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samedi 18 mai 2024

Comment Rothschild a fait fortune sur le dos de Napoléon

 

Depuis la loi de 1973, dite « loi Rothschild », du nom de la banque dont était issu l’ancien président de la République, Georges Pompidou, l’État est obligé de passer par le système des banques privées pour financer son endettement.

Aujourd’hui, Emmanuel Macron, issu lui aussi de la banque Rothschild, ne compte pas bien sûr remettre en cause cette loi, préférant faire des coupes sombres dans les budgets sociaux pour réduire le déficit de l’État… Depuis 1973, le Trésor public ne peut plus présenter ses propres effets à l’escompte de la Banque de France. En clair, l’État est condamné à se financer par des emprunts, contre intérêts, auprès de banques privées, au lieu de continuer à emprunter sans intérêt auprès de la Banque de France.

Comment en est-on arrivé là ? En 1973, après de 30 années de création monétaire, l’économie française était remise à flot. Dans l’esprit de l’ancien président de la République, Georges Pompidou, et des hauts fonctionnaires qui l’entouraient à l’époque, la France était désormais reconstruite suite aux destructions de la deuxième guerre mondiale. Il semblait donc plus aussi nécessaire de laisser persister des mécanismes qui s’étaient avérés bénéfiques pour le financement de dépenses d’investissements structurels, d’autant plus que ces mécanismes de création monétaire avaient été souvent utilisés pour financer le fonctionnement courant de l’État.

Il s’agissait avant tout d’instituer un garde-fou afin de préserver le pays de l’inflation et des dévaluations de la monnaie en s’imposant une discipline budgétaire. Il apparut souhaitable à la fois d’encadrer les dérives potentielles de l’État et de sortir d’une ère d’économie administrée en établissant un autre système de financement. Mais le problème, c’est que ces bonnes intentions finirent par faire le jeu du monde de la finance qui a vite vu l’intérêt qu’il pouvait retirer d’un système par lequel l’État devait obligatoirement passer pour emprunter.

De ce point de vue, la loi de 1973 fut également le fruit d’un habile lobbying bancaire visant à neutraliser tous ceux qui étaient favorables au système en vigueur jusqu’ici. Cette loi a été abrogée en 1994 mais après avoir été étendue et confortée au niveau de l’Union Européenne par les traités de Maastricht (à compter du 1er novembre 1993, article 104) et Lisbonne (à compter du 1er décembre 2009, article 123) que la France appliquer à la lettre depuis cette date.

Les critiques de la loi de 1973

Contrairement à ce qu’escomptaient les initiateurs de la loi de 1973, l’endettement public non seulement s’est poursuivi mais a augmenté considérablement, l’État étant progressivement devenu l’otage d’un système financier privé. On le voit aujourd’hui en France mais aussi en Grèce, en Irlande, au Portugal, en Espagne, en Italie, ce ne sont plus les États qui gouvernent mais la « troïka » (Union Européenne, Fond Monétaire International et Banque Centrale Européenne) qui resserre toujours davantage son emprise financière sur les pays, notamment du Sud de l’Europe.

source : http://vuaumacroscope3.canalblog.com/archives/2019/10/26/37740820.html

lundi 1 février 2021

AVRIL ROUGE EN INDOCHINE

 C’était il y a quarante ans : le 17 avril 1975, Phnom Penh, la capitale du Cambodge, tombait aux mains des Khmers rouges. Le 30 avril suivant, Saïgon était conquise par les armées du Vietnam du Nord. Le communisme s’abattait sur des peuples déjà éprouvés par la guerre, annonçant un génocide et d’innombrables drames.

DA NANG (VIETNAM), 30 MARS 1975

La ville portuaire, située dans la pointe septentrionale du Vietnam du Sud, vient de tomber aux mains des communistes. Depuis le retrait des troupes américaines, en 1973, conséquence des accords de paix signés à Paris entre tous les acteurs du drame vietnamien, la guerre, en réalité, n’a pas cessé : le Nord communiste n’a jamais renoncé à annexer la moitié sud d’un pays qui avait été coupé en deux, en 1954, lorsque prit fin l’engagement militaire français en Indochine.

En 1975, les Vietnamiens du Sud sont donc seuls à poursuivre le combat contre l’armée du Nord-Vietnam et ses alliés communistes du Sud, les maquisards du Viêt-Cong. Face à l’offensive déclenchée par les dirigeants d’Hanoï, au début de l’année, le président sud-vietnamien a décrété la mobilisation générale. Mais le Nord dispose de 450 000 hommes et le Sud, de 30 000 : le rapport de force est trop inégal. Pour les troupes sud-vietnamiennes, qui entament une retraite désordonnée, gênées par l’exode de la population civile qui fuit à la fois la guerre et les communistes, la prise de Da Nang marque le début de la débâcle.

PHNOM PENH, 1er AVRIL
Le maréchal Lon Nol, président de la République khmère, vient de partir pour l’exil. En 1970, il a fomenté un coup d’Etat qui a renversé le roi Sihanouk et placé le Cambodge sous la protection des Américains. Depuis 1969, ceux-ci ont été contraints de bombarder la piste Hô Chi Minh par laquelle les Vietnamiens du Nord ravitaillent le Viêt-Cong. Or cet axe passe par le Cambodge. Réfugié à Pékin, Sihanouk a formé un gouvernement en exil avec les Khmers rouges, et appelé à la révolte contre Lon Nol. Les communistes cambodgiens ont à leur tête un homme surnommé Pol Pot, formé à Paris par le PCF, comme tous les leaders communistes indochinois. De 1971 à 1974, les Khmers rouges n’ont cessé d’étendre leur influence dans les zones rurales du pays, liquidant impitoyablement leurs adversaires. En 1973, se désengageant du Vietnam, les Américains ont cessé d’intervenir aussi au Cambodge, laissant le régime de Lon Nol affronter seul les communistes. En janvier 1975, les Khmers rouges ont lancé une grande offensive destinée à prendre Phnom Penh. Début avril, rien ne semble pouvoir arrêter leur marche vers la capitale.

PARIS, 11 AVRIL
Dans sa nouvelle émission d’« Apostrophes », sur France 2, Bernard Pivot reçoit un invité exceptionnel : Alexandre Soljenitsyne. Sur le plateau, il y a notamment Jean d’Ormesson, directeur du Figaro, et Jean Daniel, directeur du Nouvel Observateur. Ce dernier oriente le débat, qui se déroulait initialement sur le terrain littéraire, vers la politique. Et conduit l’écrivain russe à aborder notamment la situation en Indochine. « Supposez, gronde-t-il, que le Vietnam du Sud ait attaqué le Nord. Il y aurait eu le tonnerre, la tempête et les hurlements. Mais le Vietnam du Nord envahit le Sud, et tout le monde s’en félicite. » Devant les caméras, Soljenitsyne le proclame : l’Indochine va devenir un goulag. Aux yeux de l’écrivain, l’aveuglement de l’Occident est un scandale.

PARIS, 16 AVRIL
Article de Jacques Decornoy, dans Le Monde, écrit alors que les Khmers rouges sont aux portes de Phnom Penh : « Le Cambodge sera démocratique, toutes les libertés seront respectées. »

PHNOM PENH, 17 AVRIL
A 9 h 30, les Khmers rouges de la division 130 investissent la capitale cambodgienne : 40 000 maquisards, un foulard rouge sur la tête et chaussés de tongs ou de lanières de pneus. Les curieux qui s’avancent pour voir le spectacle sont surpris par ces petits guerriers hâves surgis de la jungle. Dès 11 heures, ils circulent avec des haut-parleurs qui commandent aux habitants de se mettre en route pour la campagne. Hommes, femmes, enfants, vieillards, malades : tous les habitants de Phnom Penh doivent déguerpir sous la conduite des Khmers rouges. Au cours des derniers mois, sous l’afflux des réfugiés, la capitale cambodgienne était passée de 600 000 habitants à plus de 2 millions. En quarante-huit heures, la ville est vidée, à l’exception de 40 000 fidèles de l’Angkar, l’organisation communiste. Les malades intransportables, sortis des hôpitaux, sont achevés. Sur les routes qui conduisent les déportés vers des chantiers de grands travaux, les bourgeois, les intellectuels, les fonctionnaires, les officiers et les moines sont assassinés à coups de manche de pioche ou la tête enfermée dans un sac en plastique : l’Angkar économise les munitions.

PARIS, 18 AVRIL
Titre du Monde : « Phnom Penh est tombée ». En une, le quotidien publie une dépêche de son envoyé spécial, Patrice de Beer, resté dans la ville à l’approche des Khmers rouges. Le texte a été télégraphié le 17 en fin de matinée : « La ville est libérée. […] On entend encore des coups de feu dans le centre de la ville, mais l’enthousiasme populaire est évident. Des groupes se forment autour des maquisards, jeunes, heureux, surpris par leur succès facile. Des cortèges se forment dans les rues et les réfugiés commencent à rentrer chez eux. » Titre de l’encadré : « Enthousiasme populaire ». Le même jour, un grand titre barre la une de Libération : « Phnom Penh, sept jours de fête pour une libération ».

PHNOM PENH, 19 AVRIL
Les vainqueurs ont demandé aux étrangers de se rassembler dans l’ambassade de France. Trois mille personnes y ont trouvé refuge. L’ethnologue François Bizot connaît bien les Khmers rouges : il a été fait prisonnier par eux en 1971, mais a réussi à être libéré après deux mois et demi de détention. Comme il le racontera vingt-cinq ans plus tard dans Le Portail, il sert par conséquent d’interprète et d’intermédiaire entre les diplomates français et les nouvelles autorités khmères. Celles-ci n’autorisent l’entrée dans l’enceinte de l’ambassade que de détenteurs d’un passeport en règle. Par ordre de l’Elysée, la même consigne est observée de l’intérieur par les gendarmes qui gardent le portail d’entrée. Le prince Sisowath Monireth, oncle de Sihanouk, saint-cyrien et ancien officier de la Légion étrangère, venu avec sa Légion d’honneur sur la poitrine, est refoulé ; nul ne le reverra jamais. Entre le 30 avril et le 6 mai, tous les réfugiés de l’ambassade seront conduits en camion jusqu’en Thaïlande. Les étrangers chassés, les frontières du pays fermées, le Cambodge, rebaptisé Kampuchéa démocratique, vivra quatre ans en autarcie.

SAÏGON, 21 AVRIL
La région est encerclée par les troupes du Nord. Nguyen Van Thieu, le président du Vietnam du Sud, remet sa démission après que le gouvernement révolutionnaire provisoire sud-vietnamien (GRP), émanation des communistes, a demandé son départ comme condition sine qua non de toute négociation. Le 28 avril, il sera remplacé par le général Duong Van Minh.

PARIS, 28 AVRIL
Commentaire de Jean Lacouture, dans Le Nouvel Observateur, sur la révolution cambodgienne. L’évacuation de Phnom Penh ? Une « audacieuse transfusion de peuple ».

SAÏGON, 29 AVRIL 1975
Les troupes sud-vietnamiennes se battent sans relâche. Bombardé, l’aéroport de Tan Son Nhut est inutilisable. Une noria d’hélicoptères américains commence à évacuer les derniers personnels de l’ambassade des Etats-Unis et les membres du gouvernement du Vietnam du Sud vers les porte-avions de la VIIe flotte qui croisent au large.

SAÏGON, 30 AVRIL

A l’aube, la 324e division nord-vietnamienne s’avance dans les faubourgs. Tandis que les 4 millions d’habitants se terrent chez eux, et que les soldats du Sud se débandent en déposant leurs uniformes et leurs armes, l’ultime carré des défenseurs du Vietnam libre montent à l’assaut : un bataillon de parachutistes, les cadets de l’académie militaire de Dalat, des miliciens catholiques. Héroïque baroud d’honneur pour un pays perdu. A 7 h 53, le dernier hélicoptère décolle du toit de l’ambassade des Etats-Unis, abandonnant à leur sort des milliers de candidats à l’exil. A 10 h 24, Minh, le président du Sud-Vietnam, voulant éviter un bain de sang, annonce la capitulation de ses troupes. A 11 h 30, deux blindés du Nord enfoncent les grilles du palais présidentiel. Pendant qu’un colonel reçoit la reddition du président Minh, le drapeau du Viêt-Cong, bleu et rouge frappé d’une étoile dorée, est hissé sur le toit de l’édifice. A 15 h 30, un message radiophonique du dernier président de la République du Vietnam annonce la dissolution de son gouvernement. Les ondes diffusent en boucle une annonce du vainqueur : « Les forces du Front national de libération ont pris le contrôle de Saïgon. Ne craignez rien. Vous serez traités correctement. » En fin de journée, Saïgon est rebaptisée Hô Chi Minh-Ville.

Paris, 2 mai
Editorial de Jean d’Ormesson dans Le Figaro : « Quel soulèvement populaire ? Ce qui a vaincu Saïgon, ce sont les divisions nord-vietnamiennes à peine camouflées sous le drapeau du gouvernement révolutionnaire provisoire (GRP) et armées jusqu’aux dents par les alliés communistes. » Au cours de la nuit suivante, de mystérieux volontaires français s’activent dans l’ambassade de la République du Vietnam du Sud, avenue de Villiers, sous le regard de l’ambassadeur qui doit prochainement passer ses clés aux représentants du GRP à Paris. Les communistes pénétreront dans des locaux vides de tout document, aux meubles fracassés, où toutes les machines, précipitées du haut de la cage d’escalier, sont disloquées.

PARIS, 10 MAI

Article de Patrice de Beer dans Le Monde, le reporter revenant du Cambodge : « Pourquoi cette attitude ? [l’expulsion des observateurs étrangers par les Khmers rouges] Sûrement pas, comme tente de le faire croire l’administration américaine qui se raccroche à sa théorie du «bain de sang», pour cacher des horreurs que de sadiques hommes en noir seraient en train de perpétrer. Que cela plaise ou non, les Cambodgiens ont décidé qu’ils ne voulaient plus d’étrangers chez eux. […] Derrière le pyjama noir et la casquette, il existe une volonté farouche de retour aux sources rurales du pays, et un nationalisme fier.

SAÏGON, 15 MAI
Devant une brochette de généraux aux épaulettes d’or défilent les chars de fabrication soviétique, les canons venus de Chine et les fantassins de l’armée de la République démocratique du Vietnam qui s’est emparée de Saïgon. Dans quelques mois, le Nord et le Sud seront unifiés sous le vocable de République socialiste du Vietnam. Dans les rues de la ville, des haut-parleurs diffusent la radio en permanence : slogans communistes, marches militaires, chants soviétiques. Venus de Hanoï, des centaines de cadres du parti organisent l’épuration : ils ont dressé des listes et font appel à la délation afin de traquer les cadres du régime défunt – du moins ceux qui ne seront pas victimes d’exécutions sommaires. Militaires et fonctionnaires du Sud sont astreints à des stages de rééducation : un an pour les simples soldats, trois ans pour les officiers et les hauts fonctionnaires, délais susceptibles d’allongement. A la fin des années 1990, les camps vietnamiens détiendront encore des prisonniers politiques internés en 1975. Sur une population de 20 millions de personnes, entre 500 000 et un million de Vietnamiens du Sud passeront par ces camps, au moins 300 000 d’entre eux y laissant la vie.

PARIS, 29 AVRIL 1976
Editorial d’André Fontaine, rédacteur en chef du Monde, sur la situation au Cambodge : « Quelle qu’en soit l’ampleur, il paraît bien s’agir d’une tragédie. Le pays a été transformé en un vaste camp de concentration. »

New York, 25 août 1976
Dans le New York Times, le reporter Henry Kamm, évoquant les réfugiés qui fuient le Vietnam par la mer, emploie pour la première fois l’expression boat people. Le mot fera fortune, mais la réalité a commencé dès le 30 avril 1975, quand il s’est avéré impossible de quitter Saïgon par les airs. On estime que plus de 200 000 habitants du Sud se sont enfuis en bateau dans les premiers jours de mai 1975. Depuis, le flux ne s’est pas tari. Sur des jonques ou des radeaux de fortune, les Vietnamiens embarquent par centaines de milliers : en tout, 3 millions de fugitifs. Deux millions qui parviendront aux Etats-Unis ou en Europe, et des centaines de milliers qui échoueront, victimes de pirates, volés, violés, noyés : selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, 250 000 boat people sont morts en mer. Le Vietnam est devenu un goulag tropical : Soljenitsyne avait raison.

PARIS, 3 FÉVRIER 1977
Sortie du livre du père François Ponchaud : Cambodge, année zéro. Missionnaire au Cambodge depuis 1965, expulsé en 1975, ce prêtre a recueilli les témoignages de centaines de rescapés qui ont réussi à fuir le pays et à passer en Thaïlande. Ils lui ont tout raconté : le retour forcé à la campagne, les massacres de masse, les tortures, les camps de travail, la famine. Dans un dossier publié par Le Monde en février 1976, il a procédé à une estimation du nombre de victimes : selon lui, neuf mois après leur prise du pouvoir, les Khmers rouges avaient provoqué 800 000 morts. Dans son livre, le père Ponchaud réévalue son estimation : d’après ses calculs, au moins un million de Cambodgiens ont disparu, soit 150 000 victimes d’exécutions sommaires (officiers, cadres du régime, intellectuels) et 850 000 morts au travail ou de malnutrition. Le Cambodge est devenu un goulag tropical : Soljenitsyne avait encore raison.

PARIS, 13 NOVEMBRE 1978
Dans Valeurs actuelles, interview de Jean Lacouture, auteur de cinq livres et de nombreux articles sur les événements d’Indochine : « Au Cambodge, j’ai péché par ignorance et par naïveté. […] J’avais un peu connu certains dirigeants actuels des Khmers rouges, mais rien ne permettait de jeter une ombre sur leur avenir et leur programme. […] Pour le Vietnam, je plaide coupable. Je m’accuse d’avoir pratiqué une information sélective en dissimulant le caractère stalinien du régime nord-vietnamien. »

PHNOM PENH, 7 JANVIER 1979
Les troupes vietnamiennes, aidées d’anciens communistes adversaires de Pol Pot, entrent dans Phnom Penh et mettent fin au régime des Khmers rouges. Elles se retireront en 1989, le Cambodge étant placé sous l’autorité de l’ONU en 1991. Redevenu roi, Sihanouk affrontera une guérilla khmère rouge qui se prolongera jusqu’en 1998, année de la mort (dans son lit) de Pol Pot. En 2006, les responsables khmers rouges encore en vie seront jugés, et condamnés. Leur système politique, un des plus effroyables de l’Histoire, a coûté la vie à 1,7 million de personnes sur une population s’élevant, quatre ans auparavant, à 8 millions de Cambodgiens. Près d’un individu sur quatre : cela, même Soljenitsyne n’avait osé l’imaginer.

Jean Sévillia

https://www.jeansevillia.com/2015/10/14/avril-rouge-en-indochine/

vendredi 19 juillet 2013

L’impasse d’une économie sans racines

Insidieusement le libéralisme et son avatar socialiste ont entraîné l’économie dans un « nouvel âge » : l’économie sans racine. Le libre-échange, que défendaient les grands auteurs classiques, est aujourd’hui dépassé par la conjonction de trois phénomènes : politique - le renversement de la souveraineté des nations -, économique - la « financiarisation » des activités productives - et technique - l’explosion des systèmes de communications et de transports. Cette focalisation d’événements, fortement recherchée par les défenseurs de la « pensée unique », se traduit par l’avènement d’une « économie éthérée » (ou peut-être « éterrée », c’est-à-dire sans terre...) à l’heure où l’homme n’a jamais autant eu besoin d’Identité nationale depuis que le nihilisme ambiant a désenchanté le monde.
À l’origine, le libéralisme classique défendait le principe d’une économie monde. Ce système était construit sur la complémentarité. Chaque nation avait intérêt à se spécialiser dans une ou plusieurs branches précises pour exporter ses spécialités et importer les produits que le pays ne pouvait fabriquer, ses facteurs de production ayant été entièrement utilisés par sa branche d’excellence. Au XVIIIe Adam Smith défendait donc le principe des « avantages absolus », au XIXe son disciple David Ricardo le compléta avec la théorie des « avantages relatifs » et au XXe trois économistes développèrent le « théorème HOS » qui porte les initiales de ces éminents professeurs Hechscher, Ohlin et le prix Nobel d’économie de 1970 Samuelson.
Ces derniers, à travers leur loi sur la spécialisation des économies en fonction de « la proportion des facteurs disponibles » insistaient sur l’importance de la combinaison des facteurs classiques de production que chaque nation se doit d’exploiter pour exporter : le travail, le capital (au sens économique du terme, c’est-à-dire : machines, outils, usines, etc.) et surtout... « la Terre ».
La souveraineté des multinationales
Au XXIe la « pensée inique » libéralo-socialiste développe une nouvelle conception : « la mobilité absolue des moyens de production ». Pour imposer ce nouveau principe économique dominateur, trois processus parallèles ont été mis en œuvre au cours des dernières décennies.
Premier processus : éliminer les rigidités politiques. Pour « déblayer » le terrain économique il fallait préalablement supprimer les freins au libre-échange en renversant le principe de souveraineté nationale. Universellement et historiquement, jusqu’au milieu du XXe siècle, les États étaient les dépositaires de la souveraineté, les entreprises comme les citoyens subissaient leurs lois. Depuis la fin du siècle précédent, par la force ou par l’invention d’un « nouveau droit supranational » la souveraineté est transmise progressivement aux multinationales. Les détenteurs des pouvoirs étatiques ne font qu’exercer une action de syndic de copropriété au profit des grands intérêts privés. Les récentes visites de Jacques Chirac en Asie ne sont que la énième confirmation de la transformation de la présidence de la République en agence commerciale.
La C.I.A. est à cet égard très active pour supprimer toute forme de droit souverain lorsque ses commanditaires considèrent qu’elles peuvent être gênantes pour leurs opérations de délocalisation. Construite sur la négation de l’existence de toute forme de légalité nationale, elle se joue des frontières, comme viennent de le confirmer les récentes révélations sur ses agissements dans le transport et l’incarcération des personnes soupçonnées d’être ses ennemis. Le 11 septembre...1973 elle a donc renversé le président chilien Salvador Allende pour permettre au géant américain I.T.T de mieux exploiter « ses » mines de cuivre. En 2003 elle a monté un dossier mensonger sur les armes de destructions massives irakiennes pour permettre à Halliburton de mieux profiter des puits de pétroles mésopotamiens. En 2004 elle a installé un de ses anciens agents à la tête de la Commission Européenne pour mieux imposer les directives, qui favoriseront, au nom du droit supranational, la disparition des législations qui nuisent au libre échange des grandes firmes (petite précision sur les nouvelles règles étymologique du langage économique : l’expression « droit supra-national » n’utilise pas le terme « supra » pour ses liens avec le mot « supérieur » mais pour sa proximité avec « suppression » ... du droit national).
Le primat de la finance
Le deuxième processus est, lui, purement économique. Toutes les conceptions économiques, jusqu’au triomphe des monétaristes lors de la remise du prix Nobel au fondateur de cette nouvelle école de pensée Milton Friedman en 1976, partaient d’une approche philosophique de cette science. L’économie était destinée à favoriser le bonheur du genre humain en recherchant les meilleurs moyens pour assurer la félicité sur terre.
Depuis les premières expériences d’application de cette nouvelle doctrine au Chili et en Israël, à partir de 1973, les priorités économiques ne sont plus centrées sur cet objectif. Seuls les intérêts financiers doivent primer. Tout doit être construit pour défendre la valeur de la monnaie, en commençant par les fondements de la Banque Centrale Européenne qui vient de relever une nouvelle fois ses taux d’intérêts bancaires pour s’assurer du strict respect de ses principes monétaristes. La finance a pris la place de la production. Les facteurs de production, en particulier les travailleurs, doivent être au service des résultats financiers et non l’inverse. Pour assurer le succès de ce nouveau principe la mobilité des facteurs se doit d’être absolue. Usines, machines, terres et travailleurs doivent pouvoir déménager là où les coûts de fabrication seront les plus faibles et les perspectives de marges bénéficiaires les plus fortes.
La complémentarité économique des origines classiques du libéralisme est balayée par le principe de délocalisation. L’attachement aux facteurs de production, à la terre, disparaît. Les productions agricoles peuvent même être produites hors sol. Les espèces animales (y compris l’espèce humaine) et végétales sont transplantées en fonction des calculs de rentabilité. La nouvelle carte des vins est très symbolique de ces « cépages français » qui au Chili et ailleurs viennent concurrencer nos plus grands crus après avoir été extraits de la Terre de France.
Planétarisation
Mais ces deux processus n’auraient jamais été pleinement possibles sans la révolution technologique que les transports et les télécommunications ont connue au cours des dernières décennies. Le « container » et le « World Wild Web » (le triple w d’internet) ont réduit la planète à la taille d’une simple province. Un porte-containers de plusieurs milliers de tonnes permet de relier Cherbourg à Boston en quatre jours. Un produit américain fabriqué le lundi aux U.S.A. peut être livré le samedi en Europe. Les liaisons aériennes marchandes sont encore plus véloces. Les avions sont vidés de leurs sièges passagers montés sur rails en fin de journée, pour mettre à bord des containers qui coulissent à la place des précédents habitacles. Aucun point de la planète n’est à moins de 24 heures de n’importe quel autre point géographique.
Le « triple w » a le mérite de la franchise de ses ambitions : ce nouveau monde (world) unique sera sauvage (wild), et son symbole l’araignée prendra dans sa toile (web) tous les consommateurs nécessaires pour faire fonctionner ce système de course perpétuelle à la surconsommation.
Ces révolutions technologiques sont utilisatrices de produits et de matières fondamentales, que les grandes firmes ne sauraient laisser aux mains de n’importe qui : le pétrole pour les transports et le cuivre pour le téléphone dont le Chili est toujours le premier producteur mondial. Vous comprendrez ainsi pourquoi l’interventionnisme américain ne se fait pas selon les lois du hasard. Vous comprendrez aussi pourquoi les campagnes des élections présidentielles « françaises », ne commencent plus à Lille ou à Avignon, comme un ringard qui confond encore la souris et le mulot, les avaient engagées, mais au ...Chili !
Avance masquée
Pour avancer dans cette mondialisation, ses promoteurs français préfèrent agir masqués. Au lieu de rechercher la traduction du vocabulaire anglo-saxon il préfèrent comme avec « www » donner une note d’exotisme à ces anglicismes qui nous envahissent pour ne pas révéler leurs significations. Un mot échappe pourtant à cette règle : « délocalisation ». La raison en est simple. Le terme anglo-saxon « outsourcing » est trop révélateur des ambitions que révèle cette nouvelle ère économique : « implanter la source ailleurs » ! Il ne s’agit plus de sous-traiter quelques composants dans une usine étrangère mais d’aller jusqu’à l’origine du produit. De couper toutes les racines de la production. Mais attention c’est avec des racines que l’on soigne les malades, c’est par les airs que la grippe aviaire voyage !
Yves LENORMAND L’’Action Française 2000– du 16 mars au 5 avril 2006

lundi 5 décembre 2011

11 octobre 1973 : Consécration de l'éthologie

En étant décerné conjointement à Konrad Lorenz, Nikolaas Tinbergen et Karl von Frisch, le prix Nobel de médecine et de physiologie 1973 promeut cette science de la vie qu'est l'éthologie an rang majeur qu'elle mérite, en décryptant l'origine et la signification des comportements animaux et humains.
Il a fallu du temps et beaucoup de travail pour en arriver là. Car, pendant longtemps, régnait la conviction que le comportement d'un être vivant était dû à ses réactions aux stimuli du milieu environnant. Une telle interprétation mécaniste aboutit au béhaviourisme (une conception typiquement américaine), qui exclut tout rôle de l'inné dans la façon de se comporter et en vient à considérer qu'on peut obtenir tel ou tel comportement en fonction d'un conditionnement adapté. D'où la négation de la fonction d'instinct.
Au début du XXe siècle, des zoologues (Whitman, Heinroth, Huxley) mettent en évidence l'existence de pulsions instinctives et de schémas de comportement innés chez les animaux. Jacob von Uexküll, lui, démontre que le comportement d'un être vivant dépend de la perception qu'il a du monde. Konrad Lorenz va prolonger, d'une façon décisive, l'œuvre de ces pionniers en débouchant, par ses travaux, sur l'éthologie proprement dite, c'est à dire l'étude comparée des comportements.
Ses premiers travaux portent sur les choucas et les oies cendrées, puis sur les chiens et les chats. Il ne veut pas entendre parler d'étude en laboratoire et il vit au milieu des animaux, qui s'ébattent librement dans leur milieu. Ce qui lui permet de jeter, entre 1935 et 1939, les bases de l'éthologie, affirmant qu'à l'origine de chaque comportement existe une détermination génétique, qui fournit une aptitude à agir en réponse aux stimuli (mais les pulsions fondamentales peuvent se déclencher sans intervention d'un stimulus ?).
Lorenz montre que beaucoup de comportements innés sont soumis à un processus de ritualisation, souvent qualifié de "parade", qui peut s'exprimer chez l'homme par des formes symboliques complexes. En rupture avec ceux qui voulaient, d'une façon réductionniste, tout expliquer soit par l'inné soit par l'acquis, Lorenz montre que l'interaction entre l'inné et l'acquis est une dé indispensable pour comprendre les comportements. D'où le devenir permanent qui caractérise la nature humaine. L'apport décisif de Lorenz, dans la biologie du comportement, est d'avoir intégré dans un système d'interprétation cohérent et complet les observations de ses prédécesseurs, faisant de lui l'incontestable fondateur de l'éthologie comparée.
Fort des conclusions scientifiques de ses travaux, Lorenz a voulu en tirer parti pour actionner un signal d'alarme au bénéfice d'une humanité contemporaine qui « est en péril ». Lorenz identifie quatre instincts fondamentaux : la faim, la peur, l'agressivité et la pulsion sexuelle. Dans son livre L'agression il montre que l'agressivité est une disposition normale dans toute espèce, chez tout organisme vivant, car liée à l'existence en tant que telle. L'agressivité nourrit des aspects essentiels du développement d'un être : apprendre, rechercher et découvrir, faire face aux défis multiples qui rythment le déroulement d'une vie. D'où, pour l'homme, la nécessité d'affronter « le combat auquel toute vie se ramène ».
Lorenz, à la différence de tant d'autres savants, ne s'est pas enfermé dans sa spécialité, ses préoccupations embrassant un vaste espace de réflexion, comme, l'a démontré son ouvrage Les huit péchés capitaux de notre civilisation. Il y écrit : « L'humanité contemporaine est en péril. Elle court de nombreux dangers, que le naturaliste et le biologiste en premier heu sont seuls à apercevoir, alors qu'ils échappent au regard de la plupart des hommes ». Il dénonce ce qu'il appelle « la mortelle tiédeur », c'est à dire le refus ou l'incapacité à réaliser que la vie n'est pas « un long fleuve tranquille », la fuite des responsabilités, toute difficulté étant vécue comme une insupportable injustice.
Lorenz dénonce l'imbécile tyrannie du « droit au bonheur », l'infantilisme qui en découle, la destruction des liens organiques et des hiérarchies au nom de l'égalitarisme, cette « escroquerie intellectuelle ». L'éthologie a marqué des points décisifs lorsqu'elle a touché le grand public, grâce à l'intelligente vulgarisation réalisée par des auteurs comme Robert Ardrey, dont les livres ont connu une grande diffusion. Dans Le territoire (Stock, 1967), il montre comment est déterminant, dans les sociétés animales et humaines, l'instinct de défense de son territoire, espace vital nécessaire à la survie de l'espèce.
Pierre VIAL Rivarol octobre 2011

mercredi 24 août 2011

Les Khmers rouges


Le 27 juin 2011 s'est ouvert le procès de quatre des principaux dirigeants khmers rouges, responsables d'un des pires génocides du XXe siècle, perpétré contre leur propre peuple au nom d'une idéologie communiste.
Nuon Chea, Khieu Samphân, Ieng Sary et Ieng Thirith vont être - enfin - jugés. Ces quatre dirigeants Khmers rouges avaient appartenu, dès 1951, au « Cercle marxiste », formé en France par des étudiants cambodgiens et qui, dirigé par Ieng Sary, comptait aussi parmi ses membres Saloth Sâr, qui allait plus tard devenir le numéro 1 du régime Khmer rouge sous le pseudonyme de Pol Pot. Comme Ieng Sary, Saloth Sâr avait adhéré à l'époque au Parti communiste français, qui peut s'enorgueillir de compter parmi ses grands anciens deux des plus grands criminels de la seconde moitié du XXe siècle…
Après l'indépendance, en 1953, les dirigeants du Parti communiste du Kampuchéa - Saloth Sâr, Nuon Chea, Son Sen -, rentrèrent au Cambodge, où le pouvoir revint au roi Norodome Sihanouk, qui fut renversé en 1970 par son Premier ministre Lon Nol avec la bénédiction des Américains. Poussé par le Vietnam du Nord et par la Chine, Sihanouk s'allia alors avec les Khmers rouges pour constituer un gouvernement en exil dans lequel figuraient plusieurs ministres communistes, dont Khieu Samphân.
Alors que les bombardements aveugles et massifs opérés par les Américains sur la partie du Cambodge occupée par les Nord-Vietnamiens grossissaient les maquis, les Khmers rouges mirent en place à partir de 1972 une politique de collectivisation des terres et commencèrent à s'éloigner des Vietnamiens. En 1973, ils organisèrent des purges et des massacres qui poussèrent 60 000 personnes à fuir les zones qu'ils contrôlaient et des milliers d'autres à se rebeller, mais la répression fut féroce.
En 1975, les Américains se retirèrent du Cambodge, abandonnant à son sort le gouvernement de Lon Nol, et les troupes khmères rouges investirent le 17 avril la capitale, Phnom Penh, dont la population entière - malades des hôpitaux compris - fut évacuée, à pied, conformément au projet de Pol Pot (Saloth Sâr) prévoyant de vider les villes. Deux millions de personnes partirent en abandonnant tous leurs biens, et l'opération causa plus de 10000 morts. Les autres villes du pays subirent le même sort.
Angkar, le Big Brother cambodgien
Le régime qui se met alors en place évoque le roman d'Orwell, 1984. Big Brother, ici, s'appelle Angkar (l'Organisation), dont on parle comme d'une personne. Angkar règne par la terreur, les purges et la chasse aux « espions », le bourrage de crâne, à base de séances d'auto-critique, et par la faim. Les cadres du Parti eux-mêmes n'y échappent pas. Laurence Picq, une maoïste française ayant épousé un communiste khmer travaillait pour un ministère et faisait partie de la poignée d'habitants qui restait à Phnom Penh. Dans son livre Au-delà du ciel, elle raconte : « Puissance anonyme et sans visage, Angkar était omniprésente, aveuglément suivie et idolâtrée. Elle demandait à être servie inconditionnellement et en retour elle pourvoyait à tout ; Elle avait banni toutes les religions et croyances mais elle s'imposait comme un nouveau Dieu. (…) L'isolement et le cloisonnement renforçaient considérablement le travail idéologique d'Angkar. À cela s'ajoutait le fait que chacun était tenaillé en permanence par la faim, ce sur quoi Angkar jouait avec beaucoup de finesse. »
Le, sort des populations déportées dans les campagnes ou dans les camps de concentration est encore pire. Les familles sont dispersées. L'économie est en ruine et les coopératives rurales ne nourrissent pas la population. Laurence Picq décrit ainsi le paysage qu'elle découvre à l'occasion d'un voyage : « Je regardai se dérouler le paysage. Point de vie, point de cultures, des rizières en friche depuis des années… Une désolation infinie. Où était le miracle de la collectivisation ? La nature maîtrisée ? Les foules heureuses de citadins convertis ? Il était flagrant que le pouvoir central n'avait pas su s'imposer. Phnom Penh, la tête, n'avait ni corps, ni bras, ni jambes ! Tout n 'avait été qu'illusion et comédie ! »
En réalité, le pouvoir ne s'était que trop bien imposé et l'on avait affaire à une tragédie. Dans un livre récemment paru, Les Larmes interdites, Navy Soth, Cambodgienne réfugiée en France et partie civile au procès en cours, âgée de 3 ans lors de la chute de Phnom Penh, raconte ces quatre années d'enfer, au cours desquelles ont péri son père et quatre de ses frères et sœurs : le long chemin pour rejoindre un camp, la vie privée interdite, la mort omniprésente, le départ de son père sans que ses enfants aient eu le droit de l'embrasser, ni de pleurer, pour ne pas manifester des sentiments « bourgeois »
Dans les centres de rééducation où sont déportés les victimes des purges, les conditions de vie sont abominables, la torture et les exécutions couramment pratiquées, et l'espérance de vie ne dépasse pas trois mois.
Le bilan de ce génocide communiste s'élève au moins à 1,7 million de morts et probablement plus de 2 millions, en quatre ans, sur une population de moins de 8 mimons d'habitants.
Encore la tragédie ne finit-elle pas en 1979 avec l'invasion vietnamienne, accueillie comme une délivrance. Les Khmers rouges, de nouveau alliés avec Sihanouk, entretiendront une guérilla contre le gouvernement pro-vietnamien, avec le soutien, non seulement de la Chine,- mais de la Thaïlande, des États-Unis et de l'ONU (le Viet Nâm ayant pour sa part l'appui des Russes). La paix ne reviendra qu'en 1991, avec la signature des accords de Paris, plaçant le Cambodge sous l'autorité de l'ONU en attendant l'organisation d'élections libres.
Quant à Pol Pot, responsable de l'assassinat de l'ancien ministre communiste de la Défense, Son Sen en 1997, il sera arrêté par l'un des plus cruels dirigeants khmers rouges, Ta Mok, dit « le boucher ». Condamné à la prison à perpétuité, il mourra d'une crise cardiaque - dit-on - le 15 avril 1998.
Jean-Pierre Nomen monde & vie . 16 juillet 2011

lundi 25 juillet 2011

LES PROMOTEURS DU COMMUNISME – VOLODIA TEITELBOIM (7)

Après Cuba, poursuivons notre périple au Chili. Volodia Teitelboim naît en 1916 à Chillàn dans une famille d’immigrants ukrainiens juifs. A 16 ans, il s’inscrit aux jeunesses communistes chiliennes. Nous sommes donc en 1932 (année de l’Holodomor en Ukraine). Il  poursuit ses études de droit en même temps que son militantisme. Wikipédia nous dit que « Pendant les années 40, Teitelboim est frappé comme tous les militants du Parti communiste chilien de persécution et contraint à l’exil ». Présenté de cette façon, on a vraiment l’impression que c’est dégueulasse de frapper de persécution des gens qui ne songent pourtant qu’au bonheur de l’humanité, vous ne trouvez pas ? Surtout que dans les années 40, ça faisait déjà vingt cinq ans qu’ils s’efforçaient de les rendre vachement heureux.
Mais après la pluie, le beau temps, et de retour d’exil les choses vont s’arranger pour lui puisqu’il est élu sénateur de Santiago en 1965. Fonction qu’il gardera jusqu’au coup d’Etat de septembre 1973 qui voit l’abominable Pinochet arriver au pouvoir. Car là, on nous précise bien que c’est un affreux dictateur, ce qui est normal puisqu’il n’était pas communiste. Certes, il y a eu des exactions durant le règne de Pinochet, mais pourtant elles n’arrivaient pas à la cheville de celles qui s’étaient passées bien plus à l’est, sur le vieux continent. Et sur lesquelles on observe une retenue de rosière.
Pendant ces sombres années d’obscurantisme, Teitelboim justement, s’installe à Moscou, où les droits de l’homme étaient tellement mieux respectés, nous le savons tous, et il en profite pour préparer son programme. Il a bien raison car, de retour au Chili, il est élu en 1989 président du parti communiste chilien. Il le restera jusqu'en 1994.
Il écrivait, également, et a reçu le prix national de littérature du Chili en 2002. Teitelboim mourra le 31 janvier 2008 – il avait 92 ans – et aura droit à un vibrant hommage en France, de la part du PCF. Qui en ces temps de morosité, n’a plus tellement d’occasions de commémorer grand-chose.                                   

Rien à voir avec ce qui précède, mais une correspondante très avisée me rappelle à propos de l’article d’hier Encore un d’attrapé, ceci :

Salomon Morel et autres :
Il vaut la peine de rappeler à ce sujet votre propre article publié en 2007 sur John Sacks et son livre “Oeil pour Oeil” :
http://france-licratisee.hautetfort.com/tag/eye

livre le plus complet écrit par un juif sur ces criminels juifs nommés par Staline à tous les postes importants de l'administration de la Pologne et surtout dans ses “Services de Sécurité”(police stalinienne UB )et à la tête des camps de concentration post deuxième guerre mondiale .http://france-licratisee.hautetfort.com