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jeudi 5 décembre 2024

Les mythes et les vérités sur Srebrenica 2/2

 

Les mythes et les vérités sur Srebrenica

Que s’est-il réellement passé et pourquoi à Srebrenica et dans ses environs ?

Par Vladislav B. SOTIROVIC

Dans cette petite ville de Bosnie orientale, avant le début des conflits armés au printemps 1992, ne vivaient pas plus de 10 000 habitants. La ville a attiré l’attention de la communauté internationale lorsque jusqu’à 70 000 réfugiés musulmans (selon les Nations unies) des environs de Srebrenica se sont réfugiés dans la ville en raison des opérations de guerre entre l’armée serbe de la Republika Srpska (Vojska Republike Srpske – VRS) et l’armée musulmane de Bosnie-Herzégovine. Il est indiscutable qu’une situation humanitaire difficile prévalait dans la ville de Srebrenica en raison du manque de denrées alimentaires de base, de logements, mais aussi de la terreur semée par les formations militaires et paramilitaires musulmanes sous le commandement de Naser Oric. Les forces armées musulmanes ont commis des crimes aussi bien contre les Serbes locaux que contre les musulmans locaux (depuis septembre 1993, les Bosniaques), qu’ils soient natifs ou réfugiés nouvellement arrivés.

On dispose de déclarations, par exemple de deux jeunes filles musulmanes mineures (des villages de Glogova et de Pobudje), qui ont réussi à s’échapper de Srebrenica en traversant les champs de mines pour se rendre dans les territoires environnants sous contrôle serbe, concernant le harcèlement par des soldats musulmans sous le commandement de Naser Oric. Selon leurs déclarations, elles ont été soumises quotidiennement à des viols et à d’autres formes d’abus physiques et mentaux, si bien que l’une d’entre elles était au neuvième mois de grossesse lorsqu’elle a réussi à atteindre le territoire sous contrôle de la VRS où elle (comme son amie) a reçu tous les soins nécessaires au centre de réfugiés de Bratunac. Les deux filles ont donné beaucoup d’informations sur les victimes de viols par les soldats de Naser Oric (officiellement membres de l’armée de Bosnie-Herzégovine) à Srebrenica. Leurs témoignages ont été enregistrés sur des cassettes VHS qui se trouvent dans les archives du Comité de collecte des données sur les crimes, à Belgrade, sous le numéro 158/94. De nombreux observateurs internationaux ont qualifié la prétendue « zone protégée » de Srebrenica de « cachot ouvert » ou de « mauvais camp de réfugiés », sans médecins, eau ni électricité en suffisance.

Il est difficile de dire exactement combien de réfugiés il y avait à Srebrenica avant sa chute (libération) – la partie serbe a affirmé qu’ils étaient environ 40 000. Le fait est qu’il ne pouvait pas y avoir 70 000 réfugiés musulmans dans cette ville, car avant 1992, selon le dernier recensement d’avant-guerre dans toute l’ex-Yougoslavie, la municipalité de Srebrenica comptait environ 27 000 personnes, et la municipalité voisine de Bratunac environ 22 000 musulmans (aujourd’hui Bosniaques). Si l’on tient compte des faits indiscutables suivants : les musulmans des environs ont fui dans toutes les directions, et pas seulement vers Srebrenica, la région autour de Srebrenica était majoritairement peuplée de Serbes, les habitants de Srebrenica ont également fui leur ville, et la population des autres municipalités n’a pas fui vers Srebrenica, il est logique de conclure que ce nombre de réfugiés à Srebrenica (70 000 personnes) était un chiffre grossi à plusieurs reprises afin de montrer aux médias étrangers la souffrance de la population (qui était indéniablement grande), ce qui a été le cas, par exemple, lors de la visite à Srebrenica du général français Philippe Morillon – commandant de la FORPRONU en Bosnie-Herzégovine en 1992 et 1993.

D’ailleurs, après avoir visité Srebrenica, le général Ph. Morillon a lui-même déclaré qu’il n’y avait pas eu de massacres de masse par les Serbes dans la ville, niant les rapports des médias bosniaques et occidentaux sur la faim et la violence (rappelons que Ph. Morillon a été détenu par des musulmans pendant dix jours dans la ville)1.

L’essence de l’euro-phénomène de Srebrenica, c’est-à-dire, « l’Argentine bosniaque », commence au printemps 1993 lorsque, selon Alija Izetbegovic, président de la Bosnie-Herzégovine pendant la guerre, le gouvernement (musulman) de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo a réussi « à la dernière minute » à obtenir le statut de « zones protégées » pour Srebrenica et Zhepa, mais aussi immédiatement « après, l’armée [de Bosnie-Herzégovine] a fait tout son possible pour y envoyer des armes [à Srebrenica] ». En tout, selon les déclarations fiables, « un total de quatre-vingts hélicoptères [avec des armes] ont été envoyés à Srebrenica »2.

Ce qui pique les yeux de tout observateur neutre, c’est le fait que la prétendue « zone protégée » de Srebrenica était censée être une zone sans guerre, c’est-à-dire, traduit dans la langue locale des habitants de la « zone protégée » – bezratna teritorija (territoire sans guerre). Cela implique, en termes spatiaux, la double obligation des parties belligérantes :

  1. Ceux qui se trouvent dans les environs de Srebrenica (armée de la Republika Srpska) n’utiliseront pas leurs armes contre ceux qui se trouvent dans la « zone » ; de même,
  2. Ceux qui sont dans la « zone » (de facto les soldats de Naser Oric) n’utiliseront pas leurs armes contre ceux qui sont à proximité de la « zone ».

En clair, un cessez-le-feu bilatéral. De plus, le général Ratko Mladic (commandant de la VRS)3 et Safer Halilovic, au nom de l’armée de Bosnie-Herzégovine, ont signé le 17 avril 1993 un accord en onze points qui comprenait 1) un cessez-le-feu et l’arrêt de toutes les opérations de combat dans la région de Srebrenica ; 2) le déploiement d’un détachement de la FORPRONU dans la ville ; 3) l’ouverture du couloir aérien Tuzla-Srebrenica (pour l’évacuation des blessés et des malades) ; et 4) un accord sur la démilitarisation de toute la « zone » (c’est-à-dire de toutes les formations armées à l’intérieur et autour de la ville de Srebrenica). Le même jour, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 819, qui obligeait la VRS à cesser les hostilités et à se retirer de la « zone protégée » désormais sous le contrôle de la FORPRONU. La partie serbe a respecté à la fois l’accord avec S. Halilovic et la résolution 819 du Conseil de sécurité des Nations Unies. En conséquence, les « casques bleus » canadiens sont rapidement entrés dans la ville de Srebrenica.

Après la résolution 819 du Conseil de sécurité des Nations Unies

Après la résolution 819 du Conseil de sécurité de l’ONU, le commandement suprême militaire serbe de Bosnie-Herzégovine a définitivement abandonné l’idée d’entrer (libérer) dans la ville de Srebrenica et de confronter directement les criminels de guerre musulmans sous le commandement de Naser Oric. Dans le même temps, il a accepté l’évacuation des civils de la ville et a fourni une aide humanitaire à Srebrenica, mais a demandé en retour la coopération de la FORPRONU pour l’évacuation de 15 000 Serbes de la ville de Tuzla, contrôlée par les musulmans, qui ont subi les tortures insupportables des formations paramilitaires musulmanes locales et mouraient de faim. À la suite de toutes ces discussions et négociations, environ 5 000 Bosniaques ont été évacués de Srebrenica par des véhicules de l’ONU, mais seuls 80 Serbes ont quitté Tuzla. Le général Ratko Mladic lui-même a déclaré plus tard que « la FORPRONU a tout fait pour protéger la population musulmane et lui apporter un soutien complet. Mais ils n’ont rien fait pour faire sortir les Serbes de Tuzla, comme ils s’y étaient engagés »4 En fin de compte, il s’est avéré que les autorités bosniaques de Tuzla (tant légales qu’illégales) ont systématiquement empêché la sortie des citoyens serbes de la ville de Tuzla (en serbe Soli, en anglais salt), expliquant que leur évacuation de la ville pourrait être interprétée à tort dans les médias mondiaux comme un nettoyage ethnique.

Ce qui s’est passé après la proclamation de Srebrenica comme « zone protégée » est connu de tous ceux qui ont suivi le procès à La Haye contre Naser Oric (né le 3 mars 1967 à Potocari), ancien membre professionnel de l’armée populaire yougoslave (Jugoslovenska narodna armija – JNA), policier formé à Zemun et à Belgrade (toutes deux en Serbie), un policier qui a servi au Kosovo, membre de la sécurité personnelle du président serbe Slobodan Milosevic, et un homme qui a participé à l’arrestation du chef de l’opposition serbe Vuk Draskovic après les manifestations de masse à Belgrade le 9 mars 1991 – le « boucher de Srebrenica ». Néanmoins, la série d’excursions sanglantes de ses soldats de la « zone protégée » de Srebrenica vers les villages serbes environnants (Kravica, Siljkovici, Bjelovac, Fakovici et Sikiric) a laissé une marque indélébile dans la guerre civile en Bosnie-Herzégovine de 1992 à 1995.

Il ne faut pas oublier que les « casques bleus » néerlandais, après on ne sait combien d’avertissements adressés aux soldats de Naser Oric pour qu’ils cessent de tirer depuis la ville et n’attaquent pas les villages serbes autour de Srebrenica, ont finalement permis au général Ratko Mladic d’entrer dans la ville avec le soutien direct et l’approbation tacite du pacte de l’OTAN, et selon le témoignage du commandant des forces de police de Srebrenica de l’époque, un Bosniaque musulman, Hakija Meholjic, dans le cadre de la stratégie Izetbegovic-Clinton (à partir de 1993) visant à tuer (en fait, à massacrer à l’arme blanche) environ 5 000 musulmans afin que l’alliance de l’OTAN ait un alibi pour une intervention militaire directe dans la guerre civile en Bosnie-Herzégovine contre les Serbes.5 En d’autres termes, il est clair pour quiconque a suivi jusqu’à présent les procès de La Haye concernant Srebrenica que les forces de maintien de la paix néerlandaises ont simplement permis à l’armée de la Republika Srpska d’entrer dans Srebrenica, plutôt que de fuir devant son offensive (ce qui ne se serait pas produit sans le feu vert des « casques bleus » et de l’OTAN)6. Il convient de rappeler qu’un gouvernement néerlandais est déjà tombé à cause de cette autorisation, et qu’un grand nombre de membres néerlandais de la FORPRONU ont témoigné à La Haye en faveur de Ratko Mladic et de la VRS.

Au sujet de l’entrée rapide de l’unité Serb Drina Bosnie-Herzégovine à Potocari le matin du 12 juillet 1995, remplie de réfugiés musulmans de Srebrenica qui ont essayé d’être hébergés par les forces de maintien de la paix néerlandaises, nous avons le témoignage d’un journaliste qui a écrit :

Les soldats serbes ont commencé à arriver sur le terrain vers midi, juste cinq ou six au début, puis des dizaines d’autres. Il s’agissait pour la plupart d’hommes bien rasés, d’âge moyen ou plus jeunes. Ils portaient des uniformes de l’armée et de la police. Les troupes néerlandaises ont formé un cordon autour des musulmans, mais après que les soldats serbes aient menacé d’utiliser la force, les portes de la base de l’ONU ont été ouvertes et les troupes néerlandaises ont permis aux Serbes de prendre leurs armes et de se déplacer librement. … Les femmes ont pleuré. Des soldats ivres de liqueur de prune éructaient des chansons aux paroles grossières. Ils ont tiré des balles en l’air et ont commencé à emmener les hommes7.

Les témoignages ci-dessus montrent clairement que les soldats néerlandais qui devaient protéger les réfugiés musulmans de Srebrenica ont en fait travaillé aux côtés de l’armée du général Ratko Mladic8. En quittant la base de l’ONU de Potocari, les soldats néerlandais de la paix ont reçu des cadeaux du général Ratko Mladic et ont dansé et chanté avec les soldats serbes, comme l’ont montré les caméras.

C’est là que nous entrons dans le vif du sujet. L’ONU avait conçu la région de Srebrenica comme une « zone sûre » en avril 1993, ce qui signifiait que sa population civile devait être ostensiblement protégée par la présence d’un contingent de troupes de l’ONU – dans le cas de juillet 1995, des Pays-Bas, le « Dutchbat » ou bataillon néerlandais, de seulement 570 soldats légèrement armés sous le drapeau de la FORPRONU (la force de protection de l’ONU). Toutefois, la principale garantie de l’inviolabilité de la « zone sûre » de Srebrenica était, en fait, l’OTAN et non le bataillon néerlandais. La possibilité réelle et la menace de la prise de Srebrenica par la VRS étaient dans l’air un an avant juillet 1995 et il était clair que 570 soldats néerlandais légèrement armés ne seraient pas en mesure de protéger la ville sans l’aide directe de l’OTAN, ce qui ne s’est pas produit en réalité, l’OTAN n’ayant tout simplement rien fait pour empêcher l’armée serbe de Bosnie-Herzégovine de prendre la ville. L’incapacité des troupes de l’ONU à tenir tête à l’armée serbe de Bosnie-Herzégovine, étant donné l’absence de tout soutien aérien de l’OTAN ou de renfort sérieux, était manifeste sur le terrain. Plusieurs jours avant le 11 juillet 1995, l’ONU et l’OTAN savaient ce qui allait bientôt se passer, mais toutes deux n’ont tout simplement rien fait. En fait, les troupes néerlandaises ont fait preuve d’une indifférence et d’un manque de courage remarquables face aux premières incursions de l’unité Drina de l’armée de la Republika Srpska9.

Une haute cour des Pays-Bas a jugé en septembre 2013 que les troupes néerlandaises et le gouvernement néerlandais ont été légalement responsables d’avoir livré les réfugiés musulmans aux Serbes de Bosnie-Herzégovine et ont été responsables de leur mort.8 Un mois plus tard, au Conseil de sécurité, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Madeline Albright, faucon de Clinton, a annoncé le massacre présumé des musulmans de Srebrenica en brandissant des photographies de prétendues fosses communes prises par des satellites de renseignement américains et en appelant en même temps à une intervention de l’ONU contre les Serbes de Bosnie-Herzégovine.

Il ne fait aucun doute que le « cas de Srebrenica » a constitué un tournant dans la volonté des États-Unis et de l’OTAN d’intervenir dans la guerre civile en Bosnie-Herzégovine, après trois ans de préparatifs diplomatiques et autres, et a en même temps envoyé un message clair à l’UE, qui s’est montrée incompétente dans la résolution des conflits sur le Vieux Continent. La même chose va se répéter en 1999 pendant la guerre du Kosovo, lorsque le « cas Rachak » a joué le rôle de Srebrenica pour le Kosovo. Cependant, ceux qui ont menti à propos de Rachak ont fait de même avec Srebrenica.

Néanmoins, le TPIY et la CPI ont jugé qu’un massacre avait eu lieu à Srebrenica et qu’il devait être qualifié de génocide pour la raison que les Serbes de Bosnie-Herzégovine auraient tenté d’éliminer la population musulmane de Srebrenica en en chassant et en tuant une partie importante10. La hiérarchie militaire des Serbes de Bosnie-Herzégovine étant directement impliquée dans la chaîne d’événements qui a conduit au prétendu génocide, et Slobodan Milosevic et Radovan Karadzic étant apparemment au courant des meurtres, les tribunaux ont toutefois conclu que Srebrenica constituait le meurtre délibéré d’un groupe désigné de Musulmans de Bosnie-Herzégovine, donc un génocide, et non un massacre aléatoire11. Néanmoins, selon cette définition et cette compréhension du génocide, par exemple, tous les présidents américains depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui sont des criminels de guerre.

Journée de deuil européen

Enfin, nous proposons au « Parlement européen », sur la base des documents d’archives pertinents (nationaux et étrangers) et des témoignages des participants aux événements, qu’en plus du 11 juillet (1995), le 21 octobre (1941) soit déclaré « Jour de deuil général européen » lorsque les Euro-Allemands ont abattu 2 300 citoyens masculins (âgés de 16 à 66 ans) de la ville de Kragujevac (Serbie centrale) dans la forêt voisine de Shumarice (dont 300 étudiants mineurs du Gymnase de Kragujevac) – soit autant que les membres de la VRS qui ont abattu en 1995 des hommes en âge de combattre (c’est-à-dire des tueurs de guerriers potentiels) et résidant à Srebrenica (âgés de 16 à 66 ans).

Nous expliquons notre proposition par quatre raisons :

  • Les deux crimes ont eu lieu au même siècle et dans la même zone ethnolinguistique.
  • Dans les deux cas, des civils masculins en « âge de conscription » ont été fusillés.
  • Le nombre d’exécutés était égal des deux côtés.
  • Les deux pays (Bosnie-Herzégovine et Serbie) ont officiellement présenté des demandes d’adhésion à l’Union européenne.

Toutefois, un élément déterminant pour comparer ces deux cas est que l’« Europe » surpasse nettement les « Balkans » : en 1941, les Euro-Allemands ont abattu 100 civils serbes pour un Euro-Allemand tué et ont blessé 50 serbes pour un blessé allemand ; en 1995, les « Serbes des Balkans » ont abattu « seulement » un Bosniaque pour un Serbe tué, le nombre de Serbes blessés n’étant pas pris en compte12.

Nous sommes également libres de proposer aux autorités de la ville de Sarajevo de renommer la place principale de la ville en « Place du Général Ratko Mladic » sur laquelle se dresserait un monument au Général nouvellement érigé en taille réelle avec une inscription sur une plaque dorée :

Merci, O vous Serbes de Bosnie de confession mahométane, de ne pas avoir tué 62 000 de nos femmes, enfants et vieillards à Srebrenica en juillet 1995, alors que vous auriez pu.

Le Dieu arabe ne nous a pas aidés, mais vous oui parce que nous avons les mêmes racines, le même sang et la même langue13.

Vladislav B. SOTIROVIC

Source Oriental Review

Traduit par Zineb pour le Saker Francophone

via:https://lesakerfrancophone.fr/

  1. Voir le documentaire britannique (BBC) « Death of Yugoslavia », une partie sur les zones protégées 
  2. Alija Izetbegović, Govori, pisma, intervjui ’95, Sarajevo : TKP « Šahinpašić », 1996, pages 86-87
  3. Il est né en 1942 (ou en 1943) dans le village de Bozhanovici près de Kalinovik en Herzégovine orientale. Son père a été tué dans les rangs des Partisans de Josip Broz Tito lors de l’attaque du village où est né le leader oustachi Ante Pavelic, défendu par les oustachis croatobosniaques, c’est-à-dire avant que le général Ratko Mladic n’ait deux ans. Néanmoins, cet épisode de la Seconde Guerre mondiale est celui qui parle le mieux du caractère et du rôle des Serbes de l’État indépendant (génocidaire) de Croatie d’Ante Pavelic : certains Serbes qui ont survécu aux massacres perpétrés par les Croates oustachis et les Bosniaques et qui ont rejoint les Partisans dirigés par les communistes ont été envoyés pour attaquer des positions bien établies de détachements oustachis, simplement pour y être tués. Le général Dragoljub Drazha Mihailovic avait entièrement raison lorsqu’il a dit que pendant la guerre, les communistes titoïstes étaient en Serbie en alliance avec les Allemands (par exemple, 400 criminels communistes ont été libérés des prisons allemandes et envoyés en Serbie en 1941), au Monténégro (Crna Gora) avec les Verts séparatistes monténégrins, dans l’État indépendant d’A. Pavelic en alliance avec les Oustachis, et que les communistes donneront le Kosovo-Métochie aux Albanais afin de les attirer dans leur camp contre les Serbes et la Serbie, ce qui s’est finalement produit (Архив Југославије, Београд, 103-61 ; Војни Архив, Београд, « Четничка архива », 56-3/30)
  4. Јањић Ј., Српски генерал Ратко Младић, Нови Сад: Матица српска, 1996, page 111
  5. Wikipédia,  » Masakr u Srebrenici  » ; film documentaire norvégien Town Betrayed, Чедомир Антић, Српска историја, quatrième édition, Београд : Vukotić Media, 2019, page 315. En outre, voir un documentaire britannique (BBC Four) intitulé A Cry from the Grave. Dans ce film, avant que la VRS n’entre à Srebrenica, le général Ratko Mladic a demandé au maire de Srebrenica, lors d’une réunion en présence de « casques bleus » néerlandais, une seule chose – désarmer Srebrenica et remettre les armes à la VRS, auquel cas tous ceux qui étaient à Srebrenica avaient le droit de la quitter avec un message aux Bosniaques de Srebrenica : « Allah ne peut pas vous aider, mais le général Mladic le peut ! ». Le plus gros des prétendues « victimes de Srebrenica » étaient, en fait, les soldats de Naser Oric qui ont essayé de passer de Srebrenica à Tuzla à n’importe quel prix avec des armes et sont morts pendant cette percée, sacrifiant ainsi des Bosniaques innocents à Srebrenica pour leur salut et pour échapper à la punition et à la vengeance légitimes des Serbes. En fait, quelques jours avant l’entrée de la VRS à Srebrenica, Naser Orić a été délibérément invité à Sarajevo pour des entretiens avec Alija Izetbegović, où il a été détenu afin qu’il ne participe pas à la défense de Srebrenica. Par conséquent, la ville n’a pas été défendue du tout car, selon l’accord Clinton-Izetbegovic, ce n’était pas nécessaire. Bien entendu, Naser Oric a été appelé à se rendre à Sarajevo pour la raison personnelle cruciale qu’il ne serait pas arrêté par les autorités serbes et liquidé pour les crimes commis contre les civils serbes dans les environs de Srebrenica. D’ailleurs, ce plan Izetbegovic-Clinton pour Srebrenica était conçu à l’avance pour assurer un succès politique, car la VRS n’avait pas d’autre choix que d’entrer dans Srebrenica, et le nombre présumé de Bosniaques tués après cela dépendait exclusivement du marketing politique de Washington lançant un chiffre « officiel » de 8 000 pour les médias et les politiciens occidentaux, basé sur une source « pertinente » en la personne d’Alija Izetbegović (qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, a servi dans la « Division SS Hanjar » musulmane bosniaque créée par Heinrich Himmler)
  6. Au début de l’offensive de la VRS sur Srebrenica, les « casques bleus » néerlandais ont formellement exigé que l’alliance de l’OTAN bombarde la VRS afin d’empêcher l’offensive et l’entrée de l’armée serbe à Srebrenica. Cependant, un message est arrivé de la base de l’OTAN à Aviano (Italie) indiquant que leurs avions ne pouvaient pas intervenir en raison de mauvaises conditions météorologiques, ce qui était un mensonge notoire, étant donné que le 11 juillet 1995 était une journée d’été typique avec un ciel limpide. Sur la politisation du « massacre de Srebrenica », voir dans « Edward S. Herman (ed.), The Srebrenica Massacre : Evidence, Context, Politics »
  7. Chunk Sudetic, Blood and Vengeance : One Family’s Story of a War in Bosnia, New York : W. W. Norton, 1998, pages 292-293
  8. « Dutch Peacekeepers are Found Responsible for Deaths », The New York Times, 6 septembre 2013
  9. Norman M. Naimark, Fires of Hatred : Ethnic Cleansing in Twentieth-Century Europe, Cambridge, MA : Harvard University Press, 2001, pages 164-165
  10. Norman M. Naimark, « Srebrenica in the History of Genocide: A Prologue », Nanci Adler, Selma Leydesdorff, et al. (eds.), Memories of Mass Repression : Narrating Life Stories in the Aftermath of Atrocity, New Brunswick, NJ : Transaction, 2009, pages 13-14
  11. Norman M. Naimark, Genocide : A World History, New York : Oxford University Press, 2017, pages 130-131. Les politiciens bosniaques et croates de Bosnie-Herzégovine ont intenté un procès à la Cour internationale de La Haye contre la Serbie pour une prétendue agression de la Serbie sur la Bosnie-Herzégovine en tenant compte principalement du cas de Srebrenica en 1995. Cependant, ils ont perdu cette affaire judiciaire car la Cour a décidé en 2007 que la Serbie n’avait pas agressé la Bosnie-Herzégovine et qu’elle n’était pas responsable de « l’affaire Srebrenica » (Чедомир Антић, Српска историја, quatrième édition, Београд : Vukotić Media, 2019, pages 314-315)
  12. L’historien serbe Cedomir Antic affirme que la VRS a exécuté en juillet 1995 6900 musulmans de Srebrenica tant des civils masculins que des soldats. Ces derniers ont été tués lors d’actions de combat (Чедомир Антић, Српска историја, quatrième édition, Београд : Vukotić Media, 2019, page 314). Si ce chiffre est correct, les Serbes de Bosnie-Herzégovine ont donc exécuté en juillet 1995 dans le district de Srebrenica exactement le même nombre de musulmans que celui des civils serbes exécutés par les musulmans et les Croates autour de Srebrenica pendant la Seconde Guerre mondiale et en 1992-1995
  13. Les civils serbes de tous âges et des deux sexes de la région de Srebrenica n’ont pas bénéficié d’une telle pitié de la part de Naser Oric en 1992-1995

https://reseauinternational.net/les-mythes-et-les-verites-sur-srebrenica-2-2/

mercredi 4 décembre 2024

Les mythes et les vérités sur Srebrenica

 

1ère partie

par Vladislav B. Sotirovic.

La propagande serbophobe actuelle visant à abolir la Republika Srpska (RS) [République serbe de Bosnie, NdT] et à créer une Bosnie-Herzégovine unitaire (une province bosniaque musulmane néo-ottomane) provient des rangs du Parti musulman bosniaque pour une action démocratique (Stranka Demokratske Akcije – SDA) et de ses sponsors occidentaux. Cette propagande coïncide toutefois avec la phase finale du procès pour crimes de guerre de La Haye, après les prétendues « arrestations »1 et déportations express vers les Pays-Bas, par le gouvernement serbe pro-occidental de l’époque, de l’ancien commandant de l’armée de la Republika Srpska (Vojska Republike Srpske – VRS), le général Ratko Mladic, et du premier président de la Republika Srpska (RS), le Dr. Radovan Karadzic, au tribunal de La Haye pour les crimes de guerre (commis dans les années 1990) en ex-Yougoslavie.2

Cette propagande anti-serbe orchestrée à Sarajevo, Zagreb, Washington, Berlin et Bruxelles vise quatre objectifs essentiels :

  • Coller enfin l’étiquette de génocide nazi (peut-être même transmis génétiquement) aux Serbes par le biais du verdict de La Haye.
  • Abolir la Republika Srpska et modifier ainsi les accords de Dayton de 1995.
  • Annuler le génocide contre les Serbes au XXe siècle commis par les Croates, les Bosniaques et les Albanais.
  • Légaliser enfin la soustraction du Kosovo à la Serbie et confirmer la création de la Grande Albanie, pour laquelle les principales structures politiques de Pristina et Tirana se prononcent ouvertement.

Il est révélateur que la réactivation de « l’affaire Ratko Mladic » ait suivi immédiatement l’échec des négociations sur la réorganisation constitutionnelle de la Bosnie-Herzégovine, qui annulerait de fait les accords de Dayton du 21 novembre 1995, ainsi que leur ratification à Paris en décembre de la même année. Ces négociations, parrainées par l’UE, ont révélé l’essence de la diplomatie des dirigeants politiques musulmans à l’égard des Serbes à l’ouest de la rivière Drina : abolir à tout prix la Republika Srpska, garante de l’identification nationale et de l’autonomie politico-culturelle des Serbes dans cette région. Comme les années précédentes après Dayton, le principal argument de l’establishment politique musulman de Sarajevo, et surtout du faucon endurci du SDA – Haris Silajdzic, est que la Republika Srpska est une pseudo « création génocidaire » et qu’à ce titre elle doit être abolie.

Comme auparavant, le cas de Srebrenica de juillet 1995, exploité par la propagande politique, est pris comme argument moral pour l’abolition de l’entité politique serbe en Bosnie-Herzégovine, mais aussi comme excuse formelle pour reprendre le Kosovo à la Serbie selon la formule déjà officielle de Hashim Thachi : « Le Kosovo a été perdu pour les Serbes à Srebrenica ».3

Des Casques bleus néerlandais sont assis sur le toit d’un véhicule blindé de transport de troupes tandis que des réfugiés musulmans de Srebrenica, en Bosnie orientale, se rassemblent dans le village de Potocari, au nord de Srebrenica, le 13 juillet 1995.

Nous avons assisté à la manipulation de « l’affaire Srebrenica » pendant plus de deux décennies à travers le lancement et l’exploitation d’une campagne médiatique accusant la partie serbe d’avoir éliminé près de 10 000 civils musulmans de la ville bosniaque après que la VRS l’a conquise en juillet 1995. Le principal « atout » reste les données obtenues par les satellites espions américains, qui ont transmis des photographies prises depuis les airs montrant des traces du sol creusé, ce qui a permis à de nombreux experts improvisés de déclarer que ces traces étaient de présumées tombes de musulmans exécutés à Srebrenica4. Bien qu’aucune tombe ou aucun cadavre n’ait jamais été retrouvé à ces endroits par la suite, la campagne de propagande américaine a néanmoins atteint deux objectifs politiques majeurs :

  • Elle a exclu la critique du pacte de l’OTAN, qui a violé le principe de neutralité dans le conflit bosno-herzégovinien des années 1990 en bombardant des positions militaires et des installations civiles serbes.
  • L’attention de l’opinion publique internationale a été détournée du sort tragique d’environ 250 000 Serbes expulsés du territoire de la République serbe de Krayina par les autorités officielles de sécurité croates (police et armée) au début du mois d’août 1995.

Au cours de l’été et de l’automne 1995, ni Washington ni Bruxelles n’ont tenu compte des points de vue et des explications de Yasushi Akashi (le représentant officiel et chef de la mission des Nations unies en Bosnie-Herzégovine) qui attribuait la responsabilité des événements de Srebrenica à la partie musulmane. La critique publique de Yasushi Akashi concernant son rapport sur Srebrenica a toutefois eu l’effet escompté : elle a révélé la prétendue impuissance des Nations unies et, dans le même temps, a fait la promotion de l’efficacité du nouveau « pacificateur » international – l’OTAN dirigée par les États-Unis.

L’effet final d’un tel jeu de propagande avec les victimes de Srebrenica devrait être l’abolition de la Republika Srpska et, dans ce contexte, la décision du soi-disant « Parlement européen » de commémorer le 11 juillet (1995) comme journée de commémoration des « victimes de Srebrenica ». Bien entendu, il ne s’agit que de victimes musulmanes, mais pas de Serbes de Srebrenica et de ses environs. Rappelons qu’avant la guerre des années 1990, il y avait 25% de Serbes à Srebrenica, et aucun pendant la guerre, et que dans la région de Srebrenica, environ 2 300 civils serbes ont été tués par des musulmans. Dans la région de Srebrenica, 3 267 Serbes ont été tués et massacrés entre avril 1992 et juin 1995, alors que près de 6 500 civils serbes ont été brutalement tués par des musulmans bosniaques et des Croates catholiques romains dans la même zone pendant la Seconde Guerre mondiale (de la manière la plus brutale).5

Ainsi, après la décision du Parlement européen (janvier 2009) de marquer le 11 juillet comme « Journée de Srebrenica », la Srebrenica bosniaque (en latin, Argentina), de facto, est devenue une partie de « l’Europe ». Étant donné que le soi-disant « Parlement européen », et, en fait, le Parlement de l’Union européenne (donc, pas de l’Islande, de la Suisse, du Liechtenstein, de la Norvège … qui ne sont pas des États membres de l’UE, mais qui font certainement partie de l’Europe), a pris une telle décision, nous pouvons conclure que Srebrenica est, après la Slovénie, une deuxième région de l’ex-Yougoslavie qui est devenue membre de l’Union européenne sans une demande officielle d’admission (contrairement à la Slovénie). La Croatie est le troisième pays de l’ex-Yougoslavie à avoir été « européanisé » en 2013. Bruxelles a expliqué sa décision concernant la « Journée de Srebrenica » en se basant sur les affirmations d’A. Izetbegović concernant Srebrenica comme « la plus grande tragédie humaine en Europe après la Seconde Guerre mondiale », lorsque « 7 000 à 8 000 personnes ont disparu après l’entrée de l’armée de la Republika Srpska »6 (ou mieux, après le retour des Serbes après l’exode de Srebrenica). Néanmoins, le sort de ces personnes est peu connu, mais le président de la Bosnie-Herzégovine du temps de la guerre est convaincu qu’elles ont été abattues par les Serbes sous le commandement du général Ratko Mladic.

Le fait est que, jusqu’à présent, 2 000 victimes de Srebrenica ont été enterrées dans le centre commémoratif de Potochari, et que le reste, jusqu’au chiffre de 7 000 à 8 000 avancé par A. Izetbegovic, n’a pas été retrouvé à ce jour, bien que la quasi-totalité de la Bosnie-Herzégovine ait été « exhumée » à l’aide d’images satellites, etc. Sur la base du témoignage des participants à « l’événement de Srebrenica » de juillet 1995 au Tribunal de La Haye7, ainsi que sur la base d’autres mémoires, on peut conclure que pas plus de 2 300 personnes (de sexe masculin) de Srebrenica âgées de 16 à 66 ans ont été « abattues » (c’est-à-dire des conscrits officiels, c’est-à-dire des guerriers et potentiellement des tueurs).

En d’autres termes, un nombre à peu près équivalent à celui des Serbes tués par les forces musulmanes de Srebrenica dans les villages environnants de Srebrenica jusqu’à ce que la VRS entre dans cette ville de Bosnie orientale. Que les chiffres de 2 300 ou de 7 000 à 8 000 soient suffisants pour que le Parlement européen déclare une journée paneuropéenne de deuil/de commémoration n’est pas du ressort de l’auteur de cet article, mais il n’en demeure pas moins que les forces musulmanes ne sont restées que jusqu’en avril 1993 à l’intérieur, comme elles le proclamaient, de la « zone libérée » autour de Srebrenica, et ont réussi à procéder à un nettoyage ethnique systématique des civils serbes. En conséquence, dans les seules municipalités de Srebrenica et de Bratunac, sur 93 établissements serbes, 82 ont été détruits.

Les crimes de guerre en Yougoslavie et le TPIY

Officiellement, l’administration américaine de Bill Clinton a créé le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, aux Pays-Bas, par une résolution de mai 1993 du Conseil de Sécurité des Nations unies, dans le but de promouvoir le principe de la responsabilité individuelle pour les crimes de guerre (toutefois, Bill Clinton n’a jamais été personnellement inculpé par le même tribunal pour les crimes de guerre commis en ex-Yougoslavie, pour une raison qui nous échappe). D’un point de vue strictement moral, le TPIY est destiné à traiter les atrocités de guerre commises dans l’ex-Yougoslavie après 1991. Il s’agit du premier tribunal véritablement international de ce type, le premier à organiser de tels procès depuis l’époque des tribunaux de Nuremberg et de Tokyo.

Cependant, l’essence du TPIY est qu’il a été proclamé comme étant le premier à invoquer la Convention sur le Génocide en prenant principalement en considération « l’affaire Srebrenica » de juillet 1995. Le TPIY a été mandaté pour poursuivre les crimes de guerre contre l’humanité, les violations des lois de la guerre et le génocide commis sur le territoire de l’ex-Yougoslavie. Le tribunal lui-même est composé de 16 juges permanents sélectionnés par l’Assemblée générale des Nations unies et d’un procureur formellement « indépendant ». Cependant, la majorité de ces 16 juges et le procureur lui-même viennent de pays qui ont des relations politiques, économiques, financières, etc. assez étroites avec les États-Unis et l’Occident.

Parmi les personnes inculpées par le TPIY, la personnalité la plus marquante est certainement Slobodan Milosevic, ancien président de la Serbie et de la République fédérale de Yougoslavie composée de la Serbie et du Monténégro (RFY). Il était accusé de crimes commis en Croatie, en Bosnie-Herzégovine et dans la province autonome de Serbie du Sud, le Kosovo et Metochie (en anglais Kosovo). Cependant, son acte d’accusation comprenait également des charges de nettoyage ethnique et de génocide. En ce qui concerne le cas de la Bosnie-Herzégovine, Slobodan Milosevic a été inculpé de quatre chefs d’accusation :

  • Deux pour génocide et complicité de génocide.
  • Dix pour crimes contre l’humanité impliquant la persécution, l’extermination, le meurtre, l’emprisonnement, la torture, la déportation et les actes inhumains, c’est-à-dire les transferts forcés.
  • Huit ont été dénombrés comme des violations graves des Conventions de Genève de 1949 impliquant l’homicide volontaire, la détention illégale, la torture, le fait de causer volontairement de grandes souffrances, la déportation ou le transfert illégal, ainsi que la destruction et l’appropriation massives de biens. Le troisième acte d’accusation prenait principalement en considération « l’affaire Srebrenica » de 1995.
  • Neuf actes d’accusation ont été comptabilisés comme des violations des lois ou coutumes de la guerre impliquant des attaques contre des civils, des destructions illégales, le pillage de biens et des traitements cruels.

Cependant, les procédures du TPIY ont été interrompues car le tribunal a intentionnellement laissé Slobodan Milosevic mourir en détention pour la simple raison qu’il ne pouvait pas prouver les accusations portées contre lui. Le point central du tribunal était néanmoins que les individus, y compris les chefs d’État, doivent assumer la responsabilité des actes qu’eux-mêmes et leurs subordonnés ont commis en violation du droit international. Malheureusement, ce principe n’est pas valable pour tous, puisque, par exemple, il n’a jamais été appliqué aux cas d’aucun président américain ou des principaux commandants de l’OTAN.

Actuellement, dans le cadre du même procès, d’autres dirigeants serbes de la région sont accusés de crimes de guerre identiques ou similaires à ceux de Slobodan Milosevic. En ce qui concerne « l’affaire Srebrenica » de 1995, deux d’entre eux sont les plus importants. Tout d’abord, l’ancien dirigeant politique (président de la Republika Srpska) des Serbes de Bosnie-Herzégovine, le Dr Radovan Karadzic, et ensuite, le général Ratko Mladic, commandant militaire suprême de l’armée de la Republika Srpska, qui est accusé d’avoir dirigé le massacre de plus de 8 000 hommes et garçons bosniaques dans une « zone de sécurité » des Nations unies à Srebrenica en juillet 1995. La propagande serbophobe occidentale ne cesse de souligner qu’il s’agit du plus grand massacre en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Or, le plus grand massacre en Europe depuis le 1er janvier 1945 a été le massacre des civils de Dresde commis par Winston Churchill et Dwight Eisenhower. Néanmoins, le général Ratko Mladic a été « arrêté » en 2001 et extradé à La Haye.

Néanmoins, la question fondamentale se pose : que s’est-il réellement passé et pourquoi à l’intérieur et autour de la ville de Srebrenica en juillet 1995 et avant ?

À suivre…

sources

source : https://orientalreview.org

traduit par Zined pour le Saker Francophone

via https://lesakerfrancophone.fr

  1. Sur « l’arrestation » du général Mladic dans le village de Lazarevo en Voïvodine, voir le reportage de la télévision russe Russia Today. En fait, il n’y a pas eu de véritable arrestation, car le général Mladic s’est rendu de lui-même afin de recevoir les soins médicaux nécessaires. La farce de l’arrestation a été mise en scène par la coalition fantoche pro-occidentale alors au pouvoir à Belgrade afin d’obtenir les votes dont elle avait tant besoin pour les prochaines élections présidentielles et parlementaires (2012).
  2. Le général Ratko Mladic (né le 12 mars 1942 en Bosnie orientale) a été « arrêté » le 26 mai 2011 et envoyé à La Haye le 31 mai 2011. Le procès du général a commencé le 16 mai 2012. Ici, nous sommes libres de poser deux questions cruciales :
    1. Pourquoi le Général s’est-il caché en Serbie, et non dans sa propre patrie, la Republika Srpska, dans laquelle il a combattu et pour laquelle il s’est battu ?
    2. Pourquoi le régime fantoche de Belgrade n’a-t-il pas livré le général Mladic à Banja Luka après son arrestation, c’est-à-dire en Republika Srpska, où il serait jugé pour les crimes présumés qui, s’ils ont été commis, ne l’ont pas été aux Pays-Bas mais en Republika Srpska ? Il est nécessaire de rappeler que les autorités américaines ne reconnaissent aucun tribunal international (ni militaire ni civil) où leurs présidents, soldats et/ou officiers accusés de crimes de guerre à travers le monde seraient instruits. De même, pendant la guerre civile américaine de 1861-1865, l’armée fédérale du gouvernement américain a commis des crimes contre l’humanité avérés sur le territoire du Sud confédéré pour lesquels personne n’a été tenu responsable jusqu’à présent, comme pour les crimes de génocide contre les civils japonais à Hiroshima et Nagasaki en 1945. Les historiens américains affirment qu’un total d’environ 5 millions d’Indiens ont été tués aux États-Unis. En outre, les survivants de ce génocide ont été placés dans des camps de concentration à ciel ouvert, appelés « réserves » par les responsables américains
  3. Sur la base de l’approche de Hashim Thachi, le Kosovo est perdu pour les Albanais lors du crématorium géré par les Albanais dans le village kosovar de Klechka en août 1998, et après le « Pogrom de mars » des Serbes du Kosovo (17-19 mars 2004). Par conséquent, les Albanais ont peut-être perdu le dernier droit moral de vivre en Europe, et sous les auspices des Nations unies, ils devraient être déportés comme une ethno-collectivité nazie destructrice des Balkans (et de l’Europe) vers leur véritable patrie dans le Caucase de l’Est.
  4. Regardez les documentaires « Забрањена истина о Сребреници » (« The Forbidden Truth About Srebrenica ») et « Town Betrayed »
  5. Les guerres des années 1990 en ex-Yougoslavie n’étaient rien d’autre que la continuation de la guerre précédente de 1941-1945 et cette guerre était, en fait, une continuation de la guerre de 1914-1918. Le Dr. Radovan Karadzic a clairement indiqué que la guerre des années 1990 : « … était une continuation de la Seconde Guerre mondiale, les gens se souvenaient de ce que telle ou telle famille leur avait fait et avaient peur que tout cela se reproduise, et ils ont dit : Il vaut mieux que nous les tuions d’abord plutôt que ce soit eux qui nous tuent. Les gens n’ont pas oublié qui a tué leurs pères, leurs grands-pères et leurs mères. Tout le monde avait peur de la vengeance et a commencé le premier » – Радован Караджич, Интервју, Московские новости, Москва, No. 36, 05. 09. 1993, page 11А. Par la logique des choses et la connaissance de l’histoire des Slaves du Sud, on peut conclure que la prochaine guerre dans cette région ne sera que la continuation de la précédente de la dernière décennie du XXe siècle. Sur l’histoire des Serbes au cours des cinq derniers siècles entre extinction biologique et survie physique, voir Милорад Екмечић, Дуго кретање између клања и орања. Историја Срба у Новом веку (1492-1992), Београд : Evro Giunti, 2010
  6. Alija Izetbegović, Govori, pisma, intervjui ’95, Sarajevo : TKP « Šahinpašić », 1996, page 107
  7. Le tribunal de La Haye a été créé et lancé par l’administration américaine dans le but d’assimiler les Serbes, pour les crimes qu’ils auraient commis, aux Allemands nazis, comme en témoigne l’énorme différence ethnique dans le nombre et les années de peines de prison pour les Serbes par rapport à tous les autres criminels de guerres ethniques d’autre part. Les acquittements honteux par le tribunal du boucher bosniaque de Srebrenica, Naser Oric, du tueur de masse albanais du Kosovo Ramush Haradinaj, ainsi que des bêtes oustachis (croates nazis) Ante Gotovina et Mladen Markach, sont les plus révélateurs du caractère extrêmement politisé de cette institution détestant les Serbes. Nous devons garder à l’esprit que Serge Brammertz a déclaré publiquement le 3 janvier 2013 que les 1 300 pages de l’acte d’accusation contre les généraux croates A. Gotovina et M. Markach contiennent suffisamment de preuves de leur activité génocidaire.

https://reseauinternational.net/les-mythes-et-les-verites-sur-srebrenica/

lundi 2 décembre 2024

Svjedok : un documentaire sur les plaies ouvertes des guerres d’ex-Yougoslavie

 

Svjedok : un documentaire sur les plaies ouvertes des guerres d’ex-Yougoslavie

29 ans après la fin de la guerre de Bosnie et les nombreuses tueries fratricides dont elle fut le théâtre, la bataille mémorielle fait toujours rage entre Bosniaques musulmans et Serbes orthodoxes. Nous rendons compte dans cet article de la projection de Svjedok, documentaire sur le sujet trop peu traité des massacres de civils chrétiens par les musulmans.

Le 15 novembre, à Paris, était projeté Svjedok – « Le Témoin » en serbe1 –, un documentaire financé et présenté par la République serbe de Bosnie pour traiter le sujet des tueries commises contre les Serbes dans les guerres de Yougoslavie. Ces tristes conflits, opposant au cours des années 90, des peuples partageant pourtant la même langue mais profondément séparés par leur religion et leur histoire, reste à ce jour l’image par excellence du conflit fratricide européen. Le sujet reste encore à ce jour hautement polémique : pas moins de six salles de cinéma françaises ont refusé de présenter le documentaire, qui sera également diffusé sur YouTube à parti de 2025.

La Bosnie-Herzégovine est un pays toujours à la croisée des chemins. Le conflit qui a ravagé le pays de 1991 à 1995 n’a jamais été réellement achevé. En effet, la guerre de Bosnie a été véritablement gelée par les accords de Dayton (dont nous avons fêté ce 21 novembre le 29e anniversaire) qui entérinent le statuquo entre la Fédération de Bosnie-Herzégovine (catholique croate et musulmane) et la République serbe de Bosnie (orthodoxe), deux entités ennemies forcées de cohabiter au sein d’une même confédération et d’obéir à une Constitution commune.

Carrefour entre l’Occident et l’Orient, la Bosnie est une région des Balkans où les trois principales religions locales, le catholicisme, l’orthodoxie et l’islam, y sont représentées par trois communautés : les Croates, les Serbes et les Musulmans – ces derniers étant aujourd’hui appelés « Bosniaques2 ». Âprement disputée entre les empires ottomans et autrichiens, intégrée à la jeune Yougoslavie après la chute de ceux-ci, véritable poudrière ethnique, la Bosnie fut le théâtre de tueries de masse au cours de la Seconde Guerre mondiale (principalement du fait des ustaši3 croates) puis des guerres de Yougoslavie, de 1992 à 1995. Lors de ce dernier conflit, les massacres de civils eurent lieu de chaque côté des lignes de front, mais ils furent, realpolitik oblige, principalement imputés aux séparatistes serbes, et dans une moindre mesure aux Croates d’Herzégovine, alors même que les Musulmans, alliés des Américains depuis le premier jour de la guerre échappèrent en grande partie aux poursuites.

Un témoin au-dessus de tout soupçon

Aujourd’hui encore, les plaies laissées par le conflit ne sont pas résorbées. On connaît particulièrement le cas de la ville de Srebrenica, où plusieurs milliers de Musulmans furent tués lors de sa prise par les forces serbes. Un événement que les Bosniaques considèrent aujourd’hui comme un génocide, les Serbes comme des crimes de guerre. Ce débat a été récemment tranché par l’ONU en faveur des premiers, jetant de nouveau de l’huile sur le feu au milieu du fragile État de Bosnie, au futur plus qu’incertain. Un débat qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler les querelles actuelles sur la nature exacte des bombardements de Gaza par Tsahal ou de l’attaque du 7 octobre par le Hamas… Mais Srebrenica n’est pas un événement isolé. Dans la conscience serbe, le siège de la ville se situe dans la suite de très violentes attaques sur les villages orthodoxes qui l’entourent, des exactions que Svjedok vise justement à documenter. En effet, les légistes serbes ont arrêté à ce jour un chiffre de plus de 50 000 tués au sein de la population civile orthodoxe, avec plus de 7 500 cadavres exhumés et autopsiés.

Le personnage principal du documentaire, tourné avec la participation sa famille, est le général-médecin Zoran Stanković, aujourd’hui décédé. Médecin légiste de profession et officier de l’armée yougoslave, c’est à lui qu’incombait la lourde tâche de diriger les équipes d’experts qui exhumaient, autopsiaient et identifiaient les corps des civils tués, parfois en se rendant derrière les lignes croates ou musulmanes pour les récupérer au cours d’échanges. Loin d’être un propagandiste, il fut suffisamment reconnu internationalement pour être appelé comme expert et témoin au tribunal de La Haye, une institution bien peu suspecte d’un parti pris en faveur des forces serbes, dont les dirigeants en Bosnie furent les plus condamnés parmi l’ensemble des protagonistes du conflit.

L’autre personnage principal du documentaire, parfois nommé, jamais filmé, c’est Naser Orić, une figure extrêmement polarisante à l’image de ces conflits : héros national pour les Musulmans, boucher pour les Serbes, ce chef de milice mi-mafieux4 mi-djihadiste, était le seigneur de guerre qui régnait sur Srebrenica et ses environs. Les troupes d’Orić stationnées dans un réduit musulman au milieu du territoire serbe, se rendirent coupables de multiples raids meurtriers sur les villages serbes voisins notamment celui de Kravica, totalement rasé et décimé par les combats. Le mode opératoire ne peut qu’interpeller le spectateur français tant il renvoie à la guerre d’Algérie. Des attaques surprises, tôt le matin, les jours des fêtes religieuses orthodoxes comme Noël ou les slava, les célébrations des saints patrons des familles serbes. Des civils de tout âge et de tout sexes ciblés pour provoquer la sidération et pousser à l’exode. Et enfin, des mutilations barbares. La tâche du Docteur Stankovic était macabre, ses méthodes cliniques. Sans se défaire d’un stoïcisme imperturbable, sans jamais émettre de jugements il égrène laconiquement des listes de sévices divers : castration, décapitation, viols… Les images sont parfois difficilement supportables mais attestent d’une réalité de la guerre qui disparaît parfois trop souvent derrière la propagande des uns et des autres… et surtout devant un politiquement correct qui se refuse à regarder en face la réalité de l’islam radical. Un islam radical qui aura d’ailleurs connu son premier grand champ de bataille international avec la guerre de Bosnie, où furent réunis tout autant les djihadistes sunnites d’Al-Qaïda que les milices chiites du Hezbollah et de l’Iran.

Deux poids, deux mesures

Le documentaire alterne les images d’archives, bien connues, des années 90 et des interviews beaucoup plus récentes des équipes du Docteur Stanković et des familles des victimes. Nous retrouvons des jeunes hommes qui portaient les cercueils de leurs parents ou de leurs sœurs qui sont aujourd’hui grisonnants, eux-mêmes pères de famille. En 1992, ils espéraient que l’Occident remarquerait leur calvaire et se mobiliserait en faveur du peuple serbe, membre des Alliés durant les deux Guerres mondiales. En 2024 – après les bombardements, l’intervention de l’OTAN, les poursuites à la Haye –, ne reste que l’incompréhension, l’amertume, le sentiment de ne pas avoir été écouté, d’avoir été désigné d’office comme des coupables perpétuels sans que rien ne soit fait pour replacer chaque protagoniste face à ses responsabilités. En effet, si les hauts dignitaires civils et militaires de la République serbe de Bosnie ont été condamnés par les tribunaux internationaux, de même que certains chefs de guerre croates – notamment pour avoir commis les premiers massacres du conflit dans la ville de Bosanski Brod5, avant le début officiel de la guerre –, Naser Orić lui, n’aura jamais été sérieusement inquiété. Tout au plus les magistrats auront pu admettre qu’effectivement des Serbes avaient bien été massacrés, sans statuer sur les auteurs des crimes. Une demi-mesure qui laisse un goût amer dans ce pays où l’on se demande souvent si les hostilités ont bien cessé ou n’ont été que différées.

Pour le peuple serbe de Bosnie, la souffrance ne date pas d’hier. Que ce soit sous le joug ottoman ou autrichien, où les Musulmans et les Croates faisaient tour à tour figure d’allié du régime d’occupation, ou bien durant la Seconde Guerre mondiale, quand l’État Croate indépendant (satellite allemand) annexait la Bosnie et massacrait 600 000 Serbes sur son territoire. Pour un Serbe bosnien, les massacres de Kravica et de Bosanski Rod n’ont fait que rejouer des scènes historiques bien connues. Dans un contexte de chaos total et de décomposition de l’État, alors qu’on s’entretuait au sein même de l’armée yougoslave dans les casernes, au sein des mêmes unités, entre nationalistes croates ou musulmans et séparatistes serbes, les locaux ont pris les armes pour défendre leur terre contre ce qu’ils percevaient comme une menace existentielle. On peine à imaginer ce qu’a pu concrètement subir ce petit peuple qui affiche au cœur de l’horreur un stoïcisme imperturbable. Une froide détermination les habite quand ils trient et identifient les ossements et carcasses de leurs proches martyrisés, et surtout qu’ils emmènent leurs enfants sur les lieux de mémoire, pour que jamais le souvenir des défunts ne s’estompe.

Le choc des mémoires

Il y a un élément clé de ce conflit qui échappe encore aujourd’hui beaucoup à la grille de lecture traditionnelle occidentale. Tous témoignent, trente ans après : Nous, gens ordinaires, villageois ordinaires, avons vus nos familles être massacrées par des voisins, des communautés avec qui nous vivions depuis des siècles. Ici, en France, on a coutume de mettre tour à tour en accusation (suivant sa sensibilité) les « nationalistes », le « communisme », l’« Occident », l’« OTAN ». Tout ces acteurs ont joué à divers degrés un rôle certain. Mais en Bosnie, les tragédies ont des racines beaucoup plus profondes et immédiates. Des communautés ont vécu près de 500 ans les unes aux côtés des autres, forcées de cohabiter dans des États qui étouffaient les rancœurs mutuelles par la force armée. Sous le knout turc dans un premier temps, puis la schlague autrichienne et enfin par les camps de travail communistes. Même la Yougoslavie royale ne put bien longtemps maintenir sa Constitution démocratique après la Grande Guerre, et se transforma rapidement en dictature policière. Mais une fois ces peuples, à la fois si semblable et si différents, livrés à eux-mêmes, les ressentiments séculaires se dévoilèrent très vite, précipitant le pays vers la boucherie. Aujourd’hui, les accords de Dayton empêchent une nouvelle escalade en entérinant de facto la séparation du pays en deux entités. Mais leur coexistence en un même État continue d’interroger. Au lendemain de la guerre, on a pu présenter la Bosnie comme un modèle de l’Europe à venir, de communautés apaisées qui ont su triompher de leurs différences malgré les conflits passés. Mais c’est trop vite oublier que cet ordre ténu tient en grande partie grâce aux bottes des casques bleus et à l’aviation américaine. Dans un monde où l’Amérique se retire peu à peu d’Europe, l’État bosniaque peut-il survivre ? Ou devrait-il seulement survivre ? La réélection de Trump ne manquera en effet pas de poser à nouveau la question de l’engagement américain dans les Balkans, alors que l’Amérique lorgne de plus en plus sur son flanc Ouest, vers le Pacifique et le rival chinois.

Tout comme aujourd’hui, la bataille mémorielle autour de la guerre d’Algérie – dont on se demande si elle a un jour bien été terminée – continue de faire rage en France, la Bosnie n’a toujours pas non plus réglé ces questions, d’autant plus que les garants de l’ordre international actuel ont désigné d’office le camp des bourreaux et celui des victimes. Dans une région où la longue mémoire et les récits familiaux transmis de génération en génération façonnent intégralement les consciences, comment imaginer un seul instant que le conflit puisse mourir de lui-même et disparaître simplement parce qu’une force étrangère l’a décrété ? Et surtout, comment ne pas voir en ce conflit une image des troubles qui risquent un jour de gagner une France où aujourd’hui plus de 6 millions d’habitants sont musulmans ?

1. En dialecte serbocroate jékavien, parlé majoritairement en Bosnie.

2. On distingue les Bosniens (Bosanci), ceux qui vivent en Bosnie, des Bosniaques (Bošnjaci) ethniques, qui étaient enregistrés comme « Musulmans » à l’état civil sous le communisme.

3. « Insurgé » en croate, le principal mouvement nationaliste de cette nation durant le xxe siècle, alliés de l’Allemagne au cours de la Seconde Guerre mondiale.

4. Les tribunaux bosniaques le condamneront d’ailleurs plusieurs années après la guerre pour des détentions d’armes et d’explosifs liées au crime organisé.

5. Ville frontalière entre la Bosnie et la Croatie par laquelle l’armée de cette dernière est entrée dès 1991.

https://www.revue-elements.com/svjedok-un-documentaire-sur-les-plaies-ouvertes-des-guerres-dex-yougoslavie/

mercredi 8 février 2023

Les guerres de l’OTAN

 

par Yannick Sauveur

Les journaux titrent « La guerre en Europe » se gardant bien de préciser que cette guerre en Ukraine n’a pas démarré le 24 février 2022. En informateurs zélés au service de leurs sponsors occidentaux, ils passent sous silence que cette guerre n’est pas non plus la première en Europe depuis 1945. Une guerre atroce a accompagné dès 1992 le démantèlement de l’ex-Yougoslavie avec en point d’orgue les bombardements sur Belgrade en 1999.

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord ou Traité de Washington est signé à Washington le 4 avril 1949 au début de la guerre froide, en réaction au blocus de Berlin exercé par les Soviétiques (juin-juillet 1948). À l’origine, l’OTAN comprend les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, les pays du Benelux, le Canada, le Danemark, l’Islande, l’Italie, la Norvège, le Portugal. La Grèce et la Turquie rejoignent l’OTAN en 1952 et l’Espagne en 1982. L’OTAN est généralement présentée comme une alliance défensive face à un ennemi, le bloc soviétique. Or, le Pacte de Varsovie (le pendant de l’OTAN) ne prend forme que six ans plus tard. Signé le 14 mai 1955, il l’est en réaction à l’adhésion de l’Allemagne de l’Ouest (RFA) à l’OTAN (6 mai 1955).

Si la « justification » de l’OTAN résidait dans la menace soviétique, celle-ci n’existant plus avec la disparition de l’URSS (1991) et concomitamment la dissolution du Pacte de Varsovie (juillet 1991), en toute logique, l’OTAN n’avait plus sa raison d’être. Or, non seulement, l’OTAN continua d’exister mais de surcroît, elle continua de s’étendre contrairement aux engagements pris.

Il n’est pas inutile de rappeler que James Baker, secrétaire d’État des États-Unis, sous l’autorité du président Ronald Reagan, avait promis à la Russie, par l’entremise de Mikhail Gorbatchev, que l’OTAN allait exclure toute « expansion de son territoire vers l’Est, ou s’approcher des anciennes frontières soviétiques ». Selon les nombreuses sources présentes, il réitéra lors de la signature cette promesse en s’accordant sur l’affirmation de Gorbatchev, selon laquelle l’expansion de l’OTAN est inacceptable, à présent que la guerre froide est terminée, et l’Europe, la Russie et les États-Unis devraient trouver un terrain d’entente sur la voie amenant à la paix et à la prospérité. Baker avait répondu : « lui et les Étasuniens ont compris que non seulement pour l’Union soviétique, mais aussi pour les autres pays d’Europe, il est important de disposer de garanties selon lesquelles, si les États-Unis maintiennent leur présence en Allemagne dans le cadre de l’OTAN, l’OTAN ne devrait pas bouger vers l’Est, c’est-à-dire ne pas s’étendre vers les pays de l’ancien Pacte de Varsovie. »

Les pays ayant rejoint l’OTAN postérieurement à la fin de l’Union soviétique sont :

  • la Pologne, la Hongrie, la République tchèque (1999),
  • la Bulgarie, la Roumanie, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, la Slovaquie, la Slovénie (2004),
  • la Croatie, l’Albanie (2009),
  • le Monténégro (2017),
  • la Macédoine du Nord (2020).

À ces pays, il faut ajouter la Suède et la Finlande, pays neutres, dont la demande d’adhésion à l’OTAN (2022) a été entérinée par l’ensemble de ses membres mais qui reste en attente de l’approbation de la Turquie. Ce nouvel élargissement de l’OTAN est une provocation supplémentaire à l’égard du voisin russe, la Finlande partageant une frontière de plus de 1300 kms avec la Russie.

Deux autres pays, neutres eux aussi, l’Autriche et la Suisse, bien que ne faisant pas partie de l’OTAN, participent au Partenariat pour la paix (PPP). Pour l’ancien secrétaire à la Défense, William Perry : « La différence entre l’adhésion pleine et entière à l’OTAN et la participation au « Partenariat pour la paixʺ doit être aussi ténue qu’une feuille de papier ».  Et pour Daniele Ganser, il ne fait aucun doute que ce PPP est un Partenariat pour la guerre et non un Partenariat pour la paix.

Enfin reste le cas de l’Ukraine, considérée comme un « pivot géopolitique » par Zbigniew Brzezinski et dont les velléités d’adhésion à l’OTAN sont anciennes puisque déjà en avril 2008, le sommet de l’OTAN à Bucarest actait le principe de l’adhésion de l’Ukraine. L’ancien conseiller du président Carter (1977-1981) est le véritable concepteur de l’élargissement de l’OTAN : « L’élargissement de l’Europe et de l’OTAN serviront les objectifs aussi bien à court terme qu’à plus long terme de la politique américaine. Une Europe plus vaste permettrait d’accroître la portée de l’influence – et, avec l’admission de nouveaux membres venus d’Europe centrale, multiplierait le nombre d’États pro-américains au sein des conseils européens – sans pour autant créer simultanément une Europe assez intégrée politiquement pour pouvoir concurrencer les États-Unis dans les régions importantes pour eux, comme le Moyen-Orient. »

L’histoire de l’OTAN est celle d’une succession de guerres depuis 1949 jusqu’à celle en cours de l’Ukraine. Il serait plus juste de parler de l’histoire de l’Empire US car cette « succession de guerres » n’a pas commencé en 1949, loin s’en faut, mais il faudrait remonter à 1846 et à la guerre du Mexique qui a permis aux États-Unis de s’emparer de la moitié du territoire mexicain, qui deviendra le Nouveau-Mexique, l’Utah, l’Arizona, la Californie, le Nevada ainsi qu’une partie du Colorado. Toutes obéissent toujours au même schéma : déstabilisation de pays cibles, vassalisation desdits pays, mise en place de bases militaires avec un seul et même objectif permanent, l’occupation politico-économico militaire au profit des puissances anglo-saxonnes dont les USA. Rappelons tout d’abord que si l’OTAN est une alliance militaire, celle-ci est, dans les faits, dirigée par les USA : « La seule organisation internationale qui ait jamais fonctionné est l’OTAN. Parce que c’est une alliance militaire et que nous la dirigeons. »  (Richard Nixon). Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a une fonction essentiellement de relations publiques. C’est à ce titre qu’il est connu dans les médias. En revanche, le pouvoir réel est celui militaire qui est exercé au plus haut sommet par des Américains, à savoir le général Christopher G. Cavoli pour le Supreme Allied Commander Europe (SACEUR). Exercice américain sans partage comme en témoigne la demande de la France de voir le commandement Sud de l’OTAN attribué à un officier européen et à laquelle William Cohen, secrétaire d’État à la Défense, répondit sans ambiguïté : « c’est clair, c’est catégorique, ce n’est vraiment pas négociable ». 

Dans cette succession de guerres, avant ou après 1949, soit directement, soit par procuration, le mode opératoire de l’Empire US est toujours le même, à base de provocations, de révolutions orange, de mensonges, de corruption, de guerre de l’information (c’est-à-dire de désinformation).

Si nul n’ignore aujourd’hui la propagande éhontée au sujet des armes de destruction massive , prétexte à l’invasion de l’Irak en 2003, il n’est pas inutile de rappeler, quoique de façon non exhaustive, la longue tradition de mensonges qui jalonne l’histoire des États-Unis :

– Le 15 février 1898, le cuirassé américain USS Maine explose dans le port de La Havane provoquant la mort de 266 Américains. Le prétexte est idéalement trouvé pour l’entrée en guerre des États-Unis contre l’Espagne avec pour conséquence l’annexion de Cuba, de Porto Rico, des Philippines et de l’île de Guam. C’est la première guerre que les États-Unis menaient en dehors de leur territoire. En 1911, 13 ans après la fin de la guerre hispano-américaine, l’examen de l’épave USS Maine a montré que les effets conjugués du gaz et de l’électricité avaient détruit le navire de l’intérieur. Les Espagnols n’avaient donc rien à voir avec le naufrage du cuirassé.

– La guerre du Vietnam. Le président Lyndon Johnson, qui venait de succéder à John Fitzgerald Kennedy, et la CIA voulaient un prétexte pour impliquer les États-Unis dans une guerre ouverte contre le Vietnam. Lyndon Johnson a prétendu que le Viet Minh avait attaqué un navire de guerre américain, l’USS Maddox, dans le golfe du Tonkin (4 août 1964). Le 5 août, la guerre commençait officiellement avec les bombardements sur le Nord-Vietnam. En 2005, la NSA (Agence de sécurité nationale) a publié plus de 140 documents jusque-là top secret concernant l’incident du golfe du Tonkin, dont une étude de l’historien Robert Hanyok et qui confirme ce que d’autres soupçonnaient depuis longtemps : il n’y a eu aucune action contre des navires américains dans le golfe du Tonkin le 4 août 1964. Du reste, de la bouche même des équipages du destroyer américain, l’attaque dans le golfe du Tonkin était une pure invention.

– Le pillage des couveuses et la guerre du Golfe (1991). Le mensonge des « couveuses » est monté par la société de communication Hill & Knowlton. Le 10 octobre 1990, Nayirah, une jeune fille de 15 ans présentée comme une infirmière témoigne en larmes devant le Comité des droits de l’Homme du Congrès que pendant l’invasion, elle travaillait dans un hôpital koweïti et avait vu des soldats irakiens sortir des bébés des incubateurs et les déposer par terre où ils étaient morts. 312 nouveau-nés seraient morts. En réalité, après la guerre, on apprit que l’histoire des couveuses était un mensonge infâme et que Nayirah s’appelait en réalité Nijirah al-Sabah et était la fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington. 

Mensonges d’État, désinformation, tous les présidents des États-Unis impliqués dans des guerres sont des criminels de guerre, qu’il s’agisse d’Eisenhower, Johnson, Nixon, Carter, Reagan, Clinton, Bush père & fils, Obama accessoirement Prix Nobel de la Paix (sic). Aucun de ces présidents n’est allé en prison ou n’a eu à répondre devant la justice des milliers de morts. Il en est de même des dirigeants successifs de la CIA, des conseillers politiques (Madeleine Albright, Henry Kissinger), des chefs d’État ou de gouvernement (Margaret Thatcher, Tony Blair). Et la liste est loin d’être exhaustive.

Toutes les guerres de l’OTAN ont été relayées par un unanimisme des medias, de la classe politique, de la majorité des intellectuels, un formatage de l’opinion, le tout sous couvert d’humanitarisme, de bons sentiments moraux avec toujours la même rengaine, l’exportation de la démocratie (cf. ce qu’il advient en Libye, en Irak,…)

Le langage de la propagande ne s’embarrasse pas de subtilités de langage ou de finesse de vocabulaire : Saddam Hussein est un « psychopathe » et/ou un « nouvel Hitler » tout comme le dirigeant libyen Kadhafi. Milosevic est présenté comme un « dictateur sanguinaire » voire « le Führer serbe Milosevic » (Rudolf Scharping, ministre de la Défense allemand) ou « Boucher des Balkans ». Pour les États-Unis, la Libye compte avec l’Irak, l’Iran et Cuba parmi les « grands méchants » de la planète. Ces mêmes pays ainsi que la Syrie et le Soudan sont au choix des « États-parias » ou « terroristes ». Pour George Schulz, secrétaire d’État sous les mandats de Reagan, « Le Nicaragua est un cancer qui s’insinue dans notre territoire, il applique les doctrines de Mein Kampf et menace de prendre le contrôle de tout l’hémisphère ». Quant à Vladimir Poutine, volontiers présenté comme un « dictateur » (Jean-Yves Le Drian, ministre français des affaires étrangères sur TF1), d’aucuns vont jusqu’à faire état d’une continuité supposée entre Joseph Staline et Vladimir Poutine. Pour John McCain, Poutine est un « impérialiste russe et un apparatchik du KGB ». « Fou » ne faisait pas encore partie des éléments de langage, et bien, grâce à Milos Zeman, président de la République tchèque,  c’est fait : il a qualifié jeudi l’invasion russe de l’Ukraine d’« acte d’agression non provoqué », estimant que « le fou doit être isolé  (…) Il y a quelques jours, j’ai dit que les Russes n’étaient pas fous et qu’ils n’attaqueraient pas l’Ukraine. J’avoue que j’avais tort (…). Le fou doit être isolé. Et il s’agit de ne pas s’en défendre uniquement par des mots, mais par des mesures concrètes ».

À l’inverse, et dans le plus pur style orwellien, les Contras, assassins sanguinaires sont présentés comme des « combattants de la liberté » et la guerre de l’OTAN contre la Serbie est une « guerre humanitaire » !

Le coup d’État en Ukraine du 20 février 2014

Les Américains tirent les ficelles et ne s’en cachent pas. John McCain est présent à Kiev dans les semaines qui précèdent le coup d’État et exhorte les manifestants à renverser le gouvernement ukrainien. Les manifestations de Maïdan sont exploitées sur place par les multiples visites de responsables américains, les conversations téléphoniques entre Victoria Nuland et Geoffrey Pyatt, l’ambassadeur US en Ukraine, au cours desquelles ils ont discuté de la nouvelle composition du gouvernement. C’est au cours de ces conversations interceptées que Victoria Nuland  avait lancé son fameux « Fuck UE ! » Après le putsch, l’objectif des nouveaux gouvernants était de rallier l’Ukraine à l’OTAN.

La position de la Russie est claire et de bon sens : que l’Ukraine n’accueille jamais de missiles américains et qu’elle n’adhère pas à l’OTAN. Ces demandes ont été rejetées par Victoria Nuland qui a déclaré : « Ce sont des décisions qui appartiennent à l’Ukraine et à l’OTAN, pas au Kremlin ». Et Serguei Lavrov résume la situation : « Toutes nos propositions visant à écarter ces menaces sur la base du respect mutuel des intérêts de la sécurité ont été ignorées par les États-Unis, l’UE et l’OTAN. Malgré ses assurances antérieures de non-expansion vers l’Est, l’Alliance a rapproché ses frontières de celles de la Russie à cinq reprises. Nous pouvons assister à une situation similaire avec l’Ukraine. Dans ce pays, on a interdit tout ce qui est russe: la langue, l’éducation, la culture, les médias. »

L’objectif évident des USA est d’encercler toujours plus la Russie et, pour ce faire, intégrer l’Ukraine dans l’OTAN. C’est là que se situe la ligne rouge pour Vladimir Poutine pour qui il en va de la sécurité de la Russie et celle-ci a besoin d’un glacis sécurisé. Il semble que les négociations étaient bien avancées avec l’Ukraine en vue de son intégration dans l’OTAN. Or, parallèlement, non seulement les Américains restaient sourds aux demandes de Vladimir Poutine mais en plus ils envoient  davantage de troupes américaines chez les alliés d’Europe de l’Est de l’OTAN, les exercices de l’OTAN se déroulent à proximité des frontières de la Russie. Il faut rappeler ce contexte pour comprendre que l’opération militaire russe était l’unique solution pour empêcher l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN.

Pour mémoire, on rappellera les quelques dernières guerres de l’OTAN :

  • 1991 : agression de la Yougoslavie,
  • 1999 : bombardements de la Serbie et du Kosovo,
  • 2001 : bombardements massifs en Afghanistan,
  • 2003 : sans avoir obtenu l’autorisation du Conseil de sécurité, les Etats-Unis envahissent l’Irak avec comme principaux alliés le Royaume-Uni, l’Australie, l’Italie et l’Espagne. Pour une fois, la France sauve l’honneur,
  • 2011 : Intervention en Libye,
  • 2011… : Syrie,
  • 2014 : Coup d’État en Ukraine,
  • 2015 : Le Yémen est attaqué par l’Arabie saoudite sans mandat de l’ONU, avec le soutien des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne, membres de l’OTAN.

Depuis 1945 et la fondation de l’Organisation des Nations unies (ONU), il est interdit de recourir à la guerre, cette interdiction ne souffrant que deux exceptions : d’une part, le droit à l’autodéfense, d’autre part, l’autorisation d’un mandat explicite du Conseil de sécurité de l’ONU. Il est peu de dire que la Charte des Nations unies (San Francisco, 26 juin 1945) interdisant à ses membres de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies a été superbement ignorée par la plus grande alliance militaire au monde, l’OTAN, qui a conduit le plus de guerres illégales et ce, en toute impunité.  Guerres masquées, coups d’État, absence de mandat de l’ONU (Serbie 1999, Irak 2003), détournement d’un mandat de l’ONU (Libye 2011, la résolution de l’ONU autorisait une zone d’exclusion aérienne, afin de protéger la population civile. Elle n’autorisait pas un changement de régime et l’assassinat de Mouammar Kadhafi), l’ONU a montré son impuissance comme avant elle la SDN. Est-ce si étonnant ? Pas vraiment si on en juge par les propos de divers dirigeants américains : Madeleine Albright pour qui « le secrétaire général de l’ONU doit être seulement un administrateur » ou G.W. Bush : « je me demande si l’ONU est indispensable au XXIe siècle (…) ». Noam Chomsky note pour sa part que « Les plus hautes autorités expliquent avec une brutale clarté que la Cour Internationale de justice, l’ONU et les autres organisations internationales sont devenues sans objet, puisqu’elles n’obéissent plus aux ordres de Washington (…) ».

Nous faisons nôtres les constats de Daniele Ganser sur les guerres menées par l’OTAN qui sont des guerres au service de l’impérialisme américain. En revanche, nous sommes réservés sur le concept de « légalité ». La question n’est pas celle des guerres illégales, au regard du Droit, certaines peuvent l’être tout en étant des guerres justes, guerres de libération nationale ou celle de la Russie venant au secours des populations russophones du Donbass et d’autres qui ne le sont pas. Dans le cas qui nous occupe, les guerres décrites ici, celles de l’impérialisme américain, sont naturellement des guerres illégales. L’histoire contemporaine a prouvé que l’ONU est incapable de faire respecter le contenu de sa charte. Avec trois membres permanents de l’OTAN (E.U, G.B., F.) sur cinq au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU, à moins d’un veto de la Chine ou de la Russie, le résultat est connu et on a vu, hélas, que dans des cas importants (Libye), la Russie et la Chine choisissent l’abstention.

Pour les États-Unis, la force prime le droit et, se croyant investis d’une mission universelle, ils continueront à œuvrer comme ils l’ont toujours fait depuis près de 200 ans. L’OTAN a toujours été un outil au service de l’impérialisme américain et le « parapluie » américain en créant une soumission des pays de l’Europe de l’Ouest a empêché que se crée une véritable Europe souveraine et ayant sa propre défense. L’OTAN est une menace pour la paix mondiale et en premier lieu pour l’Europe, territoire convoité mais nain politique et militaire. L’OTAN n’a plus de raison d’être depuis la disparition de l’URSS. Cette organisation guerrière doit être dissoute et à tout le moins sortir de l’Europe. L’intérêt des peuples européens et de la paix en Europe le commande.

source : Rébellion via Geopolitika

https://reseauinternational.net/les-guerres-de-lotan/