La
plupart des biographes de Lyautey ont été en général fort sobres au
sujet de son court passage au gouvernement en qualité de ministre de la
Guerre. Peut-être ont-ils pensé que cet épisode, dont la durée n'a pas
excédé onze semaines, de fin décembre 1916 à mi-mars 1917, n'offrait
dans une existence par ailleurs si riche et si bien remplie qu'un
médiocre intérêt. Ou bien, cette brève période d'une grande carrière
ayant constitué en somme un échec, convenait-il de ne point s'y
appesantir. Erreur. La réussite ou l'échec dans la vie d'un homme n'ont
point de signification majeure : il y a des échecs qui grandissent et
des réussites qui déshonorent. En l'espèce, l'éphémère participation de
Lyautey à un gouvernement métropolitain à un moment critique de la
guerre de 1914 est très riche d'enseignements et projette une nouvelle
clarté sur les qualités essentielles qui, si les circonstances s'y
fussent prêtées, eussent fait de Lyautey un merveilleux conducteur de
peuple.
Premières déceptions
La
fin de l'automne 1916 et le début de l'hiver qui suivit marquait dans
le déroulement de la Première Guerre mondiale une sorte de point mort,
une phase d'attente avant l'ouverture indécise d'un nouveau chapitre. Un
cauchemar, celui de Verdun, avait été clos au prix de sacrifices et
d'un effort intenses. Après cette flambée d'héroïsme et cette affreuse
hémorragie, quelle direction nouvelle fallait-il imprimer à cette guerre
qui durait, s'invétérait comme un mal chronique dont on ne pouvait
concevoir la fin ?
Le
pays s'inquiétait. Chantilly s'endormait dans la sérénité olympienne
d'un petit univers bureaucratique et clos : Plutarque commençait à
mentir. Lourd de ses vingt-trois membres, le gouvernement sous la
direction fluente de Briand était divisé, mal informé, impuissant à
imprimer à la guerre une impulsion efficace et des impératifs
méthodiques. L'opinion publique voulait qu'on sortît de l'immobilisme,
réclamait des initiatives, s'énervait : Clemenceau lui prêtait sa voix.
Après
des débats houleux à la Chambre, Briand obtint la confiance
traditionnelle, mais assortie d'une mise en demeure de remanier son
ministère pour en faire un organisme d'action. Il fallait donc choisir
un ministre de la Guerre qui, après l'interrègne falot du général
Roques, eût le prestige et l'autorité d'un Galliéni, prestige d'autant
plus nécessaire qu'on allait démanteler la citadelle de Chantilly en
substituant à son omnipotence dans la conduite de la guerre celle d'un
Comité de Guerre composé, à l'exemple britannique, des ministres des
Affaires étrangères, de la Guerre, des Finances et de l'Armement
(celui-là nouvellement institué) et qu'on envisageait la nomination en
qualité de commandant des Armées du Nord et de l'Est d'un nouveau
généralissime effectif, tout en laissant à Joffre son titre assorti de
celui de conseiller technique militaire du gouvernement.
Deux
grands coloniaux dans la période initiale de la guerre avaient conjuré
le désastre : Joffre et Galliéni. On compléta la trinité des coloniaux
en recourant à Lyautey, et malgré certaines hésitations, en dépit de
quelque pressentiments peut-être, le constructeur du Maroc ne pouvait
pas ne pas répondre à l'appel pressant qui lui était adressé.
Mais
d'entrée de jeu, certains procédés le surprirent et le froissèrent.
C'est ainsi qu'il apprit par l'Agence Havas, sans en avoir été au
préalable averti, que le Département de la Guerre n'aurait désormais
plus sous son contrôle la direction de l'armement et des fabrications de
guerre ni celle des transports et du ravitaillement. « On m'offre un ministère amputé
», télégraphiait-il de Rabat. Aussi réservait-il son acceptation
définitive après examen sur place de sa véritable situation au sein du
gouvernement.
À
l'arrivée à Paris, nouvelle déception. L'amiral Lacaze, intérimaire, a
déjà investi le général Nivelle des fonctions de généralissime à la tête
des Armées du Nord et de l'Est. Lyautey fut très contrarié de n'avoir
eu aucune part à la prise d'une telle décision. La résolution
complémentaire de créer au profit de Joffre le poste de conseiller
technique du gouvernement le choquait également. L'état-major de ce
conseiller technique n'allait-il pas entrer en conflit avec celui du
ministre, et ce dernier, au demeurant, n'était-il point, en fait, le
véritable et naturel conseiller du Comité de Guerre ?
Avant
même d'avoir pris le moindre contact rue Saint-Dominique, Lyautey
s'installa chez lui rue Bonaparte passablement hérissé, décidé à
n'entrer en fonctions que sous bénéfice d'inventaire. Il fallait à tout
prix calmer, apprivoiser ce pur-sang qui n'admettait guère la longe et
qui déjà se cabrait... Philippe Berthelot, envoyé en éclaireur par
Briand, accourut pour porter les premiers apaisements. La logique
persuasive et le prestige lorrain de Poincaré, la caressante et cordiale
bonhomie de Briand firent le reste. Le gouvernement comptait sur la
camaraderie coloniale nouée à Madagascar pour atténuer la mauvaise
humeur de Joffre qui parlait de se retirer sous sa tente. Lyautey avec
un tact parfait réussit à faire accepter au vainqueur de la Marne un « modus vivendi » honorable.
De
son côté, Lyautey finit par acquiescer à la réduction des attributions
naguère dévolues à son département en cédant au caractère impérieux des
nécessités nouvelles qui commandaient la mise au jour de deux ministères
supplémentaires, celui du Ravitaillement et des Transports confié à
Herriot et celui de l'Armement assumé par Albert Thomas, avec de part et
d'autre deux sous-secrétaires d’État, Claveille et Loucheur. Il
comprit, en outre, que le rôle du ministre était d'administrer l'armée
et de pourvoir à ses besoins avec l'assistance de ces deux organismes et
que la conduite politique de la guerre relevait du gouvernement qui
fixait ses buts, le généralissime étant affecté à la conduite technique
des opérations. Il reconnut enfin qu'il n'avait aucune prévention
personnelle à l'endroit de Nivelle et qu'il l'attendait à l'œuvre et
tout d'abord à l'exposé de ses conceptions.
« On va sacrifier des milliers de personnes pour rien… »
En
fait, dès le lendemain de ses entrevues avec Poincaré et Briand,
Lyautey reçut, toujours rue Bonaparte, la visite de Nivelle qui venait
prendre contact et lui remit un petit papier résumant l'économie de ses
projets. Lyautey ne manifesta point d'opinion, mais, relate Wladimir
d'Ormesson, auteur d'un « Auprès de Lyautey » (dont il avait été l'officier d'ordonnance au Maroc) paru en 1963 chez Flammarion, « après
le départ du général Nivelle, il donna de multiples signes d'agacement,
d'impatience. On sentait qu'entre le généralissime et lui "ça n'avait
pas collé" ».
Le
1er février 1917, les choses devaient d'ailleurs se gâter quand le
colonel Renouard, mandaté par le GQG, vint exposer au ministre, dans
tous ses détails, le fameux plan Nivelle.
André
Maurois avait déjà donné une version dramatique de l'entrevue de
Lyautey avec cet officier qui avait travaillé sous ses ordres dans le
Sud-Oranais. Figé dans l'attitude que lui imposait la mission dictée par
son chef du moment, il ne répondait rien aux objurgations de Lyautey
qui, bouleversé par la communication dont il venait de prendre
connaissance, lui demandait d'homme à homme, sous le sceau du secret,
quel était son sentiment sur le document entre ses mains : « Allons,
voyons, mon petit Georges, regarde-moi droit dans les yeux...
Remets-toi un instant dans la peau de l'officier d'ordonnance
d'Aïn-Sefra et dis-moi la vérité... Que penses-tu de tout cela ? » Alors le colonel abandonna son masque et se mit à pleurer : « Mon général, dit-il tout bas, je pense comme vous... »
Le
surlendemain de l'entrevue avec le colonel Renouard, dans le train qui
menait le général et sa suite sur le front belge pour une visite auprès
du roi, Lyautey se retrouve avec M. d'Ormesson, qui témoigne : « Son
courrier fait, Lyautey se mit à tourner en rond dans l'étroit wagon
comme un écureuil dans sa cage. Cela lui arrivait parfois et c'était
toujours le signe d'une grande émotion. Tout d'un coup il éclata. Il
était au bord de la crise de nerfs. Il me dit - parce qu'il avait besoin
de parler, de s'extérioriser : « Vois-tu, mon petit, c'est affreux...
Je suis sûr, sûr, sûr... Je le sens, je le sais. C'est du « Kriegspiel
», cela ne tient pas debout, c'est insensé, je l'avais pressenti du
premier jour. Mes conversations avec Nivelle ne faisaient que me
confirmer dans mes craintes, maintenant il n'y a plus le moindre doute
dans mon esprit. J'ai compris, je suis sûr, sûr, sûr que je ne me trompe
pas... Avant même de savoir ce que je sais à présent, j'avais fait part
de mes anxiétés à Poincaré, à Briand... Ils me répondent toujours la
même chose : « Cela ne vous regarde pas... Vous n'êtes pas chargé des
questions militaires... Vous n'avez pas la responsabilité... Au surplus
vous venez du Maroc... Vous n'avez pas manié de grandes masses... Vous
n'avez pas l'expérience qu'ont nécessairement acquise ceux qui ont
commandé sur le Front de France... » C'est peut-être vrai d'ailleurs...
Peut-être Nivelle a-t-il raison ? Voit-il juste ? Peut-être ai-je tort ?
Et pourtant non, non, non, je suis sûr que mon instinct ne me trompe
pas... Je n'en peux plus d'assister aussi impuissant, désarmé, absorbé
par des besognes stupides ou sans importance quand j'ai la conviction
qu'on va sacrifier des milliers de personnes pour rien ; quand j'ai la
certitude que la guerre n'est pas menée sérieusement ; que ce n'est pas
comme cela qu'il faut agir ; qu'on perd un temps précieux, que nous
sommes au trentième mois de la guerre et que la France était déjà
saignée à blanc… » Lyautey était en proie à une véritable crise de
désespoir. Il ne pouvait plus se contenir. »
Qu'on
nous pardonne cette longue citation mais elle est capitale. Lyautey
avait vu juste. Son don d'intuition, son sens critique s'insurgeaient
contre l'élucubration dans l'abstrait, fondée sur le mépris de l'ennemi
et la surestimation des forces propres dont on dispose, d'un de ces
stratèges à plan (et rata-plan), imbus d'une immense satisfaction
d'eux-mêmes et d'une obstination correspondante qui les font s'engager
dans l'erreur et, c'est le pire, en dépit du résultat désastreux qui en
est le fruit, persistent à soutenir qu'eux seuls avaient raison et que
les faits seuls en l'occasion avaient tort. De récents conflits ont
montré que l'espèce de ces dangereux va-t-en-guerre n'est pas éteinte.
En
dehors des conseils et des audiences, des visites de parlementaires
venus l'entretenir de petites histoires de leurs circonscriptions,
recommandations ou passe-droits à rétablir affectant leurs électeurs, de
colloques avec des généraux peu perméables, Lyautey devait faire face à
tout moment à de menus accrochages ou obstacles répétés qui
l'accablaient.
Afin
de discuter de la conduite des opérations, la Chambre voulait une fois
de plus instituer une séance secrète. Lyautey insista près de Briand
pour que le gouvernement s'y opposât. L'aviation était encore une arme à
ses débuts ; on ne pouvait étaler son programme de création, les
problèmes délicats s'y rapportant, devant six cents parlementaires sans
risque d'indiscrétion. Des dirigeants allemands ne s'étaient-ils pas
vantés auprès de certains neutres d'avoir en main les comptes-rendus
complets des débats en comité secret très peu de temps après les séances
? Briand avait pour méthode de ne point s'opposer de front à ses
ministres ; quitte à « attendre et voir » et à en faire ensuite
à sa tête. Il se déclara d'accord avec Lyautey. Fort de cette
assurance, celui-ci partit pour Londres où une importante conférence
interalliée allait avoir lieu. Briand, qui devait en faire partie, se
récusa au dernier moment en raison du climat politique orageux qu'il
convenait, assurait-il, de surveiller de près.
À
son retour de Londres, le 14 mars, Lyautey, se rendant au Quai d'Orsay,
y apprit que Briand n'avait pu résister à la pression parlementaire et
se trouvait forcé d'accepter le comité secret. Il s'inclina, mais,
durant le déroulement des débats, resta muet pour marquer sa
réprobation, laissant s'expliquer les officiers désignés en qualité de
commissaires du gouvernement.
Il
ne prit la parole qu'à la reprise de la séance publique. Mais, voulant
démonter l'inopportunité d'une telle procédure, il déclara tout à trac
au début de son discours que cette méthode fâcheuse « exposait la Défense nationale à des risques pleins de périls
». La suite est souvent racontée. Aussitôt tumulte indescriptible,
concert d'interruptions, clameurs. Malgré les efforts de Deschanel qui
tentait d'apaiser la tempête, Lyautey ne put continuer, gagna la sortie.
Le soir même, il démissionnait. Briand, pendant l'algarade, était resté
immobile à son banc sans intervenir. Le départ de Lyautey allait
entraîner d'ailleurs la chute du cabinet tout entier.
M.
d'Ormesson se demande à la fois comment Lyautey avait pu commettre une
telle faute de tactique oratoire et pourquoi ce manque d'adresse avait
entraîné un tollé aussi violent. Il est bien certain qu'enrobée dans le
cours ou à la fin d'un discours par ailleurs plein de bon sens et de
vues saines et justes, d'après le texte qui nous en a été conservé, et
que la Chambre ne devait pas connaître, la phrase incriminée aurait
peut-être soulevé des « mouvements divers » mais que, survenant
en guise d'exorde alors que l'attention de l'auditoire n'était pas
encore émoussée, mais au contraire toute tendue, elle cinglait de front
l'amour-propre à vif de l'assemblée nerveuse. La vérité est qu'il y
avait, dans les couloirs et sur les travées de la Chambre, un climat
défavorable à l'endroit de Lyautey alors même qu'il avait su plaire aux
parlementaires ayant eu directement affaire à lui.
Lyautey
avait ramené du Maroc ses fidèles immédiats, militaires de métier, gens
du monde mobilisés, agents de la Carrière, tous hommes jeunes, certains
bien titrés dans l'armoriai et convaincus de son génie. Du côté de
Lyautey, aucune mégalomanie, pas de trace d'auto-mysticisme le
transformant à ses yeux propres en oint du seigneur appelé par un décret
nominatif de la Providence à s'identifier à la France, mais simplement,
en une passe difficile de son histoire, le désir simple et puissant de
la servir de toute la force de son intelligence et de son expérience. Un
Lorrain patriote, sans croix de Lorraine.
Malheureusement
ni l'un ni les autres ne connaissaient les milieux parlementaires, leur
susceptibilité touchant leurs privilèges et leur méfiance vis-à-vis
d'un soldat prestigieux, mais considéré comme réactionnaire, entré dans
leurs jeux par la bande.
« Je me meurs de la France »
Les
quelques semaines passées par Lyautey au ministère ne furent pourtant
pas inutiles. Il fit preuve de clairvoyance non seulement dans l'examen
du plan Nivelle qu'il déplorait et dont il fut impuissant à empêcher
l'exécution qui devait confirmer ses craintes, mais encore dans les
conférences interalliées de Rome et de Londres où il plaida
chaleureusement la réorganisation du commandement dans le sens d'une
unité étroite et solidaire que Clemenceau un peu plus tard devait faire
aboutir.
Les
décisions primordiales dans la conduite de la guerre prises tour à tour
par Painlevé et Clemenceau, Lyautey en traça le chemin. Ce fut dans ces
deux ministères que le ministère Lyautey porta ses fruits. « Son échec,
dit M. d'Ormesson dans une excellente formule, fut un effort prématuré.
» Ajoutons : fécond et décisif.
Il
n'y eut pourtant que le maréchal Pétain pour rendre pleinement justice à
l'action de Lyautey durant son ministère. Ministre de la Guerre à son
tour en 1934, le jour des obsèques nationales du maréchal Lyautey, le
vainqueur de Verdun déclara : « Dans une claire notion des exigences
de l'heure, Lyautey comprit tout de suite qu'il fallait aux armées
alliées un chef suprême, faute de quoi les efforts les plus héroïques
resteraient vains et dispersés. C'est à la propagation de cette idée, à
la réalisation de la concentration nécessaire des volontés et des moyens
qu'il se consacra tout entier. Pour cela, il s'efforça de réunir dans
ses mains, comme il l'avait toujours fait, toutes les ressources, toutes
les forces, toutes les responsabilités. »
Après
cette expérience avortée, en dépit des efforts de quelques semaines
durant lesquelles l'imagination constructive et réaliste de Lyautey
s'était heurtée à un bloc infranchissable, le retour au Maroc fut pour
lui celui d'un prince exilé qui retrouve son royaume. Loin des
contraintes et des résistances occultes ou déclarées, le chef respirait à
nouveau, s'épanouissait à l'aise dans un cadre qui était le sien car il
l'avait formé.
Cependant,
il resta désormais dans l'âme de Lyautey une blessure secrète. Un
ressort était atteint, qui ne fut jamais entièrement retendu. Introduit
pour la première fois au sein d'un gouvernement dans une époque
dramatique, Lyautey s'était cru capable, confiant en sa "baraka", de
réaliser un haut dessein, s'il était appelé un jour à tenir la barre :
la visée de redresser la destinée de son pays qu'il sentait depuis
longtemps pleine de périls et d'incertitudes. Idée exempte chez lui de
tout appétit de pouvoir pour le pouvoir, unique goût de rénover et de
construire. Victime des circonstances et des hommes, il avait dû à
jamais cesser de caresser la chimère d'une telle entreprise. Il en
conçut une amertume qui le poursuivait sans cesse pendant sa vieillesse.
Il n'avait pu donner sa mesure sur un théâtre plus vaste que celui du
Maroc. Il n'avait plus foi en son étoile.
« J'ai raté ma vie
», répétait-il souvent. Aveu poignant, injustifié, chez cet homme
comblé d'honneurs, le dernier des grands proconsuls à l'apogée de notre
Empire. Dans ces années 1930 qui marquèrent à la fois la fin de
l'après-guerre de 14-18 et où commença l'avant-guerre de 1940-1944,
voyant grandir la montée des périls, il ajoutait : « Je me meurs de la France. » Il mourut le 27 juillet 1934.
« Mon pays me fait mal
», devait aussi dire dans sa prison, dix ans plus tard, et à la veille
d'être fusillé, pressentant les horreurs en cours et à venir de la
Libération, un jeune écrivain ardent et noble que Lyautey, s'il avait
tenu un tel sort entre ses mains, n'aurait jamais fait mourir.
C'est
une des mélancolies de l'histoire que d'y voir surgir des hommes comme
Lyautey marqués pour un grand destin de conducteur ou de réformateur et
qui n'ont pu l'accomplir parce qu'ils sont venus trop tôt ou trop tard,
enfin pas au moment.
Frédéric BARTEL. Écrits de Paris décembre 2010