mardi 11 avril 2017

Marchons avec Jeanne !

Tandis qu'il retrace la vie de l'héroïne nationale, l'abbé Rioult se risque à pénétrer les secrets de son âme – celle d'une sainte fidèle aux Voix qui lui indiquent sa vocation.
Chaque année quand approche le cortège traditionnel d'hommage à sainte Jeanne d'Arc (dimanche 8 mai, départ à 9 h 30 du parvis de l'église sainte Madeleine, Paris 8e,) nous nous sentons le coeur en joie et plus que jamais fiers d'appartenir à la seule nation à laquelle Dieu eût envoyé une jeune fille enjouée pour témoigner de la vérité de la France, comme il envoya son Fils porter témoignage de la Vérité tout entière. De quoi laisser éperdu de reconnaissance envers Dieu tout Français conscient de sa formation et de son identité. L'Action française a eu le grand mérite, au prix de 10 000 jours, de prison d'imposer à la République le cortège annuel. D'autres groupes défileront toute la journée du 8 mai et tous reconnaissent que s'ils peuvent encore défiler, c'est parce que l'AF s'est battue pour cela. Il n'y aura dans la rue ce jour-là que des enfants de Maurras.
Miracle de la grâce
On s'est trop souvent épuisé à expliquer par de simples concours naturels de circonstances l'épopée de notre héroïne nationale. M. l'abbé Olivier Rioult, dans un livre récemment publié, traite enfin dans toute son ampleur la vie de Jeanne d'Arc et expose, en historien scrupuleux, dans tous ses détails, ce qui est proprement l'Histoire d'une âme ou plutôt « l'histoire du miracle de la grâce et de la nature ». Interrogeons-nous avec lui « avec un infini respect, sur les sources mystérieuses mais réelles d'une si naïve et si efficace audace, de tant de courage avec une telle candeur, de tant de caractère avec une si délicate et fervente piété, d'un jugement si sûr, d'une résolution si ferme dans un être si jeune et si parfaitement féminin ».
Enfance pieuse
M. l'abbé Rioult, avec une érudition extraordinaire, fouillant dans les témoignages du temps et dans le texte du procès où elle répondit du tac au tac et avec un grand bon sens aux questions ineptes de ses juges, nous entraîne sur les pas de Jeanne, depuis son enfance pieuse et enjouée où elle apprit le Pater noster, l'Ave Maria, le Credo là où il faut les apprendre : sur les genoux de sa maman, jusqu'à l'intervention des Voix (saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite) l'incitant à « bien se conduire et à toujours fréquenter l'Église », signes qu'elles venaient du Ciel l'aidant à « poser un regard éternel sur sa fin, pour l'instruire du combat et de la couronne à laquelle Dieu l'avait destinée de toute éternité », mais établissant avec Jeanne des rapports non de l'ordre de la possession, mais de la vocation, donc respectant sa liberté. Puis, au bout de quatre ans, la rencontre du dauphin de France, héritier légitime (« c'est vous et non un autre »), puis les grandes batailles historiques pour chasser les Anglais du sol de France, le sacre du dauphin devenant Charles VII, enfin la capture, le procès et la mort. C'est une jeune fille toute simple que Dieu choisit pour cette mission ; comme quoi rien ne vaut une solide éducation au sein d'une famille chrétienne pour forger des âmes grandes et solides. La voici alors faisant la guerre et prenant Orléans, ce dernier bastion de résistance empêchant les Anglo-Bourguignons de ne faire de la France qu'une bouchée. Orléans, il faut sans cesse le redire, aujourd'hui c'est nous, nous qui refusons de nous résigner à l'effacement de la France. En suivant Jeanne prions pour mériter aujourd'hui une telle intervention divine...
Sainte de la patrie
L'abbé Rioult recueille au passage toutes les leçons que nous donne Jeanne par sa pureté d'intention, son immense pitié pour le sang répandu comme aussi sa prestance et son habileté à chevaucher, toujours consciente d'être mandée de par le roi du Ciel : « La France existait par son roi légitime ; elle prospérait quand il était juste et il était juste tant que les lys signifiaient les trois vertus théologales c'est-à-dire tant que le roi était uni et soumis filialement à Dieu par son Église. La piété de Jeanne est une vertu surnaturelle. » Sainte de la patrie ? Mais encore faut -il préciser : « Une communauté politique n'existe que par une amitié qui s'est construite en vue d'un certain bien. Pour Jeanne et les Français de l'époque ce bien pour lequel et par lequel ils s'unissaient n'est pas une simple prospérité matérielle c'est la salut de leur âme et la gloire de Dieu ; ce n'est pas la patrie d'un Robespierre, d'un Napoléon, d'un Poincaré ou d'un De Gaulle, ces chefs d'une patrie sans dieu qui "se dissocie" en une association de malfaiteurs. La France que Jeanne aime c'est celle qui met Dieu à la première place, c'est ce peuple fidèle et brave sachant prendre les armes pour être un bouclier de la foi »,... à l'image des Francs de Clovis à l'origine de notre pays.
Une oeuvre contre-révolutionnaire
À une époque (déjà !) troublée par la révolution dans l'État (Paris venait de connaître des journées révolutionnaires sanglantes) et aussi dans l'Église (il y avait eu récemment deux papes et même trois régnant en même temps, tandis que les conciles réclamaient la primauté sur le pouvoir pontifical), elle vint redresser les esprits et rétablir l'ordre : que le roi légitime fût sacré à Reims et qu'on obéît au pape, successeur de Pierre ! Pour elle, l'autorité humaine était une délégation divine et une participation à l'autorité même de Dieu (Charles VII accepta de recevoir sa couronne de Dieu seul). En ce sens, Jeanne accomplit une oeuvre essentiellement contre-révolutionnaire. Elle travailla à unir les coeurs et le sang, comme le marqua solennellement la cérémonie du sacre à Reims. Alors que l'islam commençait à se montrer menaçant, elle milita pour le bien de la chrétienté, « pour bâtir la cité chrétienne sur le plus sûr fondement et selon les vrais principes civilisateurs. Civiliser c'est spiritualiser, c'est libérer l'homme du péché ».
Mais ce langage était trop dur pour des hommes qui s'accommodaient de la révolution, trouvant dans cette espèce de "gouvernance" anglo-européiste leur intérêt (les affairistes bourguignons) ou leur confort intellectuel (l'évêque Cauchon), s'habituant à l'insubordination en toutes choses. Ils firent mourir Jeanne, ne voulant pas entendre son témoignage de vérité, Jeanne clamait la justice : les Anglais chez eux, les Français chez eux dans la complémentarité chrétienne des nations. Il fallait la condamner parce qu'ainsi l'on sèmerait le doute sur la légitimité de Charles VII et l'on remettrait en cause l'idée d'organisation de la chrétienté. Cela continue : au début du XXe siecle, il y eut Thalamas pour nier le caractère surnaturel de ces faits mais il reçut une fessée bien méritée, estime l'abbé Rioult, de la part des Camelots du Roi...
L'abbé Rioult suit pas à pas ce quefut la « passion » de Jeanne, mettant à chaque instant l'accent sur la ressemblance évidente avec la passion du Christ, lui aussi livré à la justice des hommes par des chefs religieux. Et cette mort ne fut pas un échec ! Nous en donnerons la preuve en marchant le 8 mai. Auparavant il importe de lire ce livre éblouissant d'érudition et de réflexions pour notre temps.
Michel Fromentoux L’ACTION FRANÇAISE 2000 Du 5 au 18 mai 2011
Abbé Olivier Rioult : Jeanne d'Arc, Histoire d'un âme, éditions Clovis, 650 pages, 24 euros.

LOUIS-PHILIPPE Iᵉʳ (1773-1850), ROI DES FRANÇAIS | AU CŒUR DE L’HISTOIRE...

dimanche 9 avril 2017

Histoire de la droite par Pierre LE VIGAN

Richard-Droites-192x300.jpgLa droite, de Joseph de Maistre à Christian Estrosi : quelle histoire ! Il y a eu des histoires des droites en France en termes de généalogie politique, avec René Rémond (Les droites en France, 1982). On a pu lire aussi des histoires culturelles des droites, avec Jean–François Sirinelli comme maître d’œuvre (Histoire des droites en France, 2006). On a pu avoir sous la main les numéros « Gauche / Droite ? » et « Droite / Gauche ? » de la revue Krisis (revuekrisis.blogspot.com) dirigée par Alain de Benoist et Thibault Isabel, et, tout dernièrement, le livre sur la droite et la gauche de Michel Marmin et Éric Branca (Éditions Le tour de la question).
L’historien Gilles Richard livre sa propre histoire des droites en France, de 1815 à nos jours. À la différence de René Rémond, il s’attache moins à la généalogie des courants politiques (Rémond en voyait trois : légitimistes, orléanistes-libéraux, bonapartistes) qu’aux contextes qui expliquent l’évolution des droites et l’apparition de droites nouvelles (qui n’ont rien à voir avec la Nouvelle Droite). « Les hommes sont plus les fils de leur temps que de leurs pères », disait Marc Bloch. C’est le point de vue de Gilles Richard.
Pour cela, Gilles Richard apporte une attention particulière à l’histoire des partis politiques qui sont, justement, le produit des contextes. Exemple : comment le RPR est devenu en 2002 l’UMP en dit long sur l’auto-immolation du néo-gaullisme et son absorption par la droite la plus classique.
Les deux approches, celle de R. Rémond et de G. Richard, généalogique et contextuelle, ne s’excluent d’ailleurs pas l’une l’autre. Ainsi, le Front national de Marine Le Pen s’explique avant tout en utilisant une grille de lecture contextuelle, opposant les victimes de la mondialisation à ses promoteurs. Mais il n’est pour autant pas absurde de voir en lui une continuité avec le bonapartisme, voire le gaullisme, et sa reprise conjointe de thèmes dits de droite, comme l’ordre et la tranquillité publique, et de thèmes dits de gauche, comme la justice sociale, la protection des plus faibles, la lutte contre le pouvoir de l’argent.
Reste à voir comment la prise en compte du contexte génère, à différentes époques, différentes droites. Gilles Richard distingue quatre périodes dans son histoire des droites.
De 1815 à 1914, c’est pour lui une seule période (il la conçoit sans doute trop longue). Il s’agit alors pour les droites de se positionner face à la République. C’est la droite face aux institutions. La droite légitimiste, puis traditionaliste (on peut encore l’appeler réactionnaire sans jugement de valeur : elle réagit contre l’esprit de la Révolution française) essaiera de déplacer sur le terrain social un combat quasiment impossible sur le plan des institutions (le symbole du drapeau blanc ne passe décidément pas et la sacralité des Bourbons est perdue à jamais depuis 1792-93). Les légitimistes ont ainsi été parmi les premiers à s’opposer à la mise en coupe réglée de l’homme par le libéralisme économique. Quant aux libéraux, orléanistes d’abord, puis « républicains modérés » ensuite, ils s’accommodent assez bien de la République, pourvu qu’elle ne soit surtout pas « la sociale ». En ce qui concerne la droite bonapartiste, autoritaire et « populiste » avant la lettre, elle sera pour une réforme de la République ou pour une République couronnée, mais pas hostile à ce régime. On le verra avec l’épisode du Général Boulanger qui, bien au-delà des limites personnelles du général, témoigne de l’apparition d’une droite nouvelle, populaire, sociale, non libérale, démocratique tout en étant critique du parlementarisme.
De 1914 à 1944, seconde période de G. Richard, les droites communient dans le nationalisme, souvent soucieux de mettre la France au diapason de la modernité, avec des personnalités comme André Tardieu ou Claude-Joseph Gignoux. L’histoire des droites est marquée avant la guerre de 1939 par la montée de ce qui fut peut-être le plus grand parti de masse français – et en tout cas à droite, le Parti social français (PSF) du lieutenant-colonel de La Rocque (le maréchal Pétain empêcha qu’il ne devienne jamais colonel), inventeur de la devise « Travail – Famille – Patrie ». Le PSF était l’héritier des Croix-de-Feu, qui ne furent pas plus fascistes que lui, mais en eurent la réputation dans les représentations dominantes, celles de la gauche. Ce nationalisme se fracasse devant la réalité de l’isolement de la France face à l’Allemagne en 1940. L’Occupation brouille les pistes. La plupart des premiers résistants viennent de la droite nationaliste ou en tout cas patriote, mais la Révolution nationale reprend des thèmes de droite, tout autant que des thèmes transversaux, inspirés des non conformistes des années trente. Elle entraîne la droite dans son discrédit.
La troisième période de l’histoire des droites s’étend de 1945 à 1974. Les années 1944-45, avec l’Épuration et les listes de proscriptions, sont évidemment le tournant majeur de l’histoire des droites. C’est la droite elle-même qui est condamnée dans ses fondements, accusée d’avoir soutenu Vichy, plus encore, identifiée à Vichy et à la Révolution nationale, balayée par l’idéologie « progressiste », incarnée par le PCF, la SFIO et le MRP. Tout anticommunisme est assimilé à des sympathies hitlériennes, ce qui met la droite dans une situation plus qu’inconfortable pour quelques années. Le tournant est majeur car la droite devient alors honteuse. Elle le restera jusqu’en 2007. Alors, avec Sarkozy, et sous l’influence de Patrick Buisson, la droite recommencera à s’assumer « de droite » (quelle que soit l’ambiguïté du contenu de cette notion).
La période 1945-74 est marquée par l’opposition entre la droite gaulliste et la droite libérale (notamment le CNIP et ses avatars). Ce n’est pas une opposition absolue. Il y a aussi un jeu d’alliances : Giscard est ministre du général de Gaulle. Ces deux droites ont aussi en commun l’anticommunisme. Mais c’est la droite gaulliste qui domine jusqu’en 1974. Elle a une légitimité : le patriotisme.
Fallait-il faire de 1974 la date de transition entre deux périodes, comme l’a pensé Gilles Richard ? Le découpage est discutable. 1974 est certes la fin du gaullisme, même sous la forme atténuée du pompidolisme. Mais on peut se demander si 1983 ou 1984 n’aurait pas été un moment plus significatif. Cette date est marquée par l’apparition d’une droite « infréquentable », hors du « cercle de la raison ». C’est bien entendu le Front national. 1974-1984 est en tout cas une période de transition avec l’apparition d’un néo-gaullisme autour de Chirac, créateur du RPR, un Chirac liquidateur, pourtant, avec l’« appel des 43 » (les députés ralliés à Giscard en 1974) du gaullisme historique. Peu éloigné du populisme dans le style, le RPR est radical-socialiste dans le fond, et c’est surtout dans ce sens très modéré qu’il évoluera.
L’opposition entre libéraux et nationalistes, qui définit selon Gilles Richard, la quatrième et dernière période de son histoire des droites (de 1974 à nos jours), est en tout cas beaucoup plus marquée à partir de 1984 que de 1974. Le nationalisme est, sous la présidence de Giscard, avant tout porté par la gauche, par le PCF et par Jean-Pierre Chevènement (il s’agit d’un nationalisme anti-américain, et anti-allemand dans le cas du PCF). Avec l’affaissement du communisme, en France dès 1981, et partout en Europe en 1989, l’anti-communisme de la droite perd son objet, et c’est le clivage entre nationalistes et mondialistes (ou encore libéraux) qui devient essentiel. Ce n’est plus le clivage droite – gauche. « Le clivage structurant l’histoire de la République depuis ses débuts a aujourd’hui cessé d’organiser la vie politique française », note Gilles Richard.
Une droite devient hostile à l’unilatéralisme américain, et c’est là encore le cas du FN, au rebours des autres droites mais aussi des gauches, ralliées au marché, au libre échangisme, à l’antiracisme comme succédané de la question sociale, à l’interventionnisme de la puissance impériale américaine, à l’exception de quelques groupes d’ultra-gauche.
C’est à partir de ce moment-là que la question identitaire (qu’est-ce que notre peuple est et veut rester ?) apparaît à droite, et se manifeste par la poussée électorale du Front national. C’est aussi à partir de 1983-84 que la gauche se rallie au libéralisme économique, abandonnant à leur sort de victimes collatérales de la mondialisation et de la dérégulation économique les classes populaires. Entre moins d’État et moins de marché, la gauche a clairement choisi la première option. Ce sera moins d’État et toujours plus de marché.
Certes, la droite libérale considère et considérera que ce n’est jamais assez quant au degré de libéralisme. Reste qu’elle n’en a plus le monopole. La gauche est désormais parfaitement compatible avec le marché. Elle mettra même l’idéologie du marché dans les mœurs. Et c’est ce que l’on appellera le libéralisme libertaire – autrement plus efficace et puissant que celui de M. Antoine Pinay. Avec le libertarisme sociétal, de Cohn-Bendit à Macron, la gauche met un turbo dans le moteur du libéralisme. Mais il y a bel et bien, pour cela même, la place, à droite, pour une autre droite qui, de son côté, critique l’abandon de la patrie et du peuple par la gauche. « Les malheureux n’ont que la patrie », disait Blanqui. « À celui qui n’a plus rien, la patrie est son seul bien », concluait Jaurès. Cette autre droite – essentiellement le Front national – bien que libérale à l’origine (1974) sur le plan économique, devient vite favorable à une « troisième voie » – c’est le titre d’un livre de Bruno Mégret en 1997 – puis, avec l’effondrement du communisme, à une autre voie que le mondialisme. Cela culminera avec la « ligne Philippot », celle de l’État protecteur, adoptée par Marine Le Pen. C’est la revendication d’un État- stratège face au mondialisme plutôt qu’un État accompagnant et encourageant cette mondialisation. Un élément de rupture avec la droite libérale.
Dans le même temps, l’esquive de la question sociale est remplacée, à gauche, par l’anti-racisme et le différentialisme culturel (au demeurant superficiel, car la gauche ne croit pas vraiment aux différences). C’est ce qui amène une partie de la droite à reprendre la question sociale à son compte, dans le cadre d’une critique de la mondialisation qui date des années 1990 au moins, mais devient centrale avec le FN de Marine Le Pen.
Si chaque période du livre de G. Richard est caractérisée par une problématique centrale, il y a des superpositions de thèmes. 1815 – 1914 est marqué pour la droite par la question du régime, des institutions mais aussi par la question de l’alliance avec l’Église – une Église qui ne veut pas être prise en otage par la droite (et réciproquement du reste). Mais la question sociale est présente dès les débuts de la monarchie de Juillet, et la droite n’y est pas indifférente dans ses composantes non-libérales, pour ceux qui, à droite, ne se sentent pas héritiers des « grands principes » de 1789, et notamment de l’individualisme ennemi des toutes les associations et corporations.
Dans la période 1914 – 1944, des thèmes apparaissent comme la nécessité de combler le retard industriel, technologique, démographique et social par rapport à l’Allemagne. L’idée d’endiguer le retour des nationalismes par une coopération accrue en Europe (ou une alliance ? ou une fédération ?) est présente à droite. « Genève ou Moscou », s’interroge Drieu la Rochelle en 1928.
Entre 1944 et 1974, les droites partagent un anti-communisme sans concessions, mais se déchirent sur la question algérienne. Les franges dites « extrêmes » de la droite sont favorables, à front renversé, à une assimilation de l’Algérie à la France, dans la droite ligne de l’universalisme de gauche, celui de Jules Ferry et de Léon Blum, un universalisme du reste condescendant. Quant aux fractions « modérées », ou simplement réalistes de la droite, elles sont, avec Raymond Aron et le général de Gaulle, favorables à l’indépendance de l’Algérie, celle-ci vue comme inassimilable, et aussi comme un boulet, un morceau de tiers-monde accroché aux basques de la France. Ce sont les nationalistes, à qui la gauche reprochera plus tard de défendre une France « racie ou moisie » qui rêvent alors d’une « plus grande France », l’Algérie étant une nouvelle Californie. Là encore, le contexte génère ses propres rêves. Les idées créent leurs propres images.
La période actuelle, que Gilles Richard fait remonter à 1974, et qui est marqué par le choc de deux droites, nationaliste-populiste d’une part, et libérale-mondialiste d’autre part, se prépare sans doute dès ce moment voire avant, mais ne se développe qu’à partie de 1983-84. La droite se trouve alors devant la nécessite d’un choix. Elle a longtemps été le parti du conservatisme social et du conservatisme des mœurs. Mais, dans cette dernière période, il apparait de plus en plus clairement que c’est le libéralisme économique qui est le premier obstacle à ce conservatisme sociétal et « moral », au sens de la permanence de certaines mœurs, coutumes, façons de faire et façons de vivre (Alain Soral a appelé cela « droite des valeurs »). C’est ce libéralisme qui amène à la destruction des traditions, des communautés de métiers, des villages et des petites villes, de la patrie. Le conservatisme ne s’oppose plus à un communisme disparu ou moribond (Robert Hue, 3 % des voix en 2002, s’est rallié à Emmanuel Macron, Marie-Georges Buffet a fait moins de 2 % en 2007). Le conservatisme s’oppose au « bougisme », représenté par le libéralisme et le mondialisme, à la dérégulation, à la déréglementation, à l’idéologie de la libre circulation des hommes et des marchandises, qui légitime toutes les immigrations et toutes les délocalisations. Le conservatisme s’oppose à la « société liquide » qui est la pente naturelle du libéralisme sans-frontièriste et illimité. C’est pourquoi la droite ne peut plus juxtaposer des composantes libérales et des composantes conservatrices qui auraient vocation à s’allier ou se rejoindre pour « faire barrage à la gauche ». L’union des droites pour faire barrage à une gauche elle-même ultra libérale est un non-sens. L’un, le conservatisme, s’oppose à l’autre, le libéralisme. Le conservatisme inclut les valeurs, mais aussi le souci de conserver à la France une vocation productive, industrielle et paysanne. La France, du point de vue conservateur, n’a pas vocation à devenir un parc à thème, peuplé de différentes « tribus ethniques » vivant côte à côte sans faire un peuple. Le conservatisme des valeurs ne peut que s’opposer au libéralisme. Les droites sont à la croisée des chemins.
Pierre LVigan
• Gilles Richard, Histoire des droites en France (1815-2017), Perrin, 2017, 624 p., 27 €.

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mercredi 5 avril 2017

L'incarcération des Noirs aux États-Unis, "nouvelle oppression esclavagiste", nous disent-ils

Le 18 mars, annonçait Jean-Luc Mélenchon, nous serons « 100 000 à marcher de la Bastille à la République ». Le soir du 18 mars, il décréta qu'ils étaient 130 000. On ne saura jamais combien ils furent puisque, s'agissant d'une manifestation politique, la préfecture de Police n'effectua aucun comptage. Cela fit beaucoup de cocus mais 130 000 personnes sur la Place de la République, c'est environ 4,5 personnes au mètre carré. Ce qui n'empêcha pas France Info, l'un des maîtres de la désinformation en France, de répéter cette vérité canonique. Il fit mieux d'ailleurs. D'abord l'intégralité du discours de Mélenchon - plus d'une heure fut diffusé sur son site. Au journal de 21 heures, outre de très larges extraits de l'intervention du "duce", les auditeurs eurent droit à 10 bonnes minutes de l'un des innombrables porte-parole de celui-ci, Alexis Corbière, déroulant en détails le programme du patron de La France Insoumise, qui ambitionne de devenir le Tsipras hexagonal...
France Info n'est pas le seul instrument utilisé par le Système dans son entreprise d'éradication de tout ce que l'ultra-gauche dénonce de façon obsessionnelle comme populiste. France-Culture est au tout premier rang dans le combat pour l'islamisation de la France alors que le Coran est devenu l'agent de déstructuration du Christianisme le plus dynamique et le plus efficace et qu'il n'est pas de jour qui passe sans qu'un chroniqueur en fasse l'apologie et montre tout ce que la civilisation occidentale doit à l'Al-Andalous, aux Arabes et à l'Islam. Sans aller jusqu'aux "historiens" algériens, comme Salah Guemriche, installés chez nous depuis des décennies et qui, grâce à la complicité de journaux comme Le Monde et Libération et aux maisons d'édition Seghers, Denoël ou Perrin, réécrivent l'Histoire de France à leur façon. Faisant de Charles Martel un pilleur qui mit l'Occitanie à sac, Salah Guemriche prétend que la présence dans la langue française moderne, de plus de mots d'origine arabe que d'origine gauloise serait la preuve irréfragable de la très ancienne présence de l'arabe dans la formation du français. Quel archiviste oserait composer une bibliographie exhaustive de tous tes livres faisant l'apologie de « la deuxième religion de France », parus depuis dix ans ? Intéressant, n'est-ce pas ?
À 62 ans Jacques Munier a derrière lui la bagatelle de 27 ans de France Culture dont il est un des piliers. Plus d'un quart de siècle de militantisme au sein de la gauche enragée avec votre argent, avec le mien. Depuis plusieurs mois tous les matins à 6h40, il présente une chronique dans le cadre d'une émission titrée en toute humilité « Le Journal des Idées ». Dans laquelle il a l'impudeur de s'afficher - « moi, moi, moi » - comme une conscience morale conditionnant le mouvement du monde à son outrance antifasciste.
Dans sa chronique du 14 mars, il s'intéressait à « la Raison Punitive », sa réflexion se nourrissant du soi-disant racisme dont seraient victimes les Noirs aux États-Unis. Ce qu'illustrait son propos liminaire - « Ségrégation raciale, disait-il, et incarcération de masse, le débat est relancé par la parution en français du livre de Michelk Alexander, La couleur de la justice ». Néanmoins, on comprendra rapidement, à la lumière de récents événements survenus en France, qu'il entend bien tirer de ses observations une morale de portée générale à laquelle nous-mêmes ne saurions échapper. Ce dont il tente ici de nous persuader est que « la ségrégation raciale et l'incarcération de masse » seraient deux techniques allant de pair avec l'oppression raciale. Lumineuse explication qu'il tire d'une des phrases clés du livre d'Alexander venant renforcer le théorème de base selon lequel depuis 400 ans les Blancs auraient en permanence opprimé les Noirs « Il y a plus d'adultes africains-américains sous la main de la justice aujourd'hui - en prison, en mise à l'épreuve ou en liberté conditionnelle - qu'il n'y en avait réduits en esclavage en 1850 ». Un esprit rationnel pourrait objecter qu'au début de la Guerre de Sécession les Noirs étaient 4,4 millions et qu'ils sont aujourd'hui 39 millions. Au cours du XXe siècle leur nombre a été multiplié par quatre - comme celui de la population américaine globale. Faut-il dès lors s'étonner qu'ils soient plus nombreux, comme les Blancs d'ailleurs, à être internés ? Et ces chiffres ne montrent-ils pas d'abord que les Africains-Américains n'ont pas été traités plus mal que les autres et certainement pas exterminés comme le prétendent les falsificateurs de Black Leves Matter ou des Nouveaux Black Panthers.
Une société noire désintégrée
Mme Alexander avance un second argument, aussi spécieux et de mauvaise foi, que Munier reprend aussitôt à son compte « Un enfant noir, assène-t-elle, a moins de chance d'être élevé par ses deux parents qu'un enfant noir né à l'époque de l'esclavage ». Sous-entendu parce que plus de pères sont incarcérés. La même remarque que précédemment s'applique ici. Sauf qu'intervient un autre élément : la drogue. Responsable, affirme Michelle Alexander, d'une bonne partie de la criminalité et des agressions violentes ayant pour conséquence l'incarcération de vingt à cinquante fois plus de Noirs que de Blancs. Pour les sociologues d'extrême gauche, ce sont là autant d'arguments servant à démontrer l'oppression raciste dont sont victimes les Noirs. Ce que contestent les sociologues et économistes conservateurs africains-américains. Pour lesquels la décomposition de la société noire contemporaine est la conséquence de la désastreuse politique d'intégration imposée par les Droits Civiques. En particulier la dissolution massive des familles noires. À l'époque de l'esclavage les communautés noires étaient organisées autour des églises, des écoles. Dans les plantations les lois et coutumes étaient respectées et au cours des années qui précédèrent la Guerre de Sécession toute une économie noire s'était consolidée avec ses petites industries, ses commerces, un très important artisanat, de grosses plantations, propriétés d'une classe riche de planteurs africains-américains. Certains d'entre eux, en particulier en Louisiane, possédaient plusieurs centaines d'esclaves les documents, s'ils sont occultes, existent dans la plupart des bibliothèques américaines et le professeur Henry Louis Gates, Noir lui-même, historien et directeur du Centre Hutchins pour les études africaines et africaines-américaines dé Harvard, a largement confirmé ces faits historiques.
M. Munier n'en a sans doute jamais entendu parler. Il "s'informe" dans les pages Idées de Libération. Sous la plume d'une collaboratrice du quotidien anarcho-bancaire, Sonya Faure, qui justement a écrit le 13 mars un long panégyrique de Michelle Alexander. Duquel notre chroniqueur de France Culture a copié/collé la moitié de son texte.
« L'oppression raciale par la ségrégation et l'incarcération de masse », c'est en tout cas ce que Munier retient des analyses du livre d'Alexander qu'en ont faites pour Libération Sonya Faure et le sociologue Geoffroy de Lagasnerie dont France Culture reprend plusieurs passages qui se distinguent par leur radicalité. On doit à ce Lagasnerie un superbe apophtegme « Il n'y d'intellectuels que de Gauche » ! Et pataugeant dans sa bêtise autant qu'il est possible, il ajoute : « Bien sûr il y a des gens à l'extrême droite qui écrivent, qui prononcent des mots avec leur bouche... Des gens traversés par des systèmes de pulsions, par des systèmes de mensonges. Ce ne sont pas des producteurs d'idées. Juste des symptômes ».
Les imbéciles ont toujours raison, dit-on, en voilà encore une lumineuse illustration. Agé de 36 ans, Lagasnerie multiplie tous azimuts les opérations d'agit'prop de nature à lui assurer une notoriété grâce à laquelle son combat contre la civilisation occidentale et l'ethnie caucasienne aboutira, pense-t-il, à leur éradication. Le livre d'Alexander est pour lui une bénédiction. « L'incarcération de masse et la guerre contre la drogue, reprend-il, forment un système de contrôle racialisé qui fonctionne d'une façon semblable à la ségrégation ». Il n'hésite pas à affirmer en écho aux propos d'Alexander que cette guerre contre la drogue « n'est pas une guerre à la drogue. C'est une guerre contre les Noirs et l'égalité raciale ». Il suffit, contre toute évidence et en faisant appel à des statistiques qui ne correspondent à aucune réalité, de prétendre à son tour que « dans certains États, les hommes africains-américains sont incarcérés pour des délits (liés à la drogue) vingt à cinquante fois plus que les Blancs ». Evidemment, il se garde bien de préciser que ces États sont les plus massivement peuplés de Noirs qui monopolisent ce trafic. De nombreuses associations impliquées dans les Droits Civiques ont produit des rapports montrant le déséquilibre racial existant dans les arrestations concernant les trafics de drogue.
L’État de Washington est souvent cité et récemment le Comité des Droits Civiques et des Affaires Urbaines s'insurgeait contre le fait que, alors que 47 % de la population est noire et 43 % blanche, 8 adultes sur 10 arrêtés sont Noirs. 9 sur 10 le sont pour simple possession de drogue et 8 sur 10 pour trouble à l'ordre public. Ce qui valut au Washington Post qui avait soutenu cette thèse sur la foi d'un rapport publié par l'ultra-gauchiste ACLU (Union Américaine pour les Libertés Civiles) une mise au point de Cathy Larder, la chef de la Police du District de Columbia.
« La possession de cannabis, dit-elle, est un crime et le rôle de la police est de veiller à ce que les crimes ne restent pas impunis. » Or elle faisait remarquer qu'à l'époque correspondant à l'étude de l'ACLU 59 % des policiers appartenant au MPD, le Département Métropolitain de la Police de Washington, étaient Noirs. Un chiffre à rapprocher des 47 % de la population qui le sont. Le district de Columbia étant divisé en circonscriptions correspondant aux groupes ethniques, la plus grande partie du trafic de cannabis se déroule dans les zones peuplées de Noirs et c'est eux évidemment qui sont les plus ciblés. Prétendre que l'incarcération massive de Noirs pour trafic de drogue serait l'expression d'une guerre raciale n'est qu'une affabulation imaginée par les pouvoirs idéologiques d'ultra-gauche.
Ce sont pourtant les arguments que Lagasnerie, sans même les avoir vérifiés, reprend à son compte en les jugeant applicables à la lettre à l'ensemble du monde occidental, France comprise. Est-il important de préciser, ce que se garde de faire Munier, que ce jeune (36 ans) sociologue, professeur de philosophie à l'Ecole Nationale Supérieure d'Art de Cergy Pontoise, fait partie de la frange la plus extrémiste de la Gauche Enragée, formatée aux théories de Bourdieu, Foucault, Deleuze, Derrida, Eribon. Lui-même est très actif dans la solidarité avec les mouvements de victimisation constitués autour de "Théo" ou d'Adama Traoré. Reprenant la rengaine chère à Alexander : l'esclavage supprimé en 1865, la ségrégation abolie en 1964 par les lois sur les droits Civiques, « l'oppression raciale a été reconstituée à travers la guerre contre la drogue et l'incarcération de masse ».
René Blanc Rivarol du 23 mars 2017

Passé Présent n°145 - Les bombardements alliés en Normandie

L’attaque japonaise de Pearl Harbor (1941) | Au cœur de l’histoire | Eur...

L’attaque japonaise de Pearl Harbor (1941) | Au cœur de l’histoire | Eur...

mardi 4 avril 2017

La petite histoire : pour en finir avec l'Inquisition

En mémoire d’un auteur libre

Georges Feltin-Tracol
DdR.jpegIl y a quarante ans, le 29 mars 1977, disparaissait à l’âge de 41 ans un homme libre : Dominique de Roux. Plus que le romancier de L’Harmonika-Zug ou de La Mort de L.-F. Céline, ce père des célèbres « Cahiers de l’Herne » fit partager les textes d’Ezra Pound, de Gombrowicz ou de la Beat Generation. Essayiste, il forgeait de cruels aphorismes qu’on lit dans L’Ouverture de la ChasseImmédiatement ou La France de Jean Yanne.
Dominique de Roux fut aussi un redoutable polémiste quand il s’attaquait au libéral américanolâtre Jean-Jacques Servan-Schreiber, l’Emmanuel Macron du début des années 1970. Curieux du monde, il devint journaliste et reporter et partit pour le Portugal post-salazariste. Il suivit de près le conflit colonial en Angola et au Mozambique d’où il en tirera Le Cinquième Empire et Le Livre Nègre. Il rencontrera dans les maquis angolais le chef de l’UNITA, Jonas Savimbi, dont il deviendra bientôt le conseiller politique. Savimbi rejettait tout autant la domination portugaise que la tutelle marxiste soviético-cubaine.
Dominique de Roux assumait cet engagement politique au nom d’une « Internationale gaulliste », émanation de son étonnant ouvrage consacré à L’Écriture de Charles de Gaulle (1967), lui l’ancien partisan de l’Algérie française. Son biographe, Jean-Luc Barré dans Dominique de Roux. Le provocateur (Fayard, 2005), rapporte « le silence du général de Gaulle, alors qu’il est dans les habitudes du chef de l’État de répondre personnellement à tout envoi d’écrivain (p. 317) ». L’homme de Colombey comprit que Dominique de Roux avait deviné ses desseins les plus profonds, desseins qu’on reverra en 1982 dans Le Livre des compagnons secrets (ACL – Rocher) du R.P. Martin.
Au-delà des affres quotidiennes de la politique, Dominique de Roux traduisait dans une prose proche du Raymond Abellio dans Assomption de l’Europe l’action gaullienne qui oeuvrait à « la tâche politico-stratégique suprême de la France, plaque tournante, axe immobile et Empire du Milieu d’une unité géopolitique au-delà des frontières actuelles de notre déclin, unité dont les dimensions seraient à l’échelle de l’Occident total, dépassant et surpassant la division ternaire du monde blanc entre les États-Unis, l’Europe et l’Union Soviétique (L’Écriture de Charles de Gaulle, p. 91) ». Pas si mal pour quelqu’un qui lançait : « Moi, Dominique de Roux, déjà pendu à Nuremberg (Immédiatement, p. 234) »
Bonjour chez vous !
Georges Feltin-Tracol
• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n° 27, diffusée sur Radio-Libertés, le 31 mars 2017.

LE DÉBARQUEMENT DE NORMANDIE (« D-DAY ») (6 JUIN 1944) | AU CŒUR DE L’HI...

lundi 3 avril 2017

Le Puy du Fou remporte le Travel d’Or du meilleur Parc 2017

"Deux bonnes nouvelles pour le Parc vendéen qui a ouvert ses portes, hier, 1er avril 2017 pour la nouvelle saison et deux nouvelles reconnaissances pour ce Parc qui accumule les trophées et récompenses internationales.
*Travel d’Or: Premier prix totalement indépendant, les «Travel d’Or™ » ont pour vocation depuis 2009 de récompenser les entreprises du secteur du tourisme qui font la différence sur le web.
IFOP Parcs à thème
Six ans après la première étude « Les Français et les Parcs à thème », l’IFOP renouvelle l’exercice pour le Puy du Fou avec la même méthodologie afin de juger des évolutions et des tendances.
L’enquête comporte deux parties :
– une première avec une étude sur la relation des Français avec les parcs à thème en général;
– une seconde partie avec un comparatif entre les parcs.
Cette nouvelle étude démontre que les parcs s’installent dans les habitudes des loisirs des Français, et que le Puy du Fou occupe une place unique en recueillant tous les suffrages.
Enquête IFOP Mars 2017 (menée auprès d’un échantillon de 2002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, assuré par la méthode des quotas après stratification par région et catégorie d’agglomération sur la base d’interviews réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 4 au 10 janvier 2017.)
Près de 4 Français sur 10 fréquentent les parcs de loisirs chaque année [...]
Le Puy du Fou, la nouvelle référence des parcs pour les Français
Les résultats de l’IFOP confirment l’ensemble des études parues ces dernières années puisque le Puy du Fou obtient la meilleure note de satisfaction avec 8,4/10, devant les plus grands parcs européens (Vs 7,4/10 en moyenne pour les parcs français). Sur 36 des 38 critères de perception testés dans le sondage, le Puy du Fou remporte la préférence des Français :
  • Le parc le plus impressionnant (à 95%),
  • Le parc avec le meilleur rapport qualité/prix (82% des visiteurs, +5 points depuis 2011) alors que 48% des Français disent que le prix est le frein principal à la visite d’un parc.
  • Le parc le plus recommandé (95%)
  • Le parc le plus original (71%)
  • Le parc avec les meilleurs spectacles (70%)
  • Le parc le plus magique, féérique (64%)
  • Le parc le plus familial (61%)
  • Le parc le plus vert (58%)
  • Le parc qui se renouvelle le plus (50%)
  • Le parc dont on parle, qui fait l’actualité (47%)"

Terres de Mission #26 : padre Pio, le visage d'un saint

LE MUR DE L’ATLANTIQUE & LE « D-DAY » (6 JUIN 1944) | AU CŒUR DE L’HISTO...

dimanche 2 avril 2017

Les loups sont de retour – Du chaos vont naître de nouvelles élites (Thomas Flichy de La Neuville)

loups-sont-de-retour-691x1024.jpgThomas Flichy de La Neuville, agrégé d’histoire et docteur en droit, est professeur à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr et intervient dans de nombreuses universités étrangères, notamment l’United States Naval Academy et l’Université d’Oxford.
L’auteur de ce livre nous prédit l’imminence d’un terrible chaos résultant d’une immigration massive incessante et de l’effondrement économique d’un Etat en faillite. A l’évidence, la conjugaison de l’implosion économique à la submersion démographique par les populations du sud de la Méditerranée engendrera des troubles d’une telle ampleur que les actuels dirigeants et leurs technocrates seront balayés. Les prétendues élites actuelles, dévirilisées et décadentes, sont à l’agonie. Selon Thomas Flichy de La Neuville, il ne fait aucun doute qu’elles seront remplacées par de nouvelles élites naturelles qui s’imposeront sur une France dévastée.
L’ouvrage fait appel à l’Histoire pour examiner les traits de caractère nécessaires à ces nouvelles élites. L’auteur fait également référence à l’éthologie, plus particulièrement à l’organisation de la société des loups, et conclut que les nouveaux meneurs seront ceux qui réorganiseront et dirigeront des communautés naturelles, à l’instar du loup dominant qui conduit sa meute. Le courage, le travail et l’audace créatrice seront alors des qualités essentielles.
Les loups sont de retour, Thomas Flichy de La Neuville, éditions Terra Mare, 110 pages, 16 euros
A commander en ligne sur le site de l’auteur

Saint Louis (Louis IX) | Au cœur de l’histoire | Europe 1

vendredi 31 mars 2017

Nos ancêtres les Gaulois ?

L’expression « nos ancêtres les Gaulois » décrit-elle une réalité, ou bien est-elle une simple façon de parler, un slogan, à la manière du « Madame Bovary, c’est moi » de Flaubert, ou du « Ich bin ein Berliner » du président Kennedy ?
Quand on lui demandait à quoi ressemblait un Gaulois, Braudel répondait : « Regardez-moi. » Cette réponse suggère que les invasions ultérieures, jusqu’à nos jours, n’ont pas entraîné de substitution de population depuis que les Celtes sont arrivés des montagnes d’Europe centrale à partir du VIIIe siècle avant notre ère, apportant l’usage du fer. Mais si les Celtes ont subjugué les habitant du pays qui devait devenir la Gaule, ils ne les ont pas remplacés. À quoi ressemblait l’homme de Cro-Magnon ? À cette question, on peut aussi répondre : « Regardez-moi ! » Cette observation souligne l’ambiguïté de cette quête des origines : sommes-nous d’abord les descendants d’une ethnie, ou les héritiers d’une civilisation ?
Or, de la civilisation celtique, nous n’avons à peu près rien retenu. Le vocabulaire français n’en contient que quelques mots, dont le sens est souvent incertain. On a beau attribuer aux Gaulois le goût du bien boire, du bien manger et de la bonne querelle, il faut avouer que ce sont des usages fort répandus de par le monde. On nous dit qu’ils fabriquaient des tonneaux et se servaient de savon. C’est sympathique, mais un peu léger pour établir une filiation avec les mœurs des Français d’aujourd’hui. Rares sont ceux qui grimpent sur les dolmens, une torche à la main, ou profitent de la pleine lune pour cueillir du gui dans les arbres.
Il faut ajouter que les Celtes se répandirent largement ailleurs qu’en Gaule : leur langue existe encore en Bretagne, mais aussi en Irlande et au pays de Galles. Ils ont donné leur nom à la Galice en Espagne, à la Galicie en Pologne, à la Galatie en Asie mineure. Et à la Gaule, bien entendu. Celle-ci était celte tout entière, mais n’avait pas, tant s’en faut, le monopole de la celtitude.
Il faut enfin noter que c’est la version latine du nom de la Gaule qui a survécu, et non sa version celte. C’est logique : nous ne connaissons guère les Gaulois que par les Romains. Et c’est en devenant province romaine que la Gaule s’est séparée du reste du monde celtique. La langue des Gaulois a disparu, y compris, ce qui est le plus frappant, les noms propres, qu’il s’agisse des noms de personne ou des noms de lieu. Leurs descendants portent des prénoms bibliques, germaniques ou gréco-latins – le tout fondu dans le calendrier chrétien. Depuis des siècles, on s’appelle Jean ou Marie, Charles ou Berthe, Hercule ou Apolline. Mais jamais Ambiorix ou Vercingétorix.
Les Gaulois sont donc bel et bien nos pères. Mais il faut avouer que nous avons été de mauvais fils.
Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France n° 1 » sont diffusées chaque semaine dans l’émission « Synthèse » sur Radio Libertés.

Une universitaire démonte la Légende noire de l'Inquisition en Espagne

Maria Elvira Roca Barea, issue d’une famille républicaine et franc-maçonne, s’affirme non croyante. Cette universitaire a travaillé depuis de longues années sur toutes les accusations lancées contre l’Eglise catholique, sur son rôle en Espagne, et sur l’Inquisition. Elle vient de publier un livre sous le titre Imperiofobia y leyenda negra, « Empirophobie et légende noire ».
6a00d83451619c69e201b8d270c1f8970c-250wi.jpgPremière légende : l’idée que la Réforme aurait fait de la religion une affaire privée en même temps que la Contre-Réforme aurait permis à la religion de conserver son rôle social.
« Il n’y a rien de plus faux que cette affirmation. C’est précisément l’inverse. Quel est le pays d’Europe occidentale qui a aujourd’hui comme chef d’Etat le chef de l’Eglise ? La Grande-Bretagne. Dans quel pays a-t-il été impossible jusqu’à il y a peu d’occuper une charge publique sans appartenir à la religion nationale ? En Grande-Bretagne et dans d’autres pays protestants. Cela veut dire que le protestantisme s’est constitué en Eglises nationales et que de ce fait la dissidence religieuse s’est transformée, non en délit religieux mais en délit contre la nation, contre l’Etat. Il en a été ainsi au Danemark et dans les Etats luthériens du Saint Empire germanique. (…) C’est précisément dans le monde catholique que le délit religieux continue d’être religieux et n’est pas considéré comme portante atteinte à l’Etat ».
C’est ce qui a notamment justifié le maintien d’une loi contre le « blasphème » au Royaume-Uni jusqu’en 1976. 
« L’Inquisition a existé, évidemment qu’elle a existé, mais c’était une institution de petite envergure, qui n’a jamais eu les moyens d’influencer de manière décisive la vie des pays catholiques ».
Elle donne l’exemple du roman Lazarillo de Tormes, condamné par l’Inquisition mais qu’on pouvait acheter partout et qui 20 ans après sa parution, était étudié dans toutes les universités espagnoles.
« L’Inquisition était une institution très bien organisée, bien mieux réglementée que n’importe quel autre institution de son temps, et où la religion continuait d’être affaire de religion et non de l’Etat. On s’occupait des délits qui sont au encore aujourd’hui des délits, tels les délits contre l’honnêteté : le proxénétisme, la pédérastie, la traite des Blanches, le faux-monnayage, la falsification de documents… elle avait un champ d’action très large. Le fait de se constituer de manière très organisée, réglementée et stable sur le plan judiciaire pour traiter des dissidences religieuses, a évité les massacres que celles-ci ont provoqués du côté protestant. Nous connaissons toutes et chacune des sentences de mort qui y furent prononcées. Elles sont très bien documentées dans une étude du Pr Contreras et du Danois Henningsen. L’Inquisition a jugé 44.000 causes au total depuis 1562 jusqu’à 1700, avec au final 1.340 morts environ. Et voilà toute l’histoire. Calvin a envoyé au bûcher 500 personnes en vingt ans seulement, pour hérésie. Quand on s’intéresse aux faits barbares qui se sont produits côté protestant, il n’y a pas de comparaison, entre autres choses parce que le calcul des morts qu’a pu provoquer l’intolérance protestante ne peut se faire que de manière approximative, puisque dans la plupart des cas, il n’y eut ni jugement, ni avocat, ni droit de la défense : ce fut par le procédé barbare du lynchage, rien de plus. Cela ne s’est jamais produit dans les zones catholiques, jamais ».
« Ce qu’il faut voir, c’est comment été gérée cette intolérance religieuse dans les différents endroits. Elle fut beaucoup plus civilisée est beaucoup plus compréhensive dans la partie catholique, et donc en Espagne. En Angleterre, ainsi que dans les principautés luthériennes protestantes au nord de l’Europe, les persécutions à l’encontre de la population furent atroces. Il y eut aussi tout le phénomène de la chasse aux sorcières, absolument démentiel, qui a provoqué des milliers de morts. Cela ne s’est pas produit dans le monde catholique et cela ne s’est pas produit en Espagne parce qu’il y avait d’Inquisition qui a évité cette barbarie ».
« Il nous est resté cette idée que Martin Luther n’avait pas d’autre choix que de rompre avec l’Eglise parce que l’Eglise était intolérante. Non, c’étaient eux, les intolérants. Les princes protestants ont imposé des conversions forcées. S’ils ne te tuaient pas, ils te confisquaient tes biens. Si tu ne partais pas, tu devais te convertir. Les catholiques ne toléraient-ils pas les protestants ? Sans doute, mais les protestants toléraient encore moins les catholiques ».

Saint Bernard de Clairvaux | Au cœur de l’histoire | Europe 1

mercredi 29 mars 2017

La petite histoire : Bayard, un héros français

La destruction des livres sous la Révolution française.

Je prépare actuellement une nouvelle série de cours sur la Révolution française pour mes classes de Seconde mais sous des angles différents de ceux qui sont généralement abordés par l’Éducation nationale : sous l'angle social, sous l'angle environnemental, sous l'angle « sociétal » et familial, sous l'angle patrimonial, entre autres. Ainsi, je m'intéresse en ce moment au sort des livres et des bibliothèques, thème assez méconnu et pourtant très révélateur, non seulement des excès, mais de la nature même de la Révolution. 
Dans son ouvrage « Livres en feu », Lucien X. Polastron signale que « le déclenchement de l'hécatombe de livres remonte au 2 novembre 1789, lorsque toutes les possessions ecclésiastiques et religieuses passent « sous la main de la Nation », laquelle a un vrai besoin de se renflouer sans les moyens structurels d'organiser la spoliation. Pour les terrains, les immeubles et les ciboires incrustés de rubis, l'affaire est simple et la capital quantifiable. Mais les bibliothèques ? (…) Qu'est-ce donc ? Pour la nation un poids mort indéchiffrable, pour les fonctionnaires une directive empoisonnée, mais avant tout le symbole de la tyrannie aux yeux des agités. » Il est tout de même étonnant que les intellectuels qui se targuent continuellement de prôner la liberté d'expression la plus large ne s'émeuvent pas de cette « biblioclastie » qui a ravagé notre pays et livré aux flammes et aux artificiers fabricants de balles des millions d'incunables, de manuscrits anciens et enluminurés, de livres reliés et des collections de correspondances diplomatiques ou philosophiques...
Les pertes furent immenses et une partie de l'héritage livresque et intellectuel du Moyen âge et de la Renaissance, mais aussi du temps des Lumières en France, fut irrémédiablement perdu alors. Malgré les appels de l'abbé Grégoire à préserver ce capital, le pillage, la dispersion et la destruction continuèrent, « la Révolution hésite entre vengeance et « régénération ». A un Boissy d'Anglas, qui dit dans Quelques idées sur les arts : les Français, « il ne s'agit donc pas de leur enseigner à se passer [se priver], mais à jouir », répond un Urbain Domergue, puriste d'Aubagne propulsé chef de la Bibliographie : « Portons le scalpel dans nos vastes dépôts de livres et coupons tous les membres gangrenés du corps bibliographique. » Cet ardent visionnaire ne propose pas de brûler les ouvrages mais de les envoyer se faire acheter par les ennemis du pays pour causer chez eux « le vertige et le délire ». » Cela explique que certains ouvrages publiés en France avant la Révolution se retrouvent aujourd'hui en Russie ou en Angleterre, et qu'une partie importante de ce patrimoine sauvé des flammes et de la bêtise républicaine continue sa vie loin de la métropole et de ses lecteurs...
Nombre de livres finiront en charpie pour... faire la guerre : « Non, la République de ces quelques années n'avait nul besoin de savants. En revanche, il lui fallait des livres, de plus en plus : la guerre contre l'Europe consomme des quantités industrielles de gargousses et la pénurie de papier est chronique. On tire donc du dépôt des Cordeliers 15 000 in-folio en l'an VI et VII, car les grands formats sont préférés des artificiers. » Il est difficile après cela d'évoquer la Révolution comme une période culturellement heureuse et libre : si la destruction n'empêche pas la production, nombre d’œuvres nées de ces années-là n'en finissent pas moins aussi au feu car ne convenant pas aux maîtres du jour, et leurs auteurs sous l'acier de la guillotine...
Et aujourd'hui ? En fait, nos sociétés sont-elles moins destructrices ? Il est permis d'en douter quelque peu au regard des « désherbages » souvent anarchiques des bibliothèques et des CDI français, sans négliger ceux qui ont des motivations plus explicites, au nom d'un « politiquement correct » de mauvais aloi quand il s'agit de littérature et d'idées : j'avais, il y a une vingtaine d'années, dénoncé (comme d'autres) l'épuration d'une bibliothèque de lycée accomplie par une documentaliste visiblement politisée qui avait mis au rebut quelques dizaines de livres qui n'avaient pas eu l'heur de lui plaire, y compris un ouvrage de Soljenitsyne... Mais, sans doute, n'était-ce là que la partie émergée de l'iceberg, et il est difficile de trouver un écrit de Jacques Bainville ou de Reynald Secher dans les universités et établissements scolaires, sauf rares exceptions : cette terrible sélection « éducative », qui écarte tant d'auteurs considérés comme « mal-pensants », est aussi un moyen de cantonner la réflexion à un cadre qui, s'il convient à l’Éducation nationale, n'est guère satisfaisant pour l'intelligence et le libre débat intellectuel et historique.
Faut-il, pour autant, désespérer ? En fait, malgré la tendance actuelle à la dématérialisation et l'apparent désintérêt des jeunes générations pour le livre papier, ce dernier ne disparaît pas et, il faut le souhaiter, ne disparaîtra pas parce qu'il reste et restera, pour nombre de nos contemporains et de ceux à venir, ce nécessaire écrin de feuilles qu'il est possible de tourner pour découvrir de nouvelles sensations, de nouveaux champs de réflexion, et d'imaginer, à l'autre bout du monde, parfois dans une autre langue, lu par d'autres lecteurs. C'est aussi un petit carré de résistance, que l'on se passe parfois sous le manteau, et dont quelques pages permettent l'évasion intellectuelle qui favorise l'action, y compris politique. Bien sûr, les livres peuvent aussi receler des fruits empoisonnés, et provoquer des désastres : mais leur absence serait bien plus grave encore, car elle signifierait la fin d'une transmission des savoirs et des polémiques à travers les âges et les générations, et l'asséchement des esprits et des âmes...
Jean-Philippe Chauvin

Passé Présent n°144

Le maréchal de Villars, la bataille de Denain (1712) | Au cœur de l’hist...

dimanche 26 mars 2017

Cette révolution conservatrice afro-américaine qui pose problème à la Pensée Unique

On ne peut pas traiter un sujet tel que la révolution conservatrice afro-américaine aux États-Unis sans évoquer Elizabeth Wright, cette grande dame, disparue brutalement en août 2011. Très discrète, voire même mystérieuse on ne sait pas grand-chose d'elle, à commencer par son âge puisque Wikipédia ne lui a même pas consacré deux lignes de notice biographique. Et pourtant, on ne connaît pour ainsi dire pas d'intellectuel Américain d'origine africaine, conservateur, qui ne fasse référence à ses écrits et n'évoque son action infatigable au service d'une communauté dont elle ne cessa de défendre le droit à la reconnaissance identitaire ainsi que la légitimité du combat communautaire. Mais on sait en revanche, qu'en dépit de son origine, elle s'affirmait conservatrice, d'orientation "libertarienne", qu'elle combattait les Droits Civiques, réclamant qu'on laissât les Noirs se développer selon leurs goûts et à leur rythme. Ainsi qu'ils le faisaient avant que les ultra-gauchistes Blancs dits progressistes - se mêlent d'en faire des clones de Blancs par l'uniformisation scolaire forcée, la discrimination positive et l'imbécile idéologie multiraciale. Pendant des années, seule dans son coin, soutenue par des milliers de dissidents, elle publia ses points de vue iconoclastes dans une lettre périodique intitulée Issues and Views - qu'elle transforma à la fin de sa vie en un site Internet passionnant distribué gratuitement dans le monde entier. Elle y reproduisait de remarquables essais de grands intellectuels Noirs de sa mouvance ainsi que ses propres chroniques dans lesquelles elle défendait la nécessité pour les Africains- Américains de développer leur propre société différente de celle des Blancs. Affirmant sa gratitude envers ces derniers pour tout le bien qu’ils avaient fait au cours des 400 dernières années pour ceux de sa race. En même temps, elle ne cessa de défendre l'héritage "confédéré" sudiste, qui est aussi, esclavage compris, l’héritage des Noirs. Rappelant que la plupart des enfants blancs du Sud furent allaités par des nourrices noires et que l'étranger de passage avait souvent peine à faire la différence parmi les enfants blonds lesquels venaient de la "location" des esclaves et lesquels appartenaient à la maison du maître. Ou que, au fil du temps, des centaines de milliers de "nègres" à peau blanche se sont discrètement fondus dans la population blanche et qu'aujourd'hui encore dans tous tes secteurs de la vie publique ou professionnelle américaine on trouve des Africains-Américains qui passeraient pour Européens dans n'importe quelle capitale du "vieux Continent.
On ignore délibérément que dans l'ancienne confédération existaient deux sociétés qui se développaient séparément, que de nombreux Africains-Américains, lors de la Guerre de Sécession, prirent fait et cause pour les Sudistes, allant jusqu'à s'armer et à se mobiliser à leur côté. La domination raciste des Blancs sur les Noirs tient plus de l'invective que la réalité. On continue à faire croire que la loi de Lynch incitait à pendra aux arbres les Noirs parce qu'ils étaient noirs. Aujourd'hui encore le Ku-Klux-Klan est présenté comme un ramassis de fous sanguinaires. Occultant les raisons qui contraignirent le général Nathan Bedford Forrest et ses amis à se constituer en milices d'auto-défense afin de combattre les exactions qui accompagnèrent leur dépossession dans le cadre de la "Reconstruction" qui suivit la victoire du Nord et le comportement ignoble des vainqueurs. L'Histoire américaine que l'on enseigne depuis un demi-siècle est tronquée. On y étudie exclusivement la malfaisance des Blancs, leurs comportements barbares et les horreurs dont ils se seraient rendus coupables.
Les nouveaux américains polyglottes
Ce fut l'une des grâces d'Elizabeth Wright d'oser développer une autre narration. Et contre le mouvement général, la dictature des Droits Civiques et du racisme noir ambiant, de soutenir que la vérité était loin d'avoir été ce que prétend la Pensée Unique. L'une de ses dernières chroniques paraît prémonitoire et dans un avenir proche pourrait passer pour prophétique : « Lorsque la population blanche sera tombée sous la barre des 50%, le temps de leur ingérence dans les affaires des Noirs sera terminé. Et avec lui ces lois spéciales permettant de sauvegarder les avantages, extrêmement coûteux, accordés aux "défavorisés". Quelle chance de se maintenir ont les prescriptions qui, au 18e siècle, ont été conçues par ces amusants petits hommes en bretelles et gilet, une fois que les nouveaux Américains polyglottes venus d'Asie et d’Amérique Centrale et du Sud auront commencé à bander leurs muscles politiques ? Tant de Noirs et leurs gourous libéraux blancs ont été incapables d'apprécier ces lois venues d'Angleterre, fondées sur "des vérités d'évidence" et sur le consentement des gouvernés, assez souples pour prendre sous leur protection les anciens esclaves de la nation. Une fois qu'aura disparu, en partie par négligence, ce qu'il reste de la loi constitutionnelle, parce que l'Histoire de la constitution et de ses créateurs ne sera plus enseignée dans les divers systèmes scolaires de couleur Chinois-Indien-Latino-Arabe, une nouvelle page sera tournée. Si les Noirs pensent qu'ils ont été maltraités par les Blancs, ils n'ont qu'à attendre que la Discrimination Positive, et plus encore le système des partis, aient disparu. Les nouvelles ethnies dominantes viennent dans ce territoire avec leurs propres histoires de dramatique oppression. À la différence des Blancs il est peu probable qu'ils fassent de la surenchère dans la repentance sur les injustices du passé. De même on les imagine mal perdre leur temps au Congrès à concocter des lois destinées à discriminer leurs propres fils et filles au profit des Noirs ».
On savait qu'elle habitait New York mais peu de gens semblent l'avoir rencontrée. Sa mort ne fut signalée avec plusieurs jours de retard que par les sites d'extrême droite blancs de Jared Taylor, Lew Rockwell, Nicholas Stix ou Harold Thomas. Le directeur d’American Renaissance relata comment toutes ses demandes de rendez-vous reçurent des fins de non-recevoir bien que Taylor échangeât de nombreuses fois par téléphone et accueillit sur son site de nombreux articles de Wright. Elle-même présentait ainsi Issues & Wews : « Un lieu de conservatisme noir pour une pensée indépendante respectueuse du sens commun. Une petite oasis pour ceux qui, aveuglés par la dynamique du mouvement des Droits Civiques, n'arrivent plus à distinguer le faux du vrai ». En fait, elle fut très influencée par les écrits de Booker T. Washington. Celui-ci, né esclave d'un père blanc et d'une mère noire, aura été le premier Africain-Américain à avoir tenté de créer une société noire cohérente et dynamique. Apres qu’il eut en 1881 été à l'origine de la première école normale pour enseignants afro-américains. En 2005 la Booker T. Washington Society créa un prix Elizabeth Wright décerné chaque année « à la personne qui illustrerait le mieux la vision, les valeurs et les vertus attachées à la mémoire de Booker T. Washington ».
L'autre grande influence qui inspira Elizabeth Wright fut George Shuyler qui, après des années de socialisme et de militantisme à l'intérieur du NACCP, dont il fut un des responsables, effectua un  virage à 180° et rallia la John Birch Society, puis soutint la candidature de Barry Goldwater. H devint l'anti-Martin Luther King, s'opposa à la Loi de 1964 sur les Droits Civiques, ce qui explique le silence des média et le fait que son existence même soit totalement ignorée. Shuyler publia des milliers de chroniques et plusieurs dizaines d'ouvrages - en particulier, en 1947, La conspiration communiste contre les Noirs, qui fut une sorte de bréviaire des Africains-Américains qui refusaient d'être les pantins de l'idéologie d'extrême gauche diffusée par Luther King -.  Au directeur du site Vue de Droite qui, en 2008, lui avait déclaré que « dans la nouvelle Amérique, les Blancs ne peuvent plus être eux-mêmes, s'affirmer comme Blancs, exprimer la vérité telle qu'ils la voient, mais doivent se soumettre au nouvel ordre non-blanc », Wright répondit par ce qui pourrait passer pour une profession de foi ou pour un testament, et dans l'un et l'autre cas, explique la haine que lui portait l'Etablissement multiracial américain : « Cette stupéfiante conclusion, évidente depuis des années et des années, même pour les plus décérébrés, n'arrive-t-elle pas juste un peu trop tard, alors que les Blancs se sont dégénérés en couards ? Ayant dépensé autant d'énergie à se défendre de l'accusation de "racisme" alors qu'il n'en faussait pas de promouvoir les Noirs dans des positions prestigieuses, le Blanc n'aurait-il pas mieux fait de se taire ? Il a bien mérité ce qui  arrive et il n'y a pas de raison de ressentir pour lui autre chose que du mépris ». Plus loin, après qu'elle eut exprimé son indignation qu'aucun Blanc ne soit intervenu au nom de la Constitution lors de l'interdiction d'une conférence de David Duke, « dans le pays de l'Homme libre et la maison du Brave », elle précisa : « Pourquoi croyez-vous qu'Oprah (animatrice et productrice de l’Oprah Winfrey Show, la plus célèbre émission de variétés de la télévision américaine, elle-même étant la plus riche Noire des Etats-Unis, décorée de la Médaille du Président par Obama, docteur honoris causa de Duke et de Harvard, dont les déclarations équivalent à des bulles papales dans le monde catholique), pourquoi croyez-vous que durant toutes ces années Oprah a semé les graines qui germent déjà en ces stupides femmes blanches frappées de sidération, dans l'embrigadement actif de leur progéniture bombardée de messages positifs sur l'importance, l'égalité et parfois même la supériorité de « la culture noire ».« Et maintenant, avec l'adulation qui se manifeste autour d'Obama, produit de la fornication Noir/Blanche, ces imbéciles de filles blanches seront encore plus conditionnées à produire des bébés marron plutôt que blanc. Ce n'est pas l'immigration qui changera la nature de la compétition, ce sera le ventre des femmes blanches »... L'avertissement, évidemment, ne vaut pas que pour l'Amérique. L'Europe est aussi largement concernée et il y a bien longtemps que les maîtres à penser du djihadisme islamique beuglent les mêmes propos sur tous les canaux d'Internet.
J. R. Rivarol du 16 mars 2017

Camille Pascal : Saint louis et son chêne expliqué aux « historiens de garde »

Au cours de l'Émission politique, François Fillon a été prié de se prononcer sur la crédibilité de Saint Louis rendant la justice sous son chêne. Dans cette remarquable tribune [Figarovox 24.03] Camille Pascal montre comment cela est révélateur du rejet des intellectuels contemporains à l'égard de toute référence au roman national. Beaucoup de choses ont disparu en même temps que la monarchie. A commencer par la vraie justice qui s'incarnait dans la personne du Roi et qu'il garantissait. Vint ensuite la justice révolutionnaire. On sait ce qu'elle fut et, somme toute, elle s'est prolongée ...  LFAR  
Il est des émissions politiques qui ont marqué l'histoire de la télévision française, d'autres, l'Histoire contemporaine tout court, il est plus rare qu'elles aient provoqué un débat sur l'Histoire de France. L'Émission Politique, puisque tel est son nom, diffusée jeudi dernier sur France 2 et dont François Fillon était l'invité, marquera, à n'en pas douter, l'histoire de la télévision mais seuls les résultats du premier tour des élections présidentielles permettront de dire si elle aura joué un rôle dans l'histoire politique de notre pays. Néanmoins, une chose est sûre désormais, cette émission aura fait de l'Histoire de France un enjeu majeur de ce scrutin.
Le « cabinet noir », chacun le sait, a toujours été depuis Monsieur Gabriel Nicolas de la Reynie, une prérogative du Lieutenant Général de Police et donc le domaine exclusif de la Maison du Roi. Quant à Christine Angot, malgré le tintement de ses bracelets, elle n'est pas, loin s'en faut, Madame de Staël, ni même Marguerite Duras dont elle a fait, ce soir-là, un pastiche pathétique. Pour autant, si l'Histoire affleurait déjà dans ces deux grands moments de télévision, elle n'était pas encore au centre du débat.
Il a fallu attendre la confrontation entre le candidat et un professeur d'Histoire-Géographie au lycée de Nanterre, Madame Laurence de Cock, vice-présidente d'un étrange « Comité de Vigilance face aux usages publics de l'histoire » - on se demande bien en quoi l'Histoire qui constitue la mémoire collective des événements passés n'est pas d'usage public ? - pour que l'Histoire fasse son entrée en majesté sur le plateau de l'émission. Il s'agissait de condamner toute référence au fameux récit national qui est désormais considéré par certains intellectuels comme une sorte d'avant-poste du révisionnisme. L'échange fut courtois, presque respectueux de part et d'autre, alors même que les trois furies antiques, Tisiphone, Mégère et Alecton, continuaient à tournoyer autour des projecteurs quand madame Laurence de Cock demanda de but en blanc à François Fillon si la figure du Roi Saint-Louis rendant la justice sous son chêne lui paraissait « crédible » ?
Le candidat des Républicains s'attendait certainement à tout ce soir-là sauf à devoir se prononcer sur la crédibilité de Saint-Louis... Chacun sait, pourtant, que l'image du Roi Saint-Louis rendant la justice sous son chêne dans les jardins du château de Vincennes n'est pas une invention de l'imagerie populaire, comme la barbe fleurie de Charlemagne par exemple, mais qu'elle est tirée du témoignage direct du fameux sire de Joinville (1224-1317), compagnon d'armes, conseiller et historiographe du Roi Saint-Louis. Ce personnage historique a donc non seulement existé mais il nous a laissé des souvenirs parfaitement crédibles qui sont encore aujourd'hui la principale source sur l'histoire de ce règne. Alors certes, comme toutes les sources qui sont à la disposition de l'historien, ce témoignage doit être soumis à une critique interne et externe, c'est-à-dire qu'il doit faire l'objet d'une analyse rigoureuse avant d'être confronté minutieusement aux autres sources disponibles. Il revient donc à l'historien d'expliquer dans quel contexte et surtout avec quel « outillage mental », selon la très belle expression de Lucien Febvre, le texte a été produit, mais dès lors que celui-ci n'est pas un faux, comme la donation de Constantin par exemple, il est par nature « crédible ».
Le lecteur comprendra aisément qu'aux yeux de madame de Cock, le témoignage d'un noble et pieux chevalier franc du XIIIème siècle, croisé par-dessus le marché, soit hautement suspect mais il n'en demeure pas moins que le récit que Jean de Joinville a fait du Roi Saint Louis rendant la justice sous un chêne du bois de Vincennes est non seulement crédible mais parfaitement véridique. Peut-être faut-il rappeler à Madame de Cock, didacticienne et historienne du « fait colonial », que le Roi de France est au Moyen-Âge le principe de toute justice et qu'il peut donc à ce titre, non seulement faire la Loi, mais juger en lieu et place de magistrats qui n'étaient, en réalité, que ses délégués et qui perdaient de fait cette délégation en sa présence. Ainsi non seulement la scène du bois de Vincennes est-elle parfaitement crédible mais elle est évidemment très utile pour permettre de faire comprendre à des élèves de primaire ou du collège en quoi les rois de France étaient d'abord des « Rois de Justice ». C'est ce qu'avait parfaitement compris Ernest Lavisse, bête noire de Madame de Cock, et grand admirateur de Joinville.
En s'interrogeant sur la « crédibilité » de ce témoignage, madame de Cock a fait preuve en vérité d'un très grand mépris non seulement pour le roi Saint-Louis, le sire de Joinville, mais au-delà pour tous ceux de nos ancêtres qui ont eu le tort, à ses yeux, de vivre au XIIIème siècle, de croire en Dieu et même en la Mission Divine de la France qui justifiait, alors, les Croisades. Il est vrai que les sujets du Roi Saint-Louis n'avaient pas la chance de lire Libération tous les jours ni même de pouvoir profiter de l'enseignement de madame de Cock.
Ce dont cette enseignante, certainement dévouée, n'a semble t'il pas pris tout à fait conscience c'est qu'en s'interrogeant publiquement et d'un petit ton d'ironie sur la crédibilité d'un épisode parfaitement authentique de l'histoire du Roi Saint-Louis, elle a posé sur la civilisation française du XIIIème siècle le regard « colonial » que la IIIème République et ses instituteurs portaient sur les cultures, les récits et les croyances « indigènes » au début du XXème siècle. Regard condescendant et méfiant que cette historienne du « fait colonial » est, n'en doutons pas, la première à condamner.  
« Non seulement la scène du bois de Vincennes est parfaitement crédible mais elle est très utile pour faire comprendre à des élèves en quoi les rois de France étaient d'abord des " Rois de Justice " ».