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mercredi 20 novembre 2024

170e anniversaire de la naissance de Lyautey, l’amoureux du Maroc

 

Lyautey décorant Madani El Glaoui (1912). Source BnF
Lyautey décorant Madani El Glaoui (1912). Source BnF
Le 17 novembre, nous célébrons le 170e anniversaire de la naissance d'une figure emblématique de notre histoire coloniale et de nos liens profonds avec le Maroc. Brillant stratège, humaniste et modernisateur, Hubert Lyautey, maréchal de France, s'est distingué par une vision de la colonisation qui, dans l'armée de son époque, détonnait. Alliant respect des cultures locales et développement des territoires sous administration française, il a su incarner une forme unique de colonisation, fondée sur la modernisation et l'intégration. Mais au-delà du chef militaire, Lyautey fut aussi un penseur, partisan d'une mission civilisatrice pacifique et un critique des méthodes brutales.

Un officier aux idées novatrices

Né à Nancy en 1854, Hubert Lyautey est issu d’une famille franc-comtoise et catholique. Comptant plusieurs militaires dans ses ancêtres, il est, tôt, attiré par le métier des armes et intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1873 au sein de la promotion Archiduc Albert. Lyautey commence une carrière militaire qui le mène aux confins des colonies françaises. En Indochine et à Madagascar, il sert sous les ordres du général Gallieni, adepte de « la conquête civilisatrice », Lyautey est profondément marqué par cette expérience.

En 1907, Lyautey, général depuis 1903, est chargé de pacifier la région d'Oujda, en Algérie, en proie aux tensions frontales avec le Maroc. Cette mission le familiarise non seulement avec le Maghreb mais surtout avec la réalité marocaine, un pays où l'autorité centrale est contestée par de nombreux tribus locales. Lyautey applique alors une approche pragmatique alliant diplomatie et fermeté militaire. En stabilisant les zones conquises tout en respectant les traditions locales, il jette les bases de ce qui deviendra sa méthode de gouvernance et la clé de son succès au Maroc en 1912.

Le bâtisseur du Maroc moderne

Nommé,en 1912, résident général de France au Maroc, Lyautey se lance dans une œuvre de pacification et de modernisation sans précédent. Plutôt que de détruire les structures existantes, il s'appuie sur les élites locales et respecte le rôle du sultan Moulay Youssef, tout en menant de profondes réformes. Selon Lyautey, une administration réussie d’une terre considéré presque comme une colonie doit passer par l'éducation, la santé et le développement économique des populations locales. Dans cette objectif, il développe ainsi les routes pour désenclaver les régions reculées, fait construire des écoles pour instruire les populations, des hôpitaux pour sauver des vies et favorise l'agriculture et le commerce. Lyautey cherche également à valoriser la culture marocaine et insiste pour que les administrateurs français respectent les coutumes locales.  Cette approche lui vaut ainsi l'estime de nombreux Marocains, bien que certains nationalistes ne veulent voir en lui qu’un colonisateur paternaliste de plus. Malgré les critiques, sa politique laisse une empreinte durable au Maroc, contribuant à en faire un protectorat relativement stable. Cette situation permet aussi l’instauration de profonds liens entre nos deux pays, qui se sont prolongés, malgré les vicissitudes, jusqu'à aujourd'hui avec la récente visite d'État d'Emmanuel Macron au Maroc.

Un héritage fondé sur le respect des peuples

Cependant, en 1916, la Première Guerre mondiale rappelle Lyautey en France, où il est brièvement nommé ministre de la Guerre. En effet, quatre mois après sa nomination, il finit par démissionner en raison de désaccords avec l'état-major, notamment à propos de la prochaine offensive du Chemin des Dames qu’il juge comme une mauvaise idée. Il revient alors au Maroc et reprend son œuvre momentanément interrompue. En 1921, il est élevé au rang de maréchal de France en reconnaissance de ses services. En 1925, face à une insurrection menée par Abd el-Krim dans le Rif, il préconise la prudence pour éviter une guerre destructrice. Jugé inefficace par le Cartel des gauches, il est finalement remplacé par le maréchal Pétain. Épuisé, Lyautey décide de se retirer de la vie publique. Durant sa retraite, il s'engage dans le scoutisme, une activité dont il devient l’un des piliers en France et qui lui permet d’entreprendre un retour vers la foi catholique.

Lyautey meurt le 27 juillet 1934 dans sa propriété de Thorey en Lorraine, et, selon ses voeux, il est inhumé sur le sol marocain jusqu'en 1961. C'est à la demande du roi Mohammed V, inquiet d'une possible profanation de sa tombe, que le général de Gaulle fait rapatrier la dépouille du maréchal en France. Depuis, il repose dans l'église du Dôme des Invalides, dans un tombeau orné d'inscriptions témoignant de son double attachement au Maroc et à la France. On y lit notamment : « Être de ceux auxquels les hommes croient ; dans les yeux dont des milliers d'yeux cherchent l'ordre ; à la voix laquelle des routes s'ouvrent, des pays se peuplent, des villes surgissent ». En arabe, une autre citation de Lyautey exprime son admiration pour le Maroc : « Plus je vis au Maroc, plus je suis persuadé de la grandeur de ce pays ».

Eric de Mascureau

mardi 28 mai 2024

À propos des responsabilités dans la Première Guerre Mondiale

 

par Jean-Claude Manifacier.

“Platon m’est cher, mais la vérité m’est plus chère encore”  Aristote

Cet article, partant d’un exemple précis, celui des responsabilités dans la Première Guerre Mondiale, aborde le problème de l’influence du quatrième pouvoir : Le Pouvoir médiatique. Suivant les sondages, il apparaît que près de 70% des citoyens interrogés ne font plus confiance aux médias. Ceux qui manifestent aujourd’hui dans les rues depuis des mois ne seront pas surpris par ce résultat, tant il est clair que les journalistes officiant dans les grandes chaînes de TV ou de la presse écrite, appartenant à de grands groupes industriels du CAC 40 ou du capitalisme financier, sont des portes paroles étrangers à leurs préoccupations. Nous savons aussi d’autre part, et les esprits libres mieux que quiconque, que comme le disait l’accusateur public Fouquier-Tinville : “Donnez moi une phrase de quelqu’un et je le ferai pendre”.

A la fin du 19ème siècle, la Grande-Bretagne est la puissance dominante, son empire colonial s’étend du Canada jusqu’à la Nouvelle Zélande. Dans les livres récents de Gerry Docherty et Jim MacGregor : l’Histoire Occultée, Les origines secrètes de la première guerre mondiale. (Editions Nouvelle Terre, 2017 1, 2 et de Carroll Quigley, Histoire Secrète de l’Oligarchie Anglo-américaine (Le Retour aux Sources, 2015), The Anglo-American Establishment, (New York, Book in Focus, 1981 3, 4), ces auteurs détaillent l’organisation d’une aristocratie ploutocratique et mondialiste qui, dans sa volonté de contrôler la marche du Monde, organisera la première guerre mondiale WWI, détonateur de la deuxième WWII.

 « L’Histoire a été soigneusement falsifiée pour dissimuler le fait que, contrairement à l’article 231 du traité de Versailles en 1919, c’était la Grande-Bretagne, désireuse de conserver sa suprématie mondiale et non l’Allemagne, qui était responsable de la guerre ». (Gerry Docherty et Jim MacGregor : l’Histoire Occultée, Les origines secrètes de la première guerre mondiale – Editions Nouvelle Terre, 2017)

Le coût de cette entreprise sera : 16 millions de morts, la destruction d’une civilisation européenne enracinée et la prééminence des USA dans les affaires d’un monde futur unipolaire.

L’Allemagne de Guillaume II au tournant du XXème siècle

L’Allemagne obtiendra, entre 1901 et 1932, 25 prix Nobel en physique et chimie, plus que ceux attribués à l’Angleterre, France, USA et Russie. La qualité de la production allemande deviendra telle que le Parlement anglais devra imposer l’étiquetage : « Made in Germany », ce qui, loin de diminuer les achats par le public, deviendra au contraire un label de qualité.

Une « Élite secrète » sera créée en 1891 à Londres par Cecil John Rhodes. Elle aura pour objectif de garantir une domination Anglo-Saxonne sur le monde. L’Elite secrète avait le contrôle, et la puissance financière afférente, des mines d’or et de diamants d’Afrique du Sud (suite à la guerre des Boers). Ses membres les plus importants seront, outre C. Rhodes : Reginald Balliol Brett (alias Lord Esher), Alfred Milner, William T. Stead et Lord Nathaniel Rothschild.

L’Allemagne dépassant en cette fin du 19ème siècle la Grande-Bretagne, dans les domaines industriels, commerciaux et scientifiques, devenait un danger dont il fallait se débarrasser. Dans des buts identiques, la société des Pèlerins sera inaugurée à Londres en juillet 1902 et à New York en janvier 1903. Par la suite, la Table ronde sera créée par Milner en 1909.

Aux USA, la conquête de l’Ouest, le déracinement des amérindiens, les guerres contre le Mexique et l’Espagne seront caractéristiques d’un programme politique impérialiste : « La Destinée Manifeste ». Le livre « Our Country » du père Josiah Strong populaire à la fin du 19ème siècle, exprime, comme pour l’Élite secrète en Angleterre : “ Sa conviction que le peuple anglo-saxon est la race supérieure qui finira par dominer le monde ”.

La vision à long terme de l’Élite secrète sera de construire l’Alliance Anglo-Franco-Russe pour la future guerre contre l’Allemagne. Dans cette aventure la France, où à l’école comme dans les casernes l’Allemagne était présentée comme un monstre sanguinaire, y voyait une occasion de reconquérir l’Alsace-Lorraine et la Russie d’obtenir un port sur le Bosphore pour contrôler la navigation et l’accès à la Méditerranée.

Des responsables politiques importants : Herbert Asquith, Richard Haldane et Sir Edward Grey, élaboreront une stratégie que le Roi Edouard VII approuvera au cours d’une réunion de l’Elite secrète à Balmoral. La Triple Entente aura pour but d’encercler l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. Plus tard, David Llyod George et Winston Churchill rejoindront l’Élite.

Guillaume II

Il sera présenté par une presse anglaise sous influence comme méprisant, imprévisible et belliciste, mais aucune preuve concrète n’est jamais donnée. Des romans populaires parlent d’espions et d’une Allemagne construisant une flotte pour envahir l’Angleterre. Cette volonté de puissance allemande est un montage de l’Élite. La flotte anglaise restera toujours très supérieure à celle de l’Allemagne, tout comme les activités colonialistes anglaises (et françaises).

La guerre achevée, aucun plan d’invasion de l’Angleterre, ni de construction massive de cuirassés, ne sera jamais trouvé, pas plus que de jeune fille belge violée ou d’enfant belge amputé d’une main. Des documents comptables, montreront que le budget d’armement dans le domaine maritime était pour l’Angleterre de 2 à 3 fois plus important que celui de l’Allemagne. En 1907 dans une lettre confidentielle, l’amiral Sir John Fisher de la commission impériale de la Défense écrit au roi Edouard VII: “La flotte britannique est quatre fois plus puissante que la flotte allemande, mais nous ne voulons pas en faire étalage devant le monde entier”.

Le Kaiser favorisera toujours les solutions diplomatiques plutôt que militaires.

Ce sera le cas pour les crises marocaines d’Algésiras (1906) et d’Agadir (Traité franco- allemand de Fez, 1911) où l’Élite espérait une occasion de guerre. Ainsi que celle des Balkans, où redoutant une guerre entre la Russie et l’Autriche-Hongrie il interviendra pour un rapprochement avec la Serbie.

Guillaume II, George V et Nicolas II sont cousins, petits fils ou arrière petit-fils de la reine Victoria. Le Kaiser était très proche de sa grand-mère dont il tiendra la main pendant son agonie en 1901. Le 30 Juillet 1914, il enverra un télégramme à Nicolas II, lui rappelant qu’en arrêtant la mobilisation des troupes russes à la frontière avec l’Allemagne et l’Autriche il a le pouvoir d’avertir WWI. Il écrit : “ Mon amitié pour vous a toujours été une cause sacrée ”.

Guillaume II, empereur depuis 1888, sera d’ailleurs à l’occasion de ses 25 ans de règne encensé dans un article du New York Times comme un artisan de paix, (NYT, 8 juin 1913).

Le journaliste, Andrew Carnegie déclarera : “le monde civilisé et les partisans de la paix tiennent à vous féliciter à l’occasion de votre jubilé”. S’il n’a jamais commencé une guerre, on ne peut pas en dire autant de l’Angleterre ou des USA.

Le Président Woodrow Wilson, proche de l’Élite, sera réélu en 1916 avec le slogan « Wilson nous maintient en dehors de la guerre ». En 1917 il créera la commission Creel pour faire accepter l’entrée en guerre par des américains majoritairement pacifistes. Le publicitaire et neveu de Freud, Edward Bernays sera très actif dans le cadre de cette commission. Il deviendra le père de l’Agence de Relations Publiques que l’on appelle aujourd’hui la Com et des Spin Doctors spécialistes du double speak d’Orwell. Son livre Propaganda, en version libre sur internet, montre que la propagande politique au XXe siècle n’est pas née dans les régimes totalitaires, mais au cœur même de la ‘démocratie libérale américaine’.

L’affiche US ci-contre est un exemple (1917) de cette diabolisation du Kaiser.

La presse US se déchainera alors et un article élogieux pour l’Allemagne, comme celui du NYT en 1913, deviendra impensable. En effet, l’empire financier JP Morgan achètera, en 1915, 25 parmi les plus importants quotidiens américains et placera ses propres éditeurs dans le but de contrôler la presse écrite. Ce « contrat » qui est toujours d’actualité, a pour objet de supprimer des colonnes éditoriales tout ce qui n’est pas conforme aux intérêts dont ils sont les serviteurs. Le congressiste Oscar Calloway dénoncera ce monopole à la chambre des Représentants le 9 février 1917 (U.S. Congressional Record February 9, 1917, page 2947).

Cette ligne politique suivie sera ensuite structurée par JP Morgan et ses collègues Warburg et Rockefeller. L’organisation est aujourd’hui connue sous le nom de « Council of Foreign Relations (CFR) ». On notera aussi que W. Churchill, dès la déclaration de guerre, fera couper les câbles transatlantiques reliant les empires centraux aux USA, l’Angleterre prendra ainsi le contrôle de l’information vers le futur allié US.

Le piège se referme : « Un ultimatum inacceptable »

Tout en étant ignorant de l’existence de l’Élite, Guillaume II, voyait parfaitement ce que tramait le roi Edouard VII contre son pays. Il signera avec son cousin Nicolas II l’accord secret Russo-Allemand de Björkö en juillet 1905. C’est une preuve convaincante que l’Allemagne n’avait aucune intention de s’attaquer à la Russie. Les manipulations diplomatiques de l’Élite feront que cet accord ne sera pas ratifié.

Le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand et son épouse Sophie seront assassinés par Gavrilo Princip à Sarajevo. Le ministère austro-hongrois des Affaires étrangères dépêcha le docteur Friedrich von Wiesner pour évaluer les implications de la Serbie dans ce meurtre.

Dans le télégramme qu’il envoya à son gouvernement le 13 juillet, von Wiesner confirmait cette implication.

Certains journaux britanniques considèreront que les demandes autrichiennes étaient justifiées. Asquith, pourtant 1er ministre anglais, dans l’intimité d’une lettre à son amour platonique Venetia Stanley, reconnaitra : “Sur beaucoup de points, si ce n’est sur la plupart, l’Autriche a parfaitement raison et la Serbie est totalement dans son tort…”

A la faveur d’un dîner privé, le 26 juillet 1914, offert au frère cadet du Kaiser, le prince Henri, le roi George V promit : « Nous essaierons de nous tenir en dehors de tout cela, et nous resterons neutres ». Le Kaiser fit naturellement grand cas de cette promesse. Ce n’était pas le boniment d’un politicien, « Il avait la parole d’un roi ».

Par la suite, le secrétaire d’État US Robert Lansing retirera une phrase clef du texte qui précisait l’implication de la Serbie. Cette altération délibérée laissait à croire que le Dr von Wiesner pensait que la Serbie était innocente. Ce sera un des éléments qui permettront, lors de la rédaction du Traité de Versailles de faire reposer l’entière responsabilité de la guerre sur l’Allemagne et l’Autriche. Le soutien de Guillaume II à l’Autriche dans le cas d’une attaque contre la Serbie fut présenté par la suite comme un chèque en blanc, un ultimatum. Ce fut une déformation majeure de l’Elite secrète, mais ce n’était absolument pas le cas, le Kaiser n’admettait tout simplement pas le soutien de son cousin le Tsar aux régicides serbes. Ce mensonge délibéré faisant du Kaiser un instigateur de la guerre accéda au statut de vérité de l’Histoire officielle et c’est ce que les étudiants apprennent aujourd’hui dans leurs livres.

Le Traité de Versailles

Le 28 juin 1919, tout sera choisi pour humilier les allemands. Lors de la signature de l’Armistice, galerie des glaces à Versailles, des gueules cassées sont placées sur le parcours des signataires allemands. Auparavant, ils avaient été conduits à travers les territoires détruits : “Vous êtes responsables de tout cela”. Les Allemands seront exclus des négociations de paix, ce qui ne s’était jamais produit dans toute l’histoire des traités. On comparera avec le Congrès de Vienne (1815) où le ministre français des Affaires étrangères Talleyrand jouera un rôle important.

Llyod George déclarera lors de la signature :

“Messieurs, ce n’est ni le temps ni le lieu de discours superflus. Vous avez devant vous les représentants des nations qui se sont unies pour  résister à une guerre qui nous a été imposée pendant plus de quatre ans d’une façon tout à fait cruelle. Vous voulez la paix, nous sommes disposés à vous l’accorder. Voici le livre concernant nos dispositions. (400 clauses, toutes très dures pour une Allemagne qui est responsable de tout)”.

L’Angleterre obtiendra toute la flotte et, avec la France et la Belgique, les colonies africaines allemandes. L’Allemagne perdra 13% de son territoire, dont le corridor de Danzig, ville de 350 000 habitants où plus de 96% sont allemands ! « Le droit des peuples à disposer d’eux- mêmes », un des 14 point de la doctrine Wilson, qui était de plus ségrégationniste dans son pays, ne s’appliquera pas aux vaincus. On notera aussi, que ces 14 points sont très favorables au gouvernement bolchevique de Russie où des aides sont prévues.

Quelques déclarations de politiciens français et anglais

A l’occasion du centenaire du début de la guerre puis du Traité de Versailles, il y a eu en France de nombreuses émissions à la radio et à la télévision. La doxa officielle n’aura pas varié : l’Allemagne est la cause de tout.

Les déclarations ci-dessous de différents responsables politiques favorables au conflit sont référencées (accessibles sur Google) et caractéristiques d’une absence d’empathie. Ces déclarations qui contredisent fortement les responsabilités allemandes ne sont généralement pas rapportées dans les médias. Dans certaines émissions et sur Wikipédia, il est cependant parfois noté que l’Allemagne n’était pas la seule responsable, mais sans autre précision.

Joseph Caillaux, ministre, est favorable à une alliance avec l’Allemagne.

L’Elite secrète et l’ambassadeur russe en France, Alexandre Isvolski, subventionneront une presse nationale majoritairement anti-boche et assoiffée de revanche depuis la défaite de 1871. Si la population est très va-t-en-guerre, il existe un bloc important de ministres pacifistes. Henriette Caillaux tire en mars 1914 sur Gaston Calmette, directeur du Figaro qui traînait son mari pacifiste dans la boue. Mobilisé, il déclarera en 1914 en désignant l’état-major : “Ceux qui sont là-dedans ne savent rien, ne comprennent rien. Ils ne savent pas à quel ennemi nous avons à faire, ils ne comprennent pas que nous sommes lancés – par qui ? – dans une guerre effroyable… Comment finira-t-elle ? Moi, je voulais éviter cela”. Il sera poursuivi pour complicité avec l’ennemi après la guerre !

Jean Jaurès, député radical socialiste et pacifiste intégral, sera assassiné le 31 juillet 1914 par un revanchard exalté.

Jaurès envisageait de déclencher une grève générale européenne pour marquer l’opposition de la classe ouvrière à la guerre. Cette pression revancharde est telle que lui-aussi, prendra ses distances devant la tombe de Jean Jaurès. Il décrira la guerre comme un crime, mais comme un crime inévitable. C’est précisément ce que refusait Jaurès qui est mort pour avoir crié, qu’on pouvait empêcher la guerre. Jouhaux déclarera : “ Je crie devant ce cercueil toute notre haine de l’impérialisme et du militarisme sauvage qui déchaîne l’horrible crime … Non, camarades, notre idéal de réconciliation humaine ne sombre pas… C’est l’ombre du grand Jaurès qui nous l’atteste”. En fait ce que dit l’ombre du grand Jaurès contredit totalement les propos du Jaurès réel. Jaurès avait déclaré, le jour de sa mort au ministre A. Ferry, qu’ii dénoncerait le lendemain dans l’Humanité le bellicisme de la France et de la Russie

Raymond Poincaré, un homme proche de l’Elite

Le samedi 1er juillet 1916, il y a cet écrit singulier du Président Poincaré depuis le palais de l’Élysée : “ Le sang coule à flot au nord de la Somme, pendant ce temps le soleil joue à travers les arbres de l’Elysée. Ormes, sycomores, acacias, marronniers d’Inde ont des airs de toutes nuances qui font dans la lumière une harmonie délicieuse. Ramiers, merles et petits oiseaux s’ébattent sur la pelouse. Là bas à Verdun ou dans la Somme, meurent des milliers de braves.”

Winston Churchill, une personnalité inquiétante, “borderline”

Dans une lettre écrite à sa femme : “Ma chérie, nous approchons d’une catastrophe et cela me rend heureux. C’est horrible d’être comme cela, n’est ce pas…Pour rien au monde je ne voudrais être en dehors de cette délicieuse guerre”. Lettre du journal de Margot Asquith, Janvier 1916 ; publié par Oxford University Press, juin 2014.

Margot Asquith écrira aussi :“Quel étrange personnage ! Il aime vraiment la guerre. Il serait très triste si on lui annonçait que la guerre est finie. Son cœur n’a aucune imagination “.

Margot Asquith’s Great War Diaries. “Insolent’ Churchill, ‘ignorant’ Kitchener: waspish wartime diaries of Margot Asquith”. (The Guardian, 8 juin 2014).

“Je pense qu’une malédiction me poursuit – parce que j’adore cette guerre. Je sais qu’elle détruit les vies de milliers de personnes à chaque moment – et malgré tout – je n’y peux rien – j’en aime chaque seconde”. Winston Churchill, lettre à sa femme Clémentine (1916)

En 1918, alors qu’il se trouve à l’hôtel Ritz, il écrit : “J’essaie aussi de faire en sorte que les Allemands reçoivent une bonne première dose de gaz moutarde avant la fin du mois. C’est très gratifiant d’entendre leurs gémissements dans la défaite”.

Grand responsable de WWI, il écrira un quart de siècle plus tard, dans son livre : Great Contemporaries, (The Reprint Society, London 1941), p. 28 : “L’Histoire, doit être plus charitable et acquitter William II d’en être le comploteur et l’organisateur”.

David Llyod George, un homme politique manipulateur et sans principe.

Premier ministre de George V, il déclare devant le Parlement anglais en 1917 à l’occasion de l’abdication du Tsar Nicholas II allié de l’Angleterre: “L’Angleterre a achevé l’un de ses objectifs les plus importants”. Lors de la prise du pouvoir par les bolcheviques en Russie, à la demande d’asile politique de Nicolas pour lui-même et sa famille, George V abandonne son cher cousin et Llyod George répondra que ce n’était pas opportun, famille et domestiques seront ensuite assassinés. Au moment de la rédaction du traité de Versailles, il demandera l’extradition de Guillaume II à la Hollande où il s’était réfugié pour qu’il soit jugé. Il souhaitera publiquement qu’il soit pendu. En 2018, le journal anglais The Independent rappellera un fait jamais publié. Lloyd George étant Premier ministre, l’aviation anglaise bombardera, en 1918, dans le Nord de la France le château où était censé se trouver Guillaume II.

Dans ses mémoires, Llyod George conviendra : “La dernière chose que l’orgueilleux Kaiser voulait c’était une guerre européenne”.

Nihil est sine ratione

L’Angleterre était la grande puissance thalassocratique au 19ème siècle. Les Etats–Unis assurent aujourd’hui, avec le contrôle de l’OTAN, cette volonté de domination anglo-saxonne sur le monde.

Le Chancelier Bismarck, en constituant dans les années 1880 avec l’Autriche-Hongrie et la Russie « la Ligue des trois empereurs » (The Dreikaiser bund), avait compris le danger que représentait l’Angleterre. A l’occasion du Congrès de Berlin en 1878, Benjamin Disraeli déclarera: Notre objectif principal était de prévenir toute alliance entre les trois puissances centrales européennes et “Je déclare qu’aucun succès diplomatique ne fût aussi parfaitement obtenu”. (Disraeli and the Art of Victorian Politics, Ian St John, Anthem Press et La vie de Disraeli, André Maurois, livre de poche Gallimard, 1967).

George Friedman déclarera, le 4 Février 2015 à l’occasion du Chicago Council on Global Affairs : “La Russie représente la seule force qui pourrait nous menacer et nous devons nous assurer que cela n’arrivera pas. L’intérêt primordial des USA pour lequel nous avons fait des guerres pendant des siècles : WWI, WWII et la guerre froide a été la relation entre l’Allemagne et la Russie… Je veux parler ici de la technologie et du capital allemand avec les ressources naturelles russes et la main d’œuvre russe comme la seule combinaison qui fait très peur aux USA depuis des siècles”.

Conclusion :

Il y a près de 36 000 communes en France. Dans chacune on trouve un Monument aux Morts de la 1ère Guerre mondiale où, à la suite de la liste des morts, il est souvent écrit : POUR QUE LA FRANCE VIVE ou, POUR QUE LA FRANCE DEMEURE LIBRE. La menace allemande était un montage de l’Elite. On pourrait remplir des pages de déclarations bellicistes faites par des hommes politiques anglais ou français, de tracts de propagande outranciers voire de mensonges. Les représentants actuels de l’Elite anglo-saxonne pourraient aujourd’hui déclarer : “Aucune manipulation médiatique ne fut aussi parfaitement obtenue”. Je ne sais pas si ce mensonge sera un jour publiquement démasqué. Il existe de nombreux livres, voir par exemple ci-dessous 1 à 7, qui écrivent la vérité mais ils ne sont jamais cités ou référencés car ce sont les universitaires conformistes qui occupent les chaires académiques. Dans une émission récente sur la chaîne française France 4, un soldat canadien à la fin de la guerre, écrivait à sa mère : “J’espère que vous ne me condamnerez pas pour avoir épousé une fille dont le père est allemand. Rosa est très gentille et sérieuse et a été très aimable avec moi. S’il vous plaît, ne la condamnez pas avant de la voir”. Une telle lettre montre l’impact de la propagande médiatique germanophobe dans un pays lointain comme le Canada.

Peut-être que, dans le futur, les Européens verront ces monuments dédiés à des millions de morts comme une condamnation de l’Utopie mondialiste ou des tentations unipolaires. On ne peut qu’être inquiet car, par projection accusatoire, tous les articles et émissions TV, dans tous les grands médias occidentaux, répandent dans presque tous les pays la haine du nationalisme.

La propagande est toujours aussi massive et les exemples récents de deux présidents US, Bush père, qui, pour rendre sa guerre du Golfe acceptable, inventa, à défaut de mains coupées, des bébés koweitiens sortis des couveuses et Bush fils qui délégua son ministre Colin Powell pour brandir son éprouvette d’anthrax devant l’ONU, ne sont pas rassurants. Le drame aujourd’hui, dans notre monde occidental façonné par les médias, est que des dirigeants peuvent mentir sans aucun risque pour leurs carrières ni, apparemment, pour leurs consciences.

Références :

1 – Gerry Docherty et Jim MacGregor, deux livres : l’Histoire Occultée, Les origines secrètes de la première guerre mondial. Editions Nouvelle Terre, 2017

2 – Jim MacGregor et Gerry Docherty, 1914-1918, Prolonger l’Agonie : Comment l’oligarchie anglo-américaine a délibérément prolongée la Première Guerre mondiale de trois ans et demi, tome 1, Editions Nouvelle Terre 2018

3 – Carroll Quigley, Histoire Secrète de l’Oligarchie Anglo-américaine, Le Retour aux Sources,

2015, The Anglo-American Establishment, New York, Book in Focus, 1981

4 – Carroll Quigley, Tragedy and Hope : A history of the World in Our Time, New York, The Macmillan Company, 1966

5 – Patrick J. Buchanan, Churchill, Hitler and the Unnecessary War, Three Rivers Press, 2008

6 – Nick Kollerstrom, How Britain initiated both world wars, Autoédition, CreateSpace Independent Publishing Platform, No copyright 2017

7 – H .H. Asquith, letters to Venetia Stanley, rassemblées par Michael et Eleanor Brock, Owford – University Press, 1982

8 – Olivier Reboul, La Rhétorique, Que sais-je ?, PUF, 1993

source : http://www.france-irak-actualite.com/2019/11/a-propos-des-responsabilites-dans-la-premiere-guerre-mondiale-wwi-2.html

https://reseauinternational.net/a-propos-des-responsabilites-dans-la-premiere-guerre-mondiale/

mardi 30 janvier 2024

Octobre 1916 : Naissance des Allocations familiales

 

Avec d'autres patrons Chrétiens-sociaux, Emile Romanet créés les Allocations familiales
Emile Romanet - Inventeur des Allocations familiales

Dans la mémoire collective, notre histoire sociale se résume à quelques symboles: les congés payés en 1936, la sécurité sociale en 1945. C’est négliger ce qui les précède comme si la loi se faisait en un jour. L’histoire a retenu la généralisation, ignorant la genèse. De même que nombre d’ouvriers bénéficiaient de congés payés avant 1936, les assurances sociales n’ont pas été inventées en 1945, lorsqu’elles sont devenues universelles et obligatoires.

Avant le monopole de la Sécurité sociale, il y a eu des chrétiens qui ont oeuvré pour une politique familiale

Invention des allocations familiales

Il faut remonter une trentaine d’années plus tôt pour qu’Émile Romanet «invente» les allocations familiales. [...] Fervent catholique, il s’intéresse de près au sort des ouvriers. L’aide sociale est alors erratique et tient souvent davantage de la charité que des droits. Les syndicats se focalisent sur les salaires et la famille est plus une menace qu’un enjeu. Aussi, est-ce à la fois par le secteur public (ainsi du supplément journalier de 5 centimes par enfants accordé aux salariés du ministère de la Marine en 1860) et par le courant chrétien-social que surgit un «mouvement d’aide à la famille.»

Le courant chrétien-social porte des idées novatrices

Car, tout au long du XIXe siècle, le courant chrétien-social porte des idées novatrices: ainsi de Charles de Montalembert, qui demande l’interdiction du travail des enfants, de Frédéric Ozanam ou d’Armand de Melun, révoltés par l’étendue de la misère ouvrière, ou encore d’Albert de Mun, qui fonde des cercles ouvriers, sans oublier Frédéric Le Play qui publie La réforme sociale en France en 1864. Avec l’encyclique Rerum novarum (1891) qui pose la question de la justice dans le salaire, plusieurs industriels vont mettre ces idées en application.

Peu après, Léon Harmel, industriel champenois, entend créer une «usine chrétienne», où les ouvriers gèrent des caisses de secours ou de crédit, des cercles d’études ou des associations religieuses… Il crée un «supplément familial au salaire».

« Cette institution, bien qu’entièrement alimentée par la caisse patronale, est gérée complètement par une commission ouvrière, qui se réunit chaque semaine, prend connaissance des salaires insuffisants et les complète en nature, au gré des familles. »

Dans le département de l’Isère, où travaille Romanet, les premiers réseaux de protection sociale se sont constitués au XIXe siècle: on y trouve plusieurs sociétés de charité, bienfaisance ou de prévoyance, des caisses de retraites des ouvriers… Entre logement et famille, chez les patrons chrétiens, la fibre sociale est intimement liée à la foi. Ils n’hésitent pas à assumer ce qui nous apparaît aujourd’hui comme du paternalisme. [...]

Création du premier comité d'entreprise en 1906

Avec la confiance de Joya père, puis fils, Émile Romanet s’emploie régulièrement à améliorer le sort des ouvriers, faisant grincer quelques dents dans le patronat… En 1906, il crée un conseil d’usine, préfiguration des comités d’entreprise, et met en œuvres diverses mesures: retraite supplémentaire, salle de lecture, jardins ouvriers, bureau de placement…

6 octobre 1916 : Les bonifications familiales

Pour qu’il devienne le «père» des allocations familiales, il faut juste un déclic. Qui survient le 6 octobre 1916, en pleine bataille de Verdun, lorsque le gouvernement invite les Français à souscrire un emprunt de guerre. Romanet relaie l'information auprès des ouvriers. Ceux-ci lui disent qu’ils n’ont pas les moyens d’y participer, «avec leurs charges de famille.» Et l’invitent à faire une «petite enquête» pour voir «ce qui se passe dans les familles ouvrières». [...]

Peu après, Romanet convainc le Syndicat patronal. En novembre les «bonifications familiales» sont généralisées dans l’Isère, en Savoie et Haute-Savoie –avec quelques mesquineries ici ou là. [...]

Avril 1918 : Création des premières caisses d'allocations familiales

Au même moment, et sans se connaître, Émile Romanet et Émile Marcesche ont alors l’intuition des caisses de compensation, alimentées par des cotisations des employeurs en proportion des heures travaillées et des salaires versés. Cette mutualisation des charges donne l’élan nécessaire à la généralisation des allocations familiales. En avril 1918, le Syndicat patronal des constructeurs mécaniciens et fondeurs de l’Isère, Savoie et Haute-Savoie donne l’exemple. Après-guerre, plusieurs branches industrielles s’en emparent: Syndicat national des constructeurs mécaniciens et fondeurs, Union des industries métallurgiques et minières, Bâtiments et travaux publics… En parallèle, sous «l’influence des cercles catholiques et des syndicalistes chrétiens (la CTFC)», les caisses de compensation interprofessionnelles se développent: 81 en 1922 , 160 en 1925, 230 en 1930, pour 1,8 millions de salariés bénéficiaires. Seul le petit commerce y reste hostile.

1932 : Généralisation des allocations familiales

La suite est plus connue. En 1928 et 1930, sous Poincaré, la loi sur les assurances sociales couvre la maladie, la vieillesse et l'invalidité, puis, en 1932, le dispositif des allocations familiales est généralisé par la loi Landry.

Toutes ces mesures seront unifiées en octobre 1945 dans le cadre global et obligatoire de la Sécurité sociale. L'État a pris le relais des initiatives patronales."

L'Etat a surtout confisqué les caisses d'allocations familiales et monopolisé ce système qu'il contrôle désormais et qu'il peut mettre... sous condition de ressource.

http://histoirerevisitee.over-blog.com/2017/06/octobre-1916-naissance-des-allocations-familiales.html

mardi 19 décembre 2023

Heia Safari ! Bernard Lugan raconte l’histoire du général von Lettow-Vorbeck

 

12/12/2017 – 07h45 Paris (Breizh-info.com) –Heia Safari ! C’est sous ce titre que l’historien Bernard Lugan raconte l’histoire méconnue du général allemand von Lettow-Vorbeck.

De 1914 à 1918, loin des fronts d’Europe, dans l’est africain, coupés de toute possibilité de ravitaillement, et commandés par le colonel puis général Paul von Lettow-Vorbeck, quelques milliers d’Allemands et d’askaris résistèrent à 300 000 soldats britanniques, belges, sud-africains et portugais.

Au mois de mars 1916, après deux années de victoires remportées au cri de « Heia Safari », l’arrivée de plusieurs dizaines de milliers de soldats sud-africains contraignit von Lettow-Vorbeck à changer de tactique.

Il choisit alors celle du repli offensif, se dérobant devant des forces trop nombreuses pour les attaquer ensuite par surprise. De novembre 1917 à septembre 1918, sa retraite offensive le conduisit jusqu’au Mozambique où il enchaîna les victoires.

Au mois de septembre 1918, alors qu’il lui restait moins de 200 Allemands et environ 2 000 askaris, le général von Lettow-Vorbeck décida d’envahir la colonie britannique de Rhodésie. Le 13 novembre, il y apprit qu’un armistice avait été signé en Europe. Il refusa de se rendre, déclarant au commandement britannique qu’il pouvait encore combattre durant deux années.

Finalement, le 25 novembre 1918, en Rhodésie du Nord, l’actuelle Zambie, et alors que l’armistice était signé depuis 14 jours, 155 Allemands, officiers, sous-officiers, rappelés et volontaires, ainsi que 1156 askaris et 1598 porteurs se formèrent en carré face aux forces britanniques. Devant eux, le chef admiré auquel les askaris avaient donné le nom de « Bwana mukubwa ya akili mingi » (le grand homme qui peut tout).

Rentré en Allemagne, le 1er juillet 1919, sur ordre du gouvernement, le général von Lettow-Vorbeck écrasa le soulèvement communiste à la tête d’un corps de volontaires, le « Lettow-Korps ».

Du Kilimandjaro aux combats de Berlin, cette épopée méconnue qui mériterait d’être enseignée dans les académies militaires, est ici racontée dans un livre abondamment illustré.

Von Lettow-Vorbeck

Table des matières :

Chapitre I :
– De Pékin au Sud-Ouest africain (1900-1907)
Chapitre II :
– L’Est africain allemand avant l’arrivée du colonel von Lettow-Vorbeck
Chapitre III :
– 1914 – 1915 : von Lettow-Vorbeck prend l’avantage
Chapitre IV :
– Les opérations navales
Chapitre V :
– 1916 : L’offensive anglo-belge
Chapitre VI :
– 1917 : comment retarder l’inéluctable ?
Chapitre VII :
– Von Lettow-Vorbeck envahit le Mozambique
Chapitre VIII :
– La fin de la guerre
Chapitre IX :
– Retour en Allemagne : von Lettow-Vorbeck face aux bolcheviques
Conclusion 
Bibliographie
Index de noms utilisés

IMPORTANT : CE LIVRE EST UNIQUEMENT DISPONIBLE VIA L’AFRIQUE REELLE

– 36€ pour livraison en France (colissimo suivi)

– 42€ pour l’Europe

– 47€ pour le reste du monde

Pour le commander c’est ici

Illustration : DR
Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine.

https://www.breizh-info.com/2017/12/12/84077/heia-safari-bernard-lugan-raconte-lhistoire-general-von-lettow-vorbeck/

lundi 13 novembre 2023

La France n’a pas gagné la Première Guerre mondiale grâce à l’Afrique et aux Africains

 

La France n’a pas gagné la Première Guerre mondiale grâce à l’Afrique et aux Africains

Par Bernard Lugan, universitaire africaniste, historien, écrivain… Dans la grande entreprise de réécriture de l’Histoire de France par les partisans du « Grand Remplacement », la Première Guerre mondiale, et plus particulièrement la bataille de Verdun, constituent un argument de poids. Son résumé est clair : les Africains ayant permis la victoire française, leurs descendants ont donc des droits sur nous.

Voilà qui explique pourquoi ces ardents défenseurs du « vivre ensemble » que sont MM. Samuel Hazard, maire socialiste de Verdun, et Joseph Zimet, à la ville époux de Madame Rama Yade et en charge de la Mission du centenaire de la Grande Guerre, ont voulu mettre le sacrifice de millions de Poilus au service de leur idéologie.

Laissons donc parler les chiffres (*) :

Effectifs français (métropolitains et coloniaux)

  • Durant le premier conflit mondial, 7,8 millions de Français furent mobilisés, soit 20% de la population française totale.
  • Parmi ces 7,8 millions de Français figuraient 73.000 Français d’Algérie, soit environ 20% de la population « pied-noire ».
  • Les pertes françaises furent de 1.300.000 morts, soit 16,67% des effectifs.
  • Les pertes des Français d’Algérie furent de 12.000 morts, soit 16,44% des effectifs.

Effectifs africains

  • L’Afrique fournit dans son ensemble 407.000 hommes, soit 5,22% de l’effectif global de l’armée française.
  • Sur ces 407.000 hommes, 218.000 étaient des « indigènes » originaires du Maroc, d’Algérie et de Tunisie, soit 2% de la population de ces trois pays.
  • Sur ces 218.000 hommes, on comptait 178.000 Algériens, soit 2,28% de tous les effectifs français.
  • L’Afrique noire fournit, quant à elle, 189.000 hommes, soit 1,6% de la population totale et 2,42% des effectifs français.
  • Les pertes des unités nord-africaines furent de 35.900 hommes, soit 16,47% des effectifs.
  • Sur ces 35.900 morts, 23.000 étaient algériens. Les pertes algériennes atteignirent donc 17.98% des effectifs mobilisés ou engagés.
  • Les chiffres des pertes au sein des unités composées d’Africains sud-sahariens sont imprécis. L’estimation haute est de 35.000 morts, soit 18,51% des effectifs ; l’estimation basse est de 30.000 morts, soit 15.87%.

Pour importants qu’ils soient, ces chiffres contredisent donc l’idée reçue de « chair à canon » africaine.

D’ailleurs, en 1917, aucune mutinerie ne se produisit dans les régiments coloniaux, qu’ils fussent composés d’Européens ou d’Africains.

Des Africains ont donc courageusement et même héroïquement participé aux combats de la « Grande Guerre ». Gloire à eux !

Cependant, compte tenu des effectifs engagés, il est faux de prétendre qu’ils ont permis à la France de remporter la victoire. Un seul exemple : le 2e Corps colonial engagé à Verdun en 1916 était composé de 16 régiments. Les 2/3 d’entre eux étaient formés de Français mobilisés, dont 10 régiments de Zouaves composés très majoritairement de Français d’Algérie, et du RICM (Régiment d’infanterie coloniale du Maroc), unité alors très majoritairement européenne.

Autre idée reçue utilisée par l’idéologie dominante : ce serait grâce aux ressources de l’Afrique que la France fut capable de soutenir l’effort de guerre.

Cette affirmation est également fausse car, durant tout le conflit, si la France importa six millions de tonnes de marchandises diverses de son Empire, elle en importa 170 millions du reste du monde.

Conclusion : Durant la guerre de 1914-1918, l’Afrique fournit à la France 3,5% de toutes ses importations et 5,22% de ses soldats. Ces chiffres sont respectables et il n’est naturellement pas question de les négliger. Mais prétendre qu’ils furent déterminants est un mensonge doublé d’une manipulation.

Bernard Lugan 13/05/2016

(*)  Les références de ces chiffres sont données dans mon livre Histoire de l’Afrique du Nord des origines à nos jours, Le Rocher, juin 2016.

https://www.polemia.com/la-france-na-pas-gagne-la-premiere-guerre-mondiale-grace-a-lafrique-et-aux-africains/

lundi 6 novembre 2023

BD – Verdun, 1916

 

BD Verdun 1916, Plein Vent, Grandes batailles de l'histoire de France

Jean-François Vivier est le scénariste de nombreuses bandes dessinées à thème historique. Stéphan Agosto, dessinateur de BD, est passionné par la Première Guerre mondiale. Ils ont associé leurs talents pour réaliser un album de qualité consacré à la bataille de Verdun.

Le récit débute par l’inauguration de l’ossuaire de Douaumont en août 1932. C’est l’occasion pour des anciens combattants de se retrouver et se remémorer ensemble les souvenirs terribles de l’enfer sur terre que fut Verdun durant le premier conflit mondial.

C’est une guerre qui commence avec des charges de cavalerie et bascule dans la modernité avec des combats aériens, des tanks et des armes chimiques. C’est une époque révolue où un député, Emile Driant, choisit dès l’entrée de la France en guerre, de se réenrôler et de prendre la tête d’un bataillon de chasseurs, trouvant la mort à Verdun en 1916 avec la plupart de ses hommes. C’est une époque de guerre de tranchées, de bombardements interminables et de charges à la baïonnette, de boue et de sang,

75 % des Français en âge de combattre sont passés par Verdun

Verdun va catalyser l’attention, devenir un enjeu majeur et enliser les belligérants des deux camps. A 59 ans, le général Philippe Pétain se voit confier par Joffre le commandement de la bataille de Verdun. Il parvient à endiguer l’attaque allemande au début de la bataille. Les soldats vivent sous un déluge de feu, jouent chaque jour avec la mort. Pétain sait galvaniser les troupes mais aussi les épargner. Joffre trouve qu’il n’est pas assez offensif. Pétain obtient tout de même que toute division ayant perdu au moins la moitié de ses effectifs soit remplacée. C’est pour cela que 75 % des Français en âge de combattre sont passés par Verdun. L’armée française va compter 160 000 tués, dont 100 000 disparus dont les restes reposent dans l’ossuaire de Douaumont.

Cette bande dessinée est un bel hommage rendu au sacrifice de tant de nos aïeux. Le dessin est parfait, sachant accorder un regard vraiment humain à ces soldats tout en étant d’une grande rigueur uniformologique et historique. Saluons aussi la grande efficacité de la mise en couleurs par Joël Costes.

Un beau cadeau pour que les plus jeunes n’oublient pas.

Verdun 1916, Jean-François Vivier, Stéphan Agosto, Joël Costes, éditions Plein Vent, collection  Les grandes batailles de l’histoire de France, 48 pages, 15,90 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/bd-verdun-1916/181870/

mardi 10 octobre 2023

Pâques 1916. Cumann na mBan. Un mouvement de femmes celtes. Par Fabien Régnier

 

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03/05/2016 – 07h00 Dublin (Breizh-info.com) – Fabien Régnier, rédacteur en chef de la revue Keltia Magazine, nous adresse en exclusivité pour Breizh-info.com un article tiré du dernier numéro consacré notamment à l’Irlande.

Au début du XXe siècle, il était admis dans tous les pays que les femmes ne pouvaient en aucun cas participer à des combats. Même au plus dur de la Première Guerre mondiale, les belligérants n’envisagèrent le rôle des femmes qu’à l’arrière, comme infirmières ou comme ouvrières d’usines quand le manque d’hommes devint criant. Elles n’avaient d’ailleurs pratiquement aucun droit, et surtout pas celui de voter ou de participer à la vie active des divers pays car on ne les en jugeait pas dignes.

C’est pourtant une toute autre vision du rôle de la femme qu’allait développer le mouvement insurrectionnel irlandais, seul en Europe à renouer avec l’une des plus honorables caractéristiques de la culture celtique, concernant la place des femmes dans la société. Après le départ des Anglais, les insurgés du Sinn Fein établirent des structures dans lesquelles hommes et femmes avaient les mêmes droits et les mêmes fonctions. Mais il y eut un début héroïque à tout cela. Il est très peu connu et nous voulons vous en parler.

La fondation

Le premier meeting, considéré comme acte fondateur, eut lieu à l’hôtel Wynne à Dublin, le 2 avril 1914, c’est-à-dire quelques mois seulement avant le déclenchement de la Guerre mondiale1. La situation tragique de l’Irlande sous occupation anglaise, l’impitoyable traitement qui lui était infligé et n’était que le prolongement de nombreux siècles d’oppression, avait conduit l’organisation de la résistance nationaliste autour du Sinn fein2. Celle-ci incorporait principalement des hommes, mais les femmes irlandaises souffraient tout autant que ceux-ci. La femme qui prit l’initiative de cette réunion se nommait Kathleen Lane-O’Kelly. On peut donc légitimement lui attribuer la fondation du mouvement. Celui-ci prit le nom celtique de Cumann na mBan qui, en gaëlique signifie tout simplement « Association des Femmes ».

Le « Haut Arbre »

Des « branches » furent mises en place, la première portant le nom de Ard Chraobh (le Haut Arbre, en réference au chêne sacré des druides). À partir de ce moment, ces militantes de la renaissance irlandaise commencèrent à s’entraîner au maniement du fusil et du revolver. Une photo représente la comtesse Constance Markiewicz3 un revolver à la main en plein entraînement. Toutes ces femmes avaient conscience de l’imminence du combat pour la liberté. Et toutes étaient prêtes à se sacrifier pour ce qu’on nommait « la Cause ». 10 000 femmes irlandaises s’enrôlèrent dans le Cumann na mBan au cours des deux années qui suivirent sa fondation, ce qui est énorme, surtout pour un si petit peuple.

L’insurrection

Lorsque les volontaires entrèrent dans Dublin, le 23 avril 1916, pour se sacrifier afin d’accomplir la première révolution celtique de l’Histoire, en sachant par avance qu’ils seraient écrasés, ils pénétrèrent dans la ville tenue par d’énormes forces anglaises par divers côtés.

Ce même jour, les Dublinois eurent la surprise de voir 70 femmes armées de fusils pénétrer dans la cité dans un ordre impeccable. Elles savaient toutes ce qui les attendait. Pourtant, elles avançaient sans hésitation. C’était le Cumann na mBan.

Certaines, commandées par Winifred Carney, prirent position dans le GPO (General Post Office) qui, inlassablement pilonné par l’artillerie anglaise, allait devenir le symbole de la résistance pour tous les Celtes conscients. D’autres mirent en place des barricades derrière lesquelles elles se retranchèrent à Bolland’s Mill sur le grand canal des docks de Dublin, pour y bloquer l’arrivée des renforts anglais.

En dehors de ces combattantes, d’autres femmes du Cumann na mBan soignèrent les blessés sous la mitraille et les obus. Elles furent également des héroïnes de l’insurrection, même si elles ne se battirent pas.

Ella Young, la comtesse Markievicz et bien d’autres, combattirent avec acharnement. Cette dernière abattit un soudard au service des Anglais qui tirait sur les positions insurgées.

Helena Molony fut grièvement blessée en attaquant le Château de Dublin, place forte des occupants où se trouvaient notamment les geôles dans lesquelles ils torturaient à mort les patriotes.

Il y eut des mortes et des blessées et, parmi les survivantes, bon nombre furent capturées et emprisonnées par les Britanniques. Mais ceci est une autre histoire.

Agnes O’Farrelly assuma la direction du mouvement de sa fondation jusqu’à 1916. La comtesse Markievicz prit sa suite. Cent ans plus tard, les femmes d’Irlande rendent toujours hommage au Cumann na mBan. Nous avons voulu quant à nous réparer l’injustice qui consiste, de ce côté-ci du Channel, à en ignorer jusqu’à l’existence.

Fabien Régnier.

1. En août 1914.
2. « Nous-mêmes ».
3. Elle ne devait en réalité son titre de comtesse qu’en raison du fait que son époux était un comte polonais, révolutionnaire patriote, ayant fui la Pologne occupée, après l’écrasement de l’insurrection patriotique par les armées russes.

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Crédit photos : anphoblacht
[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

https://www.breizh-info.com/2016/05/03/42937/cumann-na-mban-mouvement-de-femmes-celtes-fabien-regnier/

jeudi 5 octobre 2023

Irlande. Centenaire de l’insurrection de Pâques 1916 – notre sélection de livres

 

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27/03/2016 – 08h15 Dublin (Breizh-info.com) – A l’occasion du centenaire de l’insurrection de Pâques 1916, en Irlande, nous vous proposons une sélection de livres fondamentaux pour comprendre ce qu’il s’est passé chez nos cousins Irlandais. Et ce qu’il a pu se passer, plus récemment, au court du conflit en Ulster. Cette sélection est non-exhaustive, et uniquement composée de livres en français.

La résistance irlandaise, 1916-1992, par Roger Faligot

La première édition de La résistance irlandaise, est publiée en 1977 dans la Petite collection Maspero. Elle a été rédigée dans le feu de l’action, après que Roger Faligot a vécu en Irlande où il a été le correspondant de Libération, et le collaborateur, puis correspondant en France des journaux irlandais The Irish Times, Hibernia et The Sunday Tribune.
L’ouvrage est ainsi présenté :
« L’Irlande, un Vietnam au coeur du marché commun. Une analyse détaillée des données historiques et politiques. La vieille IRA. La guerre d’indépendance et la guerre civile. La partition de l’Irlande et la création de l’Etat d’Ulster. La nouvelle résistance. Stratégie britannique et lutte des catholiques pour les droits civiques. Le mouvement républicain irlandais et la lutte armée. Vers l’ulstérisation de la guerre d’Irlande ? »

En 1992, la jeune maison d’édition rennaise Terre de Brume publie une nouvelle édition de La résistance irlandaise, mise à jour et qui annonce notamment la recomposition du Royaume-Uni avec la dévolution pour l’Écosse et le Pays de Galles, ainsi que les balbutiements des négociations entre le mouvement républicain irlandais et le gouvernement de Londres.
Enfin, la troisième édition de La résistance irlandaise (1916-2000) – à nouveau réactualisée chez Terre de Brume – confirme ces prédictions et détaille les méandres du processus de paix dans lequel sont engagés les républicains irlandais et le SDLP de John Hume, le gouvernement de Tony Blair, les unionistes autour de David Trimble, les gouvernements dublinois successifs et les administrations américaines.
Cette version mise à jour, l’éditeur la présente ainsi :
« Ce sera peut-être l’ultime édition de La Résistance irlandaise. Son auteur, Roger Faligot l’espère. Le processus de Paix qu’il appelait de ses vœux et croyait déjà possible en 1992, semble vraiment ancré dans l’île d’Émeraude, malgré les réticences des dissidents.
Du coup, c’est une histoire totalement réactualisée que Roger Faligot propose au lecteur. D’abord, il poursuit le récit historique depuis que le gouvernement Major a engagé les pourparlers avec l’IRA jusqu’à nos jours. Il révèle dans cet ouvrage, qui retrace l’histoire du mouvement républicain depuis Pâques 1916, les coulisses des négociations secrètes qui ont permis l’accord historique du Vendredi Saint 1998.
De plus, l’amosphère nouvelle qu’a entraînée la trêve des groupes armés et la démilitarisation britannique lui ont permis d’ouvrir sur place des dossiers jusqu’ici scellés et de recueillir des témoignages exclusifs.
Quelle Irlande se profile à l’aube de l’an 2000, alors que s’amorce la désintégration du Royaume-Uni dans le cadre de l’Europe des régions ? Comment s’effectuera la réconciliation entre communautés du nord ? La réunification des 32 comtés d’Irlande est-elle inévitable ou dépassée par la nouvelle donne du post-nationalisme qui s’ouvre devant nous ? »

Un classique. A commander ici

Pâques 1916, renaissance de l’Irlande, par Philippe Maxence

Une présentation pédagogique sous forme de manuel illustré, accessible à tous. Un moment clef de l’histoire irlandaise revécue heure par heure aux côtés d’hommes et de femmes de caractère (Michaël Collins, Eamon De Valera, Patrick Pearse…)
Une Cause nationale défendue Évangile à la main

 Nation catholique, l’Irlande a connu pendant plusieurs siècles une occupation étrangère et la soumission à une autre foi. En 1916, malgré l’échec apparent, est lancé le mouvement définitif de sa libération.
Lundi 24 avril 1916, le soleil illumine Dublin. Vers 10 h, les hommes des Irish volunteers et de l’Irish Citizen Army font leur jonction avant d’investir la Grande Poste, symbole du pouvoir britannique. À midi, le jeune poète Patrick Pearse déclare solennellement l’indépendance de l’Irlande : « Au nom de Dieu et des générations, l’Irlande appelle ses enfants à se rallier à son étendard et à frapper pour sa libération. »
La riposte anglaise est sanglante et pourtant, moins de six ans plus tard, tout bascule, le drapeau vert, blanc, orange flotte haut sur la Grande Poste.
Voici pour le comprendre le dictionnaire complet de cette insurrection dont Philippe Maxence, en fin connaisseur de l’âme gaélique, dresse le portrait humain, géographique, politique et littéraire, avec le souci des motivations de chaque camp. Une rétrospective alerte et colorée qui donne le goût des libertés qui s’enracinent.
Trois parties : L’histoire – Les dictionnaires – Les annexes.
 
Pâques 1916, renaissance de l’Irlande – Via Romana  – Philippe Maxence – à commander ici
 

Michael Collins: Une biographie, par Pierre Joannon

Pour les Irlandais, il est le «Big Fellow», l’homme qui a réussi à mettre en échec toutes les forces conjuguées d’un empire qui s’étend, au lendemain de la Première Guerre mondiale, jusqu’aux confins du globe. Pour les Anglais, qui ont mis sa tête à prix, Michael Collins est le stratège le plus diabolique d’une armée de l’ombre et de la nuit. Dublin est son royaume.

Il y règne sans partage et sans peur. D’une folle imprudence, il ne se cache pas, conspire à visage découvert, boit sec et n’hésite pas à faire le coup de poing avec ses compagnons. Sa ténacité a raison d’un régime colonial vieux de sept cents ans. En 1921, Michael Collins met fin aux hostilités et signe avec Lloyd George et Winston Churchill un traité qui donne l’indépendance à la plus grande partie de l’île. Éclate alors une guerre civile atroce. Dans cet ultime et tragique affrontement entre frères ennemis, Collins rencontrera à la fois la victoire et la mort, fusil au poing, au bord d’une route verdoyante de son comté natal. Cette vie pleine de bruit et de fureur, de sang et de larmes, de rires et d’espoir, a été porté à l’écran par Neil Jordan, le plus talentueux réalisateur irlandais contemporain. Son film Michael Collins a obtenu le Lion d’Or du Festival de Venise 1996, tandis que le prix d’interprétation masculine allait à Liam Neeson, qui incarne de façon bouleversante le rôle-titre.

Pierre Joannon fait découvrir le parcours de l’un des plus grands révolutionnaires du XXème siècle dans ce livre. La base.

A commander ici

James connolly, par Roger Faligot

Plus d’information sur notre article dédié ici.

Patrick Pearse, une vie pour l’Irlande, par Jean Mabire

Jean Mabire nous invite à découvrir la fantastique épopée de cet éveilleur de peuple, combattant, écrivain et poète tout à la fois. Il fut le général en chef et le président du gouvernement provisoire de la république de l’Irlande Libre, proclamée à Dublin le 24 avril 1916, avant d’être fusillé quelques jours plus tard par les forces d’occupation anglaises.

Un livre romancé – contenant quelques imprécisions historiques – mais qui a le mérite de faire découvrir un personnage importante de la révolution irlandaise

A commander ici

Ira. histoire et actualité de l’armée républicaine irlandaise, par Tim Pat Coggan

Il s’agit sans doute du livre majeur sur la question de l’IRA, l’Armée révolutionnaire Irlandaise. Un livre rédigé par le spécialiste irlandais de ce 20 ème siècle si trouble Tim Pat Cogan. Il fait partie des ouvrages – bien rédigé de sucroit – à posséder pour pouvoir comprendre la lutte de libération irlandaise. Le livre a été plusieurs fois réactualisé (il était sorti au départ dans les années 70) et retraduit en Français.

Dublin, 1904-1924. Réveil culturel, révolte sociale, révolution politique : un patriotisme déchiré, Patrick Rafroidi et Pierre Joannon

Une petite ville au pied des montagnes en bordure de mer, sans automobiles, sans autobus, traversée par les trams et les bicyclettes. Une jeunesse en mal d’avenir, un peuple misérable, une bourgeoisie endormie. C’est le moment que choisit Dublin pour le plus spectaculaire des réveils.

Réveil culturel, le seizième jour de juin 1904 choisi par Joyce pour l’extraordinaire odyssée dublinoise qu’il révélera en 1922 au monde littéraire abasourdi, avec en décembre, la création du fameux “Abbey Theatre” où les Irlandais viendront rêver et raffermir leur patriotisme. Réveil social avec les efforts d’organisation syndicale et la grande grève de 1913.

Réveil idéologique, politique et militaire, animé par des hommes aux engagements variés, voire contradictoires, et qui débouchera sur le soulèvement nationaliste de Pâques 1916, les sanglants combats de la guerre d’Indépendance (1919-1921), et les déchirures d’une guerre civile ruineuse (1922-1923). Dublin retombe dans un engourdissement économique, moral et religieux. Soixante ans après, les blessures et le nationalisme restent vivaces, mais les années 1990 proposent d’autres rêves et d’autres rendez-vous.

Un ouvrage très intéressant pour comprendre la naissance des révoltes à Dublin, et les conditions de vie dans cette cité, devenue aujourd’hui grande capitale européenne.

Dublin 1904-1924 – Autrement – En vente ici

La question d’Irlande, par Jean Guiffan

Née de la colonisation anglaise, la ” Question d’Irlande “. vieille d’au moins quatre siècles, aurait-elle enfin trouvé une solution à l’aube du troisième millénaire ? Le problème paraît en effet résolu pour le Sud de l’île. Si la langue anglaise a fini par y supplanter le gaélique, l’impérialisme britannique a progressivement dû abandonner la partie, d’abord sur le plan politique, puis économique avec notamment la bonne intégration de la république d’Irlande dans l’Union européenne. Conséquence directe de la partition de 1920-1921. la ” Question d’Irlande du Nord “, pratiquement oubliée pendant près d’un demi-siècle, a brusquement resurgi à la fin des années 1960, avec pour toute réponse une véritable guerre civile entre les deux communautés jusqu’à la fin des années 1990. Longtemps sans solution, ce conflit à commencer à se dénouer à la suite d’un accord difficilement conclu le 10 avril 1998. Malgré l'” adieu aux armes ” de l’IRA en 2005. il reste encore de nombreux obstacles avant une véritable réconciliation entre les communautés après tant d’années d’affrontement.

Un livre dans lequel l’auteur parvient à rester assez neutre sur le conflit nord-irlandais. Instructif.

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Pour Dieu et l’Ulster, par Dominique Foulon

Les protestants restent souvent les oubliés du conflit nord-irlandais. Cette communauté, d’abord difficile, allie l’austérité des puritains d’Écosse à la morgue britannique. Elle est associée à l’image de l’Ordre d’Orange et à ses défilés traditionnels, aux pasteurs fanatiques et aux paramilitaires les plus cruels.
Or, son histoire révèle bien des aspects méconnus. 

Envoyés coloniser l’Irlande, et plus particulièrement l’Ulster, les protestants seront à l’origine du républicanisme dont se réclame aujourd’hui l’IRA. L’industrialisation particulière du nord-est de l’île contribua à intégrer cette région dans l’économie britannique. 
Plus tard, les conservateurs britanniques utiliseront les craintes de cette communauté pour combattre les velléités d’indépendance de la majorité des Irlandais. Les protestants seront alors étroitement liés au maintien de l’union entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne. Bien que se revendiquant de la “glorieuse révolution” qui défendit les libertés civiles et religieuses, les unionistes, à la tête de leur mini-état mèneront une politique sectaire qui aboutira à l’insurrection nationaliste de 1969. Loyaux sujets de la couronne, les protestants n’hésiteront pas, parfois, à se rebeller contre elle.

Un livre important pour connaître l’histoire de ceux qui ont placé, sous le signe de la Main Rouge, leur combat pour Dieu et l’Ulster. A commander ici

Guérilla en Irlande, par Tom Barry

Ce livre n’est pas une fiction, ni une biographie de la vie de son auteur. Tom Barry ne se concentre ici que sur ce que le titre indique: ses années en tant que combattant au sein de l’armée républicaine irlandaise entre 1920 et 1921.
Le récit est incroyablement complet. L’auteur parvient à retranscrire ses souvenirs avec la force de conviction du républicain convaincu qu’il était et est resté, ainsi qu’à détailler son récit avec la précision de celui qui était aux premières loges des évènements relatées.
Excellent récit historique, il plaira à tous ceux qui aiment lire les récits de guerre racontés par ceux qui les ont vécus .
Livre rare aujourd’hui (il était édité aux Presses Universitaires de Bretagne)
 

Insurrection, de Liam O’Flaherty

Les vaincus n’ont pas de tendresse pour les vainqueur, mais le temps aurait peut-être apaisé la rancoeur de l’Irlande définitivement conquise par l’Angleterre au XIVè siècle si, deux cents ans plus tard, le roi Henry VIII n’avait rompu avec la Papauté et instauré l’anglicanisme. Demeurée catholique, l’ïle rebelle prend parti pour les souverains catholiques Stuart et paie cher sa fidélité.
L’excès de misère et de servitude où les Irlandais sont réduits fait éclore des mouvements nationalistes. De siècle en siècle, la lutte s’intensifie. Appuyant l’actions des Fenians, l’organisation terroriste du Sinn-fein multiplie les attentats et les tentatives de soulèvement.
Insurrection est le récit du coup de main déclenché à Dublin le lundi de Pâques 1916, tel que l’a vécu jusqu’à son échec le jeune Bartly Madden, entraîné malgré lui dans les rangs des patriotes. Autour d’eux s’agite une foule typiquement irlandaise – émotive, bavarde, versatile et rusée – qui donne ses dimensions tragiques à cet épisode de la longue bataille de l’Irlande pour sa libération.

Il s’agit d’un roman, que nous vous conseillons fortement, qui raconte l’expérience d’un jeune ouvrier, Bartly Madden, qui se retrouve dans le soulèvement de Pâques 1916. A lire !

Insurrection – Liam O’Flaherty – Le livre de Poche. Fiche du livre.

Crédit photo : DR
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