vendredi 12 octobre 2018

« Document exceptionnel : Les 100 ans de crimes communistes. »

Le documentaire réalisé par Bernard Antony, l’AGRIF, Chrétienté-Solidarité et TVLibertés rompt le silence assourdissant autour d’un funèbre anniversaire : les 100 ans du communisme.
Depuis 1917, cette idéologie est synonyme de cruauté, d’assassinats, de tortures, de souffrances et d’asservissement. Et pourtant, les élites françaises et la presse mainstream semblent oublier de rappeler les 100 millions de victimes de ce totalitarisme. Ces morts n’existent pas, tout au moins dans le débat public ! Ceci est peut-être l’illustration d’une caste dirigeante qui n’arrive pas à rompre avec le marxisme-léninisme, de certains dirigeants politiques qui n’ont jamais reconnu leurs erreurs et leurs errements ou de partis politiques qui n’ont jamais fait acte de repentance.
C’est l’honneur de la presse alternative, et tout particulièrement de TVLibertés, de diffuser un documentaire afin de faire découvrir l’ampleur du malheur dans lequel furent ou sont encore plongés des peuples entiers. Ce document exceptionnel qui a nécessité des semaines de préparation est une arme pour la guerre idéologique contre les totalitarismes actuels-et, hélas, le communisme en est un.


AU FORUM des rapatriés #8 : La vraie histoire des colonies

Les Français rapatriés d’Afrique du Nord et d’Outre-mer attendent toujours une réponse du Chef de l’Etat, Emmanuel Macron, à son affirmation accusatrice « la colonisation est un crime contre l’humanité. Une vraie barbarie » tenue en Algérie en février 2017 lors de la campagne électorale présidentielle. Dans ce nouveau Au Forum des Rapatriés, Martial Bild et Bernard Coll accueillent Arnaud Folch, rédacteur en Chef du hors-série de Valeurs Actuelles : « La vraie histoire des colonies » qui présente, par des faits concrets, le bilan réel de la colonisation française. A cette réalité coloniale s’ajoute une autre réalité de l’histoire de France, celle du drame de l’exode des Français d’Algérie et notamment des Harkis et de leurs familles. Un problème auquel le Président de la République, fidèle aux principes qu’il a présenté le 3 juillet 2017 au Parlement réuni à Versailles, semble vouloir apporter une réponse concrète. Bernard Coll présente, dans le contexte favorable d’une récente décision du Conseil Constitutionnelle et de l’indemnisation de nos compatriotes juifs d’Algérie par l’Allemagne, ce que pourrait être la nouvelle loi de reconnaissance et de réparation que prépare le préfet Dominique Ceaux et son Groupe de travail, L’évocation des dates dramatiques des 19 mars et 26 mars 1962 invitent les Français à se souvenir de l’origine et des drames qui ont marqué le retour du général De Gaulle au pouvoir en juin 1958. Une Histoire que doit assumer la France d’aujourd’hui en cette année qui marquera, le 4 octobre, 60e anniversaire de la Constitution de la Ve République.

Les innovations de la Renaissance

mercredi 10 octobre 2018

Passé Présent n° 211 : La Bataille de Saint-Cast

Au sommaire :
– Les expéditions géodésiques françaises.
– La Bataille de Saint-Cast, où les britanniques sont repoussés grâce aux fortifications de Vauban.
– L’invité Yves-Marie Bercé présente son ouvrage “Les Secrets du vin”.

La petite histoire : Stalingrad, mère de toutes les batailles

La bataille de Stalingrad, surnommée la mère de toutes les batailles, se déroule de juillet 1942 à février 1943. Au prix de centaines de milliers de vies humaines, les Soviétiques résistent infatigablement à l’offensive allemande et inversent le cours de la guerre. Après cet échec ô combien symbolique, Hitler, menacé sur le front est, ne pourra plus que retarder l’échéance de la victoire finale des alliés. Retour sur un affrontement hors norme.

Ce qu'était l'école avant Jules Ferry

lundi 8 octobre 2018

LE NOUVEAU LIVRE D'ADRIEN ABAUZIT

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L’affaire Dreyfus – Entre farces et grosses ficelles
Principalement sur la base des enquêtes et débats judiciaires, Adrien Abauzit désintègre le récit académique de l’affaire Dreyfus, en mettant au clair les crimes et rôles de Dreyfus, Picquart et Esterhazy. Les conséquences de l’affaire Dreyfus sont analysées jusqu’à leur fin extrême, sur les champs de bataille de 1914.
360 pages, 22 € Le commander cliquez ici

samedi 6 octobre 2018

Les origines secrètes de la Première Guerre mondiale

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Par Eric Delcroix, juriste, essayiste et écrivain ♦ Il existe de multiples thèses sur les causes de la Première Guerre mondiale. Pour certains, c’est l’Allemagne qui est coupable. Pour d’autres, c’est la Russie et le clan belliciste français qui ont poussé à l’affrontement. Pour d’autre, c’est le jeu mécanique de l’enchaînement des alliances qui a rendu la guerre totale inévitable. Sans oublier, bien entendu, la thèse marxiste qui considère que la Première Guerre mondiale était provoquée par le capitalisme.
La thèse qui est présentée ci-dessous met en cause les puissances anglo-saxonnes. C’est une thèse qui vaut d’être présentée et débattue car on ne peut connaitre la vérité historique que par la confrontation des points de vue.
Polémia.
On connaît le mot de Mitterrand, reflet de l’esprit bien conditionné du temps, après deux guerres mondiales : « Le nationalisme c’est la guerre ». La formule est remarquable, car elle révèle la cause fondatrice de l’Union européenne incapacitante sous l’égide américaine (cf. Jean Monnet). C’est pourquoi ce machin s’est enfermé dans une philosophie droit-de-lhomesque, puis post-soixante-huitarde, au point que sa conscience est incarnée par Daniel Cohn-Bendit.
Mais les mensonges des vainqueurs sont parfois encore remis en cause, spécialement quand aucune loi ne vient figer la recherche historique, même si les travaux inopportuns peinent, comme c’est le cas ici, à trouver un éditeur à grande diffusion et l’écho qu’ils méritent dans la presse.
Dans un ouvrage passionnant, L’Histoire occultée – Les origines secrètes de la Première Guerre Mondiale* Gerry Docherty et Jim MacGregor préviennent le lecteur dès leur introduction : « On a créé une histoire soigneusement falsifiée pour dissimuler le fait que c’est la Grande-Bretagne, et non l’Allemagne, qui était responsable de la guerre ». Avec beaucoup moins de bases documentaires, mais une réelle intuition, Léon Degrelle (1906-1994) avait déjà développé ce thème (Hitler né à Versailles, Le Traquenard de Sarajevo, 1986). Il est d’ailleurs symptomatique que de nombreuses archives compromettantes aient fait l’objet de destructions systématiques. D’autres furent accaparées par des institutions privées américaines, sous la responsabilité du futur président des États-Unis, Herbert C. Hoover, à la tête d’une gigantesque entreprise à cette fin (plus de mille agents !), avec chantage à l’aide alimentaire à la clef. C’est ainsi que Hoover mettra la main sur les archives du ministère des Affaires étrangères allemand, obtenues de Friedrich Ebert (1919), mais aussi sur celles du régime tsariste, obtenues de Milioukoff, ancien ministre du gouvernement de Kerenski, et entreposées en Finlande. Exit donc ces archives inopportunes…
Les réseaux de la ploutocratie
Au départ, il y a eu l’organisation d’une coterie de capitalistes britanniques, à l’initiative de Cecil Rhodes (1853 – 1902), fondateur notamment de la compagnie diamantaire De Beers (et qui donnera son nom à la Rhodhésie). Rhodes avait constitué une organisation secrète de puissants capitalistes britanniques désireux d’assurer la suprématie mondiale de la Grande-Bretagne, organisation pérenne soutenue dès l’origine par un Rhodes Trust. MM. Docherty et MacGregor constatent : « Ceci allait, drapé dans la grande bannière de la civilisation, devenir une société secrète sans précédent. Non seulement reposerait-elle sur le privilège et la fortune, mais elle serait en outre également protégée de toute critique et dissimulée derrière un voile d’altruisme. »
Les  Anglo-saxons  sont particulièrement doués pour constituer des coteries et sociétés secrètes, ce qui est avéré au moins depuis la fondation de la franc-maçonnerie spéculative (1717) et ce que confirme, avec les États-Unis, entre-autres une Pilgrim’s Society (1902) sur laquelle nous allons revenir grâce à nos deux historiens. Les contempteurs systématiques des théories du complot, très « tendance », persuadés de la transparence cristalline consubstantielle de toute vie politique, peuvent se passer de lire plus avant et ignorer les travaux de MM. Docherty et MacGregor…
Ainsi, en février 1891, Cecil Rhodes fonde, avec quelques riches compères très haut placés, sa société secrète impérialiste et ploutocratique, la « société des Élus » ou premier cercle, qui sera suivi d’un un second cercle plus ouvert, l’« association des Aides », complété plus tard par la « Table ronde » (Round table, 1910-1914) recrutant des acteurs ou intervenants utiles. Les membres de la Table ronde, nous dit-on, « avaient une approche quasi-maçonnique-jésuite » de leur mission, mission étendue dès lors à tout le monde anglo-saxon.
Les premiers réseaux de Rhodes, poussés par son fondateur, se feront la main en provoquant la très cruelle guerre des Boers (1899-1902), afin de s’emparer de sites aurifères des républiques constituées à la fin du XIXème siècle par les Afrikaners, le Transvaal et de l’État libre d’Orange. Les Britanniques inventeront à cette occasion, rappelons le, les camps de concentration, pour isoler les combattants boers de leur milieu humain, femmes, enfants, parents…
Mais l’oligarchie ploutocratique mobilisée par Rhodes, dite aussi « Élite secrète », au-delà de la mort de leur initiateur et de la main-mise sur l’or et le diamant d’Afrique du sud, va se préoccuper d’une question de bien plus grande ampleur.
« Les membres de cette élite secrète n’étaient que trop conscients du fait que l’Allemagne allait rapidement être sur le point de dépasser la Grande-Bretagne dans tous les domaines de la technologie, de la science, de l’industrie et du commerce (…) [Son] unification avait doté l’Allemagne d’un nouveau statut au sein de l’Europe continentale, et on ne douta guère à partir de  1890 qu’elle allait devancer, et la Grande-Bretagne et la France » . Pas d’état d’âme chez ces impérialistes : l’Allemagne devait être détruite ; l’Allemagne serait détruite.
Préparer la guerre pour abattre l’Allemagne
« Les hommes ne partaient pas en guerre sur un coup de tête. Il était nécessaire de mener une propagande massive et conséquente afin de créer une « menace » allemande qui précipiterait la population britannique dans une haine débordante vis-à-vis de l’Allemagne et du Kaiser Guillaume II (…) L’Élite secrète estimait que l’Allemagne représentait le plus grand le plus grand et le seul obstacle à sa prise du pouvoir mondiale ; elle créa par conséquent un croquemitaine germanique et le para de ses propres vices ». Aussi fallait-il préparer l’opinion publique, sans lésiner sur les moyens, les mensonges en attribuant à l’autre « de ses propres vices » et donc le projet de domination du monde.
Pour parvenir à ses fins, L’Élite secrète allait recruter des agents d’influence, et tout d’abord le roi Édouard VII lui même, qui derrière ses célèbres pérégrinations festives, sera un infatigable agent d’influence anti-germanique jusqu’à sa mort (1910). La préparation de la guerre contre l’Allemagne passant notamment par l’Entente cordiale avec la France (1904), une réelle connivence avec la Belgique de Léopold II (1906), et l’entretien de bonnes relations avec la Russie… Tout en soutenant le Japon, en lui fournissant, avec l’appui des banques de Londres, les bâtiments qui lui permettront de battre la flotte du Tsar à Tsushima (1905). Dès 1906, des militaires britanniques font des relevés topographiques en Belgique, car ils connaissent le plan Schlieffen et savent donc que les Allemands, s’il y a une guerre avec la France, pour pallier une situation obsidionale devront traverser la Belgique…
Le chef de file, le « cerveau » de cette cabale souterraine sera un personnage de l’ombre  sur lequel on aimerait avoir quelques lumières, Alfred Milner (1854-1925). Apparemment, on sait toujours assez peu de choses encore sur cet étrange germano-britannique Wikipedia anglophone nous apprend tout de même que ce Milner est né à Giessen (Grand duché de Hesse) et a fait ses études supérieures à Tubingen puis à Oxford, avant d’être promu vicomte en Angleterre. Milner n’aura de cesse de provoquer la guerre contre la jeune Allemagne unifiée et s’entourera de ses propres agents, ce qu’il appellera son « jardin d’enfants » (selon Wikipedia, en allemand son  « Kindergarten » !).
L’Élite secrète recrutera nombre de figures célèbres, tels James Balfour, Nathaniel Rothschild ou Winston Churchill et le Premier ministre Asquith et, malheureusement aussi Rudyard Kipling.
En France, elle, joue les « revanchards », Clémenceau, Poincarré et Delcassé ; en Russie elle compte sur le Tsar, mais surtout sur sur le ministre des Affaires étrangères Sazonov et l’ambassadeur Isvolski. Et c’est ce dernier, stipendié, lui, par Londres, qui, avec Poincaré et l’argent russe, corrompt la presse française (cf. cabale contre Caillaux, partisan d’une normalisation des relations franco-allemandes qui aboutira comme on sait à l’assassinat du directeur du Figaro par l’épouse du diffamé, en mars 1914).
Provoquer la guerre sous un discours pacifiste…
Les futurs belligérants entraînés derrière la Grande-Bretagne seront mis patiemment en place, au fil d’une grosse dizaine d’années : les dominions au nom de l’unification impériale (Canada, Australie, Nouvelle Zélande et Afrique du sud), la France, la Belgique (qui obtiendra des garanties au Congo – 1906), la Russie et le Japon. Mais , avec la Table ronde et à travers notamment la Pilgrim’s societyprécitée, l’Élite secrète s’implantera solidement aux États-Unis au nom cette fois de l’unité de la « race anglo-saxonne » et recrute Rockefeller et J.P. Morgan. La toile du bellicisme ploutocratique anglo-saxon s’établira ainsi pour la première fois à l’échelle du monde, esquisse du futur mondialisme. La guerre pour la destruction de l’Allemagne sera mondiale, toute autre approche belliqueuse contre cette puissance confiante dans sa réussite eût été trop risquée…
Lloyd George, brillant orateur populaire britannique, qui s’était opposé à la guerre des Boers, se laissera circonvenir cette fois, tenu qu’il sera par « un riche train de vie et le sexe » au dessus de sa condition. Bref, il avait toujours besoin d’argent, l’Élite secrète en avait à foison et maîtrisait évidemment la corruption active. Lloyd George conviendra cependant après la guerre : « La dernière chose que l’orgueilleux Kaiser voulait, c’était une guerre européenne » !
Les frictions récurrentes entre l’Allemagne et la France au sujet du Maroc (1905-1911) n’avaient pas permis le cassus belli souhaité par l’Élite secrète, aussi allait-elle chercher autre chose : elle voulait la guerre ; elle en avait les moyens ; elle l’aurait.
A partir de l’attentat de Sarajevo (28 juin 1914), sur fond de connivence douteuse russo-serbe, on assistera à « l’orchestration d’une réaction disproportionnée de la Russie, de la France et de la Grande Bretagne … ».
Mais était-ce suffisant ? Les semaines passaient en tractations et, pis, en bons offices… Aussi une provocation subsidiaire fut-elle organisées (« plan B »). Qui ne se souvient d’une scène forte de La Fille de Ryan (David Lean, 1970) où un bateau présumé allemand, nimbé de brume, largue sous le vent des ballots flottants d’armes qui s’échouent sur une plage, à destination des rebelles républicains irlandais ? Seulement, si les 1 500 fusils de contrebande et de vieille facture était bien allemands, le, ou plutôt les deux bateaux, des yachts, battaient pavillon britannique… Cela se passait le 26 juillet 14, devant le village de Howth, l’Asgard qui appartenait à Erskine Childers, ami de Churchill, alors premier Lord de l’Amirauté, et le Chotah à Sir Thomas Myles, chirurgien honoraire de George V, et qui sera récompensé par l’Ordre du Bain (ça ne s’invente pas !). Bien sûr, à Howth l’armée britannique avait été prévenue et tuera ainsi des Irlandais, causant l’effet médiatique souhaité… L’industrie anglo-saxonne de la provocation, de Napoléon à Saddam Hussein, toujours nappée de moraline, est d’une inégalable efficacité.
Alors que la Russie commençait en secret sa mobilisation, ce même 26 juillet, George V justement, conviait à dîner le prince Henri de Prusse, frère cadet du Kaiser, dont le yacht relâchait à l’île de White. Et, entre la poire et le fromage, le roi lui affirma, au regard de la crise ouverte à Sarajevo, « nous resterons neutre ». L’information fut immédiatement télégraphiée à Berlin, rassurant Guillaume II. « Le Kaiser fit naturellement grand cas de cette promesse. Il s’agissait de quelque chose de bien plus estimable que des boniments de politiciens. Il avait la parole d’un roi ».
D’une guerre à l’autre
L’Histoire occultée – les origines secrètes de la Première Guerre Mondiale, ne traite pas des suites de la Première Guerre mondiale, hormis quant à l’escamotage planifié des preuves.
Mais l’ouvrage de MM. Docherty et Mac Gregor doit stimuler la curiosité du lecteur au-delà du sujet précis traité. En effet l’Élite secrète n’a probablement pas disparu avec le déclenchement de   la guerre en 1914. En 1939, ne retrouvera-t-on pas une situation identique à celle de 1914, vu de la City et de Wall Street ? Et qui peut douter que l’oligarchie anglo-saxonne ait perduré, avec Churchill ; qui peut douter que l’oligarchie mondialiste d’aujourd’hui soit son dernier état ? Si l’on en croit le Précis d’histoire contemporaine (Hatier, Paris, 1947) : « Six ans d’autarcie avaient fait de l’Allemagne, en 1939, le plus grand pays industriel du monde. »
Il aura fallu une nouvelle guerre de trente ans, 1914-1945. Germania delenda est.
Pour les soi-disant marxistes antifascistes et autres post-marxistes, passés du matérialisme dialectique à l’idéalisme moralisateur, à l’image de Daniel Cohn-Bendit, c’est le nationalisme et non le capitalisme qui porte en soi la guerre. Eh bien non, la ploutocratie, c’est la guerre !
Éric Delcroix 01/10/2018
Éditions Nouvelle Terre, Lopérec, 2017, traduction de Hidden History – The Secrets Origins of the First World War (Edimbourg, 2013).
Crédit photo : Domaine public, via PixaBay

Lénine avant Lénine: qui était Vladimir Oulianov?

vendredi 5 octobre 2018

La petite histoire : Quand les Gaulois humiliaient Rome

Le sac de Rome, en 390 av. J.-C., constitue le premier affrontement majeur entre Gaulois et Romains. Selon la tradition, l’invincible Rome est alors mise à sac et assiégée par les troupes de Brennus, qui n’acceptent de lever le siège qu’au prix d’une douloureuse et humiliante rançon. Cet épisode, rapporté notamment par Tite-Live, va rester profondément ancré dans les mémoires romaines comme un véritable traumatisme national qu’il s’agira, bien plus tard, de réparer.

La NASA annonce un refroidissement climatique

La NASA annonce un refroidissement climatique
Lu sur RITV :
La NASA – peu suspecte de climato-scepticisme – s’appuie sur de nouveaux résultats d’observations de température aux confins de l’atmosphère terrestre pour annoncer un refroidissement notable dans ces zones, lié à l’un des minima solaires les plus importants de l’ère spatiale. Il s’agit très clairement d’un refroidissement climatique entraîné par la baisse de l’activité solaire, confirmant le rôle important sinon prépondérant du soleil sur les variations de température de la planète.
« Nous constatons une tendance au refroidissement », vient ainsi de déclarer Martin Mlynczak, chercheur principal associé du centre de recherches Langley de la NASA. « Très loin de la surface de la terre, près du bord de l’espace, notre atmosphère perd de l’énergie calorifique. Si les tendances actuelles se poursuivent, on pourrait bientôt atteindre un record de froid pour notre ère spatiale », a-t-il affirmé.
Les nouvelles données sont le fruit de mesures prises par le dispositif SABER (Sounding of the Atmosphere using Broadband Emission Radiometry), embarqués sur le satellite TIMED (Thermosphere Ionosphere Mesosphere Energetics and Dynamics) chargé de la surveillance de l’état de la très haute atmosphère. SABER permet de mesurer la radiation infra-rouge émise par le dioxyde de carbone – le CO2 – et l’oxyde nitrique (NO), qui joue un rôle vital dans le bilan énergétique de la thermosphère, la zone la plus éloignée de notre atmosphère.
Mlynczak rappelle que cette thermosphère devient toujours plus fraîche pendant les périodes de minimum solaire : « C’est l’une des manières les plus importantes dont le cycle solaire affecte notre planète. » L’un des effets de ce refroidissement est un rétrécissement de l’atmosphère, avec un effet aérodynamique positif sur les satellites qui s’usent moins vite (mais dont les débris encombrent également plus longtemps l’atmosphère terrestre). […]  

lundi 1 octobre 2018

La sacralité de la Nature

Nos mythes et nos rites cherchaient une coïncidence entre les œuvres humaines et l’image d’un cosmos ordonné. La disposition circulaire du temple solaire de Stonehenge reflétait ainsi l’ordre du monde, symbolisé par la course du soleil, son perpétuel retour à la fin de l’hiver. Elle figurait l’anneau de la vie unissant la naissance à la mort. Elle représentait aussi le cycle éternel des saisons.
De même, les temples grecs sont-ils nés du bois sacré des ancêtres hyperboréens. Strabon dit que « les poètes qui embellissent tout, nomment ‘bois sacré’ n’importe quel sanctuaire, même dépouillé de végétation ». Les recherches archéologiques ont montré que les colonnes des temples grecs archaïques étaient formées de troncs d’arbre. L’analogie entre temple et forêt sacrée nous émeut. C’est dans les futaies consacrées qu’avaient été déposées initialement les effigies des divinités sommairement taillées. Pausanias énumère les essences qui convenaient le mieux aux bocages sacrés : chênes, frênes, platanes, oliviers, pins, cyprès. Se faisant l’écho des auteurs anciens, Varon précise que le temple est « un espace limité par les arbres ». Le bois sacré formait la clôture, le péribole du domaine divin. Il donna naissance au péristyle qui caractérise le temple grec de l’époque classique. Celui-ci est le rappel stylisé de la forêt originelle, habitat des divinités du panthéon grec. L’architecture figure ce lieu de l’espace divin (numen inest, écrit Ovide) où se concentre la sacralité. La colonnade externe est à l’image de la végétation, dont les tiges jaillissent du sol pour former, sous la lumière du soleil, un lieu de convergence entre les hommes et les divinités. A Olympie, le vénérable temple d’Héra, édifié au VIIe siècle avant notre ère, permet de suivre la « pétrification » du portique externe, construit initialement en bois, et dont les fûts ont été progressivement remplacés par des colonnes doriques en pierre. C’est ainsi qu’une sorte de forêt stylisée accompagna le sanctuaire lorsque celui-ci, quittant la nature sauvage, occupa le centre des cités.
Malgré les ruptures avec l’ancien ordre européen introduites par les interprétations bibliques, la construction des églises romanes ou gothiques répondait encore aux anciens symbolismes. Bâties sur d’antiques sites sacrés, elles en assuraient la perpétuation. Elles continuaient d’être « orientées » par rapport au soleil levant et leurs sculptures étaient toutes bruissantes d’un bestiaire fantastique. Dans son impressionnant jaillissement, la futaie de pierre des nefs romanes et gothiques restait la transposition des anciennes forêts sacrées.
Pourtant la rupture fondamentale cheminait, qui dissociait les humains de la nature et postulait l’idée vaniteuse et peu sensée que l’univers avait été créé pour les hommes seuls. En définissant l’homme comme « maître et possesseur de la nature », en voyant dans les animaux des « machines », Descartes ne fit que théoriser ce qu’avait préparé la séparation d’avec la nature inhérente aux religions monothéistes nées dans les déserts d’Orient. Il exprimait la logique du nihilisme, anticipant sur l’arrogance technique menant à la manipulation du vivant. Il annonçait l’univers de la mégapole universelle, édifiée dans la haine de la Nature. 
Dominique Venner, Samouraï d’Occident

Quand la mémoire flanche

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Alger, 1957 ...
par Louis-Joseph Delanglade
Pendant la campagne présidentielle, de passage à Alger, M. Macron avait cru bon de condamner moralement la présence « coloniale » française en Algérie - condamnation évidemment inadmissible notamment au vu du contexte.
Un peu plus tard, dans une interview au Figaro, il avait rééquilibré son propos : « Nous devons réconcilier des mémoires fracturées : celle des harkis, celle des pieds-noirs, celle des Français d'origine algérienne, celle des binationaux . » Cette fois, il s’agissait de traiter sur un pied d’égalité, en leur accordant à toutes la même légitimité aux yeux de l’Etat, des « mémoires » dont le rapport à la France n’est pas le même : harkis et pieds-noirs ne sont ni des immigrés ni des binationaux ; la mémoire des premiers fait partie de la mémoire française, celle des seconds est une mémoire étrangère et la conception mémorielle égalitariste de M. Macron n’est pas satisfaisante. 
1596702414.jpgOr, voici que ce dernier vient de commettre une double faute en reconnaissant la responsabilité de l’Etat français dans la disparition à Alger en I957 de Maurice Audin. La première faute est de faire passer pour une innocente victime celui qui, au nom de son engagement communiste, n’aura été qu’un porteur de valises pour le compte du F.L.N., organisation terroriste avant l’heure en guerre contre la France. La dixième division parachutiste commandée par le général Massu (photo avec De Gaulle) n’a fait que son devoir en gagnant la bataille d’Alger, mission dûment confiée par le pouvoir politique. Quand on sait les atrocités commises par les combattants du F.L.N., quand on veut bien comprendre que ces atrocités constituaient un mode de combat, on voit mal comment nos soldats auraient pu répondre efficacement, sauf à utiliser tous les moyens. Celui qu’il faut bien appeler un traître a sans doute été arrêté et interrogé pour obtenir des renseignements visant à éviter des dizaines d’attentats perpétrés contre des civils. M. Macron n’avait donc pas à demander pardon à Mme veuve Audin. 
3719122623.jpgLa seconde faute aura été le moment choisi, quelques jours seulement avant le 25 septembre, « journée nationale d’hommage au harkis » (photo). Il se trouve que, outre quelques décorations et quelques millions d’euros de mesures en leur faveur (le tout bien mérité, convenons-en), Mme Darrieusecq, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Armées, a annoncé pour décembre « une initiative mémorielle d’envergure […] une reconnaissance pleine et entière » de l’engagement puis du calvaire de ces soldats français en Algérie et en France même. Très bien. Mais comment ne pas penser que M. Macron, encore et  toujours soucieux de « travailler sur l'apaisement des mémoires » semble vouloir ainsi faire l’équilibre entre un Audin complice des terroristes et tortionnaires du F.L.N. et ces soldats français trahis et abandonnés par certains de leurs chefs ?  S’il y a eu faute de l’Etat voire de l’Armée, ce n’est pas pendant la bataille d’Alger, c’est plutôt lors du dénouement tragique de 1962.
M. Macron se souvient mal et mal à propos. A force de vouloir faire du « en même temps » une sorte de méthode opératoire, il participe à un nivellement mémoriel inacceptable.

dimanche 30 septembre 2018

Histoire • Saint-Roch : Les canons contre la démocratie

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Par Patrick Barrau 
À la fin du Directoire, Sieyès, « homme sentencieux » selon Jacques Bainville, murmurait : « Il me faut une épée ! »
Il constatait par là le rôle essentiel que l’armée, qui constituait avec les révolutionnaires un véritable « parti de la guerre », jouait désormais dans la vie politique de « l’après Convention », d’abord comme bras armé de l’exécutif, puis comme acteur politique direct. Cela allait conduire, après le coup de force du 18 fructidor (4 septembre 1797) au coup d’Etat du 18 brumaire. La première de cette intervention se trouve dans la sanglante répression de la manifestation des sections royalistes parisiennes du 5 octobre 1795, qui n’est pas, comme on la présente généralement, un coup d’arrêt à une tentative de prise de pouvoir, mais bien la suppression à coup de canon d’une revendication démocratique et une véritable « école du coup d’Etat ».
336164659.jpgDans la « mélancolie des derniers jours de la Convention » qu’évoque Mathiez et dans le souci affirmé de « terminer la Révolution », la Constitution de l’an III fit l’objet de discussions vives entre le 23 juin et le 22 août 1795. Élaborée par une commission de onze membres, majoritairement modérés, elle confiait le pouvoir à un directoire de cinq membres et l’élaboration des lois à deux assemblées, le Conseil des Cinq-Cents et le Conseil des Anciens.
La rédaction du texte se fit dans un contexte économique difficile, marqué par la perte de valeur de l’assignat et la hausse du coût de la vie qui frappèrent les masses populaires et les petits propriétaires.
Lors des débats s’opposèrent le « parti de la guerre » représenté par les militaires affirmant la consubstantialité de l’armée avec la Révolution et le parti de la paix, royalistes et modérés, brocardés par les militaires comme étant « la Faction des anciennes limites », s’exprimant par la voix des sections parisiennes devenues royalistes. Beaucoup de Français aspiraient à l’ordre et à la paix et les concevaient sous la forme d’un retour à la royauté.
Craignant que les élections aux nouvelles assemblées n’amènent une majorité d’élus royalistes ou modérés, le député Baudin préconisa dans un premier projet de décret** que les deux tiers des membres des deux Conseils, soit 500 sur 750, soient réservés aux membres de l’ancienne Convention. Puis, face aux protestations des sections, il prescrivit dans un autre projet que les assemblées électorales commenceraient leurs opérations par l’élection des deux tiers au début du processus électoral qui devait se dérouler du 20 au 29 Vendémiaire (12 au 21 octobre 1795). Il justifiait cette mesure comme le moyen de garantir un ordre stable et de poser « une barrière contre l’esprit d’innovation ».
On peut pourtant s’étonner de voir des hommes habitués à gouverner de manière révolutionnaire vouloir gouverner constitutionnellement et constater qu’un régime qui se méfiait du peuple qu’il venait de proclamer « souverain » allait lui imposer ses propres choix.
On peut aussi, avec Mona Ozouf, être surpris de voir « des constituants être constitués et des mandataires être mandatés ». Il y a une différence profonde entre permettre la rééligibilité et l’imposer sans donner au peuple la possibilité de se prononcer. C’est au nom du « salut public » qu’est justifiée cette atteinte au libre choix des citoyens. Mais peut-être s’agissait-il surtout pour eux, selon la formule de Taine, de « rester en place pour rester en vie ».
Le premier décret fut adopté avec la Constitution du 5 Fructidor (22 août). Le second fut adopté le 13 Fructidor (30 août). Ces textes témoignent de la désinvolture avec laquelle on traitait le droit d’élire et la souveraineté nationale, portant ainsi la responsabilité du développement d’un courant antiparlementaire. Le 28 Fructidor (6 septembre) les assemblées primaires se déterminèrent au suffrage universel, sans condition de cens, sur la Constitution et les deux décrets. La ratification des deux textes fut plus difficile que celle de la Constitution. Avec un taux d’abstention de 95%, les textes furent rejetés par 19 départements et par 47 sections parisiennes sur 48. Les royalistes, qui espéraient rétablir la monarchie par des voies légales, s’insurgèrent contre ce déni de démocratie et appelèrent à l’insurrection pour forcer la Convention à révoquer ces décrets avant les élections.
Le soir du 11 vendémiaire (3 octobre) sept sections se déclarèrent en insurrection. Le 13, la Convention, inquiète du mouvement populaire, chargea Barras du commandement des troupes de Paris. Celui-ci proposa à Bonaparte, qu’il avait connu lors du siège de Toulon, d’être son adjoint. Après réflexion Bonaparte accepta en déclarant à Barras : « Si je tire l’épée, elle ne rentrera dans le fourreau que quand l’ordre sera rétabli ». Celui-ci ordonna à Murat de récupérer 40 canons au camp des Sablons qui furent placés au petit jour aux extrémités des rues menant aux Tuileries où siégeait la Convention, en particulier à l’angle de la rue Saint Roch et de la rue Saint Honoré ainsi qu’au couvent des Feuillants pour couvrir la rue Saint Honoré. Les sectionnaires, auxquels s’étaient joints des gardes nationaux, soit 25 000 hommes s’organisèrent en deux colonnes, l’une partant de l’église Saint Roch, l’autre partant du Pont Neuf. À 15 heures les sectionnaires encerclèrent la Convention. À 16 heures 30 Bonaparte commanda aux canonniers de tirer des plombs de mitraille. La canonnade dura trois quarts d’heure et l’on releva près de 300 morts sur les marches de l’église Saint Roch. Ce massacre, qui valut à Bonaparte le surnom de « Général Vendémiaire », constitue la première illustration de la survie problématique d’un régime suspendu à l’intervention militaire.
L’armée intervint une nouvelle fois le 18 Fructidor an V (4 septembre 1797) lors des élections suivantes qui amenèrent à nouveau une majorité d’élus royalistes à l’initiative de trois directeurs dont Barras. Les militaires dirigés par Augereau, fidèle lieutenant de Bonaparte, occupèrent Paris. Il y eut de nombreuses arrestations, y compris celle des deux directeurs hostiles à l’intervention militaire et les élections furent annulées dans quarante-neuf départements. À nouveau la République était sauvée au détriment de la légalité. Le rôle de l’armée allait s’affirmer après ces deux interventions jusqu’au 18 Brumaire et à la prise du pouvoir par Bonaparte – qui allait poursuivre la guerre révolutionnaire pour les « frontières naturelles ».
Le 1er juillet 1791, s’adressant aux « Républicains » devant le club des Jacobins, Choderlos de Laclos eut cette phrase prémonitoire : « Je leur demanderai si nous n’aurons pas des empereurs nommés par des soldats. »
Les 300 martyrs royalistes de Saint Roch témoignent donc du combat pour la défense de la démocratie et de la souveraineté nationale face à un pouvoir méprisant la légalité et les droits d’un peuple en s’appuyant sur la force. 
* Historien du Droit, ancien directeur de l’institut régional du travail.
** Selon Mona Ozouf, l’appellation « décret » serait inadéquate : « Les deux lois […] improprement baptisées décrets des deux-tiers […].» Mona Ozouf, 1996, « Les décrets des deux-tiers ou les leçons de l’histoire » in 1795 pour une République sans Révolution, Rennes, PUR.
Cet article est paru dans Royaliste, bimensuel de la Nouvelle Action Royaliste, numéro 1150 (10 septembre - 23 septembre 2018). La Nouvelle Action Royaliste rappelle en préambule que les royalistes d'alors préparaient le retour légal à la monarchie royale et que c’est la décision de réserver les deux-tiers des sièges aux anciens conventionnels dans les Conseils des Anciens et des Cinq-Cents pour éviter l’élection d’une majorité de royalistes qui poussa les sections parisiennes à l’insurrection. Il est indiqué que c'est ce mouvement populaire et démocratique que la Nouvelle Action royaliste va commémorer, le 6 octobre, devant l’église Saint-Roch.

vendredi 28 septembre 2018

Passé présent n°210 : 1918, l’année de la victoire

Au sommaire :
– 1918, l’année de la victoire
– Marie-Thérèse Figueur, Madame sans-gêne

Contes et légendes du communisme français : la légende « résistentialiste »

Dès 1943-1944, plus encore après la libération et jusque dans ces dernières années, le PCF s’est présenté comme le premier parti de la résistance à l’occupant. Premier par le nombre, mais aussi premier par la date de l’engagement. Pourtant, dès 1946 l’ancien président du Conseil, Edouard Daladier révélait que le PCF avait entretenu des relations avec les nazis au début de l’occupation, en juillet 1940, afin d’obtenir la légalisation de la presse, interdite en septembre 1939 par le gouvernement de... ce même Daladier, pour propagande défaitiste
Bien entendu, le PCF, par la voix de son numéro deux, Jacques Duclos, démentit bruyamment ces informations, les mettant sur le compte d’une propagande anticommuniste « primaire ». Il ne manque pas d’insister sur « l’appel du 10 juillet », signé de Thorez et de lui-même, et qui inaugurait la résistance des communistes à l’occupant. Or, l’étude attentive de cet appel puis l’ouverture des archives de Moscou montrent au contraire, à cette date de juillet 1940, des relations du PCF avec les Allemands qui sont plutôt compromettantes pour un parti revendiquant la précocité de son entrée en résistance. 
Le 14 juin 1940, alors même que les Allemands entrent dans Paris, Jacques Duclos et Fried y arrivent, venant de Belgique dans une voiture diplomatique. Le 18 juin, au moment même où le général de Gaulle lance à la BBC son premier appel à la résistance, une militante communiste, sur ordre de Duclos, se présente à la propagandastaffel – l’organe de la censure allemande – pour demander la reparution légale de L’Humanité. L’autorisation est accordée le 19 dans l’après-midi alors que le matin même L’Humanité clandestine a diffusé « le communiqué officiel publié par ordre de l’autorité militaire allemande » et que la veille elle appelait à la fraternisation entre ouvriers français et soldats allemands
Pendant que les Allemands libèrent de prison les communistes emprisonnés par le gouvernement Daladier pour défaitismeOtto Abetz, le représentant personnel de Hitler à Paris, reçoit à l’ambassade d’Allemagne, le 26 juin, une délégation communiste avec laquelle il engage des négociations politiques. Le lendemain, Duclos fait parvenir à Abetz un mémorandum qui propose « la répression énergique de toute action tendant à entraîner de nouveau le peuple français dans la guerre » et « la conclusion d’un pacte d’amitié avec l’URSS, qui compléterait le pacte germano-soviétique et constituerait un important facteur de pacification européenne ». Foin de la résistance et vive la pax totalitaria ! 
Les négociations vont se poursuivre avec Abetz jusqu’au milieu du mois d’août et Staline sera régulièrement informé par Duclos de leur évolution, avant de considérer que ce jeu de chat et de souris n’en vaut plus la chandelle. En attendant, les communistes parisiens, croyant à leur retour à la légalité, sont sortis au grand jour, ce qui permettra à la police de Vichy – après feu vert de l’occupant – de les arrêter par centaines en octobre 1940 et de les mettre en camps d’internement qui serviront bientôt de réservoirs d’otages. Non seulement le PCF est « entré en résistance » en cherchant une alliance avec l’occupant, mais sa politique de Gribouille a coûté l’arrestation et bientôt la vie à des centaines de ses militants fusillés comme otages. Nul doute que ce « retard à l’allumage » d’entrée dans la résistance ne fut pas étranger à l’espèce de frénésie antinazie qui, à partir de l’attaque allemande contre l’URSS, poussa Jacques Duclos, le chef du PCF dans la clandestinité, à développer à partir de juillet 1941 un discours ultra-patriotique, voire chauvin, qui allait aboutir à des slogans comme « A chacun son boche ! »
Dès avant la libération, le PCF se vantait d’avoir été le premier à engager la lutte armée contre l’occupant, mais il oubliait de préciser dans quelles conditions d’improvisation, pour quels résultats et à quel prix ! 
Dès août 1941, Duclos lança les Jeunesses communistes dans un combat totalement irréaliste contre l’occupant, afin de rattraper le précieux « temps politique » perdu depuis septembre 1939, face au général de Gaulle et à l’ensemble de la résistance. Cette décision se traduisit, à l’été et l’automne 1941, par des actions armées et des sabotages contre l’armée allemande. 
     Très rapidement, elle entraîna d’abord des vagues massives de dizaines d’exécutions d’otages communistes – dont les 50 otages de Chateaubriand et le désormais fameux Guy Môquet – pour chaque soldat allemand blessé ou tué, puis par l’arrestation et l’exécution de dizaines de ces jeunes envoyés au sacrifice. Et tout cela pour six Allemands tués entre juillet 1941 et mars 1942, alors qu’au même moment Hitler perdait des centaines de milliers d’hommes sur le front de l’Est ! 
     Mais Duclos avait démontré sa solidarité avec Moscou et le PCF allait pouvoir critiquer « l’attentisme » de l’ensemble de la résistance qui, sur les conseils du général de Gaulle, estimait que le moment de l’action armée n’était pas encore venu. 
Pendant des décennies, le PCF a nié ces évidences, a continué de colporter ses légendes et a vilipendé les historiens qui mettaient au jour ces vérités. Mais aujourd’hui, après l’ouverture des archives de Moscou ou de la préfecture de police de Paris, ces légendes s’évanouissent en fumée, et comme à tout conte il faut une « morale », nous retiendrons celle-ci : « Tel est pris qui croyait prendre. » 
Stéphane Courtois, Mythes et polémiques de l’histoire

La Monarchie n'est pas une idéologie

Qu'est-ce que le fascisme?

mercredi 26 septembre 2018

1917-1920: la guerre des Russes blancs.

La petite histoire : La prise de Grenade et la fin de la Reconquista

Le 2 janvier 1492, la ville de Grenade, dernier bastion musulman en Espagne, est livrée au roi Ferdinand d’Aragon et à la reine Isabelle de Castille après des mois de siège. La prise de la ville met fin à plus de sept siècles de présence musulmane en péninsule ibérique ainsi qu’à la Reconquista, faisant de cette année 1492 une année glorieuse marquant le début du siècle d’or espagnol. Retour sur un épisode décisif de l’histoire européenne. 

lundi 24 septembre 2018

Affaire Audin : une scandaleuse repentance démagogique

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Claudine Dupont-Tingaud
Présidente de Réagir et Agir cliquez là
Le président de la République, chef des Armées, vient de se livrer à une scandaleuse repentance démagogique pour ce disparu en Algérie en 1957, Maurice Audin, demandant pardon au nom de l’État Français à sa famille, alors qu’il ne fut qu’un parmi tant d’autres de nos ressortissants à disparaître au cours de ces années où la terreur ennemie ne s’est pas arrêtée aux accords d’Évian du 19 mars 1962.
Notre Président se rend ainsi complice actif du crime contre l’Humanité que fut, sous l’état gaulliste, l’abandon de la souveraineté de la France en Algérie, dont son « héros » fut l’un des premiers responsables, conduisant à un autre abandon, celui des populations : 200 000 civils, femmes, enfants et vieillards torturés, mutilés, assassinés par la barbarie FLN auxquels s’est ajoutée la communauté des harkis, trahie et livrée après que ses hommes eurent été désarmés sur ordre du pouvoir suite à ces accords à sens unique déplorables !
Un acte scandaleux. Après que l’État gaulliste, dans sa lâcheté, eut confié à notre armée, tel Ponce Pilate, un travail de police, Maurice Audin en a peut-être subi les conséquences, mais pour sa trahison, elle certaine, envers sa patrie, la nôtre, en collaborant avec l’ennemi qui tentait et réussissait à s’imposer par la terreur !
Un acte regrettable. Il n’y a pas excuse à faire lorsqu’un traître protège le plus cruel et le plus vil des adversaires, celui qui n’a laissé à nos compatriotes que le choix de la valise ou du cercueil, celui-ci ne désespérant pas, depuis plus de 50 ans, qu’une loi de reconnaissance et de réparation soit votée par l’Assemblée Nationale !
Un acte démagogique. L’intervention ne fut-elle pas faite à la veille de la fête du Parti Communiste en opération de séduction électorale de ses adhérents… dont fut Maurice Audin ? C’est ce parti qui facilita l’implantation d’une organisation interdite dès 1955, complice des indépendantistes et qui venait de montrer en Indochine et en Hongrie ce dont étaient capables les héritiers de Staline !
Un acte mensonger. Mensonge en effet que de laisser croire à notre jeunesse que morale, éthique et honneur peuvent être issus de cette mémoire hémiplégique qui fausse la vérité historique d’une colonisation globalement bienfaitrice et qui efface les conséquences dramatiques de la trahison à la parole donnée par l’Armée et par l’État.
Un million de Français furent expatriés vers une métropole inconnue et beaucoup plus hostile à eux-mêmes qu’elle ne l’est actuellement pour les migrants. 100 000 harkis et leurs familles furent sacrifiés, l’Algérie fut certes émancipée mais ruinée par la gabegie de ses nouveaux dirigeants et vit aujourd’hui sous la menace d’un islam sanguinaire et conquérant !
Mensonge également que de ne pas affirmer où est la vérité et de ne pas rendre justice à nos pionniers !
Merci de faire comprendre que l’intelligence du cœur n’est pas l’apanage du Président Macron et de faire remonter notre incompréhension comme notre colère vers celui-ci.
Pour en connaître davantage sur les crimes du FLN, lisez les livres présentés par Jean-Pierre Rondeau :
• Crimes et attentats FLN en Algérie française, cliquez ici.
• Aspects véritables de la rébellion algérienne, cliquez ici.

Contes et légendes du communisme français : la légende patriotique

Certains de ces épisodes les plus légendaires se rapportent à une période que le PCF eut bien du mal à assumer quand, devenu en 1945-1946 premier parti de France par les suffrages, il revendiquait la direction du pays au nom de son patriotisme et de son indépendance à l’égard de Moscou. En effet, héraut de l’antinazisme jusqu’en juillet 1939, le PCF se trouva fort dépourvu quand fut venue l’alliance entre Hitler et Staline, le 23 août 1939
     Présenté comme un pacte de non-agression censé défendre la paix en Europe, on apprit en 1948 par les archives allemandes, confirmées et au-delà par les archives soviétiques après la chute de l’URSS, que ce pacte était assorti de clauses secrètes par lesquelles les deux dictateurs totalitaires se promettaient le partage de l’Europe orientale : la Pologne serait divisée par moitié, et les États baltes et la Bessarabie reviendraient à l’URSS. 
     C’est de fait ce pacte qui, libérant Hitler de la menace d’un second front à l’Est, l’engagea à attaquer la Pologne dès le 1er septembre 1939 et à donner ainsi le coup d’envoi de la Seconde Guerre mondiale. Le 17 septembre, l’armée rouge envahissait à son tour la Pologne qui était dépecée, et les partages étaient scellés par un second traité germano-soviétique, « d’amitié et de délimitation des frontières », le 28 septembre. 
Les communistes français absolument stupéfaits face à ce virage à 180 degrés de la politique stalinienne, et si la masse des adhérents quitta sur la pointe des pieds, l’appareil demeura fidèle à Moscou et appliqua la politique imposée par Staline. 
     Désormais, le PCF devait combattre en priorité le gouvernement français, devenu « fauteur de guerre » pour s’être solidarisé avec la Pologne. Interdit par le gouvernement l 26 septembre 1939, le PCF plongea dans la clandestinité et diffusa une propagande pacifiste et prosoviétique – donc pro nazie – allant jusqu’à prôner l’antimilitarisme et le sabotage dans les usines de guerre. Etant donnée l’influence communiste dans les milieux ouvriers, cette attitude pesa sur le climat délétère qui régnait en France durant la « drôle de guerre » et devait aboutir à la défaite de juin 1940. 
C’est dans ce cadre que le jeune député Maurice Thorez, qui avait été mobilisé et avait rejoint son régiment en septembre 1939, fut littéralement enlevé le soir du 4 octobre à son cantonnement, sur ordre de l’Internationale communiste, par une équipe de confiance qui le fit passer clandestinement, dès le lendemain matin, en Belgique. De là, Thorez et sa femme, sous passeports soviétiques, prirent tranquillement, fin octobre, un avion pour Stockholm d’où ils rejoignirent l’URSS où le couple passa toute la guerre, avant de rentrer en France en novembre 1944. Ce qui n’empêcha pas le PCF de faire croire que, durant toutes ces années, le secrétaire général du parti était « à son poste dans la lutte contre l’occupant nazi »Encore fallait-il savoir que ce poste était... à Moscou
Stéphane Courtois, Mythes et polémiques de l’histoire

Le pouvoir au féminin dans la France médiévale (XIV-XVe Sc.)

dimanche 23 septembre 2018

Livres • C'est la gauche qui a fait le fascisme

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1841978860.4.jpgPar Philippe Ménard
Les « antifas » sont des archi-sots. Ils l'ont toujours été.
Frédéric Le Moal a livré une somme sur le fascisme dont le premier et immense mérite est de parler... du fascisme. Le fascisme italien. Le fascisme de Mussolini. Et Frédéric Le Moal pose une question simple : qu'est-ce que le fascisme ? Il y répond longuement. C'est un des fils de la Révolution française. C'est un socialisme. C'est un étatisme. C'est un totalitarisme. C'est une histoire violente et sanglante, où la haine du christianisme se mêle au nationalisme, le rejet féroce du libéralisme à l'amour de l'État. C'est une volonté de révolution permanente qui se radicalise sans cesse - mais échoue (heureusement) à devenir aussi puissant que le totalitarisme soviétique ou nazi. Car l'Église, la monarchie, les différences régionales d'une Italie à peine réunie, les forces conservatrices, en un mot, lui ont fait barrage, outre que la personnalisation du pouvoir, tout entier incarné par Mussolini, lui a été fatale une fois le dictateur déchu (1943). Et la guerre n'a pas aidé.
L'auteur non seulement raconte par le menu la progression totalitaire du mouvement puis du gouvernement, sur plus de vingt ans, mais en plus cite abondamment les oeuvres du Duce, les journaux du parti : ce qu'il dit de la nature profondément révolutionnaire du fascisme n'est pas une reconstruction idéologique a posteriori mais le lent et véridique dévoilement du vrai fascisme, tel qu'il a été, enfin débarrassé des oripeaux réactionnaires dont l'a affublé le communisme antifasciste. Ce que l'insulte « fasciste » recouvre aujourd'hui, de même que son grotesque doublon, les « antifas » (aux méthodes précisément fascistes), est l'inverse de la réalité vécue par les Italiens. Le fascisme, progressiste, anticapitaliste, antisémite, anticlérical (et même anticatholique), antibourgeois, antidémocratique, rêvant de forger un homme nouveau, le fascisme est de gauche. De Gaulle, Poujade, Trump, Sarkozy, Le Pen, Bush, Poutine et Chirac (pour reprendre et compléter la plaisante liste que dresse l'auteur) sont aussi fascistes qu'ils sont sardines à l'huile.
Revenons sur quelques point cruciaux de l'histoire que nous raconte l'auteur. Tout d'abord, le Mussolini socialiste se transforme naturellement en Mussolini fasciste, sans se renier en rien. C'est l'époque où tous les socialismes tendent au totalitarisme, remède pervers aux désillusions libérales - déjà ! Ensuite, c'est la Révolution française qui met en place un paradigme redoutable : l'absolutisme du pouvoir politique et le contrôle total que l'État doit exercer sur la vie des citoyens, le culte d'une nation sacrée à laquelle on doit une absolue obéissance, la régénération nécessaire du peuple par la contrainte. La Révolution informe le fascisme. C'est d'ailleurs l'accomplissement d'une épiphanie révolutionnaire qui pousse l'Italie dans les bras de l'Allemagne nazie. Enfin, il a existé des fascismes tant les courants étaient nombreux mais tout tendait vers le Duce. L'incarnation du fascisme dans l'icône Mussolini, aussi risible que les photos de Poutine torse nu, a sans doute été aussi perverse dans ses effets ; le pape Pie XI l'avait averti (p. 243) : « Dites de ma part à M. Mussolini que sa façon de se diviniser me déplaît et lui fait du mal (...)  Faites-lui comprendre, en mon nom, que Notre Seigneur est le seul Dieu. Il ne pourrait donc être qu'une idole, un fétiche, ou un faux dieu ou, au maximum, un faux prophète. Invitez-le, toujours de ma part, à se rappeler que les peuples, les foules, tôt ou tard finissent par abattre les idoles. » Frédéric Le Moal raconte magnifiquement l'ascension et la chute de Mussolini, en éclairant ce destin à la lumière des convictions politiques, de l'idéologie. Le fascisme est bien mort, conclut-il. Mais, ajoute-t-il, « ce qui perdure, en revanche, c'est la tentation de remodeler l'être humain, de le transformer en fonction d'une idéologie, de l'émanciper de sa propre et inaliénable nature. »  
1397383964.jpgHISTOIRE DU FASCISME,
Frédéric Le Moal,
Perrin, 2018,
426 pages, 23 €