mardi 5 janvier 2021

Georges Sorel: socialisme et violence 1/4

 Pour la plupart de nos contemporains, l’évocation de Georges Sorel revient le plus souvent à l’analyse du théoricien de la violence. Son ouvrage le plus célèbre, Réflexions sur la violence (1908), constitue une contribution irremplaçable au mythe révolutionnaire. On sait l’importance que constitue pour ce penseur exceptionnel le concept de « mythe ». Le mythe révolutionnaire sorélien est inspiré d’une vision polémologique des rapports sociaux. La violence informe l’action révolutionnaire et l’investit d’une conception réaliste de l’histoire. Comme moyen d’agir sur le présent, le mythe prolétarien est un outil au service de la révolution anti-bourgeoise. C’est aussi un outil conceptuel qui doit d’abord s’opposer à la fois à l’utopie socialiste et au conservatisme libéral. Ce discours très original, activiste par excellence, donne une place privilégiée à l’œuvre de Sorel dans notre conception du socialisme.

Avant d’aborder l’analyse proprement dite du mythe de la violence comme idée-force chez Sorel, il est utile de présenter l’homme et son œuvre. C’est à partir de cette connaissance de l’environnement idéologique que nous pourrons, dans une 2nde partie, présenter les caractères de cette « violence » en tant que mythe et des conséquences qui en découlent sur notre propre position.

I. Sorel : l’homme et l’œuvre 

Georges Sorel (1847-1922) commence sa carrière en 1889. C’est l’époque des 1ères traductions françaises des œuvres de Marx. Déjà, on peur trouver en librairie Le Capital et Socialisme utopique et socialisme scientifique ; il faudra en effet attendre 1895 pour que paraisse le fameux Manifeste du parti communiste. En France, il est un fait que le marxisme constitue en 1889 un mouvement idéologique, beaucoup plus qu’un parti révolutionnaire. Et c’est en 1893 que Sorel se convertit au marxisme. Ce rapprochement de Sorel marquera toute son œuvre. Il n’impliquera aucun attachement aveugle aux valeurs marxistes. Le personnage est trop indépendant pour inscrire ses réflexions dans un système total. Mais au fait, qui est Sorel ? Le personnage a été l’objet de nombreuses analyses aussi brillantes que contradictoires. Pour les uns, Sorel est un penseur attaché à l’école rationaliste. Pour d’autres encore, il serait un chantre remarquable de l’irrationnel. Dans ses opinions politiques, il apparaît à certains comme un conservateur révolutionnaire (une espèce rare à son époque) ; pour d’autres, il est un néo-marxiste. Et les ouvrages abondent qui veulent prouver définitivement le bien-fondé de l’une ou l’autre opinion. Pour notre part, nous ne rentrerons pas dans ce débat.

Nous suivrons une analyse chronologique, découpée en phases successives, mais où chaque strate soutient pour une part la pensée suivante. Il est indéniable que Sorel, par ex., a été séduit à un moment de son évolution par la nouveauté radicale des textes marxistes. Comment un intellectuel de son époque, ouvert aux idées neuves, en rapport épistolaire avec de nombreux intellectuels européens de toutes tendances (citons pour mémoire Roberto Michels, Benedetto Croce) n’aurait-il pas été attiré par un discours révolutionnaire proposant une lecture « scientifique » de l’histoire et de la misère. Mais il ne faut pas pour autant croire au « marxisme », orthodoxe ou non, de Sorel. De la même façon, nous ne croyons pas au soi-disant « fascisme » de Sorel, qu’il est difficile de rattacher à l’idée contemporaine (historique) que l’on s’en fait aujourd’hui où 66 années se sont écoulées depuis la prise du pouvoir par Mussolini. L’œuvre de Sorel est beaucoup plus complexe.

Selon Paolo Pastori (Rivoluzione e continuita in Proudhon e Sorel, Giuffre, Roma, 1980, 244 p.), l’œuvre de Sorel constitue « une alternative au conservatisme réactionnaire et au progressisme révolutionnaire ». Ce dernier ajoute que la pensée sorélienne est un dépassement des oppositions traditionnelles de la pensée moderne entre, d’une part, les théories du droit naturel et, d’autre part, les théories subjectives du droit, du rationalisme absolu et du volontarisme. La finalité politique de l’idéologie est une révolution « pluraliste », qui restaure une société ouverte, seule à même de contrer la menace par l’entropie sociale du capitalisme. La modernité n’est pas niée, elle est intégrée dans un ensemble communautaire organique. Plus proche de Proudhon que de Marx, Sorel adhère aux fondements idéologiques du penseur socialiste français. C’est-à-dire :

  • Une conception plurielle de la raison. Le marxisme est un rationalisme moniste et absolu qui, comme le capitalisme, inscrit un projet social desséchant.
  • Une vision pluridimensionnelle de l’homme. Le marxisme est un réductionnisme dangereux pour l’homme (à cause de son déterminisme économique) et la société (mécanique de la lutte des classes). La prise en compte d’une dialectique sociale qui refuse le dualisme classe ouvrière/entrepreneurs capitalistes et reconnaît un jeu plus riche de rapports sociaux.
  • Un projet de synthèse sociale, où le sens de l’équilibre (en devenir) des classes sociales souligne la dialectique autorité/liberté, individu/communauté, passé/présent.

Sorel et Proudhon : un rapport de continuité

Il y a sans aucun doute chez Sorel et Proudhon un rapport de continuité. Sorel est un élève de Proudhon, qui actualise sa réflexion, au cours des différentes phases de ses recherches. Pour Pastori, Sorel est d’abord : un conservateur libéral (1889-1892), puis un marxiste de « stricte obédience » (1893-1896) ; cette 2nde phase débouche sur une période de révision du marxisme déterministe et scientiste, pour aboutir en 1905-1908 à un retour à la pensée de Marx, qui sera définitivement abandonné en 1910-1911. Cette dernière phase constitue pour Sorel un point de retour à la pensée de Proudhon. Nous apprendrons donc à mieux connaître Sorel si nous voulons bien nous atteler à la tâche d’une étude sérieuse de l’auteur de La Guerre et la paix et de La capacité politique des classes ouvrières…

Proudhon est un penseur révolutionnaire dans ce XIXe siècle de la raison bourgeoise. Attaché à l’idée, il ne peut être considéré comme un « rationaliste » au sens commun du terme. Proudhon distingue plusieurs catégories du concept de raison : la raison humaine, la raison naturelle, la raison pratique, d’une part et, d’autre part, la raison publique et la raison particulière. La raison humaine est la faculté supérieure de concevoir « l’idéal qui est l’expression du libre pouvoir créateur des groupes historiques et des personnes ». Face à la raison raisonnante de la pensée bourgeoise et du marxisme à prétention scientifique, Proudhon revendique avec force l’espace de liberté de la pensée historique des groupes sociaux, et même de l’homme conçu comme un être de culture non-conditionné par des déterminisnes absolus.

Cette 1ère raison est limitée à son tour par la raison dite, dans le langage proudhonien, « raison naturelle » ou « raison des choses ». Elle est nécessité objective, qui retient dans certaines limites indépassables, les aspirations démiurgiques de l’homme. La raison pratique est la synthèse finale des 2 précédentes. C’est à travers elle que l’on peut appréhender la confrontation de 2 raisons, celle de l’homme libre non-déterminé par un mécanisme de la matière, et celle du réel qui est la frontière des pouvoirs créatifs humains. Proudhon s’inspire d’une conception pragmatique. La 2nde catégorie se décompose en raison publique ou générale, et raison particulière, reproduction de « l’instance de l’universalité » (la nécessité) et celle de la particularité (la liberté). La non-coïncidence des raisons évoquées implique une critique radicale des systèmes de pensée « absolutistes » en termes contemporains, des pensées totalitaires (marxisme, jacobinisme et rousseauisme démocratique). Proudhon, militant anti-totalitaire, privilégie la raison particulière. Ce « rationalisme pluraliste » informe alors la conception socio-politique de Proudhon.

La dialectique sérielle de Proudhon

La théorie des séries est un élément nécessaire pour comprendre sa pensée. Proudhon distingue dans tout processus 2 moments séparés : le 1er moment est la division-individuation (constitution de séries simples), le 2nd, celui de la recomposition de l’unité-totalité (constitution de séries composées). Proudhon affirme aussi l’indépendance des ordres de séries et l’impossibilité d’une science universelle (De la création de l’ordre dans l’humanité). Paolo Pastori parle de la « dialectique sérielle » de Proudhon, qu’il oppose à la dialectique hégélienne, et rapproche de la dialectique crocienne des instincts. Cette dialectique sérielle confirme Proudhon dans son refus de toute analyse réductionniste. L’existence sociale ne se ramène pas a un référent unique, universel et déterminant. La sociologie proudhonienne, que Sorel reprendra à son compte, est une « sociologie de la composition » (division du travail et organisation, reconnaissance des économies rurales et industrielles, fonctions centrales et décentralisation).

Cet aspect de la pensée Proudhon/Sorel est opposé aux tendances à l’unidimensionnalité de la société capitaliste. L’économie libérale qui est sa forme historique, confond ensuite liberté et libre concurrence, créant « une nouvelle féodalité anti-organique et anti-politique ». Proudhon n’est pas ennemi de l’initiative individuelle. Il soumet celle-ci à sa théorie des séries. À savoir : le moment subjectif de l’initiative individuelle, et celui, objectif, de la soumission aux fins collectives du peuple.

À suivre

Programmation 2021 - Arcana les mystères du monde

Bastien-Thiry, rebelle d'honneur

 « Bastien-Thiry avait quelque chose de romantique. Ce sera un bon martyr », avait ironisé le général de Gaulle deux jours après l’exécution du lieutenant-colonel. Ce martyr mérite de figurer au panthéon des héros français.

Le livre que consacre Olivier Sers à l'officier supplicié, publié chez Pardès, est plus qu'une biographie, un témoignage, puisque l'auteur fut lui-même associé à l'attentat du Petit-Clamart, avant d'être arrêté en juin 1962, en cherchant des armes pour tenter de délivrer le lieutenant Degueldre, chef des commandos « Delta » d'Alger.

Loin d'être une tête brûlée ou le « romantique » évoqué par de Gaulle, ce Lorrain, officier issu d'une lignée d'officiers, polytechnicien (X'Sup Aéro), ingénieur brillant et pilote d'essai décoré de la Légion d'honneur, admirateur de Saint-Exupéry, apparaît comme un homme calme et réfléchi. Époux heureux et père comblé de trois fillettes, il connaît bien l’Algérie, où il a vécu pendant deux ans et dont il aime les populations : « C'est, de cœur un officier d'outre-mer », écrit Olivier Sers. Mais son patriotisme et un sens aigu de la justice le portent naturellement à se révolter contre la duplicité du chef de l'État, qui, porté au pouvoir quatre ans plus tôt en jurant de sauver l'Algérie française, est devenu son bourreau.

C'est « au nom de la grande et éternelle loi de solidarité entre les hommes », dira-t-il à son procès, que ce chrétien fervent décide d'éliminer celui qu'il considère comme le principal responsable de la tragédie algérienne. Olivier Sers apporte de nombreux détails sur les deux attentats organisés par Bastien-Thiry alias « Didier » : celui de Pont-sur-Seine, le 8 septembre 1961 où une bombe explose le long de la nationale 19 à l'instant où passe la voiture de de Gaulle puis celui du Petit-Clamart, longuement préparé à partir de janvier 1962 et qui, exécuté le 22 août, se solde par un nouvel échec : la DS présidentielle est criblée de balles, mais les tireurs ont ouvert le feu trois secondes trop tard et le général est une fois encore indemne. À cet égard, Olivier Sers dément la thèse, développée avant et lors de son procès par Bastien-Thiry lui-même pour des raisons relevant de la politique, selon laquelle celui-ci aurait voulu enlever de Gaulle pour qu'il soit jugé : « Bien sûr il a voulu tuer au Petit-Clamart comme à Pont-sur-Seine », affirme-t-il.

« La messe du Christ est terminée, la vôtre commence »

Au début du mois de septembre, la plupart des participants au « coup » sont arrêtés - dont Alain de la Tocnaye, qui déclare être le seul chef de l'opération. Mais le 15, Bastien-Thiry est pris à son tour et écroué à la Santé. Son procès - et celui de ses amis - s'ouvre le 28 janvier 1963 devant la Cour militaire de justice, juridiction d'exception déclarée illégale par le Conseil d'État mais maintenue par de Gaulle, qu'Olivier Sers décrit comme « un concentré gaulliste du Bottin mondain ». Dans leurs déclarations, les inculpés (à une exception près) assument courageusement leurs actes, à l'image de Pascal Bertin, âgé de vingt ans; de Jacques Prévost, survivant de Dien Bien Phu; de Lazlo Varga, Hongrois, ancien révolté de Budapest; ou de La Tocnaye. Celle de Bastien-Thiry le 2 février, est aussi et surtout « le plus impitoyable des réquisitoires jamais rédigés contre la politique algérienne de de Gaulle ».

Les « juges », quant à eux, se montrent à la hauteur de la tâche que le maître attend d'eux, allant jusqu’à suspendre pour trois ans, pour « outrage », l'un des avocats de la défense, Me Isorni, contraint de quitter la barre en plein procès. De nombreux pieds-noirs et harkis, cités par la défense, témoignent d'enlèvements, d'assassinats, de massacres auxquels ils ont assisté ou dont leurs proches ont été victimes. Mais dans cette parodie de justice, le verdict est écrit d'avance : le 4 mars, Bastien-Thiry La Tocnaye et Prévost sont condamnés à mort (quatre autres acteurs de l’attentat le sont aussi par contumace), les peines infligées aux autres accusés allant de trois ans de prison à la perpétuité. Pendant la.pause de midi, le lieutenant-colonel a toutefois été autorisé à voir son épouse et ses filles. C'est la dernière fois qu'il embrasse ces dernières. Le chef de l'État gracie La Tocnaye et Prévost, mais pas le colonel. Au matin du lundi 11 mars 1963 il est réveillé par l'aumônier de Fresne et lui sert la messe. « La messe du Christ est terminée, la vôtre commence », lui dit le prêtre en terminant. À 6h40, le condamné est fusillé au fort d'Ivry et meurt chrétiennement, en égrenant son chapelet.

« Ce sera un bon martyr » avait dit de Gaulle. C'était vrai mais Bastien-Thiry est aussi un symbole. Cet officier « choisit de mourir dans la peau sèche d'un rebelle de l'honneur », écrit Olivier Sers. Avec lui, c'est en effet le sentiment de l'honneur, toujours placé si haut par les constructeurs de notre pays, que l’on enterra au carré des suppliciés du fort d'Ivry ce matin pluvieux du mois de mars 1963. À ce tournant sanglant de notre histoire, Charles de Gaulle consacra le triomphe du cynisme et du parjure comme les nouveaux modes de gouvernement d'une France tombée dans le matérialisme. Bastien-Thiry est mort d'avoir voulu s'y opposer. Il fallait bien sauver l'honneur.

✍︎ Olivier Sers, Bastien-Thiry, éditions Pardès, coll. Qui suis-je ? 130 pages, 12 €.

Eric Letty monde&vie 6 septembre 2018 n°959

Le Système est l'héritier du Terrorisme révolutionnaire, négationniste/révisionniste et matrice des Totalitarismes modernes (5)

 

Aujourd'hui, Robespierre porte costume et cravate, il affiche une apparence distinguée, et loge sans vergogne dans les appartements de la Royauté, tâchant de ressembler à ces autres Rois ou Présidents du monde.

Mais il ne s'agit que d'un masque, d'une leurre, d'une Tartuferie institutionnalisée : c'est "le chaos figé des conservateurs du désordre" qui est en place, sous des apparences "normales" et policées; et ce chaos n'est rien d'autre que l'héritier assumé du "chaos explosif des révolutionnaires".

Voici quelques exemples de ce que fut ce "chaos explosif" des révolutionnaires de 1789/1793, si fanatiques qu'ils ont eux-mêmes baptisé leur méthode de gouvernement (?) "la Terreur"; de ses aspects monstrueusement inhumains, d'une atroce barbarie, qui préfiguraient les épouvantables horreurs du marxisme-léninisme et du nazisme...

Et voilà pourquoi, chaque année, nous signalons cette date du 21 janvier à nos compatriotes comme celle du début de notre décadence, comme l'origine de tous nos maux, comme la matrice et le ventre - hélas fécond - d'où sont sortis les abominations qui ensanglantent le monde depuis lors...

Voici quelques aspects de ce que fut la Terreur révolutionnaire en Vendée, et ce qu'en ont dit quelques uns de ceux qui ont oeuvré à sa mise en œuvre "systématique", au sens premier du terme...

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Aujourd'hui (5) : La Révolution a utilisé des moyens chimiques en Vendée, pour mieux exterminer la population...

(documents tirés de notre Album : Totalitarisme ou Résistance ? Vendée, "Guerre de géants...")

Projet de "guerre chimique" » en 1793, pour éliminer les Vendéens. (Source : la "Revue d’histoire de la pharmacie", n° paru en 1933)
En 1933, le médecin et historien Paul Delaunay, dont l’académicien Jean Rostand dira de son œuvre qu’elle constitue "une source irremplaçable d’information et une haute leçon d’élégance achèvement, de rigueur et d’indépendance", s’intéresse à la "guerre chimique" imaginée en 1793 par Carrier et Santerre pour éliminer les Vendéens
Le 9 novembre 1793, Jean-Baptiste Carrier, future figure emblématique de la Terreur responsable des "noyades de Nantes", qui débuteront une semaine plus tard, demandait que l’on employât contre les Vendéens des procédés plus efficaces que les foudres des guerriers républicains :
"Vous avez à délivrer le pays d’un chancre qui le dévore. Le poison est plus sûr que toute votre artillerie. Ne craignez donc pas de le mettre en jeu. Faites empoisonner les sources d’eau. Empoisonnez du pain que vous abandonnerez à la voracité de cette misérable armée de brigands, et laissez faire l’effet. Vous avez des espions parmi ces soldats qu’un enfant conduit. Lâchez-les avec ce cadeau et la partie sera sauvée." Les suggestions du proconsul avaient-elles été déjà entendues ? Il semble bien que l’on fit provision de toxiques : "Nous fûmes vraiment étonnés, écrivait Savin à Charette, le 25 mai 1793, de la quantité d’arsenic que nous trouvâmes à Palluau au commencement de la guerre. On nous a même constamment assuré qu’un étranger qu’ils avaient avec eux et qui fut tué à cette affaire, était chargé d’assurer le projet d’empoisonnement contre nous." Au reste, il est des témoignages d’une autre nature. Le pharmacien Proust, d’Angers, avait fait, sur des moutons rassemblés dans le pré de la Baumette, des essais de boules puantes, qui d’ailleurs échouèrent.
Le 22 août 1793, le général Antoine-Joseph Santerre, qui commandait à Saumur - et déjà passé à la postérité sous le surnom de "général roulement" lorsqu’au moment de l’exécution de Louis XVI il avait ordonné un roulement de tambour pour couvrir la voix du souverain sur la guillotine -, conseillait au ministre de la guerre : "Des mines, des mines, des fumées soporifiques, et puis tomber dessus."
Le 11 septembre, son collègue et émule Jean-Antoine Rossignol, réclamait du Comité de Salut public l’envoi du chimiste Antoine-François Fourcroy pour aider "à la destruction des brigands". Le citoyen Fourcroy ne se dérangea pas, mais rédigea, à la demande de Robespierre, un rapport qu’il serait bien intéressant de retrouver
Il ne semble pas, d’ailleurs, explique Delaunay, que le projet ait été retenu. Les généraux répugnaient à l’emploi de ces moyens, et Kléber, dit-on, mis au courant des propositions de Carrier, menaça de lui passer son sabre au travers du corps. Mais il est probable, ajoute-t-il, qu’on craignit surtout que les Sans-culottes et les Bleus ne fussent aussi, par mégarde, victimes du procédé.

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C'est "çà", la Révolution !

C'est "ça" qui fut voulu et ordonné par Robespierre et sa bande de psycopathes de la Convention; et fidèlement exécuté sur le terrain par "les Bleus", qui ont perpétré là le premier Génocide des Temps modernes, doublé d'un mémoricide puisque, deux siècles et demi après, celui-ci n'est toujours pas reconnu

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2021/01/06/le-systeme-est-l-heritier-du-terrorisme-revolutionnaire-nega-6287551.html

Sicile carrefour des civilisations

 Principale porte de l’Europe pour les migrants africains, la Sicile est, de fait, une sorte d'Eden méditerranéen Au carrefour des civilisations du Mare nostrum s'est construite une culture originale et puissamment séduisante.

Pozzallo, 19 000 âmes, est un petit port pour les plaisanciers mais un grand Eldorado pour les migrants. Depuis 2014, cette commune du sud de la Sicile est devenue l'un des principaux « points chauds » de l'immigration illégale en Italie. Début juin, à peine intronisé, Matteo Salvini s'y est rendu pour marteler son credo : « La Sicile ne peut plus être le camp de réfugiés de l'Europe ».

L'immigration illégale est un fait massif en Sicile. La présence des migrants s'impose à tous habitants, politiques, clercs. La population est lasse. Elle a récemment confié ses destinées régionales à Nello Musumeci (ex-MSI, néofasciste et à son union des droites. L'angoisse est palpable. Cela n'a pas empêché le maire de Palerme (centre-gauche de déclarer, béat : « une très belle chose est arrivée, nous avons été envahis par les immigrés ».

Marie est à cheval

L'invasion ? Une vieille affaire en Sicile. La dernière en date, celle des Sarrasins, a duré deux siècles avant d'être repoussée, dans les années 1090, par Roger de Hauteville et ses chevaliers normands. À Scicli, perle baroque située à moins d'une demi-heure de Pozzallo, on entretient pieusement ce souvenir. Entrez dans l'église Sant'Ignazio. Un vieux sacristain vous mènera à la reine des lieux : une monumentale statue de la Vierge. Unique en son genre, elle est représentée à cheval, l'épée à la main, son destrier écrasant deux soldats musulmans. C'est la Madonna delle Milizie, la Madonne des troupes. En 1091, l'une des ultimes batailles de la reconquête s'est déroulée ici, entre les collines minérales de Scicli. Là, dit-on, la Vierge serait apparue pour aider les Siculo-Normands à bouter les Mahométans hors de l'île. Depuis lors, la fin du mois de mai est l'occasion de réjouissances extraordinaires. La Madonne guerrière est promenée dans les rues, les habitants se déguisent en croisés normands, les enfants dévorent des pâtisseries en forme de turbans. La repentance n’est pas pour demain.

C'est une page méconnue, en France, que cette épopée normande en Italie méridionale. Mais en Sicile, personne n'a oublié la geste de ces guerriers d'origine Scandinave. Tancredi, Ruggero, Guiscardo : à travers ces prénoms insulaires résonne l’écho de leurs faits d'armes. Leur domination a laissé des traces durables en Sicile, dont les cathédrales arabo-normandes (Palerme, Monreale, Cefalu) ne sont pas les moindres des joyaux. La Chapelle Palatine, au cœur du Palazzo dei Normanni de Palerme, est un éblouissement, un choc. Un catéchisme ouvert, une leçon scintillante. Le Christ Pantocrator, depuis l'abside, ne vous quitte pas des yeux. Du sol au plafond, quel ravissement ! L'art de la mosaïque byzantine se mêle aux techniques arabes : décors géométriques, plafond en muqarnas de bois. Même émotion à Monreale, non loin de Palerme. Plus grande, plus majestueuse encore, la cathédrale offre une allure étonnante, romane et normande en façade, orientale à l'intérieur. Mais où est-on ? En Italie ? En Andalousie ? À Constantinople ? C'est là le génie de ce style palermitain arabo-normand émerveiller, donner le tournis, tout en indiquant le seul vrai repère : le Christ en gloire, victorieux. Le dépaysement est assuré à ceci près que le visiteur français pourra, à Monreale, se recueillir quelques instants devant le cœur de Saint Louis. La relique y avait été placée par le frère du saint roi, Charles d'Anjou, roi de Sicile.

Les Grecs, les Arabes et les Normands

Quel lieu étonnant que cette 3e marquée par tant de dominations successives. À Palerme, l'artère principale est une voie phénicienne vieille de 2 500 ans. Au sud, Agrigente s'enorgueillit de son passé grec et de sa vallée des Temples elle fut jadis « la plus belle des cités mortelles » (Pindare). Devant son Temple de la Concorde, on ressent une émotion comparable à celle de Maurras découvrant l’Acropole. On y va comme à un rendez-vous d'amour… Au Moyen Âge, les Souabes ont fait grandir en Sicile le plus fameux de leur prince, l'empereur Frédéric II. Les Angevins, eux, se sont contentés de susciter une rébellion fameuse et proto-nationaliste, les « Vêpres siciliennes ». Quant à leurs successeurs, les Aragonais, ils furent plus heureux. La Sicile fut pour eux un bastion de la Chrétienté face aux Barbaresques. Aujourd'hui, à l’ombre d'une statue palermitame de Charles Quint représenté en vainqueur de l’expédition de Tunis, on peut méditer sur le choc des civilisations tout en sirotant paisiblement une savoureuse granita al pistacchio.

Et les Arabes ? Coincée entre la reconquête justinienne (VIe siècle) et la geste normande (IXe siècle), leur domination fut totale en Sicile. Difficile d'imaginer que la cathédrale de Païenne fut une mosquée accueillant 7 000 fidèles. Qu’en reste-t-il ? Une toponymie assurément, mais aussi quelques savoirs-faire. Les Arabes ont apporté avec eux des techniques d'irrigation, et des cultures coton, papyrus. Les artisans siciliens leur doivent aussi, indirectement, l'une de leurs plus belles réalisations : la céramique vernissée. C'est à Caltagirone (Cal'at Ghiran), bourgade juchée sur un nid d'aigle, que se perpétue cette tradition familiale et pluriséculaire. La Scala Santa Maria del Monte, escalier à pente raide reliant la ville basse au sommet de la colline, est ornée de centaines de carreaux de céramiques représentant faune, flore, blasons, scènes profanes et pieuses. Au Printemps, le monumental escalier se pare de compositions florales honorant la Vierge.

Les seins de la sainte

Car si la domination sarrasine a laissé aux Siciliens quelques beaux restes, elle n’offre aucun héritage islamique. Catholiques, les habitants assument une piété populaire toute italienne. Pas un café, pas une salumeria sans son Crucifix, son portrait du Padre Pio ou du saint local. Bien réelle, cette dévotion ne les empêche pas de cultiver un humour tout sicilien. À Catane, où sainte Agathe fait l’objet d'un grand culte, les pâtissiers ont inventé une friandise singulière aux formes arrondies, faite de massepain et de pistache, surmontée d'une cerise confite. Ce sont les Minni di Sant'Agata, les seins d'Agathe, en souvenir de la sainte antique à qui les Païens avaient arraché la poitrine… Ailleurs, on froncerait le sourcil. Pas ici. La Sicile est une contradiction sublime, un paradoxe lumineux.

L'incomparable lumière magnifie les pieux trésors de l'architecture insulaire. Si les églises baroques abondent, c'est grâce au monstre local : l'Etna. En 1693 un terrible séisme détruisit le Val di Noto, le quart sud-est de l'île. « Pour que rien ne change, il faut que tout change »; il fallut reconstruire, et la mode était au baroque. Occasion rêvée pour les architectes siciliens de sculpter un nouveau décor pour leur île, un nouvel écrin pour leur Dieu.

Baroque, la Sicile l’est dans tous les sens du terme. C'est une perle irrégulière. Il faut se perdre dans les rues de Catane, arpenter les innombrables paroisses de Noto, toutes plus extravagantes les unes que les autres, pour comprendre l'âme de ce peuple. Il faut déambuler dans les ruelles déroutantes de Palerme, passer d'un palais rococo à une ruine douteuse, d'un sage couvent à un hôtel particulier délabré, fissuré et aux balcons manquants. Là vivent les Siciliens. Cette race indomptable, souvent conquise mais jamais soumise. Austère et accueillante, fataliste et fière, jalouse de son identité, ayant su rester elle-même par-delà les vicissitudes de l'Histoire, tout en empruntant des merveilles à chacun de ses dominateurs. On pourrait croire l'Histoire sicilienne pleine de ruptures ? Elle est, bien au contraire, un passionnant, un étourdissant concentré de la pérennité européenne. À Syracuse, le passé donne le vertige mais sa cathédrale rassure l'esprit. Ancien temple d'Athéna - ses colonnes doriques sont toujours visibles - transformé en Duomo chrétien et marial, on y contemple un abrégé de notre civilisation.

Oui, en Sicile, quelque chose de la vieille Europe a survécu. Et si les nouveaux envahisseurs s avancent, si les hommes passent, demeure l'immortel soleil des cieux siciliens. Dans Le Guépard, le romancier Lampedusa chante ce « souverain authentique de la Sicile : le soleil violent et impudent, le soleil faisant l'effet, aussi, d'un narcotique, qui annihilait les volontés individuelles et maintenait toute chose dans une immobilité servile, bercée en des rêves violents en des violences qui tenaient de l'arbitraire des rêves »

Et le Prince Salina, vieil aristocrate gattopardesque du temps du Risorgimento, de s’écrier : « Il en faudra des Victor-Emmanuel pour changer cette potion magique qui nous est toujours versée ! »

François La Choüe monde&vie 21 juin 2018 n°957

Quand les empereurs s'appropriaient le temps

SI VIS PACEM PARA BELLUM

 L’Européen contemporain n’imagine pas avoir à faire la guerre. Une réflexion du philosophe Robert Redeker.

     En Centrafrique, au Mali ou en Afghanistan, de jeunes hommes ont récemment perdu la vie sous l’uniforme français. Quel écho rencontrent ces morts survenues dans le cadre militaire ? Dans la société, il est faible.

En dépit du caractère populaire que conserve le défilé du 14 Juillet, un fossé se creuse, aujourd’hui, entre l’armée et la nation. Non pas en raison d’un antimilitarisme de principe, comme lors des années post-68 ; pas plus en raison de la suppression du service militaire qui, dans l’hypothèse où il serait rétabli, ne changerait rien à la configuration dont résulte ce divorce : rien n’empêche que, chronologiquement, géographiquement et mentalement, la guerre s’éloigne des Européens, au point que le soldat devient une figure impensée et donc « impossible », selon la formule de Robert Redeker. « L’Européen contemporain, observe ce dernier, ne peut se représenter lui-même en uniforme et en armes mourant dans des tranchées, agonisant au feu en rase campagne, au coin d’une rue, au nom de sa patrie. Ni au nom d’aucun autre idéal. Ce sentiment et ce sacrifice lui sont devenus étrangers. »
     Agrégé de philosophie, auteur de nombreux essais et par ailleurs victime d’une quasi-fatwa, en 2006, à la suite d’une tribune à caractère polémique sur l’islam parue dans Le Figaro, menace qui lui vaut toujours de vivre sous protection policière et dans une semi-clandestinité, Redeker rappelle la place et le rôle de la guerre depuis les origines de l’humanité, et s’interroge pour savoir pourquoi la France et les autres nations d’Europe ont expulsé le combattant de leur imaginaire. Le traumatisme des deux guerres mondiales, la survalorisation de la construction européenne et son corollaire, le dénigrement de l’Etat national, fournissent l’essentiel de l’explication. Mais pas sa totalité. En philosophe, l’auteur désigne d’autres influences : la sensibilité victimiste, la disparition de l’altérité, la manie de la repentance. « Profondément ancrée dans la structure de l’humain, souligne Redeker, la guerre n’est pas inhumaine : elle est humaine, trop humaine. » Manière de rappeler que nous n’en serons jamais débarrassés, hélas ! et que le meilleur moyen de servir la paix reste de savoir faire la guerre.

Jean Sévillia

Le Soldat impossible, de Robert Redeker, Editions Pierre-Guillaume de Roux, 282 p., 23 €.

https://www.jeansevillia.com/2015/04/11/si-vis-pacem-para-bellum/

Sortie du n°19 des Cahiers d'Histoire du nationalisme consacré à la Belgique francophone : un entretien avec Hervé Van Laethem, son auteur

   

Hervé Van Laethem, en photo ci-dessus lors d'une Journée de Synthèse nationale en 2013, est un militant belge qui approche de ses 40 ans de militantisme. Président du Mouvement NATION depuis 2016, il vient de signer le n°19 du Cahier d'Histoire du nationalisme, numéro consacré à l’histoire de la mouvance nationaliste radicale en Belgique entre 1950 et 2000. A l’occasion de la sortie de son ouvrage, il a accepté de répondre à nos questions.

Propos recueillis par Basile Tomé 


Hervé, pourquoi avoir écrit un tel livre ?

Avant tout, parce que je voulais transmettre une histoire. Une histoire méconnue, parfois sombre, mais toujours extraordinaire de par la somme d’engagements et de sacrifices qu’elle a générée. Une histoire qui peut paraître parfois modeste mais qui, si on y regarde bien, a malgré tout influencé certaines choses.

Aussi, car je me suis aperçu que si certains camarades avaient une connaissance parfois pointue sur l’histoire des nationalistes en France ou en Italie, ils n’avaient que peu d’informations sur l’histoire de la mouvance en Belgique.

Je voulais également parler de ces militants, souvent peu ou pas connus, qui ont pourtant sacrifié tant de choses, jusqu’à leur liberté pour certains. Et pas pour leur gloriole personnelle … J’ai essayé d’en citer nommément certains, j’en ai sans doute oublié beaucoup d’autres. Mais c’est en l’honneur de tous que j’ai voulu écrire ce livre et je leur dédie d’ailleurs…

Et enfin, je voulais aussi montrer aux militants sains que le camp nationaliste n’est pas composé que d’arrivistes, de démagogues aux petits pieds ou de « militants virtuels » dont la seule ligne idéologique consiste à s’admirer dans leurs propres selfies ou vidéos… Mais qu’il y a eu et qu’il y aura toujours en son sein, de vrais idéalistes prêts à combattre sans complexes, sans concessions et sans recherche d’un intérêt personnel. C’est ce côté-là de notre camp que je voulais montrer car trop souvent certains camarades désabusés, ce que je peux comprendre, en brossent un portrait trop négatif.

En fait, ce livre est un livre qui se veut positif et plein d’espoir. Il veut dire : « Même si le combat politique est dur ; même si comme tout entreprise humaine, on y est parfois confronté à des choses difficiles ; il n’en reste pas moins que des choses formidables aussi ont eu lieu et je le pense, auront encore lieu dans l’avenir !»

Le récit a une partie « historique », classique, mais aussi une partie composée de récits très vivants d’actions et de manifestations, n’avez-vous pas peur d’un mélange des genres ?

Ce n’est pas forcément une mauvaise chose lorsqu’on sait faire un mélangé équilibré. Il y a bien entendu, une évocation de l’histoire politique et militante de la mouvance belge. Vue pour une fois par quelqu’un de notre camp. Mais, et c’est en effet assez unique, avec beaucoup de témoignages vécus au niveau de l’activisme. Et je voulais remercier celles et ceux qui ont bien voulu me parler de leurs expériences, ce qui m’a permis de pouvoir évoquer nombre d’actions et manifestations en plus de mes souvenirs personnels.

J’ai essayé aussi d’être ambitieux sur le choix des illustrations et nombre d’entre elles sont des photos rares sinon uniques et exclusives. Bon après, certaines ne plairont pas à tous mais ici, je raconte une histoire qui, à une époque, fut je le reconnais « haute en couleurs »…

Votre analyse de certains faits et stratégies est parfois assez dure, est-ce juste une impression ?

On ne se refait pas ! Un ex-camarade français avait dit de moi que j’étais dogmatique alors que lui était pragmatique… J’ai compris plus tard en le voyant se vendre à un parti politique pour quelques fiches de paie ce qu’il entendait par là !

Pour en revenir à votre question, si j’avais fait un ouvrage bisounours, je serais tombé dans le travers inversé de ce que nous reprochons aux « spécialistes » de tout noircir pour le plaisir de noircir. Ici, je n’allais pas prétendre que tout fut pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Je reconnais que c’est bien évidemment facile de donner son avis avec le recul… Mais est-ce que pour autant, on ne peut faire une critique positive de certaines erreurs du passé ? Sans bien évidemment remettre en cause, la volonté de bien faire, le courage et l’abnégation de tous les militants de l’époque, y compris de ceux avec les choix politiques desquels, on est en désaccord.

Pourquoi avoir consacré une aussi grande place à certains groupes flamands, tels le VMO ou le NSV, que l’on peut difficilement qualifier de nationalistes « belges » ?

Tout simplement car (et c’est peu connu) dans les années 70-80, les nationalistes francophones et flamands ont eu des liens assez réguliers. Et plus tard, on peut même dire que certains groupes francophones se sont lancés par des actions en collaboration directe avec les nationalistes flamands. Il était donc difficile de parler des groupes radicaux francophones sans parler de leurs pendants flamands. Ceci dit, je n’évoque que quelques groupes, sans rentrer dans les détails du nationalisme flamand. Mouvance qui mériterait un ouvrage à elle toute seule.

Mais il est vrai qu’il vaut mieux parler ici de l’histoire des « nationalistes de Belgique » au lieu de celle des « nationalistes belges ».

En revanche, vous parlez très peu du Vlaams Blok/Belang ? Est-il possible de parler de l’histoire des nationalistes en Belgique sans presque jamais évoquer le VB ou même le FN belge ?

Il faut savoir que la première idée de cet ouvrage n’était de parler que des groupes activistes de sensibilité nationaliste-révolutionnaire. Puis, il est apparu, comme expliqué dans la réponse précédente, qu’il allait être difficile de ne pas parler de certains groupes activistes flamands. Ensuite, on s’est dit qu’on ne pouvait pas non plus faire l’impasse sur l’ensemble des autres formations politico-militantes francophones, etc… Et on a fini par écrire ce livre sur l’ensemble de la mouvance. Mais elle reste néanmoins centrée sur les groupes les plus activistes et les plus radicaux de la partie francophone du pays.

Je pense que le VB d’aujourd’hui n'est plus dans la mouvance radicale et n’a en tous cas plus grand-chose à voir avec le parti militant qui, en 1980, participait aux cortèges du VMO.

Quant au FN belge, l’expérience fut à ce point désastreuse que même si nous l’évoquons rapidement, on ne se penche guère sur cette « histoire » là !

Pour la partie de ce récit que vous avez vécu, n’avez-vous pas des regrets sur certains points ?

Je peux évidemment regretter que lorsque j’avais 20 ans, il n’y ait pas eu d’aînés respectés pour nous conseiller. Je ne dis pas que j’aurais tout écouté mais j’aurais peut-être fait certaines choses différemment. C’est sans doute pour cela qu’au sein de NATION, on donne une place aussi importante à la formation.

Pour le reste, lorsque je vois le recul de l’engagement, le niveau de répression et la disparition de nos libertés, je suis globalement content d’avoir été activiste, radical et même parfois « excessif ».

Quels enseignements y a-t-il à tirer de ce demi-siècle de « nationalisme » pour les militants du XXIe siècle ?

D’abord que, plus que jamais, nous avons besoin de mouvements politico-activistes. Si les élections ne doivent pas être ignorées, elles ne doivent pas être la seule obsession d’un mouvement. Il faut aussi être présent sur un plan activiste mais aussi social.

40 ans de parlementarisme effréné de certains nous ont amené dans un cul de sac. A force de tout miser sur « on va y arriver par les élections », la droite nationale a raté une occasion au moment où les régimes occidentaux étaient en état de choc après les progressions électorales successives des années 80-90. Elle a laissé « l’état profond »  se reprendre et lui a laissé le temps de mettre en place, tous les « garde-fous » qui font qu’aujourd’hui, et alors que nos idées sont de plus en plus populaires, les forces politiques patriotiques n’ont que très peu d’influence sur les événements.

La leçon principale est donc que, si demain de nouvelles circonstances s’y prêtent, il ne faut plus hésiter à tenter notre chance d’une manière ou de l’autre ! On n’a plus guère de temps de faire dans la finesse stratégique !

Quant à moi qui ai connu 20 de ces 50 années, outre de grands et nombreux souvenirs, j’en retiens beaucoup de rencontres. Alors bien sûr, j’ai rencontré de mauvaises ou de drôles de personnes… comme j’en aurais rencontré à l’extrême-gauche ou dans les partis traditionnels (en pire). Mais j’ai aussi rencontre des gens formidables, cultivés, humbles, courageux, idéalistes, désintéressés. Certains ne firent qu’un passage, d’autres furent longtemps présents. Tous ont gardé vivante une flamme… C’est à eux TOUS que je dédie ce livre !

Le commander cliquez ici

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2020/12/19/sortie-du-n-19-des-cahiers-d-histoire-du-nationalisme-consacre-a-la-belgiqu.html

lundi 4 janvier 2021

Jung : l'homme à la recherche de son âme

 Françoise Bonardel vient de publier un magistral Jung et la gnose. Une occasion pour Monde&Vie de présenter ce personnage hors norme, qui n'est certes pas un théologien estampillé, mais qui impose son expérience originale de l'âme humaine, en attente d'une foi.

Qui est Carl-Gustav Jung dans l'histoire de la psychanalyse...

Vous parlez de psychanalyse. Jung préfère parler de psychologie analytique. Mais vous avez raison en ce sens que Carl-Gustav Jung a entretenu des relations suivies avec Freud entre 1906 et 1913. Il avait fait des études de psychiatrie, exerçant ensuite à Zurich, en toute indépendance par rapport à Freud, qui vit et travaille à Vienne. Il serait donc faux - j'insiste sur ce fait - de considérer le premier comme l'élève du second, même si Jung estime que les recherches de Freud sur l'inconscient sont fondamentales. Il a beaucoup médité sur ce que dit le Maître de Vienne, par exemple dans l’interprétation des rêves, et il reconnaît lui-même l'existence d'un inconscient, mais il s'est formé indépendamment de Freud.

Jung n'est pas d'accord avec Freud ?

Il n'a pas la même conception de la vie de l'inconscient, qu'il se refuse de réduire à l'inconscient personnel, et que l’on ne doit pas décrire comme le fait Freud en considérant qu’il est seulement le réservoir des pulsions et le lieu du refoulé dont les manifestations renvoient à des traumatismes infantiles. Jung ne pense pas que les rapports entre le conscient et l'inconscient soient toujours régis par des pulsions inconscientes d'ordre sexuel. Il a fait sur ce point ses propres expériences cliniques. Il a pratiqué une méthode des associations qui consiste à repérer l’existence de complexes psychiques à travers le délais de réaction à certains mots. Très vite, et en tout cas au moment de sa thèse, à travers une cousine qui se dit somnambule et médium (les faits seront ensuite contestés) il a l'intuition que derrière les phénomènes occultes, c'est la vie de l'inconscient qui se manifeste. En 1902, il publie Psychologie et pathologie des phénomènes dits occultes. Sa thèse est simple ce qu’on appelle « phénomène occulte » est le témoignage de la vie de l'inconscient, qui délivre un savoir qui n’est pas de même nature que le savoir ordinaire, un savoir porteur de sens et d'orientation. Il parle déjà de « gnose » pour désigner ce type de savoir. Ce qui l'intéresse ce ne sont pas les « esprits » en tant que tels mais plutôt l’étincelle de conscience qui permet à l'homme de se transformer lui-même afin de changer le monde. Son objectif est double selon lui, en suivant cette piste, on peut accéder non seulement aux racines névrotiques de la conscience, mais à des zones de la psyché qui délivrent ce genre de savoir.

Pour donner une suite à cette recherche, dans les années 1905, il se passionne pour la mythologie, toutes les mythologies, d'Orient et d'Occident. Ces travaux donneront naissance à un second livre : Métamorphose et symbole de la libido (1911-1912). Freud au départ l’encourage dans cette direction, mais très vite il prend ses distances, car Jung trouve dans les mythologies des messages d'un inconscient qui n est pas forcément l'inconscient personnel et qu'il nommera ensuite « inconscient collectif ». On ne peut pas, estime Jung, se contenter d'une lecture positiviste de l'inconscient. Les mythologies portent des « images primordiales » - des archétypes dira-t-il plus tard - qui se manifestent de manière comparable dans des contextes culturels différents. La sexualité est un thème récurrent parmi ces images archétypiques, mais Jung considère que ce dont parlent alors les mythologies ne saurait être réduit au désir et à l'acte sexuels. Quand ils parlent de sexe, les scénarii mythologiques évoquent le plus souvent autre chose qui renvoie à l'union sacrée (hieros gamos), à la mort et à la régénération de l'initié. Freud suit les recherches de celui qu'il considère comme son disciple et l’héritier, et il est horrifié. Il vit cette trahison du principe explicatif sexuel comme un véritable parricide à son endroit, alors même d'ailleurs que Jung est toujours resté très respectueux et que ce sont simplement deux chemins qui se séparent.

Comment Jung va-t-il vivre après cette rupture ?

En 1913, il traverse une crise personnelle profonde, qu'il nommera « confrontation avec l'inconscient ». Il a 39 ans, il est marié - avec Emma Rauschenbach - père de cinq enfants, il a une clientèle importante et a déjà fait plusieurs voyages aux États-Unis. Tout lui réussit, mais il traverse cependant ce qu'il a plus tard nommé la « crise du midi de la vie ». Il connaît une situation de quasi-bigamie avec Toni Wolff, avec laquelle il poursuivra une liaison de quarante ans. Son objectif est alors de travailler sur les matériaux psychiques qui se présentent à lui afin de « transmuter » les contenus inconscients qui l’assaillent et qui vont devenir la matière première à mettre en œuvre, comme le faisaient les anciens alchimistes. Ce n’est toutefois qu’en 1929 qu'il découvrira véritablement l’alchimie. C'est également durant cette période où il commence à rédiger Le Livre Rouge, et aussi les Sept sermons aux morts qui en font partie, qu'il retrouve quelques-unes des intuitions fondamentales de la gnose. Attention ! Il ne s'agit pas d'une simple réplique de ce que les Pères de l'Église ont appelé une hérésie. Vivant alors une sorte d'acédie gravissime au cours de laquelle il craint de devenir fou, et connaissant un ébranlement des fondements mêmes de sa personnalité, il cherche en lui un fondement solide alors même que, comme dans le Faust de Goethe, tous les savoirs lui semblent vains. Ses lectures anciennes sur la gnose le rassurent un peu. À travers les écrits gnostiques alors connus, comme à travers le mystère de Mithra, il tente de redécouvrir un savoir de l'intériorité. Pour ces gens (comme pour lui après sa fameuse nekya) le monde est un cachot irrespirable. Il cherche l’expérience primordiale qui donne un accès direct à l'inconscient - dans son aspect sombre et dans son aspect lumineux. Il ne le cache pas : « Quand j'ai commencé à lire les gnostiques j'ai cru que c'était des fous ». Mais son expérience personnelle qui le fait descendre dans les profondeurs inconscientes jusqu’aux portes de la folie, lui permet de comprendre les mystiques païens, de comprendre saint Paul sur le chemin de Damas. Ce qui le préoccupe, c'est que, au-delà de son collapsus personnel, il y a une mémoire de l'humanité porteuse d'un message qu'il fallait prendre en compte.

Au fond Jung cherche à se passer du christianisme ?

Dans une lecture superficielle certains ont pu penser cela. Mais c'est tout le contraire. Il s’agit pour Jung, fils de pasteur et nous y reviendrons grand admirateur du catholicisme traditionnel, de redonner au christianisme une vigueur qu'il a perdue parce que la foi s'étiole et que les hommes d’aujourd'hui sont souvent sevrés d'une expérience personnelle du divin. Cette expérience psychologique dramatique, la nekya, le remet sur le chemin de l’expérience du divin. Il ne s'agit pas pour lui d'accumuler les connaissances, mais d'avoir une connaissance qui oriente, qui donne du sens qui sauve. À travers la prise de conscience de l'inanité des savoirs, il a été mis sur le chemin d'une gnose au sens large du terme. Il a compris que rien n'avait de sens en ce monde s'il n’était pas une voie d'accès au plérôme.

Jung est-il gnostique ?

L'intérêt de Jung pour la gnose n’est pas historique mais psychologique. Son approche n'est pas antichrétienne. Il considère, à travers sa propre expérience, que la gnose est porteuse de ce dont les hommes ont besoin. Il y a une différenciation à faire, j'y insiste au passage, entre gnose et gnosticisme. Le gnosticisme est un système de pensée dualiste. Jung contrairement au gnosticisme, n’a jamais fait du mal une entité substantielle. Cela étant, il insiste néanmoins sur sa réalité, non réductible à la fameuse « privation de bien ». Il y a une nocivité effective du mal. Jung voit les hommes comme des êtres en souffrance, qui attendent la parole qui va leur révéler l’existence du plérôme. Tout commence pour lui avec son propre père, qui est Pasteur. Il est très tôt choqué par la détresse de son père, qui accomplit son ministère avec exactitude, mais sans que sa vie en soit transformée. On dirait aujourd'hui que ce père pasteur, c'est un « fonctionnaire de Dieu », selon l’expression de Drewermann, un être bon mais froid. Jung considère qu'il lui appartient, à lui son fils, de trouver la voie, à la place de ce père qu'il compare souvent au roi malade de la légende du Graal. De ce point de vue, même si Jung a travaillé sur les mythologies orientales, il estime que l'Occident est son destin (parce qu'il est le fils de son père) et que dans ce destin, il y a la confrontation à la figure du Christ, qui pour lui est un archétype majeur de la figure du Soi réalisée grâce à l'intégration, par le conscient, des contenus inconscients. Du point de vue de la psychologie analytique, Jung considère que l'on ne peut pas faire comme si le christianisme n’existait pas.

Parle-t-il du christianisme ou du protestantisme ?

Jung a des jugements sévères sur le protestantisme, qui a ravagé ce qui est d'ordre symbolique dans la culture chrétienne. Lui qui travaille avec les images, trouve bien davantage dans le catholicisme. Par exemple, il est enthousiaste au moment - 1950 je crois - de la proclamation du dogme de l’Assomption de la Vierge Marie. Il conduit toute une méditation sur le féminin, sur laquelle je n’ai malheureusement pas le temps d'insister ici, qui lui fait comprendre le culte marial comme un archétype. Vous serez peut-être insatisfait de cette référence à l'archétype mais Jung n'a cessé de préciser qu'il n'était ni métaphysicien ni théologien et je résumerais ainsi sa position : « Je ne raisonne pas en tant qu'homme de foi, mais j'affirme que mes recherches montrent que la psyché humaine porte l'image de Dieu, une image numineuse, qui porte un sens et une orientation, capable de bouleverser une vie humaine ».

Et sa conclusion ?

« Je ne suis pas plus athée que croyant. La psychologie analytique ne se donne aucun droit de trancher sur l’existence de Dieu, mais de recueillir les étincelles de lumière et de permettre à l'homme de retrouver son âme ». Je pense quant à moi - vous pouvez ne pas être d’accord sur ce point - que pour accueillir ces chercheurs d’âme l'institution chrétienne doit se réformer pour garder vivant tout ce qu'il y a d’essentiel dans la christianité.

✍︎ Françoise Bonardel, Jung et la gnose éd. Pierre-Guillaume de Roux, 29 €.

Propos recueillis par l’abbé G. de Tanoüarn monde&vie 21 juin 2018 n°957

Le Système est l'héritier du Terrorisme révolutionnaire, négationniste/révisionniste et matrice des Totalitarismes modernes (4)

  

Aujourd'hui (4) : La Révolution a tiré de l’huile de cadavres humains (à Clisson)

 

Aujourd'hui, Robespierre porte costume et cravate, il affiche une apparence distinguée, et loge sans vergogne dans les appartements de la Royauté, tâchant de ressembler à ces autres Rois ou Présidents du monde.

Mais il ne s'agit que d'un masque, d'une leurre, d'une Tartuferie institutionnalisée : c'est "le chaos figé des conservateurs du désordre" qui est en place, sous des apparences "normales" et policées; et ce chaos n'est rien d'autre que l'héritier assumé du "chaos explosif des révolutionnaires".

Voici quelques exemples de ce que fut ce "chaos explosif" des révolutionnaires de 1789/1793, si fanatiques qu'ils ont eux-mêmes baptisé leur méthode de gouvernement (?) "la Terreur"; de ses aspects monstrueusement inhumains, d'une atroce barbarie, qui préfiguraient les épouvantables horreurs du marxisme-léninisme et du nazisme...

Et voilà pourquoi, chaque année, nous signalons cette date du 21 janvier à nos compatriotes comme celle du début de notre décadence, comme l'origine de tous nos maux, comme la matrice et le ventre - hélas fécond - d'où sont sortis les abominations qui ensanglantent le monde depuis lors...

Voici quelques aspects de ce que fut la Terreur révolutionnaire en Vendée, et ce qu'en ont dit quelques uns de ceux qui ont oeuvré à sa mise en œuvre "systématique", au sens premier du terme...

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Aujourd'hui (4) : La Révolution a tiré de l’huile de cadavres humains (à Clisson)

1. Le Conventionnel Harmand de la Meuse a parlé de la circulation d’huile tirée de cadavres humains :

"...il y a environ trois ans, on mit aussi dans le commerce de l’huile tirée des cadavres humains : on la vendait pour la lampe des émailleurs..." (Jean-Baptiste Harmand, "Anecdotes relatives à quelques personnes et à plusieurs événements remarquables de la Révolution", Madaran, Paris, 1820, p.79.)

2. Dans ses Mémoires, la comtesse de La Bouëre - qui fut l’épouse d’un chef vendéen - raconte que, en 1829, elle a interrogé un homme âgé : 

"...Vous ne pouviez mieux vous adresser, Madame, répond-il. J’ai servi sous les généraux Kléber, Beysser, Canclaux, Duquesnoy, Turreau, Cordellier...Je n’épargnais personne dans la Vendée, cela m’était commandé... Je recommencerais encore si cela revenait : il nous était défendu d’user de la poudre. Aussi, nous ne nous donnions pas la peine de les fusiller. Ah ! je bûchais bien ! Aussi, on m’appelait le boucher de la Vendée..."

Il se vanta d’avoir "écorché des brigands pour en faire tanner la peau à Nantes..."

Puis, parlant d'un homme d'une trentaine d'années, venu se joindre à leur conversation un moment, il dit à la comtesse : "Il ne vous a pas parlé des femmes qu’il faisait fondre ?... Le 6 avril 1794, il avait fait fondre cent cinquante femmes pour avoir leur graisse. Deux de mes camarades étaient avec moi pour cette affaire. J’en envoyai dix barils à Nantes; c’était comme de la graisse de momie : elle servait pour les hôpitaux. Nous avons fait cette opération à Clisson, vis-à-vis du château et près de la grenouillère.

Il expliqua alors comment il faisait cette horrible opération :

"...Nous faisions des trous en terre, pour placer des chaudières afin de recevoir ce qui tombait; nous avions mis des barres de fer au dessus, et puis les femmes dessus…, puis au-dessus encore était le feu. (Comtesse de la Bouëre, "Souvenirs de la comtesse de la Bouëre, la guerre de Vendée,1793-1796 : mémoires inédits", Plon, Paris, 1890, p.307-313.)

3. L’historien Jacques Crétineau-Joly (1803-1875) se fait aussi l’écho de cet épisode, mais à partir du registre de Carrier, député du Cantal qui fut le bourreau de Nantes. Crétineau-Joly écrit dans son Histoire de la Vendée militaire :

"...À Clisson, un horrible spectacle est donné. Les soldats de la compagnie de Marat s’y rendent en partie de plaisir entre deux noyades. Ils dressent une espèce de bûcher aérien sous lequel ils placent des barils, et dans une seule nuit ils font ainsi fondre cent cinquante femmes. Ces barils, pleins de graisse humaine, sont transportés à Nantes pour être vendus, et dans le registre de Carrier on lit que "cette opération économique produisait une graisse mille fois plus agréable que le saindoux.(Jacques Crétineau-Joly, Histoire de la Vendée militaire, Charles Gosselin, Paris, 1863, t.II, p. 67.)

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C'est "çà", la Révolution !

C'est "ça" qui fut voulu et ordonné par Robespierre et sa bande de psycopathes de la Convention; et fidèlement exécuté sur le terrain par "les Bleus", qui ont perpétré là le premier Génocide des Temps modernes, doublé d'un mémoricide puisque, deux siècles et demi après, celui-ci n'est toujours pas reconnu

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2021/01/05/le-systeme-est-l-heritier-du-terrorisme-revolutionnaire-nega-6287550.html

François-Marin Fleutot : A l'aube de la Résistance (conférence)

François Bluche le biographe du Soleil

 Le décès de Francois Bluche, le 28 juin, n'a pas fait la Une de la grande presse On aurait pourtant pu dresser le portrait d'un universitaire non seulement érudit, mais surtout libre.

Éclectique, François Bluche allait et venait entre histoire des institutions et des mentalités, en passant par la théologie, la vulgarisation historique, le genre du dictionnaire, la biographie. Universitaire reconnu, né en 1925, il traita autant de la vie des puissants que des petites gens du royaume. S'essayant à des sujets triviaux, (Le petit monde de la comtesse de Ségur), il se frotta aux grands mystères de l'intime et du sacré (La Bible est ma patrie), versant même parfois dans la polémique (Lettre aux Églises).

Ce spécialiste de l’Ancien Régime était un touche-à-tout. À l'image des magistrats du Parlement de Paris auquel il consacra sa thèse, il était un érudit à l’esprit large, s'aventurant volontiers hors des sentiers battus du mandarinat universitaire. Il avait la sympathie d'un lectorat fidèle, obtint de nombreux prix et fut élevé à la dignité d'officier de la Légion d'honneur.

Mais l'essentiel est ailleurs, entre le noir de la plume et le rouge du cœur. On retiendra son enthousiasme communicatif et sa verve, toujours mesurée, à mettre en scène le règne du Roi-Soleil. Il fut le « redécouvreur » de Louis XIV lui consacrant des ouvrages faisant autorité. Sous la plume de Bluche, le roi n’est pas une froide statue du commandeur mais un souverain de chair et d'os, ferme et sensible, vivant, prenant la parole. Il faut lire Louis XIV vous parle, recueil des mots et anecdotes d'un monarque qui régna 72 ans.

On vibre en lisant le texte de juin 1709 par lequel le roi s'adresse à ses peuples. La guerre de succession d'Espagne dure depuis huit ans, et les Français sont exténués par un terrible hiver. Le royaume semble au bord du gouffre, son chef doit parler à ses peuples pour stimuler leur résilience. Il se dit persuadé que ses sujets s'opposeraient à recevoir la paix « à des conditions également contraires à la justice et à l’honneur du nom FRANÇAIS ». Confiant dans les ressources de la patrie, il demande aux évêques de France « d'exciter encore la ferveur des prières dans leurs diocèses. » Et l’on sait que la France est sortie grande gagnante de cette épreuve. Ce texte, lu en chaire dans toutes les paroisses du pays, témoigne du « patriotisme d'un vieux monarque » associant ses peuples à sa gloire. Bluche affectionnait ce texte, qu'il surnommait « l'appel du 12 juin 1709 » habile parallèle avec une autre résistance.

"Place aux autres"

Nul anachronisme ici, mais la volonté d'interpeller le lecteur, de l'interroger : le roi a-t-il agi dans l'intérêt de la France ? À le lire, il semble que oui. Fin connaisseur de l’Ancien Régime, il sut toucher du doigt l’esprit de ses institutions, celles d'une monarchie au service de la Justice. Son titanesque Louis XIV débute par une puissante évocation du sacre de Louis Dieudonné, et des serments qu'il prononce alors sur les Évangiles. La monarchie française est dépassée par le divin. Même dans sa forme dite « absolue » et ludovicienne, la royauté française demeure tempérée et bornée par d'innombrables contre-pouvoirs locaux ou corporatifs. Et si certains la qualifient déjà d’« administrative », on est fort loin de la bureaucratie kafkaïenne.

Au sommet, il y a le Roi. L'État, ce n’est pas lui, car, mourant, il déclare : « Je m’en vais, mais l’État demeurera toujours… »

D'un règne entaché de légendes noires, Bluche sépara le bon grain de l'ivraie. Il montra en quoi la révocation de l'édit de Nantes, si critiquée aujourd'hui, est en 1685 une mesure populaire non exempte d'avantages conforme aux serments du sacre, la révocation a soudé profondément la nation. Le jugement de Bluche pourrait étonner quand on connaît son parcours religieux né catholique, il s’était converti à la religion réformée. Il fut même pasteur vosgien à la fin des années 70. Mais là encore, il était profondément anticonformiste. Un jour de 1996, devant un parterre de traditionalistes réunis à la Mutualité, Bluche s’était félicité de l’œcuménisme : « c'est la Tradition qui nous unit ». Au fond, c’est par antimodernisme qu'il avait rompu avec Rome et rejoint d'autres cieux. Il avait pour compère Pierre Chaunu, autre protestant de droite, autre inclassable de la République des lettres.

François Bluche laisse un héritage intellectuel étonnant et joyeux.

À l'image du roi qu'il a tant admiré, ce chrétien français ne voudrait sans doute pas qu’on le pleure : « Ne vous semble-t-il pas que notre carrière a été très longue et que nous avons très longtemps vécu ? Il convient de faire place aux autres et de nous disposer à comparaître au tribunal du Roi des rois. Il y a dix ans que je me prépare chaque jour à ce passage et j'espère que Dieu voudra me faire miséricorde ».

François La Choüe monde&vie 12 juillet 2018 n°958

Le Système est l'héritier du Terrorisme révolutionnaire, négationniste/révisionniste et matrice des Totalitarismes modernes (3)

 

Aujourd'hui (3) : La Révolution a tanné des peaux humaines ! (3)

(documents tirés de notre Album : Totalitarisme ou Résistance ? Vendée, "Guerre de géants...")

 

Aujourd'hui, Robespierre porte costume et cravate, il affiche une apparence distinguée, et loge sans vergogne dans les appartements de la Royauté, tâchant de ressembler à ces autres Rois ou Présidents du monde.

Mais il ne s'agit que d'un masque, d'une leurre, d'une Tartuferie institutionnalisée : c'est "le chaos figé des conservateurs du désordre" qui est en place, sous des apparences "normales" et policées; et ce chaos n'est rien d'autre que l'héritier assumé du "chaos explosif des révolutionnaires".

Voici quelques exemples de ce que fut ce "chaos explosif" des révolutionnaires de 1789/1793, si fanatiques qu'ils ont eux-mêmes baptisé leur méthode de gouvernement (?) "la Terreur"; de ses aspects monstrueusement inhumains, d'une atroce barbarie, qui préfiguraient les épouvantables horreurs du marxisme-léninisme et du nazisme...

Et voilà pourquoi, chaque année, nous signalons cette date du 21 janvier à nos compatriotes comme celle du début de notre décadence, comme l'origine de tous nos maux, comme la matrice et le ventre - hélas fécond - d'où sont sortis les abominations qui ensanglantent le monde depuis lors...

Voici quelques aspects de ce que fut la Terreur révolutionnaire en Vendée, et ce qu'en ont dit quelques uns de ceux qui ont oeuvré à sa mise en œuvre "systématique", au sens premier du terme...

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Aujourd'hui (3) : La Révolution a tanné des peaux humaines ! (3)

(documents tirés de notre Album : Totalitarisme ou Résistance ? Vendée, "Guerre de géants...")

Illustration : peau humaine conservée au Muséum de sciences naturelles de Nantes.
Voici aujourd'hui  trois témoignages de révolutionnaires, que l'on ne pourra pas taxer de réactionnaires !

1. Le conventionnel Harmand de la Meuse (1751-1816) :

"...Une demoiselle jeune, grande et bien faite, s’était refusée aux recherches de St.-Just : il la fit conduire à l’échafaud. Après l’exécution, il voulut qu’on lui représentât le cadavre, et que la peau fût levée. Quand ces odieux outrages furent commis, il la fit préparer par un chamoiseur et la porta en culotte. Je tiens ce fait révoltant de celui même qui a été chargé de tous les préparatifs et qui a satisfait le monstre ; il me l’a raconté, avec des détails accessoires que je ne peux pas répéter, dans mon cabinet au comité de sûreté générale, en présence de deux autres personnes qui vivent encore.
Il y a plus : c’est que d’après ce fait, d’autres monstres, à l’exemple de St.-Just, s’occupèrent des moyens d’utiliser la peau des morts, et de la mettre dans le commerce. Ce dernier fait est encore constant. Il ne l’est pas moins que, il y a environ trois ans, on mit aussi dans le commerce de l’huile tirée des cadavres humains : on la vendait pour la lampe des émailleurs. Quant au fait relatif à St.-Just, on m’a raconté, depuis, qu’un homme bien connu, ayant perdu une dame à laquelle il était très-attaché, avait employé le même moyen pour conserver un reste ou un souvenir matériel de l’objet de ses affections..." ("Anecdotes relatives à quelques personnes et à plusieurs événements remarquables de la Révolution", Madaran, Paris, 1820, p.78-79.)

2. Le républicain Louis-Marie Prudhomme (1753-1830) :

Dans son Histoire impartiale des Révolutions, il raconte que, lors de la Fête de l’Être Suprême célébrée le 8 juin 1794, "...À midi précis, une salve d’artillerie annonça les sept cents membres de la Convention, qui arrivèrent sur l’amphithéâtre par la principale croisée du palais. Tous étaient en habits bleu-de-roi, avec des culottes de peau de daim ; mais plusieurs en avaient de peaux d’homme, conformes à celles qui furent envoyées à Barrère par un général de la Vendée..." (Prudhomme Père, "Histoire impartiale des Révolutions de France depuis la mort de Louis XV", Librairie de Mademoiselle Adèle Prudhomme, tome VIII, Paris, 1824, p.320.)

3. L’ancien général républicain Danican (1764-1848)

Dans Les brigands démasqués Louis Michel Auguste Thévenet, dit Danican, ancien général commandant les troupes républicaines pendant les guerres de Vendée de 1792 à 1794, écrit ceci :

"... Par exemple, quel est le peuple de l’Europe qui ne prend pas pour une fable, l’établissement de la tannerie de peau humaine à Meudon ? On se souvient cependant qu’un homme vint à la barre de la Convention, annoncer un procédé simple et nouveau pour procurer du cuir en abondance; que le Comité de salut public (de Carnot) lui accorda l’emplacement du château de Meudon, dont les portes furent soigneusement fermées; et qu’enfin Barrère, Vadier et autres, furent les premiers qui portèrent des bottes faites de cuir humain.
Ce n’était pas au figuré que Robespierre écorchait son peuple; et comme Paris fournissait des souliers aux armées, il a pu arriver à plus d’un défenseur de la patrie, d’être chaussé avec la peau de ses parents et amis. Voilà qui paraîtra encore plaisant et incroyable à certains scélérats, et surtout aux propagandistes.
Convention nationale, il y a eu à Meudon une tannerie de peau humaine, et c’est à ton existence qu’on doit une conception aussi monstrueuse ! (Auguste Danican, "Les brigands démasqués (ou Mémoire pour servir à l’Histoire du temps présent)", Imprimerie de Baylis, Londres, 1796, p.195.)

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2021/01/03/le-systeme-est-l-heritier-du-terrorisme-revolutionnaire-nega-6287548.html

Le Système est l'héritier du Terrorisme révolutionnaire, négationniste/révisionniste et matrice des Totalitarismes modernes (2)

 

Aujourd'hui (2) : La Révolution a tanné des peaux humaines ! (2)

(documents tirés de notre Album : Totalitarisme ou Résistance ? Vendée, "Guerre de géants...")

Illustration : peau humaine conservée au Muséum de sciences naturelles de Nantes.

Aujourd'hui, Robespierre porte costume et cravate, il affiche une apparence distinguée, et loge sans vergogne dans les appartements de la Royauté, tâchant de ressembler à ces autres Rois ou Présidents du monde.

Mais il ne s'agit que d'un masque, d'une leurre, d'une Tartuferie institutionnalisée : c'est "le chaos figé des conservateurs du désordre" qui est en place, sous des apparences "normales" et policées; et ce chaos n'est rien d'autre que l'héritier assumé du "chaos explosif des révolutionnaires".

Voici quelques exemples de ce que fut ce "chaos explosif" des révolutionnaires de 1789/1793, si fanatiques qu'ils ont eux-mêmes baptisé leur méthode de gouvernement (?) "la Terreur"; de ses aspects monstrueusement inhumains, d'une atroce barbarie, qui préfiguraient les épouvantables horreurs du marxisme-léninisme et du nazisme...

Et voilà pourquoi, chaque année, nous signalons cette date du 21 janvier à nos compatriotes comme celle du début de notre décadence, comme l'origine de tous nos maux, comme la matrice et le ventre - hélas fécond - d'où sont sortis les abominations qui ensanglantent le monde depuis lors...

Voici quelques aspects de ce que fut la Terreur révolutionnaire en Vendée, et ce qu'en ont dit quelques uns de ceux qui ont oeuvré à sa mise en œuvre "systématique", au sens premier du terme...

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Aujourd'hui (2) : La Révolution a tanné des peaux humaines ! (2)

(documents tirés de notre Album : Totalitarisme ou Résistance ? Vendée, "Guerre de géants...")

Illustration : peau humaine conservée au Muséum de sciences naturelles de Nantes.

Devant de telles horreurs, même un révolutionnaire bonapartiste (Napoléon est "le sabre" et le continuateur de la Révolution) Granier de Cassagnac ne peut que constater, honnêtement  :

"...La Révolution avait été inaugurée par la prise de la Bastille, cette redoutable prison d’État, qui contenait, le jour où ses portes furent brisées, sept prisonniers, savoir : quatre faussaires, un homme détenu sur la demande de sa famille, un idiot et un inconnu.

Trois ans plus tard, cette même Révolution possédait quarante-huit-mille sept cent vingt-quatre prisons d’État, renfermant plus de deux cent mille détenus politiques; sans compter les prisons supplémentaires de Paris, faites à la hâte avec d’anciens hôtels, d’anciens couvents et d’anciens collèges.

Voilà ce que la prise de la Bastille avait rapporté à la liberté..."

(Granier de Cassagnac, Le Constitutionnel, samedi 26 avril 1851, "Histoire du Directoire", p. 2.)

En somme, de la première puissance du monde, sous Louis XVI, de "la Chine de l'Europe" (au point de vue démographique et territorial), de "la flèche du progrès" (comme le disait Pierre Debray, en parlant de la Royauté française), la Révolution a fait un gigantesque camp concentrationnaire gouverné par la Terreur, et cela en l'espace de quelques jours, quelques semaines, quelques mois....

Les principes matérialistes de la Révolution française ont immédiatement naufragé dans le sadisme terroriste. Les prétendues "Lumières" dont ils s'inspiraient ont immédiatement naufragé dans... LA TERREUR !

Tous les tyrans des régimes totalitaires, tous les massacreurs de l’histoire contemporaine - Lénine, Trotsky, Staline, Hitler, Mao, Pol Pot, Ho Chi Minh, Ceaucescu... - et tous les Goulags, Lao Gaï et autres camps d'extermination ou de ré-éducation, toutes les polices politiques les plus terribles (NKVD/KGB, Stasi, Securitate, Gardes rouges...) se réclament de la Révolution française, et se posent en continuateurs de Robespierre.

Cette identité des fins et des moyens n’a pas échappé à l’historien et ancien communiste François Furet, marxiste revenu de la Révolution, l'a très bien dit :

"Le vrai est que la Terreur fait partie de l’idéologie révolutionnaire. (François Furet, Penser la Révolution française, Folio histoire, Paris, 1978, p. 105.)

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2021/01/02/le-systeme-est-l-heritier-du-terrorisme-revolutionnaire-nega-6287547.html#more