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mercredi 17 juillet 2024

Le Nouveau Passé-Présent - Gustave Mannerheim, contre les Rouges, fondateur de la Finlande

 

Le Nouveau Passé-Présent - Gustave Mannerheim, contre les Rouges, fondateur de la Finlande

La Finlande est un petit pays aux confins septentrionaux de la Baltique, coincé entre la Suède et la Russie qui l’absorbèrent successivement. Ces habitants parlent une langue étrange, sans lien avec les nombreux rameaux indo-européens. C’est un pays d’immenses étendues glacées, de lacs et de forêts, fier de son originalité mais qui n’accéda à son indépendance qu’en 1917.

Et il est un homme dont la vie se confond avec le destin de la Finlande, il s’agit de Gustave Mannerheim, dont le génie politique et les initiatives militaires s’avérèrent fondateurs. Homme dénué de tout orgueil ou de passion dominatrice, c’est sous sa conduite que le pays a résisté aux bolcheviques, à l’URSS de Staline ou encore à l’Allemagne nazie. Un destin, une vie que nous allons découvrir avec Jean-Paul Besse, notre invité du jour…


https://tvl.fr/le-nouveau-passe-present-gustave-mannerheim-contre-les-rouges-fondateur-de-la-finlande

dimanche 14 octobre 2012

Talvisota : La Guerre d'Hiver (conflit russo-finlandais)

La Guerre d’Hiver, ou guerre de Finlande, est aussi intéressante que méconnue. Quand Staline lança son armée contre la Finlande, dont les forces étaient mal équipées et peu nombreuses, il était sûr que la guerre serait rapide et décisive, comme la guerre de Pologne.

Mais la stratégie soviétique, dont l’État-major était assez incompétent, se vit opposer une armée dont le moral était excellent et qui se servait admirablement du terrain et du climat. Il s’ensuivit un combat très inégal, de David contre Goliath, qui suscita l’intérêt du monde entier.
La guerre russo-finlandaise fut une conséquence directe du pacte germano-soviétique et dura du 30 novembre 1939 au 13 mars 1940.
Après avoir agrandi son territoire au détriment de la Pologne, Staline était soucieux de protéger l’accès du Nord-ouest. Entre le 28 septembre et le 11 octobre 1939, les républiques Baltes se virent contraintes de signer des pactes d’assistance mutuelle qui autorisaient aux Soviétiques l'installation des bases sur leur territoire. L’étape suivante était un accord similaire avec la Finlande.

jeudi 8 décembre 2011

30 novembre 1939 Staline attaque la Finlande

Le 30 novembre 1939, Staline lance les troupes soviétiques à l'assaut de la petite Finlande.
Nicolas Glyko.
Le Petit Poucet résiste à l'ogre
La Finlande s'était émancipée de la Russie pendant la Grande Guerre de 1914-1918 et la frontière entre les deux pays avait été établie à quelques dizaines de kilomètres de Petrograd (aujourd'hui Saint-Pétersbourg).
En 1939, tandis qu'il partage la Pologne avec Hitler, Staline s'inquiète de la vulnérabilité de cette frontière et du risque d'une invasion de la deuxième région économique de l'URSS via la Finlande.
Il propose aux Finlandais de reculer leur frontière méridionale, dans l'isthme de Carélie, en échange de vastes territoires situés plus au nord. Il demande aussi de pouvoir installer une base navale à Hanko, à la pointe sud du pays.
Le gouvernement finlandais veut bien négocier un échange de territoires mais refuse de sacrifier sa souveraineté en cédant une base.
Loin de chercher un quelconque arrangement avec le dictateur, il renforce ses fortifications frontalières longues de 140 km et connues sous le nom de «ligne Mannerheim», du nom du maréchal finlandais d'origine suédoise, le baron Carl Gustaf Emil von Mannerheim, qui a repoussé les bolcheviques en 1917 et commande l'armée nationale.

Brutale agression
Finalement, Staline attaque son voisin sans prendre la peine de lui déclarer la guerre. La Finlande, qui ne dispose que de 265.000 hommes, 270 avions et 26 tanks, doit faire face à 400.000 hommes de l'Armée rouge, équipés de 1500 avions et autant de tanks.
Malgré la disproportion des forces et la brutalité de l'attaque, du golfe de Finlande à l'océan Arctique, les Soviétiques piétinent plusieurs mois sur la frontière et les Finlandais remportent même de nettes victoires au nord. 
Les groupes de combattants finlandais, à ski et en tenue de camouflage blanche, harcèlent les unités soviétiques, mal commandées, mal entraînées et mal préparées au froid.
Cette «Guerre d'Hiver» se traduit par de lourdes pertes pour l'Armée rouge. Les Finlandais recueillent un soutien vibrant de leurs voisins suédois, lesquels, bien que neutres, envoient des bataillons de volontaires combattre à leurs côtés.
Les Français et les Anglais, en guerre déclarée contre Hitler, ont aussi à coeur de soutenir le peuple finlandais en lutte contre Staline, lié au Führer allemand par un pacte de non-agression. Ils répugnent toutefois à affronter directement les Soviétiques (tout comme les Allemands).
Sur une idée du Premier Lord de l'Amirauté Winston Churchill (le ministre britannique de la marine), les deux alliés entreprennent une expédition en Norvège pour officiellement soutenir les Finlandais, en fait mettre la main sur le port de Narvik par lequel est exporté le précieux minerai de fer suédois. Les Occidentaux caressent l'espoir illusoire que des opérations périphériques comme celle-là leur permettront de faire l'économie d'une attaque frontale contre l'Allemagne.
Victoire à l'arraché
Staline, qui a tout de même pu occuper la partie orientale de la Finlande, renonce à l'occupation complète du pays. Il conclut avec son adversaire le traité de Moscou du 12 mars 1940 par lequel il annexe la Carélie orientale et les abords du lac Ladoga. La plupart des habitants (environ un dixième de la population finlandaise) quittent leurs foyers pour la Finlande libre.
Sa victoire à l'arraché a pour effet d'isoler un peu plus l'URSS sur le plan international. Elle met aussi en évidence la médiocrité du commandement soviétique et la faible motivation des troupes. Vorochilov, commissaire du peuple (ministre) à la Défense, est d'ailleurs démis de ses fonctions dès le 7 mai.
Hitler va en tirer d'utiles enseignements quand il prendra la décision d' attaquer son associé le 22 juin 1941.
À ce moment-là, alliés à leur tour aux Allemands, les Finlandais reprennent l'offensive contre les Soviétiques. Mais leur défaite suit celle de leur encombrant allié. 
En août 1944, le maréchal von Mannerheim (77 ans) est appelé à la tête de l'État finlandais pour faire face à la contre-offensive soviétique. Le 19 septembre 1944, il conclut avec Staline un armistice par lequel il préserve l'indépendance de son pays mais doit accepter une mise sous tutelle soviétique.

mercredi 18 novembre 2009

30 novembre 1939 : Staline attaque la Finlande

Le 30 novembre 1939, Staline lance les troupes soviétiques à l'assaut de la petite Finlande.
Nicolas Glyko.
Le Petit Poucet résiste à l'ogre
La Finlande s'était émancipée de la Russie pendant la Grande Guerre de 1914-1918 et la frontière entre les deux pays avait été établie à quelques dizaines de kilomètres de Petrograd (aujourd'hui Saint-Pétersbourg).
En 1939, tandis qu'il partage la Pologne avec Hitler, Staline s'inquiète de la vulnérabilité de cette frontière et du risque d'une invasion de la deuxième région économique de l'URSS via la Finlande.
Il propose aux Finlandais de reculer leur frontière méridionale, dans l'isthme de Carélie, en échange de vastes territoires situés plus au nord. Il demande aussi de pouvoir installer une base navale à Hanko, à la pointe sud du pays.
Le gouvernement finlandais veut bien négocier un échange de territoires mais refuse de sacrifier sa souveraineté en cédant une base. Loin de chercher un quelconque arrangement avec le dictateur, il renforce ses fortifications frontalières longues de 140 km et connues sous le nom de «ligne Mannerheim», du nom d'un maréchal finlandais qui avait repoussé les bolcheviques en 1917.
Brutale agression
Finalement, Staline attaque son voisin sans prendre la peine de lui déclarer la guerre.
Avec un total de 265.000 hommes, 270 avions et 26 tanks, la Finlande doit faire face à 400.000 hommes de l'Armée rouge, équipés de 1500 avions et autant de tanks.
Malgré la disproportion des forces et la brutalité de l'attaque, du golfe de Finlande à l'océan Arctique, l'Armée rouge piétine plusieurs mois sur la frontière et les Finlandais remportent même de nettes victoires au nord.
Cette «Guerre d'Hiver» se traduit par de lourdes pertes pour l'Armée rouge, d'autant que les Français et les Anglais, en guerre déclarée contre Hitler, ont à coeur de soutenir le peuple finlandais en lutte contre Staline, lié au Führer allemand par un pacte.
Les Occidentaux caressent l'espoir illusoire que des opérations militaires comme celle-là leur permettront de faire l'économie d'une attaque frontale de l'Allemagne.
Sur une idée du Premier Lord de l'Amirauté, le ministre britannique de la marine Winston Churchill, les Français et les Anglais entreprennent même une expédition en... Norvège pour tenter de soutenir les Finlandais.
Victoire à l'arraché
Staline finit par conquérir la partie orientale de la Finlande et conclut un traité avec son ennemie le 12 mars 1940.
Mais sa victoire à l'arraché a pour effet d'isoler un peu plus l'URSS sur le plan international. Elle met aussi en évidence la médiocrité du commandement soviétique et la faible motivation des troupes.
Vorochilov, commissaire du peuple (ministre) à la Défense, est d'ailleurs démis de ses fonctions dès le 7 mai.
Ce désastre va fournir d'utiles enseignements à Hitler quand il prendra la décision d' attaquer son associé le 22 juin 1941.
Alliés à leur tour aux Allemands, les Finlandais reprendront l'offensive en 1941 mais, en 1944, ils devront accepter une mise sous tutelle soviétique.....

samedi 18 avril 2009

18 MARS 1921 : CRONSTADT, LA FIN DU RÊVE

La révolution bolchevique de 1917 a été, selon la forte définition de Dominique Venner, « un soulèvement de millions de croquants hérissés de baïonnettes, conduits par une petite meute de fanatiques à bésicles » (Les Blancs et les Rouges. Histoire de la guerre civile russe 1917-1921, Pygmalion, 1997). Mais certains groupes ont joué un rôle moteur dans l'enclenchement et le déroulement des événements révolutionnaires. Parmi eux, en bonne place, « les marins de Cronstadt ».
Port militaire à l'embouchure de la Néva, dans le golfe de Finlande, Cronstadt (ou Kronstadt) est le plus grand ensemble fortifié de la Baltique. Le premier fort y fut édifié par le tsar Pierre 1er en 1703. La visite qu'y effectua en 1891 l'escadre de l'amiral Gervais fut un prélude à l'alliance franco-russe, qui devait jouer un rôle déterminant dans le déclenchement de la guerre de 1914-1918.
Lors de la révolution de 1905, « répétition générale sans laquelle celle de 1917 eût peut-être échoué » (D. Venner), l'agitation au sein de l'armée a touché tout spécialement certains ports : dans la flotte de la mer Noire, la mutinerie du cuirassé Potemkine (exaltée par le film d'Eisenstein en 1925), fin juin, a eu comme écho, en novembre, des révoltes de matelots à Sébastopol et à Cronstadt (où elles se soldèrent par plus de 1 400 arrestations et 36 condamnations à mort). En 1917, les marins de Cronstadt ont joué un rôle important dans le psychodrame qui aboutit, le 15 mars, à l'abdication du tsar Nicolas II. La veille, leur mutinerie avait été marquée par l'assassinat du gouverneur de la base maritime, l'amiral Viren, suivi d'une chasse aux officiers. Les mutins ont établi la liste de ceux qu'il faut éliminer et, à l'issue d'une nuit de massacre, plusieurs dizaines d'entre eux sont tués : selon un témoin anarchiste, « les marins pénétraient dans les demeures de leurs chefs, les traînaient dehors et les fusillaient au bord du fossé ». Un autre témoin, Louis de Robien, attaché à l'ambassade de France, raconte : « la plupart des officiers de marine de Kronstadt sont à la merci des équipages et sont astreints par ceux-ci aux travaux les plus durs et les plus humiliants. Ceux qui se rebellent sont mis à mort. »
En juillet 1917, les marins de Cronstadt sont très actifs dans la tentative de renversement du président du Conseil Kérenski qui a lieu à Pétrograd, après la défaite infligée par les Allemands aux troupes russes à Tarnopol. C'est un échec, mais les 7, 8 et 9 novembre (du calendrier grégorien, c'est-à-dire les 24, 25 et 26 octobre du calendrier julien... d'où l'expression « Révolution d'octobre »), une nouvelle tentative réussit. Avec l'appui, à vrai dire symbolique (un coup de canon... à blanc !), du croiseur Aurora, les émeutiers, parmi lesquels se remarquent mille cinq cents matelots arrivés de Cronstadt, jettent à bas sans difficulté le gouvernement provisoire de Kérenski, lequel s'est enfui, et mettent en place le nouveau pouvoir bolchevique.
Celui-ci doit s'imposer par la force dans une Russie épuisée par la guerre. Sont donc envoyés dans toutes les provinces des commissaires politiques et des agents de propagande protégés par des détachements de marins de Cronstadt. Ceux-ci jouent donc le rôle de gardes rouges. Ils accompagnent le commissaire du peuple à la Guerre Krylenko lorsque ce dernier vient notifier au général Doukhonine, chef d'état-major général des armées russes, qu'il est relevé de ses fonctions. Avant d'être lardé de coups de baïonnettes. A la suite de l'attentat manqué contre Lénine (30 août 1918), un journal bolchevique de Pétrograd écrit : « Les intérêts de la révolution exigent l'extermination physique de la classe bourgeoise. » Aussitôt dit, aussitôt fait : cinq cents officiers enfermés à la forteresse de Cronstadt sont fusillés par les matelots rouges.
Ceux-ci sont considérés comme le fer de lance de la révolution. Et pourtant leurs yeux vont s'ouvrir. Pendant l'hiver 1920-1921, ils ont profité de permissions pour se rendre dans leurs familles. Et là ils découvrent une réalité que la propagande essayait de dissimuler : la famine, une misère noire écrasent la population des campagnes, laissées sans aide aucune dans une situation bien pire qu'avant la révolution. La police politique, la Tchéka, fait partout régner une terreur sans limites, y compris dans les usines de Petrograd paralysées par des grèves dont le moteur est le désespoir. Désespoir d'ouvriers à qui on avait promis des lendemains qui chantent et condamnés à vivre quotidiennement la réalité bolchevique.
Alors les marins de Cronstadt s'insurgent. Leurs délégués rédigent une longue résolution qui exige des élections libres, au scrutin secret, l'abolition de la dictature du parti bolchevique, la dissolution de la Tchéka, la libération des détenus politiques, la fin des réquisitions, la liberté de l'artisanat et du commerce. Bref, une nouvelle révolution.
Les bolcheviques essayent tout d'abord de biaiser, de parlementer. Leurs émissaires sont chassés ou mis en prison par les marins qui, solidement installés dans la forteresse de Cronstadt, se constituent en soviet révolutionnaire. Alors intervient Trotski. Il organise le blocus de Cronstadt puis, le 8 mars 1921, ordonne l'assaut.
Celui-ci, dirigé par Toukhatchevski, est vigoureusement repoussé. Mais le suivant, huit jours plus tard, réussit. Les 50 000 hommes mis en action investissent la forteresse et, pendant toute une journée, des combats de rue, à la grenade et à la baïonnette, se déroulent dans la ville. A la nuit, les rebelles survivants parviennent à s'enfuir vers la Finlande. La résistance leur a coûté 600 morts, 1 000 blessés et 2 000 prisonniers. Mais ils ont infligé à Toukhatchevski et à Trotski 25 000 tués ou blessés !
Lénine a compris l'avertissement.
Quelques jours plus tard il fait adopter par le Congrès du parti la NEP (« Nouvelle politique économique »), qui reprend à son compte - sans le dire, bien sûr - plusieurs exigences des marins de Cronstadt.
P.V Rivarol du 27 mars 2009