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dimanche 29 août 2010

La prime au crime et à la trahison : L'Affaire Djamila Amrane-Minne

Comment une terroriste criminelle du FLN, ayant du sang sur les mains, a-t-elle pu poursuivre une carrière universitaire en France sans être inquiétée ? Un article de Mattheus.
Au moment où l'État Algérien - l'État-FLN - vient encore, une fois de plus, déverser sa haine anti-française sur les ondes internationales en déclarant que son Assemblée examinerait bientôt un projet de loi « criminalisant le colonialisme français » ; au moment où l'état français ne trouve rien d'anormal à ce qu'une ancienne terroriste vienne bénéficier du système de santé d'un pays qu'elle avait combattu naguère de la manière la plus lâche, il semble opportun et nécessaire de mettre en lumière une affaire jusqu'ici passée sous silence par tous les médias français : l'affaire Djamila Amrane-Minne.
De quoi s'agit-il ? D'un nouveau dossier Boudarel*, d'une nouvelle forfaiture d'état, d'un nouveau caillou noir à jeter dans le jardin du déshonneur français. Mais qui est Djamila Amrane-Minne ?
Née en 1939 en métropole, Danielle Minne, de son nom de jeune fille, arrive avec sa famille en Algérie en 1948 et devient, à l'âge de 17 ans, membre du « réseau bombes » de Yacef Saadi. A cette époque, fin 1956, début 1957 (début de la Bataille d'Alger), le FLN, dont la politique terroriste est librement affirmée et revendiquée, cherche des jeunes femmes à l'allure innocente pour distraire l'attention de la police et poser des bombes dans les lieux publics. Danielle Minne, qui prend le pseudonyme de « Djamila », est l'une d'entre elles.
Dans l'après-midi du 26 janvier 1957, la jeune femme entre au bar Otomatic, à Alger, et va déposer un engin explosif dans les toilettes. Elle ressort. Quelques minutes plus tard, la bombe explose, suivie de deux autres détonations à la Cafétéria du Milk-Bar (déjà touchée quelques mois plus tôt) et au café du Coq-Hardi. Bilan : 4 femmes tuées, une soixantaine de blessés (plusieurs amputés), dont de nombreux enfants. Un élément de plus dans la lutte de terrorisme aveugle à laquelle se livre le Front de Libération National, presque unanimement considéré aujourd'hui, en France comme (évidemment) en Algérie, comme un mouvement de combat pour la liberté, une sorte de Résistance luttant contre l'hydre fasciste incarnée par la présence française en Afrique du Nord. Danielle Minne, ayant rejoint les maquis FLN, est vite arrêtée. Jetée en prison, elle en ressort à l'époque de l'indépendance.
Mais cela n'est rien. Cela est de l'histoire ; histoire d'un terrorisme lâche et sans honneur, certes, mais comme en tant d'autres lieux et à tant d'autres époques. Cela n'est rien, car le pire est à venir et il nous est scandaleusement contemporain.
Danielle Minne, devenue après mariage, Djamila Amrane-Minne, a pu, sans jamais être inquiétée, sans jamais qu'un obstacle vienne se mettre sur son chemin, devenir universitaire en France et suivre, dans le pays même qu'elle avait trahi, une carrière parfaitement honorable à l'ombre du statut avantageux de fonctionnaire de l'enseignement supérieur. Oui, une porteuse de valise du FLN, pire, une poseuse de bombes, une terroriste revendiquée, est devenue, avec la bénédiction passive et le soutien actif de l'Etat et de ses institutions, Maître de Conférences à l'Université du Mirail, à Toulouse.
En 2002, elle est même nommée Professeur des Universités, plus haut grade de la hiérarchie, par un décret signé de Jacques Chirac, Président de la République ! Pendant des années, cette femme a enseigné l'histoire de la décolonisation (sic !), publiant articles et ouvrages sur la question, avec une prédilection particulière, nous indique sa bibliographie, pour le sort des femmes sous la colonisation française, elle qui, lors des attentats de janvier 1957, avait froidement contribué à en tuer quatre, et à en blesser plus d'une vingtaine ! Membre du Groupement de Recherches en Histoire Immédiate (GRHI), son statut l'autorisait à siéger en jurys de thèse universitaire, et à encadrer de jeunes chercheurs.
Voilà comment on écrit l'Histoire... Voilà comment on crache sur la France... Imagine-t-on un seul instant un ancien de l'OAS, jamais repenti, professeur à l'Université d'Alger, et recevant aujourd'hui une retraite de l'État algérien ?
Que l'Algérie, pays dévasté par un demi-siècle de dictature et de guerre civile, honore les Français qui se sont joints au terrorisme FLN, c'est une chose. Mais que la France ait pour une terroriste patentée la sollicitude et les égards qu'elle a toujours refusés aux Pieds-Noirs et aux Harkis, sacrifiés pour raison d'état, c'est à la fois une honte, et un crime. Une honte qui entache le blason déjà marqué de notre histoire nationale. Un crime à l'égard du peuple français et de ceux, nés sur les deux rives de la Méditerranée, qu'ils soient de souche européenne ou nord-africaine, chrétiens ou musulmans, qui ont vécu et sont morts pour la justice et l'honneur de notre pays.
On va dire que nous cherchons à rouvrir les blessures du passé... Mais elle ne sont pas refermées. Elles resteront béantes tant que des injustices de cette espèce seront permises ou favorisées. On va dire qu'il y a prescription, et amnistie, ce qui est vrai. Mais notre but n'est pas de traîner Mme Amrane-Minne devant les tribunaux. Elle a affaire avec celui de sa conscience. Notre but est seulement de projeter la lumière crue de la vérité sur ce dossier honteux, et de faire en sorte que les Français, tous les Français, puissent contempler cette trahison personnelle récompensée par une trahison d'état !
Bien que dotées d'un statut autonome assez avancé, les universités françaises sont publiques. Elles vivent par le soutien de l'Etat. Celui-ci, s'il était dirigé par des hommes honnêtes ayant à coeur l'intérêt général, l'honneur de son peuple et le respect de son histoire, ferait au moins en sorte de dénoncer publiquement ses errements de cinquante ans. Un Etat honnête, au minimum, suspendrait immédiatement toutes les prestations publiques dont Mme Minne, on l'imagine, bénéficie dans sa retraite. Par respect pour les seules victimes, ce serait la moindre des choses.
Il n'en sera rien, hélas ! Les Français d'Algérie, victimes d'une épuration ethnique oubliée, et les survivants Harkis, musulmans fidèles remis aux balles, aux couteaux et aux scies des égorgeurs, apprécieront l'étendue de l'outrage.
Les Français de métropole, eux, qui pour beaucoup, font face comme ils le peuvent à une crise économique et morale sans précédent, n'auront rien à dire, comme d'habitude. En plein débat truqué sur « l'identité nationale », le travail honnête et le patriotisme silencieux ne sont plus des valeurs quand la trahison et l'assassinat permettent l'avantage d'une carrière paisible sous le refuge des honneurs publics.
Dès 1963, Djamila Amrane-Minne s'est piquée de poésie, publiant des textes inspirés de sa « lutte » révolutionnaire. Une autre poétesse, américaine, celle-là, et aux mains non entachées du sang des siens, a écrit : « Pécher par le silence quand nous devons protester transforme les hommes en lâches ». (Ella Wheeler Wilcox. 1850-1919)
Alors nous protestons ! Nous protestons aussi fort que nous le pouvons pour mieux montrer à tous l'odieux visage que sait si bien adopter la lâcheté de l'état français quand il vient à s’abaisser dans la plus indigne des forfaitures !
© Mattheus pour LibertyVox
Pour contacter l'auteur : mattheus@libertyvox.com
Notes :
*En 1950, Georges Boudarel, militant communiste français, passe au Vietminh. Nommé commissaire politique dans un camp de prisonniers, il y torture ses compatriotes. Revenu des années plus tard en France, il entreprend, sans jamais être inquiété, une carrière universitaire. A la veille de sa retraite, alors que, sans honte, il demande à l'Etat de faire reconnaître et valoir ses années indochinoises comme « voyage d'études en Extrême-Orient », il est reconnu par des anciennes victimes. S'ensuit un procès, qui n'aboutit à rien. Boudarel, bénéficiant de sa retraite allouée par l'état français, s'éteint paisiblement en 2003.

mardi 12 juin 2007

Les colonies ont-elles été pillées par la France ?

Colonialisme

Le pillage des colonies par la France : un mythe !

Le 15 septembre 1960, à Brazaville, lors de l'accession du Congo, à l'indépendance, un parachutiste français entreprend d'abaisser le drapeau tricolore. Manifestant à haute voix son désaccord, le président Youlou exige que le drapeau cogolais soit monté avec celui de la France : « Il n'est pas question, dit-il, de séparer l'enfant de sa mère. » (1)
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(1) Cité par Jean de la Guérivière, Les fous d'Afrique. Histoire d'une passion française.

Aux états africains et à Madagascar, la France lègue un personnel administratif qu'elle a formé, et des infrastructures considérables :
  • 2.000 dispensaires
  • 600 maternités
  • 40 hôpitaux
  • 18.000 kilomètres de voies ferrées
  • 215.000 kilomètres de pistes principales
  • 50.000 kilomètres de routes bitumées
  • 63 ports
  • 196 aérodromes
  • 16.000 écoles primaires
  • 350 collèges ou lycées.
Sous De Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand et Chirac, les affaires africaines relèvent du domaine réservé du chef de l'État. D'importants accords de coopérationlient l'ancienne métropole et les états francophones. L'armée française caserne toujours sur le continent noir. Jean-Paul Gourévitch estimait en 1997 que « La France dépense actuellement pour l'Afrique une somme annuelle de 700 francs par habitants. » (2). Néo-colonianisme ?
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(2) Jean-Paul Gouvéritch, L'Afrique, le fric, la France, le Pré aux Clercs,1997

Aujourd'hui, 150 millions d'Africains vivent de l'aide internationale. Quarante ans après l'indépendance, l'Afrique est confrontée à de redoutables défis : insécurité chronique, guerres intestines (Congo, Tchad, Rwanda, Mauritanie, Côte d'Ivoire), difficultés économiques, crise alimentaire, dépeuplement de la brousse, gigantisme des villes, ravages du sida. Est-ce que l'Afrique souffre d'avoir été colonisée ? Est-elle victime d'une décolonisation incomplète ? Est-elle au contraire pénalisée par son émancipation prématurée ? Ce débat divise les experts d'un continent dont la complexité (historique, géographique, ethnique et culturelle) rend illusoire toute comparaison avec une autre aire de la planète.
« À la veille d'être colonisée, assure Bernard Lugan, l'Afrique était déjà en danger de mort ; la colonisation l'a provisoirement sauvée en prenant en charge son destin. » (3)
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(3) Bernard Lugan, Afrique, l'histoire à l'endroit, Perrin, 1989.

Maître de conférence à Lyon-III, cet africaniste déclenche la polémique parce que, isolé dans sa spécialité, il est marqué à droite. Mais quand il affirme que « la colonisation fut une erreur économique et une ruine pour les nations coloniales », il se trouve sur la même ligne qu'un universitaire aujourd'hui considéré comme une référence, Jacques Marseille, et venu, lui, de l'autre bord.
Professeur à la Sorbonne, Marseille était, dans les années 1970, un étudiant d'extrême-gauche. Il avait salué la décolonisation et projetait son espérance révolutionnaire dans le tiers-monde. C'est dans cet état d'esprit qu'il avait entamé une thèse de doctorat d'état, aspirant à prouver que le capitalisme et le colonialisme avaient exploité les peuples de couleur. Au terme de dix années de travail, à sa grande surprise, il a été conduit aux conclusions inverses : « l'empire colonial n'a pas enrichi la France, il l'a appauvrie. » (4)
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(4) Jacques Marseille, Empire colonial et capitalisme français, Albin Michel, 1984.

Dans les colonies, Jules Ferry voyait une source de débouchés pour les entreprises françaises. Afin de faciliter leur implantation, entreprendre des travaux d'infrastructure lourde (ports, routes, voies ferrées) était cependant nécessaire. C'est l'État qui dut en assurer le coût. Dès avant 1914, il s'avérait que l'investissement colonial n'était pas rentable, à l'exception de secteurs marginaux, ce que conservateurs reprochaient déjà aux républicains lors de la campagne électorale de 1885 ; les capitalistes s'en détournèrent, laissant le budget français assumer les besoins des colonies.
À partir des années 1930, l'empire entrave la croissance de la métropole plus qu'il ne la stimule. Jacques Marseille appuie sa démonstration sur l'étude micro-économique des relations entre la France et l'outre-mer. Certains secteurs de production dépendent des colonies, et d'autres non ; par exemple, l'industrie cotonnière exporte à 80% dans l'empire, la chimie et la sidérurgie à peu près pas. Ce qui aboutit à faire exercer par les colonies un rôle artificiellement protectionniste pour les secteurs en voie de déclin, dont la chute est ralentie. Les matières premières sont souvent négociées 20 à 25% plus cher que sur le marché international ; quant aux denrées vendues par la métropole, elles sont plus onéreuses, pour l'empire, que leur équivalent sur d'autres marchés. Globalement, le système forme donc une économie fermée entre métropole et colonies, détournant la France de l'esprit de compétition.
Au lendemain de la Seconde Guerre, cette mécanique continue à tourner. Année après année, la France continue de procéder à des investissements gigantesques en Algérie et en Afrique noire. Or, économiquement, à la veille des indépendances, ces possessions ne comptent pas davantage qu'avant la Première Guerre : en 1958, Algérie comprise, l'Afrique ne totalise que 5% des ventes de la production industrielle française. Dès lors le patronat et les financiers considèrent le marché colonial comme inutile, car il obère l'économie française, lui faisant accumuler du retard par rapport à ses concurrents européens. L'abandon de l'empire, vers 1960, correspond d'ailleurs à la construction de l'Europe et à l'essor de la consommation en France. L'investissement public, libéré de la charge africaine, se tourne vers les grands travaux d'équipement (autoroutes, nucléaire, etc,). Deux ans après les indépendances, la métropole à oublié l'empire. Dans les ex-colonies, c'est l'inverse : les difficultés commencent. « C'est l'histoire d'un divorce, commente Jacques Marseille. Le divorcé joyeux, c'est la métropole ; le divorcé malheureux, ce sont les colonies. »

Cette rigoureuse démonstration ruine l'argument selon lequel la France a pillé ses colonies. Ce n'est pas par intérêt financier que l'empire a été si longtemps maintenu à bout de bras : c'est pour des motifs plus élevés, d'ordre humanitaire, parce que l'Afrique a été, selon Jean de la Guérivière, « une passion française » (5).
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(5) Jean de la Guérivière, Les Fous d'Afrique, Histoire d'une passion française.
Est-ce à dire que la colonisation a été sans tache ? À des degrés divers et selon les pays et les périodes, l'entreprise a pu s'accompagner d'injustices sociales et de réflexes racistes. Néanmoins, il est impossible de généraliser. Pour certains fonctionnaires corrompus, combien d'administrateurs exemplaires ? Pour certains colons indignes, combien d'entrepreneurs modèles ? Pour certains techniciens médiocres, combien d'ingénieurs remarquables ? Il en est de même avec le personnel médical ou enseignant. Il faudrait évoquer aussi l'aventure des ordres missionnaires : sous l'habit religieux, représentant l'institution la moins raciste qu'il soit, des dizaines de milliers de français, hommes ou femmes, auront tout donné à l'Afrique.
Qui peut nier que le sort des africains de 1960 était plus enviable que celui de leurs ancêtres de 1860 ?
Jean Sevilla, Historiquement correct.