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samedi 25 avril 2015

Génocide arménien : les responsabilités de l'islamisme, des Jeunes Turcs, de la franc-maçonnerie

A l'occasion du centenaire du terrible génocide des chrétiens arméniens pour les Turcs, Bernard Antony publie un ouvrage intitulé "Le génocide arménien 1915-2015".
G"« Génocide arménien » : c'est l'expression dans laquelle se resserrent, autour de l'évocation du sort du peuple quantitativement le plus massacré dans le premier quart du XXème siècle, les tragédies des exterminations qui ont visé jusqu à nos jours, phase finale, à l'anéantissement de tous les chrétiens habitant dans les actuels pays de Turquie, d'Irak et de Syrie. Le génocide dit arménien a été en effet, après les massacres du XIXème siècle, celui d'une continuité d'éradication aussi des Assyro-chaldéens et des Grecs du Pont et d'Asie Mineure. Le 24 avril 1915, date de la déportation vers la mort des élites arméniennes sur décision du gouvernement des Jeunes Turcs marque, certes, le début du grand génocide des années 1915-1916, mais parachevé après 1918 par Mustafa Kemal sur le territoire de l'actuelle Turquie et continué ensuite jusqu à nos jours en Syrie et en Irak.
Bernard Antony, à travers les témoignages, en évoque les indicibles abominations dans toute l'étendue du mystère du mal. Il en rappelle, dans le refus des occultations révisionnistes ou négationnistes, les responsabilités convergentes du fanatisme islamique et des Jeunes Turcs, à la croisée de la franc-maçonnerie, des influences donmeh et du jacobinisme français."

jeudi 14 novembre 2013

17 novembre : commémoration des crimes commis à Nantes sous la Révolution

Le Souvenir Chouan de Bretagne (SCB) organise dimanche 17 novembre à Nantes la commémoration annuelle et solennelle des crimes perpétrés par le représentant en mission révolutionnaire Jean-Baptiste Carrier contre les Nantais en général et les catholiques en particulier.
En 1793 et 1794, fusillades, exécutions hâtives, puis noyades lorsque les balles finissent par manquer au pouvoir criminel se succèdent à Nantes. Les carrières de Miséry et la Loire deviennent le Golgotha de la capitale bretonne. Il est nécessaire aujourd’hui – alors que certains bateleurs politiques appellent à une République à outrance – de garder la mémoire des crimes originels de celle-ci et d’empêcher qu’ils se reproduisent.
"Jean-Baptiste Carrier va inaugurer dans la nuit du samedi 16 au dimanche 17 novembre 1793 un mode d’extermination moderne: Les Noyades. Il n’en est pas l’inventeur car des expériences ont déjà eu lieu aux Ponts de Cé dans le Maine et Loire. Les premières victimes, dans la nuit du samedi 16 au dimanche 17 novembre 1793, sont des prêtres dont l’âge va de 29 à 81 ans.
D’autres Noyades vont suivre et  se poursuivre après le départ de Carrier en février 1794. Elles toucheront des personnes différentes, hommes, femmes, enfants et s’accélèreront après la débâcle de Savenay (23 décembre 1793).
Jamais un procédé aussi ignoble n’avait été inventé pour se "débarrasser" en masse d’opposants ET MAJORITAIREMENT NON COMBATTANTS. On parle des Noyades comme d’un crime réel mais de façon intemporelle. A-t-on imaginé l’angoisse et la souffrance de ceux qui en ont été les victimes ? L’obscurité, l’eau qui monte dans les embarcations, la révolte, l’angoisse, l’eau qui envahit les bouches, les corps, les poumons ? La mort enfin avec toute ses souffrances ? Et l’ultime question : Mais qu’est-ce que j’ai fait pour être ainsi traité ? »
Programme ici.
http://www.lesalonbeige.blogs.com/
  via http://aucoeurdunationalisme.blogspot.fr/

vendredi 7 décembre 2012

24 avril 1915 Le génocide arménien

Le samedi 24 avril 1915, à Constantinople (*), capitale de l'empire ottoman, 600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement. C'est le début d'un génocide, le premier du XXe siècle.
Il va faire environ 1,2 million de victimes dans la population arménienne de l'empire turc. Sur les horreurs de ces massacres, voir la vidéo ci-contre de l'INA (1982).
André Larané

La République turque et le génocide
La République turque, qui a succédé en 1923 à l'empire ottoman, ne nie pas la réalité des massacres mais en conteste la responsabilité et surtout rejette le qualificatif de génocide.
Les Turcs les plus accommodants attribuent la responsabilité des massacres à un régime disparu, le sultanat, ou aux aléas de la guerre. Le gouvernement d'Istamboul, allié de l'Allemagne contre la Russie, la France et l'Angleterre, pouvait craindre une alliance entre les Russes et les Arméniens de l'intérieur, chrétiens comme eux.
Ils font aussi valoir que ces massacres n'étaient pas motivés par une idéologie raciale. Ils ne visaient pas à l'extermination systématique du peuple arménien. Ainsi, les Arméniens de Jérusalem et de Syrie, alors possessions ottomanes, n'ont pas été affectés par les massacres. Beaucoup de jeunes filles ont aussi pu sauver leur vie en se convertissant à l'islam et en épousant un Turc, une «chance» dont n'ont pas bénéficié les Juives victimes des nazis... Pour les mêmes raisons, certains historiens occidentaux contestent également le qualificatif de génocide.

Un empire composite

Aux premiers siècles de son existence, l'empire ottoman comptait une majorité de chrétiens (Slaves, Grecs, Arméniens, Caucasiens, Assyriens....). Ils jouaient un grand rôle dans le commerce et l'administration, et leur influence s'étendait au Sérail, le palais du sultan. Ces «protégés» (dhimmis en arabe coranique) n'en étaient pas moins soumis à de lourds impôts et avaient l'interdiction de porter les armes.
Les premiers sultans, souvent nés d'une mère chrétienne, témoignaient d'une relative bienveillance à l'égard des Grecs orthodoxes et des Arméniens monophysites.
Ces derniers étaient surtout établis dans l'ancien royaume d'Arménie, au pied du Caucase, premier royaume de l'Histoire à s'être rallié au christianisme ! Ils étaient majoritaires aussi en Cilicie, une province du sud de l'Asie mineure que l'on appelait parfois «Petite Arménie». On en retrouvait à Istamboul ainsi que dans les villes libanaises et à Jérusalem.
L'empire ottoman comptait environ 2 millions d'Arméniens à la fin du XIXe siècle sur une population totale de 36 millions d'habitants.

Ébauche de génocide

Après une tentative de modernisation par le haut, dans la période du Tanzimat, entre 1839 et 1876, l'empire ottoman entre dans une décadence accélérée. Le sultan Abdul-Hamid II attise sans vergogne les haines religieuses pour consolider son pouvoir (les derniers tsars de Russie font de même dans leur empire).
Entre 1894 et 1896, comme les Arméniens réclament des réformes et une modernisation des institutions, le sultan en fait massacrer 200.000 à 250.000 avec le concours diligent des montagnards kurdes. À Constantinople même, la violence se déchaîne contre les Arméniens du grand bazar, tués à coups de gourdin.
Un million d'Arméniens sont dépouillés de leurs biens et quelques milliers convertis de force. Des centaines d'églises sont brûlées ou transformées en mosquées... Rien qu'en juin 1896, dans la région de Van, au coeur de l'Arménie historique, pas moins de 350 villages sont rayés de la carte.
Ces massacres planifiés ont déjà un avant-goût de génocide. L'Américain George Hepworth enquêtant sur les lieux deux ans après les faits, écrit : «Pendant mes déplacements en Arménie, j'ai été de jour en jour plus profondément convaincu que l'avenir des Arméniens est excessivement sombre. Il se peut que la main des Turcs soit retenue dans la crainte de l'Europe mais je suis sûr que leur objectif est l'extermination et qu'ils poursuivront cet objectif jusqu'au bout si l'occasion s'en présente. Ils sont déjà tout près de l'avoir atteint» (*).
Les Occidentaux se contentent de plates protestations. Il est vrai que le «Sultan rouge» fait le maximum pour dissimuler son forfait et même paie la presse européenne pour qu'elle fasse silence sur les massacres.
Abdul-Hamid II joue par ailleurs la carte de chef spirituel de tous les musulmans en sa qualité de calife. Il fait construire le chemin de fer du Hedjaz pour faciliter les pèlerinages à La Mecque. Il se rapproche aussi de l'Allemagne de Guillaume II. Mais ces initiatives lui valent d'être déposé en 1909 par le mouvement des «Jeunes-Turcs». 
À l'origine du sentiment national turc, ces derniers lui reprochent de livrer l'empire aux appétits étrangers et de montrer trop de complaisance pour les Arabes.
Les «Jeunes-Turcs» veulent se démarquer des «Vieux-Turcs» qui, au début du XIXe siècle, s'opposèrent à la modernisation de l'empire.
Ils installent au pouvoir un Comité Union et Progrès (CUP, en turc Ittihad) dirigé par Enver pacha (27 ans), sous l'égide d'un nouveau sultan, Mohamed V.
Ils donnent au pays une Constitution... ainsi qu'une devise empruntée à la France: «Liberté, Égalité, Fraternité».
Ils laissent espérer un sort meilleur aux minorités de l'empire, sur des bases laïques. Mais leur idéologie emprunte au nationalisme le plus étroit.
Confrontés à un lent démembrement de l'empire multinational et à sa transformation en puissance asiatique (l'empire ne possède plus en Europe que la région de Constantinople), ils se font les champions du «touranisme». Cette idéologie prône l'union de tous les peuples de langue turque ou assimilée, de la mer Égée aux confins de la Chine (Anatolie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, etc) (*).
Dès leur prise de pouvoir en 1909, les Jeunes-Turcs, soucieux de créer une nation turque racialement homogène, multiplient les exactions contre les Arméniens d'Asie mineure. On compte ainsi 20.000 à 30.000 morts à Adana le 1er avril 1909...
Ils lancent des campagnes de boycott des commerces tenus par des Grecs, des Juifs ou des Arméniens, en s'appuyant sur le ressentiment et la haine des musulmans turcs refoulés des Balkans.
Ils réécrivent l'Histoire en occultant la période ottomane, trop peu turque à leur goût, et en rattachant la race turque aux Mongols de Gengis Khan, aux Huns d'Attila, voire aux Hittites de la haute Antiquité. Ce nationalisme outrancier ne les empêche pas de perdre les deux guerres balkaniques de 1912 et 1913.

La Turquie dans la guerre de 1914-1918

Le 8 février 1914, la Russie impose au gouvernement turc une commission internationale destinée à veiller aux bonnes relations entre les populations ottomanes. Les Jeunes-Turcs ravalent leur humiliation mais lorsque la Grande Guerre éclate, en août de la même année, ils poussent le sultan Mahomet V à entrer dans le conflit, aux côtés des Puissances centrales (Allemagne et Autriche), contre la Russie et les Occidentaux.
Le sultan déclare la guerre le 1er novembre 1914. Les Turcs tentent de soulever en leur faveur les Arméniens de Russie. Mal leur en prend... Bien qu'en nombre supérieur, ils sont défaits par les Russes à Sarikamish le 29 décembre 1914.
L'empire ottoman est envahi. L'armée turque perd 100.000 hommes. Elle bat en retraite et, exaspérée, multiplie les violences à l'égard des Arméniens dans les territoires qu'elle traverse. Les Russes, à leur tour, retournent en leur faveur les Arméniens de Turquie. Le 7 avril 1915, la ville de Van, à l'est de la Turquie, se soulève et proclame un gouvernement arménien autonome.
Dans le même temps, à l'initiative du Lord britannique de l'Amirauté, un certain Winston Churchill, les Français et les Britanniques préparent un débarquement dans le détroit des Dardanelles pour se saisir de Constantinople.

Le génocide

Les Jeunes-Turcs profitent de l'occasion pour accomplir leur dessein d'éliminer la totalité des Arméniens de l'Asie mineure, une région qu'ils considèrent comme le foyer national exclusif du peuple turc. Ils procèdent avec méthode et brutalité.
L'un de leurs chefs, le ministre de l'Intérieur Talaat Pacha, ordonne l'assassinat des élites arméniennes de la capitale puis des Arméniens de l'armée, bien que ces derniers aient fait la preuve de leur loyauté (on a ainsi compté moins de désertions chez les soldats arméniens que chez leurs homologues turcs). C'est ensuite le tour des nombreuses populations arméniennes des sept provinces orientales (les Arméniens des provinces arabophones du Liban et de Jérusalem ne seront jamais inquiétés).
Voici le texte d'un télégramme transmis par le ministre à la direction des Jeunes-Turcs de la préfecture d'Alep : «Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l'âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n'ont pas leur place ici».
Le gouvernement destitue les fonctionnaires locaux qui font preuve de tiédeur, ainsi que le rapporte l'historien britannique Arnold Toynbee, qui enquêta sur place.
Dans un premier temps, les agents du gouvernement rassemblent les hommes de moins de 20 ans et de plus de 45 ans et les éloignent de leur région natale pour leur faire accomplir des travaux épuisants. Beaucoup d'hommes sont aussi tués sur place.
La «Loi provisoire de déportation» du 27 mai 1915 fixe le cadre réglementaire de la déportation des survivants ainsi que de la spoliation des victimes.
Dans les villages qui ont été quelques semaines plus tôt privés de leurs notables et de leurs jeunes gens, militaires et gendarmes ont toute facilité à réunir les femmes et les enfants. Ces malheureux sont réunis en longs convois et déportés vers le sud, vers Alep, une ville de la Syrie ottomane.
Les marches se déroulent sous le soleil de l'été, dans des conditions épouvantables, sans vivres et sans eau, sous la menace constante des montagnards kurdes, trop heureux de pouvoir librement exterminer leurs voisins et rivaux. Elles débouchent en général sur une mort rapide.
Survivent toutefois beaucoup de jeunes femmes ou d'adolescentes (parmi les plus jolies) ; celles-là sont enlevées par les Turcs ou les Kurdes pour être vendues comme esclaves ou converties de force à l'islam et mariées à des familiers (en ce début du XXIe siècle, beaucoup de Turcs sont troublés de découvrir qu'ils descendent ainsi d'une jeune chrétienne d'Arménie arrachée à sa famille et à sa culture).
En septembre, après les habitants des provinces orientales, vient le tour d'autres Arméniens de l'empire. Ceux-là sont convoyés vers Alep dans des wagons à bestiaux puis transférés dans des camps de concentration en zone désertique où ils ne tardent pas à succomber à leur tour, loin des regards indiscrets.
Au total disparaissent pendant l'été 1915 les deux tiers de la population arménienne sous souveraineté ottomane.

Les Européens et le génocide

En Occident, les informations sur le génocide émeuvent l'opinion mais le sultan se justifie en arguant de la nécessité de déplacer les populations pour des raisons militaires !
Le gouvernement allemand, allié de la Turquie, censure les informations sur le génocide. L'Allemagne entretient en Turquie, pendant le conflit, une mission militaire très importante (jusqu'à 12.000 hommes). Et après la guerre, c'est en Allemagne que se réfugient les responsables du génocide, y compris Talaat Pacha.
Ce dernier est assassiné à Berlin le 16 mars 1921 par un jeune Arménien, Soghomon Tehlirian. Mais l'assassin sera acquitté par la justice allemande, preuve si besoin est d'une réelle démocratisation de la vie allemande sous le régime républicain issu de Weimar !
Le traité de Sèvres signé le 10 août 1920 entre les Alliés et le nouveau gouvernement de l'empire ottoman prévoit la mise en jugement des responsables du génocide. Mais le sursaut nationaliste du général Moustafa Kémal bouscule ces bonnes résolutions. 
D'abord favorable à ce que soient punis les responsables de la défaite et du génocide, Moustafa Kémal se ravise car il a besoin de ressouder la nation turque face aux Grecs et aux Occidentaux qui menacent sa souveraineté. Il décrète une amnistie générale, le 31 mars 1923.
La même année, le général parachève la «turcisation» de la Turquie en expulsant les Grecs qui y vivaient depuis la haute Antiquité. Istamboul, ville aux deux-tiers chrétienne en 1914, devient dès lors exclusivement turque et musulmane.
Les nazis tireront les leçons du premier génocide de l'Histoire et de cette occasion perdue de juger les coupables... «Qui se souvient encore de l'extermination des Arméniens ?» aurait lancé Hitler en 1939, à la veille de massacrer les handicapés de son pays (l'extermination des Juifs viendra deux ans plus tard).
À la vérité, c'est seulement dans les années 1980 que l'opinion publique occidentale a retrouvé le souvenir de ce génocide, à l'investigation de l'Église arménienne et des jeunes militants de la troisième génération, dont certains n'ont pas hésité à recourir à des attentats contre les intérêts turcs.
Les historiens multiplient depuis lors les enquêtes et les témoignages sur ce génocide, le premier du siècle. Le cinéaste français d'origine arménienne Henri Verneuil a évoqué dans un film émouvant, Mayrig, en 1991, l'histoire de sa famille qui a vécu ce drame dans sa chair. On trouvera par ailleurs dans Le siècle des génocides (Bernard Bruneteau, Armand Colin, 2004) une très claire et très complète enquête sur ce génocide (et les autres), avec sources et références à l'appui.

dimanche 12 août 2012

7 août 1932 «Grande famine» et génocide ukrainien

Le 7 août 1932, le gouvernement de l'URSS promulgue une loi qui punit de dix ans de déportation, voire de la peine de mort, «tout vol ou dilapidation de la propriété socialiste», y compris le simple vol de quelques épis dans un champ.
Cette loi, dite «loi des épis», survient alors que les campagnes soviétiques connaissent un début de famine du fait des réquisitions forcées par le pouvoir. Elle va considérablement aggraver la situation des paysans et l'on estime qu'en Ukraine, six millions d'entre eux vont mourir de faim dans les mois suivants.
Cette «Grande famine», intentionnellement entretenue et amplifiée par Staline, maître tout-puissant de l'Union Soviétique, est assimilée à un génocide par la plupart des historiens ainsi que par les Ukrainiens. Elle est connue sous le nom d'«Holodomor» («extermination par la faim» en ukrainien).
André Larané.
Les communistes contre les paysans
À la fin des années 1920, l'URSS commençait à retrouver le sourire grâce à la NEP (Nouvelle Politique Économique) et à un début de libéralisation économique. Sa production agricole et industrielle retrouve en 1927 les niveaux d'avant la Grande Guerre et la Révolution.
Beaucoup de bolcheviks s'en inquiètent précisément. Ils craignent que la NEP ne favorise dans les villes et les campagnes l'avènement d'une nouvelle bourgeoisie qui pourrait un jour triompher du communisme ! Staline, maître tout-puissant de l'URSS, se rallie à leurs idées.
En 1928, le Vojd (Guide) annonce un premier plan quinquennal (1928-1933) en vue d'abattre définitivement le capitalisme. Il prévoit la mainmise de l'État sur toutes les activités économiques, y compris l'agriculture. C'est ainsi que doivent être collectivisées les terres sous la forme de coopératives géantes : les kolkhozes, et de grandes fermes modèles : les sovkhozes.
Staline veut accélérer l'industrialisation du pays et pour cela, il a besoin d'importer des machines. Comment les payer sinon en exportant massivement du blé et de la viande ? Le gouvernement commence par mettre la pression sur les paysans en abaissant d'office de 20% le prix du blé qu'ils sont obligés de vendre à l'État. Il augmente aussi les réquisitions obligatoires en vue de l'exportation.
Consternés, les paysans craignent le retour des réquisitions à grande échelle des années 1919-1921. En prélevant par la contrainte le tiers au moins des récoltes sous prétexte de nourrir les citadins, l'armée et l'appareil administratif, l'État communiste avait désorganisé l'agriculture et privé les paysans du minimum vital pour leur consommation et les semailles. Il s'en était suivi une gigantesque famine en 1921-1922 (cinq millions de morts, principalement dans la région de la Volga !) et le gouvernement avait dû faire appel à l'aide occidentale, américaine en particulier (American Relief Administration).
À la contrainte étatique, le monde paysan réagit fort logiquement par une diminution de la production et des livraisons de blé. Au lieu de temporiser, le gouvernement annonce un durcissement du régime. Il est renforcé dans sa conviction par la crise économique qui secoue le monde occidental et fait croire à l'effondrement imminent du capitalisme.
La «dékoulakisation»
Le 6 janvier 1930, un décret officialise la fin de la NEP (Nouvelle Politique Économique). Staline accuse les paysans aisés, surnommés «koulaks» (d'un mot russe qui désigne un prêteur sur gages), de faire obstruction à sa nouvelle politique au nom de leurs intérêts particuliers. Aussi, dès le 30 janvier 1930, le Comité central (le gouvernement de l'URSS) décide-t-il «l'élimination des koulaks en tant que classe».
Dans les mois qui suivent, les instances communistes se mobilisent contre les paysans. 25.000 agents de l'État ou membres des Jeunesses communistes sont envoyés dans les campagnes avec pour objectif de convaincre les 25 millions de familles rurales de rejoindre les 250.000 futures fermes collectives (kolkhozes) ou fermes d'État (sovkhozes).
Un massacre «administratif»
Miron Dolot, rescapé du génocide ukrainien, a raconté dans un livre poignant, Les affamés, l'holocauste masqué(Ramsay, 1986) le processus de la «dékoulakisation».
Un représentant du Parti appelé «millième» s'est établi dans son village, accompagné de quelques membres des jeunesses communistes, en vue de mettre sur pied une ferme collective. Dans les premiers temps, les nouveaux-venus se sont contentés d'observer les villageois. Puis, un matin, ceux-ci découvrent la disparition de quelques notables (instituteur, commerçant, principaux fermiers...). Ils ont été enlevés par des policiers de la Guépéou au cours de la nuit. Leurs familles sont peu après expulsées par la force. Les villageois, abasourdis, isolés et privés de leurs meilleurs représentants, n'osent protester. Quelques arrestations et expulsions supplémentaires s'ensuivent. Elles frappent les fortes têtes ou simplement tel paysan dont le Parti convoite la maison. Pour seule explication, les officiels se contentent de qualifier les victimes de «koulaks», même si leur niveau de revenu est des plus modestes.
Le sort des prévenus est l'exécution ou la déportation dans un camp de travail (ce qui revient à peu près au même). Le vieux pope du village disparaît sans explication. Mais il est remplacé par un homme jeune, en fait un espion au service du pouvoir. C'est que le pouvoir communiste doit réfréner sa hâte d'en finir avec la religion pour ne pas heurter trop brutalement la piété villageoise.
Le village, qui compte au départ 4.000 habitants, semble alors mûr pour la collectivisation. Le «millième», devenu le maître tout-puissant du village, subdivise celui-ci en unités d'une centaine de fermiers, chacune sous l'autorité d'un fermier nommé d'office et placé sous la surveillance d'un membre du Parti. Ces chefs d'unité n'ont d'autre choix que d'exécuter les consignes officielles s'ils ne veulent pas être à leur tour déportés ou exécutés.
Réunis avec solennité, les villageois sont exhortés par les représentants officiels à rejoindre la ferme collective, ce qui signifie de remettre à l'État leurs champs, leurs outils, leurs bêtes et leurs bâtiments de ferme, en ne conservant que leur logis ! Contraints et forcés, les chefs d'unité s'exécutent mais la grande majorité des villageois persistent à résister.
Suivent d'autres réunions. Et dans chaque unité, les chefs pressent leurs homologues paysans de s'incliner. Ces subordonnés se montrent souvent sous l'effet de la peur plus brutaux que le «millième» lui-même et à leur tour multiplient les arrestations de récalcitrants. Ainsi va la«dékoulakisation»...
Beaucoup de paysans choisissent d'abattre leur bétail plutôt que de le remettre aux kolkhozes et en quelques mois, le cheptel diminue de moitié.
Dans les fermes collectives, dirigées par des communistes incompétents en agriculture et en gestion, avec des travailleurs dépourvus de toute motivation, les rendements tombent rapidement au plus bas.
Staline lui-même mesure les difficultés de la collectivisation et se résout à la freiner.
Le 15 mars 1930, la Pravda, le quotidien du Parti communiste, publie une résolution du Comité central qui met fin à la collectivisation obligatoire et promet des enquêtes sur les méthodes d'expropriations des koulaks. Aussitôt, sur les 60% de familles paysannes qui avaient déjà été collectivisées, la moitié reprend son indépendance ! Mais le processus de collectivisation reprend très vite, encore plus durement qu'avant...
À la fin 1931, 70% des terres sont collectivisées et la «dékoulakisation» est considérée comme achevée. C'est alors qu'apparaissent les premières victimes de la faim. L'ensemble du pays est affecté mais c'est au Kazakhstan que l'on compte le plus grand nombre de morts : 1 à 1,5 million, victimes des réquisitions du gouvernement.
En 1931, sur une production totale de blé de 700 millions de quintaux, en baisse de 140 millions sur l'année précédente, le gouvernement en extorque 228, dont 45 pour l'exportation. L'année suivante, en 1932, il fixe à 290 millions de quintaux le total des réquisitions sur une production dont tout indique qu'elle doit être en très forte baisse sur l'année précédente. Le drame en préparation n'émeut guère les hôtes du Kremlin !...
La grande famine
En Russie même, la paysannerie, qui a été brisée par l'occupation mongole, au cours du Moyen Âge, puis opprimée par les grands propriétaires et la grande noblesse, n'a jamais longtemps connu la liberté ni bénéficié de la propriété du sol. Elle s'est résignée à la collectivisation sans trop de réistance, y voyant une forme de retour au servage d'antan.
Les principales résistances se sont manifestées en Ukraine. Dans ce territoire grand comme la France, doté d'un sol très fertile (le tchernozion) et plus ou moins épargné par l'occupation mongole, la paysannerie a développé au fil de l'Histoire des structures comparables à celles que l'on rencontre en Occident : beaucoup de petits propriétaires attachés à leur terre, à leur pope (le curé orthodoxe) et à leur église. Rien de comparable avec la paysannerie grand-russe !
C'est ainsi que le pouvoir soviétique va resserrer la pression sur les paysans d'Ukraine, coupables de n'en faire qu'à leur tête et suspects de nationalisme. Il va se montrer d'autant plus impitoyable que le quota des réquisitions s'avère quasiment impossible à atteindre.
Au printemps 1932, au nom de la «bataille pour le blé», les représentants du Parti multiplient les réquisitions forcées chez les fermiers ukrainiens. Dans les fermes collectives, les travailleurs peinent eux-mêmes à se nourrir et ne reçoivent presque rien pour les membres de leurs familles qui n'ont pas de travail (vieillards, enfants, malades).
Chacun tente de survivre. C'est alors que survient la sinistre «loi des épis» du 7 août. Elle va occasionner la déportation ou la mort de milliers de citoyens pour le vol de quelques grains ou d'une pomme de terre et permettre à l'État de s'approprier la quasi-totalité de la moisson !
Avec l'arrivée de l'hiver, sans surprise, survient la famine. De longues files de malheureux errent le long des routes en quête de subsistance et gagnent les villes en quête de travail et secours. Mais le gouvernement communiste ne reste pas sans réagir : à la fin décembre 1932, il institue un passeport unique pour tout le pays, avec interdiction pour quiconque de quitter son village de résidence sans autorisation du Parti !
Affaiblis, les gens meurent de froid et de faim dans leurs cabanes, le long des routes ou sur les trottoirs des grandes villes d'Ukraine, quand ils ne sont pas déportés sur un ordre arbitraire du Parti.
Beaucoup de désespérés se suicident. Un nombre non négligeable se livrent au cannibalisme, enlevant les enfants des voisins ou tuant parfois leur propre enfant pour se nourrir de leur chair. Le phénomène est si peu rare que le gouvernement fait imprimer une affiche qui proclame : «Manger son enfant est un acte barbare !»
La famine ne relâche son étreinte qu'au mois de mai 1933 avec le retour des fruits et des légumes dans les jardins privés.
Le génocide occulté
Contrairement à ce qui s'était passé en 1919-1921, il n'a pas été question en 1932-1933 de faire appel à l'aide étrangère pour secourir les affamés... De toute façon, si le gouvernement avait eu la moindre intention de secourir les paysans, il lui eut suffi de leur distribuer le blé destiné à l'exportation.
Staline préfère cacher le drame. En Ukraine même, dans les grandes villes comme Kharkov où viennent mourir des malheureux, les habitants affectent l'indifférence ou l'ignorance.
À l'étranger, où filtrent malgré tout des informations sur la famine et les excès de la «dékoulakisation», les communistes trouvent des gens complaisants, cyniques ou naïfs pour relayer leurs mensonges sur la prospérité de l'Union soviétique et de ses habitants.
Un journaliste américain reçoit le prix Pulitzer pour des reportages qui se révéleront plus tard mensongers. Mais le cas le plus notable est celui d'Édouard Herriot, maire de Lyon et chef du parti radical français, qui se rend en URSS à l'été 1933. Il aspire à un rapprochement entre la France et l'URSS pour contenir l'Allemagne, qui vient de tomber aux mains des nazis.
De ce fait, après avoir parcouru l'Ukraine en compagnie des officiels soviétiques, il déclare, péremptoire : «J'ai traversé l'Ukraine. Eh bien ! je vous affirme que je l'ai vue tel un jardin en plein rendement.» Il est vrai que les communistes ont fait ce qu'il fallait pour cela, maquillant les villages où devait passer le leader occidental, dans la tradition des «villages Potemkine»... ou à l'image de Tintin au pays des Soviets (Hergé). La Pravda exulte le 13 septembre 1933 : «Un démenti catégorique aux mensonges de la presse bourgeoise».
La famine et son aspect intentionnel ne font plus guère débat parmi les historiens. S'agit-il pour autant d'un génocide ? Les députés ukrainiens ont tranché en votant le 28 novembre 2006 une loi affirmant que «la famine provoquée par les Soviétiques est un génocide contre le peuple ukrainien».

samedi 7 juillet 2012

Il y eut aussi un génocide chaldéen…


C’est par l’intermédiaire d’un ami commun que j’ai eu l’honneur et l’immense plaisir de rencontrer Shimun [1], personne au destin à part s’il en est ! Aîné d’une famille de six enfants, Shimun est chaldéen. En juillet 1994 il émigre en Europe avec l’une de ses soeurs pour fuir les persécutions religieuses dont les siens étaient victimes en Turquie. Il est aujourd’hui installé à Villiers-le-Bel où il a retrouvé la communauté chaldéenne qui s’y trouve réfugiée, comptant actuellement quelques 10 000 personnes. Marié et père de famille, Shimun a eu l’amabilité de bien vouloir se soumettre à mes pressantes questions sur la situation de la communauté chaldéenne et son histoire douloureuse.
Bonjour Shimun, pouvez-vous nous dire quelques mots de présentation au sujet de la communauté chaldéenne à laquelle vous appartenez ?
Très volontiers. Les Chaldéens sont la population de l’ancienne Mésopotamie qui correspond approximativement à nos Syrie, Iran, Irak, Turquie, Géorgie… L’existence de mon peuple remonte à la civilisation sumérienne[2] tu te rends compte ? Nous fûmes l’une des premières grandes civilisations de l’histoire.
Il s’agit donc d’une communauté ethnique et non pas religieuse ?
Initialement oui. En fait lorsqu’on veut faire référence à notre peuple, on dit « Assyro-Chaldéens », tandis que le terme de « Chaldéens » désigne aujourd’hui plutôt la partie catholique. Néanmoins les deux termes se confondent souvent car la Chaldée a été évangélisée très tôt, notamment par les apôtres saint Thomas et saint Thadée. Elle s’est convertie au christianisme au IIè siècle ! L’histoire religieuse de la Chaldée a ensuite été assez complexe, pour faire très bref disons que l’église chaldéenne a rejoint Rome en 1553 lorsque le pape a choisi Jean Soulaqa pour être notre patriarche. Tout cela pour te dire que la religion a pénétré notre peuple au point qu’on en fasse une donnée de notre identité comme le suggère ta question.
Merci pour ces précisions fort utiles. Aujourd’hui, dans quels pays la communauté chaldéenne se situe-t-elle et de quel lieu la communauté établie en France est-elle originaire ?
La plupart des Chaldéens en France sont originaire du Hakkari, qui est une région montagneuse au Sud-Est de l’Anatolie. Avant la première guerre mondiale, la Turquie comptait environ 20% de chrétiens, mais actuellement je dirais qu’il n’en reste que 0, 5% ? 0, 1% peut-être ; beaucoup ont été tué ou bien ont immigré. Nous ne sommes plus que 300 000 en Irak par exemple. La plupart d’entre nous se trouvent en Syrie. Beaucoup ont émigré en Inde aussi, puis aux Etats-Unis, en Australie, en Europe…
En réalité les Chaldéens son un peuple à part entière, avec une histoire et des traditions extrêmement riches et fortes, mais nous sommes un peuple sans pays, 5 000 000 d’Assyro-chaldéens et Cyriaques à être éparpillés un peu partout dans le monde.
Il s’agit en effet d’un exode massif ! Quand les Chaldéens ont-ils émigrés et pour quelles raison ?
Je pense que nous avons commencé à quitter nos terres dans les années 70, et énormément sont partis dans les années 90.
Après la chute de son empire, le pouvoir ottoman  a voulu assurer ses frontières et s’est appuyé sur la minorité la plus importante du pays : les Kurdes. Ils leur ont dit : « Débarrassez-nous des chrétiens et nous vous promettons les terres que vous aurez libérées ». Ses accords n’ont pas été respectés par l’Etat turque ; cependant les Kurdes y ont cru, et alors la série de persécutions et de massacres que ma communauté a souvent connue depuis l’arrivée des musulmans s’est fortement accentuée, en particulier avec le génocide de 1915. Durant cette période, les chrétiens n’étaient pas mieux traités que des bêtes. Dans mon village tu avais les Kurdes qui arrivaient à n’importe quel moment du jour et de la nuit : s’ils avaient besoin de nourriture, de vêtements, d’argent, tu ne pouvais pas refuser ni discuter, même si tu n’en avais pas les moyens; c’était une espèce d’impôt qui était institué. Mais il y avait des infiltrés qui appartenaient aux milices de l’Etat, si bien que si l’on coopérait avec les Kurdes, le lendemain l’armée turque arrivait, mettait les hommes au soleil et les battaient [3]…
Tu as de nombreux exemples de chrétiens qui partaient parfois à l’hôpital comme tout le monde, mais si l’on découvrait qu’ils étaient chrétiens on pouvait les empoisonner. C’est arrivé à une famille très proche de la mienne : un jour le fils mal en point est conduit à l’hôpital, là on rassure la famille disant qu’il va s’en sortir. Mais le lendemain, son frère part aux nouvelles et on lui annonce sa mort sans explications.
Il arrivait aussi qu’on se dénonce entre frères pour avoir une prime. J’ai perdu mon cousin d’une manière semblable au cours de l’année 1994 : il partait vers Istanbul… En chemin on lui glisse un courrier dans les bagages qui le faisait passer pour un agent kurde, on s’arrange pour le faire contrôler, puis on l’arrête pour complicité avec le PKK [4]. Il a été incarcéré. Nous n’avons plus jamais eu de nouvelles de lui. Mon oncle et le maire du village sont partis demander des nouvelles et ont été incarcéré à leur tour. Nous avons appris qu’il aurait été maltraité jusqu’à en devenir méconnaissable, puis jeté d’un hélico. Ceux qui l’ont dénoncé comme agent du PKK ont eu une belle prime…
Cependant je tiens à dire que certaines familles nous ont protégés ; mes grands-parents ont été protégés par des Kurdes, pendant un an… deux ans.
Bien-sûr nous avions la possibilité d’éviter ces mauvais traitements : il suffisait de se convertir à l’Islam ! Certains l’ont fait. D’autres ont préféré leur foi.
C’est donc pour un motif religieux que vous vous êtes exilé ?
Nous personnellement on est parti parce que notre foi était mise en cause, alors que nous avions là-bas énormément de moyens. Il ne faut pas oublier ça. Nous  ne sommes pas là pour profiter, sinon nous serions restés chez nous… Mais tu sais, pour nous l’Europe était chrétienne, on allait arriver en terre catholique ! J’imaginais des processions dans les rues ! Mais nous sommes énormément déçus, il y a tout sauf la foi. Pourtant ce n’est pas les monuments évoquant la foi qui manquent. Je suis déçu… au point de me dire que j’aurais préféré me faire massacrer là-bas par les musulmans plutôt que rester ici. Pourquoi ? Parce que si ça n’est pas moi qui perd la foi, ce sont mes enfants… Les enfants sont conditionnés par la société occidentale matérialiste et s’ils vivent selon nos valeurs ils seront rejetés de la société. Le confort qu’on a aujourd’hui c’est comme une maladie qui nous tue de l’intérieur et on ne s’en rend même pas compte.
Je serai toujours reconnaissant envers la France, parce que la France m’a tout donné sans contrepartie. Mais au final, tu t’installes, etc., et ce qui est le plus cher, on te le prend : ta famille, ta foi, on t’enlève tout pouvoir dessus… Peu à peu on oublie l’objectif pour lequel on était venu en France. Seulement 40% des Chaldéens aujourd’hui vont à l’église autour de moi…
Vous ne devez pas vous sentir Français dans ces conditions ; de quelle nationalité vous revendiquez-vous ?
Je suis Chaldéen avant tout. Puis Français en raison de ma terre d’accueil : je m’investis pour les Chaldéens en France et pour les intérêts français.
Jamais je me considérerais Turque car quand on apporte une nationalité, il faut donner une contrepartie : la France ne m ‘a pas demandé de prendre la nationalité et en plus elle m’a donné la contrepartie avant. En Turquie on t’y oblige[5] et la seule fois où tu vois la « sécurité » c’est pour t’embarquer. Moi, on m’a imposé une nationalité, mais dans ce cas-là qu’on me donne des infrastructures, de l’électricité, des écoles, etc. Pourquoi nous marginaliser ? Depuis quand existe la Turquie[6] ? Depuis quand existe les Chaldéens ? Il faut un minimum de reconnaissance ! Il faut respecter chacun de la même manière… Les Turques viennent de Mongolie en plus, ils ne sont même pas chez eux.
La loi condamnant le génocide arménien concerne-t-il les Chaldéens ? A-t-il eu un effet positif sur le traitement qui est réservé aux chrétiens en Turquie ?
On parle du génocide arménien mais pas du génocide chaldéen car les Chaldéens n’ont pas de pays, mais il s’agit de la même chose. Environ 900 000 Assyro-Chaldéens ont été massacré et 1 500 000 Arméniens. Malgré tout le massacre de notre peuple n’est pas encore reconnu ; le seul pays à l’avoir fait est la Suède.
Concrètement les chrétiens sont toujours victimes des persécutions. Lors de la guerre en Irak, par exemple, la communauté est visée tous les jours, mais on n’en parle pas. On ne peut pas car une simple manifestation accroîtrait les répressions musulmanes en Irak.
Avez-vous des perspectives d’avenir ?
On pourrait aujourd’hui essayer de revendiquer une zone de liberté, d’autonomie en Irak à Ninive. Il a été question de faire un état fédéral en Irak. On pourrait créer une élite catholique démocratique qui agirait comme un modèle dans cette région. On ne demande qu’à pouvoir vivre sans contraintes sur ses propres terres, cela serait pour nous un sacré soulagement.
Mais nous ne nous faisons pas d’illusions, si cette question a été évoquée, ça n’est que pour calmer éventuellement les tensions en Irak ou avoir une base occidentale dans cette région.
Ce que je voudrais c’est d’abord que nous construisions une école pour nos enfants ici en France.
Récemment un livre a été publié par M. Jean Monneret : Le martyre oublié des chrétiens chaldéens [7]. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
J’ai une estime sans borne pour le travail qu’a effectué M. Monneret ! Pour sa patience, pour le talent avec lequel il a rendu notre histoire et nos interventions. Ma famille lui a servi d’intermédiaire avec le monde chaldéen, c’est elle qui est interrogée le long du livre. Il a aussi rapporté mon expérience qu’il a traduite avec une grande délicatesse. Je n’ai qu’un mot : merci.
[1] Le prénom a été modifié selon les souhaits de mon interlocuteur.
[2] La civilisation sumérienne a durée du VIè au IIè millénaire avant Jésus-Christ.
[3] En effet, les accords n’ayant pas été respectés par l’Etat, les Kurdes se sont révoltés, si bien que les Chaldéens se sont retrouvés coincé entre deux feux : l’Etat turque et les Kurdes.
[4] Parti des Travailleurs du Kurdistan.
[5] Le Hakkari a été rattaché à la Turquie en 1925. En 1934 les Assyro-Chaldéens sont forcé à adopté des patronymes turques.
[6] Invasion musulmane au VIIè siècle. 1299 : début de l’empire Ottoman qui sera démantelé après
La Première Guerre Mondiale. Création de la Turquie le 24 juillet 1923.
[7] Jean Monneret, Le martyre oublié des chrétiens chaldéens, être catholique en Turquie…, Via Romana, 2012.
Vous trouvez dans cet ouvrage de nombreux témoignages bouleversants, ainsi qu’une chronologie traçant à grands traits l’histoire des Chaldéens de Turquie.

vendredi 8 avril 2011

À propos du génocide ukrainien de 1932-33

Le gouvernement ukrainien vient de faire une œuvre utile de mémoire : une exposition sur le génocide de 1932-33 vient d’être inaugurée le 24. Nous avions déjà évoqué ce génocide dans le n°46 du Libre Arverne mais désormais le bilan est à revoir à la hausse. Ce n’est pas 6 millions mais 10 millions d’Ukrainiens qui sont morts de faim dans ce qui a été le génocide le plus terrible du 20e siècle. Les preuves sont accablantes : rapports secrets des autorités, témoignages, photos d’enfants squelettiques et de rues jonchées de cadavres… Nous ne reviendrons pas sur les éléments donnés dans le numéro précédemment cité, ni sur le génocide de 1937-38 qui sera abordé dans le numéro 242. Nous avions vu dans le n°46 le rôle de Kaganovitch et l’une des raisons de ce génocide : obtenir un maximum de devises pour le financement de l’Opération Orage, le plan de conquête de l’Europe dont la date de déclenchement sera fixée finalement au 6 juillet 1941… Le financement de l’Opération Orage n’était pas la seule raison du génocide ukrainien : il y avait également celui de « l’industrialisation » du pays et bien évidemment la haine atavique qu’éprouvent les Juifs pour les peuples chrétiens et paysans comme les Ukrainiens, voués par le Talmud à l’extermination.
Les instances juives internationales ont collaboré avec le communisme, et ce en plein génocide ukrainien, de manière systématique et totale. Les B’naï B’rith, la plus puissante organisation juive internationale, se sont faits les apologistes et les principaux soutiens de l’URSS, spécialement dans sa politique ukrainienne. Alors que le génocide bat son plein, les B’naï B’rith ne trouvèrent comme reproche à l’URSS que la baisse de la pratique religieuse juive (article Les Juifs en Crimée, février 1932) mais signale avec ravissement la sur-représentation des Juifs dans les instances dirigeantes du communisme ukrainien… Par le biais du Joint Distribution Committee, la communauté juive américaine finança à hauteur de 17,3 millions de dollars la création de 180 villages juifs en Ukraine et en Crimée sur des terres volées aux paysans chrétiens. On comprend mieux quand on sait que Lazare Kaganovitch était très lié à Etienne Mercier (de la banque Rothschild), l’un des meneurs du Mouvement Synarchique d’Empire (financé par les aciéries Lambert-Ribot), la banque Lazard et la banque Worms. Nous avons vu également que c’est le 5 janvier 1930 que le génocide ukrainien fut voté par le Politburo. C’est Kaganovitch qui s’en charge personnellement. Le 22 octobre 1932, il est mandaté par le Politburo avec son coreligionnaire Molotov pour piller la région. Il s’installe le 2 novembre à Rostov et donne ses directives : « l’extermination des saboteurs ». Les « saboteurs » en question sont le peuple ukrainien dans son intégralité. Molotov envoie un rapport à Moscou : les Ukrainiens vont mourir de faim, mais le plan de collecte sera appliqué impitoyablement. N’ayant plus rien à manger, les paysans essayent de partir vers les villes. Ils seront impitoyablement refoulés et exterminés. L’exposition regorge de témoignages de ce genre. Katerina Martchenko, née dans le village de Klichyntsi, dans la région de Tcherkassy, au bord du Dniepr, qui a fait une glorieuse Seconde Guerre Mondiale dans les rangs de l’Armée Rouge, déclare : « Ce qui nous a sauvé, ma mère, mon frère et moi, mais aussi d’autres habitants du village, c’était la rivière. Nous allions pêcher en cachette. Ils n’avaient pas pu réquisitionner les poissons ! ». Plus loin : « Mon village comptait 1.200 maisons, soit environ 7.000 âmes, et 2.000 personnes ont péri lors de la famine qui a duré environ un an ». L’horreur de cette famine planifiée ressort dans ce témoignage : « Nous empruntions un raccourci pour aller à l’école. Un matin, ma mère nous a dit : « Vous passerez désormais par la rue principale. Il y a des cannibales, des ogres ». Un grand-père, rendu fou par la faim, avait tué et mangé son petit-fils. C’est son fils, et père de l’enfant, qui en rentrant de la ferme l’avait surpris en train de manger et il l’avait tué de rage ».
Pour receler le blé volé, Kaganovitch s’adressa à ses frères de sang : les banques internationales américaines, qui – grâce à ces stocks achetés à des prix dérisoires – purent torpiller les cours agricoles et ainsi maintenir dans la ruine les paysans américains et canadiens, déjà très pénalisés par la Crise de 1929 (provoquée par les mêmes banques). En France, c’est Louis Louis-Dreyfus, le grand-père de l’actuel patron de l’Olympique de Marseille, qui vendit le grain volé de la bouche des enfants d’Ukraine. Normal quand on sait que le Louis-Dreyfus en question était l’un des bailleurs de fonds de l’Humanité, enrichi dans la boucherie de la guerre 14-18 (fourniture des armées, grâce à Clemenceau, dont la famille avait des juifs à tous les niveaux comme les immeubles avaient le gaz à tous les étages, la guerre se prolongea un an pour plus de profits… et plus de morts goïm, double bonus). Cargill eut également sa part du gâteau, le trust américain ayant fait « cadeau » à la France du sieur Mendès-France, l’homme qui livra l’Indochine au génocide. Regarde qui m’embauche et je te dirais qui je suis…
Nous avons vu dans le n°46 que la politique allemande en Ukraine avait été sabotée par le communiste infiltré Koch, nommé par le « rouge-brun » Bormann, adversaire juré de la croisade anti-bolchevik. Il était notoire que Alfred Rosenberg, dont l’influence au sein du parti nazi était des plus marginales, défendait l’idée d’une Ukraine libre. Par contre, il est moins connu que Heydrich défendait également cette idée (tout comme il défendait l’idée d’un état juif, étant personnellement sensible à cette question en tant que vierteljude) : il créa ainsi à Prague une université ukrainienne selon les vœux du patriote ukrainien Wolodymir Kubijovytsch, président de l’UCC (Comité National Ukrainien). Les génocides ukrainiens auront une incidence sur la Seconde Guerre Mondiale. 80 % des Juifs d’Ukraine furent évacués par l’Armée Rouge, mais 20 % ne purent ou ne voulurent partir. Le peuple ukrainien se vengea sur eux, les massacrant massivement avant même que le premier allemand n’arrive dans les villes. Ceux qui échappèrent aux Ukrainiens furent souvent liquidés en représailles par les Einseitzkommandos qui appliquèrent le « un pour un » : pour chaque cadavre découvert dans les charniers du NKVD, un juif sera tué. Privés de justice, les Ukrainiens n’eurent pour seul recours que la vengeance et celle-ci prit, comme nombre de vengeances, un tour sinistre. Dans les camps nazis, les Ukrainiens se portèrent volontaires pour les postes de « kapos » et malheur au Juif qui tombait entre leurs mains : il allait payer pour ses frères d’URSS… Combien d’Ukrainiens en accablant de coups un pauvre hère en tenue rayée qui, 9 fois sur 10, n’avait jamais entendu parler de l’Ukraine, pensaient ainsi venger une sœur, un père, un cousin, un fils mort de faim… Vengeance inutile, car ayant eu pour résultat l’exact contraire de ce que recherchaient les Ukrainiens : leurs bourreaux devenaient aux yeux du monde des victimes.
Le gouvernement se trompe sur un point. Le peuple russe est totalement innocent de cette affaire (puisqu’il n’a jamais dirigé l’URSS) et le ponctionner sous prétexte qu’il serait l’héritier de l’URSS serait injuste. Il faut ponctionner l’état qui se rapproche le plus de la composition ethnique des bourreaux du peuple ukrainien. Cet état existe : c’est Israël. Israël doit payer pour ce qui est sans doute le crime le plus abominable du 20e siècle, l’Holocauste par haine anti-chrétienne et ce à au moins 3 reprises de tout un peuple, sans distinction d’âge, de classe sociale ou de sexe. Le montant des réparations est facile à calculer : pour 6 millions de Juifs, Israël a touché 120 milliards de dollars de l’Allemagne. Donc, pour les Ukrainiens exterminés lors des trois génocides, à savoir 10 millions de morts en 1933, 3 millions en 1937 et 3 millions en 1945, Israël doit verser 320 milliards de dollars au gouvernement ukrainien, mais également donner l’équivalent de 8/3 de tout ce qu’elle a reçu de l’Allemagne en usines, brevets, navires et autre… Il faut également, et c’est la moindre des choses, expulser de l’université et de l’éducation nationale les négationnistes du génocide ukrainien, à commencer par « l’historienne » Lacroix-Riz et ses complices, confisquer les journaux, maisons d’édition et tout autre support culturel ayant édité ses « travaux », confisquer également les entreprises s’étant enrichies directement ou indirectement avec le génocide ukrainien et interdire les organisations qui y ont collaboré, ne serait-ce que par apologie du régime qui l’a provoqué…

mardi 27 juillet 2010

17 avril 1975 Les Khmers rouges vident Phnom Penh de ses habitants

Le 17 avril 1975, Phnom Penh, capitale du Cambodge, est envahie par de longues cohortes d'adolescents maigres et hagards, tout de noir vêtus et lourdement armés.
Il s'agit de l'armée des communistes cambodgiens. Surnommés quelques années plus tôt «Khmers rouges» par le roi Norodom Sihanouk, ils ont vaincu les partisans pro-américains du général et Premier ministre Lon Nol au terme d'une guerre civile de cinq ans.
Le soir même, l'«Angkar» (l'Organisation) - le Parti communiste du Kampuchea (nouveau nom du pays) - décide de vider la ville de tous ses habitants.
C'est le début d'une orgie de massacres qui va se solder par la mort violente de 1.500.000 à 2.200.000 personnes en 44 mois, jusqu'à la chute du régime, le 7 janvier 1979. En d'autres termes, 20% à 30% des 7.500.000 Cambodgiens auront été victimes de la folie meurtrière des Khmers rouges.
Il faudra attendre 1997 pour que l'ONU y voit officiellement des «actes de génocide». Le secrétaire général du parti communiste, Pol Pot, mourra l'année suivante, avant d'avoir été jugé. Douch, directeur de la sinistre prison de Tuol Sleng, a été jugé en 2010 et condamné à 30 ans de prison. Khieu Samphan, ancien chef de l'État, attend d'être jugé en 2011…
Un pays fait pour le bonheur…
Héritier d'une très riche histoire dont témoignent les ruines d'Angkor, le Cambodge a échappé à l'annexion par l'un ou l'autre de ses redoutables voisins, le Siam et le Viêt-nam, grâce au protectorat français. Le 9 novembre 1953, il obtient tranquillement son indépendance avec pour roi constitutionnel le très souriant Norodom Sihanouk.
Mais le pays est très vite gangréné par la guerre qui s'installe dans le Viêt-nam voisin et met aux prises les Nord-Vietnamiens communistes et leurs alliés vietcongs d'un côté, les Sud-Vietnamiens pro-américains de l'autre.
Une poignée d'intellectuels cambodgiens issus de la bourgeoisie découvre le marxisme lors de ses études en France, dans les années 1950.
Parmi eux, un certain Saloth Sar, né en 1928. Fils d'un riche propriétaire foncier, il est élevé près du palais par une cousine de son père membre du ballet royal avant de recevoir une bourse d'études pour la France.
De retour dans son pays natal, il enseigne le français et communique à ses élèves sa passion pour Verlaine avant de rejoindre les maquis communistes. Se faisant désormais appelé Pol Pot, il deviendra secrétaire général du Parti («Frère Numéro 1») et Premier ministre du futur Kampuchea. À ce titre, il présidera à la mise en oeuvre du génocide !
Dans les années 60, le gouvernement cambodgien fait la chasse aux communistes, en lesquels il voit non sans raison des fauteurs de troubles et des complices de l'ennemi héréditaire vietnamien. Les communistes se réfugient dans la jungle du nord-est où ils installent des maquis inexpugnables en s'appuyant sur la misérable paysannerie du cru. Ils restent toutefois très peu nombreux, à peine 4.000 au total.
À la faveur d'un voyage en Chine populaire, en 1965, à la veille de la Révolution culturelle, Pol Pot, secrétaire général du Parti communiste ou Parti du peuple khmer (Prachéachon), se renforce dans sa haine de l'Occident et de la culture moderne et urbaine. Comme Mao Zedong, il voit dans la paysannerie pauvre le fer de lance de la révolution socialiste.
… et rattrapé par le malheur
Le sort du Cambodge bascule en 1969. Jusque-là, affichant sa neutralité, le prince Sihanouk avait tenté de maintenir son pays en-dehors du conflit voisin. Mais il ne pouvait empêcher les Nord-Vietnamiens et les vietcongs de transférer armes et munitions vers les maquis communistes du Sud-Vietnam en empruntant le port cambodgien de Sihanoukville et les pistes frontalières du nord-est.
Le 14 août 1969, sous la pression américaine, le prince appelle au poste de Premier ministre le général Lon Nol, favorable à la guerre contre les communistes… et sensible à la promesse d'une aide massive de Washington. Pressé d'en découdre, Lon Nol profite d'un déplacement de Sihanouk en Chine pour le déposer le 18 mars 1970. Il instaure la République et s'en proclame président.
Faute de mieux, Norodom Sihanouk prend à Pékin la tête d'un gouvernement de coalition en exil, avec les Khmers rouges. Dans le même temps, les Américains entament le bombardement des zones frontalières du Cambodge avec l'aval de Lon Nol.
De 1970 à 1973, sous la présidence de Richard Nixon, l'US Air Force va déverser sur le Cambodge plus de bombes que sur aucun autre pays au monde. Au total plusieurs centaines de milliers de tonnes. Les bombardements redoublent même d'intensité en février-avril 1973, alors que les Vietnamiens se sont retirés du jeu après les accords de Paris.
Ces bombardements indiscriminés, comme plus tôt au Viêt-nam, comme aujourd'hui en Afghanistan, font d'innombrables victimes parmi les populations civiles. Celles-ci, remplies de haine pour l'agresseur, se détournent du camp gouvernemental et rallient les communistes.
Très vite, les troupes gouvernementales, en dépit de leur armement sophistiqué, cèdent du terrain face aux Khmers rouges. Lon Nol n'attend pas le gong final pour s'enfuir et abandonner ses partisans. C'est ainsi que Phnom Penh tombe le 17 avril 1975, deux semaines avant Saigon.
L'horreur
Les dirigeants des Khmers rouges, au nombre de quelques dizaines seulement, n'ont connu pendant dix à quinze ans que les camps de la jungle. Ils ressentent aussi beaucoup de méfiance à l'égard des communistes vietnamiens qu'ils suspectent de vouloir annexer les provinces orientales du Cambodge, peuplées de colons vietnamiens.
Ils ont pu constater aussi combien le pouvoir était fragile en 1965, lors du massacre par le général Suharto de plusieurs centaines de milliers de communistes indonésiens. Ils ressentent cette fragilité avec d'autant plus d'acuité qu'ils sont très peu nombreux et craignent d'être submergés par les cadres de l'ancien régime qui viendraient à se rallier à eux.
C'est ainsi qu'ils prennent la décision folle de faire table rase. Opposant l'«ancien peuple» (les paysans khmers pauvres) au «nouveau peuple» (les habitants des villes et les cadres pro-occidentaux), ils décident de rééduquer ces derniers et si besoin de les exterminer.
Dans les heures qui suivent leur entrée à Phnom Penh, la capitale est vidée de ses habitants et des innombrables réfugiés qui avaient fui les bombardements des années précédentes. Au total 2 millions de personnes de tous âges. Il en va de même des autres villes du pays.
Les déportés sont dirigés vers des camps de travail et de rééducation et astreints à des tâches dures et humiliantes. La nourriture est souvent réduite à deux louches d'eau de cuisson de riz par personne et par jour. La mortalité dans les camps atteint très vite des sommets.
Les rebelles et les suspects sont jetés en prison et contraints à des aveux qui leur valent une exécution rapide, généralement d'un coup de pioche sur le crâne, car il n'est pas question de gaspiller des balles.
Dans son très remarquable ouvrage, Le siècle des génocides, l'historien Bernard Bruneteau souligne que les meurtres ciblent des catégories précises. Ainsi, 4 magistrats sur un total de 550 survivront au génocide. Sont anéantis les deux tiers des fonctionnaires et policiers, les quatre cinquièmes des officiers, la moitié des diplômés du supérieur etc. Globalement, les populations citadines sont exterminées à 40% et les populations des régions les plus rurales à 10 ou 15% «seulement»…
Le doute
La plupart des Occidentaux observent le drame avec incompréhension et beaucoup d'intellectuels manifestent une jubilation dont ils se repentiront plus tard.
Il est vrai qu'au même moment, la victoire des communistes au Sud-Vietnam entraîne un autre drame, moins meurtrier mais plus spectaculaire, celui des «boat-people», réfugiés sino-vietnamiens prêts à affronter les tempêtes et les pirates sur des bateaux de fortune pour échapper au nouveau régime…
En 1978, les Vietnamiens invoquent des raisons humanitaires pour envahir le Cambodge. Le 7 janvier 1979, ils entrent à Phnom Penh cependant que Pol Pot et les Khmers rouges reprennent le chemin de la clandestinité et des maquis. Le nouveau gouvernement cambodgien, vassal du Viêt-nam, compte dans ses rangs de nombreux Khmers rouges qui ont su retourner leur veste à temps.
Pour cette raison, les Vietnamiens n'ont pas envie d'en rajouter dans la dénonciation des horreurs commises par les Khmers rouges. Les Chinois, méfiants à l'égard du Viêt-nam réunifié, trop puissant à leur goût, veulent ménager les Khmers rouges qui continuent de se battre dans la jungle. Même chose pour les Occidentaux.
Il faut attendre le retrait unilatéral des forces vietnamiennes en 1989 pour que s'amorce une prise de conscience du génocide. Le 12 décembre 1997, l'Assemblée générale des Nations Unies fait enfin explicitement référence à des «actes de génocide» dans une résolution sur le Cambodge. La décision est importante : pour l'historien Bernard Bruneteau, elle signifie clairement que le concept de génocide n'est pas limité à une approche raciale ou religieuse. Il peut inclure comme au Cambodge ou pourquoi pas ? L'URSS une approche sociale.
André Larané http://www.herodote.net

samedi 21 novembre 2009

1945-1953 : la destruction des "Allemands ethniques" et des prisonniers de guerre allemands en Yougoslavie (fin)

La plupart de ces anciens soldats réguliers de la Wehrmacht périrent dans la Yougoslavie d'après-guerre en trois phases. Pendant la première phase, plus de 7 000 soldats allemands capturés moururent dans les « marches d'expiation » (Suhnemärsche) organisées par les communistes, faisant 1 300 kilomètres depuis la frontière sud de l'Autriche jusqu'à la frontière nord de la Grèce. Pendant la seconde phase, à la fin de l'été 1945, de nombreux soldats allemands en captivité furent sommairement exécutés ou jetés vivants dans de grandes carrières de karst le long de la côte dalmate. Dans la troisième phase, de 1945 à 1955, 50 000 autres périrent comme travailleurs forcés, de malnutrition et d'épuisement. Le nombre total des pertes allemandes en captivité yougoslave après la fin de la guerre - incluant les civils et soldats « allemands du Danube » ethniques, ainsi que les Allemands « du Reich » (Reichsdeutsche) - peut donc être estimé à 120 000 assassinés, affamés, tués au travail ou disparus.
Quelle est l'importance de ces chiffres ? Quelles leçons peut-on tirer de ces drames ? Il convient de souligner que le triste sort des civils allemands des Balkans n'est qu'une petite partie de la topographie de la mort communiste. Au total, entre 7 et 10 millions d'Allemands - personnel militaire ou civils - moururent pendant et après la Seconde Guerre mondiale en Europe et en Union Soviétique. La moitié d'entre eux succombèrent dans les derniers mois de la guerre, ou après la reddition sans conditions de l'Allemagne le 8 mai 1945. Les pertes allemandes, à la fois civiles et militaires, furent sensiblement plus élevées pendant la "paix" que pendant la guerre.
Durant les mois qui précédèrent et suivirent la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands ethniques furent tués, torturés et dépossédés dans toute l'Europe orientale et centrale, notamment en Silésie, en Prusse orientale, en Poméranie et dans les Sudètes. En tout 12 à 15 millions d'Allemands s'enfuirent ou furent chassés de leurs foyers au cours de ce qui reste peut-être le plus grand « nettoyage ethnique » de l'histoire. Sur ce nombre, plus de deux millions de civils allemands furent tués ou perdirent la vie.
Les génocides communistes dans la Yougoslavie d'après-guerre sont rarement abordés par les media des pays qui émergèrent des ruines de la Yougoslavie communiste en 1991, même si, chose remarquable, il y a aujourd'hui dans ces nouveaux pays une plus grande liberté d'expression et de recherche historique que dans les pays d'Europe occidentale. Les élites postcommunistes de Croatie, de Serbie et de Bosnie, largement composées d'anciens communistes, semblent partager un intérêt commun à refouler leur passé criminel concernant le traitement des civils allemands.
L'éclatement de la Yougoslavie en 1990-91, les événements qui y conduisirent, ainsi que la guerre et les atrocités qui suivirent, ne peuvent être compris que dans le cadre de grandes tueries menées par les communistes yougoslaves de 1945 à 1950. Comme nous l'avons déjà noté, le « nettoyage ethnique » n'a rien de nouveau. Même si l'on considère l'ancien dirigeant serbe Slobodan Milosevic et les prévenus croates actuellement jugés par le Tribunal International des Crimes de Guerre de La Haye comme de vils criminels, leurs crimes, soit réels, soit présupposés, demeurent minuscules par rapport à ceux du fondateur de la Yougoslavie communiste, Josip Broz Tito. Tito mena le « nettoyage ethnique » et les tueries de masse sur une bien plus grande échelle, contre les Croates, les Allemands et les Serbes, souvent avec l'aval des gouvernements britannique et américain. Son règne en Yougoslavie (1945-1980), qui coïncida avec l'ère de la « Guerre froide », fut néanmoins généralement soutenu par les puissances occidentales, qui considéraient son régime comme un facteur de stabilité dans cette région de l'Europe.
Par ailleurs, la tragédie des Allemands des Balkans fournit aussi des leçons sur le sort des Etats multiethniques et multiculturels. Deux fois, durant le XXe siècle, la Yougoslavie multiculturelle éclata dans un carnage inutile tout en déclenchant une spirale de haines entre ses groupes ethniques constituants. On peut conclure, par conséquent, que pour des nations et des cultures différentes, sans parler de races différentes, il vaut mieux vivre à part, séparés par des murs, plutôt que de vivre dans une fausse convivialité qui cache des animosités et laisse des ressentiments durables.
Peu de gens pouvaient prévoir les sauvages tueries interethniques qui balayèrent les Balkans après l'effondrement de la Yougoslavie en 1991, et ceci entre des peuples d'origine anthropologique relativement similaire. On ne peut que s'interroger avec inquiétude sur l'avenir des Etats-Unis et de la France ou des tensions communautaires entre les populations autochtones et des masses d'allogènes du Tiers Monde laissent présager un désastre avec des conséquences beaucoup plus sanglantes.
La Yougoslavie multiculturelle fut avant tout la création des dirigeants français, britanniques et américains qui signèrent le Traité de Versailles en 1919, et des dirigeants britanniques, soviétiques et américains qui se rencontrèrent à Yalta et à Postdam en 1945. Les figures politiques qui créèrent la Yougoslavie ex nihilo comprenaient très mal la perception que les différents peuples locaux avaient d'eux-mêmes et de leurs voisins immédiats.
Bien que les morts, les souffrances et les dépossessions subies par les Allemands ethniques des Balkans pendant et après la Seconde Guerre mondiale soient bien connues des autorités allemandes et des historiens indépendants, elles continuent donc à être ignorées dans le reste de l'Europe et aux Etats-Unis. Pourquoi ? On peut penser que si ces pertes allemandes étaient plus largement discutées et mieux connues, elles stimuleraient probablement une vision alternative de la Seconde Guerre mondiale, et en fait de toute l'histoire du XXe siècle. Une meilleure connaissance des pertes civiles allemandes pendant et après la Seconde Guerre mondiale pourrait aussi encourager une discussion sur la dynamique des sociétés multiculturelles d'aujourd'hui. Or, cette démarche, à son tour, risquerait d'affecter significativement les idées et les mythes dominants qui façonnent l'Europe depuis 1945. Un débat ouvert sur les causes et les conséquences de la Seconde Guerre mondiale ternirait aussi la réputation de nombreux spécialistes et faiseurs d'opinion aux Etats-Unis et en Europe. Il est probable qu'une meilleure connaissance des crimes commis par les Alliés pendant et après la Seconde Guerre mondiale, au nom de « la démocratie », pourrait changer les mythes fondateurs de nombreux États contemporains.
Tomislav SUNIC*, Ecrits de Paris
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* Ecrivain et historien. T. Sunic est auteur de Homo americanus, Child of the Postmodern Age (2007).

lundi 9 novembre 2009

Quand les Tchétchènes combattaient les partisans blancs aux côtés des bolcheviks


En 1917, dans l’Europe ravagée depuis trois ans par la Grande Tuerie, éclate la révolution bolchevique financée entre autres par la "Deutsche Connexion Bank" d’Israël Lazarevitch Helphand, dit "Parvus", et Jacob Fürstenberg, dit Yakov Ganetsky.
Ces deux personnages sont les intermédiaires entre l’Allemagne et les islamistes du Comité Union et Progrès qui ont pris le pouvoir à Constantinople le 23 juillet 1908 qui finira, au nom du "Djihad", par entraîner l’Empire osmanli aux côtés de l’Allemagne dans la guerre contre les pays de l’Entente.
L’objectif des forces que représentent Parvus et Ganetsky est à l’évidence de détruire les empires coloniaux français, anglais, italien et russe.
De fait, le premier acte des Bolcheviks sera, le 3 mars 1918, la signature du Traité de Brest-Litovsk dont l’article IV impose aux Russes d’évacuer la Transcaucasie et l’Asie Centrale. Aussitôt, les armées du sultan de Constantinople envahissent l’Arménie sous juridiction russe depuis 1828.
Car, non contents d’avoir, avec la complicité des Tchétchènes, assassiné trois millions d’Arméniens et de Grecs de Turquie et d’Anatolie, les islamistes de Constantinople projettent d’en faire autant en Transcaucasie.
A peine signé le traité de Batoum, l’Armée islamiste, qui, depuis le Traité de Brest-Litovsk, contrôle la partie nord de l’Iran, attaque les Russes blancs de Koltchak en Asie Centrale et ceux de Denikine dans le Nord-Caucase. Deux cent trente mille Arméniens de Transcaucasie et soixante-dix mille d’Iran sont trucidés par les Turcs, Azéris, Adjares, Tchétchènes et autres composantes de la Division Sauvage. Israël Helphand, artisan du traité de Brest-Litovsk, Adolf Joffe, chef du département "Asie Centrale" du Comité centrai du PCUS et ambassadeur en Allemagne, Karl Sobelsohn, dit Radek, chef du département "Europe" du Commissariat aux Affaires étrangères de l’URSS, Léon Karakhan, chef du département "Orient" du même commissariat, Léon Davidovitch Bronstein, dit Trotski, et Grigori Brilliant, dit Sokolnikov, commissaire politique de l’Armée rouge, sont les responsables avérés de ce génocide conforme à la stratégie bolchevique de "l’écharpe verte" consistant à soulever les peuplades islamistes contre l’Angleterre et la France.
Israël Helphand est le financier de ces bouchers ainsi qu’en témoigne un télégramme daté du 14 juillet 1917 : « Nous avons transféré à votre nom par l’entremise de M. I. Ruchver, magistrat-instructeur, cent quatre vingt mille Marks pour vos dépenses en Finlande. La différence est à votre disposition pour l’agitation contre l’Angleterre et la France. Les lettres de Malyanik et Stelkov ... seront considérées. »
Signé : Parvus.

Dans le cadre de la même stratégie, après l’armistice de novembre 1918, la "ligue pour la révolution islamique" fut installée à Berlin et confiée à Talaat, ministre de l’intérieur de l’Empire osmanli. Responsable du génocide des Arméniens et des Grecs d’Anatolie en 1915, Talaat, réfugié dans la capitale allemande, était devenu créature de Joffe, Radek et Karakhan. Sous leur influence, la "Ligue" allait inspirer et financer toutes les révoltes musulmanes anti-occidentales de l’Entre-deux-guerres :
- la guerre menée par Atatürk en Anatolie, de 1919 à 1923, contre les Alliés afin d’empêcher l’application du Traité de Sèvres qui consacrait la reconquista de l’Anatolie par les Arméniens et les Grecs ;
- la guerre du Rif (1919-1934) menée par Abd-El-Krim contre la France et l’Espagne ;
- la guerre afghano-britannique de 1919-1923 ;
- la révolte irakienne contre les Anglais (1919-1932) ;
- la rébellion senousiste en Libye contre les Italiens (1919-1934) ;
- la révolte syrienne contre les Français (1919-1927).
C’est dans ce contexte géostratégique qu’il faut situer la guerre civile russe de 1918-1921. Exaspérés par les persécutions religieuses, le génocide entrepris par les Bolcheviks dès novembre 1917, le massacre de la famille Impériale à Iekaterinbourg et le traité scélérat de Brest-Litovsk, les Russes se révoltent sous la direction de Koltchak, Semionov, Alexeiev, Kornilov, Denikin et Ioudenitch.
En janvier 1919, les partisans blancs de Denikin sont sur le point de l’emporter. Ayant repris Vladikavkaz enlevé par les Tchétchéno-Bolcheviks aux Cosaques du Terez, libéré les bassins du Don et du Dniepr moyens, puis Voronej, Koursk, Orël, ils campent aux portes de Toula, à 250 km de Moscou.
C’est là que les partisans blancs seront poignardés dans le dos par une coalition musulmane formée en un "comité de défense" au sein duquel on trouve, alliés aux Bolcheviks, les Tchétchènes constitués en régiments de la Ch’aria et en Armée Islamique.
Le coup de poignard tchétchène dans le dos de Denikine est tragique dans ses conséquences : les bolcheviks reprennent Orël et Voronej, Kharkov et Kiev, puis Tsaritsyne et Rostov.
Ce qui reste de l’armée blanche sera littéralement exterminé par les Tchétchènes sur la route de la Mer Noire.
Les troupes de Koltchak, quant à elles, sont repoussées par les bolcheviks. Harcelées par les Tatars, Kirghizes et autres musulmans d’Asie Centrale, elles seront écrasées par l’Armée rouge et leur chef, trahi par la légion tchécoslovaque, sera fusillé le 7 février 1920.
Après la bolchevisation de la Transcaucasie, les Arméniens de Transcaucasie et d’Iran sont massacrés par les Turcs, les Azéris, les Tchétchènes, les Adjares, les Ingouches et les Iraniens en application du Traité de Kars (13 octobre) signé entre la Turquie et l’URSS.
C’est Jacob Fürstenberg, financier, avec Israël Helphand, de la révolution bolchevique, qui, au nom de l’Union soviétique, signa ce traité porteur de mort.

Aujourd’hui, les mêmes forces sont à l’oeuvre derrière les récents événements.
Les Azéris, qui ont tué au moins quarante mille Arméniens depuis 1988, agissent de concert avec les Tchétchènes en rébellion contre les Russes, les Abkhazes dressés contre la Géorgie, les Ingouches affrontés aux Ossètes et les groupes islamistes du Tadjikistan.
Cette véritable offensive musulmane généralisée contre la Russie, comparable à celle qui suivit le Traité de Brest-Litovsk, s’éclaire d’une lumière inquiétante à la lecture d’une étrange vaticination du patriarche orthodoxe de Constantinople, Basile III, datée de septembre 1929 :
« Seul le Tsar pouvait empêcher que les prédictions ne s’accomplissent.
La bataille d’Armagueddon, le combat de l’Apocalypse, les chevaux blancs, l’Hydre à sept têtes et aux sept couronnes. L’Hydre verte !
Du sang sur la tunique blanche !
Les deux fous de Sarajevo.
Nul n’a compris que l’hydre verte avait armé le bras du Serbe.
Le cerveau est aux terres glaciales.
Si les tentacules s’étendent et se ramifient sur le monde, Sainte Russie, barrière de l’Europe, soutien de l’Eglise, si tu cèdes, les cavales de Tamerlan se baigneront aux rives de Bretagne. »

"L’Hydre verte" qui a "armé le bras du Serbe" semble faire allusion, d’une part, au fait que le revolver de Gavrilo Prinzip, qui tua l’archiduc d’Autriche-Hongrie à Sarajevo le 28 juin 1914, avait été fourni par des musulmans bosniaques ; d’autre part, à la "Société du Dragon vert", organisation occulte orientale qui disposait de deux succursales européennes : l’une à Constantinople, où se tint, en juin 1914, le congrès sionisto-islamique dont nous avons parlé dans notre article sur l’attentat de Sarajevo (Helphand-Parvus se trouvait à Constantinople à cette date), l’autre à Stockholm, siège de la banque d’Helphand et Fürstenberg, financiers de la révolution bolchevique.
Le siège central du "Dragon vert" se trouvait en Chine, où se succèderont comme ambassadeurs soviétiques, entre 1922 et 1927,... Joffe et Karakhan, signataires du Traité de Brest-Litovsk et promoteurs de la stratégie de l’"écharpe verte".
Ces deux "diplomates" appuyèrent l’action de l’agent bolchevique Michel Grüsenberg, dit Borodine, fondateur des partis communistes chinois et vietnamien et dont le secrétaire s’appelait Nguyen Tat Than, plus connu aujourd’hui sous le nom d’Ho Chi Minh.
Texte publié dans Le Libre Journal n°57.