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mercredi 12 décembre 2012
dimanche 17 juin 2012
Aux origines de la Conférence « de Bilderberg » (1ère partie)
Du
31 mai au 3 juin 2012 s’est tenue à l’hôtel Westfields Marriott de
Chantilly (Virginie, Etats-Unis), à une quarantaine de kilomètres de la
Maison Blanche et à mi-chemin entre le Dulles International Airport et
le siège central de la CIA à Langley, la Conférence annuelle « de
Bilderberg ». C’est sous la nouvelle présidence du Français Henri de
Castries (Président du Directoire du groupe AXA) et avec la discrétion
qui caractérise son organisation et la tenue de ses débats que cette
rencontre a réuni cette année encore un peu plus de 145 participants
parmi lesquelles MM Josef Ackermann (Chairman de la Deutsche Bank AG),
Kenneth Clarke (Membre du Parlement Britannique et Ministre de la
Justice), Peter D. Sutherland (Chairman de la banque Goldman Sachs
International) ou encore M Henry A. Kissinger, participant de longue
date de ces rencontres. A l’occasion de cette soixantième Conférence et
pour mieux cerner la nature et les objectifs de celle-ci, remontons le
temps jusqu’en mai 1954, moment où eut lieu la première Conférence dite
« de Bilderberg ».

JOSEF RETINGER, ARCHITECTE DU « GROUPE DE BILDERBERG »
Intéressons
nous tout d’abord à la personnalité de celui que tous, conformément au
mots de C. D. Jackson (Général Américain, expert de la Guerre
Psychologique ayant servi au Strategic Services durant la Seconde Guerre
Mondiale puis devenu Assistant Spécial du Président
Eisenhower), considéraient comme « une sorte d’éminence grise de
l'Europe » et qui, par son action de père fondateur et de Secrétaire du
groupe « de Bilderberg », réussit dans l’après-guerre à fédérer autour
de l’idée d’une unification européenne dans le cadre du Traité de
l’Alliance Atlantique des personnalités parmi les plus influentes de son
temps, tant européennes qu’américaines.
Né
le 17 avril 1888 à Cracovie, dans la Pologne autrichienne, Josef
Hieronimus Retinger part en 1906 faire ses études à Paris où,
fréquentant de nombreux salons et cafés littéraires français, il fera la
rencontre d’André Gide, de Giraudoux, de François Mauriac, de Maurice
Ravel , ou encore du Marquis Boni de Castellane.
Dès
1917, Josef Retinger s'intéresse activement à la question européenne,
nourrissant ses réflexions des théories des fédéralistes britanniques,
propagateurs et ardents défenseurs notamment de l’idée d’un gouvernement
mondial. Patriote dans l’âme, Retinger s'attachera également à
promouvoir, dans une optique fédéraliste, les intérêts de son pays
natal, la Pologne, celui-ci étant alors pris en étau entre la Russie et
l'Allemagne.
Vers
la fin de la Première Guerre Mondiale, ses machinations pour une
Pologne libre ayant toutefois fini de le rendre indésirable aux yeux de
tous, sa tête sera rapidement mise à prix par les Puissances Centrales
et les Alliés lui interdiront l’accès à leur sol. Exilé aux Etats-Unis,
il sera jeté pour un temps en prison.
Revenu
de ces aventures, Retinger sera durant la Seconde Guerre Mondiale
étroitement associé avec le Chef du Gouvernement Polonais en exil, le
Général Wladyslaw E. Sikorski et sera notamment l’inspirateur, en 1943,
du Comité Interallié des Ministres des Affaires Etrangères à Londres.
A
la fin du terrible conflit mondial, peu avant qu’il ne fonde avec son
ami M Paul Van Zeeland (Homme d’Etat et ex-Premier Ministre Belge) la
Ligue Européenne de Coopération Economique et ne devienne, suite au
Congrès de La Haye qu’il co-organisa, Secrétaire du Mouvement Européen
et du Comité International de Coordination des Mouvements pour l'Unité
Européenne, Josef Retinger tint un discours au Royal Institute of
International Affairs le 7 mai 1946 à Londres qui restera dans les
annales pour avoir été, dans l’après-guerre, l'un des tous premiers
appels en faveur de l'unification politique du Vieux Continent.

- Le 9 décembre 1948, une délégation du Mouvement Européen se rend au quai d’Orsay, à Paris, pour remettre au comité d’étude pour l’Union Européenne créée par les cinq Etats signataires du Traité de Bruxelles un projet d’Assemblée européenne
Le
9 décembre 1948, une délégation du Mouvement Européen se rend au Quai
d'Orsay, à Paris, pour remettre au comité d'étude pour l'Union
européenne créé par les cinq États signataires du Traité de Bruxelles un
projet d'Assemblée européenne. De g. à dr. : Francis Leenhardt (ancien
résistant et Député Français), Étienne de la Vallée Poussin (Sénateur
Belge et membre de l’Assemblée Consultative du Conseil de l’Europe),
Duncan Sandys (gendre de Sir Winston Churchill, Député Britannique puis
Ministre d’Etat) , Robert Bichet (Parlementaire Français, Président du
Conseil Supérieur du Pétrole et Vice-Président de l’Assemblée
Parlementaire du Conseil de l’Europe), Joseph Retinger, Raoul Dautry
(Ministre d’Etat Français et Administrateur Général du Comissariat à
l’Energie Atomique) et Henri Brugmans (Président Exécutif de l'Union
Européenne des Fédéralistes).
LA METHODE RETINGER
Durant
la première partie de l’année 1952, Josef Retinger consulta un certain
nombre de ses amis, parmi lesquels MM Paul van Zeeland et Paul Rykens (à
l’époque Président du groupe Unilever), et réussit grâce à ces nombreux
contacts liés durant la Seconde Guerre Mondiale à réunir un groupe de
personnes, parmi les hommes les plus influents dans leurs domaines
respectifs et à les amener à prendre un intérêt actif dans ses projets.
La
principale difficulté de cette tâche était, selon Retinger, de trouver
les personnes les plus appropriées pour jouer un rôle de premier plan.
En
mai, le Dr Paul Rykens introduisit Retinger auprès du Prince Bernhard
des Pays-Bas. Au cours de leur premier entretien, celui-ci se montra à
la fois sympathique et intrigué à l’égard du projet. Josef Retinger
pensa au rôle que pourrait jouer le Prince, qu’il avait rencontré
brièvement durant la guerre et au Congrès de la Haye en 1948. Celui-ci,
fervent défenseur de la cause de l’unité européenne, s’intéressait à la
politique et accepta de se joindre à MM van Zeeland et Rykens.
Le
groupe s’élargi rapidement et fut rapidement rejoint par M Alcide de
Gasperi (Président du Conseil et fondateur du parti Democrazia
Cristiana) et l'Ambassadeur Pietro Quaroni pour l'Italie, M Hugh
Gaitskell (à l’époque leader du Labour Party) et Sir Colin Gubbins
(ex-Chef du Special Operations Executive) pour la Grande-Bretagne, MM
Antoine Pinay (Président du Conseil) et Guy Mollet (ex-Ministre d’Etat,
devenu chef de fil de l’opposition) pour la France, M Max Brauer (Maire
de Hambourg) et le Dr Rudolf Mueller (avocat d’affaires et ancien
président de la German Economic Administration de la zone anglaise pour
l'Allemagne), MM Panagiotis Pipinelis (Représentant Permanent pour la
Grèce auprès de l’OTAN) et M Ole Bjorn Kraft (Ministre des Affaires
Etrangères) pour le Danemark.
Une
première réunion fut ainsi organisée à Paris le 25 Septembre 1952 et
les participants y convînrent de l’urgence d’agir afin d’améliorer les
relations entre alliés européens et américains.
Des
années plus tard, l'ambassadeur Quaroni, décrira ainsi cette réunion :
« Je me souviens de la première réunion à laquelle j'ai été invité. Nous
avons été pressés autour d'une très grande table dans une petite pièce.
Nous nous sommes accordés sur le principe, mais ne savions pas comment
exécuter, organiser les choses, comment trouver les moyens. Rien n'était
clair. Des suggestions jaillirent de la bouche de Retinger comme des
rafales de mitrailleuses. Elles n'étaient pas toutes excellentes, il est
vrai, mais quand l’une d’elles était réfutée, il en tirait dix de plus
de sa manche. Il était probablement le seul parmi nous qui ait jamais
vraiment étudié la question des deux côtés de l'Atlantique et qui avait
des idées précises sur le sujet ».
Après
la réussite de cette première réunion, le « groupe » se consacrera
durant l’année 1953 à l’établissement de nouveaux contacts ainsi qu’à
des consultations, ponctuées d’une série d’autres réunions ainsi que
deux visites aux Etats-Unis où, en raison de l’agenda politique (les
élections présidentielles s’étant déroulées le 4 novembre 1952), et
selon Retinger, « les choses avaient été un peu plus lentes à
démarrer ». Un groupe américain fut alors créé et, rapidement, se réunit
sous la présidence M John Coleman (Président de la Société Burroughs),
assisté par M Joseph Johnson (Directeur de la Fondation Carnegie).
LE GROUPE SE MET AU TRAVAIL
Ainsi
constitué, le groupe réuni autour de Josef Retinger se mit rapidement
au travail et dès la fin du mois de janvier 1954, celui-ci s’attela, sur
base des notes de MM Gaitskell, Rykens, van Zeeland, du Dr Mueller et
de l’Ambassadeur Quaroni, à la rédaction d’un premier rapport relatif
aux relations entre l’Europe et les Etats-Unis d’Amérique.
Les
7 et 8 février, le « groupe » se réunit de nouveau à Paris, au 12bis
Rue Christophe Colomb (8ème arr.), dans l’appartement de M. Kajetan
Morawski (ami de Retinger et militant pro-européen, surnommé « Le
légendaire ambassadeur de la Pologne libre », il fut l’un des partisans
« d’une Europe cuisinée à la française »).
La
réunion commença le dimanche 7 février à 16h30, les participants
travaillèrent jusqu’à l’heure du dîner et reprirent leurs travaux le
lendemain dès 9h30 jusqu’au soir, ne s’arrêtant à peine que pour prendre
un déjeuner à la fourchette offert par leur hôte.
Le
25 février, une réunion du groupe adopta à l’unanimité la version
finale du rapport dont, comme il avait été convenu et afin d’éliminer
d’avance toute zone de friction côté européen, la note contenant
certaines critiques émises par les Américains ne serait transmise qu’à
ces derniers.
L’ARAIGNEE TISSE SA TOILE
Durant
les mois de mars, avril et jusqu’à la première conférence qui se
tiendra fin mai, Josef Retinger va multiplier les contacts et les
échanges avec les différents membres du groupe afin de s’assurer du bon
déroulement du recrutement des personnalités à inviter lors de celle-ci.
Début
mars il rencontre M Harold Macmillan (Ministre d’Etat Britannique dans
les cabinets Eden et Churchill) avant d’aller à Paris s’entretenir avec
MM Antoine Pinay et Guy Mollet.
Le
28 mars il arrive à Bruxelles pour assister à la réunion du Bureau
Exécutif du Mouvement Européen où il s’entretiendra notamment avec M
Paul-Henri Spaak (ancien Ministre d’Etat Belge, Président du Mouvement
Européen et premier Président de l’Assemblée Générale de l’O.N.U.) et
Sir Winston Churchill.
Le
13 avril, S.A.R. le Prince Bernhard des Pays-Bas lui rend visite à
Londres afin de lui assurer que « tout est bien en mains pour la
conférence Europe-Amérique. »
Début
mai, les cartons d’invitations, à en-tête du Palais de Soestdijk et
signés de la main du Prince, sont imprimés et envoyés personnellement à
la septantaine d’invités qui participeront à cette première conférence.
Le
Prince et Retinger se reverront le 15 mai afin de parler des derniers
arrangements à prendre avant que celui-ci ne se rende le lendemain à
Bruxelles dans l’intention d’en référer à Paul van Zeeland, à qui il
écrira pas moins d’une dizaine de lettres durant cette période.
SHOW MUST GO ON…
Cette
première conférence se tint donc à l’Hôtel Bilderberg d’Oosterbeek,
près d'Arnhem, dans les hautes terres boisées de l'Est des Pays-Bas, les
29, 30 et 31 mai 1954.
Elle
réunit un groupe d'hommes d'Etat éminents, de financiers, d’industriels
et d’intellectuels des principales nations d'Europe et des Etats-Unis
d’Amérique pour la conférence internationalle la plus inhabituelle
jamais tenue jusque-là.
Le
samedi 29 mai à 10 heures, S.A.R. le Prince Bernhard des Pays-Bas
ouvrit cette première journée de rencontre en remerciant tous les
participants d’avoir bien voulu répondre à son invitation ainsi que de
leur présence à cette conférence qui devrait « permettre un libre
échange de vues sur le développement des relations entre les Etats-Unis
d’Amérique et leurs alliés de l’Europe Occidentale. »
Dans son discours inaugural, le Prince enjoignit ceux-ci à garder à l’esprit les points suivants :
· « Etant donné que les pays libres de l’Europe, les Etats-Unis et le Canada doivent agir comme une unité, ils devront s’efforcer de penser de même » (nous soulignons) ;
· « Il s’agit d’un processus à long terme.
Mais entretemps, nous devons nous efforcer d’éliminer les frictions et
les malentendus qui existent dans le monde occidental » (nous
soulignons) ;
· « Les
peuples de l’Occident doivent devenir plus conscients de leur
responsabilités à l’égard du monde entier et (…) nous devons apporter au
monde la preuve que notre réponse aux problèmes mondiaux est la
bonne. Nous devons offrir au monde une conception de la coopération
internationale, de la civilisation et du mode de vie qui permette à tous
de trouver une place, y compris ceux qui sont nos adversaires
aujourd’hui ».
Après
de vifs applaudissements, le Prince laissa la parole aux rapporteurs du
groupe afin que ceux-ci exposent aux participants le contenu des
premiers rapports qui servirent de base de travail pour la conférence.

- Vue aérienne de l’Hôtel Bilderberg à Oosterbeek
Très
vite après, les premiers échanges de vues s’organisèrent. Parmi les
interventions marquantes, nous noterons celle de M Gardner Cowles
(patron de presse Américain) qui, partant du « fait que, selon lui, les
Etats-Unis pour la première fois de leur histoire ne se sentent plus en
sécurité » face au « danger réel, important et immédiat pour la civilisation mondiale »
(nous soulignons) que représente l’Union Soviétique, il est d’avis que
« l’Otan constitue la meilleure protection possible pour l’Europe
Occidentale », position sur laquelle il sera rejoint par M Gaitskell.
Certains
européens se montrent quant à eux plus nuancés sur ce point, tel M
Giovanni F. Malagodi (Député Italien et Directeur de Banca Commerciale
Italiana) qui, déplorant « que l’Article 2 du Traité Atlantique, relatif
à l’évolution de cette alliance vers une communauté atlantique ait été
négligé », ira jusqu’à se plaindre « qu’il n’est pas si facile de jouer
le rôle de partenaire secondaire dans l’alliance occidentale ». Ce
dernier fit enfin remarquer « qu’on a trop souvent tendance à parler de
« leur » plan (« le plan des Américains », ndA) ou de « leurs »
idées au lieu de « notre » plan, « nos » idées, concluant, que les
grands ne devraient pas vouloir dominer les petits mais que tout devrait
être réglé d’un commun accord ».
On
peut ici constater une des oppositions fondamentales entre les
Etats-Unis et certains de leurs alliés européens sur la question du
rapport de force au sein de l’Alliance atlantique, opposition que
l’activité du « groupe » doit tenter d’aplanir par son action afin que
tous puissent « agir comme une unité » et s’efforcent « de penser de
même. »
Après un déjeuner, les échanges de vues se poursuivirent toute l’après-midi.
Parmi
ces interventions, celle du Dr H. M. Hirschfeld (Economiste
Hollandais), membre du « noyau dur » du « groupe », illustre bien l’état
d’esprit « interdisciplinaire » qui règne durant les débats de cette
assemblée, tout en dégageant la ligne idéologique derrière laquelle les
participants sont attendus à se ranger.
Ainsi,
il dit : « Il existe deux systèmes au sein du monde libre, celui de la
« libre entreprise » (le système libéral/capitaliste, ndA) et celui de
la « sécurité sociale » (le système de l’état-providence/socialiste,
ndA). Entre eux, il nous appartient de trouver un juste milieu (la
« troisième voie », ndA). » Le Dr Hirschfeld poursuivra son allocution,
déclarant avoir « été frappé du fait que jusqu’à maintenant dans la
discussion sur la défense contre le communisme on n’ait pas porté
attention au rôle joué sur ce point par la religion et les divers
communautés confessionnelles car il s’agit là, pour Hirschfeld, d’un des
points les plus importants » qu’il regrette d’avoir vu omis jusqu’ici.
Durant
ces trois jours, on verra ainsi les interventions se succéder et le
discours des membres du « noyau dur » et des quelques intervenants qui y
réagissent glisser allégrement du point de vue militaire à celui de
l’économie, de la politique ou bien encore du spirituel, dans un esprit
de totale communion contre « l’ennemi Soviétique ». Dans ces Mémoires
(rédigées par son secrétaire personnel, M John Pomian), Retinger
racontera d’ailleurs qu’ « après trois jours à vivre ensemble dans ce
lieu isolé, que les participants n’ont quitté qu’une seule fois, lorsque
le Prince Bernhard les a invités à un cocktail au Palais Royal tout
proche, un lien encore flou mais déjà discernable avait était créé. Une
nouvelle entité était née. »

- Photo prise durant la première Conférence « de Bilderberg »
L’EFFET BILDERBERG
Quiconque
a déjà assisté à ce « genre » de session sait qu’un panel limité de
rapporteurs peut à lui seul diriger et orienter comme bon lui semble les
débats d’une « telle » assemblée.
C’est
grâce à son côté à la fois « formellement informel » et
« informellement formel » (les participants agissant ici à titre privé
mais avec la qualité d’expert que leur confère leur fonction) que les
Conférences « de Bilderberg » réussirent à fédérer autour de leurs idées
tant d’hommes influents de cette époque jusqu’à aujourd’hui.
C’est
grâce à cette ambiance si particulière où se mêle solennité et
convivialité que les membres du « groupe » réussirent depuis 1954 à
amener chaque participant à s’ouvrir à la confidence de tous mais
également à se montrer réceptif et à recevoir la parole qui lui était
délivrée.
Grâce
à l’autorité qui émane de ses rapporteurs ainsi que de son nom, le
« groupe de Bilderberg » a su influencer depuis près de soixante ans et
dans une majeure partie les intérêts politiques, économiques, sociaux et
culturels des peuples d’Europe et d’Amérique.
A
ce propos et afin de mieux pénétrer l’esprit et les buts de cette
réunion, relisons ensemble ce qu’écrivait Josef Retinger dans une note
circulaire aux membres du « groupe » (le « noyau dur ») datée du 5 mai
1954 :
« Il
convient de rappeler que la Conférence ne visera pas à élaborer des
solutions à chacun des problèmes que doit affronter l’alliance
occidentale. (…) Mais la Conférence étudiera les répercussions de ces
problèmes sur l’opinion publique et les voies par lesquelles celle-ci peut-être influencée favorablement (nous soulignons).
« Les
gouvernements démocratiques peuvent diriger l’opinion de leur pays,
mais ils doivent également suivre ses orientations, et c’est pourquoi
nous croyons qu’à l’heure actuelle, alors que les gouvernements
occidentaux développent tous leurs efforts pour maintenir leur unité, la
tâche qui revient en propre aux individus est d’agir
sur l’opinion publique de leur propre pays afin de la conduire d’aussi
près que possible à la rencontre de celle des autres pays de l’alliance
occidentale (nous soulignons). »
EPILOGUE
Depuis
1954, les conférences annuelles « de Bilderberg » ont réunis des
centaines de participants issus du monde politique, de la finance, de
l’industrie ou encore de la presse.
Grâce
à un agenda parfaitement choisi, des rapports minutieusement rédigés
afin d’orienter le plus efficacement le panel de participants
sélectionnés pour leur influence et leurs « sympathies
transatlantiques », et surtout grâce à la renommée de son organisation,
le « groupe de Bilderberg » a réussi à guider et à influencer de manière
déterminante l’opinion publique et les principaux dirigeants politiques
et économiques du « monde occidental » en vue de la construction d’un
bloc économique et politique européen dans le cadre d’une
interdépendance économique (Plan Marshall) et militaire (OTAN) avec les
Etats-Unis.
A
travers les origines du « groupe », c’est toute l’ingérence de ces
quelques hommes dans les grands évènements de la seconde moitié du XXème
siècle et jusqu’à aujourd’hui qui apparaît au grand jour, comme semble
nous l’indiquer les grands thèmes inscrits à l’agenda de ces conférences
ainsi que les personnalités qui s’y retrouvent pour, chaque année, y
communier durant trois jours…
Libellés :
1917,
1943,
1948,
Bilderberg Group,
Europe,
la Grande Guerre
vendredi 17 juin 2011
Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg
Depuis plusieurs années, l’idée s’est répandue que le Groupe de Bilderberg serait un embryon de gouvernement mondial. Ayant eu accès aux archives de ce club très secret, Thierry Meyssan montre que cette description est une fausse piste utilisée pour masquer la véritable identité et fonction du Groupe : le Bilderberg est une création de l’OTAN. Il vise à convaincre des leaders et à manipuler l’opinion publique à travers eux pour la faire adhérer aux concepts et aux actions de l’Alliance atlantique.

- Première réunion du Groupe, à l’hôtel Bilderberg (1954)
Chaque année, depuis 1954, une centaine des plus éminentes personnalités d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord se réunissent —à huis clos et sous très haute protection— au sein du Groupe de Bilderberg. Leur séminaire dure trois jours et rien ne transparait de leurs débats.
Depuis la dislocation de l’Union soviétique, des journalistes se sont intéressés à cette organisation élitiste et secrète. Certains auteurs y ont vu un embryon de gouvernement mondial et lui attribuent les principales décisions politiques, culturelles, économiques et militaires de la seconde moitié du XXe siècle. Une interprétation qu’a relayée Fidel Castro, mais que rien n’est venue confirmer, ni infirmer.
Pour savoir ce qu’est ou n’est pas le Groupe de Bilderberg, j’ai cherché des documents et des témoins. J’ai eu accès à l’intégralité de ses archives pour la période 1954-1966 et à de nombreuses pièces ultérieures, et j’ai pu discuter avec un de ses anciens invités que je connais de très longue date. Aucun journaliste à ce jour, et certainement pas les auteurs à succès qui ont popularisé les clichés actuels, n’a eu accès à tant de documents internes du Bilderberg.
Voici ce que j’ai découvert et compris.
La première réunion
70 personnalités, issues de 12 pays, participent à la première réunion du Groupe. C’est un séminaire de trois jours, du 29 au 31 mai 1954, près d’Arnhem (Pays-Bas). Les invités sont répartis dans deux autres hôtels avoisinants, mais les débats se tiennent dans l’établissement principal qui donna son nom au Groupe.
Les invitations, à en-tête du Palais de Soestdijk, sont sybillines. : « J’apprécierais vivement votre présence au congrès international, sans caractère officiel, qui se tiendra aux Pays-Bas vers la fin du mois de mai. Ce congrès désire étudier un certain nombre de questions d’une grande importance pour la civilisation occidentale et a pour but de stimuler le goodwill et l’entente réciproque grâce à un libre échange de vues ». Elles sont signées du prince consort des Pays-Bas, Bernhard zur Lippe-Biesterfeld, et accompagnées de quelques pages d’informations administratives sur le transport et l’hébergement. Tout au plus y apprend-on que les délégués seront issus des États-Unis et de 11 États ouest-européens, et que 6 séances de travail de 3 heures chacune sont prévues.
Vu le passé nazi du prince Bernhard (qui avait servi dans la cavalerie SS jusqu’à son mariage en 1937 avec la princesse Juliana) et dans le contexte du McCarthysme, il est clair que les « questions d’une grande importance pour la civilisation occidentale » tournent autour de la lutte contre le communisme.
Une fois arrivé sur place, l’impression des invités est tempérée par les deux présidents de séance : l’entrepreneur états-unien John S. Coleman et le ministre belge sortant des Affaires étrangères Paul van Zeeland. Le premier est un militant du libre-échange, le second est un partisan de la Communauté européenne de Défense (CED) [1]. Enfin, on aperçoit en bout de tribune Joseph Retinger, l’éminence grise des Britanniques. Tout cela laisse à penser que les monarchies hollandaise et britannique ont sponsorisé cette réunion pour soutenir la Communauté européenne de Défense et le modèle économique du capitalisme libre-échangiste face à l’anti-américanisme que promeuvent communistes et gaullistes.
Cependant, les apparences sont trompeuses. Il ne s’agit pas de faire campagne pour la CED, mais de mobiliser les élites pour la Guerre froide.
S.A.R. le prince Bernhard a été choisi pour convoquer ce congrès parce que son statut de prince consort lui donne un caractère étatique sans pour autant être officiel. Il masque le commanditaire : une organisation inter-gouvernementale qui entend manipuler les gouvernements de certains de ses États membres.
John S. Coleman n’est pas encore le président de la Chambre de Commerce des États-Unis, mais il vient de créer le Comité des citoyens pour une politique nationale du Commerce (Citizen’s Committee for a National Trade Policy — CCNTP). Selon lui, le libre-échange absolu, c’est-à-dire le renoncement à tous les droits de douane, permettra aux pays alliés des États-Unis d’accroître leur richesse et de financer la Communauté européenne de Défense (c’est-à-dire de réarmer l’Allemagne et d’intégrer sa puissance militaire potentielle au sein de l’OTAN)
Or, les documents en notre possession montrent que le CCNTP n’a de citoyen que le nom. C’est en réalité une initiative de Charles D. Jackson, le conseiller en guerre psychologique de la Maison-Blanche. L’opération est pilotée en amont par William J. Donovan, l’ancien commandant de l’OSS (le service de renseignement US durant la guerre) désormais chargé d’édifier la branche américaine du nouveau service secret de l’OTAN, le Gladio [2].
Paul van Zeeland n’est pas seulement le promoteur de la Communauté européenne de Défense, c’est aussi un politicien de grande expérience. À la Libération, il a présidé la Ligue indépendante de coopération européenne (LICE) dont l’objectif est de créer une union douanière et monétaire. Cette organisation a été mise en place par Joseph Retinger, déjà cité.
Précisément Retinger, qui fait office de secrétaire du congrès de Bilderberg, a servi durant la guerre dans les services secrets anglais (SOE) du général Colin Gubbins. Aventurier polonais, Retinger s’est retrouvé conseiller du gouvernement Sikorski en exil au Royaume-Uni. À Londres, il a animé le microsome des gouvernements en exil se faisant ainsi le plus beau carnet d’adresse de l’Europe libérée.
Son ami Sir Gubbins a officiellement quitté le service et le SOE a été dissout. Il dirige une petite entreprise de tapis et textiles, qui lui sert de « couverture ». En réalité, aux côtés de son homologue Donovan, il est chargé de créer la branche anglaise du Gladio. Il a participé à toutes les réunions préparatoires du congrès de Bilderberg et est présent parmi les invités, assis à côté de Charles D. Jackson.
À l’insu des participants, ce sont donc les services secrets de l’OTAN qui sont la puissance invitante. Bernhard, Coleman et van Zeeland servent de paravents.
N’en déplaise aux journalistes imaginatifs qui ont cru discerner dans le Bilderberg une volonté de créer un gouvernement occulte mondial, ce club de personnalités influentes n’est qu’un outil de lobbying de l’OTAN pour la promotion de ses intérêts. C’est beaucoup plus sérieux et beaucoup plus dangereux, car c’est l’OTAN qui ambitionne d’être un gouvernement occulte mondial garantissant la pérennité du statu quo international et de l’influence US.
D’ailleurs, la sécurité de chaque réunion ultérieure ne sera pas assurée par la police du pays hôte, mais par les soldats de l’Alliance.
Parmi les dix orateurs inscrits, on relève deux anciens Premiers ministres (Guy Mollet, France et Alcide de Gasperi, Italie), trois responsables du Plan Marshall, le faucon de la Guerre froide (Paul H. Nitze) et surtout un très puissant financier (David Rockefeller).
Selon les documents préparatoires, une vingtaine de participants sont dans la confidence. Ils savent plus ou moins en détail qui sont les tireurs de ficelles et ont rédigé à l’avance leurs interventions. Les moindres détails ont été ajustés et il n’y a aucune part d’improvisation. Au contraire, la cinquantaine d’autres participants ignore tout de ce qui se trame. Ils ont été choisis pour influencer leurs gouvernements respectifs et l’opinion publique de leur pays. Le séminaire est donc organisé pour les convaincre et pour les pousser à s’engager à propager les messages que l’on veut diffuser.
Les interventions ne portent pas sur les grands problèmes internationaux, mais analysent la stratégie idéologique supposée des Soviétiques et exposent la manière dont elle doit être contrée dans le « monde libre ».
Les premières interventions évaluent le danger communiste. Les « communistes conscients » sont des individus qui entendent placer leur patrie au service de l’Union soviétique afin d’imposer au monde un système collectiviste. Ils doivent être combattus. Mais cette lutte est difficile car ces « communistes conscients » sont noyés en Europe dans une masse d’électeurs communistes qui ignorent tout de leurs sombres desseins et les suivent dans l’espoir de meilleures conditions sociales.
Progressivement, la rhétorique se durcit. Le « monde libre » doit affronter le « complot communiste mondial », non seulement de manière générale, mais aussi en répondant à des questions concrètes sur les investissements états-uniens en Europe ou sur la décolonisation.
Enfin, les orateurs en arrivent au problème principal —que les Soviétiques, assurent-ils, exploitent à leur profit— : pour des raisons culturelles et historiques, les responsables politiques du « monde libre » emploient des arguments différents aux États-Unis et en Europe, arguments qui se contredisent parfois. Le cas le plus emblématique est celui des purges organisées par le sénateur McCarthy aux États-Unis. Elles sont indispensables pour sauver la démocratie, mais la méthode choisie est ressentie en Europe comme une forme de totalitarisme.
Le message final, c’est qu’aucune négociation diplomatique, aucun compromis n’est possible avec les « Rouges ». Il faut empêcher coûte que coûte les communistes de jouer un rôle en Europe occidentale, mais il va falloir ruser : comme on ne peut pas les arrêter et les fusiller, il faudra les neutraliser avec discrétion, sans que leurs électeurs eux-mêmes s’en rendent compte. Bref, l’idéologie qui est développée, c’est celle de l’OTAN et du Gladio. Il n’a jamais été dit que l’on truquerait les élections, ni que l’on assassinerait les tièdes, mais tous les participants ont admis que pour sauver le « monde libre », il faudrait mettre la liberté entre parenthèses.
Bien que le projet de Communauté européenne de Défense (CED) ait échoué trois mois plus tard sous les coups de boutoir des députés communistes et « nationalistes extrémistes » (c’est-à-dire gaullistes) au Parlement français, le congrès fut considéré comme un succès. Malgré les apparences, il n’avait pas pour but de soutenir la création de la CED ou toute autre mesure politique précise, mais de diffuser une idéologie dans la classe dirigeante, puis à travers elle dans la société. Objectivement, les Européens de l’Ouest avaient de moins en moins conscience des libertés dont ils étaient privés et ils étaient de plus en plus informés des libertés qui faisaient défaut aux habitants de l’Europe de l’Est.
Le Bilderberg devient une organisation
Un second congrès est donc organisé en France, du 18 au 20 mars 1955. À Barbizon.
Progressivement l’idée que ces congrès seront annuels et qu’ils nécessitent un secrétariat permanent s’impose. Le prince Bernhard se met en retrait lorsqu’il est pris en flagrant délit de trafic d’influence (scandale Lockheed-Martin). Il cède à l’ancien Premier ministre britannique Alec Douglas Home (1977-80), la présidence qui sera ensuite tenue par l’ancien chancelier et président allemand Walter Scheel (1981-85), l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre Eric Roll (1986-89), l’ancien secrétaire général de l’OTAN Peter Carrington (1990-98), et enfin l’ancien vice-président de la Commission européenne Étienne Davignon (depuis 1999).
Pendant longtemps, le président du Groupe de Bilderberg est assisté de deux secrétaires généraux, un pour l’Europe et le Canada (les États vassaux), l’autre pour les États-Unis (le suzerain), cependant, il n’y a plus qu’un seul secrétaire général depuis 1999.
D’une année sur l’autre, les débats sont très redondants, c’est pourquoi les invités changent. Il y a toujours un noyau dur qui a préparé le séminaire à l’avance et des nouveaux venus à qui l’on inculque la rhétorique atlantiste du moment.
Actuellement, les séminaires annuels rassemblent plus de 120 participants, dont toujours un tiers forment le noyau dur. Ils ont été sélectionnés par l’Alliance en fonction de l’importance de leurs relations et de leur capacité d’influence, indépendamment de leurs fonctions dans la société. Ainsi, ils restent membres du noyau dur lorsqu’ils changent de métier.

- Étienne Davignon, secrétaire général du Groupe de Bilderberg
Conseil d’administration
Banquier suisse, directeur de la Deutsche Bank, vice-président du Forum de Davos.
Roger C. Altman Banquier états-unien, ancien conseiller des campagnes électorales de John Kerry et Hillary Clinton, directeur de la banque d’affaire Evercore Partners Inc.
Francisco Pinto Balsemão Ancien Premier ministre socialiste du Portugal (1981-83), président-fondateur du plus important groupe de télévision portugais SIC. (T)
Fran Bernabè Banquier italien, actuel patron de Telecom Italia (T)
Henri de Castries Pdg de l’assureur français AXA
Juan Luis Cebrián Directeur du groupe de presse écrite et audiovisuel espagnol Prisa.
W. Edmund Clark Banquier canadien, PDF de Toronto-Dominion Bank Financial Group
Kenneth Clarke Ancien vice président de British American Tobacco (1998-2007), Garde des sceaux et ministre britannique de la Justice, vice-président du Mouvement européen UK.
George A. David Pdg de Coca-Cola.
Étienne Davignon Homme d’affaire belge, ancien vice-président de la Commission européenne (1981-85), actuel vice-président de Suez-Tractebel.
Anders Eldrup Pdg de la société danoise des gaz et pétrole DONG Energy.
Thomas Enders Directeur d’Airbus.
Victor Halberstadt Professeur d’économie à l’université néerlandaise de Leiden, il conseille diverses sociétés telles que Goldman Sachs ou Daimler-Chrysler.
James A. Johnson Financier états-unien, il fut un des principaux responsables du Parti démocrate et un des artisans de l’investiture de Barack Obama. Il est vice-président de la banque d’affaire Perseus.
John Kerr of Kinlochard Ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, vice-président du groupe pétrolier Royal Dutch Shell (T)
Klaus Kleinfeld Pdg allemand du géant états-unien de l’aluminium, Alcoa.
Mustafa V. Koç Pdg de la holding Koç, première entreprise turque.
Marie-Josée Drouin-Kravis Éditorialiste économique dans la presse écrite et audiovisuelle canadienne. Chercheuse au très militariste Hudson Institute. Elle est la troisième épouse de Henry Kravis.
Jessica T. Mathews Ancienne directrice des affaires globales au Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis. Actuelle directrice de la Fondation Carnegie.
Thierry de Montbrial Économiste, directeur-fondateur de l’Institut français des relations internationales (IFRI) et de la World Policy Conference.
Mario Monti Économiste italien, ancien commissaire européen à la concurrence (1999-2005), co-fondateur du Spinelli Group pour le fédéralisme européen.
Egil Myklebust Ancien président du patronat norvégien, directeur de Scandinavian Airlines System (SAS).
Matthias Nass Directeur adjoint du quotidien allemand Die Zeit
Jorma Ollila Homme d’affaire finlandais, ancien Pdg de Nokia, actuel président du groupe pétrolier Royal Dutch Shell.
Richard N. Perle Ancien président du Conseil consultatif de Défense du Pentagone, il est un des principaux leaders des Straussiens (les disciples de Leo Strauss) et à ce titre, une figure majeure du néo-conservatisme.
Heather Reisman Femme d’affaire canadienne, Pdg du groupe d’édition Indigo-Chapters.
Rudolf Scholten Ancien ministre autrichien des Finances, gouverneur de la Banque centrale.
Peter D. Sutherland Ancien commissaire européen irlandais à la concurrence, puis directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce.Ancien directeur de BP. Actuel président de Goldman Sachs International. Ancien président de la section européenne de la Commission trilatérale, et vice-président de l’European Round Table of Industrialists, actuel président d’honneur du Mouvement européen Irlande.
J. Martin Taylor Ancien député britannique, Pdg du géant de la chimie et de l’agroalimentaire Syngenta.
Peter A. Thiel Chef d’entreprise états-unien, Pdg de PayPal, président de Clarium Capital Management et à ce titre actionnaire de Facebook.
Daniel L. Vasella Pdg du groupe pharmaceutique suisse Novartis.
Jacob Wallenberg Banquier suédois, il est administrateur de nombreuses compagnies transnationales.
Roger C. Altman Banquier états-unien, ancien conseiller des campagnes électorales de John Kerry et Hillary Clinton, directeur de la banque d’affaire Evercore Partners Inc.
Francisco Pinto Balsemão Ancien Premier ministre socialiste du Portugal (1981-83), président-fondateur du plus important groupe de télévision portugais SIC. (T)
Fran Bernabè Banquier italien, actuel patron de Telecom Italia (T)
Henri de Castries Pdg de l’assureur français AXA
Juan Luis Cebrián Directeur du groupe de presse écrite et audiovisuel espagnol Prisa.
W. Edmund Clark Banquier canadien, PDF de Toronto-Dominion Bank Financial Group
Kenneth Clarke Ancien vice président de British American Tobacco (1998-2007), Garde des sceaux et ministre britannique de la Justice, vice-président du Mouvement européen UK.
George A. David Pdg de Coca-Cola.
Étienne Davignon Homme d’affaire belge, ancien vice-président de la Commission européenne (1981-85), actuel vice-président de Suez-Tractebel.
Anders Eldrup Pdg de la société danoise des gaz et pétrole DONG Energy.
Thomas Enders Directeur d’Airbus.
Victor Halberstadt Professeur d’économie à l’université néerlandaise de Leiden, il conseille diverses sociétés telles que Goldman Sachs ou Daimler-Chrysler.
James A. Johnson Financier états-unien, il fut un des principaux responsables du Parti démocrate et un des artisans de l’investiture de Barack Obama. Il est vice-président de la banque d’affaire Perseus.
John Kerr of Kinlochard Ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, vice-président du groupe pétrolier Royal Dutch Shell (T)
Klaus Kleinfeld Pdg allemand du géant états-unien de l’aluminium, Alcoa.
Mustafa V. Koç Pdg de la holding Koç, première entreprise turque.
Marie-Josée Drouin-Kravis Éditorialiste économique dans la presse écrite et audiovisuelle canadienne. Chercheuse au très militariste Hudson Institute. Elle est la troisième épouse de Henry Kravis.
Jessica T. Mathews Ancienne directrice des affaires globales au Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis. Actuelle directrice de la Fondation Carnegie.
Thierry de Montbrial Économiste, directeur-fondateur de l’Institut français des relations internationales (IFRI) et de la World Policy Conference.
Mario Monti Économiste italien, ancien commissaire européen à la concurrence (1999-2005), co-fondateur du Spinelli Group pour le fédéralisme européen.
Egil Myklebust Ancien président du patronat norvégien, directeur de Scandinavian Airlines System (SAS).
Matthias Nass Directeur adjoint du quotidien allemand Die Zeit
Jorma Ollila Homme d’affaire finlandais, ancien Pdg de Nokia, actuel président du groupe pétrolier Royal Dutch Shell.
Richard N. Perle Ancien président du Conseil consultatif de Défense du Pentagone, il est un des principaux leaders des Straussiens (les disciples de Leo Strauss) et à ce titre, une figure majeure du néo-conservatisme.
Heather Reisman Femme d’affaire canadienne, Pdg du groupe d’édition Indigo-Chapters.
Rudolf Scholten Ancien ministre autrichien des Finances, gouverneur de la Banque centrale.
Peter D. Sutherland Ancien commissaire européen irlandais à la concurrence, puis directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce.Ancien directeur de BP. Actuel président de Goldman Sachs International. Ancien président de la section européenne de la Commission trilatérale, et vice-président de l’European Round Table of Industrialists, actuel président d’honneur du Mouvement européen Irlande.
J. Martin Taylor Ancien député britannique, Pdg du géant de la chimie et de l’agroalimentaire Syngenta.
Peter A. Thiel Chef d’entreprise états-unien, Pdg de PayPal, président de Clarium Capital Management et à ce titre actionnaire de Facebook.
Daniel L. Vasella Pdg du groupe pharmaceutique suisse Novartis.
Jacob Wallenberg Banquier suédois, il est administrateur de nombreuses compagnies transnationales.

- Henry Kissinger, principal responsable des invitations au Groupe de BilderbergMembres cachés du noyau dur
Carl Bildt Ancien Premier ministre libéral de Suède (1991-94), ancien envoyé spécial de l’Union européenne puis de l’ONU dans les Balkans (1995-97, 1999-2001), actuel ministre suédois des Affaires étrangères. (T)
Oscar Bronner Pdg du quotidien autrichien Der Standard.
Timothy C. Collins Financier états-unien, directeur du fond de placement Ripplewood. (T)
John Elkann PDG du groupe italien d’automobile Fiat (son grand-père Gianni Agnelli fut pendant quarante ans un des animateurs du Groupe de Bilderberg. Il a hérité de la fortune familiale après le décès de mort naturelle de son grand-père Giovanni et la mort prématurée de son oncle Edoardo. Cependant, des sources policières sont convaincues que Edoardo a été assassiné après qu’il se soit converti à l’islam chiite, de sorte que la fortune revienne à la branche juive de la famille).
Martin S. Feldstein Ancien conseiller économique de Ronald Reagan (1982-84), et actuel conseiller économique de Barack Obama. Il a aussi été conseiller de George W. Bush pour le Renseignement extérieur. Il enseigne à Harvard. (T)
Henry A. Kissinger Ancien conseiller de sécurité nationale des Etats-Unis et secrétaire d’Etat, personnalité centrale du complexe militaro-industriel US, actuel président de la société de conseil Kissinger Associates.
Henry R. Kravis Financier états-unien gestionnaire du fond de placement KKR. Il est un des principaux collecteurs de fonds du Parti républicain.
Neelie Kroes Ancienne ministre néerlandaise libérale des Transports, commissaire européenne à la concurrence, et actuelle commissaire à la société numérique.
Bernardino Léon Gross Diplomate espagnol, secrétaire général de la présidence du gouvernement socialiste de José-Luis Zapatero.
Frank McKenna Ancien membre de la Commission de surveillance des services de renseignement canadiens, ambassadeur du Canada à Washington (2005-06), vice-président de la Banque Toronto-Dominion.
Beatrix des Pays Bas Reine de Hollande. Elle est la fille du prince Bernhard.
George Osborne Ministre britannique des Finances. Ce néo-conservateur est considéré comme un eurosceptique. Il faut comprendre par là qu’il est opposé à la participation du Royaume-Uni à l’Union européenne, mais qu’il est partisan de l’organisation du continent au sein de l’Union.
Robert S. Prichard Économiste canadien, directeur du groupe de presse écrite et audiovisuelle Torstar.
David Rockefeller Le patriarche d’une longue lignée de financiers. Il est le plus ancien membre du noyau dur des Bilderbergers. Il est également le président de la Commission Trilatérale, une organisation similaire intégrant des participants asiatiques.
James D. Wolfensohn Financier australien ayant pris la nationalité états-unienne pour devenir président de la Banque mondiale (1995-2005), aujourd’hui directeur du cabinet conseil Wolfensohn & Co.
Robert B. Zoellick Diplomate états-unien, ancien délégué au Commerce des États-Unis (2001-05), actuel président de la Banque mondiale.
Oscar Bronner Pdg du quotidien autrichien Der Standard.
Timothy C. Collins Financier états-unien, directeur du fond de placement Ripplewood. (T)
John Elkann PDG du groupe italien d’automobile Fiat (son grand-père Gianni Agnelli fut pendant quarante ans un des animateurs du Groupe de Bilderberg. Il a hérité de la fortune familiale après le décès de mort naturelle de son grand-père Giovanni et la mort prématurée de son oncle Edoardo. Cependant, des sources policières sont convaincues que Edoardo a été assassiné après qu’il se soit converti à l’islam chiite, de sorte que la fortune revienne à la branche juive de la famille).
Martin S. Feldstein Ancien conseiller économique de Ronald Reagan (1982-84), et actuel conseiller économique de Barack Obama. Il a aussi été conseiller de George W. Bush pour le Renseignement extérieur. Il enseigne à Harvard. (T)
Henry A. Kissinger Ancien conseiller de sécurité nationale des Etats-Unis et secrétaire d’Etat, personnalité centrale du complexe militaro-industriel US, actuel président de la société de conseil Kissinger Associates.
Henry R. Kravis Financier états-unien gestionnaire du fond de placement KKR. Il est un des principaux collecteurs de fonds du Parti républicain.
Neelie Kroes Ancienne ministre néerlandaise libérale des Transports, commissaire européenne à la concurrence, et actuelle commissaire à la société numérique.
Bernardino Léon Gross Diplomate espagnol, secrétaire général de la présidence du gouvernement socialiste de José-Luis Zapatero.
Frank McKenna Ancien membre de la Commission de surveillance des services de renseignement canadiens, ambassadeur du Canada à Washington (2005-06), vice-président de la Banque Toronto-Dominion.
Beatrix des Pays Bas Reine de Hollande. Elle est la fille du prince Bernhard.
George Osborne Ministre britannique des Finances. Ce néo-conservateur est considéré comme un eurosceptique. Il faut comprendre par là qu’il est opposé à la participation du Royaume-Uni à l’Union européenne, mais qu’il est partisan de l’organisation du continent au sein de l’Union.
Robert S. Prichard Économiste canadien, directeur du groupe de presse écrite et audiovisuelle Torstar.
David Rockefeller Le patriarche d’une longue lignée de financiers. Il est le plus ancien membre du noyau dur des Bilderbergers. Il est également le président de la Commission Trilatérale, une organisation similaire intégrant des participants asiatiques.
James D. Wolfensohn Financier australien ayant pris la nationalité états-unienne pour devenir président de la Banque mondiale (1995-2005), aujourd’hui directeur du cabinet conseil Wolfensohn & Co.
Robert B. Zoellick Diplomate états-unien, ancien délégué au Commerce des États-Unis (2001-05), actuel président de la Banque mondiale.

- David Rockefeller, conseiller du Groupe de Bilderberg
Les Bilderbergers n’engagent pas les entreprises ou institutions dans lesquelles, ils travaillent. Cependant, il est intéressant d’observer la diversité de leurs secteurs d’activité.
Le lobby de la plus puissante organisation militaire mondiale
Au cours des dernières années, le nombre de sujets abordés lors des séminaires annuels a augmenté en fonction de l’actualité internationale. Mais cela ne nous apprend rien, car ces discussions n’ont aucun objet en elles-mêmes, elles sont juste des prétextes pour faire passer des messages. Malheureusement, nous n’avons pas eu accès aux documents préparatoires les plus récents et ne pouvons que supputer sur les mots d’ordre que l’OTAN s’efforce de diffuser via ces leaders d’opinion.
La réputation du Groupe de Bilderberg a conduit certains auteurs à lui attribuer des capacités de nomination. C’est stupide et cela masque les vrais tireurs de ficelles qui se trouvent au sein de l’Alliance atlantique.
Par exemple, on a rapporté que durant la dernière campagne électorale présidentielle aux États-Unis, Barack Obama et Hillary Clinton ont disparu durant une journée, le 6 juin 2008, pour négocier à l’écart la fin de leur rivalité. Ils se sont en réalité rendus au séminaire annuel du Groupe de Bilderberg, à Chantilly (Virginie, USA). Or, le lendemain, Mme Clinton annonçait qu’elle se retirait de la course. Certains auteurs en ont conclu que la décision a été prise au cours de la réunion du Bilderberg. Ce n’est pas logique, dans la mesure où cette décision était certaine depuis trois jours vu le nombre de voix du sénateur Obama au sein du comité d’investiture du Parti démocrate.
Selon notre source, c’est autre chose qui s’est passé. Barack Obama et Hillary Clinton ont conclu à l’écart un accord financier et politique. Le sénateur Obama a renfloué les caisses de sa rivale et lui a offert un poste dans son administration (Mme Clinton a refusé la vice-présidence et a choisi le département d’État) en échange de son soutien actif durant la campagne contre le candidat républicain. Puis, les deux leaders ont été introduits par James A. Johnson au séminaire du Bilderberg où ils ont assuré les participants qu’ils travailleraient ensemble. Depuis longtemps déjà, Barack Obama était le candidat de l’OTAN. M. Obama et sa famille ont toujours travaillé pour la CIA et le Pentagone [3]. De plus, les premiers financements de sa campagne ont été fournis par la Couronne d’Angleterre via l’homme d’affaire Nadhmi Auchi. En présentant le sénateur noir aux Bilderbergers, l’Alliance atlantique organisait à l’échelle internationale les relations publiques du futur président des États-Unis.
De même, on a rapporté que le Groupe de Bilderberg a organisé un dîner impromptu, hors séminaire, le 14 novembre 2009 au Château de Val Duchesse, propriété du roi de Belgique. L’ancien Premier ministre belge Herman von Rompuy y a prononcé un discours. Or, cinq jours plus tard, il fut élu président du Conseil européen. Là encore, certains auteurs en on conclu à tort que le Groupe de Bilderberg était le « faiseur de roi ».
En réalité, le président de l’Union européenne ne pouvait pas être choisi en dehors des cercles de l’OTAN, puisque —rappelons-le— l’Union européenne est issue des clauses secrètes du Plan Marshall. Et ce choix devait être avalisé par les États membres. Ce type de décision nécessite de longues négociations et ne se prend pas lors d’un dîner entre amis.
Toujours selon notre source, le président du Groupe de Bilderberg, Étienne Davignon, a convoqué ce dîner exceptionnel pour présenter van Rompuy à ses relais d’influence. La chose était d’autant plus indispensable que la première personnalité à occuper la nouvelle fonction de président de l’Union était totalement inconnue en dehors de son pays. Au cours du repas, M. Van Rompuy a exposé son programme de création d’un impôt européen pour financer directement les institutions de l’Union sans passer par les États membres. Il restait aux Bilderbergers à clamer partout où ils le pouvaient qu’ils connaissent Herman von Rompuy et attestent de ses qualités pour présider l’Union.
La réalité du Groupe de Bilderberg est donc moins romantique que certains auteurs à succès l’ont imaginée. L’incroyable déploiement de forces militaires pour assurer sa sécurité n’a pas tant pour objet de le protéger que d’impressionner ceux qui y participent. Il ne manifeste pas leur puissance, mais leur montre que la seule vraie puissance en Occident, c’est l’OTAN. Libre à eux de la soutenir et d’être appuyés par elle, ou de la combattre et d’être inexorablement écrasés.
En outre, bien que le Groupe de Bilderberg ait développé à ses débuts une rhétorique anti-communiste, il n’était pas tourné contre l’URSS et n’est pas aujourd’hui tourné contre la Russie. Il suit la stratégie de l’Alliance qui n’est pas un Pacte contre Moscou, mais pour la défense —et éventuellement l’extension— de la zone d’influence de Washington. À sa création, l’OTAN avait espéré intégrer l’Union soviétique, ce qui aurait équivalu à un engagement de Moscou de ne pas remettre en cause le partage du monde issu des conférences de Postdam et de Yalta. Récemment l’Alliance a accueilli le président Dmitry Medvedev au sommet de Lisbonne et lui a proposé que la Russie se joigne à elle. Il ne s’agirait pas alors d’une vassalisation, mais de la reconnaissance du Nouvel Ordre Mondial, dans lequel toute l’Europe centrale et orientale est passée dans l’orbite états-unienne. Une adhésion russe vaudrait en quelque sorte traité de paix : Moscou reconnaitrait sa défaite dans la Guerre froide et le nouveau partage du monde.
Dans ce cas, le Groupe de Bilderberg inviterait des personnalités russes à ses réunions annuelles. Il ne leur demanderait pas d’influer l’opinion publique russe pour l’américaniser, mais pour la convaincre de renoncer définitivement aux rêves de grandeur du passé.
Source : Komsomolskaïa Pravda
[1] La CED est un projet qui visait à créer une armée européenne intégrée à l’OTAN. Il fut rejeté en 1954 par le Parlement français à l’instigation des Gaullistes et du Parti communiste. Il faut attendre 2010-11 pour que ce projet trouve un début de réalisation avec l’entente franco-britannique au sein de l’OTAN et la guerre de Libye.
[2] « Les armées secrètes de l’OTAN », par Daniele Ganser. Cet ouvrage est publié en feuilleton sur Voltairenet.org.
[3] « La biographie cachée des Obama : une famille au service de la CIA » (2 parties), par Wayne Madsen, Réseau Voltaire, 30 août et 20 septembre 2010.
Libellés :
1954,
Bilderberg Group,
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