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mercredi 23 septembre 2026

Allemagne : les chaînes de 1945 commencent à céder

 

Friedrich Merz a trouvé le coupable. Après les nouveaux succès de l’AfD et l’effondrement de la CDU dans l’est de l’Allemagne, le chancelier explique gravement que l’avenir de la démocratie allemande serait en danger. Curieuse conception de la démocratie : lorsqu’un peuple vote comme on l’attend de lui, tout va bien ; lorsqu’il commence à renverser la table, la République serait soudain menacée.

C’est peut-être exactement l’inverse qui se produit. La démocratie retrouve son véritable sens lorsque les électeurs découvrent que leur bulletin peut réellement bouleverser l’ordre établi.

Ce qui vacille aujourd’hui n’est pas tant la démocratie allemande qu’un système politique et moral né après 1945, dans un pays vaincu, occupé et reconstruit sous l’autorité des vainqueurs. La République fédérale fut créée en 1949 dans les zones occidentales d’occupation. Quarante et un ans plus tard, la réunification n’engendra pas une Allemagne entièrement nouvelle : les Länder de la RDA rejoignirent la République fédérale et ses institutions.

Avec celles-ci survécut une culture politique dans laquelle la nation allemande devait rester perpétuellement sous surveillance. Certaines questions pouvaient être discutées ; d’autres devenaient suspectes dès qu’elles touchaient à l’identité, à l’immigration ou à la permanence historique du peuple allemand.

Cette mécanique commence à s’enrayer.

Romy l’a fort bien observé sur X : chez une partie des jeunes Allemands, « cette honte héritée ne fonctionne plus comme avant ». Un Allemand de vingt ans est né plus de soixante ans après la chute du Reich. Ses parents n’ont pas connu la guerre ; ses grands-parents peuvent eux-mêmes être nés après 1945. L’Histoire demeure. Le rapport personnel à cette histoire, lui, change.

On peut enseigner Auschwitz, condamner le nazisme et connaître les dérives du IIIe Reich sans demander à un jeune Allemand du XXIe siècle de considérer sa nationalité comme une faute originelle. La culpabilité ne se transmet pas éternellement avec le patrimoine familial.

Voilà pourquoi l’arme politique qui fut longtemps la plus efficace en Allemagne commence à s’émousser. Pendant des décennies, il suffisait de faire planer les mots « nationalisme », « extrême droite » ou « nazi » pour mettre un terme à une discussion. Une partie croissante des électeurs semble désormais répondre : et après ?

Romy résume très justement cette évolution : chez certains, « la peur de perdre son avenir est devenue plus forte que la peur d’être moralement condamné pour son vote ».

Car l’Allemagne réelle s’est rappelée au bon souvenir de l’Allemagne officielle. Son industrie souffre, l’énergie coûte cher, les disparités entre Est et Ouest subsistent et l’immigration s’est imposée comme l’un des grands sujets politiques du pays. Les récentes élections ont précisément montré combien le centre politique traditionnel s’était fragilisé, particulièrement à l’Est.

La CDU peut parler retraites, assurance-maladie, infrastructures et fiscalité. Toutes ces questions comptent. Elles ne répondent pourtant pas à celle qui travaille désormais une partie du pays : qu’est-ce que l’Allemagne veut encore être ?

Un simple espace économique où différentes populations cohabitent ? Ou le pays historique des Allemands, capable d’accueillir des étrangers sans renoncer pour autant à demeurer allemand ?

C’est cette question que le vieux système politique redoute de poser franchement. Merz préfère évoquer le spectre du nationalisme allemand et le danger qu’il pourrait représenter pour les voisins de l’Allemagne. Pourtant, le problème de 2026 n’est évidemment pas celui de 1939. Ce qui inquiète une partie des électeurs allemands n’est pas la conquête de nouveaux territoires, mais la continuité démographique, culturelle et nationale de leur propre pays.

Tant que la CDU répondra à cette inquiétude par des sermons, elle laissera à l’AfD le monopole de la question. Le fameux Brandmauer, ce « mur coupe-feu » dressé autour du parti, peut encore interdire les coalitions. Il ne peut empêcher les électeurs de passer de l’autre côté. Sa progression met désormais cette stratégie sous une pression croissante.

Quelque chose se défait donc en Allemagne. Une génération nouvelle paraît moins disposée que les précédentes à demander pardon d’exister avant même de parler de son avenir. Elle ne renie pas nécessairement l’histoire ; elle refuse simplement que celle-ci demeure une prison.

C’est bien un monde qui finit : celui d’une Allemagne dont la vie politique restait encore largement gouvernée par les interdits nés de la catastrophe de 1945.

Ce qui vient est plus difficile à nommer. Peut-être sera-ce véritablement un monde nouveau. Peut-être assisterons-nous plutôt à la résurgence, sous des formes que personne ne peut encore prévoir, d’une Allemagne beaucoup plus ancienne que la République fédérale : celle d’un peuple qui recommence à se penser comme peuple.

L’histoire allemande, décidément, n’a peut-être pas dit son dernier mot.

Trystan Mordrel
trystan.mordrel@gmail.com

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

https://www.breizh-info.com/2026/09/23/264154/allemagne-les-chaines-de-1945-commencent-a-ceder/

vendredi 10 juillet 2026

Sabotage du Nord Stream : l’Allemagne accuse l’Ukraine

 

Et si c’étaient les Ukrainiens derrière le sabotage du Nord Stream ?
Et si c’étaient les Ukrainiens derrière le sabotage du Nord Stream ?

Le sabotage du Nord Stream revient sur le devant de la scène : un procureur allemand accuse les autorités ukrainiennes de crimes de guerre. Des preuves accablantes pointent vers l’Ukraine.

Il y a de l’eau dans le gaz entre l’Allemagne et l’Ukraine

Il y a de l’eau dans le gaz, c’est le cas de le dire, entre l’Allemagne et l’Ukraine. Un procureur allemand désigne l’Ukraine comme responsable de la destruction du gazoduc Nord Stream en septembre 2022 ayant conduit depuis à un gaz hors de prix et au marasme de l’économie allemande. Pour rappel, le 26 septembre 2022, des engins explosifs à retardement ont explosé et détruit trois des quatre chaînes des pipelines Nord Stream 1 et Nord Stream 2. Les oléoducs, en grande partie parallèles, s’étendent de la ville russe de Wyborg à la ville allemande de Lubmin, près de Greifswald. Ils fournissaient l’Allemagne en gaz russe peu cher.

Depuis, les industries se trouvent dans l’obligations de délocaliser vers des contrées où l’énergie est moins chère, ou de fermer tout simplement faute d’une énergie bon marché rendant leurs produits compétitifs face à ceux de Chine et des pays émergents.

Les journaux allemands relatent, en résumé, que le procureur général fédéral allemand a porté plainte contre l’Ukrainien en détention à Hambourg Serhii Kuznietsov, appartenant à une unité de forces spéciales militaires, dans l’affaire des gazoducs Nord Stream détruits. Kuznietsov est considéré comme l’un des principaux instigateurs présumés des attaques.

Un crime de guerre commis par l’Ukraine

Le bureau du procureur général fédéral a durci les accusations : de « sabotage contre l’ordre constitutionnel » à crimes de guerre. Cette information a été relayée, entre autres, par Spiegel et ARD, citant des sources internes. Selon les conclusions de l’équipe d’enquête, citées par les mêmes médias, Kuznietsov dirigeait le commando de sabotage et commandait également le voilier « Andromeda », à bord duquel, avec un groupe d’autres personnes, ils ont rejoint les lieux où devaient être perpétrées les attaques contre le gazoduc.

D’après les informations des deux journaux allemands, le procureur général fédéral considère désormais qu’il s’agissait d’une attaque contre une infrastructure civile. Au regard du droit pénal international, cela pourrait constituer un crime de guerre. C’est la première inculpation dans l’affaire Nord Stream.

Un mandat d’arrêt européen a conduit à l’arrestation de Kuznietsov à Rimini en août 2025, comme l’a rapporté Euronews. À l’époque, il était en vacances avec sa famille sur la côte adriatique et a toujours clamé son innocence.

En novembre 2025, la Cour de cassation italienne a approuvé son extradition sur la base d’un mandat d’arrêt allemand.

Les preuves contre l’Ukrainien Kuznietsov, chef du complot, seraient accablantes

Selon des informations obtenues par les quotidiens ARD, SZ et Die Zeit, les preuves contre Kuznietsov seraient accablantes : notamment le ressortissant ukrainien aurait parlé des attaques par téléphone à des proches et des connaissances depuis sa garde à vue.

Les enquêteurs auraient également trouvé sur son téléphone portable des éléments indiquant son implication dans l’attaque, selon des sources sécuritaires.
Selon la Cour fédérale de justice allemande (BGH), Kuznietsov était au moment des faits « membre d’une unité de forces spéciales militaires des forces armées ukrainiennes, au rang d’officier – c’est-à-dire avec des responsabilités de commandement ».

L’acte de sabotage a très probablement été commis « au nom d’un État étranger »

L’arrêt de la Cour fédérale de justice (BGH) indique également que l’acte a très probablement été commis « au nom d’un État étranger » dans le cadre d’une opération de renseignement. Selon l’arrêt, les autorités étatiques de Kyiv en portaient la responsabilité.

Le cerveau de l’attaque serait l’ancien officier du renseignement ukrainien Roman Chervinsky qui dément les accusations.

L’équipage ukrainien composé de plusieurs plongeurs civils aurait placé des bombes artisanales sur le fond marin de la mer Baltique il y a près de quatre ans.

Il aura fallu quatre ans pour que l’hypothèse de certains analystes hors du système consistant à regarder du côté de l’Ukraine et de ses alliés et non du côté de la Russie accusée dès le début d’avoir commandité l’explosion de ses propres oléoducs soit prise au sérieux. Les « complotistes » avaient donc encore raison !

Voir le tweet

Francesca de Villasmundo

https://www.medias-presse.info/sabotage-du-nord-stream-allemagne-accuse-ukraine/246298/

samedi 22 novembre 2025

Février 1945 – Tempête d’enfer et holocauste à Dresde

 

par Jonas E. Alexis.

« Pris au piège dans ce qui étaient de vrais fours, les gens rôtissaient lentement jusqu’à la mort ».

David Irving continue d’être justifié. Le Daily Mail a récemment publié un article disant que « 2.400 tonnes d’explosifs puissants et 1.500 tonnes de bombes incendiaires ont été larguées[1] » sur une ville qui était largement connue pour sa population exclusivement civile. « Un nombre inconnu de personnes, entre 22.700 et 25.000 personnes, ont été massacrées[2]».

Le carabinier britannique Victor Gregg a été un témoin oculaire lors de ces événements, et son récit est tout simplement dévastateur, en particulier pour ceux qui pensaient que David Irving n’avait absolument aucune contribution utile à ce puzzle historique. Gregg a raconté :

« Les vieilles maisons à pans de bois de Dresde ont succombé une à une en feu, et la plupart des tisons-épaves ont atterri au-dessus des caves que les gens utilisaient comme abris. Pris au piège dans ce qui était effectivement des fours, ils rôtirent lentement à mort ».

« Certains des autres prisonniers étaient également sortis des bâtiments. Nous étions tous sous le choc, certains criant de douleur de leurs blessures. Une douzaine seulement d’entre nous étaient suffisamment en forme pour marcher ».

La situation était si horrible qu’à un moment donné, « les hommes et les femmes étaient piégés dans de l’eau qui montait lentement jusqu’à ébullition. Nous avons trébuché le long des vestiges d’une large avenue, entourés d’incendies et de montagnes d’épaves chauffées au rouge. Ce qui m’a sauvé, ce sont les sabots qu’on m’avait donnés pour patauger dans la neige jusqu’à l’usine des savons. Les semelles étaient si épaisses que j’ai réussi à marcher indemne à travers des cendres chauffées au rouge et des gravats brûlants ».

À un autre moment, « toute la ville était devenue une gigantesque torche… le ciel était soudainement plein d’avions, leurs contours se reflétant dans la lueur des flammes. Les bombes qu’ils ont larguées cette fois étaient si grosses que nous pouvions les voir tomber dans les airs, puis démolir des blocs entiers de bâtiments en une seule explosion ».

Gregg sentit que lui et ses camarades marchaient vers un enfer :

« Tout ce qui pouvait brûler était allumé – même les routes brûlaient des rivières de goudron bouillonnant et sifflant. D’énormes fragments de matériel volaient dans les airs… Nous pouvions également entendre les cris agonisants des victimes alors qu’elles étaient grillées vivantes. En venant vers nous, un petit groupe de survivants a tenté de traverser ce qui avait été une route, pour se retrouver coincé dans du goudron fondu ».

« Un à un, ces malheureux se sont écroulés et sont morts dans un bûcher de fumée et de flammes. Même la voie ferrée était une masse d’acier tordu. Alors que de plus en plus de bâtiments s’effondraient, nous avons été enveloppés par une nouvelle et énorme explosion de chaleur, et l’air est devenu si chaud qu’il a été douloureux d’inspirer. La ville était maintenant une masse de flammes s’élevant dans la nuit ».

Dans son livre, Gregg écrit :

« Il n’y a aucune excuse pour les hommes qui ont ordonné la réalisation de ce terrible événement. À partir du moment où ils ont bombardé Hambourg, ils ont recueilli de nombreuses preuves quant à ce qui arriverait aux civils qui devaient supporter le plus gros des raids. Au moment du bombardement de Dresde, la formule du massacre de masse de civils était devenue un bel art ».

« Les commandants avaient développé une technique : tout d’abord les incendies sont allumés ; puis des canyons de bâtiments dévastés sont créés pour aspirer l’air pour nourrir l’enfer créant ainsi les vents et la tempête de feu ; viennent enfin les superproductions qui démolissent tout et piègent les victimes sans défense à l’intérieur d’abris qui se transforment en fours dont il n’y a pas d’échappatoire[3] ».

Ce que nous voyons ici, c’est que David Irving était plus proche de la vérité que des distracteurs comme Richard J. Evans de Cambridge, l’homme qui a été payé des milliers et des milliers de dollars par l’équipe de Deborah Lipstadt pour détruire Irving. Pendant le procès, Evans a écrit sans équivoque :

« Aucun des livres, discours ou articles [d’Irving], pas un paragraphe, pas une phrase dans aucun d’entre eux, ne peut être considéré comme une représentation fidèle de son sujet historique. Tous sont totalement sans valeur en tant qu’histoire, car on ne peut faire confiance à Irving nulle part, en aucun d’entre eux, pour donner un compte rendu fiable de ce dont il parle ou écrit. »

C’était et c’est toujours manifestement faux. La destruction de Dresde, si nous voulons être honnêtes sur le plan historique et intellectuel, a été un holocauste. Et si l’establishment de l’Holocauste ne peut pas l’admettre, alors pourquoi sont-ils en train de baiser les gens avec leur idéologie ?

[1] « Dans l’enfer : des familles bouillaient vives alors qu’elles se cachaient dans des réservoirs d’eau et des survivants piégés dans le tarmac en fusion… 75 ans plus tard, le récit le plus horriblement vivant que vous ayez jamais lu du bombardement allié de Dresde – par un Britannique PoW qui a tout vu », Daily Mail, 18 février 2020.

[2] Ibid.

[3] Victor Gregg, Dresden: A Survivor’s Story (New York: Bloomsbury, 2013), édition Kindle.

source : Hellstorm and Holocaust in Dresden, February 1945

via https://numidia-liberum.blogspot.com/2020/02/fevrier-1945-tempete-denfer-et.html

https://reseauinternational.net/fevrier-1945-tempete-denfer-et-holocauste-a-dresde/

lundi 1 septembre 2025

Gazoducs sabotés… Finalement ce serait les Ukrainiens qui ont attaqué les intérêts supérieurs allemands.

 

C’est le moment en cette rentrée, alors que l’on parle de paix, de revenir sur le sabotage de Nord Stream, souvenez-vous le gazoduc qui alimentait l’Europe en général et surtout l’Allemagne en particulier.

Souvenez-vous de nos médias qui la bouche en cœur accusaient le méchant, le vilain Palpoutine d’avoir fait sauter ses propres gazoducs.

Souvenez-vous les accusations en complotisme aggravé de tous ceux qui comme moi émettais quelques doutes sur le fait non pas que Poutine soit gentil ou méchant, mais sur le fait qu’il n’avait objectivement aucun intérêt à faire sauter ses propres gazoducs servant à livrer à l’Europe son propre gaz.

Souvenez-vous de la crise énergétique qui a frappé notre Union Européenne, chacun de nos pays, l’inflation terrible, les conséquences économiques funestes pour toutes nos nations.

Souvenez-vous ensuite des révélations de Seymour Hers, un immense journaliste américain accusant Washingthon d’avoir fait sauter ces gazoducs, (source courrier international ici) et les propos de nos médias qui semblent relativiser ces informations (source ici).

Maintenant, malgré la torpeur de l’été et les vacances, ne passez pas à côté de cette information majeure et si peu commentée.

Un suspect ukrainien arrêté en Italie

« Près de trois ans après le sabotage du gazoduc russe Nord Stream dans la mer Baltique, un Ukrainien, suspecté d’être l’un des coordinateurs du commando, a été arrêté jeudi en Italie ».

Source France Info ici et source l’Opinion ici.

Il s’agit de la première arrestation dans cette mystérieuse affaire, particulièrement sensible en raison de la guerre en Ukraine, attaquée depuis février 2022 par la Russie.

« Dans un communiqué diffusé jeudi, le parquet fédéral allemand, spécialisé dans les affaires de terrorisme, a annoncé avoir « fait procéder à l’arrestation sur la base d’un mandat d’arrêt européen du citoyen ukrainien Serhii K., par la police italienne, dans la province de Rimini (Italie) ».

« Serhii K. faisait partie d’un groupe de personnes qui, en septembre 2022, ont placé des explosifs sur les gazoduc ‘Nord Stream 1′ et ‘Nord Stream 2′ près de l’île (danoise, ndlr) de Bornholm », écrit-il.

Il s’agit « vraisemblablement d’un des coordinateurs de l’opération » de sabotage, ajoute-t-il.

A Berlin, seule la ministre allemande de la Justice, Stefanie Hubig, avait réagi pour le moment à cette annonce, louant le « succès très impressionnant » du parquet. »

Mais ce n’est pas tout…

« Fin 2023, un commandant des forces spéciales ukrainiennes, Roman Tchervinski, était cité comme responsable de l’explosion du gazoduc Nord Stream. Mais la piste de l’ex-chef de l’état-major ukrainien, Valeri Zaloujny, nommé ambassadeur d’Ukraine à Londres, semble aujourd’hui plus vraisemblable ».

En réalité depuis les attentats contre les gazoducs, 3 enquêtes ont été ouvertes en Allemagne, en Suède et au Danemark.

Les soupçons se sont rapidement tournés vers un voilier baptisé L’Andromeda, aperçu dans la zone peu avant les explosions. Plusieurs éléments semblent le désigner.

Je vous laisse lire ces articles pour ceux qui veulent en savoir plus et aller plus loin.

Ce qui semble apparaître comme étant le plus probable, c’est que les gazoducs qui alimentaient l’Europe et nos économies ont été détruits par les Ukrainiens eux-mêmes avec l’aides de nos amis Américains.

C’était donc une attaque de l’Ukraine contre nos intérêts énergétiques qui sont vitaux.

L’Ukraine a donc attaqué l’Europe, et nous continuons à l’armer et à l’aider, tout en achetant des armes et du gaz à nos gentils amis américains qui n’ont rien trouvé à redire à la destruction de ce lien logistique important pour livrer du gaz russe pas cher à l’Europe qui a du le remplacer par du gaz liquéfié américain hors de prix.

Brillant.

Vraiment brillant.

Mais les couillonnés c’est nous, et je déteste être couillonné !

Faites passer cet article au plus grand nombre. Partagez-le sans modération aucune.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

https://insolentiae.com/gazoducs-sabotes-finalement-ce-serait-les-ukrainiens-qui-ont-attaques-les-interets-superieurs-allemands/

mercredi 13 août 2025

Le plus grand vol de tous les temps: les brevets allemands tombent entre les mains des États-Unis

 

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Stephanie Eckhardt

Source: https://dissident.one/de-grootste-roofoverval-aller-tijde...

"Après la guerre, les États-Unis ont volé des centaines de milliers de brevets allemands, sans lesquels leur ascension au rang de puissance mondiale aurait été pratiquement impossible, et ont kidnappé nos meilleurs inventeurs. L'un d'entre eux en particulier est entré dans l'histoire", écrit Stephanie Eckhardt.

Des réalisations scientifiques et des inventions techniques qui ont changé le monde : les Américains étaient eux aussi conscients du génie allemand et ont commis en 1945 l'un des plus grands vols de leur histoire en s'emparant de la propriété intellectuelle de chercheurs et de penseurs allemands.

Des milliers de techniciens ont dû traverser l'océan

Le Reich allemand était de loin supérieur à tous les autres pays dans les domaines scientifique et technologique. Entre 1900 et 1945, il a reçu pas moins de 47 prix Nobel, dont la plupart en physique, chimie et médecine (parmi lesquels Max Planck, Werner Heisenberg, Robert Koch et Wilhelm Conrad Röntgen). Il disposait en outre d'une incroyable richesse en matière de recherche innovante et de procédés industriels.

La nuit et dans le brouillard

Décembre 1943: dans l'obscurité et la neige mouillée, des soldats de la Wehrmacht aident le Bureau des brevets du Reich à cacher des dossiers secrets à Heringen, en Hesse. Ils conservent les documents dans un puits de mine de sel de plus de 500 mètres de profondeur et empilent d'innombrables fûts de produits chimiques dessus. Ce trésor contenait au moins 250.000, voire 320.000 inventions ; les hommes transportèrent 180.000 documents supplémentaires en Basse-Silésie, au monastère de Striegau et dans la ville de Jauer.

Avril 1945: des milliers de soldats américains et de spécialistes américains fouillèrent les usines allemandes à la recherche de machines et d'inventions techniques et confisquèrent les trésors cachés à Heringen. Par mesure de précaution, une équipe américaine microfilma les brevets : le papier risquait de se désagréger et il y avait des centaines de milliers de pages qui ne pouvaient pas être transportées rapidement. Ils chargèrent ensuite les dossiers dans des wagons de marchandises et les expédièrent aux États-Unis, avec plus de 145.000 dossiers de brevets incomplets provenant de l'autorité centrale de Berlin. Enlèvements : les Américains emmenèrent des milliers d'ingénieurs et de scientifiques allemands outre-Atlantique afin qu'ils utilisent les machines, pour la plupart inconnues, et poursuivent leurs recherches.

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Ce fut le pillage d'une nation vaincue

Ce pillage comprenait également des développements militaires allemands tels que des armes nucléaires, des missiles, des avions à réaction et des sous-marins. Comble de l'audace, le président américain Truman s'est attribué le mérite du travail d'autrui : « Nous avons inventé la bombe atomique », a-t-il menti dans un discours télévisé après les attaques nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, passant sous silence les travaux fondamentaux d'Otto Hahn (photo). Le lauréat du prix Nobel de 1944 a été qualifié de « père de la chimie nucléaire » et est l'un des scientifiques les plus importants du 20ème siècle.

Un butin considérable

Les pillards américains ont fouillé des centaines de milliers de documents secrets précieux, dont voici quelques exemples :

- Contrairement aux ampoules américaines, les tubes en fibre de porcelaine dite « lourde » sont indestructibles et peuvent produire mille watts.

- Des bandes magnétiques en plastique, métallisées à l'oxyde de fer, avaient déjà remplacé les disques gramophone en Allemagne.

- Des appareils de vision infrarouge permettant aux voitures de rouler dans l'obscurité à n'importe quelle vitesse. Ils pouvaient détecter tout obstacle à 200 mètres, les chars pouvaient repérer des cibles lointaines et les tireurs embusqués pouvaient viser dans l'obscurité totale.

- Des condensateurs électriques sophistiqués, dont des millions étaient nécessaires pour l'industrie du radar et de la radio : les Allemands les avaient fabriqués à partir de papier recouvert de zinc vaporisé, ce qui les rendait 40 % plus petits et 20 % moins chers que ceux de la concurrence, et en outre pratiquement indestructibles. En cas de panne, le revêtement s'évaporait et isolait le papier. Le condensateur se réparait ainsi tout seul et fonctionnait, même en cas de dysfonctionnement, à une tension 50 % supérieure à celle de tout autre appareil disponible sur le marché mondial. Pour les experts américains, cette invention allemande semblait relever de la magie.

- Une longue série de processus chimiques pour la production de carburants synthétiques, de caoutchouc, de textiles et de cuir synthétique, ainsi qu'un procédé révolutionnaire de traitement des métaux, appelé « procédé d'éjection à froid », utilisé par exemple pour les cadres de radio. Auparavant, les Américains devaient les produire en plusieurs étapes à l'aide d'une machine à découper, perforer des trous et les ajuster, tandis que les Allemands réduisaient le temps de production de mille fois avec une seule presse. Ce petit secret de fabrication a à lui seul révolutionné l'industrie métallurgique aux États-Unis.

- Une multitude d'instruments de précision et de brevets dans les domaines de la chimie, de la physique et de l'électronique ont fait entrer les Américains dans la course au dollar, à l'instar de Picsou. Jamais auparavant ni depuis lors ils n'avaient vu une telle collection de spécifications de fabrication secrètes pour les combustibles liquides et solides, la métallurgie, les produits chimiques, les plastiques et les peintures.

- Les découvertes dans les domaines de la médecine et de l'alimentation n'étaient pas moins révolutionnaires. Les Allemands avaient déjà mis au point une technologie avancée de conservation et de congélation pour nourrir les équipages de leurs sous-marins, qui allait rapporter des milliards à l'industrie alimentaire. Les pillards américains ont également exploité les secrets des pharmacologues et des médecins allemands pour produire du plasma sanguin synthétique et de nouveaux médicaments.

Les hommes d'affaires américains se sont jetés comme des vautours sur les brevets après que le président Truman les ait rendus publics. La Bendix Corporation, dans l'Indiana, a racheté le changeur automatique de disques, Pillsbury a mis la main sur toute la production allemande de farine et de pain, la Kendall Manufacturing Company s'est enthousiasmée pour nos insecticides et une société pionnière de l'Iowa, la Hi-Bred Corn Company, voulait tout ce que les chercheurs de l'université agricole de Hohenheim avaient découvert. Pacific Mills a réclamé le produit d'IG Farben, qui peut être utilisé pour rendre le rayonne imperméable et infroissable, et la Polaroid Company a repris les inventions de Zeiss. En bref, les inventions allemandes ont rapporté des profits incommensurables aux fabricants américains. À titre de comparaison, les dommages considérables subis par l'Allemagne ne peuvent être quantifiés à ce jour.

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La Lune est allemande

Les voleurs de Truman s'intéressaient toutefois surtout à la technologie aéronautique et spatiale allemande, en particulier à son leader, Wernher von Braun. « La fusée V2 qui a bombardé Londres », selon une publication de l'Army Air Force, « n'était qu'un jouet comparé à ce que les Allemands avaient encore dans leur sac ». À la fin de la guerre, l'Allemagne avait 138 types de fusées en cours de développement et de production. La fusée A-4 de Wernher von Braun (photo), qui devait être produite en série, mesurait 14 mètres de long, pesait plus de douze tonnes, pouvait atteindre une altitude de 100 kilomètres et une vitesse maximale de plus de 5000 kilomètres à l'heure. Son secret résidait dans un moteur à oxygène liquide. En d'autres termes, un bombardier à longue portée capable de voler de l'Allemagne à New York en 40 minutes, ce qui aurait permis à l'armée de l'air d'attaquer Moscou à l'avenir.

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À la fin de la guerre, les Allemands avaient mis au point 138 missiles.

Mai 1945 : les experts allemands sont interrogés par les Américains à Garmisch-Partenkirchen – ces derniers s'intéressent exclusivement à la technologie des missiles, et non au passé nazi des experts. Wernher von Braun lui-même ne vint toutefois pas en Haute-Bavière et fut emmené en juin 1945 à Witzenhausen, dans le nord de la Hesse, où les Américains avaient également transféré les ingénieurs en fusées de Thuringe avant que cette région ne tombe sous occupation soviétique, comme convenu lors de la conférence de Yalta. Von Braun resta sous étroite surveillance avec Walter Dornberger et d'autres ingénieurs jusqu'à ce qu'ils soient tous emmenés par les Yankees aux États-Unis en septembre 1945 (opération connue sous le nom d'Opération Overcast).

Au Texas, ils étaient sous la surveillance de l'armée américaine. Au début de l'année 1946, plus d'une centaine d'ingénieurs en fusées avaient été amenés par avion pour transmettre leurs connaissances aux Américains. Lorsque Wernher von Braun a voulu rendre visite à sa famille en Allemagne en 1947 et s'y marier avec sa fiancée, il a été placé sous surveillance militaire permanente. Il se maria dans son pays natal en mars 1947, mais lui et sa femme durent ensuite retourner outre-Atlantique.

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Von Braun resta aux États-Unis ; il n'y avait pas de retour possible. Il fit considérablement progresser le programme spatial américain et la technologie des fusées, était responsable de plus de 1000 employés en 1953 et obtint la nationalité américaine en 1955. Il développa d'autres fusées, telles que la fusée Jupiter (photo, ci-contre) à moyenne portée avec des munitions à guidage de précision et une portée de 2410 km.

En juillet 1958, la NASA (National Aeronautics and Space Administration) a été fondée sous la direction de von Braun et de son équipe. Ils ont permis aux États-Unis d'envoyer pour la première fois un astronaute dans l'espace. Wernher von Braun a convaincu le président américain John F. Kennedy de travailler à un alunissage et a construit pour lui la fusée Saturn V, le lanceur nécessaire à cette fin. En juillet 1969, la mission Apollo 11 a permis aux premiers hommes de voler vers la Lune. « La Lune est américaine », titrait alors le journal Bild. Mais, en réalité, elle est allemande !

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2025/08/12/le-plus-grand-vol-de-tous-les-temps-les-brevets-allemands-tombent-entre-les.html

mardi 1 juillet 2025

L’Opération Barbarossa – un plan de guerre éclair contre l’URSS

 

L’opération Barbarossa est «la plus grande invasion de l’histoire militaire» selon l’historien britannique Geoffrey Roberts, plus de 3,5 millions de soldats ont déferlé sur l’Union Soviétique. La propagande nazie a insisté sur l’aspect d’une croisade défensive contre l’ennemi : «judéo-bolchévique» qui menaçait la civilisation européenne et la «race aryenne».

Les troupes nazies avançaient simultanément de la mer de Barents à la mer Noire :

• l’est (groupe d’armées centre) vers Moscou,

• le sud-est (groupe d’armées sud) vers Kiev,

• le nord-est (groupe d’armées nord) vers Leningrad.

• le groupe d’armées germano-finlandais (en direction de Mourmansk).

Aux côtés de la Wehrmacht, les armées italienne, roumaine, hongroise, finlandaise et les unités de volontaires croates, slovaques, espagnols, hollandais, norvégiens, suédois, danois et d’autres pays européens avançaient sur l’URSS.

La ligne de front s’étendait sur plus de 2000 kilomètres.

Dans les premières heures de la guerre, de puissantes attaques aériennes sont lancées contre les aérodromes, les ports, les entrepôts et les nœuds ferroviaires. Les groupes de chars constituaient l’épine dorsale des groupes d’assaut, avançant rapidement pour percer ou simplement contourner les défenses de l’Armée rouge.

L’Armée rouge perdait par le nombre de divisions engagées dans les combats :

• la région balte était opposée à 34 divisions allemandes contre 21 russes,

• en Biélorussie il y avait 36 divisions allemandes contre 26 russes,

• en Ukraine 57 divisions allemandes contre 45 russes.

Dès les premiers jours de la guerre, la Wehrmacht a pris l’initiative stratégique et s’est emparé d’une grande partie des régions occidentales de la Biélorussie, de l’Ukraine et de la Russie.

Le 29 juin 1941, Hitler a déclaré : «Dans quatre semaines, nous serons à Moscou et la ville sera rasée».

source : Info Defense via News Pravda

https://reseauinternational.net/loperation-barbarossa-un-plan-de-guerre-eclair-contre-lurss/

samedi 3 mai 2025

Pour que l’Europe prospère, la Russie et l’Allemagne doivent être en paix

 

Historiquement, lorsque les plus grandes puissances européennes de la période moderne, la Russie et l’Allemagne/Prusse, étaient en paix l’une avec l’autre, leurs peuples et leurs économies prospéraient et les réalisations culturelles et scientifiques du continent menaient le monde. Inversement, lorsqu’eux et leurs alliés se sont affrontés, l’Europe a sombré dans un massacre barbare, d’énormes pertes en vies humaines et la destruction physique de ce que des générations avaient construit.

Les hommes et les femmes d’État, de l’Est et de l’Ouest (s’il y en a), chargés de régler le conflit pivot actuel du monde, axé sur l’Ukraine, feraient bien de revoir les relations Russo-allemandes pour bien comprendre ce sujet.

Plus d’un siècle de paix et de coopération entre les deux parties, mis à part quelques désagréments mineurs, a été inauguré le 30 décembre 1812, avec la Convention de Tauroggen (maintenant connue sous le nom de ville de Taurage en Lituanie) lorsque le général prussien Ludwig Yorck a négocié avec Carl von Clausewitz, alors au service de la Russie, après avoir changé de camp avec son corps prussien, de la Grande Armée de Napoléon vers l’Armée Impériale Russe. En un an et trois mois, le 31 mars 1814, les forces de la coalition prussienne et russe rejointes par un contingent autrichien avaient expulsé Napoléon de toutes les terres allemandes et les vainqueurs, dirigés par le tsar Alexandre Ier et le roi de Prusse Friedrich Wilhelm III, entrèrent dans Paris.

Par la suite, le Congrès de Vienne, tenu entre septembre 1814 et juin 1815, présidé par le ministre autrichien des Affaires étrangères, le Prince Metternich, a confiné la France à ses frontières pré-révolutionnaires et pré-napoléoniennes, et a établi un système d’équilibre des pouvoirs entre la Prusse (et plus tard l’Allemagne), la Russie, l’Autriche et la Grande-Bretagne (et après 1818, la France), qui prévenait les conflits entre les membres et protégèrent ainsi l’Europe de guerres à grande échelle et prolongées pendant près d’un siècle.

L’élément clé du système était d’éviter les conflits entre la Prusse/Allemagne et la Russie. L’homme d’État clé qui a veillé à cela et dont les compétences diplomatiques et les ruses ont accompli l’impossible, en particulier après l’établissement perturbateur d’une Allemagne unifiée en 1871, fut Otto von Bismarck.

Descendant d’une famille d’aristocrates terriens de Poméranie, il avait suivi une formation d’avocat et avait rejoint la fonction publique prussienne. En 1848-1849, il condamna avec éloquence la tentative de révolution républicaine de 1848, se positionna comme un loyaliste archi-conservateur de la monarchie et fut élu à la Chambre des députés prussienne, la chambre basse du parlement. En 1851, le roi Frédéric Guillaume IV le nomma représentant de la Prusse à l’Assemblée fédérale de Francfort.

Alors qu’il était à Francfort et qu’il s’occupait des affaires banales de la Confédération allemande, souvent en conflit avec les représentants autrichiens, Bismarck a conservé sa vision ultraconservatrice caractéristique, mais a parallèlement adopté l’approche intransigeante de la realpolitik qui, plus tard dans sa carrière, lui a valu le surnom de “Chancelier de fer”. Pour le dire en termes contemporains, il n’était pas un idéologue néoconservateur.

En 1859, à sa déception initiale, Bismarck fut nommé ambassadeur de Prusse à Saint-Pétersbourg. Mais il a rapidement réalisé les excellentes opportunités inhérentes au poste. Il a gagné le respect et la confiance du tsar Alexandre II. Ils conversaient en allemand ; la mère d’Alexandre était Charlotte de Prusse. Lorsque Bismarck quitta la Russie en 1862, il était certain de l’amitié du tsar envers la Prusse et de son soutien au prochain grand projet de Bismarck, l’unification de l’Allemagne sous la direction prussienne. “Nous souhaitons une Allemagne forte et unifiée« , lui avait déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Gorchakov. “Nous avons besoin de l’Allemagne pour réaliser nos propres objectifs politiques.”

En mai 1862, pour ce qui s’avéra être un bref passage, Bismarck devint ambassadeur en France, pour être rappelé à Berlin en septembre par le nouveau roi Guillaume Ier en tant que Premier Ministre et ministre des Affaires étrangères.

Deux guerres, contre l’Autriche en 1866 et contre Napoléon III en 1870-1871 ont suivi. Les deux ont été remportés par la Prusse. Dans aucune d’elles la Russie n’est intervenue. La guerre franco-prussienne a conduit au couronnement de Guillaume Ier en tant qu’empereur et de Bismarck en tant que chancelier d’une Allemagne unifiée. Pendant encore 20 ans, Bismarck fut le garant de la paix en Europe. Interrogé sur le succès de ses politiques, il a répondu « Le secret de la politique ? Passez un bon traité avec la Russie.”

Avance rapide vers la guerre

En 1888, Guillaume Ier mourut ainsi que son fils Frédéric III, l’empereur de 99 jours. L’empereur Guillaume II, âgé de 29 ans, aussi inexpérimenté qu’arrogant, entra bientôt en conflit avec Bismarck et le 18 mars 1890, le força à démissionner.

Sous ses successeurs, le système des traités de Bismarck s’est rapidement effondré, surtout le Traité de réassurance critique avec la Russie, qui expira en 1890 et ne fut pas renouvelé. En 1891, la Russie fit des ouvertures de traité à la France et un traité secret franco-russe suivit en 1894. En 1904, l’Entente Cordiale anglo-française fut conclue. L’Empire allemand était maintenant encerclé, avec seulement l’Autriche-Hongrie moribonde comme alliée et un passif majeur en raison de ses enchevêtrements balkaniques que Bismarck avait toujours mis un point d’honneur à éviter.

Bismarck est décédé en 1898. Vingt ans plus tard, l’empire qu’il avait fondé n’était plus. L’Empire russe non plus, et 2,3 millions de soldats russes et 2 millions de soldats allemands étaient morts. La Seconde Guerre mondiale qui a suivi a vu 5,3 millions de morts militaires allemands, la plupart sur le sol russe, et un énorme 11,4 millions de soldats russes morts.

Une note sur le mackindérisme

Le 25 janvier 1904, Halford Mackinder, lecteur en géographie à Oxford et directeur de la London School of Economics, donna une conférence intitulée « Le pivot géographique de l’histoire » à la Royal Geographical Society de Londres. Conférence qui s’est avérée aussi controversée qu’influente. Controversée parce qu’elle remettait en question l’orthodoxie britannique (et américaine) de la suprématie de la puissance maritime articulée par Alfred Thayer Mahan dans « L’influence de la puissance maritime sur l’histoire » de 1890. Influente parce que la thèse de Mackinder selon laquelle la puissance maritime perdait au profit de la puissance terrestre rendait urgent pour les stratèges britanniques obsédés par l’équilibre des pouvoirs de contrer par tous les moyens toute alliance potentielle germano-russe (“heartland”).

Le ministre britannique des Affaires étrangères Sir Edward Grey a-t-il finalement été influencé par de telles considérations pour entrer dans la Première Guerre mondiale ? Il aura sûrement envisagé la possibilité que l’Allemagne puisse vaincre la Russie et la France si l’Angleterre n’intervenait pas.

Avance rapide vers le présent

Bien que des considérations de type Mackinder n’aient peut-être pas explicitement fait partie de la prise de décision de Grey dans les jours cruciaux de la fin juillet au 4 août 1914, depuis le pacte Hitler-Staline et jusqu’à présent la possibilité d’une alliance germano-russe qui dominerait l’Europe et atteindrait même l’Asie a été un cauchemar stratégique anglo-américain.

L’OTAN a été fondée dans ce but précis ou, comme l’a exprimé le premier secrétaire général de l’OTAN, Lord Ismay de Grande-Bretagne, son but est “d’empêcher l’Union soviétique d’entrer, les Américains de sortir et les Allemands de tomber. » Et ainsi, nous arrivons en plein milieu du monde d’aujourd’hui et de la question cruciale de savoir comment évaluer les causes de la guerre en Ukraine et comment y mettre fin avant qu’elle ne nous achève.

Le problème, bien sûr, n’est pas seulement de savoir comment faire taire les armes, mais de réaliser ce que le Congrès de Vienne a réalisé, aidé par la diplomatie bismarckienne : un siècle de paix.

La Russie et la Deuxième Unification allemande

Le mur de Berlin est tombé le 9 novembre 1989. Le 18 mars 1990, la République démocratique allemande (Allemagne de l’Est) tenait ses premières élections libres. Le Parlement nouvellement élu (Volkskammer) a adopté une résolution le 23 août 1990, déclarant l’adhésion de la République démocratique allemande à la République fédérale d’Allemagne (Allemagne de l’Ouest). Le Traité d’unification est entré en vigueur le 3 octobre 1990. Le Traité sur le Règlement Définitif concernant l’Allemagne, en abrégé Traité 2+4, a été conclu le 12 septembre 1990 à Moscou entre les deux États allemands et les puissances victorieuses de la Seconde Guerre mondiale (les États-Unis, l’Union Soviétique, la France et le Royaume-Uni) et a permis l’unification formelle et le retour de la pleine souveraineté de l’État allemand.

Il est intéressant de noter que l’Union soviétique sous Gorbatchev et les États-Unis étaient les plus favorables à l’unification. La France et le Royaume-Uni ont montré plus de réticence.

Toutes les troupes soviétiques ont également été immédiatement retirées de l’ex-Allemagne de l’Est. Les troupes de l’OTAN sont restées dans l’ancienne Allemagne de l’Ouest puisque le pays réunifié est resté membre de l’OTAN.

Après la dissolution de l’Union soviétique en tant qu’État souverain le 26 décembre 1991 et la création de la Fédération de Russie, la voie aurait dû être dégagée pour l’établissement de relations normales entre l’Allemagne et la Russie. Mais cela ne s’est pas produit, en partie parce qu’on ne pouvait pas s’attendre à ce que cette dernière passe du jour au lendemain d’un pays communiste avec une économie centralisée et dirigiste à une économie de marché libre sur les modèles occidentaux.

Alors que ce processus se prolongeait et que l’instabilité politique et les incertitudes sur les relations de la Russie avec les autres républiques nouvellement indépendantes de l’ex-Union soviétique prévalaient, il aurait été urgent de définir, de négocier et de mettre en œuvre de nouvelles structures de sécurité équitables Est-Ouest.

Mais de tels efforts ne furent jamais déployés. Au lieu de suivre le modèle de Bismarck pour “conclure un bon traité avec la Russie”, les États-Unis sous l’administration Clinton (1993-2001) ont entamé le processus d’invitation des anciennes républiques soviétiques dans l’alliance de l’OTAN dirigée par les États-Unis. De même, l’UE ne semble avoir fait aucun effort pour engager la Russie et développer des liens économiques plus étroits.

De l’expansion de l’OTAN à la guerre en Ukraine

Deux séries d’expansion de l’OTAN, datées du 12 mars 1999 et du 29 mars 2004, ont amené dix anciens pays du bloc de l’Est et anciennes républiques soviétiques dans le giron de l’OTAN. Six autres membres ont été ajoutés entre 2009 et 2023-2024 (date à laquelle la Suède et la Finlande ont été admises). Les demandes d’adhésion de la Bosnie-Herzégovine, de la Géorgie et de l’Ukraine sont en attente.

Nous n’avons pas besoin de revoir les détails ici ; mais lorsque – soutenus par les administrations américaines avec un personnel de politique étrangère et de sécurité résolument néoconservateur – d’abord la Révolution Orange de 2004, puis le soulèvement de Maidan de 2014 se sont produits en Ukraine, le président russe Vladimir Poutine a décidé de ne plus attendre et de riposter contre l’encerclement de l’OTAN et les menaces de changement de régime. Selon l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel (2005-2021), les accords de Minsk n’ont jamais été destinés à être mis en œuvre, mais seulement à gagner du temps pour armer l’Ukraine et développer une armée capable. Bismarck – ou d’ailleurs Henry Kissinger – aurait pu prédire le résultat d’une Russie acculée de cette manière.

La destruction de l’économie allemande

Qu’il s’agisse du résultat escompté ou des dommages collatéraux ou, très probablement, d’un peu des deux, non seulement la Russie a été considérablement affaiblie par le déclenchement d’une guerre ouverte en Ukraine, mais les dommages causés au meilleur partenaire économique stratégique de la Russie, l’Allemagne, ont été au moins aussi, sinon encore plus, graves.

Le partenariat, tout à fait rationnellement basé sur l’approvisionnement en énergie russe et en ressources en matières premières échangées contre des produits manufacturés de haute technologie et des installations et équipements pour l’industrie russe, a été détruit comme l’ont été les gazoducs Nordstream sous la mer Baltique, un événement « prédit » avec précision par le président américain Joe Biden lors d’une conférence de presse à Washington avec le chancelier allemand Olaf Scholz.

Voici quelques éléments clés du rapport de dommages :

Les importations de Russie vers l’Allemagne et les exportations vers la Russie depuis l’Allemagne se sont effondrées. Les deux graphiques ci-dessous parlent d’eux-mêmes.

Source: www.statista.com

Plus important encore, les prix de l’électricité industrielle allemande ont grimpé en flèche et rendent la production en Allemagne non rentable. Les entreprises allemandes, si elles investissent, ont transféré leurs investissements à l’étranger.

Source: www.statista.com

Les industries critiques à forte intensité énergétique en Allemagne ont dû réduire massivement leur production.

Le climat général des affaires en Allemagne est sur une pente descendante continue. L’économie allemande, en tant que puissance de l’Europe, a connu deux années consécutives de croissance négative. Une croissance zéro en 2025 est le mieux qui puisse être espéré. L’Allemand est la pire chute économique de l’UE.

Ces données démontrent l’impact négatif de la guerre en Ukraine. Inversement, bien sûr, si cette guerre devait se terminer, la collaboration économique russo-allemande pourrait faire un énorme retour en force.

Cela suppose toutefois un règlement de paix dans le contexte d’un nouveau cadre de sécurité européen fiable, un cadre qui doit réduire considérablement les risques politiques afin de libérer le vaste potentiel de développement économique commun complémentaire.

Il y a beaucoup de potentiel de main-d’œuvre russe hautement qualifiée pour faire ce travail. La Fédération de Russie forme plus de 400 000 ingénieurs par an, les États-Unis seulement 250 000, pour une population de plus du double.

Uwe von Parpart

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

 Source CIRSD

https://lesakerfrancophone.fr/pour-que-leurope-prospere-la-russie-et-lallemagne-doivent-etre-en-paix

dimanche 9 février 2025

Le Royaume-Uni et les États-Unis attendront «que l’Allemagne soit mortellement blessée par l’offensive russe»

 

par Alexander Samsonov

Préhistoire

Les dirigeants des grandes puissances se sont réunis à Téhéran pour résoudre un certain nombre de questions difficiles liées à la poursuite de la guerre contre l’Allemagne nazie, à la structure de l’Europe d’après-guerre et à l’entrée de l’URSS dans la guerre avec le Japon.

Nous avons d’abord dû décider où se tiendrait la conférence. En Europe occidentale, il n’y avait nulle part où il était dangereux de tenir une réunion des Trois Grands. Les Américains et les Britanniques ne souhaitaient pas tenir la conférence sur le territoire soviétique. En août 1943, Moscou fut informée que ni Arkhangelsk ni Astrakhan n’étaient aptes à une telle conférence. Roosevelt et Churchill ont proposé une réunion à Fairbanks, en Alaska.

Staline a refusé de quitter Moscou pour parcourir une si longue distance à un moment aussi tendu. Le dirigeant soviétique a proposé de tenir une réunion dans un État où se trouvent des représentations des trois puissances, par exemple en Iran. Outre Téhéran, le Caire (proposé par Churchill), Istanbul et Bagdad étaient considérées comme des «capitales de conférence». Nous nous sommes installés à Téhéran, car à ce moment-là elle était contrôlée par les troupes soviétiques et britanniques, et il y avait aussi un contingent américain.

L’opération iranienne (Opération «Concord») a été menée par les troupes anglo-soviétiques fin août – première quinzaine de septembre 19411. Les forces alliées ont occupé l’Iran pour un certain nombre de considérations militaro-stratégiques et économiques. L’URSS et l’Angleterre ont éliminé préventivement une tête de pont potentielle du Troisième Reich et ont mis sous contrôle les gisements de pétrole iraniens. En outre, les Russes et les Britanniques ont créé un couloir de transport vers le sud par lequel les alliés pourraient soutenir la Russie dans le cadre du programme de prêt-bail.

Les unités de l’Armée rouge occupent le nord de l’Iran. Les troupes britanniques contrôlaient les provinces du sud-ouest de l’Iran. Les troupes américaines, sous prétexte de protéger les marchandises livrées à l’Union soviétique, entrent en Iran à la fin de 1942. Sans aucune formalité, les Américains occupent les ports de Bandar Shahpur et Khorramshahr. Une importante ligne de communication traversait désormais le territoire iranien, par laquelle les marchandises stratégiques américaines étaient transférées vers l’URSS.

En général, la situation en Iran, bien que difficile, était sous contrôle. Le 182e régiment soviétique de fusiliers de montagne était stationné dans la capitale perse et gardait les installations les plus importantes (avant le début de la conférence, il fut remplacé par une unité plus entraînée). La plupart des Perses ordinaires traitaient le peuple soviétique avec respect. Cela a facilité les actions des services de renseignement soviétiques, qui ont facilement trouvé des assistants volontaires parmi les Iraniens.

Le maréchal de l’Union soviétique, président du Conseil des commissaires du peuple de l’URSS et président du Comité de défense de l’État de l’URSS Joseph Vissarionovich Staline, le président américain Franklin Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill à la Conférence de Téhéran. Debout de gauche à droite : le conseiller présidentiel américain Harry Hopkins, le commissaire du peuple aux Affaires étrangères de l’URSS Viatcheslav Mikhaïlovitch Molotov. Le deuxième à droite est le ministre britannique des Affaires étrangères Anthony Eden. 29 novembre 1943

Arrivée des Trois Grands en Iran

Staline a refusé de prendre l’avion et s’est rendu à la conférence le 22 novembre 1943 à bord du train de lettres n°501, qui traversait Stalingrad et Bakou. Beria était personnellement responsable de la sécurité routière, il voyageait dans une voiture séparée. La délégation comprenait également Molotov, Vorochilov, Shtemenko, des employés concernés du Commissariat du peuple aux Affaires étrangères et de l’état-major.

Nous avons décollé de Bakou à bord de deux avions. Le premier était piloté par l’as pilote, commandant de la 2e Division aérienne spéciale Viktor Grachev ; Staline, Molotov et Vorochilov volaient à bord de l’avion. Commandant aviation long-courrier Alexander Golovanov a personnellement piloté le deuxième avion.

Churchill s’est rendu de Londres au Caire, où il attendait que le président américain coordonne à nouveau les positions des États-Unis et de l’Angleterre sur les principales questions des négociations avec le dirigeant soviétique. Roosevelt a traversé l’océan Atlantique sur le cuirassé Iowa, accompagné d’une importante escorte. Après neuf jours de traversée maritime, l’escadre américaine arrive dans le port algérien d’Oran. Roosevelt arrive alors au Caire. Le 28 novembre, des délégations des trois grandes puissances étaient déjà dans la capitale iranienne.

En raison de la menace des agents allemands, des mesures importantes ont été prises pour assurer la sécurité des Trois Grands. La délégation de l’URSS s’est arrêtée sur le territoire de l’ambassade soviétique. Les Britanniques se sont installés sur le territoire de l’ambassade britannique. Les missions diplomatiques britanniques et soviétiques étaient situées de part et d’autre d’une même rue de la capitale iranienne, d’une largeur maximale de 50 m. Le président américain, en raison de la menace de sabotage, a accepté une invitation à vivre dans le bâtiment de l’ambassade soviétique. L’ambassade américaine était située à la périphérie de la ville, ce qui compromettait sérieusement les capacités de sécurité.

Les réunions ont eu lieu à l’ambassade soviétique, où Churchill a parcouru un couloir couvert spécialement construit qui reliait les missions soviétiques et britanniques. Autour du complexe diplomatique soviéto-britannique réuni par ce «corridor de sécurité», les services de renseignement soviétiques et britanniques ont créé trois anneaux de sécurité renforcée, appuyés par des véhicules blindés. L’ensemble de la presse de Téhéran a dû cesser ses activités, les communications téléphoniques, télégraphiques et radio ont été coupées.

Berlin, s’appuyant sur de nombreux agents, tente d’organiser une tentative d’assassinat contre les dirigeants des puissances hostiles (opération Long Jump). Cependant, les renseignements soviétiques étaient au courant de cette opération. De plus, les officiers du renseignement soviétique, ainsi que leurs collègues britanniques du MI6, ont pris les commandes et déchiffré tous les messages des opérateurs radio allemands qui préparaient une tête de pont pour le débarquement d’un groupe de sabotage. Les opérateurs radio allemands ont été interceptés, puis l’ensemble du réseau de renseignement allemand (plus de 400 personnes) a été capturé. Certains d’entre eux se sont convertis. La tentative d’assassinat contre les dirigeants de l’URSS, des États-Unis et de l’Angleterre a été déjouée.

Staline embrasse «l’épée de Stalingrad» lors de la cérémonie de présentation dans la salle de conférence de l’ambassade soviétique lors de la conférence de Téhéran. Le Premier ministre britannique Winston Churchill se tient devant J.V. Staline. À la gauche de Staline se trouve le commissaire du peuple aux Affaires étrangères de l’URSS, V. M. Molotov. «L’épée de Stalingrad» est une épée de récompense fabriquée sur ordre spécial du roi George VI de Grande-Bretagne en signe d’admiration pour le courage des défenseurs de Stalingrad. Conservée au Musée de la Bataille de Stalingrad. 29 novembre 1943

Membre du Conseil de défense d’État de l’URSS Kliment Efremovich Vorochilov tient l’épée de Stalingrad après la cérémonie de présentation dans la salle de conférence de l’ambassade soviétique lors de la conférence de Téhéran. Après la cérémonie de présentation, l’épée a été examinée par le président américain F. Roosevelt (assis au centre), et après cela, Vorochilov a de nouveau accepté la récompense du roi de Grande-Bretagne George VI et l’a remis à un officier de la garde d’honneur soviétique. À gauche dans le cadre se trouve Staline, à droite se trouve Churchill. Derrière Roosevelt se tient son fils, le colonel Elliott Roosevelt de l’US Air Force, qui a servi comme aide de camp du président pendant la conférence.

Le problème de l’ouverture d’un «deuxième front»

Parmi les questions les plus importantes discutées à Téhéran figuraient :

1) le problème de l’ouverture par les Alliés d’un «deuxième front». C’était la question la plus difficile. L’Angleterre et les États-Unis ont fait de leur mieux pour retarder l’ouverture d’un deuxième front en Europe occidentale. En outre, Churchill espérait ouvrir un «Front balkanique» avec la participation de la Turquie afin, en avançant à travers les Balkans, de couper les Russes des centres les plus importants de l’Europe centrale ;

2) la question polonaise – sur les frontières de la Pologne après la guerre ;

3) la question de l’entrée en guerre de l’URSS contre l’Empire japonais ;

4) la question de l’avenir de l’Iran, en lui accordant l’indépendance ;

5) les questions liées à la structure de l’Europe d’après-guerre – qui ont principalement décidé du sort de l’Allemagne et de la garantie de la sécurité dans le monde après la guerre.

La décision d’ouvrir ce qu’on appelle Le «deuxième front», c’est-à-dire le débarquement des troupes alliées en Europe et la création du front occidental, était censé accélérer considérablement la chute du Troisième Reich. Après le tournant stratégique de la Grande Guerre patriotique, survenu lors des batailles de Stalingrad et de Koursk, la situation sur le front oriental (russe) s’est développée favorablement pour l’URSS.

Les troupes allemandes ont subi des pertes irréparables et ne pouvaient plus les rattraper, et les dirigeants militaro-politiques allemands ont perdu l’initiative stratégique dans la guerre. La Wehrmacht est passée à la défense stratégique. L’Armée rouge a repoussé l’ennemi, libéré le Donbass et d’autres régions de la RSS d’Ukraine, traversé le Dniepr et repris Kiev. Les Russes ont chassé l’ennemi du Caucase du Nord et ont débarqué en Crimée.

Mais la victoire était encore loin : l’Empire allemand était encore un adversaire redoutable doté de forces armées puissantes et d’une industrie forte. Les Allemands contrôlaient de vastes zones de l’URSS et de l’Europe de l’Est, du Sud-Est, centrale et occidentale. Il n’a été possible d’accélérer la défaite du Troisième Reich et de ses alliés que grâce aux efforts conjoints des trois grandes puissances.

Les Alliés avaient promis d’ouvrir un deuxième front en 1942, mais une année s’est écoulée et aucun progrès n’a été enregistré. Militairement, les Alliés étaient prêts à commencer l’opération en juillet-août 1943, alors qu’une bataille acharnée se déroulait sur le front de l’Est, sur le renflement d’Orel-Koursk. Une armée expéditionnaire de 500 XNUMX hommes a été déployée en Angleterre, qui était en pleine préparation au combat, elle disposait de tout le nécessaire, y compris des navires et des navires pour la couverture de combat, l’appui-feu et le débarquement. Les Alliés pourraient assurer la supériorité aérienne. Les généraux étaient impatients de se battre.

Le front n’a pas été ouvert principalement pour des raisons géopolitiques. Londres et Washington n’allaient pas aider Moscou. Les renseignements soviétiques ont découvert qu’en 1943, les Alliés n’ouvriraient pas de deuxième front dans le nord de la France. Ils attendraient «que l’Allemagne soit mortellement blessée par l’avancée russe».

Joseph Staline et le Premier ministre britannique Winston Churchill lors d’une réception à l’ambassade britannique à l’occasion de l’anniversaire de Churchill lors de la Conférence de Téhéran. 30 novembre 1943

Il faut rappeler que Londres et Washington furent les instigateurs de la Seconde Guerre mondiale2. Ils ont élevé Hitler, aidé les nazis à prendre le pouvoir, restauré la puissance militaire et économique du Reich et permis à Berlin d’écraser la majeure partie de l’Europe. Le Troisième Reich était un «bélier» permettant aux maîtres de l’Occident d’écraser la civilisation soviétique.

Dans un premier temps, les maîtres de l’Occident croyaient que l’Allemagne serait capable d’écraser l’URSS, mais lors de ce duel de titans elle serait affaiblie, ce qui permettrait aux Anglo-Saxons d’obliger le Reich à une paix qui leur serait bénéfique, ou pour le terminer. Cela a permis de s’approprier tous les fruits de la victoire dans la guerre mondiale, de soumettre toute l’Europe et d’acquérir les richesses de la Russie. Ce n’est qu’après qu’il soit devenu évident que l’Allemagne hitlérienne ne serait pas en mesure de vaincre la Russie et l’URSS que Londres et Washington ont révisé leur scénario de guerre mondiale.

Les Britanniques et les Américains élaborèrent un plan stratégique pour attaquer depuis le sud, à travers l’Italie et les Balkans. Rome devait se ranger du côté du bloc anglo-américain. Avec l’aide de la Turquie, lancer une offensive à la fin de l’automne sur la péninsule balkanique. En attendant, nous continuons d’attendre de voir ce qui se passe sur le front en Russie. Il était possible que les Allemands créent une défense stratégique solide sur le front de l’Est et que la Seconde Guerre mondiale suive le scénario de la Première Guerre mondiale. Le massacre mutuel et prolongé des Russes et des Allemands a renforcé le tandem anglais-américain.

Les dirigeants anglo-américains pensaient qu’à l’été 1944, les Allemands seraient en mesure de lancer une nouvelle offensive stratégique sur le front de l’Est, mais qu’après quelques succès, ils seraient arrêtés et repoussés. L’Allemagne et l’URSS subiront d’énormes pertes et leurs forces armées seront vidées de leur sang. Dans le même temps, des plans étaient élaborés pour le débarquement des troupes alliées en Grèce et en Norvège.

Ainsi, les maîtres de l’Occident attendaient au dernier moment que l’URSS et l’Allemagne soient exsanguinées au cours de la bataille titanesque. Cela permettra à la Grande-Bretagne et aux États-Unis d’agir en position de force et de dicter les conditions de l’ordre mondial de l’après-guerre.

Les Britanniques et les Américains convainquirent les Russes que le débarquement dans le nord de la France était compliqué par le manque de transports, ce qui créait un problème d’approvisionnement. Apparemment, entraîner la Turquie dans la guerre et progresser à travers les Balkans serait un scénario plus rentable. Cela permettra aux alliés de se connecter sur le territoire roumain et de frapper l’Allemagne par le sud.

En fait, Churchill voulait couper la majeure partie de l’Europe de l’URSS. Cela a également permis de développer de nouveaux scénarios antisoviétiques et d’affaiblir l’importance de l’Armée rouge dans la phase finale de la guerre. En particulier, le scénario d’un coup d’État anti-hitlérien en Allemagne était en cours d’élaboration, lorsque les nouveaux dirigeants allemands comprendraient le désespoir de la situation et accepteraient un accord séparé avec l’Angleterre et les États-Unis. Les Allemands autoriseront les troupes anglo-américaines à pénétrer sur leur territoire pour sauver le pays de l’Armée rouge.

En conséquence, le principal potentiel de combat de la Wehrmacht, dirigé contre l’URSS, a été préservé. Après la guerre, un tampon antisoviétique a été créé contre les régimes hostiles à l’URSS en Finlande, en Pologne, en Roumanie, en Hongrie et dans la nouvelle Allemagne.

Après de nombreux débats, la question de l’ouverture d’un deuxième front était dans une impasse. Staline s’est alors déclaré prêt à quitter la conférence :

«Nous avons trop de choses à faire à la maison pour perdre du temps ici. À mon avis, rien de valable ne fonctionne».

Churchill s’est rendu compte que la question ne pouvait plus s’envenimer davantage et a trouvé un compromis. Roosevelt et Churchill promirent au dirigeant soviétique d’ouvrir un deuxième front en France au plus tard en mai 1944. Il était prévu que l’heure finale de l’opération soit déterminée dans la première moitié de 1944. Lors de l’opération alliée, les troupes soviétiques durent lancer une offensive pour empêcher le transfert des divisions allemandes d’est en ouest. Les alliés ont également convenu de prendre des mesures pour aider les partisans yougoslaves.

I. Staline, W. Churchill et F. Roosevelt à la table des négociations de la Conférence de Téhéran

Pologne et Iran

L’avenir de la Pologne a également suscité de sérieuses controverses.

Au préalable, nous avons pu convenir que la frontière orientale de l’État polonais longerait ce qu’on appelle. «Lignes Curzon». Cette ligne correspondait fondamentalement au principe ethnographique : à l’ouest se trouvaient des territoires à prédominance de population polonaise, à l’est des terres à prédominance de population russe et lituanienne occidentale.

Ils décidèrent de satisfaire les appétits territoriaux de Varsovie aux dépens de l’Allemagne (Prusse), qui occupait d’importantes terres slaves et polonaises au Moyen Âge.

Staline a rejeté les demandes de Roosevelt et de Churchill concernant la reconnaissance par Moscou du gouvernement émigré polonais à Londres. Les Anglo-Saxons projetaient d’implanter leurs marionnettes en Pologne. La délégation soviétique n’était pas d’accord avec cela et a déclaré que l’URSS séparait la Pologne du gouvernement émigré en Angleterre.

Les Trois Grands ont adopté la Déclaration iranienne. Le document souligne la volonté de Moscou, Washington et Londres de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Iran. Il était prévu de retirer les forces d’occupation après la fin de la guerre.

Staline n’allait pas laisser l’Iran aux griffes des Anglo-Saxons. Au cours de son séjour à Téhéran, Staline a étudié l’état général de l’élite iranienne, l’influence des Britanniques sur elle et s’est familiarisé avec l’état de l’armée. Il a été décidé d’organiser une aviation et réservoir écoles, leur transférer du matériel afin d’organiser la formation du personnel iranien. Il était avantageux pour Moscou de créer à l’avenir un Iran indépendant de l’Occident.

L’artiste du peuple de l’URSS A.M. Gerasimov a été envoyé ces jours-ci à Téhéran pour peindre le tableau «Conférence de Téhéran des dirigeants des trois puissances alliées». Le tableau a été achevé en 1945. Il représente non seulement les dirigeants des trois grandes puissances, mais également les responsables qui ont participé à la conférence. Au total, 21 personnes sont représentées.

Staline sauve l’Allemagne du démembrement

Lors d’un débat sur la structure de l’Europe occidentale d’après-guerre, le président américain a proposé de diviser l’Allemagne après la guerre en 5 entités étatiques autonomes et d’établir un contrôle international (en fait, l’Angleterre et les États-Unis) sur les régions industrielles allemandes les plus importantes – l’Allemagne. Ruhr, Sarre, etc. Churchill l’a également soutenu.

Churchill a également proposé de créer ce qu’on appelle. «Fédération du Danube» des pays du Danube, avec l’inclusion des territoires du sud de l’Allemagne. Il était pratiquement proposé de ramener l’Allemagne dans le passé, de la démembrer. Cela a posé une véritable «mine» sous la future structure de l’Europe. L’Angleterre et les États-Unis pourraient à tout moment détruire une telle Europe et déclencher une nouvelle querelle.

Staline n’était pas d’accord avec cette décision et proposait de transférer la question allemande à la Commission consultative européenne. L’URSS, en guise d’indemnité, reçut le droit d’annexer une partie de la Prusse orientale après la victoire. Par la suite, le dirigeant soviétique est resté en mesure de préserver l’unité de l’Allemagne. L’Allemagne devrait être reconnaissante à Moscou d’avoir maintenu l’unité de l’État et du peuple.

Le président américain Roosevelt a proposé la création d’une organisation internationale (cette question a déjà été discutée avec Moscou) sur les principes des Nations unies. Cette organisation était censée assurer une paix durable après la seconde guerre mondiale. Le comité, qui était censé empêcher le déclenchement d’une nouvelle guerre et d’une nouvelle agression de la part de l’Allemagne et du Japon, comprenait l’URSS, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine. Staline et Churchill ont généralement soutenu cette idée.

Nous nous sommes également mis d’accord sur la question japonaise.

La délégation soviétique, tenant compte des violations répétées par l’Empire du Japon du traité soviéto-japonais de 1941 sur la neutralité et l’assistance à l’Allemagne (ainsi que de la nécessité d’une vengeance historique pour 1904-1905), et répondant également aux souhaits des alliés, a déclaré que l’URSS entrerait en guerre avec le Japon après la défaite finale du Troisième Reich.

En conséquence, Staline a remporté une victoire diplomatique convaincante à la Conférence de Téhéran. Il n’a pas permis aux «alliés» de mettre en œuvre la «stratégie du sud» – l’offensive alliée à travers les Balkans – et a forcé les alliés à promettre d’ouvrir un deuxième front.

La question polonaise a été résolue dans l’intérêt de la Russie – la restauration de la Pologne était due aux régions ethniquement polonaises autrefois occupées par les Allemands. Le gouvernement polonais émigré, qui était sous le contrôle de l’Angleterre et des États-Unis, n’était pas reconnu comme légitime par Moscou.

Staline n’a pas permis que l’Allemagne soit tuée et démembrée, ce qui était historique injustice et créé une zone d’instabilité aux frontières occidentales de l’URSS. Moscou bénéficiait d’un État allemand neutre et unifié comme contrepoids à l’Angleterre et à la France. En substance, Staline prévoyait la possibilité d’une future alliance stratégique entre la Russie et l’Allemagne – ce qui a été évoqué par les analystes militaires russes de l’Empire russe et le père de l’école géopolitique allemande, K. Haushofer.

Dans la deuxième partie (publiée en 1941) de son article «Le bloc continental : Berlin – Moscou – Tokyo», Karl Haushofer écrivait :

«… L’Eurasie ne peut pas être étranglée alors que ses deux plus grands peuples – les Allemands et les Russes – s’efforcent par tous les moyens d’éviter un conflit fratricide semblable à la guerre de Crimée ou à celle de 1914 : c’est un axiome de la politique européenne…»

Cependant, Hitler n’a pas écouté le sage et a détruit le Troisième Reich.

Concernant le Japon, Staline s’est laissé «persuadé», mais en réalité, une opération éclair contre les Japonais était dans l’intérêt stratégique de la Russie et de l’URSS. Staline a pris une revanche historique sur la Russie pour la guerre de 1904-1905, a restitué les territoires perdus et a restauré les positions militaro-stratégiques et économiques de l’URSS dans la région Asie-Pacifique. Pendant la guerre avec le Japon, l’Union soviétique a acquis des positions puissantes dans la péninsule coréenne et en Chine.

Délégations soviétiques et alliées près de l’ambassade soviétique à Téhéran. De gauche à droite : officier britannique inconnu, le général George C. Marshall (chef d’état-major américain) serre la main de Archibald D. Clarke Kerry (ambassadeur britannique en URSS), membre de la délégation américaine Harry L. Hopkins, traducteur soviétique, futur diplomate Valentin Berezhkov, président du Conseil des commissaires du peuple de l’URSS J.V. Staline, ministre des Affaires étrangères V.M. Molotov, président de la Commission d’armistice K.E. Vorochilov. décembre 1943

source : Top War

https://reseauinternational.net/le-royaume-uni-et-les-etats-unis-attendront-que-lallemagne-soit-mortellement-blessee-par-loffensive-russe/