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mardi 19 novembre 2024

Sion (Suisse): un dolmen néolithique exceptionnel vieux de 5000 ans découvert

 

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La nécropole celtique de Don Bosco cachait un monument funéraire qui témoigne une fois de plus de son importance majeure dans la préhistoire européenne. Il va maintenant faire l’objet de fouilles plus approfondies

Et voilà confirmée la place majeure qu’occupe la ville de Sion parmi les sites archéologiques de référence de la préhistoire européenne! Des archéologues ont découvert, jeudi au milieu des alluvions de la Sionne, un dolmen «exceptionnel» daté de 3000 ans avant notre ère. Ce type de monument funéraire pouvait contenir plus d’une centaine d’individus.

Le communiqué de presse de l’Etat du Valais indique que cette construction mégalithique se situe sous la riche nécropole celtique de Don Bosco, où la fouille des dernières sépultures était en train de se terminer. Ils surveillaient le terrassement pour la construction d’un parking souterrain sur le site et le ballet de la pelle mécanique. «J’ai tout de suite fait signe d’arrêter quand j’ai vu la pierre dépasser, raconte l’archéologue Flamur Dalloshi au Nouvelliste. Je savais que c’était quelque chose d’important.» L’archéologue cantonale, Caroline Brunetti, l’a confirmé à la télévision locale Canal 9:

(…)il faut savoir que les archéologues ont découvert d’autres blocs similaires éparpillés dans le périmètre de la construction du parking. Ils «témoignent de l’existence de plusieurs monuments du même type sur le site». Cette découverte rappelle notamment celles de dolmens avec des stèles gravées faites en 1961 et 1986 dans le quartier du Petit-Chasseur, qui comptent «parmi les chefs-d’œuvre de la préhistoire européenne», selon l’animation de l’Université de Genève ci-dessous:


Le Temps

https://www.fdesouche.com/2018/06/28/sion-suisse-un-dolmen-neolithique-exceptionnel-vieux-de-5000-ans-decouvert/

samedi 9 novembre 2024

Le mystère de la ville massacrée de La Hoya dévoilé par des archéologues

 

par Daria Petliaeva.

Dans une récente étude publiée le 1er octobre dans la revue Antiquité, des archéologues britanniques et espagnols ont examiné les vestiges ostéologiques trouvés dans la ville de La Hoya, en péninsule ibérique, massacrée à l’Âge du fer. Une découverte qui fait la lumière sur la nature et l’ampleur de la violence dans l’Europe préhistorique.

Mise sur pied afin d’examiner les fouilles de la ville de La Hoya, située dans le centre-nord de la péninsule ibérique, une récente étude d’archéologues britanniques et espagnols met en relief la problématique de la violence durant les époques anciennes. L’étude publiée le 1er octobre dans la revue spécialisée Antiquité présente de nouvelles preuves d’une « guerre organisée à grande échelle entre des populations préhistoriques et protohistoriques », dont le cas du massacre de La Hoya est un exemple parlant.

« Entre le milieu du IVe siècle et la fin du IIIe siècle avant J.-C., le site a été soumis à une violente attaque, ses habitants ont été tués et la colonie a été incendiée », indique l’étude.

Dans leur article, les chercheurs ont résumé l’examen complet de 13 squelettes découverts sur le site en présentant les analyses ostéologiques : décapitations, amputations et autres blessures graves.

Preuves d’un massacre

Pour les archéologues, le massacre de La Hoya est « un cas de conflit entre des communautés locales rivales », qui témoigne de « l’ampleur et de la nature de la violence dans l’Europe à l’Âge du fer ».

« La gravité de l’attaque et la précipitation de la fuite des habitants est attestée par les squelettes de personnes et d’animaux qui ont été trouvés abattus dans les rues, des maisons avec de la nourriture, des objets d’artisanat et des objets personnels soudainement abandonnés », détaille l’étude.

Il est à noter que le site de La Hoya a été découvert en 1935 et fouillé pour la première fois en 1973.

source : https://fr.sputniknews.com

https://reseauinternational.net/le-mystere-de-la-ville-massacree-de-la-hoya-devoile-par-des-archeologues/

mardi 20 août 2024

Dès 100.000 ans avant J.-C., on enterrait déjà les morts en Limousin

 

Les sépultures de Néandertaliens découvertes à La-Chapelle-aux-Saints en Corrèze et à la Ferrassie en Dordogne prouvent qu’ils enterraient déjà leurs morts.

Quand ils ont découvert le squelette d’un homme de Néandertal dans une grotte à La-Chapelle-aux-Saints en Corrèze, en 1908, les abbés Bouyssonie ont vite fait le lien avec une sépulture. Une découverte capitale qui leur fera affirmer que, dès la période moustérienne (*), « il y avait de la religion dans l’humanité ».

Il a cependant fallu attendre 2013 pour qu’une étude américaine, basée sur 13 ans de travaux menés sur le site, apporte les preuves de cette inhumation. « Le squelette découvert était en position anatomique, il n’était pas démembré donc il n’a pas été laissé à l’air libre, en proie aux animaux, explique Hélène Porte, guide animatrice du musée de l’homme de Néandertal. Il s’est fossilisé très vite donc il était enfoui ; et on a prouvé géologiquement que la dépression où il a été trouvé a été creusée volontairement ».

Avec cette découverte de et celles de la Ferrassie en Dordogne entre 1909-1921, la presque totalité des scientifiques reconnaît désormais l’existence de sépultures néandertaliennes.

« Les premières traces de sépultures apparaissent autour de 100.000 ans avant Jésus-Christ, aussi bien chez nos ancêtres, les Sapiens, que chez Néandertal au Proche-Orient et par ici, précise Hélène Porte. Ils enterraient leurs morts, d’où une notion de spiritualité ».

Source

https://www.fdesouche.com/2017/10/30/100-000-ans-j-c-on-enterrait-deja-morts-limousin/

mercredi 31 juillet 2024

Un bipède en Crète il y a près de 6 millions d’années…

 

Datation de la couche stratigraphique où figurent des d’empreintes de pas datées de 5,7 millions d’années

En 2002 des empreintes de pas ont été découvertes dans la région de Trachilos, près de la ville de Kissamos, à l’ouest de l’île. C’est le paléontologue polonais Gerard Gierlinski qui avait fortuitement identifié ces traces de pas de mammifères lors de ses vacances dans l’île ! En 2010, accompagné d’un autre paléontologue, Grzegorz Niedzwiedzki, il retourne sur le site pour poursuivre ses investigations.
Deux surfaces d’empreintes (A et B2) ont été identifiées sur un affleurement naturel. Les chercheurs ont dénombré 29 traces au total. Elles mesurent entre 9,9 et 22,3 cm de longueur. Le séquencement et l’écartement des traces de pas indiquent qu’elles sont l’oeuvre d’un ou plusieurs bipèdes.
La forme du pied semble être nettement plus proche d’un humain que d’un autre animal. La forme de notre pied est très spécifique dans le genre animal : nous combinons un pied long avec 5 orteils courts dont le gros orteil (hallux) est plus grand et aligné sur les autres. Autres caractéristiques du pied humain, le calcaneum forme une boule au niveau du talon et nous ne possédons pas de griffes.
Pour l’équipe de chercheurs, « les nouvelles empreintes de Trachilos ont une forme indubitablement humaine ». C’est particulièrement vrai pour les orteils. Le gros orteil est semblable à celui du pied humain en terme de forme, de taille et de position ; il est également « associé à une protubérance distincte au niveau du talon (calcaneum), qui n’est jamais présente chez les autres primates ». La nature sablonneuse du sol au moment où les empreintes on été faites n’a malheureusement pas permis de laisser des empreintes aussi précises que les scientifiques auraient souhaité !
Photo de l’empreinte Andrzej Boczarowski

La datation des empreintes
Les empreintes ont été datées en étudiant les micro-organismes marins fossilisés et piégés dans la même couche que celles-ci. Les scientifiques ont identifié des foraminifères dont la particularité est d’avoir évolué continuellement dans le temps. Une fois identifié le stade de leur évolution, les chercheurs ont pu préciser que leur âge était compris entre 8,5 Ma et 3,5 Ma.
Les strates sédimentaires environnantes ont également permis de donner cette datation. En effet, il y a environ 5,6 millions d’années, à la fin du Miocène, un événement remarquable est arrivé : toute la Méditerranée s’est desséchée pendant un certain laps de temps. Cet assèchement s’est matérialisé par une couche plus claire, facilement identifiable, dans la stratigraphie. Les traces de pas de Trachilos étant juste en-dessous, il a été logique de les dater à environ – 5,7 millions d’années.

Une nouvelle donne dans la distribution géographique des espèces ?
Au moment où les traces de Trachilos ont été faites, le désert du Sahara n’existait pas. Des environnements semblables à ceux de la savane s’étendaient de l’Afrique du Nord vers la Méditerranée orientale. En outre, la Crète n’était pas une île et ne s’était pas encore « détachée » de ce qui allait devenir la Grèce. Il était alors tout à fait possible de venir « à pied sec » dans cette région. Pour les chercheurs cela implique donc qu’un homininé a marché à cette époque dans le sud de l’Eurasie il y a 3,7 Ma. Jusqu’à présent tous les hominidés plus anciens que 2 Ma étaient situés en Afrique : Sahelanthropus tchadensis (7,5 Ma), Orrorin (6 Ma), Ardipithecus et tous les australopithèques Les premiers « européens », les Homo georgicus, datés de 1,8 Ma ont été retrouvés en Ukraine à Dmanisi.
Pour les auteurs de l’étude, avec la découverte de ces empreintes de pas, il semblerait que des hominidés se sont déployés très tôt autour du bassin méditerranéen en continuant de se développer et d’évoluer sur le continent africain. Ils associent aux traces de pas la précédente publication d’une étude concernant Graecopithecus, une mâchoire de primate trouvée en Grèce (et une dent en Bulgarie) dont la classification comme homininé est fortement remise en question par la communauté scientifique.

(…) Hominides

https://www.fdesouche.com/2017/09/04/bipede-crete-y-a-pres-de-6-millions-dannees/

lundi 1 juillet 2024

Les premiers paysans du Néolithique viendraient de la mer Égée

 L’agriculture est arrivée en Europe au Néolithique, il y a plus de 8000 ans, par la migration de paysans venus de la région de la mer Égée. C’est le constat d’une étude internationale avec participation des universités de Genève et de Fribourg. Sous la direction du paléogénéticien Joachim Burger, de l’Université de Mayence (D), les scientifiques ont séquencé des parties de l’ADN mitochondrial (hérité de la mère) de cinq squelettes du Néolithique. Il s’agissait d’agriculteurs ayant vécu entre 6500 et 4000 avant J.-C. dans l’actuelle région gréco-turque.

[…] “Nous savions que l’agriculture est apparue en Europe il y a environ 8000 ans, mais on ignorait si ce savoir et ces techniques s’étaient répandus par diffusion culturelle ou par migration“, a indiqué à l’ats Mathias Currat, de l’Université de Genève, co-auteur de cette recherche.

Résultats: les analyses montrent que les premiers agriculteurs apparus en Europe centrale et du Sud provenaient de la région de la mer Égée. L’origine migratoire de ce changement est donc très vraisemblable, selon les auteurs. Même s’il a pu en aller différemment dans d’autres régions d’Europe, note M. Currat.

Les chercheurs ont identifié deux voies de migration, celles des Balkans, conduisant vers l’Europe centrale, et celle par la Méditerranée menant vers la péninsule Ibérique. Ötzi lui-même, la fameuse momie retrouvée dans un glacier autrichien, est un descendant des antiques agriculteurs égéens, a expliqué à l’agence APA Barbara Horejs, de l’Académie autrichienne des sciences, co-auteure de ces travaux.

La comparaison avec l’ADN d’européens “modernes” a quant à elle montré que les paysans immigrés ont davantage contribué au patrimoine génétique actuel que les chasseurs-cueilleurs locaux. “Il y a eu apparemment des contacts, mais peu“, a précisé Daniel Wegmann, de l’Université de Fribourg.

Toutes les populations modernes en Europe portent nettement les signes distinctifs égéens dans leur ADN, ajoute Mme Horejs. Des populations originelles, il est resté peu de choses, de manière générale comme dans le génome. Les scientifiques entendent maintenant analyser des ossements provenant d’autres régions d’Europe. “Nous voulons également étudier la chronologie des contacts entre les paysans égéens et les chasseurs-cueilleurs“, conclut M. Currat.

Romandie

https://www.fdesouche.com/2016/06/07/les-premiers-paysans-du-neolithique-viendraient-de-la-mer-egee/

vendredi 31 mai 2024

Dordogne : Une œuvre d’art vieille de 35 000 ans

 


Extraordinaire surprise que la découverte de cet oiseau gravé sur une roche calcaire. Ce sont des archéologues français (Inrap) et espagnols qui l’ont mis au jour lors d’une fouille dans une cavité nommée Cantalouette, vieille de 35 000 – 31 000 ans, à Bergerac (Dordogne). Très singulier pour la période, cet oiseau signe les premières manifestations artistiques en Europe occidentale et diffère fondamentalement des autres expressions artistiques contemporaines, comme celles de la grotte Chauvet. (…)

La Croix

https://www.fdesouche.com/2016/03/15/dordogne-ne-oeuvre-dart-vieille-de-35-000-ans/

jeudi 16 mai 2024

Une dent humaine vieille d’environ 550.000 ans découverte à Tautavel

 

Incroyable découverte à Tautavel dans les Pyrénées-Orientales. Ou comment une dent peut changer le cours de la préhistoire. Un reste humain 100.000 ans plus vieux que l’Homme de Tautavel vient d’être mis au jour. Une dent qui bouleverse les connaissances sur l’être humain.

Cette dent est le reste humain le plus ancien de France. L’incisive avoisinerait les 550.000 ans. Soit 100.000 ans de plus que l’homme de Tautavel.

Ce sont des étudiants en archéologie qui ont fait la découverte. Ils sont inscrits au chantier de fouilles de la Caune de l’Arago à Tautavel, au Nord-ouest de Perpignan.

Ce vestige est rare en Europe. Il va permettre de mieux connaître les habitants précédents l’Homme de Néandertal.

Le site préhistorique de Tautavel n’a pas fini de livrer tous ces secrets. Depuis 51 ans, les fouilles organisées tous les ans ont permis la découverte de 600.000 vestiges du quotidien de nos ancêtres.

Source

https://www.fdesouche.com/2015/07/28/une-dent-humaine-vieille-denviron-550-000-ans-decouverte-tautavel/

mercredi 15 mai 2024

L’agriculture pourrait avoir été inventée bien plus tôt que les chercheurs ne le pensaient

 

épis d'orge

C’est sur les rives du lac de Tibériade, en Galilée, dans le nord d’Israël, que les hommes auraient, pour la première fois, tenté de cultiver des céréales sauvages il y a 23.000 ans… soit 11.000 ans plus tôt que ne le pensaient jusqu’à lors les archéologues !

Un bon impressionnant dans le temps qui fait reculer de façon spectaculaire l’apparition de l’agriculture… et qui vaudra sans doute la révision de tous les manuels de préhistoire si cette découverte était confirmée.

Le Croissant Fertile au Moyen Orient, a toujours été considéré comme le “berceau de la civilisation”. C’est là en effet, au Levant, quelque part entre l’actuelle Turquie, la Syrie, l’Irak et Israël que nos ancêtres chasseurs-cueilleurs se sont sédentarisés et où sont apparues les premières grandes communautés agricoles, qui ont conduit à ce que les chercheurs appellent la “révolution néolithique” il y a environ 12.000 ans. Mais en fouillant un ancien campement préhistorique de chasseurs-cueilleurs-pécheurs (Ohalo II), un groupe d’archéologues et de botanistes des universités de Bar-Ilan, Haïfa, Tel-Aviv, Ben Gourion (Israël) et de Harvard (Etats-Unis) ont découvert des vestiges d’orge et de blé cultivés il y a 23 000 ans, comme le rapporte la revue PLOS One. […]

Sciences et Avenir

https://www.fdesouche.com/2015/07/29/lagriculture-pourrait-avoir-ete-inventee-bien-plus-tot-que-les-chercheurs-ne-le-pensaient/

jeudi 18 avril 2024

Propagande : paléonthologie et biologie moléculaire au service de l’idéologie

 

Depuis deux décennies, la génétique a bouleversé nos connaissances sur l’apparition et le peuplement de l’espèce Homo. En cinq questions clefs, voici ce qu’elle nous apprend.

1. Le scénario des origines

Jusqu’à présent, deux théories à propos de l’apparition de l’homme moderne s’opposaient. La première, dite “multirégionaliste”, soutient que les populations ancestrales auraient quitté l’Afrique voilà 2 millions d’années, engendrant simultanément diverses espèces locales comme Homo neanderthalensis en Europe ou Homo erectus. Toutes auraient évolué de façons différentes avant de donner naissance à Homo sapiens sapiens. La seconde, dite “Out of Africa”, se situant il y a environ 200 000 ans, affirme qu’une seule et même espèce (la nôtre) serait apparue en Afrique, avant de migrer dans le reste du monde en supplantant toutes les autres sans se mélanger.

>>> Notre dossier: Préhistoire, les derniers secrets

“Le modèle multirégionaliste a été abandonné, tranche Henry de Lumley, directeur de l’Institut de paléontologie humain de Paris, car il souffrait d’une faiblesse originelle. Comment voulez-vous que des êtres aussi différents que Neandertal et Homo heidelbergensis, que nous avons trouvé à Tautavel, aient abouti à une seule espèce, Homo sapiens?

Pour autant, la théorie “Out of Africa” ne l’a pas définitivement emporté. Disons que la génétique l’a d’abord amendée, puis complexifiée. En 1987, des travaux sur l’ADN mitochondrial (transmis par les femmes) confirment effectivement l’origine africaine de l’homme, et laisse entendre qu’il existe un berceau géographique commun à l’humanité (on parle alors de jardin d’Eden) ainsi qu’un ancêtre commun.

Mais d’autres études (portant notamment sur le chromosome Y) ont, depuis, montré qu’un “Sapiens archaïque” a vraisemblablement essaimé un peu partout sur le continent africain avant de partir à la conquête du monde. “Il n’y a pas eu une sortie d’Afrique, mais plusieurs, et à des époques différentes”, précise Gaspard Guipert, chercheur associé au Centre européen de recherche et d’enseignement de géosciences de l’environnement (Cerege), à Aix-en-Provence.

Des résultats confirmés par le séquençage du génome humain, achevé en 2003, qui a montré que toutes les “lignées se branchent bien sur le rameau africain”, ajoute Jean-Jacques Hublin, directeur du département de l’évolution humaine de l’Insti tut Max-Planck, à Leipzig (Allemagne).

Avant de préciser que la biologie moléculaire conforte aussi le mouvement migratoire : “Les chercheurs ont clairement montré que plus les populations se trouvent géographiquement loin de l’Afrique et moins elles ont de diversité génétique.”

D’où des phénomènes extrêmes dans les contrées les plus reculées, comme le nanisme insulaire, dont a été victime l’homme de Flores, découvert en 2003, et dont les restes, datés autour de -18000 ans, en faisaient un descendant direct d’Homo erectus.

2. La longue migration

Depuis l’Afrique, quelles routes nos ancêtres ont-ils pu emprunter ? Le couloir du Levant reste le plus souvent évoqué, avec la Turquie et le contournement de la mer Noire en direction de l’Europe et de l’Asie. “Chez nous, les premières traces du genre Homo remontent à entre -1,6 et -1,8 million d’années dans le bassin de Nihewan (nord-est de la Chine), où une dizaine de sites fossilifères ont été identifiés”, explique Shen Guanjun, de l’université de Nankin. D’autres ossements exhumés ces dernières années, notamment à Damnisi (Géorgie), où a été découvert le plus ancien Européen, vont aussi dans ce sens.

Mais, si l’on se positionne autour de -2 millions d’années (période de glaciation, avec un niveau des mers plus bas), différentes voies ont pu être utilisées : celle qui va de la Tunisie au sud de l’Italie, celle qui passe par le Bosphore ou bien le détroit de Gibraltar. Des déplacements de populations liés non pas simplement à l’esprit aventureux des premiers hommes modernes, mais à la contrainte climatique et à l’abondance du gibier.

Les mouvements de migration plus tardifs, qui amènent Homo sapiens à conquérir le monde entre -150 000 et -45 000 ans, sont mieux connus. La génétique a même permis de trancher un débat ancien : le peuplement de l’Amérique. Celui-ci semble bien d’origine asiatique (nombre de gènes sont communs avec ceux des Sibériens) et se déroule via le détroit de Béring (par voie terrestre ou maritime). En Europe, cette expansion ne se fait pas sans difficulté. L’équipe de l’Institut Max-Planck, à Leipzig, a publié au mois d’octobre 2014, dans la revue Nature, les résultats d’une étude du génome d’un fémur trouvé près d’Ust’-Ichim, en Sibérie occidentale.

Contrairement aux premières investigations, la datation au carbone 14 révèle qu’il s’agit bien d’un individu Homo sapiens et non d’un néandertalien dont le décès date d’il y a 45000 ans, ce qui en fait le plus ancien représentant de notre espèce jamais trouvé hors de l’Afrique et du Proche-Orient. Surtout, en comparant ce génome avec ceux qu’ils avaient à leur disposition, les chercheurs font de l’homme d’Ust’-Ichim un gaillard plus proche des non-Africains que des Africains et plus lié aux Européens anciens qu’aux Asiatiques. Pour les paléontologues, cette découverte apporte la preuve irréfutable que la lignée de Sapiens non-africains provient d’un groupe qui a quitté son continent il y a 60 000 ans, donc plus tôt que ce qu’ils croyaient jusque-là. Des individus modernes qui ont trouvé en face d’eux une espèce plus ancienne et plus forte, Homo neanderthalensis.

3. Neandertal réhabilité

S’il en est un dont l’image a totalement été révisée grâce à la biologie moléculaire, c’est bien l’homme de Neandertal, qui doit son nom à la vallée de Neander, près de Düsseldorf (Allemagne), où fut découvert le premier individu, en 1856. A l’époque, vu ses caractéristiques -arrière-crâne développé, bourrelets suborbitaux protubérants et silhouette robuste-, les chercheurs le prennent pour… un ours. D’où l’image de balourd qu’il se traîne au XIXe, puis au XXe siècle.

“Trapu, petit, sans menton, avec une visière de casque au-dessus des yeux, il a longtemps été considéré comme un être inférieur”, regrette Marylène Patou-Mathis, chercheuse au CNRS, qui connaît Neandertal mieux que personne et oeuvre à sa réhabilitation.

Cette réputation ne s’arrange guère avec la découverte, plus tard, de l’homme de Cro-Magnon, cet être gracile au port altier. Un Sapiens qui en impose, avec ses manières, puisqu’il invente le principe des sépultures et pratique l’art et la chasse.

Pourtant, en un peu plus d’une décennie, notre cousin Neandertal a regagné un à un ses galons de “moderne”.

D’abord, lui aussi travaille avec des outils élaborés. Mieux, il a inventé une technique de coupe dite “Levallois”, qui réclame certaines capacités cognitives. Lui aussi enterre ses morts, et ce, dès -80000 ans, démontrant ainsi son sens de l’empathie et le développement de pensées métaphysiques. Lui aussi utilise certaines plantes médicinales, comme le prouvent des restes de pollen trouvés dans ses tombes. Lui aussi chasse, jusqu’à élaborer des stratégies d’encerclement du gibier. Lui aussi a développé l’art de la parure (bijoux, tatouages, coiffure). Lui aussi, à l’instar d’un Kandinsky ou d’un Kupka, au XXe siècle, était maître en art abstrait, comme l’a révélé une gravure découverte en septembre 2014 dans la grotte de Gorham (Gibraltar), située à flanc de falaise, devant la mer Méditerranée.

Pour les spécialistes anglais, espagnols et français (CNRS-université de Bordeaux), auteurs de l’article publié dans la revue PNAS, ces lignes horizontales et verticales creusées dans la paroi, voilà 39 000 ans, servaient à marquer l’espace d’habitation. Elles caractérisent un geste technique sans lien avec un but matériel immédiat que l’on croyait être l’apanage de l’homme moderne. Enfin, les généticiens ont montré qu’Homo neanderthalensis utilisait une forme de langage (gène FOXP-2). Et que sa peau était moins basanée que ce que l’on croyait jusqu’ici. “Difficile, à la lumière des découvertes récentes, de ne pas faire de Neandertal l’égal de Sapiens, conclut Marylène Patou-Mathis.

Je pense même qu’il a aidé ce dernier à découvrir le territoire européen qui était pour lui une terra incognita.” 

4. Y a-t-il eu hybridation entre Homo sapiens et d’autres espèces ?

La question est longtemps restée une des énigmes majeures de la paléontologie : en comparant crânes et ossements, les chercheurs n’ont jamais pu conclure à l’existence d’une espèce intermédiaire. Souvent trompés par une prétendue supériorité de l’homme moderne, nombre d’entre eux estimaient que Sapiens n’aurait pas pu fricoter avec son cousin.

Et l’absence de gisement fossilifère où l’on aurait pu trouver les deux espèces a longtemps entretenu l’idée d’une impossible hybridation. Mais ce serait oublier un peu vite que ces deux populations cohabitèrent durant près de 12 000 ans !

Aujourd’hui, la science prouve qu’il y a bien eu métis sage, puisque le génome de Neandertal, décrypté en 2010 par l’Institut Max-Planck, montre que nous avons tous en nous quelque chose de lui : Européens et Asiatiques possèdent de 1 à 4% de ses gènes ! Toutefois, ces croisements sont restés plus que restreints.

Et pour cause ! Nombre de clans de Sapiens et de Neanderthalensis ont tout à fait pu ne jamais se rencontrer, notamment en Europe. D’autant qu’ils ne représentaient que quelques dizaines de milliers d’individus éparpillés sur de grands espaces. D’autres ont pu s’apercevoir, tout en restant à distance, selon une technique d’évitement somme toute compréhensible. Enfin, une poignée d’entre eux ont fini par se mêler, il y a 70 000 ou 80 000 ans.

5. Pourquoi Sapiens s’est-il retrouvé seul sur Terre ?

D’abord parce qu’à son époque il avait peu de concurrents : le genre Homo comptait un nombre infime de branches. Outre Sapiens, il y a donc Neandertal et l’homme de Flores, disparu de la surface de son île, peut-être à la suite d’une éruption volcanique. A moins que celui que les médias ont affectueusement surnommé le “Hobbit”, en référence au Seigneur des anneaux, ne fût né avec le syndrome de Down (trisomie 21) comme le suggèrent les Drs Henneberg et Eckhardt dans une étude scientifique parue au mois d’août 2014. Reste, enfin, une espèce inédite, les dénisoviens, définie en mars 2010 par les généticiens. Cette fois, non grâce à un crâne, mais à partir d’une étude d’ADN, puisque l’individu se résume à un seul… fragment d’auriculaire, trouvé par les Russes dans la région de l’Altaï.

Les paléogénéticiens de l’Institut Max-Planck, toujours eux, ont révélé que cet Homo, vieux de 40000 ans, ne ressemblait à aucun autre. Mais, faute d’ossements supplémentaires, l’homme de Denisova reste bien mystérieux.

Difficile, donc, de lancer des hypothèses sur les causes de sa disparition, alors que l’affaire semble un peu plus simple en ce qui concerne Neandertal. 

Du moins sur le papier, car paléo-anthropologues et généticiens ont apporté des explications pas toujours convaincantes.

La plus ancienne voudrait que le gros balourd eût été trop stupide pour s’habituer aux changements climatiques.

Un argument qui manque indubitablement de fond, d’autant que lui vécut plus de 300000 ans, soit, à l’heure actuelle, au moins 100 000 de plus que nous… Pas sûr, donc, que nous ayons des leçons d’adaptabilité à lui donner ! L’idée d’une pandémie a aussi été avancée dans la revue Current Biology à la fin de l’année 2013 montrant notamment que notre ADN contient des virus qui étaient communs à nos espèces.

“L’une des deux n’y aurait pas survécu”, explique Marylène Patou-Mathis. Sans y croire vraiment : “Cela peut s’entendre sur des aires géographiques limitées, mais pas à grande échelle.”

Restent les thèses, assez hasardeuses, d’un régime insuffisamment diversifié et d’une extermination massive par des hordes d’ “Attila Sapiens” - sauf qu’il n’existe aucune trace de massacre.

Ou encore l’idée selon laquelle une dilution génétique aurait conduit notre lointain cousin à se fondre avec la branche Homo sapiens.

La réponse pourrait être plus prosaïque et se réduire à un problème démographique : les dernières études génétiques montrent un goulet d’étranglement autour de – 60 000 ans, avec une forte baisse de la natalité et une mortalité féminine importante. D’ailleurs, à ce jour, peu de squelettes de néandertaliennes âgées ont été exhumés. La lignée se serait donc éteinte progressivement, ses dernières traces datant d’entre -40000 ans et -28000.

“Peut-être était-il trop conservateur, suggère aussi la chercheuse. Et, lorsqu’il a fallu s’adapter, il a pu manquer de sens de l’innovation et ne pas savoir se projeter dans l’avenir.”

La leçon vaut pour toutes les espèces humaines, d’hier et d’aujourd’hui.

 lexpress.fr

https://www.fdesouche.com/2015/01/19/propagande-paleonthologie-et-biologie-moleculaire-au-service-de-lideologie/

jeudi 11 avril 2024

La fonction religieuse et astronomique des monuments mégalithiques

 

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Source: https://melmothlibros02.blogspot.com/2024/04/la-funcion-religiosa-y-astronomica-de.html

La fonction astronomique des mégalithes, en particulier en relation avec leur fonction religieuse, est peut-être leur aspect le plus fascinant.

Niée avec obstination par les spécialistes jusqu'à récemment, elle est aujourd'hui universellement acceptée, après qu'Atkinson [1979] l'a clairement démontrée pour Stonehenge. Par la suite, cette fonction a été vérifiée pour les autres monuments.

Comme le dit Cunliffe (2001), même si "une partie de ce qui a été écrit est complètement fallacieux et une autre partie n'est pas prouvée, il reste un fait indiscutable que plusieurs de nos tombes mégalithiques les plus impressionnantes ont été conçues avec une immense habileté pour se rapporter précisément à d'importants événements solaires ou lunaires".

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Il suffit de rappeler, parmi les exemples les plus connus, que la tombe irlandaise de Knowth (ci-dessus) a une orientation équinoxiale, associée au début de la saison des semailles et des récoltes.

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Newgrange (ci-dessus), situé à peu de distance de Knowth, est l'un des cas les plus illustratifs. Il s'agit d'un sanctuaire mégalithique, daté entre 2475 et 2465 avant J.-C., qui consiste en une tombe à couloir.

La tombe a été construite de telle sorte que la ligne du couloir ou du passage d'accès à la chambre centrale était orientée vers le point de l'horizon où le soleil se lève le 21 décembre, le jour du solstice d'hiver le plus court de l'année (en termes religieux modernes, le jour de Noël).

La fonction à la fois scientifique et religieuse du monument est ici évidente. Le solstice, que le monument "capture" avec une précision absolue, marque à la fois la fin du principal cycle annuel de la nature, le cycle agricole, et l'aube d'un nouveau cycle : la nuit de la Saint-Sylvestre.

De plus, la lumière du soleil solsticial tombant sur le tombeau au centre du monument, il est clair que la résurrection du soleil devait impliquer celle des morts et assurer la même renaissance à tous les vivants, héritiers ou sujets de l'enseveli.

L'importance de ces observations pour l'interprétation des mégalithes est énorme, car elle permet de comprendre le lien entre la résurrection du soleil et la résurrection des morts. Plus généralement, la fonction du monument était à la fois scientifique, funéraire et magico-religieuse.

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Les fouilles récentes ont également montré que les alignements, c'est-à-dire les rangées simples ou multiples de pierres placées les unes à côté des autres (très répandus en Bretagne) ont probablement une fonction mixte, rituelle et astronomique (cette dernière étant liée aux collines environnantes).

Les études menées au cours des vingt dernières années ont fourni des preuves statistiques impressionnantes que les bâtisseurs de mégalithes et les communautés mégalithiques observaient constamment le cycle de la lune.

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Un exemple emblématique est Le Grand Menhir Brisé en Bretagne, aujourd'hui interprété comme le plus grand observatoire lunaire de l'Europe néolithique.

MARIO ALINEI - FRANCESCO BENOZZO : Origines des mégalithes européens

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2024/04/08/la-fonction-religieuse-et-astronomique-des-monuments-megalithiques.html

dimanche 3 mars 2024

Des balayages au laser révèlent une mégalopole enfouie sous la jungle guatémaltèque.

 

Li.D.A.R. (Light Detection And Ranging) est le nom donnée à une technologie de prises de vues permettant de découvrir ce qui se cache sous la végétation. Appliquée précédemment à la ville de Tikal, cette technologie a permis d’étendre grandement la zone contenant des vestiges antiques.

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Appliquée à la jungle situé au nord du Guatemala, cette technologie révèle aujourd’hui les ruines de plus de 60 000 maisons, palaces, larges routes surélevées et autres constructions humaines qui s’étendent sur une surface de 2 100 kilomètres carrés. Un vaste réseau complexe de citées antiques interconnectées qui abritait autrefois une population bien plus élevées que ce que l’on pensait jusqu’à présent, une population faite de millions d’individus.

« Les images rapportées par le Li.D.A.R. montrent clairement que l’ensemble de la région était occupée par un réseau de constructions et par une population dont l’importance a été grandement sous-estimée. »

Thomas Garrison – Archéologue au Collège d’Ithaca et explorateur du National Geographic spécialisé dans l’emploi des technologies digitales appliquées à la recherche archéologique.

Thomas Garrison fait partie d’un consortium de chercheurs participant au projet chapeauté par la PACUNAM Foundation, une fondation sans but lucratif guatémaltèque qui favorise la recherche scientifique, le développement durable et la préservation de l’héritage culturel.

Le projet a permis de dresser une carte couvrant plus de 2100 kilomètres carrés à l’intérieur de la réserve de biosphère du Guatemala (région de Petén), produisant la plus large quantité d’informations archéologiques jamais extraite.

Au-delà des centaines de structures précédemment ignorées, le Li.D.A.R. à permis la découverte de larges routes connectant les centres urbains et les carrières, d’une irrigation complexe et d’un système de terrasses permettant de pratiquer l’agriculture intensive nécessaire à la sustentation des masses de travailleurs qui transformèrent profondément le paysage.

« Malgré le fait que les anciens habitants des lieux n’utilisaient ni la roue, ni des bêtes de somme, leur civilisation était littéralement capable de soulever des montagnes. »

Macello Canuto – Archéologiste de l’Université de Tulane et explorateur du National Geographic participant au projet.

« La théorie occidentale qui déclare qu’une civilisation ne peut se développer dans les tropiques, qu’elle s’y rend pour mourir, ne résiste pas à l’assaut des évidences fournies par le LI.D.A.R., que ce soit en Amérique Centrale ou à Angkor Wat. Nous devons maintenant considérer que des sociétés complexes ont pu se former dans les tropiques pour ensuite se répandre ailleurs ».

Macello Canuto.

***

UN RENDU SURPRENANT

« Le Li.D.A.R. révolutionne l’archéologie de la même manière que l’a fait le télescope Hubble pour l’astronomie. Il nous faudra des centaines d’années pour tout analyser et bien comprendre ce que nous voyons. »

Franscisco Estrada-Belli, archéologie de l’Université de Tulane et explorateur du National Geographic.

Révélant de surprenantes images de la distribution des habitations et des réseaux urbains couvrant le nord du Guatemala, le Li.D.A.R. permet d’évaluer l’espace occupé par cette civilisation à deux fois la taille de l’Angleterre à l’époque médiévale, tout en étant bien plus densément peuplé.

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« Alors que la plupart des scientifiques considèrent que la population de cette région devait être d’environ 5 millions d’individus, les nouvelles données nous permettent de penser qu’elle comportait entre 10 et 15 millions d’individus, vivant également dans des zones marécageuses que nous pensions inhabitables. »

Beaucoup des cités datant de l’époque pré-colombienne étaient connectées par des chaussées d’une largeur suffisante pour permettre un trafic intense, et suffisamment surélevées pour permettre de le pratiquer en toute saison. Dans une région où les précipitations sont trop fortes ou trop rares, ils avaient établis un système de récupération usant de canaux, de digues et de réservoirs.

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L’étude ayant permis ces découvertes n’est que la première phase d’un projet intitulé « PACUNAM LiDAR Initiative » qui durera trois ans.

Il devrait permettre de cartographier plus de 14.000 kilomètres carrés de basses terres guatémaltèques faisant partie d’établissements datant de l’ère pré-colombienne et s’étendant au nord vers le Golfe de Mexico.

Minos pour Réseauinternational.net

 Traduction partielle issue d’un article du National Géographic : https://news.nationalgeographic.com/2018/02/maya-laser-lidar-guatemala-pacunam/

Source des photos accompagnant le titre : https://news.nationalgeographic.com/2018/02/maya-laser-lidar-guatemala-pacunam/

samedi 6 janvier 2024

Il travaille sur les masques de la préhistoire et les animaux [Vidéo]

 

Jean-Luc Curutchet travaille sur les masques de la préhistoire et les animaux. Dans une vidéo postée sur Youtube, il présente son travail.

« Plus je travaille sur cette gravure plus il y des détails qui se font jour , par exemple au dessus de la main qui joue sur une sorte de pipeau il y a un petit animal. je ne le connais pas ( peut-être une chimère ) , de même le personnage de droite est difficile à décrypter pourtant il est là . Le bébé à droite a la démarche d’un enfant de son âge et son petit masque est tombé (en rouge).le personnage de gauche nous montre les détails de son masque qui semble avoir une partie amovible . En haut , il y a 3 animaux celui que j’ai colorié en rouge m’est inconnu sa patte gauche peut donner des indications (un canidé?) à sa droite une tête de léopard mais en dessous il y a un autre animal peut-être un glouton . Il reste beaucoup à faire .»

« The more I work on this engraving, the more details are emerging, for example above the hand that plays on a kind of piper there is a small animal. I do not know him (perhaps a chimera), so the character on the right is difficult to decipher yet he is there. The baby on the right has the gait of a child of his age and his little mask has fallen (in red). The character on the left shows us the details of his mask that seems to have a removable part. At the top there are 3 animals that I have colored in red is unknown to me his left paw can give indications (a canid?) to his right a leopard head but underneath there is another animal maybe a glutton. There is much more to be done.»

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

https://www.breizh-info.com/2018/06/03/96843/il-travaille-sur-les-masques-de-la-prehistoire-et-les-animaux-video/

dimanche 31 décembre 2023

Le fémur de la discorde. Toumaï est-il vraiment le 1er hominidé ?

 

Crâne Toumaï Fémur Brunet

C’est un débat d’ampleur mondiale qui est né récemment à Poitiers. Michel Brunet, qui a dirigé l’équipe ayant découvert le fossile du premier hominidé au Tchad en 2001, a-t-il sciemment mis de côté un fémur qui remettrait en cause le caractère bipède de Toumaï ? Le polémique enfle et ses explications évasives au micro de France Inter ne la calmeront certainement pas.

Avec ce fémur, Brunet est-il tombé sur un os ?

Le 22 et le 23 janvier, de manière quasi-simultanée, Nature puis Dans les pas des archéologues – le blog du journaliste du Monde Nicolas Constans – publient deux articles expliquant qu’un fémur découvert à proximité du crâne de Toumaï a été mis à l’écart et n’a pas été analysé par l’équipe de son découvreur, Michel Brunet.

Michel Brunet Toumaï Fémur
Michel Brunet

Dans ces deux enquêtes fouillées, la chronologie des événements est soigneusement retracée. En 2001, découverte du crâne de Toumaï. Dans les années qui suivent, succès mondial pour Michel Brunet et son équipe. En 2002, l’équipe de Brunet publie l’analyse des ossements retrouvés sur place au Tchad mais ne mentionne pas le fémur !
En 2004, une jeune étudiante travaille sur des ossements divers et variés retrouvés au Tchad. Voulant couper certains de ces ossements, elle contacte alors un spécialiste des ossements qui enseigne à l’université : Roberto Macchiarelli. Immédiatement, l’enseignant comprend qu’il est en face d’un fémur important. Plus question donc de le couper.

Entre 2004 et 2005, deux articles sont publiés sans faire mention de ce fémur même si, en 2005, dans un entretien accordé à Libération, il déclare : « Toumaï ne se déplaçait pas comme moi et il nous faudra décrire des os post-crâniens [de membres] pour prouver la bipédie, mais c’est prévu. Je serais surpris que l’on conclue qu’il n’est pas un bipède. »

Pendant ce temps, Roberto Macchiarelli et l’étudiante ayant découvert les os décrivent un climat pesant qui amène les deux chercheurs à prendre leurs distances avec cette affaire.

Les médias déterrent l’affaire Toumaï

En 2008, Alain Beauvilain – ancien membre de son équipe, licencié par Brunet, et en pleine guerre avec lui – évoque ce fémur, caché par Brunet.
En juillet 2009, Nicolas Constans – alors journaliste pour La Recherche – publie un article sur ce fémur : « Le crâne de Toumaï est considéré par de nombreux paléontologues comme celui plus ancien hominidé connu, Sahelanthropus tchadensis. La position du trou où s’encastrait sa colonne vertébrale indique qu’il était probablement bipède. Mais pour savoir comment il marchait, il faudrait un os de sa jambe. Malheureusement, aucun n’a été trouvé sur le site, comme le précisait en 2002 le CNRS. Or, une photographie du jour de la découverte vient d’être publiée ». Cette fameuse photographie montre clairement qu’un fémur a été découvert lors des fouilles. A l’époque, Michel Brunet – pourtant interrogé par Constans – refuse de confirmer ou d’infirmer cette information.

Une attitude étrange qui attire l’attention de la communauté scientifique internationale. Ainsi, John Hawks, publiait un article sur le sujet en juillet 2009.

Brunet, incapable de convaincre sur le fémur de Toumaï ?

En 2017, lors d’une conférence scientifique à Poitiers, Roberto Macchiarelli décide de prendre la parole publiquement et d’exiger la publication du fémur.
« Bien sûr que j’ai du ressentiment vis-à-vis de certains, mais j’ai tout de même réussi à mener ma carrière scientifique, raconte Roberto Macchiarelli selon Nicolas Constans. Aujourd’hui, j’ai 63 ans, je n’ai plus rien à prouver, et je suis simplement en colère qu’un fossile aussi important pour l’histoire de l’humanité reste dans un tiroir, suscitant les rumeurs et les fausses informations »

Le débat contradictoire avec Brunet demandé par Macchiarelli est refusé par la Société d’anthropologie de Paris mais – selon 7 à Poitiers – Brunet jure à Sciences et Avenir qu’il va « publier les résultats de l’étude sur le fémur dans les meilleurs délais » tout en déclarant au média local poitevin que la pièce est « trop fragmentaire » pour en tirer des conclusions et que, de toute manière, « il n’existe pas de connexion anatomique entre ce fémur et Toumaï, ce qui reste un préalable en paléoanthropologie. »

Même réponse sur France Inter le 2 février dernier où Michel Brunet s’exprimait, le fémur original à la main.

Cette absence de liaison physique entre le fémur et Toumaï lors de la découverte de ce qui reste le premier hominidé au monde risque de faire taire toute polémique. En effet, même si le fémur révélait que son propriétaire était quadrupède et pas bipède, le fait qu’il ne puisse pas formellement être relié à Tumaï protégerait de toutes critiques Michel Brunet.

Reste que son incapacité à expliquer la non-publication du fémur pendant de nombreuses années alors qu’il s’agissait d’une pièce fondamentale pour un paléoanthropologue est troublante. Dans cet entretien à France Inter, Brunet est resté largement évasif et n’a finalement pas répondu à beaucoup de questions sur le fond.
Ceux qui doutent de sa sincérité ne risquent donc pas de changer d’avis de sitôt.

Crédits photos : Didier Descouens [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons / Ludovic Péron [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

https://www.breizh-info.com/2018/02/07/88614/femur-toumai-hominide-michel-brunet/

Petite histoire de la découverte des fossiles, la paléontologie

 

Petite histoire de la découverte des fossiles, la paléontologie

L'origine des fossiles a longtemps été un sujet d'interrogation qui n'a été résolu que vers le milieu du XVIIe siècles.

Voltaire préférait croire que les coquilles fossiles trouvées dans les Pyrénées avaient été perdues par les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle ; la tradition voulant que tout pèlerin porte sur son chapeau une coquille saint Jacques comme signe distinctif. Il refusait d’admettre que ces coquillages avaient vécu dans les mers occupant autrefois cette région.

Pourtant, la science de son temps n'en était plus là depuis longtemps!

Xanthus (environ 500 ans av. J.C.), rapporté par Strabon, était déjà persuadé que l’endroit fort éloigné de mers où il avait trouvé des différents coquillages pétrifiés avait été autrefois une mer. Un peu plus tard, le philosophe grec Empédocle (vers 490 – vers 435), ayant trouvé en Sicile des os d’hippopotame fossilisés, considérait qu’il s’agissait de restes de géants disparus.

Albert le Grand (vers 1193 – 1280), théologien Dominicain et enseignant à l’Université de Paris, y enseigne le déplacement des mers et l’origine naturelle des fossiles. Il affirme que des restes de plantes ou d’animaux peuvent être pétrifiés sous l’action d’agents chimiques.

Le prêtre et philosophe, Jean Buridan (vers 1295 – vers 1358), professe à la faculté des arts de Paris des idées d’une surprenante audace. Pour lui, la Terre solide est dissymétrique : l’hémisphère terrestre est peu à peu érodé, donc allégé ; pour rétablir l’équilibre, ce côté de la Terre se soulève tandis que l’autre hémisphère, océanique, alourdi de sédiments s’enfonce par rapport à la Terre immuable des eaux ; de plus, sur une très longue durée, la mer et la Terre se déplacent avec une grande lenteur autour du globe. Les idées de Jean Buridan se retrouveront dans les théories actuelles de la tectonique des plaques et de la dérive des continents. Dans les universités sous tutelle de l'Eglise catholique, on y parle ni du Déluge ni des temps bibliques !

Parler de l’obscurantisme du Moyen-âge est peu fondé. L’enseignement de Jean Buridan sera repris par le mathématicien et géologue allemand Albert de Saxe (1316 – 1390) qui proposa une conception de la Terre qui conduisit à celle des géosynclinaux (Vaste dépression en bordure de mer où se déposent des sédiments et qu'un mouvement terrestre plissera pour former une chaîne de montagne).

De 1350 à 1480, les connaissances sur ce sujet stagnent. Les thèses liées au Déluge ou à la génération spontanée tentent d’expliquer l’origine des fossiles. Elles sont couramment admises. Ainsi va la science, d'avancées en reculs !

Il est historiquement erroné de croire que l’Eglise catholique interdisait de voir dans les fossiles des anciens êtres marins, ou qu’elle imposait leur explication par le déluge. L’enseignement de Jean Buridan, avec ses thèses audacieuses pour l’époque, au sein même de l’université de Paris est là pour le démontrer.

Leonard de Vinci (1452 – 1519), reprenant les idées de Jean Buridan au travers d’Albert de Saxe, affirme que les coquilles fossilisées vivaient dans un lieu que la mer occupait autrefois. Il réfute les croyances de son temps avec ironie.

Bernard Palissy (1510 – 1590), simple potier ne savant ni le grec ni le latin, réfuta le rôle géologique du Déluge au point de refuser de croire à tout ancien séjour des mers sur nos terres. Toutefois, il reconnaît dans les collections de fossiles qui se constituent des formes tropicales et d’autres qui ont disparu.

Cette époque de la Renaissance italienne n’amena rien de nouveau depuis les thèses de Jean Buridan. Elle se contenta de réaliser des collections et de publier de magnifiques livres sans grandes valeurs scientifiques.

Le XVIIe siècle voit apparaître de nouvelles cosmogonies. Celle de René Descartes (1596 – 1650), publiée en 1644 dans ses Principia philosophiae, décrit avec audace la genèse de la Terre : au cours de celle-ci, des couches successives se constituent ; la croûte terrestre est séparée des autres couches par de l’air et de l’eau ; logiquement cela conduit à une effondrement généralisé qui explique la formation de la croûte terrestre actuelle avec ses mers et ses montagnes inclinées. Descartes est loin des hypothèses de Jean Buridan qui voyait une évolution continue de la croûte terrestre et une dérive des continents ! Pour lui, la configuration actuelle de la Terre est née des hasards d’une catastrophe. Toutefois, il émettra l’hypothèse nouvelle que la Terre est un ancien astre éteint qui possède un noyau en matière de feu sans action sur les couches externes. Ces travaux sont loin de suivre sa célèbre méthode !

Le Mundus subterraneus, paru en 1665, du père jésuite Athanasius Kircher (1602 – 1680), propose une autre théorie de la formation de la Terre : le feu central de la Terre communique au travers de poches aux volcans ; des réservoirs d’eau profonde sont reliés par des canaux qui relient certaines mers entre elles et alimentent en eau dessalée les sources des montagnes.

Cette très vieille théorie datant des grecs fut remise en cause en 1674 par Pierre Perrault (1611 – 1680). Il démontra que les eaux de pluie étaient suffisantes pour expliquer les sources.

Le XVIIe siècle verra des avancées importante dans l’étude de la Terre avec le danois Nicolas Stenom (1638 – 1687), le père de la stratigraphie, et l’anglais Robert Hooke (1635 – 1703), créateur de l’anatomie comparée des végétaux fossiles ou vivants. De son côté, Wilhelm Gottfried Leibniz (1646 – 1716) écrit dans son livre « Protogée » : « Dans des temps très reculés, les mers qui nous avoisinent ont eu des animaux et des coquillages qu’on n’y trouve plus aujourd’hui [...] Dans les grands changement que le globe a subis, un grand nombre de formes animales ont été transformées. »

Malgré les avancées de la science, Voltaire préfère se ranger du côté des obscurantistes qui voient dans les fossiles de simples jeux de la nature et qui y trouvent des vertus cachées : les « archées » (nom donné par les alchimistes au feu de la terre) et les « raisons séminales » qui offrent une explication à la génération spontanée. Malgré les progrès de la science, se basant sur des raisonnements de la « saine physique », il croira jusqu’à sa mort que les fossiles du Mont Cenis tombèrent du manteau de pèlerins de Syrie et que les poissons pétrifiés sont les restes de leur repas.

Pourtant, soucieux de baser la connaissance scientifique sur des faits d’expérience, un de ses contemporains, Georges Louis Leclerc comte de Buffon (1707 – 1788) dissipa par ses travaux toutes les obscurités sur ce sujet. Dans son livre « Histoire et théorie de la Terre », paru en 1749, il affirme l’origine animale ou végétale des fossiles et l’origine végétale du charbon de terre. Il essaya de dater l’origine de la terre. Il émis l’hypothèse de l’action physico-chimique de l’eau. Ainsi, dès 1749, il attribut à l’eau la formation de tout le relief terrestre : le relief original, une fois le globe terrestre solidifié, a été dissous par l’eau. Celle-ci a nourri les animaux à coquille, puis transporté et déposant leurs débris et les produits de l’érosion. Il émis l’hypothèse que « Il y a eu des espèces perdues, c’est-à-dire des animaux qui ont autrefois existés et qui n’existent plus ».

Georges Louis Leclerc comte de Buffon n’était pas un savant méconnu à l’époque où Voltaire vivait (Voltaire est mort en 1778) : dès 1734 il rentre à l’Académie des sciences ; en 1753 il est membre de l’Académie française (où il a certainement croisé Voltaire !!) et de toutes les académies européennes.

En plein siècle des Lumières, le citoyen François Marie Arouet dit Voltaire était dans le camp des obscurantistes. Il collabora pourtant à la rédaction de l’Encyclopédie « Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers » de D’Alembert et Diderot !

http://histoirerevisitee.over-blog.com/voltaire-esprit-nouveau-ou-obscurantiste

mardi 26 décembre 2023

Amnya, la plus ancienne forteresse du monde

 

Au cœur de la taïga sibérienne, au-delà des montagnes de l’Oural, les archéologues se penchent sur les secrets de la très ancienne forteresse d’Amnya. En effet, les origines de ce site pourraient peut-être changer notre conception et notre vision de la société humaine préhistorique et le modèle du chasseur-cueilleur.

Fouillé depuis 1987, le site d’Amnya est reconnu par les scientifiques comme la forteresse préhistorique la plus septentrionale du continent eurasien découverte à ce jour. Cependant, l’existence d’une telle structure dans cette zone géographique n’est pas inhabituelle. En effet, selon la revue Antiquity« il existe une longue histoire de fortifications de chasseurs-cueilleurs en Sibérie occidentale, qui s'étend de l'âge de pierre jusqu'à la conquête russe de la région aux XVIe et XVIIe siècles ».

Suites aux études faites sur le site d’Amnya, les archéologues découvrirent de nombreux restes et traces de palissades, de fossés et de maisons pouvant s’étendre sur une longueur de 13 à 41 mètres. Les scientifiques ont aussi retrouvé les restes de 45 poteries, de nombreux ustensiles en silex et en quartz ainsi que des armes et des pointes de flèches faites en ardoise. Ce territoire hostile à l’homme offrait aussi de nombreuses ressources pour les individus vivant ici. Les chercheurs ont pu déterrer ainsi les restes de plusieurs animaux. Parmi ceux-ci, des os de wapitis (cervidé), de rennes et de castors dont on peut penser qu’ils constituaient, avec les poissons pêchés dans une rivière proche, la base de l’alimentation des sociétés préhistoriques de la Sibérie.

Jusqu’ici, tout semble ne soulever ni interrogation ni stupéfaction ni constituer de découverte incroyable pour le monde archéologique. Cependant, jusqu’à de récentes études, le site avait été associé à une période chronologique remontant à quelques millénaires. Néanmoins les nouvelles découvertes archéologiques viennent remettre en cause cette idée. En effet, les fondations les plus anciennes du site révèlent en vérité que ce dernier aurait été habité il y a environ 8.000 ans.

Cet état de fait qualifierait ainsi la forteresse d’Amnya de plus ancien site d’habitation fortifiée au monde et bouleverserait notre conception de la société du chasseurs-cueilleur. En effet, le nomadisme de ces anciennes communautés empêchait les scientifiques d'imaginer l’existence d’un site aussi complexe à une telle datation pour ce type de société. La découverte d’armes s’ajoutant à la présence de palissades et de traces d’incendies sur les restes de bâtiments retrouvés prouve aussi l’existence de conflits entre les communautés résidant autrefois sur ce territoire.

Ce type de forteresse, érigé pour de telles raisons défensives, était souvent associé à l’émergence de l’agriculture au Proche Orient puis en Europe. Cette situation fait alors de la société préhistorique sibérienne un cas unique. Ainsi, selon la revue Antiquity« Amnya […] témoigne d’un parcours autochtone sans précédent vers une différenciation sociopolitique dans une partie inattendue du monde. […] Amnya marque le début d’un phénomène unique et à long terme de sites défensifs de chasseurs-cueilleurs dans le nord de l’Eurasie, une tradition presque ininterrompue qui s’est poursuivie pendant près de huit millénaires jusqu’au début de la période moderne. » Le monde de la préhistoire semble ne pas avoir encore dévoilé tous ses mystères.

Eric de Mascureau

https://www.bvoltaire.fr/amnya-la-plus-ancienne-forteresse-du-monde/