dimanche 3 juillet 2022

Sur les traces des Gaulois

L’âge de Caïn : premier témoignage sur les dessous de la libération de Paris

 Jean-Pierre Abel est le pseudonyme de René Château (1906-1970). Cet homme de gauche, initié au Grand Orient de France, élu député en 1936 sous l’étiquette du parti radical-socialiste, vote en 1940 les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain puis devient directeur du quotidien La France socialiste. Arrêté par les FTP en 1944, il est détenu pendant 76 jours puis libéré. Il devient ensuite journaliste à La République du Sud-Ouest et professeur de philosophie dans un lycée de Versailles.

Ce livre est paru pour la première fois en 1947. L’auteur y conte les événements dont il a été le témoin : la Libération de Paris transformée en épuration, les arrestations arbitraires, les règlements de compte, les femmes tondues, déshabillées, humiliées, frappées, les résistants de la dernière heure jouissant de leur pouvoir, les interrogatoires musclés, les prisonniers torturés par les FTP, les viols, les exécutions sommaires, les pillages, le camp de Drancy,…

C’est l’autre Histoire, celle de la laideur humaine, qui vient ternir le discours officiel enseigné à l’école de la République.

L’âge de Caïn, Jean-Pierre Abel, éditions Omnia Veritas, 254 pages, 25 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/lage-de-cain-premier-temoignage-sur-les-dessous-de-la-liberation-de-paris/61710/

samedi 2 juillet 2022

Une biographie d'Henry de Monfreid signée Francis Bergeron…


 Qui suis-je ? Henry de Monfreid par Francis Bergeron, Pardès, 128 p. - 12 €.

« Le monde des vertueux n'a jamais cessé de m'accabler, on m'a voulu négrier, vendeur de femmes, je fus opiomane, mais moi, contrairement à beaucoup d'autres, devant ma glace, chaque matin, je peux me serrer la main. »

Henry de Monfreid est, avec Jack London, l'un des seuls authentiques aventuriers-écrivains. L'un tenté par le socialisme, l'autre par le fascisme, tout devrait les opposer, mais leur indifférence au danger et au "qu'en-dira-t-on" les fait se rejoindre dans la quête inassouvie d un absolu individualiste.

L'œuvre de Monfreid, très autobiographique, se lit comme un roman. Mais le faux et le vrai se mêlent, surtout quand le héros, lui, a souvent le beau rôle. Ce pourrait être une première raison de ne pas aimer Monfreid. Il y en a mille autres encore : il a vécu du trafic de drogue ; il assure ne pas s' être livré à la traite des noirs, mais, là où il vivait, la frontière était étroite entre esclave et serviteur ; le trafiquant d'armes qu'il fut peut-il garantir n'avoir jamais traité avec l'ennemi ? Toutes ses femmes, européennes ou indigènes, les a-t-il rendu heureuses ?  Les a-t-il même aimé ? Quelle dureté avec certains de ses enfants ! Où sont passés les tableaux de Gauguin ? Combien de ses employeurs Monfreid a-t-il volé ? N'a-t-il pas du sang sur les mains ? Opiomane, converti à l'islam, initié à la franc-maçonnerie, peut-il être érigé en modèle ? Ce Qui suis-je ? Monfreid montre que l'auteur des Secrets de la Mer Rouge symbolise le génie propre à un Européen qui, fût-il seul, plongé dans un univers totalement étranger et hostile, sait triompher. Monfreid donne cette leçon de courage : prison, fortune, prison, fortune, prison ; les séquences se succèdent, mais, toujours, il relève la tête. C'est bien une sorte de héros, malgré tout. Un homme à admirer. Et à lire.

« Combien aventureux et aventurier fut Monfreid ! Il fallait pour évoquer sa vie et ses fabuleux récits avoir soi-même tâté aussi un peu d'aventure, même fort différente. (…) Un fabuleux destin et quelle allure ! » (Guy Chambarlac, Nouvelle Revue d'Histoire)

« (…) une excellente synthèse de sa vie, de ses exploits, de ses livres. (…) Grâce à Francis Bergeron le flibustier à la face d'aigle est ressuscité » (Jean-Paul Angelelli, Rivarol)

« Toute la vie d'Henry de Monfreid a été une insulte à la morale et au politiquement correct. (…). Le bourlingueur de la mer Rouge a “mauvais fond”. Mais c'est tout le sel de ce brillant petit ouvrage (…) que de rappeler cette évidence aux tartuffes contemporains qui ne cessent de gommer les aspects jugés les plus déplaisants de l'auteur de La croisière du haschich pour mieux châtrer son œuvre. (…) On ne fait pas de bonne littérature d'aventures avec de bons sentiments » (Pascal Esseyric, éléments)

« Monfreid apparaît non seulement comme un voyou — ce dont il était difficile de ne pas se douter — mais aussi comme un assez joli monstre d'égoïsme. (…). N'empêche, on ferme le livre en songeant: quelle vie ! » (Monde et Vie)

« Francis Bergeron nous retrace fort bien sa vie. (…) un bel hommage et une belle évocation, (…) une excellente invitation au voyage et à la redécouverte de l’œuvre de Monfreid » (Réfléchir et Agir)

http://www.archiveseroe.eu/lettres-c18386849/19

Feux de la Saint-Jean - Solstice d'été 2022

Les grandes figures catholiques de la France (François Huguenin)

 

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François Huguenin est un historien et essayiste français.

Considérant qu’en l’absence d’une conscience de notre passé commun, il est difficile de partager le présent et de construire l’avenir sur un socle solide, François Huguenin nous invite à retrouver l’histoire de France autour de grandes et belles figures catholiques.

On entend régulièrement, notamment dans la bouche de politiques, des propos récusant l’évidence même : les racines chrétiennes de l’Europe, ou le socle catholique de la France. Derrière ce déni, peut-être plus inquiétant qu’absurde, se tapit une instrumentalisation idéologique de l’histoire qui considère, dans la continuité de la vulgate marxiste, que la religion est un asservissement de l’homme et qu’elle marque les temps obscurantistes incompatibles avec le statut d’homme libre.

Ce livre vient rétablir la vérité en racontant l’histoire de la France par les grandes figures catholiques qui l’ont façonnée et incarnée. Catholiques, en effet, et non pas chrétiennes. La France est tout simplement, depuis son ébauche que l’on datera de Clovis, un pays catholique, qui l’est resté par-delà la crise de la Réforme. 

Les quinze noms retenus par l’auteur (Clovis, Saint Louis, Sainte Jeanne d’Arc, Richelieu, Saint Vincent de Paul, Louis XVI, Sainte Thérèse de Lisieux,…) sont donc tous catholiques, bien qu’extrêmement divers… à dessein. Nous traversons ainsi la plupart des événements majeurs : invasions barbares, naissance de la monarchie, croisades, guerre de Cent Ans, guerres de religion, Révolution, conflits mondiaux.

Les grandes figures catholiques de France, François Huguenin, éditions Perrin, 384 pages, 23 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/les-grandes-figures-catholiques-de-la-france-francois-huguenin/61756/

vendredi 1 juillet 2022

La mort des Césars (Joël Schmidt)

 Joël Schmidt, historien, critique littéraire et romancier, est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, parmi lesquels plusieurs sont consacrés à l’Empire romain.

Rome a été gouvernée entre 27 av. J.-C. et 476 ap. J.-C. par quelque 71 empereurs légitimes. Parmi eux, au moins les trois-quarts furent assassinés, et le quart restant mourut en livrant bataille ou anéanti par des maladies diverses.

L’auteur respecte ce que les historiens de l’Antiquité nous ont relaté, mais adopte une forme tantôt historique, tantôt un peu plus romanesque pour chacun des empereurs traités, les faisant songer, voire rêver, afin de les rendre vivants et personnels, pour expliquer ce qui les a conduits à la mort. L’ouvrage commence par les derniers jours de Jules César qui ne fut jamais empereur, mais qui donna son nom à toutes les titulatures impériales des empereurs qui devaient gouverner Rome pendant quelque cinq siècles.

L’objet de cet ouvrage ne consiste pas à dresser la biographie exhaustive de ces empereurs, mais à indiquer les principales lignes de faîte de leur gouvernement, en s’attachant à leurs points de faiblesse, souvent à leurs crimes inexpiables qui ont parfois justifié leur mort. Joël Schmidt insiste également sur les prodiges qui entourent les empereurs et sont annonciateurs de leur prochain décès, ainsi que sur le rituel de leurs obsèques et de leur inhumation devant des foules souvent compactes.

A l’heure où l’heure de la mort approche, certains empereurs romains se montrent courageux, d’autres lâches et, en ce sens, leur exemple, parce qu’ils ont été les maîtres du monde et que leur fin est celle de tout être réduit à sa plus simple humanité, comme tous leurs sujets, peut nous servir de modèle à suivre ou à éviter si, comme disait Montaigne, suivant en cela Sénèque, nous souhaitons une belle mort.

La mort des Césars, Joël Schmidt, éditions Perrin, 334 pages, 21,90 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/la-mort-des-cesars-joel-schmidt/62042/

jeudi 30 juin 2022

GLOIRE ET DEFENSE DE NOTRE PATRIMOINE !

Ernst Jünger et le retour aux Grecs

 L'œuvre jüngerienne est, selon l'auteur lui-même, divisée en 2 parties, un “ancien testament” (1920-1932), dont le fleuron est Le Travailleur (1932) et un “nouveau testament”, commencé par Sur la douleur. Pour Jünger, comme pour tous les hommes de culture en Europe, le recours aux Grecs est une démarche essentielle, malgré l'irréversibilité de l'histoire. Aujourd'hui, époque nihiliste, la clef de voûte de la civilisation hellénique, c'est-à-dire la Cité, s'effondre. L'homme libre doit la quitter, retourner à la forêt, au ressourcement.

Dans l'œuvre jüngerienne, le symbolisme de la Cité est essentiel. Du temps des Grecs, la Cité s'opposait au chaos des périphéries incultes et sauvages. Mais cette Cité, symbole de l'empire que l'homme est parfois capable d'exercer sur lui-même, est périssable, comme nous le constattons, constat qui autorise à proclamer son imperfection. Jünger s'intéresse à la signification de cette mort des cités. Dans le monde grec, la Cité, justement, permettait d'élaborer, à l'abri du chaos, une pensée rationnelle, se substituant progressivement au mythe, fondateur de la culture initiale. L'esprit grec est celui qui a inscrit la pensée humaine dans la mémoire et la durée. C'est Hérodote qui fait passer l'hellénité du mythe à l'histoire. C'est aussi dans cette intersection que se situe Thucydide. Mais cette construction va s'éroder, s'effondrer. Nous sommes alors entrés dans l'âge des cités imparfaites.

Les cités imparfaites découlent de la dévaluation des valeurs supérieures : elles annoncent le nihilisme. La décadence est le concours de l'érosion de l'autorité spirituelle, de la dissolution des hiérarchies et du déclin de la langue. Le temps des virtualités religieuses est épuisé, l'unité mentale du peuple n'existe plus, les fidélités communautaires sont fissurées, on rompt avec le mos majorum. La Cité des Falaises de marbre est une de ces cités imparfaites, où il n'y a plus unité de culte, où les rites funéraires sont en déchéance, banalisés par la technique, où le sacré se retire, où la raison n'est plus qu'un outil de puissance. Mais Jünger sait surtout que l'on n'exhume pas les dieux morts. Dans Heliopolis, il se penche sur cette question du vide laissé par ces dieux et place cette autre cité imparfaite qu'imagine son génie poétique, à l'enseigne des néo-spiritualismes, palliatifs éphémères et maladroits à cette déchéance. Toute chute est précédée d'un affaiblissement intérieur, nous dit Jünger. Comment supporter ce déclin, qui est en même temps terreur ? Par la fuite. Les héros jüngeriens présentent dès lors des itinéraires individuels tout de solitude, de nostalgie du monde originel, d'inquiétude existentielle. Ils sont volontairement des étrangers à l'histoire.

Œuvre et des cités primordiales et des cités imparfaites, l'œuvre de Jünger est aussi celle qui tente de donner un sens à cette fuite. L'homme peut-il guérir d'un monde foncièrement vicié ? Oui, à condition de passer par l'athanor de la souffrance (de la douleur). Oui, à condition de recourir aux archétypes féminins, de retourner à la Grande Mère, retour qui est simultanément “réhabilitation du temps”.

Conférence d'Isabelle Fournier lors de l'Université d'été de la FACE, juillet 1995.

(notes prises par Étienne Louwerijk et Catherine Niclaisse)

Les enfants martyrs de Lamsdorf

 

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Un écrivain disait : « Je suis âgé de 2000 ans. Je suis le Livre, je suis la Mémoire ». Enterrés souvent dans des charniers sans croix, évincés des livres d’histoire, oubliés de la mémoire des hommes, nos millions de martyrs crient justice. Un jour viendra où ils crieront vengeance. Je pourrais parler des enfants martyrs des Lucs brûlés vifs dans l’église paroissiale par la vermine républicaine. Je pourrais parler des enfants décharnés et en haillons rampants dans les camps de la mort de la ploutocratie « anglaise » où furent parqués les Boers. Je pourrais parler des enfants du Goulag exterminés par la peste rouge. Je pourrais parler des fillettes hongroises violées dans leurs écoles privées devenues prison par les soudards de Bela Kun (Aaron Cohen), les républicains hongrois. Je pourrais parler des enfants espagnols exterminés avec leurs parents par les républicains et dont les médailles de Baptême furent retrouvées dans le butin du franc-maçon Negrin… Nos martyrs n’ont pas de frontières. Ils peuvent tout aussi bien être Ukrainiens, Biafrais, Cubains, Irakiens, Italiens…

Le nauséabond Churchill, l’un des pires criminels du XXe siècle, psychopathe mariné dans le whisky et fumé à l’opium, avait promis aux Polonais à Yalta l’extermination d’un septième million de civils allemands pour « faire de la place ». Parole fut tenue et les communistes de Pologne vidèrent de leur population allemande certains territoires. Lamsdorf était un camp de la mort dirigé par Ceslaw Gimborski, situé entre Oppeln et le fleuve Neisse, destiné à exterminer la population allemande catholique du canton de Falkenberg. Femmes, enfants, vieillards raflés, parqués, liquidés. Un médecin catholique, un des rares rescapés, le docteur Esser, a témoigné devant l’Histoire.

On ne saura jamais combien de morts il y eut dans ce camp fermé en juin 1946. Les « exercices de nuit » faisaient chaque jour une quinzaine de morts. Ceux du matin, 10 morts. Et quand le taux d’extermination planifié n’était pas atteint, pas besoin d’appareillage compliqué. On fusillait. Le gardien Pawlik tenait à jour son quota personnel de 25 morts quotidiens. Le massacre du 4 octobre 1945 fit 581 morts : 47 fusillés (dont 36 femmes), 40 brûlés vifs (dont 25 femmes), 494 détenus jugés trop blessés pour travailler sont abattus.

On estime le nombre de morts à Lamsdorf  à un peu moins de 7000. Les rations alimentaires étaient de 200 à 300 calories par jours, moins d’un tiers de celle d’Auschwitz, moins de la moitié de celle du Goulag.

Il était impossible à Lamsdorf de rencontrer un bébé ou un tout jeune enfant. Ils étaient exterminés dès leur arrivée. Plus exactement, ils étaient la plupart du temps séparés de leurs parents et mourraient de faim et de manque de soin, du moins ceux que Gimborski n’avait pas tués personnellement. Plusieurs bébés furent piétinés à mort par la soldatesque communiste polonaise sous les yeux de leur mère (méthode reprise plus tard par les Soviétiques en Afghanistan) Nous ne nous étendrons pas sur les atrocités commises sur les adultes, les femmes, les vieillards, car le sujet est les enfants martyrs de Lamsdorf.

Il y avait deux catégories d’enfants à Lamsdorf, ceux qui avaient moins de 12 ans, et ceux qui avaient dépassé cet âge fatidique. Les premiers étaient laissés à l’abandon. Pieds nus, squelettiques, ils erraient entre les baraquements, le chapelet ou le scapulaire de leurs parents morts autour du cou. Les enfants surpris à aller prier sur la tombe de leurs parents étaient abattus sur le champ. Les seconds servaient d’esclaves. Les garçons étaient systématiquement battus et les filles violées. A Lamsdorf, pas de chirurgien, pas d’orchestre, pas de piscine, de terrain de foot ou de bibliothèque. Il n’y avait que la mort. Interdiction de se laver, interdiction de se soigner, interdiction de prier, interdiction de parler allemand. La moindre infraction était passible de mort.

Le camp de Lamsdorf, comme le camp de Zgoda où sévit l’abject Salomon Morel, démasqué par le journaliste John Sack et mort en toute impunité en Israël en 2007 ou le camp de Gleiwitz de la sadique Lola Potok sa compagne qui a coulé jusqu’à sa mort des jours paisibles en Australie ferma dans des circonstances curieuses. Un beau jour, les Soviétiques inspectèrent le camp, en furent horrifiés (et pour horrifier les pères du Goulag…), et les 334 rescapés furent libérés et déplacés en future RDA. Pour Gleiwitz, un beau jour, la direction et la majorité des gardiens désertèrent en masse et se réfugièrent à l’Ouest où on les accueillit en héros : les vaincus de 1936-38 prenaient leur revanche avec l’appui américain, entamant un troisième bras de fer se terminant par l’assassinat de Staline en 1953. Mais ceci est une autre histoire…

Un mot sur les dizaines de prêtres et de religieuses exterminés dans le camp, notamment le curé de Neisse dont « la noblesse et la patience défiait les outrages et les blasphèmes des ces brutes communistes. Sa résistance héroïque, son amour du prochain, sa bienveillance et son esprit de camaraderie exemplaire donnèrent du courage à tous les occupants du camp ». Interdit de célébrer la messe, privé de ses ornements sacerdotaux, interdit de donner l’extrême-onction…

A Lamsdorf, un curé moderniste polonais avait pris la place de son confrère allemand. Alcoolique, collaborateur zélé du communisme, ce prêtre dévoyé que l’on retrouvera ultérieurement compagnon de route de PAX et de l’aile progressiste du clergé polonais qui ira jusqu’à l’intérieur du Vatican (l’aile traditionnaliste fidèle à la messe en latin ira jusqu’à la tombe, à commencer par le père Popielusko mort d’avoir refusé Vatican II) refusera d’administrer le moindre sacrement aux mourants allemands au motif qu’ils étaient allemands et, comme le firent hélas tant de ses confrères en 1939, justifia les pires actes anticléricaux et blasphématoires tant que les victimes étaient des prêtres allemands. Quels Prêtres polonais de l’époque décideraient d’apporter le moindre secours aux catholiques du camp ? Pour être parfaitement honnête, les religieuses polonaises furent – elles – souvent admirables, confiant 78 enfants allemands à des familles polonaises pour leur éviter l’extermination et soignant clandestinement les blessés, faisant aussi preuve de compassion pour les femmes et adolescentes allemandes, risquant quotidiennement leur vie pour apporter un bout de pain, un savon, un pansement, une prière. L’histoire a conservé le prénom de l’une d’entre elle : sœur Lucie.

Que la petite bougie de la mémoire ne s’éteigne pas. Chaque 4 octobre, dans toutes les paroisses catholiques, faites célébrer une messe pour les enfants de Lamsdorf. Se souvenir, pour montrer qu’on est autre chose que des catholiques de salon ou de boulevard.

Hristo XIEP

https://www.medias-presse.info/les-enfants-martyrs-de-lamsdorf/62084/

mercredi 29 juin 2022

Pergaud – Qui suis-je ? (Bernard Piccoli)

 

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Bernard Piccoli, instituteur, est le président de l’Association des Amis de Louis Pergaud.

Le nom de Louis Pergaud (1882-1915) n’évoquera quelque chose que parmi les lecteurs les plus érudits. Pourtant, quasiment chacun connait au moins l’une des œuvres de Louis Pergaud, à savoir La Guerre des boutons, roman de jeunesse désopilant.

Ce livre a le mérite de sortir de l’ombre cet auteur quelque peu oublié, petit instituteur qui connut le succès, de son vivant, avec le livre De Goupil à Margot qui reçut le prix Goncourt en 1910. Dans un premier temps, ses personnages fétiches sont des animaux. La Guerre des boutons, publié en 1913, est son premier récit dont les héros sont humains. Hélas, la première guerre mondiale vient écourter l’existence de Louis Pergaud. Le 3 août 1914, l’écrivain part pour Verdun où il est incorporé au 166e régiment d’Infanterie. Le 8 avril 1915, il trouve la mort au cours de l’attaque de la côte 233 de Marcheville, dans la Meuse.

Pergaud, Bernard Piccoli, éditions Pardès, collection Qui suis-je ?, 128 pages, 12 euros

Le commander en ligne.

https://www.medias-presse.info/pergaud-qui-suis-je-bernard-piccoli/62294/

mardi 7 juin 2022

Leipzig, la bataille des Nations (Bruno Colson)

 

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Bruno Colson, professeur à l’université de Namur, est un spécialiste d’histoire militaire et l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la stratégie et l’art de la guerre.

La bataille de Leipzig fut la plus gigantesque des batailles napoléoniennes par le nombre d’hommes engagés (près de 500.000), par sa durée (quatre jours) et par son étendue géographique (à peu près quinze kilomètres carrés). Jamais de tels effectifs n’avaient été rassemblés pour un affrontement en rase campagne. L’Europe n’en verra pas de plus grands avant août 1914.

Après sa désastreuse campagne de Russie, Napoléon a réussi à reconstituer une armée considérable. Le 2 mai 1813, il bouscule les Russes et les Prussiens près de Leipzig, à Lützen. Les 20 et 21 mai, les Alliés sont de nouveau battus à Bautzen. Le ministre autrichien des Affaires étrangères, le comte de Metternich, propose un armistice aux belligérants. Signé le 4 juin, il prévoit la réunion d’un congrès à Prague, sous l’égide de l’Autriche, pour trouver une formule de paix. En réalité, chaque camp profite de ce répit pour resserrer ses liens diplomatiques et affûter ses armes. L’Autriche entre en guerre aux côtés des Alliés, ce qui donne naissance  à la sixième coalition contre la France. Trois armées sont constituées. Celle de Bohême est la principale, avec les Autrichiens et la plus grande partie des forces franco-prussiennes. Elle compte en tout plus de 200.000 hommes. Les monarques de Russie, de Prusse et d’Autriche y sont tous les trois présents. Une armée du nord, sous Bernadotte, est forte d’environ 127.000 Russes, Prussiens et Suédois. Enfin, l’armée russo-prussienne de Silésie, dirigée par le septuagénaire Blücher, compte 100.000 hommes. Un concept stratégique commun est élaboré, le plan de Trachenberg.

Les trois armées convergeront en un vaste demi-cercle autour des forces de Napoléon, attaqueront les corps détachés mais se retireront devant les masses emmenées par l’empereur des Français lui-même. Les conseils de Bernadotte rejoignent l’expérience russe de 1812 pour empêcher Napoléon de frapper un coup décisif et éroder ses forces petit à petit.

Napoléon a environ 400.000 hommes à opposer aux 500.000 Alliés.

La bataille de Leipzig est le point de départ de l’invention de la guerre totale. Elle deviendra un modèle pour des générations d’officiers allemands, avec le concept de l’action combinée d’armées séparées réutilisé dans les conditions « modernes  » de 1939 en tant que modèle de bataille d’encerclement.

Leipzig, Bruno Colson, éditions Perrin, collection Tempus, 672 pages, 12 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/leipzig-la-bataille-des-nations-bruno-colson/62346/

lundi 6 juin 2022

#115 - Laurent Joly pour son livre "la falsification de l'Histoire"

Dans les pas du noble Wisigoth Pelayo

 

Dans les pas du noble Wisigoth Pelayo

À l’occasion de la commémoration de la bataille de Covadonga, Heimdal R. stagiaire de la promotion Tolkien, a été invité à prononcer un discours sur l’engagement de la jeunesse au service de l’Europe. Notre président Philippe Conrad a par ailleurs participé à une table ronde consacrée à la Reconquista.

« Oui, il y a en moi quelque chose d’invulnérable, quelque chose qu’on ne peut enterrer et qui fait sauter les roches : cela s’appelle ma volonté. Cela passe à travers les années, silencieux et immuable. »

C’est par ces mots de Nietzsche que l’on pourrait honorer la mémoire de Pélage et de ses 300 guerriers, dont le sacrifice nous inspire toujours.

Guidé par le souvenir de cette mythique bataille qui a déterminé le destin d’une civilisation, j’aimerais saluer les clins d’œil que des millénaires d’histoire nous envoient. Au cœur de cette cordillère cantabrique se levèrent, il y a 1 300 ans, une poignée de héros ; sur cette terre irriguée de leur sang fleurira une révolte longue de huit siècles, au terme de laquelle une éclatante victoire couronnera une deuxième fois de ses lauriers, en hommage à la nation tout entière et à nouveau libre, la gloire impérissable des guerriers cantabres. L’exemple de ce combat nous pousse à l’insoumission, au courage, au rejet de tout défaitisme, à nous former et à donner le meilleur de nous-même.

Car c’est désormais notre tour. C’est aux jeunes Européens qu’il appartient d’être les dignes acteurs de cette longue histoire, d’être les farouches gardiens de notre héritage. Les chants qui gardent vif le souvenir des héros du passé nous rappellent qu’aucun combat n’est jamais perdu d’avance. Encore faut-il vouloir le mener.

Ma promotion de l’Institut Iliade a choisi comme figure tutélaire John Ronald Reuel Tolkien ; philologue, écrivain et poète abreuvé à la source toujours pérenne de la longue mémoire européenne, il incarne à nos yeux la transmission, le lien entre passé et présent, l’histoire et la culture européennes magnifiées dans une épopée qui rappelle les plus grandes heures de notre histoire et nous incite au combat.

Mais, avant, il faut s’y préparer. L’engagement et la formation, au sein de l’Institut Iliade ou de toute autre organisation qui a pour but de fortifier l’âme et le cœur des vrais Européens, donnent à notre jeunesse l’encre nécessaire pour écrire les pages encore blanches de son avenir, les armes dont elle a besoin pour livrer les combats d’aujourd’hui.

Notre combat prioritaire est le refus de l’universel, du grand magma humanitaire global, de l’indistinction généralisée. Nous luttons contre une modernité qui nous croit remplaçables et interchangeables, des individus jusqu’aux peuples. Il faut opposer au règne de l’abstrait le concret de nos appartenances biologiques, familiales, culturelles, sexuelles, sociales, territoriales, religieuses… En un mot, notre identité.

Reconquérir et défendre notre identité, refaire un peuple, reformer des communautés, re-hacer naciones, c’est le refrain qui doit cadencer nos vies et chacune de nos actions. Contre les menaces d’aliénation de notre identité ethnoculturelle, l’Iliade nous forme à résister, à régénérer, à réveiller, par la connaissance de ce que nous sommes.

Histoire, philosophie, esthétique, enjeux contemporains… Faire de cette connaissance la pierre angulaire de la reconstruction civilisationnelle, du réveil européen, en cultivant notre longue mémoire par l’étude d’un héritage glorieux dont l’exemple nous oblige : voilà ce qu’est l’Institut Iliade.

1 300 ans nous séparent de Covadonga, de Pélage et ses 300 guerriers. Eux-mêmes font écho à d’autres 300 qui, douze siècles avant eux, à l’autre bout de notre belle terre d’Europe, mirent également un terme à l’invasion de notre continent. Eschyle écrivait des Grecs, et à travers eux de tous les Européens, qu’ils « estiment n’être les esclaves ni les sujets de personne ». 2 500 ans de résistance européenne, d’inextinguible soif de liberté, d’implacable volonté d’être ce que nous sommes, d’affirmer cet être au monde si singulier.

« Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes », chantaient les Spartiates. C’est pour ressembler à ceux qui nous ont précédés que nous nous formons. C’est pour les imiter que nous agissons. C’est pour que leur mémoire vive que nous vaincrons.

Gustav Mahler disait que « la tradition n’est pas le culte des cendres mais la préservation du feu ». Dans le même esprit, Dominique Venner, selon les souhaits de qui l’Institut Iliade fut fondé, écrivait que « la tradition n’est pas le passé, c’est ce qui ne passe pas ». Pour que cette longue mémoire ne meure pas, comme le feu du camp lorsque tout le monde s’endort, nous devons la veiller et ne jamais cesser de l’alimenter de bois jeune et fier. C’est la vocation de l’institut.

L’Institut Iliade nous parle d’un être au monde spécifiquement européen, plurimillénaire, exprimé par différentes identités régionales et nationales mais lié par la linguistique, la géopolitique, la paléogénétique et les mythes partagés, tous issus de nos racines indo-européennes. Il nous transmet un savoir européen partagé qui va des sources grecques aux penseurs allemands de la Révolution conservatrice comme Spengler, Jünger, Schmitt en passant par Rome et son Imperium, par le Grand siècle ou encore le Moyen Âge chrétien qui fi resplendir la noblesse des armes et des vertus.

Avec l’Institut Iliade, nous traitons de tous les aspects de la civilisation européenne, en insistant sur sa singularité, sa grandeur et ses ressources toujours vives. Notre objectif est de donner du sens et des repères aux jeunes générations d’Européens confrontées aux conséquences tragiques du Grand remplacement ethnique et du Grand effacement spirituel.

À la pointe du combat identitaire, l’Institut ILIADE propose le Grand Ressourcement, appuyé sur la triade homérique dégagée par Dominique Venner : la nature comme socle, l’excellence comme but, la beauté comme horizon. Notre ambition est de former des jeunes hommes et des jeunes femmes conscients d’eux-mêmes et soucieux de leur histoire toujours à écrire. Face aux périls qui nous guettent – et Hölderlin nous murmure que « là où croît le péril croît aussi ce qui sauve » –, face au précipice où l’inconséquence d’une génération nous a menés, nous apprenons à discerner les risques qui nous attendent et l’abnégation qui sera nécessaire, mais aussi l’enthousiasme et la joie d’avoir un tel défi à relever. « Souvent, nous dit Beowulf, le Destin sauve un homme voué à mourir quand son courage ne faiblit point. »

Nous serons les animateurs du nécessaire réveil européen, capables de donner à l’action civique ou politique la dimension culturelle et métapolitique indispensable. Notre mot d’ordre : nous mettre au service d’une communauté de destin, qui risque de disparaître si elle ne se prend pas en main.

De la théorie à la pratique, de la réappropriation de notre histoire au courage de l’engagement, nous étudions le legs de nos aînés et apprenons à l’aiguiser comme fer de lance de nos combats actuels.

Pour infléchir le cours de l’histoire, il faut des hommes de pensée et d’action. Les deux sont inséparables. Les discours grandiloquents sur les valeurs sont aisés, mais nous devons les incarner au quotidien dans une manière d’être.

Tous les jours, dans la moindre de nos décisions, nous devons faire montre d’une « conscience de civilisation » : porter haut, mais sans caricaturer, notre héritage, et ne rien céder à un système qui veut nous broyer. Chacun a un rôle à jouer. À l’heure sans précédent où le moindre élément de notre identité est menacé, toute décision ou presque devient politique. Ce que l’on consomme, ce que l’on fait lire à nos enfants, leur exposition aux écrans, à la propagande médiatique… Parmi tous, ceux qui rejoignent l’Institut Iliade ont vocation à faire preuve de vertus, d’un engagement plus intense, à appartenir à une élite.

Il est de notre devoir d’affirmer et de déployer notre vision du monde, ainsi que de nous conduire honorablement, selon l’antique exemple de ceux qui nous ont précédés, dans un combat de chaque instant. La vie bonne de l’honnête homme, le kalos kagathos des chevaliers européens, d’Achille à Aragorn en passant par Pélage et ses guerriers, resteront toujours supérieurs à la consommation effrénée de l’atome libéral déraciné de la ville mondiale. Face au « dernier homme » de Nietzsche, celui dont les besoins ne seront jamais satisfaits, nous sommes le sourire confiant du chevalier de Dürer qui chevauche stoïquement vers son devoir sans accorder le moindre regard à la mort ni au Diable. Samouraïs d’Occident, nous voulons vivre par l’éthique qui dit que « le devoir est plus lourd qu’une montagne, mais la mort plus légère qu’une plume ».

Nos maîtres mots doivent alors être honneur, fidélité et engagement. Nos valeurs, le courage et l’insoumission. La formation intellectuelle et culturelle, la connaissance de notre histoire, la préservation de notre mémoire nous permettront, à nous, jeunesse européenne, d’être la génération qui saura reconquérir son identité.

« Lorsque tout semble perdu, que la cité est assiégée, que les cœurs sont en proie au doute et au pessimisme, nombreux sont ceux qui fuiraient pour échapper à un inéluctable et funeste destin. Nous ne sommes pas de ceux-là, nous nous tenons ici, droits et fiers, déterminés à percer les ténèbres et raviver en Europe le feu de l’espoir. »

Heimdal R.

« Sí, hay algo invulnerable en mí, algo que no puede ser enterrado y que atraviesa las rocas: se llama mi voluntad. Pasa a través de los años, silenciosa e inmutable ». Con estas palabras de Nietzsche podríamos honrar la memoria de Don Pelayo y de sus 300 guerreros, cuyo sacrificio sigue inspirandonos.

Guiado por el recuerdo de esta mítica batalla que determinó el destino de una civilización, me gustaría rendir homenaje a las señales que encontramos desde hace milenios de historia. En el corazón de aquella cordillera Cantábrica se levantaron, hace 1300 años, un puñado de héroes; en esta tierra, regada con su sangre, floreció una revuelta que duró 8 siglos, al final de los cuales una deslumbrante victoria coronó un segunda vez, como homenaje a nación entera y de nuevo libre, la gloria imperecedera de los guerreros cántabros. . El ejemplo de esta batalla en el corazón de la Cantabria infinita, nos impulsa a la insumisión, al coraje, al rechazo de todo derrotismo, a formarnos y a dar lo mejor de nosotros mismos.

Ahora nos toca a nosotros. Corresponde a los jóvenes de Europa ser los dignos protagonistas de esta larga historia, ser los fieros guardianes de nuestro patrimonio. Las canciones que mantienen viva la memoria de los héroes del pasado nos recuerdan que ninguna batalla está perdida de antemano. Pero hay que librarla.

Mi clase del Instituto Iliade ha elegido a John Ronald Reuel Tolkien como figura tutelar; filólogo, escritor y poeta que bebe de la fuente imperecedera de la larga memoria europea, encarna para nosotros la transmisión, el vínculo entre el pasado y el presente, la historia y la cultura europea engrandecida en una epopeya que recuerda las mejores horas de nuestra historia y nos incita a luchar.

Pero primero, debemos prepararnos. El compromiso y la formación, en el Instituto Iliade o cualquier otra organización cuyo objetivo sea fortalecer el alma y el corazón de los verdaderos europeos, dan a nuestra juventud la tinta necesaria para escribir las páginas aún blancas de su futuro, y las armas que necesita para librar las batallas de hoy.

Nuestra lucha prioritaria es el rechazo de lo universal, del gran magma humanitario global, de la indistinción generalizada. Luchamos contra una modernidad que nos cree reemplazables e intercambiables, desde los individuos hasta los pueblos. Debemos oponer al reino de lo abstracto el concreto de nuestras filiaciones biológicas, familiares, culturales, sexuales, sociales, territoriales, religiosas… En una palabra, nuestra identidad.

Reclamar y defender nuestra identidad, rehacer un pueblo, reformar comunidades, re-hacer naciones, este es el estribillo que debe enmarcar nuestras vidas y cada una de nuestras acciones. Contra las amenazas de alienación de nuestra identidad etnico-cultural, Iliade nos entrena para resistir, para regenerar y para despertar, a través del conocimiento de lo que somos.

Historia, filosofía, estética, actualidad… Hacer de este conocimiento la piedra angular de la reconstrucción de la civilización, del despertar europeo, cultivando nuestra larga memoria a través del estudio de una herencia gloriosa: eso es lo que pretende el Instituto Iliade.

1300 años nos separan de Covadonga, de Don Pelayo y sus 300, que se hicieron eco de otros 300 que, doce siglos antes que ellos, en el otro extremo de nuestra hermosa Europa, también pusieron fin a la invasión de nuestro continente. Esquilo escribió de los griegos, y a través de ellos de todos los europeos, que « no se consideran esclavos ni súbditos de nadie ». 2500 años de resistencia europea, de insaciable sed de libertad, de implacable voluntad de ser lo que somos.

« Somos lo que fuisteis; seremos lo que sois », cantaban los espartanos. Nos formamos para parecernos a los que nos precedieron. Es para imitarlos que actuamos. Es por mantener vivo su recuerdo que venceremos.

Gustav Malher decía que « la tradición no es el culto a las cenizas, sino la conservación del fuego ». Con el mismo espíritu, Dominique Venner, según cuyos deseos se fundó el Instituto Iliade, escribió que « la tradición no es el pasado, es lo que no pasa ». Para que esta larga memoria no muera, como la hoguera cuando todo el mundo se duerme, debemos mantenerla viva y no dejar de alimentarla con madera joven y orgullosa. Esta es la vocación del Instituto Iliade.

El Instituto nos habla de un ser específicamente europeo y multimilenario, que se expresa a través de diferentes identidades regionales y nacionales, pero que está vinculado por la lingüística, la geopolítica, la paleogenética y los mitos compartidos, todos ellos procedentes de nuestras raíces indoeuropeas. Nos transmite un conocimiento europeo compartido que va desde las fuentes griegas hasta los pensadores alemanes de la Revolución Conservadora, como Spengler, Jünger y Schmitt, pasando por Roma y su Imperio, el Gran Siglo y la Edad Media cristiana, en la que brillaron la nobleza de las armas y las virtudes.

En el Instituto de la Ilíada procesamos todos los aspectos de la civilización europea, insistiendo en su singularidad, su grandeza y sus recursos siempre vivos. Nuestro objetivo es dar sentido y puntos de referencia a las jóvenes generaciones de europeos que se enfrentan a las trágicas consecuencias del Gran Reemplazo Étnico y del Gran Borrado Espiritual.

En la vanguardia de la lucha por la identidad, el Instituto ILIADE propone el Gran Recurso, basado en la tríada homérica esbozada por Dominique Venner: la naturaleza como fundamento, la excelencia como meta, la belleza como horizonte. Nuestra ambición es formar a hombres y mujeres jóvenes conscientes de sí mismos y preocupados por su historia, que aún está por escribir. Ante los peligros que nos amenazan -y Hölderlin nos recuerda que « donde crece el peligro, crece también lo que salva »-, ante el precipicio al que nos ha conducido la inconsistencia de una generación, aprendemos a discernir los riesgos que nos esperan y la abnegación que será necesaria, pero también el entusiasmo y la alegría de tener que afrontar tal reto. « A menudo », nos dice Beowulf, « el destino salva a un hombre condenado a morir cuando su valor no falla. »

Seremos los animadores del necesario despertar europeo, capaces de dar a la acción cívica o política la indispensable dimensión cultural y metapolítica. Nuestra consigna: ponernos al servicio de una comunidad de destino, que corre el riesgo de desaparecer si no se hace cargo de sí misma.

De la teoría a la práctica, de la reapropiación de nuestra historia a la valentía del compromiso, estudiamos el legado de nuestros mayores y aprendemos a afilarlo como punta de lanza de nuestras luchas actuales.

Para cambiar el curso de la historia, necesitamos hombres de pensamiento y acción. Ambos son inseparables. Es fácil hablar de valores, pero debemos encarnarlos en nuestra vida cotidiana.

Cada día, en la más mínima de nuestras decisiones, debemos mostrar una « conciencia civilizatoria »: llevar nuestro patrimonio en alto pero sin caricaturizarlo, y no ceder ante un sistema que quiere aplastarnos. Todo el mundo tiene un papel que desempeñar. En un momento sin precedentes en el que el más mínimo elemento de nuestra identidad está amenazado, casi todas las decisiones se convierten en políticas. Lo que consumimos, lo que hacemos leer a nuestros hijos, su exposición a las pantallas, a la propaganda mediática… Entre todos, los que ingresan en el Instituto Iliade tienen la vocación de mostrar virtudes y compromiso más intenso, de pertenecer a una élite.

Es nuestro deber afirmar y desplegar nuestra visión del mundo, así como conducirnos honorablemente, según el antiguo ejemplo de quienes nos precedieron, en una lucha de todos los momentos. La buena vida del hombre honesto, el kalos kagathos de los caballeros europeos, desde Aquiles hasta Aragorn, pasando por Don Pelayo y sus guerreros, seguirá siendo siempre superior al consumo desenfrenado del átomo liberal desarraigado de la ciudad mundial. Frente al « último hombre » de Nietzsche, aquel cuyas necesidades nunca se verán satisfechas, somos la sonrisa confiada del caballero de Durero que cabalga estoicamente hacia su deber sin echar la menor mirada a la muerte o al Diablo. Samurai de Occidente, queremos vivir según la ética que dice « El deber pesa mas que una montaña, pero la muerte es más ligera que una pluma ».

Nuestras palabras clave deben ser entonces honor, lealtad y compromiso. Nuestros valores, el coraje y la insumisión. La formación intelectual y cultural, el conocimiento de nuestra historia, la preservación de nuestra memoria nos permitirán a nosotros, juventud Europea, ser la generación que podrá reconquistar su identidad.

« Cuando todo parece perdido, cuando la ciudad está sitiada, cuando los corazones estan plagados de duda y pesimismo, muchos huirían para escapar de un destino ineludible y fatal. Nosotros no somos de ellos, estamos aquí, rectos y orgullosos, decididos a atravesar la oscuridad y reavivar el fuego de la esperanza en Europa. »

Heimdall R.

Revue de presse

  • Hace 1.300 años empezaba en Covadonga la Reconquista, nuestro hecho fundacional, elmanifiesto.com, 27 mai 2022
  • Ciclo académico sobre la batalla de Covadonga en el hotel de la Reconquista, La Nueva España, 27 mai 2022
  • La soberanía, la nación española y Covadonga, al descubierto, La Nueva España, 28 mai 2022

https://institut-iliade.com/dans-les-pas-du-noble-wisigoth-pelayo/

Tous les numéros de la revue Enquête sur l’histoire sont disponibles en PDF sur le site de l’Institut Iliade

 

Institut ILIADE

02/06/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Alors que chaque réforme de l’Education nationale tend à briser toujours davantage la nécessaire transmission de notre histoire, de notre héritage, des valeurs qui fondent notre civilisation, l’Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne met en ligne dans une nouvelle rubrique l’intégralité des numéros d’Enquête sur l’histoire, une revue créée et dirigée par Dominique Venner de 1991 à 1999.

Parents, pédagogues et étudiants trouveront dans cette collection les cartouches nécessaires à une vision renouvelée de notre histoire, affranchie de la culpabilisation systématique et de la doxa du moment. Notre vision du passé détermine l’avenir. Et sa connaissance est créatrice de liens : entre générations comme entre membres d’une même communauté souhaitant rester elle-même dans le chaos des temps présents.

Comme l’explique Dominique Venner dans l’éditorial du premier numéro de cette revue :

« Il est impossible de penser le présent et le futur sans éprouver derrière nous l’épaisseur de notre passé, sans le sentiment de nos origines. Il n’y a pas de futur pour qui ne sait d’où il vient, pour qui n’a pas la mémoire du passé qui l’a fait ce qu’il est. Mais sentir le passé, c’est le rendre présent. Le passé n’est pas derrière nous comme ce qui a été autrefois. Il se tient devant nous, toujours neuf et jeune ».

Pour consulter les numéros de la revue Enquête sur l’histoire : https://institut-iliade.com/ressources-enquete-sur-lhistoire/

https://fr.novopress.info/

Cette supériorité militaire “hypersonique” de la Russie que les Occidentaux s’obstinent à ne pas voir

 

Personne ne veut regarder en face la raison pour laquelle Vladimir Poutine a pris le risque d'une guerre et d'un affrontement géostratégique avec l'Occident : l'arme hypersonique lui fournit une supériorité militaire que seuls les USA avaient possédé entre 1945 et 1949, quand ils avaient le monopole de l'arme atomique. Il y a ceux qui savent, au Pentagone, et qui se taisent pour ne pas rendre visible l'infériorité provisoire des USA. Il y a ceux qui ne savent ni ne voient, qui peuplent les palais gouvernementaux de l'Union Européenne et les plateaux de télévision des médias occidentaux. Mais l'Occident ne surmontera la crise actuelle qu'à condition de regarder la réalité en face: la Russie combat sans hâte et à l'économie en Ukraine car elle a pour elle le temps que lui donne sa maîtrise de la révolution militaire hypersonique.

La dissonance cognitive occidentale à son comble. D’un côté nous voyons que la Russie a effectué avant les États-Unis et même la Chine la révolution des missiles hypersoniques. De l’autre nous roulons des mécaniques et nous proclamons que l’Ukraine peut gagner la guerre.

Une supériorité stratégique équivalente à celle des USA entre 1945 et 1949

En fait la Russie a, pour quelques années, une avance comparable à celles des USA entre 1945 et 1949 quand ils avaient le monopole de la bombe atomique. La dissuasion russe peut frapper les Etats-Unis de n’importe où en 10 mn.

Les USA avaient – au pic de leur arrogance en 2002 – considéré le traité ABM comme un chiffon de papier. En 20 ans les Russes ont travaillé d’arrache-pied pour éviter de perdre l’effet de leur dissuasion. Ils ont créé l’arme capable de percer n’importe quelle défense américaine.

Manoeuvrer à la Turenne à l’abri de l’arme hypersonique

Il est évident que le mode de combat retenu en Ukraine par l’armée russe – une guerre à la Turenne plutôt qu’à la Bonaparte; par l’approche indirecte plutôt que par le choc frontal fondé sur une supériorité numérique et l’indifférence aux pertes. Une avancée prudente, à un contre trois, avec une grande capacité manœuvrière, évitant au maximum les chocs frontaux; misant sur la ruse (batailles en trompe-l’oeil de Kiev et Kharkov) – s’appuie sur la maîtrise du temps. Ce temps est fourni par l’invulnérabilité que donne l’arme hypersonique à la Russie. Selon les experts la supériorité russe durera de 5 à 10 ans.

Au pire, c’est le Général Hiver qui donnera le coup de grâce à l’alliance occidentale

L’horizon de la Guerre d’Ukraine est beaucoup plus limité. De quelques semaines à quelques mois selon que le gouvernement russe décidera d’arrondir jusqu’à Kharkov ou non la Nouvelle Russie reconstituée.

Mais, si l’Occident devait s’obstiner contre l’évidence qu’il a choisi la mauvaise stratégie et le + mauvais moment pour affronter la Russie, le Général Hiver serait une fois de plus l’allié des Russes. Les peuples européens privés de chauffage exigeront de leurs gouvernements qu’ils arrêtent là les frais.

La dissuasion française est obsolète

Tout ceci était prévisible mais nos classes dirigeantes sont emportées par des passions et des émotions qui leur font faire les plus mauvais choix.

Pour ne parler que du gouvernement français, je ne suis pas sûr qu’on y ait même la notion que notre dissuasion nucléaire est obsolète. Et qu’il serait temps de rattraper le temps perdu en matière d’armes hypersoniques.

https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/06/02/cette-superiorite-militaire-hypersonique-de-la-russie-que-les-occidentaux-sobstinent-a-ne-pas-voir/

Les vichysto-résistants (Bénédicte Vergez-Chaignon)

 Bénédicte Vergez-Chaignon est une historienne qui a consacré plusieurs ouvrages à Vichy et au Maréchal Pétain.

Voilà un livre qui bouscule bien des certitudes. Imaginez un peu. Dès les premières pages de la préface, il est rappelé qu’Henry Frenay, un des principaux chefs de la résistance, qui avait été ministre dans le premier gouvernement du général De Gaulle à la Libération, avait écrit en 1940 et complété en 1941 un manifeste qui rend hommage au Maréchal Pétain. Or, ce livre démontre, références abondantes à l’appui, que Frenay ne fut pas, loin s’en faut, le seul résistant à penser que les valeurs de la Révolution nationale étaient nécessaires à l’indispensable redressement du pays.

Il apparaît ainsi qu’une bonne partie – peut-être même la plus nombreuse – des initiatives prises en 1940-1941 pour contrer l’occupant allemand l’ont été par des personnes qui approuvaient Philippe Pétain et pensaient agir en conformité avec ses désirs réels. L’auteur de cette remarquable étude souligne le refus fondamental de se placer sous l’autorité de De Gaulle, perçu comme un général rebelle et politicien, qui prévalait chez une grande part des véritables résistants de la première heure.

Mais cet ouvrage contient bien d’autres révélations. On y apprend notamment le regard que portaient les différents mouvements de la résistance, y compris les plus gaullistes, sur les Juifs, loin de la légende enseignée à l’école et au cinéma aujourd’hui.

En 1942, l’OCM – une des plus importantes structures de la résistance – avait consacré un cahier clandestin au « problème juif  » ! Mais le document le plus surprenant est probablement celui publié en mars 1944 à la suite de l’envoi en octobre 1943 d’un questionnaire à tous les réseaux de la résistance. L’auteur de cet ouvrage nous en livre un extrait :

Les Israélites doivent être écartés de tout gouvernement et de toutes les fonctions publiques. Ce dernier point serait important car si l’on réprouve les vexations, déportations et autres dont ils sont l’objet, personne ne souhaite les voir réapparaître comme avant-guerre.

Ce dont les Français ne veulent plus : les Juifs à des postes importants. (…)

Le Français n’est pas antisémite : il répugne aux persécutions raciales. Il ne crie pas lâchement que la mort des Juifs est nécessaire pour que nous puissions trouver place dans la vie. Mais il maudit les banques d’Israël (…) et il voudrait se débarrasser des échappés du ghetto qui, chassés de partout, ont envahi notre pays, sans espoir d’assimilation.

De tels propos émanant de la résistance ? L’Histoire n’est décidément pas celle des manuels scolaires.

Les vichysto-résistants, Bénédicte Vergez-Chaignon, éditions Perrin, collection Tempus, 920 pages, 12,50 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/les-vichysto-resistants-benedicte-vergez-chaignon/62449/

dimanche 5 juin 2022

Childéric, roi des Francs (Anne-Marie de Beaufort)

 Anne-Marie de Montgeroult, comtesse de Beaufort d’Hautpoul (1763-1837), est une femme de lettres qui a signé une vingtaine d’ouvrages.

Cette biographie de Childéric Ier (440-481) est parue pour la première fois en 1806. Ce roi des Francs, de la dynastie des Mérovingiens, reste assez méconnu. On se souvient généralement de lui avant tout comme le père de Clovis qui épousa Clothilde et fut le premier roi chrétien.

Lorsque les Huns attaquent les Francs, Childéric n’a encore que douze ans et obtient de son père Mérovée l’autorisation de pouvoir assister aux combats. Attila est vaincu mais Childéric est porté disparu. Le livre nous conte ses aventures avant qu’il retrouve le chemin de son royaume. Puis ses tribulations à la tête du royaume des Francs, peuple guerrier et fier bataillant la francisque à la main.

Childéric, roi des Francs, Anne-Marie de Beaufort, éditions Omnia Veritas, 288 pages, 23 euros

A commander sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/childeric-roi-des-francs-anne-marie-de-beaufort/62477/

Cette année là n°25 : Russie, pourquoi tant de haine ?

samedi 4 juin 2022

L’épée de Thésée

 

L’épée de Thésée

En ce jour anniversaire de la mort de Dominique Venner, nous reproduisons ici, presque dans son intégralité, l’éditorial qu’il a écrit pour le premier numéro de La Nouvelle Revue d’Histoire en 2002. Cet éditorial, repris dans le recueil Grandeur et décadences de l’Europe (Éd. Via Romana, 300 p.), nous rappelle que chaque européen est dépositaire d’un héritage caché, qu’il doit découvrir et défendre.

Parmi tous les exploits prêtés à Thésée, héros légendaire des Athéniens, le plus célèbre est la mise à mort du Minotaure, monstre crétois à qui les anciennes populations de l’Attique payaient un tribut sanglant. Le récit mythique de la découverte de son héritage, transmis par Pindare et Plutarque, ne peut nous laisser indifférents. Thésée était le fils d’Égée, roi d’Athènes. N’ayant pu avoir un fils de son épouse légitime, Égée écouta le conseil des dieux et engrossa Æthra, fille du roi de Trézène. De cette façon naquit Thésée.

Élevé dans la famille de sa mère, l’enfant ignorait tout de son père. Celui-ci avait ordonné de ne rien lui révéler de ses origines tant qu’il ne serait pas capable de soulever un rocher sous lequel Égée dissimula son épée avant de repartir. Et ainsi fut fait.

Quand Thésée eut seize ans, sa mère le conduisit au rocher. Le jeune homme souleva la pierre sans effort et s’empara de l’épée. Le secret de sa naissance lui fut alors révélé. Derechef, il décida de rejoindre son père, accomplissant durant le voyage une série d’exploits prouvant qu’il était véritablement fils de roi.

Athènes était toujours gouvernée par Égée. Cependant, celui-ci était tombé au pouvoir de la magicienne Médée. Cette dernière comprit qui était Thésée et résolut de l’empoisonner. Pourtant, au cours d’un banquet organisé dans cette intention, Thésée tira son épée pour découper un quartier de viande. Aussitôt son père le reconnut et le sauva. Puis, assuré de la pérennité de son pouvoir, il reprit ses droits et chassa Médée.

À la façon de Thésée, les Français et les Européens sont les dépositaires d’un héritage tout aussi royal, celui de leurs origines et de leur histoire, mais ils ne le savent pas. Cet héritage leur a été celé. Ils ne le retrouveront qu’à la condition de s’en montrer dignes dans les épreuves. Tel est le sens du mythe de l’épée cachée sous la pierre.

Sous des formes voisines, ce mythe de la mémoire retrouvée est présent au cœur des légendes fondatrices des autres grandes cultures européennes, dans les pays celtiques avec l’épée d’Arthur, dans les pays nordiques avec celle de Sigurd. L’une et l’autre de ces épées leur viennent de leurs pères sans qu’ils le sachent. Excalibur a été plantée dans une pierre par le roi Uther avant de mourir. Celle de Sigurd lui vient secrètement de son père Sigmund, via le forgeron Regin qui en a réuni les tronçons brisés.

Une telle similitude ne peut être fortuite. Avec tant d’autres signes, elle manifeste la parenté unissant les peuples européens à travers leurs mythes fondateurs. Le mythe de l’héritage caché nous dit aussi que, sans le savoir, nous mettons nos pas dans ceux de nos pères souvent ignorés.

Métaphore de la royauté, de la droiture et de la vaillance, l’épée désigne un héritage spirituel. Celui-ci ne devient conscient que par un effort de connaissance, fonction par excellence de l’histoire, avec l’enseignement du réel et le rappel de la mémoire collective.

Dominique Venner
Source :
 dominiquevenner.fr, 21/05/2022

https://institut-iliade.com/lepee-de-thesee/

Ernst Jünger : Préface à Aufmarsch des Nationalismus (1926)

 Nous revendiquons le nom de nationalistes - un nom qui est le fruit de la haine que nous vouent la populace grossière et raffinée, la canaille cultivée, le grouillement des attentistes et des profiteurs. L'objet d'une telle détestation, ce qui fait horreur à la vacuité des courants du progrès, du libéralisme et de la démocratie, a du moins l'avantage de ne pas être universel. Nous ne revendiquons pas l'universalité. Nous la rejetons, depuis les droits de l'homme et le suffrage universel jusqu'à la culture et aux vérités générales, en passant par le service militaire obligatoire et l'indignité généralisée qui en est le résultat nécessaire.

Les particularités qui n'en sont pas et les revendications universelles sont des particularités et des revendications de masse, et plus une chose est répandue, moins elle a de valeur. Se réclamer de la masse, c'est tirer gloire du poids, c'est-à-dire d'une propriété physique, et voir dans le concept d'humanité le concept le plus élevé, c'est voir l'essentiel dans l'appartenance à une espèce déterminée de mammifères. L'universel, c'est ce qu'on pèse, ce qu'on mesure et ce qu'on compte ; ce qui est exceptionnel, c'est ce dont on doit éprouver la véritable valeur. Vouloir l'universel signifie qu'on ne sent rien en soi d'exceptionnel et de valeur, tout au plus qu'on est objectif, exact, rationnel, méthodique, « sans parti-pris ». Vouloir le singulier signifie porter la mesure en soi, sentir la responsabilité du sang, reconnaître les puissances de l'âme comme les plus hautes.

La volonté du nationalisme moderne, le sentiment d'une génération nourrie jusqu'à la nausée de la phraséologie trop souvent prédigérée de l'Aufklärung, c'est le particulier. Il rejette mesures et surfaces, mais il aspire à ce qui les fonde et les engendre : la force de l'âme. Il ne tient pas à prouver ses droits par la science comme le marxisme, mais par l'abondance de la Vie même, que la science prenne appui sur elle ou non. Il ne veut ni délimitation ni définition des droits, mais il exige le droit de vivre qui procède de la Vie même, qui forme avec elle une nécessaire et indestructible unité, et qui doit forcément limiter et supplanter les autres sortes de droits s'il ne veut pas leur être subordonné. Il ne veut pas de la domination de la masse, mais veut celle de la personnalité dont la valeur intrinsèque et le degré de vitalité interne déterminent le rang et la prééminence. Il ne veut ni de la justice, ni de la liberté ni d'une égalité monotone ne reposant que sur des revendications, mais il veut jouir du bonheur qu'il y a à être exactement comme ça et pas autrement. Le nationaliste moderne ne veut pas non plus n'être tenu à rien et avoir « l'esprit libre », il veut plutôt les liens les plus étroits, un ordre et une hiérarchie déterminés par la société, le sang et le sol. Il refuse le socialisme des revendications mais il veut le socialisme des devoirs, un monde dur et stoïque auquel l'individu se doit de tout sacrifier.

La mère de ce nationalisme, c'est la guerre. Ce que nos littérateurs et nos intellectuels ont à en dire est sans intérêt pour nous. La guerre, c'est l'expérience vivante du sang, c'est pourquoi ne compte que ce que de vrais hommes ont à en dire. Le douteux manifeste de nos littérateurs ne peur abolir ni la guerre ni ce que la guerre a produit. C'est tout au plus l'un de ces drapeaux livrés au vent qui flatteront dans une autre direction à la prochaine occasion. Que la guerre, mesure de toutes choses, puisse révéler l'étendue de la platitude, c'est là une question d'intérêt purement psychologique.

Le noyau de la jeunesse allemande n'a passé la guerre ni dans les cafés ni dans les bureaux bien chauffés. Ce fut sans doute un enfer — eh bien soit, il appartient à l'essence de l'homme faustien de ne pas revenir les mains vides, fût-ce de l'enfer. Barbusse et les siens peuvent bien voir ce qui leur chante dans ce purgatoire incandescent, nous y avons vu davantage. Nous n'en revenons pas dans l'esprit du refus pur et simple. Seule la violence de la matière nous a révélé la violence de l'idée. Seule l'horreur du sacrifice nous a fait pleinement connaître la valeur de l'homme et ses distinctions hiérarchiques. Plus clairement que l'indistinct rougeoiement du feu, nous avons vu luire le brasier blanc de la volonté.

Grenades, nappes de gaz, chars d'assaut - cela peut bien être essentiel à la lâcheté comme ça l'est à la brutalité, pour nous c'est bien moins, ce n'est que l'apparence extérieure des choses, le sinistre fond sur lequel se détachent des hommes d'une nouvelle trempe, durs comme l'acier. Nous pressentons l'avènement de ce nouveau type d'homme parmi tous les peuples d'Europe, car de même que la guerre n'a pas frappé seulement les Allemands, de même le nouveau nationalisme n'est pas une conséquence limitée à l'Allemagne. Partout, nous voyons cette énergie vigoureuse nourrie de sang, différente suivant le génie de chaque peuple, déjà victorieuse ou encore au combat et qui aspire à de nouvelles formes. Il faut nous en réjouir, tandis que nous lançons aux autres aussi : « Ce que vous êtes, devenez-le ! », car nous préférons de beaucoup vivre dans un univers ou ce qui prend forme a un sens, plutôt que dans une bouillie sans consistance, sans forme, sans caractère et sans particularité.

Mais on peut bien nous concéder cela : c'est nous qui avons le plus cruellement souffert de la guerre. C'est pourquoi nous sommes aussi ceux qui, après l'éblouissement de l'horreur, aurons le plus besoin de temps pour nous ressaisir, et nous sommes en droit d'espérer qu'une fois le nouvel État jailli de terre, nous en occulterons les plus beaux fruits.

La guerre est notre mère, elle nous a engendrés comme une génération nouvelle dans le sein brûlant des tranchées, et c'est avec une orgueilleuse fierté que nous reconnaissons nos origines. C'est pourquoi nos jugements se doivent d'être héroïques, des jugements d'hommes de guerre et non de boutiquiers qui voudraient d'un monde à leur mesure, Nous ne voulons pas l'utile, le pratique ou l'agréable, nous voulons le nécessaire - ce que veut le Destin.

Le soldat allemand de première ligne défile, droite, gauche, en avant. Laissons à chacune des colonnes le temps de se rendre compte du sens de la marche. Il s'avèrera que nous nous dirigeons tous vers le même point. Mais nous ne pourrons pas en finir avec notre monde si nous ne sommes pas d'abord venus à bout de nous-mêmes. Notre étendard n'est pas rouge, ni noir-rouge-or, ni non plus noir-blanc-rouge, c'est le drapeau du Reich nouveau et plus grand qui se fonde dans notre cœur et qui doit prendre forme en lui et à partir de lui. Le temps est proche où il pourra être déployé au grand jour. C'est la guerre qui est notre tradition commune, le grand sacrifice - prenons conscience du sens de cette tradition !

Cet écrit, que je salue en tant que frère, compagnon d'armes et ami, et que d'autres suivront bientôt, présente brièvement les quatre piliers fondamentaux du nationalisme moderne. Il correspond à l'attitude d'une jeunesse qui n'est ni doctrinaire, ni libérale ni réactionnaire, et qui veut se tenir éloigner de l'esprit de cette « Révolution du rutabaga » qu'elle considère comme quelque chose de fondamentalement impur. C'est dans les plus terribles paysages du monde que cette jeunesse a appris de haute lutte que tous les anciens chemins ont pris fin et qu'il est nécessaire d'en tracer de nouveaux. La première phase de sa formation s'est achevée, et une nouvelle commence.

Nous saluons le sang que les flammes de la bataille ne consumèrent pas, mais transformèrent en un feu brûlant ! Ce qui ne put être détruit là-bas sera à la hauteur de tous les autres combats. Nous saluons ceux qui viennent et qui, à l'ancienne dureté, devront allier une plus grande profondeur ! Les bataillons se forment, bientôt les rangs seront complets. Nous saluons les morts dont les esprits se dressent face à notre conscience et nous exhortent, interrogateurs. Non, vous ne serez pas morts pour rien ! Allemagne, nous te saluons !

Ernst Jünger, in : Nouvelle École n°48, 1996.

(tr. fr. : Karin Moeglin, in Le nationalisme en ordre de bataille, mémoire de maîtrise, Strasbourg, 1992)