacres du FLN ne sont mentionnés qu’en quelques mots, c’est à peine croyable.

La guerre d’Algérie a été une épreuve terrible, les morts doivent dormir en paix, les réveiller ne peut qu’accroître les tensions et provoquer de nouvelles querelles.

Le chef de l’État a commis une faute lourde contre la France et surtout contre l’Algérie, qui passe systématiquement ses crimes sous silence et va pouvoir nourrir sa terrible amnésie des propos d’Emmanuel Macron.

Jacques Myard

jeudi 4 mars 2021

ON A OCCULTÉ CE QUE LES CATHOLIQUES ONT SUBI

L’islam et sa place dans la société française suscitent débats et interrogations. « Il faut faire avec les musulmans ce que Napoléon a fait avec les juifs », entend-on souvent. Dans les pages Débats du Figaro, l’historien Patrice Gueniffey a montré combien cette comparaison était peu éclairante (nos éditions du 11 juin). L’islam sunnite ne dispose pas d’une autorité religieuse apte à dire le dogme, souligne pour sa part l’universitaire Pierre Vermeren. Entre les années 1880 et la Grande Guerre, les catholiques ont subi des lois liberticides dont on ne parle jamais.

   Pour mieux intégrer l’islam dans la société française, il suffirait que l’État procède comme il l’a fait avec les catholiques et les juifs, en imposant aux musulmans des contraintes préservant la neutralité de l’espace public tout en garantissant la liberté du culte, conformément à l’objectif du législateur en 1905 : le maire LR de Tourcoing, Gérald Darmanin, reprend ce refrain dans son « Plaidoyer pour un islam français ». Il est fascinant d’observer à quel point « l’esprit de 1905 » est invoqué par des gens qui ignorent ce qui s’est réellement passé à l’époque. Gérald Darmanin cite un rapport du Conseil d’État de 2004 qui définit la laïcité comme le fruit de trois principes : la neutralité de l’État, la liberté religieuse et le respect du pluralisme. Or le fait est là : ces trois principes, en ce qui concerne le catholicisme, ont été violés, en partculier entre 1901 et 1905.
En 1879, les républicains s’installent au pouvoir. Le mot « républicain », à l’époque, est doté d’une dimension idéologique qui dépasse la question des institutions : il désigne une gauche politique et philosophique qui entend mettre en oeuvre les idéaux de la Révolution. Divisée sur beaucoup de sujets, cette gauche a pour ciment l’anticléricalisme. En 1879, Gambetta a présenté les buts à atteindre : dispersion des congrégations, laïcisation de l’enseignement public, rupture avec le Vatican, séparation de l’Église et de l’État. C’est ce programme qui, étape par étape, sera réalisé jusqu’en 1905.
Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique, commence par s’attaquer, en 1880, aux congrégations enseignantes, ordonnant la dissolution des Jésuites, puis d’autres ordres : 260 couvents sont fermés, 6 000 religieux sont expulsés de France. En 1881 et 1882, les célèbres lois Ferry sur la gratuité et la laïcité de l’école visent moins à répandre l’instruction – la très grande majorité des enfants étant déjà scolarisés – qu’à arracher l’enseignement primaire à l’Église. En 1886, 3 000 frères des écoles chrétiennes et 15 000 religieuses, instituteurs dans des établissements publics, sont interdits d’enseignement par la loi Goblet. En 1899, le président du Conseil, Pierre Waldeck-Rousseau, dépose un projet de loi ouvrant le droit d’association, mais avec un régime d’exception pour les congrégations religieuses. Ce projet deviendra la fameuse loi du 1er juillet 1901. Son titre III prévoit que les ordres religieux, contrairement aux autres associations, devront demander et obtenir leur autorisation par voie législative. En 1902, le nouveau chef du gouvernement, Émile Combes, fait appliquer la loi de 1901 de manière stricte : 3 000 écoles catholiques sont contraintes de fermer. En 1903, à la demande de Combes, le Parlement repousse la quasi-totalité des demandes d’autorisation déposées par les religieux : plus de 400 congrégations masculines ou féminines se retrouvent interdites. En 1904, une nouvelle loi étend l’interdiction d’enseigner aux congrégations jusqu’alors autorisées. Le bilan global de cette politique s’établit en chiffres : entre 1901 et 1904, 17 000 écoles, dispensaires ou centres sociaux tenus par des congrégations doivent fermer, pendant que 30 000 à 60 000 religieux et religieuses, afin de rester fidèles à leur vocation, se résignent à s’exiler.
En 1904, la France rompt ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Sous le gouvernement de Maurice Rouvier, la séparation des Églises et de l’État, adoptée après plusieurs mois de débats passionnés, est promulguée le 9 décembre 1905. Pour faire passer le texte, Briand a fait quelques concessions aux opposants, mais cette rupture unilatérale du concordat de 1801 n’a été à aucun moment négociée avec l’Église catholique. Non seulement l’État ne se reconnaît aucune référence religieuse, acte inédit dans l’histoire de France, mais le budget des cultes est supprimé, tandis que les suites de la loi prévoient d’inventorier les biens de l’Église en vue de leur prise en charge par des associations indépendantes de la hiérarchie. Deux encycliques du pape Pie X condamneront la loi, et la crise des Inventaires provoquera d’innombrables drames : églises forcées, 2 morts, 295 personnes emprisonnées, des dizaines de fonctionnaires, d’officiers ou de maires démissionnaires ou révoqués. À la suite du refus de constituer les associations cultuelles prévues par la loi, la puissance publique s’emparera de centaines de bâtiments ecclésiastiques, évêchés, séminaires, presbytères.    En 1907, cependant, la résistance des catholiques contraindra l’État à adopter une loi permettant l’exercice du culte dans ces églises.
L’Union sacrée de 1914 et la fraternité des tranchées feront retomber la fièvre. Après le rétablissement de l’ambassade au Vatican (1920), l’Église et la République trouveront un compromis, en 1924, pour la gestion des biens ecclésiastiques. Mais, au plus fort de la crise anticléricale, la loi aura incontestablement adopté des mesures liberticides à l’encontre des catholiques français. S’il s’agit aujourd’hui de nouer des relations pacifiées avec l’islam, il conviendrait donc de trouver d’autres analogies historiques que « l’esprit de 1905 ».

Jean Sévillia

Sources :  (Edition du  samedi 18 juin 2016)

https://www.jeansevillia.com/2016/06/21/on-a-occulte-catholiques-ont-subi/ 

Livre-Libre avec Pierre Hillard et Pierre-Antoine Plaquevent : Des origines du mondialisme à la Société ouverte de Soros

 Bruno Gollnisch reçoit Pierre Hillard, docteur en sciences politiques, pour ses trois ouvrages sur le mondialisme, ainsi que Pierre-Antoine Plaquevent, dirigeant du think tank « Strategika » et auteur de « Soros et la société ouverte – Métapolitique du globalisme ». Un débat pour comprendre les origines de l’idéologie mondialiste et ses répercussions sur nos sociétés modernes. 

 

Pierre-Antoine Plaquevent : Soros et la société ouverte, Métapolitique du Globalisme (édition augmentée)
 

LES REPROUVES

  

Pieter Kerstens

En mai 1968, les progressistes et les « humanistes » ont décrété une liberté totale d’expression par les slogans « il est interdit d’interdire » ou « vivre sans temps mort, jouir sans entrave » et « le bâton éduque l’indifférence ». Mais cette possibilité ne s’applique qu’à une certaine catégorie d’individus, celle des bien-pensants, les détenteurs du Savoir et de la Vérité. 

En effet, une chape de plomb et 50 ans de silence couvrent un crime de guerre. 

On observe que depuis 1945 et les jugements du tribunal de Nuremberg, il y a des tabous et des totems indiscutables, érigés par des lobbies et des communautés gardiens de dogmes sectaires. Un exemple typique, parmi tant d’autres : durant des décennies, des millions d’élèves en Europe ont été anesthésiés par le mensonge des assassinats de 26.000 officiers, sous-officiers, soldats et civils polonais dans la forêt de Katyn, aux environs de Kozye Gory en Pologne, au mois d’avril 1940, imputés à l’armée allemande, selon les accusations du Tribunal de Nuremberg.

Par la suite, les enquêtes menées par la Commission Médicale Internationale, le professeur bulgare Markoff ou le suisse Dr. Naville ont déculpabilisé les troupes allemandes, de telle manière que le jugement du 1er octobre 1946 en omettait la mention. Cette omission signifie que le Tribunal Militaire International de Nuremberg n’a pas estimé que les criminels de guerre allemands étaient coupables des assassinats de Katyn. Malgré cela, et durant de longues années, les professeurs d’Histoire ont enseigné que les crimes de Katyn ont été commis par les Allemands. Tous ceux qui contestaient cette vérité « historique » ont été cloué au pilori et traité de « fascistes ».

Mais en 1990, Gorbatchev fait déclassifier les archives et rétablir la vérité sur le drame de Katyn.  Il est alors établi que le 5 mars 1940 une proposition écrite de Lavrenti Béria, chef du NKVD, ordonne d’éliminer tous les prisonniers polonais, lettre signée par Staline, Vorochilov, Mikoïan, Kalinine et Kaganovitch, tous membres du Politburo du parti communiste d’URSS.  Et ce sont aussi 1.800.000 Polonais qui furent touchés par la répression soviétique et envoyés dans les camps du Goulag et les colonies de Sibérie, dont très peu sont revenus ! 

Guerres du Golf, attentats du WTC à New-York, Printemps arabes, Shoah, Timisoara, guerres en Lybie et en Syrie.

Ces différents sujets sont interdits de contestations, d’analyses ou de remise en cause, car ils appartiennent à « la mémoire collective », chasse gardée des mondialistes, du politiquement correct et surveillés par la police de pensée. Gare à ceux qui oseraient les transgresser.  

Et parmi les rebelles de la pensée unique, nombreux ont été mis au ban de l’Humanité, condamnés, emprisonnés ou même parfois exilés, tels Paul Rassinier (ex-déporté, député SFIO), Roger Garaudy, Pierre Guillaume, Jean Plantin, Henri Roques, Thierry Meyssan, Hervé Ryssen, Robert Faurisson, Vincent Reynouard, Paul-Eric Blanrue en France, et ailleurs Wolfgang Frölich, Ursula Haverbeck, Giuseppe Falisi, Siegfried Verbeek, Alain Soral, Dieudonné M’bala M’bala, Khaled Mechaal, Mahmoud Abbas, Gamal Abdel Nasser, David Irving, Willis Carlo, Arthur Butz, Mahmoud Ahmadinejad, Sylvia Stolz, German Rudolf, Saddam Hussein, sans oublier Ernst Zundel et Horst Mahler, parmi tant d’autres en désaccord avec la doxa officielle.

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2021/03/03/les-reprouves-6301247.html

Néandertal à l'origine du système immunitaire des Européens

  

Le système immunitaire est un ensemble de cellules et de voies métaboliques conduisant à l’élimination d’un certain nombre de germes pathogènes, mais lorsque l’auto-immunité est trop puissante, les cellules immunitaires peuvent s’attaquer à l’organisme jusqu’à déclencher des maladies auto-immunes.

Or, on sait depuis longtemps que les différentes populations du globe n’ont pas la même susceptibilité de developper des maladies auto-immunes. Les Noirs africains, par exemple, ont une réponse immunitaire plus forte aux infections et sont de ce fait plus fréquemment sujets aux maladies auto-immunes : c’est ainsi que les Afro-Américaines développent trois fois plus souvent que les Blanches des pathologies auto-immunes comme le lupus, la maladie de Crohn ou la sclérose en plaques. Deux études différentes, publiées l'une sous la direction de Luis Barreiro, de l’Université de Montréal, l'autre sous la direction de Lluis Quintana-Murci, de l’Institut Pasteur, avancent une explication : ce sont des gènes acquis par les populations européennes lors de leurs anciens croisements avec l’homme de Neandertal (croisements que n’ont pas connus les Noirs africains) qui seraient responsables des réactions immunitaires qui leur sont propres.

L’étude réalisée a Montréal a consisté à isoler des cellules immunitaires appelées macrophages provenant de 80 Afro-Américains et de 95 Américains d’origine européenne, puis a les exposer en laboratoire a des bactéries de type listeria et salmonelles. Les macrophages des Noirs américains ont détruit ces agents pathogènes trois fois plus rapidement que ceux des personnes d’origine européenne. Les chercheurs ont également découvert que 30 % des quelque 12 000 gènes testés liés au système immunitaire ont une expression différente chez les deux groupes, et ce avant même l’infection. La seconde étude est parvenue à des résultats identiques après avoir exposé des monocytes à des bactéries et des virus. La encore, les gènes d’origine néandertalienne semblent jouer un rôle majeur pour minimiser la réponse immunitaire chez les sujets européens.

Source : Cell 20 octobre 2016

éléments N°164

Macron à nouveau dans la repentance.

  

L'avis de Jean-François Touzé
Le jour même où le président algérien rappelait que son pays "ne renoncerait jamais à sa mémoire" — ce qui, au demeurant, est légitime, même si l'Algérie ne fut un "pays" que par la grâce de l'œuvre française  - Emmanuel Macron se vautrait, une fois de plus, dans la plus misérable repentance, après avoir parlé en 2017 de crimes contre l'humanité commis par la France en Algérie et autorisé, il y a quelques mois, son ministre de l'Intérieur, Gérard Darmanin, à déposer une gerbe au "monument des martyrs de la guerre de libération". Cette fois il couvre la France de boue en "reconnaissant" l'assassinat après torture par nos soldats de l'avocat et militant FLN Ali Boumendjel pendant la bataille d'Alger en 1957. 
Boumendjel était un agent de liaison du terrorisme fell. Les paras de la 10° DP ont fait ce qu'ils devaient faire en accomplissant, dans la discipline, la mission difficile que leur avait confiée le pouvoir civil, mission à laquelle leur honneur militaire ne les avaient pas préparés, mais nécessaire pour éradiquer la menace  des bombes qui visaient chaque jour ou presque la population européenne d'Alger. 
Nous non plus, nous ne renoncerons jamais à notre mémoire.
Sur les crimes FLN en Algérie cliquez ici

mercredi 3 mars 2021

La Petite Histoire – Vidocq : la véritable histoire de l’empereur de Paris

 Véritable légende vivante devenu héros de roman, Vidocq est passé du banditisme à la police en devenant, sous l’Empire, le chef de la très officieuse mais efficace « brigade de sûreté ». Durant sa vie tumultueuse, il fait mille métiers et a porté mille déguisements : saltimbanque, soldat, voleur, faussaire, marchand de tissu, bagnard, colporteur, indic… on ne les compte plus. Roi du camouflage et de l’évasion, il se spécialisera ensuite dans la traque des brigands, avec une efficacité redoutable, faisant même de l’ombre à la police régulière. Il a aussi inventé le papier infalsifiable, fondé la première agence de détective privé, inspiré Balzac et Hugo… Retour sur ce parcours hors du commun, celui du roi des voleurs, devenu roi des policiers.

https://www.tvlibertes.com/la-petite-histoire-vidocq-la-veritable-histoire-de-lempereur-de-paris

Staline

  

[ci-dessus ; Joseph Staline en 1902]

21 décembre 1879 : Naissance en Géorgie de Joseph Vissarionovitch Dougachvili, qui sera connu sous le nom de Staline, l’Homme de fer. Né dans le foyer d’un cordonnier géorgien et d’une Ossète (Ekaterine Geladse), dont les ancêtres étaient serfs, il fut quasiment le seul leader bolchevique à être issu d’un milieu aussi modeste. Après une scolarité brillante, il est admis au séminaire orthodoxe de Tiflis, une école connue pour son opposition au tsarisme. Dans le cadre de cette école, il entre en contact avec des propagandistes marxistes dès l’âge de 15 ans, qui lui communiquent des ouvrages, souvent français, interdits de lecture en Russie (Letourneau, Victor Hugo). À 18 ans, le jeune Joseph est actif dans les cercles socialistes géorgiens, ce qui conduit à son exclusion du séminaire en 1899.

Certes, son activisme avait motivé cette exclusion, mais aussi quelques solides échecs dans des examens importants, ratés parce qu’il avait été trop zélé dans son militantisme. Il finira par être arrêté une première fois en 1902, à la suite d’une manifestation à Batoum. Plusieurs relégations en Sibérie s’ensuivront, assorties d’autant d’évasions successives, qui le conduiront à un premier exil en Autriche-Hongrie en 1912 (Cracovie et Vienne). Entre-temps, il avait rencontré Lénine en 1905 et suivi son option “bolchevique”, lors du schisme entre minimalistes et maximalistes au sein du mouvement social-démocrate russe.

L’option maximaliste bolchevique, contrairement à l’option minimaliste “menchevique”, visait l’organisation d’une révolution violente, portée par des “révolutionnaires professionnels”. Pour financer cette révolution, Joseph Dougachvili organise des braquages de banques ; le plus célèbre de ces braquages eut lieu à Tiflis en 1907, où les bolcheviques parviennent à dérober la somme de 250.000 roubles. Arrêté à son retour en Russie fin 1912, il vivra en exil forcé, de 1913 à 1917, à Touroukhansk, où il restera cois, sans chercher à s’évader, pour ne pas être incorporé de force dans l’armée russe combattant les Allemands, les Autrichiens et les Turcs. Il revient de cet exil sibérien en 1917, accompagné de Lev Kamenev, son compagnon de détention. Il est nommé membre du “Comité exécutif central” des bolcheviques à la suite du Congrès panrusse des Soviets de juin 1917.

Le 7 novembre 1917, après le triomphe des bolcheviques, il devient Commissaire du Peuple aux Nationalités, alors que les nationalités non russes de l’Empire faisaient sécession et proclamaient leur indépendance. Les Bolcheviques ne contrôlaient plus qu’un espace correspondant peu ou prou à la Moscovie du temps d’Ivan le Terrible. Les seules nationalités qui se joignirent à la révolution furent les Tatars et les Bachkirs. Au départ de la Moscovie et des régions voisines du Tatarstan et du Bachkortostan, les Bolcheviques devront reconquérir les terres de l’ancien Empire russe, aux mains des troupes blanches, des armées ethniques sécessionnistes et de troupes alliées envoyées à la rescousse. En juin 1918, Staline parvient à reconquérir le cours inférieur de la Volga, dont la ville de Tsaritsyn qui deviendra Stalingrad en 1925. Au départ de cette position-clef sur la Volga, Staline entreprendra la reconquête du Caucase ; cette reconquête s’effectuera en plusieurs étapes : en février 1920, tous les peuples du Caucase septentrional sont incorporés dans l’Union Soviétique, à la suite d’une révolte générale contre le général blanc Denikine. Les Tchétchènes se révolteront ensuite contre les Soviétiques, ce qui induisit Staline à prononcer ce discours, qu’on relira avec étonnement, sur fond de la crise tchétchène actuelle : « Chaque peuple — les Tchétchènes, les Ingouches, les Ossètes, les Kabardines, les Balkars — doivent avoir leurs propres soviets. S’ils peuvent apporter la preuve que la Charia est nécessaire pour parvenir à cette fin, alors j’autorise la Charia. Si l’on peut m’apporter la preuve que les organes de la Tcheka ne comprennent pas le mode de vie propre et les autres particularités de la population et ne s’y adaptent pas, alors, il est clair que des changements devront intervenir dans cette région » (Discours tenu aux peuples de la région du Terek, 17 novembre 1920). Un mois plus tard, l’ensemble du Caucase, sauf la Géorgie, tombe aux mains des troupes soviétiques de Staline.

En février 1921, avec l’appui de son ami de jeunesse Sergo Ordchonikidse, la Géorgie, à son tour, entre dans le nouvel ordre soviétique. Cette victoire de Staline dans le Terek et le Caucase font de lui un héros respecté de la nouvelle Union Soviétique. Lénine est malade. Le pouvoir est détenu par une sorte de triumvirat, comprenant Staline, Kamenev et Zinoviev, tous trois hostiles à l’autre homme fort du régime, Léon Trotski. Staline se concentrera sur la consolidation de l’appareil bolchevique : ce qui amènera en bout de course à l’élimination de facto de Trotski, qui partira en exil au Turkestan puis à l’étranger en 1927, et au limogeage de Kamenev et Zinoviev dès 1926 (ils seront éliminés lors des purges de 1937). Staline devient alors maître absolu de l’URSS. Il inaugure sa politique de “socialisme dans un seul pays”, soit la réorganisation de l’URSS, et rejette l’idée d’une “révolution mondiale” préalable, le credo de Trotski, tout simplement parce qu’une telle révolution exigerait des moyens que ne possède pas la Russie soviétique exsangue et épuisée. Mondialiser la révolution la condamnerait à l’échec rapide devant les forces anti-bolchevistes du monde entier, et notamment de l’Empire britannique.

De 1927 à 1938, le pays connaîtra la collectivisation forcée, avec l’élimination de la classe paysanne des “koulaks”, et la persécution inlassable des dissidents, trotskistes et opposants à Staline, avec un instrument policier, le NKVD. Staline semble avoir poursuivi l’objectif de restaurer l’ancien Empire des Tsars sur toute l’étendue territoriale qui fut la sienne avant 1917 : guerre contre la Pologne et Pacte germano-soviétique, conquête de la Bessarabie, guerre contre la Finlande, succès diplomatiques à Yalta, annexion de la Ruthénie subcarpathique. Seule la Finlande a échappé à l’annexion directe. De même que la “Pologne du Congrès”.

Vainqueur avec l’appui américain en 1945, il reçoit une bonne moitié de l’Europe, afin de la maintenir dans le frigo et de l’arracher aux industries ouest-européennes, et surtout à la machine économique allemande, pour empêcher toute ré-émergence d’un concurrent pour les États-Unis sur la rive eurasienne de l’Atlantique Nord. Autre objectif de cette générosité de Roosevelt : fermer l’artère danubienne et empêcher toute projection européenne vers la Mer Noire.

Le seul intérêt de l’ère stalinienne après 1945, réside dans la volonté de contrer l’internationalisme américain (appuyé par les dissidences trotskistes, qui deviendront “néo-conservatrices” avec l’avènement de Reagan et de Bush-le-père, tout en contaminant les démocrates américains sous Clinton). Autre coup de théâtre diplomatique intéressant : les notes de 1952, où Staline propose la réunification de l’Allemagne et sa neutralisation. La proposition était intéressante et aurait permis plus tôt un envol de l’Europe occidentale hors de toute immixtion américaine. On imagine aisément l’aubaine qu’aurait été une Allemagne neutre, au moment où De Gaulle se désengageait de l’OTAN, après les troubles d’Algérie. Staline meurt, probablement empoisonné, le 5 mars 1953 à Kuntzevo près de Moscou.

(Robert Steuckers)

http://www.archiveseroe.eu/histoire-c18369981/53

Alexandre raconte : l'assassinat de l'amiral Darlan, complot royalisto-g...

LES VRAIS CONTOURS DE LA LIGNE BUISSON

 Accueilli par un fort buzz médiatique, réimprimé deux jours après sa mise en librairie, le livre de Patrick Buisson, La Cause du peuple, sorti le 29 septembre, est d’ores et déjà un succès. Un résultat garanti par le sujet, « L’histoire interdite de la présidence Sarkozy », sous-titre de l’ouvrage, et par la personnalité de l’auteur. Conseiller de Nicolas Sarkozy pendant près de dix ans, Buisson avait contribué à son élection, en 2007, comme l’intéressé l’affirmera en lui ­remettant la Légion d’honneur. Pendant tout le quinquennat, il fera partie du premier cercle, dispensant des analyses ­appuyées sur une profonde connaissance de l’opinion publique et de l’histoire politique française – caractéristique que lui ­reconnaissent même ses détracteurs.

A gauche, on n’aime pas Patrick Buisson parce qu’il ne se repent pas d’avoir appartenu à une droite radicalement anticommuniste, ayant commencé sa carrière de journaliste à Minute, ni d’avoir ­incité Sarkozy, en 2007, à siphonner les voix du Front national et à transgresser quelques tabous sur Mai 68, l’identité nationale ou les racines chrétiennes de la France. A droite, la plupart de ceux qui le courtisaient naguère se détournent de lui depuis qu’en 2014 a été révélée son habitude d’enregistrer en secret ses conversations avec l’ancien chef de l’Etat. « Des trahisons, dans ma vie, j’en ai connu beaucoup, mais comme celle-là, jamais », dira Nicolas Sarkozy. Actée devant les tribunaux, leur rupture se compliquera, en 2015, de la mise en examen de Patrick Buisson dans l’affaire des sondages de l’Elysée.
Sur ce volet judiciaire, Buisson s’explique dans un prologue où il justifie également son amour inconditionnel du dictaphone : « Le fait d’enregistrer certaines réunions importantes était pour moi la garantie de pouvoir disposer d’un verbatim fidèle. » Inutile, pour autant, de chercher dans ce livre des informations touchant aux démêlés de Nicolas Sarkozy avec les juges : il n’y en a pas. Des méchancetés et des petites phrases sur le reste, en revanche, il n’en manque pas. Le portrait de l’ancien président de la Répu­blique – et candidat à la primaire – est féroce, tout spécialement quand l’auteur aborde les interférences de la vie privée de Nicolas Sarkozy sur son comportement (« Un faux dur submergé par un état permanent de dépendance affective »), ou plus encore quand il dissèque les références de celui-ci (« Question idées, c’était un polygame ») et le bilan de son action : « Un moteur à deux temps fonctionnant au mélange d’un discours dur et d’une pratique molle. » On s’amusera encore de mots vachards de Sarkozy sur tel ou tel (s’agissant de Chirac : « Je n’ai jamais vu un type aussi corrompu ») ou de révélations sur les contacts indirects entre le candidat de l’UMP et Jean-Marie Le Pen dans l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2007.
L’essentiel, cependant, n’est pas là. Ce livre est d’abord un essai superbement écrit, où la culture de celui qui est aussi le président de la chaîne Histoire surpasse sans peine celle du personnel politique. Puisqu’il y eut une « ligne Buisson », ces pages permettent d’en explorer les fondements et les contours. Impuissance de l’Etat, ­révolte identitaire, blessures de l’histoire, retour du religieux, politique de civilisation, bataille des frontières : Patrick Buisson analyse au plus haut niveau la crise politique, sociale et morale que traverse la France, intégrant à sa réflexion la relation entre notre époque et le temps long, entre les enjeux quotidiens d’une nation et la dimension verticale du destin humain.
« Hémisphère droit ? Non, hémisphère peuple », répond l’auteur à ses adversaires, rappelant, avec un titre qui est un pied de nez aux maoïstes de sa jeunesse, qu’on ne gagne pas dans l’isoloir contre l’électorat populaire. Dans le dernier numéro de la revue Le Débat (septembre-octobre 2016), le politologue Pascal Perrineau s’interroge : « Dans le choc d’un second tour en 2017 qui verrait la droite opposée à son extrême, quelle sera la capacité de la première à représenter le peuple de France au-delà du seul clivage gauche-droite ? Quel sera l’homme le plus capable d’être le point d’équi­libre de toutes les droites et au-delà ? » Ce sont aussi les questions que pose Patrick Buisson.

Jean Sévillia

La Cause du peuple. L’histoire interdite de la présidence Sarkozy, de Patrick Buisson, Perrin, 462 p., 21,90 €.

Sources :  (Edition du  vendredi 7 octobre 2016)

https://www.jeansevillia.com/2016/10/10/vrais-contours-de-ligne-buisson/

Qui gouverne en France ?

  

La gestion de la crise et les incertitudes actuelles, ouvertes en mars 2020 par l'affirmation présidentielle d'une guerre contre le virus apparu en Chine, amènent un nombre de plus en plus grand de citoyens à se demander qui gouverne la France.

Certes, la question de la confusion des pouvoirs politiques ne date pas d'hier. La volonté d'en répartir les responsabilités non plus. Propre aux Occidentaux, on ne la retrouve guère à vrai dire dans d'autres civilisations, si brillantes fussent-elles, ni en Égypte, ni en Mésopotamie, ni en Chine, ni dans aucun des empires de l'Islam.

Elle se manifeste au contraire en Grèce dès l'émergence de la cité aristocratique à Athènes (682). Celle-ci attribue des pouvoirs séparés à 3 archontes. Choisis parmi les 9 magistrats élus, ils assument les anciennes fonctions royales : l'archonte éponyme donne son nom à l'année de son mandat ; l'archonte-roi assure les charges religieuses et l'archonte polémarque est responsable des affaires militaires. Cet antique embryon de démocratie fut renforcé par les réformes successives de Dracon (621), Solon (594) et Clisthène (507).

Mère des démocraties modernes, c'est, de son côté, l'Angleterre qui a progressivement institué, à son tour, de manière pratique, une séparation des pouvoirs dont Montesquieu formula la théorie au XVIIIe siècle et inspira largement la constitution des États-Unis, laquelle dure encore.

Nous sommes donc désormais convenus, à sa suite, de distinguer trois pouvoirs nationaux, que nous appelons exécutif, législatif et judiciaire.

Sur le papier, le texte de la constitution de 1958 s'en inspire. Rappelons en effet qu'elle fut rédigée, pendant l'été, en vertu du mandat confié en juin, par la IVe république agonisante, à son dernier gouvernement. Malgré de fort nombreuses révisions, la plupart funestes, et d'incontestables évolutions pratiques, les grandes lignes restent toujours juridiquement en vigueur.

En théorie, le pouvoir et la mission d'appliquer les lois échoient au gouvernement. Supposée collégiale et solidaire, cette instance est en principe dirigée par un personnage appelé Premier ministre. Depuis 1814, cette fonction constitutionnelle n'apparaissait pas sous ce nom.[1] Désormais, le manuel des Règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale, précise au contraire, que l'on doit écrire ce titre avec un grand P[2].

Mais chacun sait que tout ceci relève largement de la fiction.

Personne en France, quand M. Castex apparaît sur les écrans de télévision, n'imagine en lui le dirigeant du pays, à peine un honnête chef de bureau aux ordres du palais de l'Élysée.

De même, en théorie d'autre part, les lois sont discutées et votées par deux assemblées, les députés réunis en Assemblée nationale ayant le dernier mot en cas de désaccord avec les Sénateurs. Mais la pratique du régime, et le règlement des chambres, donne la part la plus importante aux initiatives gouvernementales.

Quant à la magistrature, qualifiée d'autorité, et non de pouvoir judiciaire, son indépendance reste toute relative.

Personne, lorsque s'exprime un ministre, quel qu'il soit, ne songe plus qu'il le fait en accord ou en concertation avec ses collègues. Et, d'ailleurs il s'écoule rarement une journée sans que l'un d'entre eux le contredise, le porte-parole du gouvernement ajoutant son grain de sel à la confusion.

On sait d'autant moins qui gouverne la France, qu'est apparue, ou plutôt que s'est développée, à la faveur de la crise sanitaire une instance plus mystérieuse : le Conseil dit de défense.

Inventé en 2009 par Nicolas Sarkozy, institué par un simple décret en date du 24 décembre 2009, le conseil de défense et de sécurité nationale avait initialement vocation à "définir les orientations en matière de programmation militaire, de dissuasion, de conduite des opérations extérieures, de planification des réponses aux crises majeures, de renseignement, de sécurité économique et énergétique, de programmation de sécurité intérieure concourant à la sécurité nationale et de lutte contre le terrorisme. Il en fixe les priorités".

Or, dédié aux crises, il n'a cessé d'élargir ses attributions, et surtout de se réunir d'année en année plus souvent. Au lendemain des attentats de 2015, il se réunit 10 fois cette année-là, puis 32 en 2016, et 42 en 2017. Sous le règne d'Emmanuel Macron, il a pris en 2020 le pas sur le conseil des ministres, qui le suit et ne sert plus qu'à entériner ses décisions.

Or sa composition et sa convocation restent à la discrétion du seul chef de l'État, et, plus inquiétant encore ses membres sont tenus au secret-défense quant à ses délibérations.

Tout ceci contrevient au texte et à l'esprit de la Constitution.

Dans son livre "28 ans de gaullisme" Jacques Soustelle dénonce le premier accroc intervenu en 1959, lorsque le maître du pouvoir s'affirma comme le dépositaire effectif du pouvoir exécutif, reléguant les gouvernements et leur chef, lui-même consentant au rang de collaborateurs. La même année, le parti gaulliste imagina le concept de pouvoir réservé. Depuis, la tendance s'est lourdement aggravée au fil des présidences, posant le problème dit de la cohabitation difficilement résolu en 1986.

Cet empiétement autoritaire déborde clairement aussi, cela va sans dire, sur le pouvoir législatif. Les parlementaires sont priés de s'aligner sur les décisions de l'exécutif. Ainsi, pour donner un exemple récent, un Dupond-Moretti, éminent juriste sans doute mais homme politique inexpérimenté, pouvait encore aller plus loin dans le cynisme ingénu. Au cours des débats de l'Assemblée Nationale du 18 février, il osait écarter l'idée-même d'une confrontation des points de vue par la formule "il ne saurait y avoir de concurrence politique". Le JO indique : Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. Autrement dit, pour le pouvoir actuel l'exécutif rédige la loi, au besoin en petit comité, et on ne peut que s'aligner.

JG Malliarakis  

Apostilles

[1] De 1814 à 1958, on parlait d'un président du Conseil. Il s'agissait, sous la troisième république, du personnage central, quoique la loi fondatrice de 1875 n'en ait pas prévu l'apparition. Serviteur inconditionnel du fondateur de la cinquième république Michel Debré, principal rédacteur de la loi constitutionnel entendait certainement ainsi rendre ses propres futures attributions qu'il exerça de 1959 à 1962, symboliquement plus solennelles. Il aimait à ce qu'on joue, pour lui, la Marche Consulaire.

[2] Edition 2002 page 83. À la même page, il est indiqué que le président de la République n'a droit qu'à un petit p.

https://www.insolent.fr/2021/03/qui-gouverne-en-france-.html

Bertrand Renouvin : De Gaulle et la Résistance (colloque - Hommage au Gé...

Du communisme au libéralisme quelle évolution ?

  

Dans Le diable dans la démocratie, tentations totalitaires au cœur des sociétés libres (L’Artilleur) le Polonais Ryszard Antoni Legutko analyse dans cet ouvrage des régimes politiques - démocratie et communisme – que l’on croyait opposés et qui finalement ont de nombreux points communs à travers, notamment, leur culte du progrès, leur volonté d’émancipation de l’homme et donner un sens à l’histoire. L’homme n’est pas un inconnu. Ce professeur de philosophie, membre du PIS (Droit et justice) - le parti au pouvoir en Pologne - a été élu député européen où il co-préside le groupe des Conservateurs et réformistes européens. Il s’entretient ici avec Anne-Laure Debaecker dans l’hebdomadaire Valeurs Actuelles.

A lire ICI

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2021/03/01/du-communisme-au-liberalisme-quelle-evolution-6300723.html

mardi 2 mars 2021

Les prédateurs de la République, par Hilaire de Crémiers.

 

Pourquoi se scandaliser, quand le scandale est au cœur même de la République ?

Les prédateurs font l’actualité. Pas de jour qui passe sans un nouveau scandale. Le plus étonnant est de voir que, parmi les personnes qui se scandalisent le plus, il en est qui revendiquent encore plus hautement la liberté sexuelle, et singulièrement pour les femmes et les jeunes filles : liberté de faire ce qu’elles veulent, de se comporter comme elles l’entendent, de se livrer à n’importe quelle pratique.

Avec droit à l’avortement et, s’il le faut, maintenant jusqu’à neuf mois, jusqu’à l’infanticide qu’il serait question de prochainement légaliser.

Que les hommes se permettent le n’importe quoi vis-à-vis des femmes et des filles qui acceptent et exigent pour elles-mêmes le droit au n’importe quoi, n’y a-t-il pas là comme un jeu de conséquences auquel il paraît assez vain de prétendre se soustraire ? Toutes les dames et demoiselles de chez nous – et de toutes les conditions – sentent parfaitement ces nuances. La dignité du comportement suppose des mœurs qui n’existent que par l’assentiment commun à certaines règles d’honnêteté dans les rapports humains dont notre civilisation française et chrétienne était la garante.

La morale libertaire

Il n’est question que de respect, que de respecter l’autre. Voilà une phrase entendue mille fois. Chacun réclame le respect en sa faveur. Encore faut-il être respectable. Ceux qui enjoignent aux autres à grands cris de les respecter dans leurs choix personnels les plus douteux et les plus malfaisants, au simple motif que c’est leur choix, tuent toute notion de respect et donc de respectabilité. Qualifier cette dernière de bourgeoise ne change rien à l’affaire. La vérité est qu’ils s’en moquent éperdument ; ce qui compte pour eux, c’est eux-mêmes et leur anarchie érigée en dogme. Ils veulent établir la loi de leur non-loi. Et que leur soient reconnues par principe la suprématie et l’intangibilité de leur droit. D’où l’émiettement juridique et social, qui caractérise de plus en plus la société d’aujourd’hui.

Rejeter la civilisation, en bafouer publiquement les principes, en transgresser en toutes occasions les règles les plus fondamentales, n’est certes pas une bonne manière d’assurer la rectitude et l’élégance de la conduite en société. Et ceux qui se font gloire de professer de telles doctrines et d’adopter de telles attitudes ne sauraient ensuite en réprouver les effets inéluctables.

C’est une des grandes contradictions de notre vie moderne. Ces notions d’élémentaire logique sont en train de disparaître, parce qu’elles embarrassent de plus en plus ceux qui dirigent la vie politique. Faut-il le dire aussi ? Il en a été de même, et depuis trop longtemps, dans l’ordre ecclésiastique où un progressisme et un modernisme de mauvais aloi se sont érigés en magistère supérieur à toute la doctrine antérieure. Même si aucun milieu n’est indemne de déviations et de dépravations – ce qui fait que personne ne peut juger personne du haut de sa suffisance –, il n’en reste pas moins qu’il est facile aujourd’hui de mesurer les graves répercussions d’un tel laxisme. La complaisance pour le hors-norme est devenue la norme, sous prétexte d’adaptation aux évolutions qui ont été sciemment induites a priori et qui sont jugées a posteriori comme inévitables. Ces procédés faciles d’une prétendue modernité entraînent des effets si désastreux qu’un retour au simple bon sens ne pourra que s’avérer nécessaire, du moins dans les sociétés, y compris ecclésiales, qui veulent survivre.

Il est devenu de mode d’incriminer l’Amérique et les campus américains, mais le mal est bien de chez nous. L’université française était malade dès avant 1968. S’en souviennent ceux qui la fréquentaient dans les années 60. Le marxo-freudisme y régnait en maître avec les philosophes de la déconstruction. Faut-il rappeler que les chefs révolutionnaires de l’après-guerre ont été formés en Sorbonne et que le maoïsme était le dernier cri de la pensée avancée, celle que l’UNEF et tous les courants révolutionnaires imposaient dans les amphithéâtres avec la complicité de l’administration ?

Sartre et Simone de Beauvoir menaient la danse. Roland Barthes, spécialiste revendiqué de Sade et grand sémiologue de la contestation, avec ses épigones, faisait florès. Des générations ont été formées dans cette ambiance intellectuelle. Celle de Macron aussi : un Paul Ricœur donnait dans les mêmes billevesées dialectiques et morales !

C’est en vertu des mêmes présupposés que la France va devoir aujourd’hui subir la barbarie de l’écriture inclusive. « L’islamo-gauchisme » qui alimente tant de polémiques ces derniers temps, n’est que l’un des fruits venimeux de la même secte vicieuse, qui a su s’emparer des leviers de pouvoir dans une France abandonnée par ses élites qui ne croient plus en elle. C’est ce qu’explique fort bien Eric Zemmour ; pareillement Michel Onfray et tous ceux qui protestent énergiquement contre cette mainmise sur notre pays et sur son avenir.

Il ne faut pas croire qu’il ne s’agit là que d’épiphénomènes. L’affaire d’Olivier Duhamel est éclairante. Voilà un homme, un grand bourgeois, qui conseillait les acteurs de la politique, qui veillait sur la formation des futures élites, qui obtenait la présidence du Siècle, le cercle huppé des hommes de pouvoir et d’argent, et qui se croyait au-dessus de toutes les règles de la plus simple moralité. Cela en dit long sur l’état réel de la société française. Pourriture intellectuelle, pourriture morale. Tel est le verdict. Jusqu’au sommet.

Une idéologie ignoble

Le quotidien Présent a consacré son dernier numéro Hors série – qui se trouve dans les kiosques – à La gauche pédo-criminelle, les porcs et les ogres du camp du bien. Indépendamment des dénonciations tous azimuts qui englobent toutes sortes de personnes de tous genres et de toutes catégories et au-delà du fait qu’il se rencontre dans tous les milieux des pervers et qui osent même se réclamer pour certains d’un goût esthétique, voire d’une expression littéraire, tel un Matzneff, il n’empêche que c’est la gauche, bien gauchardement gauchiste, qui s’est distinguée dans la prétendue lutte – gagnée d’avance, étant donné l’entreprise systématique de destruction des mœurs –, en faveur de la libération sexuelle.

Tout est dit dans le dossier de Présent, notamment sur la philosophie de la chose, s’il est permis de s’exprimer ainsi ! Elle relevait d’une morale dire libérée qui se recommandait de Sartre, de Marcuse et d’Althusser, entre autres. Elle a prospéré dans les années 70 et triomphé dans les années 80. L’avantage de cette morale néo-marxiste et néo-freudienne, qualifiée justement de libertaire, c’est qu’elle n’obligeait à rien ceux qui s’en recommandaient, sauf à la promouvoir, et qu’elle leur permettait de juger tous les autres d’après les critères les plus exigeants d’une hyper-morale politique qui distinguait entre le bien, nécessairement de gauche, et le mal, non moins nécessairement de droite. Il était convenu que l’oppression n’était jamais de gauche, seule la droite étant essentiellement oppressive. Quelle droite, d’ailleurs ? La question mérite d’être posée.

Et, de fait, c’est la grande et petite presse de gauche qui mena ce qu’elle appelait son grand combat, et, plus spécifiquement encore, pour la promotion de la pédophilie, autre nom de la pédérastie. LibérationLe MondeL’Obs, les journaux soi-disant satiriques, tous estampillés de gauche, s’illustrèrent dans cette lutte d’émancipation des règles de la morale bourgeoise.

Tribunes et pétitions s’y succédaient, des années 70 aux années 2000, y compris de pédocriminels comme Dugué, condamné comme tel, pour revendiquer cet affranchissement jusqu’à l’apologie de la pédophilie, jusqu’à nier l’âge d’une majorité sexuelle, discussion qui fut reprise il y a quatre ans devant le Parlement ! Et encore aujourd’hui ! Tous les noms de la gauche morale et bien-pensante se retrouvaient dans ces listes, de Jean-Paul Sartre à Louis Aragon, de Jack Lang à Bernard Kouchner, d’André Glucksman à Roland Barthes, de Gilles Deleuze à Guy Hocquenghem, de Philippe Sollers à Michel Foucault, sans oublier le professeur de morale politique qui délivre ses leçons à l’Europe entière et qui est le vaillant soutien de Macron, Daniel Cohn-Bendit. Tout cela sous la houlette de Serge July et de Laurent Joffrin, bourgeois, fils de bourgeois, déguisés en soldats du peuple. Cette presse n’a pas été financée pour rien par des Berger, des Niel, des Pigasse, des Drahi et autres. Ils ont soutenu et financé la campagne de François Hollande avec le bizarre financier Jean-Jacques Augier, ami et trésorier du candidat, à charge pour Hollande de faire passer en priorité la loi dite du mariage pour tous. Et, pour Macron, maintenant, de faire passer la suite, toute la suite ; et pour l’Union européenne de l’imposer à tous ses membres.

Tel est le cœur de la République. Il n’a pas changé. Même s’il est agité de remous divers en raison des innombrables scandales. C’est toujours sa loi interne qui l’unifie et la coalise, celle qui justifie l’accession au pouvoir, le pacte qui relie tous ceux qui en vivent et qu’il faut bien qualifier de prédateurs de la République.

Quelle affliction de lire le livre de Camille Kouchner, La familia grande (Seuil) ! Tout est décrit de ce milieu qui se croit libre et fait pour commander aux autres, mais quelle responsabilité dans les dégâts qui ne sont pas seulement familiaux, mais aussi bien nationaux.

Quelle affliction, pire encore, de lire le livre d’un Jean-Pierre Jouyet, L’Envers du décor (Albin Michel). Voilà un homme qui se dit chrétien, catholique pratiquant, qui a occupé les postes les plus importants comme haut fonctionnaire et qui a joué sa partie et sa carrière, sans s’en rendre compte sans doute, avec cette gauche-là et dont le meilleur ami qui l’a vraisemblablement abusé, reste François Hollande, lui-même fils de famille catholique, sorti des bons collèges comme tant d’autres, devenu, dans le cadre républicain, un homme de pouvoir sans scrupule, un prédateur de la République. Jouyet a contribué à faire Macron, il le reconnaît, même s’il s’en repent aujourd’hui. Car il ne voit que trop que la France fout le camp.

Mais quand donc ces gens-là comprendront-ils qu’il faut rompre le pacte d’une telle République qui n’est plus, pour parler comme le pape Jean-Paul II, qu’une structure de péché ? Le plaisir du pouvoir pour ça ?

 

Source : https://www.politiquemagazine.fr/

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2021/03/02/les-predateurs-de-la-republique-par-hilaire-de-cremiers-6300846.html#more

L'attentat de Sarajevo

  

Le 28 juin 1914, lors d'une visite à Sarajevo, l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l'empire austro-hongrois, est victime d'un attentat meurtrier perpétré par  "la Main Noire", une société secrète liée au gouvernement du Royaume de Serbie. 
L'Autriche Hongrie accuse la Serbie mais c'est  l'ensemble de l'Europe qui, par le jeu des alliances aux deux pays, s'engage alors dans une escalade de réactions de plus en plus violentes qui aboutissent le 1er août 1914 au déclenchement du conflit le plus meurtrier de l'Histoire. Ce conflit marque le début historique du XX° siècle. 
La "Grande Guerre" ainsi nommée par ses survivants, entraînera les peuples européens pendant 4 ans dans des combats aussi violents que fratricides. Ce chaos sèmera 9 millions de tombes sur les collines ravagées de l'Europe, et mutilera plus de 20 millions d'hommes, auquel il faut rajouter le génocide des arméniens (environ 1 million de morts). 
Et après la guerre, le martyr des populations continuera, avec la guerre qui se prolonge localement jusqu'en 1923, la grippe espagnole (plus de 30 millions de morts), la Révolution bolchevique (plus 10 millions de morts) et ses "purges"(plus 2 millions de morts) etc... avant que la fournaise du Deuxième conflit mondial ne vienne prendre le relais. 
L'Europe signe ainsi par le sang son entrée dans le XX° siècle, et  aujourd'hui il est admis par tous,  que l'ouverture de cette danse macabre est donnée à Sarajevo ce 28 juin 1914. L'attentat contre l'archiduc d'Autriche- Hongrie est cette "étincelle qui met le feu aux poudres" et dont l'incendie meurtrier brûlera sous diverses formes et intensités dans le monde, jusqu'à la chute du mur de Berlin, 85 ans plus tard.
"La guerre n'est pas instituée par l'homme, pas plus que l'instinct sexuel ; elle est loi de nature, c'est pourquoi nous ne pourrons jamais nous soustraire à son empire. Nous ne saurions la nier, sous peine d'être engloutis par elle."
Ernst Jünger, "La guerre comme expérience intérieure"

lundi 1 mars 2021

Ecriture et Pouvoir dans la France moderne

La Varende, artisan des lettres

  

Terrien et passion de mer, normand et breton, enthousiaste et mélancolique : Jean de la Varende fut tout cela à la fois.

Est-il nécessaire de présenter Jean de la Varende (1887-1959) ? De nombreuses études lui ont été consacrées l’on songe à Marie-Madeleine Martin (La Varende et moi, 1946), Anne Brassié (La Varende. Pour Dieu et le roi, 1993), Anne Bernet (La geste chouanne de Monsieur de La Varende, 1997) ou Jean Mabire (La Varende entre nous, 1999). Qu’y a-t-il de neuf ? Beaucoup de choses. À commencer par de très fréquentes rééditions chez Via Romana. Moteur de cette dynamique, l'association Présence de La Varende, présidée par Patrick Delon. Ce dernier publie un ouvrage singulier mêlant biographie, aphorismes et évocation de l’actualité de La Varende. Car plus que jamais, le châtelain de Bonneville a quelque chose à nous dire.

Terre et mer

Tout marin a un port d’attache. Un lieu familier, d’où s’élancer ensuite vers horizon. Un ancrage. Son navire intérieur Jean de La Varende l’a amoureusement ancré au Chamblac, en Normandie. Son pays d’Ouche est abreuvé des ondées. « La Normandie est dédiée à la pluie. La pluie lui donne des couleurs et les verdit soudain ». Dans ce « pays fièrement beau, sombre, grand, idéal » comme l’écrivait Barbey d’Aurevilly, éclatent des touches de couleurs cerisiers, pommiers en fleurs, et, bien sûr la maison aimée, aux briques orangées, « entre le pourpre au coquelicot, le feu de l’œillet d’Inde et la chair des centaurées ». C’est là que nait Jean, sous le regard des glorieux ancêtres : le commandeur de Galart ou Mgr de Montmorency-Laval. Ce n est pas une bâtisse, c’est un arbre généalogique épousant les poutres et les mansardes. le château de Bonneville exerce sur l’enfant une influence d’autant plus magnétique qu’il a dû le quitter à l’âge de trois ans. Orphelin de père un mois après sa naissance, le cadet rejoint la Bretagne, patrie de sa mère, une Fleuriot de Langle. Dans le vieux Rennes et à La Morinais, Jean grandit sous l'oeil d'un grand-père charismatique Fleuriot de Langle, figure de la marine en bois et homme d’un autre siècle. C'est de lui que La Varende hérite ses très fines connaissances maritimes. Capable de tailler des maquettes au réalisme saisissant (une centaine exposées au Chamblac) ou de décrire d’époustouflantes manoeuvres d’escadre, on pouvait croire que l’écrivain était un officier à la retraite. Lui que sa santé, pourtant, a empêché de faire Navale. La Marine est exaltée à travers ses biographies (Tourville, Suffren, Surcouf) et ses contes marins. La devise familiale ? Sicut aqua ! Quant au nom varende, il signifie « gardien du gouvernail » en vieux norois. Descendant d’un jarl viking par son père, d'un compagnon de La Pérouse par sa mère, l’eau salée coule dans ses veines. Mais cette enfance bretonne a aussi mis en branle un puissant moteur d’écriture : la nostalgie. « Je dois tout au mal du pays. J’ai été griffé, attaqué, mordu par la nostalgie. La nostalgie a tout fait ».

Ii reviendra au Chamblac. Chez l’auteur se mêlent l’instinct de caprerie scandinave et le vieux chant sylvestre des Celtes. ll célèbre la brise marine et l’odeur des sous-bois. Dans Le Troisième jour, la forêt est nommée pas moins de dix fois, dès le premier chapitre. La nature devient presque un personnage à part entière :

« La forêt s’étend ainsi qu’un immense animal à peine apprivoisé, qui se plaint et qui chante, qui respire et transpire, qui embaume et qui pue, et qui se meut dans une lenteur séculaire. Effrayant organisme d’énergie physique, haussant, dispersant chaque jour des millions de tonnes d’eau qu’il pompe et distribue. La forêt se bat avec les nuages et s’ébroue sous la foudre. Ce fut la reine, la dominatrice des vieux âges et, seulement quand le fer fut inventé, put-on la combattre. Aujourd’hui, elle est vaincue; les hommes l’ont enchainée de liens fragiles, ont pénétré dans ses flancs, mais elle n’accepte pas sa défaite, jamais elle ne perd courage elle lutte toujours. Elle reprend son invasion, incessamment ».

La campagne est peuplée d’hommes et de bêtes. Il y a les métayers. Le gentilhomme, qui n’hésite pas à se dire « cul-terreux », proclame : « Nous les hobereaux, nous sommes liés au peuple des campagnes et nous le devinons parce que nous l’aimons ». il y a aussi le bestiaire chouettes, loups, chiens, chevaux. La Varende leur consacre Le cheval et l’image (1947) Le Haras du Pin (1949) et, surtout, ce titre étincelant Son Altesse le cheval (1972). Et c’est vrai que, du Chamblac à Lamballe, le cheval est roi.

L’auteur est-il donc régionaliste ? En réalité, ses personnages vibrent de valeurs universelles foi, courage, loyauté. Dans les Contes d’au-delà des mers, on navigue, bien loin du Pays d’Ouche, de la Phénicie au Japon, en passant par la Russie. L’univers lavarendien n’est pas replié sur lui-même. Il est enraciné, et non sclérosé.

Artisan-conteur

La Varende sculpte les phrases comme les coques de ses navires. C’est un artisan. Mieux : un paysagiste, aux dires de P. Delon. Ses descriptions précises et vivantes, captivant les sens du lecteur sont picturales, cinématographiques. On retrouve là l’élève des Beaux-Arts de Rennes; car il fut peintre avant d’être écrivain. Chérissant le beau mot et le bel objet, il exalte le travail bien fait. Dans la chute étincelante d’une nouvelle comme dans la beauté des courbes de la nef de bois, git le sens du détail et de la rigueur ordonné au souci de l’élégance et de harmonie. « faire du beau a été l’idéal de toute une caste qui, en plus du bien, voulut se donner sans compter : la chevalerie », écrit-il en 1954.

À l’ère du roman engagé, La Varende a le toupet de conter de belles histoires. Anticonformmiste, il annonce un peu la génération suivante,- celle des hussards. Michel Déon chante « l’espèce de bonheur retrouvé quand [La Varende] évoque le passé enfoui, les beautés de la langue française, cette belle maîtresse à qui l’on fait des enfants, des romans et des essais ». Quant à Mohrt, avec malice, il le situe dans une drôle d’ « Internationale blanche », entre Yeats et Faulkner. Pour lui, La Varende est « un écrivain “sudiste” » ! Ce n’est pas le patagon Jean Raspail qui aurait dit le contraire, lui qui, dans Le roi au-delà de la mer, parcourt amoureusement la Vendée insurgée sur les pas de Manon, héroïne de Man d'Arc. Man d’Arc, d’ailleurs, illustre combien la beauté lavarendienne est travaillée, préparée, servie par des recherches aiguës, aux archives familiales ou sur le terrain. Pour forger ce roman consacré à l’équipée de la duchesse de Berry, l’écrivain effectue plusieurs voyages en Vendée militaire; il veut sentir, voir, savoir, transmettre. Maniant la plume à défaut d’épée, ce « chevalier à la triste figure » n’a pas failli à sa vocation chouanne.

On est surpris de la diversité de l’œuvre : romans, biographies, études historiques, nouvelles. Ce dernier genre est peut-être celui où s’exerce le mieux le génie de l’écrivain, son sens de la formule, la plume claquant comme le fouet du veneur. S’il fallait commencer par un livre, on pourrait, à l’instar de P. Delon, recommander Les Manants du Roi ou Heureux les humbles. Par touches, on peint un tableau, une figure, un caractère. Dans ses grandes biographies historiques comme dans ses fictions (Nez-de-Cuir, Le Centaure de Dieu), La Varende nous saisit par la profondeur de sa pénétration psychologique. Passions et tourments de l’âme sont figurés comme une tempête. Foi et doutes sont bien présents; que l'on songe aux tourments des royalistes d’Action française (« L’Énergie nationale ») condamnés par Rome (Les Manants du Roi). Et si ces douleurs sont si bien narrées, c’est qu’elles sont intimes à l’auteur toujours abonné au journal maurrassien, il a longtemps assisté à la messe dans une paroisse voisine, caché, dit-on, derrière un pilier...

Souvenir et avenir

Nostalgie et mélancolie parcourent l’œuvre de La Varende. Dans Les Manants du Roi, fresque familiale dont les nouvelles voguent de 1793 aux années 1950, les royalistes du Pays d’Ouche vont de défaite en défaite. Est-ce à dire que l’auteur est un héraut du pessimisme ? Nenni. Amoureux de la vie, il n'a cessé d’enluminer des héros jeunes et solaires, vibrants, vivants. La mélancolie n’entame jamais l’enthousiasme, elle voisine avec lui. Du reste, l’écrivain ne s’est jamais désintéressé du dehors. C'est « au purissime Charles Maurras » qu'il dédie son Cadoudal (1952).

Écrivain du passé, ça oui, mais pas dépassé ! « Il est moins nostalgique du passé que dégoûté du présent, remarque Patrick Delon. Avec son pouvoir d’évocation, C’est un témoin, un lien entre deux mondes ». De fait, maugréant contre l’époque qui « fait du peuple avec de l’aristocratie » alors que l’Ancien Régime ennoblissait, La Varende valorise le souvenir, qui « porte en soi une vitalité supérieure, et nous ramène à cette notion suprême : la chaine, dont nous ne sommes qu’un maillon ». Nez-de-Cuir a été adapté en BD (Jacques Terpant-Jean Dufaux), un demi-siècle après le film d’Allégret.

Un esprit de permanence confère sa jeunesse à cet univers. « Le conservatisme de La Varende, écrit le juriste normand Christophe Boutin, est dans ce mot d’ordre alors partagé d’un bout à l’autre de l’échelle sociale d’assumer son statut et de n’en point-déchoir ». On en revient à « ce beau mot » de manant, lettre de noblesse réunissant le hobereau et le métayer. Ces derniers sont « du même bord. des fervents du sol, des manants tous deux ». Manant vient du latin maneo : « je reste; je persévère et j’attends. Les autres pouvaient fuir; pouvaient courir où l’on se divertit : à eux, les manants, de continuer, et d’assurer ».

✍︎ Patrick Delon, Jean de La Varende, écrivain de l’honneur et de la fidélité Via Romana, 23 €.

L'association Présence de la Varende oeuvre pour garder la mémoire de l’écrivain, aider à la promotion et à la réédition de ses oeuvres. Présence de La Varende. 25 rue Violet. 75015 Paris.

Photos : (1). Le châtelain en sa demeure. La Varende, pipe au bec, reçoit au château de Bonneville, au Chamblac, dans son cher Pays d’Ouche. (2) Hobereaux et métayers de l’Ouest sont des manants, des fidèles. La Varende chante leur geste, leurs malheurs et leurs grandeurs (Les Manants du Roi, 1938). (3) Ouvrage culte dès sa parution (1936). Nez-de-Cuir est immortalisé en 1952 par un film d’Yves Allegret. Jean Marais y campe le gentilhomme d’amour au masque mystérieux.

Francois La Choüe Monde&Vie 12 février 2023 n°995

LA FRONDE, RÉVOLTE BAROQUE

 Dans la nuit du 5 janvier 1649, en pleine Fronde, la Cour quitte précipitamment Paris insurgé pour Saint-Germain. Le jeune Louis XIV, âgé de dix ans, perçoit la panique chez les adultes. C’est ce souvenir, dit-on, qui l’incitera plus tard à imposer son autorité. La première Fronde, née de l’affrontement entre Mazarin et les magistrats, s’achèvera par la paix de Rueil (mars 1649).

Elle sera suivie par la Fronde des princes où s’illustreront Condé, Conti, le duc et la duchesse de Longueville, la princesse Palatine – truculent personnage auquel Jérôme Fehrenbach consacre une riche biographie (1) -, le cardinal de Retz, Turenne et le duc de La Rochefoucauld. Période d’intrigues et de complots où interviendra l’étranger (les Espagnols) et où les alliances se feront et se déferont. La défaite des révoltés, le retour du roi à Paris et le rappel de Mazarin, un temps sacrifié par Anne d’Autriche, ramèneront l’ordre : en 1653, la Fronde sera terminée.
Cette chronologie traditionnelle est remise en cause par Jean-Marie Constant, un spécialiste de l’Ancien Régime, dans un ouvrage novateur (2). Soulignant que la Fronde est « l’explosion de mécontentements accumulés depuis le règne de Louis XIII et de Richelieu », l’auteur replace la révolte des années 1648-1653 dans une séquence plus large qui s’étend du coup d’Etat au cours duquel Louis XIII a éloigné sa mère, Marie de Médicis, en 1617, au début du règne personnel de Louis XIV, en 1661. L’historien réévalue surtout les causes de la Fronde, réaction, selon lui, à l’excès de pression fiscale, à la trop grande puissance de Mazarin, au poids de la guerre de Trente Ans et du conflit avec l’Espagne. Les Frondeurs, nourris de littérature baroque, rêvaient de réformer le royaume, mais à travers un modèle politique imaginaire : Jean-Marie Constant ose comparer ce bouillonnement à celui de 1968 ! De cette relecture, la Fronde ne sort pas réhabilitée, mais apparaît comme un passage obligé vers la France classique.

Jean Sévillia

1) La princesse Palatine. L’égérie de la Fronde, de Jérôme Fehrenbach, Cerf, 528 p., 29 €.

2) C’était la Fronde, de Jean-Marie Constant, Flammarion, 400 p., 25 €.

Sources :  (Edition du  vendredi 26 février 2016)

https://www.jeansevillia.com/2016/04/05/fronde-revolte-baroque/