jeudi 5 juin 2014

LE MENSONGE DE LA LÉGENDE GAULLISTE

À la veille du 18 juin, il est bon de rappeler qui fut en réalité Charles De Gaulle.
C'est à partir de 1916 que l'on commence à parler d'un certain De Gaulle.
Légèrement blessé au genou au début de la guerre, “cela lui évitera de participer à la bataille de la Marne (...) une chance, car celle-ci s'est traduite par une hécatombe d'officiers subalternes dont il eût fort risqué d'être victime" .
"De même restera-t-il étranger à la bataille du Nord.
"Les fonctions qu'il occupe dans l'État major régimentaire
vont le tenir à l'arrière des premières lignes".
Derrière la prudence d'Yves Amiot (1), se dessine déjà le jeune De Gaulle :
Éviter les coups et rester près de l'autorité supérieure.
Tel est l'homme qui arrivera finalement en première ligne le 1er mars 1916, son 33ème régiment prenant la position défendue victorieusement par le 92ème, puis par le 110ème régiment d'infanterie en dépit du pilonnage des Allemands.
Or, dès le lendemain de son arrivée, suite à un nouveau pilonnage, le capitaine De Gaulle fait hisser le drapeau blanc...
Contrairement aux autresofficiers français, les Allemands ne lui rendirent pas son épée et De Gaulle qui s'en étonnait,  s'entendit répondre froidement, "c'est parce que vous vous êtes rendu sans combattre" ... !
Ce “détail” du parcours de De Gaulle, je l'avais entendu avec mon père, une première fois au Portugal de la bouche d'un commandant de l'armée française.
Plusieurs années plus tard, le comte Aymer de la Chevalerie, le généreux donateur des locaux de Chiré-en-Montreuil, nous donnait les mêmes détails, sans que ces deux hommes se soient connus.
Tel était le personnage dont les lobbies antinationaux allaient faire un héros.
Sans la protection du général Pétain, parrain de son fils Philippe, la carrière du jeune De Gaulle se serait arrêtée là.
L'ambition maladive de De Gaulle allait l'amener à s'approprier une étude d'État-major sur l'avenir de l'arme blindée en le publiant sous son seul nom.
Le général Spears et sa «recrue», De Gaulle
Le Président Lebrun
Réprimandé par Pétain, De Gaulle allait lui vouer une haine tenace comme à l'ensemble de l'armée française qui le méprisait.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, la prétendue victoire de Montcornet le 17 mai 1940 attribuée après la guerre à De Gaulle, ne fut qu’une nouvelle reculade de sa part.
Dès les premiers engagements il fit reculer la 4e division cuirassée qu’il commandait.
"Charles de Gaulle ne semble pas avoir montré sur le terrain les qualités de coup d'oeil et d'invention"..., commentait Jean Lacouture (2), dans son De Gaulle, Édition Le Seuil.
Et dans Hitler der feldherr (3), traduit en français sous le titre Hitler, chef de guerre, Editions Arthaud, Gert Bucheit confirmait :
"Le 15 mai, le corps blindé Guderian et le 1éème Panzer Corps atteignit Montcornet à 70 km de Sedan.
" On pouvait supposer que le haut commandement allemand ne se contenterait pas d'une simple tête de pont sur la Meuse.
Pourtant, le général Von Kleist donna l'ordre de s'arrêter ".
Moncornet, n’est donc qu’un clone de la pseudo victoire de Valmy du 20 septembre 1792.
L’invention d’une victoire pour créer la saga de la Révolution, comme celle de De Gaulle.
Ce fut pourtant la guerre de 40 qui allait lui donner la chance dont il rêvait.
Les Anglais qui avaient besoin d'un képi à opposer au prestige et l'action du Maréchal, envoyèrent le général Spears de l'Intelligence service, débaucher le vaniteux De Gaulle ulcéré de ne pas avoir été pris dans le gouvernement Pétain.
Tel fut le début de la légende du "glorieux résistant", De Gaulle et là encore l'Histoire officielle est menteuse, car De Gaulle n'a jamais été nommé général.
La saga résistantialiste occulte que ce fut Albert Lebrun, président de la République, qui signa le 23 juin 1940, le décret de mise à pied de De Gaulle pour cause de désertion :
Au Journal Officiel, 24 juin 1940, paraissait ce texte du Ministère de la Défense :
- "Par décision ministérielle du 22 juin 1940, la promotion au grade de général de brigade à titre temporaire, de M. le colonel d'infanterie breveté De Gaulle (Charles-André-Joseph-Marie) est annulée".
- "M. le colonel d'infanterie breveté d'état-major De Gaulle (Charles-André-Joseph-Marie) est admis d'office à la retraite, par mesure de discipline".
La "Libération-Épuration" sera pour De Gaulle allié aux responsables de la Débâcle, l'occasion de créer sa «légende», donc celle de sa prétendue «victoire de Montcornet», qui n’eu pas plus de réalité historique que la «victoire» de Valmy pour la Révolution dite française, comme on l’a vu plus haut...
Elle sera aussi l’occasion de régler ses comptes avec l’armée qui le méprisait depuis sa capitulation de 1916 et contre les pétainistes.
Comme l’avouait Robespierre au Club des Jacobins pour justifier la Révolution :
«Si Louis est innocent, c’en est fait de la Révolution».
De même, De Gaulle était amené à proclamer Philippe Pétain «traitre», pour que lui De Gaulle et ses alliés ne le soient pas !
Les crimes de la Résistance gaullo-communistes furent tels que le Père Panicci dans son sermon du dimanche des Rameaux 1945, à Notre Dame de Paris, dénonçait "ce régime d'abattoir".
Des documents médicaux de l'époque, permettent de mesurer l'horreur des tortures infligées par les "patriotes", FFI, FTP, et autres "milices patriotiques" (4) :
"Poils brûlés au briquet, bougies allumées dans l'anus, pointes des seins coupées, dents cassées, brûlures électriques dans le vagin, l'anus, la plante des pieds, coups de barre de fer, sections des doigts, arrachages d'ongles, lésions de marche ou reptation sur du verre, brûlures pour "cautériser" les plaies , aspersion d'essence et mise à feu, enfoncement de la cage thoracique, du crâne, avec lésions méningées, cérébrales, de la moelle épinière - c'est ainsi qu'allait mourir dans d'atroces souffrances le constructeur Louis Renault - lésions de l'oeil, viol de femmes et de fillettes, promenées nues".
Le «féal» des Anglais, De Gaulle aux coté de Churchill
Il faut rappeler le martyre de l'amiral Platon, chargé par le maréchal Pétain de surveiller les sociétés secrètes interdites par Vichy qui, renvoyé par Laval dans sa propriété du sud-ouest, y fut torturé et mis à mort par des résistants en l'écartelant entre des tracteurs (5).
Avec celui du comte Christian de Lorgeril , héros de la guerre de 1914, on atteignait les sommets de la barbarie.
Le quotidien démocrate-chétien du MRP, L'Aube, 16.11.1950, quelque peu gêné du comportement de ses alliés, rapportait les faits :
"Arrêté pour ses idées monarchistes le 22 août 44, complètement nu, le malheureux dut s'asseoir sur la pointe d'une baïonnette, puis il eut les espaces métacarpiens sectionnés, les pieds et les mains broyés, le thorax et le dos transpercés par une baïonnette rougie au feu, puis on le réanima pour lui verser du pétrole enflammé sur les plaies".
"Il ne devait mourir que 55 jours plus tard dans des souffrances de damné" (6).
C'était le temps où le démocrate-chrétien P.H.Teitgen, Garde des Sceaux de De Gaulle, répondait aux communistes qui trouvaient l'Épuration insuffisante :
"Messieurs, Par rapport à nous, les Grands Ancêtres étaient des enfants de coeur"... et à ceux qui déploraient la guerre civile, De Gaulle répondait :
"Messieurs, la guerre civile où est la guerre civile" ?! (4).
Tel fut l’homme auquel Fred Zeller, ancien Grand Maître du Grand .'. Orient .'., rendait hommage dans Europe Parlement en rappelant le "mot" de De Gaulle, à la Libération :
"Je vais redonner la République à la France, il n'y a aucune raison pour que je ne lui redonne pas aussi les francs-maçons" et Zeller reconnaissait :
Il nous a redonné force et vigueur".
Tel était l'individu pour lequel tant de "nationaux", de Rivarol, à Tixier-Vignancour et à Le Pen, entre autres, ont voté au référendum de 1958 et dont la suite de sa "carrière", allait confirmer l'ignominie.
Dès son arrivée au pouvoir à Alger, il rétablissait, le décret Crémieux abrogé par Vichy.
Ce décret redonnait unilatéralement et en bloc la nationalité française aux seuls Juifs, alors que comme en 1870 les musulmans venaient de se battre pour la France.
Les conséquences ne se firent pas attendre et François d'Orcival rappelle, Valeurs actuelles, 13.5..05 :
"Le 1er mai 1945, les manifestants à Alger, Oran, Mostaganem, criaient "À bas la France, à bas les Juifs", tandis que la police tire sur eux".
De même, lors des émeutes du 9 au 14 mai, les émeutiers criaient de façon révélatrice :
"À bas De Gaulle, serviteur de la juiverie"."À bas Churchill et les Juifs".
Comme en 1870 les marxistes Adrien Texier ministre de l'Intérieur et Charles Tillon , ministre de l'Air, massacreront des milliers de civils musulmans, traités d' "hitlériens" !!!
C'est dire si le facteur juif était fondamental dans l'insurrection contre la France, devenue aux yeux des musulmans, un occupant au service de la communauté juive.
Cela aucun des nostalgiques de l'Algérie française ne le rappelle !
Ils n'ont toujours rien compris aux causes premières de la perte de l'Algérie.
La férocité de la répression des gaullo-marxistes, comme celle du gouvernement Thiers tenu par les Rothschild en 1870, est suspecte, comme si, comme en 1870, les dirigeants de 1945 avaient voulu créer l'irréparable avec la communauté musulmane, pour la dresser contre la France.
On connaît la suite :
La trahison de De Gaulle rappelé en "sauveur" par les Français d'Algérie, l'armée française et applaudi par les "nationaux" d'alors.
Pour comprendre leur naïveté, il faut rappeler comment De Gaulle s’est vanté dans ses Mémoires d'Espoir, de les avoir trompés :
“Si de but en blanc j'affichais mes intentions, une vague de stupeur(s) et de fureur(s) eut fait chavirer le navire".
"Sans jamais changer de cap, il me faudrait donc manoeuvrer", p. 60-61.
Ayant réussi à amener l'armée à capituler, l'autre ignominie, avec le mitraillage des Français par le général Katz aux origines juives, sera de livrer les harkis.
Le télégramme secret du 16.5.1962, N° 125/IGAA, ordonnait :
"Le ministre d'État Louis Joxe demande au Haut commissariat de rappeler que toutes les initiatives individuelles tendant à l'installation( en ) Métropole ( de ) Français musulmans sont strictement interdites".
Une nouvelle directive de Joxe, du 15 juin 1962, enjoignait :
"Vous voudrez bien rechercher, tant dans l'armée que dans l'administration, les promoteurs et les complices de ces entreprises de rapatriement et de faire prendre des sanctions appropriées".
"Les supplétifs débarqués en Métropole seront renvoyés en Algérie".
"Je n'ignore pas que ce renvoi peut être interprété comme un refus d'assurer l'avenir de ceux qui sont restés fidèles, il conviendra donc d'éviter de donner la moindre publicité à cette mesure".
Même Alain Rollat reconnaissait, Le Monde 7.8.91 :
"Dès le mois de juillet 1961, l'armée française commence à désarmer les harkis" "leur désarmement avait été promis au FLN par les autorités Françaises".
"Ils seront exécutés avec leurs femmes et leurs enfants".
Ces massacres "varient selon les sources, de 30.000 à 150.000, les harkis et leurs familles ont été victimes d'atrocités en tous genres, avant même la proclamation de l'indépendance, sans que les autorités françaises interviennent"...
Ainsi, les Musulmans comme les Français ont été victimes du même complot mondialiste cosmopolite.
On juge de la déliquescence de la "mouvance nationale" par son silence et son adulation d'un Le Pen qui se présente "comme seul héritier du gaullisme"Rivarol , 29.1.99 et qui, avant même son discours d'Argenteuil, prônait "une France multiculturelle etmultconfessionnelle",
Ouest-France , 3.9.99.
Or, toute la politique française actuelle découle des conséquences de cette politique gaulliste aux ordres du mondialisme.
Voilà pourquoi, il urge de faire le ménage dans les rangs de cette pseudo droite nationale et de tirer les leçons de l'Histoire.
Dont celle de la légende de De Gaulle, faux patriote, militaire lâche, capitulant aux étapes clés de notre histoire, n’ayant réussi à s’imposer que par la politique aux ordres des lobbies. 
Du De Gaulle de 1916, à celui se mettant à l’abri à Londres aux ordres des Anglos-américains, au fuyard à Baden-Baden allant se mettre sous la protection du général Massu, en mai 68, c’est le mêmer homme.
Chacune de ses fuites, de ses désertions, explique l’homme et son action contre la France.
P. P. d' Assac
(1) Yves Amiot . La Capture . Editions Ulysse,
(2) Jean Lacouture, De Gaulle, Édition Le Seuil.
(3) Gert BucheitHitler der feldherrtraduit en français sous le titre Hitler, chef
de guerre, Éditions Arthaud,
(4) J-P Abel. L'Âge de Caïn . Les Editions Nouvelles.
(5) André Figueras. Onze Amiraux dans la Tourmente. DPF.
(6) Henry CostonLe Livre Noir de l'Epuration . Lectures Françaises, 1964.
Extrait de La Politique, N° 84, juin 2008

LE PROCÈS DE CHARLES MAURRAS

Certains s’étonnent encore, ou feignent de s’étonner, soixante-dix ans après les faits, que Charles Maurras, le contempteur le plus acharné du germanisme, ait pu être condamné en 1945 après avoir été accusé d’ "intelligence avec l’ennemi". Ceux qui s’indignent de cette condamnation ignorent sans doute que la Deuxième Guerre mondiale n’a pas tant été une guerre entre nations qu’une guerre de religions, et la plus sanglante de toutes. Les querelles entre les nations européennes, si l’on regarde bien, sont à reléguer à l’arrière-plan, loin derrière les enjeux planétaires qui opposent, aujourd’hui encore, les peuples libres aux fanatiques du globalisme et de l’unification mondiale.
On ne comprendra jamais rien au XXe siècle sans remonter d’abord à la révolution bolchevique de 1917, et à toutes ces atrocités commises par une poignée de juifs (Lénine, Trotsky, Kamenev, Zinoviev, Sverdlov, etc.) à l’encontre des chrétiens de Russie : 30 millions de morts, au bas motsur une trentaine d’années. Hitler, à juste raison, s’était opposé à la domination du judéo-communisme en Allemagne. Il s’était aussi opposé aux démocrates socialisants, qui avaient laissé l’Allemagne entre les mains des agitateurs cosmopolites et des financiers internationaux.
En 1945, la minuscule Allemagne était écrasée par la monstrueuse coalition des quatre plus grands empires de la planète : l’Empire américain, l’Empire soviétique, l’Empire britannique et l’Empire français ; tout quatre travaillés de l’intérieur par des financiers juifs, des politiciens juifs, des journalistes juifs, dont le seul but avait été l’écrasement de l’Allemagne hitlérienne.
Dans ces conditions, on comprend mieux la condamnation de Charles Maurras, qui a évidemment été jugé, d’abord et avant tout pour avoir osé critiquer les juifs avant et pendant la guerre.
En avril 1925, quatre militants patriotes avaient été tués par des communistes. Le 9 juin 1925, dans L’Action française, Maurras se lâchait contre Abraham Schrameck, ministre de l’Intérieur, qui venait d’interdire le port d’armes.
“ J’ai vu, sur leurs civières, sur leur lit d’hôpital, le corps inanimé de Marius Plateau, de Philippe Daudet et d’Ernest Berger. Deux de ces bons Français ont été tués, en partie à cause de moi. [...] J’ai vu les yeux rougis et les poings serrés d’une pieuse multitude française gonflée des révoltes de la justice, des sentiments de la plus sainte des vengeances. Cette foule énergique n’attendait qu’un signe de nous, j’oserais presque dire un signe de moi, pour se ruer sur les responsables et les châtier. J’ai cru de mon devoir de m’interdire ce signe et d’arrêter cette colère. (…) Mais vous êtes le Juif. Vous êtes l’Etranger. Vous êtes le produit du régime et de ses mystères. Vous venez des bas-fonds de police, des loges et, votre nom semble l’indiquer, des ghettos rhénans. (…) vous êtes ainsi devenu, monsieur Abraham Schrameck, l’image exacte et pure du Tyran qui a exercé de tout temps son droit contre les peuples opprimés. (…) Et, comme voici vos menaces, monsieur Abraham Schrameck, comme vous vous préparez à livrer un grand peuple au couteau et aux balles de vos complices, voici les réponses promises. Nous vous répondons que nous vous tuerons comme un chien.
Dans Mes Idées politiques, publié en 1937, Maurras avait cité le polémiste Henri Béraud :
“Peut-on se rappeler sans frémir que le premier chambardeur de la Russie s’appelle Kerensky ; que la chambardeuse de l’Italie s’appelle Rosa Italie ; que le chambardeur de la Bavière s’appelle Kurt Eisner ; que le chambardeur de l’Italie s’appelle Otto Bauer ; que le chambardeur de la Hongrie s’appelle Bela Kun ; que le chambardeur de l’Italie s’appelle Claudio Trèves et que le chambardeur de la Catalogne s’appelle Moise Rosenberg «  et que tous «  ont un maître unique, Marx ?"
Et il ajoutait immédiatement : Agitateurs ou idéologues, ou les uns et les autres, attestent la même pression violente de l’Orient sémite sur un Occident qu’elle dénationalise avant de le démoraliser. Ce messianisme de Juifs charnels, porté au paroxysme par sa démence égalitaire, prescrivant de véritables sacrifices humains, a tout osé pour imposer une foi absurde et, quand vient l’heure du désespoir inéluctable, l’énergumène juif casse tout.
Le 17 janvier 1944, il critiquait le Comité français de la libération nationale (CFLN) parce que “son premier acte serait de rendre aux juifs l’intégralité des biens dont ils n’ont cessé de nous dépouiller pendant cent cinquante ans.”
Le 2 février, dans un paragraphe titré “menaces juives”, il dénonçait avec force les manigance des juifs du monde entier : Le rôle joué par la juiverie des deux mondes entre Moscou, Londres et New York doit être observé de plus près que jamais. C’est à elle que remonte une grande part de la responsabilité de la guerre. C’est par elle que tient la paradoxale alliance de l’Amérique, de l’Angleterre et des Soviets. Et il poursuivait : “Nous disons plusieurs fois par semaine que la meilleure manière de répondre aux menaces terroristes est de leur opposer une légitime contre-terreur. L’axiome est applicable aux violences de parole et d’attitude dont se rendent coupables les hordes juives : le talion.”
Dans sa biographie de Maurras (2006), l’ignoble Stéphane Giocanti se couche devant ses maîtres, et ose parler de “l’aveuglement catastrophique de Maurras”, d’“obstination coupable” : “Maurras délire, parfois avec un accent paranoïaque, en dévoilant l’irrationnelle xénophobie qu’abritait la théorie de l’antisémitisme d’État.” (pages 447, 448).
Le procès de Charles Maurras se tint du 21 au 27 janvier 1945. Il avait été "arrêté en 1944 par le Commissaire du gouvernement à Lyon, Yves Farge (Elie Cohen) nommé par De Gaulle (et révélé être du KGB)", écrit l’Ancien Camelot du roi François Marie Algoud (Actualité et présence de Charles Maurras (tome II, page 66). Il imposa alors à ses juges, pendant sept heures, la lecture de son mémoire.
Dans notre livre sur La Guerre eschatologique, nous avons aussi cité ce passage, tiré du livre d’Henri Amouroux (La Page n’est pas encore tournéeLa grande histoire des Français après l’Occupationjanvier-octobre 1945, Robert Laffont, 1993, p. 479).
Au président qui lui faisait la leçon, Maurras avait ainsi répliqué : “Monsieur le président, la prochaine fois, je dirai à mes lecteurs : si les juifs vous menacent, ne les menacez pas, parce que les juifs sont chez eux, tandis que vous, vous n’êtes pas chez vous. Je leur dirai : Écoutez tout, supportez tout, ne posez même pas un regard sur eux, parce qu’ils sont vos maîtres et vos rois. C’est-à-dire qu’à l’occupant allemand nous substituerons un autre occupant, l’occupant juif. ” 
François Marie Algoud écrit encore que Maurras avait finalement lancé au président : Pour moi, cela m’est égal, je suis un vieil homme : douze balles dans la peau ou rien… ce n’est rien du tout ! J’ai consacré à la France ma vie, mes sueurs, mes forces. Si je pouvais lui donner mon sang, je vous assure que rien ne serait plus glorieux ni plus agréable pour moi. (page 43).
Maurras s’était comporté en bon Français, et avait affronté la justice républicaine comme un héros de notre histoire.
À 77 ans, il fut condamné à la réclusion à perpétuité pour “intelligence avec l’ennemi”. Il resta 2749 jours en prison, avant de mourir à l’âge de 84 ans.
François Marie Algoud est mort le 5 janvier 2012. Après la parution des Espérances planétariennes, en 2006, il nous avait envoyé son livre, avec une carte sur laquelle est écrit : “Avec mes vifs remerciements pour votre extraordinaire travail.”
Il y aurait donc encore des royalistes fidèles à la pensée de Charles Maurras.
Affaire à suivre !
Hervé Ryssen

Territoires, le proche et le lointain

La figure de saint Louis est emblématique de la manière capétienne, qui consiste à construire obstinément la France, à l'inventer. Comme le souligne Jean-Christian Petitfils : « Pendant des siècles l'Etat royal a construit la nation, agrégeant patiemment autour de l'Ile-de-France des territoires périphériques n'ayant au départ nulle vocation à s'y intégrer. Ainsi est née la France, miracle de l'histoire plus que de la géographie » (Le Figaro, 14 mai 2014). Cette agrégation répond à plusieurs logiques.
Une logique défensive du fief capétien, perpétuellement convoité par les grands féodaux, au premier rang desquels les Plantagenêt. Le traité de Paris, en 1259, met fin à cette guerre contre l'Angleterre sur la base de concessions territoriales réciproques. Si Louis IX est capable de prendre les armes, il entend surtout consolider une position et poursuit une diplomatie où le recours à la force n'est utilisé qu'en dernier recours. De 1242 (victoire de Saintes) à 1259, il rachète des droits (Blois et Chartres), impose son autorité aux Poitevins et ne combat pas, préférant abandonner le Roussillon pourvu que le roi d'Aragon renonce à la Provence, ou troquant la suzeraineté du Sud-Ouest pour conserver les pays de la Loire.
L'extinction des guerres privées
Une logique politique dans la promotion constante d'un modèle capétien qui unifie en permanence le royaume : unité monétaire, unité fiscale, unité judiciaire, bien sûr, mais aussi unité pacifique, avec la reconduction en 1245 de la Quarantaine-le-Roi, ordonnance de Philippe-le-Bel exigeant quarante jours de négociations avant que deux parties n'en viennent à la guerre, sous peine de crime de lèse-majesté.
Une logique généreuse, enfin, qui induit une double diplomatie. D'une part, Louis IX s'efforce d'apaiser les conflits extérieurs : son statut de roi très puissant (la France est bien peuplée et sa chevalerie nombreuse et pas encore obsolète) l'autorise à être consulté comme à rester neutre, comme dans le conflit qui opposa l'empereur Frédéric II et le pape Innocent IV. De la même manière, et comme le rappelait Elie Hatem dans L'Action française (n° 2885), Louis IX accorde la nationalité française aux maronites. Le cas des Juifs est exemplaire : Louis IX mettra longtemps à appliquer les décrets romains, défendra les Juifs, répugnera à les bannir de France et d'ailleurs annulera ce décret. La souplesse du système permet une intégration progressive (jusqu'aux mesures de Louis XVI).
D'autre part, il engage les septième et huitième croisades, pour la reconquête des lieux saints mais surtout pour la conversion des musulmans, dont le fascinant Saladin, saint Louis croyant fermement aux vertus civilisatrices de la chrétienté.
Du temporel au spirituel
Cette triple logique procède toujours du proche au lointain et s'efforce d'intégrer en permanence les territoires physiques comme les « territoires spirituels ». Le royaume de Louis IX est en équilibre dynamique perpétuel, en reconfiguration permanente, et cet état de fait sera maintenu jusqu'à nos jours, la reconfiguration pouvant être violente (Algérie et Alsace-Lorraine au XXe siècle) ou douce (Maroc et statut de Mayotte).
La spécificité médiévale, qui prend aujourd'hui une résonnance toute particulière, est la souplesse du système. Car le monarque bénéficie d'un triple privilège : il hérite une situation, il a le temps, il peut se repentir.
Un royaume dépassé
Dans l'équilibre territorial physique, c'est la sédimentation des conflits qui permet leur résolution, et c'est le caractère personnel de la possession qui autorise des tractations aujourd'hui saugrenues : troquer une province contre une autre est devenu au fil du temps de plus en plus complexe. Un pouvoir désincarné n'a que deux solutions : l'abandon pur et simple, qui passe par une mise à mort symbolique du territoire, déchu de sa nationalité, ou la guerre à outrance, car aucune amputation n'est tolérable.
Dans l'équilibre des territoires spirituels, le roi peut se permettre d'être à la fois un souverain temporel et un sujet spirituel. La chrétienté informe mais ne contraint pas (et la papauté perd inéluctablement tout pouvoir au fil des siècles), là où le droit international se prétend universel et se déshonore à chaque conflit. De même, saint Louis interdit l'ordalie et invente la supplicatio, c'est-à-dire l'adresse directe au roi: bel exemple d'intégration proche de la justice. Mais surtout, le roi a le loisir de se raviser : éloignées hors des villes, les prostituées pourront se rapprocher.
Cette dialectique d'un proche et d'un lointain constamment redéfinis mais toujours unifiés dans un même espace de pensée permet ce miracle français de la création continue du royaume. Il ne jaillit pas d'un coup comme un concept, il se développe comme un arbre gothique, poussant loin ses racines dans le sol et haut son houppier dans le ciel.
Hubert Champrun monde & vie 21 mai 2014 

mercredi 4 juin 2014

Passé Présent N°15

Spinoza

Spinoza fut avant tout un solitaire. Juif exclu de sa communauté, il ne devint pas chrétien pour autant. Cependant, son œuvre appartient totalement à la philosophie occidentale puisqu'il est dans le prolongement de la pensée platonicienne à la recherche de « La Vérité » et en identifiant le vrai et le bien. Ayant été nourri au cartésianisme, en restant un rationaliste et même en faisant l'apologie de la raison, il s'en distingue sur certains points. À la différence du Français, il a mis en place une doctrine morale et politique influencée par la société dans laquelle il vivait, c'est-à-dire la Hollande du XVIIeme siècle. Dans ce pays existait une cohabitation de religions différentes. Il n'y avait pas de religion officielle, si ce n'est dans les faits celle de l'argent et du commerce. À la différence de Pascal son contemporain, sa philosophie célébrera la joie.
L'Ethique
C'est le livre le plus important de Spinoza. Le livre est divisé en cinq parties.
La première partie concerne Dieu. Celui-ci est substance qui est constituée par les attributs (propriétés perçues par l'entendement). Dieu est infini.
« Tout ce qui est est en Dieu et rien ne peut sans Dieu être ni être conçu ». Dieu s'identifie à la Nature. « Deus sive Natura ». C'est-à-dire que Dieu est la Nature qui crée et tout ce qui existe vient de lui. « Natura naturans et natura naturata ».
D'une façon similaire à Platon qui distingua la doxa et l'épistémè ou plus tard Hegel qui distinguera plusieurs étapes de la connaissance, Spinoza distingue trois sortes de connaissance :
  • l'opinion par ouï-dire ou l'imagination, qui engendrent des idées confuses,
  • la raison qui opère de façon déductive,
  • la science intuitive qui connaît à partir de l'idée de Dieu.
Dans la troisième partie de l'Ethique, Spinoza traite des affects de façon iconoclaste comme le désir, la joie et la tristesse ...
La conception du bien et du mal qui accroit ou diminue la puissance inspirera Nietzsche.
La liberté consiste dans la connaissance de la nécessité. Connaître nous libère des affects. L'activité de l'homme doit donc être la connaissance vraie et même la connaissance de Dieu.
La morale, la politique
Rationaliste, Spinoza le sera aussi dans sa conception de la morale et de la politique. La conception du désir par exemple se différencie de Platon pour qui le désir était un manque. « Le désir est l'essence même de l'homme, en tant qu 'on la conçoit comme déterminée, par la suite d'une quelconque affectation d'elle-même, à faire quelque chose ». (Ethique)
Nous désirons ce que nous sommes. Le désir nous réalise. Cette conception spinoziste s'oppose aussi à la vision chrétienne pour qui le désir était péché.
Le désir chez Spinoza devient puissance.
La liberté sera aussi réinterprétée d'une façon différente de Descartes. Chez le Français, l'âme était le siège d'une volonté, le « libre-arbitre ». Pour Spinoza, il n'y a là qu'illusion.
Les hommes ignorent les causes qui les déterminent à agir. « Les hommes se trompent en ce qu 'ils se pensent libres, opinion qui consiste seulement en ceci, qu 'ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes qui les déterminent. Donc cette idée qu 'ils ont de leur liberté
vient de ce qu 'ils ne connaissent aucune cause de leurs actions. Car ce qu 'ils disent, que les actions humaines dépendent de leur volonté, ce sont des mots dont ils n 'ont aucune idée ». (Ethique)
Lorsque les hommes sont indécis, c'est que des forces contraires les font hésiter.
La conception spinoziste sur le mal influencera en partie Nietzsche. Aucune chose n'est mauvaise en soi. Elle sera interprétée comme mauvaise car elle nuira ou détruira une autre.
De même, le bien est relatif ou subjectif. « La musique est bonne pour le mélancolique, mauvaise pour le désespéré et ni bonne ni mauvaise pour le sourd ».
Comme le disaient déjà Socrate et Platon, le mal est lié à notre ignorance. L'ignorant peut croire au bien et au mal. « La connaissance du mal est une connaissance inadéquate ». (Ethique).
Quant au mal absolu, la mort, Spinoza a une position similaire à celle que prendra Sartre. Philosopher ne consiste pas à méditer sur la mort. « L'homme libre ne pense à rien moins qu 'à la mort, et la sagesse est une méditation non de la mort, mais de la vie ». (Ethique).
À la différence de Descartes, très prudent sur les questions politiques, Spinoza défendra la liberté et le refus de la tyrannie. Il prône la communauté des hommes libres : l'Etat doit organiser la sécurité et la liberté des individus. « La fin de l'Etat n'est pas de faire passer les hommes de la condition des êtres responsables à celle de bêtes brutes ou d'automates, mais au contraire il est institué pour que leur âme et leur corps s'acquittent en sûreté de toutes leurs fonctions, pour qu'eux-mêmes usent d'une Raison libre ». (Traité théologico-politique).
« L'homme est un Dieu pour l'homme ». Les hommes doivent vivre sous la conduite de la raison.
On retrouve aussi chez Spinoza des idées qui seront reprises par les économistes classiques anglais. L'égoïsme de chacun est utile pour tous. « C'est quand chaque homme recherche au plus haut point ce qui lui est utile que les hommes sont le plus utiles les uns aux autres ». On rejoint à la fois à la fois le libéralisme et l'individualisme.
De la même façon, plus on est joyeux, plus on transmet sa joie aux autres.
Le philosophe prône donc la joie opposée à la tristesse qui ne nous apprend rien, et l'amour face à la haine.
Une autre façon d'unir les hommes est la recherche de la Vérité puisqu'elle est commune à tous les hommes, à la différence des opinions qui les divisent.
Spinoza condamnait l'Utopie, mais il y avait dans sa doctrine une « croyance » en la Raison.
Pour lui, connaître ses passions permet de les maîtriser. Fidèle à la tradition philosophique, la connaissance libère l'homme et lui fait acquérir la sagesse.
Patrice GROS-SUAUDEAU

Saint-Just, fondateur de la République, avec sa culotte de peau humaine…

D’après « Anecdotes relatives à quelques personnes, et à plusieurs événements de la Révolution », édition de 1820.
Ancien membre du Comité de sûreté générale sous la Révolution et chargé en cette qualité de la police de Paris pendant quelque temps, Jean-Baptiste Harmand rapporte un fait singulier dans ses Anecdotes relatives à la Révolution (le récit fut censuré en 1814, année de la première édition, et figurera dans l’édition de 1820).
Une demoiselle jeune, grande et bien faite, s’était refusée aux recherches de Louis de Saint-Just, surnommé, l’Archange de la Terreur, député de l’Aisne élu à 25 ans en 1792 et soutien indéfectible de Robespierre (il sera guillotiné le même jour que ce dernier, le 28 juillet 1794). Saint-Just la fit conduire à l’échafaud. Après l’exécution, il voulut qu’on lui représentât le cadavre, et que la peau fût levée. Quand ces odieux outrages furent commis, il la fit préparer par un chamoiseur et la porta en culotte.
Je tiens ce fait révoltant de celui même qui a été chargé de tous les préparatifs et qui a satisfait le monstre, poursuit Harmand ; il me l’a raconté, avec des détails accessoires que je ne peux pas répéter, dans mon cabinet au Comité de sûreté générale, en présence de deux autres personnes qui vivent encore.
Il y a plus : c’est que d’après ce fait, d’autres monstres, à l’exemple de Saint-Just, s’occupèrent des moyens d’utiliser la peau des morts, et de la mettre dans le commerce.
Source : France pittoresque 

lundi 2 juin 2014

Saint Louis, roi de France et prince de la paix

Il est dommage que nos gouvernants se soient si peu intéressés au huit-centième anniversaire de la naissance de saint Louis, car - sans faire d'anachronisme - son exemple aurait pu les inspirer à l'approche des élections européennes. Il montre comment on peut être intransigeant sur la souveraineté nationale et apparaître comme un prince de la paix en Europe.
À l'origine, rien n'était écrit : la régence de sa mère, Blanche de Castille, fut au contraire marquée par les révoltes des féodaux. À cette occasion se manifesta l'alliance du peuple et du roi : en 1227, le jeune Louis, apprenant que les barons projettent de l'enlever, est contraint de se réfugier au château de Montlhéry. Le peuple de Paris, informé par Blanche de Castille, se mobilise, s'arme, accourt à Montlhéry et, dans l'enthousiasme, escorte son roi jusqu'à Paris.
Justice pour tous
Pourtant ce peuple pourrait se plaindre. L'administration du royaume n'est pas exempte d'abus commis par les officiers publics. À Paris même, la prévôté, devenue une charge vénale pendant la minorité du roi, est tombée entre les mains d'un bourgeois sans scrupules. Or, du prévôt de Paris dépendent la police, la justice et la perception des impôts. « À cause des grandes injustices et des grandes rapines qui étaient faites en la prévôté, le menu peuple n'osait demeurer en la terre du roi, mais allait demeurer en autres prévôtés et en autres seigneuries », écrit Joinville dans sa Vie de saint Louis. De retour de la croisade, en 1254 Louis IX fait appel pour occuper la charge de prévôt dans sa capitale à un ancien croisé, par ailleurs ancien prévôt d'Orléans, Etienne Boileau; et l'on voit, rapporte Joinville, « la terre du roi commencer à s'amender, le peuple y venir pour la bonne justice qu'on y faisait ». C'est à cet homme d'une probité irréprochable que les corporations parisiennes devront le Livre des métiers, qui codifie leurs règlements et garantit la loyauté des rapports commerciaux. Le roi interdit en outre la spéculation par accaparement sur les matières premières et les marchandises, la surproduction, l'usure.
Ce qui est valable pour Paris l'est pour le reste du royaume : en 1247, Louis IX lance dans tout le royaume une « Grande enquête royale », conduite par des enquêteurs pour recevoir les plaintes des populations contre les spoliations commises par les prévôts, baillis, sergents royaux, sous son règne ou celui de ses prédécesseurs ; en décembre 1254, il publie une Grande ordonnance codifiant le rôle des baillis et sénéchaux (qui, comme les prévôts, sont désormais nommés et rémunérés par le roi), qui sont chargés d'encaisser les recettes royales, déjuger en appel, de transmettre les ordres royaux et de lever l'ost. Il est interdit aux officiers royaux de recevoir des présents des justiciables ou des administrés, aux baillis d'en offrir aux auditeurs des comptes, aux membres du conseil royal ou aux enquêteurs envoyés dans les baillages et sénéchaussées pour les contrôler, aux agents du roi d'acquérir des terres et de marier leurs enfants dans leur juridiction. '"
Un grand réformateur
Ce saint roi est, dans son devoir d'Etat, un grand réformateur que pousse un souci constant de la justice et de la charité. Il dote la royauté des outils indispensables à l'accomplissement de ses tâches régaliennes, en matière de justice, mais aussi monétaire avec la création du gros tournois, monnaie d'argent qui a cours dans tout le royaume, à l'inverse des monnaies seigneuriales. Sous son règne apparaissent, issues de la cour du roi (Curia régis), à côté du Conseil du roi, la « Curia in parlamanto », qui donnera le Parlement, et la « Curia in compotis », qui deviendra la Cour des comptes.
Equilibre politique
Mais sa charité ne l'empêche pas d'être sourcilleux sur le chapitre de ses prérogatives et de ses droits lorsque les intérêts de la France sont en cause. Le roi Henri ni d'Angleterre, qui s'allie contre le roi de France avec de grands vassaux turbulents, l'apprend à ses dépens les 21 et 23 juillet 1242, aux batailles de Taillebourg et de Saintes. Les papes Grégoire IX, puis Innocent IV, aux ambitions théocratiques, le vérifient aussi : non seulement le roi de France refuse d'épouser la querelle qui les oppose à l'Empereur du Saint-Empire, Frédéric II, mais il refuse d'admettre que « c'est dans l'Eglise que sont déposés les deux glaives, emblème des deux pouvoirs », le spirituel et le temporel, comme le prétend Innocent IV dans une Encyclique de septembre 1245. Saint Louis refuse ainsi de profiter du différend entre le pape et l'Empereur pour agrandir ses territoires ou même, comme le lui suggère Grégoire IX, installer son propre frère sur le trône impérial. Au temporel, l'Empereur, comme le roi de France, est maître chez lui, répond le prince chrétien. Voilà qui pourrait plaire même à nos modernes laïcards !
De même, il ne profite pas de sa victoire sur Henri ni pour bouter complètement l'Anglais hors de France, mais préfère recevoir son hommage et l'avoir pour vassal. Question de justice, toujours. Louis IX agrandit le pré carré, mais n'a rien d'un faiseur d'empire : son royaume suffit à ce sage. Le saint roi en a retiré un prestige qui a fait de lui un arbitre entre les princes européens et le premier souverain de son temps. Au demeurant, il a laissé la France territorialement plus grande et la royauté beaucoup plus forte qu'il ne les avait trouvées. Il fut à n'en pas douter l'un des plus grands constructeurs de notre pays : nos européistes y auront sans doute vu une circonstance aggravante.
Hervé Bizien Monde&Vie mai 2014
I. Cf. Le Roman de Saint Louis, Philippe deVilliers.Albin Michel. 

dimanche 1 juin 2014

Des photos inédites des tranchées durant la Grande Guerre dévoilées

Des clichés datant de la Première Guerre mondiale ont été rendus publics. Ils illustrent les conditions de vie des poilus dans les tranchées.
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Pour en finir avec l’Inquisition


Fanatiques torturant et immolant des innocents rendus coupables d’hérésie, l’Inquisition et ses serviteurs comptabilisent à eux seuls de nombreux préjugés erronés, issus pour la plupart de la pensée des Lumières si prompte à critiquer l’Église, mais également par les historiens républicains du XIXe et jusque dans les années 1950-60, toujours dans une optique anticléricale, reprise de nos jours par la sphère bien pensante du milieu politique et journalistique pour dénoncer un événement « arbitraire », démontrant une fois de plus son ignorance et son hypocrisie totale quant à la lutte face aux préjugés. Nous avons décidé de faire la lumière sur cette justice extraordinaire que fut l’Inquisition. Par commodité, nous ne traiterons que l’origine et l’application de l’Inquisition dans le royaume de France entre le XIe et la fin du XIIIe siècle.
Introduction
Avant de parler de l’Inquisition, nous aimerions mettre les choses au clair et apporter au lecteur une méthode de compréhension de l’événement historique sujet à caution. L’Histoire n’est pas manichéenne, elle n’est pas le récit de la lutte entre les bons et les mauvais, entre les justes et les injustes, entre le Bien et le Mal, pas plus qu’elle n’est le produit de la lutte des classes. Pour comprendre un événement ou une période historique, comme par exemple le Moyen Âge, il faut se replacer dans le contexte de l’époque et « dans la tête » d’un contemporain. Juger l’Inquisition et la lutte contre l’hérésie avec notre œil d’homme du XXIe siècle conduit forcément à une erreur d’interprétation, où l’on verrait un combat entre une Église tyrannique et intolérante combattant contre la liberté de culte et d’expression, deux notions qui, soit dit en passant, sont totalement inconnues à l’époque. De même que juger le christianisme et le dogme de l’Église au travers de la pensée païenne de la Grèce ou de la Rome antique conduit forcément à une mauvaise compréhension des faits, voire à une partialité réductrice digne des Lumières envers l’Église, faisant passer les cultes païens germaniques pour de joyeuses fêtes folkloriques, l’hérésie cathare pour un courant écologiste progressiste et non violent en plein Moyen Âge, alors que le catholicisme serait considéré comme une régression intellectuelle et un frein à une conception moderne de la liberté, inconnue au Moyen Âge.
L’hérésie, un péril où chacun est concerné
Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’hérésie au Moyen Âge est une déviance, due à une remise ne cause de la Trinité et du dogme de l’Église, sans lequel le salut ne peut s’excercer. Or, l’Église est universelle et son objectif ultime est d’assurer le salut des âmes des « gens des Nations » par l’unité de la foi sur Terre. Prenons comme exemple un corps humain représentant la chrétienté, dont la tête serait le Christ. Chaque partie du corps humain représente chaque chrétien. L’unité de la foi assure la bonne santé dudit corps, au nom du Christ, la tête, sans qui le Salut est impossible. Si l’une des parties du corps est malade, deux solutions sont possibles pour éviter la propagation à l’ensemble de l’organisme : 1) la guérison de l’hérésie par tous les moyens dont dispose l’Église : prédication, évangélisation, excommunication, interdit ; 2) l’ablation du membre si aucun remède ne fonctionne, autrement dit, appel au bras séculier, seul capable de mettre en œuvre la torture et la répression violente, sans quoi l’intégralité du corps sera parasité et le salut de tous sera compromis. En cela, tous les chrétiens sont acteurs de cette universalité de la foi en Christ. Ainsi, on le verra, l’Inquisition ne choquait personne et était approuvée par une large majorité de la population, car créait un sentiment d’appartenance à une même communauté, l’adversité renforçant les liens entre les membres identifiés d’une même communauté.
L’hérésie languedocienne, définition et condamnation
Le catharisme se développa dans le Sud-Ouest de la France, où l’Église carolingienne s’était moins bien développée que dans le reste du royaume, c’est-à-dire au Nord de la Loire (lire notre article sur le Catharisme). Comme le note Jean Chélini, les déviances religieuses s’appuyaient généralement sur des sentiments régionalistes. L’hérésie languedocienne, comme les autres déviances de cette époque, sont paradoxalement dues entre autre chose à la volonté de réforme profonde de l’Église, initiée dès le XIe siècle et connue sous le nom de « réforme grégorienne ». Cette réforme avait encouragé l’instruction des laïcs en matière religieuse et avait entrainé chez certains une curiosité spirituelle qui les a conduit à rechercher d’autres moyens d’assurer leur salut dans des formes hétérodoxes.
L’hérésie languedocienne est une des formes les plus virulentes et les plus dangereuses de ces déviances apparues au cours du siècle. Ses fondements remontent probablement aux premiers balbutiements du christianisme en Orient et reposent sur un manichéisme simple : selon la doctrine, l’univers serait en proie à la lutte permanente entre le Bien et le Mal, le Bien ayant créé l’Esprit, le Mal la matière, ce qui revient à dire que l’Univers a été créé non pas par Dieu, mais par Satan.
Aux yeux de cette secte, Jésus n’est pas le fils de Dieu, mais un ange dont la vie terrestre n’était qu’une illusion. Autrement dit, les cathares ne voient en la Passion qu’une illusion, car Jésus étant un ange ; il ne peut pas mourir et ne peut donc, logiquement, ressusciter le troisième jour. De même, Marie n’était qu’une illusion également, un pur esprit. Pour les cathares, lorsque le corps meurt, il reste dans le royaume terrestre du Démon, alors que l’âme rejoint le monde des esprits.
Les cathares se fondent sur une morale à deux étages : la majorité, appelée « croyants », n’est soumise à aucune contrainte morale ou de vie. À l’inverse, les élites de la société cathare, appelées « parfaits », forment le noyau de cette secte. Ayant rompu tout lien avec leur famille, ils vivent en communauté et s’astreignent à une vie très rude : jeûne permanent entraînant parfois des morts par inanition, interdiction de tout rapport sexuel, obligeant les « parfaits » à quitter leur conjoint et à vivre une vie de célibat. Mais, et c’est là que l’on voit que le catharisme est plus une secte qu’une Église de par la non-unité du dogme, certains parfaits ne sont pas opposés aux rapports charnels, mais critiquent l’intrusion du mariage. En somme, ils prônent la liberté sexuelle[1]. De ce fait, le catharisme, plus qu’une hérésie, est une parfaite remise en cause de l’Église et de la société féodale telle qu’elle existe à l’époque. Cette secte se développa très vite dans la région, touchant nombre de membres de la cour comtale de Toulouse.
L’Église ne tarde pas à réagir : le concile de Latran IV de 1215 condamne l’hérésie cathare dans le canon I et réaffirme ensuite avec vigueur tous les points de la doctrine catholique contestés pas les hérétiques :
Dieu est le seul créateur de toutes choses,
Seul le prêtre peut donner les sacrements, alors que les « parfaits » se considéraient capables de transmettre une sorte de sacrement tout-puissant[2] par l’apposition des mains (consolamentum),
Le pain et le vin sont nécessaires lors de la célébration du sacrifice, où se produit la transsubstantiation du pain et du vin, qui deviennent alors la chair et le sang du Christ (Matthieu XXVI, 26-30),
Le mariage des laïcs est bon et n’empêche nullement d’atteindre le salut de l’âme.
Le canon III, le plus important pour notre sujet, met en place les moyens de la répression que l’on appellera Inquisition par la suite : les hérétiques reconnus coupables devaient être livrés au bras séculier (la justice laïque), leurs biens devaient être confisqués. Les receleurs d’hérétiques devaient être excommuniés et bannis de toute fonction publique ; les évêques ayant au sein de leurs diocèses des hérétiques devaient mener une enquête et faire appliquer les sanctions canoniques prévues, les évêques négligents seraient déposés, on ne pouvait prêcher qu’avec l’accord écrit du pape ou de l’évêque ordinaire. Lorsque la croisade fut déclarée, les croisés recevaient les mêmes privilèges spirituels que lors des croisades en Terre Sainte. Le concile de Latran IV dépouilla officiellement Raymond IV du comtat de Toulouse ainsi qu’à toute sa famille.
La répression de l’hérésie par l’Inquisition
L’Inquisition est officiellement créée en 1231 par le pape Grégoire IX au travers de la bulle Excommunicatus. Cependant, l’Église n’a pas attendu cette date pour lutter contre l’hérésie. On l’a vu, le rôle de combattre les hérétiques échoit aux évêques, qui depuis les premiers siècles du christianisme ont cette mission. Nous allons ici pouvoir casser la légende noire de l’Inquisition : il n’a jamais été dans les habitudes de l’Église de rafler les hérétiques de manière arbitraire et de tous les livrer au bûcher. En réalité, le meilleur moyen pour lutter contre les hérésies et contre le paganisme en son temps, fut, comme le disait saint Bernard de Cîteaux, par les arguments et non par la violence. Ainsi, la prédication, le débat public pour confronter les hérétiques à leurs erreurs fut la première arme de l’Église contre les cathares. Si les légats pontificaux envoyés par Innocent III dès 1198 dans le Midi échouèrent, ce fut moins le cas de Dominique de Guzman, jeune chanoine castillan qui traversa le Languedoc où il constata les ravages que provoquait le catharisme. Avec l’accord de son évêque, Diègue d’Ozma, Dominique parcourut la région pendant dix ans afin de prêcher la vraie foi parmi les hérétiques, afin de les ramener dans le droit chemin. C’est là qu’il fonda l’ordre des dominicains, qui regroupait d’anciens cathares ayant abjuré.
Si, comme on l’a vu, l’Inquisition nait officiellement en 1231, ce n’est en réalité que l’aboutissement d’un processus que certains font remonter au traité de Paris, mais qui, selon Jean Chélini, remonte au concile de Vérone de 1184, où le pape Lucius III condamne pour la première fois l’hérésie néo-manichéiste (les cathares) ainsi que d’autre courants hérétiques. Il est décrété que le pouvoir civil doit assistance pleine et entière aux évêques pour lutter contre l’hérésie (ce qui n’est qu’un rappel de la tradition de l’appui du bras séculier) sous peine d’excommunication. De même, les populations civiles sont invitées à dénoncer les hérétiques aux évêques.
Le concile d’Avignon de 1209 décrète que chaque paroisse comportera désormais un tribunal composé d’un laïc et d’un religieux chargé de démasquer les hérétiques et leurs complices, disposition confirmée par le canon III du concile de Latran IV de 1215. Les ordres mendiants vont être chargés de traquer l’hérésie et de l’éradiquer, ils formeront le fer de lance de l’Inquisition.
L’Inquisition à sa création sous le pontificat de Grégoire IX (1227-1241) possède un caractère indépendant. Reflet des ambitions théocratiques de Grégoire, l’Inquisition se place directement sous la juridiction du pape, et ne dépend d’aucune juridiction civile ou ecclésiastique autre. L’Inquisition est une justice extraordinaire, qui supplante toute forme de droit ou de coutume. Elle est « la manifestation et l’instrument du pouvoir pontifical »[3]. C’est une justice rationnelle, qui élabore des manuels, précis et pratiques. L’Inquisition tient des registres de toutes les personnes accusées d’hérésie. Elle repose sur la procédure d’enquête (inquisitio en latin). Le but est de recueillir l’aveu de l’accusé, car cet aveu permet le pardon et la repentance. Le recours à la torture, uniquement utilisée lorsque les accusés refusaient d’avouer malgré les preuves, car les preuves étaient nécessaires, était utilisé, même s’il restait exceptionnel. En réalité, les peines et les moyens utilisés par l’Inquisition étaient loin de ce que l’on veut nous faire croire aujourd’hui : l’inquisiteur, arrivé sur place, décrète deux édits, l’un ordonnant la dénonciation des hérétiques par la population, si celle-ci est ostentatoire[4] sous peine d’excommunication, l’autre ordonnant aux hérétiques d’abjurer sous un délai de 15 à 30 jours pour être pardonné. En cas de refus, les récalcitrants font l’objet de poursuites.
Jean Sévillia nous explique dans Historiquement correct, que l’Inquisition était une justice tempérée et paperassière. Nous pouvons aller en ce sens, mais émettre quand même une critique : contrairement à Sévillia, Jean-Louis Biget, spécialiste reconnu de l’Inquisition et de l’hérésie cathare, affirme que l’accusé n’avait aucun recours en appel ni la possibilité de produire de témoins ou d’avoir un défenseur. Cependant, les faux témoignages étaient également poursuivis, ceci étant un péché mortel (Exode XX 16).
Cependant, tous deux vont dans le même sens en ce qui concerne les peines : alors que les manuels scolaires dépeignent des hérétiques persécutés voués aux pires châtiments, la réalité est encore une fois dépassée par le mythe. Les chiffres montrent que sur les 930 sentences que prononce par exemple l’inquisiteur Bernard Gui à Albi entre 1308 et 1323 on compte : 139 acquittements, 286 pénitences religieuses (imposition de croix, pèlerinage ou service militaire en terre Sainte), 307 incarcérations, 156 sentences diverses (allant de l’exposition au pilori à la destruction de maison ou à l’exil) et seulement 42 condamnations au bûcher. À noter qu’en ce qui concerne la torture et la mise à mort, seul le pouvoir civil possédait cette capacité jusqu’en 1252, où Innocent IV l’autorise pour les tribunaux ecclésiastiques à condition que le prisonnier ne soit ni mutilé, ni que son sang ne coule. De même, la papauté veille au grain : les abus des inquisiteurs sont réprimandés.
Conclusion
Certes, l’Inquisition ne fut pas toujours tendre envers les hérétiques, mais il faut se replacer dans le contexte de l’époque pour concevoir le fait que ce tribunal n’était en rien un instrument de tyrannie, mais bien un outil pour rétablir la paix et l’unité de la chrétienté. L’hérésie cathare disparut presque totalement du Sud-Ouest dans les années 1320, ses adeptes revenus dans la foi catholique ou bien exterminés (au sens latin du terme : ex terminis : « hors des frontières », c’est à dire contraints à l’exil en Allemagne ou en Italie). Il n’y a en effet jamais eu de massacres de cathares : la célèbre phrase attribuée au légat Amaury en 1209 : « tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens », a en réalité été écrite cinquante ans après le sac de Béziers où fut théoriquement prononcée cette fameuse harangue, par un moine allemand, Césaire de Heisterbach, dans son œuvre Le livre des miracles.
Bibliographie
GAUVARD Claude (dir.), Dictionnaire de la France médiévale, paris PUF, 2011
CHELINI Jean, Histoire religieuse de la France médiévale, Paris, Pluriel, 2010, 663 p.
SEVILLIA Jean, Historiquement correct, Paris, Tempus, 2003 (rééd. 2013), 510p.

Voilà ce qui arrive quand les Royalistes sont au pouvoir :

http://www.actionroyaliste.com/bibliotheque-du-gar/les-revues-sociales-asc/1363-voila-ce-qui-arrive-quand-les-royalistes-sont-au-pouvoir-