jeudi 9 mars 2023

Sortie à la fin du mois du n°24 de la collection "Les Cahiers d'Histoire du nationalisme" consacré à la mouvance identitaire blanche aux États-Unis

 

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Cette histoire, écrite par Rémi Tremblay, est racontée en trois volumes. Le premier sortira le 30 mars prochain.

Une grande Histoire méconnue en Europe

Rémi Tremblay

Pourquoi cette histoire de la mouvance identitaire blanche aux États-Unis en trois tomes ?

Tout d’abord, parce que fort peu de livres traitent de ce sujet, tant en français qu’en anglais. Des monographies ont été consacrées à certains personnages ou organisations de cette mouvance, mais rien abordant le sujet de façon globale n’a jusqu’à présent été publié en français, hormis l’ouvrage de François Duprat et d’Alain Renault sur les fascismes américains [en vente sur ce site], qui se termine en 1945.

De plus, contrairement aux autres auteurs francophones qui se sont penchés sur la question, je suis allé aux sources premières, ce qui m’était facilité par mon réseau de contacts et par le fait que j’habite moi-même en Amérique du Nord, tout près du pays étudié, que j’ai visité à d’innombrables reprises.

Pour documenter le présent travail, j’ai ainsi eu un accès direct aux œuvres publiées par les mouvements des nationalistes blancs américains : j’ai lu leurs manifestes, leurs œuvres de fiction, leur propre version de leur histoire, ainsi que des milliers de pages de revues et de journaux, datant aussi bien du siècle dernier que des dernières décennies. À cela s’ajoute l’examen des rapports du Federal Bureau of Investigation (FBI) et de rapports de police, des sources souvent négligées, quoique souvent très précises et très instructives.

Contribue aussi à l’originalité du présent travail le fait qu’un très grand nombre de participants directs ont accepté de se confier dans des entrevues durant parfois plusieurs heures. Ils me décrivirent leur perspective, m’orientèrent vers certaines lectures, me confièrent des anecdotes inédites et me remirent à l’occasion des documents introuvables. J’ai ainsi eu l’aide inestimable de nombreuses personnes que je tiens à remercier, tels Ed Fields, David Duke, Kirk Lyons, Gerhard Lauck, Martin Kerr, Frank Collins, H.A. Khoeler, Mike Hallimore, William Williams, Billy Roper, Karl Hand, Henry, Sorcier impérial de l’Église du Ku Klux Klan, James Mason, Dennis Mahon, Charles Barbee, Richard Scutari et de nombreux autres acteurs de cette histoire, par exemple des pasteurs de l’identité chrétienne, des militants néonazis, des activistes de l’Alt-Right ou de la mouvance nationaliste blanche, ainsi que des adeptes du Klan. Tous acceptèrent de collaborer avec ce journaliste étranger qui écrivait un livre sur leur histoire.

Le fait que je contribue également à plusieurs médias américains plus ou moins liés à la mouvance nationaliste blanche m’a permis d’adopter une perspective différente, un point de vue de l’intérieur plutôt que de l’extérieur. En effet, de nombreuses personnes mentionnées dans le présent ouvrage sont des personnes avec qui j’ai eu l’occasion de collaborer.

Plusieurs de ces acteurs sont aujourd’hui décédés.

Le présent livre se divise en quatre parties. Une section introductive s’efforce de définir les contours du sujet abordé dans le livre, à savoir ce qu’il faut entendre par des expressions comme mouvance racialiste blanche ou nationalisme blanc. Par la suite, un premier tome aborde la période débutant avec l’indépendance américaine et se terminant avec la fin de la Seconde Guerre mondiale qui chamboula le paysage politique américain et ouvrit la porte à la déségrégation. Le lecteur pointilleux constatera peut-être que certains mouvements importants, comme celui l’Identité chrétienne, ne sont pas mentionnés dans le premier tome, mais il ne s’agit pas d’oublis. Dans certains cas, pour mieux cerner l’évolution dans le temps de certains groupes, il est apparu préférable de les traiter dans les tomes subséquents et de décrire leur genèse au moyen de retours dans le temps.

Les tomes deux et trois traiteront la période allant du début des années 1945 jusqu’à aujourd’hui de façon thématique. Seront ainsi traités, dans le tome 2, les mouvements blancs ayant une approche plus traditionnaliste, selon laquelle la défense de la race se combinait avec des préoccupations pour la Constitution, la religion ou la liberté.

Dans le tome 3 on se penchera sur les groupes pour lesquels la position racialiste se mariait avec une approche révolutionnaire. La ligne est parfois mince entre les deux catégories et un tel classement thématique pourra apparaître fort subjectif, d’autant plus qu’il existait une grande porosité entre les mouvements des deux catégories et que des périodes de convergence ont souvent estompé les différences.

Certains, qui ne liront probablement pas ce livre, le taxeront d’apologie du racialisme. Les autres, vous chers lecteurs, y verrez l’histoire rarement racontée avec objectivité d’une mouvance qui marqua et marque l’histoire de l’Amérique.

L’auteur : Rémi Tremblay

Militant politique, historien et journaliste engagé, Rémi Tremblay est avant tout un patriote québécois. Il fait d’ailleurs partie de la direction du Harfang, le bimestriel de la Fédération des Québécois de souches.

Nous lui devons déjà deux Cahiers d’Histoire du national­isme. L'un consacré à Adrien Arcand (n°12 -  cliquez ici) en 2017 et au fascisme canadien et un autre à Oswald Mosley, et aux fascistes britanniques (n°14 - cliquez là) en, 2018.

En France, il donne aussi régulièrement des articles dans le quotidien Pré­sent et dans la revue Synthèse nationale.

États-Unis, la mouvance identitaire blanche (1er volume, de l'indépendance à 1945), Rémi Tremblay, sortie 30 mars 2023, 190 pages, 24,00 € (+ 6,00 € de port).

Pour le commander dès maintenant cliquez ici

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2023/03/08/sortie-a-la-fin-du-mois-du-n-24-de-la-collection-les-cahiers-6431976.html

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L'histoire et la grève

 

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Ce 7 mars au matin, on pouvait consulter sur le site du Monde l'article "se déroulant en direct". Le journal pourrait l'appeler ainsi, dans la langue de Molière. Mais une certaine mode nous impose d'accepter un tel compte rendu "En Direct" comme un "Live", sur lequel on pouvait apprendre l'état officiel de la mobilisation intersyndicale : "35,35 % d’enseignants, selon le ministère de l’éducation, sont en grève dans le primaire et 30,09 % dans le secondaire".

À eux seuls, ces simples chiffrages, précis et probablement exacts, mériteraient sans doute une réflexion sociologique. Un tiers d'absents, dans cette embarcation bien malade, que nous appelons avec nostalgie "l'École", cela suffit à la désorganiser largement, à l'abîmer encore plus. Mais cela prouve aussi que deux professeurs sur trois, dans le secondaire, et sept instituteurs sur dix, se sont éloignés des mots d'ordre de notre gauche autodestructrice, laquelle se croit probablement la plus intelligente du monde.

Dans le lycée d'autrefois, où j'usais mes fonds de culotte dans les années 1950, nos professeurs nous enseignaient l'histoire et la géographie, comme intimement liées : on écrivait sur la première page de nos cahiers "pas d'histoire sans géographie, pas de géographie sans histoire". Ces deux disciplines, quand on les développe, embrassent chacune des données et des aspects démographiques, industriels, technologiques, financiers, juridiques ou économiques, et autres, ceci sans même parler de la "géopolitique" ou des "sciences auxiliaires de l'Histoire".

Les historiens de métier mobilisent en effet, avec la diplomatique, la paléographie, la chronologie, la sigillographie, la généalogie, l'héraldique, la numismatique, l'épigraphie ou la codicologie, des connaissances très spécialisées qui n'intéressent que rarement le grand public.

Or, une certaine connaissance générale de l'histoire – et donc de la géographie – me semble précisément indispensable certes d'abord à la culture de "l'honnête homme". C'est cet idéal qu'on nous apprenait jadis à cultiver, depuis le XVIe siècle. Mais cela s'impose aussi à tout citoyen préoccupé du salut de son pays : c'est cet état d'esprit civique qu'à partir du XVIIIe siècle, d'abord en Amérique et en Hollande je crois, puis en France on désigna du nom de "patriote" – un mot terriblement dévalué, hélas à partir du moment où s'en emparèrent les révolutionnaires, les "Bleus" de 1793-1794, pour massacrer les "Blancs"… ceci sans parler des soi-disant "patriotes" Rouges de 1944-1945…

On sait ce que Paul Valéry, souvent brillant et pertinent, disait de l'Histoire, "sciences des faits qui ne se répètent pas". Il eût gagné à ajouter qu'ils ne réapparaissent pas "à l'identique". Car il semble, au contraire, à l'auteur de ces lignes qu'elle recommence toujours ; elle organise une connaissance ; elle nous délivre des enseignements.

Elle montre, sans contredit, qu'un pays qui ne sait résoudre ses problèmes que par la gréviculture, le blocage et l'émeute est voué à la destruction de ses institutions, d'ailleurs délabrées sous le règne hors sol de nos technocrates.

Le 2 mars, plusieurs fédérations de la CGT se sont réunies pour appeler à des grèves reconductibles dans leurs secteurs, définis comme stratégiques, à partir du 7 mars. Il ne s'agissait plus de l’appel intersyndical en vue d'une (seule) journée France à l’arrêt. Un droit constitutionnel. Beaucoup plus clairement encore que les anciens trotskistes ou les provocateurs gauchistes, ce sont les vieux "stals" de la CGT, leurs jeunes successeurs tel Sébastien Menesplier, secrétaire général de la Fédération mines et énergie de la CGT, ou leurs porte-parole au sein de l'Assemblée nationale, tel André Chassaigne, député PCF du Puy-de-Dôme, qui le disent nettement : il s'agit pour eux de contourner le débat parlementaire par ce qu'ils appellent "le mouvement social". La question du financement de l'assurance vieillesse, pas plus que celle de la démographie, cela ne les intéresse pas.

Ou plutôt, ils "ont des solutions".

Il suffit de "faire payer les riches". Maurice Thorez ne le disait-il pas dès 1936 ?

JG Malliarakis  

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Sur la continuité historique du marxisme-léninisme de ses méthodes et de ses objectifs, de Staline puis Mao Tsé-toung jusqu'à Xi Jinping, qu'on me permette de recommander ma contribution à "La Terreur rouge". Ce livre comprend : • Terreur rouge et théorie révolutionnaire par JG Malliarakis : les bases doctrinales de la dictature de l'appareil du Parti, au nom du Prolétariat. Lénine, disciple de Karl Marx et de Engels, est l'héritier de la Terreur jacobine.  • Terreur rouge, pratique révolutionnaire par Charles Culbert : logique du système, matrice du totalitarisme au XXe siècle • Les Documents Tchernov : publiés dès 1922, il faudra hélas 50 ans pour que l'on en prenne la mesure, en 1974 avec l'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne...  ••• un livre de 230 pages au prix de 20 euros ••• à commander par carte bancaire, sur le site de l'éditeur ou par chèque en téléchargeant un bon de commande.

https://www.insolent.fr/2023/03/lhistoire-et-la-greve.html

Charles Nungesser, de l’as de la Grande Guerre au disparu de l’Atlantique (Patrick de Gmeline)

 

Patrick de Gmeline, historien militaire, a publié une trentaine d’ouvrages couronnés par une dizaine de prix. Il est aussi scénariste de BD historiques aux Editions du Triomphe. Et il vient de publier aux éditions du Rocher une très intéressante biographie du pilote Charles Nungesser.

En 2014, une promotion de l’Ecole militaire interarmes, la 54e, baptisée en 2016, prit le nom de Charles Nungesser. Une promotion de l’armée de terre portant le nom d’un pilote de la Grande Guerre ? Oui, parce que Charles Nungesser était un officier de l’armée de terre, appartenant au 2e Hussards. C’est en 1915 qu’il entre dans la légende des grands aviateurs de la Première Guerre mondiale qu’il termine avec 43 victoires homologuées. Sur le capot de son premier avion militaire, il fait peindre son emblème : un crâne sous lequel se croisent deux ossements. Cet emblème se retrouvera sur chacun des futurs avions de Nungesser, y compris celui avec lequel il tente en 1927 la traversée de l’Atlantique avec le capitaine François Coli, autre célèbre pilote de la Grande Guerre, borgne qui plus est. C’est dans cette traversée que les deux héros disparaîtront. Une disparition qui reste aujourd’hui encore une énigme.

Mais cette biographie de Charles Nungesser rappelle bien d’autres facettes de ce personnage original, véritable aventurier : boxeur, fondateur d’une école de pilotage à Orly, acteur de cinéma aux Etats-Unis, explorateur et époux d’une richissime américaine… Embarquez, vous n’allez pas vous ennuyer !

Charles Nungesser, Patrick de Gmeline, éditions du Rocher, 317 pages, 20,90 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/charles-nungesser-de-las-de-la-grande-guerre-au-disparu-de-latlantique-patrick-de-gmeline/147852/

2000 ans de tradition écologique et paysanne

mercredi 8 mars 2023

L’acteur Jim Caviezel : « Ils ne nous ôteront jamais notre liberté ! »

 

Il a interprété, avec beaucoup d’âme, Jésus dans le célèbre film du réalisateur Mel Gibson, La Passion du Christ. Et a gardé de cette expérience hors du commun indubitablement une empreinte profondément chrétienne dans sa vie.

L’acteur américain Jim Caviezel est catholique et fier de l’être. Il est aussi, dans ce monde pourri du cinéma, une star libre, qui ne cache pas sa foi.

Le week-end dernier, à un colloque du mouvement QAnon à Las Vegas, intitulé For God & Country: Patriot Double Down, il a fait référence à un autre film fameux de Mel Gibson. Il a repris, devant la foule, la légendaire tirade de William Wallace, le héros de Braveheart, lorsqu’il s’adresse aux soldats écossais avant d’affronter l’envahisseur anglais au péril de leur vie.

« Battez-vous et vous mourrez peut-être. Fuyez et vous vivrez, quelque temps du moins. Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie, mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté ! », lance celui qui, en septembre 2020, affirmait haut et fort que les catholiques américains étaient persécutés, car le confinement les empêchait d’aller à la messe.

Au cours de ce discours, il a également déclaré :

« Nous allons au devant de la tempête de toutes les tempêtes. Oui, la tempête est parmi nous. »

Caviezel faisait partie des 40 orateurs qui sont montés sur scène pendant cet évènement de quatre jours qui se tenait à Las Vegas fin octobre. Parmi les autres figuraient Jason Sullivan, un ancien assistant de Roger Stone connu pour avoir travaillé sur la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016, et le Dr Stella Immanuel, qui a fait la une des journaux après avoir affirmé que l’ hydroxychloroquine avait guéri le covid-19.

Ferme opposant à l’avortement, Jim Caviezel milite également contre toute forme de recherche sur les cellules souches embryonnaires. « Tant pis si être pro-vie nuit à ma carrière », dit-il lors d’une conférence à Boston en 2016. « Je ne peux pas garder le silence sur la mort de tant d’enfants. » Une des raisons pour lesquelles il ne milite pas pour les injections Pfizer.

Un cœur de brave !

Francesca de Villasmundo 

https://www.medias-presse.info/lacteur-jim-caviezel-ils-ne-nous-oteront-jamais-notre-liberte/148991/

mardi 7 mars 2023

Autopsies hâtives

 

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Ce 5 mars n'aura pas seulement correspondu 70e anniversaire de la mort de Serge Prokoviev, mais le même jour à celui du départ vers l'enfer, où certainement il rôtit, de Joseph Vissarionovitch Djougachvili, plus connu sous le nom de Staline, - ou du moins de l'enveloppe corporelle de ce personnage démoniaque.

Rappelons ce qu'écrivaient alors en France les intellectuels de gauche, ceux qui ont façonné les esprits de générations presqu'entières d'universitaires, de technocrates, de journalistes, de professionnels des droits de l'Homme, de cinéastes et de politiciens. D'un terrible et consternant florilège publié en 2022 dans Le Figaro sous la signature de Jacques de Saint-Victor j'extrais ici quelques lignes significatives.

Certes, c'est L’Humanité du 6 mars 1953 qui donne le ton et titre une édition spéciale : "Deuil pour tous les peuples qui expriment dans le recueillement leur immense amour pour le grand Staline". Duclos, bien sûr, entend porter à jamais le "beau titre de stalinien". On ne lui refusera pas.

Certes, c'est Louis Aragon qui ose écrire le 12 mars que "La France doit à Staline son existence de nation".

Mais ils sont loin d'être seuls. L'insubmersible radical Pierre Cot, écrit dans la Pravda du 9 mars que "la mort de Staline est un immense malheur pour l’humanité." Le non moins radical-socialiste et insubmersible Edouard Herriot proposa à tous les députés de se lever pour lui rendre hommage. Le gouvernement présidé par René Mayer décidait la mise en berne des drapeaux et des pavillons dans l’armée et la marine, ce que ne refusera le commandement qu'en Indochine et en Corée. Si le Sénat sauve l'honneur, qui se refuse se plier à la génuflexion générale, la Chambre porte le deuil à l'exception d'un unique député socialiste du Limousin, Jean Le Bail auquel on doit rendre hommage comme on doit mentionner les rares et lucides protestations de Raymond Aron et de François Mauriac dans Le Figaro, de Claude Bourdet dans France-Observateur, de Jules Monnerot dans Carrefour, ou de quelques esprits libres dans Le Monde...

Globalement la France d'alors était avec Jean-Paul Sartre contre Albert Camus. Elle le restera encore plus, après la mort de Camus, et avec le triomphe des soixante-huitards.

De tout cela il semble interdit par la bien-pensance, aujourd'hui encore, de sanctionner le souvenir, et de pratiquer, à défaut d'autopsie, la plus élémentaire biopsie...

Or, en 1957, quelque temps après cette mort terrestre le regretté Angelo Tasca (1892-1960) avait consacré un livre à ce qu'il pensait pouvoir nommer "l'autopsie du stalinisme".

Ce passionnant volume, signé Amilcare Rossi, comprenait en tout : 50 pages d'introduction ; suivies des 98 pages du fameux Rapport Khrouchtchev longtemps tenu secret, bien qu'il ait été lu le 24 février 1956 devant les 1 600 délégués du XXe Congrès du parti communiste de l'Union soviétique ; ce texte était enrichi par 120 pages de notes prodigieusement utiles ; une postface de 20 pages avait été donnée par Denis de Rougemont.

Bref, cette "autopsie" prématurée était supposée enterrer le stalinisme. On croyait que le "stalinisme" n'était que la dérive personnelle erratique d'un dictateur aux agissements criminels. On voulait voir Macbeth, on ne voulait pas accuser Karl Marx. On pensait "morte la bête, mort le venin". On se trompait.

Hélas, 70 ans plus tard c'est bien une organisation revendiquant plus de 90 millions d'adhérents, ouvertement, explicitement, nommément stalinienne, le parti communiste chinois, qui règne à domicile sur la bagatelle de 1,4 milliard d'ilotes ; qui détient les plus importantes réserves financières de la planète ; et qui impose aussi d'ores et déjà son "modèle" auprès d'un bonne vingtaine de petits états satellisés ou surendettés. Sans doute les bons esprits germanopratins trouvent-ils insignifiant que les peuples de Ceylan, du Laos ou de l'Ethiopie subissent un tel joug ; que les populations tibétaines, ouïgoures, kazakhs ou mongoles soient sinisées de force ; que le christianisme soit persécuté, broyé, crucifié sous la férule du régime communiste de Pékin.

Dès les années 1980, il semblait à votre chroniqueur, – sans doute un peu trop optimiste alors quant à l'extinction du stalinisme dans le pays de ses premiers et sinistres exploits – que la Chine deviendrait le grand enjeu des défis à venir. Reconnaissant aujourd'hui mon erreur optimiste d'avant hier, quant à l'évolution de la Russie, je me crois en droit de revendiquer d'avoir eu raison en écrivant que "la restauration du capitalisme en Chine constituerait la grande affaire mondiale des années à venir."

Ce sont bien effet les conditions d'une telle restauration, contrôlées par un parti resté dictatorial, collectiviste, marxiste et stalinien, qui empoissonnent aujourd'hui le monde entier, à commencer par l'emploi dans les industries européennes.

70 ans après la mort de Staline, il est des morts qu'il faut qu'on tue.

JG Malliarakis

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Sur la continuité du stalinisme, de ses méthodes et de ses objectifs, de Mao Tsé-toung à Xi Jinping, qu'on me permette de recommander ma contribution à "La Terreur rouge". Ce livre comprend : • Terreur rouge et théorie révolutionnaire par JG Malliarakis : les bases doctrinales de la dictature de l'appareil du Parti, au nom du Prolétariat. Lénine, disciple de Karl Marx et de Engels, est l'héritier de la Terreur jacobine.
• Terreur rouge, pratique révolutionnaire par Charles Culbert : logique du système, matrice du totalitarisme au XXe siècle • Les Documents Tchernov : publiés dès 1922, il faudra hélas 50 ans pour que l'on en prenne la mesure, en 1974 avec l'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne...
••• un livre de 230 pages au prix de 20 euros ••• à commander par carte bancaire, sur le site de l'éditeur ou par chèque en téléchargeant un bon de commande.

https://www.insolent.fr/2023/03/autopsies-hatives.html

Codreanu, l’envoyé de l’Archange

 

Les éditions Reconquista Press ont réuni en un seul ouvrage le livre L’Envoyé de l’Archange publié en 1938 par les frères Jérôme (1874-1953) et Jean (1877-1952) Tharaud, prix Goncourt en 1906, membres de l’Académie française, au sujet de la situation en Roumanie et du charismatique capitaine Codreanu, ainsi que, sur le même sujet, les articles de l’écrivain et journaliste Lucien Rebatet parus dans l’hebdomadaire Je suis partout à l’automne 1938.

Les propos sont d’autant plus intéressants que Jérôme Tharaud et Lucien Rebatet ont voyagé en Roumanie à la même époque. Ils ont donc été les témoins directs d’un moment clé de l’histoire de la Roumanie, des influences sous lesquelles se trouvait cette nation, et du rôle qu’a tenu Corneliu Codreanu, fondateur de la Légion de l’Archange Michel puis chef de la Garde de fer, entré éternellement dans la mémoire du nationalisme après avoir été assassiné sur ordre du gouvernement fin novembre 1938.

Tout jeune militant nationaliste doit absolument découvrir cette belle figure chrétienne, à la fois intransigeante sur les principes et clémente à l’égard des hommes, prête sans reculer à faire le sacrifice de sa vie pour sa foi et son pays.

L’envoyé de l’Archange, Jérôme et Jean Tharaud, Codreanu et la Garde de fer, Lucien Rebatet, Reconquista Press, 202 pages, 15 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/codreanu-lenvoye-de-larchange/149041/

lundi 6 mars 2023

Mémoire de la Vendée

 

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Le succès cinématographique de "Vaincre ou mourir" pourrait surprendre certains. Largement mérité, selon votre chroniqueur, il dépasse la sphère des nostalgiques de la royauté et de la France traditionnelle. Annoncerait-il un retournement culturel contre la vague de destruction, dont le "wokisme" marque le point culminant ? Il serait sans doute prématuré de le présumer, tant est grande l'ignorance, l'occultation de l'histoire.

Les critiques du film portent parfois sur telle ou telle prestation d'acteurs, ou sur le centrage de sa dramaturgie sur le personnage de François-Athanase de Charette, l'un des chefs de l'insurrection des paysans de l'Ouest contre la dictature jacobine.

Brillant et courageux officier de la Marine Royale, que Louis XVI, quelques années plus tôt, avait envoyé combattre pour l'indépendance américaine, il demeure l'une des plus célèbres figures de ce combat tragique, "Monsieur de Charette" que chantait jadis Théodore Botrel ou, beaucoup plus récemment, celui qu'un Philippe de Villiers présente comme un héros de roman.

Quoiqu'en pense la presse gauche sectaire, aucune erreur historique, aucun oubli fautif n'entache cette mise à l'écran.

On ne peut donc que saluer ici la présentation du sujet par Reynald Secher. Historien contemporain, celui-ci a consacré son œuvre – et ruiné par là même, comme on l'imagine sans difficulté, sa carrière universitaire – à la redécouverte de cette authentique croisade moderne, et notamment de l'aspect "génocidaire" de sa répression par la république. Le mot même de "génocide" ayant été inventé en 1944, on se souviendra que Gracchus Babeuf, en son temps, à propos des crimes des colonnes infernales parlait de "populocide". On notera encore que le nom du général révolutionnaire Turreau qui commandait ces assassins et ces incendiaires figure toujours impunément sur l'Arc de Triomphe. On rappellera aussi à ce sujet que c'est lui qui, le 19 janvier 1794 présenta à la Convention un plan d'extermination de la Vendée.

Au cours du XIXe siècle, de nombreux écrits ont été consacrés à l'ensemble des insurrections de l'Ouest. Pour n'en citer qu'un seul, Chateaubriand écrira ainsi en 1819, dans "Le Conservateur", un brillant et émouvant "De la Vendée" en rappelant "Ce que la Vendée a fait pour la monarchie".

C'est cependant Jacques Crétineau-Joly qui contribua le plus à la connaissance de ces guerres et de ces luttes dont il interrogea tous les survivants, dressant sans complaisances inutiles le tableau véridique, de ce qu'il appelle la Vendée Militaire, c'est-à-dire de ces Français qui prirent les armes en Poitou, en Normandie, en Bretagne ou dans le Maine, "pour Dieu pour le Roi et pour la Liberté".

Votre chroniqueur ne rougit donc aucunement de l'avoir réédité.

Techniquement, cependant, le dernier tirage était en voie d'épuisement, ce qui m'amène à devoir rééditer le Tome III dont les derniers exemplaires sont partis en ce mois de février… Ce volume nécessitait quelques menues corrections : consacré globalement aux "Chouans de 1793 à 1799" il sera donc livré dans les premiers jours de mai.

Trois tomes restent actuellement disponibles : le Tome Ier consacré à "La Grande guerre de 1793", le Tome II du "De la Terreur au Concordat 1794-1801" et le Tome IV "La Cause des Blancs", cause qui continue sous l'Empire et sera prolongera jusqu'à l'insurrection romantique conduite par la Duchesse de Berry.

Je propose donc aux lecteurs de la présente chronique d'acquérir l'ensemble de la série au prix exceptionnel de 99 euros pour l'ensemble, les trois volumes disponibles étant expédiés dès maintenant et le tome III, dès parution.

Vous trouverez en bas de cette chronique le lien correspondant sur le catalogue de l'éditeur.

Offre spéciale printemps 2023
http://www.editions-du-trident.fr/vendee.html

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http://www.editions-du-trident.fr/vendee.html

https://www.insolent.fr/2023/03/memoire-de-la-vendee.html

Fête de la Saint Martin et traditions populaires de nos régions

 

Le 11 Novembre nous fêtons la Saint Martin apôtre des Gaules. Surtout fêtée en Allemagne, la coutume est devenue plus marginale en France mais commence à renaître notamment dans le Nord et l’Est !

Jeune légionnaire romain Martin croisa à Amiens à l’hiver 334 la route d’un mendiant presque nu. N’ayant d’autre richesse que sa tenue de soldat, il trancha son manteau de son épée en deux parties et donna la moitié au pauvre. La nuit suivante, Jésus Christ lui apparut revêtu de la moitié du manteau donné au pauvre, ce qui le poussa à se faire baptiser puis à devenir moine. Le reste de son manteau, appelé « cape » fut placé plus tard, à la vénération des fidèles, dans une pièce dont le nom est à l’origine du mot Kapelle et chapelle.

De nombreuses traditions variant selon les régions accompagnent cette fête de l’abondance qui marquait autrefois l’ouverture des dernières foires de l’année, le tirage du vin nouveau et de la bière de Noël, ainsi que le renouvellement des baux et fermages. Il s’agit donc de faire bonne chère en ce dernier jour avant le petit carême de Noël de 40 jours précédant le temps de l’Avent.

On y retrouve la dégustation de l’oie de Saint Martin, la retraite aux flambeaux ainsi que les chants de la Saint Martin.

Le rôle de l’oie : En 371 l’évêque Saint Lidoire venant à mourir, les habitants de Tours firent appel à Martin pour le remplacer. Celui-ci refusa, préférant la vie monastique et se trouvant indigne de cette fonction. D’après la légende il se cacha dans un poulailler. Les habitants partis à sa recherche le trouvèrent grâce aux cris incessants des oies qui dénonçaient sa présence. Une variante dit que les oies interrompaient ses prêches.

Cette année 2021 la grande foire de la Saint Martin fait son retour à Aramon dans le Gard avec une grande variété d’exposants avec un défilé costumé sur la vie d’autrefois et les scènes de la vie du Saint évêque, ainsi qu’à Perpignan et Biarritz. En Alsace et en Moselle, on organise à Soultz, Vendenheim, Bettviller, Corny-sur-Moselle, des retraites aux flambeaux durant lesquelles les enfants sillonnent les rues des villages et des villes avec des lanternes qu’ils fabriquent à l’école ou à la maison. Ils sont souvent accompagnés d’un cavalier sur son cheval blanc, habillé en soldat romain et vêtu d’une cape rouge jouant le rôle de Saint Martin.

On chante des chants propres à la Saint-Martin durant la procession. La célébration se conclut souvent par un grand feu de la Saint-Martin. Dans de nombreuses régions allemandes, les enfants obtiennent une pâtisserie en forme de bonhomme, nommée Stutenkerl alors qu’en Flandres la pâtisserie traditionnelle est le folard aux raisins secs.

Selon la légende, Saint Martin portait la bonne parole sur les côtes de Flandre et aurait perdu son âne parti brouter, alors qu’il évangélisait les pêcheurs d’un petit village, Dunkerque.

La nuit tombant, lres enfants se sont mis à la recherche de l’âne avec des lanternes, et l’on finalement retrouvé dans les dunes en train de manger des chardons et des oyats. Pour les remercier, saint Martin transforma toutes les petites crottes de l’âne en petits pains à la forme particulière, que l’on appelle folards (Voolaeren, en flamand occidental), ou craquandoules. 

https://www.medias-presse.info/fete-de-la-saint-martin-et-traditions-populaires-de-nos-regions/149104/

dimanche 5 mars 2023

Qui a peur de la géopolitique ?

 

Géopolitique

[Ci-dessus : Jeu des Rois par Anatoly Kudryavtsev, 1996-1998]

Un spectre hante l’Europe d'aujourd'hui. Des conseillers politiques de la Maison Blanche, d'anciens agents du KGB cherchant à se recycler, des publicistes libéraux défendant de troubles et occultes inté­rêts réactionnaires, des professeurs gauchistes amateurs de liaisons dangereuses avec les droites, ten­tent désespérément d'en trouver la trace. Ce spectre, c'est la géopolitique.

Eh oui, elle revient au grand galop, cette géopolitique condamnée à une damnatio memoriae depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, dont on a nié la validité sans lui permettre de se défendre et d'apporter les preuves de sa pertinence, que l’on a réduite au silence pendant toute la guerre froide qui avait imposé au monde une lecture strictement idéologique et socio-économique des conflits. Pour satisfaire au rituel du langage dominant, il fallait dire qu'elle était une “pseudo-science”, fondée par deux pères historiques : l’embarrassant Friedrich Ratzel, auteur, entre 1882 et 1991, d'une Anthropogeographie évolutionniste et déterministe (que l'on a longtemps considérée comme l’antécédent wilhelmien du racisme hitlérien) (1), et le général, diplomate et érudit Karl Haushofer, qui avait caché Rudolf Hess dans sa maison après le putsch raté de Munich en 1923 et dont le fils, poète ésotérique, fidèle, comme son père, à l’idée d’une al­liance nord-européenne entre l’Allemagne et l’Angleterre, sera massacré par la police nazie le 23 avril 1945 à l’âge de 42 ans.

Les noms de Ratzel et de Haushofer ont servi à démoniser la géopolitique, considérée pendant trop long­temps comme une “fausse science”, dont le but aurait été de chercher le rapport existant entre les cir­constances géographiques d'un pays et les choix politiques du peuple qui l’habite. Mais force est bien de noter que les géopolitiques de Ratzel et de Haushofer, en réalité, ont constitué une géographie politique fonctionnelle, à l’ère des grands impérialismes et des entreprises coloniales, entre 1870 et 1914, quand ont eu lieu les affrontements entre la France et l’Allemagne, entre l’Autriche et la Russie, entre la Russie et la Turquie.

En cela, plutôt que d’être une rupture par rapport au passé, les grands impérialismes ont montré qu’ils étaient les héritiers directs des conflits du XIXe et de l’idéologie évolutionniste : « La géographie est une donnée immuable qui conditionne la vie des peuples » aimait à dire le condottiere Mussolini, oubliant ainsi l'autre aspect du problème : les peuples manipulent et modifient très souvent les scenarii géographiques.

Même si sont encore bien ancrés tous les “a priori” idéologiques mis en place pour interpréter les conflits selon un schéma “scientifique”, mettre au rencart les “vieilleries” ethniques et religieuses, légitimer l’unique mode explicatif toléré, c'est-à-dire celui qui évoque la raison socio-économique, depuis la fin de la guerre froide, bon nombre de signes avant-coureurs nous annonçaient le retour de conflits qui ne pou­vaient s’expliquer que par d'autres motivations que celles que retenait comme seules plausibles le con­formisme idéologique. Mieux : rien n’est revenu et un fait est certain, les tensions et les conflits à carac­tère ethnique et religieux ont toujours existé, rien n’est venu les atténuer, au contraire, les retombées tu­multueuses du colonialisme et de l'hégémonisme européens les ont exaspérés. Il suffit de penser au Kurdistan qui, par l'effet de la politique de containment forcenée qu'ont pratiquée les Anglais et les Français au Moyen-Orient entre 1917 et 1920, est devenu un facteur de déstabilisation. Ou à la “guerre oubliée” entre l’Irak et l’Iran, et à ses rapports complexes avec la guerre civile en Afghanistan, ou encore, au front composite de la résistance afghane en lutte contre l’Armée Rouge.

Les temps sont mûrs, pourtant, pour dresser l'ébauche d'une nouvelle géopolitique, comprise non plus comme une “science” ou une “pseudo-science” mais plutôt comme une méthode proprement interdiscipli­naire — dans laquelle convergeraient la géographie, l'histoire, la politologie, l'anthropologie, etc. — visant à comprendre et à expliquer rationnellement les tensions à l'œuvre sur certains territoires. Cette méthode se distancierait bien entendu de toutes les formes de moralisme, sans pour autant observer une “neutralité axiologique” rigide et incapacitante : cette méthode existe, elle a déjà été hissée au niveau scientifique, elle a été forgée au milieu des années 70 par les animateurs de la revue parisienne Hérodote et par le groupe de chercheurs rassemblés autour du géographe Yves Lacoste. En Italie, un groupe d'intellectuels de gauche vient de fonder la revue Limes (titre schmittien !) et s’aligne sur Hérodote ; à ce corpus géopolitique de base, qui, sous bien des aspects, constitue une “anthropopolitique” (ou une “géoanthropologie” ?), le célèbre philosophe Massimo Cacciari propose d'ajouter une fascinante “géophilosophie de l’Europe”, dont il a jeté les fondements en publiant un livre chez l'éditeur Adelphi. L’Europe, à ses yeux, est une idée — et un continent — “malade” au sens nietzschéen, instable, incertain sur ses confins, qui ne peut progresser qu’à coup de “décisions” fatidiques, un continent sur lequel pèse le poids d’innombrables impondérables et d'hérédités mêlées, entrecroisées.

Les assises et la structure du monde pèsent évidemment sur le destin des hommes. Mais les hommes, à leur tour, posent des choix et imposent des géostratégies. Quand, en 1867, le gouvernement américain achète au gouvernement russe les terres de l’Alaska, le Secrétaire d’État William Seward déclare : « L’Océan Pacifique deviendra le grand théâtre des événements du monde… le commerce européen, la pensée européenne, la puissance des nations européennes sont destinés à perdre leur importance ». C'est ainsi que les États-Unis ont lancé l'idée d'un “Occident”, non plus synonyme mais bien antonyme de l’idée d’“Europe”. Or, sur ce chapitre, un pas nouveau vient d’être franchi avec le sommet des pays du Pacifique tenu en novembre 1993 à Blake Island près de Seattle : on y a esquissé les grandes lignes d'une nouvelle stratégie américaine, visant à faire du Japon un “Extrême-Occident” et à recentrer sur le Pacifique une intense activité dirigée vers la Chine, le Japon et l'Australie, impliquant l'exploitation inten­sive des mers, des fonds marins, du sous-sol de l'Océan, afin d'acquérir des protéines (à partir du planton) ou d'exploiter de nouveaux gisements de pétrole ou de gaz naturels.

Reste à savoir comment réagira le bloc “eurasiafricain” face à cette hégémonie nouvelle, à ce continent immense et richissime qui va de l’Alaska à l’Australie et de la Chine à la Californie, qu’a parfaitement conceptualisé le bon génie du MIT (Massachussets Institute of Technology), Noam Chomsky, qui pré­voit un isolement définitif de l’Eurasie par rapport au “Centre de l’Empire” américain ? Allons-nous vers un nouveau brigandage déterministe et planétaire, vers une nouvelle entreprise impérialiste qui, comme toutes les entreprises impérialistes, ne rougit pas en se définissant comme “nécessaire” ?

Franco Cardini, Nouvelles de Synergies Européennes n°8, 1995.

(article extrait de L'Italia Settimanale n°34/1994)

(1) Pour nuancer ce jugement et découvrir la grande variété de l'œuvre de Ratzel, cf. Robert Steuckers, « Friedrich Ratzel », in : Encyclopédie des Œuvres philosophiques, PUF, 1992.

http://www.archiveseroe.eu/recent/24

La France sous nos yeux, un chantier d’« archéologie culturelle »

 

La France sous nos yeux, un chantier d’« archéologie culturelle »

Après L’Archipel français (2019), un ouvrage qui présentait l’Hexagone comme une juxtaposition de territoires divisés (les centres-villes gentrifiés, les banlieues communautaristes et les campagnes « périphériques »), le sondeur Jérôme Fourquet livre ici une nouvelle radiographie de la France, en collaboration avec le journaliste Jean-Laurent Cassely.

Pour ce faire, il propose d’ouvrir un chantier d’« archéologie culturelle » afin de mettre à jour les couches géologiques qui composent la France d’aujourd’hui, des plus profondes aux plus affleurantes, en passant par les plus sédimentées. Par le truchement de données originales, parfois étonnantes, parfois très approximatives, parfois très critiquables au regard de la rigueur scientifique propre aux études quantitatives, on y découvre une « France d’après » qui n’a plus que peu de points communs avec l’image d’Épinal tricolore qui séduit encore les touristes venus visiter la côte d’Azur ou la tour Eiffel. En l’espace d’un demi-siècle, sous le coup du soft power américain et de vagues d’immigration successives, la France a fait l’objet de changements insidieux mais profonds – Jérôme Fourquet n’hésite pas à parler de « Grande mutation » – qui se traduisent par des clivages de plus en plus prégnants, tant sur le plan des modes de vie que sur celui des préférences résidentielles et territoriales, de la structure de l’emploi, des goûts culinaires ou encore musicaux. Une succession de micro-études et de sondages, en somme, à laquelle l’auteur tente de donner un sens qui relève souvent plus de la perception et de l’intuition que d’une véritable construction statistique, dans un style journaliste plus proche du tract politique que d’une authentique synthèse académique.

Qu’elle plaise à ceux qui se reconnaîtront dans ce portrait ou qu’elle déplaise à ceux qui le refusent par nostalgie de la « vieille France », la conclusion est néanmoins sans appel. Dans un pays vieillissant qui a choisi de se désindustrialiser pour se spécialiser dans l’économie tertiaire, l’usine et la ferme (qui n’avait pas survécu à la Seconde Guerre mondiale) ont été remplacées par des loisirs à outrance dans un paysage d’entrepôts indispensables à la livraison en flux tendus, accentuant les clivages entre un mode de vie premium, privilégié par les cadres urbains, et une France « de la débrouille » exclue de la mondialisation heureuse. Autant de facteurs qui conduisent à une nouvelle forme de contestation, dans laquelle le bleu de travail des ouvriers fait désormais place au « gilet jaune » des logisticiens, le marteau et la faucille au chariot élévateur, la maison syndicale aux ronds-points, alors que l’immigration impose peu à peu ses choix culturels et ses interdits religieux comme une nouvelle norme.

Au final, sur tous les plans, la « géologie » traditionnelle de la France est désormais recouverte d’une solide couche de granit américanisé, avec des apports arabes et turcs de plus en plus nombreux, sur laquelle des influences asiatiques sont peu à peu saupoudrées. Même si l’on peut regretter que les auteurs n’évoquent ni la montée du wokisme, la France « d’après » (celle du french tacos) n’a plus rien à voir avec la blanquette de veau des Trente Glorieuses. Dans ce contexte de mutations profondes et probablement durables, il n’y a rien d’étonnant à ce que l’ancien clivage politique gauche/droite (PS/LR) soit lui aussi rejeté au profit d’un nouveau triptyque qui s’empare comme il le peut de nouveaux enjeux, entre la poursuite de la mondialisation libérale (LREM), les revendications libertaires et les préoccupations écologiques (EELV) ou le maintien d’une dignité populaire et d’une identité qui s’efface (RN).

O.E.

Jérôme Fourquet , Jean-Laurent Cassely, La France sous nos yeux. Économie, paysages, nouveaux modes de vie, Paris, éditions du Seuil, 2021, 490 p.

https://institut-iliade.com/la-france-sous-nos-yeux-un-chantier-d-archeologie-culturelle/

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Pour saluer le 11 novembre

 

POUR SALUER LE 11 NOVEMBRE 

La date du 11 novembre commémore l’Armistice de 1918 qui a mis fin aux opérations militaires de la Première Guerre Mondiale. Ce jour-là les Français et leurs Alliés –et même aussi leurs adversaires- ont vu cesser une abominable effusion de sang et se sont réjouis avant tout de la fin de l’épreuve.

Cette victoire a coûté beaucoup de sang et de peine à toutes les familles. En ce jour de commémoration, il nous faut penser à ceux de nos ancêtres qui ont participé à cette terrible guerre et à leurs sacrifices, et il faut tâcher de nous en montrer dignes.

Cependant certains, comme le général, futur maréchal Pétain, ont pu à juste titre regretter un arrêt prématuré des combats qui préservait l’adversaire d’une inéluctable défaite totale. Le Maréchal saura s’en rappeler, en 1940, quand il négociera, dans une situation inversée, un armistice sauveur, avant que l’Allemagne n’ait privé la France de tous ses atouts.

À la suite de l’armistice du 11 novembre 1918, le maréchal Foch, généralissime des armées alliées, a fait poser un ex voto à Tours, au tombeau de Saint Martin, patron de la France (dont le 11 novembre est la fête) : « Merci à Saint-Martin. » Les catholiques français s’en rappelleront et adresseront une prière à ce saint patron militaire de notre pays.

Enfin, face au drame de la désunion européenne que traduisait le conflit mondial, souhaitons que la paix du Christ et le règne du Christ s’imposent aux anciens adversaires et qu’une Chrétienté réconciliée sache unir ses forces dans l’avenir contre les puissances intérieures et extérieures qui veulent la détruire : marxisme, islamisme, cosmopolitisme mondialiste… : Christus vincit ! Christus regnat ! Christus imperat !

Franck Bouscau, chef de la région Civitas d’Île-de-France.

https://www.medias-presse.info/pour-saluer-le-11-novembre/149116/

samedi 4 mars 2023

Mythologie Inca - La légende de Manco Cápac et le Panthéon des dieux

Un livre remarquable : la clefs des écritures ou comment comprendre les Saintes Écritures au delà des mots

 

La clef des écritures

Beaucoup dénoncent ou remettent en cause l’ancien testament sous prétexte qu’on y trouverait la justification du sionisme et de la volonté de domination du peuple juif. Vouloir se servir de l’ancien testament pour attaquer les évangiles, comme le fait le musulman Youssef Hindi, relève au minimum d’une imposture que les catholiques se doivent de ne pas accepter et de combattre.
C’est faire preuve d’aveuglement et c’est bien méconnaitre l’ancien testament.

Traité contre les juifs et les gentils qui rejettent, pour des motifs opposés mais en raison d’une même lecture charnelle, l’admirable harmonie de l’Ancien et du Nouveau Testament, de la lettre et de l’esprit, l’Ancien étant la prophétie du Nouveau et le Nouveau la réalisation de l’Ancien, et ce par une méconnaissance du Christ, l’unique clef des Saintes Écritures, qui seul donne la parfaite intelligence de l’histoire du salut de l’humanité.

Dans l’antiquité, ils s’appelaient Marcion, Celse, Manès, Fauste… De nos jours, ils se nomment Soral, Timmerman, Guyénot, Hindi, Soler, Römer, Finkelstein… Tous, pour diverses raisons, sont des détracteurs de l’Ancien Testament et rejettent son origine divine. La lecture partiale, grossière et charnelle qu’ils en font, même quand c’est pour la condamner, correspond en fait à la lecture pharisaïque codifiée par les talmudistes et assumée de manière mythique par les sionistes.

Malgré la différence de leurs principes, le sophisme philosophique et la superstition juive aboutissent aux mêmes conséquences : la négation de l’unité du plan divin. Les juifs soutiennent que le Christ n’a pas pu être annoncé par les prophètes de l’Ancienne Alliance au prétexte que l’Évangile qu’il a prêché contredisait leur Loi qui les obligeait de se séparer des non juifs. Et les hérétiques, eux, soutiennent que l’Évangile, la Bonne Nouvelle du salut pour tous les peuples sans distinction, ne peut avoir aucun rapport avec l’Ancienne Alliance puisqu’il a justement aboli le mur de séparation qu’était la loi juive.

https://www.medias-presse.info/un-livre-remarquable-la-clefs-des-ecritures-ou-comment-comprendre-les-saintes-ecritures-au-dela-des-mots/153861/

vendredi 3 mars 2023

Wagner, Nietzsche et le mythe surhumaniste

 

Wagner, Nietzsche et le mythe surhumaniste (Giorgio Locchi)
 

Les noms de Nietzsche et de Wagner sont bien connus, mais ils ne sont généralement associés que pour parler de leur querelle et, surtout, des textes violemment polémiques écrits par Nietzsche envers son ancien mentor et ami.

Loin de s’opposer, Nietzsche et Wagner sont pourtant à l’origine d’une nouvelle tendance historique et philosophique ayant pour but de régénérer l’histoire et de servir de base à une nouvelle renaissance européenne. Cette nouvelle tendance trouve sa première expression dans la fondation et dans la représentation d’un mythe nouveau par Wagner, un mythe qui a ensuite trouvé une première formulation philosophique dans les œuvres de Nietzsche. Et c’est ce mythe surhumaniste que j’aimerais aborder avec vous aujourd’hui, à partir du grand livre de Giorgio Locchi.

 

Précis d’histoire de l’Action française, dernier livre de Gérard Bedel

 

Gérard Bedel a été rappelé auprès du Créateur ce 19 mars 2022. Avant d’être l’écrivain brillant que l’on connait, Gérard Bedel avait été directeur de lycée catholique à Tourcoing dans le Nord, et avait de façon très pédagogue donné une série de cours de doctrine politique aux jeunes catholiques dans les années 1980. Il fut aussi au cœur de la saine résistance catholique lors de la tentative socialiste d’instaurer un grand service public laïc unifié, jusqu’au retrait en 1984 du projet de loi Savary.

C’est tout naturellement qu’il avait rejoint ces dernières années le Conseil Scientifique de Civitas. Au-delà des condoléances que je présente à son épouse et à ses nombreux enfants, cet article souhaite lui rendre hommage en soulignant l’intérêt de ce qui sera son dernier livre : Précis d’histoire de l’Action française.

Dans l’introduction de cet ouvrage, Gérard Bedel rappelait qu’il était d’Action française, politiquement et intellectuellement et qu’il était d’autant plus attaché à ce mouvement que celui-ci est dénigré par beaucoup de ceux qui s’en réclament et voudraient tout changer en gardant le nom.

En effet, certains voudraient sauver Maurras écrivain, poète et philosophe, le faire accepter en sacrifiant l’homme politique, mais comme le montre Gérard Bedel, un tel distinguo n’est pas possible.

Avec ce Précis d’histoire de l’Action française, le lecteur trouvera l’essentiel, les grandes idées, les grands thèmes, la méthode et l’esprit de la méthode d’Action française, les grandes campagnes d’un mouvement politique qui n’eut qu’un but, l’intérêt de la France, guidé par des chefs qui furent des hommes comme on n’en rencontre peu dans chaque siècle de l’Histoire.

Précis d’histoire de l’Action française, Gérard Bedel, éditions des Cimes, 298 pages, 22 euros

A commander en ligne chez l’éditeur

https://www.medias-presse.info/precis-dhistoire-de-laction-francaise-dernier-livre-de-gerard-bedel/154141/

jeudi 2 mars 2023

Mazarin ou l’art de gouverner (Olivier Poncet)

 

Archiviste, paléographe et docteur en histoire, Olivier Poncet est professeur à l’Ecole nationale des chartes et directeur d’études à l’EHESS. Après avoir été récompensé du prix Saintour de l’Académie des inscriptions et belles-lettres pour son Mazarin l’Italien, il revient avec Mazarin, l’art de gouverner.

Cet ouvrage n’est donc pas une simple biographie du Cardinal et Premier ministre de France Jules Mazarin (1602-1661). Non, ce somptueux livre richement illustré nous plonge dans ce talent exceptionnel de Mazarin à gouverner. Gouverner pourrait paraître simple dans une monarchie où le principe unifiant du monarque règlerait tout. Pourtant, en période de guerre continentale ou en cas de minorité du souverain – Louis XIV n’a que cinq ans quand son père meurt – rien n’est simple, surtout quand les deux se conjuguent, comme Mazarin l’a éprouvé de 1643 à 1651. L’autorité de ceux qui gouvernent est alors défiée et minée par les rapports de force, les faiblesses des hommes, les revers de fortune, les mutations du corps social.

Mazarin a incarné une figure moderne du favori, ministre de prédilection bénéficiant de liens personnels forts avec la famille royale, la mère et le fils. Mazarin, produit d’influences parfois contradictoires, fait d’un apprentissage politique romain, effectué au contact de l’Espagne, a su s’accommoder des particularités françaises. Cette faculté d’adaptation remarquable, il la tire moins d’un goût pour la théorie gouvernementale que d’un art de l’exécution dans lequel il est passé maître. A partir d’une étude minutieuse des documents d’époque, et notamment d’une partie de sa correspondance politique et de ses carnets personnels, cet ouvrage permet d’évoquer en détail son quotidien au cœur du pouvoir. Sans jamais se lasser, faisant fi des révoltes et des guerres, Mazarin s’occupe des moindres affaires de l’Etat, posant les bases d’une nouvelle forme du gouvernement des hommes, l’absolutisme.

Mazarin, l’art de gouverner, Olivier Poncet, éditions Perrin / Bibliothèque Nationale de France, collection Bibliothèque des Illustres, 256 pages, 24 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/mazarin-ou-lart-de-gouverner-olivier-poncet/154194/

mercredi 1 mars 2023

Ce que le militantisme fait à la recherche, de Nathalie Heinich

 

Ce que le militantisme fait à la recherche, de Nathalie Heinich

Le « militantisme académique », dénoncé par la sociologue Nathalie Heinich, conduit à un appauvrissement progressif de la production scientifique, qui tend de plus en plus au conformisme idéologique.

Les critiques des engagements politiques au sein de l’Université ressurgissent régulièrement. Mais ce qui retient d’abord l’attention avec Ce que le militantisme fait à la recherche, paru en 2021 dans la collection Tracts chez Gallimard, c’est qu’il vient du cœur même du monde universitaire le plus établi.

Nathalie Heinich, sociologue au CNRS, est en effet l’auteur de nombreux travaux consacrés à l’art contemporain, à la sociologie des valeurs, mais aussi à l’épistémologie des sciences sociales. Et c’est bien dans cette dernière thématique que ce texte s’inscrit. Si elle a, par le passé, effectué un retour critique sur le lourd héritage en France de la pensée de Pierre Bourdieu (Pourquoi Bourdieu, 2007), qui fut pourtant son directeur de thèse, elle s’engage ici sous une forme beaucoup plus polémique pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « militantisme académique ».

Heinich donne pour point de départ à sa réflexion la théorie des trois glaciations intellectuelles énoncées par J. Julliard, selon laquelle on se situerait aujourd’hui en France dans une période de monopole idéologique qui, après le marxisme soviétique de l’après-guerre et le maoïsme des années 1970, impose à l’université les thématiques de la théorie de la domination bourdieusienne et de French Theory (version américanisée des écrits de J. Derrida, G. Deleuze et M. Foucault). « La critique du néolibéralisme s’est associée avec le combat contre les discriminations, la nébuleuse militante avec le monde universitaire, le postmodernisme avec la sociologie critique et les sciences sociales françaises avec les départements de littérature anglo-américains, pour accréditer auprès de la nouvelle génération d’étudiants […] l’idée que l’université n’aurait d’autre mission que le “réveil” (woke) face à toutes les formes d’oppression ou de discrimination, grâce à des militants que l’on nomme désormais, significativement, “activistes”. » (p. 7)

Le problème principal, que Nathalie Heinich situe à la racine de ce phénomène, est celui d’une « confusion des arènes ». L’effacement de la frontière entre le travail de recherche et l’engagement (en soi légitime) conduit fatalement au dévoiement du statut du chercheur. Et ce dévoiement ne se traduit pas seulement par la mise en danger de plus en plus importante de l’autonomie du savoir par une doxa idéologique. Il tend surtout à une incapacité progressive à distinguer la dimension scientifique ou épistémique d’un savoir dont le but est de comprendre le monde, et la dimension politique ou civique du militantisme, dont le but est de le transformer. Une transformation en complète rupture avec la neutralité axiologique énoncée par M. Weber. C’est désormais, pour en rester aux sciences sociales, la « sociologie comme sport de combat » qui est érigée en mot d’ordre. Et on peut ajouter que cette sociologie critique impose peu à peu sa grille de lecture aux sciences humaines dans leur ensemble.

Ce « militantisme académique » a également de lourdes conséquences sur la créativité de la recherche. On observe ainsi un appauvrissement progressif de la production scientifique, qui tend de plus en plus au conformisme idéologique et à l’utilisation de slogans : en résulte l’omniprésence de quelques rares sujets, qui pour l’essentiel ne font que reformuler, en forçant le trait, ce que l’on savait déjà. Des formules figées érigées en catéchisme, contraires en soi à une quelconque dynamique de renouvellement méthodologique : tout est « socialement construit », toute structure est l’expression d’une « domination », le « pouvoir » est l’unique facteur d’analyse déterminant.

Nathalie Heinich se garde d’accorder, dans ce texte, une place trop importante au conflit entre ses propres conceptions (exposées la même année dans Oser l’universalisme contre le communautarisme) et les nouvelles revendications particularistes véhiculées par le « militantisme académique ». On peut cependant regretter — et ce n’est peut-être pas sans rapport — qu’elle ne livre aucune piste de réflexion visant à comprendre le moteur réel du formidable déploiement du genre, de la race ou de la sexualité, dans une pensée universitaire où les thématiques brûlantes des communautés et de l’identité ont longtemps été recouvertes du voile pudique de l’universalité. S’il faut bien saluer le constat lucide dont ce texte fait état, l’idée selon laquelle la radicalité de ces nouvelles dynamiques devrait entièrement être reconduite à un manque de créativité, de rigueur, voire de probité, laisse à penser que la profonde mutation des mentalités, dont le « militantisme académique » n’est peut-être que le symptôme, est encore pour les sciences sociales un domaine à conquérir.

Pôle Études de l’Institut Iliade
Février 2023

Nathalie Heinich, Ce que le militantisme fait à la recherche, Paris, Gallimard (Tracts n°29), 2021, 48 p.

https://institut-iliade.com/ce-que-le-militantisme-fait-a-la-recherche-nathalie-heinich/

Les hommes de Mussolini, avec Frédéric Le Moal

Histoire des Traditionalistes – Yves Chiron

 

Un livre d’une actualité brulante, incontournable, assez complet. Chaque lecteur sensible à ce sujet y trouvera un chapitre, quelques pages, quelques lignes qui évoqueront son histoire, son combat pour la défense de la messe, du catéchisme, etc, son combat ou celui de ses parents, de sa famille. Un combat qui dure encore. Jean Madiran disait « Les “traditionalistes”, ce n’est pas, ce ne peut-être, ni un parti, ni une armée, ni une Église ; c’est un état d’esprit. Et, bien sûr, un comportement. Une professio et une devotio. »

   » Ce livre est le fruit d’une recherche engagée il y a environ trente ans et d’une documentation, sans exclusive, accumulée au fil des décennies. Celle-ci a été complétée par l’exploration de nombreuses archives et les questions posées à de multiples acteurs et témoins. Sachant qu’un souvenir, un témoignage ou un document ne suffisent pas à faire toute la lumière. »  Y.C.

Le traditionalisme compris comme la défense de la tradition catholique mise à mal par des novateurs n’est pas apparu à la suite du Concile Vatican II. Il date du début du XX° siècle. Et si l’on établit la généalogie du traditionalisme on constate qu’il est en droite ligne l’héritier du catholicisme né en opposition avec la Révolution française.

Dans le livre c’est d’une manière générique que le mot est employé pour désigner les communautés, les congrégations religieuses, les fraternités sacerdotales, les évêques, les prêtres, les mouvements, les organisations, les écrivains, les revues qui ont été et qui sont attachés à la défense de la transmission de la Tradition catholique. La Tradition étant à la fois l’acte de transmettre et le contenu de ce qui est transmis. Chez certains, cette défense de la doctrine traditionnelle va jusqu’à la remise en cause des enseignements du concile Vatican II, chez d’autres c’est un effort pour les réinterpréter à la lumière de la Tradition…  L’attachement des fidèles à la Tradition n’est pas sentimental mais une conviction réelle que cette liturgie traditionnelle exprime pleinement la foi catholique -Lex orandi, lex credendi. L’éventail des catholiques qui se déclarent attachés à la tradition est très large, allant des « bi-ritualistes » à ceux qui déclarent la nouvelle messe invalide…

La figure la plus connue du traditionalisme est incontestablement celle de Mgr Marcel Lefebvre dans l’histoire de l’Eglise contemporaine. Son oeuvre la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X est sur la ligne de crête ans ce combat.

Le but de ce livre est d’abord de dresser un panorama rigoureux et si possible incontestable quant aux noms, aux faits et aux dates. Chaque personnalité marquante, chaque communauté en activité ou pas aujourd’hui a sa page, ses références, son histoire, avec une réelle objectivité. Le dictionnaire biographique est éloquent par ses sources, sa diversité et sa précision. Tous les grands noms y sont avec leur combat, leur espoir et les œuvres qu’ils ont élaborées. Des catholiques intégraux moins connus de la Contre-Révolution, la Cité catholique, en passant par la prise de Saint-Nicolas du Chardonnet, et des prises de positions après 1988, des grands pèlerinages, des fondations qui fleurissent…Un chose est frappante :  l’importance du rôle des laïcs, la diversité des parcours des prêtres ou religieux et les évolutions de certains. Il y eut du courage, de l’héroïsme parfois, de l’obstination aussi, en certains cas de la rigidité jusqu’à l’aveuglement. Mais ces pages situent également les traditionalistes dans l’histoire plus générale de l’Eglise. En France et dans le monde entier sont évoquées et situées dans le contexte de l’époque, les différents courants, les acteurs et les communautés qui ont œuvrés dans ce combat et le contexte de l’époque permet de mieux comprendre les positions de chacun. Beaucoup se souviendront du Brésil et des espoirs déçus !

Le livre d’Yves Chiron, au delà des éléments historique rapportés, conserve malheureusement une vision axée sur le point de vue Ecclesia Dei. Car plutôt que de parler de ralliement, que ce soit celui de 1988 ou celui tenté par Mgr Fellay en 2012, qui constituent objectivement un compromis pour les uns et pour d’autres une trahison, l’auteur n’hésite pas à parler de « pleine communion », le pendant de « communion imparfaite », concept étranger à la théologie catholique mais largement usité par les autorités conciliaires. Et pourtant les trahisons que constituent les ralliements ou tentatives de ralliement sont des faits en tant que trahison et non en tant que point de vue, la Tradition ne pouvant faire l’objet de compromis politiques.

Le sommaire très détaillé permet de consulter une période plus qu’une autre, les notes authentifient les faits, les déclarations avec une grande rigueur. L’index permet en un clin d’oeil de retrouver celui que vous cherchez. Et le dictionnaire biographique de 126 pages présente les grands noms de ce combat avec la rigueur de l’historien.

Histoire des traditionalistes, Yves Chiron, 640 pages, Tallandier, 26.90€

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