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dimanche 19 janvier 2025

Sortie prochaine d'un nouveau Cahier d'Histoire du nationalisme (le n°29) consacré à Jean-Marie Le Pen

 

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Mardi 7 janvier 2025, décédait celui qui aura de fait le plus marqué, bien au-delà de l’histoire de la droite nationale, l’histoire de la vie politique française au cours de ces 70 dernières années, Jean-Marie Le Pen.

Réalisé à l’initiative d’Aristide Leucate, essayiste et chroniqueur réputé dans les milieux nationalistes, ce Cahier d’Histoire du nationalisme, le 29e, sortira début février 2025, quelques semaines après la disparition de celui que ses partisans appelaient, avec admiration et affection, en référence à sa qualité de Breton sans doute, « le menhir ».

Ce Cahier, essentiellement composé de témoignages de ceux qui l’ont suivit dans sa grande aventure salvatrice pour la France, raconte les différentes étapes de l’engagement de Le Pen. Il est aussi destiné à rappelé, ou à dévoilé, les aspects méconnus de cet homme de conviction et d’action qu’était Jean-Marie Le Pen.

Il s’agit, en plus, de réparer les injustices et les calomnies dont il a été, toute sa vie durant et au-delà de sa disparition, la victime.

Vous pouvez le commander dès maintenant.

Pour commander ce livre cliquez ici

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samedi 12 février 2011

Les faux rebelles

Le Figaro Magazine - 08/10/2005
Ils ont fait, selon leur génération, les barricades de 1968, les manifs étudiantes de 1986 ou les rassemblements anti-Le Pen de 2002. L’été 2003, certains se sont retrouvés à la grande fête altermondialiste qui s’est tenue sur le plateau du Larzac, comme au bon vieux temps des pantalons pat’d’eph’, des 2 CV orange et des sacs à main en toile de jute. Quand ils fument, ce n’est pas toujours du tabac. Leurs nuits sont peuplées de cauchemars qui ont nom capitalisme, libéralisme, fascisme et racisme. Etudiants hier, ils travaillent aujourd’hui dans des secteurs où ils gagnent beaucoup d’argent. Ils ont néanmoins bonne conscience, car ils sont des révoltés : contre un monde injuste et dur, ils portent haut le flambeau de la morale et des droits de l’homme. Ils le disent dans les journaux et à la télé - qui les accueillent volontiers. C’est maintenant le comble du chic : des brasseries de Saint-Germain-des-Prés au Festival de Cannes, tout le (beau) monde se dit « politiquement incorrect ».
Etrange unanimité. Car qu’y a-t-il derrière cette expression qui tend à se banaliser ? Au printemps dernier, Jean-François Kahn publiait un Dictionnaire incorrect (Plon) dans lequel il entendait pourfendre « la bien-pensance et les nouveaux conformismes ». Il y a trois ans, Vladimir Volkoff - qui vient de mourir - avait fait de même paraître un Manuel du politiquement correct (Editions du Rocher) où il s’attaquait à l’idéologie dominante. En effectuant une lecture croisée des deux volumes, on trouve quelques réflexions convergentes, mais surtout une multitude de désaccords, et sur des points essentiels. D’après Kahn, rechercher l’absolu est « sublime », mais « croire l’avoir trouvé génère toujours des catastrophes ». Volkoff déplore au contraire que « dans la vision politiquement correcte des choses, il n’y a pas d’absolu ».
Deux personnalités, deux livres, deux définitions opposées. L’expression « politiquement correct » étant passée dans le langage commun, chacun l’emploie en lui appliquant le contenu de son choix : on a ainsi entendu Jacques Chirac, Michel Rocard, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Jean-Marie Le Pen ou Laurent Fabius stigmatiser les méfaits du politiquement correct. S’y opposer, ce serait manifester le courage du « politiquement incorrect ». Mais cette étiquette n’étant pas non plus une marque déposée, n’importe qui peut prétendre jouer les contestataires en véhiculant les plus solides conformismes de l’époque : le magazine Les Inrockuptibles se vante bien d’être un journal « culturellement incorrect », alors qu’il a épousé toutes les causes militantes qui fleurirent aux Etats-Unis avec le mouvement « politically correct ».
C’est en Amérique, il ne faut pas l’oublier, que la formule est née. En 1990, un chroniqueur du New York Times dénonçait une « nouvelle orthodoxie en vogue sur les campus ». Se réclamant de Sartre, de Foucault, de Derrida, de Deleuze ou de Marcuse, le mouvement « pc » (prononcer pi-ci) rassemblait la gauche intellectuelle américaine : marxistes, postmodernistes, féministes et gays radicaux, afro-centristes, etc. Au mythe fondateur du melting-pot, celui de la fusion des cultures dans l’ American way of life, cette nébuleuse progressiste substituait le modèle du multiculturalisme, où chacun revendique sa particularité et obtient que sa différence soit protégée par la loi.
Importée en France au début des années 90, la formule a fait florès. Le politiquement correct, c’est désormais ce à quoi tout le monde affirme avec fierté ne pas se soumettre. Mais comment le définir ? Plus qu’une doctrine, l’expression évoque des réflexes, une sensibilité, une manière de réagir devant l’actualité. Vladimir Volkoff, dans le livre cité plus haut, mentionnait plusieurs sources idéologiques conditionnant ces réflexes : la sympathie pour les démunis et l’antipathie pour les possédants, héritage du socialisme ; un certain misérabilisme, venu du christianisme de gauche ; le goût de l’égalité et la méfiance à l’égard de la société, dans la lignée du rousseauisme ; le sens de la lutte des classes et l’affinité avec les mouvements révolutionnaires, avatar du marxisme ; le rejet de toute structure paternelle, scorie d’un complexe d’OEdipe sorti du freudisme ; la haine des normes morales et des hiérarchies sociales, legs de la « pensée 68 ».
Au cours de la même période, le politiquement correct s’est imposé dans les milieux culturels et médiatiques, souvent en contradiction avec les enjeux d’une époque qui a vu reculer les clivages idéologiques (le conflit Est-Ouest s’étant éteint, et la distinction gauche-droite ayant perdu de sa pertinence), et en tout cas en décalage avec la société. En matière de sécurité, d’éducation, de morale civique ou de regard sur l’immigration, on sait que les élites parisiennes, au nom du politiquement correct, ont vite fait de cataloguer de « populistes » les attentes d’une population qui n’habite pas les beaux quartiers. En matière économique, de même, l’antilibéralisme sert souvent de masque à un anticapitalisme primaire, appuyé sur des raisonnements déconnectés du réel.
Dès 1991, analysant dans Le Figaro l’émergence du politiquement correct, Annie Kriegel soulignait les dangers d’un nouveau maccarthysme consistant à délégitimer son contradicteur en l’assimilant aux personnages ou aux théories symbolisant le mal à travers l’histoire. Ce terrorisme intellectuel, au cours des dernières années, a été dénoncé par des esprits issus de traditions très diverses. Mais dans le cas de ceux qui venaient de la gauche, c’était au prix d’une contradiction ou d’une rupture avec leur famille d’origine. Cette rupture, encore faut-il l’assumer. Sous peine d’être un faux rebelle.

vendredi 24 décembre 2010

Rue d’Isly, 26 mars 1962 : il faudra mille ans...

Combien sont-ils à se souvenir de cet après-midi de mars ? En ce lieu. c’est coutume : ciel bleu et lumière vive. Douceur de l’air. Parfums de jasmin descendus des collines. Et ces teintes orangées qui donnent à Alger des éclats de peinture flamande.
Qui se soudent vraiment de cet après-midi de mars ?
Le 26 mars de l’année 1962. Ce n’était pas chose exceptionnelle qu’une foule jeune et bruyante, poussant devant elle huit années de colères et de souffrances nées de mille trahisons, s’étirât dans le labyrinthe pavé dont elle connaissait bien les méandres, laissant libre cours à l’expression de ses fureurs.
Alger, pendant huit ans, ne fut qu’une gigantesque soupape. Alternativement ouverte ou fermée par les salauds parisiens manipulant la douleur des hommes au gré de leurs calculs. La journaleuserie charognarde y construisit sa fortune. Tous ceux qui aujourd’hui pontifient et moralisent du haut de leurs sinécures médiatiques y firent leurs classes. Planqués par dizaines à Radio Alger, privilégiés du bled, micro-rapetissés dans leur trou de souris de l’AFP et hôtels avoisinants d’où ils inondaient la France - « De notre envoyé spécial » - de grands reportages aussi mâââles que bombastiques. Lorsque Lartéguy et de Sédouy rapportaient à Paris-Presse l’expression la plus bravache de leurs expériences aventureuses au pays des fermes brûlées et des petits colons barricadés au fond du bled, entre Cherchell et Ténès, ils omettaient un détail : un escadron de gendarmes mobiles assurait à leur équipée une sécurité sans surprise.
Et la France bâillonnée, chloroformée, déjà étouffée par la mafia politico-médiatique aujourd’hui à l’apogée de sa malfaisance, apprenait, inconsciemment, les prémices orwelliens de la société totalitaire qui allait définitivement emporter « le peuple le plus intelligent de la terre ». Se mettaient en ordre de marche les éléments constitutifs de la terrifiante entreprise télévisuelle d’investissement des cerveaux.
S’organisait autour de l’imposture démocratique l’euthanasie de la sagesse et du bon sens.
On préparait pour trente ans les estomacs au sacrifice de l’esprit.
Et le serpent de chair glissait vers la Grande Poste d’Alger où il avait rendez-vous avec la lâcheté républicaine.
Une lâcheté au demeurant déjà bien aiguisée. Depuis trois jours, en effet, l’armée française affamait le quartier de Bab el Oued. Depuis trois jours, les mercenaires du Pouvoir, ivres de haine et d’alcool, pillaient et cassaient méthodiquement, appartement après appartement, tout ce qui restait de pauvres trésors et d’honneur au petit peuple martyr d’Alger. Depuis trois jours, les criminels de guerre de la glorieuse aviation gaulliste mitraillaient balcons et fenêtres, au nom de la République en danger. Et dans le sang des enfants pieds-noirs se forgeaient les alibis des zintellectuels-de-gôche qui ont depuis longtemps tracé une ligne sanguinolente entre bonnes et méchantes victimes.
Lorsque l’immense foule arrivée des quartiers sud et est, tentant de rejoindre Bab el Oued pour lui porter sa fièvre solidaire, s’enfila dans le goulet d’étranglement de la rue d’Isly, certains, plus lucides, comprirent que le piège se refermait sur eux.
Trop tard.
Les hommes en armes qui bouchaient toutes les issues étaient des Arabes. Ils brandissaient nerveusement leurs mitraillettes et, le regard fixe, le teint cireux, à l’évidence, n’attendaient qu’un signal.
Il vint des terrasses des immeubles alentour. Quelques coups de feu tirés par des barbouzes asiatiques, avant-gardes des futures hordes de boat-people qui, quinze ans plus tard, allaient sur ordre bolchevique coloniser l’Occident.
Et la fusillade crépita dans un vacarme de fin du monde.
En quatre minutes la guerre d’Algérie prit fin. Cent trente années d’histoire dynamitées. Un million de destinées en agonie.
Quatre-vingts morts. Deux cents blessés. Mais la plus grande déchirure fut morale. La France venait d’en faire la preuve : elle était prête aux plus grands crimes pour en finir avec les pieds-noirs. D’un seul coup, les nerfs de tout un peuple allaient craquer.
Sous les lambris des ministères parisiens, les gaulcheviques respiraient enfin. On rendait grâces à la fermeté de Debré et de Frey, au courage de Messmer, à l’astuce de ce Charles Pasqua, maître-d’oeuvre de l’opération. (Tchalien ?)
De Gaulle était enfin débarrassé de la chienlit nationaliste : il allait pouvoir livrer la France aux employeurs de son futur premier ministre. Georges Pompidou.
Sans doute l’affaire n’était-elle pas entièrement achevée.
Restait encore l’effort conjugué de l’armée française et du FLN afin de mater les maquis de l’Ouarsenis. Et la livraison par la France au FLN des maquisards pieds-noirs dont pas un ne survécut.
Restaient les milliers de garçons et de filles, saignés à blanc, chaulés ou jetés dans les bordels de l’Armée nationale populaire.
Restait le martyre des harkis abandonnés à la barbarie arabe.
Restaient les massacrés d’Oran, le 5 juillet, sous l’oeil impavide des troupes du brav’ général Katz.
Restait l’assassinat de Roger Degueldre, de Bobby Dovacar, de Claude Piegts, fusillés par une "justice" de gangsters.
Restait ce petit matin de Thiais - 11 mars 1963 : un tumulus à peine refermé sur le corps de Jean-Marie Bastien-Thiry auprès duquel se recueillaient trois hommes au bord des larmes : Claude Joubert, Pierre Durand, Jean-Marie Le Pen.
Mais enfin, grâce au monstrueux massacre de la rue d’Isly, la République voyait le bout du tunnel.
Le gaullo-bolchevisme, le socialisme, les zintellectuels-de-gôche retrouvaient leur arrogance d’antan. Avant que la menace d’un nationalisme retrouvé ne fasse chanceler leur monde d’impostures, de rapines et de crimes.
Ils allaient vite tourner la page. Laver aux grands jets de l’Histoire truquée la marée sanglante qui rougissait les marches de la Grande Poste. Et retourner à leurs petits soucis. Leurs petits Biafrais, Bengalis, Sahéliens, Hutus, Tutsis. Ils avaient les mains libres pour s’attaquer aux Rhodésiens, aux Afrikaners, aux colonels grecs, aux généraux argentins. En somme aux derniers Blancs encore debout...
26 mars 1962. C’est le jour où ils ont assassiné mon peuple.
Je garde au fond de moi l’image du docteur Jean Massonat, encore agenouillé sur un blessé et qu’une balle figera en plein sacerdoce. Je garde aussi présent le regard interrompu de notre Jacqueline Cazayous, l’athlète enjouée, la fille fierté de notre adolescence, avec cet incroyable patronyme qui rappelait Bruat et les faubourgs impertinents de la grande ville. Et Fiflaous et Double-Tchatche.
Je garde pour l’éternité l’insupportable vision de cet entassement de corps de ma race secoués par la mitraille.
Il faudra mille ans pour que notre mémoire éponge sa haine.
Il faudra mille ans pour que cette haine des gaulcheviques puisse enfin se transformer en mépris.
par Gilbert Montchanin Le Libre Journal de la France Courtoise - du 29 mars 1997

jeudi 5 février 2009

Le Professeur Gérard Lucotte : « Les races existent, et il est très important que cette diversité soit maintenue »

Depuis les propos tenus par Jean-Marie Le Pen, à l'automne dernier, sur « l'inégalité des races », la question agite la société française. Pas de semaine et presque pas de jour où ce thème n'apparaisse dans la presse écrite ou parlée. Au fil des semaines, la querelle sur l' «inégalité» des races s'est muée en un débat plus fondamental : celui même de l' «existence» ou de la non-existence des races.
Sur la réalité du discours scientifique, sur l'écho conforme ou déformé qui en est donné par les médias et surtout sur l'utilisation qui en est faite à des fins politiques, nous avons voulu faire le point avec un spécialiste de la question. Nous avons donc rencontré le Professeur Gérard Lucotte, professeur à l'Ecole d'anthropologie de Paris.

❏ National Hebdo - Professeur, nous assistons depuis plus de deux mois maintenant à une querelle qui dépasse très largement les experts dont vous êtes. On veut, en gros, classer la société française en deux camps opposés : les fascistes qui croient à l'existence des races et les généreux bien pensants qui n'y croient pas. Le camp politiquement correct a un porte-parole : c'est le professeur Langaney, auquel les médias tentent de vous opposer. Comment expliquez vous cela ?
❍ Pr Lucotte : Simplement. La question des races est un problème d'anthropologie biologique. Or, il n'y a en France que deux professeurs dans cette discipline : André Langaney et moi-même.

❏ Le journal Le Monde, récemment (15/16 décembre), dans un papier qui cherchait apparemment à vous discréditer et auquel vous avez répondu par une mise au point, écrivait : « le professeur Lucotte qui enseigne dans un établissement privé ». Cela pour vous opposer, sans doute, au sérieux de l'établissement public où officie le Pr Langaney, à savoir le Musée de l'homme. Alors, dites-nous : qui fait quoi ?
❍ L'Ecole d'anthropologie de Paris a été créée par Broca, un immense anthropologue français, en 1875. C'est un établissement, reconnu d'utilité publique, d'enseignement supérieur des sciences anthropologiques. Le Musée de l'homme, lui, n'a pas, que je sache, vocation d'enseignement. Son domaine est la muséologie et M. Langaney s'y occupe principalement des expositions. J'ajouterai néanmoins qu'il y a un professeur qui enseigne l'anthropologie biologique au 3ème cycle d'Evolution humaine du Muséum d'histoire naturelle - dont dépend le Musée de l'Homme - et ce professeur n'est pas M. Langaney mais... moi-même, et ce depuis cinq ans.

❏ Le Pr Langaney n'enseigne donc pas ?
❍ Pas en France, en tout cas que je sache. En revanche, il enseigne à Genève depuis de nombreuses années. Je me pose à ce sujet des questions : vous savez que le cumul des fonctions est interdit dans la fonction publique. Comment se fait-il alors que l'administration ne l'ait pas sommé de choisir entre son poste en France et son traitement apparemment très conséquent en Suisse ?

❏ Pour les béotiens que nous sommes, pourriez-vous nous donner une définition de votre discipline : qu'est-ce que l'anthropologie ?
❍ L'anthropologie est la science qui étudie l'homme. On distingue trois grandes branches dans l'anthropologie. Tout d'abord, l'anthropologie physique qui consistait principalement en l'étude des mesures anatomiques. Cette branche est maintenant devenue l'anthropologie biologique, essentiellement génétique. C'est ma propre spécialité. Il y a ensuite l'anthropologie sociale et culturelle, qui est très développée chez nous. Il y a enfin la paléontologie humaine, c'est-à-dire l'étude de l'évolution humaine par les fossiles.

❏ D'où vient la difficulté, pire, l'impossibilité de débattre sereinement de cette question de l'existence des races, puisque c'est bien là le cœur du problème ?
❍ L'anthropologie était une science florissante avant la dernière guerre mondiale, et notamment en Allemagne. Les nazis ont multiplié le nombre de chaires d'anthropologie et ceci a abouti finalement à tous les malheurs que l'on sait, en particulier pour le peuple juif. Les déclarations de l'UNESCO dans les années cinquante ont réuni un certain nombre d'experts qui ont considéré que la race n'avait pas de fondement scientifique, et qu'il fallait bannir ce terme de la littérature scientifique.

❏ Et tout le monde a suivi ?
❍ Globalement. En Europe, oui, le cas des Anglais étant particulier. En France, il a existé une chaire d'anthropologie physique au Collège de France, qu'on avait confiée au professeur Ruffié, et dont j'ai été le collaborateur très proche pendant plus de vingt ans. Le message officiel propagé par M. Ruffié dans son enseignement et ses nombreux livres était effectivement que les races n'existaient pas.

❏ Et outre-Atlantique ?
❍ Aux Etats-Unis, la situation est totalement différente car les professeurs d'anatomie, en médecine, sont souvent des anthropologues, et non des médecins comme en France. Il y a donc beaucoup de postes d'enseignement et les options au sujet de la race sont souvent très divergentes selon les individualités. De plus, comme vous le savez, les universités américaines sont «privées», chacune d'entre elles défendant jalousement son originalité, sur ce point comme sur beaucoup d'autres.

❏ Donc, le discours des scientifiques, contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, n'est pas du tout uniforme ?
❍ Aux Etats-Unis, sûrement pas. En Europe, le discours s'est uniformisé pour les raisons que je vous ai dites. Il semble intéressant de faire remarquer que Langaney a été nommé en pleine mouvance socialiste; il répercute bien entendu, le moment venu, le bon discours. Je ne crois pas cependant - pour bien le connaître - qu'il soit intimement convaincu de la non-existence des races humaines et de leur non-fondement héréditaire.

❏ L'anthropologie physique a donc cédé la place à l'anthropologie génétique. Dites-nous, alors : les conclusions de la génétique sont-elles différentes de celles de l'anthropologie ? Que disent-elles ou que ne disent-elles pas ?
❍ L'anthropologie physique partait de la constatation «commune», de la reconnaissance des races : les Noirs, les Jaunes. et les Blancs. Le sens commun conclut à la reconnaissance visuelle et aussi à la nature héréditaire des races : tout le monde sait que lorsqu'un Noir Bantou se marie avec une Noire Bantou, ils ne peuvent donner naissance qu'à un petit Noir Bantou. Carl von Linné a, le premier, établi une classification générale des êtres vivants, dans laquelle il a fait entrer l'homme, tout naturellement. L'homme appartient au règne animal, à l'embranchement des Vertébrés, à la classe des Mammifères, à l'ordre des Primates, à la famille des Hominidés et au genre Homo, famille et genre dont le seul représentant actuel est l'espèce Homo sapiens. Celle-ci, à son tour, se divise en races. Linné - qui parlait de variétés - distinguait l'Européenne, l'Africaine, l'Asiatique et l'Américaine, découpant ainsi notre espèce, comme les autres espèces animales ou végétales, selon leur répartition géographique et leurs traits descriptifs et biologiques distinctifs.
L'un des rôles du scientifique est de donner une explication de ce qui peut être constaté par le sens commun. Exemple : tout le monde voit que la pomme tombe et Newton arrive pour nous expliquer les règles de la gravitation, c'est-à-dire comment et pourquoi la pomme tombe. Or aujourd'hui, dans l'anthropologie majoritaire, le discours est inverse. Langaney et les autres disent : nous sommes trompés par le message de nos sens. Quoi que voient nos yeux, quoi que nous constations, les races n'existent pas. Elles ne reposent de plus sur rien de tangible du point de vue biologique et génétique.

❏ Pourquoi ce discours contre le sens commun ?
❍ Sans doute pour un motif louable, mais quelque peu naïf. On pense que si l'on dit que les races n'existent pas, le racisme va disparaître. Il y a différentes sortes de racisme : le racisme économique, le racisme religieux ... et puis le racisme dit «zoologique», c'est-à-dire celui basé sur la réalité biologique de la race. Il est évident que si les races n'existent pas, il ne peut y avoir de fondement biologique au racisme.

❏ Cela, on l'a compris, c'est le discours officiel. Néanmoins, si on s'intéresse un petit peu aux sciences connexes de l'anthropologie - on pense à la biologie, à la médecine, à la médecine légale, etc. - on s'aperçoit que tout va dans le sens contraire, c'est-à-dire la recherche des particularismes, non ?
❍ Exactement. La biologie tout entière est contre cette notion que les races n'existent pas. Au contraire, et de nombreux travaux vont dans ce sens, on étudie les particularismes «ethniques» (on a le droit de parler d'ethnie, pas de race). Dans tous les travaux, repris par tous les grands périodiques de médecine, on démontre par exemple une susceptibilité différente à la plupart des maladies, y compris les maladies infectieuses, selon les races. Principalement dans les études américaines qui comparent les Noirs avec les Blancs ou les Hispaniques, on trouve pratiquement toujours des différences du point de vue physiologique, L'autre champ d'application est la médecine légale. La police scientifique - et en particulier le FBI - ont ainsi, en travaillant sur les marqueurs génétiques modernes (technique des empreintes génétiques), mis au point des techniques ultrasophistiquées. En cas de viol, par exemple, elles permettent pratiquement d'identifier l'ethnie à laquelle appartient le coupable - en particulier s'il est de race noire ou bien caucasienne. On constitue donc des fichiers d'empreintes génétiques, comme on a actuellement les fichiers d'empreintes digitales. C'est une recherche très développée aux Etats-Unis et qui commence à l'être un peu en France.

❏ II y a donc, effectivement, une réalité pratique qui vient démentir le discours officiel ?
❍ Mais bien sûr, et on peut chaque semaine le constater. Prenez des revues scientifiques comme The Lancet, ou bien The New England journal of medicine. Dans chaque livraison, au moins un article à chaque fois consiste à comparer des performances physiologiques selon les races et on trouve des différences notables.

❏ Donc, les races existent. Maintenant, y a-t-il une inégalité des races, et si oui, dans quel domaine ?
❍ Il faut s'entendre sur le terme d'égalité et d'inégalité. Pour moi, ce ne sont pas des termes scientifiques. Prenons l'art, par exemple : il n'y a aucune «supériorité» de l'art Inca par rapport aux pyramides d'Egypte ou à la polyphonie des chants Pygmées. C'est différent, c'est tout, et chaque race peut aboutir, à sa façon, à des performances extraordinaires. En revanche, on peut dire qu'il y a une «inégalité» [précisé, «entre guillemets» NDLR] génétique profonde entre les races. Par exemple, chez les Européens, la mucoviscidose est une maladie très commune que les Noirs n'ont pas, ou très peu. A l'inverse, les Noirs souffrent de l'anémie falciforme qui est due à une mutation de l'hémoglobine, Les Juifs Ashkénazes ont la maladie de Tay-Sachs, une terrible atteinte neurologique des enfants. Pour des populations méditerranéennes, c'est la thalassénie, une autre mutation de l'hémoglobine. On peut donc dire que les races sont «inégales» dans le sens où chacune d'elles a un fardeau génétique particulier qui n'existe pas chez les autres.

❏ Langaney dit qu'il n'y a pas de races parce que nous avons une origine commune. Etes-vous d'accord avec cela ?
❍ Sur l'origine commune, tout à fait. Il y a origine commune de l'humanité, et divergence selon les continents à partir de cette origine. Chaque race est l'aboutissement d'une longue histoire biologique d'où résulte l'adaptation génétique au climat et aux conditions de vie. Chaque race est bien entendu adaptée au biotope dans lequel elle vit.

❏ Donc, à la base, Langaney et vous dites la même chose. Pourquoi, alors, lui et ses semblables nient-ils les races quand ils devraient les considérer comme l'apothéose de l'évolutionnisme biologique auquel, je pense - et s'agissant des espèces autres que l'espèce humaine- ils sont fort attachés ?
❍ Il y a bien une seule espèce humaine, et non plusieurs comme certains le croyaient à une époque. A l'intérieur de cette seule espèce, il y a diversification, c'est-à-dire différentes adaptations que sont les grandes races. Et à mon avis, il est très important que cette diversité - véritable trésor délicat de l'adaptation différentielle - soit maintenue.

❏ Sur quels sujets de recherche travaillez-vous ?
❍ Principalement sur la mucoviscidose en Europe, où je retrouve tous les particularismes ethniques (Bretons, Germaniques, Méditerranéens, Basques, Juifs ... ) et sur les marqueurs du chromosome Y, le chromosome de la masculinité, dont les variants présentent la particularité de rester inchangés au cours des générations pères-fils successives, ce qui en fait d'excellents traceurs de la différenciation humaine dans le sexe masculin.

❏ Sur toutes ces questions que nous avons évoquées, la société française développe donc comme dans bien d'autres domaines - une attitude complètement schizophrénique, en obligeant les scientifiques, relayés par les médias, à tenir un discours en contradiction totale avec les faits. Comment réagit votre milieu ?
❍ La plupart des scientifiques sont des gens honnêtes. Ils savent cependant que « la question de la race » sent le soufre et qu'il vaut mieux ne pas trop s'y attarder, ni surtout s'y prononcer. D'un côté il y a ceux qui caquettent avec la basse-cour et de l'autre - beaucoup plus nombreux - ceux qui restent à ce sujet silencieux. Personnellement, au cours de ma carrière, je n'ai jamais [avec insistance NDLR] rencontré de scientifiques niant objectivement l'existence des races et leur base héréditaire.

❏ Une dernière question : hors le motif, louable, de vouloir éradiquer le racisme, quel est à votre avis le but de ce détournement d'une vérité scientifique à des fins politiques ? Pourquoi s'acharner contre la nature et cela, si l'on vous comprend bien, contre l'intérêt même de l'humanité ?
❍ A mon avis, le débat scientifique devrait plutôt porter sur les difficultés de l'application du concept de race ! dans le cas de l'espèce humaine. Nous sommes en effet une espèce « très jeune » - de l'ordre de 200 000 ans seulement - et la «raciation» que nous observons actuellement n'est qu'un début du processus de différenciation.
Propos recueillis par Marie-Claire ROY National Hebdo du 30 janvier au 5 février 1997

vendredi 4 juillet 2008

LA DROITE ET LE FASCISME

Lors même que les deux grandes familles totalitaires du XXième siècle, le fascisme et le communisme, sont issues d'un même tronc socialiste, depuis 1945, grâce à ses relais dans la presse, l'édition et l'université, la gauche a réussi à accréditer l'existence d'un risque majeur : le retour de l'hydre fasciste-venu-de-la-droite. Cette mise en scène politique donne à la gauche une remarquable immunité idéologique. Il est temps de rétablir la vérité, d'un point de vue historique et scientifique, pour en finir avec les mensonges de nos adversaires.
Incontestablement, la gauche profite d'un paradoxe : alors même qu'elle a donné naissance au fascisme, elle a également enfanté le mythe antifasciste.
Les origines de gauche du fascisme sont absolument incontestables. Différents types d'analyses, historiques et philosophiques, émanant d'auteurs incontestables, de droite comme de gauche, convergent sur ce point.
Examinons tout d'abord la synthèse idéologique qui a donné naissance au fascisme.
Selon l'historien Zeev Sternhell (1), le fascisme est né de l'évolution d'une fraction du marxisme et du syndicalisme révolutionnaire entre 1880 et 1914. Certains intellectuels révolutionnaires, tels Hubert Lagardelle en France ou Arturo Labriola en Italie constatent en effet que le prolétariat européen, loin de s'appauvrir, s'enrichit, et menace de s'intégrer à la société bourgeoise, perdant toutes ses vertus révolutionnaires. De la même façon, ils observent le patriotisme profond des masses ouvrières lors de l'union sacrée en 1914. Toujours très hostiles au capitalisme, influencés par le théoricien de la violence révolutionnaire Georges Sorel (2), mais ayant pris acte de ce que la nation est un moteur plus puissant que la classe sociale, ces hommes vont substituer la nation au prolétariat comme force révolutionnaire. Ils font alors évoluer une partie de la réflexion socialiste vers un socialisme national animé par une éthique de la violence rédemptrice.
C'est ce complexe idéologique qui, après 1918, formera la vision du monde fasciste, en Italie comme en Allemagne.
Ainsi, le fondateur du fascisme italien, Mussolini, fut d'abord un chef du parti socialiste italien, directeur de l'Avanti, l'organe officiel du parti. En France, les seuls chefs authentiquement fascistes, Valois, Doriot et Déat, furent, le premier un théoricien d'extrême gauche, le second un des responsables du parti communiste, le troisième, un député socialiste successeur présumé de Léon Blum à la tête de la SFIO. Le moins connu d'entre eux, Valois, finira dans les eaux de la SFIO, après avoir fondé le Faisceau, petit parti fasciste français. Pour lui, le fascisme et le marxisme sont deux « variétés du socialisme »(3). En Allemagne, de nombreux communistes furent séduits par les propositions sociales du parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP). La vérité historique est évidente: le fascisme a pu séduire, çà et là, quelques hommes de droite. Il n'en reste pas moins fondamentalement issu de l'extrême gauche.
L'étude du projet philosophico-politique des fascistes éclaire encore la lanterne de l'honnête homme. Le fascisme partage avec le socialisme le culte de l'Etat, qui doit entièrement régenter la vie sociale et la croyance dans les vertus de l'économie dirigée. L'influence de l'économiste de gauche Keynes sur la politique de grands travaux du régime fasciste puis sur la politique économique du docteur Schacht en Allemagne, est ainsi très sensible. Le philosophe Friedrich Hayek, dans La route de la servitude (4), consacre d'ailleurs un chapitre entier aux « racines socialistes du nazisme ». En outre, comme le communisme, le fascisme valorise le peuple contre le « bourgeois », le groupe contre la personne. Selon Hannah Arendt (5), cette préférence pour le Tout social contre le particulier est un des éléments constitutifs du totalitarisme.
S'il est piquant de constater que le fascisme vient de la gauche, il faut également voir que le mythe antifasciste en est également issu !
Ce sont les instances dirigeantes de la IIIe Internationale (communiste) qui, dès le début des années 20, ont opéré un amalgame éhonté entre « la droite » et le fascisme, tendant à faire croire que le fascisme était de droite, et la droite plus ou moins « fascisante ».
Dès les années 30, l'antifascisme est devenu un ferment de l'unité de la gauche européenne, traumatisée par les divisions du mouvement ouvrier allemand face à la montée d'Hitler. En France, l'antifascisme fut en 1935-1936 le moteur du Front Populaire, alors qu'il n'y avait aucun mouvement fasciste français important. Ainsi, le fascisme devint un mythe, « un ensemble lié d'images motrices », c'est-à-dire une construction irréelle de l'esprit remplissant certaines fonctions (l'unité de la gauche). L'épouvantail fasciste fut encore agité par Mitterrand en 1988 et Chirac en 2001, lorsque pour les besoins de leur cause, ils ont fascisé Jean-Marie Le Pen, quasiment transformé, par le jeu du mythe, en fils illégitime des amours contre nature d'Hitler et de Pétain.
On est là, bien sûr, au cœur d'un processus irrationnel.

La droite nationale contre le fascisme
D'un point de vue historique comme idéologique, la droite nationale apparaît en effet comme le principal ennemi du fascisme.
Non seulement le fascisme n'a pas été engendré par la « droite », mais durant l'entre-deux-guerres, il n'a pu se développer que là où elle était trop faible pour lui faire obstacle. En France par exemple, où de l'avis même d'un ex-sénateur socialiste, Philippe Machefer (6), les ligues patriotiques ne peuvent être assimilées au fascisme, la ligue des Croix de Feu a empêché l'émergence et le triomphe d'un grand parti fasciste d'imitation allemande ou italienne. Tout sépare en effet le christianisme social et patriotique du mouvement du colonel (et futur résistant) de la Rocque du socialisme national et européen d'un Déat ou d'un Doriot.
Z. Sternhell insiste longuement sur « la longue lutte entre la droite et le fascisme » (7). Il oppose Franco, représentant de la droite autoritaire et conservatrice, à José Antonio, Mussolini au roi Victor-Emmanuel, Déat à Pétain. De même, en Roumanie ou en Hongrie, c'est la droite elle-même qui a procédé à la « liquidation », partois sanglante, des partis fascistes.
Que les fascistes, violemment anti-marxistes, aient parfois cherché l'alliance avec la droite nationale et conservatrice ne prouve rien du tout, puisque de la même façon, par antifascisme, les partis marxistes se sont alliés à des éléments très libéraux ( parti radical en France, centre gauche en Espagne ... ). Il est donc aussi absurde de contester le caractère socialiste du fascisme en raison de ses alliances à droite qu'il le serait de contester l'authenticité marxiste de la LCR sous prétexte qu'elle a appelé à voter Chirac en 2002.
A la vérité, tout sépare la droite nationale du fascisme. La conception de la nation, tout d'abord. Vers 1940, le fascisme constitue sans doute, avec le communisme, la seule idéologie à la fois révolutionnaire et internationaliste : avec l'essor de la SS, multinationale et européiste, le critère racial supplante le critère national au sein du fascisme. Le fossé qui sépare les fascistes, révolutionnaires et intemationalistes européens, des hommes de droite nationale, attachés aux traditions et nationalistes authentiques, est alors patent.
De la même façon, la conception de l'Etat est radicalement différente. Pour un fasciste, l'Etat est un but en soi. Il incarne et personnifie le peuple ou la race. Le fascisme confond donc délibérément l'Etat et le groupe humain auquel il se réfère, au lieu de voir dans l'Etat un simple outil au service de la nation, chargé d'en garantir la sécurité et d'en maintenir la cohésion, vision qui est celle de toutes les droites nationales du monde.
Enfin, les conceptions de l'homme se différencient nettement : à rebours de la construction d'un homme nouveau, projet propre à tous les totalitarismes dont le fascisme, la droite nationale ne rêve que de préserver l'homme éternel, enraciné dans les traditions et dans les disciplines morales et culturelles qui ont fait leurs preuves au cours des siècles.
Voilà quelques vérités qu'il fallait rappeler. Le débat est lancé. Que ceux qui, à gauche et à droite, veulent en débattre se manifestent.
(1) Zeev Sternhell, Ni droite, ni gauche - L'idéologie fasciste en France, ed. Seuil, coll. Point, 1983.
(2) Georges Sorel, Réflexions sur la violence, 1908.
(3) Voir Zeev Sternhell, p : 244 .
(4) Friedrich Hayek, La route de la servitude, Librairie de Medicis, 1945.
(5) Hannah Arendt, Origines du totalitarisme, 3e partie, le Système totalitaire, coll. Point. Ed. Seuil.
(6) P. Machefer Ligues et fascismes en France, PUF, 1974.
(7) Zeev Sternhell, ibid. P. 20.
National Hebdo du 6 au 12 juin 2002

dimanche 8 juin 2008

LES HOMMES POLITIQUES N'ONT PAS ETE TOUS DES PLANQUES

Quand ils faisaient la guerre ...
Ils, ce sont ceux qui, depuis plusieurs décennies, et sous la plupart des régimes qui se sont succédé, ont tenu le devant de la scène politique ou ont, tout au moins, participé à la vie publique du pays. Tous, à un moment ou à un autre de leur existence, ont été amenés à faire l'expérience de la guerre. Quelle qu'ait été la forme de leur combat, au grand jour ou dans l'ombre, tous ont été profondément marqués et bien souvent meurtris. Dans son ouvrage paru aux éditions Plon, Sophie Huet dresse le portrait de certains d'entre eux. En voici quelques extraits, qui ne manqueront pas d'intéresser nos lecteurs.

Léo absent
Un qui ne figure pas dans la galerie de portraits de Sophie Huet, c'est l'actuel ministre de la Défense, le triste François Léotard. S'il fut un temps novice chez les Bénédictins, une foucade sans lendemain, il n'a jamais porté l'uniforme. Les garçons qui ont accompli leur « service national » dans la coopération sont sûrement bourrés de qualités, mais ils ignorent tout de l'armée et de la vie militaire. Ce qui, de toute évidence, les rend particulièrement aptes à assumer la plus haute fonction de la hiérarchie. Courteline pas mort!

Jean-Marie Le Pen : sa première expérience du maquis
Inutile de rappeler comment, après avoir été en Indochine de 1953 à 1955 comme officier de Légion, il s'engage à nouveau, alors qu'il est député de Paris, pour Suez et, dès son retour, pour l'Algérie. On connaît peut-être moins ses tentatives - un peu naïves, diront certains, mais qui dénotent déjà un exceptionnel caractère de combattant - pour rejoindre les maquis bretons alors qu'à peine âgé de seine ans, il ne lui était pas possible de s'engager officiellement. Son père, un marin pêcheur, était mort deux ans auparavant après que son bateau eut sauté sur une mine allemande.
« En me levant, je m'aperçois que mes vêtements ne sont plus là. C'est ma mère qui pour m'empêcher de partir, les a cachés. J'ai beau supplier, rien n'y fait et, la rage au cœur, je dois laisser mon copain partir seul. Mais, quatre ou cinq jours plus tard, je réussis mon départ avec un autre camarade, un peu plus âgé que moi » (moitié à pied, moitié en stop, ils se dirigent vers la région où le maquis est censé se trouver).
« Pendant la nuit, nous avons entendu des avions volant bas et, dès le matin, des bruits de tir dans la direction où nous allions. Toute la journée nous avons marché "au canon" à travers champs, chemins de terre et talus, guidés par le bruit de la bataille, n'ayant qu'une crainte, arriver trop tard. » (C'est pourtant ce qui arrivera).
« Nous croisons des petits groupes qui essaient de nous dissuader d'aller plus loin. On nous dit que c'est fini, mais nous nous sommes donné trop de mal pour abandonner comme cela, et il faudra que ce soit un officier para, dont je saurai plus tard que c'est Michel de Camaret, qui nous dise :
« C'est fini, la bataille est terminée, on se replie, il faut partir, retourner chez vous très vite, car vous risquez d'être pris ».
(De fait, ils n'y échapperont que de peu).
« Les Allemands sont en alerte générale et sillonnent tous les axes. Plus redoutables encore, les patrouilles de Russes à cheval que l'on appelait les "Géorgiens". Ceux-ci, espèces de harkis de l'armée allemande, étaient d'anciens prisonniers de l'Armée Rouge, aux ordres du général Vlassov, général soviétique pris à Stalingrad, et rallié à l'Allemagne. » (Détail particulièrement intéressant, car, pratiquement, personne n'a jamais parlé d'eux). « Ils étaient chargés en Bretagne de la lutte anti-maquis et jouissaient d'une réputation méritée de férocité ... »
(L'épilogue paraît assez logique).
« J'arrive à la maison, tout fier de moi. Ma mère me demande:
- D'où viens-tu ? J'étais morte d'angoisse.
Et je lui réponds:
- Je reviens du maquis.
« Là, j'ai eu ma première récompense, c'est-à-dire une giroflée magistrale, la dernière de ma vie. Ça a été ma croix de guerre "pour avoir fait l'imbécile". »
On comprend un peu la pauvre femme.

Beucler : prisonnier du Viet-Minh
L'homme qui a révélé le scandale Boudarel. Officier de carrière, il combat en Indochine dès 1949. Fait prisonnier en 1950, il connaît, durant près de quatre ans, l'horreur des camps vietminh.
« Nous étions soumis à des corvées de riz pour ravitailler le camp. Nous marchions pieds nus, car les chaussures nous avaient été enlevées à la première tentative d'évasion. Nous parcourions vingt-cinq à trente kilomètres, les pieds en sang dans les rizières, pataugeant dans la boue des diguettes, butant contre les pierres coupantes, et nous refaisions dans la même journée le trajet de retour avec un sac de riz de vingt kilos sur le dos. En réalité, Il y avait autant de charançons que de riz dans nos fardeaux. Ces insectes nous grimpaient dans le dos, les sangsues grimpaient le long de nos jambes, et, avec la sueur, le tout formait au niveau de la taille une bouillasse infâme ... En plus, nous n'avions droit qu'à un bol de riz par jour, sans graisse, sans sel, sans viande, et, là encore, rempli de charançons car nous n'avions rien pour laver le riz.
« Nous étions condamnés, sous la chaleur, à boire l'eau des rivières et, fatalement, nous attrapions des dysenteries ... Dans ce camp de cent personnes, il en meurt vingt-trois en moins d'un mois ... »

Alain Griotteray et Jean-Baptiste Biaggi : les missions du réseau Orion
Après une grave blessure en 1940 (on lui avait même donné la Légion d'honneur à titre posthume pour la lui enlever quand on s'est aperçu qu'il n'était pas mort ... et finalement la lui rendre quelque temps plus tard) et une très longue convalescence, Jean-Baptiste Biaggi décide de poursuivre le combat dans la Résistance. Il entre dans le réseau Orion dirigé par Alain Griotteray. Ce réseau avait été fondé par Emmanuel d'Astier de La Vigerie qui, dit Griotteray, « effectuait des missions en zone occupée et en zone interdite nord pour le compte du deuxième bureau de l'armée ... de Vichy, en liaison du reste avec les Britanniques. » Incroyable mais sans doute vrai : à cette époque, tout était possible.
Orion fut d'abord le prolongement en France d'une organisation mise sur pied par d'Astier en Afrique du Nord. Son rôle en France fut bientôt précisé : collecter des renseignements militaires et politiques et organiser des passages clandestins en Espagne, vers l'Afrique du Nord. Griotteray parle de Biaggi :
« Le héros couvert de gloire des combats de 1939-1940, Jean-Baptiste Biaggi, nous ouvrait des portes dans cette capitale du roi de Bourges (Vichy) auprès des militaires qui rêvaient d'une revanche de la France. Car, on l'a oublié, en ces temps-la, à Vichy, les militaires étaient anti-allemands ... »
Biaggi est arrêté à Paris par la Gestapo. Avec quarante-cinq de ses codétenus, il réussit à s'évader du train qui les emmène vers les camps de la mort.
« La consigne était de sauter quand le train était à pleine vitesse. Pourquoi ? Parce que les gardiens profitaient des trajets pour dormir alors que, le train étant à l'arrêt, ils reprenaient leurs inspections, de wagon en wagon ... Comme le train roulait vite, j'ai été projeté vers le chemin de halage ... Grâce au Ciel, je m'étais bien emmitouflé, je n'ai pas été blessé. Nous avons été quarante-cinq à sauter du train et, par chance, les Allemands ne s'en sont aperçus qu'à l'arrivée à Bar-le-Duc. »
Biaggi remonte à Paris où il retrouve Griotteray qui lui confie de nouvelles missions de renseignement. Ce sera ensuite la libération de Paris, puis la campagne des Vosges et l'entrée en Allemagne avec une nouvelle blessure à la clé.
P.L National Hebdo du 27 mai au 2 juin 1993